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Les morts unissent les vivants
MessageSujet: Les morts unissent les vivants   Ven 18 Mai - 11:43

Les morts unissent les vivants
Conrad Omble & Orane Whent
J’avais cette impression folle de ne pas avoir une minute pour moi, du moins pas assez pour ne serait-ce boire une pinte ! Voilà pourquoi je remerciais le fait que ma cousine Helyna soit revenue à la raison et ait accepté de rentrer auprès de mes parents. Je n’aurais guère eut le temps de veiller sur elle et avec tout ce qui c’était passé elle ne serait peut-être plus de ce monde. Je soupirais de soulagement car ce n’était pas le cas et pourtant les pertes avaient été nombreuses.
Je m’en étais davantage rendu compte lorsque qu’un soldat était venu me faire part d’une requête de la part de l’Empereur. La mission dont j’avais été chargé par mon ami était de celle que je n’appréciais pas du tout et dont j’essayais de me décharger en temps normal. Cette fois-ci c’était différent ! Je connaissais Dorian Whent ainsi que sa veuve. Elle comptait parmi les rares femmes pour qui je ressentais plus de respect que d’attirance. Étonnant ? Pas tant que cela quand on en connaissait les raisons.

Elle était celle qui avait été le plus proche de Torrhen après qu’il ait été ramené grièvement blessé. Bien sûr je m’étais montré des plus méfiants au départ… Les traîtres pouvaient être partout et il était hors de question que je baisse ma vigilance parce qu’il s’agissait d’une jolie femme, épouse d’un allié ! Mais j’avais très vite compris que mon ami ne risquait rien auprès d’elle, qu’il lui accordait même sa confiance. Orane Whent parvint donc a obtenir la mienne ainsi que mon respect grâce à sa relation avec mon plus ancien ami. S’ajoutais à cela que Dorian était une personne que j’appréciais. Apprendre sa mort avait été une triste nouvelle !
Marchant la mine fermée je me demandais dans quel état j’allais retrouver sa veuve. Il n’était un secret pour personne que l’amour de ces deux-là était fort, intense… Du genre que peu de personnes connaissaient ! Elle devait être effondrée.

Arrivé à ses appartements je me fis annoncer et patientais le temps que la suivante aille prévenir la veuve de ma présence. Je me rendais compte que même si je n’avais pas été réticent à l’idée d’accomplir cette mission, j’étais mal à l’aise. Je n’étais pas un exemple de compassion et même si cela était connu de toutes et tous je ne voulais pas me montrer, sans le vouloir, trop brusque avec la femme qui allait me rejoindre.
La voilà d’ailleurs qui apparaissait. La mine sérieuse je m’inclinais légèrement.



- Dame Whent… Face à ce douloureux coup de sort sachez que je partage votre peine !


Je n’étais pas le meilleur pour ce qui était de la communication mais je n’étais pas dénué de compassion. Peu importait ce que l’on disait de moi. Perdre des alliés, des hommes, ne me laissait pas indifférent. Je me contentais de ne rien laisser paraître. Mais aujourd’hui, face à cette femme, je ne pouvais rester de marbre… par respect pour elle et en mémoire de son époux.




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MessageSujet: Re: Les morts unissent les vivants   Dim 20 Mai - 17:31

Les morts unissent les vivants« Do not stand at my grave and weep, I am not there, I do not sleep. Do not stand at my grave and cry, I am not there, I do not die. »
Orane
Whent
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Sa rencontre avec l'Empereur était encore fraîche dans son esprit. Combien de temps s'était-il écoulé ? Quelques minutes à peine, et pourtant cela lui semblait être une éternité. La perte de son époux l'avait complètement détraquée, ne laissant plus à son esprit torturé le loisir de réfléchir. Dans ces circonstances, il lui était impossible de retourner auprès des blessés car, sans concentration, elle était incapable de mener à bien la tâche qui l'avait jusqu'alors occupée. C'était donc sans surprise que les mestres l'avaient enjointe à se retirer pour prendre un peu de repos et accepter la nouvelle de son mieux. De toute évidence, elle ne leur aurait été d'aucune utilité dans l'état où elle était.
Orane ignorait comment Sybell – sa suivante – avait appris la nouvelle ou comment elle l'avait si rapidement retrouvée, sans doute l'avait-on interrompu pendant qu'elle prodiguait ses soins à quelque soldat agonisant, volontaire qu'elle était comme sa maîtresse. Elle avait surgi en trombe de la foule, toute aussi barbouillée et désordonnée qu'Orane pouvait l'être avec le sang séché sur sa peau, la boue qui tâchait le jupon de sa robe et ses cheveux en bataille, à peine tenus par des épingles dont nombre de mèches s'échappaient facilement. Sa main chercha le bras de la dame qui la reconnut à peine à travers les larmes qui lui masquaient la vue, puis la guida loin de l'agitation, là où elle pourrait enfin trouver le repos.
À l'abri des regards, enfin seules, Sybell s'empressa de la faire asseoir, de peur qu'elle ne s'effondre. Elle entreprit de lui laver le visage pour la débarrasser des traces de larmes sur ses joues mais aussi des éclaboussures sanglantes qui contrastaient avec la pâleur de son teint. On aurait dit un fantôme, une ombre. Son regard semblait vide, presque mort, jusqu'à ce que la voix de sa suivante la tire de sa rêverie – ou plutôt de son cauchemar éveillé.

« Madame ? »

Le masque se brisa. Pour la première fois depuis qu'elle se savait veuve, Orane se laissa aller à pleurer librement, incapable de retenir davantage son malheur. Son front se posa sur l'épaule bienveillante de la servante immobile, et les larmes jusque là étouffées affluèrent pour noyer son visage. Les sanglots devinrent gémissements, les gémissements devinrent lamentations, puis enfin elle poussa un cri de bête comme elle n'en avait jamais poussé auparavant et le silence revînt plus oppressant encore. Une suprenante quiétude envahit sa poitrine, épuisée qu'elle était par la brusque vague de désespoir qui l'avait submergée. Cette fois, elle en était sûre : plus jamais sa peine ne la quitterait.
Sybell se décida à la faire allonger, le sommeil peut-être apporterait un peu de paix à ses tourments. Son visage fut la dernière chose que sa maîtresse vit avant de sombrer dans l'inconscience tandis que, encore une fois, elle chassait de sa figure les traces de son chagrin, un linge humide à la main.

On la secouait doucement quand ses paupières s'ouvrirent à nouveau sur le monde. Elle n'avait pas du s'assoupir bien longtemps, sa tête lui faisait encore mal et ses yeux, rougis par les pleurs, lui brouillaient quelque peu la vue. Elle reconnut cependant Sybell à la délicate mélodie de sa voix qui lui annonçait un visiteur. Devait-elle donc se présenter à lui dans l'état si peu convenable où elle se trouvait ? La suivante tenta d'arranger un peu la robe défaite qu'elle portait sur le dos et les cheveux en bataille, mais quand elle s'apprêta à couvrir son visage d'un voile sombre – du type qui siérait parfaitement à une noble veuve – Orane la chassa d'un geste vif pour l'en empêcher. Il était hors de question pour elle de se cacher : nombreux étaient ceux qui connaissaient sa mauvaise fortune, nul besoin d'en porter les stigmates. Et ainsi, elle fit son entrée le plus dignement possible.
Elle reconnut le maréchal Omble qu'elle avait côtoyé à Vivesaigues quelques mois plus tôt. Oh, elle se souvenait bien de lui – Dorian lui en avait touché quelques mots avant leur rencontre, mais en sa présence il semblait un tout autre homme que celui qu'on lui avait décrit.

« Je suis très touchée, Maréchal, et vous remercie. »

Elle se força à sourire, mais ce faisant elle était incapable de le regarder en face. Si elle l'avait fait, ses yeux auraient trahi la douleur qu'elle s'infligeait en agissant de la sorte. Il était déjà insupportable que Sybell ait pu la voir au plus bas, elle refusait de se laisser aller face à quelqu'un d'autre. Les souvenirs des vieilles leçons de sa mère se rappelaient à elle malgré sa volonté – Lady Alice abhorrait le sentimentalisme, les effusions de larmes et tout ce qui, par nature, rendait vulnérable. « Restez digne, ma fille » répétait-elle, « Restez digne ». Alors, Orane se commandait de rester digne, même si elle n'en avait pas la force.

