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Nos routes s'entrecroisent, mais jamais ne se lient [Tour VI - Terminé]
MessageSujet: Nos routes s'entrecroisent, mais jamais ne se lient [Tour VI - Terminé]    Dim 10 Juin - 14:05

Les navires avaient vogués malgré les vents et marées. Leur départ fut des plus houleux, le territoire de la reine Durrandon n’avait jamais été reconnu pour son climat clément et l’avait encore démontré. Ils eurent le droit à des vagues des plus impressionnantes pendant les premiers jours de navigation, Garlan eut craint que certains navires se retrouvent engloutis et viennent se fracasser sur les falaises, poussés par les flots violents. Il eut le mal de mer pendant plusieurs jours, autant dire qu’il était dans un sale état et avait passé son temps au niveau du bastingage à régurgiter le peu qu’il arrivait à manger et à boire. Vous l’aurez deviné le jeune homme n’avait guère le pied marin, non pas du tout. Sa maison avait beau être vassale à celle des Redwyne, une maison noble reconnue pour leurs aptitudes dans la navigation et le combat en mer, les Goldwyne étaient une petite maison de chevaliers fieffés. Leur domaine de prédilection était la terre ferme, avoir une vraie masse sousles pieds que ce soit pour vivre et pour se battre, il n’y avait rien de tel !

Le chevalier estimait que les marins qui passaient le plus clair de temps en mer que sur terre s’étaient acclimatés à ces conditions et que leur corps n’était plus trop sensible aux flots violents. Il devait peut-être un des seuls à être malade pendant le trajet, du moins sur le navire sur lequel il se trouvait. En s’éloignant des conditions météorologique des terres de l’Orage, il retrouva un peu d’énergie et était moins malade, mais il lui arrivait de faire de vilaines rechutes lorsqu’une vague trop violente venait frapper la coque en bois du bateau. Il ignore combien de jours défilèrent, il arrêta de les compter, plusieurs semaines ? Un véritable enfer pour lui, il préférait encore sur un champ de bataille plutôt que rester une semaine de plus sur ce maudit rafiot ! Il aurait préféré faire le voyage jusqu’à Fort-Darion à cheval, là il aurait été aux anges et le trajet se serait ainsi passé dans de bien meilleures conditions, pour sa personne en tout cas. Mais par les temps qui courent, les routes de l’Orage n’étaient plus vraiment sûres avec l’ennemi bieffois  et il aurait difficile d’assurer la pleine sécurité de deux têtes couronnées.

Il s’était réveillé de bon matin afin de se débarbouiller dans une bassine d’eau claire et revêtir des vêtements propres. Garlan ne possédait pas de nombreuses tenues. Premièrement, parce qu’il avait déserté le Bief précipitamment en suivant son ami et deuxièmement parce que sa bourse n’était pas bien pleine, ce qui ne lui pas permis de faire de nombreux achats dans l’Orage. Mais il avait gardé des vêtements propres à se mettre pour leur arrivée, car oui, c’était le grand jour ! Il avait parlé avec un marin la veille au soir qui l’avait informé qu’ils avaient pénétrés dans la Baie des Crabes il y a deux jours environ. Il lui avait même certifié qu’ils arriveraient dans la mâtinée si tout se déroulait bien. Un soulagement pour le jeune homme qui voyait son calvaire se terminer.

Ils croisèrent une quantité importante de navires, c’était vraiment impressionnant, il ignorait que les forces coalisées de l’Empire en possédaient autant. Il avait encore bien des choses à apprendre sur cette entité. Les navires venant de l’Orage s’approchaient à bonne vitesse de la capitale et durent diminuer leur allure pour  s’accoster aux quais de débarquement. Les voilà enfin arrivé, lorsque les passerelles furent dressés, le bieffois ne demanda pas son reste et s’empressa de quitter le bâtiment avec ses effets personnels. Son pied tâta le quai en bois à trois reprises et il eut l’air satisfait, ce n’était pas encore la terre ferme à proprement parlé, mais au moins il n’était plus en mer. Se déclarant à lui-même à haute voie : «- Je ne suis pas prêt à remonter à bord d’un de ces maudits rafiots ! Comment se fait-il que je suis l’un des seuls à avoir été malade ? »

Il regarda autour de lui et ne vit pas Kevan. Son roi semblait encore à bord du navire en compagnie de la reine Durrandon, il attendrait qu’il ait débarqué pour savoir s’il souhaitait qu’il l’escorte ou s’il le congédiait pour la journée. Ses yeux scrutaient les personnes autour de lui, jusqu’à tomber sur une personne qu’il connaissait fort bien, autant dire qu’il était même content de la voir. Il déposa ses effets personnels, ainsi que son équipement, sur  le quai et il alla saluer la dite personne. Il s’agissait de Yesaminda Forel, il avait fais sa connaissance il y a plusieurs semaines déjà. C’était une femme très belle et Garlan appréciait discuter avec elle. Elle le vit venir et lui présenta sa main. Le chevalier avait dû travailler plusieurs semaines pour qu’elle accepte qu'il lui fasse un baisemain. La jolie brune ne semblait pas se laisser amadouer si facilement, mais le bieffois aimait les défis. En soutenant légèrement la main de la dame par le dessous, il y déposa un doux baiser sur le dos de celle-ci avant de se redresser, sourire charmeur aux lèvres. : « Vous êtes resplendissante comme à votre habitude, lady Forel. Votre simple vue va très probablement emplir de gaieté mon cœur pour tout le reste de la journée. »

Toujours des jolis compliments et de beaux mots, l’homme était galant, c’était dans sa nature, il la questionna un peu. « Vous êtes vous déjà rendu sur ces terres auparavant , lady Forel ? Pour ma part, c’est la première fois que je m’aventure aussi loin du Bief. »


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MessageSujet: Re: Nos routes s'entrecroisent, mais jamais ne se lient [Tour VI - Terminé]    Mar 12 Juin - 20:19

Les bannières Durrandon et Gardener sont hissés en haut des mâts depuis des jours, on lui avait appris qu’ils se trouvaient dans la baie des crabes, et qu’ils se dirigeaient directement sur Fort-Darion. C’est alors qu’ils avaient croisé multitude de navires, un nombre impressionnant. Ils n’égalent pourtant pas le Titan de Braavos en granit noir, mais sont tout aussi dissuasif de tenter une attaque maritime. Etrangement, Yesaminda se sent fière de voir tant de bannières alliées levées haut dans le ciel. Fière du combat que mène l’Empire et leur réussite.

Elle s’est réveillée tôt, dans la nuit, pour admirer le ciel, et surtout la lune. Elle a prié jusqu’à l’aube, prié pour son amie et la naissance à venir. Yesaminda prie les Chantelunes, pour que l’accouchement se déroule bien dans 3 mois. La guérisseuse prie ainsi chaque jour depuis le premier empoisonnement de l’Impératrice, un rituel qu’elle ne s’est jamais permis de s’y soustraire. Si un temple était à sa disposition, elle y passerait chaque jour avec son dévouement habituel.

C’est donc accompagnée du Capitaine du navire, qu’elle observe l’astre lunaire disparaître au profit de l’astre solaire. Elle est ainsi témoin de la vie qui commence à s’animer à bord du navire, le Capitaine commence à distribuer ses ordres et les quartiers maîtres et moussaillons s’exécutent. Voir la vie qui l’entoure a toujours plu à la jeune femme, c’est à les voir ainsi qu’elle sait pourquoi elle se salit les mains. Il n’y a rien de plus satisfaisant que voir la vie autour de soi.

Elle se redresse lorsque le Capitaine lui apprend qu’ils ne vont plus tarder à pouvoir accoster à Fort-Darion. Elle sait, d’après Argella, que le couple Impérial ne s’y trouve pas encore, mais il lui tarde d’être témoin de l’édification de la Capitale de l’Empire, en espérant ne pas avoir à trop attendre l’arrivé de Rhaenys. Il lui tarde de retrouver l’Impératrice et l’enfant qu’elle porte, pouvoir veiller sur eux, car l’inquiétude n’a eu de cesse de la ronger depuis son départ pour retrouver son mari.

A peine a-t-elle posé pied sur le quai qu’elle le vit venir de loin. A dire vrai, il est difficile de le rater. Le Bieffois est un homme qui sait sortir du lot, en plus d’être séduisant, il est fort charmeur. Sachant pertinemment ce qui l’attend, elle fait l’effort de lui offrir sa main qu’il s’empresse de baiser de ses lèvres. Il avait réussi à obtenir cette faveur, à force de moultes conversations, ce bougre la travaille depuis des semaines. Jusqu’à ce qu’elle capitule, lassée d’avoir à débattre sur ce même sujet. Il a gagné une bataille, mais pas la guerre. La barbe du bieffois lui chatouille brièvement la main avant qu’elle ne récupère celle-ci.

“Ser Goldwyne. Cette mer déchaînée ne semble pas avoir entaché votre propension à charmer les dames.” Ce serait mentir que d’affirmer y être insensible, Garlan est un homme fort séduisant, il sait user de ses charmes et obtenir ce qu’il convoite, mais Yesaminda ne veut simplement pas être ‘une de plus’. “Ou bien les dames vous ont justement trop manqués.” Fait-elle remarquer avec espièglerie. Quoi que d’une certaine façon, elle se persuade que c’est le cas, c’est mieux que d’être déçue quand elle verra une autre femme à son bras.

Garlan Goldwyne n’est pas le premier, ni le dernier a tenté de la charmer, il reste au même rang que les autres. Econduit par l’indifférence qu’elle affiche, pourtant, il fait encore preuve de détermination. La jeune femme ne se fait aucune illusion, elle ne se laisse charmer par personne et impose une barrière entre les séducteurs et son coeur. Elle sait fort bien comme elle pourrait rapidement tomber entre leurs bras. Elle sait être une femme fort séduisante au regard des hommes, mais l’étrangère est d’une nature trop fidèle pour n’être que passagère dans les draps d’une couche masculine, malheureusement, son coeur trop tendre bondit à chaque compliment envers sa personne.

“J’affectionne particulièrement la découverte de nouvelles contrées. Je n’ai eu que brièvement le temps de visiter l’île de Peyredragon à mon arrivée, j’ai découvert le nord de la Néra jusqu’à Herpivoie. Dès lors, j’étais plutôt inquiète de me trouver en territoire ennemi pour apprécier le paysage du regard. Toutefois, j’ai eu l’occasion de passer par Haye-Pierre, avant de rejoindre le sud de la Néra, où nous nous sommes rencontrés la première fois. La suite, je l’ai parcouru avec vous.” Par vous, elle entend bien évidemment les troupes unifiées, jusqu’à la Griffonière.

