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Les marques du destin
MessageSujet: Les marques du destin   Dim 19 Aoû - 20:16

Je bondis par dessus les marches et atterri souplement dans la rue sans bousculer la moindre personne. J’entends les autres gamins m’appeler derrière moi. Je m’arrête pour les regarder passer avec un petit sourire, cette soif de vivre m'étonnera toujours. Les garçons passent autour de moi et je peux deviner qu'ils ont prit des choses au vol. Il n’y a pas de fille dans la rues. Rien d’extraordinaire. Ils se dispersent à nouveau et je reprends tranquillement ma route.

Je mords dans la miche de pain que j'avais piqué aux cuisines avant mon départ, avec plaisir. Cela fait trois jours que je ne suis pas rentré au châteaux, je n’en ai pas envie. Malgré les tenues nobles que j’ai dans le château, je ressemble plus à un mendiant avec ma vieille chemise tachée, mon pantalon trop grand. En bref : je n’ai rien actuellement d’un fils de noble. Et ça me plaît. Avec les gamins des rues j’ai l’impression de vivre véritablement, pas comme lorsque je suis au château, de toute manière j'évite le château de Fort-Darrion : il y a trop de nobles pour moi, mon père et toute la petite famille a fait le voyage pour saluer notre suzerain. D'un pas tranquille, je me dirige vers les grandes artères de la ville. Je m’arrête soudain en voyant quelqu’un arriver. Merde.

Je lâche la miche de pain qui tombe au sol, tant pis elle servira pour d'autres. Je tente de me faufiler parmi les gens, pour éviter mon père et la garde. Mais pas assez vite, ou alors il m’attendait de pieds ferme. Je sens une main puissante m’attraper par le col de ma chemise alors que je tourne vivement pour m’enfuir. Je me débats vivement en essayant de m’échapper. Cependant une autre main m’attrape le bras et me tire en arrière plus violemment. Je me débats plus fort avant qu’on me torde les bras dans le dos. Le calme s’est fait tout autour de nous et les gardes ont repoussé les badauds et mon père me toise froidement depuis le haut de son étalon.

Les gardes me lâchent et je rajuste ma chemise face à mon père, le menton haut. Le calme est très épais. J’avale ma salive et respire profondément, je sais très bien ce qui m’attends, pourtant, je soutiens le regard de mon père qui semble visiblement là… pour me trouver. Il ne porte qu’une simple armure de cuir et visiblement il savait qu’il pourrait me trouver. Je regarde ce qu’il lance à mes pieds et me mords l’intérieur des joues.

« Fais les nœuds Sacha. »

Je me baisse lentement pour prendre le fouet et obéir à mon père en soutenant son regard. Je finis les nœuds rapidement avant de lancer le fouet à mon père. Je note qu’il n’y a pas les griffes. Il ne veut pas ma mort, mais ramasse tout de même le fouet. Je repousse aussitôt les gardes qui veulent me prendre les bras. J’accepte la punition, je ne la crains pas. J’ôte ma chemise d’un geste brusque avant de tourner le dos à mon père. Je sens tout de même les gardes me saisir les bras : pour que je ne bouge pas. Je détends les muscles de mon dos et ferme les yeux. J’entends le sifflement du fouet et la brûlure du coup de fouet au creux de mon dos me surprends. Je sens très bien la chaleur du sang dans mon dos, je n’ai pas crié, mais je sens déjà la sueur couler sur mon front et la voix de mon père résonne derrière moi.

« Trente coups de fouets en plus de celui la. »

Je prends à nouveau une grande respiration en fixant le sol. Ça va être très long je ne tiendrais pas longtemps sans crier.


Dernière édition par Sacha Racin le Mar 21 Aoû - 17:49, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Les marques du destin   Lun 20 Aoû - 21:41

La tempête de neige s’était éteinte dans la nuit, les bourrasques de vent avec elle également. Il faisait encore bien froid et autant dire qu’à son réveil, Garlan découvrit que rien n’avait fondu, le vent ayant formé ici et là des congères. Des personnes tentaient déjà de déblayer des portions de chemin pour que chacun puisse passer à sa guise, et surtout qu’ils voient où ils mettent les pieds. Après tout, sans ça on ne distinguait pas les nids de poule et autre déformation du sol, il y avait de quoi se fouler le pied ou se casser une jambe, autant se montrer prudent. De plus, un déneigement sommaire permettrait à des chariots de pouvoir circuler, certes plus difficilement, les chevaux se fatigueraient plus rapidement également. Il prit  le temps de prendre un petit-déjeuner en bas, à l’auberge, rien de trop copieux tout de même. Il savait ce qui l’attendait, Garlan ne souhaitait pas rendre ce qu’il a pu manger pendant l’exercice.

Et de l’exercice, pour sûr, il allait y en avoir et pas qu’un peu. Le chevalier et ses compagnons d’arme bieffois s’étaient donnés rendez-vous à l’extérieur des murs de la ville, d’innombrables tentes étaient dressées pour l’armée impériale et on laissait des endroits vierges, entourés d’une barrière en bois, ce qui offrait aux combattants un lieu pour s’entraîner. C’est là qu’ils se retrouvèrent tous, et après avoir attendu les retardataires, ils purent commencer. Les chevaliers et hommes d’arme de Kevan s’affrontèrent un contre un, deux contre deux, trois contre trois, quatre contre quatre et même à la fin cinq contre cinq, une vraie petite mêlée qui pouvait simuler ce qu’on pouvait retrouver sur un champ de bataille à une échelle plus réduite bien entendu. L’entrainement avait attiré quelques curieux venu regarder comment se battaient les bieffois, comme des nordiens et des soldats du Conflans entre autre.