« Je suis bien aise de vous voir en forme. La bataille a été rude, m'a-t-on dit. » puis elle ajouta, sur un ton moins emprunté : « Que me vaut l'honneur de votre visite ? »


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MessageSujet: Re: Les morts unissent les vivants   Lun 21 Mai - 11:07

Les morts unissent les vivants
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L’attente… J’avais toujours cette impression que le temps s’arrêtait lorsque j’attendais l’arrivée d’un événement, d’une personne. En temps normal cela m’agaçait au plus haut point mais cette fois je prenais mon mal en patience. Presser une dame qui venait de perdre son époux était irrespectueux ! Je vous l’accorde, il est vrai que si cette veuve n’était pas Orane Whent je ne me serais pas gêné pour râler. Mon manque de compassion et de patience était connu de tous mais celle que j’attendais était une exception. Elle avait été présente auprès de mon vieil ami lorsque je ne pouvais pas l’être mais contrairement à ce que d’autres auraient pu faire, elle ne s’était pas vantée. Non ! Elle avait su être bienveillante et discrète… Polie avec moi malgré ma réputation et le manque flagrant de confiance qu’elle j’avais pour elle au départ. Mais cela était le passé ! Et aujourd’hui elle était une des rares personnes à connaître une facette de ma personnalité que beaucoup ignoraient.
Cessant de faire les cents pas je jetais un coup dans la direction qu’avait prise la suivante. Personne ! Je recommençais donc mes allées et venues alors que de très anciens souvenirs remontaient à la surface. Le décès de ma femme avait été une épreuve difficile d’autant plus qu’il était survenu en même temps que celui de l’enfant qu’elle portait. Ce que j’avais ressenti en apprenant la nouvelle et après était indescriptible… Colère, rage, tristesse et douleur ! Le tout semblait bouillonner en moi. La colère et la rage m’avaient été très utiles lors de la bataille suivante. La tristesse, elle, avait transformé mon visage ! Il était devenu impassible et les sourires, la bonne humeur s’étaient faits plus rares. Quant à la douleur… elle était restée !

C’est lorsque cette pensée me traversa l’esprit que je vis arrivée la veuve. Contrairement à la coutume aucun voile sombre ne venait dissimuler son beau visage pourtant marqué par la peine et les pleurs. L’absence de cette marque de deuil n’était pas plus mal selon moi… La présence du voile était voyante et attirait toujours les regards des curieux, chose que je détestais. Notre cheminement jusqu’à la colline n’en serait que plus discret !
Une fois la veuve arrivée jusqu’à moi je lui faisais part de ma peine de manière sincère. La perte de Dorian était une triste nouvelle. Je ne rajoutais pas que les derniers moments de son époux avaient été vaillants et sûrement décisifs concernant notre victoire. Torrhen avait déjà dû le faire et ces beaux compliments, même vrais, ne le ferait malheureusement revenir d’entre les morts. Aussi je me contentais de hocher la tête respectueusement aux remerciements d’Orane.

Je remarquais que son sourire était forcé et que son regard se faisait fuyant mais je ne disais rien. Elle faisait ce qui devait être fait pour rester digne et je savais que cela devait lui demander beaucoup de force et de courage. La perte d’un époux était terrible mais le sienne devait l’être encore davantage. Le couple qu’elle formait avec Dorian était un mélange parfait de complicité et de passion que moi-même j’avais remarqué.
Je revenais à la réalité lorsque la veuve s’adressa à moi pour me parler de la bataille dont j’avais eu la chance d’en sortir sans blessure grave. Je n’avais d’ailleurs de cesse de remercier les Anciens Dieux de la Forêt pour cela. Orane me demanda ensuite les raisons de ma visite. Elle n’ignorait pas que quelqu’un la conduirait au corps de son époux puisque Torrhen le lui avait dit. Mais peut-être ne s’attendait pas à ce que ce soit le Maréchal qui se déplace pour cette mission.



- Elle l’a été… La victoire a failli nous échappé mais ce n’était sans compter sur la détermination et le courage des soldats qui se battent pour l’Empire. Certains ont donné leur vie pour s’assurer que notre ennemi ne se relève pas ! Je ne l’oublierai jamais, dis-je en fixant la veuve. Je marquais une pause. L’Empereur vous a dit qu’il vous ferait conduire auprès de votre époux. Je suis ici pour vous y accompagner, ajoutais-je simplement.


Mon comportement aurait pu tuer de stupeur un grand nombre de personnes mais les gens autour de nous se faisaient rares et ne semblaient être intéressés par notre échange. Ce n’était pas plus mal mais il me tardait de m’éloigner d’ici !


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MessageSujet: Re: Les morts unissent les vivants   Lun 28 Mai - 14:16

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À l'évocation de ceux qui avaient perdu la vie au combat, Orane se raidit un instant. Il se tut, les yeux rivés sur elle. Sa considération – comme celle des autres – serait probablement son unique consolation à l'avenir, mais la mort de son époux était trop récente pour qu'elle y soit habituée. Ces attentions inusuelles, certes respectueuses, lui rappelaient constamment le chaos qui étreignait depuis peu sa vie. Peut-être apportaient-elles plus de peine que de réconfort, mais il le fallait : elle ne pouvait pas se permettre d'oublier qu'elle devrait désormais faire face seule, sans appui. Dorian l'en savait capable, il était temps de le lui prouver, où qu'il fût. Lui faire ses adieux en personne était d'autant plus nécessaire qu'elle ne serait jamais capable de le laisser partir sans poser les yeux une dernière fois sur lui. L'Empereur avait promis de la faire conduire sur ce qui fut le champ de bataille, au milieu des restes d'un combat sanglant et sans merci, des cadavres encore chauds, pour y trouver celui qui occupait toutes ses pensées. Elle n'imaginait pas le Maréchal s'acquitter de pareille tâche – qui d'ordinaire incomberait certainement à n'importe quel aide de camp – aussi ne cacha-t-elle pas une seconde son étonnement. C'était donc cet homme là qui l'accompagnerait dans ce qui serait très probablement la plus douloureuse épreuve de son existence. En un sens, cela la rassurait : on ne lui envoyait pas un inconnu, mais un visage amical, un qui lui témoignait beaucoup de respect qui plus est. Elle demeura silencieuse pendant quelques instants, l'esprit vide. Puis, le plus naturellement du monde, elle hocha la tête et répondit solennellement :

« Ainsi c'est vous qu'il envoie. Je dois m'avouer surprise, car je ne pensais pas vous rencontrer dans de telles circonstances. » elle jeta un bref coup d'oeil à Sybell qui se tenait en retrait, presque invisible. « Je vous suis. Si vous le permettez, j'aimerais que ma suivante se joigne à nous. Je... » sa voix flancha pendant l'espace d'une seconde, « j'aurais besoin d'elle quand nous arriverons. »

Il ne pouvait lui refuser cela. La principale intéressée, comme toujours, se ferait plus discrète qu'une souris et Orane comptait sur ses services plus que jamais auparavant. Même si subsistait l'infime espoir de ne pas flancher – et ce jusqu'au bout – elle se savait incapable de contrôler ses émotions quand, bientôt, elle se tiendrait au dessus du corps sans vie de son époux. La présence et l'assistance de sa dévouée servante lui rappelerait qui elle était et où elle se trouvait. Elle seule avait pu entrapercevoir toute l'étendue de sa peine, pendant un bref instant de faiblesse, personne d'autre ne devait assister à pareil spectacle, quand bien même il n'était pas difficile à imaginer.
Ces trois comparses ne tardèrent pas à se mettre en route. Orane se laissa guider tout d'abord en silence, l'esprit saturé par l'anticipation. Sybell marchait derrière elle, telle une ombre qui se fondait dans le paysage, le visage aussi grave que celui de la dame. Ils marchèrent d'un pas lourd, si bien qu'on devinait sans peine la raison de leur venue. Sur chaque visage qu'elle croisa, Orane vit les regards fuyants ou absents de ceux qui, comme elle, venaient ramasser leurs morts. Puis elle se retournait pour observer celui de son guide, droit et sérieux, lui aussi presque muet sans doute par respect pour son deuil. Pourtant, elle aurait voulu entendre une voix dans ce silence assourdissant, trouver une trace de vie dans ce gigantesque charnier. Elle ne put retenir ses propres mots :

