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L'heure la plus sombre est juste avant l'aube... [Tour V - Terminé]
MessageSujet: L'heure la plus sombre est juste avant l'aube... [Tour V - Terminé]   Dim 3 Juin - 18:11

Le regard perdu dans le vide, Mathie regardait sans vraiment le voir le feu qui finissait de mourir. Les dernières braises continuer de lutter, sans grand succès, alors que le froid se faisait de plus en plus vif. Resserrant sa cape autour d’elle avec un frisson, la jeune femme laissa échapper un soupir alors que le jour commençait à poindre à l’horizon.

Une nouvelle nuit de passée. Elle avait été difficile, comme les précédentes, alors qu’elle ne se sentait guère de prendre du repos pendant que des hommes souffraient, mourraient parfois. Elle qui n’avait jamais eu de prédispositions pour le soin du temps où elle vendait son corps, s’était retrouvée à plus d’une reprise à devoir soigner des soldats. Et elle avait fini par s’y habituer. Sans rien dire à personne, elle avait parfois glissé quelques poudres dans le gosier des hommes trop blessés, pour qu’ils puissent mourir sans hurler jusqu’à leur dernier souffle. C’était la volonté de R’hllor de voir leur sang imbiber les terres du Conflans, elle l’avait bien compris désormais, mais cela n’empêchait rien. Elle souffrait toujours de les voir dans cet état, qu’ils soient riverains ou non, qu’ils aient été des ennemis pendant un temps ou pas.

Et elle en oubliait même, l’espace d’un instant, qui elle était devenue. Cette apprentie prêtresse qui devait se moquer de ces hommes, de la situation. Mais la jeune femme qui avait grandi pas si loin que ça, qui n’avait, pendant un temps, connu rien d’autre, était blessée, marquée par tout ce qui avait pu se passer. Et elle avait du mal à l’accepter. Elle avait du mal à comprendre pourquoi R’hllor lui faisait passer cette épreuve et ce qu’elle pourrait lui apporter.

Mais, visiblement, la réponse n’était pas dans les premiers rayons du soleil qui commençaient à poindre, qui essayaient de percer le brouillard environnant. Heureusement, il n’avait pas neigé cette nuit, mais la température avait drastiquement chuté. Elle sursauta alors qu’elle entendit des pas derrière elle, étonnée qu’on s’approche à cette heure de la nuit, ou du matin. D’autant qu’elle s’était un peu éloignée, espérant retrouver un semblant de cohérence dans ses pensées. La fatigue était, elle l’espérait, la raison principale des questions qu’elle se posait. Mais, pendant un instant, elle les oublia, se figeant alors qu’elle reconnaissait la silhouette emmitouflée qui s’approchait.

Inclinant la tête, elle souffla, à mi-voix. « Votre Altesse. Vous êtes bien la dernière personne que je m’attendais à croiser à cette tardive… ou matinale, j’ai encore du mal à choisir. » Elle ne l’avait pas encore vu d’aussi près depuis qu’elle était arrivée et elle lui avait encore moins adressé la parole. Tout le monde avait été fort occupé et elle ne s’en était guère offusquée, mais le voir ainsi la prenait un peu au dépourvu alors qu’elle n’avait pas endossé son masque habituel. C’est probablement pour ça qu’elle ajouta, détournant de nouveau les yeux alors que son regard se perdait sur l’horizon. « Je ne pensais pas voir ça un jour. Le soleil qui se lève alors qu’Harren est mort. » La culpabilité d’avoir été responsable de bien des morts, au vu des informations qu’elle avait pu transmettre, s’était envolée depuis longtemps. Elle avait payé son attitude suffisamment cher et elle n’avait plus à s’en vouloir. Pour autant, savoir que l’homme qui était à l’origine de tout cela était mort était vraiment difficile à accepter. Sans qu’elle n’arrive vraiment à savoir pourquoi. Et pourtant, rien n’était terminé.
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MessageSujet: Re: L'heure la plus sombre est juste avant l'aube... [Tour V - Terminé]   Dim 3 Juin - 18:56

Il n’y avait pas d’arbre-cœur, ici. Il y faisait froid et humide ; pas de neige mais du brouillard, un brouillard nocturne épais et à couper au couteau. Ce froid et cette absence de visibilité m’enveloppaient comme une épaisse couverture, recouvrant ce monde d’une épaisse chape de plomb et de solitude, qui semblait éteindre toute vie et toute chaleur. Cet environnement nocturne était si différent du fer et du feu, plus tôt dans la soirée. De la ripaille, de la bière et de la chaleur de Rhaenys, nue contre moi, de ses gémissements qui sonnaient au creux de mes oreilles comme autant de preuves de désir et de communion. J’avais fini contre elle, tous deux rompus par les ébats. En sueur, malgré le froid de l’hiver. Elle avait un moment contemplé le feu, me caressant le visage et le haut du torse, alors que je regardais de mon côté l’ouverture au centre de la tente, sur le « plafond » en peau de bête, à l’orifice d’où la fumée du foyer central s’élevait doucement. Je pensais à mes morts et à leur vengeance. Et somnolais contre le ventre de ma femme, où notre enfant grandissait peu à peu. Bientôt, si les Dieux le voulaient bien, il serait parmi nous. Enfin. Et alors, tout changerait à nouveau dans cet univers, comme à la naissance de Walton, de Jeyne ou de Jon, même si je n’avais pas été présent pour la naissance du petit dernier.


