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A l'aube d'une nouvelle ère... | Myria
MessageSujet: A l'aube d'une nouvelle ère... | Myria   Dim 3 Juin - 21:10

Je relis la missive encore et encore. A un tel point que j’ai fini par en perdre le compte et que le parchemin, complètement enroulé au départ, est devenu totalement plat. Je gage que dans quelques minutes, je finirais par le froisser, consciemment ou non. J’ai du mal à digérer la nouvelle, à l’accepter. Elle implique tant de choses et pourtant, rien n’est encore fini, il y a encore fort à faire.

Je finis par fermer les yeux quelques instants, avant de me décider à prendre une plume, non sans grimacer de douleur. Quelques mots couchés sur le papier, rien qui ne saurait traduire réellement tout ce que cette nouvelle peut représenter pour moi. Pourtant, j’ai été incapable d’écrire avant à mon Empereur. Si j’étais trop blessé les premiers temps, laissant Alester communiquer à ma place, la honte de n’avoir pas su me montrer à la hauteur des espérances qu’ils placent en moi a certainement joué dans un deuxième temps.

Et pourtant, maintenant, je dois faire face. Accepter ce qui s’est passé et ce que je dois faire désormais. Il faut que je m’impose comme le nouveau Roi du Conflans, que j’arrive à rallier ces hommes à cette cause qui est la nôtre. Et à gagner cette légitimité qui, pour l’heure, me fait grandement défaut. Je ne sais si avoir conscience de mes lacunes va m’aider ou pas mais, en tout cas, à mesure que je me remets de mes blessures, je réfléchis à tout ce que je vais devoir mettre en place.

J’inspire longuement alors que je finis par saisir ma plume et par griffonner quelques mots. Il faudra que j’écrive à Lysara et mon épouse. Pour les rassurer, leur donner la marche à suivre. Mais, dans l’immédiat, j’ai autre chose de tout aussi important à faire. Ou, en tout cas, c’est quelque chose que je dois faire. Je me redresse, ignorant la douleur qui se fait bien plus présente et, d’un signe de la tête, je préviens le garde de la faire entrer.

Les dernières semaines ont dû être difficiles pour elle. Pour autant, je ne pouvais pas prendre la décision de la laisser à Vivesaigues et encore moins de la laisser partir. Je n’ai pas confiance en elle, quand bien même elle a tout fait pour me convaincre. Et je ne pouvais pas risquer d’aggraver les choses en la laissant aller je ne sais où. Mais, impossible de laisser circuler la rumeur de la présence de la princesse Hoare dans nos rangs. Alors, elle a dû se faire à l’idée de passer pour une simple servante, toute la durée du trajet. Une servante sous surveillance, quand bien même je sais bien que certains de mes hommes se sont persuadés qu’elle était bien plus que cela. Tant que ma femme n’a pas vent de ces rumeurs et, surtout, ne s’en préoccupe pas, je me moque bien de ce qui peut se dire à son propos. En tout cas, personne n’a essayé d’abuser d’elle, c’est le principal. Je m’en serais probablement voulu si c’était le cas.

Elle est conduite dans la tente, entourée de deux gardes qui se retirent à ma demande. Et je laisse filer un long silence, cherchant mes mots. Avant que mon regard ne finisse par accrocher le sien. « Myria. Vous avez du entendre parler de la récente bataille qui vient d’avoir lieu. Les morts ont été nombreux et le choc a été des plus brutals. » J’ai un dernier regard en direction de la missive avant d’ajouter, un peu plus hésitant. « Harren Hoare est mort. »


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MessageSujet: Re: A l'aube d'une nouvelle ère... | Myria   Mer 6 Juin - 11:28




A l'aube d'une nouvelle ère...
ft. Lyham Tully

Un ennui mortel gagnait paisiblement la brune aux yeux azurs, obligée de suivre Lyham Tully, Roi du Conflans libre, sur les routes boueuses et glaciales. Plus l’hiver gagnait en force, plus elle en perdait, plus il marchaient, plus elle voulait s’arrêter. Plus elle se faisait brinquebaler dans cette foutue charrue plus son princier fondement, auparavant doux et blanc devenait rugueux et réclamait un fauteuil moelleux pour se poser dans le velours chaud d’un château douillet. Pourtant, la seule chose qui lui donnait véritablement envie de pleurer c’était de penser à ses jumeaux, abandonnés seuls, sans elle pour les réchauffer et dont elle ignorait le destin, probablement tragique. Problème, depuis quelques temps, elle y pensait très souvent, n’ayant strictement rien d’autre à faire que de cogiter vu qu’elle était exclue de toute les conversations intéressantes. Elle ne pouvait pratiquement parler à personne, oscillant entre la peur de se faire violer et celle de se faire assassiner, ou mieux, les deux, par un riverain rancunier qui l’aurait démasquée. Elle avait connu, de vue au moins, nombre de chevaliers ici présents du temps où elle n’était pas habillée comme une souillon, un fichu blanc sur la tête en guise de coiffure, une robe qui la grattait atrocement sur le dos, on a pas idée de s'attifer de la sorte. Même pas de cape de fourrure, à peine un drap de laine pour se protéger du froid, pas de bottes fourrées, les pieds gelés en permanence et en plus, comble du comble elle devait travailler, donner le change à minima. C’était épuisant d’être servante, une horreur, elle tuerait pour un bon bain brûlant et pour une robe digne de ce nom. Elle en voulait à mort à Lyham de l’avoir obligée à endosser ce rôle dégradant et auquel elle se faisait fort mal et elle ne pouvait même pas se venger sur le petit personnel vu qu’elle en faisait partie. Alors elle se morfondait et dépérissait à vue d’œil. Elle ne pouvait même pas fuir quitte à en crever sous peine de voir ses efforts pour gagner la confiance de son ancien ami, qui semblait donc n’en être plus un, réduits à néant et donc tout espoir de réunification du Conflans envolés.

Qu’ils aillent aux sept enfers ! qu’ils aillent aux sept enfers, tous, et qu’on me rende mes petits, mes tout petits.

La princesse s’était beaucoup inquiété, pour elle, son sort dépendant entièrement du bon vouloir de son Altesse Lyham. Mais aussi pour lui, un peu, ou peut-être plus qu’elle ne l’avait laissé paraître, lorsqu’il avait été blessé lors de cette bataille manquée. Elle aurait bien aimé l’aider, mais à priori, elle n’était pas plus douée que lui pour gagner des batailles, donc il avait peut-être eut raison de ne pas écouter ses conseils, d’ailleurs elle n’en avait pas, de conseils. En revanche, elle savait ce qu’il pouvait ressentir face à cette cuisante défaite, elle aurait aimé partager ça avec lui, sauf que pour ça, il aurait fallu qu’il soit en état, qu’il le veuille et enfin qu’elle soit en mesure de ne pas lui proposer un suicide collectif. Bref, elle avait préféré se contenter de le soigner avec dévotion durant tout ce temps, car toutes les pensées qui lui venaient, étaient soit des insultes, soit des lamentations. Peut-être aurait-ce été l’occasion de gagner des points, mais il n’était pour elle plus question de points à gagner, elle s’en fichait, elle avait abandonné la partie, jeté à bas le plateau de cyvosse, brûlé les pièces et inondé de ses larmes le Trident lui même. Elle était mauvaise joueuse, elle avait perdu, elle avait tenté un coup qui lui avait fait perdre bien plus que ce qu’elle voulait risquer, à savoir sa vie. Elle avait perdu sa liberté et son honneur, ses beaux atours, son titre et son nom, son identité, ainsi que toute main mise sur son propre destin et sur la sécurité de ses enfants. Elle se sentait sale, maculée de cette infâme gadoue qui collait aux sabots des chevaux et des servantes qu’elle avait en horreur, comme les cors de guerre, les épées, les batailles, les conquêtes, les dragons, les loups et les pots de chambre.