« Dîtes-moi, l'avez-vous vu avant la bataille ? Mon époux, je veux dire. » demanda-t-elle d'un air pensif. « La dernière missive que j'ai reçu de lui date d'il y a quelques jours. Il m'écrivait sa hâte de nous retrouver. » Silence. « Je ne peux m'empêcher de me demander comment il était avant... juste avant de prendre les armes, ce qui occupait ses pensées... »


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MessageSujet: Re: Les morts unissent les vivants   Mar 29 Mai - 20:13

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Le Noir était vaincu, notre adversaire le plus tenace avait rendu son dernier souffle et pourtant… pourtant je n’étais pas aussi heureux que je l’aurais espérer. J’avais attendu cela pendant très longtemps mais comment aurais-je pu rire comme les plus jeunes le faisaient alors que je me rendais également compte de tout ce que nous avions perdu ? C’était impossible ! De plus je ne cessais de penser à Mathie, à notre dernière discussion, à nos derniers moments ensembles. Si elle avait vu juste, d’autres ennemis étaient déjà en route… Mais qui étaient-ils ? Et puis il y avait ces rumeurs que j’avais entendu concernant mon épouse… étaient-elles vraies ? fausses ? récentes ou anciennes ? Je n’en savais rien mais cela ne me plaisait pas.
Et puis il y avait la mort ! Elle m’avait de nouveau épargné mais cette chance n’avait as été donné à tout le monde. Dorian aurait du vivre, il avait une bien plus belle raison de revenir de cette bataille que moi. Pourtant… pourtant c’était sa veuve qui venait à ma rencontre pour que je la conduise où le corps de son mari se trouvait. Elle était éplorée même si elle faisait son possible pour rester digne. J’imaginais si Nelya avait été à sa place… mon épouse aurait peut-être eu de la peine mais je n’imaginais qu’elle aurait ressenti le chagrin douloureux qui transperçait dans les pupilles d’Orane.


- J’aurais préféré que les circonstances de nos retrouvailles soient autres, déclarais-je alors qu’elle jetait un coup d’œil vers une jeune femme des plus discrètes. Je hochais la tête à l’adresse de celle que j’avais à peine remarquée pour la saluer. Je ne vois pas pourquoi je m’opposerais à ce qu’elle vienne.  


Il était indéniable que la Veuve Whent aurait besoin de soutien lorsqu’elle retrouverait le corps de Dorian et je n’étais pas la bonne personne pour ce genre de chose. La perte de ma bien-aimée épouse remontait à tellement loin… et j’avais vu, puis annoncé tellement de décès que cela ne me faisait plus rien. Ce n’était pas un manque de compassion, loin de là ! Perdre des hommes était une obligation en temps de guerre mais je détestais cela. Cependant, pleurer chacun d’entre eux aurait fini par me rendre fou. Au lieu de cela je tuais le plus d’ennemis en prenant soin qu’ils souffrent et que nos frères d’armes soient ainsi vengés.
Alors non, la présence de la suivante d’Orane ne me gênait nullement. Au contraire, elle serait capable de réconforter la veuve mieux que je ne saurais le faire moi-même.
Tout en marchant, je sentais que le regard de la femme s’était posé sur moi et je me contentais d’un coup d’œil bref sans quitter ce masque de sérieux que portait mon visage. Elle allait sûrement me demander quelque chose ! Je le pressentais. Je tombais juste puisqu’elle fit ce que toute veuve faisait… Orane me demanda de lui parler de Dorian. Je baissais la tête ! Je ne connaissais pas l’homme plus que cela et je ne le croisais que très rarement puisqu’il était à l’avant-garde. Cependant, je ne resterais pas sans rien dire car je l’avais bel et bien croisé avant la grande bataille et je me souvenais parfaitement de notre échange.


- J’ai croisé votre époux avant la bataille, affirmais-je. Il était impatient de combattre… réellement déterminé à faire tomber Le Noir, continuais-je.


Et Dorian nous avait aidés à réussir cela. J’espérais qu’il avait pu s’en rendre compte avant de pousser son dernier souffle ou qu’il le voyait de là où il était à présent. Je secouais la tête légèrement avant de regarder sa veuve.


- Mais son impatience concernant vos retrouvailles était encore plus grande… dis-je avec franchise. Je me taisais quelques instants. Avant le début de cette bataille ce qu’il souhaitait c’était voir tomber ce tyran pour ensuite retrouver vos bras, dis-je en regardant à nouveau au loin. Je regrette qu’il n’ait pu revenir vous raconter lui-même notre exploit !


Il le méritait plus que je ne le méritais moi-même ! Mais j’avais appris depuis bien longtemps que la mort était sadique et qu’elle ne frappait pas forcément ceux qui se lançaient dans les champs de batailles en se disant que leur dernière heure était peut-être arrivée. Une fois de plus j’avais l’impression que la faucheuse se nourrissait de l’espoir de ceux qui voulaient vivre.



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MessageSujet: Re: Les morts unissent les vivants   Jeu 31 Mai - 22:05

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Tandis qu'il lui faisait le récit de leur rencontre, Orane ne le quitta que rarement du regard. Parfois, au coin de son œil, elle apercevait une silhouette et un vague espoir d'une impressionnante naïveté se réveillait, puis sa raison lui rappelait les circonstances qui l'avaient menée sur ce champ de bataille. Dorian était mort, il ne reviendrait pas. Malgré elle, son épouse avait l'impression de le retrouver sur tous les visages de soldats qui venaient à croiser sa route. Une fois qu'elle l'aurait vu, ce serait terminé, tout irait mieux... ou tout s'effronderait. Elle n'osait pas l'imaginer.
Le Maréchal lui rendit compte de la détermination qui animait le défunt ce matin-là. Ainsi il s'était élancé avec impatience dans la bataille, comme à son habitude. Rien de ce qu'il pouvait lui raconter ne la surprenait vraiment, elle connaissait son homme depuis plus de seize ans et aucune de ses passions ne pouvaient décemment lui échapper. Dorian vivait pour le combat, c'était un comble pour lui de s'être liée à une femme si attachée à la paix. Ou alors était-ce l'une des raisons pour lesquelles ils étaient si intimement faits l'un pour l'autre. Si différents, mais pourtant si complémentaires.
Quand il évoqua ensuite les retrouvailles qu'ils avaient tant espérées et qui, hélas, ne viendraient jamais, Orane eut un nouveau pincement au cœur. En définitive, même au devant d'une mort certaine, il avait pensé à elle. C'était sans aucun doute ce qu'elle voulait entendre, ce qu'elle avait besoin d'entendre. En quelque sorte, elle avait été avec lui jusqu'au bout. En retour, il serait dans ses pensées pour le reste de sa vie. Au court silence qu'il avait laissé s'installer succédèrent des regrets qu'il exprima, le regard fuyant. Elle laissa le sien se poser sur le sol jonché de corps pendant quelques instants, déchiffrant les visages de ces inconnus tombés avant de répondre :

« Moi de même. » sa voix était à peine audible, comme un murmure.

Dorian était homme de peu de mots, mais il savait s'exprimer de bien des manières. Les souvenirs affluaient, la submergeaient d'une mélancolie si redoutable qu'elle avait l'impression de s'y noyer. Ses sourires, ses caresses, ses baisers, ses étreintes... en un instant, tout lui était volé. Il ne restait que les sentiments qu'elle lui portait et la mémoire dans laquelle il semblait vivre encore, mais les premiers comme la seconde ne faisait qu'ajouter à sa peine.
Le vent froid qui balayait la plaine commençait à s'insinuer doucement en elle. Un frisson la parcourut des pieds à la tête alors qu'elle aperçut deux soldats soulever le cadavre de l'un des leurs, lardés de flèches. Son visage blême semblait tordu en une espèce de grimace horrifiante, il devait avoir beaucoup souffert. Orane prit une profonde inspiration, elle espérait de tout cœur que Dorian était parti le plus rapidement et le plus paisiblement possible. Mourir était déjà une pénible affaire, autant lui épargner l'agonie d'une mort lente.