Il faut dire, qu’elle n’a que très rarement quitté l’Impératrice et encore moins lorsqu’elle a été victime de son premier empoisonnement. Après quoi, elle se trouvait toujours dans son sillage et souvent en compagnie de Shantel, l’espionne d’Argella, pour retrouver le coupable. “J’espère avoir davantage l’occasion de visiter la nouvelle contrée de l’Empire et pourquoi pas d’aider à son développement.” Ajoute-t-elle avec un infime sourire de ravissement.

“Ressentez-vous de la nervosité à vous aventurer si loin ? Si je ne m’abuse, voilà des mois que vous avez quitté votre pays natal, seriez-vous sujet au mal du pays Ser Goldwyne ?” S’enquit-elle avec une réelle prévenance et inquiétude. Ils ont cela de commun, tous deux ont dû quitter leur pays natal, par la force des choses.


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MessageSujet: Re: Nos routes s'entrecroisent, mais jamais ne se lient [Tour VI - Terminé]    Mar 12 Juin - 22:53

Malgré qu’il soit un homme galant et qu’il pouvait représenter tout ce que l’on pouvait attendre d’un vrai chevalier, Garlan n’avait jamais connu le véritable amour, celui avec un grand A. Peut-être ne l’avait-il encore jamais rencontré, peut-être qu’il n’était jamais resté assez longtemps au même endroit pour le connaître. Les histoires qu’il avait connu, aussi nombreuses soient-elles, ne s’apparentaient qu’à des aventures sans lendemain ou à des amourettes de passage. Comme déjà évoqué, il ne restait jamais assez longtemps à un endroit donné, appelons cela les appels du devoir, voilà plus de dix ans qu’il suivait le Connétable dans tous ses combats et il n’attardait jamais dans la même bourgade. N’étant que de passage, il était difficile de nouer une relation saine et durable avec une femme. Puis son départ et la distance séparant les deux individus tuaient le poussin dans l’œuf, il n’y avait aucune chance pour qu’une vraie histoire commence.

Le chevalier s’était toujours contenté de cela, car il était totalement dévoué à Kevan, prêt à mettre de côté « sa vie amoureuse » pour pouvoir servir à tout moment son ami de la façon la plus efficace possible. Pourtant il a déjà remis à quelques reprises cette condition en question. Cela devrait-il durer jusqu’à son dernier souffle ? Devait-il ne point connaître l’amour ? Ne pas avoir d’enfants ? Juste parce qu’il entêtait à penser que son devoir envers son roi n’était pas compatible avec la création d’une relation avec une dame ? Garlan était prêt à tout pour Kevan et pour qu’il retrouve sa place au sein du Bief, mais il espérait pouvoir un jour connaître le vrai amour. Cependant, en ces temps de guerre, cela semblait compromis une fois de plus, il ne pensait pas que les Sept mettraient sur sa route une dame pour laquelle il aurait un fort intérêt en cette période troublée.

Il se posait surement trop de question, mais cela le travaillait énormément, bien qu’il garde tout cela pour lui. Il devait laisser faire les choses et advienne que pourra, sait-on jamais. Lady Forel était une très belle femme, il avait fais sa connaissance il y a de cela plusieurs semaines. Il appréciait passer du temps avec elle pour discuter de tout et de rien. Disons-le clairement, il aimait également lui faire la cour, il se plaisait à la complimenter à chacune de leurs rencontres et tentait de la charmer. Mais la jeune femme ne semblait pas lui rendre la tâche facile et cela ne lui donnait que plus d’intérêt aux yeux du Bieffois. Plus la résistance semblait accrue, plus il était déterminé. Il n’avait pas encore subi un refus catégorique de sa part, il ne savait pas trop à quoi s’attendre et comme il l’avait décidé, il verrait bien où cela mène, la forme que ça prendrait et laisserait le temps au temps.

Garlan était ce qu’il était, il n’allait pas le nier, après tout elle avait dû certainement le constater vu qu’elle l’évoquait avec tant d’aisance. Il n’allait pas confirmer son propos à haute voix, pour le coup cela le mettrait dans une mauvaise posture.  « Ou bien m’avez-vous manqué, vous et nos conversations, pendant ce long trajet ? Et lorsque je vous ai vu sur ce quai, je n’ai pas pu m’empêcher de venir converser avec vous, car il me tardait de vous revoir. » Répondit-il dans un franc sourire. Le chevalier était parfaitement honnête, il ne mentait que très rarement de tout de façon, il se disait qu’un mensonge finissait forcément par se savoir de tout de façon.  Mais d’un côté, il ne fallait pas se mentir, les femmes lui avaient manqués, aucune femme sur ce rafiot, la traversée fut bien longue et ennuyeuse…

Les deux individus avaient pu discuter longuement sur divers sujets, mais Garlan ignorait qu’elle avait vu tant de choses à Westeros, du moins elle en avait vu certainement vu plus que lui. Il était certain qu’il y avait encore bien des choses qu’il ignorait sur cette femme, mais cela viendrait au fur et à mesure de leurs rencontres, il ne pouvait pas la questionner sur toute sa vie comme ça sans paraître intrusif, cela ressemblerait à un interrogatoire. Non elle lui parlerait de ce qu’elle souhaiterait, si elle voulait garder ses secrets pour elle, il ne pouvait pas la forcer à les lui dévoiler. Hochant doucement la tête en l’écoutant énuméré les lieux qu’elle avait traversé, il paraissait admiratif, il l’était.  « Voilà que je vous jalouse votre expérience à travers ces contrées. Vous semblez connaître Westeros bien mieux que moi pour en avoir traversé une partie, alors que j’en suis originaire. Peut-être que lorsque que la guerre sera finie et que mon roi aura retrouvé ce qui lui revient, je pourrai découvrir les contrées appartenant à l’Empire dont j’ignore tout encore.   »

Il ne prêtait pas encore foi à l’Empire dont il ignorait tout, sa loyauté allait uniquement à Kevan Gardener, par extension, elle revenait également à cette entité supérieure bien entendu, mais il n’était pas encore dévoué à l’Empire corps et âme pour cela. Il faudrait du temps, Garlan devrait se faire une idée sur l’ensemble des royaumes qui le composait, sur ses habitants, sur ces royaumes et sur ses dirigeants. Il vit dans les propos de la guérisseuse son envie de découvrir cette nouvelle contrée, peut-être était-ce une occasion pour se rapprocher davantage d’elle. Puis s’ils restaient un moment ici, à part s’entraîner et escorte Kevan, il ferait bien d’apprendre à connaître la région s’il était amené à y séjourner un moment. « Si nous restons suffisamment longtemps et si vous me le permettez, ne souhaitant pas représenter un quelconque poids pour vous, j’aimerai la visiter à vos côtés.   » Une demande simple, Garlan ne s’offusquerait nullement s’il essayait un refus à sa demande.

Il connaissait les talents de la jeune femme, on pouvait même dire que c’était un don, il n’était pas donner à tout le monde de soigner les gens comme elle le faisait, c’était un savoir précieux, elle pouvait être fière.  « Je n’ai aucun doute que vous arriverez à apporter votre pierre à l’édifice. Je n’ai pu le constater par moi-même, mais on m’a dis que vous étiez très douée. Certaines personnes n’ont aucun mal à tuer, c’est une tâche simple ne demandant aucun talent particulier. Maintenir en vie une personne, la soigner, la sauver. Il s’agit d’autre chose, c’est bien plus compliqué et ce n’est pas donné à tout le monde. Vous possédez ce savoir, je pense sincèrement que vous saurez le mettre à contribution dans l’Empire et que cela lui sera bénéfique.   » Il s’agissait à la fois d’un compliment, mais de la simple vérité, un constat de ce qu’il avait pu entendre et ce qu’était les choses.

Il émit un rire nerveux à sa question, un chevalier devait être sans peur, sans reproche, du moins c’est ce qu’il était censé faire transparaître. Si elle lui avait posé la question, c’est qu’un élément dans ses propos et dans son comportement devait trahir son état d’esprit. Encore une fois, il parlerait à cœur ouvert, il n’avait rien à cacher de tout de façon. « Je n’ai jamais quitté le Bief, je suis né là-bas, j’ai été élevé dans cette région et j’ai toujours tout donné pour pouvoir défendre du mieux que possible ses intérêts. Donc oui, comme vous le dites, on peut dire que je suis quelque peu nerveux, bien que le goût de l’aventure devrait  me pousser de l’avant et arrêter de regarder en arrière, je n’y arrive pas totalement. En suivant mon roi, je savais que je n’y retourne pas de si tôt, mais d’en être si éloigné, c’est presque un déchirement. Observer le coucher de soleil depuis l’île de La Treille, et chevaucher à travers les plaines verdoyantes entourant Hautjardin. Des choses simples, qui semblaient si banales, me manquent aujourd’hui. Je sais que j’y retournerai un jour, que ce soit dans un ou cinq ans, mon roi n’abandonnera jamais et je le suivrai dans chacune de ses décisions. Je saurai faire preuve de patience, puis si nous ne repartons pas trop vite, cela me permettra de découvrir de nouvelles contrées moi aussi. »

Ils étaient bien loin de chez eux, tous les deux, Garlan lui retourna donc la question dans l’espoir d’en apprendre davantage sur elle par la même occasion. « J’espère ne pas me montrer trop indiscret, votre pays d’origine ne vous manque guère ? Depuis quand en êtes-vous parti ? »
 


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MessageSujet: Re: Nos routes s'entrecroisent, mais jamais ne se lient [Tour VI - Terminé]    Mar 19 Juin - 13:57

Lorsque son compagnon lui fait part de l’idée saugrenue selon laquelle elle lui aurait manqué, l’intéressée n’y croit pas un instant. Gênée par cette idée, elle détourne le regard et ne se donne pas la peine de surenchérir. Certes, elle apprécie autant que lui leurs conversations, elle a la certitude qu’il saura la remplacer dès qu’il aura trouvé une femme pour le distraire, une femme qui lui apportera ce qu’elle s’efforce de ne pas offrir. A personne.

Yesaminda serait beaucoup plus à l’aise avec ce chevalier s’il cessait de se jouer d’elle en lui faisant la cour. De son point de vue, il ne s’agit que de ça, d’un jeu, une partie qu’elle n’a nullement envie de gagner ou perdre. Il faut dire, qu’elle ne croit plus en la sincérité des hommes, battue par son mari et rejetée du seul homme qu’elle eut aimé, c’est suffisant pour entacher sa confiance en elle en matière de relations amoureuses. Pourtant, une part qu’elle ne s’avoue pas, ni ne s’autorise, le souhaite, mais elle ne mérite pas le bonheur. Celui-ci serait bien insipide sans son fils.