Alors que la brune frappait mollement un tapis en m'éloignant le plus possible pour éviter que la poussière ne lui pique le nez et les yeux, un homme arriva s'adressa aux gardes qui la surveillaient en permanence avec un clin d’œil. Cette rumeur sur sa relation avec Lyham la protégeait de toute les autres relations, consenties ou non qu'une servante pouvait avoir à affronter, mais les sous entendus du bas peuple lui donnaient envie de vomir et de pleurer, tout à la fois.

__ Sa Majesté Lyham Tully souhaite la voir. »

Mais bien sûr, la boniche Myria Hoare est à l’entière disposition de son Altesse Royale. Qu’il s’embourbe à jamais lui aussi ! Sa femme, ses rejetons et toi aussi, tous autant que vous êtes, je vous maudit sur dix générations.

Jetant un regard noir au messager pour son manque de délicatesse et l’absence d’étiquette, rageant intérieurement de ne pas pouvoir lui couper la tête pour ça, la Hoare se dirigea à grand pas vers la tente du Roi et entra sans aucun cérémonial, ne se préoccupant pas de savoir si les deux idiots qui la flanquaient suivaient ou non. Elle pensait être prête à lui dire que ça n’était plus possible pour elle de continuer ainsi, mais à voir sa mine déconfite, elle se ravisa et écouta simplement son ami lui annoncer la mort du Grand Roi, Harren le Noir.

Myria Hoare tressailli. En un instant un millier de pensées lui traversaient l’esprit, trop pour que, même elle, puisse les traiter. Son époux mort, son amant mort, elle était désormais libre comme l’air, si tant est qu’on puisse être prisonnière de Lyham et être libre. Son Roi mort, Yoren allait prendre la tête du Conflans et derrière lui, Eren et Manfred. Situation extrêmement dangereuse, mais néanmoins intéressante, son fils aîné, Beron restant en lice pour s’emparer du Royaume si Yoren et compagnie ne se montrait pas à la hauteur, les cartes étaient donc redistribuées sans que personne ne sache quel jeu il avait et encore moins ce que la partie à venir allait donner. Mais du coup, son plan pour tuer Harren et donc son utilité auprès de l’Empire venait d’en prendre un sacré coup. Elle prit le temps, dans un silence empreint de gravité d’analyser chaque pensée, et ce temps fut long. Puis, elle éclata de rire. Un rire jaune plein de venin et de désespoir.

__ Même quand il crève il me fait chier. Incroyable, quel talent ! »

La brune était dégoûtée, elle savait que cela pourrait avoir quelques avantages, mais putain de merde, il avait franchement mal choisi son moment, quelques mois plus tôt, ça aurait été bien plus pratique, quelques mois plus tard, quand elle aurait regagné sa confiance et pu l’approcher d’assez près pour le tuer pendant qu’il la tringlait, ça aurait été encore mieux. Mais non, cet empêcheur de tourner en rond, un parmi une multitude, avait choisi de passer l’arme à gauche maintenant, alors que le Tully refusait de la laisser partir et qu’il était son ticket pour regagner sa liberté, alors qu’elle faisait peser dans la balance sa capacité à l’approcher d’assez près pour qu’il ne soit plus un problème. Elle pestait intérieurement sur le timing choisi par Harren pour mourir et maudissait les Dieux de lui jouer ce mauvais tour, encore un, après tout ce qu’elle avait traversé, comme si ça n’était pas suffisant.

__ Torrhen est sain et sauf ? »

Myria trouva une carafe de vin et une coupe, probablement déjà utilisée et  se servit un grand verre qu’elle descendit d’une traite avant d’ajouter :

__ Je ne vous suis plus d’aucune utilité. Ayez pitié, tuez moi votre altesse. »

La jeune femme espérait tout de même qu’il ne le fasse pas, mais certains jours, le repos éternel avait quelque chose d’attrayant, de paisible. Puis soudain, elle paniqua. Aux dernières nouvelles, Beron combattait aux côtés de son grand père, elle fut prise d’un vertige, se rattrapa tant bien que mal à un géridon placé non loin et demanda, le souffle court :

__ Beron ? »


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MessageSujet: Re: A l'aube d'une nouvelle ère... | Myria   Dim 17 Juin - 20:41

Lorsque je la vois entrer sous la tente et que je croise son regard, je ne peux m’empêcher de me demander à quel point elle me déteste, à quel point elle donnerait tout pour me voir mort. Et pourtant, je m’en moque totalement, alors que je songe plutôt aux difficultés que je rencontre depuis des semaines, pour ne pas dire des mois. La décision que j’ai prise m’a semblé la meilleure au premier abord, la plus légitime, la seule voie à suivre. Et pourtant, le doute ne cesse de m’assaillir à mesure que le temps passe, que les hommes meurent. Je devrais être ravi de la récente nouvelle mais, en réalité, tout ce que je vois ce sont les combats fratricides à venir, les règlements de compte et vengeances à éviter, une union plus que difficile à venir.

Et peut-être que la femme qui me fait face aura son rôle à jouer dans tout cela. Cela dépend d’elle, de l’attitude qu’elle aura dans les prochaines minutes, dans les prochains jours. Parce qu’elle peut aider comme aggraver la situation. Je ne sais pas si elle a réellement conscience ou si elle s’en moque, marquée par le fait qu’elle est traitée comme la dernière des bonniches et protégée uniquement à ma demande. Elle sait qu’en un seul mot, je peux faire de sa vie un enfer encore pire que celui qu’elle doit être en train de vivre, que son existence pourrait être cent pire. Et elle doit me détester encore plus pour cela. Et pourtant, je ne regrette pas ma décision, bien conscient que ses jours à Vivesaigues auraient été comptés, encore plus avec ce qui s’est passé. Même si je sais qu’une part de moi se satisfait de la voir réduite au rang de servante, alors que j’ai l’image d’Alysanne, empoisonnée qui flotte parfois dans mon esprit.