Je finissais par me rhabiller en silence, quittant la couche nuptiale pour réenfiler mes cuirs et mes laines, destinées à me tenir chaud. Je le fis en silence, et en longueur. Incapable de trouver le sommeil, certes, mais pas vif pour autant. Sans parler du fait que la blessure de mon genou et les bandages l’entourant ne rendaient pas ma tâche si aisée que cela, loin de là. Je devais donc prendre garde comme je le pouvais à ne pas aggraver à nouveau mes blessures, comme cela m’arrivait si souvent en voulant bien faire, mais montrant vraiment trop d’empressement. Je finissais par sortir, Morsure au côté même si son poids me déséquilibrait quelque peu et rendait mon boitillement plus lent encore et plus douloureux aussi. Je m’éloignais un peu de la tente, aussitôt rejoint par deux Demalion, tandis que douze autres protégeaient toujours les environs immédiats du pavillon. Dans pareille masse de troupes et avec tous ces transfuges de l’armée d’Harren, difficile de sentir mon épouse totalement en sécurité. Je ne m’éloignais pas trop du coup, mais j’avais besoin de marcher, de rencontrer un peu de « nature » et de rendre compte aux dieux de ma dévotion. En silence, mais je le ferais malgré tout. Jusqu’à ce que mes pérégrinations ne me rapprochent d’une silhouette qui se découpa, comme éthérée dans la brume, et que je ne connaissais que trop bien. J’avais passé trop de temps à explorer chaque recoin de ce corps-là. Et m’étais perdu bien trop de soirées dans ses prunelles.


J’hésite un instant, avant de me rapprocher. J’entends ses mots. Moins d’ironie et de défi dans son ton. Sa proximité avec Rhaenys quelques jours durant, ou avec son écuyère, l’avait-elle assagie ? Ou était-ce simplement la fatigue ?



| Serait-ce le Maréchal Conrad Omble que vous vous attendiez à trouver ? |


Voix neutre. Les hommes qui gardaient sa tente étaient aussi les miens. Lui-même n’en avait fait aucun secret. Je regardais dans la même direction qu’elle, mais sans apercevoir.


| Moi non plus. Je suis débarrassé de l’essentiel de mes songes nocturnes, depuis que ma lame a trouvé ce qui lui servait de cœur. Mais je ne dors pas beaucoup plus. Je vieillis, maintenant. Toujours mal quelque part. Toujours quelque chose à faire, aussi. |


Drôle de rencontre, quoiqu’il en soit.







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MessageSujet: Re: L'heure la plus sombre est juste avant l'aube... [Tour V - Terminé]   Dim 17 Juin - 23:09

L’espace d’un instant, Mathie aurait aimé être ailleurs, ne pas avoir vécu tout ce par quoi elle était passée ces derniers mois. Ces dernières années même. Pourtant, elle savait maintenant que ce chemin l’avait menée jusqu’à Lui, qu’elle était destinée à le servir et que sans ces blessures, jamais elle n’en aurait été capable. Mais ça ne faisait pas disparaître la douleur, la peine et cette impression de gâchis qui, alors que le soleil se levait, se superposait à tout le reste.

Et, pour un peu, elle en aurait pleuré. De colère, de tristesse, difficile à dire. Mais elle sentait que ses nerfs avaient été particulièrement éprouvés par ce qui s’était passé, surtout récemment. Et elle n’avait personne à qui en parler. Elya aurait été toute désignée mais elles étaient séparées maintenant, pour un temps que seul R’hllor saurait définir.

Elle s’était attendue à regarder seule ce jour se lever. Et pourtant, le destin aimait parfois à se faire farceur, comme en cet instant, alors qu’apparaissait la silhouette du nordien. Devenu Empereur maintenant, mais elle aurait bien incapable de trouver un terme qui pouvait mieux lui convenir que celui d’un homme venant de ce Nord froid, difficile et pourtant prêt à braver toutes les tempêtes. Elle ne put pourtant s’empêcher de hausser un sourcil perplexe aux paroles qu’il prononça, laissant filer un instant de silence avant de souffler, d’une voix douce et quelque peu amusée. « Je ne pensais pas que cela pourrait vous intéresser. Mais non, je ne l’attends pas. Messire Omble doit probablement être en train de rêver de la prochaine bataille à mener. » Elle n’avait de son côté en rien défini la relation qui pouvait la lier au Maréchal. Retrouver sa couche l’avait réchauffée, réconfortée mais elle n’en attendait rien de plus. Comme elle n’attendait de toute façon plus rien des hommes dont elle avait déjà partagé l’existence. Et celui qui lui faisait face en faisait partie d’ailleurs.

