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Future Starts Slow
MessageSujet: Future Starts Slow   Dim 3 Juin - 18:27

Je claudique lentement mais sûrement dans le camp de l’armée impériale. La rumeur s’est répandue partout depuis deux jours ; nous allons sans doute nous mettre en route. Je sais que certains parlent de poursuivre l’ennemi vers le sud, de faire tomber Pierremoutiers. Ce n’est pas là où la généralité nous mène. A priori, les hommes optent plutôt pour Harrenhal, quand on entend les débats et discussions autour des feux de camp. Pour moi il est très clair que les hommes étaient sûrs que maintenant le Roi ennemi tué, il fallait prendre sa capitale pour que la victoire soit totale. Et ils n’avaient pas tort, c’était évidemment envisagé. Il n’en restait pas moins que Fort-Darion était la troisième direction pensée par les soldats. Toutes se tenaient. Toutes s’expliquaient. Et j’entendais les rumeurs monter jusqu’à moi alors que je continuais de fendre la foule des hommes en armes qui vaquaient à leurs occupations, malgré les quelques flocons qui tombaient. Beaucoup était affairés à la coupe de petit bois pour le chauffage ou la cuisine, d’autres faisaient mijoter des plats. J’en saluais quelques uns au passage, et en laissais d’autres s’agenouiller sur mon passage. Je notais que le fumet de ces ragoûts me faisait saliver ; le soleil déclinait déjà mais avant de rejoindre mon épouse j’avais encore une tâche à accomplir. Malgré le froid de l’hiver, un léger voile de sueur m’humidifia le front. C’était long et douloureux de marcher autant en boitant, et je n’avais pas voulu d’un cheval pour m’aider. Ma monture s’était montrée efficace au combat, mais encore assez rétive. Et elle avait été blessée dans les combats. Comme beaucoup de ses congénères, une bataille comme ça rassemblait des milliers de chevaux et des centaines mourraient à chaque fois. Beaucoup de canassons étaient partis nourrir le dragon blessé de Rhaenys, mais d’autres finissaient débités et rôtis, ou dans le ragoût du soldat.


Ainsi allait la guerre depuis toujours.


L’odeur se modifia subtilement à mesure que je me rapprochais du secteur du camp où étaient encore soignés des centaines de blessés, plus graves que ceux qui avaient déjà reçus des soins les premiers jours après la bataille. Ma Garde en armures complètes m’escorta jusqu’à la porte d’entrée du chapiteau où les hommes étaient couchés les uns contre les autres, parfois à même le sol, sur des caillebotis ou des planches, voire des tables pour les plus chanceux. Beaucoup se reposaient sur le foin ou la paille qui avait été réquisitionnée au bourg de Noblecoeur tout proche. Je passais dans les rangs. Les réconfortais. Les saluais. Je clopinais, et c’était de plus en plus douloureux. Jusqu’à ce que je rejoigne, après un bon moment, les gens qui s’occupaient des soins. Femmes de soldats, mestres, septons et septas, sœurs du silence. Et quelques dames de haut parage aussi. Je me rapprochais derrière une silhouette que je connaissais bien. Une petite blonde. Encore au travail… Elle devait être épuisée. Aussi pris-je un ton badin, un rien taquin, pour essayer de la dérider un peu en même temps que je me signalais.



| Vous allez vieillir prématurément ma Dame, si vous passez autant de temps avec les soldats et les blessés. |


J’incline la tête en guise de respect pour son rang comme pour son sexe, par politesse.


| Et votre mari m’en tiendrait sans nul doute rigueur. Mais je crains d’être venu vous rappeler à ces compétences qui sont les vôtres ; je n’ai pas fait changer les pansements de ma blessure aujourd’hui. Elle saigne à nouveau… Et je ne voudrais pas subir la colère de votre cousine… Comment allez-vous, Daena ? |


La dernière fois qu’elle m’avait vu, c’était en coup de vent, alors qu’un aide de mestre me recousait la plaie. Et la fois d’avant, j’avais la gueule encore à vif, traversée par une plaie dégueulasse qui « devait respirer ». Elle n’était plus symbolisait aujourd’hui que par la masse de tissus cicatriciels nés de la déchirure de mon visage.








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MessageSujet: Re: Future Starts Slow   Mar 5 Juin - 14:49

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Les journées me semblaient interminables. Depuis le début de la guerre, les soldats blessés arrivaient en masse à toutes heures du jour ou de la nuit, en quête de soin pour assurer leur survit. Mes petits hauts le cœur à la vue du sang à mon arrivée s'étaient vite estompés après toutes les horreurs qui défilaient dans les allées. Certains avaient des membres sectionnés, d'autres des plaies béantes, laissant parfois s'échapper leurs entrailles et nous ne comptions plus le nombre de pertes à déplorer dans ces lieux.
 Les moyens médicaux étaient bien misérables face à l'ampleur des dégâts que subissaient ces valeureux combattants. Je m'étais fait une raison, il m'était impossible de sauver tout le monde, toutefois, personne ici n'était dupe et la plupart de mes collègues, femmes, bénévole et mestres, savaient à quel point j'étais la plus fragile de tous.

