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La Veuve et l'Empereur (Torrhen Braenaryon)
MessageSujet: La Veuve et l'Empereur (Torrhen Braenaryon)   Mar 28 Aoû - 12:07

La Veuve et l'Empereur« La chute n’est pas un échec. L’échec, c’est de rester là où on est tombé. »
Orane
Whent
Torrhen
Braenaryon
Le chagrin était un poison. Il avait rendu particulièrement difficile les jours qui avaient suivi la mort de Dorian, menaçant à chaque instant de briser sa pauvre veuve en deux. Pendant quelques temps, Orane avait été de feu et de glace, comme si elle marchait au bord d'un précipice en fixant l'insondable abîme qui, d'un moment à l'autre, pouvait l'engloutir toute entière. Au paroxysme de la douleur, toute force et volonté de vivre semblaient quitter son corps. Deux jours entiers, elle avait gardé le lit sans dire un mot, ses yeux vides fixaient le plafond au dessus de sa couche dans le vain espoir d'y voir apparaître quelque signe qui la sortirait de son apparente torpeur. Sa suivante avait veillé à son chevet, plus fidèle que jamais. Le mestre s'en était venu également pour trouver un remède à son état, malheureusement il n'était pas de son domaine de soigner les afflictions de l'esprit, seul le temps pouvait lui apporter une sorte de consolation. Alors ils avaient attendu qu'Orane elle-même fasse l'effort d'aller mieux, puisque personne ne pouvait le faire à sa place.
Au matin du troisième jour, un corbeau apporta une missive de Château-Vyprin qu'on lui lut dés l'aube. La lettre était signée de la main de son frère qui annonçait son départ du domaine familial et une arrivée prochaine en les murs de la nouvelle capitale. À sa demande, il était passé par Vivesaigues pour apporter la funeste nouvelle à sa jeune nièce. Jaime était un homme de peu de mots, ses missives étaient toujours très brèves et, sur ce sujet, il se contenta d'une simple phrase :

Morgane est forte.

Cette affirmation lui arracha une larme. Morgane avait toujours été bien plus forte qu'elle ne l'était, cela ne faisait aucun doute. À l'inverse, Orane s'était emmurée dans sa tristesse et sa solitude, elle les avait laissées l'abattre. Alors que sa fille avait infiniment besoin de sa présence, elle l'avait abandonnée. Et maintenant que leur avenir était tout sauf certain, elle avait baissé les bras. Morgane, dont l'esprit était aussi vaillant et courageux que celui de son père, n'en aurait rien fait. Il était temps, peut-être, d'accepter son infortune et de mettre sa peine de côté pour sauver le peu de famille qu'il lui restait. Et sur cette pensée, Orane avait décidé de se reprendre en main.
Il avait fallu une autre journée pour la remettre sur pieds. Pendant deux jours, elle avait refusé de manger et sa silhouette s'était amaigrie, son teint avait pâli. Quand elle fut enfin en état, on la drâpa dans ses vêtements de deuil comme la tradition l'exigeait, sa suivante fit de même par solidarité et toutes deux quittèrent la chambre qui avait été le théâtre de son désespoir. Il n'était plus question de se briser, de se laisser dévorer par ses émotions. Orane était devenue de facto chef de famille, et son objectif était d'en assurer la survie.

Elle arpenta les couloirs de la forteresse d'un pas plus déterminé que le sien ne l'avait jamais été. Sybell, toujours fidèle à sa maîtresse, suivait de près avec la même démarche, le même regard droit. Elle ignorait où celle-ci l'amenait – même guérie de sa léthargie, Orane avait à peine prononcé trois mots – mais il était certain qu'elle avait quelque grande entreprise à l'esprit.
Lorsqu'au détour d'un couloir, elles rencontrèrent une poignée d'hommes en armes qui gardaient l'entrée d'une salle à laquelle Sybell n'avait jamais eu accès, la suivante comprit quel projet nourrissait la veuve.

« Pouvez-vous annoncer que Dame Orane Whent sollicite une audience privée avec Sa Majesté l'Empereur ? » dit-elle, mains jointes sur le jupon de sa robe couleur corbeau.

Ils la toisèrent un instant, se murmurèrent quelques mots d'un air entendu et l'un d'entre eux se râcla la gorge avant de demander :

« Puis-je vous demander à quel sujet, Madame ? »

Orane tourna la tête en sa direction, puis sourit.

« Si je vous le disais, ce ne serait plus privé. »

Sybell eut un mouvement de recul, elle n'était pas certaine de l'aspect protocolaire de cette remarque, mais sa maîtresse était sans doute trop fière pour accepter la moindre critique, surtout dans pareils moments.
Les gardes restèrent silencieux un instant, puis se concertèrent d'un regard avant que le plus vieux d'entre eux ne se décide à ouvrir la porte et disparaître à l'intérieur de la salle. Les minutes qui suivirent son départ parurent une éternité – la suivante supposa que le temps paraîtrait infiniment plus long lorsque sa maîtresse serait entrée à son tour et qu'elle, au contraire, devrait rester avec les gardes. Lorsqu'il réapparut, ce fut en porteur de bonne nouvelle.

« Sa Majesté vous recevra d'ici quelques instants. »

Orane lui adressa un hochement de tête et un léger sourire.

« Je vous en remercie. »
Orane Whent

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MessageSujet: Re: La Veuve et l'Empereur (Torrhen Braenaryon)   Jeu 30 Aoû - 22:15

Je me frottais la barbe, me redressant douloureusement dans la couche. Migraine de tous les diables. Je peinais à me redresser tout à fait, et je fis craquer mon dos musculeux mais tout noueux, la colonne raide comme un piquet de clôture. J’avais la sensation désagréable que j’avais chevauché et combattu toute la journée d’hier et que je peinais à m’en remettre, mais ce n’était pas le cas.. Ou pas seulement, en tout cas. En revanche, les libations de la veille prélevaient leur tribut et entre ça et la fatigue d’une dure période de campagnes, je me retrouvais à bout de force. Mais étrangement serein. Je bougeais de sous l’épaisse couette en coton, ne quittant qu’à regrets le corps bouillant de ma femme, tournée de son côté, main sur son ventre arrondi. J’embrassais le coin de son front, avant de tituber péniblement vers la pièce attenante, claudiquant avec ma patte folle, héritage d’une tuerie sans nom qui m’avait pourtant vu vaincre. Je me rinçais le visage à grande eau, dans le baquet placé sur la table aux aurores. Les mêmes habitudes ponctuaient mon existence depuis toujours. Je n’avais jamais donné le moindre répit aux habitudes.


Je baigne mes mains dans le baquet. Laisse un frisson remonter le long de ma colonne vertébrale. L’eau est glaciale. Sans doute bouillie la veille, pour la débarrasser des esprits malins qui pouvaient parfois rendre malade, lorsque l’eau stagnait dans la rivière. La fête à mon retour m’avait fait danser, chanter et boire comme jamais. J’avais ripaillé comme si j’avais vingt ans de moins. J’avais aimé comme au premier jour. J’avais décidé de profiter du temps qu’il me restait ici. Car au printemps, je le savais. Peut être plus tôt encore, la guerre. Au sud, les restes d’une armée décimée attendaient le coup de grâce. L’épuisement des troupes, l’étirement des lignes de communication, le ravitaillement déficient, l’affermissement de nos conquêtes et territoires libérés… Poursuivre la guerre maintenant serait inutilement coûteux en nombre et en armes. Nous avions pris l’avantage. Inversé le rapport de forces. L’hiver allait permettre à l’ennemi de reformer ses rangs. Mais au printemps, nous serons plus unis, plus nombreux, riches d’un commerce qui reprenait entre les royaumes fédérés. Il fallait encore organiser tout cela. Je m’habillais seul. Cela prit un certain temps, notamment pour le bas. Me battre, je savais encore le faire. Marcher, chevaucher. Courir serait plus dur. Enfiler un pantalon sans aide, c’était compliqué avec ma jambe gauche, si raide… C’était le prix à payer.


Je m’occupais ensuite tandis qu’on me signalait le réveil de l’Impératrice et ses préparatifs pour d’autres entrevues. Je compulsais les rapports venus du Conflans et de l’Orage. L’Ouest cherchait à me provoquer, avec toutes ces missives et ces rumeurs. Pas de signes de ma fille. Si les Lannister m’y forçaient, j’irais prendre de ses nouvelles jusque Castral Roc s’il le fallait, bien entouré. Et le Val qui barguignait. Dorne dont les nouvelles se faisaient plus inquiétantes à chaque fois. J’épluchais les comptes envoyés par les mestres des capitales. L’Empire n’avait pas encore été aussi riche de sa courte existence. Mais il fallait organiser le retour des conscrits chez eux pour l’hiver. Tâche monumentale… mais alors que je travaille, on m’indique que Dame Whent demande audience. Je fais répéter au Demalion qui vient m’apporter la nouvelle sous son armure de plates, tête casquée. Je lui indique alors de faire entrer la Dame. Je la connaissais ; la veuve de feu l’un de mes chefs d’escadrons. L’homme avait été courageux. Un transfuge de l’autre camp. Comme tant d’autres. Si l’Empire ne savait convaincre et ne savait enflammer les passions, alors il ne vivrait pas longtemps. Le pendant de cette ardeur était le prix du sang, toujours plus élevé. L’homme repart et je range rapidement mes papiers, me levant en deux temps pour accueillir la veuve.


On la fait entrer. Mince sourire au bord des lèvres. Même si les circonstances de notre dernière entrevue avaient été compliquées, il n’en restait pas moins que ‘étais content de la revoir en bonne santé.



| Lady Orane. Bonjour. Et même si je crois que vous êtes arrivée un peu avant moi, qui ai dû repasser pour effacer Harrenhal de mon chemin, je vous souhaite la bienvenue un peu en retard… Comment vous portez-vous, et que me vaut le plaisir de votre visite ? |




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MessageSujet: Re: La Veuve et l'Empereur (Torrhen Braenaryon)   Dim 2 Sep - 13:18

La Veuve et l'Empereur« La chute n’est pas un échec. L’échec, c’est de rester là où on est tombé. »
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Le grincement de la porte dans son dos fit disparaître dans le couloir les gardes et la suivante qui l'avait accompagnée. Orane s'avança dans la grande pièce, baignée de la lumière douce du matin. Face à elle, un bureau sur lequel reposait une pile de documents plus ou moins ordonnés, et juste derrière, l'Empereur debout, le front marqué par l'ombre d'une inquiétude mais le regard néanmoins heureux. Elle ne fit que quelques pas avant de faire sa révérence en s'adressant à lui par son titre, comme le voulait l'usage.