Mais l’heure n’était pas à ce genre de tergiversations. Un nouveau jour se levait, permettant d’assimiler un peu plus ce qui s’était passé. Enfin, si la chose était possible. Aux propos de l’homme qui se tenait à ses côtés, elle laissa souffler, sans animosité, sans amusement. « Le tuer vous a-t-il tout de même apaisé d’une certaine façon ? N’avez-vous pas peur de vous retrouver, un matin, à regarder le vide et à vous demander ce qui va se passer ? » A dire vrai, cette question était peut-être plus pour elle que pour lui. A cette pensée, elle laissa échapper un sourire avant de reprendre, d’un ton plus léger. « Il paraît que la douleur permet de savoir que l’on est en vie. Qu’elle permet de s’y raccrocher pour y puiser la force d’avancer, quoi qu’il en coûte. Je ne suis pas sure de bien savoir quoi penser de tout cela. » Elle détourna les yeux pour poser son regard sur le nordien, le fixant longuement avant de reprendre, toujours d’un ton qu’il était le seul à pouvoir entendre. « Qu’allez-vous faire maintenant ? Marcher sur Harrenhal et mettre un point final à tout ce qui peut rappeler l’existence de cet homme ? » A dire vrai, peut-être qu’une part d’elle n’aurait pas dit non à l’idée de défaire le château pierre par pierre. Quand bien même ce n’était ni raisonnable ni faisable.
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MessageSujet: Re: L'heure la plus sombre est juste avant l'aube... [Tour V - Terminé]   Lun 18 Juin - 22:38

Toujours quelque chose à faire. La guerre n’était jamais finie. Je n’avais pas nourri de démons ni d’illusions. Je savais fort bien, j’avais une conscience aiguë du fait que plonger ma lame dans ce corps encore chaud n’allait pas faire naître d’un coup d’un seul la paix universelle dans les chaumières, loin de là même. Je savais que j’étais parti pour des années de guerre. Je m’en étais douté dès qu’on avait rapporté la présence d’une horde sauvageonne au sud du mur. J’en avais eu l’assurance quand mes guetteurs et éclaireurs avaient rapporté la montée en ligne d’une flotte fer-née dans l’ouest du royaume, et l’arrivée d’une armée sur Moat Cailin. Je l’avais craint dès qu’on m’avait rapporté l’assassinat d’un Roi, d’un prince et de deux princesses, décapitant Peyredragon et Dorne, destabilisant deux royaumes sur huit. La guerre était à nos portes et Westeros avait trop de ressentiment, trop de haine et trop d’enjeux de toutes sortes pour que personne ne cherche à en profiter. Je me rendais bien compte que je mettais le doigt dans l’engrenage en décidant d’ouvrir des discussions avec le Val, puis avec Peyredragon, n’arrivant à terme des pourparlers qu’avec l’un des deux royaumes.


Le brouillard ne masque que la plaine du bain de sang, étouffe les sons, mais je connais le râle des mourants et le cliquetis des armes d’acier. Je connais le tonnerre des charges de cavalerie, des sabots ferrés qui retournent le sol. Je connaissais tous ces sons. Toutes les sensations. Ravager un corps, le fouailler de sa lame, le mordre, le griffer, le cogner jusqu’à ce qu’il ne bouge plus. Sentir la morsure du bois ou du fer dans ses chairs. J’avais signé pour ça pour des années, je le savais bien. Le poids de la cape de fourrures sur mes épaules me réchauffe, me rassure. Comme toujours, j’effleure le pommeau de mon épée. Jadis Hurlement, aujourd’hui Morsure. L’arme avait changé. J’apprenais encore à connaître ma nouvelle lame, mais elle était parfaitement adaptée à mon âge et mon expérience ; moins solide qu’avant, une lame bâtarde à une main me servait mieux à cheval et me donnait plus de reins à pieds. De toute façon, son fil d’acier valyrien tranchait armes, armures et os avec égale efficacité. Les mots sont plus tranchants qu’une épée ; quelles folies avaient été faites d’un discours, d’une phrase ? Harren avait payé le prix de ses mots, et nous en arrivions tous là un jour ou l’autre.



| Tu as finalement fait d’une punition sévère un passe-temps ? Cela ne m’étonne qu’à moitié. Tu as les reins solides. Et tu as toujours su te retourner, à chaque revers de fortune. | Je me tourne vers elle. | Je n’ignore pas grand-chose de mon Maréchal ; il vit toujours sous le même toit que moi. |


Simple mise en garde sans consistance, mais qui lui rappelait que je l’avais à l’œil. Je ne pouvais pas lui faire confiance, pas avec sa précédente trahison, et pas avec ces sentiments que j’avais eu pour elle, cet attachement très fort, qui avait causé beaucoup de tort au Nord. Je méditais un instant ses paroles avant de lui répondre.


| Non. J’ai trouvé de nouveaux motifs pour avancer. La vengeance est douce, et je la savoure en bonne compagnie. Quant à la douleur, j’en ai en réserve pour toute une vie. L’homme que tu vois aujourd’hui n’est physiquement plus le même que celui que ton ancien toi a rencontré jadis ; j’ai l’impression d’avoir vieilli de dix ans en un an et demi, et ce n’est pas qu’une impression. |


Mon visage, dont j’effleurais le tissu cicatriciel du bout des doigts.


