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Le repos est le calvaire du guerrier PV Alannys
MessageSujet: Le repos est le calvaire du guerrier PV Alannys    Mar 4 Sep - 0:30

Le repos est le calvaire du guerrierLe mestre m'examinait sous toutes mes coutures dans la chaleur relative de mon pavillon royal et si ma semi nudité ne me dérangeait guère quelque chose le faisait bel et bien néanmoins. Ce foutu froid glacial aussi vicieux que le cœur d'un dragon qui vous prenait aux tripes. La nuit était un brin plus douce et au vu de ma galante compagnie je ne pouvais que me sentir réchauffé pour bien des raisons en sus des nombreux braseros crépitant jour et nuit dans la vaste pièce de toile. Tandis que l'homme de science vérifiait la bonne guérison de mes blessures de guerre tout en me sermonnant sur mon incapacité manifeste à suivre ses conseils avisés de tenir le lit comme tout patient normal le ferait suite à un tète à tète aussi prolongé avec la faucheuse je laissais mes yeux se fixer sur mon épée pendouillant à un meuble de campagne. Beron et Jaimie s'entrainaient à l'épée à quelques pas de la tente dans un modeste espace aménagé à cet effet. De là ou je me trouvais je pouvais entendre les efforts des deux jeunes hommes car la tente s'avérait bien maigre pour constituer une barrière auditive sérieuse.

Mon expérience des combats me permettait de visualiser aisément la scène à travers la simple écoute et alors que mestre Janos accomplissait sa besogne médicinale avec une ferveur manifeste, je me contentais de jauger le combat de mes deux écuyers. Jaimie venait d'être touché car il avait poussé un petit grondement d'animal blessé. Il fallait reconnaitre que Beron n'y allait pas de main morte comme si mon neveu avait su puisé dans toutes les tragédies ayant affectées le royaume et lui plus particulièrement la rage nécessaire à l'apprentissage acharnée qui viendrait balayer ses lacunes. Par contre niveau, astiquage de mes armes et de mon armure le cousin éloigné des Bracken n'avait pas son pareil car il avait été le page puis l'écuyer d'un chevalier mort à Eysines tandis que mon héritier présomptif en dépit de toute sa bonne volonté était un prince du sang qui avait été servi durant toute son existence. Cependant, moi qui n'aurais jamais pu imaginer apprécié l'exercice de professeur découvrait que la transmission du savoir était un plaisir bien réel donnant du relief à une existence.

Car, elle mettait en exergue quelques choses qui vous survivrait. Un enseignement qui resterait associé à votre nom dans l'esprit de ces deux gamins devenus hommes. Je m'étais pris d'affection pour les deux canailles. Beron eu égard à sa pensée de même que par notre lien de sang, Jaimie parce qu'il ressemblait tant à dame mon épouse et reine dans le caractère bien qu'il ne partage qu'un lointain lignage avec cette dernière. J'avais cru que cela m'exaspérerait d'avoir deux jeunes de douze ans dans les pattes à longueur de journée mais cela n'était pas le cas. Cette fois le vieux Janos su attirer mon attention en appuyant sur l'une de mes blessures alors qu'il était en train de changer mes bandages pour les remettre à neuf. L'odeur du sang embaumait la pièce, mes blessures n'étaient pas infectées et cicatrisaient correctement. Cependant...Votre majesté, rappelez vous ce que je vous ai déjà dit je vous en supplie. Vous êtes un homme robuste et résistant mais ne tirez pas trop sur la corde de vos forces. Vous en aurez besoin à l'avenir. Inutile de s'épuiser à la tache maintenant. Un sourire amusé étira lentement mes lippes. Mestre Janos. J'apprécie votre sollicitude mais je ne saurais rester dans un lit tel un alité alors qu'il y a tant et plus à faire. Mon royaume se meurt. Je dois le faire revenir à la vie. De la même manière que vous avez su préservé la mienne.