Ils avaient dû retirer peu à peu des couches de fourrure de leurs épaules, l’effort physique les faisant suer. Une fois  qu’ils eurent terminés, ils les reprirent de nouveau pour cette fois-ci, ne pas attraper froid. D’un accord commun, la petite troupe était bien décidée à manger un morceau dans une taverne que l’un d’eux avait repéré. Après l’effort, le réconfort ! Garlan n’avait pas trop manger en se levant, et maintenant qu’il s’était bien dépensé dans l’entrainement, il avait faim. Il en salivait d’avance. Retournant en ville, ils empruntèrent une des artères principales, les bieffois suivirent docilement leur guide, Ser Goldwyne comprit qu’il n’était pas le seul à avoir faim, ils allaient se régaler ! Dans leur avancée, il remarqua un attroupement suspect du coin de l’œil, une petite foule était rassemblée, impossible de savoir ce qu’ils faisaient d’ici. Garlan se stoppa net, souhaitant savoir ce qui se tramait. Ses camarades se rendirent compte qu’une brebis ne suivait plus le troupeau et ils l’imitèrent en lui demandant ce qu’il foutait.

« Une foule qui s’attroupe comme ça, c’est qu’il y a toujours quelque chose qui se trame. Je vais aller jeter un coup d’œil. Je vous rejoins plus tard, je pense savoir où c’est. » Les bieffois se regardèrent entre eux et lui signifièrent qu’ils l’attendraient là-bas alors, un de ses amis se détacha quand même du groupe pour venir se positionner à ses côtés. «  Je viens avec toi, Garlan. Qui sait ? Cela pourrait être intéressant. Peut-être est-ce le gérant d’un bordel en train de faire la promotion de son office, je suis sûr qu’il n’y a pas que moi que ça intéresserait. » en donnant un petit coup de coude complice à Garlan. Cela fit sourire le chevalier, il n’en déclina pas moins sèchement la proposition. « Sans façon, l’ami. » Pas d’explication en plus, il n’avait rien dis à ses compagnons d’arme, ses amis, sur la relation qu’il entretenait avec Yesaminda, cela ne regardait que lui, enfin ça ne les regarderait que eux. Il sentait que son confrère s’interrogeait sur son comportement, le chevalier de La Treille entonna donc le pas, sachant pertinemment que son ami ne tarderait pas à le suivre.

Ils se dirigèrent vers la petite foule qui s’était formée, ils ne voyaient rien de suite et durent se mêler aux gens regroupés en cercle en se frayant un passage à coup de coude, tout en s’excusant. Ils arrivèrent enfin à se frayer un passage au premier rang, Garlan fut effaré par ce qu’il put voir. Un homme, armé d’un fouet, s’en prenait à un garçon qui, torse-nu, venait de recevoir un coup à la vue du sang qui ruisselait dans son dos.  « Par les sept, que signifie ceci ?! » S’insurgea Garlan, il n’allait pas laisser cela se faire sans réagir, il en était hors de question. Le chevalier fit quelques pas en avant, bousculant le garde juste devant lui afin de faire face à l’homme qui tenait l’arme de torture. « Qu’est-ce qui vous donne ainsi le droit de fouetter ainsi ce garçon ?   » Le chevalier lança un regard mauvais aux deux gardes qui maintenaient la cible des supplices par les bras « Laissez-le donc partir, quoi qu’il ait pu faire, cela ne mérite pas qu’il soit puni de cette manière !   »


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MessageSujet: Re: Les marques du destin   Jeu 23 Aoû - 19:39

Je m’oblige à respirer profondément, mon regard fixé sur ma chemise au sol. Je sais très bien que je vais craquer et crier de douleur, mais le plus tard sera le mieux. Combien de temps vais-je tenir ? Pas longtemps au vu de la douleur cuisante du premier coup de fouet. Je lève les yeux vers le ciel en priant les sept. Est-ce que je vais rester conscient jusqu’au bout ? J’essaie encore de détendre les muscles de mon dos qui s’étaient contractés suite au premier coup de fouet et le sang commence à souiller le haut de mon pantalon. J’entends du bruit et tournant la tête je vois du coin de l’œil un homme faire face à mon père qui le toise froidement. Oui : mon père est très grand en taille. Je retiens un petit rictus, il ne sait pas à qui il s’adresse. Moi qui commençais à se demander pourquoi le coup suivant ne venait pas. La voix de mon père résonne d’un calme… tranchant, alors que l’emprise des gardes sur mes bras se fait plus forte.

« Ce qui me donne le droit ? Le fait que ce garçon soit mon fils. Et il mérite amplement sa punition, je l’avais prévenu qu’il aurait trente coups de fouet s’il me désobéissait de la sorte. Je crains que vous ne vous mêliez de quelque chose qui ne vous concerne point chevalier. »

Mon père et la sympathie… Ce n’est pas encore quelque chose qu’il maîtrise. Sa voix est parfaitement froide et polie, pas la moindre trace de chaleur ni d’insulte dedans. De simples fait qu’il expose. Je ferme les yeux en murmurant toujours mes prières. J’entends mon père se déplacer ignorant le chevalier. Il n’a pas que ça à faire…Je n’ai pas bien vu le chevalier, je crois que je m’en fiche, mais quelque part je suis content que quelqu’un intervienne. Ou du moins tente. Mon père n’est malheureusement pas un petit chevalier, mais bien un puissant seigneur qu’on ne peut pas insulter impunément.

La morsure du fouet se fait à nouveau sentir dans mon dos, mais je sers les mâchoires, retenant le cris au fond de ma gorge pour n’expirer un long soupire de douleur. Je desserre les mâchoires pour compter tout haut, montrer que je n’ai pas peur de ces coups de fouet.

« Vingt-neuf. »

J’oblige mon souffle à rester calme et tourne un peu la tête pour voir si l’homme qui s’est interposé entre mon père et moi est toujours là, ou s’il a reculé.
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MessageSujet: Re: Les marques du destin   Dim 26 Aoû - 18:28

L’arrivée de Garlan et de son ami sembla être salutaire pour éviter que la torture de l’adolescent ne se poursuive. Quoi que puisse être son crime, méritait-il un tel traitement ? Cela m’étonnerait qu’il ait tué ou violé quelqu’un, pas à son âge. Bien qu’il en ait vu des choses dans son existence jusqu’ici, si bien qu’il ne serait surement pas trop surpris s’il apprenait les délits graves du jeune homme. Et s’il s’agissait d’un vol, et bien peut-être que le pilori aurait pu suffire, ou bien un rappel à l’ordre au vu de son âge. Mais si ça c’était passé entre les murs de la capitale impériale, c’était aux gardes de se charger de cela, il s’agissait de leur juridiction après tout. Et à moins qu’il ne se trompe, ni la personne qui tenait le fouet, ni les hommes qu’il commandait, n’appartenaient au guet de la ville. Non, ça ne pouvait pas être ça, et si c’était le cas, s’il s’agissait d’hommes de l’Empire, alors le chevalier perdrait toute confiance en cette entité, c’était certain.