Je guette sa réaction à l’annonce de la mort de son Roi et, quand elle éclate de rire, je ne peux m’empêcher de grimacer. Elle semble au bord du gouffre, de la déraison ou que sais-je encore. Elle semble regrette ses choix avec amertume et je me doute qu’elle m’en incrimine les conséquences en grande partie. Je plisse des yeux quand elle enchaîne, sans bien avoir eu le temps de dire quoi que ce soit et, quand elle chancelle, je me relève avec une grimace pour la pousser sur un siège près d’elle en levant les yeux au ciel. « Mais par tous les Dieux Myria à quoi vous attendiez-vous ? A ce que le monde attende sagement que vous ayez une vague idée d’un stratagème pour sauver votre peau et celle de vos enfants ? » Je soupire longuement avant de reprendre, non sans agacement. « Torrhen est en vie. J’ai envie de croire qu’il est intuable et j’en suis heureux. Quant à Beron, je n’en sais rien. Je vais me renseigner. »

Je lui tends la coupe qu’elle a reposée dans son malaise et je reprends, d’un ton plus sec. « Et ne rendez pas la situation plus dramatique qu’elle ne l’est déjà. Le Conflans est à feu et à sang, les hommes vont s’entredéchirer entre ceux qui ont soutenu Harren et se retrouvent aux abois, ceux qui veulent retourner leur veste le plus rapidement possible et les derniers qui sont encore derrière votre beau-frère. Vous pouvez bien trouver quelque chose à faire de tout cela non ? » Et si elle considère que non, j’enverrais sa tête à Rhaenys, je suis sûr qu’elle sera ravie. Mais, en cet instant, même sa pensée pour Beron ne me touche guère pour être parfaitement honnête. Je me sens plutôt las et encore sous le coup de la nouvelle.


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MessageSujet: Re: A l'aube d'une nouvelle ère... | Myria   Mar 19 Juin - 15:48




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Lyham aurait pu faire preuve d’un peu de délicatesse à l’égard de Myria, certes captive, mais femme tout de même. Malgré sa mauvaise humeur, la folie qui la guettait et l’état auquel elle était réduit, elle faisait des efforts pour donner le change, faire semblant d’être une servante malgré son manque totale d'expérience et de talent en la matière. Malgré sa rage et sa haine, malgré le fait qu’elle n’imaginait pas pire situation et pire affront que celui qu’il lui avait fait, malgré son desespoire, elle ne voulait pas trahir son ami en tentant de fuir, elle voulait encore essayer de mériter sa confiance, pour unir le Conflans. Mais elle avait l’impression que plus elle faisait des efforts, plus il la haïssait et moins il lui faisait confiance. Etait-ce donc ainsi lorsqu’on était un traître ? Elle avait l’impression d’être traîtresse ici et en son Royaume, partout, de n’être la bienvenue nulle part. Et voilà qu’il la poussait sur une chaise, sans égard pour la mère qu’elle était, sans égard pour l’alliée qu’elle pourrait devenir si on arrêtait de la traiter comme une merde, comme si sur son front était marqué au fer rouge : Vile félonne.  Je cherche quelqu’un à qui être loyal et personne ne veut de ma loyauté se dit-elle.

Ce manque d’égard était la raison pour laquelle elle avait quitté Harren, la raison pour laquelle elle avait envisagé, malgré l’admiration et la peur, malgré l’amour et la loyauté qu’elle lui voulait, de la trahir. Et voilà que celui qu’elle n’aurait jamais cru capable de traiter qui que ce soit aussi mal que le Noir, se montrait sous son vrai visage. Les larmes aux yeux, les lèvres frémissantes, elle le fixa longuement. Etait-ce là son ami d’enfance ? Que c’était-il passé sur leurs chemins respectifs pour qu’il la haïsse autant ? Elle repris la coupe de vin qu’il lui tendait sans y prendre garde, ses doigts fins s’enroulèrent autour du pied, mais dans son esprit, dans ses yeux, il n’y avait que ses questions sans réponses remplies de chagrin qui se déversaient en silence par ses yeux mouillés. Une larme coula sur sa joue, elle détourna le regard et ravala le reste. Le ton sec et les remontrances de Lyham n’y étaient pour rien, elle était triste parce qu’elle pensait avoir abandonné ses enfants pour la bonne cause, pour de plus grands desseins, pour la justice et la paix. Elle pensait trouver en son ancien plus grand ami, le seul en vérité de qui elle ait été véritablement proche, sans faux semblant jusqu’à cette guerre, un allié et un soutien dans sa quête, dans son combat. Elle pensait qu’il la comprendrait mieux que quiconque et saura se montrer à la hauteur de son titre et des ambitions qu’elle avait mises de côté. Mais elle trouvait tout au contraire un homme brisé par le poids du pouvoir et qui refusait obstinément de lui faire confiance. Elle se rendait compte qu’elle avait pris ce risque énorme pour rien. Qu’elle avait fait tout cela, trahir Harren, abandonner ses enfants, les semer aux quatre vents, pour rien. Parce qu’elle ne pouvait sauver le Conflans sans le soutien de son Roi et que malgré tous ses efforts, elle ne parvenait pas à l’obtenir.

Peu à peu, la tristesse laissa place à l’amertume sur le visage de la brune, néanmoins, si elle ne pouvait faire taire sa rage plus longtemps, elle comprenait mieux que quiconque ce sentiment d'échec qui le tenaillait, ses doutes terribles qui l'empêchaient de dormir. Elle avait vécu cela au lendemain de la bataille de Buron, et elle avait failli tout abandonner, au lieu de quoi cette erreur fatale à tant d’hommes lui avait ouvert les yeux sur le coût de la guerre, une leçon qu’elle garderait à jamais en mémoire. Le ton méprisant et rageur qu’elle utilisa pour répondre ne reflétait cependant pas cette pensée.

__ Oh mais je sais que le monde n’attends pas, c’est bien pour cela que je vous ai demandé de me libérer lorsque nous étions à Vivesaigues, pour que je puisse vous aider pendant que les stratagèmes dont nous avions parlés étaient encore valables, avant que les cartes ne soient entièrement rebattues ! Mais vous avez préféré me garder captive. Soit. Je comprends votre décision, mais ne m’en faites pas porter la faute. Je vous avais demandé de me faire confiance et vous ne l’avez pas fait, nous en payerons tous deux les conséquences, et moi probablement bien plus cher que vous. Votre épouse et vos enfants sont en vie, vous pouvez même leur écrire et un jour peut-être les reverrez vous. Moi j’ai perdu mon mari, mes enfants sont je ne sais où, je ne sais même pas s’ils sont encore en vie, je suis sans nouvelle depuis des lustres et je ne peux plus leur prodiguer mes conseils. Alors veuillez me pardonner mon amertume, Oh Mon Roi, mais ma colère a ses raisons que ma raison ignore. »

Myria s’était relevée et se dirigea d’un pas décidé vers la cruche à vin histoire de noyer sa colère dans une nouvelle coupe et de reprendre son calme. Hélas, elle n’y parvint pas vraiment, plus les fils de sa pensée tissaient les solutions envisagées auparavant plus elle en voulait à Lyham de l’avoir empêché de suivre ses plans. D’une voix railleuse, elle reprit :

