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Une alliance de circonstance [Tour IV - Terminé]
MessageSujet: Une alliance de circonstance [Tour IV - Terminé]   Une alliance de circonstance [Tour IV - Terminé] EmptyMar 24 Juil - 17:49

Une alliance de circonstanceMyria & Yoren
Installé dans ma tente princière, j'abuse et fais excès de ce nouveau confort auquel je n'aurais jamais cru pouvoir rêvé encore quelques mois plus tôt alors que simple capitaine de mon escadrille dans la flotte de Fer je ravageais les cotes Dorniennes sous la direction d'Eren dans des raids expéditifs et audacieux ayant contribué de tout temps à renforcer la réputation invincible de la dite flotte. Penser à ma sœur ainée m'amène à me remémorer son expression presque choquée lors de ses épousailles avec le Hightower ainsi que l'avancement de sa grossesse. Qui aurait pu imaginer que la sombre capitaine de la flotte de fer se laisserait engrosser par un Bieffois ? Mais Eren a t'elle eu le choix. Bien sur que non car les desseins de père ne sauraient être contredits par ses héritiers. Fusse t'elle sa préférée depuis toujours. Le sourire amusé qui fend mon visage hirsute ne s'éternise point et disparait aussi vite qu'il est arrivé. Le luxe princier qu'est devenu le mien ne saurait absolument pas me faire oublier que malgré la victoire décisive de Buron et la capture éphémère de deux des tètes de l'empire ennemi notre situation restait toujours précaire. Car j'étais un batard avant de devenir un guerrier. Un guerrier avant de devenir capitaine. Un capitaine avant de devenir prince. Les priorités induites par l'éducation implacable que j'avais reçu me pousserait toujours à me montrer lucide dans de telles circonstances. Si nous avions décapité l'empire suite à Buron le cours de la guerre aurait été durablement chamboulé en notre faveur car le loup affamé était un adversaire de renom du calibre d'Harren et le Peyredragonien n'était pas non plus dénué de qualités tactiques.

Or, ces deux prises inestimables s'étaient échappées sous notre nez et désormais nous attendions. Le roi du Sel et du Roc préférant temporiser pour continuer d'accumuler des quantités énormes de ressources. Certes, l'armée se devait d'être nourrie et bien approvisionné mais chaque jour qui passait voyait l'empire se remettre de la claque infligée il y a plus d'un mois de cela. Chaque jour qui défilait voyait l'hybride chimérique se renforcer tandis que nous stagnions dans les collines du centre sud du royaume. Nous ne devrions pas nous morfondre dans une attente qui ne pouvait que s'avérer mortifère. L'attaque et la prise d'initiative devraient être les maitres mots de la stratégie du Sel et du Roc. Après tout, ce royaume est à nous et l'empire est un envahisseur. Le laisser prendre racine c'était prendre le risque que ces chiens de Tully ne retournent d'autres bannerets du Trident à sa cause. Il fallait frapper vite et fort et profiter de la dynamique engrangée pour prouver à Westeros que le Sel et le Roc ne devait pas sa réputation au hasard. Hélas, mon père ne souhaitait guère entendre un avis divergent du sien et ni moi ni sa vipère de bru ne parvenions à le faire changer de point de vue. Alors ses généraux ne s'y risquaient même pas. L'humeur du Noir était ombrageuse comme si l'ombre de l'Empire le poussait à ressasser des idées fixes.

A dire vrai, nous étions tous conscient que la prochaine bataille marquerait certainement le tournant de cette lutte qui durait depuis plus d'une année désormais. D'où la tension latente inhérente à chaque conseil de guerre. Terminant d'une traite la coupe de vin dans ma main, je saisis une pomme que je découpe au couteau pour en savourer l'acidité morceau par morceau jusqu'à ce qu'un messager ne rentre dans ma tente pour m'annoncer la convocation du roi. L'homme détourne le regard devant la nudité des deux catins dans mon lit et je congédie le riverain d'un geste de la main. Sifflant pour faire venir mon aide de camp ou écuyer selon la conception locale de la tache, je le laisse m'équiper comme le veut la tradition guerrière avant de le repousser sans ménagement lassé par son inexpérience et sa lenteur. Je me suis équipé seul des centaines de fois et ce gamin m'exaspère plus qu'autre chose.

Une fois revêtu d'une armure noire semblable à celle de Joren en son temps mais bien plus légère à ma demande. Je passe une cape violette sur mes épaules puis une fourrure idéale pour un pareil hiver avant de ressortir mes armes aux cotés. M'engageant sur le chemin menant à la tente royale j'ai la désagréable surprise de constater que ma belle sœur est elle aussi en route pour le saint des saints. L'épouse d'un félon à un conseil de guerre capital. Harren m'étonnait parfois. Rattrapant aisément la princesse, je me permets une entrée en matière cavalière. C'est une fort belle toilette princesse. Mais, par pareil hiver vous devez avoir bien froid dans votre couche et vous sentir bien seule. Vous connaissez le chemin de ma tente. Sourire canaille et regard moqueur. Sa réaction devrait valoir le détour et ma joue pourrait bien rougir d'autre chose que du blizzard.
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Dernière édition par Yoren Hoare le Jeu 9 Aoû - 20:03, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Une alliance de circonstance [Tour IV - Terminé]   Une alliance de circonstance [Tour IV - Terminé] EmptyDim 29 Juil - 2:33

La veuve aux lèvres vermillon et aux yeux de glace et de feu mêlés marchait d’un pas lest dans la boue givrée du campement. La bouche et les joues rougies par le froid qui l’assaillait tout le jour et toutes les nuits dans ce camp fortifié et ne cessait de lui faire regretter d’avoir un jour, il y a une éternité, quitté le confort grandiose d’Harrenhall. Elle trouvait souvent la forteresse glaciale, mais c’était avant de connaître le véritable froid, l’hiver d’une guerre sans fin. Elle portait une robe de velours rouge au corsage ajusté sur sa taille et sa poitrine, au col remontant sur sa gorge et aux manches serrées. Ainsi qu’une cape de brocard bordeau dotée d’un ample capuchon de fourrure brune qui dissimulait son chignon tressé d’où s'échappaient quelques mèches ondulées.

Étonnée par la convocation du grand roi à un conseil de guerre après les derniers mots qu’ils avaient échangés et malgré la nuit torride qui avait suivi, elle s’était préparée avec soin pour revoir son Roi et tous les généraux de l’armée du Sel et du Roc réunis. Elle laissa de côté la cotte de mailles qu’elle portait à Buron pour reprendre sa place, bien consciente qu’elle n’y était point sur le champ de bataille, mais aussi qu’elle aurait pu mieux faire. Elle pleurait encore la perte de Lord Bracken et de ses milliers d’hommes morts à cause de son erreur stratégique indigne d’une princesse. Une erreur de débutante qu’elle assumait pleinement, mais qui allait lui rendre difficile la tâche de soutenir le regard de ses officiers aguerris lorsqu'il faudrait à nouveau discuter stratégie. Cependant, si Harren la voulait ici, il l’aurait, en pleine possession de ses moyens Elle ferait et dirait, ce qui devait l’être, car tel était son rôle de toujours et le moins qu’elle puisse faire pour lui et pour le Royaume Accessoirement, c’était une bonne occasion de redorer son blason et de gagner des points auprès du Roi et des personnes influentes gravitant autour de lui. Elle en avait bien besoin, surtout si elle voulait devenir Reine et rétablir ses fils dans leurs droits. D’ailleurs où était passé Beron ? Serait-il présent ? Il lui en voulait tant pour la mort de Joren, elle s’en voulait aussi, elle avait tout tenté pour l’éviter. Elle était prête à tuer Harren le Noir de ses propres mains pour lui, pour leur amour, leurs enfants. Mais il l’avait trahie, elle et tous ses hommes. Elle oscillait, depuis Buron, entre la rage et le chagrin. Et à présent, elle voyait son fils aîné lui échapper peu à peu, la solitude s'épaississant autour d’elle et pourtant consciente que son devoir de mère était de le laisser prendre son envole, quoi qu'il lui en coûte.

Mais alors qu’elle marchait, entourée de ses gardes et perdues dans ses sombres pensées, un homme qu'elle ne reconnut pas tout de suite arriva à sa hauteur. Elle n’eut cependant pas besoin de le dévisager pour savoir à qui elle avait affaire. La stature, l'armure, le manteau, la voix et enfin, les mots ne laissaient plus place au doute.

Myria s’arrêta net. Comment l’homme qui, quelques semaines plus tôt n’était qu’un bâtard osait lui parler ainsi ?! Elle serra les dents pour ne pas hurler et lui cracher au visage, les poings pour ne pas le gifler. La Princesse du Sel et du Roc en aurait eut le droit, le devoir même. Mais elle ne gardait ce titre que parce que Harren le voulait bien et Harren avait choisi cet abjecte personnage en lieu et place de Beron. Ainsi, le Prince héritier de ce foutu Royaume en lambeau n’était autre que le bâtard qu’elle aurait fait saigné comme un porc pour ces mots si son époux n’avait pas pété un plomb. Elle ne l’acceptait pas le moins du monde, mais elle savait fort bien qu’il était inutile de retourner le plateau de cyvosse pour retourner le jeu. Il lui fallait faire preuve de patience. Pourtant lui arracher la carotide avec les dents la démangeait tant en cet instant que, lui faisant face avec une lenteur toute princière, elle ne put totalement étouffer un grognement qu’elle transforma en un raclement de gorge. Un large sourire éclairait son visage blanc comme l’hiver, mais un feu glacial brûlait dans ses yeux azurs lorsqu'elle ouvrit la bouche.

__ Toutes les femmes connaissent le chemin de votre tente votre altesse, mais je ne suis pas toutes les femmes et ce qui me réchauffe le coeur et le corps en ces nuits glaciales et solitaires n’est autre que le fait de vous imaginer agonisant, déformé par la syphilis et laissant le trône de grès vaquant pour mon fils aîné. Car il y a les Princes, ceux qui ont été élevés pour gouverner et qui savent garder leur verge au chaud quand il faut. Et les bâtards, qui tout juste promus ne se sentent plus pisser jusqu'à ce qu’une catin leur rappelle combien cela peut être cuisant. »

La brune ne le connaissait que trop mal et Harren lui avait bien fait comprendre qu’elle était en sursis, malgré son sacrifice et sa loyauté pourtant démontrée, jusqu'à Buron, dans le ventre de la bête que l’on nommait guerre. Horreur était plus approprié. Elle ne savait pas comment il pouvait réagir à une gifle et elle n’avait aucune envie de finir humiliée dans la boue. Hors hélas, si le Noir devait choisir entre sa maîtresse et son héritier, elle doutait à présent d’avoir gain de cause. Elle n’était pas ici sans soutien, mais au milieu des soldats, elle préférait ne pas donner à leur futur chef suprême de raison de se sentir obligé de défendre son autorité. Elle se contenta donc d’user de sa langue acerbe et de ses mots plein de venin avant de tourner les talons dans le but de se rendre à la tente de commandement.