Les explications mirent du temps à venir, le Bieffois pensa même qu’il allait être snobé, se préparant à être réitéré sa question, il obtint enfin une réponse. Sous le fait qu’il était son père, cet individu prétendait qu’il avait tous les droits pour punir son enfant comme il le souhaitait. Si bien qu’il avait décidé de choisir le fouet pour se faire, qui semblait modifié pour infliger bien de souffrance qu’il ne le devrait. Son regard dévia vers le garçon battu, avant de se reposer sur la silhouette du père. Cette scène lui semblait familière, à travers cet enfant, il se revoyait quelque peu, lui et la relation qu’il entretenait avec son père. Lorsqu’il n’était encore qu’un gosse, il avait toujours tout fais pour chercher à faire la fierté de son géniteur, mais avec sa bêtise et maladroitement, il n’avait que réussi à s’attirer des remontrances physiques violentes, ainsi que des abaissements  morals. Il ignorait d’où venait l’adolescent, mais il fallait croire que certains individus n’étaient pas fais pour être père.

Toujours en continuant à le scruter, Garlan répondit sur un ton froid, espérant provoquer l’individu pour qu’il se détourne de son fils. «Aucun père ne devrait  traiter son enfant ainsi. Si vous êtes obligé de vous montrer violent en usant d’un tel objet pour que votre fils se montre discipliné et obéissant, c’est que vous êtes totalement incompétent en matière d’éducation.   » Enervé, il l’était apparemment, énervé de voir une telle scène se produire sous ses yeux, énervé de voir que même si les années passaient, rien ne changeait vraiment. Il y avait bien d’autres méthodes pour acquérir le respect, la confiance et l’obéissance de quelqu’un, les mots étaient le meilleur moyen. Se montrer bon, être soi-même, il n’y avait rien de plus simple. Un étalage de violence, comme celui-là, ce n’était que bon pour les idiots et les faibles. Mais il devait garder un maximum son calme, le but était de ne pas exciter davantage les gardes de la maison présents, sinon ces derniers seraient peut-être capable de dévoiler l’acier et faire un carnage. Il ne voulait pas ça.

Ce qui se passa ensuite, ne mit que davantage à rude épreuve la patience du  jeune homme. Un nouveau coup de fouet claqua, l’arme s’abattant sur la chair du garçon. Poings serrés, Garlan eut envie de défourailler et tenir le père en respect, mais ça n’arrangerait que très temporairement la situation. Non il devait y avoir un moyen. Il regarda l’adolescent dans les yeux, ce dernier faisait preuve d’un courage peu commun, il respectait cela. Surement avait-il l’habitude de recevoir de tels supplices. Il y avait peut-être un autre moyen que tout cela cesse… Le Bieffois se retourna brusquement vers son ami présent dans la foule et lui intima d’une voix forte. «Willos, va prévenir le guet ! Je suis certain qu’ils auront fort à dire sur ce qui se passe ici.   » Un simple hochement de tête, et le bieffois disparut en un éclair en se frayant un passage à travers la populace attroupée.

Garlan refit face au tortionnaire, il était bien décidé d’extraire le garçon de ses griffes, il lui demanda, espérant le faire réfléchir de par lui-même : «J’ignore qui vous êtes, monsieur. Un seigneur, un chevalier ou un roturier fortuné. Mais quel soit votre titre, que vous soyez issu de la noblesse ou non,  je ne pense pas que votre souverain tolère vos méthodes, voulez-vous prendre le risque que les soldats du Guet aillent lui faire un rapport de leur intervention lorsqu’ils seront arrivés ? J’en doute. » Il s’avança vers l’individu, tout en jetant un œil à l’adolescent. «Vous avez le choix entre vous en aller ou bien risquer de vous confronter à votre souverain sur un sujet qui, je pense, ne lui plaira guère et sur lequel il ne vous donnera pas raison. »


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MessageSujet: Re: Les marques du destin   Dim 26 Aoû - 23:16

La douleur dans mon dos est horrible, véritablement, si mon père frappe une troisième fois, je sais que je crierais. Je sens les doigts des gardes s’incruster dans mes bras, j’aurais des marques. J’entends la discussion entre mon père et le Ser mais je n’arrive pas à saisir tout : la douleur. La douleur m’empêche de bien saisir, mais la poigne des gardes se fait plus indécise. Je me force à secouer la tête, j’ai besoin de me reprendre et me campe sur mes pieds en attendant la suite de la punition : le sang dégouline dans mon dos et souille mes chausses. Je crois qu’il vaut mieux que je ne tente pas de saisir la discussion. Ça ne sert à rien à part me fatiguer. Je vois mon père arriver devant moi : il ne porte plus le fouet, mais marche volontairement sur ma chemise. Je soutiens son regard malgré mon dos en feux. Il me souffle simplement si bas que je suis le seule à l’entendre :

« Nous réglerons ça plus tard Sacha. »

Je serre les dents à m’en briser l’émail, mais je ne ploie pas : le vent à beau hurler la montagne ne ploie pas. Il fait signe aux gardes qui me lâchent et tout trois passent devant moi comme-ci je n’existe pas. Tant mieux. Mes jambes tremblent et je lutte tout ce que je sais pour ne pas tomber au sol. J’attrape maladroitement ma chemise sans me retourner vers mon père qui part dans le plus grand des calmes. Le moindre mouvement m’arrache une grimace de douleur. Il faut que je remercie le chevalier… Est-ce que je dois remettre ma chemise ? Je décide que oui. Malgré la douleur qui me fait chanceler. Les gens se dispersent rapidement et je sais pourquoi mon père a cédé : il ne veut pas subir le jugement de l’empereur à cause de moi. Il trouvera un moyen de me le faire payer un moment ou un autre.