« Votre Majesté. »

Elle se releva, une ombre assombrissant son œil soucieux. Les circonstances qui l'amenaient auprès de lui, comme toujours, ne figuraient pas parmis les plus joyeuses – leur première rencontre l'avait vu lui défait et blessé, la dernière l'avait faite elle veuve. Orane se répéta mentalement les mots qu'elle avait pensé prononcer, la requête qu'elle songeait présenter. Un millier de fois elle les avait pensés, un millier de fois ils avaient sonné faux. Il ne fallait pas qu'elle se trompe, ce serait probablement son unique chance.
La voix qui lui répondit, devenue presque familière avec le temps, la prit par surprise en lui souhaitant la bienvenue. Il était vrai que, contrairement à elle, l'Empereur n'avait fait son entrée à Fort-Darion que tout récemment. Elle était encore alitée lorsqu'on lui avait rapporté les événements qui avaient eu lieu du côté de l'immense château qui avait autrefois fait la fierté d'un roi qu'elle était supposée servir.

« Je vous remercie. Et permettez-moi de vous féliciter pour votre victoire à Harrenhal. » dit-elle dans un hochement de tête.

Le souvenir d'un ancien cauchemar l'empêchait de se réjouir entièrement. Dans ses songes, elle avait vu cette forteresse abandonnée, désolée et le corps inerte de Dorian gisant sous un linceul. C'était il y a bien des années déjà, mais le cauchemar était devenu réalité. La coïncidence la troublait quelque peu. Une pensée pour le reste de la famille Whent lui traversa l'esprit bien malgré elle. Ils n'avaient plus de nouvelles depuis la fuite, et même si les relations entre eux avaient toujours été tendues, Orane ne pouvait s'empêcher de se demander où ils étaient ou s'ils vivaient encore.
À en juger par la question qui suivit, elle songea que sa suivante avait assez subtilement fardé ses joues pour masquer le teint maladif qu'elle avait hérité de ses quelques jours de faiblesse.

« Je me porte... mieux. Il était temps, je pense, d'apprendre à triompher de mon chagrin. » répondit-elle sincèrement puis, après un silence respectueux, elle releva la tête pour lui retourner sa question : « Mais vous, comment allez-vous ? »

Et avec ceci, la discussion pouvait enfin commencer.

« Je viens vous remercier de m'avoir permis de loger à la capitale pour un temps. Il me faut cependant prendre mon congé et retrouver ma fille à Vivesaigues, je ne voudrais pas abuser de la grâce que vous et les Tully nous avez fait en nous acceuillant. » elle fit une pause « Et je viens également vous demander aide et conseil, car mon enfant et moi connaissons une situation dont nous ne pouvons nous sortir. Nous avions espoir, du temps où mon époux vivait, de commencer une nouvelle vie en rejoignant vos rangs. Malheureusement... cet espoir s'est envolé avec lui. » un soupir lui échappa « Nous n'avons pas d'endroit où vivre à l'heure actuelle, nous dépendons de la bienveillance de quelques seigneurs de ma connaissance et c'est une situation qui, comme vous le savez, n'est pas durable. Ma fille étant... et bien... une fille, nous n'avons aucun droit sur la demeure familiale, ni aucun droit sur les biens que feu mon époux possédait puisqu'ils appartiennent à son frère, ainsi que le prévoient la loi. »
Orane Whent

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MessageSujet: Re: La Veuve et l'Empereur (Torrhen Braenaryon)   Jeu 6 Sep - 21:52

Dame Orane Whent. Veuve d’un commandant de cavalerie de qualité, mort à la bataille d’Eysines. C’était Dorian Whent qui nous avait guidé sur le flanc de l’ennemi. Qui nous avait amené sur les villages et les chemins les plus praticables, tout en nous indiquant les meilleures zones de couverture pour orienter l’armée et la faire pivoter sur son propre axe à mesure des mouvements. La petite armée que j’avais menée, restreinte et maniable, avait été très bien éclairée par les chevau-légers et par cette connaissance du terrain. Quand Harren avait vu le coup venir, c’était trop tard. Orys Baratheon avait commencé à rétrograder au bon moment et Jon avait suivi le plan à la lettre, arrivant à marche forcée sur le flanc du Noir. Une coalition de petites armées qui avaient frappé de plusieurs directions pour éliminer l’ennemi. L’encerclement n’avait pas été total, car toutes nos armées arrivaient de trop d’endroits différents, et de trop loin également. La dame me salue. Le deuil ne lui allait pas bien ; c’était une dame digne, mais je l’avais rencontrée vive et heureuse, inquiète bien sûr, mais malgré tout en vie et heureuse de l’être. A sa mine, c’était aujourd’hui moins évident. Son mari était tombé à Eysines, dans le plus bel éclat d’une victoire qui lui devait beaucoup. Elle me salue, j’en fais de même.


Son visage est traversé d’une ombre indéniable, comme je le craignais. Elle me félicite pour la victoire à Harrenhal. Bref signe de tête. Les Whent vivaient dans cette région depuis longtemps.



| La victoire fut facile. Le Noir avait dégarni sa garnison. Pour beaucoup constituée de riverains de régions déjà occupées par nos forces ; Harren n’avait plus le choix et a préféré les laisser en arrière plutôt que de risquer une défection sur le champ de bataille. La victoire a néanmoins encore coûté en sang... |


Je repensais à l’assaut, coûteux en hommes… Pour lequel j’avais employé en première ligne les mercenaires repris à Harren. Leur sang soulageait les finances impériales et il leur fallait prouver leur loyauté autant que leurs compétences… Et surtout, Harrenhal avait été une histoire de Meraxès. Qui avait profité de la nuit pour attaquer les tours. Nuit noire et sans nuages. Des dizaines d’archers avaient été incinérés et nombreux avaient été les hommes qui, d’après les rares survivants, s’étaient fait happer d’un coups de crocs dans l’obscurité. La guerre avait son lot d’horreurs, mais elles étaient nécessaires pour s’imposer. Orane me dit qu’elle va « mieux » et qu’elle essaie de surmonter sa peine. Puis le silence s’installe. Elle me demande comment je vais. Mince sourire.


| Je vieillis, et le dernier souvenir laissé par mon ennemi me lance, dans ma jambe gauche. Mais le nord de l’Oeildieu est nôtre. Et vous serez heureuse, je pense, en tout cas rassurée, de savoir que nous avons pu récupérer les Whent qui se trouvaient sur place. Il ne manque à l’appel,je le crains, que le chef de famille. Votre beau-frère, c’est bien cela ? Il est resté loyal au nouveau souverain du Sel et du Roc. J’ai beaucoup de respect pour les hommes de principe, même si leur destin est souvent funeste. |


J’en savais quelque chose. J’avais perdu quatre frères pour le Nord, et quantité d’amis qui n’avaient jamais voulu céder de terrain ou de gloire à l’adversaire qui venait violer nos terres immaculées du Nord. La dame me remercie du logement, et elle voulait retrouver Vivesaigues. Et elle me faisait part aussi, forcément, de sa situation qui était loin d’être confortable. Je la regarde sans dureté, mais sans pitié pour autant.


| De là où je me trouve, Lady Whent, tout ce qui appartient à votre famille est vôtre. Vous avez rejoint librement l’Empire, sans menaces ni contraintes d’aucune sorte. Le seigneur légitime de ces terres est un ennemi de l’Empire. Et je suis seigneur suzerain de ces terres, désormais. Si vous le souhaitez, elles sont vôtres, pourvu que vous fassiez accueil aux gens de votre parentèle… | car on ne laissait pas les siens dehors… | Mais j’ai besoin de quelqu’un qui tienne véritablement ce domaine. Il est non loin de ce qui constituera le front lorsque reviendra le temps des opérations. J’aurais alors besoin de votre bonne gestion, taxes, hommes et vivres. Vous en sentez-vous capable, Lady Whent ? |





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MessageSujet: Re: La Veuve et l'Empereur (Torrhen Braenaryon)   Ven 21 Sep - 15:30

La Veuve et l'Empereur« La chute n’est pas un échec. L’échec, c’est de rester là où on est tombé. »
Orane
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Le récit de la victoire fut bref, mais efficace. Orane connaissait peu de choses des affaires de la guerre, ou plutôt des combats car elle avait vécu assez de guerres pour en comprendre les ficelles. Les braves versaient leur sang pour une cause noble et juste – ou du moins le pensaient-ils – et l'on pleurait leurs trépas en chantant des chansons qui vantaient leurs exploits, pour peu que la guerre fut gagnée car sinon on rirait de leur vain sacrifice pour des siècles et des siècles. En définitive, peut-être que les guerres ne laissaient pas de vainqueurs... peut-être était-ce le moins perdant qui l'emportait.
Il fut honnête quant à l'état dans lequel il se trouvait, sans doute plus honnête qu'elle ne l'avait été avec lui. Son œil se baissa sur la jambe blessée, discrètement. Elle se demanda combien de temps il lui faudrait pour récupérer la pleine maîtrise d'un membre aussi nécessaire à un guerrier de son envergure. Du reste, s'il pouvait tenir debout, ce ne pouvait être qu'encourageant. La soigneuse en elle voulut lui conseiller de ménager le muscle pour permettre une cicatrisation propre et plus rapide, mais là n'était pas sa place. Plus maintenant, du moins. Il interrompit ses pensées, sans probablement remarquer que son esprit avait un peu erré, et la nouvelle qu'il lui apporta – la prise des terres Whent – la figea un instant. La demeure natale de Dorian... sous contrôle de l'Empire. Elle peinait à y croire. Même s'ils s'étaient rendus, même s'ils avaient cédé, elle ne parvenait pas à avaler que les Whent – ceux-là même qui ne juraient que par Harren le Noir et ses maudits généraux – aient pu accepter de rejoindre les rangs adverses. Puis, évidemment, il lui révéla que Larss ne faisait pas partie de ceux-ci. Elle soupira, presque rassurée de ne s'être pas tant trompé sur son compte, car si sa femme et ses enfants étaient désormais sous le joug de l'Empire, elle était persuadée que lui aurait préféré la mort à la capitulation. Peut-être était-ce cruel, mais elle espérait que les Sept le garderaient toujours dans cet esprit.

