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Nous marchons seuls [Tour VI - Terminé]
MessageSujet: Nous marchons seuls [Tour VI - Terminé]    Mar 12 Juin - 14:34

Nous marchons seulsMes mains se posèrent sur le rebord du puits, mes yeux plongeant dans les abysses de celui-ci. Encore une laborieuse journée. Une de plus depuis que j'avais décidé d'ouvrir les portes à cet ahuri de Darry trop heureux d'être l'homme qui reprendrait Fort-Darion aux ennemis de l'Empire. Oh si il savait... Si il savait ce que cela lui en aurait coûter d'essayer de franchir ses murs pour nous la reprendre par la force. Il lui aurait fallut nous massacrer jusqu'au dernier. Hélas nous ne saurons jamais ce qu'il serait advenue durant cette ultime bravade. Je ne pouvais me résoudre après tant d'années passé à guerroyer, à saigner et tuer tout ceux en travers de ma route en finir dans un geste aussi stupide et déraisonné. C'était pas digne de mon rang, de ce que j'avais construit et de ce que j'incarnais auprès de mon peuple. Aussi je préférais ce cheminement long, tortueux, insipide dans ses yeux et sur ses lèvres de devoir de nouveau travailler de concert pour mon plus grand plaisir. Oh vous auriez vu sa tête, jusqu'ici personne ne soupçonnait ce qu'il était advenu de mes frères. J’espérais qu'ils aient connu un sort plus glorieux dans une ultime cavalcade en chargeant l'ennemi et ces milliers d'épieux plutôt que de  devoir se terrer ici en attendant résigné leur sort qui ne serait en aucun cas bienheureux. Mon regard est empreint d'une inspiration fiévreuse et presque désinvolte. Hélas ce qu'il en ressortira au sein de cette caboche qui me servait de tête était cette phalange presque squelettique désignant ceux qui finiraient pendu au haut des murs de cette citée.

Lentement le seau remonte à  la surface et j'imprègne mes doigts pour humidifier mes joues, mes yeux et mes lèvres. À travers cette barbe hirsute j'expire l'air froid de l'hiver. Cela me rappelait  Buron. Quand on extirpa mon corps d'entre les cadavres jonchant comme une épaisse paillasse fraîchement mise en pièce dans un mélange de boue et de sang. Ceux qui survécurent à cette charge  auront à jamais gravé dans leur mémoire ces quelques instants de flottements. Quand vous êtes restés assez longtemps, debout dans le sang. Qu'est-ce qu'il reste à part traverser un rivage désolé, loin des autres ? Le brouhaha me sortait de cet état presque léthargique, mes yeux à la pigmentation céruléennes cherchant un court moment ou je pouvais bien être. Ce n'était qu'un souvenir, celui d'un cauchemar auquel on ne peut que souhaiter que celui-ci ne reprenne jamais vie. Somptueuse et cruelle utopie. J'observais silencieusement les alentours, voir mes hommes contribuer à reconstruire ce que nous avions si facilement détruit en une nuit. Ma mâchoire se rétracte à l'idée que tout ceci ne serait qu'une pure plaisanterie, un moyen de mettre mon peuple au fer pour le restant de leurs vies. L'Empereur devrait me recevoir, un autre tyran à mes yeux mais, lui avait eut la chance de s'en sortir. Au moins les négoces semblaient peut-être plus aisées à établir auprès de lui. Méfiance, défiance de cet individu que tu admirais tant et qui aujourd'hui vas bientôt te demander de trahir. Tu l'as déjà envisagé auparavant, beaucoup penseront même que tu vas et viens au gré du vent qui pourrait satisfaire ta macabre pulsion de poignarder le premier idiot qui te ferais plaisir. Trahison, ces mots raisonnent en moi comme une bien piètre chanson. Si j'avais du subir le fer aux yeux de Harren ce n'était nullement pour trahison, il n'en avait jamais été question. Ma chair est aujourd'hui encore marqué de l'écusson du sautoir et je n'ai guère faillis à ma mission. Servir les Hoare fut peut-être durant de nombreuses années là mon seul but et le peu d'ambition que j'accordais déclaré pour vraie sans aucune raison.

Le froid mordant de l'hiver approchait, ma poitrine est froide comme de l'argile. Mon souffle est puissant comme la terre. Je finissais par m'asseoir sur un banc éreinté après tant d'efforts fournis en si peu de temps. Ma nuque dessinait un arc de cercle laissant mes vertèbres craquer au moindre de mes mouvements de tête. Un léger grondement s'extirpa d'entre mes lèvres et mes paupières jusqu'ici fermés s'ouvrèrent sur une bien mystérieuse et intrigante silhouette. C'était une femme, à peine plus grande que la moyenne, les cheveux bruns et les yeux aussi terne que les cernes mortuaires. Sa démarche lente, contemplatif d'un univers qui n'était pas le sien, celui de la guerre me disait qu'au fond d'elle devait se trouver un cœur fissuré par autant de misère. Je ne semblais pas la reconnaître, à quelques choses près elle ressemblait presque à une simple femme d'une quelconque extraction avec pourtant un soupçon de noblesse. Je défaisais ma veste trempant un morceau de chiffon humide pour nettoyer la crasse qui s’imprégnait sur mon épiderme. Je déposais le torchon humide sur ma nuque appuyant  mes coudes sur mes larges cuisses accompagnant mon dos dans une cambrure virulente d'un homme quasi abattu. Quand je relevais la tête, mon regard fier et sévère continuait de dévisager celle-ci de tout son être. Qui donc était-elle ? Sifflais-je dans ma tête.



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MessageSujet: Re: Nous marchons seuls [Tour VI - Terminé]    Jeu 14 Juin - 21:28

Nous marchons seuls« Cherchons une sombre solitude où nous puissions vider de larmes nos tristes cœurs. »
Orane
Whent
Lyle
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Orane n'était jamais venue à Salins, ou plutôt Fort-Darion comme elle avait été récemment rebaptisée – elle avait rédigé l'acte de ses propres mains. Son père, fort peu bavard, lui en avait quelques fois parlé, mais elle ne l'avait jamais imaginée ainsi. Il avait connu feu Lord Harwick du temps où ils chevauchaient côte à côte sous l'étendard des rois Hoare. Un temps révolu. Durant toutes ces années, la ville avait également bien changé. Ville conflanaise un jour, capitale impériale le suivant, reprise par l'ennemi, puis rendue à l'Empire... Fort-Darion était un chantier permanent, détruit puis reconstruit, en constante transformation.
Lady Whent ne devait pas être là. Sa place était à Vivesaigues, auprès de sa fille, pour sécher ses larmes et l'épauler dans la douloureuse épreuve qu'elles traversaient ensemble. Pourtant, elle n'avait pas hésité une seconde lorsque l'opportunité d'accompagner l'Empereur en sa nouvelle capitale s'était présentée à elle. Pourquoi ? Elle s'était longuement posé la question. L'unique réponse qui lui effleurait l'esprit était qu'elle n'était pas encore prête à affronter le regard de Morgane – le même regard droit et sévère que son père – ni à poser le sien sur le visage de cette enfant qui ressemblait tant à Dorian. C'était prendre la fuite, elle ne le lui pardonnerait sûrement pas, mais il était déjà trop tard pour changer de route.