Le mestre à la limite très fine entre la fleur de l'âge et le début de la vieillesse poussa un long soupir d'exaspération et me fit les gros yeux comme si j'étais un gamin récalcitrant ce qui dans le contexte était plus ou moins avéré. Laissant un rire rauque et puissant franchir mes lèvres devant l'expression du disciple de la citadelle ce dernier fronça les sourcils avant de maugréer dans sa barbe sur la bravoure de la jeunesse et la stupidité des rois. Mestre Janos, je vous fais en ce jour la promesse solennelle de m'économiser autant que faire se pourra. Je ne forcerais pas dans mes efforts afin de laisser mes plaies cicatriser rapidement. Satisfait vieil homme ? Le mestre soupira une nouvelle fois mais avait une lueur de malice dans les yeux lorsqu'il me répondit cette fois. Vous montrerez vous économe dans vos ébats intimes majesté ? Je ne voudrais pas que mon travail pointilleux soit mis à mal par une trop grande ardeur à la tache conjugale. Quoi qu'il en soit votre majesté si vous êtes si en forme que cela vous pourriez au moins me faire l'honneur de venir à la capitale pour vous faire soigner. Mes vieux os souffrent des rigueurs de l'hiver. Je dus réprimer un second rire d'amusement devant la langue bien pendue de mon soigneur qui débarrassa le plancher après s'être incliné devant moi.

Me laissant tomber en arrière sur le grand lit je savourais la douceur de la fourrure sur ma couche royale tout en réfléchissant aux divers problèmes du royaume. Questions stratégiques, rythme de mise en place des réformes, possibilités entre ouvertes, missives salées à envoyer, travail de l'ombre à faire effectuer, réunion avec mes conseillers, rapports de la réforme martiale. Une journée de plus en vie par la grâce du Dieu Noyé, une journée de plus ayant commencée tôt et qui finirait tard à n'en point douter. Une journée de plus à ne pas respecter les conseils du mestre de Pierremoutier. Helena se trouvait dans la forteresse de la capitale en compagnie de la cour tandis que j'avais préféré me trouver au plus près de mes hommes une fois de plus. Le travail de ma sublime et fougueuse reine était en soit aussi épuisant que le mien bien que radicalement différent. Celle-ci se devait d'œuvrer à la stabilité de la loyauté riveraine à la cause loyaliste et en tant que riveraine de naissance elle était bien plus douée que moi pour gérer ces barons compliqués. Elle comprenait leur psyché, leurs craintes et leurs volontés comme si elle lisait dans un livre tandis que je devais apprendre petit à petit comment manœuvrer mes soutiens continentaux.

Or, le temps pressait. Il pressait depuis qu'Harren avait choisi l'immobilisme. Il pressait depuis la débâcle d'Eysines. Il pressait depuis ma légitimation. Il pressait depuis que les trois quart du Conflans était passé à l'ennemi. Il pressait depuis que certains avaient prouvés leurs véritables intentions. Finissant par me relever, je regrettais de n'avoir aucun de mes écuyers à portée de main ni ma reine qui m'aidait toujours de bon cœur à me vêtir. D'ailleurs, il arrivait fréquemment que l'exercice change radicalement de nature. Un héritier se devait de s'ancrer en elle pour que notre lignée soit pérenne et notre entente était de ce coté fusionnelle bien qu'elle me fasse tout aussi souvent tourner en bourrique par pur plaisir. Beuglant comme un sanglier, j'appelais finalement Victarion le capitaine de ma garde royale qui était également l'un de mes conseillers en sus d'être mon meilleur ami. Le Valleuse se précipita dans ma tente la main sur le pommeau avant de souffler en constatant que je l'avais tiré de sa garde simplement pour qu'il m'aide à m'habiller.

(...)

Couronne d'or et d'ébène sur le front, longue cape de jais aux armoiries Hoare recouverte d'une longue et lourde fourrure de loup, armure légère de même couleur que le reste sur une tunique de laine, broche en or aux armoiries du sautoir pour retenir tout cela ainsi qu'un pantalon rembourré contre les assauts de l'hiver et des bottes de cavalerie voilà comme j'émergeais de ma tente. Crépuscule dans son fourreau au coté ainsi qu'une hache de combat pendouillant de l'autre par habitude. Victarion siffla les gardes environnants et en quelques instants j'étais affublé d'une escorte de trente fantassins d'élite maniant la grande hache à deux mains et portant le casque nasal. Je pris le chemin de la tente de l'un de mes commandants de bataillon le fameux et respecté de tous Lord Timbal. Porteur de la Valyrienne Pluie Pourpre ce dernier ne manquerait pas d'avoir beaucoup à me dire sur l'avancée de mes idées neuves pour mon armée. Euron devait se trouver à l'entrainement en tant que capitaine de section. D'ordinaire les commandants supervisaient en personne néanmoins à chaque pas de mes jambes sur la glace boueuse du camp je me faisais la réflexion que le Timbal ne pouvait que se trouver dans sa tente au vu des éclats de voix qui planaient sur cette partie du camp. Un modeste sourire en coin vint illuminer mon visage l'espace de quelques instants.