“Détrompez-vous, j’ai encore d’énormes lacunes en ce qui concerne Westeros, bien que je m’emploie à les combler, je me trouve encore incapable de situer une ville dans son pays et pour autant que je sache de nouvelles frontières ont été délimitées.” Mais elle en apprend chaque jour, grâce au pli apposé du sceau de l’Empereur lui-même, les Mestres sont bon gré mal gré forcés de partager leurs connaissances et avec les nombreuses conversations qu’elle a eu l’occasion d’avoir avec les moins réfractaires à sa condition. La jeune femme n’est jamais avare à l’idée de bavasser. “Vous n’êtes nullement un poids Ser Goldwyne et il me plairait de visiter cette nouvelle région en votre compagnie, si vous me promettez de me considérer comme une amie et non une femme à courtiser pour votre bon plaisir.”

Il ne tarit pas d’éloges sur ses compétences, ce qui étonne la jeune femme qui ne peut s’empêcher de le dévisager. “Vous ne me trouvez pas…” Plutôt que de poursuivre, elle hausse des épaules. A Westeros, les hommes la trouvent trop instruite pour une femme, des connaissances égalant celles des Mestres bien qu’étrangères, ou trop impliquée dans les affaires de la guerre, pas assez coquette et elle pourrait faire une liste longue comme son bras de toutes les choses qu’on lui reproche. Quant aux femmes, certaines la jalouse, parce qu’elle a cette beauté étrangère et une peau plus hâlée, un charme qui ne laisse pas indifférent, pourtant, elles ignorent que son corps est couvert de cicatrices qui rendrait une truie plus séduisante qu’elle-même.

Elle est profondément touchée par ses propos. La plupart des nobles sont enfermés dans leurs traditions concernant le rôle de leurs femmes. Secrètement, Yesaminda apprécie que le bieffois ne semble pas être de ceux là. “Vous ne cessez de m’étonner.” Conclut-elle. “Je ne suis pas tant au service de l’Empire, qu’à celui de la vie elle-même. La mort est beaucoup trop définitive à mes yeux, elle m’effraie. Vous partez en guerre avec vos armures et vos épées, je pars en guerre contre la mort elle-même et je l’empêche de vous enlever à ce monde.” Et cette dernière s’est vengée en lui retirant son fils, pourtant, la guérisseuse poursuit sans relâche son combat.

Puis, elle l’interroge. Elle n’est pas sans savoir le plus important, le Roi fédéré du Bief a été exilé de son propre royaume, renié par son frère pour avoir choisi l’amour plutôt qu’une alliance qu’il jugeait dangereuse. Rien ne s’était passé comme prévu pour ce Prince déchu, entraînant à sa suite ses hommes les plus loyaux. Dont Goldwyne. Leur histoire n’est pas si différente de la sienne. Et la réponse du chevalier touche particulièrement la jeune femme qui n’est pas loin de ressentir la même chose.

“Chaque jour, depuis… 9 mois.” Ce n’est pas un secret d’état, voilà 9 mois déjà qu’elle a posé le pied à Peyredragon avant de rejoindre son oncle à Herpivoie. 9 mois que la douleur ternie son coeur. “Je suis née à Braavos, et contrairement à vous, j’ai eu l’occasion de visiter les cités libres grâce à ma famille maternelle, je peux facilement vous dire qu’ils ont éveillés en moi le plaisir des excursions, ce sont des commerçants et j’ai appris l’art de la négociation lors de nos périples, mais c’est définitivement dans la Maison des Mains Rouges que je me suis épanouie. Braavos est ma cité favorite de par sa grande tolérance, nous sommes un peuple libre et fier. Ma cité et nos moeurs sont tellement différents de Westeros, les préjugés qui sont les vôtres ne sont pas les miens, je n’ai de cesse de recevoir des revers et je ne comprends pas la raison de la majorité.”

Une légère grimace fait plisser ses lèvres. Son regard se perd au loin, vers le chemin qui les mènera sûrement à cette nouvelle forteresse qu’elle s’impatiente de retrouver malgré tout. “Je ne suis pas pessimiste, heureusement, j’ai le plaisir de pouvoir profiter de la compagnie comme la vôtre.” La jeune femme retourne son attention sur le chevalier et lui offre un sourire enthousiaste. Il y a encore quelques mois, à son arrivée, elle n’éveillait que la méfiance d’autrui. Aujourd’hui, il semble que son charme naturel fasse son effet et qu’elle se fasse de plus en plus d’amis. Des hommes et des femmes qui regardent au delà de son pays d’origine et de ses moeurs étrangères aux leurs.

“Si tel est votre souhait, je serais heureuse de vous parler de la cité qui m’a vu naître et grandir, j’aurai autant d’agrément à vous écouter parler de votre pays et votre histoire. Il me tarde d’en apprendre davantage à votre sujet Ser, pour l’heure, je crois que nous gênons le débarquement.” Surenchérit-elle en évitant un homme portant à bout de bras une malle qui semble faire plus de 2 fois son poids. “Que diriez-vous de nous retrouver plus tard ? Je dois retrouver la Reine Durrandon avant qu’elle ne s’inquiète de mon absence. Faites-moi parvenir le lieux de rendez-vous de votre choix.”


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MessageSujet: Re: Nos routes s'entrecroisent, mais jamais ne se lient [Tour VI - Terminé]    Mer 20 Juin - 21:59

Aucune réaction de la part de la jeune femme à ses mots. Pas de réponse, ni même un sourire et encore moins un haussement de sourcil intéressé. Non, rien du tout. Elle semblait bien lasse des ses jolis mots et courbettes. Déjà ? Il venait à peine de commencer pourtant ! Après tout, elle devait commencer à le connaître et devait donc savoir que si elle ne le stoppait pas d’entrée de jeu, il allait continuer sur sa lancée. Et le silence en disait parfois bien plus long que de vaines paroles. Garlan comprit que cela marquait un coup d’arrêt à sa prétention de lui faire la cour. Il n’allait pas insister davantage pour le moment, il ne souhaitait pas se montrer trop insistant. Après tout, il s’entendait bien avec Lady Forel, il ne souhaitait pas que cela change. Non. Cela le peinera, réellement.

Le chevalier comprenait fort bien les propos de la jeune femme. Après tout, elle n’était pas originaire de ce continent. Il se demandait bien quelle enfance elle avait eue, si celle-ci avait été heureuse ou au contraire, déplorable. Si elle avait reçue une éducation. Les seigneurs de maisons nobles de Westeros déléguaient l’éducation de leur progéniture aux mestres ou à des percepteurs le cas échéant chargés de leur apprendre tout ce qu’il y avait à savoir sur Westeros et également un peu sur Essos. Il ignorait si la famille Forel était importante sur le continent voisin, peut-être, il ne le savait pas ; il le saurait en apprenant à la connaître. Garlan connaissait chaque recoin du Bief, des sentiers discrets à travers les Montagnes rouges ou encore des grottes bien dissimulées dans les îles boucliers. Mais en ce qui concerne les autres royaumes de son continent, il avait encore énormément à apprendre.

Pour une « étrangère », cela devait être encore plus compliqué, maintenant que Kevan avait prêté allégeance à l’Empire, Garlan se faisait un devoir d’apprendre à connaître leurs nouveaux alliés, ne s’étant vraiment jamais intéressé aux autres régions de ce continent jusqu’à il y a peu. « Je vois. Il est vrai qu’en temps de paix, la tâche est déjà suffisamment difficile et qu’une seule vie paraît bien insuffisante pour connaître sur le bout des doigts toutes les contrées composant Westeros et les explorer. Mais la guerre rend cela encore plus ardue, avec des frontières sujettes à être modifiées et des villes amenées à disparaître. Si on se réfère à l’histoire, ce continent a toujours connue des guerres perpétuelles et la paix n’y a jamais prospéré. » Il marqua une courte pause, s’apprêtant à partager son opinion personnelle sur un sujet qui le travaillait pas mal ces derniers temps. « J’ignore encore tout de l’Empire, je n’en sais point assez pour m’en faire une réelle opinion, si bien, vous le demanderais-je à vous. Pensez-vous que l’Empire puisse être capable d’amener pour la première fois une paix durable sur ce continent ? »

Il souhaitait qu’elle partage avec lui son opinion, ce qu’elle en pensait réellement, ils étaient libres de parler librement. Cela m’étonnerait qu’elle se mette à dénigrer l’Empire, et puis quoi qu’elle en dise, Garlan ne se transformerait pas en un claquement de doigt en fervent partisan de cette entité. Non, certainement pas. Mais au moins, cela lui permettrait d’en savoir un peu plus, posséder des éléments supplémentaires afin de se constituer son propre avis. L’idée qu’il soit en sa compagnie afin d’explorer cette nouvelle région qui leur était étrangère ne semblait pas lui déplaire, ce qui lui suffit à être des plus joyeux, laissant apparaître un large sourire. Ce dernier s’amoindrit quelque peu lorsqu’elle précisa qu’il ne devrait pas lui faire la cour pendant leur visite. « Ne pas faire de promesse à une femme, si on n’est pas sûr de pouvoir la tenir... » Sur un ton plus sérieux, il reprit. « Mais…Même si arrêter de vous complimenter sur votre beauté et votre personne va être difficile, je vous en fais la promesse. »

Il ne donnait jamais sa parole à la légère, mais s’il n’en faisait pas la promesse, Garlan savait qu’il ne pourrait pas passer ces moments privilégiés à ses côtés. Il espérait tout de même qu’elle accepterait un ou deux compliments de temps en temps. Les vieilles habitudes ont la vie dure. Cependant, remettre en cause sa parole, une promesse, cela bafouerait son honneur, tout ce qu’on lui avait enseigné. Ce qu’il était, il le devait à son « mécène » et à Ser Tyrell, ça serait les trahir également s’il ne respectait pas ce qu’il avait pu apprendre auprès d’eux. Elle commença une phrase, mais ne la termina pas. Que voulait-elle bien dire ? Les yeux écarquillés, la bouche légèrement entrouverte, il allait lui demander le fin fond de sa pensées, mais s’abstenu de le faire. « Généralement, on combat avec plus de férocité ce qui nous fait peur, comme vous le dites si bien, je comprends ainsi pourquoi tant de braves ont pu être sauvés par vos soins. » Sa main entoura le pommeau de son épée et il continua. « Lorsque je tiens cette arme en main, je sais que je peux m’apprêter à tuer. Je ne prends aucun plaisir à faucher une vie, même si la personne a commis des crimes impardonnables. Je me dirais que j’ai simplement rendu justice, plutôt qu’en tirer un réel plaisir. Malheureusement, une guerre ne s’est jamais remportée sans sang versé. »