Le froid s'était abattu sur eux, encore plus glacial que les jours précédents. Elle errait dans les rues, emmitouflée dans sa cape d'hiver, pareille à une ombre que l'on remarque à peine. Parfois, elle souhaitait n'être pas davantage, et simplement disparaître. Elle n'oubliait pas cependant ce qu'elle était venue faire dans ces ruelles et ce blizzard. S'il lui était permis d'arpenter la ville ce jour-là, c'était bien parce que les fer-nés qui l'avaient investie avaient négocié sa libération, Lord Salfalaise à leur tête. Impossible pour elle d'oublier la missive qu'elle lui avait adressée au lendemain de la perte de son époux, une missive pleine de rancoeur qu'elle avait rédigée encore sous le choc de la nouvelle et sur laquelle elle avait certainement versé, malgré sa volonté, quelques larmes amères. Elle avait vu cet homme quelques fois, peut-être pas assez souvent ni assez longtemps pour qu'il se souvienne d'elle. En le sachant si près pour la première fois depuis un certain temps, et avec la mort de Dorian dont elle le tenait – en partie – responsable, Orane n'avait pas su résister à la tentation : pour une étrange raison, elle souhaitait le voir. Simple curiosité, peut-être, elle n'aurait su le dire. Du reste, c'était cette dernière qui l'avait conduite jusqu'à lui.

Elle le trouva au puits, visiblement fatigué par le dur labeur dont il devait s'acquitter depuis que Fort-Darion était repassé sous le contrôle de l'Empire. De toute évidence, il était plus simple de détruire que de reconstruire. Ses hommes et lui paraissaient tels des forçats condamnés à travailler jusqu'à l'épuisement. Orane se contenta de les observer en silence, aussi discrète qu'elle savait l'être. D'aucuns auraient pu croire que, aveuglée par le chagrin et la colère qu'elle nourrissait à l'égard de l'inconnu qui avait abattu son époux – et qu'elle transférait inconsciemment sur ceux qui l'avaient très certainement côtoyé – la veuve Whent serait réjouie par un tel spectacle, mais il n'en était rien. En dépit de tout, elle ne pouvait s'empêcher de songer que ces hommes, qu'ils furent aujourd'hui ses ennemis ou non, avaient un jour combattu aux côtés de Dorian également et qu'il avait peut-être appelé certains d'entre eux ses amis à un moment de sa vie. Si cela ne pouvait être vrai pour tous, ça l'était assurément pour Salfalaise, le seul d'entre eux dont elle connaissait le nom.
Au premier regard, elle eut du mal à le reconnaître – il n'était après tout qu'une vague connaissance – mais c'était bien lui qu'elle vit se pencher au dessus de l'eau sombre. Elle fronça les sourcils, perplexe. Il était bien plus grand que dans son souvenir. Peut-être sa mémoire n'était-elle pas si exempte de défauts finalement... Ils échangèrent un regard sans dire un mot, il ne sembla pas la reconnaître et se détourna pour se décrasser, remuer ses membres endoloris. Orane, cependant, ne le quitta pas des yeux. Elle venait de s'immobiliser à une distance plus que respectacle quand il releva les yeux sur elle, la dévisageant d'une façon qu'elle trouvait presque intimidante. Elle entrouvrit la bouche pour parler, puis se ravisa. Son regard se promena sur les alentours, les hommes qui travaillaient encore, la cité à reconstruire, la neige qui commençait déjà à tomber... Elle n'était plus sûre de vouloir le rencontrer, lui parler ou même le voir. Depuis quelques temps, elle n'était plus sûre de rien. Pourtant, cette fois-ci, elle passa outre ce sentiment :

« Lord Salfalaise. » l'interpella-t-elle avant de se taire un instant. Sans réponse de sa part, elle se vit forcée de poursuivre : « J'imagine que vous ne me reconnaissez pas. Je ne vous en blâme pas, nous ne nous sommes jamais vraiment rencontrés, je pense... mais vous avez sûrement reçu ma lettre. Je suis la veuve de votre ami Dorian. »
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MessageSujet: Re: Nous marchons seuls [Tour VI - Terminé]    Sam 30 Juin - 14:34

Nous marchons seulsJe ne l'aurais jamais imaginé ainsi. S'aventurant par delà les décombres dans une citée qui  portait encore les stigmates d'un assaut et d'une reconquête aussi rapide. Je l'observais, ma gorge se noua et mon faciès se ferma en entendant les quelques paroles qu'elle me destinait. Il n'avait jamais songé que cet instant arrive un jour ou l'autre. Ma mâchoire carnassière se rétracta et je déviais instinctivement mon visage de son regard si brun et empreint de cette pesante affliction envers moi. Je me souviens de cette lettre, de chaque mots qu'elle y avait couché à l'encre bleuâtre. La pigmentation céruléennes de mes iris se plongèrent dans cette abysse dont aucun ne reviennent. À l'annonce de la mort de cet homme qui fut en tout temps mon ami, j'avais songé à en finir de tout ceci. J'aurais pu réduire en cendre cette citée, la marquée à vie du sang des innocents et des soldats de l'Empire. Il n'y aurait eut aucun échappatoire, aucun épitaphe pour nous autres. Seul un brasier ardent dans lequel nous aurions été tous entraînés pour la gloire d'un royaume qui ne m'avait qu'apporté désolation, malheur et une triste renommée en cette vie. Mon visage plongé dans mes mains, je décidais brusquement de me relever la tête baisser cherchant du bout de mes doigts à faire sortir une quelconque phrase en travers de ma gorge pour rendre la réplique à la veuve de Dorian Whent. Je ne pouvais qu'avoir de la tristesse, un sentiment de chagrin et de solitude bien plus âpre que je ne l'avais imaginé. Fallait-il justifier la fin d'une guerre par le sang et les larmes versées ? Au fond tout ce que j’espérais c'était de ne pas la blesser encore plus par le simple fiat que lui était mort et moi non.

« Lady Whent... » Lançais-je honteux et psalmodiant d'être là en sa présence. Je ne me risquais pas à m'avancer. Je m'étais relevé brusquement et le long de ma cuisse tapotais nerveusement mes phalanges. « Je suis navré de vous rencontrer dans de telles circonstances... » Mes lèvres s'assèchent sous le poids des mots que je libérais. L'impulsion du courage ne se faisait elle pas la plus pressente quand la peur tiraillait nos cœurs et mettait en exergue nos faiblesses ? Le martellement des travaux et de la reconstruction finissait par s'estomper autour de nous, il n'y avait plus que le bruissement de l'air, le froid mordant du vent qui brûlait mes lèvres gercés. Je ne pouvais cacher ma tristesse, je n’avais guère le sentiment d'avoir réussit mieux que les autres hormis d'être encore ici entrain d'errer parmi les vivants. « De nous deux... Il ne méritait pas de mourir dans cette guerre. » Lançais-je relevant mes pupilles sur sa silhouette.
« Je suis désolé. » Cela n'allait assurément pas lui ramener son mari et je n'avais guère le pouvoir de racheter les crimes et les actes commis par mon peuple. Autrefois je pensais fermement que nos routes se croiseraient à nouveau. Dans des circonstances plus heureuses. L'entendre me parler de son épouse, de sa fille, me rendait nostalgique d'un foyer que j'avais volontairement quitter sans jamais songé au chagrin que cela avait pu causé à ma propre famille. Aujourd'hui que me restait-il ? Ma femme était décédé et mes enfants... Je n'osais même pas imaginer ce qui était arrivé à mes filles. Je n'avais jamais envisagé que l'un de nous allait mourir, je redoutais certainement le pire. Devoir l'affronter sur un champ de bataille, à travers l'herbe grasse s’imprégnant de nos corps meurtris dans la neige fondue et la boue. Il n'y avait sûrement rien à dire de plus, elle ne voulait peut-être même pas en entendre plus. Je me retournais, pensant que la dernière lettre qu'elle m'avait envoyé était suffisante à me faire comprendre que jamais nous ne serions en bonne entente à présent que lui était mort et moi non. Un sursaut de chagrin et de colère pourtant m’insufflait le sentiment de ne pas laisser les choses telles qu'elles étaient à cet instant précis. « Vous savez... Il n'arrêtait pas de me parler de vous et de votre fille. » Répliquais-je m'avançant lentement un peu plus. « Aucune mère, aucun enfant ne devrait avoir à pleurer la perte d'un père et d'un mari. » Je la toisais de mes yeux fiévreux, cernés et violacés par la fatigue. « Vous ne devriez pas être ici... Regardez autour de vous... Il n'y rien d'autre que la mort et la désolation... » Déclarais-je en contemplant cet amas de gravas, ce tas de ruines dans lequel nous étions venu nous coincer.