| Oui, j’y repasse rapidement avant de découvrir ma nouvelle maison, tout juste reprise aux barbares. Je vais essayer d’épargner un bain de sang. Si ça fonctionne ou si ça rate, le résultat serait le même. Je ne veux y habiter et la ville n’est pas si bien placée. Et je ne veux pas que quelqu’un d’autre y habite ; la place est trop forte. |







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MessageSujet: Re: L'heure la plus sombre est juste avant l'aube... [Tour V - Terminé]   Lun 25 Juin - 12:10

Il y avait longtemps qu’elle avait arrêté de se demander ce que serait devenue son existence si elle avait su saisir l’instant propice pour tout avouer au nordien. Parce que les réponses qui s’étaient bousculées dans son esprit ne lui avaient pas vraiment plu, qu’elles ne faisaient que mettre en exergue ses errements et la façon dont elle n’avait pas su protéger le peu de famille qui lui restait. Et surtout, au fond, cela ne changerait rien à la situation présente. Elle avait fait avec, comme pour tout le reste. Jusqu’à sa rencontre avec Sa Lumière, elle avait eu l’impression de n’être rien de plus qu’un pion utilisé entre les mains et maintenant, elle avait enfin le sentiment d’être à sa place, aussi étrange soit-elle. Même si elle devrait probablement en payer le prix cher tôt ou tard, elle en était parfaitement consciente.

Et le prix à payer, dans l’immédiat, c’était de se replonger dans des souvenirs peu heureux, à entendre les râles d’agonie des hommes qui les entouraient, à sentir le froid mordre sa chair comme il l’avait déjà fait à maintes reprises il y a bien longtemps. Elle se sentait plus désemparée que jamais, laissant, pour la première fois, le doute s’insinuer alors qu’il n’avait pas sa place dans la route qu’elle avait choisie. Et le fait de se retrouver avec Torrhen au petit matin n’arrangeait pas vraiment les choses. Pourtant, elle réussit à esquisser un sourire à sa remarque concernant Conrad. Avant de souffler, d’une voix douce. « Je ne suis pas sûre que le terme passe-temps soit des plus appropriés. Mais j’ai dû… faire avec les premiers temps. Je ne vais pas dire que j’ai apprécié, ce serait mentir. Pourtant, à la longue, j’ai découvert quelqu’un de… remarquable. Votre Maréchal a nombre de qualités qu’il s’évertue à cacher derrière sa violence et sa brusquerie. Et sa loyauté sans faille a quelque chose d’admirable. » Elle haussa les épaules avant de reprendre, avec une ombre de sourire. « Je ne comptais de toute façon pas vous le cacher. Et oui, on peut dire que je sais m’adapter à ce que la vie me réserve. Je ne saurais pas dire si c’est une qualité vu que je finis parfois par en oublier ce que je voulais vraiment. Mais elle permet de survivre. »

Elle hocha la tête pour appuyer ses propos, comme pour indiquer qu’elle comprenait le message sous-jacent sans pour autant souhaiter y répondre directement. Le temps n’était ni à la provocation ni aux bons mots. Elle avait juste envie de respirer un peu, de ne pas endosser les masques habituels, même pour quelques instants. « Vous la savourez en effet en excellente compagnie. J’espère que la vengeance ne prendra pas le pas sur le reste. Nous avons tous les deux changés c’est un fait… et vous portez sur vous les traces de ces batailles qui ont permis de libérer le Conflans. C’est quelque chose que vous pouvez brandir avec fierté, même si vous étiez plus charmant sans votre cicatrice, je dois bien le reconnaitre. Et à part cette impression d’avoir vieilli plus que de raisons, qu’est-ce tout cela vous inspire ? »

Elle lui jeta un regard curieux alors qu’il effleurait ses cicatrices, avant d’ajouter, d’une voix douce. « Je peux vous donner des pommades pour l’atténuer un peu si vous le souhaitez. » Et, après un bref hochement de tête, elle souffla, sans même s’en rendre compte. « Harrenhal doit brûler. Pour tout ce qu’elle a bien pu représenter par le passé. » Trop de haine flottait encore dans sa voix pour qu’elle ne s’en rende pas compte et ne grimace pas en secouant la tête. Avant d’adresser un sourire d’excuse à l’intention du nordien. « J’ai vu Fort-Darion dans mes visions. C’était trop tard, votre épouse venait tout juste de recevoir la nouvelle. J’en suis désolée. » Mais les visions devenaient plus claires, elle commençait enfin à avoir le sentiment de ne pas en être tout simplement une victime désignée. Même si, en cet instant, ce n’était pas le plus important.
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MessageSujet: Re: L'heure la plus sombre est juste avant l'aube... [Tour V - Terminé]   Lun 25 Juin - 19:39

L’humidité me donna envie d’éternuer. Je traînais une santé déclinante depuis plusieurs mois. J’étais pourtant familier du froid et de l’humidité, car l’automne nordien était souvent marqué par un crachin régulier voire de véritables averses qui imbibaient la terre jusqu’à déborder un peu partout. Il n’en restait pas moins que l’on se retrouvait à vivre par « étapes », avec une progression lente sur les sentiers boueux et la recherche quasi permanente d’un abri. Dans le Conflans, c’était encore pire. Il y avait nettement moins de tourbières qui absorbaient mal l’eau, mais le moindre cours d’eau, qu’il s’agisse d’un fleuve, d’une rivière ou d’un vulgaire ruisseau, avait tendance à crever l’espace qui lui avait été alloué par la nature afin de se déverser dans le bocage et dans les plaines. L’eau clapotait par endroits sous chacun de nos pas, même dans une terre qui semblait a priori relativement abritée. Il neigeait, maintenant. Et le gel n’était pas une sinécure par endroits, avec tout ce qu’il avait plu ou neigé les semaines précédentes… Bref. Les blessures m’avaient considérablement affaibli, le manque de sommeil aussi tout comme la mauvaise chère faite en campagne, des repas au rythme comme à la composition relativement erratiques.