Il aimait se battre, tirer l’épée, trouver un adversaire doué dans les arts martiaux afin de se surpasser, donner tout ce qu’il avait. Cependant, il n’aimait guère la résolution que pouvait prendre le combat, que ce soit pour son adversaire, mais également pour lui-même s’il viendrait à trépasser un jour prochain. Garlan écoute Lady Forel pendant qu’elle lui parle de sa contrée d’origine, ne souhaitant pas la couper, il garde toutes ses questions pour plus tard. Cela l’intéressait, il ne connaissait quasiment rien d’Essos, à part les noms des neuf cités et le fait qu’un souverain très puissant, se nommant « Le Tigre » s’était accaparé d’une bonne partie des puissances de ce continent. C’était donc avec un intérêt certain qu’il l’écoutait, car il apprenait en même temps. Il garderait ses questions pour plus tard pour le moment, il souhaitait juste rebondir sur un sujet précis pour le moment : « La société de Westeros est très conservatrice, traditionnelle, elle n’évolue guère, ce savoir-vivre se transmettant de génération en génération. Ainsi, lorsqu’un élément nouveau apparait dans la vie d’une personne ayant grandi avec ces codes et coutumes, il est possible qu’il traite cet « élément étranger » avec mépris, car il considérera que sa vision de voir le monde est la bonne et qu’il ne doit pas en y avoir d’autre. J’ai été chanceux de tomber sur des personnes qui m’ont appris à sortir d’en dehors de ces sentiers battus, à m’ouvrir à des mœurs incongrues par rapport au monde dans lequel j’évolue et je ne le regrette absolument pas aujourd’hui.   »

Il lui rendit un sourire bienveillant et inclina légèrement sa tête, plongeant son regard dans le sien. « Et moi de la vôtre, ma dame.   » Il est vrai que ce n’était peut-être pas le meilleur endroit pour continuer leur conversation, des gens s’affairaient de tout côté pour décharger les navires sur les quais. S’ils restaient plantés là, ils représenteraient une gêne certaine pour le débarquement. En tout cas, cela lui faisait plaisir d’apprendre à connaître l’histoire de la jeune femme et d’en savoir plus sur la région qui l’a vue naître. « Nous pouvons nous retrouver aux portes du castel de la ville si cela vous convient. J’ignore où il se trouve, mais il ne devrait pas être très difficile à trouver. Prenez tout le temps qu’il vous faudra, je vais également aller voir de mon côté si mon roi a besoin de mes services,  je vous y attendrai dans tous les cas. Il me tarde de pouvoir continuer notre discussion.   » Ils se séparèrent ensuite chacun de leur côté, Garlan alla demander ses directives à Kevan, volontaire encore une fois, prêt à tout pour l’épauler. Mais lui aussi venait d’arriver, il devait être totalement dépaysé et avait surement besoin d’un temps d’adaptation pour reprendre ses esprits. Ne recevant aucun ordre contraire, le chevalier se dit alors que le reste de sa journée était libre, bien qu’il restait à la disposition de son ami s’il avait besoin de lui.

Il se saisit de la malle contenant ses affaires et son équipement, Garlan quitta les quais, plusieurs personnes étaient positionnées à la sortie pour les aiguiller vers le lieu où ils seraient hébergés. Le Bieffois atterrit dans une petite auberge non loin du mur Est de la ville, une chambre exiguë, mais il avait un vrai lit. Autant dire que c’était le luxe par rapport à ce qu’il pouvait connaître, il n’avait pas besoin d’un confort extravagant pour vivre, du coup il se satisfaisait largement de son lieu d’hébergement. Il déposa ses affaires tout en inspectant son équipement, il nettoya son armure cabossée et griffée de partout, marquée par l’hardiesse des combats auxquels il avait participé. Il ne s’attarda pas davantage dans ce lieu et quitta l’auberge pour se mettre à la recherche du château. Souhaitant d’abord se débrouiller seul, il passa une bonne dizaine de minutes à chercher un bâtiment surélevé, mais il ne vit rien qui lui sauta aux yeux. Il n’était pas homme à baisser les armes si facilement, mais il ne souhaitait pas faire attendre Lady Forel, ainsi il demanda son chemin au propriétaire d’une échoppe qui lui indiqua bien aimablement le trajet.

Après plusieurs minutes de marche, il arriva sur les lieux, elle n’y était pas, du moins pas encore. Si la reine de l’Orage avait besoin d’elle, il y avait même un risque qu’elle ne montre pas le bout de son nez, ce qu’il aurait parfaitement compris. Il refusait de patienter sans rien faire, sans s’occuper. Observant une poignée d’hommes en train de changer la porte du castel qui avait due être défoncée lors de l’attaque surprise par le fer-nés, il décida de leur prêter assistance. Il fallait dire qu’elle pesait son poids et que son aide fut la bienvenue pour venir la porter et la fixer comme il le fallait dans ses ancrages. Un homme l’informa du fait qu’ils avaient eu ordre de la renforcer pour qu’elle montre davantage de résistance dans le cas d’un éventuel nouvel assaut. Le Bieffois ignora combien de temps ils mirent à placer cette porte, mais ils y étaient venus à bout. Les ouvriers proposaient de lui ouvrir un coup à boire dans la taverne la plus proche pour son aide. Il aurait accepté avec plaisir, mais la jeune femme était prioritaire dans son esprit.

Jetant un coup d’œil par-dessus son épaule, il vit que Lady Forel était arrivée, depuis combien de temps était-elle là ? S’excusant auprès des ouvriers, il alla à sa rencontre. Il était honteux et extérieurement on voyait qu’il ne savait pas où se mettre, frottant l’arrière de son crâne de sa main droite, il s’arrêta devant la sage-femme de l’Impératrice et présenta ses excuses d’un air penaud:  « Toutes mes excuses, ma dame, j’espère que je ne vous ai point fais trop attendre... Comment se portait la reine Durrandon après ce long voyage ?   » Son regard fuyant se replongea dans les yeux de la jeune femme, retrouvant son doux sourire, il lui proposa son bras. «Nous pourrons, je pense, découvrir le castel un peu plus tard dans la journée. Si cela vous agréée, je vous propose de commencer par découvrir les marchés et autres endroits dignes d’intérêt de la ville avant de revenir vers le château. Qu’en pensez-vous ? »


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MessageSujet: Re: Nos routes s'entrecroisent, mais jamais ne se lient [Tour VI - Terminé]    Lun 25 Juin - 17:59

Elle comprend quelque chose qui la laisse bien perplexe lorsque le chevalier l’interroge sur l’Empire. Elle comprend qu’il n’en n’est pas un partisan, ce qui la contrarie. Il le dit lui-même, la paix n’a jamais prospéré, pourtant, il doute de l’Empire. Mais elle peut difficilement l’accuser de ne pas en être loyaliste, dans la mesure où elle-même il lui a fallu un certain temps pour devenir une pro-Empire. “Ils ont le mérite d’essayer. Je suis certaine que l’Empereur et l’Impératrice n’agissent pas ainsi par ambition, pour la gloire, ni pour le pouvoir suprême, ils sacrifient énormément pour un idéal qu’ils se sont promis d’atteindre et protéger. L’Empire ne prétend pas éradiquer toute source de conflit à Westeros, Il veillera à la prospérité, à faire justice en toute objectivité et sagesse, ce n’est pas uniquement un pouvoir suprême, L’Empire sera le garant d’une paix prospère. J’aime à le voir comme une entité neutre, même si c’est plus complexe que cela.”  

La jeune femme a conscience qu’elle ne saurait convaincre ce chevalier par ces simples mots, elle n’est pas naïve à ce point, mais elle ne perd pas espoir de pouvoir le convaincre du bien fondé de l’Empire. “Nous aurons l’occasion d’en discuter si tel est votre souhait.” Rajoute-t-elle. Du temps, ils vont en avoir lorsqu’ils visiteront le nouveau territoire délimité pour l’Empire. Petit à petit, elle arrivera à le convaincre, de cela elle n’en doute pas. Elle perçoit assez bien la déception du chevalier lorsqu’elle lui demande de ne plus lui faire la cour, ce qu’il semble accepter, bon gré, mal gré, un soulagement pour la jeune femme. “C’est entendu.” Ce n’est pas que ça lui déplaît tant que ça, bien au contraire, ça lui plait un peu trop, hors, elle ne peut pas se permettre ce genre de distraction. Pas plus de croire en nouveau en l’amour, par ailleurs, elle se persuade que ce n’est pas ce que recherche le chevalier.

Il saisit parfaitement que la jeune femme est terrifiée par la mort, par conséquent, son engagement à la combattre. Elle suit du regard sa main qui s’empare du pommeau de son épée avant de les relever pour le dévisager, ni en accord ni en contradiction avec ses propos, elle secoue tout de même la tête. “Justice ? Où se trouve la justice sur un champ de bataille ? Vous êtes des hommes qui obéissent à des ordres. Vous n’êtes pas tous coupables de crimes abjectes.” La mort n’est pas une justice aux yeux de la guérisseuse. La mort, et la vengeance qui en résulte le plus souvent, ne ramènent pas les vivants, la mort est définitive que ce soit pour les innocents autant que pour les coupables. Elle en sait quelque chose, avoir tué son mari n’a pas ramené son fils. Rien ne pourra ramener les hommes tombés au combat. Yesaminda est pour l’Empire, malgré tout, elle reste contre la guerre.

Goldwyne et Forel partagent sur leur pays d’origine, elle va même plus loin en mentionnant son incompréhension face à l’esprit fermé de la majorité des habitants de Westeros. Ce à quoi le chevalier lui répond qu’ils sont éduqués de la sorte, contrairement à Braavos où ils privilégient la tolérance, ils poussent les enfants à se faire leur propre opinion des choses. Yesaminda déplore une telle étroitesse d’esprit alors qu’il y a tant de choses à explorer, mais elle ne peut rien y faire, si ce n’est supporter le mépris de Westeros et continuer de marcher sur des braises ardentes pour éviter de trop les froisser. Heureusement, certaines personnes, comme Garlan, sont plus ouverts, ce dernier est même devenu son ami. Ce sont des personnes comme lui, comme Rhaenys, qui lui permettent de poursuivre avec le sourire.

Le chevalier lui donne ensuite rendez-vous aux portes du castel avant la séparation. La guérisseuse se dirige vers la Reine de l’Orage, en l’absence de Rhaenys, c’est à Argella qu’elle tient compagnie et cette dernière souhaite que la guérisseuse ne s’éloigne pas trop, pour sa sécurité. Yesaminda comprend qu’elle parle des fer-nés qui ont envahi la capitale il y a peu, avant de se rendre et d’être relégué aux travaux du château. Yesaminda ne s’en inquiète pas, les gardes engagés par son oncle pour sa protection sont efficaces et discrets, grâce à eux, elle n’a jamais eu d’ennuis. La jeune femme s’installe à l’auberge avec la suite de la Souveraine, en attendant l’arrivée du couple Impérial, après quoi elle s’enquiert auprès d’Argella de ses besoins, visiblement elle se porte bien mieux depuis qu’elle a quitté le navire, et n’a besoin de rien, elle la fera appeler si nécessaire. En attendant, Yesaminda est libre de son temps.