Je me retourne vers le chevalier et incline la tête vers lui, j’ai la tête qui tourne et je ne suis clairement pas sûr sur mes pieds. Je prends à nouveau une profonde respiration avant de parler. Je n’ose pas réellement bouger

« Je vous remercie Ser pour votre intervention, ce n’est pas tout le monde qui aurait eut votre courage. Je m’appelle Sacha Racin. »

Je me demande brièvement si je dois filer. Je crois que ça suffit pour le chevalier. Les gens se sont dispersés, comme-ci la scène n’est plus que commune. J’ai la tête qui tourne et ne me sens clairement pas bien. Je préfère partir, je ne veux pas rester ici. J’esquisse un geste pour partir après un dernier signe de tête. J’ai mal, je crois que je vais essayer de rentrer discrètement et demander de l’aide à Lucas…
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MessageSujet: Re: Les marques du destin   Lun 3 Sep - 21:42

La situation est toujours aussi tendue. Garlan ne souhaite pas en arriver là, il ne veut pas dévoiler l’acier, ici, dans les rues de la capitale impériale. Les gens autour de lui, ceux du peuple, ont déjà tant soufferts des événements précédents, il est certain que chacun d’entre d’eux ait perdu un proche ou une connaissance par les ravages causés par la guerre. Faire couler le sang, ici et maintenant, cela ne les ramènerait que de nouveau dans un climat troublé où ils ne se sentiraient pas en sécurité, alors que cette ville était certainement l’endroit le plus sûr pour eux en ce moment avec l’arrivée de l’Armée Impériale. Sa main n’était pas trop loin de la garde de son épée et de son couteau également, avoir la main dessus aurait pu être considéré comme une provocation à laquelle un garde serait susceptible de répondre. Le couteau serait peut-être plus adapté pour la première effusion de sang, plus rapide à dégainer et plus maniable dans un corps à corps.

Il réfléchissait déjà au pire, à la façon dont il combattrait ses adversaires, même s’il ne souhaitait pas en arriver là, mieux fallait être prudent, sait-on jamais. Il espérait que les hommes du Guet ne tarderaient pas arriver pour stopper tout ceci.  Le tortionnaire se détourna une nouvelle fois de sa personne, rien ne laissait apparaître qu’il ait pris la quelconque mesure des ses propos. Pendant un instant, le chevalier craignit qu’il ne s’adonne une nouvelle fois à son activité lugubre.  Cette fois-ci, il serait très certainement obligé d’agir, pas forcément avec son arme, peut-être qu’en lui fonçant dessus, il arriverait à le surprendre. Peut-être, rien n’était sûr. Il ne put pas savoir si cela aurait été le cas ou non, car l’homme se pencha vers son fils, probablement pour lui proférer quelques viles menaces. Si bien qu’après cela, le méchant homme fit un signe à ses soldats pour leur signifier qu’ils en avaient terminés ici. Les hommes d’arme relâchèrent l’adolescent et s’en allèrent à la suite de leur leader.

La foule se dispersa également, après tout, cela ne représentait plus un spectacle à leur sien, ils n’avaient plus rien à mettre sous la dent de leur esprit pervers. Aucun d’entre eux ne sembla lever le petit doigt pour venir aider le jeune garçon, ou du moins ils n’avaient pas insisté face aux hommes armés, ni même alertés le guet de ce qui se tramait ici. Le torturé semble saigner à grosse goutte, Garlan fait un pas dans sa direction afin de lui porter assistance, cependant ce dernier le devance, en remettant sa chemise pour dissimuler ses blessures. Cela ne cacherait que temporairement la misère, lorsque le tissu sera imbibé par le sang, ça finirait par souiller ses autres vêtements. Il remercia le chevalier pour son intervention et se présenta. Racin, il ne connaissait pas du tout le nom de cette maison, mais il savait au moins maintenant que le père du garçon était un noble, peut-être un seigneur.

Le Bieffois n’eut pas le temps de lui rendre la pareille que le petit gars chercherait déjà à s’enfuir. Mais il était hors de question de le laisser dans cet état. Effectuant un grand pas vers l’avant, il vint lui saisir l’avant-bras, l’emprise n’était pas bien ferme, il ne voulait pas lui faire mal, seulement le retenir tout en assurant une prise sur lui.  «Une minute, mon garçon ! Vous ne croyez tout de même pas que je vais vous laisser partir comme ça ? Nous allons aller faire panser vos blessures, vous n’irez nulle part tant que ce n’est pas fais. » Il ne pouvait pas contester, ce n’était pas une proposition, ça ressemblait plus à de l’indicatif, il irait se faire soigner, même s’il devait le forcer à le faire. Il semblait tellement faible, Garlan était prêt à l’assister davantage s’il voyait que ce n’était pas du tout la forme.

Alors qu’il allait donner le pas vers leur destination, son ami finit par réapparaître enfin, il était trop tard maintenant pour que les hommes du guet mènent leur enquête, puis de tout de façon Willos était revenu tout seul. Il semblait quelque peu gêné en se frottant l’arrière du crâne, bien qu’il souffla lorsqu’il constata que le jeune garçon était tiré d’affaire. «   Désolé Garlan, impossible de mettre la main sur le Guet. Cependant, je vois que tu n’as pas eu besoin d’eux pour faire cesser cette folie. Le petit va surement savoir se débrouiller tout seul maintenant, tu viens ? Les autres vont nous attendre. » Garlan jeta un coup d’œil au jeune Racin, au vu de l’état de ses blessures, il était hors de question de le laisser seul. De plus, s’il s’absentait, il craignait que son père revienne à la charge. Il déclina poliment la proposition avec le sourire.  «Tu peux y aller Willos, tout va bien se passer, ne m’attendez pas. Je vais le conduire au dispensaire, j’ignore combien de temps cela va durer, je ne voudrai pas que vous mourriez de faim. »

D’un signe mutuel de tête, ils se saluèrent avant que son ami tourne les talons pour les quitter. Garlan lâcha le jeune garçon, conscient qu’il n’avait pas besoin d’être tenu, il était assez près de lui pour le soutenir s’il se montrait vacillant. Il lui désigna le chemin à emprunter et ils se mirent en marche. Il allait surement pouvoir en apprendre davantage sur lui pendant ce temps passé à deux. «Racin. Voilà un nom de maison qui m’était inconnu jusqu’à ce jour. Où se situe donc le domaine de votre maison ? » Des questions un peu plus indiscrètes lui brûlaient les lèvres, ce n’était guère facile d’aborder ce genre de sujet, il déglutit avant de lui demander d’une voix basse, sur un ton de confidence. «Cela fait-il longtemps que votre père vous traite ainsi ? Qu’il vous bat ? »