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Dernière édition par Lyle Salfalaise le Sam 4 Aoû - 11:13, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Nous marchons seuls [Tour VI - Terminé]    Dim 22 Juil - 0:11

Nous marchons seuls« Cherchons une sombre solitude où nous puissions vider de larmes nos tristes cœurs. »
Orane
Whent
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En toute honnêteté, elle n'avait pas imaginé le voir si meurtri. Au moment où sa lettre avait été écrite, il n'avait pas encore déposé les armes et rien ne laissait présager qu'il allait un jour le faire. Elle ne pensait pas que sa missive ait eu le pouvoir de le faire changer d'avis – elle n'avait pas suffisamment d'influence pour cela – mais elle l'espérait un peu ébranlé par la nouvelle. On pleurait rarement la mort des traîtres, les larmes – fussent-elles celles d'un adversaire – étaient donc toujours bienvenues si tant est qu'elles se révélaient sincères.
Il resta longtemps silencieux, et quand il éleva enfin la voix, elle eut peine à l'entendre au début. Une forme d'anxiété transpirait dans ses mots. Ses yeux se montraient fuyants, comme s'il avait honte de se tenir devant elle. La colère qui s'était emparée d'elle après qu'on lui eut arraché sa moitié lui avait laissé croire qu'il y aurait une forme malsaine de jouissance à voir cet homme – sur qui elle extériorisait sa hargne pour le véritable meurtrier de son mari – humilié et gêné en sa présence. Curieusement, il n'en était rien. C'était même tout le contraire, car elle se sentait presque honteuse elle-même d'avoir souhaité retirer un quelconque plaisir d'une pareille vision. Il leva son regard vers elle pour la première fois quand il présenta finalement des excuses qu'elle n'espérait pas. Cela ne lui procura aucune consolation. Orane demeura de marbre, les yeux morts et elle prononça d'une voix monocorde ces quelques mots :

« Vous êtes désolé. » le ton paraissait un peu froid, mais il ne semblait pas juger, seulement constater.

Elle était peut-être dûre, mais alors elle avait le sentiment d'en avoir le droit, à juste titre ou pas. Maintenant qu'ils se rencontraient, et bien qu'elle ignorait ce qu'elle pouvait bien espérer de cette réunion, Orane aurait voulu l'entendre dire davantage. Sans cacher sa déception, elle le regarda pivoter, se résigner au silence pendant un instant sans pour autant prendre en considération la peine qu'il devait ressentir. C'était égoïste, et sans doute s'en serait-elle vraiment rendue compte si elle avait eu connaissance des malheurs que sa famille connaissait là-bas, dans son fief insulaire. À cet instant, ignorante de ces événements, elle restait aveuglée par sa douleur. Elle attendit qu'il changea d'avis, mais pas très longtemps. Ce n'est qu'au moment où elle allait faire demi-tour sans ajouter un mot qu'elle entendit sa voix s'élever à nouveau. Il lui parla de Dorian, il lui parla d'elle, il lui parla de Morgane. Sans le regarder, elle l'entendait faire un pas dans sa direction et les mots qui sortaient de sa bouche la frappèrent en plein cœur. Comment pouvait-il lui parler de sa famille quand il était en partie responsable de sa perte, comme tous ceux qui s'étaient acharnés à suivre ce roi cruel ? Quand, cette fois, il lui suggéra qu'elle n'aurait pas dû venir – et peut-être avait-il raison – elle n'en voulut pas entendre un mot, refusant profondément d'avoir fait ce voyage pour ne rien en tirer.

« Je suis où je veux être, Lord Salfalaise. Et depuis qu'il nous a quitté... » point besoin de prononcer son nom pour se faire comprendre. «... partout où je vais, je ne trouve que mort et désolation. »

Depuis qu'il l'avait quittée, plusieurs jours s'étaient écoulés et elle avait, en quelque sorte, trouvé un moyen de l'enfouir quelque part en elle. Orane avait fait de son mieux pour accepter la dure réalité, aussi elle s'efforçait de ne pas trop penser à lui, car même une pensée semblait pouvoir la briser. Quand le fer-né avait mentionné les discussions qu'ils avaient eu de son vivant, c'était comme s'il l'avait, pendant un bref instant, ramené à la vie. Puis, en une fraction de seconde, il s'était éteint encore une fois. Sa femme revoyait le cadavre sur le champ de bataille, puis la barque enflammée qui dérivait sur les eaux tranquilles du fleuve. Elle sentit une puissance inconnue lui étreindre le cœur comme s'il allait éclater. Un sanglot s'étrangla dans sa poitrine avant qu'elle ne reprenne :

« Quel cran vous avez pour me parler de lui en ces termes... » commença-t-elle en dissimulant ses traits qui, déjà, se déformaient sous l'effet de la douleur. « Ah, il vous parlait de notre fille, de moi ? Quels bons amis vous deviez être ! Vous ne pouvez ignorer l'humiliation qu'il a subi aux mains des Hoare. Où étiez-vous lorsque nous sommes partis ? Où étiez-vous lorsqu'il est tombé ? » elle reprit son souffle, l'effleurant brièvement de son regard rougi par les larmes qu'elle tentait de retenir. « Comment pouvez-vous me parler de lui comme d'un proche quand vous étiez encore l'allié de son meurtrier il y a peu ? »
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MessageSujet: Re: Nous marchons seuls [Tour VI - Terminé]    Sam 4 Aoû - 12:14

Nous marchons seulsMalgré la colère, le chagrin, la douleur qu'elle pouvait contenir avec ce visage aussi blême je ne rétorquais rien. Il fallait accepter l'évidence elle ne serait plus jamais la même à présent. Et dans cette spirale infernale qui semblait la traînée au fond des abysses, seul le temps pourrait cicatriser son cœur meurtri. J'avais je crois fait un choix, certes des plus maladroits, peut-être aurais-je du continuer mon chemin ou peut-être pas. Les accusations fusèrent, c'est vraie Lyle ou donc étais-tu quand celui-ci prit son courage à deux mains et s'extirpa des griffes du sombre corbeau noir des Hoares ? Après tant de chemin parcouru je n'avais jamais songé m'entendre avec un conflanais à l'époque tout cela était vraie. Un fer-né qui ne vivait que pour la guerre, les richesses et prendre ce qui lui appartenait quand il en avait tout simplement l'ambition et le désir. Cette terre m'avait profondément changé, j'avais appris à connaître la valeur des hommes, du Conflans et cela je pense le devoir à Joren. Malgré cette haine viscérales qui nous liait historiquement avec les Îles de Fer et le Conflans nous avions un leader commun et il avait accomplit beaucoup de choses peut-être beaucoup trop pour son âge et cela l'avait rendu faible. Toutes ces batailles, les combats sur les terres orageoises. Pendant un instant nous nous sentions invincibles.