La bonne nouvelle, c’est que cette entrée en matière l’avait mise d’assez mauvaise humeur pour qu'elle ait le courage de s’exprimer avec franchise devant Harren et ses généraux. La peur et même la culpabilité avaient disparues et elle avait une folle envie d'égorger quelques impériaux pour se défouler.




 
 
 


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MessageSujet: Re: Une alliance de circonstance [Tour IV - Terminé]   Une alliance de circonstance [Tour IV - Terminé] EmptyDim 29 Juil - 22:51

Une alliance de circonstanceMyria & Yoren
La sublime princesse désavouée du Sel et du Roc s'arrêta net dans son mouvement suite à l'outrecuidance délicieusement insolente de mes paroles. Mes yeux plein d'une concupiscence à peine voilée par la malice coupable illuminant mes prunelles oscillant entre le gris pale et le bleu marin ne quittaient pas le visage délectable de l'épouse de feu ce traitre maudit que fut Joren. C'était là une bien mesquine vengeance vis à vis de ce demi-frère qui n'avait du ses honneurs et ses galons qu'au fait qu'il était né du bon coté de la barrière ou plutôt qu'il était arrivé dans ce monde en émergeant de la bonne matrice. Oh, je n'insultais guère les talents de tacticien dont l'aspirant régicide avait pu faire preuve tout au long de sa carrière martiale fort impressionnante. S'il y avait bien une seule chose que je pouvais accepter de reconnaitre à ce parricide en puissance dont la tombe serait à jamais souillée du sceau du déshonneur c'était bien sa valeur de général. Néanmoins, je n'avais pas été en reste durant ces mèmes années de guerre et d'expansion. Là ou le Hoare avait été un commandant, j'avais endossé le rôle du chien fou, de la bête de guerre, du requin qui se salissait sans cesse les mains pour l'accomplissement de la grande œuvre visionnaire du souverain le plus ambitieux de tout Westeros. Mon comportement en cet instant était certainement dépositaire d'une ardeur puérile néanmoins je ne pouvais m'en empêcher.

La frustration de toute une vie dont j'avais fait un carburant sanglant pour alimenter cette rage insatiable qui m'animait depuis tant d'années désormais me poussait à taquiner de manière complètement détestable la veuve de feu mon demi-frère ainé. Comme si le fait que son fils ait été déshérité en ma faveur ne suffisait point. Un marin aussi dangereux que soulard m'avait un jour affirmer qu'il fallait savoir profiter des petits plaisirs de l'existence. Ces derniers s'avérant tristement si rares comparativement aux emmerdes qui elles étaient naturellement légions. Je l'avais pris au mot ce guerrier mort depuis des années. Prince héritier j'étais et princesse en sursis elle était. Voilà pourquoi je m'étais permis de faire du rentre dedans aussi vulgaire que déplacé à Myria Hoare. Un large sourire s'élargit de lui même allant jusqu'à s'épanouir tel un soleil hivernal sur mon visage carnassier lorsqu'un grognement s'échappa de sa bouche. Grognement fort peu gracieux pour une princesse mais parfaitement raccord avec ses poings serrés si durement que ses jointures devaient probablement la faire souffrir à l'instar de ses dents semblant l'espace d'un instant soudées les unes aux autres par l'œuvre d'un invisible forgeron.

Cette réaction épidermique trahissait plusieurs choses notablement intéressantes. La première était l'orgueil de l'amante du Noir, la seconde était sa maitrise admirable car pour une femme de sa trempe la violence m'aurait parue évidente et enfin la troisième était que je savourais sa réaction à sa juste valeur. La bru de mon père se contenta d'un sourire paradoxalement aussi éclatant que le mien tandis qu'une lueur brulante illuminait ses prunelles azurs. J'accueillais sa réplique cinglante hautement inspirée sans esquisser un seul mouvement autre que celui de mon visage âpre de guerrier remuant au gré de mon rire rauque, chaud et puissant. Pour une vipère Myria avait de l'éloquence à revendre et j'appréciais autant le caractère de la princesse qui ne deviendra pas reine que l'ardeur de sa contre attaque. L'espace d'un instant j'enviai les vicissitudes intimes d'Harren avant de répondre à la princesse d'une voix amusée. "Vous avez raison princesse. J'aime les femmes et le vin comme vous aimez le luxe et les complots. Ma nature généreuse me pousse à offrir ma chaleur au plus grand nombre. Malheureusement, je constate que certaines préfèrent jouer les fières plutôt que de profiter de l'aubaine du réconfort. Quant à ma fin potentielle, je doute fort qu'elle soit liée à mon amour de la débauche. "

" Rêvez de cette fin si elle vous aide à trouver le sommeil. Nous les Hoare mourrons uniquement les armes à la main. Enfin, sauf les traitres...Je me demande si les fils de traitres sont condamnés à répéter les erreurs de leurs parents. Les princes meurent et les batards deviennent héritiers de nos jours. Quelle drôle d'époque nous vivons n'est ce pas. Ma verge n'aime pas rester au chaud à l'instar de ma lame et vos fils n'ont pas les épaules pour ce qui s'annonce. Au fait Eren vous transmet ses amitiés les plus sincères." La née Frey se contenta de tourner les talons en affichant un air digne sans daigner continuer sur cette joute verbale aussi futile que licencieuse. La laissant prendre de l'avance vers le pavillon royal surplombée de la bannière du sautoir personnelle du Noir soit celle liserée de rouge là ou la mienne était de noire et d'or, je pris un instant pour laisser mon regard balayer le gigantesque campement de notre armée avant de m'engager dans le sillage de ma belle sœur. Un regard désabusé remplaça brièvement celui du moqueur des instants précédents. Toute cette formidable force en train de stagner au milieu du royaume alors que nous devrions déjà être en marche contre l'ennemi afin de l'écraser puis de le repousser hors de nos terres.

Plus nous laissions notre position apparaitre comme indécise et attentiste et plus les moins fiables des seigneurs riverains seraient tentés par la félonie. Plus nous laissions les jours défiler et plus l'empire se renforçait à nos dépens. Hélas, Harren ne souhaitait rien entendre et n'hésitait jamais à me remettre à ma place dès que j'essayais de lui soumettre une proposition audacieuse. Mon statut d'héritier ne semblait rien changer à la nature monolithique du pouvoir aux yeux du roi des rois. C'était l'esprit désormais sérieux et entièrement tourné vers la situation martiale illusoirement avantageuse de notre armée que je pénétrais dans l'immense pavillon aux tentures sombres à la suite de Myria Hoare. La table de campagne était bien entourée de dizaines de lords tant fers nés que riverains. La seule femme présente n'avait visiblement pas eu l'honneur de s'installer près du souverain. Quant au prince Beron, il ne se trouvait nullement dans les parages. Dépassant les nobles généraux j'allai m'installer à la droite du Noir non sans faire montre d'une certaine arrogance.

Ce dernier balaya alors l'assemblée d'un regard impénétrable avant de prendre la parole. Le maitre d'Harrenhal évoqua les informations dont nous disposions sur les forces ennemies ainsi que sa vision de la stratégie à adopter. Réprimant à grande peine un soupir d'exaspération, je me permis de prendre la parole suite au souverain. "Père, je pense que nous devrions marcher sur l'armée impériale ou du moins harceler celle-ci pour la repousser plus au nord. L'immobilisme nous sera forcément préjudiciable." Le regard glacial du Noir ne m'indiqua que trop bien qu'il détestait que l'on doute de ses plans pourtant il fallait bien que celui-ci accepte la réalité sous peine que nous le payions cher à l'avenir. Cherchant des alliés chez les lords commandants, j'évite le regard de la Hoare. Peste en constatant que bien peu de commandants ne sont prêts à me soutenir face à Harren. Lorsque l'inattendu se produisit...
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Dernière édition par Yoren Hoare le Mar 31 Juil - 22:15, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Une alliance de circonstance [Tour IV - Terminé]   Une alliance de circonstance [Tour IV - Terminé] EmptyLun 30 Juil - 22:47

Alors qu’elle entendit la réponse de Yoren se perdre dans son capuchon pendant qu’elle s’éloignait, elle hésita un instant à faire demi tour pour entendre ce qu’il avait à dire. Mais elle préféra s’abstenir, il ne méritait pas son attention, ni qu’elle ait froid une seconde de plus pour écouter ses viles paroles. Cependant, une fois dans la tente, en voyant ce coquelet de Prince parader à la droite du Noir elle laissa sa rage s’exprimer en pensée.

Votre géniteur a une grandeur et un charisme que vous n’aurez jamais petit prince de pacotille. Je l’aimais autant que j’ai aimé Joren, mais il m’a trahie, tout comme son fils, les Hoare sont aussi fiables que des épées émoussées. Vous, vous puez la roture à plein nez, je ne décèle aucune noblesse en vous, ni de sang, ni de coeur, ni d’âme. Vous êtes un chien fou, et les chiens tels que vous, on les attache ou on les abat. Je ne manquerai pas d’en faire part au Roi, probablement en vain puisqu'il ne m’écoute pas plus que ne m’écoutait Joren. Tous ne pensez qu’au couteau que je pourrais vous planter dans le dos alors que je vous offre une formidable opportunité de faire de moi votre alliée plutôt que votre ennemie. Je suis peut être orgueilleuse, j’aime la beauté, le luxe et le pouvoir, je ne le nie pas. Mais vous, vous êtes de pauvres petites choses si fébriles devant mon ambition et mes idées que vous préférez le museler.

C’est alors qu’une pensée se posa sur son esprit telle une feuille emportée par le vent. Tous les Hoare l’avaient trahie, mais Yoren n’était pas un Hoare. Il n’était pas de noble naissance, c’était effectivement un bâtard, marqué du sceau de l’infamie, et né du ventre d’une putain. Il avait donc tout pour plaire, mais un avantage tout de même à son crédit, elle n’attendait rien de lui et ne pouvait donc pas être déçue. Il n’avait pas failli à son rôle en l’abordant de la sorte, l’évidence ne saurait effacer l’affront. Mais elle ne pouvait lui demander le moindre respect dans la situation plus qu’ironique qui était la leur. Elle ne lui avait pas offert la moindre considération durant toutes ses années, elle pouvait comprendre qu'il se délecte de sa mesquine vengeance. En revanche, elle avait demandé respect, considération et rétribution à Joren et Harren, deux personnes qu'elle aimait, respectait et admirait profondément, et n’avait reçu que mépris, méfiance et déconvenue.

Prouvez moi que j’ai tort et peut être vous pardonnerais-je ce coup bas, car au moins ne m’avez vous pas encore trahie comme tous les autres Hoare. En attendant, vous n’êtes rien pour moi, rien de plus qu’un obstacle sur ma route. J’ai assez de mes dix doigts pour ne pas m'encombrer d’un membre ignare et inutile doté d’un égo surdimensionné et d’une grande gueule, mais probablement incapable de me faire jouir. Mais malgré tout, vous pourriez me servir...