Toutefois, nous ne sommes pas là pour parler de moi. Mathie me parle de son ancien tortionnaire, devenu pleinement son amant de façon purement volontaire et assumée. Je souris quand elle dit de Conrad qu’il est remarquable. C’était vrai. Mais c’était le terme qui m’amusait. L’homme faisait tout ce que son devoir impliquait. Qu’il s’agisse de passer toute une population par le fil de l’épée, faire lapider des pillards dans nos propres rangs, ou repartir sur les routes alors que cela faisait des années qu’il n’avait plus vraiment de chez lui.



| Ne crois pas qu’il cache un grand cœur derrière sa brutalité. Conrad est une brute. Si demain je lui demande de te faire violer par des chiens et battre à mort, il s’exécutera dans la minute. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas des facettes de lui plus positives, loin de là. Mais Conrad Omble est l’individu sans doute le plus né pour la guerre qu’il m’ait été donné de connaître. |


Quant à m’en parler… Si je voulais être honnête, je m’en fichais assez. Oui, ça me touchait sans doute. Une part de moi était jalouse de Conrad. Mais ce que j’avais cassé il y avait un an ne pouvait pas être réparé. Et maintenant Mathie roulait pour encore une nouvelle faction dans le jeu des trônes, et je ne pouvais plus prendre le moindre risque. Je me tourne vers la jeune femme, quand elle commente mon apparence, et mon besoin de vengeance. Je ne pense pas à lui dire tout ce qui me trotte derrière la tête. Elle avait jadis eu ces confidences. Aujourd’hui, elle n’était pas ma maîtresse, et elle ne serait jamais mon amie.


| Cela m’inspire surtout que je vais devoir réapprendre une nouvelle existence à un âge que mon propre père n’a pas atteint. Maintenant, je vais naviguer en zone inconnue. Heureusement, la guerre je connais. Et pour le moment en tout cas, elle continue. |


J’écoute ses mots sur sa proposition, sur Harrenhal et ses visions.


| Merci. La douleur est une leçon, et un rappel. Quant au reste ; c’est la guerre. On ne peut pas toujours gagner. |







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MessageSujet: Re: L'heure la plus sombre est juste avant l'aube... [Tour V - Terminé]   Lun 9 Juil - 9:56

Leur relation avait toujours été atypique d’aussi loin qu’elle se souvienne. Que ce soit à ses débuts ou quand tout avait dérapé pour de bon. Jamais elle n’avait ressenti autant de sentiments contradictoires à l’égard d’une personne même si, aujourd’hui, tout avait fini par se distiller à mesure que le temps faisait son œuvre et que R’llhor la guidait sur la bonne route. Et pourtant, sa route devait inlassablement croiser la sienne. A se demander à quel point le hasard, les dieux ou le destin aimaient à se moquer d’elle et à la prendre au dépourvu. Oh, elle savait bien qu’elle avait là une mission à accomplir. Pour autant, la situation avait de quoi en déstabiliser plus d’un.

Et à toutes ces interrogations se mêlait une situation plus terre à terre, plus pragmatique. Que ce soit les soldats agonisants ou encore le froid, elle avait du mal à se sentir aussi détachée de tout cela qu’elle l’aurait bien voulu. Et cela devait probablement se ressentir, que ce soit dans son attitude, mois défiante que d’habitude, ou dans sa façon de parler, plus calme et plus posée. Elle laissa tout de même filer un rire aux propos de l’Empereur alors qu’ils parlaient de Conrad, avant de souffler, d’une voix taquine. « Oh, je le sais parfaitement. Tout comme je sais qu’il exécutera toujours ce que vous lui demandez sans même un soupçon d’hésitation. Il ne sera jamais fidèle et attaché qu’à vous messire, c’est en cela qu’il est remarquable. Mais sa compagnie m’apporte beaucoup de plus que prévu alors, j’en profite tant qu’il est possible. Nous aviserons bien du reste plus tard. D’autant qu’il sera rapidement occupé à taillader des hommes en pièce en votre nom, je me trompe ? »

Est-ce qu’il allait lui manquer ? Probablement pas. Mais Mathie n’avait pas menti, sa compagnie était appréciable sur bien des points. Ne serait-ce que parce que les hommes avaient suffisamment peur de lui pour éviter toute tentative d’approche à son égard. Au moins, quitte à me faire passer dessus, autant qu’elle puisse choisir par qui. Conrad n’était pas le plus mauvais des choix, loin de là et  Torrhen le savait aussi bien qu’elle. Penchant la tête sur le côté, elle l’observa un instant, curieuse. « On dirait presque que vous avez peur d’un monde où il n’y aurait pas la guerre… comme s’il n’y avait que là où vous pouvez être utile. Vous avez un Empire à construire qui vous demandera toute votre attention, une nouvelle existence à mener comme vous le dites si bien. Et vous n’aimez pas l’inconnu ? »