L'ombre du Noir plane encore malgré cela sur nous tous. Elle avait déteint sur moi, et de son fer rouge marqua ma peau. Quoiqu'il advienne de nous, nous payons toujours le fer-prix. C'était là toute la différence. Pourtant l'union des conflanais et des fer-nés me semblait un rêve idéaliste et pourtant au contact de Dorian cette idée était possible. Je n'étais pas n'importe qui du moins autrefois peut-être. Qui suis-je aujourd'hui ? Un traître ? Un salaud qui s'en sortait encore bien malgré les circonstances ? Ne vous méprenez pas, il n'y a rien de bon ni de mauvais en ce monde et je sentais pertinemment que du jour au lendemain je pouvais très bien sous l'impulsion d'une seule décision finir au bout d'une corde. Ma mâchoire se rétracte, je n'ai guère de réponse à apportée qui pourrait soulager son cœur je le sais. Me justifier n'allait en rien lui rendre son mari, lui expliquer qu'importe les choix et les décisions que j'avais prise il y avait une famille aussi qui m'attendait sur les Îles. Il y avait... Fulminant cette pensée rageuse et dévastatrice je n'en faisais aucunement allusion pour l'instant. « Je dis ce que je pense, ce n'est pas votre cas ? » Lui lançais-je sachant pertinemment qu'elle avait tout autant de cran à ce sujet. Je ne faisais que confirmer ces dires. « Je ne l'ignore pas lady Whent, nous subissons tous les conséquences de nos actes. Je ne regrette pas d'avoir fait le choix de suivre Joren Hoare pour un meilleur avenir que celui que présageait le Noir. » Déclarais-je avec la persévérance et cette idée qui avait peu à peu germée dans ma tête. Un nouveau royaume, une terre ou nous pourrions vivre, cultiver et faire grandir nos fils et nos filles loin de la rugosité de la pierre froide et de la pluie sur des Îles ou nous ne vivions pas non nous survivions. Et cette promesse ici, celle que j'avais jugé bonne de suivre Dorian l’aurait sûrement adoptée elle aussi.

« Ce n'est pas par choix, ni par conviction que j'ai suivis Harren le Noir. Ne vous méprenez pas ce n'était pas lui que j'avais décidé de suivre. j'ai fais ce que j'avais à faire pour ma famille, pour survivre. Et je n'ai pas terminé d'en subir les conséquences loin de là. »  Je marmonnais dans ma barbe quelques paroles irréfléchies imbécile que j'étais d'essayer de faire comprendre que la guerre n'épargnait personne et qu'aucun des deux camps n'avait de raisons louables à faire jaillir le sang de ses ennemis. J'étais un soldat et lui aussi nous ne faisions pas la guerre pour les mêmes raisons certes mais, une fois les pieds dans la fange il n'y avait plus aucun discernement à faire. J'aurais du mourir comme lui, il n'y avait rien d’envieux à connaître ce sort. Yoren encore en vie se jurerait de me faire payer ce qu'il qualifiait de lâche, un couard qui ne méritait pas de vivre et mes filles subiraient le même sort. « Croyez le ou non mais, il était mon ami. Oh je pourrais vous déclarer stupidement qu'il n'est pas mort en vain, qu'il est tombé en héros. Tout cela ce ne sont que des paroles militaristes et des conneries. » Je m'arrêtais un instant je ne comptais pas salir sa mémoire aucunement non. J'allais à ma façon lui rendre hommage et vivre pour mieux honorer celui-ci. « Il a combattu pour des convictions, pour sa famille, pour mettre un terme à cette guerre et pour que la terre qui l'avait vu grandir soit à nouveau libre. C'est comme ça que je me souviendrais de lui. » Ces paroles étaient digne d'un fer-né. Crue, sans fioritures d'une quelconque sorte et je pensais déjà qu'elle m'en ferait subir sa propre colère et sa haine de ce que je représentais ici. Si elle pouvait en tuer un seul se serait de loin ma personne car j'étais encore en vie et pas lui.



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MessageSujet: Re: Nous marchons seuls [Tour VI - Terminé]    Dim 26 Aoû - 21:38

Nous marchons seuls« Cherchons une sombre solitude où nous puissions vider de larmes nos tristes cœurs. »
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Je dis ce que je pense, ce n'est pas votre cas ? Orane resta immobile, impassible. Ces mots avaient eu sur elle un effet étrangement appaisant pendant l'espace d'un instant. Peut-être était-ce l'ironie de sa situation – si elle avait réellement laissé échapper sa pensée, peut-être son langage aurait-il été un peu moins fleuri. Le fantôme d'un sourire déforma ses lèvres pincées dans une grimace douloureuse, puis sa main se glissa sous la capuche sombre pour ranger ses cheveux derrière son oreille et essuyer du même geste les larmes qui lui faisaient horreur. Elle savait pourtant qu'elles ne seraient pas les dernières et qu'il lui faudrait inévitablement recommencer l'opération d'ici quelques minutes, quelques heures ou même quelques jours si les Sept le lui permettaient.
Elle écouta ses explications sans pouvoir le regarder. L'émotion qui l'étreignait était la plus grande source de honte qu'elle connaissait alors, car chaque instant était susceptible de la voir se briser comme un éclat de verre. Il n'y avait pas pire chose au monde que de perdre tout contrôle au profit d'un sentiment, et elle ne pouvait supporter de laisser sa tristesse la gouverner toute entière comme elle le faisait alors. Était-elle venue à la rencontre de cet homme pour céder ainsi à la facilité et à la haine ? Orane baissa les yeux sur le sol gelé sans pouvoir trouver la réponse à sa question. La vérité, sans doute, était qu'elle avait eu envie de se défouler, de hurler, de frapper, de ressentir n'importe quelle autre émotion – la colère elle-même – plutôt que cet implacable vide dans sa poitrine. Elle savait qu'il avait raison, qu'il n'était pas plus coupable qu'un autre – et certainement pas davantage que celui qui avait véritablement abattu son époux – mais l'avouer c'était renoncer au seul responsable qu'elle était en mesure de désigner, renoncer à sa fureur. Et renoncer à sa fureur, c'était céder au désespoir encore une fois.

Il mentionna brièvement sa famille et Orane releva la tête presque immédiatement. Qui il était, elle n'en savait rien. Dorian lui-même ne lui avait pas fait davantage de confidence à ce sujet. Pour la première fois, elle imaginait une Lady Salfalaise, des enfants peut-être, une famille qu'elle savait absente de Fort-Darrion. Et pour la première fois elle mesurait les conséquences de la reprise de la cité. Dans les contes de son enfance, les fer-nés jouaient souvent le mauvais rôle. Sa septa les dépeignait parfois comme des barbares, des envahisseurs, des criminels, et peut-être Orane s'était-elle habituée à les voir comme tels. Jamais elle n'avait pensé ressentir une forme de compassion pour l'un d'entre eux, et pourtant c'était bien cela qui avait soudain germé dans son esprit. Un mélange de compassion et de culpabilité, à dire vrai.
Quand il lui reparla de son époux, cette fois en des termes un peu plus durs, elle ne se sentit pas offensée. Dorian aurait probablement approuvé ce discours, plus Ilqu'elle ne voulait l'admettre. Quand il était mort, elle s'était raccrochée à l'idée qu'il devait être vu comme un héros, ou du moins comme un partisan de la cause impériale, qu'il devait être accepté. Ce n'était pas tant pour lui peut-être que pour atténuer sa propre douleur, elle qui se trouvait expatriée, veuve, le cœur brisé, sans terres, entourée de personnes qui associait le nom de Whent à la traitrise et à l'infamie. Est-ce que cela avait changé quelque chose ? Sa peine demeurait inchangée, mais elle savait maintenant qu'il y avait parmi les rangs impériaux des hommes sur qui elle pouvait compter.
Salfalaise se tut quelques temps après, non sans avoir rappelé l'homme qu'il connaissait et Orane se surprit à penser sincèrement qu'elle avait fait une erreur en partant à sa recherche. Il n'était pas du tout ce qu'elle escomptait trouver. Elle avait besoin d'un coupable, elle n'avait trouvé qu'un vieil ami. Quelle déception. Le silence reigna un temps, puis elle toussa et répondit en soupirant :

« Vous le connaissiez bien, en effet. » elle ne pouvait toujours pas se résoudre à croiser son regard, elle qui voulait tant empêcher sa tristesse de la contrôler en lui substituant la colère, voilà qu'elle se laissait dominée par celle-ci.