C’est alors que le grand Roi exposa sa stratégie. Myria leva les yeux au ciel et étouffa un soupir entre ses dents serrées se demandant quelle mouche avait piqué Harren pour qu’il fasse preuve d’un tel attentisme. Cela ne lui ressemblait pas. Aurait-il été plus touché par cette affreuse bataille de Buron que ce qu’elle envisageait. À moins que ce soit le contre-coup de la trahison de Joren et de sa mort. Y était-elle allée trop fort avec cette sanglante exécution ? Certes oui, c’était très moche. Elle avait préféré battre le fer pendant qu’il était chaud, ne pas risquer qu'il s’échappe pour de bon en le présentant vivant à son royal paternel. Harren avait préféré attendre et ainsi Torrhen et Orys avaient pu s'en tirer. Et après c’était elle qui représentait le sexe faible, quelle ironie !

La jeune femme s’approcha du bâtard héritier et lui lança un regard sévère et hautain avant de faire face à Harren. Malgré toute l'inimitié qu'elle nourrissait à son égard, elle ne pouvait pas se taire.

__ Sire, le Prince Yoren à raison. L’ennemi est affaibli et vos hommes, malgré le massacre, restent sur une victoire. Vous devriez profiter de cet avantage pour frapper, sans quoi l’ennemi en profitera pour se rassembler et préparer sa prochaine offensive. Il lui a suffit de quelques semaines de flottement pour nous prendre à Buron décimant un tiers de votre armée. Ne lui laissons pas l’occasion de continuer à avancer. »

Harren, décidé à consolider sa position ici même ne changerait probablement pas d’avis quel que soit celui des autres. Moins encore si cette contradiction émanait de sa maîtresse en sursis, Myria Hoare. De toute façon, elle lui avait déjà dit tout ce qu’elle avait à lui dire quelques temps auparavant. Mais, une chose à laquelle il ne s’attendait probablement pas, c'était qu’elle soutienne ouvertement Yoren, son rival.

Pourtant mon Roi, il est plus jeune, plus beau et plus vigoureux que vous. Il a encore de longues années à vivre et des fils à engendrer pour la lignée Hoare. Il n'a ni votre stature, ni votre majesté, mais peut-être que cela pourrait lui conférer d’autres qualités dont vous êtes dénué, comme l’écoute, la loyauté, la reconnaissance… si vous ne me donnez pas ce que je veux, ce que je vous ai fait l’honneur de vous demander en face plutôt que de comploter pour l’obtenir, alors je le trouverais ailleurs.

__ Votre majesté, je vous ai déjà fait part de mes idées : profiter de ce temps exécrable pour couper Torrhen des renforts en érigeant un barrage sur le trident, reprendre Salins pour couper le ravitaillement par bateau et mener des frappes sur les éléments isolés au nord de la Bleuefurque grâce à la Flotte de Fer depuis Salvemer puis les Jumeaux. Les Mallister et les Frey vous ouvrirons les portes coupant ainsi la route du Nord. Si nous ne parvenons pas à les déloger de Vivesaigues, nous les laisseront y mourir de faim en reconquérant le reste du Conflans depuis Harrenhall. S’ils bougent, nous attaqueront en masse depuis Harrenhall. »

Myria s’avança vers Yoren avec un sourire en coin.

__ Voyons si votre héritier a d’autres propositions, peut être saura-t-il vous convaincre lä où j'ai échoué. ».




 
 
 


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MessageSujet: Re: Une alliance de circonstance [Tour IV - Terminé]   Une alliance de circonstance [Tour IV - Terminé] EmptyMar 31 Juil - 22:21

Une alliance de circonstanceMyria & Yoren
La vaste assemblée de généraux fers nés et riverains représentait un spectacle particulièrement éloigné de celui que l'on pourrait légitimement s'attendre à découvrir au sein d'une armée ayant écrasée sa rivale quelques semaines plus tôt. Le silence et la morosité semblaient dominer l'espace impressionnant du pavillon royal devant lequel se tenaient fièrement les représentants l'élite chevaleresque du Sel et du Roc, montant la garde devant le Saint des saints. Concernant le premier, cela n'avait rien de bien étonnant car la présence écrasante du roi des rois avait depuis toujours tendance à plonger ses subalternes dans celui ci. Mais, la morosité elle était bien plus inquiétante car le moral était une donnée primordiale à prendre en compte dans le déroulement d'une campagne. Le prince tout juste légitimé et nommé héritier que j'étais le savait pertinemment pour avoir été témoin de la différence de rendement entre des équipages pleinement satisfaits et des pillards mécontents tout en sachant que les fers nés étaient bien plus résilients que les riverains au niveau psychologique de par la dureté des conditions de vie dans les Iles de fer.

Le conseil de guerre commença pourtant bien rapidement en dépit de cette atmosphère étonnante. J'avais pris le parti de me pavaner quelque peu avant d'aller m'assoir à coté du roi des rois. Une seconde revanche aussi douce que la précédente car si les seigneurs fers nés me respectait énormément en vertu de mes prouesses maritimes et navales ainsi que des ravages que j'avais semé sur toutes les mers de Westeros et ce en dépit de mon ancien rang de Pyke. Il en était autrement des riverains qui m'avaient tout autant que la belle fille d'Harren tenu pour une donnée négligeable par le passé préférant largement Joren à Eren. Cet étalage de fierté n'était sans nul doute aucunement nécessaire mais je ne serais pas Yoren Hoare si je n'en profitais pas un brin pour leur faire pleinement comprendre que la donne avait changée. Le regard venimeux et torve de Myria Hoare sur ma personne ne m'échappa nullement de même que les expressions de certains des généraux du Conflans. Oh, je sentais parfaitement que la légitimation d'un pirate renommé né batard restait en travers de certaines gorges mais je n'en avais cure. Si, j'étais parvenu à atteindre un tel rang c'était que je le méritais aux yeux du Noir et seul l'avis d'Harren m'importait pour le moment. Froisser les susceptibilités de ces seigneurs bien pensants et traditionnalistes s'avérait le cadet de mes soucis. Le premier d'entre eux était la position de mon père vis à vis de la suite de la campagne.

Aussi, une fois ma parade princière achevée je me plongeais immédiatement et aisément dans les affres de la guerre parce que bien plus que n'importe lequel des membres de ce conseil martial, je connaissais la sensation de se salir les mains. Je n'envoyais pas mes hommes combattre à ma place mais me trouvais en première ligne pour montrer l'exemple. Et si les coffres du Sel et du Roc avaient été si prospères et débordants de richesses fut un temps j'avais eu ma part de responsabilité en tant que chef d'escadrille mais cela ces hypocrites barons préféraient l'oublier. Quoi qu'il en soit, adoptant une posture droite et digne du prince que j'étais désormais j'écoutais avec attention les propos stratégique de mon géniteur tout en laissant mes yeux se porter sur la carte du Conflans étalée devant nos yeux. L'immobilisme et l'attentisme semblaient être devenus les maitres mots du jadis audacieux et féroce roi du Sel et du Roc. Je ne comprenais pas pourquoi Harren semblait vouloir s'entêter à tenir cette position dans le centre du Conflans. Car, elle n'avait rien de particulièrement avantageuse si ce n'était de se situer à mi chemin entre Harrenhall et Pierremoutiers et ainsi de tenir la région.

Or, la guerre qui ravageait la conquête de nos ancêtres n'avait rien d'une guerre d'usure ou de position c'était un conflit brutal et impitoyable que nous ne pouvions nous payer le luxe de prolonger indéfiniment. La position du défenseur n'avait rien de logique suite à la victoire de Buron. Nous aurions déjà du repasser à l'offensive depuis bien longtemps. L'armée ne pourrait continuer de se nourrir ainsi sur le pays. Capitaliser sur ses acquis semblait la pierre angulaire de toute stratégie or si Buron avait été une victoire elle fut cependant bien couteuse. La chimère fédéraliste de l'ennemi lui permettait de faire venir des renforts de quatre royaumes là ou nous avions presque épuisé toutes les ressources humaines. L'armée du Sel et du Roc autrefois la plus vaste de Westeros avait fondu comme neige au soleil. Réprimant l'envie de secouer la tète de négation, je laissais mon père terminer avant de tenter une fois de plus de lui faire changer d'avis en pure perte. Le Noir me foudroya du regard tandis que je sentis le désappointement monter en moi. Je ne m'expliquais guère son état d'esprit. Cherchant du soutien tant coté riverain que fer né je fus encore plus désabusé en constatant qu'aucun commandant n'avait le courage d'appuyer ma position à moins qu'ils ne s'imaginaient réellement que stagner tel de l'eau croupie allait nous permettre de gagner cette guerre.

Si, je m'étais trouvé en compagnie des capitaines des escadrilles de la flotte de fer et d'Eren au cours d'un conseil naval j'aurais pu me permettre de m'emporter, de me montrer plus virulent en raison du lien m'unissant à ma sœur ainée mais face au Noir en personne j'étais démuni. Défier le roi des rois paraissait bien délicat suite à la tentative de coup d'état de Joren et l'éclat de silex dans son regard n'exprimait que très clairement sa mauvaise humeur quant à être contredit devant ses généraux. Mais alors que je m'apprêtais à tancer les hommes présents autour de la table pour les faire réagir Myria Hoare se leva et s'approcha de moi. Une œillade méprisante plus tard, ma belle sœur tournait son attention vers Harren et me soutint ouvertement en mettant des mots sur les pensées qui tourbillonnaient dans mon esprit impétueux. Les propositions de la veuve étaient intéressantes et méritaient que l'on y réfléchisse sérieusement. La née Frey avait totalement raison quant à la nécessité de la prise d'initiative. Celle-ci acheva son plaidoyer en s'approchant de moi un sourire au coin des lèvres. Je la voyais venir à des kilomètres. La princesse s'attendait à ce que je me ridiculise car hanter les océans avec maestria n'avait rien à voir avec la guerre terrestre à une telle échelle.

Je devais bien reconnaitre que je n'avais guère été éduqué pour devenir général. Cependant, je n'étais nullement dénué de sens tactique ou d'intelligence sous mes airs de pirate infréquentable. Aussi, je décidais de relever le gant jetée par la veuve. Aucun sourire ne vint éclairer mes traits. Me fondant dans une attitude aussi grave que celle d'Harren, je pris finalement la parole sans quitter Myria des yeux. "La princesse Myria est dans le vrai père. Buron fut un triomphe mais un triomphe couteux obtenu sur les cadavres des troupes de feu Joren. Nous ne pouvons plus nous permettre une telle perte de troupes. Les hommes sont en effet encore enhardis par la victoire. Ne laissons pas le moral se détériorer. Nous devons agir et frapper les premiers. L'empire ne se laissera pas cueillir comme un fruit mur. Nous devrions être en train de le malmener afin de le pousser à faire des erreurs." Je détourne finalement le regard de l'éloquente princesse pour dévisager chaque membre de la martiale assemblée, toisant ces capitaines et commandants d'un regard dur et sévère.

