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L'apprentissage est un exercice de chaque instant PV Beron
MessageSujet: L'apprentissage est un exercice de chaque instant PV Beron    Ven 17 Aoû - 21:04

L'apprentissage est un exercice de chaque instantYoren & Beron
Le pavillon royal était particulièrement animé en ce jour pour des raisons bien précises et en même temps fort logiques. Car un conseil de guerre dans une situation aussi compliquée que celle de mon royaume ne pouvait que s'avérer bruyant et particulièrement âpre. Mes commandants de bataillons ainsi que ma reine, mes deux conseillères l'une fer née et l'autre riveraine comme un symbole d'égalité et d'union de nos peuples, mon neveu et héritier présomptif et quelques autres nobles des Fleuves et du Crépuscule triées sur le volet se tenaient autour de la grande table de bois nouée. Croisant un instant le regard de ma Renarde Sanglante qui semblait engagée dans une réflexion profonde j'écoutais les propositions de mes généraux avec attention tout en gardant en tète mes propres plans. Helena n'hésitait pas à un seul instant à remettre à sa place un baron riverain trop enflammé tandis que Myria se contentait visiblement d'écouter sans se mettre en avant. Je ne doutais guère qu'elle me ferait part de ses idées un peu plus tard en privé.

Quant à mon neveu, il paraissait un brin dépassé par les évènements mais suivait comme il le pouvait ce premier conseil de guerre à ne pas être dirigé par son grand père. Observant durant une poignée de secondes le fils de feu mon demi-frère je jaugeais son visage grave prouvant que le jeune homme qu'il était devenu dans le baptême du sang à Eysines avait parfaitement conscience des tenants et des aboutissants de notre position précaire. Aussi cruelles et dures avaient du être les leçons enseignées par le Noir et peut être celles dispensées par Joren lors de ses rares passages dans la vie de son fils, celles-ci avaient semblent ils portés quelques fruits puisque le jeune prince noir semblait parfaitement suivre le jargon martial de cette illustre assemblée. Je n'étais pas le tyran qu'Harren avait été et cela chaque personne autour de cette table le savait aussi je prenais le temps d'écouter les rapports de mes capitaines et généraux avec patience et discutais de certaines propositions et idées intéressantes mais balayais néanmoins sans ménagement les plus irréalisables.

Diverses options s'ouvraient à nous limitées pour la plupart mais pourtant bien réelles. Et tandis que je dirigeais ce conseil de guerre avec autorité mais souplesse mes neurones tournaient à plein régime et soupesaient les diverses possibilités. Décidant que nous avions assez travaillé sur le sujet bien compliqué pour ce jour, je libérais l'assemblée d'un mouvement de la main. Attendant que tout le monde sorte et quitte les lieux sauf mon neveu que je retenais d'un mot. Ce dernier resta donc fermement ancré sur son siège tandis que les nobles fers nés et riverains retournaient vaquer à leurs occupations. Helena resta également mais je lui fis comprendre d'un regard que je souhaitais m'entretenir seul à seul avec Beron et lui murmurais à l'oreille que je la retrouverais rapidement un peu plus tard. Ses lèvres vinrent trouver les miennes avant qu'elle ne se lève à son tour et ne quitte les lieux altière et royale. J'attendais quelques instants avant de prendre finalement la parole d'une voix tranquille. "Accompagne moi mon neveu, allons donc marcher tous les deux."

Je me levais prestement et attendais que mon neveu me rejoigne avant de quitter ma tente. Je me devais de former Beron le plus souvent possible et c'est ce que je comptais en partie faire aujourd'hui.  Une escorte de gardes nous emboita le pas alors que nous nous dirigions cote à cote en silence vers une partie bien précise du camp fortifié. Je n'avais jamais pu prendre le temps de prendre à cœur mon rôle d'oncle vis à vis des enfants de Myria lors de la plupart de ma vie mais lors de mes rares pauses dans la sombre mais sempiternellement en construction forteresse d'Harrenhall, j'avais bien noté deux ou trois détails à leurs sujets. Concernant Beron ce qui m'avait tout de suite frappé avait été son amour pour les chevaux et les poneys que le maitre des écuries bichonnaient avec soin. Le prince des Fleuves et du Crépuscule avait semblé fasciné par ces puissantes bêtes qui faisaient la puissance et la richesse du Conflans depuis des millénaires.

Si je ne partageais pas vraiment cette passion pour les montures au vu de ce qu'avait été ma vie de pirate bien plus accoutumé aux flots et au roulis des navires, je devais reconnaitre que je m'étais rapidement pris d'affection pour Bucéphale ma monture offerte par Harren et qui avait survécu à Eysines car je ne l'avais guère monté ce jour là pour autre chose que la retraite. Cependant, depuis que je mesurais leur importance et leur rareté au vu de la boucherie qu'avait représenté la guerre jusqu'alors j'avais bien plus de respect et d'attachement pour ces magnifiques animaux. Il fallait dire que mon épouse était issue d'une puissante maison riveraine qui en élevait depuis sa création comme le prouvait si fièrement l'étendard à l'étalon cabré des Bracken. Cet amour de l'équitation prouvait à mes yeux que Beron était bel et bien plus riverain que fer né mais cela n'était guère un problème. 

Chaque Hoare avait la double culture dans les veines mais rares étaient ceux qui avaient su équilibrer cette dualité. Eren avait toujours été résolument fer née de cœur et d'esprit là ou Joren avait penché largement coté riverain. Cela avait fait la force de la maison de par la complémentarité de ses héritiers mais également sa perte suite aux tristes évènements que nous connaissons tous. La monture du prince se trouvait également là parmi les chevaux se trouvant derrière l'enclos. "Ils sont magnifiques n'est ce pas.  Dis moi neveu t'es tu entrainé à l'épée depuis notre installation à Pierremoutiers ? Et qu'as tu pensé et retenu de ce conseil ? Parle sans fard personne ne te jugera ici. "
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Maison Hoare des Fleuves et du Crépuscule

Toujours il y eut cette clameur:
 


Dernière édition par Yoren Hoare le Sam 10 Nov - 17:32, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: L'apprentissage est un exercice de chaque instant PV Beron    Dim 19 Aoû - 0:15

L'apprentissage est un exercice de chaque instantYoren & Beron
Quel contraste entre ma vie d'exilé lorsque Mère m'avait éloigné afin d'accomplir la manœuvre qui scellerait le destin de son époux, et par-là même celui de leurs enfants et ce que je vivais à ce moment présent!  Etre le fils d'un félon, traître à son Roi, à son peuple, à sa famille ne suffisait pas comme offense à porter, comme déchéance. Mon père avait trahi, cela ne faisait aucun doute, mais fallait-il en plus nous faire porter la douleur d'avoir comme mère l'assassin de notre père ? Plus j'analysais la situation et plus je me disais que, ce faisant, Mère avait plutôt soustrait le félon à la justice royale pour exercer sa vengeance personnelle. J'étais dur envers notre mère, je ne lui trouvais pas d'excuse. Ma raison me soufflait bien qu'elle avait agi pour nous sauver tous, mais mon cœur rugissait de colère en songeant qu'elle m'avait privé de mon père et de ma mère dans le même coup. Avait -elle songé à cela quand elle avait livré son époux à la vindicte de la troupe et des vassaux que mon père avait fourvoyés ?

Pour nous sauver ? Mais à quel prix ? En nous condamnant à une vie ou non seulement nous serions les enfants du traître, mais aussi ceux d'une femme qui a tourné le dos à son époux parce qu'il ne suivais pas la voix du bon sens ? Une épouse ne se devait-elle pas de suivre son époux jusque dans la mort ? Et même si on devait oublier le mariage, avait-elle aimé mon père ? Un amour ne devait-il pas triompher de tous les obstacles et voir les deux liés demeurer unis face à l'adversité et même la déraison ? Tous ces sentiments se percutaient dans mon esprit et je m'étais souvent dit qu'il serait plus serein sans eux.

Après, donc avoir été tenu à l'écart des éclats du monde et des bassesses des complots et guerres de pouvoir par Mère, je me retrouvais par la volonté de notre nouveau Roi, Yoren Hoare, au cœur même des enjeux et des stratégies qui présidaient aux futures batailles. J'étais impressionné par cet Etat-Major hétéroclite regroupant des barons riverains, des maisons du Trident, et des Fer-Nés, des pirates, des pilleurs adorant le Dieu Noyé. J'observais la façon dont mon oncle s'adressait aux deux pour exacerber leur engagement. Jamais le Roi des Rois ou mon Père Joren, ne m'avaient accordé ce privilège d'assister à un conseil même le plus banal, même s'il n'était pas dédié aux enjeux de la guerre. On m'avait tenu à l'écart de tout, comme si les adultes avaient assez à faire à se déchirer pour le pouvoir sans avoir encore à s'encombrer de former leur progéniture.

Mais ce conseil-ci avait tout d'un moment officiel qui resterait gravé dans l'Histoire du Conflans et des Îles de Fer. C'était d'autant plus impressionnant d'y assister. Chacun semblait d'ailleurs conscient de vivre une étape majeure car tous les visages étaient graves et si certains propos échangés étaient vifs, aucun des débatteurs ne se laissait emporter par la démesure. Un débordement et le regard de Yoren ramenait l'égaré dans la juste mesure. C'était fascinant. D'autant plus que des idées intéressantes à mon sens d'enfant de 12 ans étaient lancées par bien des hommes présents sous la grande tente. D'autres me faisaient sourire intérieurement car il me semblait qu'Euron, mon cadet pourrait avoir des idées aussi irréalistes. Mais ces dernières étaient balayées par le Roi d'un geste de la main. Il ne justifiait que ce qui pouvait être sujet à discussion mais ne se perdait pas en conjectures sur des sottises. C'est selon moi une marque de discernement. Un Roi ne doit pas discourir sur des futilités en public. Et la prochaine fois, celui qui avait parlé trop vite en proposant une idiotie réfléchirait plus longuement. Ainsi Yoren s'épargnait -t-il  d'avoir à écouter des imbéciles qui ne veulent que se faire remarquer de lui. Le tri était ainsi aisé entre les idées envisageables et les lubies.

Mère était aussi silencieuse que moi et je ne doutais pas qu'elle analysait en retrait ce qui était dit pour en tirer le meilleur parti. Quant à moi, je m’efforçais de suivre les différentes propositions stratégiques évoquées à renforts de cartes d'états -majors et de galets figurants les armées en jeu. J'imprimais dans ma mémoire les dispositifs proposés par les uns et les autres tant sur terre que sur mer. Les points figurant Pierremoutiers et Haut Jardin m'attiraient l’œil, puis Vivesaigues. Une de ces cartes d'état major me serait bien utile pour mon projet. Mais je n'oubliais pas pour autant la nécessité d'être attentif aux priorités générales du moment. Mon attention revint donc sur l'assemblée du Conseil. Je rougis légèrement en reconnaissant Heda Volmark à côté de mon oncle. Elle était équipée comme un guerrier et guère reconnaissable par rapport à la fille que j'avais vu un peu moins habillée lors de ses ablutions dans un petit ruisseau affluent de la Nera.

J'étais partagé entre un embarras et un amusement d'être le seul avec mon cheval à savoir ce secret. J'étais prêt à parier que bien des hommes présents autour de la grande table en chêne noué auraient donné cher pour voir ce que j'avais vu. L'avantage d'être un gamin insignifiant auquel personne ne prête attention. Et puis, aussi, j'étais assez rusé pour me déplacer à travers les bosquets qui bordent les rivières sans me faire repérer. Ce n'était pas la première fois. Il m'arrivait assez fréquemment depuis mes huit ans d'aller lorgner les poitrines généreuses des femmes lavant le linge, penchées sur les rochers à frotter, leur tunique bien humide et débraillée sur leur buste ou encore par revers, leurs croupes bien rondes remuant dans l’effort du labeur. Bien sûr ce n'était pas du tout correct et à montrer à mes frères. J'attendrais qu’Euron soit plus âgé.

Mère m'aurait probablement arraché les yeux et Père aurait ri et m'aurait envoyé une bourrade en disant qu'il était fier de moi... Père... Je crispai mon poing sur la garde de ma rapière pour contenir mon chagrin. Je la trouvais ridicule cette épée, mais elle m'avait été offerte par mon premier maître d'armes lors de mon sixième anniversaire. Depuis, il semblait que personne ne se soit soucié de mieux m'équiper et cela faisait six ans que je me promenais avec au flanc cette épée de bébé. Personne ne m'avait vu grandir dans cette famille. Je n'étais qu'un oisillon dans le nid d'un roitelet en devenir et le roitelet était mort ...

Mon regard assombri balaya le sol pour éviter de susciter des interrogations. Parce que j'avais fixé Heda un peu trop longtemps, je m'imaginais qu'elle m'avait repéré et que ma colère noire ne lui avait pas échappé. Mais je n'étais que le rejeton d'un traître et d'une riveraine, donc rien du tout pour une femme comme elle. Je découvrais aussi la pugnacité de la Reine que Yoren s'était choisi. C'était une belle femme, bien que n'égalant pas la beauté mystérieuse de Maman ou sauvage d'Heda, mais elle avait donné trois enfants à Yoren. Je tuais mon oisiveté le plus intelligemment possible et me renseigner sur notre Roi était intelligent, si je voulais connaître celui auquel j'allais m'allier. Aussi passionnant que fut le conseil, mon oncle jugea bon de l'ajourner et libéra tous ses vassaux, lesquels, y compris Mère, prirent congé pour s'en aller vaquer à leurs occupations respectives. Excepté Helena qui attendait visiblement un traitement moins solennel. Requête implicite que mon oncle lui accorda. Les voir s'embrasser me rappela violemment des souvenirs d'un bonheur révolu et je détournai la tête, vissé à mon fauteuil.

Ce fut en silence que je suivis mon oncle une fois sa Reine partie. Sa garde rapprochée, impressionnante, nous emboîta le pas. Yoren marchait vite et à grandes enjambées, même s'il affichait un visage calme et aussi détendu que les circonstances le permettaient mais je savais sentir cette espèce d'urgence fiévreuse. Elle n'avait pas quitté Harrenhall avant que je ne doive en partir. Je m'efforçais de suivre. Même si je n'avais rien d'un nain pour mon âge, j'étais encore loin d'atteindre la taille du géant. Je doutais l'atteindre un jour, d'ailleurs. Mon oncle était un colosse. Mon cœur se mit à battre tandis que nous approchions des écuries du campement et de l'enclos qui contenait tous les chevaux. Depuis notre débâcle nous avions dû abandonner mes frères et moi la plupart de nos poneys et chevaux. Je n'avais pu emmener que celui que je montais pour les entraînements. J'avais confié les autres à Banot tout en sachant qu'il fera du mieux qu'il pourrait dans la tourmente.

Je n'avais plus que Shine. Allait-il me demander de m'en défaire ? Je fus soulagé qu'il semble animé d'une certaine bienveillance à l'égard des chevaux parqués dans l'enclos. Je secouai la tête positivement.

- Oui, ils sont magnifiques ? Qui s'en occupe ici ?

Tout en caressant le chanfrein de Shine qui était venu à la barrière, m'ayant reconnu, je secouai encore la tête négativement cette fois. L'air sombre je murmurai:

- Personne ne veut s'entraîner avec moi ... A part les enfants du village , sauf quand on ne leur interdit pas, mais cela ne m'aide pas à progresser vraiment... sauf si nous avons à affronter une armée de nains ... Encore qu'ils sont certainement plus dangereux que des enfants.

Qui voudrait s'entraîner avec le fils du félon ? Avant les maîtres d'armes se seraient disputés l'honneur de m'enseigner les arts de la guerre, mais cette époque était révolue. Je me gardais de me plaindre à mon Roi cependant. Un Fer-né ne se plaint pas, il s'adapte.

- Mais je m'entraîne seul au palestre le soir venu ! Le coryceum n'a plus de secrets pour moi.

Tout en répondant à mon oncle je remarquai un splendide étalon qui venait lui renifler le coude et mettre son museau sous son aisselle. Je le contemplai, fasciné.

- C'est le vôtre mon oncle ? Il est majestueux, un cheval royal pour un Roi. En tout cas, il a l'air de vous aimer énormément.


Je n'avais jamais vu aussi bel étalon, même sous les jambes de mon grand-père ou de mon père qui, pourtant en fourbissaient plus d'un.

Le comportement de l'étalon à venir ainsi enfouir sa tête sous le bras de cet homme, était un signe que je connaissais bien. Celui d'une confiance et une complicité. J'ajoutai, un petit rire dans le regard:

- Il vous défie à la course mon Oncle ! Il a envie de jouer !


Finalement, cette promenade impromptue avec Yoren me surprenait et même me prenait de cours dans mes ressentis. C'était comme une bouffée d'oxygène dans l'atmosphère pesant qui nous environnait. Sa dernière question me prit totalement de cours. Ce que je pensais du conseil auquel j'avais assisté ? En quoi l'avis de son neveu de 12 ans pouvait-il l'intéresser. Je cachai mon hésitation à parler en plaquant mon front contre l'étoile de Shine et je lui murmurai quelque mots dans la langue que Banot m'avait enseigné. Shine piaffa et regagna le troupeau en hennissant doucement. Je souris pour la première fois depuis bien longtemps.