C’est donc vers les portes du castel qu’elle se dirige, en demandant son chemin en compagnie d’un de ses gardes. Comme à son habitude, la jeune femme observe attentivement ce qui l’entoure, les dégâts causés par un assaut mené 1 mois plus tôt, et d’une ville assaillie pendant 2 semaines avant la reddition du fer-né. Elle décide de se rendre à son lieu de rendez-vous comme prévu, si le chevalier ne s’y trouve pas, elle se rendra au dispensaire afin d’offrir son aide. Sur place, elle le cherche des yeux sans le voir, jusqu’à ce que son regard soit attiré à l’entrée du castel, Goldwyne se trouve bien là, mais visiblement occupé à venir en aide aux travailleurs.

Sur sa gauche, un groupe de jeune femme n’en rate pas une miette. A quelques pas d’elles, Yesaminda entend leur conversation sans le vouloir pendant qu’elles s’extasient devant ce nouvel homme qu’elles trouvent fort à leur goût. Force est d’admettre qu’elles ont raison, même la guérisseuse n’a d’yeux que pour lui. Parce qu’elle réalise qu’il est serviable et généreux, et pas seulement séduisant, surtout lorsqu’il sourit, en plus d’être doué pour faire la conversation. Depuis qu’ils se sont rencontrés, elle a eu plus d’une fois l’occasion de constater qu’il ne se contente pas de parler pour séduire, il écoute vraiment ce qu’elle dit. Sans parler de sa bonne humeur qu’il affiche en toute circonstance et se répercute sur l’humeur de la jeune femme.

Yesaminda soupir et détourne le regard, pour croiser celui de son garde qui la dévisage. Elle rougit tout en se rendant compte que séduite, elle l’est. Indéniablement. Malheureusement pour Goldwyne, elle ne se laisse pas guider par ses émotions. Bien qu’à l’instant, son esprit s’est égaré vers des pensées inavouables. Le chevalier termine sa tâche et s’aperçoit de sa présence et vient la retrouver tout en s’excusant. Il n’a pas à l’être dans la mesure où elle a plus qu’apprécier le spectacle. “Ces hommes avaient bien plus besoin de vous que moi, ne soyez pas si gêné. Elle se porte bien mieux depuis qu’elle a posé pieds à terre, j’ai pu constater qu’elle n’apprécie guère ce genre de voyage. Et si j’en crois la rumeur, vous non plus.” Ajoute-t-elle avec un léger sourire taquin. Qui s’efface aussi vite lorsqu’il plante son regard dans le sien avec un sourire tout en lui présentant son bras et suggérant de faire un tour au marché, son coeur fait des cabrioles. Elle regrette presque de lui avoir demandé de cesser de lui faire la cour.

“Bien volontiers. Je vais sûrement m’attirer les foudres de ces dames, mais je ne saurais me passer de votre compagnie pour aujourd’hui.” Acquiesce-t-elle en glissant sa main dans le creux de son coude, non sans un bref regard vers lesdites dames qui les observe. Yesaminda est assez flattée, parce qu’il n’a pas eu un regard pour elles, mais ne se laisse pas attendrir pour autant. Le soir même, il ira sans doute rejoindre une d’entre elles, la guérisseuse chasse cette pensée de son esprit pendant qu’ils se dirigent vers le marché de la ville.

“Dites-moi, avez-vous une famille qui vous attend dans le Bief ? Une femme ? Des enfants ?” Sa voix est timide, parce qu’elle craint autant la réponse que d’avoir osé poser une question aussi personnelle. Elle n’est pas sans savoir que les hommes mariés ne se privent pas de la compagnie des femmes, mais elle n’avait jamais posé la question au chevalier.


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MessageSujet: Re: Nos routes s'entrecroisent, mais jamais ne se lient [Tour VI - Terminé]    Mar 26 Juin - 20:18

Alors que Garlan était en train d’aider les ouvriers dans leur lourde tâche d’installer la nouvelle porte du castel, il ressassa les dernières paroles qu’il avait pu échanger avec lady Forel . Elle semblait une fière partisane de l’Empire, du moins à l’écoute de ses mots, on sentait qu’elle avait la vive conviction que ce nouvel arrivant dans le jeu du pouvoir à Westeros arriverait à tirer sa carte du jeu et à changer la donne. Peut-être était-ce le fait qu’elle venait d’Essos et que la pensée était beaucoup plus libérée là-bas ? Ou parce qu’elle était arrivée il y a seulement neuf mois sur ce continent et qu’elle ne connaissait que le Royaume de Peyredragon et l’Empire ? Peut-être était-ce cela oui. Mais le chevalier pensait qu’elle devait se retrouver dans les valeurs prônées par cette entité, dont Garlan ne savait pas trop quoi en penser. En tout cas, selon ses dires, l’Empire pouvait être la garant d’une paix tant méritée pour ces terres qui n’ont connu que des siècles de guerre jusqu’alors. Cela serait inédit et rien que cette idée faisait que beaucoup de braves avaient déjà donné leur vie pour cette idylle de prospérité.

Le Bieffois se ferait un plaisir de converser avec la guérisseuse de l’Empire, argumenter, un sujet de conversation qui serait très intéressant pour les deux partis. Garlan aimait discuter, il n’avait pas de mal à enclencher une conversation et cela avec n’importe qui. Mais il se plaisait particulièrement à converser avec la suivante de l’Impératrice, elle avait de la répartie, tous les deux alimentaient la discussion, ça n’était pas en sens unique, ce qui la rendait d’autant plus intéressante aux yeux du jeune homme. On lui avait inculpé des valeurs, des valeurs qu’il ne renierait jamais, qu’il était prêt à défendre, au péril de sa vie s’il le fallait.  La justice était l’une d’entre d’elle. La justice et non la vengeance. La vengeance pouvait pousser l’Homme dans ses retranchements, le forcer à se livrer à ses plus bas instincts, c’était un fléau. Dans ses souvenirs, aucun événement ne l’avait encore poussé à se venger, mais rien ne disait que ça ne serait jamais le cas un jour. Il ne prétendait pas être parfait, il ne l’était pas. Il espérait que ce jour là, des personnes dans son entourage, ses amis, l’empêcheront de faire une bien belle bêtise.

Elle avait raison en tout cas, sur un champ de bataille, les valeurs qu’il défendait avec tant d’ardeur n’avaient pas vraiment leur place. Pourtant Garlan les défendait tout de même, jamais il ne s’était adonné à des massacres, à des viols et encore moins à des pillages, non jamais. S’il suivait son commandant sur le champ de bataille, c’était parce qu’il lui avait prêté allégeance. Parce qu’il n’avait été que sous les ordres de Kevan depuis l’âge de ses quinze ans. Il regrettait tous ces morts, comme il l’avait dis, il ne trouvait aucun plaisir, cela aurait pu être évité dans certains cas. Mais dans d’autres, c’était inéducable, on ne gagnait pas une guerre sans un lot innombrable de cadavres et cela dans les deux camps. Trop concentré sur ces pensées, il ne faisait plus autant attention à l’instant présent et à ses mouvements. Dans un geste ample et maladroit, son avant-bras gauche vint heurter le bout pointu d’un outil qu’un ouvrier tenait en main. Le pointe se planta dans ses chairs et se retira instantanément lorsque son camarade de dur labeur s’en rendit compte, ce qu’il arracha un juron et un léger râle de douleur. La pointe métallique avait réussie à faire un trou dans sa brigandine, c’est qu’elle devait être sacrément acérée, un beau filet de sang sortait de la plaie. Rien de bien méchant, mais il s’en occuperait plus tard. L’ouvrier s’excusa, mais Garlan rétorqua qu’il n’avait pas à s’en vouloir et qu’il s’agissait de sa faute. Saisissant un mouchoir qu’il sortit d’une petite bourse en toile pendouillant à sa ceinture, il l’entoura autour de son avant-bras et serra autour de la plaie. C’était du provisoire, il tâcherait de rafistoler cela plus tard.

Une fois le travail terminé, il abandonna les ouvriers pour aller rejoindre Lady Forel au rendez-vous qu’il avait fixé. Le Bieffois ne fit même pas attention au petit groupe de femmes qui le fixait. Il fallait dire que la jolie brune méritait toute l’attention de Garlan, il ne voyait aucune raison de dérober son regard vers une autre, non aucune. Elles ne devaient même pas arriver à la cheville de la guérisseuse s’il  ne les avait même pas regarder ou alors il n’avait que d’yeux que pour elle en ce moment, allez savoir.  La Reine de l’Orage est très proche de Kevan, cela a été rendu publique par la missive qu’a reçu son ami et qui a précédé sa désertion. Ils semblaient s’aimer d’un amour sincère, indéniable, ces deux-là semblaient être fais l’un pour l’autre. Cependant, ils avaient tous les deux de lourdes responsabilités et il est fort probable que celles-ci les empêchent de vivre pleinement leur amour. A croire qu’ils étaient maudits. «Vous me voyez ravi d’apprendre qu’elle soit en bonne santé, elle a bien de la chance de vous avoir pour veiller sur elle. »

Il était certain qu’avec les talents de Lady Forel, la reine Durrandon était entre de bonnes mains, il semblait ne pas y en avoir des meilleures dans ce domaine, du moins Garlan n’en connaissait pas. Le Bieffois ria de bon cœur à la fin de la phrase de la jeune femme. Mince, elle était déjà au courant. . «Les nouvelles vont bon train à ce que je vois ! En effet, je n’ai jamais possédé le pied marin. Un comble quand on sait que la maison Goldwyne est vassale des Redwyne connus pour être des navigateurs hors de pair. J’ai déjà prévenu mon roi, je préfère encore prendre le risque de faire le voyage de retour tout seul à cheval plutôt que remonter à bord d’un de ces navires ! » C’est sûr qu’il avait le choix, il préférait la terre ferme, mais s’il en recevait l’ordre, il s’exécuterait bien entendu, mais ça ne serait pas de gaieté de cœur. Il avait dis tout cela de façon enjouée après avoir bien ri, mais il continua sur un registre un peu plus sérieux.  «En tout cas, si vous avez un remède miracle contre le mal de mer, je suis preneur et je vous serai infiniment reconnaissant. »