__ Certes j’aurais pu tirer avantage de la situation si j’avais pu rejoindre mon fils aîné avant, mais maintenant, depuis tout ce temps, mon absence a dû être découverte et qui sait quelles rumeurs courent sur moi. Peut-être même savent-ils tous que j’ai rejoint l’Empire, alors qui suis-je donc pour eux ? J’étais princesse du Sel et du Roc et me voilà devenue souillon du Conflans libre depuis si longtemps que mes pieds sentent aussi mauvais qu’un bordel et que mes mains sont recouvertes de cals. Et maintenant que mes chances de réussites sont réduites comme peau de chagrin par votre couardise, vous me demandez de vous aider pour le bien du Conflans ? La bonne blague ! Le bien du Conflans il fallait y penser avant que je disparaisse des esprits et des cœurs ! Si non quoi ? Vous me tuez ? Vous me donnez en pâture à vos soldats ? Vous me torturez ? Vous me condamnez à mener cette vie jusqu’à ce que mort s’en suive ? Faites donc, j’ai déjà tout perdu et vous ne me promettez rien qui me donne envie de vivre un jour de plus. »

La princesse descendit un verre de vin supplémentaire en quelques gorgées. Elle commençait à sentir l'alcool se répandre dans ses veines comme des millions de fourmis lui remontant l’échine et c’était là une sensation des plus plaisante. Presque autant qu’un bon bain chaud et parfumé au chèvrefeuille, presque autant qu’un orgasme, presque autant que toutes ses choses qui lui manquaient tant depuis qu’elle avait fait cette erreur idiote de rejoindre Lyham Tully, erreur qu’elle refusait de s’avouer sous peine de définitivement sombrer dans la folie.

__ Mais soit, je veux bien essayer de faire des miracles, non pour vous, mais pour le Conflans. Cependant, si vous attendez de moi que je remette de l’ordre dans ce qui reste de mon Royaume, alors il va falloir me donner de quoi réfléchir, des informations en premier lieu, car lorsque les données changent, les stratégies changent et en l’état, je ne peux qu’émettre de vagues suppositions et certainement pas concocter un plan valable. En second lieu, les moyens d’agir, la liberté d’agir. Je ne peux rien faire avec des frusque de domestique, un balai dans le cul et des chaînes invisibles aux pieds. »

La jeune femme s’était un peu adoucie, elle lança même un sourire à Lyham. Dire des grossièretés était très libérateur, les Fer-Nés avaient parfois de bonnes idées.

__ Et si, en l’honneur de notre amitié, je peux faire quelque chose pour vous, c’est peut-être de vous dire que pour faire la guerre, il faut être au moins deux. Vous ne portez pas seul la responsabilité des batailles et des morts qu’elles engendrent. Se tromper de stratégie, perdre, c’est très lourd à porter lorsque chaque vie perdue vous semble aussi précieuse que la vôtre ou celle de vos enfants. Cependant je crains qu’un bon Roi en garde la conscience quand il peut choisir entre la guerre et la paix, mais sait l’oublier lorsqu'il n’a plus le choix. Les circonstances, votre altesse, ne vous laissent guère le choix. J’ignore comment vous aider à vous débarrasser de ce fardeau, peut-être pourrais-je en prendre un part sur mes épaules, mais à moi aussi il me pèse déjà. Peut-être vaut-il mieux boire aux vivants, à ce qu’il reste à sauver qu’aux morts et à ce qui a déjà brûlé ? Ensemble, j’espère que nous parviendrons à mettre un terme à cette guerre fratricide. Vous permettez ? »

L’interrogeant du regard, elle approcha délicatement ses mains des siennes.

__ Peut-être que les Dieux pourront nous alléger de ce poids et nous guider dans nos choix... »


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MessageSujet: Re: A l'aube d'une nouvelle ère... | Myria   Lun 2 Juil - 19:10

J’aurais dû la laisser croupir dans les geôles. Je ne sais même pas pourquoi je l’ai emmenée avec moi. Enfin si, au départ, l’idée me paraissait logique. Pour l’amener jusqu’au couple impérial, pour lui laisser le temps de trouver un argumentaire capable de les convaincre que sa vie en vaut la peine. Mais, à mesure qu’elle parle, je n’ai qu’une envie, c’est de l’étrangler de mes propres mains. Pour qui se prend-elle à parler de la sorte ? A-t-elle oublié où elle est ? Ce que je viens de lui dire ? N’a-t-elle pas vraiment saisi la portée de ce que la mort d’Harren et ce que cela représente pour elle ?

Je la fixe longuement, le visage absent de toute expression, avant de finir par l’approcher de nouveau alors que mon regard s’attarde longuement sur les deux mains qu’elle me tend, comme si elle allait être mon salut. Et je finis par la gifler si violemment qu’elle en tombe au sol. J’attrape aussi la carafe d’eau qui atterrit au sol avec fracas avant de la pointer du doigt et de souffler, avec une neutralité qui n’a rien de naturel. « Ne vous avisez jamais de parler de nouveau de couardise. Et je ne vous demande pas votre aide Myria. J’ai encore un semblant de je ne sais quoi qui me rend assez stupide pour vous tendre encore la main, pour vous permettre de finir autrement que traînée dans la boue et jetée en pâture à tous les soldats du Conflans qui seront ravis de vous passer dessus pour venger tous les hommes et femmes que vos bouchers de père et de mari ont abattu. » J’attrape mon propre gobelet de vin, encore plein lui, avant de le vider d’une traite et de reprendre, sèchement. « J’ai toutes les raisons du monde de ne pas vous avoir fait confiance et je ne compte en rien me justifier une nouvelle fois. Mais j’ai voulu vous donner une chance et voilà ce que vous en faites ?! »

Je secoue la tête, la mine incrédule, avant de l’attraper pour la remettre debout sans la moindre douceur, mes deux mains plantées sur ses épaules que je serre, la fixant avec un regard noir. « Ce n’est PAS votre royaume. S’il l’a été, c’était avant. Avant que tout s’écroule, avant que votre famille ne décide de tous nous écraser pour votre foutu bon plaisir. Mais vous n’êtes plus une Princesse et encore moins une Reine. Je pensais que le traitement de ces dernières semaines avait réussi à vous le faire comprendre. Je n’ai que faire de vos tentatives de miracles ou je ne sais quoi. C’est MOI qui vous donne une chance, une dernière, pour tenter de sauver votre peau et celle de vos enfants. »

Je ne me souviens pas avoir été aussi furieux, encore moins à l’égard d’une femme. « Les circonstances ne VOUS laissent pas le choix. Est-ce que nous sommes bien d’accord là-dessus ? » Et je laisse filer un silence, inspirant longuement pour essayer de me calmer alors que je suis beaucoup trop près d’elle pour ne pas avoir envie de la frapper de nouveau. « Et ne me faites pas de leçon sur ce que peut supporter ou non ma conscience. Vous êtes loin de savoir ce que j’ai pu faire pour en arriver là, vous n’avez jamais été sur un champ de bataille à plonger les mains dans le sang de vos adversaires, à hurler comme un animal sauvage pour éviter d’être celui qu’on déchiquettera dès que l’occasion se présentera. »

Mon regard se plante dans le sien alors que je reprends, bassement. « Maintenant, vous allez réfléchir. Et me dire en quoi vous pourrez encore m’être utile. Et oubliez les Dieux. Ils ne nous allégeront d’aucun poids et jamais nous ne serons apaisés de ce que nous avons pu faire. »  


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MessageSujet: Re: A l'aube d'une nouvelle ère... | Myria   Mar 3 Juil - 16:44




