Partagez | 
Même les guerriers ont besoin de repos [Flashback - Terminé]
MessageSujet: Même les guerriers ont besoin de repos [Flashback - Terminé]   Lun 9 Juil - 0:01


Jordane savait comment fonctionnait un palais. C'était comparable à un village. Si vous saviez où tendre l'oreille, vous pouviez tout savoir de ce qui s’y passait sans mal aucun. Le lionne espionnait ainsi depuis quelques jours, les conversations que les servantes pouvaient tenir entre elles. Une mine d’or en informations. Ses pauvres damoiselles aux joues qui rougissaient de bonheur rien que d'évoquer les exploits de leur roi, lui donnaient des frissons d'horreur. Aucunes de ses jouvencelles ne se préoccupaient réellement de la santé de leur souverain. Non ! Seuls ses exploits et ses blessures de guerrier semblaient les tourmenter d’un fantasme passionné : notamment finir dans le lit de ce grand conquérant. Fallait-il en rire ou en pleurer ? Jordane n'était pas du genre à rire de ce genre de malheur, et pleurer encore moins. Torrhen savait ce qu’il faisait et surtout les risques qu'il prenait.

De son côté, au royaume de l'Ouest, la lionne de Castral-Roc savait que les membres du Conseil du palais et même ses boniches seraient emprunts à un bonheur sans fin si elle venait à périr. Sa main d’acier sur la gouvernance en irritait plus d'un. Toutefois, elle s’en moquait royalement - sans faire de mauvais jeu de mots bien sûr - .

Dans tous les cas, pour sa part, elle ne prenait pas à la légère ce que Torrhen avait subi sur le champ de bataille. Sérieusement inquiète, elle se prépara dans sa chambre d’emprunt à rendre visite au souverain du Nord dans ses quartiers privés : ici sa chambre. Celui-ci y était alité depuis son retour, ne présageant rien de bon pour son intégrité physique. Assise devant le miroir, elle terminait de coiffer elle même sa longue chevelure blonde en un chignon romantique. D’un coffret en bois précieux, elle se servit pour y prendre une parure en perles - boucles d’oreilles, collier et bracelets pour les deux poignets. La lionne n’avait pas mise sa couronne. La Reine de l’Ouest n’aurait pas commise une telle erreur. Cette dernière n'était point chez elle pour imposer son rang. Pas d’orgueil mal placé pour un entretien en tête à tête. Surtout avec un Roi blessé chez lequel vous résidez temporairement.

Elle prit la direction de ses coffres, non sans chasser ses servantes envahissantes qui la prenait pour une crétine, incapable de chercher une robe dans ses propres affaires ! La Reine du Roc se mit en quête de la bonne toilette. Mettant de côté tout ce qui faisait trop luxueux, trop brillant, trop hautain. Ses vêtements s’entasserent rapidement sur le bord du lit.  

Son choix se porta finalement sur une robe vaporeuse dévoilant largement sa gorge par un décolleté carré volumineux, tout en cachant pudiquement sa poitrine généreuse par un bandeau froncé avec soin. Elle l'enfile tout en prenant grande attention à ne pas se décoiffer. Le miroir qui couvrait un petit pan de mur, lui renvoya une étrange image : celle d'une femme encore jeune pour son âge, aux traits fins et graciles malgré l'absence de maquillage qui ornait d'habitude son visage. Une certaine douceur s’en dégageait. Seul son regard trahissait le vécu de son existence difficile de Reine. Ses prunelles bleus délavées par les labeurs répétitives et la solitude que le pouvoir vous offre en cadeau. Un châle en laine termina de parfaire sa tenue. Il couvrait avec grâce ses bras nus.

Enfin prête, elle se saisit du plateau posé sur une commode où reposait une assiette fumante de ragoût de lapin qu’elle avait elle même préparée quelques minutes plus tôt en cuisine sous les contestations des serviteurs du château royal. Bien sûr, son légendaire caractère les firent reculer ô combien agacés de ne pouvoir remettre cette femme à sa place. Mais laquelle ? Ne riez point. Elle serait un démon que personne ne trouverait cela étrange dans sa finalité. Une carafe d’alcool forte, une cruche de vin et une coffret y avait également élu domicile. Ce fut ainsi qu’elle traversa les couloirs du palais pour rejoindre la chambre du Seigneur des lieux. Sa toilette ne laissa guère indifférent bien des gardes du palais, qui se retournaient sur son passage pour admirer l’assemblage de voiles flotter avec légèreté à chaque pas de la lionne, tout en dessinant avec finesse ses courbes qui n’avaient rien à envier à une jeune jouvencelle qui n’avait pas encore fêtée son dix-huitième anniversaires.

Dire qu’elle, la lionne de Castral Roc avait dû demander une autorisation pour avoir droit à cette audience… enfin… dans le fond elle pouvait comprendre Torrhen, avec toutes les péronnelles, valait mieux filtrer les visites. Une fois devant sa porte, elle s’arrêta, frappa deux fois et s’introduit. Sans même poser un regard sur son hôte, elle referma la lourde porte. Par contre, quand la lionne posa les prunelles sur le Roi du Nord, elle ne put qu’hausser un sourcil en le voyant ensevelit sous une montagne de couvertures et de fourrures… on voulait le tuer ou quoi ?  

Sans un mot, juste une légère révérence pour le saluer, elle vint directement s’asseoir sur le bord du lit après avoir poser le plateau sur sa table de chevet. Dans un geste doux et lent, sa main se posa sur la joue brûlante du monarque.

- Ce n’est pas la forme à ce que je vois…

Ce n’était point une critique ou une moquerie. Torrhen, ne pourra voir qu’une expression contrariée semblable à une mère regardant son enfant malade.
avatar

Feuille de personnage
Titre de Noblesse ou Métier: Reine du Roc
Âge du Personnage: 37 ans
Allégeance: Ma loyauté va à moi-même.
Messages : 434
Membre du mois : 81
Célébrité : Charlize Theron
Maison : Lannister
Caractère : Intelligente ▪ Manipulatrice ▪ Séductrice ▪ Dévouée ▪ Déterminée ▪ Fière ▪ Autoritaire ▪ Cultivée ▪ Elégante
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
MessageSujet: Re: Même les guerriers ont besoin de repos [Flashback - Terminé]   Ven 13 Juil - 22:31

J’avais la bouche pâteuse. Un mauvais goût sur le palais. Comme après une mauvaise cuite. J’ai mal à la tête, comme après une soirée bien arrosée. Et je suis fièvreux, je le sens par le sentiment d’être recouvert d’une sueur glacée. Je connais la sensation. J’essaie de me redresser dans mon lit mais j’échoue et m’affale sur le côté, en toussant bruyamment dans ma barbe. Je dois m’essuyer la barbe d’un revers de la chemise que l’on m’a enfilée avant de m’endormir. Quelques jours de retour à Winterfell, mais je reprenais à peine du poil de la bête. Le voyage dans cet état m’avait laissé à bout de forces, et alors que je m’étais essuyé la barbe, j’avais bien vu mon poignet et mon avant-bras ; j’avais perdu du poids. Pas qu’un peu. Je ne savais pas exactement de quoi avait été enduite cette flèche sauvageonne, mais ça avait été virulent. D’après Mestre Rorshar, j’avais failli mourir dans les trois jours qui avaient suivi la bataille. Ca n’avait pas été de tout repos de se battre contre ces bêtes sauvages.