Une infusion peut-être ? Bref, il savait qu’un jour ou l’autre il devrait remonter à bord d’un navire, ça semblait inéluctable, autant s’y préparer de la bonne manière et peut-être qu’elle avait la clé de cette réussite. Alors que Lady Forel affirme qu’elle risque de s’attirer les représailles de la concurrence féminine en s’accaparant sa compagnie, tout en continuant à la fixer, sa tête se pencha légèrement sur le côté. Un sourire charmeur apparut de nouveau sur son visage, ses yeux semblaient pétiller de milles promesses. «Je n’ai cure des autres. C’est avec vous que j’ai envie de partager cette journée, lady Forel. Celle-ci et les suivantes. » Garlan s'était exprimé librement, sans vraiment réfléchir, peut-être avait-il laissé parler son cœur ? Cependant la promesse, qu’il lui avait fais, résonna à nouveau dans sa tête et il y avait énormément ambiguïté dans ses propos. Il ne voulait pas qu’elle croit qu’il était encore en train de lui faire la cour, pas qu’il n’en avait pas envie, mais il lui avait fais la promesse d'arrêter. Son amitié comptait énormément aux yeux du Bieffois, surement plus qu’il ne l’avait pensé, et il ne souhaitait pas la perdre à cause de cela. Il se reprit donc maladroitement afin d’éviter que Yesaminda le rappelle à sa promesse : «Je veux dire...Comme nous avons prévu de découvrir cette nouvelle région côte à côte, nous allons passer de nombreuses journées ensemble… »

Il pensait s’en être finement tiré, bien joué Garlan ! Elle glissa sa main dans le creux de son coude, s’appropriant le bras qui ne comportait pas la plaie. Ils quittèrent la place du castel pour s’aventurer dans les rues pavées de Fort-Darion. Alors qu’ils marchaient et qu’il se sentait comme sur un petit nuage d’avoir une telle créature à son bras, elle lui posa des questions qui pouvaient paraître indiscrètes. Mais elles ne l’étaient pas pour lui. Son esprit partit rapidement en vrille et il se posa milles questions, peut-être cherchait-elle à savoir si la voie était libre ? Non, il se faisait des idées, c’était juste pour le connaître un peu mieux, comme lui cherchait à en découvrir davantage sur elle. «J’ai en effet de la famille dans le Bief, la maison Goldwyne demeure à La Treille. Cependant, cela m’étonnerait que cette dernière m’attende. Je n’y suis plus vraiment le bienvenue depuis l’âge de mes sept ans, on peut apparenter cela à un exil. Il m’était possible d’y revenir de temps à autre, mais mon père et mes autres frères me faisaient clairement sentir que je n’y étais  plus chez moi. Je pouvais compter tout de même sur l’affection de mon oncle et de mes jeunes sœurs à l’époque, mais je ne les voyais que trop rarement dans la demeure familiale. Aujourd’hui, je pense que même ces derniers proches de ma famille, qui avaient un tant soi peu d’estime pour ma personne, n’en ont plus aujourd’hui. Je suis certain que mon père a fais des pieds et des mains pour me faire passer pour un traître, le paria, le mouton noir de la famille… »

Lui avait encore énormément d’affection pour son oncle et ses sœurs, ils ne les oubliaient pas, mais cela l’étonnerait qu’il en soit de même pour eux. Garlan avait tenté de conserver un ton neutre, mais on pouvait remarquer que de la tristesse venait parfois se mêler à ses mots, pouvant difficilement cacher ses émotions par rapport à ce sujet, il décida d’enchaîner rapidement en poursuivant sur une note plus légère pour que ça soit un peu moins mélodramatique. «Et pour répondre à votre autre question, non, je n’ai point d’épouse. Les mariages entre maisons nobles sont dans la grande majorité des cas des mariages arrangés, il est rare que de l’amour naisse entre les deux partis engagés, ce sont des mariages d’intérêt, de la politique. Ma maison est tellement mineure que ma personne n’a jamais été engagée dans des fiançailles. Au moins puis-je espérer un jour me lier à une gente dame pour qui j’aurai de forts sentiments et avec laquelle je souhaiterai passer la fin de mes jours. »

Sous ses airs de Don Juan et malgré qu’il avait pu connaître bon nombre de femmes dans le Bief, il y croyait, un jour peut-être trouverait-il la bonne, il l’espérait en tout cas. Garlan hésitait à lui retourner la question, il savait que son oncle était un général de Peyredragon et un homme connu pour ses faits d’armes, quelqu’un de respectable. Le Bieffois ignorait ce qui l’avait poussé à quitter Essos il y a neuf mois, peut-être qu’elle n’avait peut-être pas envie de lui en parler, mais cela l’intriguait tout de même. Si bien, alors que le marché était maintenant en vue, il lui posa la question et lui laisserait la liberté de ne pas y répondre, le chevalier ne lui en tiendrait pas rigueur.  «Je sais que votre oncle se trouve également à Westeros, comment ne pas le connaître, je pense qu’il est déjà connu à travers les différents royaumes de Westeros pour ses faits d’armes et ses précieux conseils apportés à l’Impératrice. J’espère ne point me montrer trop indiscret en vous demandant si vous avez encore de la famille à Braavos ? C’est dans une volonté de suivre votre oncle que vous êtes arrivée à Westeros ?   » Peu probable qu’elle ait des enfants, une femme telle que elle ne les aurait jamais abandonné, ni même son mari, pourquoi était-elle donc partie ?


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MessageSujet: Re: Nos routes s'entrecroisent, mais jamais ne se lient [Tour VI - Terminé]    Mer 27 Juin - 11:51

Il admet volontiers ne pas avoir le pied marin tout en riant, il assume sa faiblesse et ne se met pas en colère parce qu’elle ose le taquiner à ce sujet. Elle se serait fait battre pour moins que ça si elle avait osé agir ainsi avec son mari, et elle ne se le serait pas permis si elle n’avait pas appris à connaître un tant soit peu le chevalier. Malgré tout, son mari n’a jamais réussi à briser son épouse, du moins jamais son esprit espiègle et bienveillant. Si elle garde une certaine méfiance envers les hommes, elle sait grâce à son père et ses frères, qu’il ne faut pas tous les ranger dans le même panier. Elle sait que Garlan n’a rien à voir avec son mari.

“Miracle j’en doute, mais j’ai de quoi soulager vos malaises. La prochaine fois, restez au centre du navire, c’est l’endroit où vous ressentirez moins les effets des vagues. Observez l’horizon vous aidera à focaliser votre esprit ailleurs que sur les ballottements. Et le gingembre atténuera les nausées, je vous conseille de mâcher directement même si le goût n’est pas succulent. Vous n’aurez qu’à venir me voir si vous préférez altérer le goût, je vous montrerez une recette.”

C’est ce qui lui plait dans son métier, la manipulation des plantes pour en faire des remèdes, en chercher les bienfaits ou au contraire leurs dangers. Même certains poisons peuvent également soulager les maux, le tout c’est de savoir doser. Ses connaissances sont innombrables, il lui a fallu des années pour tout connaître et il lui faudra encore du temps pour apprendre les connaissances de Westeros. Heureusement certaines plantes sont similaires à celles d’Essos, sinon ses compétences seraient bien inutiles.

Le chevalier lui assure qu’il ne souhaite que la compagnie de la guérisseuse avec un sourire des plus captivants et qui n’a de cesse de faire bondir son coeur, tout en flattant son ego, mais elle s’apprête déjà à lui rappeler sa promesse de cesser ses belles paroles quand il se reprend, en prétextant qu’ils passeront du temps lorsqu’ils visiteront la région. Ce n’est pas faux, même si elle doute que ce soit vraiment le fond de ses pensées. On ne se sort pas de la tête l’idée de séduire une femme aussi facilement qu’avec une promesse. C’est peut-être ce qui l’amène à lui poser la question sur sa famille?

A ses yeux, savoir s’il est homme marié l'éloignera définitivement de son coeur. Elle éprouve un certain respect envers les hommes et femmes mariés, de la même façon qu’elle est restée fidèle à son mari tant d’années, la fidélité est une notion profondément ancrée en elle. Le fait qu’elle ait failli tromper son mari et ce qui en a résulté lui a servi de leçon qu’elle ne risque pas d’oublier. Il ne lui viendrait donc jamais à l’esprit de séduire un homme marié, ni se laisser séduire par l’un d’entre eux.

Toutefois, la réponse la surprend et éveil sa culpabilité alors qu’elle lui rappel visiblement des souvenirs nostalgiques. Inconsciemment, elle se rapproche de lui jusqu’à ce que leurs épaules se touchent et referme même son autre main sur son avant-bras. Elle est touchée par son histoire, et remarque qu’il ne mentionne à aucun moment sa mère. Qu’est-ce qui peut bien pousser une famille à repousser l’un d’entre eux ? Elle n’a connu que l’affection et le soutien de la sienne, elle aimait son fils pour deux et il ne lui serait jamais venu à l’esprit de le déshériter. L’exil du chevalier lorsqu’il a suivi son roi n’a sans doute pas arrangé sa situation auprès d’eux, ce qui accable la jeune femme.

Elle ne serait pas guérisseuse si elle ne se souciait pas davantage des autres que d’elle-même, un trait de caractère hérité de sa mère. De fait, elle ressent toujours le besoin de venir en aide aux autres, pas uniquement pour soigner des maux physiques. Elle en sait encore très peu, c’est suffisant pour qu’elle admire la jovialité du jeune homme malgré son passé. Le coeur serré elle l’écoute ensuite lui dire qu’il n’a nul femme qui l’attend et elle comprend que trop bien la suite de ses propos. Son propre mariage était arrangé, pour sortir sa famille maternelle de la ruine, quand bien même un homme était prêt à l’épouser par amour. Pour la famille, il faut être prêt à tous les sacrifices.

Il l’attendrit plus encore quand il énonce espérer trouver une épouse aimante et elle ne peut s’empêcher de songer que ça pourrait être elle. Incorrigible romantique, elle ne demande pas mieux que d’aimer un homme qui l’aimera en retour, ça a toujours été son souhait le plus cher, mais le destin en a décidé autrement. “Je vous le souhaite de tout mon coeur Ser Goldwyne, j’envie la bien heureuse que vous épouserez, je pense pouvoir affirmer qu’elle sera bien traité. Quant à votre famille j’espère qu’ils finiront par ouvrir les yeux, votre combat est honorable et votre loyauté envers le Roi Gardener admirable malgré toutes vos épreuves. Vous êtes un homme de valeurs, ils seraient bien fous de ne pas le réaliser.”