« J'ai bien peur de m'être laissée aveuglée par ma peine, je vous demande pardon... » poursuivit-elle en considérant la possibilité de partir sur ces mots sans davantage d'explication. « Je fais honte à sa mémoire en parlant ainsi, cela ne me ressemble pas. Il... ce n'est pas l'image que j'aurais voulu lui laisser, ou qu'il vous aura dépeint de moi, j'espère. Je ne connais que peu des hommes qu'il a côtoyé, encore moins ses amis et vous êtes... »

Elle le regarda un bref instant, incapable de terminer sa phrase. Que pouvait-elle dire ou faire ? La gorge nouée, elle tourna les talons, déjà prête à fuir.
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MessageSujet: Re: Nous marchons seuls [Tour VI - Terminé]    Lun 27 Aoû - 20:47

Nous marchons seulsJ'aurais souhaité pouvoir faire plus, lui répondre ainsi ne me présageait qu'une forme d'incertitude à son égard et avec ce que nous avions tout les deux vécus il ne semblait pouvoir en ressortir quoique se soit de bon si se n'est les larmes qu'elle feintait d'essuyer tout au plus. J'ai pris des coups, plaies des entailles laissant des centaines de lésions sur ma peau. Des traces de mon passé il ne reste que ces stigmates que l'on peut entrevoir le soir à la lumière de la lune ou bien d'un brasero. Nous n’oublions pas nos morts, nous les honorons chacun des jours qu'il nous est encore donné de vivre. Pour mes filles, j'allais faire surgir ce qu'il y avait de plus mauvais en moi. Je n'étais guère doué en tant que mari, en tant que père je devais avouer avoir échoué aussi. La vengeance qui m'anime se résume en un seul mot. La guerre, le simple mot suffit à vous glacer instantanément le sang qui circule dans vos veines. J'étais un fer-né, un pillard et un seigneur élevé telle que le destrier fondant sur la plaine je voguais à bord d'un snekkar sur les mers. J'étais prêt à rembourser au centuple une dette auprès d'Orane Whent. La seule réponse que je trouvais suffisante à lui offrir c'est de solder celle-ci en consacrant ma vie à sauvegarder et préserver la sienne. Dans un coin de ma tête émergent les regrets, les sentiments opèrent et je ne serais plus qu'un vulgaire pion se jetant à travers la scène.

C'est cette voix qui m'interpelle, la sienne et non celle d'une autre. Je sais au fond de moi que c'est la bonne chose à faire. Mon sort restait encore à être défini par l'Empereur Torrhen mais, qu'advienne mon jugement, qu'advienne le pire il avait ma confiance et je lui accordait la mienne. Je ne me sentirais jamais mieux et je ne serais certainement jamais bon. Je ne prétendais pas vouloir être un sauveur ou un quelconque héro car je n'étais certainement pas digne de porter ce nom. Je ne suis qu'un homme mortel, qui n'a jamais cessé auprès de Joren de chercher la terre promise qui fut la sienne. Cela avait détruit ma vie, je ne m'étais rendu compte que trop tard de ce que j'avais sous mon nez. Aujourd'hui il était parti pour toujours. Mon esprit cherchait instinctivement un objectif, un but dans cette vie empreint de colère et de tristesse. Son comportement, tout en elle me semble enclin à accepter ce qu'aucun mise à part lui avait réussit à trouver. Il est bien trop tôt pour cette jeune femme, l'acceptation, le deuil, le dénigrement de sa propre personne que l'on en déteste tout ce qui nous avait raccroché à la signification de notre existence sur cette terre. Dorian n'était plus, aucune présence aussi rassurante soit-elle pouvait être à même de comprendre que le poids et l’héritage aussi peu reluisant soit-il pesait inexorablement lady Orane vers le fond. Le nom Whent devait être une promesse, un soulagement et une protection bienveillante envers celle qui affectionnait son époux et chérissait sa fille. Au lieu de ça elle ressentait le poids d'un fardeau sur ses frêles épaules. Quelle mère n'aurait pas perdue l'équilibre et chuté dans l'ombre des monstres qui cherchaient sûrement à lui nuire. Sa parole sonne comme un soulagement qui s’essouffle au fur et à mesure que je la vois se détourner lentement.

Je ne saurais dire ce qui est bon, bienveillant ou juste de faire dans une telle situation. C'est une chose dont je n'ai jamais réellement prit conscience durant de si nombreuses années qu'il m'est encore difficile d'admettre qu'il pouvait y avoir dans cet aveu une forme de sagesse et de force dépeint dans ce simple geste. La paume de ma main droite se relève et se jette pour attraper son poignet. Je cherchais à lui rendre ce qu'elle m'avait donné sans aucune contrefaçon ou de paroles surfaites. « Restez... Il n'y a plus aucun endroit pour vous cacher ou s'enfuir désormais. » L'intimais-je au moins d'écouter en cherchant ce regard sombre de mes pupilles froides et sans gêne. « j'aurais aimé le connaître d’avantage.Votre route pourrait être difficile. Mais, la mienne est vouée à l'échec. » Poursuivais-je, la foule toise le monstre hideux des histoires que leurs pères bienveillants racontaient à mon sujet. « J'ai une dette envers Dorian et envers vous lady Whent désormais. »



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MessageSujet: Re: Nous marchons seuls [Tour VI - Terminé]    Jeu 30 Aoû - 11:11

Nous marchons seuls« Cherchons une sombre solitude où nous puissions vider de larmes nos tristes cœurs. »
Orane
Whent
Lyle
Salfalaise
Quelque chose l'empêcha de s'éloigner, une pression sur le poignet qu'elle avait, par inadvertance, laissé échapper de son manteau. Ça avait été brusque, surprenant, mais sans violence. Orane se retourna par réflexe pour voir ce qui avait ainsi entravé sa fuite, et découvrit cette main qui la tenait fermement. Elle ouvrit la bouche pour protester, sans pouvoir produire aucun son. Sa gorge était sèche. À cet instant précis, elle aurait pu se débattre, essayer de se défaire de son emprise mais – elle en fut la première surprise – n'en fit rien. Elle était fatiguée de se battre, contre les autres ou contre elle-même, trop fatiguée à vrai dire pour s'offusquer cette fois-ci quand il lui ordonna de rester. Comme il retenait toujours son poignet prisonnier, elle n'avait de toute façon pas vraiment le choix. Elle sentit qu'il tirait un peu son bras pour la regarder en face, alors pour la première fois elle soutint son regard d'un air farouche. Qu'elle acceptât de l'écouter ne signifiait pas qu'elle souhaitait le faire, elle se contentait d'y consentir puisqu'il refusait de la laisser s'en aller.
Elle écouta tout ce qu'il avait à lui dire, mais sans comprendre. Que pouvait donc vouloir cet homme d'une femme qui, une minute auparavant, le rendait responsable du plus grand malheur qu'elle avait connu ? De quoi parlait-il ? Orane fixa intensément ses yeux clairs, comme si elle y cherchait une réponse à cette interrogation. Le silence règna en maître pendant une bonne minute. Elle se demanda un instant quel homme avait un jour osé se saisir d'elle de cette manière, sans pouvoir s'en souvenir. Dorian lui-même ne l'aurait pas fait. Son regard descendit sur les doigts qui l'emprisonnaient, puis remonta vers les yeux bleus azurés. Elle prit une profonde inspiration avant de prononcer le plus clairement possible :

« Si vous pouviez me lâcher... »

Et lorsqu'il le fit, elle posa son autre main à l'endroit dont il s'était emparé, savourant pendant un bref instant ce tout nouveau sentiment de liberté. L'occasion de reprendre la route se présentait soudain, mais elle n'y voyait plus d'intérêt. Son discours obscur et mystérieux l'avait intriguée, aussi ne pouvait-elle quitter sa compagnie sans avoir appris de quoi il retournait.