Le bruit des armures retentit tout prêt de l'entrée de notre hôpital de fortune dans lequel était entassé les victimes et rapidement, les regards se détournèrent en direction de l'entrée. Je n'en restais pas moins concentrée à la tâche, mon attention étant focalisée sur le traitement d'une plaie encore à vif d'un jeune homme, trop peu âgé à mon goût pour s'être retrouvé sur un champ de bataille. A peine eus-je terminée mon travail, qu'une voix familière m’interpella. Cette voix, je l'aurais reconnue parmi des dizaines, comme toutes les personnes présentes dans ces lieux. Il s'agissait de l'ancien Roi du Nord, désormais Empereur et époux de ma chère et tendre cousine Rhaenys. Sa présence ici ne signalait rien de bon, rares étaient les visites de courtoisie. Je me retournais pour lui faire face, lui adressant mon plus agréable sourire pour lui manifester ma sympathie. J'étais intimidée, de me tenir devant un si grand guerrier même si nous nous étions déjà brièvement rencontré dans le passé.


« Mon Seigneur,  je suis enchantée de vous revoir. Figurez-vous que mon dos a déjà pris au moins dix ans... » Lui répondais-je, amusée. 

La vérité n'était pas très loin, car tous les membres de mon corps me faisaient souffrir. Les positions maintenues durant des heures, souvent accroupie à même le sol et les heures de sommeil que l'on comptait sur les doigts d'une main n'arrangeaient rien à la situation. De larges cernes bleuâtres entouraient mes yeux, mais n’entachaient pas ma bonne humeur et ma détermination au sein de mon poste. Lorsque l'Empereur fit allusion à mon mari, mes sourcils se froncèrent malgré moi, comme par réflex. S'il y avait bien une seule personne dont je ne voulais pas entendre parler à l'heure actuelle, c'était bien lui. J'allais faire mon devoir, tenter d'être une épouse remarquable et pourtant, mon cœur me criait haut et fort de fuir cet homme. En revanche, parler de Rhaenys, cela me mettait plutôt en joie et la remarque du guerrier me fit sourire. 


« En effet, je vous déconseille vivement de mettre en colère ma cousine, même un homme aguerrit au combat comme vous l'êtes, serait surprit d'un tel tempérament... Je vais très bien, je vous remercie. Et vous ? A l'exception de votre blessure ? Comment cela se passe t-il à l’extérieur ? »

De façon maladroite, j'abaissais naturellement le regard en direction de sa jambe, cherchant à évaluer les dégâts. L'endroit touché était un point stratégique, une blessure dont il garderait des séquelles à vie malgré nos soins. A ce stade, nous ne pouvions plus que limiter les dégâts et empêcher l'infection. Je tournais le regard pour chercher une place décente où installer Torrhen, malheureusement, tous les lits convenables étaient pris d'assaut et les places devenaient chères dans les parages.. Face à nous se trouvait un semblant d'installation, un banc improvisé avec des planches, rudimentaires, mais ayant le mérite d'exister. Légèrement honteuse de proposer cette place à un Empereur, je fuyais son regard et m’efforçais de garder la face.

«  Je vous en prie, installez-vous. Je vais vous soigner. »

Lors de son premier passage, le mestre tentait d’apaiser une large entaille sur le visage de l'Empeur. Je ne pus donc m'empêcher de regarder celui-ci pour constater l'évolution. Une imposante cicatrice, néanmoins propre, se dessinait de son front à sa lèvre, traversant sa joue anciennement en « lambeau ». Je souriais, satisfaite du travail réalisé. Depuis mon arrivée ici, j'éprouvais une certaine fierté à exercer mon travail, toujours heureuse de voir sortir les soldats sain et sauf. A présent, je devais m'attaquer aux soins de sa jambe dont le bandage qui la recouvrait était rougit par la coulure du sang qui s'en échappait. Son habit imposant me rendait la tâche impossible, je relevais donc les yeux dans sa direction, les pommettes légèrement rougies par la question à venir. 

« Puis-je vous demander de me faire un peu de place ? Je vais refaire tout votre bandage. »


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MessageSujet: Re: Future Starts Slow   Mar 5 Juin - 22:55

La jeune femme me reconnaît et me sort ce genre de sourire, si propre à ceux de son sang… J’entrevois celui de Rhaenys, et c’est sur ce genre de mimique et de gestuelle que leur filiation m’apparaît comme évidente. Bien sûr, leur sang en commun est trop dilué dans leurs lignées respectives pour que la ressemblance soit parfaite, mais elle est néanmoins frappante. Daena semble un rien plus grande que son impératrice de couronne, un rien plus charpentée aussi. Là où Rhaenys a le physique svelte d’une chevaucheuse de dragons… Ou du moins avait, sa grossesse ayant changé fatalement son corps, sa cousine, elle avait des formes plus femme que guerrière. Elle était jolie aussi. Une bouche en cœur, des pommettes hautes, de plus petits yeux… Et toujours cette crinière de cheveux blonds, pas aussi blancs que ceux de Rhaenys, mais qui restaient d’une couleur rarement vue chez les autres femmes. Elle apparaissait toutefois comme épuisée. Je le voyais dans ses yeux. C’était comme les tous premiers jours après Buron, où la terrible besogne de soigner des blessés qui souffraient, parfois aussi dans leur tête en même temps que leur corps, avait duré trop longtemps pour un esprit sain.