La prêtresse avait été tout de même agacée de n’avoir pu être utile dans les temps lorsqu’elle évoqua leur capitale. Pour autant, personne ne semblait lui en tenir rigueur. Pour le moment tout du moins. Mais elle essayait de faire preuve d’honnêteté, autant que possible, autant qu’il lui était permis, face à lui. Et elle laissa filer, dans un murmure. « La douleur permet de se rappeler que l’on est en vie. Même si parfois, on aimerait bien que ce soit le contraire. » A cette pensée, elle ne put réprimer un frisson, resserrant sa cape autour d’elle. « Tant que vous gagnez la dernière bataille, c’est tout ce qui compte non ? Et vous êtes prêt à affronter l’hiver qui arrive ? » Il avait beau être nordien, cet hiver risquait de faire des dégâts, encore plus au vu de l’état des hommes qui ne cessaient de combattre depuis des mois.
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MessageSujet: Re: L'heure la plus sombre est juste avant l'aube... [Tour V - Terminé]   Ven 13 Juil - 23:26

C’était étrange que de se retrouver ici. Nimbés dans le brouillard matinal, alors que le camp était encore endormi. J’aimais bien ce genre de météo. C’était paradoxal car ça emmerdait tout le monde à tous points de vue, mais j’aimais bien. Le brouillard avait pour lui d’étouffer les sons, et de rendre chaque recoin de route un peu plus mystérieux. J’aimais bien, ça évoquait chez moi l’aventure, la liberté. Combien de fois avais-je pris ma monture pour m’évader avec mes frères, trouver un quelconque relais routier pour y boire quelques godets, manger chaud et quand je n’étais pas marié, taquiner la gueuse ? Après mon veuvage, c’était pareil. Même si mon point de vue sur le brouillard avait changé. Je n’en avais jamais eu peur. Même lorsque le banc d’humidité cachait en son sein quelques pillards fer-nés ou sauvageons, prêts à nous étriper à la moindre occasion. J’aimais, quoiqu’il advienne. Beaucoup de batailles s’étaient aussi jouées sur le brouillard. L’approche de La-Mort-Aux-Loups, le matin du premier jour de Buron, l’approche d’Eysines, entre nappe épaisse et pluie intermittente. Bref. Nous discutions avec Mathie. Combien de fois nous étions nous retrouvés dans son bordel, dans un Winterfell enseveli sous un pareil voile gris ? Un instant, je ressentais la puissante attraction de son corps. Mais j’avais toujours su tenir sous contrôle ces pulsions, ou en tout cas, je m’en étais convaincu.


Les mots de Mathie me donnèrent à réfléchir. Je n’avais jamais eu à douter de la loyauté de Conrad, je n’avais jamais eu à douter de son attachement, que ce soit envers moi-même ou au nom des Stark. Je savais aussi que Mathie n’avait jamais eu le luxe d’avoir de la vertu. Pour plusieurs raisons, mais j’étais presque sûr que c’était aussi de sa propre volonté. S’attacher était compliqué pour elle. Ou plutôt facile, de façon totalement paradoxale. Mais elle avait du mal à aller bien loin dans l’attachement, totalement étrangère à l’honnêteté et aux impératifs du devoir ; elle n’avait jamais su calmer sa langue ou ses émotions, ni s’attacher à des vertus morales plus rigides que ce que son travail de putain lui imposait de base.



| Non, tu ne te trompes pas. Et tu l’as bien jaugé. Conrad est un chien de guerre, et c’est le miens. Quand on règne il faut s’attacher à mettre aux bons postes les bonnes personnes. Conrad est un guerrier. Il est fait pour ça. Il est marié, et il n’a qu’à peine eu le temps de consommer son mariage que le voilà en train de te tourner autour de l’arrière-train. Il n’a jamais voulu se contrôler sur ce point. Mais je suis ravi que tu ne lui ai pas gardé grief de mes ordres. |


Je faisais bien évidemment référence aux viols qu’elle avait subis comme punition de sa félonie, et aux supplices provoqués par un Conrad alors libre de toute retenue, ouvert sur ses propres plaisirs comme un boucher ouvre la porte de son établi. Mais je savais aussi que Conrad n’avait été que peu aimé dans son existence. IL n’avait jamais connu de foyer paisible et permanent, et il n’avait jamais eu non plus l’attention qu’il méritait. Je pensais que sa nomination de maréchal l’aurait poussé en avant mais ça n’avait pas été le cas. Mathie me pousse à révéler que j’avais peur d’un monde sans guerre.


| Regarde mon visage. Est-ce celui d’un laboureur ? Non. Ces mains n’ont jamais rien construit, elles ne sont bonnes qu’à détruire. Mes ennemis sont encore debout, et même si mes jambes ne me portent plus si bien qu’avant, je les pourchasserais aussi loin qu’il le pourra. |


Je haussais les épaules à sa question.