« Merci pour vos mots, je ne les oublierai pas. » se décida-t-elle à répondre après un lourd silence. « J'ai conscience de la pénible tâche qu'on vous a confiée, mais votre présence m'apaise. Vraiment. Peut-être pas autant que je le souhaiterais, mais je suppose que c'est chose normale... je n'ai jamais connu le deuil auparavant. »

C'était honnête. La mort de sa propre mère n'avait pas su provoquer en elle un tel torrent d'émotion, ni en son frère ou son père d'ailleurs. L'indifférence qu'ils avaient tous témoignée lors des funérailles, à la limite de l'indécence, n'avaient fait que refléter ce qu'ils avaient toujours formé : une farce, ni plus ni moins qu'un simulacre de famille. Avec Dorian, tout était différent. Il était sa famille, il était tout.
À chaque pas, elle s'attendait à voir enfin la pâle figure de son bien-aimé, couverte de terre et de sang, car chaque pas l'en approchait davantage. Dans son dos, Sybell devinait son appréhension – mais aussi l'impatience d'en finir – aux vifs mouvements de tête qu'elle faisait en parcourant le paysage de son regard anxieux. Son oreille appréhendait le moment où elle entendrait son guide lui annoncer « Le voici » et où elle n'aurait plus d'autre choix que de poser les yeux sur celui qu'elle ne pouvait toujours imaginer autrement que vivant.


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MessageSujet: Re: Les morts unissent les vivants   Mar 5 Juin - 0:10

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Je n’avais pas connu personnel Dorian Whent mais j’avais apprécié l’homme pour le peu de fois où nous avions pu échanger des paroles qui ne concernaient pas des stratégies guerrières. C’était à ce moment là que j’avais eu le déclic et compris qui était sa femme. L’une des rares femmes que j’avais davantage respecté que désiré ! Cette pensée m’aurait fait sourire si la situation avait été tout autre. Car oui, Orane Whent était une belle femme en plus d’être intelligente et d’agréable compagnie dans les moments difficiles. Elle l’avait prouvé en étant présente pour Torrhen, mon ami, mon frère. Il était donc logique que je sois, en cet instant, présent pour elle et que je réponde à ses questions.
Je trouvais d’ailleurs surprenant l’aisance avec laquelle je me rappelais ma dernière discussion avec Dorian. Ou alors cela venait peut-être du fait que je l’enviais car ce qu’il vivait avec sa femme me rappelait ce que j’avais connu avec ma première épouse. Teora, aussi attention que fougueuse, avait su me dompter et me faire tomber amoureux d’elle… Après sa mort j’étais devenu pire qu’avant !

Aux quelques mots de la veuve suite à mes paroles je me contentais de hocher la tête. Il n’y avait rien à rajouter à cela ! J’étais sincère. J’aurais réellement préféré que son époux lui conte notre victoire à sa manière et de vive voix. Il aurait du pouvoir revenir contrairement à moi mais la vieille carne que j’étais ne semblait pas intéresser la mort… pour le moment. Je me doutais bien que je passerais de l’autre côté à un moment ou un autre et je savais déjà que ma mort ne serait pas douce. Comment pourrait-elle l’être alors que j’avais fait couler plus de sang que la plupart des soldats que je connaissais ? C’était utopique de penser que je ne finirais pas de façon violente mais je ne craignais pas cela. J’y étais préparé depuis un grand nombre d’années.
Perdu dans mes pensées ce fut la douce voix tristement mélodieuse de la femme que j’accompagnais qui me sortit de ma torpeur. Je la regardais tout en l’écoutant. Puis je hochais la tête…



- C’est en effet une chose normale, reconnus-je. Lorsque l’on aime réellement la personne qui partage notre vie cela nous donne l’impression de ne faire plus qu’un avec elle. Je marquais une pause. Et lorsque cette personne disparaît cela nous donne l’impression d’être incomplet.


J’avais connu ce sentiment lorsque Teora et notre fils qu’elle tentait de mettre au monde m’avait été pris. Mais très vite je chassais ces pensées de mon esprit car la perte de mon épouse était toujours aussi douloureuse. Les années n’avaient rien effacé, je me contentais de vivre avec sans rien laisser transparaître.


- Être ici en cet instant est ma place… Cela n’a rien de pénible ! déclarais-je en fixant notre destination qui se profilait au loin. Vous avez été présente pour celui que je considère comme un frère et vous accompagner était donc une évidence, expliquais-je honnête.


Torrhen avait eu raison de me demander d’accompagner Orane Whent, il savait le respect que j’ai pour elle. J’espérais que je saurais me montrer à la hauteur une fois sur place ! J’avais vu à de maintes reprises que le comportement d’une veuve ne pouvait pas être déterminé à l’avance face aux corps sans vie de son époux peu importe la façon dont elle se comportait avant. Certaines perdaient connaissance, d’autres se figeaient ou au contraire hurlaient. Et une fois, une seule fois, alors que j’étais présent sur les lieux pour je ne sais quelle raison une veuve était venue me frapper en me demandant pourquoi moi j’étais toujours en vie. Je me souvenais encore parfaitement de la réponse que je lui avais donnée…
Mais nous approchions de plus en plus et je jetais un coup d’œil à la Dame Whent, jaugeant son état avant de reprendre la parole.



- Nous sommes presque arrivés !



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MessageSujet: Re: Les morts unissent les vivants   Mer 6 Juin - 19:38

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Une larme dévala sa joue. En effet, la tempête intérieure qu'elle ressentait était semblable à ce qu'il venait de lui décrire. Incomplète, elle l'était. Presque vide même. On était en train de lui arracher la meilleure partie d'elle-même – cette moitié joyeuse, aimée, choyée – et cette singulière amputation lui infligeait une souffrance à aucune autre pareille. À l'entendre parler ainsi, elle comprit qu'il en avait lui-même déjà fait l'expérience. Sa retenue lui intima de garder le silence, de ne pas le presser davantage et elle continua à fixer l'horizon d'une mine lugubre en laissant couler les larmes sans pour autant se mettre à sangloter. Il fallait une certaine énergie pour s'effondrer comme elle avait pu le faire auparavant, une énergie qui à présent lui faisait cruellement défaut. Elle disposait de ce qu'il fallait pour se rendre au milieu de cet immense cimetière, pour voir une dernière fois son époux et faire ses adieux, pour le pleurer encore mais certainement pas pour fondre en larmes, hurler et taper du poing. Si jamais cela devait arriver, elle perdrait assurément connaissance avant d'avoir pu ouvrir la bouche. La fatigue avait envahi son corps tout entier, et empoisonné jusqu'à son esprit.
Elle aurait pourtant été tentée de lui demander si la peine pouvait s'atténuer avec le temps, si il était possible de faire son deuil quand une personne aussi chère disparaissait. Un bref coup d'oeil à ce sérieux personnage et elle crut reconnaître une étincelle de tristesse dans son regard pendant un instant. Ce bref spectacle serait sans aucun doute sa plus sincère réponse.

En regardant les corps qu'on déplaçait, les derniers blessés qu'on évacuait et les soldats survivants qui, chagrinés par la morts de leurs compagnons, se prenaient la tête dans les mains, elle songea à toutes les autres veuves qui, comme elle, pleuraient la mort de leurs époux. Il lui sembla qu'elle était devenue une femme parmi tant d'autres, un simple numéro, mais cela ne l'attristait pas. Rien ne pouvait l'atteindre en cet instant, elle avait reçu un coup qui aurait pu lui être fatal et elle tenait encore debout. Ou du moins, elle essayait. Sa vie, cependant, ne serait plus la même. Bientôt, il lui faudrait prendre de nouvelles dispositions et réfléchir au moyen de survivre, elle qui n'était qu'une veuve de chevalier sans fief et sans héritier. Son père songerait à la remarier au plus vite, son frère aussi. L'idée lui donnait la nausée. Rien ni personne ne pourrait jamais remplacer l'époux, l'ami, le confident qu'il avait été pour elle. En apprenant sa mort, c'est comme si elle était morte avec lui et la perspective de recommencer une vie dont il ne ferait pas partie lui paraissait impensable.
Le Maréchal sembla reconnaître quelque chose au loin, il lui adressa quelques paroles qui se voulaient sûrement rassurantes et lui rappela le rôle qu'elle avait joué quand, quelques mois plus tôt, l'Empereur avait eu besoin de ses services.