J’avais entendu les hurlements de leurs prisonniers portés sur la croix, dans un cauchemar éveillé et des songes perturbés par la fièvre, mais je m’étais gargarisé de ces bruits terribles, qui finiraient toutefois par me hanter comme tous les autres sons de toutes les autres batailles de mon existence. J’avais erré pendant des jours à la frontière de la réalité et du songe, sur le limes de l’inconscience et du cauchemar de l’attente de la mort. Je n’avais rien su avaler les deux jours où la fièvre avait été la plus forte, et j’avais déliré. Puis, alors que je pensais mourir pour de bon, la fièvre avait doucement reflué. Trop faible pour parler ou pour bouger, ou pour manger seul. Je n’étais pas encore assez éveillé pour concevoir l’état pitoyable et humiliant dans lequel je me trouvais.


Lentement mais sûrement, je reprenais du poil de la bête. Je ne sentais plus la partie droite de mon corps, là où la flèche avait percé mes côtes notamment. Mais je savais que ce n’était que provisoire. Les Anciens Dieux m’avaient souvent visité dans mes songes. Et parlé aussi. Sigyn avait été plus présente que jamais ; elle avait susurré mon nom tant de fois au creux de son oreille, me demandant quel chemin j’avais emprunté et à quoi je vouais le reste de mon existence.Harren. C’était la haine qui me portait. La haine qui m’avait fait vivre. Je savais que le courrier s’entassait en vue des noces de Jeyne, et je savais que je devais me remettre rapidement sur pieds. Sinon, j’allais passer pour faible. C’était hors de question ; je devais être fort, pour ma fille, pour mes autres enfants. Pour le nom des Stark, atteint jusque dans la mort de mon frère bâtard, et pour le Nord tout entier, sous le coup, déjà d’une nouvelle invasion sitôt celle des sauvageons abattue, Harren le Noir se mettait maintenant de la partie. Les choses se précipitaient. Les pièces de chaque joueur avançaient désormais. Il était temps d’agir.


Et moi, je ne pouvais tout simplement pas rester dans ce putain de lit.


On vint me déranger, pour m’indiquer que la Reine du Roc venait me voir. Je fronçais les sourcils, ce qui me sembla être un effort déjà important. Elle, ici ? Nous avions parlé, déjà plusieurs fois. Et j’avais emmené son fils dans ma guerre, au motif que je ne laisserais pas ma fille à un puceau du combat. Je n’avais rien eu à redire de l’attitude du Lionceau. Les sudiens se baladent en armures plus lourdes qu’eux, ce qui les rend nettement moins souples au combat, mais ils restent solides et efficaces. Difficile de se faire une impression sur seulement quelques hommes. Je respectais la Lannister, elle mavait laissé une impression toute autre que les hommes de sa famille avaient laissé chez moi. Dure et intelligente. Elle était bien plus dangereuse que beaucoup. Et elle avait l’expérience…


Même si son pays n’avait pas fait la guerre depuis plus de vingt ans. Presque une vie d’homme, à l’échelle de ce qu’on vivait au Nord depuis bien avant ma naissance. On la fait entrer, un Garde-Loup entre et ressort, le temps de la laisser passer. Elle referme la porte. Si c’eut été physiquement plus facile, j’aurais sans doute souri. Discrètement vêtue comme toujours, mais ce n’était que pour rehausser sa beauté. Je suis presque choqué de son outrecuidance, quand elle vint s’assoir sur le bord du lit et me touche la joue râpeuse d’une barbe de deux mois, la durée de la campagne contre les sauvageons, aller-retour. Je ne me dérobe pas au contact ; je ne lui laisse que comprendre qu’elle a franchi une limite de bienséance, mais elle le sait déjà. La seule question qui m’assaille malgré la fièvre, c’est qu’elle le fait à dessein… Mais lequel ? ma voix est rocailleuse, ma gorge parcheminée par le manque d’eau, mais je n’ose avouer que je ne sais porter le lourd godet de bronze à mes lèvres.



| Les Dieux ne m’ont pas encore fait l’honneur de m’appeler à leurs côtés, mais ce fut de justesse. Les sauvageons enduisent souvent leurs armes de poisons divers et variés, les veules. |


J’essaie de mieux me caler contre les coussins.


| Et vous-même, votre Grâce ? Vous ne vivez pas trop durement nos conditions nordiennes ? Le mariage approche à grands pas. |








Spoiler:
 
avatar

Feuille de personnage
Titre de Noblesse ou Métier: Roi du Nord, Sire de Winterfell.
Âge du Personnage: 36 ans
Allégeance: Ma loyauté va à moi-même.
Fire, Blood and Winter.
Messages : 20166
Membre du mois : 179
Célébrité : Christian Bale
Maison : Braenaryon
Caractère : Pragmatique - Inflexible - Juste - Ripailleur - Courageux - Passionné.
Fire, Blood and Winter.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://vetrragnarok.forumactif.org/
MessageSujet: Re: Même les guerriers ont besoin de repos [Flashback - Terminé]   Sam 14 Juil - 0:49


Jordane ne put que constater le triste état dans lequel se trouvait Torrhen, il lui aurait presque fait mal au coeur si ce dernier ne s'était pas endurci toutes ses années loin d'une chaleur humaine salutaire pour qu'il ne s’assèche point. Il avait tellement maigri... sa barbe... pourtant en le voyant ainsi, elle retrouvait l'époux qu'elle avait idéalisée dans sa jeunesse. Elle ne pouvait point dire que Torrhen n'était point un grand Souverain, car bien des hommes seraient morts depuis bien longtemps et auraient abandonnés le combat contre le poison. Mais pas lui. Il tenait bon. Dans un entre deux mondes, où la Mort lui tendait les bras pour l'emporter avec elle dans un étrange paradis sans queue ni tête que celui d'avoir perdu la vie dans la férocité d'un combat. Etait-ce la Foi en la justesse de ce combat qui faisait la grandeur du guerrier ? Peut-être que oui, mais elle n'était point Déesse en terre païenne pour connaître la vérité.