« Un homme de principe, en effet. » dit-elle, le visage entièrement inexpressif. Certes, il fallait reconnaître que Larss Whent avait le courage de ses convictions, mais leur lourd passif à tous deux l'empêchait d'admettre que cela forçait le respect. Il n'avait jamais été vraiment respectueux envers elle, Orane n'avait pas l'intention de l'être envers lui. « Comme son frère. » ajouta-t-elle, quoiqu'ils n'eurent jamais partagé les même valeurs.

Cependant, il lui appararût rapidement que la prise des terres familiales n'était pas l'unique nouvelle qu'il avait à lui apporter. Pas un mot ne quitta ses lèvres pendant qu'il présentait devant ses yeux ébahis une foule d'opportunités pour un futur neuf qu'elle n'avait osé imaginé. Il lui confiait la gestion d'un domaine où elle n'avait été qu'invitée – voire parasite, aux yeux de certains – toute sa vie durant. Quand il se tût, Orane demeura muette. Trop de pensées se bousculaient dans son esprit troublé.

« Sire... je... » elle resta bouche-bée un instant. « C'est beaucoup d'honneur que vous me faîtes. Je tâcherai de me montrer à la hauteur de cette responsabilité. » elle hocha la tête presque par réflexe. « Il va de soi que la famille de Lord Whent ne sera pas délogée de la demeure familiale, je vous en fais le serment. J'imagine que mon retour ne se fera pas sans heurt, cependant. Nous ne nous sommes pas quittés en très bons termes. »

Orane repensa aux garçons qu'elle n'avait pas vu depuis plus d'un an. Pendant un bref instant, elle contempla la possibilité de faire un jour la paix avec le futur de leur maison – l'héritier – plutôt qu'avec le père avec qui toute réconciliation semblait vaine. La paix... enfin. Et Morgane à qui elle allait pouvoir offrir un vrai toit, un vrai lieu de vie. Une brève lueur d'enthousiasme dut se lire dans son regard, car elle eut l'impression qu'il la dévisageait un instant. Orane prit une grande bouffée d'air et fit un pas vers lui, les mains toujours jointes sur son jupon.

« En vérité – et si cela peut sonner impertinent, je m'en excuse – je suis heureuse de pouvoir enfin rentrer chez moi, mais... » Un silence. Était-ce seulement vraiment le foyer dont elle avait rêvé ? Elle n'en souffla mot. « Non... n'en tenez pas compte. Nous avons tous deux fort à penser, je crois. » Un vague sourire mélancolique sembla se dessiner sur ses lèvres. « Je regrette presque les longues discussions que nous avions à Vivesaigues, moins les circonstances dans lesquelles elles eurent lieu. »
Orane Whent

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MessageSujet: Re: La Veuve et l'Empereur (Torrhen Braenaryon)   Dim 23 Sep - 12:33

Orane Whent avait beaucoup souffert de la situation militaire du Conflans. Entre l’allégeance changeante de son mari, le ballotement dans le cortège des armées impériales, la victoire d’Eysines qui avait dû prendre un goût bien amer de cendres dans sa bouche… Elle n’avait pas été épargnée, c’était même le moins que l’on puisse dire. Cela pouvait contribuer à la rendre plus forte, mais seulement si c’était ce qu’elle souhaitait. Se battre contre les coups du sort, tout le monde n’en était pas capable. Moins nombreux encore étaient ceux qui avaient la capacité d’en faire des forces. Je n’appartenais moi-même à aucune de ces catégories de façon pleine et entière. Tout dépendait des circonstances et de leur manière de se déployer. Je ne pouvais certainement pas me targuer d’être plus solide que tout le monde. Moi aussi, j’avais été la proie de certaines faiblesses qui m’avaient taraudées au fil du temps. Cela ne voulait pas dire que je devais juger les gens qui m’entouraient sur cette base, mais cela devait quand même m’alerter sur les missions que je pourrais attribuer aux gens qui m’entouraient. La peine et la souffrance de la dame Whent étaient en tout cas visibles par ce qu’elle cherchait à masquer. Combien de veuves avais-je rencontrées au fil du temps, et combien en avais-je créées à mon tour ? Quoiqu’il en soit, elle accuse le coup avec une certaine surprise que sa belle-famille était revenue peu ou prou dans le giron impérial. Je hoche la tête à ce qu’elle conclue de l’affaire.


| En effet. C’est peut être étrange, mais je préfère affronter ce genre d’homme que les fer-nés qui pullulent dans les rangs d’en face. Ces gens-là n’ont aucun honneur sur le champ de bataille ou en dehors, et ils ont cherché à empoisonner par deux fois mon épouse, ou à tuer tout le monde au banquet de mariage de mon fils. |


Ce n’était plus un secret pour personne, nous n’étions pas passés loin de la correctionnelle. Si Frey n’avait pas agi seul et stupidement à essayer de corrompre des cuistots qui étaient depuis toujours au service des Tully… Je n’osais imaginer ce qu’il se serait passé. De plus, il n’avait pas essayé d’intimider ou de corrompre un seul homme qui aurait pu se laisser plus facilement tenter, non, il s’était attaqué à un groupe de cuisiniers au motif d’une sorte de plaisanterie pour dérider la foule amassée au mariage. Nous avions au moins la chance que l’homme n’avait pas coupé une gorge dans le cellier afin d’y déverser directement le poison sur les victuailles. Il avait été facile après, de protéger la foule à son insu.


Quoiqu’il en soit, je préférais voir Orane Whent dont je savais beaucoup de choses, prendre les rênes d’un domaine stratégique et limitrophe de la nouvelle Terra Draconis, plutôt que de les laisser entre les mains d’individus tous plus veules les uns que les autres. Je hochais la tête quand elle parlait de ce qu’il pouvait y avoir comme ressentiment entre elle et sa famille. Pleine de gratitude mais réservée quant au sort qui lui sera réservé, ce que je ne pouvais que comprendre compte tenu de la situation.



| Vous m’avez soigné et assisté pendant des semaines. Vous êtes une femme pleine de bonté, Orane. Et j’ai confiance en vous. Par confiance et reconnaissance, je vous confie le sort de ces gens et de ce domaine. Au besoin, je puis vous assister d’une petite garnison impériale, mais laissons cela en dernier recours ; les hommes de feu votre époux devraient vous suffire. Il ne s’agit toutefois pas d’un « cadeau », même s’il manifeste de ma gratitude. Des défis vous attendent. |


C’était l’évidence même ; des rapports affluaient sur la difficile cohabitation des seigneurs pro-Empire et des anciens loyaux sujets d’Harren, qui parfois se confondaient l’un l’autre dans ces différents types de populations. La jeune femme se rapproche, visiblement un rien gênée avec ses mains liées devant son jupon. Je fronce les sourcils, un peu perdu par son approche, avant qu’elle ne dise regretter les discussions qui furent les nôtres. Un léger sourire élargit la grimace que forme désormais mon visage couturé de cicatrices.


| Vous aurez toujours votre place à la cour, ma Dame. Au-delà d’une vassale féale, je vous considère comme un réel soutien, et une amie. Venez ici quand vous le souhaitez. Restez-y l’essentiel de votre temps si c’est ce que vous voulez, tant que les terres sous votre responsabilité sont correctement gérées. Qui sait, j’aurais peut être besoin de vos capacités en soutien de mon épouse, au Collège Impérial. |




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MessageSujet: Re: La Veuve et l'Empereur (Torrhen Braenaryon)   Dim 30 Sep - 17:28

La Veuve et l'Empereur« La chute n’est pas un échec. L’échec, c’est de rester là où on est tombé. »
Orane
Whent
Torrhen
Braenaryon
Comme tout un chacun, Orane avait bien entendu eu vent des sinistres attaques ayant ciblé la famille de l'Empereur. Il fallait l'admettre, elle n'en était guère surprise – lorsque quelqu'un voyait l'opportunité de mettre un terme à une guerre par quelque moyen déloyal, certes, mais efficace, pourquoi escompter qu'il y renonçât ? Dorian accordait trop d'importance à son honneur pour recourrir à de telles pratiques, mais son aîné avait moins de scrupules. Bien qu'elle n'eût aucun moyen de le vérifier, elle ne serait certainement pas saisie de stupeur si, un jour prochain, on lui apprenait que Larss Whent avait joué un rôle, aussi infime fût-il, dans le terrible complot ourdi contre les Braenaryon. Bien entendu, l'Empereur ne connaissait pas cet homme comme elle le connaissait. Il crachait sur l'honneur, aussi sincèrement que son frère le chérissait.
Quant aux fer-nés, la mention de leur nom, qui autrefois aurait suffit à la raidir d'effroi, la laissa perplexe. Son imagination avait été nourrie des récits anciens de la conquête du Conflans et des contes populaires que sa septa lui avait rapportés, jour après jour, du temps où elle jouait encore avec ses poupées de chiffons. Elle avait grandi, puis vieilli avec une image très précise de ces gens qu'elle ne connaissait que de loin et pour qui elle n'avait aucune considération. Pourtant, ses certitudes d'autrefois se trouvaient ébranlées depuis quelques jours, depuis sa rencontre avec Lyle Salfalaise – un transfuge, comme elle, mais non un conflanais. Elle s'attendait à trouver un barbare et elle n'avait trouvé qu'un homme, un homme qui de surcroît s'était empressé de se lier à elle par un serment auquel elle ne s'attendait pas. Si on lui avait dit un jour qu'elle laisserait un fer-né lui baiser les mains, Orane aurait probablement ri de cette plaisanterie. La réalité, en définitive, s'avérait bien moins drôle.