- Vos bannerets ont plein d'idées très intéressantes à étudier, et vous savez bien lesquelles, vous les avez rappelées avant de clore le conseil. Je suppose donc qu'elles seront à l'ordre du jour du prochain conseil. Rallier ma tante Eren, votre sœur et lui confier le verrouillage des ports vassaux de l'Empire en est une. Mais les prendre et en faire le blocus ne suffit pas. Il faudrait établir des barrages mouvants avec vos boutres, pour contrôler le commerce maritime dans la Baie du Fer-Né et même sur la Mer du Crépuscule. Ainsi vous aurez le contrôle de qui peut commercer par voie maritime entre l'Ouest, le Nord et le Conflans fédéré. Pour ce qui est d'Orage et Peyredragon la Nera est une voie d'invasion qui n'est pas à ignorer. Je ne sais s'ils s'y attendront et nous pourrions les surprendre par les Terres. Le plus ardu sera d'acheminer jusqu'à Pierremoutiers vos boutres et autres esquifs légers mais techniquement ce n'est pas impossible et on pourrait passer par les rivières du Bief. Je crois me souvenir qu'une d'elle a son cours pas si loin de celui de la Nera. Ce sera juste long. Donc il nous faut tenir.

Avec Euron nous testions tout un tas d'inventions bizarres que mon petit frère semblait tirer de son observation de la nature. C'était inné chez lui et bien souvent je faisais office d'ouvrier dans ses constructions. La plupart ne fonctionnaient pas, mais mon petit frère ne se décourageait jamais, un trait typiquement Hoare, et le lendemain il avait inventé autre chose. Nous avions fait avancer une barque sur trois cents pieds en la faisant rouler sur des troncs d'arbres.

Je m'appuyai à la barrière et contemplai la crête des collines. Mon oncle m'avait assuré qu'il ne jugerait pas mais je n'étais pas à l'abri d'un éclat de rire dont les Fer-nés étaient aussi coutumiers que des rugissements. Face à une de nos bêtises, la réaction de nôtre père oscillait souvent de l'un à l'autre sans prévenir.

- Et je  heu ... mon oncle, pendant le Conseil, je n'ai pas entendu de la préparation logistique en vue de soutenir un siège  ... mais peut-être avez-vous débattu de cela en conseil restreint pour éviter d'éventuelles fuites. Là aussi si vous tenez la Nera avec vos boutres, elle pourrait être une source d'approvisionnement nous mettant à l'abri de la famine en cas de siège. Même si Pierremoutiers la surplombe, il y a moyen d'acheminer les vivres par halage le long de la falaise. Ainsi la citadelle ne sera pas prenable. La Nera et la Mer du Crépuscule sont les clefs possibles pour affaiblir commercialement nos ennemis. Mais cela demandera du temps d'où l'intérêt de renforcer nos défenses pour tenir longtemps. Mais les adultes sont souvent pressés. Père l'a trop été et grand père pas assez parfois et d'autres beaucoup trop. C'est dur de trouver le bon rythme. Un peu comme sur un cheval quand on débute. Il faut sentir le mouvement et l'accompagner puis infléchir la direction quand l'équilibre s'y prête. Sinon le cheval se fauche et c'est la chute.

Je pris soudain conscience de mon verbiage, me mordis la lèvre et me tus. Le vent s'était levé et faisait voleter mes courtes mèches. Là aussi on avait négligé ma coiffure, j'avais hâte d'être rasé comme Yoren et ses guerriers et de porter la tresse des Fer-nés. Je relevai la tête et clignai des yeux dans le soleil, en scrutant le géant.

- Mon oncle, si un jour il y a des boutres sur la Néra, je pourrais monter à bord de l'un d'eux pour un raid ?







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Dernière édition par Beron Hoare le Mer 22 Aoû - 19:45, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: L'apprentissage est un exercice de chaque instant PV Beron    Lun 20 Aoû - 20:30

L'apprentissage est un exercice de chaque instantYoren & Beron
Tandis que j'observais les chevaux paissant tranquillement dans l'enclos qui leur avait été alloué aux abords du camp le peu de fourrage que nous pouvions nous permettre de trouver en pareille saison, je me faisais la réflexion que ma réforme martiale aurait au moins le mérite de surprendre l'ennemi sur notre manière de combattre en sus de permettre de souder deux peuples s'étant côtoyé dans le même camp durant un siècle sans qu'une véritable nation ne se soit développée. Ces bêtes majestueuses étaient splendides et je devais confesser comprendre l'amour de Beron pour les chevaux désormais. Nul animal n'avait plus de fierté et d'indépendance, d'intelligence que de courage. Les maitres des chevaux qu'étaient les représentants de la maison Bracken avaient acquis depuis longtemps la réputation des meilleurs dompteurs d'étalons de tout le Conflans et je comprenais mieux pourquoi Harren s'était reposé sur ses lauriers. La meilleure cavalerie du continent doublé de l'infanterie la plus sauvage et dangereuse individuellement. Oui, cet alliage avait du être terrifiant à une autre époque. Epoque révolue dont mes barons ne pouvaient que parler qu'avec nostalgie et mélancolie d'un temps ou le Sel et le Roc s'étendait des mers du Crépuscule à la Nera.

Mais, les temps changeaient et nous devions changer avec eux sous peine de nous voir emporter par le fléau que le Dieu des Tornades éternel ennemi du Dieu Noyé avait placé sur notre route sous la forme de l'empire Braenaryon. Depuis mon arrivée à Pierremoutiers, il n'y avait pas un domaine que je n'avais réformé qu'il s'agisse de politique, d'économie ou de la guerre et pourtant une noire pensée me soufflait dans le creux de l'oreille qu'il était déjà trop tard. Trop tard pour marquer une rupture nette avec Harren le Noir. Trop tard pour relever un royaume anéanti, trop tard pour révolutionner des modes de pensées, trop tard pour bâtir une nation au milieu du chaos insatiable de la guerre. Mais, je chassais celle ci de ma détermination intérieure qui brulait comme un feu éternel parallèle au souffle qui franchissait la barrière de mes lèvres glacées par le froid. Si maintenant alors que nous nous trouvions au bord du gouffre, le sursaut national n'avait pas lieu c'est qu'il ne le ferait jamais. Quelque part ces chevaux avaient de la chance, insouciants des turpitudes et des vicissitudes qui écrasaient les hommes de leur poids insoutenable. Incapables de comprendre les enjeux écrasant les épaules des rois comme des reines, des princes comme des princesses, des conseillères comme des généraux. Mais c'était oublier qu'ils avaient payés un bien lourd tribut dans les affaires des hommes. Et que chaque mort monté avait vu sa monture le suivre dans la tombe.

"Je t'avouerais qu'en tant que marin de naissance et fer né j'ai mis un peu de temps avant de me rendre compte de leur valeur. Mais, désormais je confesse n'avoir jamais contemplé créatures plus majestueuses. C'est Jorah le maitre des écuries de Pierremoutiers qui s'est vu confié cette tache." Je souriais un instant en observant mon neveu caresser avec affection le chanfrein de son propre étalon dont je ne connaissais pas le nom mais qui avait de la prestance et de l'intelligence dans le regard. Une monture digne d'un prince des Fleuves et du Crépuscule. Une monture digne de mon neveu. Un soupir s'échappa ensuite de mes lèvres suite à sa réponse. Bien sur malgré le fait que j'avais fait par précaution de Beron mon héritier présomptif au cours du banquet et que les hommes l'avaient vu avoir l'audace et la bravoure de me défier en combat singulier au cours de la retraite il restait un paria car les évènements étaient encore trop frais dans les mémoires de tous. Fils d'un prince félon ayant tenté le régicide doublé du parricide et d'une mère tout juste réhabilitée mais à jamais décriée sa vie serait à jamais compliqué peut être bien même autant que la mienne malgré son ascendance plus noble. Beron allait devoir s'y faire et s'y habituer en s'endurcissant face à l'adversité. 

Pour ma part, j'avais finalement fait le choix de ne pas condamner un fils pour les crimes de son père me différenciant encore un peu plus de mon cher géniteur. "Eh bien si personne ne souhaite s'entrainer avec toi neveu que dirais tu de t'entrainer avec moi ? Je suis encore en rétablissement mais je pense être capable de faire un maitre d'arme plus que satisfaisant pour toi." J'appréciais énormément le fait qu'il ne se soit pas plaint comme un enfant de son âge aurait pu le faire. Beron était devenu un homme sur le champ de bataille à Eysines bien qu'il n'y avait guère brillé. Lui trouver une donzelle pour le déflorer achèverait de le faire entrer pour de bon dans la dureté du monde malgré la précocité d'une telle découverte. Et par ce choix tacite, il venait de me le prouver. J'avais fait le bon choix lors du banquet. Je ne doute guère que le palestre doit durement souffrir sous la vaillance de tes assauts mon neveu mais à la guerre un ennemi ne reste jamais immobile. "Si cela te sied, j'aimerais faire de toi mon écuyer. Dame mon épouse m'en a déjà offert un de sa maison un lointain cousin mais je pourrais ainsi te former aux armes et tu disposerais d'un partenaire d'entrainement de ton âge."

Un autre sourire venait de se peindre sur mes traits pourtant assombris d'une mine grave lorsque Bucéphale vint à son tour me renifler le coude, reconnaissant olfactivement son maitre et cavalier. L'un des rares cadeaux qu'Harren m'ait jamais fait et le plus précieux à ne point douter. Une monture royale pour un batard de lignée royale. Je m'étais fait la réflexion secrète à l'époque que cela fut sa manière bien particulière de me prouver sa satisfaction quant à mes services et peut être un brin d'affection en souvenir de ma pauvre mère qu'il avait aimé un temps. La grande tète du destrier vint se placer sous mon aisselle avec familiarité tandis que je prenais le temps de caresser son encolure avec la même affection qu'avait eu Beron pour sa propre monture. "Oui, neveu il s'agit de Bucéphale mon destrier. Cadeau de feu Harren pour mes dix huit ans. Cela fait cinq années que je le montais chaque fois que les ordres de mon père me ramenait dans le Conflans. Oh, il a été rétif au début car il est fougueux et nerveux mais nous nous sommes apprivoisés avec le temps."

L'exclamation de mon héritier présomptif me tira un petit rire car ce dernier avait parfaitement raison. L'étalon se languissait de ce parquage et avait bien besoin d'une petite sortie pour se dégourdir les pattes hélas cela devrait attendre. "Et il sait que j'adore le monter et ressentir l'ivresse du galop entre ses jambes mais pour l'heure nous avons à parler. Peut être irons nous tous deux faire une course dans les environs." L'air glacée de la campagne riveraine proche des collines et des fleuves faisait beaucoup de bien après l'atmosphère pesante d'un conseil de guerre aussi animé que critique au regard de notre situation peu enviable. Je me doutais bien du choc que ne devait pas manquer de causer ma question à mon jeune neveu dont le douzième anniversaire était encore frais et que quelque part attendre un point de vue d'un enfant était se comporter de la même manière que mes prédécesseurs attendant beaucoup trop de leurs illustres rejetons seulement ma situation était différente. Beron n'était pas mon fils mais mon neveu et s'il avait déjà du être formé par Harren et Joren sur certaines questions il n'aurait jamais pu l'être au point de savoir gérer une situation comme la notre or si je tombais demain il fallait bien qu'il en soit capable. Aussi je faisais preuve de curiosité vis à vis de l'esprit stratégique et tactique de mon neveu tout en le formant du mieux que je le pouvais. Ce dernier tenta de masquer son hésitation en collant son front contre celui de sa monture qui finit ensuite par regagner le troupeau d'un pas tranquille. Cependant, j'avais moi même déjà ressenti une telle hésitation devant le roi des rois pour être capable de la reconnaitre. 

Un sourire sincère étira les lèvres de Beron avant qu'il ne me répondit. "En effet neveu nous avons évoqué l'importance capitale de la flotte de fer au cours de nos discussions stratégiques et tu as pu constater que s'il faut toujours prêter une oreille attentive à ses conseillers il ne faut néanmoins jamais hésité à faire preuve de fermeté lorsque ceux ci s'égarent pour tenter de grapiller de l'attention ou des faveurs. Je vois que tu connais bien l'histoire de notre peuple et que c'est une tactique similaire qui a permis à ton arrière arrière grand père Harwyn de se saisir du Conflans. Cependant, ma sœur est enceinte et ne pourra donc pas mener la flotte en personne sans compter que pour la connaitre par cœur je sais qu'elle ne lâchera pas de bon cœur sa main mise sur celle-ci. Et n'oublies pas que même si nos boutres sont parmi les navires plus rapides que ces océans aient jamais connu le temps qu'ils arrivent dans les Iles de Fer puis le Conflans le cours de cette guerre pourrait être définitivement conclu à notre désavantage. L'Ouest est notre allié Beron, je suis bien conscient que le passé entre nos deux royaumes a été entaché de manquements à la parole mais les temps sont graves et mes échanges diplomatiques avec la lionne de Castral Roc m'amène à penser que les lions eux ont au moins compris la menace que représente l'empire pour l'indépendance et la liberté de chaque nation de ce continent. Ta vision est néanmoins particulièrement intéressante. Tenir dis tu. Oui, cela va de soit. C'est tout ce que nous pouvons espérer gagner du temps." 

Tandis que Beron s'accoudait à la barrière de l'enclos pour mieux observer les chevaux, je me fis la réflexion qu'il pensait comme un véritable fer né. Eren avait refusé le soutien de la flotte à Joren par loyauté envers Harren. Mais ma sœur adorée ne saurait agir de même envers moi sous peine de passer pour une Bieffoise plutôt qu'une fer née. Je connaissais l'ambition d'Eren. Forte, indépendante, brave et létale elle avait toujours eu tout d'une reine et non d'une princesse et elle avait régnée sur les mers et les océans avec la flotte de fer. Mais désormais, celle-ci avait obtenue une couronne et la mienne était bien fragile. La loyauté de la flotte de fer lui était tout acquise aussi je devrais me montrer habile si je voulais voir les vaisseaux fers nés revenir dans mon giron. Un sourire étira lentement mes lèvres suite aux propos de mon neveu. "Oui, les mesures pour soutenir un siège ont été préparées et discutées en comité restreint. Notre situation a beau être désespérée préserver les apparences fait partie de la politique mon neveu. Je ne compte pas trop sur la Nera en terme d'approvisionnement mais bien plus sur le Bief et l'Ouest. Ne nous faisons pas d'illusion le seul domaine ou nous surclassions l'empire est le naval et je doute qu'ils n'aient pas décidé de remédier à cela. J'agirais ainsi à leur place. Mais, nous n'en savons rien. J'ai néanmoins tenté une carte concernant la Nera pour autant il pourra se passer longtemps avant qu'elle ne porte ses fruits. 


Ce que je sais c'est que l'hiver nous procure au moins un peu de temps car tout est plus laborieux par un temps pareil. Mais, j'ai bien d'autres manœuvres potentielles en tète certaines audacieuses d'autres plus rationnelles. Tu as raison concernant le temps. Il faut parfois savoir le prendre mais tu dois bien comprendre que dans deux mois nous pourrions bien être tous morts. Je sais que c'est dur à entendre et encore plus à assimiler mon neveu mais c'est un fait aussi je veux que tu prennes conscience de l'importance de chaque décision, de chaque choix, de chaque mesure, chaque négociation. Tout est important lorsque l'on est roi du travail de Jorah le maitre palefrenier au moral des hommes en passant par l'état d'esprit de son peuple. Absolument tout. Harren avait du l'oublier à force de trôner à Harrenhall mais je ne l'oublierais pas et j'espère que toi non plus."

Beron releva la tète et clignant des yeux en raison du soleil me fixa de ses yeux si similaires à ceux de son père. Cette fois un grand éclat de rire secoua ma carcasse massive encore endolorie. Un rire puissant rauque et guttural qui dura quelques instants. "Si les boutres remontent du Sud Beron, je te promets que tu pourras arpenter le pont du plus massif d'entre tous. Le requin noir mon navire personnel. Le plus massif que la flotte de fer ait jamais connu. Et qui sait je te laisserais même peut être le diriger. Tes propos m'ont donné envie de chevaucher. Je te propose que nous allions faire un tour." Envoyant quérir Jorah par un de mes gardes royaux j'attendais que le maitre des chevaux ne fassent sceller nos deux montures ainsi que quelques autres pour la douzaine de gardes nous accompagnant. Une fois bien en selle sur Bucéphale je caressais doucement l'encolure du cheval d'ébène avant de prendre la direction de la sortie du camp accompagné de Beron et d'une partie de la garde. Avant que nous nous élancions, je pris le temps de reprendre la parole. "Beron, il se pourrait bien que je te fiance à une Lannister de Port Lannis pour nos besoins politiques. Bien que je puisse t'y contraindre j'aimerais avoir ton avis. Quand bien même on a du t'enseigner qu'un prince se devait d'agir pour le mieux pour l'intérêt de son royaume."
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MessageSujet: Re: L'apprentissage est un exercice de chaque instant PV Beron    Mer 22 Aoû - 17:42

L'apprentissage est un exercice de chaque instantYoren & Beron
C'était chose étrange que de me tenir à côté de cet homme qui aurait pu me condamner à mort, m'exiler ou me livrer à nos ennemis, de converser des chevaux, des stratégies, pas d'égal à égal mais en toute confiance et franchise. Il semblait loin maintenant le jour où je l'avais défié et où nous étions à couteaux tirés au sujet de Mère. Je redoutais toujours autant Yoren, tout en l'admirant et j'avais encore en tête le souvenir cuisant de notre premier combat, durant lequel, bien qu'il fût affaibli par ses blessures récoltées à Eysines, je m'étais montré totalement incapable de le mettre en danger une seule fois de ma lame. Mon seul mérite avait été d'arriver à esquiver maladroitement ses coups et feintes et d'avoir parfois parer ses attaques. Cela dit je me fis la réflexion en le voyant si bien disposé à mon égard que mon audace l'avait favorable marqué. Le retour de ma mère, sa grâce par Yoren, malgré la réprobation de bien des guerriers, avaient aussi contribué à apaiser les choses entre nous. Même si je me savais sur un fil et qu'au moindre faux pas en parole comme en actes, il ne me pardonnerait pas comme il avait pardonné mon inexpérience des combats.

