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Le chagrin et la pitié [PV Torrhen]
MessageSujet: Le chagrin et la pitié [PV Torrhen]   Lun 7 Mai - 23:32

Pâle comme la mort, les lèvres serrés jusqu’à en être blanche, Bowen fixait le gamin à la mine inquiète qui avait délivré son message. Dans un silence de mort, il ressassait ce qu’il avait appris, comme s’il craignait de ne pas en avoir compris le sens. Son visage paraissait figé, roide, comme les cadavres qui avaient jonché le sol autour d’eux, si peu de temps auparavant. Son bras bandé au niveau du coude paraissait ne jamais vouloir se relever, et ses yeux bleus avaient pris une teinte grisâtre dangereuse, obscurcis par la rage qui montait en lui. Il inspira profondément. La haine bouillonnait dans ses veines, brûlante et étouffante, comme s’il était encore sur le champ de bataille, entouré par tous les vougiers Hoare qui l’encerclaient. Il avait conscience du malaise grandissant de l’émissaire face à lui, mais ne semblait pas en mesure de bouger le moindre muscle, figé qu’il était dans cette posture, et surtout attentif à contenir le déchaînement de violences qui montait en lui. Il ne fallait pas qu’il blesse le garçon. Il devait se retenir encore un peu avant de laisser éclater sa colère et son impuissance. Dans un souffle rauque, il déclara :

« Va immédiatement trouver l’Empereur et dis-lui que le Sénéchal du Nord demande une audience. Il s’agit d’une affaire urgente. »

Sans demander son reste, l’adolescent longiligne s’éclipsa. Bowen inspira … et son poing s’abattit avec violence sur le mobilier spartiate. Ce qui suivit ne fut qu’un long déchaînement de haine, alors que le Glover hurlait sa douleur et dévastait sa tente à coup de poing, insensible à la douleur dans ses mains, à celle de son bras blessé, tout entier contrôlé par une envie brutale et dévastatrice de destruction comme rarement encore il en avait ressenti. Il était au-delà de l’horreur qui l’avait saisi après le sac de Motte-la-forêt. Là, il s’agissait véritablement de folie, de celle qui prenait les hommes au bord du gouffre et les transformait en bête furieuse. Un soldat serait entré à ce moment précis, le Poing Ensanglanté l’aurait étranglé sur le champ, peu importe son tabard, tant il était dominé par son instinct animal, cette fureur sordide qui le possédait désormais. Il était comme hors de lui, un esprit flottant qui observait son propre corps se mouvoir et tout réduire en miettes. Quand enfin, il n’en put plus, épuisé, harassé, quand l’adrénaline de la haine ne suffit plus à contenir la souffrance induite par une conduite aussi irréfléchie, les larmes vinrent. Elles coulèrent sur ses joues, doucement d’abord, puis en torrent alors que prostré, il gisait dans les débris de sa paillasse. Son cœur hurlait autant de colère que de douleur, cognant contre sa poitrine avec frénésie, alors que ses mains destructrices tremblaient, constellées de bleues et pétries d’échardes et d’estafilades. Tout son être n’était que frustration et regret, amertume et affliction. Chaque respiration lui arrachait un hoquet, alors qu’il autorisait enfin son monde à s’effondrer. Après la mort de pratiquement toute sa famille, il avait tenu vaille que vaille. Après le décès de son père, il avait surmonté le deuil comme il le pouvait. Pour ne pas sombrer dans la folie, il était allé de l’avant, réservant ses pulsions pour le champ de bataille, essayant de se raccrocher à différents espoirs : reconstruire son domaine, sa famille, obtenir un monde où ses enfants ne craindraient pas le Conflans. Mais ce monde, à peine l’effleurait-il qu’il se trouvait réduit en cendres, car cet idéal n’avait pas permis que sa sœur soit en sécurité. Le dernier pilier de sa famille, maintenant qu’Edwyle délirait avec les blessés, avait été fait prisonnier par les fer-nés. A cet instant, Bowen se moquait ouvertement de savoir que la capitale de l’Empire était tombée. Seule sa sœur lui importait, égoïstement, méchamment. Il se fichait de tous les gens probablement passés au fil de l’épée, des femmes violées. Qu’ils crèvent, pourvu qu’Alysane vive ! Qu’ils crèvent tous ! Les Glover n’avaient-ils pas suffisamment souffert ? Que fallait-il de plus aux dieux ? Sa propre vie ? Mais qu’ils viennent donc la chercher, qu’ils en finissent ! Crevez, crevez, crevez … La litanie, proférée avec violence, dans un murmure sanglant, l’envahissait tout entier, alors qu’il se répétait ce mantra avec force, qu’il le crachait par tous les pores de sa peau couverte des bleus infligés par les fer-nés à cogner sur son armure. Qu’on les lui apporte, qu’il les châtre, qu’il les étripe, qu’il les pèle vivants, qu’il leur fasse avaler leurs propres bourses avant de les clouer sur une croix !