« Et, d'ailleurs, il me semble avoir oublié de vous demander comment elle se portait, l'Impératrice je veux dire. » après Buron, il n'avait pas vraiment eu coutume de lui parler de son épouse mais elle s'était habituée à lire de ses nouvelles dans les missives qu'elle recevait pour lui. Elle se souvenait de sa propre grossesse comme d'une épreuve, et ne pouvait imaginer ce qu'on devait ressentir quand sa vie et celle de l'enfant à naître se trouvaient en outre menacées par une poignée d'individus mal intentionnés.

En entendant prononcer son prénom – plutôt que le traditionnel, et conventionnel Lady Whent auquel elle avait été habituée – Orane releva la tête. À tous les mots par lesquels il lui témoignait sa confiance, elle acquiesça poliment en laissant son esprit libre de se projeter dans cette nouvelle position qu'on faisait sienne. L'appréhension d'un potentiel échec ne pouvait pas l'atteindre, trop transportée qu'elle était par toutes les idées qui lui venaient quant à la gestion de ce domaine dont elle allait devenir la maîtresse. Aussi ne doutait-elle pas que les hommes qui avaient servi sous le commandement de Dorian seraient en tout point capables de maintenir l'ordre, malgré les tensions qui les attendaient. Elle ne pouvait cependant être sûre de ses propres capacités à le faire, mais elle allait – comme toujours – donner le meilleur de son être.

« J'entends bien, Sire. Concernant la garnison impériale, je vous remercie de votre assistance mais je suis de votre avis sur le sujet : je place toute ma confiance en les hommes de feu mon seigneur et époux, et je sais qu'ils auront à cœur de préserver l'ordre et la paix sur ces terres qui sont tout autant leur foyer qu'elles sont désormais le mien. J'espère que, fatigués comme nous tous de ces longues années de guerre, leurs habitants sauront comprendre qu'il n'est rien que nous ne désirons plus que l'harmonie entre nos gens. Cela vaut également pour ma famille. »

Au rappel du temps passé à Vivesaigues, il lui adressa un sourire qu'elle rendit sincèrement, puis quelques mots accueillants, chaleureux. Pour la première fois depuis longtemps, il lui apparût qu'elle avait trouvé sa place. Un soupir soulagé lui échappa. Elle ne put réprimer un sourire amusé lorsqu'il évoqua l'Impératrice et le Collège Impérial :

« Je crains que votre Majesté ne surestime mes compétences. » ironisa-t-elle, se laissant aller à un faible rire discret avant de redevenir sérieuse : « Si cela venait à être, croyez bien que j'en serais très honorée. Et – j'imagine que je ne cesserai jamais de le dire – je vous suis reconnaissante de cette attention. »
Orane Whent

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MessageSujet: Re: La Veuve et l'Empereur (Torrhen Braenaryon)   Sam 6 Oct - 20:37

Je venais ni plus ni moins que de proposer à Orane Whent une place au Collège Impérial si le besoin s’en faisait sentir. La tâche était lourde de responsabilités, c’était certain. Et plus encore, il y avait un intérêt très clair à ce qu’elle accepte, pour quantité de raisons, toutes politiques. La première et la plus évidente, celle qui était essentielle pour motiver cette proposition, c’était le fait que j’aurais sans doute besoin d’un remplaçant lors de la campagne de printemps qui s’annonçait. En supplément, il y avait l’intérêt que l’on montrait pour des bannerets parmi les plus loyaux, qui avaient pris tous les risques pour nous soutenir et nous assister. Je voulais en plus montrer à lady Whent que j’avais grande confiance en elle compte tenu de tous les événements récents, et que je savais qu’elle prendrait les bonnes décisions en mon nom. J’étais en supplément relativement de mon choix, et du fait qu’elle n’userait pas à mauvais escient de la voix qui serait la sienne si elle acceptait de venir sièger au conseil de l’Empire. Cela lui donnerait aussi fatalement du poids et du crédit auprès de mon épouse et de la gestion des terres sous suzeraineté Braenaryon. C’était précisément ce que l’on cherchait, sans aucun doute. Ancrer notre pouvoir dans le concret, dans le réel. Ne pas faire figure de gouvernants distants, étrangers et envahisseurs. Faire en sorte de pouvoir faire reposer notre pouvoir et notre emprise sur quelque chose de proche de nos nouveaux bannerets. Orane Whent pouvait nous y aider. Elle pouvait être le socle et le relais de notre politique intérieure.


Je réponds quand la dame parle de l’Impératrice.



| Elle se porte bien je vous remercie. Sa double grossesse tire beaucoup sur ses forces, mais je n’ai que rarement connu femme de son âge aussi solide. Il a bien fallu cela pour mener ses troupes et ses dragons à la guerre. Elle est très accaparée par son état et notre installation ici, mais je pense qu’il serait utile, voire nécessaire, que vous fassiez prochainement sa rencontre d’un point de vue officiel. |


Surtout en ce qu’il s’agissait du rôle que je comptais lui confier. Il fallait qu’elles se rencontrent et qu’elles apprennent à se connaître. J’allais laisser Rhaenys toute seule avec deux nourrissons, quand le printemps reviendrait. Seule. Conrad serait aussi en opérations. Jon et Lyham seraient ailleurs. Il lui faudrait des soutiens. Des protecteurs, elle en aurait. Tout entier dévoués à sa cause et à sa sûreté. Il n’en restait pas moins qu’elle aurait besoin d’amis, de gens qui pourraient l’aider et la conseiller. Pas tant des égaux que des soutiens. Pas des serviteurs, mais des conseillers. Orane pouvait incarner ce genre de position, ce genre de personnalité. Elle était efficace dans ce qu’elle faisait et elle était dévouée. Je savais que je pouvais la mobiliser, mais encore fallait-il qu’elle fasse preuve d’envie à ce sujet. Je comprenais ses réticences à requérir l’appui d’une cohorte impériale. Ce serait envoyer un bien drôle de message aux gens qui ne manqueraient pas d’être sous son autorité.


| D’accord. Je vous laisse gérer. Je compte sur vous pour que la paix règne sur votre domaine. Autrement vous le savez, nous avons des garnisons dans toute la région. Mobilisez-les en cas d’urgence. Mais ils répondront à votre appel. Beaucoup sont d’anciens frères d’armes de feu votre époux. Ils auront à cœur de défendre vos intérêts. |


Et pour cause, le cynique en moi savait très bien qu’une veuve encore jeune pouvait aiguiser bien des appétits dans un monde en recomposition. En sus, Orane était belle. Belle et intelligente. Cela pourrait en effaroucher plus d’un, mais cela pourrait aussi éveiller bien des intérêts. Sur ce registre-là ce serait à elle de gérer, et pas à moi. Nous évoquons le souvenir de Vivesaigues et des moments difficiles que nous y avions passé, faute à la guerre et surtout, faute à la défaite. Elle accepte ma proposition. Je souris plus franchement.


| Cela pourra peut-être se faire, alors. Pour vous remercier. Mais aussi et surtout, parce que j’ai besoin de vous Orane. Au printemps reviendra la guerre. Le maréchal et moi-même seront repartis, ainsi que toutes les autres majestés à l’exception de ma Dame. Vous aurez à charge, si notre choix final se porte sur vous, d’aider et de seconder mon épouse en toute chose. J’ai peur que cela vous éloigne de vos murs mais ceux-ci seront toujours les vôtres. Gageons que nos efforts d’aujourd’hui nous portent à plus de paix et de stabilité, demain. |




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MessageSujet: Re: La Veuve et l'Empereur (Torrhen Braenaryon)   Dim 4 Nov - 0:12

La Veuve et l'Empereur« La chute n’est pas un échec. L’échec, c’est de rester là où on est tombé. »
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Orane mesurait l'importance du rôle qu'on lui proposait. Jamais elle n'aurait pu imaginer, quelques mois plus tôt, se trouver dans pareille position. Si cela devait l'éloigner de la demeure familiale pendant un temps, soit. Fort-Darion était une cité pleine de promesses pour l'avenir, et elle savait qu'elle devait devenir tôt ou tard un important centre de décision. Elle était résolue à s'imposer – il y avait trop longtemps qu'elle restait dans l'ombre – puisque c'était la seule façon d'assurer sa survie et son indépendance dans ce monde changeant. Dans pareilles circonstances, on ne refusait pas un siège au Collège Impérail, fut-ce temporaire. Il fallait que la veuve et la fille Whent acquièrent un peu de poids dans la société, il en serait donc ainsi. Du reste, il lui fallait encore être présentée à l'Impératrice et peut-être trouver le moyen de se rendre indispensable. Après tout ce temps et tout ce qu'elle avait entendu, cela paraissait difficile à croire qu'elle n'ait pas encore fait sa connaissance. Chaque fois qu'on mentionnait son nom, elle imaginait avec un peu plus de précision le genre de femme qu'elle devait être – et on le mentionnait souvent.

« Peu avant Eysines, elle m'avait fait parvenir une missive écrite de sa main, qui ne m'est parvenue que tardivement comme nous étions déjà en route. Puis, après la bataille, les circonstances se sont avérées... peu propices à la rencontre. » répondit-elle en hochant la tête. « Je serais bien avisée de la remercier pour la confiance qu'elle me témoignât dans sa lettre, n'en ayant pas encore eu l'occasion, voyez-vous. Bien que je ne la connaisse qu'à travers vos paroles et les récits populaires dont ma fille est – en toute honnêteté – très friande, elle m'apparaît comme une personne courageuse. Je ne sais rien des combats si ce n'est des blessés qu'ils produisent, en revanche j'ai souvenir de mes grossesses comme de grands moments de vulnérabilité : je n'ose imaginer la détermination de celle qui mène une armée en portant non pas un, mais deux enfants dans son ventre. Mais je m'égare... »

En disant cela, elle se surprit à regarder dans le vide. Elle savait la grossesse de l'Impératrice avancée, et par association d'idées l'image de sa fille lui était apparue. Il lui faudrait sans doute lui trouver une place chez quelque noble dame, histoire de nouer quelques amitiés dans ce tout jeune Empire. Morgane ne gagnerait rien à rester enfermée à la Demeure Whent, pire encore : elle se laisserait aisément distraire et profiterait assurément de l'absence de sa mère pour s'adonner à l'escrime. Ce n'était pas qu'elle ne la croyait pas capable de réussir, au contraire. Orane savait en son fort intérieur que la jeune fille était agile, douée au maniement de l'épée et un peu trop intrépide. À bien des égards, elle ferait sans doute une merveilleuse épéiste, mais il était hors de question qu'elle la laisse se mettre ainsi en danger. Même si Morgane devait la maudire de prendre cette décision pour elle, Orane préférait la faire dame de compagnie, comme elle l'avait été à son âge, plutôt que de la perdre de la même manière que son père.
Torrhen lui rappela qu'elle pouvait compter sur le soutien militaire des garnisons impériales, étant en partie composées d'hommes qui avaient pris les armes aux côtés de Dorian. Elle acquiesça tandis que quelques noms lui venaient en tête. S'il fallait mater quelque mouvement de résistance, elle ne manquerait pas de faire appel à eux.