"Les idées de la princesse sont pleines de bon sens et d'audace tactique. N'avez vous point honte que la personne la plus déterminée à engager l'assaut avec l'envahisseur soit la veuve de votre défunt prince !" Je n'aurais certainement pas du m'en prendre aux généraux mais ce stoïcisme soumis m'exaspère au plus haut point. La mort de Joren Hoare aura t'elle constipée ce troupeau de décideurs militaires. "J'ai en effet d'autres propositions princesse. La diversité de l'empire fait sa force mais également sa faiblesse. Chaque royaume uni contre nous s'est dégarni de troupes pour renforcer l'empire. Je propose que nous bifurquions vers la Nera afin de la ravager. Ce qui devrait pousser les habitants de la région à vouloir revenir la défendre. Le Conflans souffre depuis plus d'un an désormais. Je pense que nous devrions porter la guerre en territoire ennemi. Dans un mouvement de plaque tournante, nous remonterions vers Fort Darion. Nous pourrions établir un campement à Guède. La communication entre l'Orage et le nord du Conflans serait coupée d'une part et d'autre part livrer bataille dans les collines nous permettrait d'empêcher l'ennemi d'utiliser sa cavalerie à son avantage. Pendant ce temps, une partie de la garnison d'Harrenhal renforcée par des renforts pourrait patrouiller entre Harrenhal et la Haye Pierre afin de prévenir toute tentative de passage des forces Tully."
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MessageSujet: Re: Une alliance de circonstance [Tour IV - Terminé]   Une alliance de circonstance [Tour IV - Terminé] EmptyJeu 2 Aoû - 11:37

Myria posa un regard inquisiteur sur chacun des généraux présents. Elle en connaissait un certain nombre, elle connaissait leurs femmes, leurs enfants et leurs maîtresse, leurs vicissitudes et leurs qualités. Mais elle n’en savait pas autant qu’avant. La guerre avait fait des ravages jusqu'ici, jusque dans le Sein des seins. Tully, Nerbosc, Bracken et tant d’autres qui étaient pour certains des amis. Seraient-ils restés là à écouter leur Roi débiter des inepties sans broncher ? Auraient-ils pu apporter un éclairage nouveau sur la situation du fait de leur expérience. Comme ils allaient manquer au Royaume du Sel et du Roc en ces temps difficiles. Mais il allait falloir faire sans eux et ainsi, la brune se retrouvait aux premières loges, qui l’eut cru. Le roi allait-il enfin l’écouter ?

Harren en imposait à tous, quand il arrivait, le silence se faisait et tous écoutaient. Cependant, la Princesse lui avait toujours parlé avec franchise, en y mettant parfois les formes, il était son Roi et pouvait se montrer susceptible. Mais elle disait souvent, en privé si possible, ce que personne d’autre ne pouvait dire. Hélas ils n'étaient pas en privé, mais à un conseil de guerre devant ses généraux, elle ne pouvait donc pas tout se permettre. De plus, elle avait décelé beaucoup de suspicion et de mépris lors de leur dernière conversation. Tant de colère pour cacher la peur, il avait peur d’elle, peur qu'elle le trahisse. En y repensant, elle aurait du remarquer cette même réaction chez Joren avant qu'il l'abandonne. Il avait peur qu’elle le poignarde dans le dos et avait préféré le faire en premier. Harren risquait fort de faire de même, n’avait-il pas commencé en la rejetant avec violence ? Elle ne comptait cependant pas reproduire les mêmes erreurs avec son amant qu’avec son époux. Il fallait qu'elle prenne garde à ne pas le perdre complètement, à ne pas lui faire trop peur. Mais pouvait elle pour autant s’abstenir de livrer le fond de sa pensée ? Comme toujours, elle allait devoir choisir entre ses intérêts personnels, son ambition et le bien du pays. Comme toujours, elle choisirait le Conflans et peut être le payerait elle assez cher, car contredire le Noir n’était pas sans conséquences.

Une fois rassise, la brune écouta le Prince exposer sa stratégie. Ce n’était certes pas un idiot, pas autant en tout cas qu’on aurait pu l’attendre d’un bâtard. Il réfléchissait en vrai chef de guerre, pas en Fer-né prêt à vendre père et mère pour une bonne baston. Néanmoins, il oubliait certains paramètres et il était bien inexpérimenté en terme de guerre à grande échelle. Confortablement assise au fond de son fauteuil, elle le regarda parler avec un sourire carnassier, prête à le manger tout cru. Elle laissa le silence prendre forme quelques instants dans la tente de commandement tout en fixant ce nouvel héritier avec un sourire en coin. Elle parla alors d’un air ostensiblement moqueur :

__  Vous proposez donc de diviser l’armée, d’abandonner les riverains à leur sort et de remonter par l’Est où nous ne pourrons pas compter sur le soutien de la Flotte de Fer ? »

La veuve se leva pour continuer d’un ton plus grave, car la plaisanterie avait assez durée et finalement, ils n’avaient guère le choix. Soit ils se serraient les coudes et avançaient de concert, soit le Royaume du Sel et du Roc disparaîtrait dans les méandres de ses propres dissensions.

__  La dernière fois que l’armée a été divisée nous avons perdu un tiers de nos forces à Buron. La dernière fois que nos troupes ont quitté le Conflans pour conquérir d’autres territoires, Lyham Tully nous a trahi et a créé le Conflans Libre. Des erreurs dont nous sommes tous responsables, des erreurs dont nous payons encore les conséquences et qui ne nous ont apporté que la colère unifiée de l’Orage, du Nord et des Seigneurs de la Nera. »

La jeune femme fronça les sourcils et jeta un coup d’oeil à Harren qu’elle avait mis en garde contre le danger de se faire trop d’ennemis en même temps. Les Fer-nés avaient cette tendance à confondre pillage et conquête et à penser que les peuples soumis par la force leur seraient loyaux quoi qu’il arrive. Comme si la servitude était une position acceptable pour qui que ce soit. Mais pour Buron, c’était elle la principale fautive, elle en était consciente.

__  De plus, l’hiver est sur nous, il serait insensé de prévoir de grands mouvements de troupes dont les trajets et le ravitaillement sont trop aléatoires en cette saison. »

La princesse se tourna vers Yoren, lui adressant un regard moins méprisant qu'auparavant. Du haut de ses 23 ans, il avait relevé le défi qu’elle lui avait lancé avec des faits, une véritable stratégie et non avec le dédain réservé à son sexe agrémenté d’une touche de soupçons ou de lieux communs sur l’instinct guerrier des Fer-nés. Elle en avait perdu l’habitude au fil de ses années où, quoi qu’elle dise, ses conseils et idées étaient soit ignorés, soit méprisés.

__  Je suis désolée Yoren, votre idée de diviser pour mieux régner est excellente, mais nous ne pouvons plus nous le permettre. Il faut protéger ce qu’il reste du Royaume et se rassembler autant que possible autour des places fortes où nous avons entreposé des vivres. Il faut rappeler la Flotte de Fer et cesser de tirer deux lièvres à la fois, mener la reconquête dans l’ordre, une étape après l’autre. Tout le Royaume et tous nos alliés ne doivent avoir pour seul objectif qu’une chose : l'éradication de l’Empire devenu bien trop menaçant pour s’encombrer plus longtemps de guéguerre intestines qui n’ont de cesse de nous affaiblir. L’Empire c’est un homme, une femme et un dragon, rien de plus. Sans eux et surtout sans Torrhen pour diriger ses offensives d’une main de maître, tout s’effondre. Néanmoins, ils sont unis, fédérés pour nous éradiquer, sans que les luttes de pouvoir internes viennent freiner leurs ambitions. Et nous ? »

Et dire que nous le tenions ! L’empereur et un autre prince bâtard.



Suite à ce discours, les généraux qu’on aurait crus morts, un instant auparavant se ranimèrent comme par miracle et se mirent à chuchoter devant une Myria Hoare ravie de son petit effet.




 
 
 


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MessageSujet: Re: Une alliance de circonstance [Tour IV - Terminé]   Une alliance de circonstance [Tour IV - Terminé] EmptyVen 3 Aoû - 14:43

Une alliance de circonstanceMyria & Yoren
Toujours drapé dans une aura austère et sérieuse empreinte de gravité calquée sur celle d'Harren, je balaie sans ménagement l'assemblée martiale du regard à l'affut d'une réaction  vis à vis de mes propositions. Joren était un bien meilleur général que moi là ou je suis persuadé que je l'aurais dévoré en combat singulier ou sur l'océan. Chacun avait eu son rôle, sa destinée écrite par la plume du Destin et les besoins de notre père. Besoins inhérent à la grande œuvre de son existence. Mais, tout cela avait volé en éclat suite au choix d'un seul homme. Et cet homme en avait durement payé le prix. Ma légitimation m'avait propulsé dans un monde nouveau bien que familier et si cette revanche sur la vie me voyait profiter pleinement de tout ce dont j'avais été privé, je n'étais nullement stupide au point de m'imaginer que la décision du Noir ne provoquerait aucun remous chez les seigneurs du Conflans. La lignée Hoare au sang noir s'était diluée dans celui des riverains suite aux mariages successifs mais j'étais moi un pur produit des Iles de fer. Cela m'emportait en sus d'autres motifs l'adhésion de mes Iles natales mais le royaume du Sel et du Roc n'était rien sans sa partie continentale. C'était ces terres vertes et fertiles aux fleuves et collines abondantes qui faisaient la gloire de la conquête d'Harwyn. A compter de ce jour, j'allais devoir freiner ma nature profonde de pirate sans foi ni loi afin de ne pas trop rappeler à mes détracteurs que je n'avais que bien peu de sang riverain dans les veines. Evoluer ou échouer voilà ce que j'allais devoir accomplir.