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Myria, violemment giflée, tomba sur le sol comme un chiffon. Le coup l’avait sonné. Elle s’assit et porta la main à sa joue meurtrie. Elle avait bien saisi ce que la mort d’Harren signifiait pour elle et pour ses miches de plus en plus proche de la mort, mais elle ne comprit pas pourquoi Lyham venait de la frapper, pourquoi une telle véhémence. Peut-être avait-elle oublié sa colère du début et les mots qui l'accompagnaient un peu vite, contrairement à lui. Elle ravala ses larmes et essaya de reprendre ses esprits, mais ne trouva pas la force de se relever. Sa joue la brûlait, mais la blessure dans son coeur était plus vive encore. Elle ne comprenait pas pourquoi on la jugeait responsable des actes d’Harren et Joren, elle trouvait cela injuste. Elle ne comprenait pas non plus pourquoi personne ne lui faisait confiance, elle n’avait encore trahi personne à proprement parler, sauf peut-être son époux, mais il l’avait trahie bien avant et le Conflans avec. Il faudrait bientôt qu’elle choisisse qui trahir pour ne pas trahir le Conflans, le Roi Lyham ou le Roi Yoren, mais en attendant qu’elle puisse faire ce choix sans retour, elle voulait juste sauver ce qui pouvait encore être sauvé. Évidemment sa peau avec son pays et ses fils, c’était humain de vouloir survivre, mais là ce n’était même plus de la survie, c’était ridicule de vouloir aider des gens qui ne voulaient pas de son aide. Au moins Harren avait-il eut la décence de lui confier une mission, mission qu’elle aurait probablement dû remplir plutôt que de tenter un truc aussi débile. Sur la constatation de son échec cuisant et de sa bêtise, ou sa folie, elle se mit à rire, démente en perdition, elle était moins que rien, traitée comme telle en tout les cas. Même la pire raclure qui aurait fait ce qu’elle avait fait pour le Conflans sans échouer lamentablement serait mieux lotie.

Lyham prit alors la princesse pour la remettre debout, elle essayait de l'écouter, mais avait un mal fou à se retenir de rire, de hurler, de pleurer et de se jeter dans le feu. A force de brûler de s'élever elle allait probablement brûler vive, amusant. Mais les rires finirent par laisser place à une grande incrédulité qui se lit sur son visage. Elle aurait voulu lui hurler au visage toutes les pensées qui lui venaient, mais elle s’abstint, enfonçant ses ongles dans la paume de sa main pour garder pied.

Quelle chance m’avez vous donnée ? C’est une blague ! La chance de vous suivre comme servante pour essuyer vos chausses ?! Je suis en vie, soit, mais je ne peux strictement rien faire, ni vous aider ni même réfléchir à comment vous aider ! C’est ça votre chance ?

__ Certes non, mon sexe m’a préservé de cela, mais j’ai mis les mains dans mon propre sang et hurlé comme un animal sauvage cinq fois dans ma vie, tout ça pour que des Rois comme Harren fassent de mes enfants leurs pions. A chaque lune je saigne pour que la vie puisse m'habiller, pour que les hommes puissent continuer leurs guerres et leurs quête de pouvoir et de richesse. J’ai aussi vu mes hommes, que dis-je, puisqu’il faut être précis, les hommes que mon traître d’époux avaient abandonnés, mourir sur le champ de bataille, sous mes yeux impuissants. Ne prétendez pas savoir ce que j’ai vécu, qui je suis et ce que j’ai dû faire pour arriver... nulle part. Ce nulle part que vous m’offrez comme une chance, ce n’est ni une chance pour vous, ni pour moi, ni surtout pour le Conflans. Je ne suis plus Princesse, mais le Conflans restera toujours MON royaume, pas parce qu'il m'appartient, mais parce que je l'aime de tout mon cœur et ne cesserais jamais de l'aimer, quels que soient mes choix et mes erreurs, je les ai faites par amour pour les Riverains... »

Oui, même suivre Harren.

__ Je parle de couardise parce qu’on ne parle bien de ce qu’on connaît, je connais la peur, je connais la lâcheté. Toutes ses années j’ai été lâche de suivre Harren par goût du pouvoir et de la laisser balayer mes mises en garde du revers de la main. Mais aujourd’hui, je suis peut-être devenue folle, mais je ne suis plus lâche, je suis venue à vous, non par peur ou par lâcheté, mais tout au contraire avec le courage et l’espoir qu’il faut pour porter la paix. Si je n’ai point utiliser ce courage et cette foi en vous à bon escient, je m’en excuse auprès du peuple qui paiera mes erreurs, tout comme les soldats ont payé mon erreur à Buron. J’ai failli et cela a coûté des milliers de vies, je ne me le pardonnerais que si je parviens à sauver ce qui peut encore l’être, si non je mourrais, tôt ou tard avec ce poids sur mon âme et j’en répondrais devant les Sept. Tout ce que je demandais en échange de mon courage, c’était la possibilité de vous aider et un peu de respect, pas celui dû à une Princesse ou à une Reine que je ne suis plus, simplement celui dû à un loyal sujet prêt à risquer sa vie pour vous. Je n’ai eu ni l’un ni l’autre et je suis lasse de votre dédain. Frappez moi autant que vous voudrez, j’ai vécu pire douleur que celle-là, intensément pire. Faites de moi ce qui vous chante, je ne peux pas vous aider si vous ne m’en donnez pas les moyens, c’est un fait, que cela vous plaise ou non. »

Bipolaire ? Non ! La jeune femme vivait tout avec passion, le chagrin, le déshonneur, mais aussi le défi qui brillait actuellement dans ses yeux. Qu’il le fasse, qu’il la batte à mort si cela lui chantait, c’était là le choix qu’elle faisait, probablement par orgueil, le dernier choix qu’il lui restait. Et s’il ne le faisait pas, elle pourrait avoir des idées pour aider l’Empire, en réalité, des idées elle en avait un tas, mais elle les savait toutes plus saugrenues les unes que les autres, pire que de se rendre à Vivesaigues, c’est dire si elle ne pouvait pas les partager avec Lyham. Elle avait besoin de discuter calmement des options, d’envisager les choses en fonction des informations, elle ne pouvait pas prendre une décision et encore moins élaborer un plan sans connaître les paramètres. Elle avait besoin de dialoguer avec quelqu’un pour rebondir et étoffer ses idées, pour se lancer aussi, sans quoi elle décortiquait le peu qu’elle savait sans arriver à en tirer des conclusions utiles autre que : ça ne va pas marcher. Il était probable d'ailleurs que le plan visant à rester en vie tout en montrant que malgré son courage elle ne pouvait pas agir correctement pour le Conflans sans rien savoir sur la situation actuelle n'allait probablement pas marcher non plus d'ailleurs. Mais elle ne pouvait décemment pas continuer à se planter sous prétexte que personne ne lui accordait la moindre confiance. Elle ne pouvait pas sauver les Riverains contre leurs gré et préférait crever debout, même de la manière la plus atroce possible, que continuer à essayer de survivre en élaborant les stratégies vouées à l'échec pour mieux se faire cracher dessus.