« Je n'ai fait que mon devoir. » répondit-elle par politesse, l'expression de son visage demeurait inchangée mais ses mots l'emplissait d'une profonde gratitude. En cet instant, ils étaient tout ce qu'il lui restait pour garder le cap et avancer la tête haute.

Pourtant, lorsqu'il lui annonça qu'ils approchaient de leur destination, elle se figea immédiatement sur place. Son souffle s'accéléra sans qu'elle puisse l'en empêcher et elle sentit, malgré elle, son cœur battre à tout rompre contre sa poitrine. C'était comme si ses jambes, devenues soudainement extrêmement lourdes, s'étaient enracinées dans le sol encore humide et l'empêchaient de faire un pas de plus. Avancer, cela signifiait ne plus jamais pouvoir nier la vérité. Elle s'était préparée pour ce moment, elle pensait pouvoir aller jusqu'au bout mais, pour la première fois, elle n'était plus sûre de rien. Son regard se posa sur le guide qui avait avancé sans elle puis, ayant remarqué qu'elle ne le suivait plus, s'était retourné. Orane aurait voulu s'excuser de cette brusque faiblesse, mais les mots ne sortaient plus de sa gorge. Elle avait l'impression d'être une enfant à nouveau.
Une main vînt chaleureusement prendre la sienne, pour la rassurer. Elle tourna aussitôt la tête pour dévisager Sybell qui, en temps normal, se tenait en retrait. Sa fidèle Sybell. Sans dire un mot, elle lui adressa un hochement de tête et un regard plein de compassion qui voulait tout dire. Je suis avec vous. Oui, elle était avec elle. Orane n'avait pas de raison de s'inquiéter car sa suivante était avec elle, comme toujours. Alors elle reprit la marche en s'appuyant sur son bras, l'appréhension ne l'avait pas quittée mais il était temps de faire face.

« J'ai l'impression de ne pas l'avoir vu depuis une éternité... » dit-elle sans faire allusion à ce qu'il venait de se produire. « C'est comme si je n'étais même pas sûre de pouvoir le reconnaître... »

Un mensonge, bien sûr, car lorsqu'enfin ils s'arrêtèrent devant un corps frappé d'une flèche en plein cœur, Orane n'eut pas besoin d'entendre son guide lui dire de qui il s'agissait. En reconnaissant sur ce visage blême les traits de son regretté mari, elle se laissa tomber à genoux dans la boue.


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MessageSujet: Re: Les morts unissent les vivants   Ven 8 Juin - 22:05

Les morts unissent les vivants
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Je pensais, lorsque j’avais accepté de conduire cette escorte funèbre, que je ne serais pas capable de faire preuve de la compassion et de la présence que méritait la Dame Whent. Cela ne m’avait pas empêché d’accepter car je lui devais cela, l’Empire tout entier le lui devait mais Torrhen ne pouvait pas accomplir cette mission. C’était donc à moi qu’il avait fait appel et ce, au plus grand étonnement d’un grand nombre. Qui, mise à part l’Empereur, m’aurait confié la lourde tâche de conduire une veuve au corps de son défunt époux ? Personne, ou alors peut-être une ou deux, celles qui me connaissaient ! Ma réputation d’homme brutal… violent même, n’était plus à faire. Je jouais de cela ! Ce qui se disait à mon sujet était vrai, j’avais toujours fait couler le sang sans le moindre regret. Mais une partie de partie moi n’avait pas toujours été la même… Mon comportement avec les femmes s’était assagi après mon premier mariage au point de me rendre fidèle ! Par les Anciens Dieux… J’avais renoncé aux bordels pour une femme qui ne me l’avait même pas demandé. Teora avait fait de moi un homme meilleur et sa perte m’avait rendu encore plus terrible durant de longues années… que cela soit avec nos ennemis ou avec les femmes.
Les remontrances de Torrhen m’avaient calmées, ou alors c’était du au fait que je prenais de l’âge… Peut-être ! Mais parfois je me disais que c’était peut-être le simple souvenir de ma femme qui m’avait changé. Je détestais entendre dire que seule une folle aurait pu m’aimer ; c’était faux. Cela étant, je restais persuadé que seule cette femme, ma défunte épouse avait la capacité de m’aimer réellement et se faire aimer en retour.
Silencieux, je regardais au loin en chassant cette nostalgie qui s’attardait alors qu’elle se rappelait habituellement à mon bon souvenir qu’au moment du coucher. Voir la veuve Whent me ramenait des années en arrière même si la situation n’avait rien à voir.


Je jetais un coup d’œil en entendant les paroles humbles de la femme que j’accompagnais. Il était vrai qu’elle avait fait son devoir mais sa façon de le faire lui avait attiré mon respect ! Et il était une évidence même qu’en cas de besoin d’une aide quelconque elle pourrait venir me trouver. Je ne lui disais pas maintenant mais cela ne m’empêcha pas de répondre, de le faire en parlant en mon nom pas non pas en tant que représentant de l’Empire.


- Et je vous en suis personnellement reconnaissant, dis-je simplement.


C’est à la fin de ces quelques mots que je remarquais que notre arrivée auprès du corps de Dorian était imminente et j’en informais sa veuve. Continuant d’avancer, il me fallut quelques pas de faits pour réaliser que la Dame ne me suivait plus. Je me retournais et l’observais… Je m’attendais à un comportement comme celui-ci, il était tout à fait normal. Je faisais un pas dans sa direction en ne sachant pas s’il s’agissait d’une bonne idée ! Non… C’est la réponse qui me vint au moment où mon regard déviait de la veuve à sa suivante. J’adressais un signe de tête à cette dernière pour qu’elle intervienne à l’instant où elle prenait l’initiative de le faire.
Pour ma part, je ne pouvais pas faire grand-chose si ce n’était preuve de patience, de présence. C’est ce que je fis et je ne repris la marche que lorsque Dame Whent arriva à mes côtés.
Je ne savais pas quoi répondre à ses paroles, ni même si je devais le faire, lui dire que je comprenais ce qu’elle voulait dire, ce qu’elle pouvait ressentir.


- Le temps est parfois aussi traître qu’un ennemi… capable de transformer une seconde en une éternité !



Elle reconnaîtrait son défunt époux sans aucune difficulté… Nous étions trois personnes à ne pas en douter ! Quatre si l’on comptait Dorian de là où il était à présent.
Je ne disais rien en m’arrêtant devant son corps, cela était inutile tout comme mes mots risquaient de le devenir. Par respect, je reculais de deux pas sans lâcher le mort du regard. Je revoyais sa détermination à vaincre notre ennemi, son enthousiasme à retrouver sa femme qui le pleurait à présent. Du gâchis ! C’était le mot et il donnait à cette victoire un goût amer.