« J'espère que nous n'aurons pas besoin d'en arriver là, mais s'il le faut je prendrais les mesures nécessaires au maintien de l'ordre, soyez-en assuré. »

L'idée ne lui plaisait guère, mais elle embrassait avec solennité le rôle qu'on lui attribuait. Il lui sourit, elle fit de même.

« Quelque soit votre décision, je suis entièrement dévouée à votre service comme à celui de l'Impératrice. Votre aspiration à la paix est aussi mienne, ainsi si la moindre de mes actions peut contribuer à nous rapprocher de cet objectif, je suis prête à tout. » dit-elle, exaltée, avant de poursuivre : « C'est bien peu de choses à vrai dire, mais j'aimerais me rendre utile. »
Orane Whent

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MessageSujet: Re: La Veuve et l'Empereur (Torrhen Braenaryon)   Lun 19 Nov - 23:03

Je savais bien que je n’y allais pas par quatre chemins. Ca n’avait jamais été ma manière de faire, et de toute façon il y avait dans cette histoire, autant de poids des impératifs de mon devoir envers l’Empire, que ma reconnaissance personnelle pour les services que Lady Whent m’avaient rendus. Je savais aussi, j’avais bien conscience, du fait qu’elle était en pleine période de deuil et qu’elle allait déjà avoir beaucoup de travail à redresser la situation d’un domaine qui en toute logique, n’aurait jamais dû lui échoir à elle seule. Les aléas du destin… On ne pouvait pas vraiment lutter contre ça. J’en étais un exemple moi aussi. A une autre échelle, au cœur d’autres événements qui n’étaient peut être pas aussi dramatiques… Encore que le destin n’épargnait jamais personne, et du monde, j’en avais perdu en vingt cinq ans de règne, bientôt. Je ne pouvais pas nier que j’étais seul, désormais. De ma lignée, de ma génération. Ils étaient tous morts, les Rickard, les Ryman, Weyton, les Brandon et les Sigyn. Jusqu’aux généraux de mes armées, qui avaient tous fini par disparaître les uns après les autres, ne laissant derrière eux que leurs fils, ou le souvenir de leurs gloires passées. C’était ainsi…


La veuve me parle de Rhaenys, dela missive qu’elle lui avait envoyée. Elle parle aussi de circonstances qui n’ont pas été propices à leur rencontre. Je hoche la tête, ne concevant que très bien ce problème. Dans cet Empire en pleine édification, il y avait tant et tant à faire qu’il était compliqué de pouvoir jouir pleinement des fruits de notre travail, et de rencontrer tous ceux qui avaient montré du mérite dans nos entreprises. Je hoche encore la tête à la bonté de ses compliments.



| Je vous suis très reconnaissant pour vos bons mots. En effet, les Dieux nous ont gratifié semble-t-il d’une surprise de taille, et avons découvert d’après les mestres que ce serait deux enfants et non un. Apparemment, les bébés étaient dans une position où l’on n’entendait les battements du second. Je n’y connais pas grand-chose… Mais vos compliments la toucheront. Et je sais que quand elle sera en santé plus robuste, et plus disponible, elle se fera un plaisir que de vous rencontrer. Elle pourra aussi vous accueillir avec votre fille, si tel est votre souhait. L’Impératrice aime les enfants, et si son but n’est pas tant d’être un exemple, mais d’inspirer. La nuance est importante ; elle ne veut pas qu’on fasse comme elle. Et j’avoue que je serais mal à l’aise avec cette idée, tant elle traverse de dangers, sans cesse. | Je repense aux tentatives d’empoisonnement dont elle a été la cible, plusieurs fois de suite. | Elle préfère que les gens s’éveillent à leurs propres capacités, sans chercher à se faire imiter. |


Je ne savais pas si mes explications étaient très claires, mais le fait était que je comprenais intimement ces arguments ; nous avions besoin de gens qui laissaient s’exprimer leurs qualités intrinsèques, plutôt que de se fondre dans le moule de modèles pré-établis. Je notais en tout cas l’intérêt de sa fille. Je savais qu’elle et feu son mari avaient eu descendance, mais je n’avais pas retenu l’âge de la donzelle. Il faudrait sans doute faire un geste pour elle, la placer ans quelque entourage royal ou impérial pour parfaire son éducation et son apprentissage, autant que pour lui donner l’occasion d’exprimer ses compétences en dehors du foyer familial devenu lourd de l’ombre de son paternel mort au combat. Il y avait là matière à réfléchir, et il faudrait peut être que l’on se trouve un peu de temps pour en discuter, Rhaenys et moi-même.


Lady Whent m’assure quoiqu’il en soit de sa détermination à assurer l’ordre sur ses terres. Je n’avais pas besoin d’être rassuré, mais ça faisait quand même toujours du bien de l’entendre dire. La dame répondit à mon sourire, et je me rappelais du même coup à quel point il m’avait manqué.



| Prête à tout ? Je ne sais encore quelles seront les exigences de votre nouveau devoir ici, au collège impérial, lorsque viendra le temps de mon absence. Mais il y aura des épreuves. Former ensemble cet Empire nous demandera à tous beaucoup d’efforts, et de sacrifices. Même si vous avez déjà payé un lourd tribut… Je devrais vous mettre en relation avec le premier Maréchal d’Empire, Conrad Omble. C’est lui qui contrôlera la région d’un point de vue militaire, le printemps venu. Vous pourriez avoir à compter sur lui. C’est un homme rude, mais il n’y en a pas de plus loyal. |





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MessageSujet: Re: La Veuve et l'Empereur (Torrhen Braenaryon)   Ven 30 Nov - 16:54

La Veuve et l'Empereur« La chute n’est pas un échec. L’échec, c’est de rester là où on est tombé. »
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Elle ne savait pas grand chose des grossesses gémellaires elle-même. À sa connaissance, elle ne comptait dans son entourage qu'une femme qui en avait fait l'expérience – sa cousine, mais alors elles ne se côtoyaient déjà plus. La pensée l'intriguait comme elle lui serrait la gorge, un désagréable sentiment de frustration la gênait dans sa poitrine et elle n'eut pas à y réfléchir bien longtemps pour en comprendre la cause. Envie ou jalousie – la différence importait peu – ses vieux démons refaisaient surface, il ne s'écoulait pas un jour sans qu'elle se demandât pourquoi les Sept bénissaient tant d'unions par nombre de naissances éprouvantes, mais à terme gratifiantes, quand la sienne n'avait produit qu'un fruit. Un fruit désobéissant qui plus est.

« Mes félicitations. » répondit-elle, se laissant à imaginer quelle joie elle aurait eu à avoir au moins deux enfants elle aussi. « Et je ne doute pas un instant que Morgane sera ravie, comme je le suis, de rencontrer Sa Majesté. Elle lui porte une grande admiration, il est vrai, mais je partage votre point de vue et je ne voudrais pour rien au monde qu'elle se mette en danger en cherchant à suivre ses traces. Je pense qu'elle ne prend pas conscience des risques que cela implique malgré mes recommandations. » un soupir. « La parole d'une mère ne semble trouver aucun écho dans l'oreille d'une adolescente. Peut-être que si cela venait de vous, elle écouterait. » ironisa-t-elle, car elle ne connaissait pas une âme qui ait réussi à faire plier la volonté de fer dont les Sept avaient doté sa progéniture, pas même son père.

Le souvenir d'une correction, un peu plus vieille d'un an, lui revînt à l'esprit. Dorian s'était montré plus sévère qu'il ne l'avait jamais été avec leur fille. Pendant longtemps, ils avaient pourtant évité le recours à ce genre de punitions auxquelles ils avaient été habitués dans leur jeunesse. Puis Orane l'avait trouvée en pleine escrime, une lame à la main – où se l'était-elle donc procurée ? – et cette fois, Morgane n'avait pas pu échapper à la colère de son père. Les jours qui suivirent lui donnèrent l'occasion de faire profil bas, mais cela était-il parvenu à la dissuader définitivement de manier une épée ? Absolument pas.
Il la remena à la réalité du devoir qu'on offrait de lui attribuer. Peut-être était-ce là quelque peu ambitieux pour la petite noble qu'elle était, mais pour une fois Orane prenait exemple sur l'exubérante jeune fille qui était toujours si prompte à remettre son autorité en question, elle voulait se croire capable de la tâche qu'on lui assignait. Elle avait certes déjà beaucoup sacrifié pour cet Empire – son époux, sa maison, sa position – et bien des gens auraient fait le choix d'en rester là, de ne plus s'investir de la sorte. Néanmoins, elle ne pouvait se résoudre à l'idée que tous ces efforts allaient demeurer vains – et nul doute que c'était ce qui allait arriver si elle abandonnait. Elle souriait intérieurement face à ces contradictions. Comment pouvait-elle demander à sa fille de ne pas prendre de risques quand elle le faisait dés qu'elle en avait l'occasion ? À cette interrogation, une unique réponse s'imposait :