__ Nous avons toujours le choix... »


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MessageSujet: Re: A l'aube d'une nouvelle ère... | Myria   Mer 11 Juil - 9:31

Le pire dans tout cela c’est que la gifler ne m’apporte aucune satisfaction. J’aurais probablement du frapper plus fort ou continuer à le faire, en réalité, je n’en sais rien. Mais elle arrive à m’énerver bien plus que personne n’avait réussi à le faire jusque-là. Probablement pour tout ce qu’elle représente en plus de celle qu’elle est vraiment. Parce que tous ses arguments ne sont pas totalement idiots, quoi que j’aie envie d’en penser mais, de toute façon, ça ne change rien. Et je vois bien dans son regard, qu’elle est sur le point de basculer. Mais n’est-ce pas notre cas à tous ? A quel point pouvons-nous dire que cette guerre ne nous a pas fait perdre la tête pour de bon ?

Et je finis tout de même par la relâcher, croisant les bras et inspirant longuement pour retrouver un semblant de contrôle alors qu’elle se met de nouveau à parler. Je me pince alors l’arête du nez avant de lâcher, sèchement. « Vous parlez beaucoup trop Myria. Pour un peu, j’aurais envie de croire que vous cherchez à m’embrouiller encore plus pour arriver à vos fins. Voilà exactement pourquoi je ne peux avoir aucune confiance en vous. Vous distillez une petite information dans un flot de paroles qui me donne de nouveau envie de vous frapper. » Je sens mes mâchoires se contracter, me demandant à quel moment j’ai basculé moi-aussi et à quel moment la vie d’une femme n’a plus eu la moindre importance pour moi. Surtout cette femme-là qui, il y a de cela si longtemps, avait presque réussi à me séduire d’une certaine façon. « Je me moque que vous risquiez de mourir en couche ou que vous saignez à chaque lune. Et jusqu’à très récemment, vous ne sembliez pas si encline à qualifier votre mari de traitre. » Elle m’agace oui et pas qu’un peu. Je réalise qu’elle semble encore vouloir ménager sa situation, alors que je pensais la chose impossible et je tousse un rire sans joie quand elle reprend. « Votre royaume ? Il saigne depuis des années Myria. Des hommes sont morts sans que vous sembliez bouger votre petit doigt. Et depuis que votre position est menacée, depuis que vous avez perdu votre place, là, brusquement, vous l’aimez ? C’était AVANT qu’il fallait faire quelque chose. Il y a des années de cela, quand vous vous complaisiez dans le lit de votre mari à vous voir comme la reine de ce royaume qui souffrait déjà. C’était quand vous risquiez de tout perdre qu’il fallait faire un choix, pas quand tout a commencé à se déliter. Alors non, ce n’est pas votre royaume. Tout au mieux, vous pouvez vous targuer d’y appartenir, même si je connais des centaines, des milliers de personnes même, prêtes à vous prouver le contraire. »

Je me contente de la fixer quand elle continue, le visage fermé avant de secouer la tête. « Vous parlez de ce que vous connaissez en vous montrant insultante et en utilisant les pires termes possibles. Je confirme, vous êtes devenue complètement folle. » Je me sens plus calme malgré tout, l’envie de l’étrangler se dissipant un peu, juste ce qu’il faut pour l’écouter avec plus ou moins d’attention. « Je peux vous reconnaitre une chose, je ne m’attendais pas à votre venue à Vivesaigues. Mais même aujourd’hui, je ne comprends pas où était votre intérêt. » Je lève une main dans sa direction comme pour empêcher une nouvelle envolée lyrique. « Je sais, vous me l’avez déjà expliqué et je ne suis pas idiot. Pas tant que ça. Quant au respect, il se mérite. Et en tant que sujet, votre attitude ne me donne pas vraiment envie de vous respecter. » Je soupire longuement, me frottant le menton avant de reprendre, toujours aussi exaspéré. « Quelle chance j’aurais dû vous donner ? Vous laisser gambader dans tous Westeros sans pouvoir contrôler ce que vous alliez dire ou faire ? Vu la situation c’était tout simplement impensable et vous le savez. Vous aurez les moyens que vous méritez, c’est-à-dire mon entière attention pendant les prochaines minutes. Après, j’aviserais de ce que je fais de vous. Et qu’on soit d’accord, vous tuer ne m’apportera aucune satisfaction. Pour autant, si c’est la seule option, je le ferais moi-même. » Et sans hésiter. J’espère qu’elle en a réellement conscience. Je finis par m’assoir, las de tout ce qui vient de se passer, attendant de savoir quel monologue elle va encore me servir et s’il va finir par user mes nerfs pour de bon.


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MessageSujet: Re: A l'aube d'une nouvelle ère... | Myria   Mar 17 Juil - 16:42




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Peut-être étions nous tous devenus fous. La guerre dévastant nos terres et notre coeur avec, la mort nous frôlant de ses noires ailes dans un souffle glacé, les noires nouvelles arrivant de toute part, un peu plus sombre chaque jour. la Folie était notre dernier refuge, l’esprit vacillant de Myria Hoare était comme le Conflans désuni et moribond, prêts à s’effondrer tous deux. Mais d’autres folies les avaient conduits ici, tous, les morts, les vivants et ceux qui erraient entre les deux mondes comme la Princesse Hoare. La folie des grandeurs d’Harren et la folie vengeresse de Torrhen, à n’en point douter, les folies se succédaient et tous avaient d’ores et déja perdus l’esprit. Qui alors, au Royaume des fous était le plus sensé, celui qui voulait la mort, toujours plus de mort, ou celui qui se battrait pour la vie, quitte à en mourir. Car malgré les corbeaux croassants et l’odeur fétide des champs de bataille encore frais, il restait encore, peut-être, des vies à sauver, un Conflans à rebâtir. Au royaume des fous, l’espoir était Roi. Cet espoir auquel elle se raccrochait de toutes ses forces malgré le fait que tout ce qu’elle avait entrepris jusqu’alors pour éviter la catastrophe qu’elle pressentait les avaient menés vers cette catastrophe qu’elle redoutait tant. Chaque pas qu’elle faisait dans une autre direction la ramenait sur ce chemin. Il fallait changer de méthode, de paradygme à n’en point douter, mais comment ? Comment se changer soi même en si peu de temps ? Elle l’ignorait et chercher une solution qu’elle ne trouvait pas la faisait sombrer toujours un peu plus loin dans la folie.

La brune sourit, souffla même un rire. Lyham avait frappé dans le mile. Elle parlait trop, toujours, elle aimait parler, s'écouter parler, qu’on l’écoute, et elle adorait les mots. Elle pensait, plus jeune, qu’elle aurait préféré manier l’épée, mais de ceci, elle n’était plus si sûre maintenant qu’elle savait ce que cela impliquait, cependant, et puisqu’elle n’avait point le choix, elle maniait les mots et la nécessité était devenue une passion, aussi dévorante que la passion qu’elle avait éprouvé pour Joren et pour Harren. Aussi vraies les unes que les autres, car le meilleur menteur est toujours celui qui dit la vérité.