Oh, tant que mon illustre géniteur serait en vie la question ne se poserait pas. Parviendrais-je à faire ce qu'il fallait, à agir comme il le fallait en reniant parfois ce que la vie avait fait de moi ? Un vulgaire pillard certes mais l'un des plus renommé et compétent de toute l'histoire des Iles de fer. Jetant un coup d'œil vers la mine fermée et dure du roi, je me fis la réflexion que j'allais devoir y parvenir coute que coute car la survie du royaume en dépendrait peut être un jour. Reportant, mon attention sur les généraux je sondais les regards des uns et des autres tout en sentant une vague de colère naitre en moi. Mes provocations n'avaient t'elles pas suffi pour réveiller ces cadavres vivants. Finalement, mon regard trouva la princesse Myria confortablement installée dans son fauteuil telle une chatte minaudant de satisfaction. Son sourire en coin en disait long sur ce qu'elle pensait de ma prestation. Peut être n'avais je pas eu les bons arguments ? Peut être cela expliquait il le comportement amorphe de ces moutons ? L'air moqueur transpirant dans le ton de la née Frey ne m'échappa guère. Et je dus réprimer une envie furieuse de lui lancer au visage la situation désastreuse de la première bataille de Buron. Le massacre inutile de l'armée de feu mon traitre de demi frère avait drastiquement fait fondre nos effectifs en une seule journée. Saisissant une coupe de vin, je la fis rouler entre mes doigts sans quitter la veuve à la langue bien pendue du regard. Visiblement très friande du sens théâtral ma belle sœur se leva de nouveau avant de nous exposer son point de vue sur les erreurs à ne pas reproduire ainsi que les difficultés de mouvements de masse en hiver. Je notais son regard appuyé en direction d'Harren.

Une moue surprise presque dubitative vint se peindre sur mes traits tandis que Myria Hoare m'offrait un regard dans lequel le mépris n'était plus dominateur et qu'elle s'excusa, allant même jusqu'à vanter les bienfaits de mon idée malgré son inadaptabilité à ses yeux. Masquant mon étonnement en avalant une gorgée d'un vin bien moins voluptueux que ceux que la cour du Sel et du Roc avait le plaisir de savourer encore quelques mois plus tôt, je me contentais d'hocher la tète pour marquer mon assentiment aux propos de la veuve. Comme par magie, les statues humaines s'animèrent et se mirent à parler à voix basse. Ma belle sœur venait de me donner une leçon tout en faisant passer le tout pour de la coopération. Je me fis la réflexion que même le Noir devait être admiratif de sa bru en cet instant. Laissant les chuchotements enfler singulièrement, je finis par reprendre la parole. "Je propose que le gros de l'armée suive la manœuvre que je viens d'évoquer tandis qu'un rideau de fer verrouillera l'axe Harrenhal Haye Pierre. Quant à la flotte de fer, je souhaiterais que celle ci libère le nord de Salvemer à Beaumarché. Il s'agirait d'une action simultanée à la fois navale et terrestre. L'empire s'est installé sur nos terres comme un affront supplémentaire à l'autorité du Sel et du Roc. Mon plan aurait pour finalité de détruire l'empire sur son territoire. Pressé par la flotte de fer au nord et par nos troupes au sud est, il serait mis au pied du mur.

Et lorsque l'on est mis au pied du mur on a la fâcheuse tendance à commettre des erreurs princesse Myria. Sans ce foutu Empire, jamais les bannerets les plus rétifs du royaume n'auraient osés nous défier de la sorte. La libération du Conflans passe par la destruction de l'Empire. Sans l'Empire, je doute que l'union qui réunit les félons tienne une semaine de plus. Ne vous excusez pas princesse. Je n'ai guère évoquer correctement le fond de ma pensée. Vos idées quant à l'utilisation de la flotte de fer sont remarquables." Je pris le temps de porter de nouveau la coupe à mes lèvres avant d'échanger un regard avec mon père, espérant y déceler une lueur d'intérêt. Au fond peu m'importait que ce soit le plan de la belle fille du roi des rois ou le mien qui se voyait mettre à exécution car les deux partageaient la même finalité. Or, si mes années de pillard sans foi ni loi m'avaient appris quelque chose c'était bien que peu importait les moyens seule comptait la fin. Tant que nous nous mettions en marche sous les ordres d'Harren je m'estimerais satisfait. Ramenant mes yeux gris acier sur l'assemblée, je repris. "Il est vrai que l'hiver est le domaine des loups cependant un tel mouvement de par sa complexité aurait le mérite de les surprendre. Car, ils doivent certainement s'attendre à ce que nous remontions vers l'Ouest afin d'aller délivrer la Haye Pierre puis le nord du royaume. Le Sud nous étant acquis et au vu de notre union avec le Bief il serait dangereux pour eux de tenter de s'aventurer trop au sud. C'est un risque à prendre. En vaut il la peine ? Vous êtes tous bien plus expérimentés que moi en guerre terrestre…"

Rajustant mon épaulière d'un mouvement bref, je reposai mes yeux sur la carte du royaume sur laquelle les pions des armées se trouvaient ou devaient supposément se trouver selon nos éclaireurs et autres informateurs. Des données bien fragiles, la guerre avait prélevé son tribut chez nos agents. "Une fois de plus vous avez raison princesse. La division de nos forces ne saurait plus être considérée comme envisageable au vu des ressources de l'ennemi. Vous avez également raison sur le fait que l'Empire est encore trop jeune pour que ses chimères idéalistes survivent à la fin de ces deux créateurs. Le Nord représente en effet le cœur de leur puissance militaire. Transpercer ce cœur nous rendrait évidemment la tache plus aisée. Nous nous sommes en effet fait bien trop d'ennemis à la fois cependant à l'apogée de notre puissance cela n'eut guère été un problème. L'union qui les fédère est la haine de notre existence. Un tel ennemi peut être trompé car les sentiments ne font jamais bon ménage avec la guerre. Voilà donc deux approches messeigneurs, père. La reconquête efficace et calculée de la princesse ou la mienne plus audacieuse mais également plus risquée. C'est à vous qu'il convient de trancher mais tout vaudra mieux que cet immobilisme mortifère !"

Je ramenais mes yeux sur ma belle sœur avant de rebondir sur sa question. "Et nous princesse nous venons tout juste d'éviter une guerre civile déclenché par feu votre époux grâce à votre dévouement. Nous avons un batard pour héritier. Ne le niez point mes braves seigneurs du Conflans je sais que cela vous offusque. Seulement, en entretenant de tels sentiments vous jouez le jeu de nos ennemis. Votre roi est ici devant vous. Si vous avez des remarques à lui faire me concernant n'hésitez pas !  Mais nous avons aussi de la ressource n'en doutez pas ! Les fers nés et les riverains sont très différents il est vrai mais à mes yeux ces différences sont une force. Là ou certains voient de l'opposition, je vois une complémentarité."

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Dernière édition par Yoren Hoare le Mar 7 Aoû - 21:43, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Une alliance de circonstance [Tour IV - Terminé]   Une alliance de circonstance [Tour IV - Terminé] EmptyLun 6 Aoû - 22:27

__ Vous sous-estimez l’ennemi Yoren. Si je pense, tout comme vous que les traîtres riverains ne se seraient pas unis sans la puissance de l’Empire pour les soutenir et que cette fédération de Royaumes ne survivra pas à la disparition de ses instigateurs. Je ne crois pas que Torrhen commettra d’erreur ni qu’il sera trompé par ses sentiments. C’est un homme froid, austère et méthodique en plus d’être un excellent stratège et un grand meneur d’hommes. Il a décidé de nous détruire et il ira jusqu'au bout car il sait qu’il n’a pas d’autres choix. Il sait que s’il ne le fait pas, nous reviendrons attaquer ses terres, tôt ou tard. Il fera tout pour parvenir à ses fins. Peut être que cela, sa détermination, pourrait nous donner des opportunités, mais je ne sais pas encore comment l’exploiter. »

Myria avait posé ses yeux de glace sur chaque personne présente, sondant une à une les expressions des généraux. S’ils attendaient d’être rassurés, ils allaient être déçus. Mais le Royaume devait faire face à cette situation sans précédent et eux les premiers devaient savoir à quoi s’attendre. Ils ne pouvaient plus se voiler la face et sous estimer Torrhen était une erreur à ne plus commettre, cela leur avait déjà coûté trop cher. Buron en était le parfait exemple. Harren et sa bru avaient préféré le prendre en tenaille plutôt que de réunir l’armée dès la mort de Joren, les troupes de ce dernier en avaient payé le prix fort. C’était son idée, et pis, elle avait bien mal joué ses cartes, elle aurait pu sauver bien des vies ce jour là si seulement la peur ne lui avait pas fait perdre ses moyens. Elle en assumait la responsabilité jusqu'au plus profond de ses entrailles, comprenant enfin le coût de la guerre et de l’ambition. Cependant, elle apprenait de ses erreurs.

__ Ce que je sais en revanche, c'est que nos dissensions internes nous ont coûté bien des vies et que cela finira par nous faire perdre la guerre. Je vous remercie, votre altesse, de reconnaître que j’ai servi le Sel et le Roc avec dévouement et fait tout mon possible pour que la trahison de Joren ne nous coûte pas la guerre. »

La princesse lança un regard noir à Harren qui au lieu de le reconnaître et de la récompenser pour cela ne lui avait offert que défiance et mépris. Elle n'oublierait jamais et aurait toutes les peines du monde à pardonner cet affront. Cependant, malgré son ressentiment et sa verve, malgré ce qu’elle avait perdu, elle avait toujours intérêt à ce que le Royaume, et donc son Roi, sorte gagnant de cette guerre totale. Elle avait toute la vie pour récupérer son rang, pour que ses fils aient la place qui leur revenait de droit. S’ils perdaient, elle n’aurait plus rien à récupérer et il y avait, pour le moment, d’autres priorités que les titres et les couronnes. Son ambition en prenait un coup, mais elle était consciente que le temps de la vengeance et des complots était révolu.



La brune reporta son attention sur le Noir.

__ Yoren a raison, nos différences peuvent devenir des atouts si nous cessons de nous quereller et que nous travaillons ensemble. Mon Roi, vous régnez sans partage, mais même le plus Grand Souverain à besoin de conseillers pour enrichir sa vision. Je vous l’ai déjà dit, je me tiendrais à vos côtés si vous le désirez et ferais de mon mieux pour élargir le champ des possibles. »




 
 
 


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MessageSujet: Re: Une alliance de circonstance [Tour IV - Terminé]   Une alliance de circonstance [Tour IV - Terminé] EmptyMar 7 Aoû - 21:52

Une alliance de circonstanceMyria & Yoren
"Si je sous estime l'ennemi votre altesse c'est que je n'ai guère eu l'honneur de lui faire face afin de jauger moi même de ses qualités. La flotte de fer a été mis à tribut pour des manœuvres lointaines mais brillantes. On dirait presque que vous éprouvez de l'admiration pour ce Nordien, ce loup affamé du sang des soldats du Sel et du Roc. Je pourrais le comprendre. Cet homme est compétent et semble entièrement dévoué au seul but qu'il s'est fixé, celui de nous détruire. Un homme de sa trempe fait un adversaire admirable à la hauteur de nos qualités." Un bref coup d'œil vers mon père m'indiquait qu'il ne goutait guère cet éloge sans vergogne de l'homme qui avait fait fondre de plus de moitié ses formidables effectifs guerriers. Cependant, la princesse Myria était dans le vrai concernant le Braenaryon et reconnaitre les qualités d'un adversaire tout en étant lucide sur les siennes propres était un moyen sur de ne pas tomber dans les travers de la sous estimation ou au contraire de son corolaire opposé. Et puis lorsque j'évoquais la hauteur de nos qualités je parlais bien évidemment du roi des rois en personne le souverain le plus craint de Westerors. Celui qui avait agrandi son royaume plus qu'aucun autre avant lui faisant du Sel et du Roc une puissance allant de la mer du Crépuscule à celle de la Nera, du Cap des aigles à la presque ile de Claquepince.