| Je suis un nordien. L’hiver c’est chez moi. C’est nos ennemis qui doivent s’interroger sur leur degré de préparation. On va remonter à Fort-Darion, on va se regrouper et fêter les victoires et les sacrifices. Ensuite, nous irons au sud. |







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MessageSujet: Re: L'heure la plus sombre est juste avant l'aube... [Tour V - Terminé]   Mer 1 Aoû - 22:59

Jamais elle n’aurait cru se retrouver ainsi à parler avec Torrhen, entourés de cette brume pour le moins surréaliste alors que le soleil tentait difficilement de percer les nuages de quelques rayons. C’était comme s’ils étaient tous deux dans un rêve ce qui, au final, ne serait guère surprenant, quand bien même elle aurait du mal à en saisir la finalité. Parler de façon calme avec lui ? Peut-être. Sûrement même. Ils avaient peut-être enfin réussi à aller au-delà de tout ce qui les opposait ou alors il y avait autre chose qu’elle n’arrivait pas à capter. Mais R’hllor avait probablement voulu qu’elle soit là, en cet instant, à parler avec l’Empereur, sans réelle animosité, tout du moins elle l’espérait, quand bien même elle était surprise qu’il parle directement de Conrad.

Mais elle lui donnait son avis, tranquillement, sans se leurrer sur sa relation avec celui qui était devenu le Maréchal. « Je sais parfois jauger les gens. Et votre Maréchal n’est pas si difficile à cerner. Je ne sais pas ce qui a pu l’attirer chez moi en revanche, pour être parfaitement honnête. Je veux bien avoir un joli minois et un arrière train attirant, ça ne suffit pas toujours à ce genre de personne. Enfin, peu importe je suppose, quand il en aura assez, je serais probablement rapidement au courant. » Elle laissa tout de même échapper une grimace avant de reprendre, le regard perdu dans le vide. « J’ai mis longtemps à comprendre pourquoi vous aviez fait ça. Vous auriez pu me punir de bien des façons, mais celle-là… et puis, j’ai arrêté de chercher à savoir. J’ai essayé de panser mes plaies, j’ai… survécu. Il s’est fait moins… abrupt et m’a aidé quand certains soldats me cherchaient des noises vu que je n’avais plus votre protection. » Elle esquissa un sourire avant de tourner la tête vers le nordien. « Je n’étais pas une femme qui avait le choix, contrairement à ce que j’ai cru à l’époque. Et les décisions que j’ai prises ont été aussi mauvaises les unes que les autres. Tout comme les attachements que je pouvais avoir. Conrad Omble n’était pas l’homme que j’aurais choisi. Mais il m’a apporté une sécurité que je ne pouvais pas avoir autrement. Et l’attachement qu’il a eu pour notre enfant quand j’étais grosse m’a… surprise. » Un froncement de sourcils alors qu’elle laissait de nouveau filer un silence, sans bien savoir pourquoi elle se confiait de la sorte. Cela ne justifiait en rien ce qui avait pu se passer. Ou peut-être que cela expliquait tout. Difficile de le savoir et elle n’était pas sûre de vouloir vraiment se pencher sur le sujet.

Au reste de ses propos, elle le fixa, songeuse avant de hausser une épaule. « Vous n’êtes effectivement pas un laboureur, loin de là. Mais on peut construire bien des choses sans qu’elles soient tangibles. N’êtes-vous pas en train de créer un Empire de toutes pièces ? Et vos ennemis finiront par tomber. Si vous ne le faites pas avec eux, il faudra bien vous interroger tôt ou tard. » Elle était curieuse de la réponse, c’était une évidence, son propre univers n’étant basé que sur ces conflits pour le moment. Qu’allait-il se passer après ? Impossible de le savoir. Mais une part d’elle lui soufflait qu’elle ne serait probablement plus là pour voir ça, qu’elle soit morte ou repartie de Westeros.

Secouant la tête pour chasser cette pensée, elle plissa légèrement des yeux, un rien intriguée. « Vous pensez qu’ils ne sont pas préparés à l’hiver qui arrive ? Qu’il sera plus rude que ce que nous avons déjà connu ? » Laissant filer un silence, elle ajouta, à mi-voix. « J’aimerais être la plus discrète possible à Fort-Darion. Je voudrais me fondre dans les rues, entendre ce qui se dit, trouver le danger s’il y en a. Le voir si R’hllor veut bien me l’indiquer. Quant au sud... » Elle grimaça, songeant au Tigre qui serait probablement l’un des prochains ennemis. Restait à savoir quelle serait sa propre place dans tout cela.
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MessageSujet: Re: L'heure la plus sombre est juste avant l'aube... [Tour V - Terminé]   Ven 3 Aoû - 18:06