Machinalement en me retrouvant devant elle, mes doigts effleurent la cicatrice creusant mes traits du côté gauche du front jusqu’au bord droit des lèvres. La chair y est encore si douce, à cet endroit où elle avait peiné à se refermer. Le visage ouvert en deux. Je n’avais jamais été beau comme mon frère Bran l’avait été, ou comme Ryman, mort depuis plus longtemps encore. Mais la blessure et ses stigmates avait achevé la beauté brute que certains trouvaient à mes traits. J’étais le vieux Loup de Winterfell, qui avait vu sa meute décimée au fil des années de guerre. L’homme qui connaissait la pire malédiction du soldat, celle de vieillir seul, sans tous ses compagnons, morts les uns après les autres. N’en restait plus qu’une poignée aujourd’hui. La jeune femme se plaint de son dos, et j’y lance un regard furtif.



| Prenez garde à ce que votre époux ne vous retrouve point voûtée, loin de moi l’envie de subir ses foudres pour vous avoir fait bien trop travailler en son absence |


Je savais, sans connaître les détails, que leur mariage n’était pas le plus heureux. Nous avions parlé, à Buron. Quelques semaines après que j’avais autorisé Ser Redwyne à rejoindre son suzerain, ce qui m’avait paru tout à fait normal. Un noble exilé du Bief devait bien rejoindre son Roi, qui se trouvait dans la même situation… Sinon comment ce dernier pouvait-il espérer un jour recouvrer ses droits et sa couronne, sans le moindre soutien ? Plus surprenant avait été le choix de Redwyne de partir sans son jeune tendron de femme. J’avais su pour son amourette pour Rhaenys. Si tout cela était vrai, cela ne pouvait que déplaire à la jeune femme à mes côtés. Fronçant les sourcils, je repensais au fameux « soupirant » de Rhaenys. Etait-il possible qu’il s’agisse de lui ? Autant Rhaenys et moi ne nous étions pas mariés par amour, et avions promis de respecter l’intimité de l’autre tant qu’elle ne porterait pas atteinte à la succession de nos héritiers –Rhaenys ne devant engendrer de bâtards-, je n’étais pas à l’aise avec l’idée qu’elle ait potentiellement choisi cet homme.


Pourquoi ? Parce que c’était un traître, même s’il était dans mon camp ? je ne savais pas. Je hoche la tête quand la jeune femme me prie de m’asseoir. Je trouve un petit espace disponible, et m’exécute, tandis que les Gardes Demalion nous encadrent à quelque distance.



| Oh, j’ai déjà vu ses colères… Le Feu de Peyredragon opposé à la Glace du Nord. Je n’ai pas fondu, si c’est ce qui vous inquiète, même si cette année de guerre m’a vu me déliter rapidement. Dehors, tout se passe bien. Le fils du Noir s’est enfui avec quelques survivants. Ils vont vers le sud. Et au Nord, ma capitale a été rendue par le général ennemi qui l’avait prise par ruse. Si tout va bien, nous pourrons tous prendre nos quartiers d’hiver à Fort-Darion avant d’être pris par la neige… Il sera temps alors de fêter notre victoire, même si la guerre continue. |


J’avais tué Harren et son royaume était en morceau, mais son fils n’avait pas été pris, et le Bief au sud agressait toujours l’Orage, l’une des quatre puissances fédérées. Au printemps, les opérations reprendraient de plus belle… Et si tout allait bien, je serais alors père et grand-père presque en même temps. Drôle de situation. Je souris quand la jeune femme me demande de la « place » pour me soigner.


| Fort bien. Ce n’est pas la première fois qu’une damoiselle au sang de dragon me demande de me déshabiller, dernièrement. |


Bien qu’Empereur, et avant cela Roi et Prince, j’avais été élevé avec les jeunes nobles de la cavalerie de mon père, une vie en arrière, et la promiscuité des campagnes militaires m’avait ôté depuis longtemps toute pudeur. Ce qui n’était pas le cas de Daena qui rougissait, et je m’en amusais sans moquerie. Je me redressais juste un instant pour dénouer mon ceinturon, tendant mon fourreau et mon épée à l’un de mes hommes, pendant que je retirais mes chausses. Mon abdomen était couvert par le manteau, la cape et les fourrures nordiennes, qui tombaient bas et protégeaient à sa vue mon dernier vêtement, ne dévoilant sur le bas de ma cuisse, le genou endolori, et les tibias.


| Ne me dites pas qu’avec ce froid il y a infection, je n’ai pas envie de finir à moitié cul de jatte. |
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MessageSujet: Re: Future Starts Slow   Mer 6 Juin - 20:36

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Si dans mon esprit un fossé nous séparait, me rendant extrêmement timide, l'Empereur tentait de le réduire. Le ton qu'il employait à mon égard était bienveillant, parfois un brin moqueur. Quelques mois auparavant, la Daena fougueuse et maladroite aurait certainement manqué de tact en s'adressant à un tel guerrier, mais à présent, je tachais de me racheter une conduite aux yeux de tous. Particulièrement auprès de Rhaenys et Orys, qu'il connaissait bien. Dans une pareille situation, ce n'était pas le moment de fauter pour ruiner tous mes efforts de bonne conduite. Mon époux ? Se soucier de mon dos ? Un mince sourire en coin se dessinait sur mon visage éprouvé et rapidement, je tournais la tête en direction d'un patient pour que personne ne le remarque. J'inspirais plus profondément que la normale, comme pour me donner le courage de répondre... ou plutôt de mentir en gardant la face.