Dame Alannys avait été à l'instar de son fils, de Victarion capitaine d'un navire de mon escadrille aussi je connaissais bien le caractère enflammé de la dame pourpre. Une fois parvenu devant le pavillon au dessus duquel flottait l'étendard de la maison Timbal je laissais mes oreilles m'apporter le doux son d'une énième dispute conjugale de façade car les deux époux s'entendaient merveilleusement bien ce fait était connu de tous. Pourtant, il semblait que si ces deux là ne se mettaient pas sur la gueule une fois de temps en temps le monde pourrait s'arrêter de tourner. Faisant signe à la garde de se déployer Victarion se plaça en faction devant la tente encadré de quatre autres protecteurs aux visages tatoués. Pénétrant sur les lieux sans m'annoncer je constatais que les hostilités étaient bien engagées et laissais mon sourire s'élargir de facto. Mon commandant de bataillon s'inclina respectueusement devant moi et je posais une main sur son épaule. Lord Timbal, reconnaissez que je débarque à point nommé pour vous sauvez de la fureur des flots représentée par dame Alannys. Rodrick Timbal esquissa un large sourie avant de me répondre qu'il avait l'habitude des flots les plus tumultueux.

Ce dernier comprit cependant le message et enfila une fourrure épaisse avant de saisir Pluie Pourpres. Nous nous reverrons plus tard commandant. M'approchant de la dame pourpre sans cesser de sourire je tirais une chaise et m'y installais cavalièrement à califourchon devant la guerrière la plus féroce de toute mon armée, celle qui avait survécu au feu du dragon, celle dont la réputation sur les mers comme lors des pillages terrifiait encore ses victimes. Alannys Timbal était assise sur le grand lit de son époux, sa chair brulée à l'air libre et je me surpris un instant à fixer ces stigmates prouvant autant sa vaillance que mes cicatrices ne prouvaient la mienne. Avant de remonter les yeux sur son visage. Comment se porte ma légendaire tueuse de Peyredragoniens ? Le mestre ce vil gredin est il passé vous voir au moins ?
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MessageSujet: Re: Le repos est le calvaire du guerrier PV Alannys    Mar 11 Sep - 13:19

An 1, Mois 4, Semaine 4
à Pierremoutier

Rodrick est furieux, mais sa fureur n'est rien en comparaison du bouillonement de sa femme-roc. Les vassaux des Timbal ont l’habitude de ce genre d’effusions, c’était pire lorsque le couple partageait encore le même navire, ça ne l’est pas moins depuis qu’ils sont sur la terre ferme et fertile du Conflans. On pourrait croire que le couple se déchire en permanence, qu’ils se haïssent comme au premier jour, il n’en est rien, c’est ainsi qu’ils entretiennent la flamme de leur passion l’un pour l’autre. Rodrick ne voulait pas d’une femme docile, pas plus qu’elle n’aurait voulu d’un mari demi-sel. Mari et femme sont heureux et ne regrettent certainement pas la vie qu’ils mènent, mais ce n’est pas simple tous les jours. En l'occurrence, son mari lui fait regretter sa sortie de la veille, alors qu’elle ne lui a pas pardonné de l’avoir privé de spiritueux pendant des jours. Tous les moyens sont bons pour emmerder l’autre, aussi espiègle l’un que l’autre, ils fournissent des efforts colossaux pour ne jamais sombrer dans la monotonie d’un couple marié.