Combien de temps resta-t-il dans cet état second ? Impossible de le déterminer. Mais quand il se reprit, l’état de sa tente l’horrifia. Hâtivement, il passa la tête hors de l’installation de fortune et brailla pour qu’on lui apporte un broc d’eau. Curieusement, ce dernier vint dans l’instant. Sans un regard pour celui qui l’avait apporté, Bowen s’aspergea le visage. Le contact froid du liquide lui fit du bien, le ramenant à la réalité, éclaircissant sa vision, son esprit. Il inspira à nouveau profondément, pour se calmer. Mais ses mains continuaient à trembler. Méthodiquement, il les enveloppa dans un linge, se disant qu’il ferait passer cela pour des marques de la bataille. Et il attendit, le regard fixe, incapable de penser. On lui annonça que l’Empereur était prêt à le recevoir. Il se leva et suivit le garde Demalion d’un pas lourd, les sourcils froncés. La nouvelle se répandait, et certains murmuraient sur son passage. La froideur de son regard éteignit vite les discours. Quand enfin il arriva devant l’endroit où son ancien mentor reposait, Bowen s’arrêta, prenant une profonde goulée d’air. On l’annonça. Il entra et mécaniquement, mit un genou à terre.

« Votre Majesté Impériale … »


Il se releva, avant de fixer l’ancien Stark. Et se retrouva incapable de dire quoi que ce soit d’autre, comme si les mots se perdaient dans sa bouche. Ordinairement, il aurait parlé de la victoire, demandé des nouvelles de sa santé, se serait inquiété pour sa jambe, aurait fait un rapport de la situation, des blessés … Mais les mots ne lui venaient pas. Le silence s’étirait. Enfin, il parla, d’une voix atone :

« J’ai demandé un décompte provisoire des morts et blessés du Nord. Les chevaux morts ont été équarris comme nécessaire, et l’essentiel de ce qui pouvait être récupéré sur les cadavres a commencé à l’être, même s’il faudra probablement un certain temps pour s’en assurer. Aucun de mes hommes n’a repéré le fils Hoare parmi les cadavres, mais certains sont difficilement identifiables. »

Son esprit d’ordre reprenait le dessus. Mais tout cela lui était indifférent, à cet instant précis, parce que cette victoire si décisive, si longuement voulue, appelée, souhaitée, espérée, lui devenait soudain presque insupportable, car même dans la tombe, Hoare s’en prenait encore au Nord. Et encore aux siens.

« Vous avez entendu, n’est-ce pas ? Pour … »

Il n’acheva pas. Il n’arrivait pas à le dire. Pour ma sœur. Pour Alysane.

« … Fort-Darion. »



Through the darkness, we shall survive et rise again, stronger, because we are the Iron Fist, and we strike the ennemies of the North.




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MessageSujet: Re: Le chagrin et la pitié [PV Torrhen]   Mar 8 Mai - 11:12

Les courriers et informations affluaient de toutes parts. Pas d’attaques comme escompté sur Les Epois, sur Darry, sur Viergétang. Pas de mouvements depuis Harrenhal. Pas d’autres armées à proximité. Harren avait joué son va-tout, sans doute avec le sentiment tenace d’avoir été pris au piège. Nous n’avions pas encore les nouvelles détaillées de tout ce qu’il se passait dans la région. Il était donc encore difficile d’estimer quelles places se rendaient, lesquelles se battraient jusqu’au bout. Entourée d’une vaste armée, menacée par une colonne remontant vers nous, Noblecoeur n’avait pas fait de difficultés. De toute manière, sans espoir d’être secourue par qui que ce soit… Je n’avais pas encore eu le temps de profiter de la victoire. Il y avait eu des célébrations spontanées au sein de la troupe, que je n’avais pas brimées, ni empêchées. Les hommes, tant qu’ils assuraient leurs travaux d’enfouissement des corps et de remblais défensifs, étaient bien libres de fêter la bataille la plus risquée mais décisive de cette année qui venait de s’écouler. Je ne le réalisais pas encore, mais Harren mort, c’était la fin d’une époque. Il nous restait quantité de défis à surmonter. Le Bief était un gros morceau, mais il n’était pas le seul, loin de là. Et d’autres nouvelles nous rappelaient que si un pas majeur avait été franchi la veille, la guerre n’était pas finie. Dans un dernier coup de dé, Harren avait envoyé des troupes à Salins. J’avais un temps cru que cette petite force se dirigerait sur mes arrières, mais nos patrouilles n’avaient remarqué que des fer-nés crasseux et peu nombreux qui semblaient éviter jusqu’aux convois impériaux, tant leur petit nombre les empêchait du moindre mouvement offensif. Nous avions été leurrés par ces faux renseignements, et d’après les nouvelles reçues… L’ennemi s’était encore une fois montré expert dans l’art du subterfuge.