« Ne vous inquiétez pas pour cela Mon Seigneur, je suis certaine qu'il ne vous en tiendrait pas rigueur. Probablement serait-il fier du travail de sa femme. Dans le doute, je tâcherai de me tenir droite à mon retour, je ne voudrais pas vous attirer les foudres d'un homme en plus de celles de votre épouse. »


Une chose était certaine, Aylan n'avait que faire de mes occupations. Il était parti sans même se soucier de sa femme, aussi récent soit notre mariage, je n'appréciais pas cette décision de s'en aller seul. Les regards qu'il avait lancés à Rhaenys ne m'avaient pas échappés, j'avais tout simplement pensé que ces mêmes regards me seraient adressés une fois notre union officialisés. Je m'étais fourvoyée, rien n'avait changé et son cœur ne battait que pour elle, comme beaucoup d'hommes. Mes espoirs envers Aylan étaient vains. Je n'attendais plus rien de cet homme, mais ne manquerai pas de jouer les espionnes si l'occasion se présentait à moi pour en savoir davantage sur la relation entretenue avec la Reine. Tout en remettant ma longue tresse blonde en place, je chassais ces pensées de ma tête pour me concentrer de nouveau sur mon travail.

Pendant que je m'attelais à faire de la place, L'empereur me décrivait avec entrain l'avancée des combats. Je n'avais jamais été une grande partisane de la guerre, me désolant de toutes ces vies arrachées pour une histoire de pouvoir, mais je ne pouvais pourtant que me réjouir que les nouvelles nous soient favorables. L'égoïsme n'avait jamais tué personne. Je me contentais de sourire, relevant de temps à autre le regard pour montrer mon écoute attentive à ses paroles. Parfois, lors de mes courtes nuits de sommeil, je me prenais à rêver d'une autre Daena. Plus courageuse, plus téméraire, guerrière et sans remords. Et lorsque mes yeux s'ouvraient, je redevenais la jeune femme innocente dont les joues rougissaient instantanément sous la provocation d'un Empereur. Ses intentions n'étaient pas mauvaises et pourtant, il avait réussi à me mettre mal à l'aise et cela n'avait pas échappé à quelques femmes, soigneuses également qui ne manqueraient pas de me rapeller pour m'embêter lors d'un prochain repas. L'homme retirait ses affaires pour que je puisse examiner sa jambe, gardant sur lui ses longs vêtements pour ne pas se découvrir de trop, l'air étant froid et piquant.

Lentement, avec plus de minutie encore que pour nos autres patients, je retirais le bandage suintant en prenant garde de ne pas malmener sa plaie. Celle-ci n'était pas propre, les bords peinaient à se rejoindre pour se refermer et les longues marches à pies qu'il devait faire pour se déplacer ne devaient pas aider à la bonne guérison de cette blessure. Pour autant, il n'y avait pas d'infection, seulement des parties de chair encore à vif qui laissait passer des traces de sang au travers du pansement. Je me doutais bien qu'il était conscient que des séquelles, il en aurait à vie à cause de cette entaille, mais je ne pus m'empêcher de redresser les yeux l'air de dire « Un moindre mal pour le geste accompli... ».


« Je vous rassure, vous devriez pouvoir repartir sur vos deux jambes. Vous avez de la chance, vous êtes tombé sur la meilleure soigneuse du coin, la rumeur dit qu'elle fait des miracles. » Dis-je amusée, un sourire rayonnant sur le visage.

Ce sourire, il ne me quittait jamais. Et même dans les coups durs, même lors de nouvelles arrivées de soldats amochés, je gardais ma bonne humeur. Intérieurement, je me répétais sans cesse que si j'étais le dernier visage qu'ils pouvaient voir, alors il fallait qu'il soit joyeux. J'attrapais ce dont j'avais besoin pour nettoyer sa blessure et décidais tout en continuant mes soins, de discuter avec l'Empereur pour détourner son attention de la douleur.


« Dites-moi Sire, vous êtes tout deux bien occupés, mais avez-vous tout de même eu un peu de temps libre à passer auprès de ma cousine ? J'imagine qu'il vous tarde de devenir de nouveau père. N'y voyez pas de ma part une curiosité mal placée, en réalité il s'agit uniquement d'une diversion. » Dis-je en appuyant sur la plaie qui jalonnait la jointure de son genou.


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MessageSujet: Re: Future Starts Slow   Jeu 7 Juin - 23:14