Seul Harren pouvait vaincre le Nordien et ses nuées de fidèles et nous le savions tous raison pour laquelle sa décision mortifère de rester immobile au milieu des collines me hérissait tous les poils du corps. Durant quelques instants, je m'inquiétais de l'état du Noir. La mort de son fils légitime lui aurait il porté un coup si puissant qu'il perdait désormais pied face à une situation aussi critique ? Ou alors, perdre une partie aussi massive de ses formidables armées l'avait il plongé dans le doute  le plus incertain ? Je ne pouvais pas prétendre savoir comment fonctionnait la pensée d'Harren et par le Dieu Noyé j'étais persuadé qu'aucun autre homme ne le pouvait en cet instant. "Un homme bien trop déterminé peut parfois manquer de souplesse princesse Myria ou de recul sur les choses. Si sa détermination finit par tourner à l'obsession des failles inattendues peuvent finir par apparaitre même au cœur des plus solides formations. Un homme esclave de sa haine aussi froide et méthodique puisse elle être peut être manœuvrer je vous l'assure. Un leurre par ici une fausse débandade par là et une nasse peut se refermer aussi bien que sur n'importe quel autre général peu importe à quel point ce dernier peut être brillant."

La Bru d'Harren le Noir posa ses yeux de glace sur chacun des nobles de cette illustre assemblée, sondant et jaugeant l'élite dirigeante de l'armée du Sel et du Roc sans vergogne aucune, sans se sentir le moins du monde intimidée ou handicapée par son sexe. Seule une femme de la trempe de Myria Hoare pouvait se permettre une telle attitude raison pour laquelle en dépit de notre insipide mais amusante bien que vénale rivalité je devais reconnaitre que je l'admirais. Contrairement à bon nombre de ces seigneurs riverains engoncés dans leurs traditions ou de mes compatriotes méprisant la condition féminine je les respectais énormément pour un certain nombre de raisons. Eren ma sœur ainée m'avait formé et protégé avant de me prendre sous son aile alors que nous étions mousses sur un boutre. Aujourd'hui, elle était la femme la plus crainte de tous les océans et peut être de toutes les sept couronnes. Heda, ma chère amie la plus intime et fidèle, seconde sur mon navire et désormais ma conseillère. Ombre dans mon sillage était une guerrière impitoyable et une tacticienne redoutable. Et Myria eh bien Myria était Myria Hoare, la seule et l'unique. La veuve qui avait menée une armée au combat. De manière fort malhabile et couteuse certes mais qui l'avait fait tout de même. 

"Oh mais il s'agit d'un simple constat princesse. Vous avez fait tout ce que vous pouviez afin d'éviter que la folie de Joren ne nous coute tout ce qu'il nous reste. Ce n'est que de la bonne foi que de le reconnaitre." Je ne remarquais pas le regard sombre et courroucé que me porta mon père suite à mes propos élogieux vis à vis de sa Bru. Saisissant une nouvelle fois ma coupe ciselée je la portais à mes lèvres afin d'en vider le contenu d'un trait. La politique s'avérait un exercice bien plus aisé que je ne l'escomptais si jamais l'on pouvait considérer cette tentative de convaincre le sire d'Harrenhal comme de la politique. Si jamais cela n'en était guère, je me fis la réflexion qu'elle devait bien ressembler à cela. Mettre de coté ses ressentiments personnels et ses rancœurs pour quelque chose de plus important. Se mettre d'accord avec l'adversaire de la veille concernant les décisions de demain. Cela avait quelque chose de noble je devais en convenir. Moi, qui avais été bien plus habitué à faire valoir mes points de vue et arguments à coups de tètes dans mes rivaux ou en beuglant le plus fort au cours de débats musclés. Cela avait quelque chose de rafraichissant bien que procédurier. Cependant, toutes ces belles paroles s'avèreraient aussi vaines qu'inutiles si jamais Harren décidait de rester campé sur ses positions.

Faisant signe au page de mon père de me resservir une coupe de vin, les débats interminables ayant toujours eu tendance à m'assécher le gosier. Je fis tourner le breuvage entre mes doigts rugueux avant de reprendre la parole.

Ma belle sœur reporta son attention sur Harren et ne manqua pas d'user de propagande fort bien amenée pour le convaincre de nous écouter ou pour le coup de se fier à elle. Savourant ma coupe de vin, je reconnais bien là Myria et laisse un infime sourire se pavaner sur mes lèvres pourpres. "En effet, père. Nous manions nos armées comme deux forces distinctes avec les insulaires d'un coté et les riverains de l'autre. J'ai dans l'idée qu'une habile combinaison de nos forces pourrait surprendre l'ennemi et assurer plus de puissance à nos troupes. Nous devons apprendre à nous battre de manière novatrice cote à cote afin de déstabiliser nos ennemis. Une réforme me parait nécessaire. Elle fera grincer des dents nos peuples mais j'ai le sentiment qu'unies dans un nouveau paradigme martial nos forces pourraient s'avérer redoutables. Cela permettrait de compenser nos pertes de manière qualitative."
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Dernière édition par Yoren Hoare le Mer 8 Aoû - 20:14, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Une alliance de circonstance [Tour IV - Terminé]   Une alliance de circonstance [Tour IV - Terminé] EmptyMer 8 Aoû - 1:42

Yoren accusa Myria d’admirer l'empereur, il avait raison, elle l’admirait et le craignait autant qu'elle admirait et craignait Harren le Noir, à la différence près qu’elle ne couchait pas avec. Elle préféra ne pas relever plutôt que de démentir ou confirmer. De toute façon, cela importait peu, elle pouvait aimer et malgré tout, tuer, elle pouvait bien admirer et haïr du plus profond de son être. Non pour ce qu'il était, non pour ce qu'il avait fait, bien au contraire. Pas même pour la façon dont il l’avait traitée. Non. Parce qu'il était en train d’accomplir son rêve à elle, sous ses propres yeux et sans qu'elle puisse participer ou avoir la place qu’elle méritait. Le Souverain du Sel et du Roc devait l'avoir mauvaise aussi, pour la même raison. Mais pour elle qui avait des tas de projets de paix et d’unité pour quand elle serait Reine, voir tout cela réduit à néant par l’Empire, c’était une chose atroce, une véritable torture de l'âme.

Un mariage avec le Nord pour pacifier les relations ? Impossible désormais. Faire du Conflans une grande puissance commerciale, la plaque tournante de Westeros ? Pas avant que la guerre ne cesse. Créer un conseil royal avec des Fer-nés et des Riverains en égale proportion ? Mener une politique progressiste pour les femmes ? Tant de lubies utopistes qui ne verraient jamais le jour si elle ne devenait pas Reine. Or, Joren l’avait privée de couronne, mais c’était l’Empire qui, inexorablement, réduisait ses espoirs de la reconquérir.

Mais peut être que tout n’était pas encore perdu.

Sans le coup d’éclat de Joren au pire moment, Harren aurait pu faire face et contrer le Braenarion. Si quelqu'un pouvait le faire, c'était lui. Mais maintenant, était-ce encore le cas ? S’il cessait de n'écouter personne et d’attendre passivement que l’Empire lui tombe dessus, oui. Si non, s’en était fini dû Royaume. La brune tentait le tout pour le tout en essayant d'énerver le Noir, et elle risquait gros. Cependant, lorsque deux égo de mâle se rencontrent, il n’est pas toujours besoin d’une femme pour les exacerber. Elle misait sur l’orgueil de guerrier et de stratège du Roi des Rois pour le faire bouger.

__ C’est bien ce que je compte faire, exploiter sa détermination pour le faire chuter. Tous les hommes ont leur faille, il suffit de la trouver. Quant aux leurres, il faudra prendre des mesures drastiques de contre-espionnage pour que l’Empire cesse d’être si bien informé sur nos déplacements. Inversement, nous semblons toujours avoir un train de retard concernant leurs manoeuvres. »

En fait, je pensais l'avoir trouvée, mais je me suis trompée et cela a coûté la vie à des milliers d’hommes. J’aimerais être sûre de toucher juste la prochaine fois que je ferais bouger mes pions. Mais peut on être sûr de quoi que ce soit dans ce jeu de la mort. Probablement pas.

Harren se contenta de toiser sa bru de toute sa hauteur sans même besoin de se lever et il lui indiqua son siège d’un doigt inquisiteur. Elle retourna donc s’asseoir en espérant avoir fait mouche car vu le regard du Noir, elle avait tout intérêt à garder le silence pour le reste des débats, qui n’en étaient pas vraiment d’ailleurs. Ces échanges entre Yoren et elle au mieux, étaient fort intéressants pourtant, mais le roi n’avait rien dit et cela n’augurait rien de bon. Quant au silence des autres généraux, il n’avait que trop duré, mais malgré ses regards appuyés, aucun n’avait encore dit ce qu’il en pensait. Elle avait envie de les prendre par les épaules et de les secouer, mais se contenta de plonger le nez dans sa coupe de vin chaud et sucré aux épices qu’elle avait fait préparé tout spécialement pour son palais princier.

La princesse soupira bruyamment. Oui, reconnaître son sacrifice et sa loyauté était un simple constat, cela ne coûtait rien et pouvait rapporter beaucoup. Elle avait tout perdu dans l’affaire et pourtant, elle était toujours là, à essayer une fois encore de sauver le Conflans. Yoren lui même l’avait saisi à sa juste valeur et il l’avait dit devant témoin. Celui qui insultait son honneur quelques minutes auparavant, le Prince bâtard que tout opposait à Joren, celui qui était son ennemi de fait, parce qu'il se dressait entre elle et la couronne. L’homme qu’elle avait renvoyé à son statut et qu’elle avait dit vouloir voir mort avait plus d’attention et de reconnaissance envers elle que son Roi et amant et que son bien aimé époux réunis. Ce constat lui donna envie de pleurer et elle se noya une nouvelle fois dans la dégustation de son breuvage personnel. Elle ferma les yeux quelques instants laissant, avec délectation, le liquide doucereux couler dans sa gorge.

La jeune veuve fixa Yoren un long moment de ses prunelles azur. Il n’y avait sur son visage aucune expression, ni dédain, ni haine, ni sourire, ni joie. On aurait dit que quelque chose avait aspiré toute la vie en elle. Il subsistait dans ses yeux une vague lueur de chagrin sur le point de s’éteindre.

Une nouvelle fois, Yoren parla d’unir leurs forces, mais il entrait dans le concret avec une réforme de l’armée et un projet qui sembla intéressant à la Princesse. Elle sortit une seconde de son apathie pour lui offrir un sourire d’encouragement. Elle voulait écouter la suite.