La jeune femme savait que le Conflans n’avait pas commencé à saigner avec cette guerre, que cela avait commencé bien avant, avec l’arrivé des Hoare et continué tout ce temps, elle n’en était pas conscient à l’époque, où tout le moins ne voulait-elle pas en prendre la mesure pour que son coeur reste de glace face au sacrifices consentis par les petites gens pour qu’elle puisse un jour régner sur le plus grand Royaume, le plus puissant. Elle trouvait ça normal, les femmes saignent pour enfanter, les hommes saignent pour conquérir et protéger le peuple saigne pour la noblesse, la noblesse saigne pour le Roi. C’était l’ordre des choses. Cela avait d’ailleurs du sens lorsque la conquête avait pour but de consolider les frontières, lorsque la guerre avait pour but d’apporter la paix et la prospérité à tout le continent, comme elle le pensait avant. Mais il n’en était rien, il avait fallu Buron pour qu’elle en prenne conscience, il s’agissait juste de l’ambition démesurée d’un homme et peut-être aussi de la sienne.

__ Je suis désolée. Si vous saviez à quel point. Je pensais agir pour le bien du pays en poussant Joren et Harren à toujours plus de conquêtes, pour que nos frontières ne puissent plus jamais être menacées, pour que le continent unifié prospère dans une paix durable. Les sacrifices consentis par le peuple pour nourrir mon ambition étaient acceptables à mes yeux, parce que l’unification était et reste la seule solution pour que cessent les guerres et que je pensais que le Noir était le seul à avoir cette vision et à pouvoir la réaliser. »

Myria rit doucement en baissant les yeux, essuyant une larme.

__ Je sais aujourd’hui combien j’ai eut tort, il m’a fallu Buron pour le comprendre, il m’a fallu la trahison de mon époux que j’aimais de tout mon coeur pour saisir l’ampleur de la folie dévastatrice de l'égoïsme. Oui, cela a aussi mis ma position en danger et c’est effectivement ce qui m’a décidé à changer de cap. J’ai compris que mon Roi et mon Prince n’agissaient plus en ce sens lorsqu’ils ont attaqués le Nord et l’Orage, mais tenter de les en dissuader, venant de moi, tout particulièrement après ma rencontre avec Torrhen, aurait été pire que le mal. Je ne savais pas quoi faire, et oui, j’avais peur, peur de perdre ma place, évidemment, qui n’aurait pas eut peur à ma place ? Cependant, en continuant à servir le Noir malgré mes désaccords avec lui, je pensais pouvoir faire fléchir l’histoire vers plus de justice pour le peuple, loin de mes idéaux, mais assez proche du pouvoir pour, au moins, continuer à apporter ma pierre à l’édifice. Ce n’est que lorsque mon pouvoir au sein du Sautoir n’a plus été à même de remplir la mission que je m’étais assignée que j’ai pu me résoudre à abandonner mon Royaume aux seules mains des Hoare et à chercher de l’aide ailleurs. »

Elle redressa la tête et plongea son regard dans celui de Lyham.

__ Maintenant que je ne peux plus tenter de garder ce que je n’ai point, quitte à me fourvoyer et à me mentir à moi même, je suis libre d’assumer pleinement mes valeurs, mais je n’ai plus le pouvoir d’agir pour le peuple. En venant à Vivesaigues, j’ai pensé trouver un allié et n’ai trouvé qu’un ennemi de plus. Je pensais que nous pourrions mieux avancer ensemble pour un même objectif que chacun de son côté, mais c’était sans compter sur votre méfiance à toute épreuve. Je n’aurais pas dû vous faire confiance, j’aurais dû me méfier de vous comme de la peste et continuer à oeuvrer en silence et avec patience là où je pouvais encore agir. Je l’ai toujours aimé, le peuple, bien mal, il est vrai. J'espérais faire mieux cette fois et me voilà devenue plus inutile que jamais. J’ai failli, échoué, je me suis trompée de stratégie, une fois encore, comme à Buron, comme maintes et maintes fois avant cela, essayant de louvoyer entre les doigts de fer du Noir pour que ses victoires soient aussi celles du peuple. Qu’importe, je vivrais avec mes remords et le poids de mes erreurs aussi longtemps que vous m’accorderez de respirer et je rendrais mon dernier souffle certaine d’avoir fait tout ce qui était en mon pouvoir. »

Elle ne pouvait pas laisser passer certains sous entendus.

__ Mais, votre Majesté, alors que je me complaisais dans le lit de mon cher et tendre et que je mettais au monde une nouvelle génération de Hoare pour mener les batailles à venir, que faisiez vous à part mener les armées Hoare ? Ne vous a-t-il pas fallu vous retrouver, vous aussi, au pied du mur, pour faire le bon choix ? Et ne vous a-t-on pas offert une bien belle position pour faire ce choix ? Nous jouions chacun notre rôle avec loyauté et zèle avant que les événements ne changent radicalement nos horizons. J’ai du respect pour ce que vous avez fait pour le Royaume du Sel et du Roc et autant pour la décision difficile que vous avez prise face à Torrhen, je sais ce que coûte une trahison de doute et de mépris pour soi même. Vous pensez encore que j’ai voulu trahir Harren pour sauver ma peau, mais il n’en est rien, j’ai fait le choix entre une guerre sans fin et une unification la plus pacifique possible, entre le cauchemar et le rêve. Aussi, je changerais d'attitude lorsque vous en changerez vous aussi, et alors peut-être pourra naître un respect mutuel. Je ne suis certes plus rien, mais je ne m’abaisserais pas à vous lécher les bottes sous prétexte que vous pouvez me tuer d’un geste, qu’il me reste au moins mon honneur à défaut de titre. »

Oui, se promener dans tout Westeros aurait été parfait, comme si c’est ce qu’elle avait demandé, juste des informations, de quoi construire quelque chose. Et là, elle n’avait que ce qu’elle savait déjà, à savoir bien peu avec la nouvelle donne, et d’autant moins qu’elle ne pouvait plus prétendre rejoindre le camp adverse sans attirer la méfiance absolue, ou plus certainement la mort. Là où elle aurait pu être un véritable atout pour l’Empire de par ses liens avec Harren, elle n’était plus qu’une poupée de chiffon prête à être brulée par l’un ou l’autre des camps. Elle se mit à rire imaginant Torrhen et Yoren se disputer pour savoir qui aurait l’immense plaisir de la tuer, à moins qu’ils se disputent pour pisser sur son cadavre, à moins qu’ils s’en fichent comme de leur première putain, ce qui était finalement le plus probable.



Épuisée, elle s’affala dans le premier fauteuil venu.

__ J’ai encore beaucoup parlé, veuillez m’excuser. »


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MessageSujet: Re: A l'aube d'une nouvelle ère... | Myria   Mar 31 Juil - 12:06

D’aussi loin que je me souvienne, je me rappelle à quel point les gens pouvaient être sous le charme de Myria Frey. Elle savait parler, elle savait faire croire qu’elle était émue et touchée par ce qu’on lui disait. Sans les sentiments francs et sincères d’Alysanne, je serais probablement tombé dans le panneau à l’écouter parler de la sorte, à la voir verser une larme. Je plisse des yeux alors que je l’écoute parler encore et encore, comme si elle cherchait à m’assommer par ses monologues.