Elle lui sourit quand il l'appela "Sa Grâce".

- Je vous en prie. Pas de ça en cet instant. Je ne porte point ma couronne. Je ne suis qu'une femme qui vient au chevet du Souverain du Royaume du Nord pour en prendre soin. Ne vous occupez point de moi, je ne suis pas du cristal, je ne me briserai pas.

Sa voix se fit douce, sans remontrance, sans moquerie, ou tentative de domination si mal venue dans un moment qu'elle désirait intimiste.

La Reine de l'Ouest savait ce qu'elle avait à faire. Elle se redressa lentement pour se lever et retirer toutes les fourrures du lit du Souverain, puis le surplus de couvertures. Elle ne reposa que les pièces de peaux nécessaires pour le tenir au chaud. Elle opérait avec soin et organisation, repliant tout et les empilant soigneusement.

Jordane prit certaines fourrures qu'elle enroula pour en faire des coussins moelleux. Les posa sur le bord du lit, et posa son regard azur sur Torrhen. Un regard presque doux. Compatissant. Elle vint délicatement glisser une main sur sa nuque et l'autre sur son torse qui termina sa course dans son dos. Elle le ramena avec tendresse contre son sein pour le redresser un minimum pour l'asseoir dans son lit. Lui tenant toujours la nuque pour le maintenir dans ses bras, elle saisit de son autre main les coussins improvisés qu'elle plaça soigneusement dans son dos. Pendant ce lapse temps le Roi du Nord n'eut qu'une seule et unique vue : la poitrine généreuse de la Reine de l'Ouest. Ça ne dura pas bien longtemps, une poignée de minutes et sans brusquerie, il put se sentir partir en arrière. Bien calé en position assise.

Toutefois, elle ne s'arrêta pas la... elle découvrit son flanc pour observer sa plaie. Se pencha pour en humer l'odeur... scruta la couleur de sa blessure encore bien présente... Puis elle huma la flagrance de sa peau. Approcha son visage délicatement du sien pour sentir son haleine. Au point que Torrhen aurait pu croire qu'elle chercha à l'embrasser. Mais non, elle ne fit que se retirer pour prendre le coffret qui reposait sur le plateau qu'elle avait apporté. La reine de l'Ouest l'ouvrit, prit un flacon dedans... le dé-bouchonna pour en mettre généreusement sur la plaie qui semblait avoir été, heureusement, bien nettoyée. Son père lui avait enseigner à se servir des poisons, et que serait une bonne empoisonneuse si elle était incapable de les reconnaître et de s'en prémunir ? Pas grand chose ! Hélas...  

Une fois l'ouvrage terminé, elle remit bien à sa place ses vêtements, puis la couverture.

La lionne se leva à nouveau tout en prenant le gobelet en bronze, alla le vider et le remplir de bon vin frais qu'elle avait apporté quelques minutes plus tôt. Elle y versa un filet de l'élixir qu'elle avait déjà mise sur sa plaie. Remua doucement. De nouveau assise auprès du Souverain alité, ses mains vinrent cueillir les siennes. Les soutenant pour l'aider à porter le fardeau du gobelet précieux.

- Buvez. Cela vous fera le plus grand bien pour faire tomber votre fièvre. Vous devez avoir la gorge totalement sèche. Mais comme je vous sais méfiant...

La Lannister ne finissa pas sa phrase, elle lui montra le niveau du vin dans le gobelet, puis ses mains enveloppant toujours les siennes, le guida à ses lèvres. Elle en but de généreuses gorgées. Puis lui montra à nouveau le niveau du vin qui avait descendu.

- Vous voyez ? Il n'y a aucun risque.

avatar

Feuille de personnage
Titre de Noblesse ou Métier: Reine du Roc
Âge du Personnage: 37 ans
Allégeance: Ma loyauté va à moi-même.
Messages : 434
Membre du mois : 81
Célébrité : Charlize Theron
Maison : Lannister
Caractère : Intelligente ▪ Manipulatrice ▪ Séductrice ▪ Dévouée ▪ Déterminée ▪ Fière ▪ Autoritaire ▪ Cultivée ▪ Elégante
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
MessageSujet: Re: Même les guerriers ont besoin de repos [Flashback - Terminé]   Mer 18 Juil - 23:01

Je n’appréciais pas la présence d’une étrangère dans mon antre. Ca ne réveillait pas de la colère, mais ça me rappelait à un fort sentiment de honte et d’échec. Je n’étais pas tant marqué que ça mais je n’avais pas pour habitude qu’on me voie dans mon intimité, et dans les circonstances présentes elle se confondait largement avec une certaine fragilité. J’étais le Roi du Nord, le Loup de Winterfell. D’ordinaire, je fendais ses couloirs paré de mes cuirs, de mes armes et de mes éléments d’armure ou de fourrures épaisses. Et voilà que j’étais vêtu d’une simple chemise de laine, abandonné dans un lit. Comme un loup aux pâtes brisées, un canidé famélique qui n’avait plus de chasseur que la gloire passée au lustre qui perdait de son éclat. On avait dit de moi que j’étais un Roi-Guerrier, et très tôt dans ma vie je n’avais jamais conçu que je puisse être un souverain différent de cette image martiale. Je devais me refaire. C’était mon nouvel objectif. Dès à présent, je devais faire en sorte de vite guérir de ces fièvres malignes, de reprendre des forces. Je devais vite me remontrer à l’entraînement pour éviter de laisser courir les rumeurs sur mon état ou sur des histoires d’infirmité éventuelle. Il ne fallait pas que les soldats puissent douter, surtout pas après la nouvelle qu’Harren envahissait déjà le royaume par le sud.


La guerre était encore à mes portes et je ne pouvais pas me permettre de perdre du temps à lambiner.