Ce jeune roi était téméraire mais pas dénué de bon sens, tout comme Joren à ses débuts. Elle espérait que le Noir n’aurait pas raison de son ardeur et de sa bonne volonté comme il avait eut raison des qualités de Joren jusqu'à lui faire perdre la raison et des siennes jusqu'à ce qu'elle envisage une toute autre issue pour ne plus subir un destin imposé par un Roi bien ingrat. Elle comprenait de mieux en mieux son cher époux disparu par sa faute et de moins en moins son cher amant. Joren avait lui aussi entamé une réforme des armées du Sel et du Roc, et il avait de nombreux projets politiques et économiques.




 
 
 


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MessageSujet: Re: Une alliance de circonstance [Tour IV - Terminé]   Une alliance de circonstance [Tour IV - Terminé] EmptyMer 8 Aoû - 20:25

Une alliance de circonstanceMyria & Yoren
"Tous les hommes ont des failles en effet princesse de même que toutes les femmes. Peu importe combien l'empereur peut avoir préparé des plans de campagne destinés à l'anéantissement du Sel et du Roc, tous les plans peuvent échouer. Il convient de se placer à sa place et de parvenir à penser comme lui. Car en comprenant un général on peut le déjouer plus aisément. L'hiver est sur nous nul doute que cette donnée sera à prendre en compte. Je doute que les conscrits des différents royaumes ne soient pas impatients de retrouver leurs terres respectives. Vous avez en effet raison concernant le contre espionnage. L'empire semble avoir plusieurs tours d'avance sur la moindre de nos manœuvres. Ce qui est un immense handicap. Il apparait évident que nos agents en territoires ennemis ont du être débusqués et soumis à la question tandis que ceux de l'empire semble avoir réussi le tour de force de nous inonder de mouchards. Je suis de votre avis princesse il convient de rétablir une circulation efficace des informations stratégiques le plus rapidement possible. Sinon, nous risquons de subir d'autres déconvenues malheureuses." 

Déconvenues malheureuses, un doux euphémisme pour qualifier ce que signifierait un autre Buron pour le royaume. Cette boucherie sans nom avait certes été une victoire mais une victoire détestable à la Pyrrhus qui au final n'avait rien changé du tout quant à l'issue de cette guerre. Car si la lutte à mort face à quatre royaumes coalisés pouvait tout à fait justifier une débauche macabre de sang et de vies perdues une issue aussi néfaste qu'une victoire au gout de cendre n'aurait guère d'intérêt si ce n'est celui de continuer d'exister et d'assurer la précaire pérennité du royaume. Il était déjà relativement aisé de comprendre que le temps des conquêtes éclairs et des assauts simultanés sur différentes portions du continent par soif de gloire et de possession était désormais un rêve d'un autre temps tant des milliers de troupiers insulaires comme riverains venaient d'être saignées dans les plaines de Buron. Même le chien de guerre toujours prêt à se salir les mains ou trancher des membres que j'étais comprenais la simple logique de cette chute tragique d'effectifs militaires. Le grand rêve d'Harren n'était pas encore anéanti mais il était tout au moins fortement ralenti par les derniers évènements.

Avec le peu de forces qu'il nous restait nous pouvions certes vaincre l'Empire à condition de la jouer fine et sans la moindre once de pitié. Nous pouvions également espérer mettre un terme abrupte à l'existence de cet insolent Conflans libre mais ne nous leurrons pas la vague inaltérable d'autrefois n'était plus qu'un fleuve certes emmené par un courant puissant mais bien loin de la marée dévastatrice que représentèrent nos armées à l'apogée du royaume. Mon rêve à moi en tant qu'héritier était bien plus modeste mais je n'en ferais point part à mon illustre géniteur de peur de le voir me juger indigne de ce rang qu'il m'avait offert. La princesse avait une fois de plus raison vis à vis du contre espionnage. Etre aveugle au sein de son propre royaume était bien plus qu'insultant, c'était indigne d'une puissance telle que la notre et surtout extrêmement dangereux face à un ennemi aussi organisé et qualifié que les hordes de l'empire. Mon père toisa sa belle fille de son regard le plus hautain avant de lui indiquer son siège d'un geste vague mais empreint d'une pointe courroucée. 

Mon estime quant à la veuve de feu mon détesté demi frère venait de grimper en flèche au cours de cette assemblée militaire cependant au égard à l'expression impassible et vaguement insatisfaite du roi des rois je doutais que nos efforts aboutissent à quoi que ce soit de concret. Autour de nous les généraux du Sel et du Roc restaient de marbre et j'eus envie de balayer ma coupe de vin d'un revers de ma main gantée de fer dans un mouvement d'humeur exacerbé par cette soumission passive signe d'une crainte bien réelle quant aux réactions du souverain. Peut être que l'immobilisme dangereux du Noir tenait au fait qu'il avait pris conscience que ces ambitions excessives sur l'ensemble du continent s'avérerait bien difficile à rendre réelles désormais ? Dans tous, les cas si mon père était exaspéré je commençais à l'être moi aussi. Las de cette ambiance mortifère et pesante, las de cette ombre pesant au dessus de nos tètes, las de la sensation défaitiste embaumant ce pavillon. Par le Dieu Noyé, il fut encore heureux que les hommes ne puissent pas assister à ce conseil car l'élan de moral engrangé à Buron fondrait aussi rapidement que les premières neiges sous les rayons mordorés du soleil. Tandis que la princesse du Sel et du Roc soupirait bruyamment suite à mes éloges tout à fait justifiées à mes yeux car le passé détestable nous unissant elle et moi ne saurait venir souiller les qualités que je lui reconnaissais. Je me faisais la réflexion que c'était cela être un chef. 

Dire que j'avais apprécié chaque capitaine de mon escadrille eut été un mensonge éhonté et pourtant celle-ci était l'une des plus efficaces et redoutées de toute la flotte de fer. Malgré ma mesquinerie passée, je gardais bien en tète que Myria Hoare aspirait peu ou prou à la même chose que moi. La survie et la renaissance du royaume du Conflans et des Iles de fer à travers la victoire face à l'empire et la reconquête des territoires arrachés. Oh, je n'avais rien d'un imbécile ou d'un naïf et j'étais pertinemment conscient que son ambition pour ses fils et elle même rendait notre lien particulier cependant je décidais de passer outre sans hésitation au vu des circonstances. Tentant d'attirer l'attention de mon père et de cette illustre assemblée sur une autre manière de vaincre l'empire que celle de la stratégie car à ce niveau Harren semblait bien décidé à ne pas nous accorder la moindre marge de manœuvre j'exposais mes propositions quant à une réforme de l'armée royale. Car à mes yeux et ce malgré plus d'une centaine d'années d'existence en tant qu'entité la manière de faire la guerre du royaume était toujours tributaire de cette distinction nette entre les deux peuples composant le Sel et le Roc. Je sentis le regard de tous se poser sur ma personne notamment celui de la veuve que je croisais volontairement. "Ce que je veux dire c'est que malgré le siècle d'existence du royaume du Conflans et des Iles de fer nous n'avons jamais cessé de nous battre comme nous le faisions avant la création de cette puissance royale unissant l'océan aux prairies et rivières." 

Encouragé par le sourire aimable de ma belle sœur, je repris la parole ragaillardi par cette infime marque de soutien au milieu d'un colisée de sceptiques et de réfractaires dont le premier s'avérait être Harren le Noir. "Les fers nés pillent avec brio. Les chevaliers riverains forment la plus formidable cavalerie du continent. Et sur les champs de bataille les riverains forment des bataillons qui se battent comme tels et les insulaires des bataillons qui utilisent leurs techniques ancestrales. C'est bien simple cela nous a rendu prévisibles aux yeux de l'ennemi et seul le nombre et la qualité de certains commandements ont pu nous assurer la grandeur." Un sourire mauvais étire lentement mes lippes tandis que je sens chaque officier se tendre autour de moi. Remettre en cause des traditions n'était jamais chose aisée mais s'il y avait bien une chose que les vieux seigneurs détestaient voir remises en cause c'était bien la manière de diriger une troupe ou de la conduire en bataille. Apporter des idées neuves était ce qui avait couté sa tète à mon demi frère enfin seulement en partie car Joren aurait pu tenté de les appliquer sans essayer de mettre fin à l'existence et au règne d'Harren.

Je me rends compte que je ressemble bien plus à ce dernier dans la pensée que ce que j'aurais pu imaginer mais loin de me dégouter ce constat ne me fait ni chaud ni froid. Après tout du sang Hoare coulait dans mes veines et puis les temps créaient les occasions.  

"Car selon moi c'est en abolissant les barrières et les vieilles rancœurs inavouées au sein même de l'armée que nous pourrons parvenir à faire de ce royaume un pays dans lequel chaque habitant peu importe son origine soit conscient et fier d'appartenir à une même nation. Pourquoi croyez vous que tant de riverains aient choisi de passer à l'ennemi ? Parce qu'ils ne nous voient pas comme une richesse potentielle mais comme du poison qui gangrène leur sol. Or mes bons seigneurs le Conflans a t'il été un jour plus prospère que sous l'égide de la lignée Hoare ? Je ne suis pas mestre mais il me semble bien que non ! " Cette fois le brouhaha s'empara bel et bien du pavillon royal et les débats tournaient aux engueulades dignes du marché au port de Landsport. Desserrant ma main de fer, je saisissais ma coupe et la portais à mes lèvres sans quitter ma belle sœur du regard. J'étais curieux de savoir ce qu'elle pouvait penser de ma position. Si elle me voyait toujours comme un vulgaire batard uniquement motivé par le sang et le pillage. Ou si j'avais de mon coté réussi à gagner un peu de son estime là ou elle avait obtenu la mienne. Harren quant à lui semblait sur le point d'exploser et intérieurement cette idée me fit sourire. Enfin, une réaction de la part de mon glorieux géniteur. Il était plus que temps.
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MessageSujet: Re: Une alliance de circonstance [Tour IV - Terminé]   Une alliance de circonstance [Tour IV - Terminé] EmptyJeu 9 Aoû - 0:01

Alors que Yoren exposait la situation vis à vis des puissances neutres, Myria ne put qu’acquiescer d’un signe de tête. C'était un fait, au point où ils en étaient, le moindre renversement des forces aurait d'importantes conséquences. Un Royaume qui décide de rejoindre la guerre, dans un camp ou un autre et c’était la victoire du Sel et du Roc ou son anéantissement qui se jouait.



Il était rageant de voir le peu d’entrain que les soit disant alliés du Noir montraient pour affronter l’Empire malgré ses mises en garde. Encore une fois, les intérêts personnels de chaque Souverain prenaient le dessus sur l’intérêt général, preuve que l’unification était indispensable. Cependant, elle gardait patience, tôt où tard, ses efforts pourraient enfin payer. Tôt où tard, mieux valait le plus tôt possible, ils entreraient en guerre car ils n’auraient plus le choix. Dès lors que la menace de l’Empire pèserait trop fort sur leurs frontières. Il fallait juste prier que cela ne soit pas trop tard pour le Royaume du Sel et du Roc.