Mais j'étais loin de m'attendre à la proposition qu'il me fit. Lui qui avait la si lourde charge d'un Royaume en exil et sur qui le poids d'une couronne et sur qui tous les espoirs des Riverains et Fer Nés loyalistes reposaient voulait prendre du temps pour entraîner un gamin de douze ans qui l'avait défié et menacé quelques jours plus tôt. Comment ne pas reconnaître la magnanimité d'un tel geste ? Et même s'il y avait, à n'en point douter quelque intention cachée, derrière cette proposition elle témoignait d'un intérêt porté à l'homme en devenir que j'étais et ce genre de marque me manquait cruellement en ces temps chaotiques. M'entraîner avec lui ? J'eus du mal à contenir ma réaction enthousiaste.

- Oh oui alors ! Ce serait un tel honneur, et une occasion inestimable d'apprendre à me battre comme un Fer-né. J'avais appris les rudiments avec un maître d'armes riverain dès mes six ans, puis Harren m'a fait enseigner lorsque Mère m'a envoyé auprès de lui, mais cela n'a pas duré très longtemps à cause des événements et Père n'avait que peu de temps à m'accorder dans les derniers temps.

Mon étonnement dût se peindre encore davantage sur mon visage lorsqu'il m'annonça qu'il souhaitait me prendre comme écuyer. Certains princes imbus de leur personne l'aurait sans doute pris comme une marque de condescendance ou d'humiliation car un écuyer sert son maître et aussi sa monture, s'occupe de l'équipement des deux, mais je n'y voyais qu'honneur, et bonheur, ayant trop en mémoire les paroles de Banot et y voyant un moyen de servir le Royaume tout en accomplissant des tâches que j'affectionnais particulièrement. Je contemplai alors mon oncle avec une sincère gratitude dans les yeux et répondit d'une voix forte et émue.

- Je ne vous décevrai pas mon Roi !


Et tandis qu'il flattait sa monture d'ébène en me la nommant, je commençais déjà à m'imaginer ce que seraient les jours à venir, au service de mon oncle. Durs et laborieux, plein de dangers, car l'écuyer suit partout son maître. Revenant au moment présent, je précisai:

- Et lui c'est Shine. Je l'ai appelé ainsi à cause de sa crinière argentée  et de sa robe blanche et aussi pour ne pas oublier ce que les Hoare doivent répandre autour d'eux. C'est un hongre et c'est heureux, sans quoi il ne se serait pas entendu avec Bucéphale. Les étalons se battent à mort pour leur troupeau et les femelles. C'est cadeau de Mère avant que je parte pour Harrenhall et c'est le seul que j'ai pu emmener dans notre débâcle. Je l'ai choisi moi-même pour son pied sûr et aussi à cause de cette petite étoile noire qu'il a sur le front. C'est tellement rare. Est-ce que je pourrais le garder comme monture à votre service ?

Mais la conversation se poursuivait sur la stratégie et les quelques idées que j'avais osé évoquer. J'écoutais avec la plus grande attention tout ce que pouvait me dire mon Oncle, bien conscient que ma situation était plus que périlleuse et que je n'avais pas droit à une quelconque négligence ou insouciance. Même en me montrant exemplaire de sérieux, rien ne garantissait le lendemain et d'ailleurs, il s'empressa de me le rappeler. Nous étions tous en sursis à moins de nous sortir de cette situation catastrophique. Je me doutais que j'avais peu d'importance et de moyens d'aider le Royaume des Fleuves et du Crépuscule à recouvrer la splendeur du passé et d'ailleurs, ce n'était pas vraiment le projet de mon oncle ni le mien. Je comprenais à ses mots  qu'il voulait fédérer un nouveau Royaume, bâtir SON Royaume, certes sur les bases reconquises de celui d'Harren le Noir, mais en y mettant sa marque de Fer-Né. Le nom qu'il avait donné à notre Blason en attestait et je me doutais qu'il y œuvrait sans relâche par voie diplomatique, sans doute aidé par ma mère qui lui devait la vie. Même si je n'avais que peu d'utilité dans ce projet, je voulais montrer et prouver que je m'efforçais de toutes mes forces d'y contribuer.  Je hochai la tête en écoutant avec plaisir des nouvelles de ma tante.

- Tante Eren va avoir un héritier ? Quelle bonne nouvelle ! Je suis certain que fille ou garçon, ce sera un sacré marin comme elle. Elle m'a dit qu'elle avait beaucoup navigué et combattu avec toi. Je crois qu'elle m'apprécie et je l'admire beaucoup. Je crois qu'Euron, mon petit frère est avec elle en ce moment. Mais qui dirige à présent la Flotte Fer-né ?

Mon cœur se serra secrètement car Euron et Aenarion me manquaient cruellement même si souvent j'avais eu à pester contre leurs bêtises et à leur tirer les oreilles ou donner quelques taloches. Leurs pensées ne me quittaient guère même si je les savais en sécurité relative. L’incertitude était plus grande quant au sort de mes petits frère et sœur derniers-nés, dont on était sans nouvelles. Même si le service de Yoren me contraignait à ajourner mes plans les concernant, je n'y renonçais pas pour autant. Même si je ne les connaissais pas et n'avais pas eu le temps de m'attacher à eux, ils étaient ma fratrie et des Hoare. Je brûlais de voir mon clan réuni car j'étais désormais l'homme de la famille.

Mais mon attention revint à l'analyse que le Roi faisait de mes avis stratégiques. J'avais conscience qu'ils pouvaient lui paraître enfantins ou farfelus pourtant cette idée de rallier la Nera en remontant à travers le Bief sur cette rivière ... comment se nommait-elle déjà ?

Je hochais la tête encore une fois en signe d'assentiment aux paroles de mon oncle.

J'avoue ignorer où sont positionnés tous les navires de la Flotte Fer-né avec précision. Mais si quelques un d'entre eux mouillaient dans la baie qui fait face au bouclier sud, il y a un cours d'eau le Mander qui s'y jette et il faudrait remonter à la voile et à la rame, jusqu'à Haut Jardin par où passe ce cours d'eau, et de là un de ses affluents, file droit jusqu'au à Bois doré puis Silverhill  en Terre de l'Ouest. Si vous êtes certain de la loyauté de Castral Roc les boutres pourraient remonter jusqu'à  sa source en traversant le Bief et pointant droit sur The Deep Den. Malheureusement il n'y va pas au bout, mais sa source n'est pas très loin de celle de la Nera qui passe non loin de nous. Il faudrait calculer. Après, tout est possible, faire rouler vos navires sur des rondins du Mander à la Nera ou construire un canal ou pour le moins débarquer des troupes et les faire venir à marche forcées en renfort pour préparer notre Guerre. Il serait aussi possible d'acheminer des vivres. Et même si ce n'est pas très efficace pour une guerre immédiate et fulgurante, cela pourrait s'avérer utile dans la perspective d'une guerre longue de reconquête des frontières du Conflans. Et de toute façon ce sera une voie commerciale à ouvrir dans le futur. Elle souderait une alliance économique et stratégique entre le Bief, les Terres de l'Ouest et le Conflans, ne pensez-vous pas mon oncle ?

Une pensée pleine de ruse m'emmena plus loin encore, car la Nera traversait bien d'autres Terres que le Conflans, des terres ennemies... Mais peut-être m'étais-je mal fait comprendre, car j'avais un vocabulaire d'enfant après tout et ma maladresse rendait difficile ma tentative d'expliquer ces idées survenues dans mon crâne lors de ce conseil alors que je voyais les cartes défiler sous mes yeux.

- Lorsque je parlais de la Nera, mon oncle ce n'est pas de son aval mais de son amont. Avant Pierremoutier elle nous servirait d'approvisionnement en vivres et troupes via le Bief et l'Ouest, et après Pierremoutier, de voie d'invasion pour les Terres confédérées, l'Orage et Peyredragon. Sur la carte on voit bien que le réseau fluvial y donne accès à partir de la Nera. Peut-être aussi faudrait-il réfléchir à quelques modifications de certains boutres pour les rendre plus rapides encore sur fleuves ? Imaginez-vous ce qu'on pourrait faire comme pillages si on pouvait aller de la Baie des Boucliers à la baie de la Nera par bateau ? Mais avec une carte devant nos yeux ce serait plus simple.
Concluais-je.

Je fronçais les sourcils lorsque Yoren évoqua la possibilité que l'Empire se dote d'une flotte tout aussi redoutable que la nôtre.

- Vous pensez à Salfalaise n'est- ce pas ? J'ai entendu vos hommes en parler Ils ... ils faisaient un parallèle entre lui et mon père. Deux traîtres infâmes ...Vous pensez qu'il va conseiller l'Empereur et devenir son armateur ou son Commandant naval ? Comment s'assurer qu'il ne puisse nous nuire ? Ou mieux, le convaincre de revenir parmi nous ? De nous servir ? J'ai entendu deux de vos soldats dire qu'il nous haïssait tous jusqu'au dernier, les Hoare ... Pourtant je crois connaître quelqu'un ... qu'il ne hait peut-être pas ...

Je partageais la vision sombre de mon oncle quant à l'hiver qui approchait et risquait de nous affamer et de paralyser toute tentative offensive. Je repris, la mine grave:

- Je sais que notre situation est précaire voire désespérée mais justement à part l'honneur,  qu'avons-nous à perdre ? Rien et aucun guerrier n'est plus redoutable que celui qui n'a plus rien à perdre, hormis peut-être celui qui se bat pour sa famille et sa terre. Il se trouve que nous sommes dans les deux cas. Si l'hiver doit nous priver de moyen d'action alors mettons le à profit pour préparer la guerre pour le printemps tout en restant aux aguets d'une offensive ennemie. Renforçons nos alliances, inventons de nouvelles armes, de nouveaux boutres, faisons provision de vivres en chassant, pêchant, cueillant. Remplissons les greniers de Pierremoutier et de chacune de nos garnisons. Formons de jeunes guerriers comme vous allez le faire avec moi, fondons une académie royale, reformons l'armée. Que chacun prenne part à l'effort pour regagner le Conflans et plus encore. Vous avez raison mon oncle, chacun est important du plus modeste serviteur jusqu'à votre tête couronnée. Mon grand père était un grand guerrier mais un piètre Roi et je le dis au risque de vous mécontenter. Il aimait et savait gagner des batailles mais n'aimait pas son peuple et ne savait pas le comprendre. Je suis bien certain que vous êtes tout autre et c'est pour cela que vous avez toute ma loyauté, pour ce qu'elle vaut.  

Malgré mes propos audacieux et peut-être déplacés, je me réjouissais de voir que mon Roi donnait des ordres à son maître d'écurie pour qu'on selle nos chevaux et ceux des gardes. Un petit sourire discret se dessinant sur mes lèvres, je m'occupais moi-même de seller mon cheval et de vérifier les harnachements de Bucéphale sous le regard un rien amusé de Jorah que je saluai avec reconnaissance. Je prenais déjà à cœur mon nouveau statut et je tenais à le montrer à Yoren.  Nous nous mîmes en selle et j'étais déjà tout à la joie de chevaucher avec mon Roi qu'il m'étonna encore une fois et me fit monter des couleurs aux joues.

- Me fiancer avec une Lannister ? Mais ne les dit-on pas fragiles comme des fleurs ? Je ne sais si cela va s'accorder avec le Fer-né que je suis. N'auriez-vous pas une Bracken fière amazone à l'image de votre reine à me proposer ou une épouse à l'image d'Heda, votre fidèle conseillère ? Répondis-je un rien ironique.

Je n'avais jamais apprécié les ouestiens qui pour moi étaient aussi versatiles que des fillettes mais c'était un a priori sur lequel j'étais prêt à passer pour le Royaume et le bon vouloir de mon souverain. Je me demandais si Yoren avait épousé Dame Helena Bracken par intérêt. Certainement oui car c'était le fait de tous les mariages de la noblesse. Mais je les avais observé et j'avais bien vu la même flamme dans leurs regards l'un pour l'autre que celle que je connaissais à mes parents à une époque. J'ajoutai un rien curieux:

- Quel âge aura-t-elle ? Est-elle avenante mon oncle ? Rassurez-vous, quelque soit celle que vous me destinez, je m'efforcerai de servir vos desseins... et si possible de pourvoir à son bonheur.


Je n'en montrais rien mais cette nouvelle m'embarrassait au plus haut point. Autant je savais m'y prendre avec les chevaux, autant manier l'épée et me prendre des coups ne me faisait pas peur. Autant j'étais intimidé au plus haut point devant les femmes. Quant aux filles de mon âge, je les trouvais sottes à battre et j'espérais que Victorine ne devint jamais aussi niaise que les filles qui se gaussaient sur mon passage ou faisaient des messes basses ridicules qui ne me donnaient qu'une envie : les fesser pour leur apprendre la retenue. Je préférais me concentrer sur la course qui s'annonçait et talonai Shine qui frémissait d'impatience de s'élancer.
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MessageSujet: Re: L'apprentissage est un exercice de chaque instant PV Beron    Sam 25 Aoû - 18:57

L'apprentissage est un exercice de chaque instantYoren & Beron
La surprise totale que je lus dans les yeux de mon princier neveu me tirai un sourire simple mais sincère. Aller jusqu'à dire que ce mécanique mouvement de mes lippes avait en cet instant quelque chose d'innocent serait toutefois un brin exagéré au vu de mon caractère et de ma réputation seulement la joie qui semblait danser dans les yeux de Beron me fit plaisir de manière intrinsèque. Cela me surprit notablement car avant les dernières tragédies ayant frappées le royaume je n'avais guère entretenu le moindre lien familial avec les enfants de feu mon demi frère et de la princesse Myria à l'inverse d'Eren qui adorait ses neveux. J'interprétais cela comme le signe du fait que j'avais changé non pas seulement eu égard à la couronne et aux corollaires que cela impliquaient pour ma personne mais également à un autre niveau plus personnel. Le sort des jumeaux de ma belle sœur me préoccupait réellement et j'étais dévasté de ne pas savoir ou se trouvaient les nourrissons perdus après Buron dans les environs.

Mon souhait de réunir la maison Hoare autour de ma personne afin d'en faire une nouvelle dynastie débarassée des tares et des excès de l'ancienne était une réalité car de la division qu'avait entretenu Harren pensant que la rivalité contribuerait à rendre ses enfants meilleurs individuellement chacun dans leur domaine pour se disputer ses faveurs avait fini par manquer de détruire la maison royale des Hoare et avait bel et bien conduit à la situation détestablement critique dans laquelle nous nous trouvions tous aujourd'hui. Plus jamais clamais je intérieurement. La prise de mon neveu sous mon aile ainsi que son statut prouvait que j'étais sincère dans ma nouvelle position. De même que la grâce et le pardon accordé à Myria ainsi qu'une réhabilitation en bonne et due forme. Les deux proches de feu Joren restaient dans des positions précaires au vu du fait que les évènements restaient encore trop vifs dans toutes les mémoires mais ma propre position de roi restait ténue aussi nous étions tous dans le même navire. La maison Hoare se devait d'être unie maintenant et à jamais. L'histoire ne nous avait que trop bien enseigné ce que la division intérieure pouvait couter alors celle au cœur d'une même famille...J'apprenais des erreurs de mes prédécesseurs et me rendais compte que je n'avais en réalité jamais cessé d'apprendre de manière tacite tout au long de ses années de réprouvé. Un bon pirate se devait d'être mu d'un sens de l'observation et de l'adaptation solide et ces qualités m'aidaient énormément dans mon début de règne.

Il fallait néanmoins reconnaitre que l'audace et le fait que ce dernier ait su trouvé au fond de lui le courage de me défier au cours de la retraite avait notablement joué sur le regard que je portais désormais sur Beron dans lequel perlait une petite pointe d'affection. Nous pouvions tous mourir dans les semaines à venir et je ne souhaitais pas avoir de regrets. Avoir été un oncle digne et un modèle pour Beron durant le laps de temps que nous passerons ensemble. Je n'avais pas menti quand j'avais affirmé à Myria que j'étais moi aussi mort lors de la bataille d'Eysines. Pour renaitre royal et visionnaire au cours de la retraite dans laquelle j'avais failli calanché du fait de mes blessures presque mortelles. La fièvre avait elle jouée ou le fait de frôler la mort pour la première fois d'une existence pourtant parsemée de batailles sanglantes et de combats impitoyables ? "En effet Beron je vais pouvoir t'enseigner l'art de la danse de la hache et de l'épée de ton peuple car tu es autant riverain que fer né. Ne t'en fais pas si tu n'as pas brillé à Eysines c'est qu'il était bien difficile d'y briller même pour un guerrier confirmé comme moi tu as pu le constater. Je ne t'apprendrais pas qu'à te battre comme un fer né mais également comme un pirate. La différence est légère je te l'accorde mais dans un combat oublie tout ces concepts idiots que sont l'honneur et la gloire. Seule compte ta survie et la mort de ton ennemi."