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MessageSujet: Re: Les marques du destin   Lun 3 Sep - 22:56

J’aimerais autant que possible rester ici, je préférais nettement me cacher dans un coin payer quelques bandages, trouver un gamin des rues pour m’aider… Je n’ai pas forcément envie de rester là, mais au moment où j’essaie de m’enfuir l’homme me retiens par le bras. Il ne me fait pas mal, il me tient juste, dans un geste m’ordonnant de rester. Je n’ai pas beaucoup de forces de toutes manières : pas assez pour tenter de me dégager et de partir en courant. Je ne résiste même pas. Je retiens un sourire en l’entendant, il veut simplement me faire soigner. Je ne suis pas vraiment en état de dire que ce n’est pas la peine : je n’ai plus la moindre goûte de sang au niveau du visage : je crois que tout dégouline lentement dans mon dos en imbibant ma chemise. Un autre chevalier vient, tout seul, l’air penaud. On dirait un chien battu. Garlan ? Ser Garlan donc… Qui renvoi Ser Willos je ne sais où. Ser Willos qui doit être aveugle. Je crois. J’avance maladroitement aux côtés de mon sauveur en essayant de ne pas tomber à chaque pas. Je regarde l’homme un peu surpris qu’il ne connaisse point les Racin. Par habitude je hausse les épaules. Geste qui m’arrache une grimace de douleur.

« Herpivoie. Mon père est le seigneur de Herpivoie. Nous sommes ici pour célébrer l’empereur et les victoires sur les fer-nés. Voyez comme cela met mon père de bonne humeur. Et vous Ser ? D’où venez vous ? Garlan n’est pas un nom d’ici. »

Je retiens un ricanement, mon père de bonne humeur. Oui mais alors tant que je ne suis pas dans son champ de vision. J’observe avec attention Ser Garlan lorsqu’il pose sa question. Je préfère m’arrêter un instant en m’appuyant contre un mur, j’ai besoin d’une pause. Lucas va me tuer, après être mort lui-même d’inquiétude. Triste vie et triste fin pour mon frère. Je passe une main dans mes cheveux poisseux de sueur en fronçant les sourcils. Depuis combien de temps ? Trop longtemps. Je ne sais pas lui obéir, je ne sais pas me courber devant lui. Je soupire avant de prendre la parole sur le même ton, ma voix est haché à cause de la douleur :

« Je suis son cinquième fils… Et clairement pas le plus docile des cinq. Il préfère mes quatre aînés et Lucas est à la fois son favoris et son héritier… Alors comprenez… que le cinquième, le petit dernier qui n’en fait qu’à sa tête… Honnêtement : il ne me supporte pas. Ce qui tombe bien : c’est parfaitement réciproque. Alors oui… cela fait longtemps qu’il me traite ainsi. Il n’est pas véritablement un homme tendre… mes frères ce sont tous prit des corrections… Mais… Disons que je suis celui qui en a prit le plus dans toute sa vie. Surtout parce que je préfère passer du temps avec les gamins des rues… qu’avec lui ou au château. C’était pour ça… le fouet. Ça fait deux jours que je ne suis pas rentré, il m’avait juré de me donner trente coups de fouet s’il m’attrapait dans la rue… On peut dire ce qu’on veut de mon père : il tient ses promesses. »

Sauf quand on l’interromps. J’ai u mal à réfléchir à cause de la douleur cuisante de mon dos. Je m’appuie d’avantage contre le mur, mes jambes tremblent et mon regard se lève vers le château. Lucas va me tuer… Enfin il va mourir d’inquiétude avant. Je ferme les yeux en essayant e retrouver un peu de souffle. J’ai l’impression que mon dos aspire entièrement ma force et la moindre parcelle d’énergie. Je ris doucement, je crois que c’est plus nerveux qu’autre chose.

« Lucas va être dingue. »

Et Jojoris va se foutre de moi à n’en pas douter. J’observe à nouveau le chevalier sans rien dire. Qu’est ce que je peux bien dire ? J’ai tout dit. J’ai résumé ma vie en quelques phrases. Je ne sais pas véritablement comment le chevalier va réagir et à dire vrai… peut-être que je m’en fiche un peu. Sûrement le manque de sang dans les veines qui me fait parler.
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MessageSujet: Re: Les marques du destin   Mar 11 Sep - 22:26

L’éducation dans ses plus jeunes années avait été faite par un percepteur payé par ses parents. Etant une toute petite maison de chevaliers fieffés, ils n’avaient point de mestre et la seule richesse de leur domaine venait du vin. Ils n’étaient pas bien riches si on les comparait aux Redwyne, le seigneur de la maison Goldwyne préféra dilapider leur trésor dans l’éducation de son héritier et dans des cadeaux lorsque ce dernier faisait un caprice. Garlan, son second fils, était bien loin d’être sa priorité et il lui avait fais comprendre dans chacun de ses gestes. On lui avait appris à reconnaître les maisons du Bief, connaître leur histoire et les membres qui composaient les arbres généalogiques de chacune de ces familles. Lorsqu’il était enfant, il ne connaissait que les maisons royales en dehors des frontières de sa terre natale, mais aucune autre maison à part cela. Il était hors de question que son père dépense une seule pièce d’or de trop pour lui.

Son exil lui permit de rencontrer son mécène à Hautjardin, ainsi que ser Tyrell, qui prirent en charge son éducation. Il ne les remercierait jamais assez de tout ce qu’ils lui avaient appris, sans eux, il n’en serait pas là aujourd’hui, il ne serait pas l’homme qu’il était. Si bien que le jeune homme ne connaissait pas la maison Racin avant de faire la connaissance du jeune Sacha. Herpivoie, il en avait déjà entendu parler à quelques reprises depuis son arrivée. Il s’agissait d’un château situé sur les rives du Trident, on lui avait affirmé que sur les terres de ce domaine, on produisait un des meilleurs vins du coin. Il était très certainement en dessous des produits de La Treille, comment pourrait-il les égaler ? Mais au moins avait-il le mérite d’exister afin de sustenter les papilles locales. Le Bieffois essaierait de s’en procurer pour le goûter et se faire sa propre idée.