Elle s’en doutait, il s’interroge désormais à son sujet et le regard de la jeune femme se perd vers leur destination. Ils approchent du marché, lieu d’effervescence de la ville qu’elle observe de loin sans éprouver quoi que ce soit. “Oui, mes parents et mon frère s’y trouvent, mais je n’ai pas reçu de nouvelles de leur part depuis que le Tigre s’est emparé de Braavos. J’ignore s’ils sont encore en vie, mais tel que je les connais… Ils n’auraient jamais baissé les armes.” Si l’un d’entre eux avait survécu, il se serait empressé de lui envoyer des nouvelles, par tous les moyens et si ce n’est à elle, à Baal qui lui aurait fait parvenir la missive. La jeune femme est résignée quant à leur sort, mais elle espère encore apprendre qu’ils sont en vie.

“Ce n’est pas par volonté de suivre mon oncle que j’ai fait le voyage, à vrai dire je ne l'avais jamais rencontré avant d’arriver à Herpivoie. Je ne voulais pas quitter ma famille, pas alors que le Tigre menacé déjà de nous envahir.”Elle baisse les yeux, un peu honteuse de ne pas lui rendre la pareille. Et c’est tout ce qu’elle est en mesure de lui dire, elle ne veut pas lui mentir, mais elle ne se sent pas prête à tout révéler. Seuls Baal, Rhaenys et Argella connaissent son passé et étrangement aucun ne l’a jeté aux cachots, Yesaminda ne compte pas pousser sa chance plus loin.

Elle remarque ensuite l’avant bras libre du chevalier. “Que vous est-il arrivé ?” S’enquiert-elle avant de s’emparer du bras bandé à la va vite d’un mouchoir. Autoritaire et le geste assuré, elle retire le mouchoir pour étudier la blessure. “Aviez-vous l’intention de me montrer cela tôt ou tard Ser Goldwyne?” Demande-t-elle légèrement fâchée en replaçant le mouchoir ensanglanté. La plaie ne semble pas bien profonde, mais la guérisseuse ne fait pas les choses à moitié. “Il faut nettoyer ça, suivez-moi je vous prie.” Ajoute-t-elle avant de demander au premier passant où se trouve le dispensaire le plus proche, le fermier lui indique une direction vers le castel et la jeune femme entraîne le chevalier dans son sillage.

Sur place, ils sont accueillis par une vieille dame auprès de qui elle se présente, mais elle doute qu’elle aura accès au nécessaire de soins qui se trouve dans le centre. Surprise, la vieille dame se confond de gratitude face à Yesaminda, apparemment, elle aurait soigné son fils après la bataille de Paege, ce dernier lui en aurait dit beaucoup de bien. Sans compter que sa réputation semble la précéder en tant que guérisseuse de l’Empire. Heureuse coïncidence qui rend bien service à la guérisseuse puisque la vieille dame la laisse s’affairer sans plus de cérémonie et l’invite même à revenir quand elle le souhaite. Qu’à cela ne tienne, Yesaminda en a bien l’intention. En attendant, elle doit s’occuper de la blessure d’un chevalier.

Elle invite ce dernier à s’asseoir et s’agenouille devant lui pour nettoyer tout d’abord la plaie avec de l’eau claire, vérifie la profondeur de la plaie et applique un linge propre avant d’appuyer fortement pour stopper l’hémorragie. “Appuyez.” Lui demande-t-elle pendant qu’elle va chercher une aiguille et du fil, la plaie n’est pas grande, mais nécessite un ou deux points de suture. Elle déterge la plaie avec de l’huile d’orge et du miel, fait chauffer l’aiguille à la flamme d’une bougie, glisse le fil dans la tête de l’aiguille et commence à percer la peau.

“Je suis veuve et nous avions un fils. La raison de mon départ c’était pour m’éviter un jugement qui m’aurait sans doute valu la peine de mort pour avoir assassiné mon mari. Il a tué accidentellement notre fils qui voulait simplement me protéger.” Elle fuit son regard, elle ignore même pourquoi elle lui avoue cela, peut-être pour lui éviter de penser à la douleur ou sans doute parce qu’elle apprécie trop leurs conversations et sa présence, sans doute cherche-t-elle à le faire fuir pour ne pas succomber, ou parce qu’elle veut garder l'honnêteté entre eux même s’il ne veut plus rien à voir à faire avec elle.

Quoi qu’il en soit, elle prend le risque et se jette à l’eau. Comme si la révélation ne risquait pas de le faire fuir, elle poursuit ses soins et termine en appliquant un onguent malodorant sur sa plaie recousue mais qui facilite la cicatrisation et bande son avant bras avec une toile de lin.


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MessageSujet: Re: Nos routes s'entrecroisent, mais jamais ne se lient [Tour VI - Terminé]    Mer 27 Juin - 22:49

Lady Forel est quelqu’un de très expérimentée et de douée dans son domaine d’activité. Elle possède un savoir capable d’aider et de sauver des gens. Savoir qui avait déjà été mis à rude épreuve suite aux récents événements, elle avait déjà sauvé d’innombrables vies et avaient permis à des braves de pouvoir revoir leurs proches. Cela n’aurait probablement pas été le cas si ils n’étaient pas passés entre les mains de la guérisseuse. Garlan se demandait comment elle avait pu obtenir de telles connaissances. Avait-elle appris sur le tas dans sa volonté bienveillante de vouloir aider les autres et qu’elle avait fait ses armes au fil des années ? Ou bien avait-elle suivi une formation particulière ? Précédemment, elle avait évoqué le fait qu’elle s’était épanouie dans la maison des Mains Rouges, peut-être était-ce un ordre pouvant s’apparenter aux sœurs du silence ? Il ne le savait guère. Il  y a bien des choses qu’il devait encore apprendre à connaître sur la jeune femme, il avait tant de questions, mais il avait tout le temps pour les lui poser, rien de pressé.

La santé du chevalier n’était clairement pas en péril, mais le désagrément était réellement là lorsqu’il posait le pied sur un navire. Il avait vraiment très mal vécu la traversée et les marins, qui exerçaient sur le navire qui l’avait transporté, allaient se souvenir de lui pendant bien longtemps. Il fut des plus attentifs aux paroles de la sage-femme de l’Impératrice, elle n’était pas avare en conseils et astuces pour qu’il ne connaisse plus de maux en mer. Du moins, comme elle l’avait dis, il n’y avait pas de remède miracle. Cela n’allait probablement pas résoudre tout son problème, mais au moins cela l’atténuerait. Il s’agissait d’astuces simples, mais comme dans beaucoup de domaines, souvent c’était le plus simple qui pouvait s’avérait le plus efficace.  «Voilà des conseils et des astuces que je ne manquerai pas de mettre en pratique dès que je serai amené à monter de nouveau à bord d’un navire. Merci, Lady Forel, à la fois pour moi, mais également pour les autres passagers qui n’auraient plus à supporter ces vilains maux grâce à vous. » avait-il terminé en ricanant légèrement.

Alors qu’ils avançaient vers le marché, elle vint à lui demander si de la famille attendait son retour dans le Bief, et s’il avait une femme avec laquelle il avait peut-être des enfants. Garlan ne lui cacha rien sur sa famille qui l’avait isolé des siens dès son plus jeune âge, il n’en dit pas la raison. Si elle le lui demandait, il ne lui cacherait rien, mais pour le moment, il pensa que cette information n’apporterait rien à Lady Forel, ni à la conversation. Le chevalier se montra également honnête sur ce qu’il pouvait attendre de l’avenir, d’une relation avec une femme qu’il apprendrait à aimer. Il n’a eu cesse de vadrouiller à travers le Bief pour suivre Kevan dans tous ses combats, cela l’a amené à connaître un certain nombre de femmes. Il avait pu connaître de l’attachement pour quelques-unes d’entres elles, mais il n’était jamais resté assez longtemps pour que quelque chose de sérieux s’instaure et elles sortaient définitivement de sa vie lorsqu’il changeait d’affectation.
Leurs épaules communiquèrent, la main jusqu’alors libre de la jeune femme vint de poser sur son coude, son contact le fit frémir. Elle était bien différente de toutes les femmes qu’il avait pu rencontrer. Si bienveillante, si belle, si intelligente, si spontanée, oui elle semblait unique. Garlan n’avait jamais connu le véritable amour et ne savait pas ce que l’on pouvait ressentir alors, il avait beaucoup d’affection pour la guérisseuse et se sentait proche d’elle. La guérisseuse affirmait qu’elle envierait celle qui se lierait au chevalier, à ce moment-là, il entrouvrit la bouche, mais se stoppa, la promesse revenant une nouvelle fois sur le tapis. C’est pour converser sur un autre sujet qu’il prit la parole. «Je vous remercie pour vos bons mots, même s’ils se veulent rassurants et que j’aimerai y croire, je sais que je ne serai plus jamais le bienvenue là-bas. Pas après ce que j’ai pu faire, j’ai dû apprendre à vivre avec et j’essaye de ne pas trop y penser pour éviter que de la nostalgie s’installe. »

Il évitait de trop y penser oui, mais ça ne le dérangeait pas trop d’en parler avec elle, ils communiquaient facilement à deux, Garlan n’avait rien à lui cacher. Lady Forel avait également de la famille de l’autre côté du Détroit, ses parents et ses frères. Le Tigre, le Bieffois en avait entendu parler et plus d’une fois, la plupart du temps cela s’apparentait à des rumeurs, ils étaient alors difficile de démêler le vrai du faux. Surtout qu’il n’était pas homme à croire si aisément à des rumeurs, non il lui fallait des preuves, quelque chose de concret, de tangible. On lui avait affirmé que cet homme possédait une très grande puissance en Essos et que c’était un conquérant, plusieurs cités libres s’étaient déjà rangées derrière lui après avoir été les victimes de sa pleine puissance. Dans ses mots, il transparait qu’elle ne pense pas les revoir en vie, que leur résistance aura poussé l’envahisseur à les mettre à mort.

Le Bieffois fut quelque peu déboussolé, ne sachant que faire. Devait-il lui présenter ses condoléances ? Non il restait un espoir, maigre peut-être, mais elle pouvait encore y croire, s’y accrocher. Il désirait qu’elle obtienne très prochainement des nouvelles rassurantes de la part des siens. «Ils sont peut-être dans l’impossibilité de vous donner des nouvelles par crainte que l’ennemi leur tombe dessus. Vous dites qu’ils n’auraient pas baissés les armes, peut-être mènent-ils une résistance acharnée contre l’envahisseur qui les pousse à rester discrets. J’espère sincèrement que vous obtiendrez prochainement de bonnes nouvelles de l’autre côté du Détroit. » Si jamais le pire s’était produit, il s’en voudrait terriblement pour avoir tenté de raviver de l’espoir en elle en ce qui concernait la survie des siens. Elle répond également, mais à moitié, à sa seconde question. Yesaminda l’informe qu’elle n’a pas fais ce voyage pour suivre son oncle et que jamais elle n’aurait abandonné les siens, surtout pas avec la menace de l’envahisseur qui pouvait s’apprêter à frapper. Ce n’était pas un choix qu’elle avait fais de gaieté de cœur.