C’est donc au cours d’une énième dispute qu’ils sont interrompus. Elle s’attendait à voir revenir Ryannon qui s’amuse toujours de les voir se mettre dans tous leurs états, mais c’est un homme qui pénètre sous leur tente. Pas n’importe qui, dès qu’elle reconnaît la tignasse et la gueule du Roi, Alannys s’empresse de refermer les pans de sa robe de chambre autour de son corps dénudé. Plus par habitude que par pudibonderie, son mari a parfaitement fait savoir par le passé qu’il n’appréciait pas que d’autres lorgnent sa femme-roc. Cela fait des années qu’il a réussi à faire respecter cette volonté à Alannys et qu’elle ne cherche plus à le défier à ce sujet.

Pendant que son mari et le Roi échangent des banalités sur le caractère d’Alannys, elle s’assoit sur le lit en levant les yeux au ciel. “Cette tempête là tu n’as jamais su la dominer.” Lance-t-elle à Rodrick avant qu’il ne quitte leur tente. Si Yoren est encore ici, c’est que c’est elle qu’il est venu voir. Pourquoi donc ? Elle l’observe sans broncher tandis qu’il examine les chairs brûlés de sa cuisse resté à l’air libre. Seule survivante du feu du dragon, uniquement parce que son mari l’avait tiré de là. Elle ne tient plus compte du nombre de fois ou il l’a sauvé alors qu’elle n’aspire qu’à rejoindre le Dieu Noyé et ses Sirènes. Elle ne cherche pas à cacher cette blessure, au contraire, elle veut que tout le monde sache qu’elle a survécu au dragon. Même si ce n’est pas de sa propre volonté.

“Votre Majesté, ou dois-je dire Votre Grâce ? Lequel vous sied mieux ?” Dit-elle sur le ton taquin. Est-il nécessaire d’en arriver là ? De la même façon qu’un Capitaine est Roi sur son bâtiment, Yoren est bien au dessus de tous depuis qu’il est en tête de son escadrille. Yoren a le respect des Timbal depuis des années, à leurs yeux, il est Roi depuis 3 ans ou presque. C’est pas pour autant que les fer-nés lui donnaient du “votre majesté” à tire larigot, c’est inutile quand c’est une évidence, mais aujourd’hui ? Il n’est pas qu’un bâtard de Roi, il EST le Roi des fer-nés et riverains, sa couronne atteste son nouveau titre. Pour autant qu’elle sache, par l’intermédiaire de Rodrick, il s’en sort bien.

“Comme un charme. J'irai d'autant mieux lorsque la tête de cette créature ornera la proue de mon navire.” C’est la mission qu’elle se donne désormais, elle ne se laissera plus surprendre par une bête cracheuse de flammes venue des cieux, tant qu’elle sera en vie elle n’aura de cesse de pourchasser le dragon et sa maîtresse. Si Harren a réussi à en abattre 2, elle aura le sien, et renommera son bâtiment lorsque cette tête sera entre ses mains. On verra qui sera la Chevaucheuse de Dragon à ce moment là. Peut-être que ça lui fera oublier l’odeur de sa chair, la souffrance insoutenable du feu, de son équipement fondu dans ses chairs, si ce n’est pas le cas, elle aura la satisfaction d’avoir abattu le dragon.

“Ce tas de vieux os ratatiné ne cesse de se plaindre, trois fois par jour, c’est à se demander qui est parti en guerre, ce vieillard ou nous.” Il y a peu de choses qui terrifient la Timbal, mais la vieillesse en fait partie. Elle ne veut pas vieillir, sentir son corps la trahir alors que son esprit reste sain et c’est sans doute pour cela qu’elle n’aspire qu’à retrouver le Noyé, mais aujourd’hui, cela ne se produira pas tant que le second objet de sa terreur ne sera pas annihilé, le Dragon. “Que me vaut l’honneur de votre visite ? Je me serais rendu plus présentable si j’avais su. J’imagine que vous ne fuyez pas encore votre Femme-Roc, ni que vous êtes venu me demander conseil. Votre commandant et moi serions un piètre exemple à suivre.” Elle comprendrait qu’Helena Hoare veuille garder son époux au lit, de la même façon que son mari tente de le faire, les convalescents sont censés se reposer pour guérir plus vite. Ca ne s’applique pas aux Fer-Nés.