«Où sont mes manières, je me le demande…   »s’excusa-t-il avant d’incliner légèrement la tête pour le saluer. «Ser Garlan de la maison Goldwyne. Les miens possèdent un domaine près de Bourg-les-vignes sur l’île de La Treille dans le Bief. Garlan est un prénom assez familier dans mes contrées, mais je n’ai jamais rencontré une personne en dehors du Bief qui portait ce prénom, je dois l’avouer. »Le père de Sacha était le seigneur de la maison Racin, le chevalier savait qu’il risquait des problèmes, son suzerain était l’empereur lui-même désormais. Il ne connaissait pas l’empereur, ni la relation  qu’il pouvait entretenir avec Lord Racin. Peut-être étaient-ils de très bons amis. Mais même si c’était le cas, cela n’aurait rien changé, il serait intervenu, incapable de rester les bras croisés devant cet acte de violence gratuite, il ne serait pas resté inactif devant cette injustice, cela aurait été contraire à tout ce qu’on lui avait appris.

Il est important de faire ce qui est juste, peu importe les conséquences. Il était prêt à les assumer. Garlan écoute attentivement l’adolescent battu, son histoire, sa situation, ses liens avec les membres de sa maison. Il semblerait qu’ils partageaient certains traits d’histoire en commun, du moins le bieffois aimait également jouer avec les enfants du peuple dans les rues, au grand dam de son père qui considérait que ce n’était pas dans les mœurs pour un noble de se mêler à des gens de si basse extraction. Leo n’y allait pas de main morte avec son second fils et Sacha se retrouvait dans la même situation, dernier enfant d’une fratrie, il n’était pas considéré, comme il l’avait pu l’être.   «Vous me faites étrangement penser à moi, lorsque j’étais enfant , jeune Sacha. Je fréquentais les fils et les filles des gens du Peuple, tout comme vous, j’en garde de très bons souvenirs et j’ai pu nouer de solides amitiés avec certains d’entre eux. Mon père, il détestait cela, considérant que quelqu’un de mon rang n’avait pas à fréquenter des gens de si basse extraction. Chacun de mes actes semblait lui faire honte. Trop niais à l’époque, je cherchais encore à obtenir son respect, mais je n’arrivais qu’à obtenir sa colère et je tombais alors sous le coup de ses sévices physiques et psychiques. Tout cela pris fin à mes sept ans, une délivrance…   »

Garlan n’avait partagé son passé avec très peu de personne jusqu’à ce jour, il n’aimait pas vraiment en parler avec qui que ce soit, c’était comme une étape de son passé qu’il souhaitait son passé. Bien que sans ça, il n’en serait pas là aujourd’hui. C’était comme une faiblesse. Mais cela lui avait dû bien de partager cela avec le jeune garçon qui semblait vivre une histoire similaire, bien que son paternel semble tout de même plus violent. Il espérait ainsi également gagner la confiance de Sacha. A l’entendre, il avait l’impression qu’il considérait que la réaction de son père était normale, mais ça ne l’était pas. Si le jeune Racin possédait déjà cet état d’esprit, c’est qu’il avait l’ascendant sur lui et une emprise importante. «Je n’ai pas d’enfants, peut-être me trouverez-vous ainsi mal placé pour parler d’éducation. Cependant, votre père n’aurait jamais dû vous traiter ainsi. On peut certes obtenir l’obéissance d’une personne par la violence, mais cette dernière cherchera toujours à se rebeller. Accordez-lui de la confiance et du respect, ainsi vous obtiendrez son écoute, je considère que c’est un élément essentiel pour l’éducation d’un individu. Dommage que, comme le mien à l’époque, votre père ne l’ait pas compris.   »

Sacha était dans un piètre état, cela faisait de la peine à voir. Garlan prit un mouchoir en tissu, passa son bras en dessous de son aisselle pour le soutenir et apposa sa main sur sa chemise où semblait situer la plus importante des plaies. Son mouchoir commençait déjà à s’imbiber de sang. Par cette posture, il arriverait à soutenir le jeune garçon, en l’épaulant, ils reprirent leur bout de chemin. «Je vous emmène au dispensaire, vous y serez entre de bonnes mains, Sacha Racin.   »


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MessageSujet: Re: Les marques du destin   Mer 12 Sep - 9:46

Ser Garlan Goldwyne de Bourg-les-vignes sur l’île de la Treille. Si je vois vaguement où se trouve La Treille je ne vois en rien les armoiries des Goldwyne et encore moins la localisation de Bourg-les-vignes. Je dois vraiment retravailler ma géographie… Et Ser Garlan n’est donc un prénom courant que dans le Bief. D’accord. C’est sans doute pour ça que je ne l’ai jamais entendu n’ayant jamais quitté le conflans de ma vie. J’y ai pensé plusieurs fois à fuir avec un cheval, mais je crois que le courage m’a toujours manqué, ou la peur d’être seul. Jojoris me manquerait et puis il y a aussi Lucas… Je ne suis pas capable de partir seul et je le sais. C’est bien pour ça que je suis toujours ici à subir mon père. Et puis partir… pour aller où ? Vivre dans la rue, d’accord ! Mais je ne peux pas rester à Herpivoie : mon père m’y retrouverait immédiatement. Et ensuite qui donnerait l’asile à un gamin en fuite de chez lui ? Personne.

J’observe surpris le chevalier me conter que son enfance ressemblait un peu à la mienne. Je souris un peu. Ce n’est pas que mon père déteste le peuple et que ce n’est pas bien de le fréquenter : c’est ma désobéissance pour aller me réfugier au cœur du peuple qui le rend fous de rage. Je note que le chevalier a plus souffert que moi : je n’ai le droit qu’à des souffrances physiques et non pas mentales. C’est déjà ça. Je me demande comment je peux trouver une chance dans ma condition. La stupidité… Ou pas. Je finis par répondre après deux longues respirations.