Il entrevit son regard fuyant, il n’avait donc pas la raison qui l’avait poussé à quitter Essos. Mais soit, Garlan n’avait pas prévu de la forcer à lui dévoiler cette information, elle n’avait peut-être pas envie de partager cette information avec lui, c’était certainement trop personnel. Il n’irait pas enfreindre cela. En approche du marché, les premières échoppes sont d’ores et déjà presque à portée. L’un des marchands semble vendre de bien belles fleurs, il allait faire en sorte de guider leur duo vers cette échoppe, même s’il ne devait plus lui faire la cour, une fleur arriverait peut-être à redonner du baume au cœur à la jeune femme. Il souhaitait juste revoir apparaître son sourire qui le mettait de si bonne humeur.

Cependant sa tentative fut avortée lorsqu’elle remarqua la blessure à son avant-bras gauche, qu’elle se mit à inspecter. «Une blessure superficielle. J’étais distrait, je ne faisais plus autant attention à ce que je faisais et mon bras a heurté l’outil d’un des ouvriers en mouvement lorsque l’on réparait la porte tout à l’heure. » Alors qu’elle étudie la plaie, elle semble contrariée qu’il ne lui ait pas montré plus tôt, elle était des plus sérieuses, lui essaya de dédramatiser la situation. «En toute franchise, le plus tard possible. J’escomptais même que vous ne le remarquiez pas, je ne souhaitais pas que cela sabote notre découverte de la ville. »La guérisseuse s’entête à soigner sa blessure et s’informe auprès d’un passant  sur la localisation du dispensaire. Garlan tente alors de protester. «Voyons, Lady Forel, je vous assure que ce n’est pas… »

Il n’a pas son mot à dire, elle l’entraîne avec lui et comprend que la lutte est vaine. Elle est ce genre de femme qui n’en démord pas lorsqu’elle a une idée en tête, têtue, il l’est aussi. Il pense alors que c’est la fin de leur balade, bien courte, mais il aura appris de nombreuses informations sur elle et ce laps de temps passé en sa compagnie fut très agréable, Garlan en redemandait. Ils ne mirent pas longtemps à arriver sur place où ils furent accueillis comme il faut par une dame d’un certain âge qui était très reconnaissante auprès de Lady Forel pour avoir sauver son fils au cours d’une bataille. Le Bieffois regardait la jeune femme d’un œil admiratif, il lui avait bien dis qu’elle avait un don, elle pouvait sauver des vies, peu en était capable, elle si.

Ils s’isolent quelque peu et elle le fait s’asseoir alors qu’elle commence à s’occuper de sa blessure, ses yeux se plissent, une grimace de douleur apparait sur son visage, il contient un râle derrière ses dents, cela ressemble alors à une grimace. Il l’écoute, la douleur est là, mais ne se manifeste pas. Concentré sur ce qu’elle était en train de lui délivrer, touché qu’elle lui en fasse la confession et attristé par ce qu’elle avait traversé. C’était terrible, ce qui lui était arrivé, cela n’aurait jamais dû se produire. Malheureusement, dans leur société, il n’est pas rare qu’un époux montre des signes de violence envers sa femme, Garlan regrettait qu’elle soit tombée sur l’un d’eux, qu’elle ait perdue son enfant à cause de cela. Il était difficile d’imaginer ce qu’elle avait pu traverser, ça ne lui était jamais arrivé, cela avait dû également être une épreuve pour elle de le lui dire. Le Bieffois était vraiment touché qu’elle le fasse.

Le chevalier prit le temps de la réflexion, compatissant avec ce qu’elle avait pu traverser. Alors qu’elle venait juste de terminer de bander son avant-bras gauche, la main de Garlan vint de poser avec douceur sur la sienne. Il s’inclina légèrement, penchant sa tête pour chercher son regard. «Je suis sincèrement désolé de ce qui vous est arrivé, Yesaminda. Je sais que ces mots ne ramèneront pas votre fils, qu’ils ne peuvent rien changer à votre état et qu’ils semblent bien faibles pour vous apporter du réconfort. Je n’ose imaginer également l’effort que cela vous a demandé de me le dire. Sachez que je suis là, si vous avez besoin d’en parler ou de quoi que ce soit, d’accord ?» Ce n’était pas de la pitié, non, il cherchait simplement à l’aider du mieux qu’il le pouvait, il semblait bien maladroit, mais il souhaitait vraiment l’assister. «Votre fils, comment s’appelait-il ?»

Encore une fois, si elle n’avait pas envie de lui répondre, elle en était libre, il ne souhaitait pas la brusquer. Il pensait qu’en en parlant un peu avec lui, cela la libérerait. Sa main vint serrer délicatement celle de la jeune femme, de la tristesse Garlan en percevait toujours, il était énormément touché par l’histoire de la jeune femme, son regard toujours plongé dans le sien. «Ce qui vous est arrivé n’aurait jamais dû se produire. Je ne puis le ramener. Mais je peux faire en sorte de veiller sur vous. Plus jamais un homme ne lèvera la main sur vous, Yesaminda, je vous en fais la promesse.»


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MessageSujet: Re: Nos routes s'entrecroisent, mais jamais ne se lient [Tour VI - Terminé]    Jeu 9 Aoû - 19:41

Tandis qu’il énonce qu’il ne sera probablement plus le bienvenu chez lui, il ne se doute pas que son interlocutrice partage la même situation. A la différence que sa famille l'accueillerait à bras ouvert, la justice elle, la ferait pendre pour l’assassinat de son mari. Le chevalier et la guérisseuse n’ont de cesse d’avoir des points communs, certaines similitudes qui nouent entre eux une forte relation amicale. Du moins, c’est en ce sens qu’elle souhaite voir les choses évoluer, même s’il l’a déjà séduite. Elle se refuse d’être la prochaine conquête d’un coureur de jupon.

Elle constate tristement que le pardon n’est pas donné à tout le monde. Garlan n’en bénéficie pas, sa famille l’a visiblement exclu de leur vie, pourquoi ? La jeune femme n’a jamais manqué d’amour, ses parents et ses frères l’ont toujours soutenue et protégée comme la prunelle de leurs yeux. Elle a aussi connu le danger dans son propre foyer, le rejet de son mari, la peur, la douleur, mais il n’était jamais parvenu à la séparer de sa famille. Une notion extrêmement importante à ses yeux, elle ne comprend pas que des parents puissent rejeter un de leur fils. Le chevalier mérite bien l’amour d’une femme, mais en laquelle avoir confiance quand sa propre famille ne vous aime pas ?

Quoi qu’il en soit il souhaite ne pas y penser, c’est donc un sujet que la jeune femme met de côté. Elle préfère de loin lui être une compagnie agréable que le contraire et c’est à lui de tenter de lui redonner espoir quant à sa famille de l’autre côté du Détroit. Yesaminda sourit, tristement et désabusée, mais elle apprécie ce qu’il essaie de faire. “Cela ne m’étonnerait pas que ce soit le cas. Nous sommes un peuple libre, descendants d’esclaves nous ne nous soumettons pas sans nous battre face à un conquérant étranger.” Moins encore qu’il se prétend descendant de Valyria et cautionne l’esclavage, sa famille se battra jusqu’à la mort et elle-même aurait certainement pris les armes pour leur liberté.

Ils en restent là de leur conversation lorsqu’elle aperçoit sa blessure et fait preuve d’une autorité sans faille tout en restant courtoise en le guidant jusqu’au dispensaire. Une blessure qu’il juge superficiel et dont il n’avait nullement l’intention de lui en parler, pour ne pas saboter leur promenade. Ridicule, il n’a donc aucune idée du nombre d’infections que l’on juge bénigne qu’elle soigne régulièrement. Non, ils ne s’inquiète pas tant que la blessure ne suinte pas et qu’elle doive leur faire plus de mal qu’à l’origine pour éliminer l’infection.

Elle se met à se confier, ce qu’elle n’avait fait qu’auprès de rares personnes en qui sa confiance est désormais aveugle. Yesaminda s’attend à le voir partir, ne pas se retourner pour elle, mais sa réaction est toute autre. Elle relève un regard surpris lorsqu’il prend sa main dans la sienne et croise celui du chevalier, ce qui la trouble énormément. “Swan. Il avait 5 ans.” Répond-elle machinalement, sans réfléchir, à son interrogation. “Oui, un jour je vous parlerai de mon fils.” Il était exceptionnel, comme doit l’être chaque enfant aux yeux de leurs mères. Mais elle prend une mine bien soucieuse quand il lui fait une promesse.

“Je vous prie de ne pas faire de promesses que vous ne sauriez tenir Ser, non pas que je doute de la véracité de celle-ci, mais votre Roi a besoin de vous et le moment venu vous l’accompagnerez prendre ce qui lui revient de droit.” Elle apprécie sincèrement cette promesse, elle y croit sans le moindre doute, mais Garlan devra partir un jour ou l’autre. “Je n’ai pas la prétention d’assurer n’avoir besoin de personne, mais je n’accepte de la part de personne de se mettre en danger pour moi. Il est des combats plus important que mon honneur. Ce n’est certainement pas à vous de vous excuser du comportement d’un autre, je suis aussi coupable que lui et c’est à moi d’en assumer les conséquences.” Elle le sait, si elle avait accepté l’aide de sa famille des années plus tôt, son fils serait toujours en vie, elle le sait et le regrette chaque jour. Elle n’accepte pas pour autant d’être perçue comme la pauvre victime, elle doit assumer.

Dans son dos un raclement de gorge les interrompt, quand elle se retourne la vieille dame qui les a accueilli se confond en excuse de les déranger, mais aurait bien besoin de l’aide de la guérisseuse, si elle veut bien l’assister sur un accouchement difficile. Yesaminda accepte et se détourne pour faire face au chevalier. “Je vous remercie, c’est de ça dont j’ai besoin, votre amitié. J’espère que vous me pardonnerez de me rendre au chevet de cette jeune femme, je vous propose de nous retrouver demain si vous voulez bien.” S’il ne réalise pas entre temps qu’il côtoie un assassin, ce sera toujours la crainte de la jeune femme. Consciente de l’urgence de la situation, la guérisseuse ne peut pas se permettre de s’éterniser et rejoint aussitôt la vieille dame.


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MessageSujet: Re: Nos routes s'entrecroisent, mais jamais ne se lient [Tour VI - Terminé]    

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Nos routes s'entrecroisent, mais jamais ne se lient [Tour VI - Terminé]
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