« Vous ne m'êtes en rien redevable. » dit-elle en secouant la tête pour l'en détromper. « Que voulez-vous dire ? Parlez sans détour, je vous prie. »

Ses mots polis et courtois contrastaient avec la rudesse du ton de sa voix qui, lui, n'avait pas changé. Orane ne lâcha pas son poignet, comme si elle avait eu inconsciemment la crainte qu'il ne s'en saisisse à nouveau si lui venait encore le projet de s'enfuir. Tout dans son comportement trahissait une attitude défensive propre à celles et ceux qui ont reçu une infâme blessure et se gardent de s'en voir infliger une nouvelle. Elle ne cherchait pas vraiment à le cacher, point besoin de cela puisque tous connaissaient déjà son malheur.
Le vent glacé se leva tout à coup, soufflant en arrière la capuche qui recouvrait sa chevelure. Elle la retînt juste le temps que la bourrasque ne se calme, puis revînt une forme de silence. Alors tombèrent discrètement quelques flocons de neige qui, de là où elle se trouvait, lui rappelait davantage les cendres d'une ville en flammes, ou d'un bûcher funéraire. Peu importe où elle se trouvait, le monde entier se chargeait de lui remettre en mémoire les dernières images de feu son époux, dérivant sur sa barque embrasée, comme une torche pour le guider dans la nuit.
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MessageSujet: Re: Nous marchons seuls [Tour VI - Terminé]    Dim 2 Sep - 17:34

Nous marchons seulsC'était une dame. Une véritable lady de surcroît et je pouvais entrevoir ce que Westeros offrait aux hommes fortunés empreint des frivolités qui accompagnent leurs chemins vers les cœurs de ces femmes parfois bien trop jeunes et bercées dès leurs enfance d’illusions. Trop poreuses, superficielles, arrangeantes étaient leurs coutumes et leurs manières pour pouvoir un jour naître sur nos îles ce genre de code de bonnes conduites et bienséances avec lesquels ils pensent pouvoir paraître plus humain que bête. Je pouvais lire sur son visage la crainte et l'inexorable défiance qu'elle avait envers moi et tout ce que ma personne pouvait véhiculer comme image péjorative envers mon peuple et moi même. Je ne pouvais pas la blâmer elle avait été élevée ainsi. Et l'idée qu'elle se faisait des îles de fers était tout ce qu'il y a de plus réel. Être la femme de feu Dorian n'avait pas du arranger les choses. C'était plutôt un poids de plus, un boulet accroché à sa frêle et délicate cheville qui l'emporterait dans les profondeurs abyssales de la mer froide, glaciale en offrande au Dieu Noyé et à ses créatures. Je n'avais nullement l’intention de lui faire changer son regard sur nous cette image contribuait à ce que le monde nous craigne à juste titre. Que pouvais-je bien y faire ? Ou plutôt qu'est-ce que cela pouvait bien me faire ? L'expérience m'avait dévoiler chez les femmes des contrées de Westeros qu'elles n'étaient pas aussi virulentes et farouches que les nôtres. Mais, lady Orane était différente. Elle n'était pas de ce genre non elle était d'une autre trempe. Elle était plus forte qu'elle ne laissait paraître, digne et loyale à son nom et à tout ce qui s'en rapprochait. La dignité, l'honneur voilà ce qui transparaissait au delà de son statut, de sa condition de veuve et de femme bien entendu.

À ses mots je relâchais instinctivement mon emprise de ce minuscule et frêle poignet. Je détournais mon regard espérant que les yeux qui pouvaient s'égarer sur nos silhouettes ne daignent pas juger trop sévèrement ce que je venais de faire. J'étais inquiet, quel père ne le serait pas après de si sombres et cruelles nouvelles. La présence de cette femme était de loin la plus réconfortante des choses que j'avais vécu jusqu'ici. Je m'en voulais, déjà je laissais ma main droite refermer et ma mâchoire se rétracter en imaginant que mon geste déplacé aurait été celui de trop. Je fulminais et blâmais cette virulence en moi que j'essayais de faire taire pour ne pas attirer plus d'attention qu'il n'y avait sur mes frères et leur dernier maître. La potence n'est jamais bien loin désormais. Un faux pas, une parole déplaisante ou bien la simple envie de rendre justice pour les gens morts dans ces ruelles nous rendaient responsables de tout les maux que ces pauvres gens avaient connu sur cette terre. « Oh si je le suis lady Whent... Croyez moi je suis redevable à jamais de ce que le Noir vous a fait subir et de mes agissements dans cette guerre. » Mes mots sifflaient en travers de mes lèvres creusés par le gel. Je n'étais pas un homme à qui l'on dictait une pensée contraire. Contrairement à bien d'autres je faisais mes choix conscient des conséquences que cela engendrerait. Mes yeux balayaient de droite à gauche la foule et je ravalais ma salive dans un dernier geste. Mon corps se cambra et j’apposais un genou à terre. « Au nom de votre défunt mari, en votre nom et celui de votre fille... » Je psalmodiais ces quelques mots dont seule lady Whent pouvait en entendre le contenu sous l'impulsion des bourrasques de vent mordant mon corps figé dans cette posture sans prétendre un seul instant qu'elle voudrait bien les reconnaître. « Je jure, Lyle de la maison Salfalaise... De vous être loyal à vous lady Orane de la maison Whent et cela de ma propre volonté. »



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MessageSujet: Re: Nous marchons seuls [Tour VI - Terminé]    Dim 2 Sep - 21:43

Nous marchons seuls« Cherchons une sombre solitude où nous puissions vider de larmes nos tristes cœurs. »
Orane
Whent
Lyle
Salfalaise
Tout autour d'eux, des regards indiscrets s'étaient fixés sur cette étrange vision. Nul ne manqua le moment où, à leur grande surprise, Lord Salfalaise ploya le genou devant la dame qui l'avait ainsi malmené dés son arrivée. Orane en fut tout aussi abasourdie. Elle le regarda faire un instant, lui qui se rendait coupable de tous les maux qu'avait apporté cette guerre et qui, ce faisant, la faisait se sentir encore plus coupable d'être venue l'en blâmer. De toute évidence, il n'avait pas eu besoin d'entendre ses reproches puisqu'il se les répétait déjà à lui-même. Le vent porta les mots qu'il n'adressait qu'à elle jusqu'à son oreille attentive. C'est là, en pleine rue, dans une cité qu'elle ne connaissait que trop peu, qu'il lui prêta serment de loyauté. Immobile et muette, Orane fixa l'homme à ses pieds sans pouvoir réfléchir à quoi que ce soit. Ses yeux se levèrent sur l'assistance qui se murmurait quelques messes basses. Elle lui tendit une main et chuchota quelques mots en s'efforçant de regarder ailleurs :

« Allons, relevez-vous. »

Elle n'avait pas vraiment pensé à ce qu'elle allait répondre à pareille profession. En toute honnêteté, les événements prenaient une tournure à laquelle elle ne s'attendait pas. Cet homme-là, dont elle ne savait rien encore quelques heures auparavant, venait de se lier à elle par un serment dont elle n'était pas certaine qu'il mesurait la valeur. Une fois qu'il fut relevé, elle lui prit brusquement le bras et l'attira à l'écart des curieux qui continuaient de les fixer sans aucune gêne. Là, elle rabattit sa capuche sur son visage, regarda brièvement autour d'eux pour s'assurer que plus un intrus ne pourrait entendre ce qui allait se dire et le dévisagea durement.

« Si c'est là moqueries, sachez que ce serait un tour bien cruel à jouer. » murmura-t-elle, piquée.