L'excitation et le contentement sur le visage de Beron firent s'élargir mon sourire solaire. J'enviais Joren l'espace d'un infime instant pour une autre fois de ma vie. Mais cette fois ce fut au sujet de la paternité qui l'avait eu le temps d'expérimenter là ou je n'aurais probablement pas le temps de le faire. La réaction du jeune homme ne le fit que plus grimper dans mon estime car loin de se montrer imbu de lui même et de s'estimer vertement indigne d'un tel rôle. Au contraire, l'enfant qui aurait du devenir roi sans la décision d'Harren acceptait avec joie d'apprendre à servir pour mieux diriger comme je l'avais moi mème fait toute ma vie. Beron ferait un bon souverain si jamais je ne survivais pas à cette guerre et si on le lui en laissait la possibilité et la latitude car je me doutais bien que l'empire et ses chiens de félons devaient planifier l'éradication de ma famille en ce moment même. La gratitude dans ses yeux et sa voix pleine d'émotion me tirèrent un petit rire bref mais franc. "J'en suis certain mon neveu. J'en suis certain. Tu es un Hoare." Durant quelques instants Beron sembla se perdre dans des rêves d'aventure et de chevauchée, de pansement des bêtes et de combats d'épée tout à fait normaux pour son âge et je me contentais pour ma part de fixer la ligne droite de l'horizon en calculant mes chances, nos chances en évaluant la situation et en cherchant inlassablement de nouvelles solutions.

Mais également d'une manière rogue comme pour défier celui-ci de tenter de me limiter dans mes rêves pour ce royaume que je brulais de voir s'élever de ses cendres. Le travail de Beron serait difficile et parfois indigne mais en ne quittant pas mes semelles je pourrais le former tant à la guerre qu'à la politique et il serait protégé par la garde royale bien plus qu'il ne l'était déjà eu égard à son statut. Mon neveu sembla revenir à lui et tout en m'adressant un sourire rayonnant il me présenta sa propre monture. "Ta monture est splendide Beron et bien sur que tu peux la garder à mon service. J'aimerais moi même t'en offrir une autre mais nous sommes quelque peu limités de ce coté. Il est heureux que tu l'aies nommé ainsi pour cette raison en sus de son immaculée éclat. Nous avons donc tous deux réussis à sauver nos cadeaux les plus précieux de ce chaos un présent du Dieu Noyé à n'en pas douter. C'est la première fois que je vois un cheval avec cette particularité. Cela lui donne une prestance unique que même Bucéphale n'a pas. Tu as raison il est heureux que mon étalon n'ait guère de rival car je le sais hargneux et capable de mordre au sang." 

(...)

Désireux d'aiguiser les réflexes stratégiques et tactiques de mon nouvel écuyer je le laissais m'exposer librement ses propres propositions qu'il avait du taire lors du conseil de guerre par pudeur liée à son jeune âge ou l'inquiétude liée à son statut aux yeux de certains. Devant moi, il pouvait s'exprimer librement sans crainte d'être jugé car son jeune âge excuserait son inexpérience ou l'inadéquation de certaines propositions sans compter que c'était ainsi que l'on apprenait le mieux, en essayant, en tâtonnant, en se trompant et en se rendant compte de ses erreurs. Beron avait déjà des bases et ne manquait pas de rigueur teintée de témérité ce qui était bon signe seulement le plus important dans le domaine martial était la lucidité et la bonne évaluation des chances et des choses. Bien sur dans une situation aussi désespérée que la notre la témérité en elle même constituait peut être un défaut mais nous l'avions tous dans les veines nous autres Hoare. Helena ne ferait guère exception à la règle. Mon neveu hocha la tète à mes remarques et fit preuve de contentement en apprenant la grossesse de sa tante. "Oui, neveu Eren est enceinte jusqu'à l'os et pour la connaitre par cœur je peux t'affirmer que cette situation doit la ravir au plus haut point. Lançais je avec une dose non négligeable d'ironie et un sourire amusé au coin des lèvres. Mais tu as raison il s'agit d'une bonne nouvelle en cela que cela devrait logiquement consolider notre alliance avec le Bief victorieux.

Peu importe le sexe de ton cousin ce sera en effet un fameux marin et un fort caractère. Oui, Eren m'a tout appris, a veillée sur moi alors que j'avais à peu près ton âge, m'a permis de m'élever et de briller au sein de la flotte de fer. Je lui dois tellement. J'adore ma sœur ainée autant que celle ci t'adore Beron. Euron est en effet avec elle à Hautjardin la capitale du Hightower. C'est ce dernier qui dirige la flotte en l'absence d'Eren comme le stipule le traité d'alliance. Cela ne me plait guère mais Harren a souscrit à cela." Revenant à la situation stratégique du royaume je discutais avec ce dernier de ses idées qui n'était en rien mauvaise ou trop irréalisable car remonter la Nera pour la dévaster après avoir traversé le Bief serait un beau coup de main qui surprendrait à coup sur l'ennemi cependant au vu de notre position je ne pouvais être certain que la frontière avec le Bief n'était pas compromise ni que la flotte de fer bougerait sans l'assentiment d'Eren et cela prendrait dans tout les cas bien plus de temps que ce nous avions devant nous. Mais, j'étudiais sincèrement l'idée de mon neveu en tentant d'éluder ses avantages et ses failles, en la dépouillant de tout pour ne laisser qu'une liste d'avantages et d'inconvénients. Un hochement de tète de Beron accueillit mes dernières paroles. "Je l'ignore également neveu. Je sais juste qu'ils croisent dans les mers de Dorne ou ils participent à l'étouffement économique de la principauté. Principauté dont je me fiche royalement pour tout t'avouer et dont j'envierais presque la situation. Ta pensée stratégique est particulièrement juste et brillante Beron.

Cela pourrait fort bien se faire mais tu sembles oublier que l'empire peut nous tomber dessus à n'importe quel moment et assiéger la capitale ce qui nous immobiliserait à moyen long terme et menacerait toute l'entreprise même de transport par la terre de nos navires car une armée impériale pourrait fort bien décider de porter la guerre dans le Nord du Bief cependant je ne conteste pas que ton idée est très intéressante. Plutôt que de remonter par les Iles et croiser dans les fleuves au Nord du royaume la flotte de fer pourrait ainsi affaiblir l'empire en semant le chaos dans la Nera voisine. Quant à la loyauté du Roc, je ne me prononcerais pas trop rapidement. Seules les actions et le temps nous prouvera la bonne volonté des lions à notre égard. Je te donne pour mission de travailler ce plan afin d'en étudier les défauts et les qualités. Tu n'es pas seulement écuyer, tu es prince et écuyer de ton roi en plus d'être son héritier présomptif. Ton âge est un frein que tu dois dépasser. Je décèle en toi un beau potentiel de stratège. J'ignore si la reconquête sera longue ou courte mais je sais qu'elle sera compliquée et difficile. Quant au commerce j'ai déjà pris des mesures afin de le favoriser cependant nous sommes toujours en guerre et dans une situation de vie et de mort aussi j'ai bien peur qu'il ne faille attendre un peu avant de voir ce grand axe de prospérité."

Une lueur de malice brilla dans les yeux de Beron me rappelant que je conversais avec un enfant qui venait tout juste de rentrer dans le monde des adultes bien malgré lui et ce avec une brutalité rare. Je m'en voulais d'être aussi exigeant mais je n'avais pas le choix nous avions tous un rôle à jouer dans la tentative de recouvrer puis de transformer l'héritage d'Harwyn la poigne. "Oh mais je pensais en effet que tu parlais de l'aval avant de me rendre compte du contraire. En effet ton idée nous permettrait de rendre à l'ennemi une partie de la dévastation qu'il a causé sur nos terres et rien que pour cela elle me plait énormément. Nos boutres sont déjà les navires les plus rapides de Westeros. Mais cela n'est pas dénué de bon sens face à des navires plus lourds ceux ci n'auraient aucune chance. Cependant, je crains fort que l'innovation navale ne soit un sujet qu'il nous faille remettre à plus tard. Empêcher l'empire de nous anéantir voilà la priorité Beron. Ensuite nous parlerons de reconquête."

Alors que je contemplais la danse élégante de la course des chevaux se dégourdissant les pattes, mon visage se ferma en entendant le nom du traitre honni qu'Heda avait tenté de me convaincre de sauver et de tenter de rallier à notre cause. "Oui, Beron je pense à ce traitre ce chien ! Que le dieu des Tornades emporte son âme et la dépèce avant de la conduire dans le néant. Les choix d'Harren ont forcés sa conduite je le sais bien. Mais, pour avoir conversé avec lui peu avant son départ pour Fort Darion, je suis sur qu'il servira l'empereur avec grande joie. Traitre d'un peuple, d'une culture et d'un rêve. Ton père n'est en rien comparable à Salfalaise. Joren voulait quelque chose pour le Conflans et les Iles de Fer. L'ancien général a payé ses choix au prix fort et au lieu de faire amende honorable en mourant pour la cause il a tourné casaque. Peu importe qui il ne hait pas neveu ? Peu importe... J'ai lu dans son regard une haine sans fin pour notre maison. Seule sa mort nous serait profitable." Me calmant peu à peu, j'adressais un sourire triste à Beron. Mon neveu reprit la mine grave et les sourcils froncés au sujet de l'hiver, de la famine potentielle et du risque d'anéantissement.

"Encore une fois voilà bien parlé neveu. Ta langue est fort habile à formuler des vérités qui seraient bonnes à entendre par nos hommes. Tu sauras les haranguer comme il se doit le jour venu. Nous n'avons en effet rien à perdre si ce n'est nos vies et au contraire tout à gagner. J'ai déjà engagé toute une série de mesures en ce sens neveu. Je t'approuve cependant si l'empire nous accorde le sursis qui nous permettrait de nous renforcer nous devrions le mettre à partie pour aller en ce sens afin de donner des raisons aux riverains félons de regretter leur choix autrement que par les armes. Chaque jour qui passe est un sursis que nous nous devons d'utiliser à bon escient. Oh mais tu ne me vexes guère. Tu as tout à fait raison Harren était un grand conquérant mais un mauvais roi. Je ne veux pas devenir comme lui ni maintenant ni jamais. Je souhaite tracer ma propre voie. C'est avec satisfaction et joie que j'accueille ta loyauté Beron. A l'instar du reste de notre peuple, je ferais tout pour ne pas la décevoir. Elle vaut autant que celle de n'importe quel autre loyaliste et bien plus à mes yeux."

(...)

Beron semblait bien décidé à mettre toute son abnégation dans son nouveau rôle d'écuyer puisque malgré mes ordres au maitre des écuries et aux palefreniers celui-ci s'occupa lui même de vérifier les harnachements de mon étalon avant de s'occuper lui même de sa propre monture sous le regard amusé du vieux sage de Pierremoutiers. La plupart des hommes qui aimaient les chevaux l'étaient mais certains comme mes plus fidèles bannerets loyalistes riverains qu'étaient les Bracken leur empruntaient même des traits de caractère. Beron ferait un bon écuyer si je me fiais à son zèle. Nul risque que je ne sois pas harnaché de pied en cap au bon moment ou que ma monture souffre d'absence de traitement en campagne. Décidemment ce choix s'avérait bon à bien des égards. Montant avec raideur sur Bucéphale en m'appuyant sur l'étrier je saisissais les rênes avec douceur et habitude alors qu'autour de nous la portion de la garde royale montait à son tour. Un sourire amusé fleurit sur mes lèvres devant la rougeur aux joues de Beron suite à mon annonce.

Oh mais les Bieffoises sont bien plus délicates que les Ouestriennes neveu. Cependant oui, entre des femmes comme Heda et Helena elles doivent s'avérer bien fades. Je crains fort de n'avoir pour toi que cette proposition politique encore vague et floue. Ne présume pas trop des filles de l'Or. Tu pourrais être agréablement surpris. Mais pour l'heure, il ne s'agit que d'une idée évoquée avec mon homologue Ouestrienne. Peut être épouseras tu finalement une autre femme plus à ton gout. Seul l'avenir nous le dira. Concluais je dans un rire amusé et rauque. Mon neveu avait bon gout en matière de femme du moins si l'on considérait que j'en avais de bon car il semblait préférer la fougue à la douceur à l'instar de son oncle. Surement une réminiscence de son sang fer né. Je n'en sais pour l'heure rien Beron. Ce n'est qu'une possibilité qu'avait déjà évoqué le Noir bien avant moi. Je sais simplement que cela nous serait bien utile bien que nous serions désavantagé par le fait que la belle fille du couple royal soit une Stark. Lançant soudain mon cheval au galop afin d'en savourer l'effet grisant au milieu de ce décor de rêve aux élans nacrés, je sentis que mon neveu s'élançait à son tour dans ma foulée en entendant le bruit caractéristique des sabots martelant le sol.
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MessageSujet: Re: L'apprentissage est un exercice de chaque instant PV Beron    Lun 17 Sep - 22:03

L'apprentissage est un exercice de chaque instantYoren & Beron
Une sorte d'ivresse grave m'envahit juste avant de m'élancer sur Shine dans la foulée de l'étalon de Yoren. Je n'ignorais rien des responsabilités et des attentes qui pesaient désormais sur mes épaules, bien dérisoires encore face à celles qu'incarnait mon oncle, mais cette chevauchée présageait une écart vers la liberté, quelques moments de répit dans la sombre situation où nous nous trouvions, mais également une occasion de montrer mes talents de cavalier. Talents que je devais autant à la complicité que j'entretenais avec ma monture qu'aux rudes mais rigoureux enseignements de Maman. Combien de fois m'étais-je retrouvé le derrière ou le visage dans la boue après une chute en tentant de suivre son train d'enfer ? Combien de fois m'avait-elle remis en selle après une chute malgré quelques côtes froissées ou une épaule démise et remboîtée par les soins de notre Mestre ? Et puis il y avait Banot, un homme de cœur et de cheval qui m'avait appris à mener ma monture à la voix et à la jambe. Son précepte était simple: un Prince et plus encore un Roi, mais aussi un guerrier devait avoir les mains libres pour autre chose que diriger son cheval.

Sous le regard fier de mon Père j'avais démontré mes talents à la lance et à l'arc, aussi enseigné avec majesté par Myria la chasseresse. Mère était passionnée par la traque, et la ruse qui convient pour cerner divers gibiers et les mettre à mort sans souffrance inutile. Je n'aimais pas inutilement ces hallalis. Je goûtais peu à l'agonie. La mort d'un être vivant ne me remplissait pas d'extase, fut-ce un adversaire ou une proie. Je les savais juste nécessaires et inévitables en certaines circonstances. Un désagrément lourd sur la conscience. Le prix de notre propre survie souvent. En cela j'étais différent des Fer-nés que je savais avides du sang des batailles et des chasses. Pour autant je ne m'y dérobais point. J'avais juste mon propre rituel, hérité des enseignements de mon écuyer princier. Père l'avait-il désigné en charge de notre écurie princière pour cette raison ? Cet humanisme qui transpirait de chacun des gestes de cet humble serviteur ? J'aimais à le penser. Mais je n'achevais jamais une proie sans louer sa beauté sauvage et sa bravoure, sans lui demander pardon de lui ôter la vie. Je l'avais fait aussi mentalement à Eyssines pour chaque blessure que j'infligeais à l'ennemi, bien que les coups de l'enfant que j'étais fussent rares à porter sur des combattants aguerris. Toute vie est précieuse, disait Banot. Chaque victime a une mère, un frère, un fils qui le pleurera. Et quand bien même il n'en aurait pas, toute la communauté à qui tes coups l'arrachent, le pleurera. N'oublie pas cela, mon Prince. Et tu seras un Homme et point un démon sans âme. Un jour où j'avais fait plus d'une victime pendant la chasse, j'étais venu, tourmenté, le trouver et je lui avais demandé s'il pensait que le Dieu Noyé pouvait accepter que je prie pour ces vies que j'avais prises. Sa réponse m'avait apaisé: tu crois en ton Dieu et tu le sais sage et clairvoyant dans ton cœur, si tu es honnête avec lui, il ne peut t'en vouloir de prier pour tes victimes. Tu as choisi de remplir ton devoir de Prince. Si un jour ce devoir devait être en désaccord avec ton cœur, tu ne dois pas craindre de t'en ouvrir à ton Dieu. Si vous parlez tous deux ensemble, il saura guider ton cœur vers ce qui est juste pour tous.

Je savais que la voie qui s'ouvrait à moi serait tout d'abord pavée de cadavres, que l'air que je respirerai aurait l'odeur de la terre brûlée, que je goûterai à la saveur ferreuse du sang. Mais toujours je prierai le Dieu Noyé de ne pas m'en donner l'amour de la Mort, la folie fiévreuse qui avait habité mes ancêtres. Les fleuves de sang, les mers cimetières d'équipages naufragés, les forêts de corps empalés, cet avenir qui se déroulait devant mes yeux, je ne pourrai m'y soustraire. C'était le prix du passage vers un autre règne. Yoren en avait sans doute conscience, il était soumis aux mêmes présages. J'ignorai s'il savait demander pardon pour chaque vie tranchée, mais c'était notre voie, notre chemin vers ce rêve d'un Royaume libéré et plus juste. Ma jeunesse et ma sensibilité se révoltaient au début devant ce sacrifice mais au fil des épreuves, ma résolution prenait force. Prendre une vie me coûterait toujours. Mais je le ferai pour en sauver tellement plus. Des guerres, des famines, des épidémies qui naissaient d'une seule mère: la tyrannie.