« Des efforts que je suis prête à faire, si cela permet à ma fille de ne pas avoir à les faire elle-même. Dites-moi ce que vous attendez de mon travail, et je ferais de mon mieux pour vous aider à construire l'Empire auquel vous aspirez. » et elle poursuivit : « Le Maréchal et moi avons eu l'occasion de faire connaissance. Rude, on me l'a rapporté » (Dorian lui avait quelques fois parlés des hommes qu'il côtoyait) « mais j'imagine qu'il s'est abstenu de l'être en ma présence. Et loyal, cela ne fait aucun doute. Il m'a rendu un grand service pour lequel je me sens redevable. Je ne manquerais pas de m'en remettre à lui quand cela sera nécessaire. »
Orane Whent

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MessageSujet: Re: La Veuve et l'Empereur (Torrhen Braenaryon)   Jeu 6 Déc - 20:43

En parler, de plus en plus souvent, ça donnait un air concret à ce qu’il se passait. A cette grossesse. A ce mariage avec Rhaenys, aussi. Tout n’était pas toujours si beau et si calme, dans l’existence. Je savais que ce n’était qu’une période. Que les choses pouvaient dégénérer à chaque instant. Et puis, au-delà de l’aspect extérieur, il y avait encore le fait que nous étions si différents, l’un et l’autre. Cela nous avait déjà posé problème. Sans disputes, il n‘y en avait pas forcément… Mais il restait ces différences malgré tout. Toutes ces choses liées à nos histoires respectives qui pouvaient contribuer à nous séparer, ou en tout cas à éloigner ces rapprochements nés de la souffrance et de la cause qui nous rassemblait. Partager les mêmes idéaux n’était que le début de notre collaboration. Un ciment solide. Il n’en restait pas moins que ce qui nous séparait pouvait toujours réapparaître, à des moments précis ou sans que ça ne soit prévu. Je touchais du bois. Qui aurait crû qu’à mon âge je puisse ressentir un rien de bonheur vis-à-vis de tout ce qu’il se passait autour de nous ? Que je puisse aimer une femme si jeune, qui portait nos enfants à naître. Que je puisse concevoir de former un foyer avec une femme qui incarnait le futur pour partie, la persévérance pour l’autre. Je ne pouvais pas me dire qu’un an plus tôt, j’étais en train de suer sang et eau dans la boue de La-Mort-Aux-Loups. En un an, j’avais failli mourir dix fois. Mais j’avais aussi réappris à vivre. Avec cette femme… Avec la guerre, qui ne me quittait jamais.


La Whent me félicite, avant d’embrayer sur le sujet de sa fille. Morgane. J’essayais de retenir ce nom. Tout savoir de ses bannerets permettait toujours de les mobiliser plus efficacement, quel que soit le sujet qui nous occupait. La jeune femme ne manquerait pas de rencontrer du beau monde, maintenant que la guerre aux alentours du Trident était repoussée, au moins pour un temps. Je comprenais ce que me disait sa mère, sur l’impatience et la fougue de la jeunesse. JJ’incline la tête en souriant à son ton plein d’ironie.



| Quelque fougue héritée de vous, n’est-ce pas ? Vous avez grand courage, Dame. Rien que pour ce que vous avez affronté pour arriver à Vivesaigues. Ce que vous y avez vu et fait. Et ce que vous avez vécu depuis. Votre fille ne pouvait témoigner que le même genre de force ; vous auriez été déçue du contraire. Mais je sais à quel point il est difficile de manœuvrer de jeunes gens. J’ai fait de mon aîné un guerrier et un Roi avant qu’il ne soit véritablement homme. Nous faisons comme nous pouvons, nous autres parents, dans un monde où la nécessité, le besoin et le danger, priment toujours sur tout le reste. |


Je ne confiais encore rien à ce que je pensais de mes enfants, mes peurs les concernant. Un Roi n’a jamais le droit de montrer sa peur. Un général qui fait preuve de crainte, ou de trop de prudence, apeure et fait paniquer la totalité de ses troupes. Un Empereur ne pouvait pas plus se le permettre que les autres… Ou il se ferait sans nul doute déposer, trahir, tromper ou abandonner. Je ressentais pourtant cette proximité avec la Whent. Amitié ? Je ne savais pas. Je n’étais pas sûr d’avoir un jour été véritablement ami avec une femme. Nos rapports étaient plus encore dictés qu’avec les hommes par le poids de notre sexe. J’avais eu des amours, j’avais eu des maîtresses, des servantes, des vassales… Mais des amies ? Peut être. Mais pas aussi proches que les hommes. Orane Whent était une femme d’une grande bonté. Forte, et très belle aussi. C’était une femme déterminée comme l’Empire en avait besoin pour grandir et se fortifier. Je relève le choix de mot de la femme.


| Auquel j’aspire, c’est certain. Mais vous, y aspirez-vous ? la question sera centrale, dans les mois à venir. Il était facile de s’unir dans l’adversité. Enfin, facile… Disons que la raison nous y poussait, restait les sentiments des uns et des autres à surmonter, l’Histoire à renverser. Ce que vous voulez Orane compte autant, sinon plus, que ce que je veux moi. |


J’y croyais dur comme fer. Un chef n’en est un que s’il a l’adhésion des gens qui le suivent. Inspirer la peur, je savais le faire. Mais effrayer quiconque n’avait jamais produit d’allégeance sur le long terme.


| Je lui parlerais de votre situation à l’occasion. Il aura une armée sous son commandement au printemps, pendant que je serais moi-même en campagne. Il devra assurer ses arrières… Incluant vos terres. Cela veut dire que votre fief ne pourra faillir et tomber aux mains de l’ennemi, intérieur ou extérieur, car cela mettrait en danger toute cette armée. |





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MessageSujet: Re: La Veuve et l'Empereur (Torrhen Braenaryon)   Dim 9 Déc - 1:37

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« Ils sont rares ceux qui me qualifient de fougueuse, je vous remercie du compliment. » se contenta-t-elle de répondre. Elle avait toujours pensé que c'était le contact prolongé de son frère, passé maître dans l'art de la rebellion, qui avait donné à Morgane ce goût de la révolte contre l'autorité parentale, mais sans doute manquait-elle de discernement quand il fallait juger de son propre caractère. Elle écouta d'une oreille attentive ce qu'il avait à lui dire sur le rôle des parents dans le contexte difficile qu'ils connaissaient, ne pouvant qu'acquiescer à chacun de ses mots. « Ils ne profitent guère de leurs jeunes années, n'est-ce pas ? Il faut les préparer très tôt au monde que nous connaissons, dont nous les protégeons puis dont ils devront se défendre quand notre protection ne suffira plus. C'est un peu comme si chaque nouvelle génération devait devenir adulte plus rapidement que la précédente, du moins c'est l'impression que j'en ai – ou peut-être suis-je seulement amère de voir ma fille se détacher un peu plus de moi chaque jour. »

Un sentiment qu'elle imaginait commun à bien des parents. Orane avait vécu si longtemps dans l'idée que cette enfant avait besoin d'elle qu'il lui paraissait difficile aujourd'hui d'admettre qu'elle devait lui donner un peu d'espace pour s'épanouir. Elle se souvenait s'être penchée sur son berceau pendant les nuits d'orage pour calmer ses pleurs, lui avoir raconté les contes populaires dont Septa Danelle avait bercé son enfance et l'avoir cent fois plus choyée qu'elle ne l'avait été à son âge. Comme tous parents, il fallait couper le cordon. Elle avait tout juste accepté d'essayer, car la mère et la fille n'avaient jamais été aussi longtemps séparées que depuis qu'elle avait quitté les hauts remparts de Vivesaigues.
Lorsque, cette fois, il lui demanda ce qu'elle voulait, ce qui la poussait à se joindre à cette grande entreprise, elle fut surprise de sa propre non-réaction. Ce n'était pas qu'elle n'avait aucune réponse à formuler mais plutôt que celle-ci lui paraissait ô combien naïve et vaine. Elle demeura immobile, le regard soudainement assombri de quelque affliction, les lèvres entrouvertes comme prêtes à parler mais incapables de laisser échapper un son. Ce qu'elle voulait ? Orane ne voulait pas y penser. Ce qu'elle voulait était mort, elle avait organisé les funérailles elle-même et regardé le corps disparaître sur la barque qui avait servi de bûcher funéraire. Aussi cruel cela pouvait-il paraître, elle ne voulait plus penser à lui, elle ne voulait plus prononcer son nom tant elle avait souffert de son absence. Elle ne se souvenait plus de ce qu'elle avait voulu avant de le vouloir lui. Dorian. Il n'était pas encore si loin dans son esprit, elle ne savait pas comment vouloir autre chose que ce qu'elle ne pourrait plus jamais avoir.

« Je voudrais que tout cela ait un sens. Tout ce que nous avons fait. Tout ce que nous avons donné. » soupira-t-elle. Orane resta interdite un instant, hésitant à détailler son propos. « Dorian n'était pas là quand Morgane est née, il était en campagne. Contre le Nord. » elle leva brièvement les yeux vers lui, se doutant qu'elle ravivait le souvenir d'une époque où ils avaient été ennemis. « Quand son frère nous a chassées de la maison, il était encore en campagne, contre l'Orage cette fois. Et je n'étais pas là quand il est mort, dans une autre guerre. Je me demande parfois combien de temps nous avons perdu, loin l'un de l'autre, dans des guerres intestines qui n'ont abouti qu'à de fausses paix. » elle se laissa aller à un vague sourire mélancolique. « Cela fait une éternité que cela dure, mon père lui-même était constamment au front. J'étais à peine née qu'il partait pour le Val, et quand il revînt j'avais cinq ans, je ne savais même pas qui il était. Ce que je veux... ce que je veux c'est que ma fille n'épouse pas un homme qui passerait la moitié de sa vie sur les champs de bataille comme son père ou son grand-père. Je veux une paix durable et nous ne l'aurons pas tant que nous serons divisés. Nous ne pouvons pas continuer à vivre les uns à côtés des autres en espérant ne jamais nous heurter. Je ne vois qu'une façon d'harmoniser les royaumes : les unir sous un même étendard, les mêmes valeurs, les mêmes objectifs, les faire vivre ensemble. Parce qu'en étant un, ils sont indivisibles. C'est ce que j'attends de cet Empire, et c'est pour cette raison que je le soutiens. »

Elle avait prononcé ces mots très solennellement, ils lui venaient du cœur. Ce qu'elle voulait, en définitive, c'était justement que Morgane puisse avoir ce qu'elle ne pourrait plus jamais avoir. Du temps avec ceux qu'elle aimerait plus que la vie elle-même.