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MessageSujet: Re: Le repos est le calvaire du guerrier PV Alannys    Ven 14 Sep - 20:46

Mes yeux ne semblaient pas parvenir à se détacher de la jambe brulée et ravagée par les flammes dévorantes du monstre ailé de la Targaryen comme si en contemplant ces stigmates prouvant la bravoure sans pareille de la dame pourpre, je pouvais revoir l'arrivée de la bète sur le flanc que je commandais lors de la boucherie innomable qu'avait été Eysines pour mon peuple. Le dragon avait atteri au milieu de mes troupes tandis que je ferraillais comme un fou furieux en dépit de mes blessures, balayant le vent de la défaite qui semblait déjà soufflé à ce tournant de la bataille mais à ma plusieurs mètres de moi sur ma gauche aussi je n'avais guère pu observer cette créature perpétrer son oeuvre destructrice sur les fers nés que je menais. L'espace d'un instant, je revis la charge glorieuse de mon géniteur en direction de l'arme la plus dangereuse de l'ennemi. Enfoncant tout sur son passage sa garde royale dans son sillage, cavaliers, fantassins lourds, chevaliers ou conscrits. Tout ce qui vivait avait basculé dans l'autre monde sur le passage de ce triangle sanglant mené par Harren. Le vieux avait atteint le dragon mais ce n'était pas le monstre qui avait englouti mon père pour ce que j'en savais. C'était la lame d'acier Valyrien du Braenaryon qui lui avait fait rejoindre le Noyé. Et le suivant, je me remémorais mon rève brulant de la veille.

Les morts avaient parlé et arpenté les rèves, mes rèves. La lignée du sang noir unie dans la réminescence d'un regain de fièvre. Je me revis me jeter sur le dragon tandis que les deux autres Hoare faisaient de mème avec le cerf et le loup. Je me rappellai l'illusion de bruler englouti par les flammes imaginaires mais surtout le feu dans mes veines qui suite à mon réveil abrupt m'avait poussé à sourire comme un dément le menton sur le front d'Helena. Ce feu intérieur était un combustible sans fin que seule ma fin éteindrait. Cet étrange voyage dans la noirceur de mes songes l'avait réveillé, alimenté et fait grandir. Et contempler la réalité d'un face à face avec le serpent volant de l'empire ne faisait qu'attiser cette ardeur. Gravement blessé mais plus vivant que jamais, je m'impatientais de voir mes plaies achever leur cicatrisation tout en courant en tous sens pour accomplir mes devoirs de souverain. Ce qui n'était probablement pas très avisé. Mais, ce qui était mort ne saurait mourir mais renaissait plus fort et plus vigoureux à la peine. J'étais mort à Eysines d'une certaine manière.

Car le Yoren se tenant assis nonchalamment sur cette chaise était à la fois si similaire et pourtant terriblement différent du maitre des mers pétri d'excès et avide de sang. Je pus sentir le regard de ma capitaine et symbole vivant de la résistance à l'empire de par son simple statut de survivante au souffle exterminateur ne pas quitter ma propre personne tandis que je l'observais. Parvenant finalement à m'arracher à la vue de la jambe brulée, je plongeais mes yeux bleus acier dans ceux de la Timbal, capitaine d'un navire de mon escadrille, mère de l'un de mes amis les plus intimes, fer née parmi les plus craintes et respectées à juste titre et épouse d'un de mes commandants les plus proches. Le ton taquin de sa question me poussa à laisser un rire aussi bourru que rauque franchir le seuil immobile de mes lèvres. Soyons sérieux un instant Alannys ? Trouves tu réellement que j'ai l'air d'une grace. Je suis plus disgracieux qu'un ours furieux d'avoir été sorti de son hibernation. A la différence près que j'ai l'impression d'ètre contraint à une sorte d'hibernation par ces foutues blessures. Maudit soit ce vieux Braavosi de Forel !