Je coule un regard sérieux vers Jordane. Nous avions déjà beaucoup échangé sur la route, et avant que je parte en campagne avec son fils pour accompagner les miens, pour qu’il prouve sa valeur au Nord… Et sa dignité à prétendre à la main de ma fille. Comme une simple servante, la Reine de l’Ouest se met à bouger les couvertures, les draps et les fourrures. Elle se fait compréhensive, compatissante. Et elle commence à m’aider à me redresser. Je comprends, malgré l’épuisement et les relents de fièvre, que ce sont des gestes à dessein ; ce n’est pas le moment d’en profiter et Jordane Lannister n’est pas une femme de passion, de cela je suis convaincu. Ce n’est pas plus le moment ou le lieu pour ce genre de choses, donc je conçois qu’elle s’imprime dans mon esprit sous un jour volontairement plus sensuel. Pour faciliter de futures négociations ? Pour que les liens entre Nord et Ouest soient encore différents d’une « simple » union maritale ? Allez savoir. Je la laisse finir. Ne manifeste ni embarras ni inconfort.



| Vous restez quoiqu’il arrive la Reine de l’Ouest. Et la femme d’un autre homme. Les usages ici sont importants, Majesté. Pour moi comme pour les autres. C’est aussi une marque du respect que j’ai pour vous. Nous sommes tous deux souverains. Et nous représentons nos pays, même ici… Vous êtes belle et vous me soutenez, et moi, je vieillis trop vite et je suis couché, mais toujours vivant. Comme mon pays. Je suis là, couché comme un vieillard. Une nouvelle guerre m’attend déjà. |


Je ne bois pas ce qu’elle engloutit pourtant pour me rassurer. Je repousse du plat de la main le récipient. Je n’avais pas plus confiance ; je savais Jordane suffisamment intelligente pour avoir quoiqu’il en soit un antipoison sur elle, mais ce n’était pas le cœur du problème.


| Je vous remercie mais le mestre m’a déjà prévu ses décoctions. Il me connait depuis ma naissance ; il sait aussi quels poisons utilisent les sauvageons. Je ne doute pas de vos compétences mais… Cela pourrait jaser. Où une dame de votre parage a-t-elle appris l’utilisation des plantes ? Il y aurait là l’explication à quelque disparition suspecte au Roc, dans votre cour…[/b] |


Je ne l’accusais de rien, jamais, mais mon ton était curieux. Chez nous, la connaissance des herbes était vitale, mais elle était contrôlée, mal vue par ceux qui étaient susceptibles de se faire accuser de sorcellerie… Comme l’étaient les femmes.








Spoiler:
 
avatar

Feuille de personnage
Titre de Noblesse ou Métier: Roi du Nord, Sire de Winterfell.
Âge du Personnage: 36 ans
Allégeance: Ma loyauté va à moi-même.
Fire, Blood and Winter.
Messages : 20166
Membre du mois : 179
Célébrité : Christian Bale
Maison : Braenaryon
Caractère : Pragmatique - Inflexible - Juste - Ripailleur - Courageux - Passionné.
Fire, Blood and Winter.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://vetrragnarok.forumactif.org/
MessageSujet: Re: Même les guerriers ont besoin de repos [Flashback - Terminé]   Jeu 19 Juil - 1:09

Jordane regarda sans émotion, au premier abord, Torrhen repousser le gobelet du plat de la main, et lui tenir un discours fort galant. Rappelant son rang et le sien. Mais certains mots lui déplurent considérablement : "La femme d'un autre homme". Jordane dans toute son existence n'avait jamais point eu besoin de soulever ses jupons et de se donner à un quelconque homme pour négocier ou tisser des liens solides ou pas pour une Alliance. Et le Souverain du Nord aurait eu droit en temps normal, au regard courroucé de la Lionne de Castral-Roc. Toutefois, ce n'était vraiment pas le moment de s'ombrager. Au lieu de cela, elle ne fit que rire. Un long rire où elle finit par s'esclaffer joyeusement.

- Très cher... Je crois que la fièvre, vous laisse imaginer bien des choses, rassurez vous, je ne suis point le genre de femme qui s'allonge. Et sur le ton du badinage, je peux vous affirmer que même mon Roi d'époux monte plus facilement un cheval sauvage qu'il ne le peut avec moi.

La lionne n'eut aucune honte à dire de tels propos. Elle conserva entre ses paumes la coupe plongeant ses prunelles dedans pour observer son propre reflet dans le liquide.

- Vous tenez des propos bien noirs, vous n'êtes point vieux. Le temps nous rattrape tous autant que nous sommes : gueux, bourgeois, commerçant, marin ou roi... Je vais bientôt avoir mes quarante ans... avec presque vingts ans de règne derrière moi. A aucun moment je ne me considère comme vieille ou que mon royaume le soit. Il y a comme une forme de transfert qui s'effectue quand on est Souverain. Votre nation porte l'image que vous lui donnez et vous, vous portez sur vos épaules le poids de son âge, de son histoire, de ses guerres passées ou à venir. Nous devenons les deux faces d'une même pièce.

La Reine de l'Ouest releva doucement les yeux vers Torrhen, mais son expression avait changé. C'était un regard plein de détermination bienveillante :

- Pensez vous vraiment que votre place est ici ? Amaigri ? Affaibli ? Moi, je peux répondre à cette question : C'est non ! S'il y a bien une chose dont je suis sûre et certaine, c'est que votre réputation de Roi Guerrier n'est point usurpé, car avec le poison que vous avez eu, à travers cette flèche, il y a longtemps que des hommes, Roi ou pas, serait mort. Il faut une volonté de fer pour tenir ainsi. Qui plus est, je n'ai point envie que ma future belle fille, pleure son père. Que pensez vous donc ? Que votre fille ne se ronge pas les sangs de vous savoir ainsi alité dans votre lit ? Savez vous que dans votre palais les péronnelles prêtent à tomber à vos pieds se compte par centaine ! Mais pas une seule ne se préoccupent de votre santé ! Elles ne font qu'une chose : propager vos exploits et votre état de santé si mauvais pour le moment. Et votre fille ne peut, quand elle, que prier pour vous.

Elle marqua une pause, alors qu'elle venait de tenir ce discours d'une voix tempérée, les yeux dans les yeux avec le Souverain du Nord. Sans les baisser une seule fois. Déterminée comme elle a toujours su l'être.

- Ne cherchez point de réponse à des questions auxquelles je ne pourrai répondre sans trahir mes propres secrets. Mais sachez juste une chose, si j'avais désiré vous faire du mal, la chose aurait déjà été faite rien qu'avec cet élixir... c'est le même que celui que j'ai mis sur votre plaie. Votre santé demande un certain savoir faire. Un savoir faire que je mets au service du père de ma belle fille. Au Souverain des terres du Nord chez lequel, je réside pour le moment pour préparer le mariage de nos enfants... Votre état ne demande point d'attente... et personne ne peut savoir quoi que cela soit, si les seuls individus qui sont entre ses murs n'en parlent point.

Jordane tendit a nouveau le breuvage au Roi Loup.

- Je vous prie de me faire cette faveur, au nom de votre santé, de votre fille qui tient à vous... Dites vous que je ne suis peut être que le pion de l'un de vos dieux, qui m'envoie juste pour remonter les bretelles d'un de leur enfant car son heure n'est point arrivée et qu'ils veulent lui rappeler par le billet d'une Lionne qui a passé sa vie à se battre et qui se bat encore. N'oubliez jamais cet adage qui est le mien : Le lion se pavane pour exhiber sa crinière, la lionne, elle, lève les yeux vers l'horizon et veille sur l'avenir. Torrhen... vous êtes un Souverain qui a de l'avenir. Votre vie ne s'arrêtera pas dans un lit, ni aujourd'hui, ni demain, car ce n'est pas la place d'un guerrier de votre carrure...