Perdre totalement ma jambe me serait vraiment insupportable. La guerre m’avait beaucoup pris en près de vingt-cinq ans. Ca et les engelures, les maladies et les accidents. J’avais cru pendant longtemps que perdre des hommes sur le champ de bataille, mes gens lors des pillages ennemis, et mes proches dans toutes mes luttes, je me rendais compte aujourd’hui qu’il n’y avait pas que ça. Pendant des années j’avais minimisé mes blessures, parce que tout ce temps j’avais été suffisamment chanceux que pour recevoir de simples cicatrices, des meurtrissures parfois profondes, mais qui n’avaient jamais blessé que mon égo, sanctionné un défaut de vitesse ou d’habileté. La chance tournait. Et puis il y avait eu La-Mort-Aux-Loups. Un an déjà. Une des pires boucheries, la pire à l’époque. Depuis nous avions fait pire, mais à l’époque… Cette flèche sauvageonne m’avait brisé deux côtes et perforé un poumon. Le poison végétal dont elle avait été enduite avait manqué de m’achever, et j’avais perdu beaucoup de poids alors que je restais ravagé des jours durant par de violentes poussées de fièvre. Puis, je m’étais entraîné à nouveau, m’étais remplumé, et j’avais repris du poil de la bête… Mais un peu plus lent qu’avant. Un peu moins endurant. Paege, et le coup porté sur mon front. Pas de séquelles, une balafre sous les cheveux et quelques jours et parfois semaines où je me sentais déconcentré, confus. J’avais continué l’offensive. J’étais passé au travers de Wayfarer. Puis, Buron. Blessé par une hache en plein visage, qui m’avait presque fendu la tête et déchiré une joue. Battu quasiment à mort par la piétaille. La peau autour de mon œil droit avait formé un œdème si gros que j’avais manqué perdre mon œil, dont la rétine avait été décollée par le choc. J’avais mis des semaines à m’en remettre. Et je n’en serais jamais tout à fait remis. Et Eysines, maintenant, qui laisser apparaître un nouveau stigmate ; grosse blessure sur le genou, et une jambe qui se traînait. J’allais finir en morceau.


La jeune femme me dit que son mari ne ferait que peu de cas de la mobilisation de son épouse. Je notais qu’elle en parlait comme d’un homme, de façon assez vague. J’avais déjà eu des échos.



| Si vous faites bien votre travail, ma Dame, vous n’aurez rien à craindre de qui que ce soit. |


Façon de dire qu’elle bénéficierait de ma protection et de mon soutien personnel. Je savais que son mari s’était comporté de façon cavalière. Même sans ouï-dire, il suffisait de comprendre les circonstances de son départ et l’absence de sa femme à ses côtés pour savoir que Ser Redwyne n’était pas l’époux qui considérait le mieux sa femme. C’était un fait. De mon côté en tout cas, je reconnaissais les qualités de la jeune femme. Rhaenys ne s’était jamais exprimée trop avant sur ce qui l’avait distancée de sa cousine, mais d’un autre côté… Ce n’était pas tellement mes affaires. Je connaissais Rhaenys, d’un caractère fougueux, emporté et passionné, mais jamais injuste. Daena avait donc fait quelque chose, qui avait entraîné une réaction de mon épouse. Peut être hors de proportion, mais méritée malgré tout. La jeune femme rougit fortement à ma petite saillie et essaie de se concentrer sur sa tâche. Je la sens concentrée, attentive aux détails. Je la laisse faire, regardant ailleurs. Je savais encaisser les attaques et les blessures, mais sans pour autant avoir le cran de les regarder longuement en face. Pas quand je sentais trop la douleur, comme maintenant. Je souris quand elle se permet un rien d’orgueil.


| Tant mieux, tant mieux. La meilleure peut être, mais pas la plus humble, n’est-ce pas ? Je vous taquine. La confiance en soi est bénéfique, tant qu’elle ne vire pas à l’arrogance. Vous autres, Peyredragoniens, êtes familiers du miracle. Avant de voir votre cousine fondre du ciel à dos de dragon, je n’y aurais sans doute jamais cru. Sans parler de la victoire enfin acquise contre Harren… Que je n’avais jamais considérée comme réalisable, jusqu’à il y a peu. |


Je me crispais alors que la belle me parlait diversion. Je ris doucement de la manœuvre.


| Oh oui, je la vois. Pas autant que je le voudrais, mais nous nous sommes plus vus en quelques jours qu’en six mois de mariage. Quant à sa grossesse, loués soient les dieux, il semblerait que le poison qui l’a visée n’a rien entamé de sa vigueur… |


Je réfléchissais rapidement, plissant les yeux pour reporter mon regard sur elle.


| Peut être pourriez-vous dîner avec nous, ce soir ? Je sais que cela lui ferait plaisir. Ce serait aussi ma façon de vous remercier de vos bons soins. Et je sais que Rhaenys vous est aussi reconnaissante, non seulement de mes soins, mais aussi de ceux du Prince Orys. Un peu de compagnie vous ferait aussi du bien, sans doute… Non pas que vous manquez de rapports humains, mais je crains qu’ils n’aient été trop imprégnés de sang, ces derniers temps. |









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MessageSujet: Re: Future Starts Slow   Ven 15 Juin - 9:52

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L'empereur avait de nombreuses qualités, c'était évident. Il était courageux, déterminé et c'était également un excellent guerrier. Toutes ces qualités lui avaient offert de nombreuses victoires, si on pouvait considérer cela comme tel. Voir des hommes se faire découper sans vergogne n'avait jamais été vraiment synonyme de victoire à mes yeux, mais je devais reconnaître que ces batailles étaient parfois utiles pour ne pas finir sous les ordres d'un détraqué. Toutefois, il avait une qualité encore plus appréciable que les précédentes chez cer homme : Son humilité. Malgré son titre, il savait rester humble et modeste, rendant cette conversation la plus naturelle possible. Je m'exprimais à l'Empereur comme je l'aurais fait avec n'importe qui. Mon lien de parenté avec son épouse n'y était peut-être pas pour rien, mais sa compagnie n'en restait pas moins agréable. En principe, les blessés dont je devais m'occuper avaient un mal de chien à prononcer trois mots les uns à la suite des autres tant la douleur pouvait être garce, alors, discuter un peu me changeait les idées.