Je soupirais, froissant le parchemin, ivre de rage et de haine. Ne pouvait on pas simplement se rencontrer ets’expliquer sur le champ de bataille, comme toutes les armées civilisées du monde ? Non, il fallait que ces maudits pillards s’en prennent encore à des endroits non défendus. Je réfléchis un moment. Le chef de nos patrouilles maritimes m’envoie son compte rendu d’observation, et m’assure que sa flotte est en capacité d’intervenir. Je le crois sur parole ; nous avions eu bien raison finalement de continuer de patrouiller en nombre les eaux de la Baie des Crabes, et de faire passer nos lignes de ravitaillement par la Néra. D’un autre côté, pouvions-nous agir ? Je n’en savais rien. Il me manquait des informations cruciales pour prendre une décision. La troupe ennemie avait de toute façon été saignée, sans aucun doute, par un assaut sur une bourgade naturellement défendue par le bras de mer. Un nordien déboule, me salue et m’informe que le Sénéchal du Nord réclame audience. Glover. Bien sûr. Alysane se trouvait déjà sur place, sa sœur. Je brise le bout de bois qui me sert de canne depuis la veille, sur mon genou encore valide, et j’en jette violemment les tronçons au feu. Ce revers sera puni dans le sang. Il faut un moment pour qu’on me change les bandages. A force de m’agiter, les fils du genoux tenaient, mais laissaient suinter du sang. Je maudissais ma malchance, et les séquelles d’une guerre éternelle. On me bande à nouveau les blessures et on m’aide à revêtir cape et épaisseurs supplémentaires, car même dans le pavillon avec le foyer central, le froid mordant de l’hiver pénétrait sans arrêt, renouvelant ses assauts. On m’indique que Bowen est présent, et un geste de la main suffit à le faire rentrer.


Je toise l’homme, jadis fougueux jouvenceau, à jamais transformé par ses nouvelles responsabilités et le bain de sang de la veille. Il est furieux, je le sens d’ici ; sa haine me percute comme une vague de chaleur, un soir d’été à Goeville. Je le salue d’un signe de tête.



| Lord Sénéchal. |


Je l’écoute attentivement, alors que je sens d’ici le poids qui lui serre la gorge. Il m’informe des dispositions prises par ses soins concernant l’armée nordienne, et me parle des chevaux. J’acquiesce d’un signe de tête.


| Gageons qu’il s’est enfui. La guerre continuera donc, mais selon nos termes. Veillez à convoyer grosse quantité de chevaux au dragon, il en engloutit une grosse quantité. Vous le trouverez dans les bois à l’ouest… Laissez la charrette en lisière, ne prenez aucun risque. Pas d’attaques pour le moment, mais la bête est dangereuse, du fait de ses blessures. Salez le reste, et distribuez en double ration aux hommes. Il est temps de recouvrer nos forces. |


Bien sûr, Fort-Darion. C’était le réel objet de sa visite, même si son rapport aurait sans doute dû être fait… Après qu’il en ait référé au Roi du Nord.


| Oui, je l’ai appris tôt ce matin. Ces fils de truies nous le paieront. Pour l’instant, les informations reçues sont confuses. Il ne devait pas y avoir de forces ennemies dans ses environs, d’après nos éclaireurs nordiens d’Herpivoie ou les Peyredragoniens de Darry. L’ennemi prouve une fois encore son recours aux plus vils stratagèmes. |


Je pose ma main sur son épaule, et la serre.


| Notre victoire ici change tout. Nous allons nous regrouper, attendre l’Impératrice, soigner nos blessés. Et nous marcherons sur ma ville pour la libérer de ses agresseurs. Je ferais tout pour que votre sœur vous soit rendue en vie, Sénéchal. Je vous en fais le serment. |










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