La lionne de Castral-Roc n'avait jamais peut être de toute sa vie, fait preuve d'autant de sincérité dans ses propos. Pour cause, elle le pensait vraiment. Cet homme la touchait sincèrement par ce qu'il était : un vrai souverain guerrier. Un homme qui savait aller au front et qui n'avait pas peur d'en découdre. Un homme a la volonté d'acier, aussi inflexible que la lame d'une épée à deux mains. Elle avait de l'admiration pour ce dernier.



Cadeaux de Tricia:
 
avatar

Feuille de personnage
Titre de Noblesse ou Métier: Reine du Roc
Âge du Personnage: 37 ans
Allégeance: Ma loyauté va à moi-même.
Messages : 434
Membre du mois : 81
Célébrité : Charlize Theron
Maison : Lannister
Caractère : Intelligente ▪ Manipulatrice ▪ Séductrice ▪ Dévouée ▪ Déterminée ▪ Fière ▪ Autoritaire ▪ Cultivée ▪ Elégante
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
MessageSujet: Re: Même les guerriers ont besoin de repos [Flashback - Terminé]   Mer 25 Juil - 0:32

Je sais qu’abolir les distances ne peut répondre qu’à un impératif volontaire, un but politique. Hors de question que je laisse quoi que ce soit qui puisse être utilisé contre moi. Je savais que je devais bientôt retrouver la Reine du Val, et je savais aussi que le contenu de nos échanges serait également plutôt tendancieux. Mais ce n’était pas la même situation. Jordane Lannister était mariée. Et nos pays, bien que bientôt unis maritalement, n’étaient pas alliés. C’était un coup de poker que je tentais, pour neutraliser l’alliance entre Castral Roc et Harrenhal. Je devais préserver à tout prix la non-bélligérance du Roc car je savais déjà que le Noir projetait une attaque massive du Nord alors que nos effectifs étaient déjà déplacés vers le septentrion. Winterfell n’était pas sans défense, et j’avais envoyé un corps rapide en mouvement sur Moat Cailin pour prévenir l’invasion que l’on m’avait signalée. C’était finalement ça le seul et unique but. Alliance si importante ne s’embarrassait pas de sentiments. Et pas de sexe. Surtout pas de sexe. Je voyais bien la sensualité dans les gestes de la Lannister. Mais ce n’était pas le lieu ni le moment pour ça. Elle était mariée et ce genre d’attitude, même sans geste outrancier ou parole déplacée, n’avait pas à avoir cours entre deux souverains.


Nous n’étions pas amis ; nous étions les beaux-parents de futurs souverains qui devaient relier deux royaumes. Je me fichais bien du rapport qu’elle entretenait avec son volage d’époux, leurs affaires ne me concernaient en rien. L’important était que l’Ouest ne bouge pas au moment où je porterais à mon tour la guerre au sud, une fois que j’aurais vaincu la première armée du Noir, cette avant-garde envoyée alors que le « Roi des rois » se battait déjà sur un front à l’est. Je respectais la Reine de l’Ouest, mais il n’empêchait que je ne tolérerais pas qu’elle tente de profiter d’une façon ou d’une autre de mon état. Je me sentais assez faible comme ça sans qu’elle en rajoute avec ses artifices de femme.



| Tant mieux alors. Vous êtes mariée. Ce qu’il se passe entre vous et le Roi votre époux ne regarde que vous. |


Et moi, je n’étais qu’un vieux loup qui se léchait les plaies en attendant la prochaine bagarre, car prochaine il y aurait, de cela au moins j’étais certain. La souveraine de l’ouest garde la coupe entre les mains comme si elle comptait en faire autre chose. Comme si elle ne renonçait pas. Je lui jetais un regard torve. Il ne fallait pas jouer avec moi quand j’avais décidé quelque chose. L’exemple type était ma politique ; je savais que je n’avais aucune chance seul contre Harren. L’Ouest était neutralisé par le mariage mais n’allait pas tenir avec nous pour autant. Le Val nous suivrait-il ? Tout dépendrait de nos négociations futures avec Sharra. Et les Targaryen ? L’envie et le besoin y étaient, mais comment faire pour se souder quand on était si différents ? Malgré toutes ces difficultés, il était hors de question que je renonce. Que je fasse un seul pas en arrière. J’irais affronter Harren, même si c’était la dernière chose que je devais faire. Elle me dit que je ne suis pas vieux, et me fait la leçon sur ce qu’est être Roi. Croit-elle que je pourrais l’oublier ne serait-ce qu’un seul instant, avec tout ce que nous vivions actuellement ?


Je la toise, elle sait trouver les mots.



| Je suis commandant de corps d’armée depuis presque vingt-cinq ans. J’ai tué mon premier homme bien avant de me marier, ou même d’envisager de le faire. Je n’ai connu que ça. Au diable les jouvencelles, elles n’apportent jamais que le malheur. Il n’y a qu’une seule vérité que m’a enseigné le rôle de Roi, votre Grâce. Il n’y a pas de destin, mais ce que nous faisons. Et les royaumes ne forgent leur histoire que dans l’ardent creuset de la guerre. Vous avez une idée sur le temps que j’ai passé entre ces murs, à élever ces enfants qui me reconnaissent à peine et à retrouver une femme qui ne me reconnaissait pas plus ? Ces périodes de relâche mises bout à bout… Moins de cinq ans, en vingt années. IL y a toujours eu un ennemi à combattre. Il y a toujours eu des ponts à construire, des ports à aménager, des clans à rencontrer et des fortifications à relever. Des ennemis, il y en a toujours eu et il y en aura toujours. Je peste de me retrouver dans cet état car l’ennemi suivant se presse déjà aux portes sud de mon royaume et que je dois au Nord d’aller le combattre, comme je l’ai toujours fait. J’enrage de rester ici, inutile et amoindri. Je dois mener mes loups au sud avant qu’il ne soit trop tard. Plaise aux dieux que je survive. Ils ne m’ont jamais voulu. Faucher mes frères, ça oui. Tous mes frères. J’en ai donné quatre au Nord et à sa survie. Les quatre que j’avais, je n’en avais pas plus à donner. Et hier je partais en guerre avec mes fils. Demain à nouveau. Le tribut sera toujours plus lourd, mais les dieux ne veulent pas encore de moi. Et bien, c’est parce que la moisson écarlate est loin d’être terminée. |