Et je garde le silence avant de finir par souffler, d’un ton las. « Vous ne faites que vous répéter Myria. Et cela ne changera rien au fait que je ne suis personnellement toujours pas convaincu qu’en vérité, vous avez réellement trahi Hoare. Et c’est bien là le souci, c’est là où je me rends compte que je ne pourrais pas vous faire confiance Myria. Parce que d’aussi loin que je me souvienne, vous avez toujours agi dans votre intérêt et dans celui de vos enfants lorsqu’ils sont venus au monde. » Je me frotte le menton avant de reprendre, toujours sur le même ton. « Oui, j’ai suivi les ordres de mon Roi pendant des décennies, sans faillir. Parce que c’était mon rôle et pas parce que j’y voyais un gain quelconque pour moi. Je ne faisais pas cela pour assoir mon royal postérieur sur un trône baigné dans le sang mais parce que si je ne dirigeais pas mes hommes, d’autres le feraient. Et au moins, j’essayais de faire les choses au mieux pour avoir le moins de pertes possibles. Mais je doutais, depuis longtemps. Alysanne pourrait vous en parler si elle n’essayait pas de vous arracher la tête en vous voyant. »

J’ai un pâle sourire à cette idée et j’arque un sourcil au reste des ses propos. « J’aurais pu vous faire confiance. Si votre frère n’avait pas essayé de tuer les miens. Comment croire que vous n’avez pas eu vent de ce qui se passe ? Impossible. Et c’est là que le bât blesse. J’ai accueilli votre propre famille chez moi, j’étais près à faire des concessions et quel a été le résultat ? Ils ont essayé d’attenter à la vie de ma femme deux fois. » Difficile de répondre à tout ce qu’elle me dit, de garder dans l’ordre dans mes idées, dans mes pensées. Elle remue bien des choses, qui me tracassent de toute façon dès que je suis seul et je gage qu’elle le sait très bien. « J’ai effectivement accepté leur proposition en étant au pied du mur. Mais je ne l’ai pas fait pour avoir une couronne sur la tête moi. Je n’ai jamais goûté au pouvoir, loin de là. Je l’ai fait pour essayer de sauver ce qui pouvait encore l’être, pour essayer d’apaiser un Conflans que vous aviez ruiné et mis à feu et à sang. Est-ce que je vais y arriver ? Très franchement, j’ai souvent des doutes. Mes remords et mes erreurs continueront de me suivre, tout comme vous. Mais je n’ai pas honte de ce que j’ai fait. Et si certains m’accusent de traîtrise, les autres savent pourquoi je l’ai fait. Ce qui n’est pas votre cas. »

Et voilà qu’elle recommence à parler. Je me retiens de lever les yeux au ciel et encore plus de la sommer de se taire, craignant de le faire un peu trop violemment. « Vous avez encore beaucoup trop parlé, je le confirme. Tout ça pour quoi ? »



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MessageSujet: Re: A l'aube d'une nouvelle ère... | Myria   Mar 31 Juil - 22:01




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Myria allait répondre, mais elle préféra s’abstenir de se lancer dans une énième longue tirade inutile. Elle fixa donc Lyham avec un regard noir, dégoûtée d’avoir fait tout ce chemin et pris tous ces risques pour rien.

Bien, je vois que non seulement vous ne me faites pas confiance, mais qu'en plus, vous avez décidé de ne rien comprendre à ce que je vous dit. Je me répète parce que vous me posez les mêmes questions encore et encore. Vous pensez que j’ai sagement suivi les ordres pour obtenir une couronne ? Non. Je ne prétends pas avoir été désintéressée, mais si je n’avais pas occupé la place, quelqu'un d’autre l’aurait fait et rien ne garantit qu’elle aurait été meilleure. J’ai essayé d’influer le cours des événements tout au long de ma vie, et vous êtes bien placé pour savoir qu'influencer un Hoare est un travail long, difficile et souvent bien mal récompensé. J’ai fait le choix de combattre de l'intérieur ce qu'il ne me plaisait pas dans le Royaume, c’est tout sauf le choix de la facilité. J'ai renoncé à tous mes titres pour vous retrouver et essayer de faire avancer les choses autrement. Malgré cela, vous ne pouvez pas le trouver digne de votre respect ? Soit. Alors c’est peine perdue et j’ai fait tout cela en vain, mais je mourrais avec mes idéaux et ni votre venin, ni votre amertume ne sauront me les enlever.


Vous étiez frustré d’envoyer sans cesse vos hommes à la mort ? Mais moi, vile femme que je suis, cela ne me faisait rien de voir mon époux partir toujours plus loin pour rapporter toujours moins de victoires stratégiques et toujours plus de cadavres. Saviez vous que je prends des bains de sang, je me fais des colliers avec les tripes de nos soldats ! Je buvais des litres de vin avec ma future couronne sur la tête en pariant avec mon beau-père sur le nombre de morts inutiles de sa prochaine conquête. Mieux que ça ! En réalité, saviez vous qu’Harren et Joren, les Fer-nés en général et les Hoare en particulier sont des pacifistes ? C’est moi et moi seule qui les ai poussés à guerroyer pour conquérir de nouvelles terres et envoyer les Riverains à l’abattoir. Parce que j’aime ça, c’est une passion, la guerre, le sang, les conquêtes éphémères de territoires trop lointains pour être tenus, les pillages incessants, le jeu mortifère avec le Nord. Cela me fait jouir comme une fontaine, je danse nue parfois en invoquant l’Étranger, je lui offre des sacrifices, des animaux, des hommes, mes préférés sont les jouvencelles et les nouveaux nés.

Peut être avait elle fini par murmurer quelques bribes de ces sombres pensées, mais elle finit ainsi, sur un ton désabusé.

__  Je vous ai toujours apprécié plus que de raison, vous étiez mon ami, mon confident, un peu d’honneur chevaleresque dans mon monde de brutes sanguinaires. Que c'est-il passé Lyham… que c'est il passé… »

La brune pleurait pour se bon cette fois. Comment l’ami d'autrefois avait-il pu devenir aussi haineux et aigri. La culpabilité et le pouvoir l’avaient changé du tout au tout. Bien sûr elle avait des tas de choses à se reprocher, dont celle d’en avoir tellement voulut à l’empereur après Buron qu’elle n’avait pas annulé son ordre d’attendre un bonne opportunité pour lui nuir. Le mariage en était une excellente, elle devait bien l’avouer, même si certains éléments avaient rendu l’opération inadaptée. Mais faire fi de tout ressentiment pour construire un meilleur avenir, c’était aussi tourner la page des viles manoeuvres d’autrefois. Ils n’en sortiraient donc jamais ? Le Conflans entier payerait des décennies durant les erreurs qu’elle avait commises du temps où elle pensait pouvoir tout avoir : la paix, le pouvoir et l’amour. Contrairement à ce que pouvait penser Lyham et, à priori, la majorité des gens qui le suivaient, lui ou l’Empereur, ses remords et ses sentiments étaient sincères, tout comme son désir ardent de faire mieux.

Pour autant, elle était lasse de ne recevoir que de la haine et elle pensait qu’il allait la tuer ou pire, laisser l’empereur l’executer.


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MessageSujet: Re: A l'aube d'une nouvelle ère... | Myria   

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