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MessageSujet: Re: Les morts unissent les vivants   Mar 12 Juin - 14:17

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Son front était pâle, ses yeux entrouverts s'étaient depuis longtemps voilés et il portait une main à sa poitrine comme s'il eut voulu arraché la flèche qui s'y était figée. Orane ignorait s'il était mort sur le coup, ou s'il avait véritablement eu le temps de réaliser ce qui lui arrivait. Elle ne savait pas non plus si cela changeait quelque chose à leur affaire : en définitive, c'était inévitablement un cadavre devant lequel elle s'agenouillait. Elle avait anticipé ce macabre spectacle, mais elle n'en avait certainement pas mesuré toute la dureté. Tout cela était nécessaire : il lui fallait voir une dernière fois ce visage, il lui fallait poser les yeux sur son corps inerte pour réaliser pleinement qu'il ne reviendrait plus. Jusque là, bien qu'elle le savait mort, la chose semblait abstraite. C'était comme si, en l'absence de preuve, Orane pouvait se permettre de croire encore – rien qu'un peu – qu'il surgirait tout à coup, bien vivant et en pleine santé, pour la soulever de terre et l'embrasser comme toujours il le faisait. À présent, c'était terminé. Elle avait tué l'espoir comme on avait tué Dorian.
Pourtant, il y avait quelque chose d'anormal. Le visage était le même, on ne pouvait en douter, et le corps tout entier était assurément celui de son époux, mais plus elle le regardait, plus cela lui paraissait irréel. On aurait dit une statue, une représentation en tout point parfaite si ce n'est qu'il lui manquait une chose : une étincelle de vie. Elle savait que c'était bien lui, mais il était si différent de celui dont elle avait souvenir. Sa main s'agrippa à la manche de la suivante qui rapprocha son visage pour entendre ce qu'elle avait à lui dire.

« Cela ne peut être lui... il est si... » murmura-t-elle à son oreille sans trouver la force d'achever sa phrase, la voix étranglée par de nouvelles larmes qui rougissaient son regard.

Il y eut un instant où le silence reprit ses droits, où même le vent arrêta de siffler – ou du moins elle ne put l'entendre – et Orane se surprit à songer qu'elle ne pourrait plus jamais penser à lui sans le revoir ainsi, allongé sur son dos, fixant la voûte céleste de son œil vide. Cette vision terrifiante viendrait parasiter tous les souvenirs heureux qu'ils avaient partagés, et ce pour toujours. La simple mention de son nom ne pourrait se faire sans lui rappeler son funeste destin.
Elle tendit une main pour effleurer sa joue. La peau, sous ses doigts tremblants, était aussi froide que la neige.

« Va trouver mon frère. Dis-lui... Dis-lui que nous aurons besoin de son aide. » ordonna-t-elle, mais Sybell fit preuve d'une certaine réticence à abandonner sa maîtresse dans pareilles circonstances. « Va, je te dis. »

Elle se leva, jeta un regard inquiet au Maréchal qui se tenait un peu en retrait puis fit une révérence et retourna sur ses pas. À mesure qu'elle s'éloignait, la jeune femme ne put réprimer l'envie de jeter un œil en arrière pour voir disparaître dans son dos ses deux compagnons de route, contrairement à Orane qui se trouvait incapable de détourner le regard de Dorian.
Les larmes se tarirent d'elles-même. Le souffle de la brise qui balayait la plaine aida à les sécher, et la veuve demeura stoïque. Le monde autour n'existait plus. Soudain, une pensée lui traversa l'esprit et elle demanda à voix haute, encore et toujours immobile.

« Êtes-vous bon archer, Lord Omble ? » puis une fois la réponse obtenue, elle reprit : « J'ignore quelles obsèques mon époux souhaitait recevoir, à ma grande honte ; nous n'en avions jamais parlé. Il était tellement confiant, trop peut-être... » elle soupira tristement. « À la mort de ma mère, nous avons déposé son corps sur une barque remplie de paille et d'huile. Nous l'avons laissée dériver sur la Bleufurque quelques instants, avant que mon père ne décoche une flèche enflammée pour la transformer en bûcher. C'est ainsi que j'aimerais faire mes adieux à mon époux. »

La paume appuyée sur le sol boueux, elle se pencha au dessus de lui et, de son autre main, lui ferma les paupières en se murmurant les paroles rassurantes dont la septa usaient pour lui parler de la mort. On ferme les yeux dans ce mondre pour les rouvrir dans l'autre. En cet instant, elle se devait d'y croire car ainsi, leur séparation ne serait que temporaire.
De retour à sa position initiale, elle contempla sa main couverte de terre puis, sans plus aucun souci pour son apparence, elle la frotta contre le tissu déjà tâché de sa robe pour la nettoyer. Pour la première fois depuis ce qui semblait être une éternité, Orane leva les yeux vers son guide et lui tendit sa main, désormais lavée de toute trace pour qu'il l'aide à se relever :

« Pouvez-vous m'aider, je vous prie ? » et une fois qu'elle fut à nouveau sur pieds, après l'avoir remercié, elle ajouta : « Si je vous le demandais, accepteriez-vous d'assister aux funérailles ? »


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MessageSujet: Re: Les morts unissent les vivants   Mer 13 Juin - 16:06

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Il est si… mort ! Voilà le mot qui me venait à l’esprit alors que j’entendais malgré moi les mots que la veuve murmurait à l’oreille de sa suivante. Et elle avait raison, je m’en rendais compte en observant le corps immobile et sans vie de l’homme que j’avais croisé avant la bataille. Son visage était à présent un masque inexpressif dont les yeux mi-clos semblaient observés le ciel sans le voir. Je comprenais la réaction d’Orane Whent ! Ce mort ne ressemblait en rien à son époux même s’il s’agissait bien de lui… La détermination inscrite sur ses traits et l’étincelle d’amour dans ses yeux lorsqu’il avait parlé de sa femme faisaient ce qu’il était et tout cela avait disparu… Il n’était plus qu’un corps sans vie comme l’avait été Teora.
A cette pensée je reculais d’un pas une nouvelle fois. Je n’aurais jamais pensé que cette simple mission me ferait revivre autant de fois la mort de ma première femme et tout ce qui en avait suivi. Alors je restais en retrait et je patientais. Ce moment n’était pas le mien ! Il s’agissait des derniers adieux d’une femme à son époux.
Je ne sortais de mes pensées et de mon observation inattentive des lieux que lorsque la veuve parla à nouveau. Elle ne s’adressait pas à moi mais cela attira mon attention. Mon regard se posait alors sur les deux femmes et le comportement de la suivante m’intrigua puisque je n’avais pas écouté ce qui c’était dit. Puis je comprenais… Je hochais la tête en direction de la suivante pour lui faire comprendre que je veillais sur la Dame et je me rapprochais de cette dernière après que Sybell se soit éloignée pour accomplir ce qui lui avait été demandé.


J’observais Orane Whent à sa question et ne réfléchissais que très peu de temps avant de répondre. Il était connu de tous que mon arme de prédilection était l’épée.


- Je sais parfaitement me servir d’un arc… mais je ne pourrais dire que je suis un bon archer puisque je ne saurais être efficace dans l’utilisation de cette arme sur un champ de bataille !


Je ne savais pas pourquoi la veuve m’avait posé cette question et je préférais être précis. Le tir à l’arc sur cible immobile ou presque était une chose mais sur un champ de bataille cela n’avait plus grand-chose à voir.


- Rares sont les personnes qui abordent ce sujet de leur vivant, il n’y a donc aucun embarras à ressentir. Moi-même j’ignorais ce qu’aurait voulu ma femme si ce n’est que d’être auprès de notre enfant, expliquais-je en parlant de manière explicite de la mort de ma femme et de mon enfant pour la première fois devant une personne autre que Torrhen.


J’apprenais alors que la mère de la veuve avait eu le même rite funéraire que mon épouse et mon fils. Je hochais la tête en guise de compréhension lorsque la Dame Whent déclara qu’elle souhaitait qu’il en soit de même pour son mari.


- Vous êtes celle qui choisira le rite funéraire de votre époux… Celui-ci me semble être un bon choix, précisais-je en toute sincérité.


Puis un nouveau silence s’installa entre nous alors que la veuve avait de nouveau reporté son attention sur son époux. Je regardais cette femme que notre victoire avait privée de son époux en train de fermer les yeux de ce dernier sans effectuer le moindre mouvement.
Ce n’est que lorsqu’elle me demanda de l’aide que je lui tendais la main pour qu’elle puisse se relever. Puis mon regard plongea dans le sien en entendant sa question qui sonnait comme un souhait. Je n’étais pas connu pour assister aux rites funéraires, au contraire je les évitais au possible… tout comme je faisais habituellement en sorte de ne pas être le guide des veuves. Alors aussi surprenant que cela puisse paraître j’adressais un signe de tête positif à la Dame.