Enfin, il lui expliqua la situation dans laquelle elle se trouverait au printemps et les lourds devoirs qui incomberaient au maréchal. Elle savait que les terres Whent, tout autour d'Harrenhal, occupaient une position stratégique. Aussi, n'ayant rien à redire à ce qu'il venait de lui énoncer, elle hocha de la tête en réitérant sa promesse de mettre tous les moyens possibles en œuvre pour protéger son fief et collaborer avec le maréchal pour maintenir le danger à distance.
Orane Whent

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MessageSujet: Re: La Veuve et l'Empereur (Torrhen Braenaryon)   Dim 9 Déc - 16:57

Je souris doucement, visage défiguré fendu en deux, quand la dame de l’Oeildieu me dit que les gens qui considèrent qu’elle a de la fougue sont assez rares. Je suis sincère, malgré tout. Quoiqu’elle en pense. Ce n’était pas le courage qui se manifestait sur un champ de bataille mais ce n’était pas pour autant de la seule détermination ; il y avait là-dedans une vraie source de courage, de prise de risques. Les Whent avaient tant et tant sacrifié, pour nous… Je hochais simplement la tête alors quand elle me remerciait, ne rebondissant pas encore plus sur le sujet pour ne pas achever de la gêner. Je sais très bien qu’elle a raison toutefois, sur le sujet des enfants. Et ce qu’elle dit tout haut fait écho à ce que je pense tout bas depuis tellement longtemps que je ne saurais dire avoir eu un jour un autre point de vue. Orane est très sage, en plus de ses autres qualités. Elle me prouve sans cesse qu’elle est donc parfaite pour le rôle que je souhaite lui voir occuper à la cour impériale, à Fort-Darion, et à proximité de mon épouse.


Il faut vraiment, plus que jamais, que j’organise une entrevue entre elles compte tenu de ce rôle que j’accorde à Orane, mais aussi de ce qu’il sera peut être possible de réaliser avec elle. Elle ne sera pas qu’une conseillère ; elle peut être plus que ça. Nous avons besoin de relais efficaces et fidèles auprès de nos nouveaux vassaux.



| Oh non, vous savez, c’est un point de vue très partagé. Je règne depuis plus de vingt ans, maintenant. Sur ces vingt ans je n’ai passé que quelques années à Winterfell, toutes périodes mises bout à bout. Je n’ai pas su être assez présent pour mes enfants… Et j’ai couronné moi-même mon aîné après mon abdication du trône du Nord, j’ai confié la charge de ma cité et de mon pays à mon cadet, et ma benjamine a été mariée dès qu’elle fut nubile, pour pouvoir empêcher l’Ouest à se joindre à la guerre qui pointait le bout de son museau. Je me suis toujours contenté de penser que le devoir et la nécessité devaient tout guider. Maintenant, j’ai juste le sentiment que tout est toujours allé trop vite. |


Je me confiais sur mon ressenti, sans parler d’erreurs, sans parler de remords à proprement parler… mais quand même, il y avait un rien de poids sur ce sentiment aigu que j’avais de ce que j’aurais peut être dû faire. Mais il était trop tard pour trop s’appesantir sur le passé. Maintenant il fallait juste assumer, et se dire que tout ce temps passé à préparer et fortifier le Nord, à le moderniser, pouvait être utilisé pour assurer la victoire et donc par extension la sécurité de tous. Je sens toutes les forces qui taraudent la jeune femme dans des directions opposées, parfois contraires même. Elle s’ouvre à moi, hésite, mais continue malgré tout. Elle doute.


Comme beaucoup de gens. Elle doute. Je pensais l’avoir plus convaincue que cela, mais il y avait aussi le poids et l’influence d’un mari aujourd’hui décédé, qui remettait aussi tout en question. Je hochais la tête quand elle me confia que son époux avait jadis participé à la guerre contre moi.



| Je le savais. Il m’en avait déjà parlé. Nombre de ceux que j’ai combattu autrefois sont aujourd’hui à mes côtés. Le Roi du Conflans Fédéré, jusqu’à lui, mais il est loin d’être le seul. |


Je la laisse poursuivre plus librement, ensuite. Quand elle parle d’affaires de famille. Elle me parle de tout ce temps qui les avait séparés tous les deux, à cause des affres de conflits qui n’en finissaient pas, de Westeros qui s’embrasait en même temps que leur famille à chaque poussée de violence. A chaque génération. Son père. Son mari. Son beau-frère. Je compatis à son malheur, et je comprends son ressentiment. Pourtant je suis le Loup de Winterfell, Empereur forgé dans la guerre, porté aux nues par la force des armes. Je ne peux renier ce que je suis, ni ce qui nous permet à tous de survivre.


Orane finit par confirmer son allégeance et sa vision de l’Empire. Je me rapproche. Je prends l’une de ses mains dans les miennes. Dures, calleuses. Mais je veux qu’elle sente ma sincérité bien au-delà des conventions sociales et de l’éthique.



| Je vous promets Orane que je fais tout en ce sens. Je ne peux vous promettre la victoire et la liberté avant longtemps ; les obstacles restent nombreux, impressionnants, peut être impossibles à surmonter. Du moins, pas si nous ne sommes pas complètement unis, sans réserves. J’œuvre en ce sens. J’ai compris en quittant le Val, avec Rhaenys, éconduits par la peur de la guerre et de la défense de mes principes, que si je ne faisais rien, Westeros serait condamné à vivre une ère de combat qui n’en finirait jamais. Les mestres appellent ces deux dernières années le début de l’Ere des Luttes. Je veux que ce soient les dernières. Je veux un meilleur avenir pour mes enfants que celui de se tenir sur le Mur à attendre la mort en face, et la trahison par derrière. Je veux un autre avenir pour Westeros. Ensemble, ou alors, nous ne saurons survivre aux épreuves qui nous attendent. J’ai besoin de personnes comme vous, Orane. J’ai besoin de vous. L’Empire a besoin de vous. Faisons en sorte que tous nos morts et toutes nos peines aient un sens inédit dans l’Histoire ; ils n’auront servi à accomplir l’expression d’aucune envie, d’aucune avarice, mais d’un idéal qui devra tous nous porter à construire un nouveau monde. Je peux compter sur vous, ma Dame ? |





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MessageSujet: Re: La Veuve et l'Empereur (Torrhen Braenaryon)   Sam 15 Déc - 0:48

La Veuve et l'Empereur« La chute n’est pas un échec. L’échec, c’est de rester là où on est tombé. »
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Orane sourit. Un point de vue très partagé ou simplement un point de vue qu'ils partageaient ? Elle n'était pas bien sûre de la pertinence de cette question, mais à son sentiment d'impuissance face au temps qui passait, aussi rapide et fugace qu'un coup de vent, un soupir lui échappa. Oui, c'était bel et bien ce même sentiment qui la rongeait, les mêmes inquiétudes. Qu'ils l'acceptent ou non, l'éducation d'un enfant ne pouvait se faire qu'en composant avec le monde autour. Certes, Orane avait rêvé bien des fois l'avenir de sa fille mais force était de constater que la réalité s'éloignait grandement du rêve. En écoutant Torrhen parler de ses enfants – sujet que, contre toute attente, il n'avait pas si souvent abordé du temps où elle était secrétaire – elle eut un pincement au cœur. À bien y réfléchir, et pour ce qu'elle savait d'eux, ils n'étaient qu'à peine plus âgés que Morgane. C'était un peu comme si elle avait un vague aperçu de ce qu'elle serait amenée à faire pour son enfant, surtout lorsqu'elle entendait l'histoire de la benjamine. Si jeune, et déjà mariée. Et si elle n'avait pas le choix ? Ils avaient rejeté une demande de fiançailles par le passé, et même si Orane ne l'avait jamais regretté – pas même aujourd'hui, assaillée comme elle l'était par tant de questions – leur situation avait changé. Morgane avait changé. Elle était devenue rebelle, intrépide, autonome... presque tout ce que sa mère aurait voulu la voir devenir d'ici trois ou quatre ans. Il avait raison : tout allait beaucoup trop vite.

« Comme vous l'avez dit, nous faisons comme nous pouvons. Leur génération connaîtra sans aucun doute les mêmes contraintes que la nôtre ou celle de nos parents, mais j'aimerais croire qu'ils feront comme ils voudront un jour. Espérons seulement qu'ils ne nous tiendront pas trop rigueur de ne pas avoir pu en faire davantage – nous ne sommes après tout que les maillons d'une très longue chaîne. »

Certaines choses demeurent immuables pendant plusieurs siècles, et chaque nouvelle génération contribue au changement à sa manière. Avec le recul, leurs enfants comprendraient peut-être la nécessité de toutes ces décisions précipitées. Orane l'espérait sincèrement.
Quand, ensuite, elle se sentit écoutée – alors qu'elle livrait longuement sa pensée, ses convictions – ce fut comme si on la libérait d'un poids. Il ne souffla mot pendant un temps, sauf pour rebondir sur le sujet des anciennes querelles qui avaient autrefois déchiré Nordiens et Conflanais, parmi lesquels le tout nouveau Roi du Conflans fut mentionné. Pendant un temps, elle demeura interdite. Elle avait encore du mal à se faire à l'idée d'un souverain conflanais dont le nom n'était pas Hoare – certaines habitudes ont la vie dure. Le récit se poursuivit sur un sujet plus intime, la famille. Ayant terminé, elle se demanda un instant s'il était bien séant de s'épancher ainsi sur des troubles personnels. Il ne lui laissa pas le temps d'en douter, se saisissant d'une de ses mains. C'était un acte auquel elle ne s'habituait guère, se faire prendre aussi familièrement la main par un autre homme que son époux ou son frère. Le sieur de Salfalaise aussi, lors de leur première rencontre, l'avait grandement surprise par ce geste. Cette fois, elle songea intérieurement qu'elle avait du recevoir une éducation trop guindée et protocolaire si un simple toucher était toujours en mesure de la troubler, fut-ce pendant une seconde. C'était néanmoins une preuve de sollicitude, à n'en pas douter. Pour cette raison, elle ne pouvait qu'en être reconnaissante.
Il lui réaffirma ses objectifs, sans s'avancer à lui promettre un dénouement heureux imminent. La guerre allait prendre du temps, Orane ne pouvait l'ignorer mais elle avait beau retourner le problème dans sa tête, un dernier conflit lui semblait inévitable pour instaurer une période de paix et de stabilité suffisamment longue.