« Ravi de voir que quelque part je ressemble à un noble chevalier… Je préfère cela que de ressembler à mon père. C’est déjà ça… »

On trouve des avantages et des points positifs comme on le peut. J’observe toujours Ser Garlan sans rien dire. J’évite soigneusement de hausser les épaules. Avec la violence on peut facilement briser un être humain. Peut-être que c’est ça que cherche mon père. Je n’en ai aucune idée. En tout cas le respect avec mon père n’est pas quelque chose qui est facile à obtenir. Les deux seuls qui semblent en avoir un crédit illimités c’est Lucas et Hoster. Daenar et Oscar c’est déjà plus compliqué. Quant à moi… Je regarde Garlan et secoue doucement la tête.

« Avec la violence on peut briser quelqu’un. Peut-être est-ce ça que mon père cherche à faire ? J’évite soigneusement de trop me mettre à sa place… Je ne veux pas être comme lui. »

Dispensaire ? Il vaut mieux rentrer au château, au moins là bas j’aurais Lucas qui pourra m’aider… Et empêcher mon père de finir la punition. Et qu’il arrête de me donner de mon nom de famille ! Je n’aime pas ça. Je me mords la lèvre quand il touche mon dos. Ça fait un mal de chien ! Je m’agrippe à lui malgré tout, je ne vais pas réussir à marcher seul, il faut bien se rendre à l’évidence. Je secoue la tête pour essayer de rester un peu conscient.

« Au château, il y a mon frère Lucas… Mon père doit être rentré et Lucas doit être entrain de discuter… avec lui. Lucas vous aidera sans aucun doute. Il m’a plusieurs fois couvert… Il vous aidera sans hésiter une seconde. Il vous … ressemble un peu d'ailleurs… Et… ne m’appelez pas Racin. Sacha tout simple… c’est largement suffisant. »

Puis être seul dans un dispensaire… Malgré ma noblesse, je ne suis sûr que c’est une excellente idée. Enfin dans mon état j’ai du mal à penser de manière cohérente. Déjà que de base je ne suis pas spécialement brillant. Je l’observe avec attention, sachant pertinemment que je saigne.

« Je risque de vous salir Ser… »

Je ne sais même pas pourquoi je dis ça. Mais c’est vrai : je vais le salir à cause de mon sang. Du sang noble qui salit. J’en glousse un peu. Ça ne va vraiment pas bien moi. En même temps rien de plus logique et normal. Tant pis.
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MessageSujet: Re: Les marques du destin   Lun 17 Sep - 21:44

Les deux individus semblaient se ressembler sur plusieurs points. Ils avaient vécus des histoires similaires, surtout dues à leur géniteur, chacun de leur côté, leur père ne les avait jamais estimé, les traitant avec peu de respect pour ce qu’ils étaient. Nombre de personnes aspirent à ressembler à l’image paternelle qu’ils idolâtrent généralement, plaçant le chef de famille sur un pied d’estale, il était un point de repère, une personne à égaler, voire à surpasser. Mais pour Garlan, c’était tout le contraire, après son départ de La Treille, il avait souhaité être le total opposé de ce qu’était son père, non il ne voulait pas lui ressembler sur aucun point. Seul le fait qu’il était son fils et quelques traits physiques partagés ne les liaient encore, sinon ils n’avaient plus rien en commun. Le garçon partageait la même vision, à vrai dire, quel homme censé voudrait ressembler au père du jeune Racin, qui n’hésitait pas à faire l’étalage d’une violence gratuite juste pour appuyer son autorité et pour qu'on ne le contredise pas. C’était pitoyable.

A son arrivée à Hautjardin, son mécène avait constitué une image paternelle précaire, après tout c’est grâce à lui qu’il avait reçu une bonne éducation et c’est cette même personne qui lui avait offert une nouvelle vie. S’il devait vraiment attribuer l’image paternelle à une personne, l’individu sur lequel il s’était basé pour évoluer, celui auquel il ressemblait en de nombreux points aujourd’hui, alors il s’agissait sans aucun doute de Jason Tyrell. L’homme qu’il avait servi de nombreuses années en tant qu’écuyer et qui l’avait adoubé chevalier le moment venu. C’était un chevalier comme on n’en faisait peu, respectant à la lettre les codes de la chevalerie, jamais il ne ferait une action contraire aux mots qu’il avait pu prononcer. Ce fut un véritable modèle pour l’adolescent de l’époque, Garlan avait toujours le sourire en repensant à cette belle époque. Ils étaient dans deux camps adverses désormais, et cela le peinait énormément, car il savait qu’ils seraient un jour amenés à se confronter.  Le maître et l’ancien apprenti s’opposeraient, ils étaient ennemis désormais, mais rien ne les empêchait de se vouer un profond respect, Garlan espérait toujours l’épargner le moment venu s’ils devaient s’affronter et s'il arrivait à prendre le dessus.

«C’est à vous de choisir ce à quoi vous souhaitez ressembler, Sacha. Votre père est peut-être le seigneur de votre maison, mais il ne peut être le maître de votre caractère à tout jamais. Si bien qu’un jour, si vous souhaitez devenir chevalier, alors faites tout ce qu’il faut pour le devenir, en cherchant par vous-même une personne acceptant de vous prendre sous son aile en tant qu’écuyer par exemple.   »Avec l’accord d’un membre de sa maison bien entendu, il ignorait la puissance et la renommée de la maison Racin, mais si elle était reconnue, le jeune garçon n’aurait aucun mal à trouver un chevalier qui accepterait de le prendre en tant qu’écuyer. Sacha se montrait déjà bien courageux de tenir tête à son père et de rester fidèle à lui-même, malgré tout ce qu’il subissait, toutes les épreuves qu’il avait subi. Beaucoup auraient déjà craqué à sa place, mais lui non. Le garçon semblait posséder maintes qualités, c’était indéniable.

Le Bieffois se demandait à quoi l’adolescent pouvait se référer pour garder espoir, pour ne pas laisser son père prendre le dessus sur sa personne. «En effet, peut-être est-ce ce qu’il désire, surement souhaite-t-il faire de vous ce qu’il veut. Il ne reste plus qu’à savoir, qui voulez-vous être, Sacha ?   » Un choix peu évident pour un garçon de cet âge, Garlan lui n’avait pas eu le choix que de changer de vie, forcé de quitter le domicile familiale après que son père l’eut exilé. Sacha avait ce choix, bien que sa maison ait forcément son mot à dire sur son avenir. Le chevalier était content d’apprendre qu’il n’était pas l’exclu de sa famille et que certains de ses proches le soutenaient. Ils pourraient ainsi s’interposer face au chef de la maison lorsque ce dernier souhaiterait très certainement finir le travail.  