- Si vous me le demandiez j’accepterais sans nul doute, répondis-je honnête.




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MessageSujet: Re: Les morts unissent les vivants   Ven 15 Juin - 14:23

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Lorsqu'elle l'entendit mentionner sa défunte épouse, Orane baissa les yeux un instant. Était-ce donc son souvenir qui avait assombri maintes fois le regard du Maréchal depuis qu'il était venu la chercher ? Bien des fois, elle avait voulu poser la question sans toutefois faire preuve d'une telle audace. La mémoire pouvait être plus douloureuse que n'importe quelle lame, elle ne se sentait pas d'infliger une nouvelle blessure. Était-ce la curiosité ou la compassion – ou peut-être un peu des deux – qui l'animèrent par la suite ? Elle n'aurait su le dire, cependant elle trouvait une forme étrange de réconfort dans cette conversation, sachant que son interlocuteur connaissait sa peine pour en avoir fait lui-même l'expérience.

« J'ignorais que vous aviez perdu une épouse. Et un enfant. J'en suis navrée. » dit-elle en plongeant son regard dans le sien à son tour.

L'image de Morgane lui vînt à l'esprit : si elle devait perdre sa fille, son unique trésor sur cette terre, elle en serait devenue folle. Ses deux fausses couches l'avaient déjà suffisamment abattue, elle ne pouvait imaginer vivre sans elle, encore moins maintenant qu'elle se tenait au dessus du corps sans vie de sa moitié.
Orane ignorait cependant quand avait eu lieu le drame dont il venait de se confier. Elle savait son guide marié – ou plutôt remarié, à présent qu'il avait fait mention d'un précédent mariage – et à en croire sa mine éplorée, elle comprit qu'il n'était pas tout à fait guéri de son deuil. Si tant est qu'il était possible d'en guérir. Que cette perte eut lieu il y a quatre ans ou quinze ans, cela changeait beaucoup de choses. En cet instant, Orane ne savait pas comment elle aurait pu supporter pareille souffrance morale pendant une décennie, voire plus.

« Cela vous pèse-t-il de parler d'eux ? » demanda-t-elle après une seconde d'hésitation. « Je vois bien que cette mission ravive une ancienne douleur que, pour rien au monde, je ne souhaiterais vous infliger. Ayant dit cela... s'il vous plait de partager votre peine, soyez assuré de ma discrétion. »

Chaque peine est la propriété personnelle de celui qui la subit, et nombreux étaient ceux qui souhaitaient garder la leur secrète. Loin d'elle l'idée de faire preuve d'indiscrétion, surtout dans pareilles circonstances mais, encore une fois, elle partageait avec cet homme l'un des moments les plus difficiles de son existence et ne voyait pas d'objection à ce qu'il fasse de même, si le besoin s'en faisait ressentir. Ou peut-être était-ce pur égoïsme ; peut-être Orane pensait-elle qu'il était plus simple de mettre son propre malheur de côté pendant un instant s'il y avait quelqu'un à consoler. La chose était, pour elle-même, abstraite. Elle n'était pas sûre de ses propres motivations. Ce qu'elle savait, cependant, c'est qu'elle se trouvait en présence de quelqu'un qui la comprenait peut-être davantage qu'elle ne voulait bien le croire, et elle était reconnaissante de son soutien dans cette sinistre affaire. Finalement, peut-être n'était-il question que de lui rendre la pareille.

Il finit par répondre positivement à sa demande et acceptait d'assister aux funérailles de Dorian. Elle eut un petit sourire triste, car elle ne s'était jamais imaginé poser un jour cette question. Maintenant que la chose était faite, Orane avait l'impression de vivre la fin d'une époque. Son mari était mort, et ils allaient organiser des obsèques, après quoi tout serait véritablement fini – ce qu'elle peinait encore à croire.

« Alors je vous le demande. » dit-elle en essayant de ne pas regarder à nouveau le visage inerte de son époux, allongé à ses pieds. C'était une chose trop pénible. « Et je vous demanderais également, si vous y consentez, de tirer la flèche qui embrasera le bûcher funéraire. »

Malgré tout l'amour qu'elle lui portait, Orane ne souhaitait pas faire cette demande à son frère. Non pas qu'il fût mauvais archer, loin de là, elle lui préférait cependant cet homme qu'elle connaissait à peine pour bien des raisons. D'une part, la symbolique : Dorian avait été chevalier du Sautoir, puis il périt pour l'Empire ; que le Maréchal – qui de surcroît était un Nordien, éternels ennemis d'Harrenhal – soit présent pour lui rendre un dernier hommage était pour elle une preuve que sa mort ne fut pas en vain, et qu'il ne mourrait pas en simple transfuge ou traître. Jaime avait bien des qualités, mais il était comme Dorian un ancien chevalier du Noir. L'autre raison lui était encore plus personnelle, car elle désirait la compagnie de quelqu'un qui comprenait ce qu'elle traversait. En définitive, c'était autant pour son regretté mari que pour elle-même qu'elle lui faisait cette demande.
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MessageSujet: Re: Les morts unissent les vivants   Dim 17 Juin - 23:26

Les morts unissent les vivants
Conrad Omble & Orane Whent
Aux propos de la veuve je hochais légèrement la tête pour lui signaler qu’il n’y avait pas de mal à cela. Elle n’était pas la seule à ignorer que j’avais déjà été marié par le passé et que le destin m’avait privé de mon épouse en même temps que de mon héritier. Cette ignorance était toutefois des plus normales puisque je n’en parlais pas… Cette histoire n’aurait pu intéresser que les femmes et je prenais rarement le temps de faire la discussion à celles qui m’étaient proches… concernant les hommes et bien ce n’était pas un sujet pour eux ! Seuls Torrhen, nos proches et nos plus anciens soldats étaient au courant de mon passé et ils n’en parlaient pas non plus.
Cependant, les propos de la femme me faisant face me firent me demander si ce n’était pas un manque de respect dont je faisais preuve envers Teora de ne jamais parler d’elle et de notre fils. Puis un bref sourire nostalgique passa sur mon visage tendit que je me souvenais du caractère de mon épouse. Si elle avait connu mes pensées précédentes elle m’aurait sûrement demandé si je m’affaiblissais avec l’âge.



- Vous ne pouviez pas le deviner. Leur décès remonte à plusieurs années à présent, dis-je pensif.


Vingt ans déjà ! Les années étaient passées sans même que je ne m’en rende compte, sans que la peine de ces deux pertes ne s’estompe réellement. Aujourd’hui je prenais même conscience que mon fils serait un homme s’il avait survécu, un héritier qui pourrait prendre ma relève ! Cependant le destin en avait décidé autrement… Il m’avait fallu faire avec et c’était ce que j’avais fait, consacrant la plus grande partie de ma vie à servir Torrhen. C’était toujours le cas d’ailleurs et même mon mariage avec Nelya ni changerait rien. Je l’appréciais mais je savais que la jolie brune ne me ferait pas changer comme Teora avait réussi à le faire.
Oubliant les pensées qui me traversaient l’esprit je reportais réellement mon attention sur la veuve lorsqu’elle reprit la parole. Elle avait raison ! Cette mission me ramenait des années en arrière et cela était douloureux. Pourtant je ne regrettais pas d’être ici et je ne refusais pas de continuer cette conversation.



- La douleur ne disparaît jamais totalement. Elle devient une compagne à laquelle nous nous habituons, déclarais-je en toute honnêteté. Je me taisais quelques secondes. Et pour vous répondre, je n’ai que très rarement l’occasion de parler de ma première épouse et de mon fils. Teora Omble, née Everdyn et Rorran Omble, citais-je leur nom pour la première fois depuis longtemps. Il aurait presque vingt ans, ajoutais-je simplement avec l’ombre d’un sourire triste.


A vrai dire je ne savais pas ce que j’aurais pu dire d’autre. Mon fils m’avait été pris avant que je ne le connaisse et Teora… Teora était une merveille ! J’aurais pu parler d’elle des heures durant. Cela m’était arrivé de le faire avec ma sœur mais cela remontait à très loin. A l’époque où ma cadette était elle aussi devenue veuve ; et si elle avait connu cette perte bien après le décès de ma famille, il n’en restait pas que cela datait de presque dix ans. De nouveau je me rendais compte que les années filaient à une allure qui me paraissait trop rapide.