Bien cruel, en effet. Orane était veuve, de petite noblesse, certes, mais sans titre, ni position, ni biens, ni domaine. Sa situation se révélait suffisamment complexe, elle ne saurait souffrir que l'on la tourne en ridicule en plus de cela. Non qu'elle eut raison de croire que c'était là son projet, elle n'avait plus aucune certitude concernant cet imprévisible individu. En vérité – et cela aurait pu paraître futile – elle ignorait par quelle brusque fantaisie il avait choisi d'agir de la sorte. Les Sept savaient qu'elle avait besoin plus que jamais d'un allié, d'un protecteur ! Pouvait-elle toutefois accorder sa confiance à cet homme ? Dorian l'avait fait, et jusqu'à sa mort prématurée il ne semblait avoir eu aucune raison de douter que Lyle Salfalaise fût un homme de parole.

« Si au contraire vous êtes sincère... pourquoi ? » demanda-t-elle, la question lui échappa comme un sifflement. « Vous ne me connaissez pas, et cela ne nous ramènera pas Dorian. Qu'espérez-vous d'une telle association ? »

On lui avait appris à se méfier des belles paroles, des belles promesses. Et tout cela, à vrai dire, lui paraissait si soudain et si inhabituel qu'elle ne pouvait y voir clair. Les battements de son cœur s'étaient doucement ralentis, son souffle s'était habitué à un rythme plus faible et ses grands yeux sombres le fixaient longuement sans ciller. Il lui fallait analyser la situation, essayer de détecter toute trace de mensonge à l'expession de son visage. Orane, depuis quelques temps, avait la sensation d'être devenue une créature solitaire, si préoccupée par la possibilité de croiser un prédateur qu'elle montre les crocs à tous ceux qui auraient le malheur de l'approcher – à l'exception de quelques têtes bien connues. Après tout, elle était une femme seule, une mère qui plus est, elle se devait d'être le plus vigilante possible pour mettre sa petite famille à l'abri du danger.

« Et si vous êtes bel et bien sincère, sachez que ce n'est pas le genre de serment que je prends à la légère. »
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MessageSujet: Re: Nous marchons seuls [Tour VI - Terminé]    Dim 16 Sep - 16:09

Nous marchons seulsL'ossature imposante de son corps se releva à ses mots. Ce qu'il offrait à cette lady dont il ne connaissait que trop peu le passé et bien trop les mœurs des récents événements n'était pas une décision prise à la légère. Il le devait à son frère d'arme tombé à Eysines et il ne ferait pas machine arrière. Lady Whent agrippa l'avant bras sans comprendre indirectement ce qu'elle sembla prendre pour une raillerie de plus à son encontre. À l'abri des colères du vent elle dévoila ce regard craintif et défiant. Lyle n'était peut-être par son statut et son passé un homme auquel on pouvait faire confiance aveuglément. La réaction de cette femme, cette mère qui avait tout perdue en quelques instants avait toutes les raisons de se méfier d'une telle parole si incongrue et prompte au déchirement. Lyle n'était pas ignorant, il encourageait vivement lady Whent dans ce sens. Sa mise en garde n'était pas de l'impudence bien au contraire. Au fond peut-être que de s'employer à racheter les fautes qu'il avait commit durant cette guerre n'était et ne sera jamais suffisant. Il devait pourtant tenter quelque chose, d'obtenir sa confiance, avoir gain de cause aux yeux de celle-ci. En la mémoire de son mari et peut-être aussi pour l'infime fragment d'un rêve qui n'était plus qu'aujourd'hui l'image éparse d'une idée et d'un rêve s'estompant avec le temps. « Il n'y a aucune félonie, c'est un choix que je fais librement et en connaissance de cause. » Déclarais-je solennellement. Je montrais une certaine forme de tristesse et d'agacement comprenant et dédaignant de l'autre ses yeux me fixant. J'observais la foule en arrière plan. L'impertinence et la détresse que je m'efforçais de cacher au delà des circonstances se traduisaient alors par mes mains s'apposant sur ses épaules. Je voulais qu'elle puisse lire en moi, qu'elle croit en ce que je m'efforçais d'accomplir pour sa famille, son mari et par dessus tout sa fille. Dorian aide moi ou que tu sois fait lui comprendre m'intimais-je de déclarer silencieusement.

Lire entre les lignes, mes yeux céruléens se plongèrent dans les siens m'efforçant de ne pas lui faire peur. L’effrayer était bien la dernière chose que je me devais de faire ressentir à la veuve d'un ami. « Je choisis d'être utile et non utilisé, croyez moi lady Whent. » C'est avec le cœur que je parle, c'était peut-être un exercice encore trop difficile pour mon esprit qui avait apprit depuis toujours à agir sans lui. « Je déplore la mort de bien des personnes, des êtres qui me sont chers... J'ai perdu plus que beaucoup peuvent songer ou même imaginer comme vous... Je crois qu'ils me regardent lady Whent... Ma femme, Joren, mon frère, Dorian... Je ne peux pas les décevoir. Je ne peux pas me décevoir... » Murmurais-je avant de laisser mes mains glisser le long de ses bras détournant mon corps face à sa personne. Je ne pouvais m'attendre à ce qu'elle accepte et je ne pouvais me résigner de vivre sans au moins essayer. Dans un geste désabusé je frappe avec ma paume de ma main droite le haut de mon crâne. Quel stupide créature, quel fardeau de devoir ressentir cette haine et ce désespoir. Je ne me laisserait pas sombrer par la noirceur de mes actes, pas cette fois. Comme la vie pouvait se montrer belle et cruelle à la fois songeais-je. Étais-je entrain de perdre pied ? Devenir fou ? Ma tête me hante et mon cœur se sent partir telle un fantôme. J'ai besoin de ressentir quelque chose, parce que je suis encore si loin de mon foyer. « Je choisis... d'écouter ma voix intérieure... Les opinions des autres ne m'intéressent pas... » Déclarais-je dans un timbre de voix presque inaudible laissant ma main droite s'appuyer le long du muret des habitations puis mon dos et mes épaules s'appuyant sur la pierre sombre d'un mur à quelques mètres plus loin. Ma tête est lourde et mes paupières se relèvent difficilement sur elle pour poursuivre cette démarche incertaine qui était désormais mienne. « Si je m'enfuis, si je meurt sans avoir essayé d'agir... Que penseront-ils de moi ? » Concluais-je en soufrant un sourire empreint de chagrin.



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MessageSujet: Re: Nous marchons seuls [Tour VI - Terminé]    Ven 28 Sep - 20:04

Nous marchons seuls« Cherchons une sombre solitude où nous puissions vider de larmes nos tristes cœurs. »
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Whent
Lyle
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Orane scrutta le fond de ses yeux en silence. Elle y trouvait quelque chose de familier, une étincelle de détermination – et pourtant, une étincelle de tristesse également – qui lui rappelait un peu celle qui illuminait souvent le regard de Dorian quand il avait une idée en tête. Je ne te ferais pas changer d'avis, n'est-ce pas ? lui avait-elle répété, jour après jour, année après année. Parfois, il se laissait convaincre mais, en effet, il était difficile de le faire flancher. Plus elle regardait le fer-né en face, plus elle entendait une petite voix résonner dans sa tête – une petite voix qui lui murmurait qu'ils n'avaient pas été amis pour rien. Cela ne lui plaisait guère. Elle ne voulait conjurer le souvenir de Dorian, elle ne voulait surtout pas que cet homme-là le lui rappelle... mais cela ne dépendait plus de son contrôle. Il avait de l'éducation, il parlait bien, il était si loin de l'image qu'elle s'était faite des gens de son peuple et cela jouait indubitablement en sa faveur.
Il la frôla respectueusement, puis se détourna. Les mots qui échappaient de sa bouche, presque inaudibles, ne lui semblaient pas adressés ; ils trouvaient pourtant écho à son oreille. Orane laissa son regard errer dans le vide tandis qu'il évoquait les noms de ceux qu'il avait aimés et perdus. Elle écouta sans l'interrompre, le cœur serré et indécis. Que devait-elle répondre ? Elle ne connaissait pas cet homme, elle ne voulait pas être manipulée. Mais les temps étaient difficiles, sombres. La petite voix continuait à la tourmenter, lui rappelant à quel point elle était seule, à quel point elle en souffrait. Pendant un instant, elle se maudit d'être si faible, puis son œil alerte aperçut l'homme se frapper le front vainement. Elle eut l'impression que lui aussi se sentait seul. Peut-être avait-il autant besoin de son amitié qu'elle semblait avoir besoin de la sienne... même si elle se refusait encore à l'accepter.
Elle écouta encore un peu, sans répondre. La foule curieuse avait fini par se disperser à quelques mètres de là. Pour la première fois, ils semblaient vraiment seul à seule. Orane croisa les bras sur sa poitrine en soupirant. Elle ne savait pas encore quelle réponse lui donner.