Il y avait d’un côté les menaces et les coups de force d’Harren où de Joren et de l’autre là diplomatie emprunte de patience et de douceur qu’elle menait. Il n’était pas toujours simple de concilier les deux, surtout quand un Joren défiait un jeune lion sur un coup de sang, mais c’était à son sens ce qui faisait la force de leur politique et ce même si, ni Joren en son temps, ni Harren désormais n’avaient pleinement conscience de ce qu'elle faisait pour arrondir les angles. Cela avait été son principal rôle dès son entrée dans la famille Hoare, car il fallait bien avouer que la conciliation n’était pas leur fort.



Était-ce le moment opportun pour opérer un tel changement au sein d’une armée affaiblie ? Elle n’avait pas de réponse. La prudence et la raison pouvait dire non, mais si on y réfléchissait bien, cela pourrait aussi être le changement indispensable à la survie du Royaume. S'enliser plus avant dans les traditions alors que, indéniablement, le continent vivait un bouleversement intense pouvait être le signe d’un pouvoir moribond et plonger la culture Fer-née dans l’oubli. Elle se leva pour appuyer Yoren :

__ C’est une excellente idée, et aux traditionalistes qui pourraient s’y opposer, je le dis sans détour : il s’agit de changer ou de périr. »

Elle n’eut cependant pas le temps d'argumenter...

__ SILENCE ! »

Harren le Noir venait de rugir en se levant brutalement. Tout le monde se tut et l’instant resta en suspens, les généraux, comme le souffle coupé, suspendus à ses lèvres. Myria cessa de respirer.

__ Il sera fait comme votre Roi l’ordonne. La Princesse Myria partira au sud rassembler les renforts et cessera définitivement de bafouer mon autorité sous peine de mort. Quant à toi, fils, tu supervisera l’entraînement d’un corps d’élite constitué de Fer-nés et de Riverains que tu organisera comme bon te semble. Nous verrons bien ce qu’ils valent à la prochaine bataille. En attendant, cessez de me rebattre les oreilles avec vos réformes, votre diplomatie et vos stratégies de reconquête. Nous restons ici et nous consolidons notre position, point. Ce conseil est terminé, sortez ! »

Myria ne se le fit pas dire deux fois, emportant sa coupe de vin chaud à l’extérieur plutôt que de rester une minute de plus avec celui qui venait de la menacer de mort. Elle préférait encore de peler les miches le temps de rejoindre sa tente qui n’était autre que l’ancien pavillon de Joren. Buvant d’une traite, elle jeta ensuite rageusement la Coupe en argent ciselé aux armoiries Hoare sur le sol gelé. Elle était tellement en colère, qu’elle avait oublié de remonter son capuchon et ses mèches de cheveux virevoltaient dans le vent glacial.




 
 
 


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MessageSujet: Re: Une alliance de circonstance [Tour IV - Terminé]   Une alliance de circonstance [Tour IV - Terminé] EmptyJeu 9 Aoû - 20:10

Une alliance de circonstanceMyria & Yoren
Un sourire particulièrement amusé s'imprima sur mes lèvres légèrement teintées du pourpre doucereux de l'ambroisie valsant dans ma coupe finement ciselée telle une mer démontée par mauvais temps hivernal. Si, le délicat breuvage se trouvait si vif c'était en raison de la bronca qu'avaient déclenchées mes propositions de réformes martiales. La gigantesque table de campagne grinçait sous l'activité aussi brusque qu'inattendue d'un réveil tardif de la part de ces commandants moribonds. Plus que satisfait tant de mes idées concernant l'avenir de l'armée du royaume et de ce dernier lui même à travers elle, je saisis une fois de plus ma coupe de ma main gantée d'obsidienne et la savoure tout en me délectant du spectacle. L'atmosphère mortifère qui me révulsait quelques instants plus tôt encore venait de voler en éclat suite à mon exposé de la nécessité du changement au sein d'une époque troublée elle même en proie à de drastiques évolutions. Je m'étais toujours dit qu'une saine discussion faite d'empoignades et d'engueulades jetées à la figure valait bien mieux qu'une fausse concertation à l'issue de laquelle tout le monde mimait l'approbation mais dans le profond des cœurs ne se trouvait d'accord sur rien. C'était un mode de pensée très fer né car les continentaux avaient des manières bien plus policées et hypocrites.

Il fallait les voir ces généraux et capitaines se hurler dessus au sujet de mes projets martiaux. Les riverains étaient les plus rétifs et semblaient tels des morts vivants ayant retrouvés un souffle de vie incongru tant ils donnent de la voix pour s'opposer ou au contraire approuver mes envies de réformes. La majorité semblait contre et seule une minorité de barons locaux avait l'intelligence de comprendre l'urgence de mon raisonnement. Evoluer ou disparaitre. Rester engoncé dans une parodie d'art de la guerre ou en créer un nouveau à notre image riche et forte de ses différences comme de ses points communs afin de surprendre nos innombrables ennemis ainsi que compenser nos pertes par une meilleure qualité militaire. S'il m'est arrivé parfois de rêver être prince à une autre époque. Maintenant que le destin en avait fait de moi un, je ne jouais plus. Ma réputation me collerait encore longtemps à la peau cependant je leur prouverais à tous que je n'ai pas usurpé cette place inespérée. Chacune de mes paroles lors de ce conseil avaient été brièvement et rapidement soupesées mais elles l'avaient été. Quant aux seigneurs des mers du Crépuscule, ces derniers semblaient relativement séduits par l'idée. Tant que l'on ne touchait pas à certaines traditions j'étais à peu près certain de remporter leur adhésion massive. Je ne comptais pas supprimer les spécificités de chacun mais les utiliser au mieux de manière inédite.

Mes compatriotes insulaires semblaient attendre que je poursuive toujours intéressé par la question de la guerre mais je guettais la réaction volcanique de mon père qui était resté bien plus longtemps silencieux qu'il ne l'avait jamais été. J'aurais pu continuer d'évoquer encore et encore ces changements militaires que je pouvais littéralement visualiser en fermant les yeux mais la patience du roi des rois avait visiblement été atteinte. Ma belle sœur se leva une nouvelle fois défiant par la même Harren et prit le parti de me soutenir face aux seigneurs du Conflans très opposés à cette idée. La princesse venait de résumer en quelques mots la motivation principale d'une telle réforme mais alors qu'elle s'apprêtait à enchainer afin d'amener les barons à se faire à l'idée le Noir explosa dans un rugissement. Mon sourire en coin disparut aussi rapidement qu'il n'était apparu tandis que mon illustre père se dressait de toute sa hauteur comme drapé d'une aura suffocante. Un coup d'œil vers Myria m'indiqua qu'elle semblait à deux doigts de s'étouffer. Quant aux généraux ils s'étaient tous tu sans exception aucune. Le roi du Conflans et des Iles de fer malgré son âge avancé restait encore capable de tels artifices. Faire trembler tout un pavillon de combattants expérimentés.

J'écoutais le sire d'Harrenhal exposer ses ordres non sans faire preuve de coercition et de sarcasme. Déçu, je laissais un soupir passer mes lèvres tandis que la Bru du souverain claquait les talons en quittant le pavillon royal. Une lueur désolé traversa mon regard courroucé par la réaction de mon père pendant que je regardais ma belle sœur sortir d'une allure altière. Ainsi tout cela n'avait servi à rien ! Nous resterions coincés dans cet immobilisme de vaincu aussi dangereux qu'indigne ! Désabusé et à deux doigts d'une réplique cinglante à mon glorieux géniteur et maitre ainsi qu'à ses loyaux serviteurs je préférais vider ma coupe d'un trait avant de la reposer brusquement sur la table. Puis, me levant je m'inclinais devant mon père et lui lançais. "Bien père, il sera fait selon votre volonté. Je vais tacher d'organiser une force d'élite mêlant infanterie lourde riveraine et infanterie fer née. Bien que je doute de disposer du temps suffisant pour la rendre pleinement opérationnelle. J'ose espérer que les riverains ne traineront pas des pieds." Regard appuyé vers les seigneurs attablés. Oh, je préférerais même qu'ils se montrent rétifs car cela me permettrait de passer mes nerfs sur quelques troupiers peu décidés à obéir à leur roi. "Votre majesté. Mes seigneurs." Faisais je en quittant les lieux à mon tour d'un pas martial dans mon armure d'ébène.

Le vent glacé me fouetta le visage dès le pied sur la neige craquante et je m'étonnai de constater que la princesse Myria se trouvait encore là à quelques mètres du centre de commandement de l'armée du Sautoir. Cette dernière venait visiblement de jeter la coupe dorée au sol et s'apprêtait à rentrer dans ses appartements de campagne, ceux de feu mon demi frère. Pressant l'allure je me portais à sa hauteur rapidement malgré le poids de mon armure et dans un geste cavalier je rabattais ses mèches de cheveux en arrière avant de remonter sa capuche doublée de fourrure sans lui demander sa permission. Nous étions visiblement dans la même humeur suite à ce conseil qui s'était avéré un lamentable échec commun. La manière dont elle me foudroya du regard parvint presque à me tirer un sourire. "Princesse, je tenais à vous remercier pour votre soutien au cours du conseil de guerre. Vos idées stratégiques étaient remarquables. Hélas mon père reste sourd à toute tentative de raisonnement comme s'il s'imaginait que tenir le centre du pays était le meilleur moyen de vaincre un ennemi aussi dangereux que l'empire. Je ne sais pas ce qui lui arrive. Et, j'ai bien peur que cela ne nous coute bien cher." Marquant une courte pause le temps de mettre mes idées en ordre et de ne pas sentir l'écorchement dans ma gorge, je restais là quelques instant face à elle à observer ce petit brin de femme qui aurait du devenir reine un jour prochain, ce petit brun de femme qui était l'une des rares personnes à oser tenir tète à Harren. 

"Je vous souhaite bonne chance pour votre mission dans le Sud. Soyez prudente, l'ennemi serait capable de nous prendre à revers. Je prierais le Dieu Noyé pour que vous reveniez avec nos hommes. Je ne peux rien vous promettre mais si la bataille a lieu alors que vous vous trouvez loin d'ici, je tacherais de garder un œil sur mon neveu." Tournant les talons sans attendre de réponse, je me dirigeais vers le terrain d'entrainement tout en gueulant de manière rageuse les noms d'un certain nombre de sergents fers nés et riverains afin qu'ils rameutent leurs unités respectives. Mon langage n'est guère fleuri et je confesse que je me défoule énormément dans l'exercice. L'agitation ne tarde pas à gagner une partie de l'immense camp.
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