« J'aimerais croire en ce que vous avancez là Sire. »

Ça m'avait échappé. En aucun cas je remettais en cause sa capacité à me protéger, à nous protéger, loin de là. Malheureusement, certaines personnes étaient plus fourbes qu'elles ne le laissaient paraître et c'était le cas d'Aylan Redwyne. Un homme en apparence poli, soigné et respectueux, mais aux intentions vicieuses. Il voulait Rhaenys et ferait tout pour arriver à l'obtenir tôt ou tard, l'Empereur devait rester vigilant. Tout comme je devais l'être également lors de nos rares moments passés ensemble. La violence coulait sans ses veines, dans ses mains, et même son regard n'avait plus besoin de se détourner sous les pleurs d'une femme tant son âme était corrompue. Il était indifférent. Amoureux d'une autre femme, plus fougueuse.


« Voilà une très belle victoire en effet ! Vous n'en sortez toutefois pas indemne... Il va vous falloir ménager votre jambe ces prochaines semaines mon Seigneur. Tout comme vous, j'en ai vu des miracles, Rhaenys en est la preuve vivante...mais pour votre blessure, aucun miracle possible. Vous devez faire attention, le temps qu'elle guérisse. »

Ma voix était franche et directe, ce n'était peut-être pas une manière très diplomate d'annoncer les choses, mais faire comprendre à un Empereur victorieux qu'il n'était pas invincible n'avait rien d'aisé. Pourtant, je minimisais mes propos pour ne pas l'inquiéter plus que nécessaire. Sa plaie n'était pas jolie et en dehors de sa chair abîmée qui allait vite reprendre un aspect plus lisse avec quelques soins, ses tendons eux aussi avaient été malmenés dans cette attaque. Le rétablissement serait long et jamais entier. Il fallait se rendre à l'évidence. J'avais faist de mon mieux pour nettoyer la blessure de ses impuretés pour éviter les risques d'infections, je pouvais donc faire un nouveau pansement propre pour protéger le tout et permettre à l'Empereur de continuer sa journée normalement. Pleine de timidité, les doigts légèrement tremblants et froids, je déposais mes mains autour de sa jambe pour faire circuler le bandage plus facilement. J’enchaînais de nombreux tours pour rendre la protection plus solide que la fois précédente. Satisfaite, oui, j'étais satisfaite de mon travail.

Lorsque l'Empereur fit allusion au poison dont avait été victime ma cousine, je ne pus répondre quoi que ce soit. S'il y avait bien une chose que je redoutais, et cela, malgré notre relation houleuses ces dernières années, c'était de la perdre. J'avais prié tous les soirs pour qu'elle soit épargnée, elle était mon modèle et celui de beaucoup d'autres femmes sans doute. Aussi, lorsqu'il me proposa de dîner à leurs côtés, mon regard se souleva jusqu'au sien pour chercher à savoir s'il s'agissait d'une véritable invitation. C'était le cas et j'en étais ravie d'avance. Par politesse, je modérais mon enthousiasme, d'ordinaire très communicatif, trop communicatif.


« Je vais être franche, cela me ferait le plus grand plaisir. Je ne voudrais toutefois pas m'imposer à vous. Peut-être devriez-vous soumettre l'idée à votre épouse ? »

Il avait raison sur certains points, j'avais soigné Orys et son mari et Rhaenys s'étaient montrée plutôt agréable à mon égard lors de nos dernières retrouvailles, mais avait-elle vraiment tourné la page sur mes erreurs, impossible d'en avoir la certitude.


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MessageSujet: Re: Future Starts Slow   Dim 17 Juin - 13:23

Cela n’avait jamais rien de facile de devoir s’occuper d’hommes blessés. La douleur faisait dérailler, et ils n’étaient pas faciles. A vous fendre l’âme. Quand j’étais jeune et que je me targuais d’être un grand guerrier, je ne me pliais à l’exercice de la visite des dispensaires qu’à contrecoeur, la mort dans l’âme. Voir un jeune piquier se tenir une plaie béante à l’abdomen et pleurer en appelant sa mère, ça vous fendait l’âme. Le sang, c’est une chose sur le champ de bataille. En dehors, s’il ne m’avait jamais effrayé, il avait quelque chose d’encore plus désagréable ; un aspect absurde, inutile, presque choquant. Sans parler de l’impuissance que l’on ressent quand ça arrive. De la futilité des appels à l’aide, quand on se rend compte que le mec est sans doute déjà mort, qu’on ne peut sans doute plus grand-chose pour lui à part attendre. Il y avait l’odeur, les bruits, tout était insupportable dans ce genre d’endroits. Mais c’était comme tout. On finissait toujours par s’y faire. Par s’y habituer. Combien de batailles avais-je vues dans ma vie ? Trop, sans doute. Et pourtant j’en redemandais. L’homme n’était qu’un animal fou, une créature stupide, qui ne pouvait jamais se passer de ce qui lui faisait le plus de mal.