Cessant de rire, je portais une main à la cicatrice partant de mon front pour s'achever sur ma joue droite après avoir creusée un sillon incertain sur mon épiderme. Majesté suffira amplement mais fi de ces mots pompeux et cerémonieux mon amie. Tu me connais depuis que je suis enfant. En l'absence de témoins tu peux m'appeller comme tu veux. Capitaine, Yoren, le balafré...Un sourire amusé étira lentement mes lèvres, je savais qu'Alannys me donnerait du votre majesté si cela s'avérait nécessaire cependant aucun titre ne pouvait peser plus lourd que le respect et la loyauté que j'avais acquis par mes actes de chef d'escadrille auprès des Timbal. Je n'étais pas de ces souverains faisant respecter l'étiquette à chaque instant de leurs vies comme si ne pas entendre prononcer ces foutus titres allaient leur coller de l'urticaire. J'étais roi et batard mais si je l'étais c'était en partie eu égard à ma réputation auprès de mes compatriotes. Mon escadrille m'avait considéré comme un prince du sang en dépit de mon ascendance et toutes les Iles avaient bruissées des récits de nos exploits.

Peut ètre était ce ma batardise qui me permettait de me moquer comme d'une guigne que dans l'intimité d'une tente de campagne mon statut de roi ne soit pas appuyé jusqu'à étouffement ou peut ètre que la dame pourpre était l'une des rares à jouir de ce privilège ? Tu me vois ravi d'apprendre que tu te portes aussi bien. Je suis bien placé pour savoir que ces stigmates sont particulièrement lourds à porter au quotidien. La souffrance cette putain semble vouloir se tailler un royaume dans mon corps mais nous avons connu pire n'est ce pas ? Pieux mensonge que cette ultime remarque mais un fer né a toujours connu pire que son sort, c'est une simple question de principe. S'avouer plus faible que la douleur était aussi étranger à notre raisonnement que la neige sur les étendues sableuses des déserts Dorniens. Et moi j'irais d'autant mieux lorsque j'aurais pendu le Braenaryon avec ses propres boyaux. Puisse le Noyé nous accorder son aide dans nos desseins. Torrhen Braenaryon, Lynham Tully, Rhaenys Braenaryon, Orys Baratheon, Syrio Forel la liste était longue et je n'avais que l'embarras du choix pour fantasmer les fruits de mon courroux et la douce saveur de ma vengeance. Cela serait long, ardu et difficile mais un jour si le Noyé m'en donnait la force et la possibilité je vengerais ma lignée dans le sang.

Un autre rire passa mes lèvres en entendant la Timbal s'exprimer au sujet de mestre Janos. Je partageais pleinement son avis sur les radotages du vieil homme. Non en effet, ses sermons me bourdonnent encore dans les oreilles tant il les rabache ! Le vieux nous accuserait presque d'avoir récolté ces blessures uniquement pour lui pourrir la vie. J'imagine que c'est sa guerre à lui. Devoir quitter le havre chaud et douillet de la cité en plein hiver. Monté sur sa mule et venir dans le camp pour soigner les brutes épaisses que nous sommes. Je dirais bien que cela me fatigue mais j'adore le faire tourner en bourrique. Délaissant quelques instants le visage de mon hotesse en convalescence, je cherchais l'emplacement du vin ou de l'ale dans la tente avant de revenir un brin dépité sur Alannys. Je buvais beaucoup moins qu'à l'époque de mes frasques les plus folles eu égard aux obligations qui étaient miennes et cette pesante couronne sur ma tète. Cependant, une petite coupe pour se délester le gosier ne faisait jamais de mal. Nul besoin de se rendre présentable ma chère. Laisse donc cela aux continentales. Non, je ne fuis pas encore Helena en effet. Peut ètre que lorsque je serais aussi croulant que le mestre si le Noyé me le permet mais pour l'heure l'hiver est là et ma couche est chaude. Au contraire, je trouve que vous ètes un exemple éclatant au niveau conjugal. Sous cette animosité se cache la passion et sans passion tout a un gout de cendre. Je suis venu te faire une proposition. J'aimerais que tu prennes plus d'importance au sein de l'armée. Je ne peux pas te confier un poste de commandement puisque Rodrick en occupe un de mème qu'Euron et puis tes blessures sont encore trop fraiches. Mais tu es celle qui a survécue au souffle destructeur du dragon. Tu es la Survivante...









   
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