Garlan hocha doucement la tête aux propos de Sacha. «Il faudrait que je parle à votre frère alors. S’il est l’aîné de votre fratrie, peut-être peut-il intervenir en votre faveur pour que ce traitement cesse. Vous ne pouvez pas continuer ainsi, votre père joue avec votre vie…   » Une simple blessure pouvait s’infecter et être fatale, il l’avait découvert sur les champs de bataille, il avait vu des amis avec une entaille bénigne trop fier pour se faire soigner et mourir d’une infection des semaines plus tard. Yesaminda lui avait fais un précieux rappel, il ne fallait pas jouer avec sa santé, si on ne faisait pas attention, la nature reprenait toujours ses droits. Le chevalier constata que le mouchoir continuait à s’imbiber, malgré la pression qu’il exerçait sur la plaie, il n’arrivait pas à stopper le saignement. Il décida d’accélérer la cadence de leur marche, ne laissant pas d’autres choix au garçon que de le suivre.

Le Bieffois ricana quelque peu en entendant les excuses de Sacha. «Ne vous inquiétez pas pour ça, Sacha. J’ai connu bien pire et le principal est que vous restez sur pieds. Le bon état de ma tenue, c’est complètement secondaire à côté de ça.   » Il devait chercher à distraire le garçon, ils étaient bientôt arrivés, Garlan semblait reconnaître l’endroit, ils n’étaient plus très loin. «Parlez-moi de vous, Sacha. Qu’aimez donc vous faire pour vous distraire et vous amuser ?   »


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MessageSujet: Re: Les marques du destin   Mar 18 Sep - 8:59

J’ai un petit rictus en battant des paupières. Je suis très, trop, fatigué et c’est une lutte pour rester réveiller. Chevalier… Pratiquement tout mes frères le sont, sauf Oscar… Mais lui il le serait bientôt j’en suis pratiquement sûr. Mais j’avoue que je serais très heureux d’être chevalier, cependant il fallait trouver un chevalier pour moi. Après quatre fils dans différentes maison, le cinquième est encore une fois laissé sur le côté. Et moi… de mon côté… Je dois avouer avoir du mal à trouver aussi. Je hoche lentement la tête en l’écoutant avec attention avant de répondre.

« J’ai cherché… Mais après quatre fils… Il n’y a plus beaucoup de place… pour le cinquième parmi les maisons du Conflan. Et oui je veux être chevalier. Pour protéger les autres. »

Pour protéger le petit peuple… Jojoris, et tout les autres.Je pense surtout à ce qu’il m’a raconté, ce qu’il a vu avant d’arriver à Herpivoi. J’ai envie de protéger le peuple qui souffre des guerres et c’est pour ça que quelque part l’empire est une bonne idée : si on tous uni sous cette grande bannière on arrêtera peut-être dix minutes de tous vouloir s’égorger mutuellement. Enfin… j’espère… Je n’y connais pas grand-chose en politique, je sais que beaucoup de royaumes préfèrent l’indépendance, mais avec l’hiver qui vient, il serait peut-être plus intelligent de se concentrer sur ça plus que sur la guerre non ? Je secoue doucement la tête. Il a beaucoup d’espoirs envers Lucas.

« Lucas a … déjà tenté de parler à mon père… Avec beaucoup de succès voyez-vous… À chaque fois mon père l’a renvoyé à sa place… Disons que … je joue plus avec ma vie en… refusant de courber devant lui. »

Techniquement si je suis sage et obéissant je ne subirais aucune brimade. Mais vu que je n’en ais absolument qu’à ma tête… Je dois aussi payer le prix de mes actes je ne sais. Je sais aussi que c’est bien trop fort ce que je subis, mais je ne peux pas m’enfuir… pour aller où ? Je n’ai pas d’argent, pas d’amis en dehors de la rue… Et je n’ai pas envie de mourir. Oui c’est bien pour ça que je suis allé me balader et passer deux jours dans la rue alors que je savais très bien que j’aurais le droit au fouet. Je dodeline un peu de la tête et chaque pas et un effort supplémentaire, j’ai l’impression que je vais m’effondrer à chaque mouvement. Je regarde un peu surpris le chevalier en essayant d’activer mon cerveau

« Ce… que j’aime faire ? Quand je suis au château… j’aime bien passer du temps soit à m’entraîner, soit à passer du temps à la cuisine à … discuter avec les serviteurs et à les aider. Sinon, quand je suis dans la rue… avec les autres… je les imite, je me bats avec eux, pour eux… on fuit un peu les gardes… Puis j’aime bien passer du temps avec Jojoris… Il s’appelle Joris, mais tout le monde l’appelle Jojoris… Il est brut de décoffrage, mais… c’est un gars génial.
-Sacha ferme la s’il te plaît et garde tes forces ! »

Je lève les yeux surpris vers mon frère aîné qui m’attrape par l’autre bras. Il est un peu agressif, mais surtout mortellement inquiet. Il se tourne vers ser Garlan et lui parle, mais je préfère effectivement concentrer mon énergie sur ce que font mes pieds. Lucas me secoue un peu après quelques instants, il parle autant à moi qu’à Ser Garlan.

« Il est entrain de s’entraîner dans la cours arrière avec Hoster et Oscar.
- Daenar ? Il est où ?
- Je crois qu’une jolie jeune fille du banquet lui a fait tourner la tête. »

Je ris un peu : Daenar a un cœur d’artichaut et tombe très vite amoureux. Un amour courtois bien sûr ! Mais c’est très amusant de le voir déployer tous ses charmes et se montrer serviable, tout doux et tendre. Au moins si père s’entraîne on a la voix libre. Je ne sais pas où est mère, sûrement entrain de broder… Je vois Lucas jeter un regard inquiet à Garlan, mais actuellement je suis loin dans ma propre tête.
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