J’étais convaincu depuis le temps d’être spécial à leurs yeux, mais je savais bien sûr que ça n’avait rien d’une qualité. Etre reconnu des dieux n’amenait que son lot de larmes et de privations. Je secoue à nouveau la tête à sa proposition.


| Non, je vous remercie et je déplore votre embarras, mais je m’en tiens aux remèdes du vieux mestre et à la volonté des dieux. Je leur fais toute confiance pour me rafistoler rapidement pour me jeter à corps perdu dans la prochaine boucherie. Parlez moi plutôt des préparatifs de mariage, qui se sont faits pendant ma campagne contre les sauvageons. C’est ça, le prochain sujet d’importance. |








Spoiler:
 
avatar

Feuille de personnage
Titre de Noblesse ou Métier: Roi du Nord, Sire de Winterfell.
Âge du Personnage: 36 ans
Allégeance: Ma loyauté va à moi-même.
Fire, Blood and Winter.
Messages : 20166
Membre du mois : 179
Célébrité : Christian Bale
Maison : Braenaryon
Caractère : Pragmatique - Inflexible - Juste - Ripailleur - Courageux - Passionné.
Fire, Blood and Winter.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://vetrragnarok.forumactif.org/
MessageSujet: Re: Même les guerriers ont besoin de repos [Flashback - Terminé]   Ven 27 Juil - 0:19



Jordane se mit a regarder Torrhen un peu comme une bête bizarre... Elle ne comprenait pas du tout d'où venait son idée saugrenue de faire une fixation sur son mariage et le fait qu'elle était mariée. C'était quoi son souci précisément ? Elle cligna des yeux... se mit a réfléchir... avant de n'avoir à l'esprit qu'un seul et unique instant qui aurait pu laisser penser à une tentative de le mettre dans l'embarra d'une relation adultérine : quand elle le serra contre son torse pour le tenir et l'aider a se redresser.

- SACREBLEU !  s'écria-t-elle soudainement en enlaçant mieux son chandail autour de ses épaules.

Elle venait de comprendre que le souverain avait eu le visage bien ancré a sa poitrine ! Les habitudes de mère qui s'occupait de ses enfants malades ne vous quittaient guère malgré le temps qui passait ! Et d'un malheureux geste instinctif et maternel, le Roi du Nord s'était mis en tête qu'elle voulait le chevaucher... Une grimace apparue au coin de ses lèvres. Ce n'était point parce qu'une femme pouvait admirer un guerrier méritant qu'elle désirait visiter ses draps ! Fallait pas jeter les petites vieilles dans les plantes urticantes ! Elle n'était pas une pucelle nom d'un chien enragé ! Mais une femme mûre avec trois enfants ! Bon elle aurait pu coller Gareth en quatrième positions car elle s'en était occupée aussi comme son propre fils. Et cela n'avait pas été de tout repos !

- Ah ! Non non ! Je... je comprends mieux votre... souci ! Non ! Arrêtez vous tout de suite ! Ce n'est pas du tout ce que vous croyez ! Je ne mange pas de ce pain là ! Faut que vous sachiez, que bien que je sois Reine, j'ai toujours mis un point d'honneur à m'occuper moi même de mes enfants. J'ai allaité mes trois enfants jusqu'au trois ans de ma cadette, la princesse Nyméria. J'ai soigné moi même mes enfants, en refusant qu'un mestre s'en occupe car je n'avais aucune confiance en eux.

Et La lionne était loin d'être agressive dans son explication, non non, elle était plus confuse qu'autre chose que l'on a pu aller imaginer des choses pareilles sur son compte alors que son geste n'était point fait pour.

- Vous êtes un homme... Moi une femme... Si vous prenez quelqu'un contre vous pour le redresser, vous allez le tenir contre votre torse. Moi le souci, c'est que mon torse est... disons... garni... Alors forcément... dans mon simple geste d'aide maternel que j'ai eu à votre égard, votre visage, a fini au mauvais endroit et j'en suis désolée. Et je suis désolée également de vous avoir induis en erreur sur mes intentions qui étaient purement et simplement de l'inquiétude sur votre état de santé, contrairement a ce que vous pouvez croire d'après ma réputation de femme sans coeur.

Bon maintenant que faire de la coupe de vin puisqu'il refusait de la boire ? Têtu comme il était, cela ne servait a rien de laisser tiédir un vin aussi frais. Elle se mit donc à la boire tranquillement, tout en réfléchissant ce que le Loup royal du Nord venait de lui dire. Et comment dire à quel point elle n'était pas d'accord avec lui.

- Je me doute, que pour vous, une guerre ne peut être que teintée de sang et de tripes qui gisent à terre. Toutefois, je peux vous assurer qu'il y a une autre forme de guerre. Une guerre qui ne se fait qu'avec des mots qu'il faut choisir avec soin. Des politiques à tenir. L'avenir à préparer. Où vous vous coucher chaque soir sans savoir de quoi demain sera fait. Alors vous essayez de tisser votre toile... vous prenez chaque maille et parfois au petit matin, vous vous rendez compte qu'il faut en défaire plusieurs pour réussir a tisser vers une autre direction pour obtenir ce que vous désiriez à la base. Maintenir la paix, c'est une guerre de tous les jours, je peux vous l'assurer.

Puis elle ne put que rire. Oui... Vue l'argent qu'elle était en train de faire dépenser à son royaume et au Nord pour les préparatifs du mariage et encore plus pour la robe de Jeyne ... Rien que la robe représentait une année de travail dans un comté qui fonctionne bien dans son commerce.

-- Oh disons que pour le mariage tout fonction bien. J'ai fait construire un septuaire. La robe de votre fille vaut une fortune. À part cela tout va très. Ah si peut être vos serviteurs qui aimeraient me trucider parce que je fais attention au moindre petit détail et que je ne les lâche pas d'une semelle jusqu'à que cela soit parfait. Heureusement que je suis une Reine acariâtre. Ça aide bien a s'imposer. Sinon dite moi... Un ragout de lapin et de la liqueur de mirabelle ? Ça vous pouvez le manger ? Ou juste pour bien me contrarier vous allez refuser aussi ?