Je clignais des yeux quand elle me dit qu’elle aimerait me croire. Etait-ce une petite pique en lien avec sa relation parfois compliquée avec sa cousine ? Non, c’était autre chose. Je ne savais pas quoi, mais c’était autre chose. Je fronce les sourcils, et lui dis le plus sérieusement du monde.



| Charge à moi de vous en convaincre, alors. |


La jeune femme me complimente sur ma victoire, et me dit que je devrais ménager ma jambe dans les semaines à venir. Un sourire me fend le visage, déjà parcouru d’une profonde balafre qui me coupe le visage en deux par le travers, du front au coin des lèvres.


| Je le dirais à dame mon épouse que je doive me ménager, mais je ne suis pas sûr de pouvoir la repousser bien longtemps… |


Et je me rappelle à qui je parle et je secoue la tête, lâchant un léger éclat de rire avec un rien d’ironie.


| Pardonnez-moi, je m’oublie. Trop de temps à passer avec mes troupes ; je ne voulais pas me montrer inconvenant. |


Il y avait un langage à avoir avec les hommes de troupe, et un autre avec la bonne société. Celui qui ne faisait pas la différence entre les deux risquait surtout de se retrouver à froisser l’un ou l’autre de ces deux catégories sociales. Il n’en restait pas moins que j’avais été un peu loin. Par extension, Daena Velaryon et moi avions un lien familial. Eloigné bien sûr, mais ce n’était pas l’important dans cette question. Je devais prendre garde. Je me crispe quand elle touche la zone touchée par l’énorme bleu autour de la peau. Je savais que tout irait bien tant que la plaie ne noircissait ni ne blanchissait pas. Je réprimais un grognement, étouffé entre mes lèvres entrouvertes, ne se transformant plus qu’un simple râle à demi absorbé. Je la laissais me bander la plaie.


| Vous avez un vrai don pour cela. C’est un don très rare. Vos mains apaisent les hommes. Je pense que dans la masse de ceux dont vous vous occupez ici, beaucoup y restent surtout pour votre attention. |


Compliment sincère, véritable. Je lui souris quand elle me dit qu’elle sera ravie. Je hochais la tête.


| Il n’y a pas à discuter. Je sais qu’elle tient à vous. Vous accepteriez de manger sous un pavillon, sous notre grande tente, ou bien vous préférez que l’on attende notre retour à la capitale, qui serait plus confortable et vous verra libérée de vos autres tâches ? |


Là bas, il ne devrait plus y avoir la même charge de travail… La guerre s’éloignait. Pour un temps.








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MessageSujet: Re: Future Starts Slow   Dim 1 Juil - 21:52

Future starts slow
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J'étais naïve, peu lucide sur moi-même. Depuis de longues années, j'étais persuadée d'avoir appris de mes erreurs. D'avoir appris à tenir ma langue et ne pas parler plus que nécessaire et pourtant, devant cet homme que j'estimais énormément, j'étais prise d'une envie folle de parler. Trop parler. Je rêvais de le mettre en garde au sujet d'Aylan, mon époux tyrannique à ses heures perdues. Son béguin pour la Reine n'était un secret pour personne et l'Empereur avait certainement eu des échos de cela, mais j'étais la mieux placée pour savoir à quel point il ne s'agissait pas d'une simple amourette de jeunesse. Aylan était irrévocablement fou de ma cousine, de la femme de l'homme que j'étais en train de soigner.

« Vous devriez rester prudent Sire. Il faut se méfier des apparences. J'imagine que vous ne connaissez que trop bien ce proverbe. »

C'était une mise en garde officielle, bien que quelque peu détournée pour ne pas m'attirer trop d'ennuis. J'en avais assez eu ces dernières années et je venais seulement de me racheter une image auprès de ma famille, de mes proches. Ce n'était pas le moment de jouer la commère, mais j'estimais qu'il était de mon devoir d'informer l'Empereur de la réalité des choses. Il avait beau être entouré, être un grand soldat, Aylan était plein de vices et prêt à tout pour prendre sa place aux côtés de « sa » belle. Je l'avais comprit à mes dépends, je n'étais qu'un vulgaire pion dans son jeu d’échecs. Un moyen subtil de se rapprocher de Rhaenys. Ni plus, ni moins.

La réplique quelque peu osée de l'homme me fit devenir rouge vif, une vague de chaleur s'empara de mon corps à cause de sa malaise et je ne savais pas quoi répondre. Par pudeur, je baissais le regard en direction du bandage comme pour m'assurer une énième fois que tout était en place. Puis, je décidais de prendre cela avec plus de légèreté, souriant à cette intervention très... naturelle.

« Je suis certaine que Rhaenys prendra soin de vous. De votre jambe, bien entendu. »

Je ne pus m'empêcher d'étouffer un éclat de rire. Cette conversation prenait une tournure que je ne maîtrisais pas et qui n'avait pas lieu d'exister, toutefois, elle avait eu le don de me remonter le moral et de casser les conversations moroses qui dirigeaient mon quotidien.

« Je fais de mon mieux Sire. Ce n'est pas facile tous les jours. Tous ces hommes qui meurt dans nos bras... Je n'imagine pas à quel point cela doit être difficile pour vous sur le terrain.. ce sont vos alliés, vos amis. »

J'essayais de donner le meilleur de moi-même au quotidien ; une oreille attentive pour écouter les derniers souvenirs des bêtises de leurs enfants, une épaule pour pleurer en cas de besoin, une main à serrer quand la douleur devenait trop intense, un sourire pour réconforter... ces multiples facettes m'avaient forgé un caractère plus dur et la petite fille insouciante des débuts n'existait plus.