« Si vous ne portez aucun intérêt aux opinions extérieures, ne laissez pas celles des morts vous affecter de la sorte. » répondit-elle, un peu moins froidement qu'auparavant. « Votre vie est vôtre. Vos choix sont vôtres. Ils ne leur appartiennent pas. Si vos morts vous ont aimé au moins autant que vous les avez aimés, alors il n'est rien que vous puissiez faire pour changer l'affection qu'ils vous portent. »

Elle se tût un instant, le regard toujours perdu. Ses mots pouvaient-ils seulement lui apporter un peu de réconfort ? Et pourquoi s'en souciait-elle soudainement ? Son pied avança vers lui, presque indépendamment de sa volonté, et elle se pencha vers lui pour le regarder dans les yeux en demeurant à une distance respectable.

« J'aimais Dorian pour qui il était. Sa bravoure, son franc-parler, sa hargne... je l'aurais suivi jusqu'au bout du monde s'il me l'avait demandé. » commença-t-elle sans être tout à fait sûre de là où elle voulait en venir. « Je l'ai suivi quand il a décidé de partir vers le Nord. Je l'ai suivi alors que je n'approuvais pas cette décision. Et parfois... parfois il m'arrive de penser qu'il avait tort, que ce choix lui a coûté la vie et je le hais, je le hais de m'avoir quittée ainsi. Puis, mes sens me reviennent et je réalise que je ne peux pas le haïr, car son seul crime a été d'être l'homme qu'il était. L'homme que j'aimais. » elle resta silencieuse un instant. « Quelle que soit votre décision, Salfalaise, ne la prenez pas par égard pour un autre que vous-même, fut-ce pour votre défunt frère. S'il est une chose que vos morts ne pourraient supporter, ce serait certainement de vous voir vous trahir vous-même. »

Une étincelle ranima son regard presque mort. Orane recula pour le regarder des pieds à la tête. Elle comprenait sa souffrance, elle partageait son chagrin. Et juste comme ça, elle sut. Les mots d'usage se rappelèrent à son esprit.

« Quant moi, si après cela vous pensez toujours ce que vous m'avez dit, alors je jure que vous aurez toujours une place auprès de mon feu et à ma table. Je ne demanderai rien de vous qui entacherait votre honneur. Je le jure par les anciens dieux et les nouveaux. » puis, après un silence, elle ajouta : « Le temps nous dira si je le fais à raison, ou à tort. »


Dernière édition par Orane Whent le Sam 29 Sep - 16:37, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Nous marchons seuls [Tour VI - Terminé]    Sam 29 Sep - 15:30

Nous marchons seulsCe qu'elle percevait était la réalité. Ce monde qui nous entourent semblent voir ce que je parais être. Au delà de cette forme maladroite et d'une vision sommaire les gens ne savent pas qui vous êtes. Cette foule au loin dédaigneuse et prête à vous confronter au gibet est et sera toujours victime des apparences. Lady Whent, elle ne se laissait pas abuser à ce sujet. Elle n'aurait jamais écrit cette lettre, elle n'aurait jamais essayé de ce confronter à un homme qui ne lui inspirait que de la haine et de la tristesse. Sa voix aussi lointaine fut-elle se rapprocha lentement de ma silhouette. Pour la toute première fois quelqu'un s'aventurait dans un monde contraire au sien, aux mœurs et aux préjugés que le monde s'efforçait de garder bien vivaces dans l'opinion que tout à chacun se fait en prenant une direction contraire aux milliers d'autres sans être sûr du lendemain. Sa voix porte en moi une lourde et accablante perte que je m'efforce de faire taire en vain. La triste réalité est telle que nous ne pouvons faire autrement parfois. « Vous... Vous avez peut-être raison. » Tonnais-je en refermant mes yeux pour y contenir deux opales céruléennes fatiguées. Je n'avais pas d'autres choix, quand tout ce qui vous entoure semble s'effacer pour qu'au final il ne reste rien. On s'accroche à ce que l'on peut qu'importe si cela doit faire mal.

J'inspire profondément l'air froid et je mentirais si je ne ressentais pas au contact de mes cernes cette forme humide et empreint de sel déposée au creux de mes yeux. Je fixe cette femme, qui en beaucoup de choses partage des sentiments assez similaires aux miens. Je l'écoute, elle apaise de sa présence un chagrin commun. Il faut dans toutes circonstances savoir faire face à ses plus grandes craintes. Aujourd'hui je n'ai pas honte de croire et de dire que j'ai fais le bon choix. Les personnes autour de vous réagissent aux changements de chacun d'eux mais, ils réalisent trop tard que c'est souvent leur comportement qui cause ce changement. Lady Whent m'avait profondément touché et je n'étais guère prêt à me laisser couler au fond d'un océan oublié. « Je me dois de le faire. Dans le chaos et le grondement de la guerre il y a quelque chose de plus fort qui raisonne lady Whent. La présence des disparus dans la mémoire des vivants. » Concluais-je en souriant fébrilement. J'entendais et percevait ce qu'elle ferait pour moi. Ma gratitude et mon salut résidait peut-être simplement dans cette simple promesse. Mes mains calleuses et froides se risquèrent à saisir les siennes. Dans un geste fugace, un effort moindre et je joignais celle-ci aux miennes. Je déposais sur ses phalanges un bref baiser expirant l'air d'entre mes poumons dans une chaleur humaine qui ne m'était jusqu'ici inconnue et qui n'avait alors aucune raison d'être. Les blessures sont pour les désespérés. Les coups sont pour les forts. Baume et huile pour les cœurs fatigués. Tout couper et meurtri dans une partie de mon cœur qui reste malgré tout sombre et mauvais. Quand je tourne mon regard vers l'Ouest je ne vois qu'un sombre passé qui m'apporta en substance la renommée et le respect de mes pères. Et finalement il mena ma famille et ma maison à la ruine sans que je ne sache ni comment ni pourquoi mes fautes se répercutèrent auprès de ceux qui me sont chers. Je relâchais mon emprise maladroitement, ses mains retombant le long de sa si fragile et vétuste silhouette. « Mes actes définissent qui je suis. Je ne trahirais pas la main tendue que vous venez de m'offrir sûr ma vie. » Déclarais-je comprenant que pour que les choses changent aujourd'hui dans cette nouvelle vie je me devais d'accepter de laisser partir ce qui ne me ressemble plus désormais. Qui suis-je ? Ou vais-je ? Dans quel but précis ? Le futur semble compliqué quand on y regarde de plus près et resté aveugle aux changements qu'il porte à travers le vent n'apporterait qu'une finalité sombre, triste et sans intérêt. .Mes doigts relâchent les paumes de celle-ci et je détourne mon regard en éloignant l'ombre de l'hydre de sa silhouette. Pourtant l'écho de sa voix raisonne dans ma tête. Lady Orane Whent était une petite chandelle allumée dans les ténèbres que je comptais bien suivre plutôt que de maudire éternellement l'obscurité.  



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MessageSujet: Re: Nous marchons seuls [Tour VI - Terminé]    

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