Lorsque la discussion changea ce fut pour en revenir à ce qui nous avait conduits ici… La mort de Dorian Whent, le rite funéraire qui lui serait donné. Je fus surpris par la question de sa veuve quant à savoir si je viendrais dans l’optique où elle me le demanderait. Ser Whent avait été un ancien ennemi mais il avait su prouver sa loyauté ! Sa vie il l’avait donné pour l’Empire, pour assurer notre victoire.
Orane Whant me demanda alors d’être présent. Je hochais ostensiblement la tête avec sérieux afin de lui confirmer mes dires.



- Je serais donc présent.


La suite de sa demande me surprit cependant. J’avais certes combattu auprès de son époux mais je ne le connaissais pas, du moins pas assez pour tenir ce genre de rôle lors de son rite funéraire. Bien sûr, je ne me voyais pas répondre un non catégorique à sa veuve, d’ailleurs j’étais, en quelque sorte, touché par cette requête. Cependant il fallait qu’elle en soit certaine.


- Vous voulez que je sois l’archer qui embrasera le bûcher ? répétais-je en la fixant. Je pourrais le faire, oui. Mais en êtes-vous certaine ?


Ce rite était un adieu au défunt et je me disais qu’un proche, un membre de la famille serait peut-être plus enclin à réaliser cela.




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Le Saigneur du Nord
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MessageSujet: Re: Les morts unissent les vivants   Ven 20 Juil - 21:07

Les morts unissent les vivants« Do not stand at my grave and weep, I am not there, I do not sleep. Do not stand at my grave and cry, I am not there, I do not die. »
Orane
Whent
Conrad
Omble
Elle écouta son récit sans le regarder en face. Ses yeux étaient rivés sur lui mais évitaient de se poser sur son visage, pas intentionnellement mais plutôt parce que son esprit ne pouvait s'empêcher de dériver à l'écoute de chacune de ses paroles empreinte d'une peine qui faisait écho à la sienne. Étrangement, affronter le deuil avec quelqu'un qui comprenait la souffrance qu'il impliquait lui apportait un certain réconfort auquel elle ne s'attendait pas. Lorsqu'il s'adressa directemen à elle pour lui expliqer que ce sentiment ne disparaîtrait pas – et bien qu'elle l'eut déjà deviné au son mélancolique de sa voix – Orane sentit son cœur se serrer. Elle n'avait pas envie de s'habituer à la douleur, elle ne se pensait pas assez forte pour la supporter. Dire qu'il lui suffisait de tourner à peine la tête sur sa droite pour entrapercevoir le corps froid de l'homme qu'elle aimait... Elle serra les poings et se força à relever la tête pour rendre son sourire triste à l'homme qui lui faisait grâce de sa compagnie. Tant qu'elle le regardait en face, elle pouvait empêcher ses yeux d'errer sur la vision d'horreur qui se profilait à quelques pas seulement de l'endroit où elle se tenait. Lui, cependant, ne semblait plus vraiment avec elle. Pendant quelques instants, elle l'entendit citer des noms qui lui étaient inconnus mais qui, aux yeux de son guide, paraissaient les plus précieux souvenirs des êtres qu'il avait un jour chéri. Par réflexe, Orane posa une main rassurante sur son avant-bras et dit :

« Je compatis. » et le bref toucher de sa main s'évanouit presque aussitôt.

Cela lui semblait être la moindre des choses. La perte d'un enfant, elle ne pouvait l'imaginer. Des trois qui avaient grandi dans son ventre, seul un avait vu le jour. Les autres lui avaient été pris bien avant qu'elle ne puisse les connaître. Pouvait-on les dire morts s'ils n'étaient jamais nés ? Orane ne s'était jamais véritablement posée la question, et elle ne souhaitait jamais le faire.
Quand il accepta ensuite d'assister aux derniers adieux que l'on réserverait au défunt, elle était encore un peu secouée par toute l'émotion qui était née de cette conversation et ne trouve pas tout de suite les mots pour l'en remercier. Un sourire éphémère se dessina sur ses lèvres, une étincelle reconnaissante illumina son regard et elle trouva le courage de lui faire sa demande. Comme elle pouvait s'y attendre, il sembla surpris. Orane devait se l'avouer : en temps normal, cette idée ne lui aurait probablement jamais effleuré l'esprit et les convenances auraient voulu qu'elle se montre plus raisonnable dans le choix de l'archer. La tradition exigeait que l'on organise des funérailles dignes de ce nom en présence des lords du Conflans, que Dorian soit déposé sur la rivière qui abreuvait sa terre natale et que le chef de leur famille lui fasse les adieux les plus honorables qui soient en tirant la flèche embrasée qui l'enverrait rejoindre ses ancêtres.
Leur chef de famille. Cette seule pensée la remplit d'une rancoeur qu'elle avait cru enfouie en son moi profond depuis des années. Larss Whent savait-il seulement qu'un de ses hommes, ou un de ses compagnons d'armes venait d'abattre son propre sang, sa propre chair, son unique frère ? Et s'en souciait-il, lui qui n'avait pour son cadet et la famille de celui-ci qu'un profond mépris ? En toute honnêteté, le sentiment était réciproque. Une ancienne querelle déchirait les deux frères, et même la mort du plus jeune ne pouvait y mettre terme.

« J'ai conscience de l'incongruité de cette demande... » dit-elle en ravalant quelques larmes qui tentaient de perler à nouveau au coin de son œil. « Peut-être... peut-être qu'auparavant j'aurais choisi de respecter la coutume, comme on me l'a enseigné et comme je l'ai toujours fait. Peut-être que j'aurais rapatrié le corps en la demeure familiale, peut-être que j'aurais accepté de voir défiler des invités qui ne le connaissaient même pas, et peut-être que j'aurais laissé le seigneur de notre maison tirer cette malheureuse flèche... » une pointe de colère commençait doucement à lui transpercer les côtes. « Mais aujourd'hui, je préférerais me trancher la main plutôt que de laisser cet homme ne serait-ce que poser un regard sur mon époux. »

Une cérémonie de faux-semblants et d'hypocrisie, c'est tout ce que les usages lui permettaient en des temps si troubles. Elle s'excusa du ton sec qu'elle avait emprunté, puis prit une grande bouffée d'air avant de poursuivre :

« Nous sommes des traîtres. Dorian, mon père, mon frère, moi, tous autant que nous sommes. » sa voix s'étrangla en un ricanement triste. « Peu importe combien de fois on essaiera de me dire le contraire, je sais qu'on le murmure par ici quand on le crie dans le camp adverse. Et comme on ne peut se fier aux traîtres, les traîtres ne peuvent se fier à personne. Je suis fatiguée de cela. » souffla-t-elle en se figeant, comme si la fatigue de son esprit affectait également ses membres. « Je vous connais si peu, mais l'Empereur a toute confiance en vous et j'ai confiance en son jugement, aussi je vous crois sincère quand vous me dîtes que vous n'oublierez pas le sacrifice de mon époux et je vous tiens pour l'un de ceux à qui je peux me fier. Vous n'êtes pas obligé de me parler avec respect, ou de m'accompagner jusqu'ici, ou de vous montrer reconnaissant pour le dévouement dont Dorian a fait preuve... mais vous le faîtes. Je vous en suis reconnaissante - je ne cesserais jamais de le dire. » Elle baissa les yeux, presque gênée de réitérer sa demande, puis le regarda à nouveau en joignant les mains comme si elle priait : « Qu'importe les convenances. Si je vous fais cette demande aujourd'hui, c'est parce que je ne veux pas que la mort de Dorian n'ait servie à rien. Je vous demande de faire ce geste pour lui témoigner le respect dû à l'un des vôtres, car après tout, même si tous ne le reconnaissent pas, il était l'un des vôtres, n'est-ce pas ? Cela représenterait beaucoup pour moi. Beaucoup plus qu'une cérémonie traditionnelle. »
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