«  Peut-être serait-il préférable de patienter un peu dans ce cas ? La charge de travail est encore importante, ma présence ici est encore utile et j'ose espérer que les mois à venir seront plus calmes et plus propices à des retrouvailles. Qu'en pensez-vous ? »


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MessageSujet: Re: Future Starts Slow   Mer 4 Juil - 20:29

Rhaenys n’avait plus beaucoup de famille. La mort de ses parents était intervenue il y a déjà un moment. Plus graves avaient été les morts de son frère et de sa sœur aînés, qui l’avaient laissée seule… Entourée par des proches, car telle était son habitude et son caractère ; elle inspirait les gens, en même temps qu’elle nourrissait vis-à-vis de ceux qui l’entouraient comme d’elle-même, une formidable exigence. J’étais un peu pareil sur la finalité, même si nos caractères apparents étaient bien différents. Elle était le feu, et j’étais la Glace. Elle aimait s’entourer. C’était moins mon cas. J’avais tenu mes derniers proches à distance, mes enfants surtout, tandis que je me complaisais dans la proximité des soldats, des reîtres et des putains. Il ne fallait pas qu’elle se ferme comme je l’avais fait aux derniers liens filiaux qui lui restaient, cela l’isolerait et telle la rose blanche que l’on trouvait parfois au Nord, elle ne s’épanouirait plus que dans l’hiver le plus froid. Daena avait peut être fait des erreurs, mais Rhaenys était plus seule que jamais depuis que son frère avait connu son mariage au sud… Le pouvoir isolait, c’était un fait que j’avais pu vérifier depuis quinze ans. Je coule un regard sérieux dans la direction de la jeune femme, même si j’évitais toujours de croiser du regard la zone de ma blessure ; j’étais superstitieux, et si je savais encaisser la douleur comme les handicaps temporaires, cette blessure-là était encore un peu « neuve » pour que je sache la regarder directement. Peut-être parce que j’avais toujours un peu peur au fond de moi, de ce qu’elle pouvait donner.


| Me croyez-vous homme à ne pas savoir protéger les miens ? Je suis exactement de ce dont j’ai l’air, ma jeune demoiselle. Je suis un vieux loup, certes, mais mes traits arborent plus que mon rang ma véritable nature. |


Défiguré, blessé, couturé de cicatrices. Je savais que cela ne dérangeait pas plus que ça Rhaenys ; en tout cas cela ne l’avait pas poussée à se tenir loin de moi depuis nos retrouvailles, mais j’avais malgré tout conscience d’une dureté nouvelle, supplémentaire, de mon visage. Ainsi coupé en deux, les tissus cicatriciels formant des marques larges et profondes, je ne pouvais pas nier avoir plus que jamais la tête d’un ours mal léché. Cela pouvait sans doute arranger mes affaires, à terme. Pour le moment, je n’étais jamais que l’Empereur victorieux mais dévasté jusque dans ses chairs.


La peyredragonienne rougit comme une pivoine et pique un fard quand je laisse passer un sous entendu grivois. Même si je m’excusais aussitôt, il fallait bien avouer que j’avais cette fois poussé le bouchon un peu loin, sans aucun doute. Je me retrouvais à faire une plaisanterie que je n’aurais sans doute fait d’ordinaire qu’en compagnie d’hommes d’armes que j’aurais voulu dérider. Pas une donzelle qui était la cousine de ma femme ; cela pourrait être bien trop mal interprété. Toutefois, elle sourit finalement, se faisant sans doute, aux manières rustres de ce nouveau potentat qui régissait sa vie en même temps que celle de tous les habitants de l’Empire.



| Elle a quelques compétences en la matière, c’est vrai… Je peux la lui laisser les yeux fermés. |


L’allusion était encore évocatrice, mais je ne comptais pas forcément aller plus loin. J’avais adouci l’atmosphère et rendu la discussion moins sérieuse, plus officieuse. Pour autant, le sujet abordé ensuite n’a rien de jovial, ni de réconfortant. J’eus un regard de compassion pour la jeune femme. Je méditais ses mots un instant.


| En vérité, je crois que je m’y suis habitué, aujourd’hui. On ne sait s’accoutumer à la mort elle-même ni à la disparition des gens que l’on connaît. Mais la tâche devient machinale sur le champ de bataille. J’ai régné vingt-deux ans à la tête du Nord. Et sur ces vingt-deux ans, je n’ai pas dû en passer plus de deux de suite chez moi. |


Oh bien sûr, mises bout à bout, les périodes où j’avais vécu à Winterfell étaient plus importantes… Selon les périodes. Daena m’explique que les circonstances ne se prêtent sans doute pas à un repas familial. Elle a sans doute raison.


| Dans ce cas, vous pourrez toujours partager notre table une fois que nous serons de retour à Fort-Darion. Vous y retrouverez d’ailleurs le Prince Orys… Et Dame Isla Chelsted, que vous devez connaître ? Je sais aussi que le Roi Kevan Gardener a pour projet de venir nous rejoindre, avec une délégation orageoise. Qui sait, peut-être votre mari sera-t-il du voyage ? |








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