« Un dernier combat pour ne plus avoir à combattre. Cruelle ironie. N'y voyez aucun jugement de ma part, je sais que c'est aujourd'hui le seul moyen dont nous disposons pour atteindre cet objectif de paix. J'aimerais être idéaliste et croire qu'une fois rangées, nos armes ne quitteront plus jamais leur fourreau mais, en mon for intérieur, j'ai bien conscience que ce serait naïf. Qu'elles aient le temps d'y prendre la poussière et n'en soient sorties que par extrême nécessité serait déjà une grande réussite. »

Ils se rejoignaient assurément sur leur vision d'un Westeros unifié, d'un monde tel qu'ils voulaient le léguer à leurs descendants. Ce faisant, il lui affirma qu'il avait besoin de son aide dans cette affaire. Orane acquiesça à chacune de ses paroles, silencieuse, puis quand il lui demanda enfin si il pouvait compter sur elle, la veuve fixa un instant son regard droit rivé sur elle, baissa les yeux sur la main qu'il tenait toujours fermement et les releva sur son visage balafré. La réponse lui parût toute naturelle :

« Bien sûr que vous pouvez compter sur moi. » un sourire. « Vous ai-je déjà donné raison d'en douter ? » et tandis qu'elle disait cela, ses doigts se refermèrent sur les siens pour lui signifier son amitié.
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MessageSujet: Re: La Veuve et l'Empereur (Torrhen Braenaryon)   Sam 22 Déc - 15:21

L’exercice du pouvoir ne récompensait finalement pas si bien les hommes qui s’y sacrifiaient. Le faste n’avait pour intérêt que durant un temps, le reste il n’était que confort superficiel. Je ne me sentais jamais aussi libre qu’en campagne, épée au côté, avec mon destrier et des rangs de soldats qui marchaient en chantant des hymnes aux Anciens Dieux. Je savais que je n’étais pas le souverain idéal, pas plus que je n’avais été jusque là un bon père ou un bon mari, loin de là, mais j’étais peut être bien la personne qu’il fallait au moment qu’il fallait, pour faire avancer les choses en Westeros. Orane aussi semblait peiner dans son rôle de parent. C’était l’un des plus difficiles qui soient, finalement. Etre un Roi ou quelqu’un du peuple ne facilitait sans doute en rien ce type de lien. C’était difficile pour tout le monde. Mais je n’avais jamais de repos. Les semis accomplis, je ne pouvais pas passer du temps avec mes enfants en attendant le retour du Printemps. Il y avait toujours quelque chose à faire, et le plus souvent loin de chez moi.


Loin de chez moi, pour le peu que je considérais avoir eu une véritable demeure un jour dans mon existence, ce que j’espérais que soit maintenant Fort-Darion, avec mon épouse, ces enfants à venir, et le cœur d’un Empire en bas âge. Je hochais la tête aux paroles de la Whent, qui était très sage par ailleurs et dont je partageais totalement ou presque l’avis. Mince sourire au coin de ma mine ravagée par la guerre.



| Comme nous pouvons. C’est là l’expression la plus stricte de l’accomplissement de notre devoir. Nous en avons tous un, ou plusieurs. Quels qu’ils soient. Je n’ai jamais su faire autrement que de poursuivre ces buts que la nature de ma responsabilité m’imposait. Cela m’a beaucoup coûté par le passé. J’ai besoin de vous sur vos terres, et peut être en mon palais. Mais ne perdez toutefois pas de vue l’essentiel ; les liens qu’il vous reste avec les vivants. |


Et ne pas se laisser enfermer dans une solitaire, froide et stérile relation aux morts. J’écoutais ce que la dame avait à me dire. Sur ses propres états d’âme que sur son avis, que je partageais et que j’entérinais. Cette fidélité, cette détermination… Non pour moi-même mais pour ma cause, c’était typiquement le genre qui stimulait très concrètement ma fierté et ma volonté d’aller au bout des choses. Se savoir soutenu… Certains souverains s’en passaient aisément, mais pas moi. On pouvait me détester en tant que personne, comme nombre de mes soldats, mais épouser ma cause et mes objectifs, ce qui me nourrissait d’un sentiment de reconnaissance et renforçait ma propre volonté à accomplir ces desseins. Je hochais plus gravement la tête, évitant son propre embarras à cette proche communion que j’instaurais, alors qu’elle évoquait son absence de naïveté.


| Vous avez raison. Je considérerai pour ma part comme une réussite si nous arrivons à empêcher tout nouveau conflit entre habitants du même continent. Plus de pillages d’outre mer, plus de raids de voisins jaloux. Et plus de batailles, comme celles que nous venons de connaître depuis un an. |


Des chevauchées héroïques d’Eysines aux boucheries de Buron en passant par les durs combats d’infanterie de La-Mort-Aux-Loups ou de Paege, j’en avais assez des bains de sang. J’y étais bon et je me complaisais dans cette flatterie presque permanente de mon statut de combattant ayant survécu à à peu près tout mais ce n’était pas le plus important, l’égo. J’avais assez vécu sur ce mode. Je mets la belle au pied du mur, la demande de me confirmer son allégeance, et elle serre et presse doucement ma main dans la sienne. Je souris sous ma barbe.


| Jamais, ma Dame. J’ai beaucoup de chances de vous avoir, j’en suis bien conscient. Les temps sont durs et l’époque périlleuse, mais c’est entouré de personnes de votre qualité que ma foi en l’avenir reste intacte. |




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MessageSujet: Re: La Veuve et l'Empereur (Torrhen Braenaryon)   Sam 19 Jan - 23:40

La Veuve et l'Empereur« La chute n’est pas un échec. L’échec, c’est de rester là où on est tombé. »
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« Je tâcherai de ne pas l'oublier. »

Les liens qu'il lui restait avec les vivants, Orane s'y raccrochait de son mieux. Il y avait une certaine compassion dans ses paroles et elle savait qu'il l'avait dit pour son bien, mais la plaie était encore récente, aussi ce conseil lui noua la gorge un instant. C'était comme verser de l'alcool sur les chairs encore à vif, douloureux mais efficace. Elle inspira profondément pour se défaire du poids dans sa poitrine, celui qui lui rappelait généralement la présence invisible et éprouvante du deuil qui la frappait, comme un fantôme qui vous hante et ne vous abandonne plus jamais. En reposant son regard sur son compagnon, elle songea pour elle-même que c'était les gens comme lui qui lui avaient permis de ne pas sombrer, ceux qu'elle avait rencontrés comme Salfalaise ou le Maréchal, et ceux qu'elle avait retrouvés comme Leslyn. Oui, si elle était encore capable de se tenir debout, c'était bien grâce à la bienveillance de ceux qui l'entouraient. Elle ne l'oublierait pas. Qui sait ce que la solitude aurait fait d'elle ? Qui sait même si Morgane aurait encore eu une mère si elle lui avait cédé ?
Il lui confia sa vision de l'avenir, de la réussite de cette entreprise et elle ne put s'empêcher de songer à tout ce qui pourrait venir mettre en péril cette stabilité en laquelle on plaçait tant d'espoirs.

« Nous y arriverons, je n'en doute pas. Il se peut cependant que notre tâche soit plus aisée que celle que nous destinons à nos successeurs. Une fissure peut parfois suffire à faire s'effondrer un édifice, il leur faudra être extrêmement vigilants. Aujourd'hui, nous sommes fatigués de la guerre parce que nous la connaissons, mais ceux qui ne l'auront jamais connue, apprendront-ils de leurs aînés ou cèderont-ils à la solution de facilité ? »

Leurs enfants peut-être auraient le privilège de connaître cet état de grâce, une époque de paix et de stabilité telle qu'ils l'avaient rêvée, mais leurs enfants après et ceux qui viendraient ensuite... elle n'en était pas certaine. La paix était, en définitive, un éternel combat.
Son sourire semble pourtant appaiser son trouble – lorsqu'elle avait fait sa rencontre, c'était un spectacle auquel elle craignait ne jamais assister, à tort heureusement. Qu'il ait repris des forces, qu'il se soit remis, qu'il ait surmonté les obstacles... et qu'il puisse sourire malgré l'avenir incertain qui se profilait lui donnait envie d'espérer. Il s'estimait heureux de l'avoir à ses côtés, elle aurait pu en dire autant.

« Si vous me croyez sensible à la flatterie, Sire... et bien, il faut croire que vous me connaissez bien. » dit-elle en hochant la tête puis, plus sérieusement : « Et ce sont des gens comme vous qui ont restauré la mienne – sa foi en l'avenir – vous méritez ces compliments bien davantage que moi. »

Ses craintes n'avaient pas disparu, mais elle se sentait gonflée d'une nouvelle assurance. C'était un sentiment qui ne lui était plus si familier depuis quelques temps, un qu'elle n'imaginait pas retrouver si tôt après la perte de sa moitié. Elle devait l'accepter à présent, son mari était perdu à jamais mais elle n'était pas seule. Jamais.
Un silence passa. Orane prit brusquement conscience que le temps s'écoulait plus rapidement qu'elle n'avait bien voulu l'imaginer. Depuis combien de temps était-elle entrée ? Elle en avait perdu toute notion.

« Peut-être qu'il est un peu tard pour cela mais j'espère ne pas vous déranger. Je vous sais très occupé dernièrement et je ne voudrais pas vous accaparer ou vous empêcher de retourner à vos affaires. »
Orane Whent

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