Le sud. Ambition et fantasme de toujours des seigneurs du Nord, quand leurs homologues sudiens rêvaient plus rarement de conquêtes aussi septentrionales. Il était clair pour tout le monde maintenant que le conflit perdurerait avec le Bief, puisqu’une nouvelle monarchie semblait être en cours d’installation sous ces latitudes. J’aimais cet environnement actuel, la brume, l’humidité, le froid pas encore trop mordant mais bien présent malgré tout. J’avais envie de rejoindre la douce chaleur du corps endormi de Rhaenys, sans chercher pour autant à la réveiller. J’étais sorti pour être un peu seul avec mes pensées et avec mes dieux, et j’avais plus ou moins rempli cet objectif. La jeune femme à mes côtés a jadis partagé l’intimité de ma couche, de certaines de mes pensées. De bien trop, puisque la confiance s’était avérée terriblement mal placée, par la suite. Mais cela importait peu. Je haussais les épaules quand elle disait se demander ce qui avait pu attirer sur elle les sensuelles attentions de mon Maréchal. Je me confiais sur le sujet, tout en mesurant mes mots pour ne pas trop en dire ou trop en faire.


| Il aime ta disponibilité. Ton indépendance. Et puis, on ne va pas se mentir. Vu ton précédent métier, tu as quelques compétences en la matière, n’est-ce pas ? Conrad s’est toujours montré brutal avec les femmes. Il aime ça. Mais il n’a jamais pu non plus oublier son propre passé, et le fait que sa mission auprès de moi en fait un des hommes les plus seuls du monde. |


Elle avait déjà compris que je ne plaisantais pas au sujet de mon ami. Elle savait aussi que si elle essayait de se rapprocher un peu trop de lui, d’un point de vue personnel, elle misait sa santé et sa sécurité. J’avais retenu la leçon, la fois précédente. Pour le moment, elle était dans mon camp. Mais demain ? Elle nous avait déjà joué un tour analogue et il était clair que le Tigre n’était pas un adorateur des Anciens Dieux ou des Nouveaux, collusion avec son « Roulor » là ? Je n’en savais rien encore. Mathie n’était pas présentement un avantage, mais elle l’avait déjà été dans le passé. Je hochais la tête d’un geste sec quand elle me dit avoir cherché à comprendre pourquoi je lui ai infligé cette punition.


| Tu étais venue jouer la pute dans mon lit. Il me semblait normal qu’après m’avoir trahi tu en reviennes à ton premier métier. Conrad me semblait approprié pour que la punition en soit vraiment une. Au moins dans un premier temps, en tout cas.|


J’avais dit cela sans émotion. Un ordre comme un autre. Pas plus dur qu’envoyer deux mille gamins se faire étriper pour gagner du temps. Pas moins que d’ordonner les réquisitions qui allaient provoquer disettes et pauvreté dans mon propre pays. Elle me parle d’une grossesse. Je ne savais pas si elle m’en avait parlé. Je ne savais plus, honnêtement. Un an de campagnes et de guerres. J’eus peur l’espace d’une seconde, d’une infime seconde, avant de me rappeler qu’elle avait été toujours sous thé de lune quand elle était avec moi. Conrad, en revanche ? Je ne pensais pas qu’il y prenait autant garde et vus les traitements qui lui avaient été infligés... mais elle n’avait pas d’enfant avec elle. Et Conrad ne m’avait parlé de rien. Soit elle l’avait perdu, soit elle l’avait abandonné à quelqu’un d’autre. Je ne voulais pas m’impliquer à ce stade. Mais ça me fit quelque chose. Quoi, je n’en savais rien. Je n’étais pas sûr de vouloir y réfléchir non plus.


| Conrad n’est pas un mauvais homme. Mais c’est un homme à qui il est arrivé de mauvaises choses. Et j’en suis un peu responsable, aussi. |


S’il n’avait pas été bon soldat ni mon ami, il aurait été rendu depuis longtemps à son foyer. Ca n’était pas le cas. Je l’écoutais deviser, avant de lui répondre.


| Personne n’est jamais prêt pour l’hiver. Il sera rude pour tout le monde, car même les royaumes victorieux de la période des campagnes sont exsangues. Tu pourras aller aux rues, bien sûr. Mais tu resteras au Castel. Si vision tu dois avoir, je veux être le premier informé. Ne t’affiche toutefois pas trop près de Conrad en public. Renforçons nous cet hiver. Au printemps, viendra le sud. |


Je relève mes deux mains gantées, retire les gants et prends un peu de neige dans mes mains, que je frotte avec cette humidité glacée. Je parle doucement. Je ne prie jamais en public. Mais Mathie avait déjà dépassé tous les stades d’intimité et de convenance à mes côtés. Je regarde alentours. Impossible dans ce camp, de trouver un endroit tranquille. Celui-ci en vaut bien un autre.


| Esprits bienfaisants et âme du Nord
Veuillez accepter l’aide de nos bras et de nos forces
Pour qu’elles soient harmonieuses avec vos intelligences
Veuillez nous aider, nous guider, nous conseiller,
Pour que nos efforts conjugués,
Renaisse un Nord plus beau
Dans lequel vivront éternellement les âmes des Dieux
Dans un ciel entièrement notre
Sous sa Douce Lumière ! »
|


Je porte mes mains à mon visage et me passe la neige restante dessus, me le frotte comme pour me nettoyer. Je me tourne vers Mathie, pose une main sur son épaule.


| Retourne te coucher. L’armée va se remettre en marche, très bientôt. |


Et m’éloigne. Il est temps de me réchauffer.







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MessageSujet: Re: L'heure la plus sombre est juste avant l'aube... [Tour V - Terminé]   

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