Cadeaux de Tricia:
 
avatar

Feuille de personnage
Titre de Noblesse ou Métier: Reine du Roc
Âge du Personnage: 37 ans
Allégeance: Ma loyauté va à moi-même.
Messages : 434
Membre du mois : 81
Célébrité : Charlize Theron
Maison : Lannister
Caractère : Intelligente ▪ Manipulatrice ▪ Séductrice ▪ Dévouée ▪ Déterminée ▪ Fière ▪ Autoritaire ▪ Cultivée ▪ Elégante
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
MessageSujet: Re: Même les guerriers ont besoin de repos [Flashback - Terminé]   Dim 12 Aoû - 16:10

Elle ne trompait personne. A moins que le sud ne rende par naissance les femmes concupiscentes, je ne pouvais pas croire qu’une femme de son gabarit ne se laisse aller à ce genre de tenue proprement indécente pour une reine et à ces mouvements que personne ne le lui avait demandé. Elle ne pouvait pas ne pas y avoir pensé. Si même moi, malade et diminué, cela me sautait aux yeux. Je la regardais donc d’un air dur, me demandant ce qu’elle cherchait à faire. Jordane Lannister, à moins qu’elle ne s’avère plus simple que je ne l’avais imaginé, mais je n’y croyais pas. Jordane n’était pas Sharra. Et personne ne se déplaçait dans cette tenue. Ce serait inconvenant de la part d’une noble, ça l’était plus encore de la part d’une Reine. Nous nétions pas amis, nous n’étions pas amants. Mais les rumeurs allaient enfler si je ne faisais rien contre. J’avais déjà ma petite idée derrière la tête, mais je la pousserais plus avant plus tard, je me sentais trop faible et trop épuisé pour que je puisse creuser comme ça. Son ton de surprise ne m’émeut pas plus. Personne ne s’habiller de la sorte. Encore moins des souverains. Je les avais tous vus à Goeville, mes homologues. Richement habillés, appliquant l’étiquette à la lettre. Nous n’étions pas assez proches pour ressentir quelque liberté que ce soit avec les codes de notre monde ; toute tentative de les contourner ne pouvait qu’être parfaitement volontaire.


Qu’elle s’en dédise si c’était ce qu’elle souhaitait réellement, mais cela n’allait pas forcer mon respect outre mesure ; j’avais distingué l’habile politicienne mais la manœuvre n’était pas bien exécutée. Si elle était volontaire, c’était me prendre pour un chien fou, un mec capable de fantasmer sur une femme alors que je venais tout juste de réchapper à la mort. Si c’était involontaire, alors j’avais probablement mal positionné mon point de vue sur elle, car cela voulait dire qu’elle n’était pas assez sérieuse et précautionneuse. Je réponds, fermement.



| J’ai toute confiance dans mon mestre, et dans les soigneurs du Nord. S’ils savent s’occuper des survivants d’une hécatombe, ils sont parfaitement à même de s’occuper de mes blessures. |


Qui serais-je pour me croire meilleur que tout le monde ? Chacun avait son domaine de prédilection, pour certains c’était la connaissance, d’autres c’était le négoce, et d’autres la guerre. Ainsi allait le monde, et j’étais le Roi-Loup de Winterfell, pas un agitateur qui remettrait en question l’ordre social qui répartissait et spécialisait les compétences entre tous. Je hoche brièvement la tête, absolument pas convaincu par ses explications mais soit, qui serais-je pour remettre en question ses mots et la traiter de menteuse ? Il était clair à mes yeux qu’elle avait essayé ou de me manœuvrer, ou de créer une intimité ou une proximité entre nous. Mais je n’étais pas ce genre d’homme. Je regarde le plafond, me rappelant une vieille maxime de mon vieux père.


| La guerre n’est finalement la poursuite de la politique que par d’autres moyens. Vous avez vos armes, j’ai celles du Nord. |


Que dire de plus ? Nous étions un peuple martial, c’était de tradition et de certitude que je disais cela. Je hochais la tête quand elle me dit qu’elle avait fait construire un septuaire. Je n’aimais pas l’idée, mais il fallait mettre les petits plats dans les grands pour éviter que la tentation ne prenne ces sudiens de rejoindre les forces d’Harren dans la guerre qui éclatait déjà au sud. Je ne pouvais battre qu’un ennemi à la fois. En attendant, je ne pouvais en aucun cas m’aliéner trop de voisins ; ce serait beaucoup trop dangereux. J’ai un mince sourire à ses dernières paroles.


| Je n’ai pas faim, merci, et si je vous laissais me servir à boire, je risquerais de fuir cet alcool de partout. Le poison m’a un peu démoli l’intérieur je le crains ; je ne peux pas avaler de boissons trop fortes. J’espère pouvoir être rétabli de ce point de vue pour le mariage. Vous devrez me réserver une danse, bien entendu. En tant que seuls beaux-parents présents… |








Spoiler:
 
avatar

Feuille de personnage
Titre de Noblesse ou Métier: Roi du Nord, Sire de Winterfell.
Âge du Personnage: 36 ans
Allégeance: Ma loyauté va à moi-même.
Fire, Blood and Winter.
Messages : 20166
Membre du mois : 179
Célébrité : Christian Bale
Maison : Braenaryon
Caractère : Pragmatique - Inflexible - Juste - Ripailleur - Courageux - Passionné.
Fire, Blood and Winter.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://vetrragnarok.forumactif.org/
MessageSujet: Re: Même les guerriers ont besoin de repos [Flashback - Terminé]   Mer 22 Aoû - 0:46



Jordane haussa un sourcil quand Torrhen se permit de lui parler sur ce ton et au fur et a mesure, le regard de la Souveraine de l'Ouest redevenait aussi froid qu'un bloc de glace. Elle avait vu ce qu'elle désirait voir. A présent, elle savait pertinemment à quoi s'en tenir à propos du Loup de Winterfell. La lionne se redressa lentement pour se remettre debout, toisant son vis à vis.

-- Majesté... pensez vous vraiment que me parler sur ce ton soit une bonne approche pour vos "affaires" actuellement ? Enfin, nous dirons que c'est seulement la fièvre qui vous rend déplaisant malgré vous et vous donne une humeur très approximative diplomatiquement parlant.

La Reine s'éloignait à petits pas du Souverain du Nord, abandonnant derrière elle le repas et le vin. Elle ne reprit que sa boite en bois.

-- Tout comme mentir aussi mal est d'une déconvenue terrifiante. Non vous n'aimez pas le fait que j'ai fait construire à mes frais un Septaire. Vous détestez ça... mais vu votre position, je dois dire que je me suis fait plaisir quand même. Vous vous demandez ce que je veux... vous ne le saurez jamais, contrairement a moi qui sait ce que vous voulez maintenant ou pas. Vous abattez vos cartes trop facilement je dois dire. Enfin...

Elle arriva doucement jusqu'à la porte de la chambre et avant de partir, elle se retourna avec un fin sourire glaciale.

-- Ah pour le repas, vous avez bien fait de ne pas y toucher... j'ai mis trop de condiments dedans... une chance sur deux qu'il soit infecte... Je suis une vraie déesse en grillade mais la pire des gauchères en plat en sauce... Et un dernier détail : Vous féliciterez de ma part votre Mestre, quand on vous regarde, on voit a quel point il peut être compétent...