Je talonnai Shine pour le porter à la hauteur du magnifique Bucéphale et nous chevauchâmes mon oncle et moi, à l'étrier durant quelques lieues. Je l'avais vu monter avec raideur mais fierté sur son étalon. Il s'infligeait une discipline mentale que je devrais acquérir face à la souffrance. Cela aurait été une erreur et une offense que de retenir ma monture pour le ménager. J'avais comme atout ma légèreté d'adolescent face à sa corpulence d'homme fait et virile. A l'approche d'un amas de troncs de souches abattues, je n'eus qu'à exercer une très légère pression des cuisses pour que Shine s'envola par dessus et retombe légèrement en avant de l'étalon royal. Une poussée de mes reins et il étendit sa foulée pour prendre un sentier à peine dessiné qui se déroulait jusqu'à une vaste plaine. Derrière nous, la garde montée redoublait d'ardeur tandis que j'entendais le martèlement  du grand étalon noir accélérer à un train d'enfer. Bien que mon cheval fut vaillant, je savais qu'il ne tiendrait pas la distance avec celui de Yoren. Shine n'avait que peu goûté aux batailles et sa musculature ciselée n'avait pas la robustesse de la monture royale. Endurance et vélocité, les deux atouts d'un cheval de Roi. Mon brillant et lumineux destrier avait comme moi encore bien des choses à apprendre.

Bientôt je vis Yoren me dépasser sans pourtant me boucher le champ. Les fesses musclées de  Bucéphale marquant le galop dans une mécanique d'ébène bien huilée, ses sabots soulevant sans peine de lourdes mottes de terre. Chaque foulée nous distançait au moins d'une main. Nos deux montures avaient à présent l'écume aux lèvres et bien loin étaient les gardes montés derrière nous, sans doute pestant de ne pouvoir, justement, nous garder de toute embuscade. Le vent sifflait à mes oreilles et mon cheval avait rabattues les siennes comme s'il était prêt à mordre. La sueur perlait sur son encolure et je sentais l'odeur des cuirs chauffés. Je ne tenais plus les rênes. Shine volait derrière son aîné, le talonnant à la croupe sans parvenir à le dépasser.

La plaine se profilait derrière le bois qu'il nous restait à traverser. C'est à l'orée que je sentis Shine se crisper. Je me redressai alors que j'étais couché sur l'encolure pour accompagner son effort. Des cris retentirent alors à l'arrière de la garde:

- Des loups ! Alerte! Aux loups !  

Instinctivement, ma main se porta sur le pommeau de mon épée. Je n'avais pas pris mon carquois et mes flèches. Je n'avais pas prévu une partie de chasse...
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MessageSujet: Re: L'apprentissage est un exercice de chaque instant PV Beron    Sam 22 Sep - 20:16

Le martèlement des sabots résonnait comme le roulement du tonerre dans l'air glacial de cette morne et terne journée d'hiver. Saison que j'avais toujours honni depuis l'enfance et ses illusions doucereuses sur Pyke auprès d'Helya. Cela semblait appartenir à une autre vie désormais et durant une poignée de secondes semblable à une éternité flottant de par le monde, je me demandai ce qu'auraient ressenti le gamin frèle et hargneux que j'avais été et sa sublime et bienveillante mère en me voyant ainsi juché sur une monture de guerre inestimable et drapé d'atours royaux. Dans les iles, la mauvaise saison était relativement différente de ce qu'elle était sur le continent cependant ses affres restaient à peu près les mèmes. Des typhons, des vents mauvais et déchainés envoyés par le grand ennemi du moins c'était ce qu'avaient toujours affirmé les saints précheurs du Noyé ainsi que de la fraicheur plus apre que les tétons d'une sorcière sans ame. Je me souvins d'un chant d'Helya devant un feu crépitant avec l'ardeur d'un modeste soleil dans le bordel, feu que je n'avais pas quitté des yeux tout au long de la mélopée envoutante de son timbre. La chanson clamait la victoire future du Noyé sur le maitre des Tornades qui ne manquerait pas d'apporter la serennité à la mer dès la mort de l'Hiver. 

Cependant, le réveil du passé fut bien vite balayé par la grisante ivresse de la chevauchée matinale dans la campagne paisible du Conflans du sud. Galoper était proprement délicieux en dépit de mes blessures en cicatrisation. Un plaisir coupable qui je le savais pourrait bien m'ètre préjudiciable si les points de suture du mestre venaient à se déchirer dans un excès d'audace. Un roi plus sage aurait certainement été mesuré dans son attitude et respectueux des éceuils interminables de mestre Janos mais je n'avais pas un quart de siècle et je brulais du feu dévorant des survivants. Aussi, je communiais avec Bucéphale dans un silence immaculé uniquement brisé par la charge sauvage d'une échappée salvatrice du moins pour le corps mais certainement pour l'esprit. Les foulées du destrier étaient amples et assurées. L'étalon de jais était heureux d'ètre de nouveau libéré des barrières exaspérantes des enclos. Le tempérament de ma monture semblait bien proche du mien. Et peut ètre était cela qui expliquait si bien une entente si complète entre un pirate ayant passé plus de temps au milieu des vagues que dans les plaines et un animal fermement ancré dans la terre libre, fier et indépendant qui au contraire arbhorait les flots ? Retrouvant les mèmes sensations que chaque fois que j'avais pu le monter au cours des rares retraites permises par le Noir dans ma vie d'arme, je savourais littéralement l'exercice en dépit de la souffrance par instant atroce de mon ètre encore éloigné du rétablissement complet. 

Pourtant, malgré le vent fouettant mon visage avec aigreur et piquant les yeux de mème que la cicatrice barrant une bonne partie de mon facies rugeux je sentis un sourire simple et sincère poindre sur mes lèvres et éclairer mes traits. Helena aurait adorée cette promenade effrénée à n'en point douter qui aurait pu se finir d'une manière bien agréable si le manteau neigeux ne recouvrait pas tout ce qui nous entourait et que je ne devais le fait de ne pas me geler les harpions qu'au fait de la température de mon fidèle compagnon sous ma personne. La royale maitresse des chevaux partageait l'amour de mon neveu pour les équidés et avais grandi dans la tradition que ces magnifiques bètes étaient la plus précieuse richesse du royaume. Le garant de sa puissance comme de sa mejesté. Toute Hoare qu'elle était devenue la née Bracken restait fidèle à sa nature de cavalière émerite et ma passion pour les chevaux grandissait chaque fois qu'elle m'en parlait avec flamme. Il y avait également une autre femme qui aurait appréciée cette échappée indomptable à sa juste valeur cependant penser à mon amante à l'heure actuelle en chemin pour Castral Roc alors que je cheminais au coté de son fils me paraissait inconvenant. Mème pour quelqu'un comme moi. Transcendé par le gout puissant de la liberté et de l'indépendance offert par l'allure folle de Bucéphale je laissais un rire franc et rauque franchir mes lèvres lorsque j'entendis les cris désespérés de la Garde montée tentant par tous les moyens de nous rattraper. 

Quelques instants plus tard, le prince et son partenaire me dépassait gracieusement d'un bond habile et leste par dessus deux troncs couchés par une tempète. Je vis mon neveu rayonnant de fierté me damner le pion et galoper à bride abattue vers les collines tapissées de bois épars. Faisant à mon tour bondir ma monture au dessus de l'obstacle, je me couchais sur son encolure afin d'accompagner le mouvement d'une part et ne pas trop subir le contre coup de ce vol plané aussi bref que grisant car mes bandages déjà imbibés de sueur et plus encore les plaies qu'ils couvraient avec opiniatreté n'apprécieraient guère la secousse. Une grimace acceuillit mon passage et mes dents grincèrent quelques instants. Sans le moindre mouvement de ma part, Bucéphale redoubla d'ardeur dans la course comme s'il ne pouvait accepter pareille rebufade de la part d'un congénère plus jeune et moins imposant. La vitesse qu'il avait perdu en franchissant les troncs déracinés fut regagnée prestement et nous rattrapames Beron dans la foulée. Nous fumes cote à cote durant un moment équivalant à un battement d'aile avant que l'étalon ne pousse avec plus d'entrain. De la neige et de la terre voletait sur notre passage et dans mon sillage Beron exultait. Je pouvais sentir la présence mobile de Shine à moins d'un bras de Bucéphale. 

Je m'apprétais à traverser les bois en faisant attention aux branches basses et aux souches génant le chemin vers la plaine attenante au moment ou le cri puissant du lieutenant de Victarion, Harwyn Noirmarrés l'un des fils du seigneur fer né atteignit mes oreilles. Ce dernier hurlait l'alerte. Des loups se trouvaient dans ces bois décharnés certainement rendu audacieux par la morsure du givre et les affres de la faim. Tirant doucement mais fermement sur les rènes de mon cheval, je le ramenais au trot et tournais dans un arc de cercle avant de remarquer l'écume aux mors de Bucéphale ainsi que la sueur dégoulinant de son front. Le cheval de guerre placide face à la menace était relativement tranquille bien que sa nervosité rejoignait la mienne et que ses yeux roulaient comme fous. La présence des prédateurs déplaisait au plus haut point à mon ami et ses dents se dévoilèrent. L'étalon était bien plus nerveux qu'il ne souhaitait le laisser paraitre mais la présence de l'un de ses congénères le rassurait autant qu'elle le faisait tenir son rang de chef de file. Son hennissement me poussa à murmurer dans son oreille tout en flattant son encolure avant d'imiter Beron et de me redresser sur ma selle. 

Renaissance jaillit hors du fourreau avec la fluidité organique d'un serpent de mer étincelant. Adressant un signe de tète à mon neveu, je lui lancais. Lame au clair Beron, nous devons rejoindre les autres. Reste sur tes gardes et sois attentif. J'ai appris à ne jamais sous estimer un loup affamé. Faisant faire volte face à Bucéphale, je tenais les rènes d'une main tandis que celle d'épée dressait la lame de Renaissance droit vers le sol sur le flanc afin de couvrir ce dernier. Traversant une futaie au trop soutenu, je cherchais à nous orienter vers la localisation de la garde au moment ou des bruits de branches brisées et piétinées attirèrent notre attention. La meute avait reniflé deux proies plus aisées à manoeuvrer qu'une colonne d'hommes en armes et ces bois lui appartenait visiblement. Lieutenant Noirmarrés les haches de la garde seraient bienvenues ici ! Bucéphale avait dépassé sa peur et je sentais de la colère chez le grand cheval d'ébène. Nul doute que ses sabots feraient des os des canidés ce que les pattes de ces derniers avaient infligées aux branches et aux brindilles.



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MessageSujet: Re: L'apprentissage est un exercice de chaque instant PV Beron    Lun 8 Oct - 23:43

L'apprentissage est un exercice de chaque instantYoren & Beron
Shine était repassé au trot, puis au pas et tournait en cercles de plus en plus restreints alors que Bucéphale faisait de même. Mon oncle avait tiré sa magnifique lame de son fourreau et nous tournions chacun cherchant à discerner les loups qui nous pistaient. Des craquements de branches mortes nous orientèrent bientôt sur l'origine de la meute. C'était un gros groupe de loups d'après les bruits qu'ils faisaient en se déplaçant. Le nombre leur donnait sans doute l'audace de s'attaquer à un groupe de cavaliers. La faim aussi. Je la côtoyais plus ou moins à Pierremoutier, tant nous avions du mal à rationner les retranchés que nous étions, encerclés par les forces de l'Empire et l'hiver rigoureux qui limitait les chasses et nous faisait puiser dans les réserves accumulées par la récolte de l'été précédent. Notre roi avait imposé un rationnement judicieux en de telles circonstances mais je savais bien que ni la troupe ni les civils ne mangeaient à leur faim.

Les loups aussi étaient affamés et chaque camp voyait en l'autre une opportunité d'améliorer son quotidien. S'ils parvenaient à nous faire chuter, nos montures et nous, ils feraient bombance et si nous parvenions à les tuer nous aurions un peu de viande et des fourrures à tanner pour se tenir chaud. Ainsi en étions nous réduits à nous battre avec des fauves pour ne pas en devenir nous-mêmes. Ou peut-être l'étions nous depuis toujours, fauves entre nous, fauves envers nos ennemis. Même s'il me répugnait de l'admettre, l'Homme n'était qu'un fauve peut-être, l'Histoire de notre royaume semblant illustrer cette réflexion. Se laisser manger et agoniser dans la neige pouvait être un choix. La nausée que j'avais de ce monde de violence aurait pu m'y pousser. Mais c'était sans compter avec l'amour que j'avais du peuple. Qu'en serait-il si j'abdiquais devant mes devoirs ? Je resterais une victime et le fils de traîtres, un Prince faible et sans envergure. Je laisserais le peuple à la seule main de mon oncle qui, bien qu'animé d'un amour pour lui, était conseillé par nombre de fer-nés qui ne voyaient comme seule solution que le sacrifice au combat de tout notre peuple. Yoren était assez sage pour percevoir que la guerre totale n'était qu'une solution immédiate mais pas pérenne, cependant saurait-il, pourrait-il museler sur le long terme la soif de batailles des Fer-nés qui ne vivaient depuis des siècles que pour la clameur des combats  ?

J'éprouvais une admiration presque filiale pour Yoren et chacun de ses actes me laissait à penser que ce faisant, je ne trahissais nullement la mémoire de mon père, tant j'y retrouvais des aspirations qu'il m'avait confiées. Aussi ne voulais- je pas démériter aux yeux de mon Roi. Aux aguets de la première morsure, je tournais sur Shine  l'épée au poing, tandis que mon souverain clamait ses ordres. La première attaque vint de notre flanc droit et je vis un pelage fauve se précipiter sur mon destrier. Il était logique, stratégiquement parlant, que les loups s'attaquent au moins imposant coursier.  Le premier lui sauta à l'encolure et instinctivement Shine se cabra pour éviter l'emprise mortelle. Jeune étalon à qui on avait ôté ses attributs de mâle, il avait une psychologie somme toute assez proche de la mienne. Il sentait confusément que le combat était inégal et qu'il ne s'en sortirait qu'en restant proche de son aîné et en comptant sur le soutien de la Garde Royale qui se rapprochait au triple galop. Le poids de mon épée, bien que moins imposante que celle du Roi et assez adaptée à ma morphologie, se fit sentir dans mon épaule tandis que je moulinais pour tenter d'écarter mon assaillant des flancs de mon cheval. Je savais que s'il plantait les crocs dans l'une des jambes ou dans son encolure, je perdrais ma fidèle monture. D'une légère pression des jambes je la fis bondir en avant et ce que j'espérais se produisit. Il rua et l'un de ses sabots atteignit le loup au poitrail. Faisant volter mon destrier, dont je tenais les rennes d'une seule main, je fondis sur l'animal et le fil de ma lame le faucha en plein élan alors qu'il bondissait dans une contre attaque hargneuse pour s'accrocher à ma jambe. Il s'en alla rouler dans la neige, le poitrail fendu d'une large balafre. Sa peau pendait et une plaie à vif laissait échapper des flots de sang qui rougirent le gris de la neige boueuse. Des hurlements rageurs fusèrent de toute part, ses congénères, sans doute excités par l'odeur du blessé, se ruèrent alors à ma rencontre. L'un d'eux arriva par derrière et bondissant sur la croupe de Shine, s'accrocha avec la fureur du désespoir à ma croupière. Ses pattes griffues labourèrent avec sauvagerie le pelage argenté de mon compagnon, et en me retournant, je constatai qu'il y avait tracé de profonds sillons sanglants.

A moitié retourné sur la selle et frappant avec une ardeur redoublée pour nous en défaire, je parvins à lui trancher une patte mais dans cette position j'étais assez instable ayant quitté mon étrier gauche et resté en seul appui sur le droit. C'est à ce moment qu'un troisième assaillant me bondit sur le flanc droit et me fit basculé sur le côté gauche. N'ayant pas d'appui à gauche, l'impact  me fit vaciller de ma selle et le loup referma ses mâchoires féroces sur mon bras droit qui guidait mon cheval. La douleur fut immédiate et terrible car le loup tenait sa seule prise pour ne pas décrocher et je sentais ses crocs qui déchiraient mon avant bras. Je hurlai et rugis de douleur autant que de rage et je parvins à récupérer mon étrier gauche en même temps que mon assiette. Cependant je ne pouvais guère parer et frapper le loup pour me défaire de son emprise sans me couper le bras ou me blesser à la jambe droite. Je changeai alors la prise en main de mon épée au risque de la perdre et la saisis garde retournée vers le loup. Je me mis alors à l'en frapper avec une énergie dont je ne me serais pas cru capable. Il resserrait son étreinte et je commençais à douter pouvoir sauver mon bras si toutefois je survivais à cette attaque. Je frappais et frappais sans pouvoir compter mes coups. J'entendis tout d'abord une série de glapissements plaintifs. Du sang me gicla au visage sans que je pus savoir s'il s'agissait de mon bras qu'il réduisait en charpie ou du sang de l'animal. La douleur me rendait fou et chaque coup porté au loup rayonnait dans le bras qui frappait autant que dans celui qui se faisait déchiqueter. Soudain il y eut un craquement sinistre et le loup cessa de gémir. A travers les giclées de sang qui m'aveuglaient partiellement, je vis alors sa boite crânienne défoncée et son cerveau qui en sortait. Il fallut un certain temps pour que le piège de ses mâchoires infernales se desserre et qu'il tombe au sol, sans vie. Je fermai les yeux l'espace d'un court instant, reprenant mon souffle et mon épée bien en main. Le pommeau en était sanguinolent et gluant. Je l'essuyai sommairement sur mes pantes.

Au loin, ou du moins, il me semblait, parce que tout me parvenait étouffé, j'entendais les cris de mon oncle qui était lui aussi aux prises avec plusieurs canidés et le roulement de sabots de notre escorte qui nous avait rejoints. Je rouvris les yeux, chancelant sur ma selle. C'est alors que je vis cet immense loup noir comme les ténèbres de l'enfer, ses longues pattes plantées dans la neige qui paraissait soudain immaculée, l'échine dressée, ses muscles ramassés, prêt à bondir à la tête de Shine. Ses yeux injectés de sang paraissaient étinceler d'un éclat surnaturel et je voyais son regard aller de Bucéphale à mon cheval, de Yoren à moi. Il paraissait hésiter sur le choix de sa proie. Autour de lui, la meute s'était regroupée, l'écume aux lippes, bien plus imposante que je l'aurais pensé au début du combat. Ils n'avaient pas dévoilé leur nombre dès le début de l'engagement et peut-être y en avait-il encore en réserve, cachés dans les fourrés, prêts à déferler en vagues successives sur notre cohorte. Nous n'étions que de la nourriture pour eux. Nous étions sur leur territoire. Une terre dont ils connaissaient chaque arbre, buisson ou repli de terrain. Peut-être même nous avaient-ils observés de loin et évalué que notre petit nombre faisait une proie accessible. Nous étions assez loin de Pierremoutier pour que personne là- bas ne puisse voir l'attaque que nous subissions. Shine était parcouru de frissons de terreur et de douleur car lui aussi était touché. Je compris alors que la nature était en train de me donner une formidable leçon de stratégie. Un enseignement qui me paraissait bien plus évident à comprendre que les manœuvres de troupes que j'avais vues à Eysines. Était-ce l'ultime et la dernière leçon de vie avant la mort, ou un enseignement que voulait m'infliger le Dieu Noyé ?

Un grondement caverneux s'éleva des flancs de la bête et je me redressai et le fixai, résolu à vendre chèrement ma vie quelle que soit l'adversaire qu'il choisirait de mon Roi ou de moi.


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MessageSujet: Re: L'apprentissage est un exercice de chaque instant PV Beron    Dim 14 Oct - 21:23

La tension de mon destrier ne laissait planer aucun doute sur la menace gravissime planant au dessus de nos tètes. Bucéphale était l'une des perles des montures de guerre du royaume. Elevé par les palefreniers d'Harrenhall après avoir été acheté aux Bracken par le Noir, l'étalon avait subi le mème processus que moi pour un équidé. La charge coulait dans ses veines et pourtant ce formidable animal me transmettait sa crainte qu'il parvenait néanmoins à juguler sans mal. L'entrainement prenait le dessus sur la crainte. De plus, la présence de Shine à quelques pas lui imposait de tenir son rang. Cependant, le message déjà limpide se faisait un peu plus clair par l'attitude extrèmement nerveuse de l'élégant bien que massif cheval ébène. Nous n'étions pas sur son territoire mais sur celui de prédateurs face auxquels il était bien démuni en dépit de sa majesté naturelle et de la puissance dans ses pattes. La plaine voilà ou l'équidé dominait les lieux de sa splendeur. Les bois fournis et semés d'obstacles naturels n'étaient guère son domaine. Comprenant la nécessité d'autant plus primordiale vu mon état de convalescence de faire reprendre confiance à mon compagnon, je flattais son encolure avec affection avant de me pencher légèrement sur son encolure pour lui murmurer à l'oreille. Quelques mois plus tot, j'aurais trouvé cela un brin ridicule mais Helena en fière dresseuse de chevaux m'avait fait changé d'avis sur ce point. 

Aussi, j'assurais doucement à l'étalon que nous allions nous en sortir. Puis, dans la foulée je le faisais se rapprocher de Shine et Beron d'un pas tranquilisé. Ma lame jaillit du fourreau et une fois Renaissance dans la main, je me sentis tout de suite ragaillardi par ce poids réconfortant et coutumier. Comme si je retrouvais par la mème une vieille amie avec laquelle je m'étais sorti de situations bien pire. L'épée était nouvelle car forgée à Pierremoutiers mais parfaitement adaptée à ma morphologie car faite sur mesure par le maitre forgeron. Je ne pensais pas pouvoir la baptiser dans le sang avant la campagne du printemps mais visiblement le destin en avait décidé autrement. Et avec son sens de l'humour tordu ce serait dans l'écarlate de loups qu'elle prouverait sa valeur. La meute se dévoila lentement en émergeant des fougères et des frondes telle une unité parfaitement syncronisé. La plupart des bètes n'avaient que la peau sur les os n'indiquant que trop bien que la faim tenaillait aussi bien ètres sylvestres que les hommes mais certaines avaient encore de jolis restes de festins passés et leurs muscles impressionnants roulaient sous les pelages. 

Beuglant des appels à la garde teintées d'un brin d'humour que mon ton impérieux venait entacher sans mal, je faisais tourner le cheval de guerre en cercle à l'instar de Shine par Beron. Le mouvement était nécessaire car encerclés nous ne pourrions qu'ètre submergé par le nombre. Nos yeux ne pouvant ètre partout et certainement pas derrière nous, il fallait s'assurer que nous n'offrions pas trop de prises aux canidés affamés. Le premier assaut provint du flanc droit soit du coté de mon princier neveu et je ne pus qu'appercevoir un éclair fauve bondir à la gorge de Shine. Une main sur les rènes, l'autre sur mon épée je me contraignis à laisser Beron se débrouiller seul car quitter les loups des yeux leur aurait nécessairement donné le courage de s'en prendre au plus dangereux des deux chevaux. Le face à face ne dura qu'un instant et ne me laissa mème pas le temps d'achever ma prière au Noyé pour que mon écuyer s'en sorte de son coté que les plus hardis des maitres des bois se précipitèrent à trois vers Bucéphale. Sentant que l'un  d'entre eux tentait de le prendre à revers pour mordre aux jarrets, je le laissais se charger de le repousser d'une ruade des sabots antérieurs qui projeta l'animal contre un tronc dans un choc sourd aux élans brisés. Les deux autres tentèrent de se coordonner pour abattre le mastodonte. 

Une bète au pelage argent fonca vers le flanc offert son congénère brun dans le sillage. Seul un brusque écart de ma monture permit de mettre leur manoeuvre en échec et d'éviter un bond qui aurait à coup sur pu me désarconner ou impacter la position du destrier. Le loup n'ayant pas été entrainé par sa course folle dans les fourrées tenta de mordre les tendons de Bucéphale mais me penchant en avant j'enfoncais la lame dans sa nuque et ayant quelque peine à l'arracher à sa prise je dus m'acharner durant de longs instants alors que les hurlements de la meute se faisaient plus profonds et rageurs. Nul doute que la perte de quelques uns de leurs membres devaient les faire enrager. Ce qui me rassura implicitement sur la situation de Beron. L'inquiétude me saisit au moment ou je constatai que le male au pelage argent amorcait un bond dans mon dos d'un coup d'oeil expéditif pendant qu'un autre prédateur s'avancait en catimini prèt à me prendre à revers. Mais, bien vite le bruit caractéristique d'une chevauchée au triple galop s'imprima dans mes oreilles. La garde accourait à toute allure, terrifiée à l'idée qu'il soit arrivé malheur à leur roi et leur prince. Les fers nés n'étaient guère de brillants cavaliers et la garde royale était composée exclusivement de fantassins lourds cependant ils galopèrent comme ils purent sur un terrain aussi traitre et pénétrèrent dans la clairière dans un fracas assourdissant. 

Décidant de faire faire volte face à ma monture, je ceuillis l'argenté dans son bond et le tranchais en deux d'un mouvement ample de Renaissance. Mais ce fut un couinement dans mon dos qui me fit comprendre que les renforts étaient arrivés. Un couteau de lancer avait cloué la menace au sol et le loup gémissant hurlait son desespoir. Mon regard croisa celui du Noirmarées lieutenant de Victarion dans la garde et un sourire en coin étira mes lèvres. Un peu plus et je me demandais si vous étiez tombé de cheval. C'est bon de vous avoir là messieurs ! Harwyn esquissa un sourire amusé et d'un mouvement presque gracieux exécuta une passe d'armes qui fit sauter la tète d'un loup trop téméraire. Reportant mon attention sur la scène dans son ensemble, je vis Beron bien en selle et le visage aussi couvert de sang que sa lame. La fierté passa dans mon regard alors que je lui demandais pour la forme s'il allait bien. Neveu, comment t'en sors tu ? C'est une bien étrange embuscade que nous subissons là. N'essuie pas ta lame trop vite, j'ai bien peur qu'elle doive encore servir. Les gardes royaux étaient encore à cheval pour certains d'autres avaient glissés de leurs montures qui leur en étaient visiblement reconnaissantes.

Cependant, ce tableau salvateur n'était nullement satisfaisant car les chevaux se pressaient les uns contre les autres et représentaient une cible de choix pour les canidés. Les affamés se rassemblèrent et reculèrent tandis qu'un hurlement plus grave et puissant s'éleva jusqu'aux cimes. Puis, une bète tellement massive que l'on eut pu douter qu'il s'agissait d'un loup ordinaire se dévoila et rallia les survivants de l'attaque initiale alors que d'autres loups apparaissaient derrière lui. Le visage ruisselant de transpiration et les atours de mème, je pris le temps de reprendre mon souffle en évaluant nos chances. Gardes pied à terre ! Que deux d'entre vous veillent sur les chevaux. Formez le cercle protecteur ! Lieutenant à mon signal jet de couteaux de lancers. Me rapprochant de mon héritier présomptif, je posais une main sur son bras. Et lui offris un regard signifiant qu'il s'en était bien sorti. Un grondement rageur et caverneux indiqua que le leader des embusqués quadrupèdes s'aprétait à lancer la seconde vague. 

J'attendis que les loups bondissent en avant pour beugler l'ordre aux hommes. Maintenant ! Les couteaux ceuillirent les fauves sylvestres à bout portant et durant un instant de grace les loups hésitèrent à abandonner et refluer au loin. Cependant, le chef décida de montrer l'exemple et renversant l'un des fantassins lourds fonca sur Bucéphale et Shine. La voix du Noirmarées me parvint comme étouffée. Gardes abattez haches ! Abattez moi ces clébards ! Au chant, au chant ! Un hymne de guerre fer né flotta dans l'atmosphère glaciale alors qu'une lutte à mort s'engageait. Le meneur n'était plus qu'à quelques pas de mon neveu et moi. Le prince du sang fit faire un arc de cercle à sa monture. Je pris donc le parti d'acceuillir le terrifiant canidé à ma manière. Beron ferait du bon travail en usant de la mobilité de Shine pour harceler la bète. Quant à moi, j'éperonnais Bucéphale pour qu'il fasse un bond sur le coté suffisamment brusque pour nous oter de la trajectoire du loup tout en me permettant de tenter de l'atteindre au passage. Pari audacieux.



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MessageSujet: Re: L'apprentissage est un exercice de chaque instant PV Beron    Dim 21 Oct - 20:06

L'apprentissage est un exercice de chaque instantYoren & Beron
L'arrivée de notre Garde nous offrit un court répit durant lequel mon oncle continuait à donner ses ordres. Je fus soulagé en glissant un regard sur le duo majestueux qu'il formait avec Bucéphale de constater qu'ils étaient indemnes contrairement à nous. Le prix de la jeunesse et de l'inexpérience sans doute. Mais j'apprenais de mes échecs et semi réussites. Etre encore en selle et vivant en était une. On aurait pu penser que l'arrivée de notre suite allait inverser le rapport de force. C'eut été une grave erreur. Les loups aussi avaient des renforts et la magnifique bête qui se tenait à leur tête me parut le pendant de notre Souverain. Massif, musclé, grand, terriblement menaçant, il avait ce charisme  et ce pouvoir de fédérer sa meute autour de lui. A la hargne des loups, Yoren opposait son ton autoritaire sans se départir d'un humour grinçant. Le mélange eut pour effet de galvaniser les fantassins devenus pour notre promenade des cavaliers improbables. Une fois les pieds à terre, ils se déchaînèrent sur nos assaillants et firent plusieurs victimes dans les rangs poilus. Le tapis de neige virait à l'écarlate. Mon oncle m'apostropha pour me demander comment je m'en tirais. Je fis abstraction de ma manche imbibée de sang, de la douleur sourde qui pulsait jusqu'à ma main droite et lui souris bravement en criant :

- Bien mieux que ces chiens qui sont venus me caresser, mon oncle. Finissons en et nous aurons de beaux manteaux à offrir à votre Reine et à ma chère Mère !

Comme pour répondre à mon souhait un chant plein de ferveur s'éleva dans les airs entonné par tous nos braves Fer-nés à l'ouvrage. Tandis qu'une partie d'entre eux défendait les chevaux sans cavaliers, d'autres, sous l'ordre du Noirmarées, abattaient leurs haches et leurs couteaux sur la horde. Cependant, leur chef aussi noir que l'enfer montrait l'exemple en écartant de sa route un fantassin pour s'élancer à notre rencontre. Je devais bien reconnaître que la vaillance de cet assaillant me laissait admiratif. Je sentis mon cheval se mettre à trembler des membres et je craignais qu'une artère ne fut touchée par une blessure que je n'aurais pas décelée. Ses larges entailles à la croupe étaient-elles plus profondes qu'il n'y paraissait ? Je pris le parti de lui faire décrire un arc de cercle pour éviter un affrontement direct qu'il n'était pas en état de supporter. La bête se rua alors en direction de Bucéphale et par un écart habile, mon oncle sut éviter l'emprise de ses crocs à sa monture. Sa magnifique épée, Renaissance, trancha l'oreille droite du velu et lui rasa l'échine avant de finir sa course dans le panache de la queue de l'animal. Lequel, fou de rage et de douleur fit une volte-face pour s'en prendre au jarret postérieur de Bucéphale.

Ayant fait demi-tour, je revenais droit sur le loup qui avait quelque peu perdu de sa majesté, une oreille et queue en moins, mais restait une terrible menace pour mon oncle et sa monture. La difficulté résidait bel et bien pour moi dans le fait de tenter de l'atteindre sans blesser mon Roi et son binôme. J'eus moins d'une seconde pour réfléchir et trouver la parade. Lancé au triple galop, je me penchai sur le flanc gauche de ma monture le bras tendu, mon épée dans le prolongement. Douloureusement cramponné à la crinière de Shine, j'avais quitté ma selle pour atteindre le loup au plus bas sans risquer de blesser celui qui m'avait pris sous son aile. Ma lame entailla la patte avant gauche du canidé et le bas du ventre pour finir sa course dans sa cuisse. L'animal lâcha le jarret de Bucéphale et claqua des mâchoires dans ma direction. En le frôlant, je sentis l'odeur fauve de son haleine. Au même instant, Shine, affolé, fit un écart brutal et effectua une croupade. Nous finîmes notre course au fond de la clairière. Il chuta lourdement dans une gerbe de neige tandis que je volais dans un amas de branchages. Sonné, je me remis à genoux, mon épée toujours à la main et je vis mon oncle batailler avec son assaillant qui, clopinant, n'en démordait pas moins de son but et s'était accroché à sa jambe. Le loup sentait le vent tourner mais ne voulait pas périr sans emporter son ennemi avec lui. Le Noirmarées s'approchait avec ses hommes encore valides et tous portaient à deux mains leur terrifiante hache. J'étais fasciné par le spectacle de cet animal aux portes de l’hallali et qui pourtant tenait jusqu'au bout. Une fraction de secondes, l'image de mon grand père s'imposa à moi et je murmurai, sentant mon sang se glacer "le noir". Je fus tiré de mon hallucination par un hennissement plaintif et doux. Je tournai la tête... Shine ... Shine ne s'était pas relevé. Il restait assis sur ses postérieures, les deux antérieures tendues, son encolure arquée sous l'effort. De longs filets de sangs ruisselaient de sa croupe.

- Non, non ... Hurlai-je en me traînant à genoux jusqu'à lui.

Durant ma progression, je ressentis une gêne à respirer. Chaque inspiration était une souffrance. Je palpai mon flanc tout en avançant vers mon fidèle coursier. Une grimace se dessina sur mon visage. Je devais avoir quelques côtes cassées, mais je n'en avais cure. Pourquoi Shine n'arrivait-il pas à se relever ? Il roulait des yeux terrifiés et soufflait. Ses flancs se creusaient à chaque respiration et je compris qu'il souffrait beaucoup. Après l'avoir caressé sur le chanfrein et entre les oreilles, comme il l'aimait, je lui murmurai des mots rassurants.

- Ne bouge pas mon beau ! Là ça va aller. On va te tirer de là.

Je rampai jusqu'à son arrière train et je compris. Sa postérieure droite était prise entre deux mâchoires d'acier. J'essayai vainement de les écarter mais chaque effort faisait tressaillir Shine de douleur. J'inspectai alors son autre postérieure qui paraissait indemne. Dans sa grande sagesse, instinctivement, il n'avait pas tenté de se relever. Le piège lui aurait broyé les os car il n'était pas totalement refermé, coincé par une grosse racine. Déplacer Shine avec ce piège le tuerait et il le savait. Comment ce piège était-il arrivé là, posé par qui ? Sans doute des hommes qui espéraient capturer un loup ou un gros animal pour se nourrir. Les hommes de la garde étaient tous aux prises avec les survivants de la meute ou en train de prêter main forte à mon oncle. Je les entendais souffler, hurler. J'entendais le bruit de succion des tranchants dans les chairs animales, les glapissements mais aussi les cris de douleur des soldats en proie aux crocs des bêtes. Plus loin, je discernais le reste de la troupe aux aguets et près à défendre nos chevaux. La sagesse aurait voulu que je me rapproche des uns ou des autres pour me mettre sous leur protection. Je me savais vulnérable, fantassin avec un bras lacéré et les côtes brisées. Mais pour rien au monde je ne pourrais abandonner Shine et le laisser comme une proie livrée aux autres loups. Sauf si la vie de mon oncle était en péril. Je me relevai péniblement pour guetter tout éventuel assaillant convoitant ma monture. Mon regard allait de mon cheval à mon oncle qui était en train de batailler avec notre ennemi. Bucéphale portait aussi les stigmates de ce combat mais demeurait debout. Son cavalier avait su le préserver.

Alors que je contemplais ce champ de bataille surréaliste, un loup blanc sorti des fourrés me sauta sur le torse. Cette fois c'en était fini, si d'autres le suivaient venant des profondeurs des bois, ils déchiquetteraient mon fidèle Shine et nous dévoreraient tous les deux. Sous l'impact du loup qui me plaqua au sol, je perdis mon épée. Ses crocs se refermèrent sur ma gorge. Instinctivement, mes mains firent de même sur la sienne. Nous roulâmes, la bête et moi,dans la neige dans un combat au corps à corps sans merci. Mes mains exerçaient une pression terrible sur son cou et je la sentais faiblir et se débattre. Bientôt elle relâcha la l'emprise de ses mâchoires sans avoir réussi à m’asphyxier. La cote de maille l'avait préservé d'avoir la jugulaire tranchée. Elle cherchait à présent à me mordre au visage et ses griffes me labouraient le torse, réveillant la douleur de mes côtes. Mes poings se mirent à marteler son ventre et je sentis quelque chose d'humide couler. Je pensais que c'était du sang mais sous mes doigts de petites protubérances saillaient. C'était une louve et probablement avec des petits. Cela expliquait sa faiblesse tout autant que son courage. Largement plus petite que les autres, elle s'était pourtant lancée dans la bataille. Elle avait laissé ses petits. Pourquoi ?

D'un coup de poing dans sur le crane, je l'assommai. Elle roula sans connaissance contre un arbre. Je me relevai, retrouvai mon épée dans la neige et parcourus le champ de bataille du regard. Le combat semblait tourner en notre faveur, excepté pour Shine. Mon cœur se serra alors que je me rapprochais de lui. C'est alors que j'entendis des glapissements plaintifs et aigus dans les buissons juste derrière lui.

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MessageSujet: Re: L'apprentissage est un exercice de chaque instant PV Beron    Lun 22 Oct - 17:54

La réplique de Beron à ma question bienveillante m'arracha un rire rauque et guttural qui flotta comme un chant jusqu'aux frondes des sous bois dans lesquelles nous étions pour l'heure prisonniers de la menace prédatrice. Le prince héritier savait parler comme un véritable guerrier comme il me l'avait prouvé au cours de la retraite et cela expliquait aisément la fierté dans mes yeux alors que je faisais tourner Bucéphale sur lui mème afin de pouvoir contempler le théatre d'affrontement de manière circulaire. Le sang des Hoare coulait bien dans ces veines ci cela ne faisait aucun doute. Ainsi au milieu de cette situation incongrue mais non moins périlleuse, je me fis la réflexion que mon choix avait été le bon. Ils ont en effet une bien triste mine neveu ! Je gage qu'ils ont découvert ce qu'il en cuisait de s'en prendre à un Hoare. Tu as raison terminons la besogne macabre et rentrons boire un bon vin chaud autour du feu. N'oublie pas celui pour Heda elle t'en sera grée, les jours sont glacials. Après avoir achevé par cette taquinerie à l'encontre du prince du sang au sujet de son inclinaison pour la fer née, je savourais le son du chant guerrier typique de nos Iles qui s'élevait dans l'air au fur et à mesure que la garde royale ou du moins la fraction présente au milieu de ce bain de sang abattait sa tache de protectrice. La ferveur dans le timbre de ces tueurs implaccables maniant la grande hache comme une extension de leur propre corps me prit aux tripes et me ramena l'espace d'un instant sur d'autres champs de morts bien plus sanglants.


La mélodie se mariait naturellement avec les coups précis et puissants des hommes du Noirmarées. Prenant le temps de reprendre mon souffle suite à l'attaque initiale, je dardais un regard acéré sur les loups engagés dans une boucherie avec les gardes car j'étais encore loin d'ètre rétabli et ce combat contre la nature et ses affres puisait dans mes forces vives. Il ne fallut que quelques instants pour que mon regard croise celui ardent et courroucé du chef de meute aussi impressionnant que dangereux. La bète s'élanca dans ma direction en fauchant les jambes d'un guerrier au passage qui ne fut pas assez rapide pour enfoncer une dague dans l'animal. L'expérience m'aida à comprendre que je n'avais qu'une poignée de secondes avant de faire un choix. Face à une telle bète, la peur et l'adrénaline se mélèrent dans mes veines mais la tète froide je fis faire un écart à mon destrier tout en positionnant ma lame de sorte à l'atteindre au cours du mouvement. L'acier encore imbibé de sang chaud trancha dans la chair et en détacha l'oreille droite du loup qui poussa un geignement rageur qui se prolongea alors que Renaissance terminait sa course au niveau de son arrière train. Décu de ne pas avoir pu plongé celle-ci dans le crane du loup, je mesurais le danger en voyant le meneur de l'embuscade se jeter sur les jarrets postérieurs de mon compagnon. Les hennissements furieux et apeurés de l'étalon de jais n'indiquait que trop bien sa terreur.


Ce dernier ruait dangereusement tentant de libérer sa patte de la menace douloureuse. Les crocs du maitre des bois déchiraient la chair de mon cheval et nul doute que bientot le muscle serait atteint si je ne le sauvais pas rapidement du piège des machoires. Mais au moment ou je m'appretais à tenter d'enfoncer la lame dans l'échine dorsale de l'assaillant, la lame de Beron entailla à toute allure le flanc gauche du canidé de la patte au bas ventre. Le loup retira à contre coeur ses crocs de Bucéphale et poussa des grondements rageurs en direction de mon neveu. L'inquiétude passa sur mes traits alors que je vis Shine faire un écart et s'effondrer au sol. La pente entraina l'élégante monture et son cavalier au fond d'une ravine peu profonde. Cependant, je n'eus guère le temps de me préoccuper de mon neveu car le chef de meute n'en démordant pas se porta de nouveau à l'assaut en dépit de sa patte boiteuse et du sang dégueulant de ses plaies. Admirable, courageux, instinctif mais stupide car des gardes royaux blessés pour la plupart mais victorieux faisaient déjà volte face pour se précipiter dans ma direction. Abaissant ma lame pour frapper le loup à la face, ce dernier se laissa rouler sous mon allonge et bondit un instant à peine après s'être relevé.


Pensant qu'il comptait s'en prendre de nouveau à la patte sensible et blessée de Bucéphale je tentais de le faire se déplacer mais le survivant s'attaqua plutot à ma jambe. Secouant vigoureusement la jambe pour lui faire lacher prise, je laissais un cri rageur s'échapper de mes lèvres. La hache du lieutenant Noirmarées s'abattit sur le dos de mon adversaire et se fraya un chemin sanglant à travers os et chair tandis que deux autres frappaient la bète sur ses flancs. La prise sur ma jambe se libéra et je poussais un soupir de soulagement. Si, les machoires avaient eu le temps de faire leur oeuvre j'aurais pu perdre celle-ci ou en tout cas en voir une bonne part ètre arrachée. En dépit de cela, le loup vivait encore et continuait de claquer des machoires dans le vide animé d'une énergie rageuse. Le cercle des gardes royaux contemplant l'agonie de la bète était plongé dans le silence et alors que le lieutenant Harwyn allait abattre l'animal je le stoppais d'un geste. Allez preter main forte au reste des hommes encore aux prises avec le reste des loups !  Puis, m'abaissant sur l'encolure de Bucéphale je plongeais Renaissance dans la nuque du loup et observai la vie quitter ce mastodonte lupin. En relevant les yeux je croisais le regard du lieutenant entouré de deux gardes. Nous restons avec vous majesté. Les hommes s'en sortent bien. Et en effet, ils s'en sortaient bien les hurlements de douleur des loups emplissaient la clairière et je fus rassuré en constatant que tous étaient debout. Certains semblaient bien atteints par les assauts acharnés de la meute mais l'armement lourd couplé à la mentalité de ces bersekers faisaient que l'hallali se poursuivait implacablement.


Seuls deux chevaux paraissaient blessés sérieusement et tandis que le sang embaumait les lieux de son effluve acre et métallique je me mis à checher Beron des yeux. Prenant le temps de féliciter et d'apaiser ma monture en lui caressant l'encolure avec affection je cherchais mon neveu du regard. Ce furent les hennissements de douleur pure et de terreur d'un cheval qui m'orientèrent vers la bonne direction. Talonnant délicatement les flancs de Bucéphale je le fis passer au pas tout en m'inquiétant tant pour sa patte touchée que pour la situation du prince. Gardes redoublez d'efforts ! Ce soir nous mangerons du loup. Et la reine souhaitait une nouvelle pelisse. Abattez mes braves ! Quelques rires franchirent les casques avant que le chant ne s'élève de nouveau. La tension descendait au fur et à mesure que les hommes se rendaient compte que le rapport de force s'était inversé. Certains loups commencaient d'ailleurs à quitter les lieux sans demander leur reste laissant du sang dans leur sillage. Reprenant ma route, je m'approchais de la ravine dans laquelle avaient glissés Beron et Shine et appercus à mi chemin mon neveu près d'un loup blanc assomé tandis que Shine s'agitait douloureusement plus bas visiblement incapable de se relever. Un bruit sembla attirer l'attention de mon neveu près de Shine et tout en descendant prudemment la modeste pente plaqué contre l'encolure de Bucéphale j'interrogeais Beron. Que se passe t'il Beron ? Pourquoi Shine est-il coincé ?



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MessageSujet: Re: L'apprentissage est un exercice de chaque instant PV Beron    Lun 29 Oct - 15:17

L'apprentissage est un exercice de chaque instantYoren & Beron
En haut de la ravine où nous avions glissé, le chant des Fer-nés s'éleva à nouveau, martial et rassurant. Le combat était en train de tourner en notre faveur et les glapissements des loups se faisaient à présent plus rares. J'entendais la voix de mon oncle donner ses ordres, toujours avec maîtrise. Il avait réussi, d'une manière ou d'une autre à défaire son adversaire. Contournant Shine qui, lui aussi, semblait plus calme, je me laissai glisser sur les fesses dans le fond de ce grand fossé étroit. Les glapissements semblaient sortir d'un enchevêtrement de buissons épineux. De la pointe de mon épée, j'écartai les branchages et découvris un trou entre deux rochers. L'épée toujours en avant, ahanant de douleur tant à cause de mon bras blessé que de mes côtes mises à mal par ma chute, je m'y glissai à quatre pattes su quelques mètres. Plus avant, le boyau s'élargissait et je débouchai sur une cavité bien plus grande dans laquelle je pus me remettre debout. Une étroite cheminée naturelle en éclairait le centre et je pus distinguer les parois de roc tout autant que les ossements qui jonchaient le sol. Je compris que j'étais dans l'antre des loups.

Guidé par les gémissements plaintifs, je m’avançai jusqu'à un amas de branchages et de paille et, à ma grande surprise, découvris une portée de cinq louveteaux aux yeux encore clos. Ceci attestait qu'ils n'étaient guère âgés et pourtant ils avaient déjà une bonne taille. Unis dans un même berceau, ils étaient pourtant tous différents. Sous une raie de lumière diffuse, ils m'apparurent, l'un blanc comme leur mère, l'autre noir, un troisième brun et le quatrième fauve. Mais j'avais du mal à trouver le mot juste pour le dernier. Gris ? Cela ne convenait pas vraiment, car sous la caresse du pâle rayon de lumière, des reflets d'acier et de bleu chatoyaient dans son pelage. J'étais fasciné par la vision de cette fratrie mais plus encore de ce dernier. Un mélange de sentiments contradictoires se bousculait dans mon cœur. Nous aurions pu perdre la vie dans cet affrontement. Beaucoup de nos hommes étaient blessés, certains peut-être gravement. Nos montures avaient aussi souffert de cette attaque et la survie de Shine était incertaine. Je haïssais les loups comme ennemis mais pourtant, cette vision me fit voir les choses sous un autre angle. ILS DÉFENDAIENT LEUR TERRE, LEUR FOYER, LEUR FAMILLE ET LEURS ENFANTS.

La similitude de notre situation s'imposa à mon esprit. Devant mes yeux repassaient les images de ces loups faméliques se battant pourtant férocement. Ils étaient affamés, et ils s'étaient sentis menacés, assaillis par nous. A l'image du Crépuscule et des Fleuves, retranchés dans leur bois, défendant leur tanière. Le loup était l'oriflamme du Nord, le Nord était notre ennemi. Le loup était notre concurrent à la chasse, alors que nous manquions cruellement de gibier. Je ne doutais pas du sort que mes frères d'armes réserveraient aux loupiots sitôt découverts. Un bon loup est un loup mort. Dans mon âme j'étais pourtant déjà résolu à les en empêcher. Je repensai subitement à la petite louve blanche mais féroce qui m'avait assailli. Leur mère. Tellement plus petite que cet immense fauve noir qui dirigeait la meute. Il était difficile de croire qu'ils provenaient de la même race. L'avais-je tuée ? Elle était restée inerte depuis que je l'avais assommée.

Rengainant mon épée, j’ôtai ma longue cape et l'étalai sur le sol, puis un par un j'y déposai les frères et sœurs avant d'en nouer les coins. Seuls, ils ne survivraient pas. La meute était décimée. Je ne savais que trop bien ce qu'il advient dans ce genre de situation. Le reste de celle-ci se disperserait pour tenter d'en intégrer une autre à moins qu'un autre chef n'en prenne la tête. Si, comme je le pensais, les petits étaient issus de la louve blanche et du grand fauve noir, ils seraient condamnés à mourir de faim. Une meute avec un nouveau leader ne s'encombrerait pas de bébés qui la ralentirait. Même la mère était condamnée. Les loups étaient fidèles à leur conjoint. Toute une vie. Elle ne quitterait jamais ses petits et sans la meute pour chasser, elle mourrait de faim, elle aussi. Ainsi était la loi cruelle de la meute.

C'était une folie, j'en étais bien conscient et pourtant, je pris le sac de fortune dans mes bras et me glissai à nouveau dans la galerie, le poussant devant moi. Une fois à l'air libre, je glissai le sac improvisé sous un buisson et me dirigeai vers la louve. Son flanc se soulevait légèrement. Elle respirait. Mais je compris que ce qui l'avait sonnée n'était pas mon coup de poing. Sa tête avait heurté une pierre quand je l'avais projetée. Sous les buissons, les glapissements des petits, qui devaient sentir leur mère toute proche, reprirent de plus belle et me firent tourner la tête dans leur direction. Je sursautai en entendant la voix de Yoren surgi à mes côtés. Je refusais que sa lame entache le pelage immaculé de la mère. Les mots de mon oncle me ramenèrent au sort peu enviable de mon fidèle Shine.

- Mon Roi ! Loué soit le Noyé ! Vous êtes sauf et Bucéphale se tient toujours aussi fier sur ses quatre jambes.


Je baissai la tête un peu honteux, avant d'ajouter:

- Las, je n'ai pas su préserver aussi bien mon cher coursier. C'est la prudence qui le tient assis, car il a le jarret arrière droit pris dans un piège. S'il n'est encore mort, c'est que dans sa chute il a entraîné le piège sur des cailloux. L'un d'eux a empêché les mâchoires de se refermer totalement. J'ai essayé de l'ouvrir mais ni mon bras ni ma lame n'en sont venus à bout. Pensez-vous que la hache d'un de nos fidèles gardes puissent libérer Shine ?


Insensiblement, tout en questionnant mon oncle sur le sort préoccupant de mon cheval, je m'étais placé entre lui et la louve inerte, entre lui et les petits, plus loin, blottis dans ma cape de laine. Sur la crête de la ravine, se profilaient à présent les silhouettes de quelques gardes et certains commençaient déjà à descendre la pente. Conscient et honteux d'avoir été hors jeu durant les dernières minutes de bataille, je demandai avec angoisse :

- Est-ce fini ? Sommes-nous venus à bout de nos ennemis ?



Au même instant, une nouvelle agitation se fit entendre dans le buisson où j'avais dissimulé la portée. Yoren ne pouvait manquer d'entendre les gémissements plaintifs. Je déglutis péniblement, préparant dans ma tête les arguments dont je devrai user pour convaincre mon oncle d'accéder à ma folle requête.

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MessageSujet: Re: L'apprentissage est un exercice de chaque instant PV Beron    Sam 10 Nov - 17:38

L'apprentissage est un exercice de chaque instantYoren & Beron
Dressé sur mon destrier d'ébène la lame encore maculée du sang animal je contemplais les alentours d'un air appréciateur du moins le ferais je s'il ne s'agissait pas d'un habile embelissement de la réalité. Car, si je me trouvais bien sur le dos de mon cher et fidèle compagnon de batailles je n'étais en rien fièrement droit et aussi admirable que le cavalier ne faisant qu'un avec sa monture au point de passer pour un centaure. Non, penché en avant sur l'encolure de Bucéphale je reprenais des forces en laissant mon corps se remettre de la lutte acharnée face à la horde prédatrice de ces espaces sylvestres. Quant à Renaissance mon épée royale baptisée dans l'écarlate symbolique de l'emblème honni et craint de l'ennemi celle-ci pendait dans le vide serrée dans ma main droite. Mes doigts étaient agrippés autour de l'arme comme un amant s'accroche aux formes voluptueuses de l'ètre aimée comme le marin naufragé le fait à une planche balloté par les flots capricieux. Aspirant une grande goulée d'air glacial, je faisais avancer l'étalon moreau de manière prudente sur la neige encore fraiche de la ravine. Dans mon dos, les membres de la Garde abattaient les derniers loups survivants tout en continuant de scander les hymnes glorieux de nos iles.


Le chant de la hache et l'odeur de la mort. Les carcasses des assaillants se convulant une dernière fois avant que la vengeance ne s'abatte mécanique sur les anciens maitres des lieux. Les fers nés étant ce qu'ils étaient des rires et des taquineries entrecoupaient désormais les paroles gutturales des mélopées guerrières. Un sourire en coin ne tarda pas à étirer mes lèvres engourdies par le froid. Des bruits de courses précipitées n'indiquaient que trop bien que les plus chanceux des cannidés prenaient leurs pattes à leur cou et déguerpissaient sans demander leur reste. La lecon avait été cruelle pour les deux camps. Les loups avaient découverts qu'attaquer des hommes équipés d'armures lourdes étaient une idée aussi stupide que celle de tenter de traverser une vague à la nage et que des proies à priori alléchantes et aisées à manoeuvrer pouvaient cacher des pièges aussi mortels que celui représenté par leur meute. De notre coté, nous avions compris que rester sur ses gardes en toutes circonstances était une furieuse obligation lorsque l'hiver transformait chacun en affamé. Que trop de confiance était le meilleur moyen pour rejoindre prématurement la tombe.


Et que la surprise appartenait souvent à l'occupant d'un territoire. Quelque part, je respectais ces bètes sauvages bien malgré moi. L'hiver et ses affres les avaient dressés contre un adversaire qu'elles n'attaquaient en général jamais bien conscientes de leurs limites face aux hommes et pourtant la meute avait fait ce qu'elle avait à faire pour les siens. Entouré de ma modeste escorte composée du lieutenant Noirmarées aussi frais qu'un gardon et de deux membres de la garde aux armures couvertes d'hémoglobine je descendais la ravine au pas tout en tentant de calmer l'étalon nerveux dont je sentais l'excitation et l'énervement comme si je le ressentais moi aussi. Bucéphale roulait des yeux fous et semblait vouloir briser quelque chose sous ses sabots. Explorant les lieux du regard, je cherchais mon neveu soudain saisi d'une sourde inquiétude. Myria ne me le pardonnerait pas si Beron avait été grièvement blessé ou pire et je ne le ferais pas non plus. Me redressant petit à petit, mon regard finit par se teinter de soulagement lorsque je reconnus le prince de sang un peu plus loin devant des buissons et une membre de la meute étendue sur la neige et se confondant presque avec elle tant son pelage semblait immaculé.


M'exclamant bruyamment j'intérrogeais Beron sur sa situation tout en cherchant la monture de ce dernier du regard. Un large sourire s'imprima sur mes traits devant l'exclamation de mon neveu et un bref rire traversa mes lippes. Loué soit il en effet mon neveu ! Loué soit-il ! Bucéphale est légèrement blessé mais il s'en sortira. Quant à moi je dois reconnaitre que sans le concours de nos braves il aurait pu en ètre autrement. Loué soit le Noyé que tu sois sain et sauf ! Je me suis inquiété. Beron baissa les yeux vers le sol dans la foulée visiblement honteux. J'écoutai celui-ci avec attention tandis qu'il m'expliquait pourquoi son compagnon ne se trouvait pas dans les parages. Relève la tète Beron. Tu l'as dit toi mème notre cher Shine est un coursier non un destrier. Ce sont des choses qui peuvent arriver en pareilles situations périlleuses. Tu n'as rien à te repprocher. A dire vrai, je ne sais pas mais nous allons tout faire pour tenter de le sortir de là. Nous allons nous en occuper rapidement. Remarquant le manège de mon écuyer qui se déplacait en mème temps que la conversation pour aller se placer entre ma personne et la louve inanimée, je passai la main gauche sur la cicatrice de mon visage.


Le froid mordait dans les chairs suturés et le feu brulait à cet endroit sous la peau. M'interrogeant sur les raisons de la manoeuvre princière, je n'eus pas le temps de dem ander à Beron pourquoi il s'était déplacé ainsi car le jeune homme me devanca alors que le reste de la garde qui en avait visiblement fini avec sa macabre besogne se profilait au niveau de la crète. Oui, neveu la meute a été vaincue. L'escarmouche sylvestre est terminée. Ce soir bien peu de loups hurleront pour la faim mais bien plus pour leurs pertes. Délaissant un instant le Hoare du regard, je tendis l'oreille et plantais mon regard vers la direction d'ou provenait des cris plaintifs reconnaissables entre tous. Les gémissements ressemblaient à ceux de chiots mais je me doutais bien de quoi il s'agissait. Descendant de mon cheval en me laissant glisser de la selle, je pris un instant pour palper mes bandages par dessus mes atours avant de confier mon épée à Harwyn. L'un des gardes récupéra les rènes de Bucéphale tandis que je m'approchais de Beron d'un pas tranquille. Que me caches tu Beron ? Ne t'inquiètes pas je suis désarmé. Dépassant mon neveu sans m'arreter je me baissais au niveau des buissons après avoir contemplé la louve quelques instants. Fouillant dans les feuillages, je tirais le sac caché là par Beron. Ouvrant la toile, je tirais une petite créature de ses entrailles.


Un loupiot pelage fauve pendait devant mes yeux alors que je le tenais par la peau du cou. Le petit animal me fixait d'un air terrifié mais néanmoins curieux en agitant ses petites pattes dans le vide. Approchant mon autre main de sa minuscule tète, j'éclatais de rire lorsque des petits crocs entaillèrent l'un de mes doigts. Me retournant je croisais le regard de Beron qui me fixait inquiet en silence. Près de lui, l'un des gardes clama qu'il fallait abattre ces saloperies rapidement afin qu'elles ne deviennent pas suffisamment dangereuses pour menacer de nouveau l'homme. Mais, d'un geste de la main je lui intimais le silence. Que quelques gardes aillent libérer le cheval de mon neveu du piège dans lequel il se trouve. Reportant mon attention sur le sac je reposais le louveteau au sol et libérais les autres. La portée fila se blottir contre sa mère. Me relevant prestement, je me tournais vers Beron et éclatais de rire. Que t'imaginais tu neveu ? Que j'allais étouffer ces louveteaux de mes mains ? Que veux tu faire avec eux ? Tu devrais les laisser partir. Ce sont des créatures sauvages. Les aider ne leur rendraient pas service. Ils vivront s'ils survivent à l'hiver. Mon regard se voila un instant alors que je contemplais les petites choses lapant le visage de la louve cherchant visiblement à la réveiller. Nous vivrons si nous survivons à l'hiver. Soufflais-je dans un murmure.
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MessageSujet: Re: L'apprentissage est un exercice de chaque instant PV Beron    Sam 10 Nov - 23:25

L'apprentissage est un exercice de chaque instantYoren & Beron
Mon Roi, mon oncle, l'homme qui incarnait désormais pour moi une figure paternelle contrastée et ambivalente dans mon cœur, se tenait devant moi. Il était descendu de son fier destrier, bien plus aguerri aux batailles que ne l'était Shine, en se palpant les flancs et je devinais sans peine qu'il devait ressentir les anciennes blessures reçues à Eysines. Eysines où je n'avais guère brillé que par l'extraction dont j'avais été l'objet par quelques fidèles chevaliers de la Maison Hoare. C'est ce que retenaient de moi les guerriers qui avaient combattu et pris des coups, donné la mort à l'ennemi, c'est que que retenaient aussi probablement mes proches, Mère, Yoren lui-même et tout le Conseil. C'est ainsi que j'étais perçu par nos ennemis et, bien pire à mes yeux, par le peuple également. Un Hoare sans importance et ne représentant rien, ni danger, ni respect. Qui plus est, le fils d'un traître aux yeux de tous. J'étais ce fardeau pesant et inutile qu'il avait fallu néanmoins sauver d'une mort inutile par loyauté à une bannière. Un funeste acte manqué où je n'avais pas su m'illustrer pour donner espoir à notre maison, à notre peuple. Une bataille qui m'avait aussi privé de ma vengeance en ôtant la vie à mon grand-père, Harren le Noir.

Je devais effacer cette image d'un gamin inutile et héritier d'un traître désavoué par tous mais aussi d'un d'un tyran qui m'avait renié au profit d'un fils qu'il n'avait légitimé que tardivement pour le mettre au service de sa soif de pouvoir. Je devais trouver ma propre voie, dans un destin qui m'avait oublié, nié. Mon cœur et mon âme ne tendaient que vers une aspiration et c'était peut-être dans cette voie que je trouverai le salut. Défendre ce qui est faible face à la haine, la férocité, la soif de mort qui portait bien des hommes au paroxysme sur cette terre abreuvée de souffrance et de sang depuis trop longtemps.

Mon comportement présent, mes choix décontenanceraient sans doute mon Roi et bien d'autres mais ne résultaient pourtant que d'une même rage de dire non à la barbarie et d'ouvrir la voie à la compassion, à la vraie noblesse selon mon cœur. Celle qui consistait à épargner, à défendre le plus démuni face à la force brute. Les guerres avaient broyé des vies, des personnes, issues de la noblesse et des peuples. Des nations entières avaient payé de leur sang, dégorgeant des champs de bataille et des décisions dictées par les régnants le plus souvent imposées par une soif de pouvoir et de gloire.

Hier, aujourd'hui encore, une majorité silencieuse payait le lourd tribu pour le seul fait d'être dirigée par une poignée d'hommes assoiffés de pouvoir. Je considérais sans distinction dans ma conviction profonde, tous les peuples de Westeros et même au delà. Tous les peuples étaient liés par ce même pacte de souffrance, sacrifiés pour la gloire de leurs souverains, pour un pouvoir illusoire puisque fondé sur la domination et voué à être éphémère car s'inscrivant dans l'espace d'une seule vie prolongée par ses héritiers. Et encore, quand ceux-là même ne se déchiraient pas entre eux pour se disputer cet héritage.

Oui, j'avais grandi, fruit de l'amour d'un Fer-né et d'une Riveraine, dans ce culte du pouvoir. J'avais été forgé, modelé pour en devenir le digne héritier, incontestable, incontesté. J'avais été conçu et élevé pour cela. Accéder au pouvoir et me battre pour le garder. Cette soif qui avait brûlé mes deux parents et bien de leurs proches aurait dû me consumer aussi. J'aurais dû aspirer à ce légitime héritage et être prêt à mourir et à massacrer pour le conserver. Comment, alors, était-il possible que je me sente aussi loyal à la Maison Hoare, à mon sang et en même temps aussi dégoûté par cette soif de domination et de pouvoir ?

Dans le journal secret que je tenais à chaque rare moment de liberté, je m'étais ouvert à ce questionnement dérangeant. Je pensais tout d'abord à ce que ce pouvoir m'avait pris et coûté alors même que je ne le convoitais pas. Ma famille avait été détruite, dispersée, mes parents devenus des étrangers, des ennemis, les uns condamnant à mort les autres. L'exécution, le lynchage de mon père n'étaient finalement que la parabole à la lente agonie du Conflans et des Îles de Fer tels qu'il les avait rêvés. Tout comme ces loupiots n'étaient à présent que la parabole d'un peuple désarmé qui allait périr sous les coups des plus forts.

Extraits du journal de Beron:
 

Le symbole me paraissait trop fort pour n'y voir qu'un hasard. Était-ce un message du Dieu Noyé ?

Cependant, j'écoutais attentivement mon oncle et Roi. Ecouter ses aînés n'était pas une faiblesse mais une force, sauf quand ils s'étaient rendus coupable de quelque chose de disqualifiant pour donner des conseils. C'est pourquoi, déjà bien avant sa mort, je n'écoutais plus guère les propos de Harren comme des conseils, et aussi pourquoi, les conseils de Mère ne m'atteignaient plus que partiellement. Tous deux s'étaient disqualifies à mes yeux, bien que leurs raisons fussent très différentes. Les deux avaient pris la vie d'un être qui m'était cher, les deux étaient assoiffés de pouvoir, les deux avaient trahi leurs proches . Mais leurs desseins n'étaient peut-être pas les mêmes. Aussi avais-je pardonné Mère alors que je honnirai mon grand père pour l'éternité.

Mais mon oncle, mon Roi, je devais l'écouter, car il incarnait à ce jour l'espoir. Sa réaction me soulagea et me laissa à penser que j'avais raison de mettre ma confiance dans cet homme. Pourtant, je savais qu'il devait lutter contre son instinct basique de défiance.

- Et s'ils ne survivent pas ? Croyez-vous que nous rendons service aux prisonniers que nous faisons lors des batailles ? Moi, je ne veux pas en faire des esclaves, mais des alliés. Si nous faisons des prises lors de nos victoires, des prises humaines, des femmes et des enfants souvent, pourquoi ne pas faire de même avec les loups ? Oui, ils sont sauvages. Croyez-vous que nous ne le soyons pas ? Considérez notre propre famille et ce qu'elle s'est infligée à elle-même ... Les loups se feraient-ils cela entre membres d'une même famille ?

Banot disait souvent que les animaux étaient plus loyaux que les humains et que les humains loyaux devaient avoir quelque chose d'animal pour l'être. Il m'avait aussi parlé d'une légende d'Essos qui racontait qu'un enfant avait été élevé par une louve. Avec les événements récents, cette conversation me revint en mémoire. Je fus soulagé de voir une partie des gardes se diriger vers mon fidèle coursier pour tenter de le libérer. Banot aurait aimé Yoren pour cela. Nombre de chevaux blessés étaient achevés pour ne pas perdre de temps et leur viande débitée. Mon oncle respectait ce noble animal qui servait l'homme depuis des générations. Sa promise n'était sans doute pas étrangère à cette attention.

- Je ne savais pas quelle pourrait être votre réaction mon oncle. Ne vous formalisez pas, mais depuis quelques mois, je ne comprends pas toujours les réactions des êtres les plus chers et les plus proches à mon cœur, donc actuellement, je préfère tout envisager. Merci mon oncle d'aider Shine à se défaire de ce piège infernal. Un piège posé par un homme pour tuer des loups ...

Mon regard se tourna vers la louve inerte et ses petits qui lui léchaient le museau.

- Sa tête a heurté un rocher. C'est moi qui ai fait cela. Je suis responsable de ses petits et aussi de sa mort ou de sa survie. Est-ce que tu veux... est-ce que vous voulez bien me laisser m’acquitter de ma dette envers la vie ? C'est une bonne mère. Elle n'avait aucune chance contre moi, elle est jeune. Elle est sortie pour défendre ses petits. Qui peut dire le contraire ? Je sais que nous achevons souvent nos ennemis sur les champs de bataille, je sais que nous pillons, nous violons, nous incendions tout sur notre passage. Même des villages qui ne nous ont fait aucun tort, sauf celui de donner parfois refuge et vivres à nos ennemis et souvent sous la contrainte. Ces loups ne sont même pas coupables de ça. Nous nous sommes aventurés près de leur tanière sans le savoir, et ils l'ont défendue. Bon, ils ont peut-être,...  oui surement voulu nous manger aussi ... mais nous allons bien manger ceux que nous avons abattus en combattant, non ?

En regardant ces petits êtres sans défense qui deviendraient de féroces prédateurs, je ne pouvais m'empêcher de songer à ma propre fratrie et en particulier à Victoire et Victarion, tout bébés eux aussi et déjà exposés par leur seule nature d'Hoare.

- Personne n'est vraiment responsable que moi qui ai rêvé de cette promenade à vos côtés. Laissez-moi réparer mes torts. Je ferai aussi des corvées pour dédommager les braves qui nous ont sauvé la vie et je donnerai ma ration pour leurs enfants. Laissez-moi emmener la mère et ses petits tant qu'elle est inconsciente. Je connais une grotte derrière les fortifications. Il suffira d'en grillager l'entrée avec un vieux portail des geôles. Elle pourra y reprendre des forces et les petits pourront passer l'hiver. Ensuite je les libérerai. Je chasserai moi-même pour la nourrir, je pourrais lui apprendre à connaître l'homme et à ne plus être notre ennemie.


Tout en exposant mon point de vue, j'avais conscience de la faiblesse de certains de mes arguments. Il était hasardeux d'espérer apprivoiser un loup, tout comme chaque gibier que je prendrais, serait apprécié de notre garnison au lieu d'aller à la louve. Avoir des prisonniers avait un coût en nourriture à moins de les affamer, et nous manquions déjà de ressources en vivres, j'en avais bien conscience. Mais j'avais provoqué cette situation. A mes yeux, il était honorable d'en assumer les conséquences. Si mon oncle refusait d'accéder à ma requête, j'achèverais moi-même la mère et tuerais ses petits. Ou pas.



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L'apprentissage est un exercice de chaque instant PV Beron
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