Puis elle se mit à rire seule.

-- Compétent... sans mauvais jeu de mot ! Con pétant ! Faudra qu'il vous refasse une santé rapidement, car les lionnes savent très bien danser...

Sur ses derniers mots, la Reine de l'Ouest frappa a la porte et partie. Elle ne trouva aucune utilité a attendre une réponse d'un homme qui était certes un grand guerrier, mais qui savait visiblement faire l'hypocrite bas de gamme. Avoir un brin de confiance en cet homme serait comme se foutre un poignard dans le pied ou se prendre un sabot dans le visage. Elle n'était pas suicidaire, et le Souverain du Nord, ne désirait nullement réchauffer les relations entre leur nation. Non juste éviter que l'Ouest n'envoie des troupes pour en découdre avec le Nord en même temps qu'Harren. Rien de plus... Rien de moins et pour cela, il venait de vendre sa fille...




Cadeaux de Tricia:
 
avatar

Feuille de personnage
Titre de Noblesse ou Métier: Reine du Roc
Âge du Personnage: 37 ans
Allégeance: Ma loyauté va à moi-même.
Messages : 434
Membre du mois : 81
Célébrité : Charlize Theron
Maison : Lannister
Caractère : Intelligente ▪ Manipulatrice ▪ Séductrice ▪ Dévouée ▪ Déterminée ▪ Fière ▪ Autoritaire ▪ Cultivée ▪ Elégante
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
MessageSujet: Re: Même les guerriers ont besoin de repos [Flashback - Terminé]   Mar 28 Aoû - 22:27

Ah, nous avons une reine visiblement habituée à commander sans contradiction, et à se comporter partout comme chez elle. Elle ne comprenait visiblement pas que son comportement n’avait pas été bienséant même dans ces circonstances, ne comprenait pas plus que je m’en offusque. Je commençais à me dire que les rumeurs sur la situation au Roc n’étaient pas sans fondement. Goeville avait été précieuse. Pour nouer des contacts inédits avec le sud, déjà, mais aussi et surtout pour prendre la température de royaumes bien peu connus par ailleurs. J’étais ravi de cette ouverture nouvelle pour le Nord. J’y avais appris quantité de ragots, dont certains étaient visiblement prompts à se vérifier. Loren Lannister m’avait semblé être un homme honnête et franc, un guerrier dans l’âme qui s’était empâté dans un royaume de bourgeois bien peu intéressés par les affaires d’honneur. Les Lannister avaient déjà conclu leur alliance avec le Noir. Et ils avaient déjà signé le contrat de mariage planifiant l’union de Jeyne et de leur rejeton. J’avais du respect pour le Prince Lyman également, qui n’avait pas reculé devant les Sauvageons, quelques semaines plus tôt. Quant au reste… Difficile de vraiment savoir. Devant l’attitude de leur souveraine, qui me traite avec dédain après avoir cru me manœuvrer, je ne peux que constater avec quelle facilité on pouvait la vexer. Voilà quelqu’un qui n’a pas l’habitude qu’on lui dise non. Dommage, je tenais à ce mariage et il aurait lieu, mais nous aurions sans doute pu voir plus grand.


| Ah non, ne vous y trompez pas. Je tiens au respect des usages même sans doute encore au-delà de ce que vous croyez. Sans les règles et les conventions de ce monde, nous ne vaudrions pas plus que des sauvageons. |


Et c’était le cas de le dire. Aucune résistance à la moindre contrariété. J’aurais pensé la Reine semblable à sa réputation de calme et de clairvoyance tactique et politique. Elle n’était qu’une boule d’émotions qui affleuraient si vite… Sans doute l’Ouest devait-il se féliciter de n’avoir pas encore été sous le regard d’Harren Hoare, qui avait sans doute trop craint la puissance financière des Lannister, préférant des cibles réputées plus faciles comme le Val, l’Orage et le Nord, sur lesquelles il se cassait parfois les dents malgré tout. Et la Reine de l’Ouest tire des conclusions fermes et définitives sur un simple hochement de tête à propos des septuaires. La voilà clairvoyante. Elle lisait visiblement dans les pensées, ou croyait le faire. Pensait-elle tout savoir de moi ? Elle s’en flattait, visiblement. Je ne savais rien d’elle, de mon côté, au-delà de vulgaires racontards. Mais le peu que j’en avais vu me suffisait.


| Comment ai-je fait pour survivre autant d’années sans vous pour me dire ce que je pense ? Ah, décidément, je ne comprends que trop votre mari qui vous laisse les rênes du royaume, d’après ce que l’on dit. Vous êtes impénétrable et je suis un livre ouvert. Difficile que le Nord ait pu survivre aussi longtemps avec un fol comme moi à sa tête ! |


La sincérité transparaissait tellement dans mes propos que je regrettais que Conrad n’ait pas assisté à l’entrevue, l’échange lui aurait paru délicieusement fielleux et il n’aurait sans doute perdu de temps à conspuer ces sudiens qui ne savaient rien du Nord et du prix de sa survie, en dehors peut être du Prince ? Lui avait vu. C’était ça, l’espoir auquel je me raccrochais. Que ma fille épouse un homme digne, à défaut d’épouser un ami du Nord qui avait fait ses preuves sur la durée. L’intérêt supérieur du royaume dominait toujours, de toute manière. Je la regarde partir, furieuse et vexée.


Ce mariage allait être un véritable enchantement. La délégation du Val n’en serait que plus attendue.








Spoiler:
 
avatar

Feuille de personnage
Titre de Noblesse ou Métier: Roi du Nord, Sire de Winterfell.
Âge du Personnage: 36 ans
Allégeance: Ma loyauté va à moi-même.
Fire, Blood and Winter.
Messages : 20166
Membre du mois : 179
Célébrité : Christian Bale
Maison : Braenaryon
Caractère : Pragmatique - Inflexible - Juste - Ripailleur - Courageux - Passionné.
Fire, Blood and Winter.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://vetrragnarok.forumactif.org/
MessageSujet: Re: Même les guerriers ont besoin de repos [Flashback - Terminé]   

Contenu sponsorisé
Revenir en haut Aller en bas
 
Même les guerriers ont besoin de repos [Flashback - Terminé]
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» /!\ Grosse Quête ! Besoin de personnes [ FlashBack HRP ]
» Besoin d'aide [flashback]
» Petit besoin (d'un Courant) d'air
» MON REPOS 50 CARREFOUR!!! SOS!
» BESOIN D'AIDE POUR UN SAUVETAGE DE 21 CHIENS DE CEUTA

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Bloody Crown :: 
Pays Nordiens
 :: Le Nord :: Winterfell
-
Sauter vers: