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No More Heroes [Tour V - Terminé]
MessageSujet: No More Heroes [Tour V - Terminé]    Lun 7 Mai - 0:56



Conflans, An 1, mois 3, semaine 3



J e fis ralentir mon cheval, jusqu’à ce que son galop devienne pas. Tempête était fatiguée, mais c’était une bonne monture. Elle avait maintenu la cadence que je lui avais imposée sans relâche ses derniers jours. Nous dormions peu, nous reposant juste ce qu’il fallait. Le reste du temps, nous avancions encore et encore. Deux jours que j’imposais ce rythme sur mes hommes. Personne ne se plaignait, même si nous étions harassés par moment. Nous avions besoin de repos, et le moment était venu pour cela. Les nouvelles de différents éclaireurs, et des villageois nous avaient fait nous presser un peu plus. Tout comme les conscrits que nous avons débusqué parfois et fait prisonnier. Hoare était mort. C’était ce que l’on racontait. Meraxès qui n’était pas revenue depuis maintenant trois jours avait été blessée dans la bataille qui avait opposé l’Empire et les royaumes unifiés au Noir. Elle avait défendu mon frère et elle en avait payé le prix. Mais, d’après les rumeurs toujours, sa vie n’était plus en danger. La victoire était retentissante mais elle avait fait de nombreuses victimes et elle était passée à un cheveu d’être une défaite.

J’avais une boule d’angoisse dans le ventre. Elle s’allégea légèrement quand Baâl en personne vint nous rejoindre, alerté par les éclaireurs de notre arrivée. Il me confirma les rumeurs entendues, en écarta d’autres et m’apporta de nouvelles informations. Son rapport n’était pas très détaillé. Mon général allait droit au but, conscient que je n’étais pas réceptive à un long discours. Pas pour l’instant en tout cas. Plus tard. En approchant du camp établi, j’hésitais un instant. Je stoppais Tempête, ordonnais à ma troupe d’aller se reposer, et en fit de même avec Baâl. Je descendais de ma monture que je confiais à Leslyn, que je congédiais également. Je ne risquais rien pour l’heure et il y avait des choses que je ne pouvais faire que seule. Je masquais sur mon visage toute ma fatigue et ma peur et revêtait le masque de l’Impératrice confiante. Ne m’écoutant pas, ma Main me suivit, quelques pas derrière moi, suivi de certains de mes gardes à qui il avait surement fait signe de me suivre. Je n’avais pas la force de me battre contre lui alors je ne dis rien. Mon premier trajet me conduisit jusqu’aux tentes où les hommes étaient blessés. Ca sentait le sang et la mort, mais peu importait. Je passais parmi eux, m’enquérant de leurs états et de leurs blessures. Je murmurais des prières à ceux qui étaient morts, respectant la distance que m’imposaient les différents mestres pour ne prendre aucun risque pour Aeden.

Cela fut long et éprouvant, mais nécessaire. C’était là mon devoir en tant qu’impératrice. Cela fait, je m’éloignais légèrement pour aller sous le couvert d’un arbre. Prise de haut de cœur, je vomissais ce que j’avais avalé plus tôt. Je pris les mains tremblantes la gourde que me tendait Baâl pour me rincer la bouche et boire une gorge. Il commença à me conseiller d’aller me reposer, mais je l’arrêtais d’un geste de la main. Je n’avais pas fini de faire ce que je devais faire. Ensuite, oui ensuite j’irais me reposer. Mon deuxième trajet me conduisit non loin de là, jusqu’à Orys qui dormait, et entouré d’un bataillon de médecin. Je ne m’attardais pas. Je déposais un simple baiser sur son front, ordonnais qu’on me prévienne lorsqu’il irait mieux, puis repartais aussitôt. Je sifflais dans la nuit tout en marchant vers ma troisième étape. Un cri me répondit et Ebryon arriva rapidement jusqu’à moi, volant à mes côtés. Je nous dirigeais vers Meraxès, quelques plantes et de l’eau en main, récupérant sous la tente d’Orys auprès des Mestres. Lorsque nous arrivâmes à proximité, elle se mit à grogner, et à claquer ensuite des dents. Baâl ordonna aussitôt à nos hommes de reculer et il en fit de même alors que, de mon côté, je m’avançais encore vers ma sœur d’une humeur massacrante. Elle continuait de grogner, mais plus pour dissuader toute autre personne d’avancer qu’autre chose. Ebryon passa sa tête dans son cou pour la saluer, avant d’aller se repaitre dans les carcasses de canassons qu’on avait amené à sa sœur. Je posais quelques instants son front sur son museau, la remerciant pour son aide et pour avoir sauvé Orys. Puis, minutieusement et longuement, je vins panses ses plaies une à une, appliquant une pâte à base d’eau et de plantes cicatrisantes. Je ne pus m’empêcher de trembler en le faisant, et de pleurer aussi en voyant l’étendue de ses blessures et les stigmates qu’elle garderait. Elle avait manqué de mourir. Baâl me l’avait caché. Je m’en rendais compte en voyant tout ce qui ornait son corps. Elle allait mettre du temps à se remettre de tout cela. Et il n’était pas question qu’elle reparte au combat avant longtemps… Pour ne pas dire jamais. A son contact, je me laissais aller à mes émotions. Je m’écroulais un peu contre elle, restant plus que nécessaire dans son giron, ne pouvant m’empêcher de la toucher, de me rassurer par la chaleur de son corps qui s’était refermé légèrement sur moi.

Je finis par me relever quand la nuit finit de totalement tomber dans la plaine. Une dernière fois je remerciais Meraxès, puis après avoir séché mes larmes, je la laissais derrière moi, en compagnie d’Ebryon, revenant vers Baâl en me guidant par la torche qu’il venait d’allumer. S’il vit parfaitement mon visage, il ne dit rien. Il passa sa torche à l’un des gardes et m’aida à marche jusqu’à ma dernière destination. J’avais voulu faire le tour des troupes, mais je n’en étais plus capable. J’étais bouleversé, fatiguée, et j’avais mal à mes bras, mes jambes et ma poitrine bien trop entravée dans cette tenue de voyage trop petite. Je rejoignais Torrhen la gorge serrée, ayant peur de ce que j’allais découvrir. Après Meraxès, qu’est-ce qui m’attendait ? Lui aussi avait été blessé, mais sa vie n’était pas en danger. Vu l’état de ma sœur, je craignais le pire. En le voyant debout, à parler avec je ne sais pas qui, un sanglot secoua mon corps. Que les Dieux m’en soient témoins, je détestais toutes ses émotions qui se bousculaient en moi depuis que j’étais enceinte. Et sans même remercier Baâl, je le lâchais, et utilisais les dernières forces qui me restaient pour d’abord marcher vite puis courir vers Torrhen. Je tombais dans ses bras en pleurs, incapable de dire le moindre mot, incapable de faire autre chose que de passer mes mains autour de lui et le serrer contre moi. Il était vivant. Il était vivant, et en relative bonne santé puisqu’il était debout. Par tous les Dieux. S’il n’avait pas survécu… J’avais manqué de le perdre. J’avais manqué de tous les perdre. Sombre idiot ! Stupide homme ! lui criais-je en serrant sa tunique entre mes doigts. Puis je frappais une fois, deux fois son torse avant de relever les yeux vers lui, toujours embués de larmes pour lui dire d’une voix aussi tremblante que l’ensemble de mon corps Ne refais plus jamais ça… Plus jamais…












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Dernière édition par Rhaenys Braenaryon le Dim 13 Mai - 12:24, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: No More Heroes [Tour V - Terminé]    Lun 7 Mai - 16:56

Je me retrouve à dominer le champ de bataille depuis la colline qui la surplombe, au sud. Noblecoeur est plus bas sur la route. Je n’y ai pas transporté l’armée, bien que j’ai fait occuper la ville. Rester au plus près des blessés, de tous ceux qui étaient intransportables, de tous ceux qui avaient besoin de temps, d’eau et de soins. De repos. Certains hommes avaient dormi plus d’une douzaine d’heures le soir de la bataille, affalés sur leur pique et sur leur hallebarde. D’autres avaient encore un peu d’énergie. J’en avais alors profité pour donner des ordres, alors qu’un mestre s’occupait de mon foutue jambe et de ma fichue main. Il avait fallu me débarrasser de mon armure à ces endroits. Virer les plaques d’acier. Virer les mailles. Découper mes chausses à même ma jambe, et commencer à désinfecter et à recoudre. J’avais donné des ordres alentours. Il fallait prendre nos quartiers. Nous protéger d’un éventuel retour offensif. Réunir la cavalerie, nourrir les chevaux et les hommes. Que les troupes les plus fraîches, des réserves nordiennes ou impériales, commencent à regrouper les morts, et à les dépouiller de tout équipement utile. Nous étions deux jours après, et la fosse commune près de la rivière n’avait pas encore été remplie. Un attelage portant des bouts de carcasses passa près de moi. Le grondement régulier d’un dragon blessé retentissait, depuis la forêt à l’ouest. Je ne savais pas m’y prendre avec un dragon, alors je me contentais de lui envoyer les cadavres de chevaux et de bœufs de traits abattus pendant les combats et la déroute ennemie. Il semblait en faire son affaire, léchait ses blessures, s’occupait de lui et se montrait encore plus rétif que d’habitude, voire carrément dangereux. On limitait les contacts humains. Et j’avais interdit aux troupes montées de patrouiller la zone. D’une façon ou d’une autre, si un ennemi passait par là, les choses se passeraient mal pour lui. Et on l’entendrait hurler. Il fallait donc enfouir des milliers de corps. Découper les chevaux morts. S’occuper des blessés. Appuyer la victoire. Je n’avais pas encore pris le temps d’écrire, il y avait tant à faire. Et ces nouvelles reçues du Nord, de la Baie des Crabes… Ma capitale, à peine proclamée, était prise par l’ennemi.


Même mort, Harren continuait de m’empoisonner la vie. Ce n’était rien, stratégiquement parlant. Avec l’essentiel du Conflans libéré et les ports de la Néra, Fort-Darion n’était capitale que symbolique, pas militaire, ni administrative, ni économique. Un bourg, qui serait plus facile à reconstruire maintenant qu’il avait subi des dommages. Mais le symbole… La victoire contre Harren avait été coûteuse. Et on n’avait pas retrouvé son fils sous les piles de corps. Du moins, personne que ses soldats capturés avaient su identifier. La partie n’était pas finie, loin de là. Je m’appuie sur ma jambe blessée, toisant le camp depuis les hauteurs où ma tente noire, blanche et rouge avait été dressée. Spacieuse, car il fallait abriter tout le fourniment qui me suivait. Parchemins, documents légaux, de comptes, paies des hommes. C’était pourquoi l’endroit était gardé en permanence par les Demalion, fidèles au poste. Grimaçant de douleur, je passais ma main sur l’épais bandage m’enserrant la jambe. J’allais sans doute avoir du mal à courir le marathon avec les troupes, d’après le mestre. Foutue guerre, foutu Harren. Paradoxalement, l’offensive finale m’avait donné des ailes, m’avait libérée. Mais je ne me sentais pas en paix pour autant. Je savais qu’il restait tellement à faire… Et la maîtresse du dragon allait bientôt arriver. J’avais promis que je ne m’exposerais pas trop. Fondamentalement, j’avais tenu parole. Je m’étais certes exposé en première ligne, mais je n’avais mené que des combats à mon avantage. Et j’avais occis celui qui hantait mes cauchemars depuis près de quinze ans. Non sans mal, me dis-je en palpant le bandage de la jambe, en ne sachant pas serrer le poing gauche tant les files me tiraient la peau, et en effleurant du bout des doigts l’immonde balafre qu’était devenue mon visage.


Une colonne arrive au camp. Ville de bannières et de tentes qui claquent au vent. J’emplis mes poumons de l’air amer de la victoire, ressassant une fois encore la vengeance enfin accomplie de mes frères, de ma femme, de tous les hommes qui s’étaient battus pour moi toutes ces années durant. Je lâche quelques mots à un aide de camp impérial. Je reconnais les blasons impériaux, de l’Orage, de Peyredragon, du Nord. Et je reconnais sa tignasse reconnaissable entre mille. Un sourire de gamin victorieux orne mes traits. Sourire qui se flêtrit rapidement quand je vois son visage alors qu’elle se rapproche. D’instinct, je saisis ce qu’elle ressent. Une partie du moins. Je n’avais pas fréquenté ma femme plus de quelques semaines en un an, mais je saurais jurer qu’à cet instant précis, elle était plus anxieuse qu’à n’importe quel moment. Vêtu d’une tenue de cuir frappée d’un relief d’écartelé Braenaryon, je ne me suis pas particulièrement apprêté. Mes bandages serrent mon genou et ma main gauches. Ma face arbore l’horrible stigmate de la défaite. Mais je ne ressens plus la satisfaction sauvage de la victoire. Je la vois s’élancer vers moi. Un regard pour toutes personnes alentours, gardes et soldats, qui s’éloignent aussitôt. Rhaenys est traumatisée, au comble de l’angoisse, de la peur et du désespoir qui ressort enfin.


Je chancelle sous le choc, manquant de tomber à cause de l’état de ma jambe gauche. Elle s’agrippe à moi. S’insurge. Me frappe. Je n’ai pas le cœur de la tancer pour une réaction si impétueuse. Je la serre contre moi, doucement d’abord. Puis plus fort. J’inspire son odeur, m’en remplit les poumons. Je l’éloigne doucement, son visage pris entre mes doigts. Enceinte jusqu’au cou, elle n’a jamais été aussi en formes, ni aussi belle. Je lui réponds d’un ton doux, qui se veut apaisant. Mais ferme.



| Je suis ce que je suis. Et je fais ce pourquoi je suis fait. L’assassin de ton frère et de ta sœur, je l’ai tué de mes mains. Tous nos proches sont enfin vengés. Mais il nous reste tant de travail… Je suis heureux de te revoir, Rhaenys. Même si tu ne retrouves pas le fringuant conquérant que tu as épousé, j’ai bien peur que cette guerre-ci m’ait plus abîmé qu’escompté. |


Je l’attire à nouveau contre moi, main blessée sur son ventre, doucement. Je la pose dessus sans lui demander son avis. Je suis l’Empereur, et cet enfant est à moi. Pas encore au jour, qu’il a déjà subi deux tentatives d’empoisonnement. Mon autre main l’attire à moi, au creux de ses reins. Mes lèvres trouvent les siennes, au travers de ma barbe. Je l’embrasse doucement.


| Tu m’as tellement manqué. Cette bataille était la nôtre, et j’ai combattu ton nom aux lèvres. Cette victoire est pour nous. Et pour lui. Sèche tes larmes, et allons à l’intérieur ? La route a dû t’épuiser. La guerre m’a fait vieillir de dix ans de plus, j’ai besoin de m’asseoir. | dis-je en passant ma main lentement sur son ventre.







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MessageSujet: Re: No More Heroes [Tour V - Terminé]    Lun 7 Mai - 17:57

[quote="Rhaenys Braenaryon"]size:30px; margin-bottom:-5px;">Conflans, An 1, mois 3, semaine 3



Mon corps tremble. Les larmes coulent sur mes joues. Je n’arrive plus à contrôler mes émotions. Elles débordent, sortent de mon corps, et expriment tout ce que j’avais gardé en moi ces derniers jours. Je laisse Torrhen tout encaisser. Il ne m’avait jamais vu dans un tel état, mais qu’importe. Il me connaissait. Il savait quelle femme j’étais et combien je pouvais être parfois irréfléchie. Il m’acceptait pour celle que j’étais, m’aimait également. Alors je n’avais pas besoin de faire semblant avec lui, même si en cet instant, j’en aurais été incapable. J’avais eu si peur. C’était pire finalement, pire de ne pas être là, d’être loin. Par deux fois il avait combattu contre le noir. Et par deux fois, ils avaient tous manqué de mourir. Par deux fois, on avait voulu m’arracher les miens. Si l’un d’entre eux n’étaient pas rentré… Aurais-je trouvé la force de continuer ? Je… J’en doutais fortement. Je ne pouvais pas avancer toute seule. C’était là ma plus grande faiblesse. La mort d’Aegon et de Visenya m’avait profondément touchée. Plus jamais. Je ne voulais plus jamais perdre une personne qui m’était chère. Et cette pensée était égoïste, égoïste car je demandais à mes gens et à mon peuple un sacrifice que je ne saurais accomplir. Je m’en rendais bien compte en cet instant.

J’étais incapable de lâcher Torrhen. Je me raccrochais à lui comme si ma vie, nos vies à tous les trois en dépendait. Je vocifère contre lui, sans même me soucier si nous sommes seuls ou non. Cela n’a aucune espèce d’importance. Je m’en fiche bien. Je restais une femme, une femme qui plus est enceinte et bien moins maitresse de ses émotions qu’à l’accoutumé. Les bras de l’homme se resserrent autour de moi, m’offrant le réconfort dont j’ai tant besoin actuellement. Son étreinte se fait plus forte, et je blottis mon visage contre son torse, continuant de serrer ses habits de mes mains. Mes sanglots ne se calment pas, et je pleure toujours, mais je me sens un peu mieux qu’à mon arrivée. Il s’écarte légèrement pour prendre mon visage en coupe dans ses mains. Je le regarde, les yeux humides. Il m’avait parlé d’une affreuse cicatrice, mais je ne vois sur sa joue que la marque d’un survivant. J’essaye de chasser mes larmes avec la paume de mes mains, consciente désormais que je dois être affreuse. J’avais changé, bien changé depuis la dernière fois que nous nous étions vus. Et je n’étais pas certaine qu’il apprécie cela. Je n’étais pas certaine moi-même d’apprécier ce corps qui était désormais le mien. Sa voix est apaisante, mais ne laisse pas pour autant place à la moindre protestation. Je n’en aurais pas la force de toute façon. Pas ce soir en tout cas.

Il n’attend pas de réponse de ma part. Il me serre de nouveau contre lui, avant de poser sa main sur mon ventre. Cela me provoque un hoquet de surprise en moi. Je n’ai plus vraiment l’habitude qu’on me touche, encore moins à cet endroit là. Kora et Yesaminda sont les seules à qui je l’ai permis et uniquement pour vérifier qu’Aeden se porte bien. Il est mon fils, mon enfant et il n’est pas question que d’autres ne viennent à s’approcher de lui et à profiter de cette grossesse pour venir me toucher. Le contact de Torrhen est étrange, mais il ne me dérange pas. Sa place est auprès de nous et nul autre part. Je pose ma main sur sa sienne pour qu’il le comprenne. Aeden est son fils, son héritier, et cela fait bien trop longtemps qu’ils ont été séparés. Je ne le permettrais plus. Plus jamais. Et si pour l’instant notre fils semble dormir, j’espérais que, bientôt, Torrhen puisse le sentir bouger sous ses doigts.

Ses lèvres finissent par trouver les miennes. Il m’a tant manqué. Il n’a aucune idée de combien il m’a manqué. Je lui fais un signe affirmatif quand il me propose de rentrer dans sa tente et de sécher mes larmes. Il avait gagné et il était vivant. S’il pensait être vieilli de dix ans, c’était aussi mon cas. Mes cheveux n’auraient pas été argenté, sans doute aurais-je eu des cheveux blancs. Non, c’était même certain. Je jetais un œil à sa jambe quand il m’indiqua qu’il avait besoin de s’asseoir, sa main toujours posée sur mon ventre. J’étais incapable de l’aider à avancer. Pas dans mon état de fatigue actuel. Je m’écartais de lui pour le laisse se saisir d’un bout de bois pour s’appuyer dessus. Je le suivais dans sa tente, restant à sa hauteur. A la garde de Torrhen se rajoutait la mienne. Nous ne risquions rien et Ebryon ne me rejoindrait pas, pas alors que Meraxès était blessé. Je me retournais simplement pour demander à ce qu’on nous fasse apporter à manger, un bain chaud, et mes affaires d’ici une heure. Je n’avais pas besoin de préciser que nous ne voulions pas être dérangés, cela allant de soi.

Entrée dans la tente, je n’attendais pas une minute de plus pour tirer sur les fils du haut de ma tenue de voyage. Les cuirs se relâchèrent et je poussais un soupir de soulagement. Ma peau était rougie par endroit, marqué par les habits que je portais. Je les laissais choir sur le sol, puis après un vague coup d’œil, je récupérais l’une des chemises de mon époux. Elle était trop grande, mais cela n’avait aucune importance. Je me débarrassais ensuite de mes chaussures, et du reste de ma tenue, non sans jurer une ou deux fois sur son manque de praticité. Tout était bien plus compliqué depuis que mon ventre était gros. Faire cela m’avait donné le temps de me calmer un peu. Je ne pleurais plus en revenant vers Torrhen qui s’était assis, simplement vêtu de sa chemise. Je trouvais ses lèvres, mes mains autour de son visage, d’abord doucement, puis jusqu’à en perdre haleine. Je pris sa main pour la poser de nouveau sur mon ventre, la passant sous le vêtement pour que sa peau soit le plus proche possible de notre fils. Je posais mon front contre le sien et lui dis doucement J’ai eu tellement peur… Il n’est plus question que tu nous quittes. Plus Jamais. Lui soufflais-je avant de venir l’embrasser de nouveau. Tu m’as tellement manqué… Pardonnes moi je suis affreuse, mais je ne pouvais pas attendre plus longtemps pour te voir..














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MessageSujet: Re: No More Heroes [Tour V - Terminé]    Lun 7 Mai - 18:58

Rhaenys est profondément meurtrie par ce qu’elle a vécu de son côté. Par ce qu’elle a vécu à cause de moi. Je m’en rends bien compte. J’accuse le coup, et je lui laisse le point. C’est évident qu’elle a morflé. Alors je la serre contre moi. Parce qu’elle est ma femme. Parce qu’elle ne va pas bien. Parce que je l’aime, et qu’elle m’a manqué. Cinq mois, par les dieux. Je sens tout son soulagement, mais aussi le désespoir terrible et honni de la perspective d’un possible nouvel abandon ; Rhaenys aimait la victoire, elle aimait être entourée. Mais la disparition de ses aînés l’avaient laissée seule, plus que jamais elle ne l’avait été auparavant. Je la sens se tendre contre moi. Elle n’avait visiblement pas l’intention de me lâcher. Pas une seule seconde. Elle trouvait du réconfort, dans cette proximité. Et moi aussi. Malgré la fatigue et la douleur de mes blessures, je ressentais une grande et profonde satisfaction à l’avoir contre moi. C’était libérateur. C’était la paix. Je l’aimais. Je n’avais pas voulu tomber amoureux d’elle ; j’avais considéré que ce serait un acte bien stupide, compte tenu de nos accords, de nos natures. Mais j’avais été incapable de résister. Incapable de tenir bon. Je l’aimais, et maintenant, elle attendait notre enfant. Nous étions victorieux. Et encore en vie tous les deux malgré les périls mortels qui nous avaient été tendus. J’accuse ses coups. Je lâche un simple « shhht », fermant les yeux, la serrant contre moi, ma main dans son dos lui caressant l’arrière des cheveux. Elle pleure.


C’est sans doute pour ça que j’aime Rhaenys. Douée en stratégie, en tactique. Caractère impétueux et téméraire, mais fidèle et loyale à sa manière. Entière, quoi qu’il arrive. Elle est impératrice de quatre royaumes unifiés, et elle pleure contre moi pour exprimer sa peur. Son visage creuse mon torse, s’y réfugie. Je sens que ma chemise s’humidifie de ses larmes, et j’ai un mince sourire quand je vois ses si beaux yeux violets, baignés de larmes, me voir comme si elle me voyait vraiment pour la première fois. Elle s’essuie les yeux et laisse s’exprimer sa surprise de me voir si entreprenant, de toucher et caresser son ventre sans vergogne. Je le fais, parce qu’elle est ma femme, et c’est mon enfant qu’elle porte. Jamais je ne me serais permis ce geste d’une extrême intimité avec qui que ce soit d’autre, pas même ma propre fille. Je ne sens rien, pas de gestes, mais une douce chaleur malgré tout qui irradie de sa chair. Encore choquée, Rhaenys n’accepte de rentrer à l’intérieur du pavillon impérial que d’un signe de tête. Notre garde se rapproche à nouveau alors que je peine à marcher, Rhaenys aussi éreintée que moi, m’aidant d’un bâton de bois pour m’appuyer dessus et éviter que mes bandages ne s’imbibent trop de sang. Rhaenys donne quelques ordres au dehors, avant de me rejoindre. Je me retourne en entendant un bruit de tissu, sourcils froncés.


Et j’écarquille les yeux, soudain rieur, alors que je la vois retirer sa tenue de voyage sans la moindre pudeur. J’étais son époux, mais nous n’avions jamais vécu ensemble. Et même si le sexe pour la procréation était notre devoir, cela ne voulait pas dire que nous partagions forcément une grande intimité de vie. Je suis donc surpris par son aplomb, mais un court instant seulement. Je note que son corps est plus formé qu’avant. Plus féminin, si c’est possible. Son ventre s’est arrondi, ses seins me semblent plus lourds, ses cuisses plus solides. Elle n’a pas pris tant que ça, vu qu’elle a passé cinq mois sur les routes de l’Orage. Mais elle ne semble pas se faire à sa grossesse, physiquement parlant ; ses gestes sont un peu gauches et maladroits, comme si elle s’apprivoisait encore. Elle enfile une de mes chemises et je ris doucement, pas d’elle directement, mais de sa témérité coutumière, qui la pousse à s’habiller en homme. Pourtant, je l’ai vue femme. Des mois d’abstinence et de meurtrissures ont laissé leurs marques, et je ne peux nier qu’elle me captive. Lorsque Rhaenys revient, elle est plus calme. A nouveau maîtresse d’elle-même. Et nous échangeons un baiser brûlant, avant qu’elle n’aille guider ma main sous la chemise, bien trop large pour elle, pour être posée sur son ventre qui me semble tout aussi bouillant. Elle me dit qu’elle a eu peur. Qu’elle ne voulait plus que je la quitte. Plus jamais. Le temps des disputes était passé sur nous aussi vite qu’il était arrivé. Je ris doucement, après un court baiser.



| J’ai eu peur aussi. | avouais-je, honteux de la confidence, mais honnête jusqu’au bout des ongles. | A Buron. J’avais déjà frôlé la mort, mais jamais d’aussi prêt. Le souvenir de la hache qui m’a fait ça… Les autres blessures. Le passage à tabac. Le nœud coulant, autour de mon cou. A Buron, j’ai rencontré la mort. Et elle ne m’a pas plu. |


J’espérais que ça la rassurerait, au moins un peu. Je fis une légère pause, avant de reprendre. Ma main dérivant naturellement sous la chemise. L’autre caressant du bout du pouce ses lèvres.


| Tu es magnifique. La grossesse te va bien. Je suis rassuré de te voir en bonne santé. Après les nouvelles de poison, j’étais tellement en rage… J’aurais capturé mille hommes ce jour-là, que je les aurais sans doute tous égorgés un à un. Mais vous allez bien. Je vais bien. C’est tout ce que je demandais aux dieux, dans mes prières. |









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MessageSujet: Re: No More Heroes [Tour V - Terminé]    Lun 7 Mai - 20:27



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Je ne comptais plus jamais remettre ma tenue de voyage. Plus dans l’immédiat en tout cas. Je savais que Kora avait fait demander du cuir, du fil, des aiguilles et je ne sais pas quoi d’autres pour m’en confectionner une autre. Elle était bien trop petite, et elle me meurtrissait bien trop désormais. Mes seins étaient devenus bien trop gros. Et mon ventre avait trop forci aussi. Je me trouvais grosse, énorme même quand bien même Yesaminda m’avait assuré avant que je ne parte que mon poids était normal, voir un peu en deçà pour une femme avec une grossesse aussi avancée. Elle m’avait fait promettre de manger tout ce que Kora m’apporterait m’indiquant qu’elle lui avait laissé une liste précise de ce que je devais avaler ou non et en quelle quantité. Je la croyais sur parole, même si je n’avais pas vu le parchemin. Mère avait appris à ma gouvernante à lire et à écrire et je ne doutais pas que Kora s’y était exercée encore en encore même après sa mort. Et, je savais qu’en demandant qu’on nous serve un repas, ma suivante s’occuperait du mien personnellement. De toute manière, il n’était plus question, depuis ma tentative d’empoisonnement, qu’une autre personne qu’elle ou Leslyn ne touche ce qui finirait dans mon assiette. Je savais qu’elles passaient un temps fou à tout inspecter, à tout laver et à tout gouter aussi. Plus aucun poison ne pourrait m’approcher et nuire à Aeden, plus aucun. Et tant pis si je devais vexer certains en refusant de boire ou manger ce qu’ils pourraient me proposer. Prudence était mère de sureté.

La chemise de Torrhen était trop grande mais parfaite. J’étais bien plus à mon aise ainsi, bien plus que dans des robes désormais trop petites et serrés. Je rêvais de pouvoir les remettre, mais ce n’était pas pour tout de suite. Je n’avais pas pensé que mon corps changerait autant. Je n’y étais pas préparée, surtout que pendant longtemps, il était resté inchangé. Je me sentais gauche, maladroite aussi et je perdais parfois patience, ce qui était contreproductif au possible finalement. En prenant mon temps, je finissais toujours par y arriver. J’aimais déjà Aeden, et je voulais le protéger et qu’il continue de grandir. Mais je détestais malgré tout tout ce pas quoi je devais passer pour cela. Je n’étais pas aussi sereine que je l’aurais dû mais la situation ne l’était pas non plus. Je passais mon temps sur les routes à voyager sans cesse, et à m’inquiéter pour le devenir des miens. Et, je devais l’avouer, je ne m’étais pas attendue à être aussi rapidement Mère. Cela m’avait surprise et si je ne le regrettais pas, le moment n’avait pas été pour autant propice. Mais les choses allaient désormais changés. Je ne serais plus loin des miens. Et j’étais prête à rester en retrait, à plus me reposer tant qu’ils restaient à mes côtés. Je l’exigerais d’ailleurs si cela était nécessaire. Je ne les laisserais plus partir… Et je ne repartirais plus sans eux non plus.

Bien plus maitresse de moi-même, je retournais vers Torrhen, retrouvant ses bras, ses lèvres. Je lui avouais combien j’avais eu peur, combien il m’avait manqué aussi. J’avais pris conscience durant cette absence que je m’étais habituée à sa présence à mes côtés. Il était devenu un membre à part entière de ma famille, une constance que j’avais manqué de perdre. Par deux fois. Je guide sa main sur mon ventre, renfermant notre fils. J’avais hâte qu’il le sente lui aussi bouger, qu’il puisse enfin lui parler et nouer des liens avec lui. Je lui avais dit jadis, je n’étais pas Sigyn, et il n’était pas question que j’accepte qu’il se tienne loin des siens, quitte à devoir me battre pour cela. Il m’en savait capable. Et il savait combien j’étais têtue. Il m’avait épousé en sachant parfaitement ce qui l’attendait. Tout comme je le savais aussi. Notre mariage fonctionnait parce que nous avions été honnêtes l’un envers l’autre. J’appréciais sa confidence et le fait qu’il puisse me la livrer sans détour. Et j’étais rassurée de savoir qu’il avait lui aussi eu peur, et qu’en frôlant la mort, il s’était rendu compte qu’il ne voulait pas la rejoindre. Je me serrais un peu plus contre lui à ses paroles, tremblant malgré tout à l’idée qu’il aurait pu y rester. Je ne savais pas quoi il était passé, mais je le comprenais. J’avais été empoisonnée et j’avais manqué non seulement de perdre Aeden mais aussi la vie. Cette douleur, cette angoisse, cette terreur… Je ne pourrais jamais l’oublier, jamais. J’ai eu peur… Et s’il n’y avait pas eu Argella, Yesaminda, Leslyn et Kora pour me tempérer, je l’aurais tué sans même l’intéroger, avant de partir brûler tout le Conflans… Et j’ai toujours peur qu’il puisse lui arriver quelque chose… Argella a perdu sa fille il y a peu. Elle n’a pas été empoisonnée. Elle n’a rien fait de travers. D’après Yesaminda, cela peut arriver. C’est… Atroce… Je déteste cette grossesse Torrhen. Je me sens affreusement grosse, maladroite, malhabile,  gourde et suspicieuse. Mes émotions changent subitement, et je peux passer des rires aux larmes… Mais peu importe tant qu’Aeden va bien. Si je venais à le perdre… Je ne préfère pas y penser. lui dis-je en secouant légèrement la tête avant de la nicher dans son cou. Je partageais ce qu’il ressentait. J’avais vu Aeden plus âgé. Mes Dieux m’avaient laissé apercevoir l’avenir. Mais en sachant cela, j’étais morte de trouille à l’idée qu’il puisse lui arriver quelque chose. Je l’aimais plus que de raison, chaque jour un peu plus. C’était inexplicable, irrationnelle.
















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MessageSujet: Re: No More Heroes [Tour V - Terminé]    Lun 7 Mai - 22:28

Je savais ce que c’était, d’avoir peur au combat. Je savais aussi ce que c’était que d’avoir peur pour ses proches, pour les gens qu’on aimait. Jon avait beau m’avoir carrément renié lors de notre dernière entrevue, je craignais pour sa vie. Mais j’avais confiance. Il n’était pas comme moi, ni comme ses oncles. Il était plus sage. Plus posé. Plus souverain, sans doute, quoiqu’il s’en défende, et vive mal sa situation. En vérité, je vivais dans la peur depuis tellement longtemps que j’avais appris à vivre avec elle, à faire avec. Je savais que mes gamins pouvaient payer le prix de chacun de mes choix. Je savais que Jon pouvait mourir parce que je l’avais fait Roi du Nord, et parce qu’il n’avait pas vraiment le choix que de marcher dans mes traces. Quoiqu’il advienne, il était forcément acté maintenant que les choses se passent mieux pour lui. IL avait vaincu, lui aussi. Il serait plus confiant. Je l’espérais. Je respecterais en tout cas ma parole. De toute façon, le Roi du Nord n’avait plus de père. IL n’avait plus qu’un Empereur. Et à partir de cette victoire, de l’Empereur, j’allais leur en donner à tous vous pouvez me croire. Je comprenais ce que Rhaenys me disait. J’étais déjà responsable de la mort d’enfants, mais jamais encore je n’avais donné d’ordres aussi terribles que celui-là ; empoisonner une mère enceinte. Je croisais les doigts pour n’avoir jamais à le faire.


Même si je savais que j’en étais très bien capable.


A me forcer à lutter contre lui, Harren m’avait quelque part, et bien involontairement, façonné à son image. J’étais ainsi. J’écoute ma femme, qui se remet de ses émotions, quoique toujours un peu fébrile. Elle remercie ses compagnes. La reine de l’Orage, sa garde personnelle, ses aides de camp féminines. Je comprenais ce qu’elle disait à propos de la mort de son enfant, à la Durrandon. Ne pas savoir pourquoi, il n’y avait sans doute rien de plus difficile. D’un autre côté, je n’allais pas me leurrer la face ; je ne connaissais pas encore Argella donc je n’avais rien pour court-circuiter mon pragmatisme ; mieux valait cet enfant mort qu’un futur dornien sur le trône de l’Orage. Cela nous retirait une épine du pied diplomatique. Ca, c’était l’Empereur. Le Monstre. L’homme compatissait ; perdre un enfant, même s’il n’était pas encore venu au monde, c’était sans conteste une terrible épreuve. Je caresse son ventre, d’un geste doux, précautionneux, qui se veut rassurant.



| Ces monstres sont morts. Ceux qui ont survécu paieront bientôt. Ceux qui s’en sont pris à ma femme, et à mon enfant. Ceux qui ont comploté ma mort et celle de mes louveteaux des années durant. Et ceux qui s’en sont pris à ma nouvelle maison ; tous ceux là recevront leur dû, dès que nous le pourrons. Je t’en fais la promesse. D’accord ? |


Un nouvel enfant. Je la connaissais depuis un moment, la nouvelle. Je l’avais assimilée, comprise. Mais je ne réalisais toujours pas. J’aimais tout de mes enfants, même leur caractère irascible, qu’ils héritaient bien de leur ascendance. Mais en avoir un nouveau, après avoir enfin abattu Harren, c’était un peu comme une nouvelle vie. Un nouveau départ pour tout le monde. Pour moi, pour Rhaenys. Pour mes premiers enfants. Les choses seraient plus faciles ou plus compliquées pour eux. Mais il n’en restait pas moins que cela occasionnerait une marque dans notre histoire commune. Qu’importe l’avenir, cela dit. Je vis déjà le présent.









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MessageSujet: Re: No More Heroes [Tour V - Terminé]    Lun 7 Mai - 23:19



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Je secouais la tête de manière négative. Torrhen se trompait. Les monstres qu’il évoquait n’était pas tous mort. Il avait vengé les miens en tuant Hoare et dès demain, je demanderais à voir le corps. Dès demain, je comptais faire envoyer sa tête à son fils, dans les mêmes paniers que j’avais reçu de mes aînés et de leur monture. Je n’aurais aucune clémence pour eux, aucune pitié pour tout ceux qui avaient participé de près ou de loin à l’assassinat des miens. Hoare était mort finalement dans les honneurs. Mais il n’était pas question que son corps soit traité comme celui d’un guerrier. Je comptais le souiller comme il avait souillé les miens. Et demander à ce qu’on cherche sur le champ de bataille l’épée d’Aegon. J’étais certaine qu’il l’avait gardé après avoir tué mon frère. C’était un trophée bien trop beau et j’étais prête à offrir une récompense à quiconque la retrouverait. Pas tous. Mais ce n’est qu’une question de temps avant qu’ils ne meurent tous. Nous nous en assurerons. A deux… Avez-vous retrouvé Feunoyr à côté du cadavre du Noir ? C’est une longue épée en acier Valyrien. Elle porte les armoiries des Targaryens sur sa lame. A l’image de celle que j’ai faite pour Orys, elle possède deux dragons au niveau de sa garde. Et il y a un rubis au niveau de son pommeau, aussi rouge les flammes d’un brasier. Elle est reconnaissable entre mille. Peu importe combien cela coutera, je dois la récupérer. Je ne pensais pas qu’il l’avait retrouvé sinon Baâl l’aurait reconnu immédiatement et lui en aurait fait part. Feynoyr… Elle faisait partie de l’héritage laissé par mon père et ses ancêtres avant lui. Cette épée, elle appartenait à Peyredragon, elle m’appartenait, au même titre de Noire-Sœur. Et je comptais bien la léguer à son second fils, au futur roi de mon ile natale. Il n’était pas concevable qu’elle puisse rester entre les mains de notre ennemi. Elle avait déjà assez souillée par eux comme cela. Et j’avais aussi besoin de la retrouver pour retrouver la paix. Elle ne pouvait pas être perdue. Je n’aurais jamais de cesse de la retrouver. Elle avait été forgée pour un Chevaucheur de dragon et non pour un Fourbe.

Je me laissais glisser sur Torrhen, contre son torse. A son image, j’étais haletante comme je ne l’avais pas été depuis la dernière fois que nous nous étions quittés. Je ne lui avais pas menti, je n’avais  connu aucun homme, aucune femme non plus. Il n’y avait eu que ce baiser avec Argella, dont elle avait été l’initiatrice d’ailleurs et qui n’avait pas manqué de me surprendre. Cela avait été plaisant, je ne pouvais pas le nier. Elle était une très belle femme et je me sentais assez proche d’elle pour devenir un jour bien plus intime avec elle. Mais pour l’heure, la question ne se posait pas. Et comme je lui avais indiqué, je préférais qu’elle réfléchisse à ce que cela pouvait impliquer. La fois passée, elle était bien trop émotive pour s’en rendre compte, pour mesurer les conséquences. Car, cela ne faisait aucun doute, je ne la repousserais pas si d’aventure, elle voulait emprunter ce chemin. Je n’étais pas certaine d’en être capable d’ailleurs. Je me connaissais assez pour le savoir.

Mon époux rit et j’en fais de même. Je me blottis contre lui, et le regarde quand son pouce passe sur mes joues, et mon front. Je lui souris tendrement, reposant ma main sur son flanc pour caresser doucement son dos. Son rire se meurt dans sa gorge pour devenir plus sérieux et je m’inquiète un instant, pour rien. Ses mots me touchent et font s’emballer de nouveau mon cœur. Je prends sa main et lui fait sentir combien il le fait battre fort et vite. Je ne réponds rien car je n’aurais aucun mot pour lui répondre. Torrhen, bien qu’il ne se rende pas compte, possédait ce talent, ce talent d’émouvoir en quelques phrases. Je ne pourrais jamais l’égaler, et j’acceptais cette défaite sans soucis. Je m’écarte quand il me repousse doucement sur le côté et sur sa couche complètement défaite. Puis, il glisse doucement le long de mon corps pour venir poser ses lèvres sur mon ventre plusieurs fois puis sa tête. J’enfouis mes mains dans ses cheveux, et repousse mon envie de pleurer. De joie cette fois ci. Par tous les dieux, que je détestais cela, de ne plus être maitresse de mes émotions. Si. Je suis épuisée… Cela fait trois jours que nous chevauchons, ne nous arrêtant que le strict minimum… Je me suis réveillée avec un mauvais pressentiment. J’ai envoyé Meraxès en éclaireur et quand elle n’est pas revenue le soir même, j’ai su… J’ai su qu’il était arrivé quelque chose. Je… Je n’ai quasiment pas dormie, et très mal la plupart du temps. J’étais trop inquiète pour vous pour trouver le sommeil. lui avouais-je sans aucun détour. Je le repoussais doucement pour me lever avec un peu de difficulté. Je récupérais nos affaires, me baissant avec maladresse, avant de revenir vers lui. J’enfilais de nouveau sa chemise puis m’allongeais sur sa couche, dos contre son torse.  Je posais l’une de ses mains autour de moi et la seconde sur mon ventre. Je fredonnais doucement, comme j’en avais pris l’habitude tous les soirs. Je ne l’expliquais pas, mais à chaque fois Aeden finissait par y réagir. Et cette fois ne fut pas exception à la règle. Mon ventre remua légèrement et s’appuyait la main de Torrhen à l’endroit même où il le faisait. Je ne sais pas si cela signifie que je chante faux ou juste, mais à chaque fois que je fredonne cet air que chantait ma Mère, je le sens bouger. lui dis-je, avant de fermer les yeux. J’étais éreintée. D’une voix ensommeillée, j’ajoutais J’ai demandé à ce qu’on nous apporte à manger et un bain. Je suis si fatiguée zokla… Promets-moi, que si je me repose un peu, tu seras là mon réveil et que tu n’auras pas été juste un rêve.





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MessageSujet: Re: No More Heroes [Tour V - Terminé]    Mar 8 Mai - 0:07

Hoare avait eu ce qu’il méritait. Lui rendre la monnaie de sa pièce avait pris du temps… La première fois que j’avais eu maille à partir avec lui, j’avais encore quatre frères, j’étais marié de ma première épouse, et Jon comme Jeyne étaient très jeunes. Walton n’était même pas encore né. Il était mort vieux et vindicatif. Seul. Mais avait su faire évader son fils, selon toute vraisemblance. Les choses auraient pu être pires. Mais au moins était-il mort. Sitôt abattu, il avait été mis sur une croix dominant le champ de bataille, sur la colline où l’armée de Peyredragon avait tenu. Les civils du coin avaient mutilé son corps, lui jetant leurs immondices, le rendant responsable de tous leurs maux, notamment la boucherie de quarante mille âmes à la sortie de leur bourg. Rhaenys avait raison, toutefois. Ils n’étaient pas tous morts. Pas tous ceux qui avaient trempé dans ce drame, en tout cas. Ils finiraient tous par récolter ce qu’ils méritaient. C’était une certitude. Il fallait laisser faire le temps… Nous ménager les ouvertures, les opportunités nécessaires. Et elle avait raison. Nous compléterons notre vengeance ensemble. J’écoute ma femme me parler d’une partie de son héritage familial, les épées de ses aînés, disparus au champ d’honneur. Qui les avait ? Je n’en savais rien. Je ne cachais rien de mon ignorance, ni ne cherchait à l’atténuer. Je secoue doucement la tête.


| Non. On n’a rien retrouvé de tel, ou alors je l’ignore. Mais j’en doute. Une lame valyrienne serait difficile à cacher par la valetaille, et tous savent que la restituer les ensevelirait sous un tas d’or, la dissimuler pour eux ne ferait que leur amener de gros ennuis. J’imagine que le Noir a dû les envoyer en sécurité à ses deux enfants survivants… Nous les retrouverons. |


Car elles seraient plus tard l’héritage de nos enfants. Une partie de celui-ci en tout cas. Nous nous laissons aller à des choses plus plaisantes, l’expression de notre manque, de notre frustration, de notre amour. Je note qu’elle est épuisée. Bien plus que lors de notre nuit de noces. Je suis moi-même rompu. Et je n’en dis mot, mais j’ai atrocement mal à ma jambe gauche, et vue la chaleur au niveau du genou, je crains que le sang n’ait recommencé à suinter de la plaie recousue dès le soir de la bataille. Je n’en dis rien pour le moment. Inutile d’accabler RHaenys… Mais je viens tout juste de comprendre quelque chose qu’elle a dit un peu plus tôt. Fronçant les sourcils, accoudé contre elle, je rebondis sur un mot.


| Aucun homme, mais un baiser ? Qui fut l’impudent, que je me fasse un collier de sa langue ? |


Je la taquinais, d’un ton faussement empli de morgue. Je n’étais pas jaloux d’un simple baiser. Nous avions nos arrangements, et avec ce qu’elle venait de me dire, de me révéler, elle aurait sans doute pu me dire n’importe quoi sans que je n’éprouve la moindre colère. Ma femme me caresse doucement le côté, une des rares parties qui n’a subi ni chocs ni estafilades lors de la récente campagne. Mes paroles la touchent, et elle me fait sentir, me regardant intensément, à quel point son corps bat maintenant fort. Je la sens émue bien au-delà des mots que je viens de lui dire, des gestes tendres que j’ai pour elle, pour son ventre rond comme un œuf. Elle me caresse les cheveux et c’est la voix toute chevrotante qu’elle reprend. Je compatis à ses craintes et à son épuisement ; je me sens capable de dormir une vie entière à mon tour, surtout contre un corps aussi doux et chaud que le sien.


| Des jours difficiles nous attendent. Mais maintenant, les choses iront mieux. Et nous sommes ensemble. Tu peux dormir tout ton soûl, cette nuit. Je serais là. |


La voilà qui se relève, remet ma chemise, pour cacher ses formes de grossesse. Elle vient ensuite me retrouver dans la couche, et guide ma main sur mon ventre, exerçant une légère pression. De sa voix douce, mais rompue par la fatigue, elle chantonne un refrain dans sa langue d’origine. Un refrain entêtant. Je ris doucement quand je sens les petits chocs contre la paroi de son ventre, et plus encore quand elle fait preuve d’autodérision. Je ris, au comble de la joie. Moi aussi, j’étais éreinté par la campagne. Mais j’avais vaincu, et ivre de bonheur et de contentement, je jouais contre cette peau qui remuait, écoutant négligemment Rhaenys, opinant du chef à ses indications mais continuant de caresser son ventre, de presser doucement mon oreille contre. Il ne lui fallut que quelques minutes pour s’endormir. Je l’entendis respirer plus fort. J’étais trop excité pour me coucher, quant à moi. Malgré l’épuisement et les blessures. Je me glissais hors de la couche improvisée, et je tirais sur ses jambes la chemise trop grande, l’embrassant doucement sur le front, la couvrant des peaux d’ours qui faisaient les meilleurs couvertures, en campagne et par ce temps. Dehors, il neigeait à nouveau. Et quelqu’un finit par cogner au bout d’un moment, presque timidement, contre l’un des piquets de tente de l’entrée. Je peste dans ma barbe en silence, m’emmitouflant dans une peau au pied du lit de camp.


Les serviteurs apportent de la nourriture ; fromage dur de campagne, fort et salé du nord, et d’autres à pâte molle et odorante du conflans. Les serviteurs, gênés par l’évidence de ce que masquait ma « tenue », s’empressèrent de s’exécuter, déposant à plusieurs un énorme baquet d’eau, dans un gros chaudron de cuisine pour la troupe. Drôle de bain, mais en campagne… Les plats s’accumulèrent à mon habitude, beaucoup de choses à picorer, viande séchée, pain dur, bière et vins. Je sens Rhaenys qui remue, alors que déjà les serviteurs évacuent l’endroit. Je reviens m’asseoir près d’elle, caresse son front.



| Tu veux continuer à te reposer, ou je t’aide à rentrer dans ce grand baquet d’eau ? Elle a l’air bien chaude. Et on a de quoi manger et boire, si tu as besoin. Sinon dors, je te réveillerais demain matin ? Tu as l’air d’en avoir bien besoin, Jentys-zaldrïze. |


Je me penche vers elle, susurrant à son oreiller.


| Harren est mort, je l’ai tué. Tu es ici en sécurité ; je te protégerais quoiqu’il arrive. Nous sommes ensemble, en vie, et nous irons reprendre bientôt notre capitale. Tu peux dormir sur tes deux oreilles. Je vais bien, mon fils et Orys aussi. Et ta sœur panse ses plaies, elle a largement de quoi se nourrir pendant des semaines. Dors, dragon. Le loup veille sur le pas de la porte. |







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MessageSujet: Re: No More Heroes [Tour V - Terminé]    Mar 8 Mai - 18:50



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Je soupirais à la réponse de Torrhen. Pour l’heure, nous ne pouvions rien y faire. SI Harren n’avait pas combattu avec Feynoir, c’est qu’elle se trouvait autre part. L’avait-il offerte à quelqu’un ? L’avait-il gardé et mis à l’abri au sein d’Harrenhall ? Il était impossible de le savoir actuellement et je doutais qu’un soldat ne soit parti avec. Son appartenance était trop reconnaissable et n’importe qui saurait qu’il avait bien plus à gagner à me la rendre qu’à la garder. Je m’étais faite la promesse de la retrouver, et je la tiendrais. Cette épée, elle m’appartenait. Elle appartiendrait à notre enfant qui hériterait de Peyredragon. Et je savais que Torrhen, lui aussi, ne la laisserait pas entre les mains d’autres personnes. Pas après avoir compris il était important pour moi de la retrouver. Et, quelque part, je savais que, de la même manière que posséder Noire-Sœur, je trouverais un certain réconfort à la récupérer. Feynoir avait jadis été à mon père, et sa mort, c’était Aegon qui en avait hérité. Elle faisait d’eux et une part de leur âme se trouvait en elle. Tout comme ma propre épée était teintée de celle de Visenya, de nos ancêtres targaryennes mais aussi de moi. Ce n’était pas seulement des armes, c’était bien plus. J’opinais de la tête comme réponse. Oui nous les retrouverons. Un pas après l’autre.

Je rirais doucement en le voyant froncer les sourcils pour m’interroger sur la personne qui m’avait embrassé. Je me mordais un instant la lèvre inférieure, gardant légèrement le mystère. S’il en avait pris le ton, je savais qu’il n’était pas jaloux. Nous avions bien dépassés ce stade et je savais qu’il ne reviendrait pas sur les arrangements que nous avions pris l’un avec l’autre. Un valeureux guerrier… Qui s’est déjà fait connaître par ces faits d’armes… Le dirigeant d’un des royaumes que nous avons fédéré pour ne rien te cacher… Que j’ai rencontré à Dorne. Je te raconterais un jour… lui répondis-je avant de bailler un instant. Nous n’avions aucun secret l’un pour l’autre et tout comme il devait me raconter ce qui s’était passé de son côté ces cinq six derniers mois, je devais en faire de même moi aussi. Mais plus tard. Pour l’instant, je voulais simplement profiter de l’instant et de lui. Le sommeil me gagna alors qu’il avait posé ses mains sur mon ventre, faisant connaissance avec Aeden. Là était sa place. Là avait toujours été sa place.

Quelque chose avait changé. Je le sentais. Je m’agitais. Ce n’était pas normal. Il n’y avait pas dû avoir autant de mouvements autour de moi, aussi discret soient-ils. Essayait-on de s’en prendre une fois de plus à mon fils ? J’avais dû mal à sortir du sommeil, mais mon instinct me poussait à le faire. J’étais tellement fatiguée mais il le fallait. Puis l’un se rapproche et je me recroqueville autour d’Aeden. Je dois le protéger. Il faut que j’ouvre les yeux, que je lutte contre ce qui engourdis mes muscles, et mon corps. Une main se pose sur mon front, et je sursaute. Et puis la voix de Torrhen se fait entendre, reconnaissable entre toute. Elle est douce, affectueuse et un instant, je me laisse légèrement bercée par elle. J’ai envie de dormir mais j’aurais tout le temps de le faire après. Et il avait parlé d’un bain, un bain dont je rêvais depuis plusieurs jours maintenant, un bain dont j’avais besoin. Alors je finis par ouvrir les yeux et levais doucement ma main pour venir caresser le visage de mon époux, un visage qui, en effet avait changé. S’il avait été marqué brutalement par notre ennemi, je ne le trouvais pas repoussant. Je suivis le tracé de sa cicatrice, en faisant doucement le tour, sans trop appuyer pour ne pas lui faire mal. Je ne l’imaginais pas aussi grande… lui soufflais-je Je suis désolée de ne pas avoir été là, à Burron. Et de ne pas avoir pu te rejoindre dès que j’ai appris la nouvelle. Argella, Yesaminda, Leslyn et Kora n’ont pas voulu me laisser partir… C’était trop dangereux pour Aeden. Tu n’imagines pas à quel point je m’en suis voulue et à quel point je m’en veux encore. Je n’ai pas été assez prudente. Deux fois… On nous a empoisonné deux fois… ajoutais-je à la fois colérique et triste. Je me redressais doucement, d’abord en m’asseyant, puis en me relevant totalement. Je pris Torrhen dans mes bras, le serrant contre moi tout en lui demandant. Cela ne te dérange pas si je reste ici ce soir ? Je n’avais pas fait demander à ce qu’on me monte une tente. Demain, si c’était ce qu’il voulait. Après tout, nous n’avions jamais vraiment vécu ensembles et depuis cinq six mois, il devait surement avoir ses habitudes et ne pas vouloir spécialement qu’on vienne à les perturber. Mais ce soir… Ce soir, je ne voulais pas me retrouver seule. Je n’en aurais pas la force. En attendant qu’il réfléchisse à la question j’embrassais le haut de son front avant de m’approcher de la sorte de chaudron rempli d’eau chaude. J’avisais un marche-pied plus loin, que j’approchais, ainsi qu’une chaise. Les deux réunis et mis côte à côte me faisant un petit escalier pour entrer dans ce bain improvisait, ce que je fis sans attendre. Je poussais un soupir de soulagement en sentant l’eau chaude sur ma chair. La température était exactement comme je l’aimais et un rapide coup d’œil aux affaires qui se trouvait non loin m’indiquait que Kora avait surement supervisée le tout. Je lui avais indiqué de se reposer pourtant… Mais je pouvais compter sur elle malgré tout. La chemise de Torrhen s’imprégna immédiatement d’eau et se colla à ma peau alors que je me penchais pour prendre un savon et commençais à me nettoyer. Je ne l’ai pas encore fait mais… Merci Torrhen. Baâl m’a expliqué les grandes lignes de la bataille… Sans Toi, ni Orys, ni Meraxès, ni mes Peyredragonniens n’auraient survécu. Merci. Merci de les avoir préservés. Merci d’avoir veiller sur eux. Et pour notre Capitale, j’ai pris les mesures nécessaires. Je pense… Si tu es d’accord, qu’une fois reprise, nous devrions nous y retirer pendant l’Hiver et renvoyer nos hommes chez eux. Le Noir n’est plus. Réjouissons-nous, regroupons-nous et fêtons cela. Une fois là-bas… Je renoncerais à la régente de Peyredragon au profit d’Orys… Jusqu’à que l’un de nos enfants ne soit en âge de la gouverner, je vais le nommer Prince Régent.














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MessageSujet: Re: No More Heroes [Tour V - Terminé]    Mar 8 Mai - 20:28

C’eut été trop beau, de vaincre l’ennemi, de retrouver nos trésors, de nous venger de tous ceux qui nous avaient causé du tord. Je n’y croyais pas vraiment, qu’on parvienne à tous les retrouver et à tout terminer en une seule fois. La quête à laquelle nous nous étions engagés allait nous prendre des années. C’était obligatoire. Incontournable. Rien ne serait jamais aussi facile. De cela au moins j’étais certain. Cela dit, je comprenais l’inquiétude de Rhaenys, et son besoin de retrouver les trésors de son royaume, de son peuple. Il y avait une forte valeur morale et affective derrière ces objets. Même moi qui avait toujours été relativement indifférent vis-à-vis de Glace, tant elle révellait en moi des sentiments contradictoires, je commençais déjà à sentir un lien très fort avec Morsure. Morsure qui m’avait été offerte en cadeau de mariage par Rhaenys. Pommeau au loup et au dragon, emblèmes de notre Empire. C’était avec elle que j’avais remporté la victoire de Wayfarer, inondant le sol du sang des bourreaux de Conrad. C’était avec elle que je m’étais battu à Buron, deux jours durant. Pour ma plus grande gloire et mon plus profond désespoir. C’était enfin elle qui avait abattu Harren, perçant sa chair et s’enfonçant jusqu’à son cœur que j’avais senti une fois enfoncé par l’acier. C’était une belle arme. Moins impressionnante que Glace, au charme plus discret. Mais au fil incroyablement mortel, et sa légèreté comme ses plus faibles dimensions me permettaient de la manier à cheval, et d’être plus leste et agile qu’autrefois. L’aurais-je eu jeune qu’elle eut été idéale. Aujourd’hui, je n’étais plus assez bon pour l’épée. Mais j’accomplissais malgré tout mon œuvre de mort avec elle.


Rhaenys se fait joueuse, juste avant de se coucher. Elle ne me révèle pas l’identité de celui qui l’a embrassée, et me taquine ouvertement. Espiègle et joueuse, comme toujours. J’ai envie de la punir pour ses mots, mais son état, sa grossesse et son épuisement général, me poussent à plus de clémence ; notre première étreinte semble l’avoir mise au bout du rouleau. Valeureux guerrier, rencontré à Dorne, mais dirigeant d’un de nos royaumes fédérés, elle me raconterait ? Je fronçais les sourcils, ce qui pliant ma cicatrice et mon visage, devait me rendre particulièrement laid. Je haussais les épaules, jouant les indifférents, mais je ne saurais tromper Rhaenys, qui déjà s’endort. Mais le chambardement autour de nous la réveille. Son sommeil est agité. Elle a peur, je le vois bien, mais elle semble se détendre à mon contact. La voilà qui se réveille et qui trace les contours de ma plaie, d’un regard endormi. Qu’elle aborde frontalement le sujet de ma cicatrice me figea quelque peu. Et je parlais d’une voix douce, masquant les violents sentiments que la blessure me faisait ressentir ; honte, déshonneur.



| Je préférais te savoir loin. J’avais l’impression que cette hache m’avait ouvert la tête en deux, et qu’on avait versé du métal en fusion entre les lèvres de la plaie. La douleur était atroce, et j’ai perdu connaissance. J’ai à peine senti les coups des fer-nés qui m’ont passé à tabac, à coups de poing, de pied, de hampe de leurs armes. J’avais si froid, alors qu’on me trainait dans la neige. J’ai repris mes esprits des heures plus tard, fers aux mains, le corps contrit d’une douleur diffuse. Je sais quoi dire, sur la mort. La mort, c’est bleu, et puis c’est froid. La mort, c’est d’abord le silence. |


Je lui caresse le visage. Je ne lui dis pas à quel point j’étais tenaillé et meurtri par le sentiment de déception et d’échec, au moment où je pensais mourir. Je caresse son visage, fantôme de sourire aux lèvres.


| Le fils de truie qui tenterait à nouveau un jour de t’empoisonner apprendra pourquoi l’on m’a appelé « loup » avec tant de crainte. |


Je savais porter un homme au supplice. D’ordinaire, c’était plutôt Conrad qui s’en chargeait, et moi qui interrogeait ses victimes, nos prisonniers de guerre. Mais je n’étais pas une bleusaille non plus sur le sujet. Je souris plus franchement, quand elle me demande si ça me dérange qu’elle reste ici, sous ce pavillon. Je me confie sans hésitation.


| Jadis, Sigyn partageait ma couche. Au début, en tout cas. Ma chambre et ma tente ont été vides trop longtemps. La place de ma femme est à mes côtés. Je prends de la place pour dormir, mais je tiens chaud. Je crois savoir que vous autres dragons, êtes en recherche de ce genre d’endroit. |


Je dis cela d’un ton taquin, mais cela m’importait vraiment qu’elle accepte. Durablement. Je l’aimais, et j’avais du mal à être loin de la femme qui partageait ma vie. C’était toujours ainsi, même quand ma compagne était une gueuse ; je brûlais sans arrêt de la rejoindre. Ce n’était pas qu’une question de désir, loin de là. Mais j’étais du genre à vouloir tout partager. Rires, peines, projets et plans. J’allais sans doute devoir me réfréner. Je regardais Rhaenys se rapprocher du chaudron, et elle soupire de plaisir et de contentement quand elle rentre dans l’eau qui laisse échapper quantité de volutes de fumée. Elle commence à se nettoyer. La tentation de la rejoindre est grande, mais si je retire la peau qui me sert de cape, elle va voir que je saigne à nouveau à la jambe, et ça va l’inquiéter. Je m’asseois donc à un tabouret près du foyer central, arrachant un bout de fromage dur et de pain, l’engloutissant sans vergogne pendant que la belle se nettoyait. Elle me remercie, et je hoche la tête pour lui rendre le compliment, tout en me servant une corne de bière brune.


| J’ai accompli mon devoir. Comme tes hommes. On m’a cité quelques noms pour leur bravoure. Staunton s’est pas trop mal défendu. Baal a forcé la décision de son côté. Orys… Il a du mal à recouvrer ses forces, depuis Buron. Sa volonté est intacte, mais sa main d’épée n’est plus si bonne. Qu’importe. Nous l’avons remporté. Tu as raison, pour Fort-Darion. Nous devons la reprendre au plus vite, et pousser Harrenhal à se rendre. J’ai demandé à Lyham, vaincu il y a peu, de pousser vers le sud. Ainsi, la totalité du Conflans sera bientôt à nous, ou sous contrôle. Il récupère… Nous devrons aussi parler de lui, plus tard. Et l’hiver nous forcera à l’arrêt provisoire des opérations. Le ravitaillement ne suivra jamais les routes enneigées. Renvoyons les volontaires du Nord et de Peyredragon, et enrôlons les autres pour la campagne de Printemps. Pour Orys, je pense que c’est le bon choix. Ca évitera qu’on nous accuse de bafouer notre propre constitution en cumulant les pouvoirs. Et il est prêt. Lui aussi a appris de la défaite. Mais avant d’en faire ton régent, il faudra le libérer de son mariage. Jetons le discrédit sur la vertu de la Princesse de Dorne. Ca ne devrait pas être bien difficile, j’ai été le témoin direct de ses voraces penchants, on doit pouvoir trouver des amants prêts à témoigner. Ou jetons le discrédit sur sa foi, vendue aux dieux de la Rhoyne. |


Je bois, après lui avoir porté un toast.


| Et nous profiterons de l’hiver pour réorganiser l’armée, rendre plus efficace la production, réveiller les échanges commerciaux, renforcer notre flotte. Et qui sait. Te refaire un ou deux héritiers, ma Dame. Enfin, si tu montres plus de forces que ce soir. A moins que tu ne les réserves à ton mystérieux soupirant ? Cruelle que tu es ! |







What have I become
My sweetest friend
Everyone I know
Goes away in the end
And you could have it all
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I will let you down
I will make you hurt



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MessageSujet: Re: No More Heroes [Tour V - Terminé]    Mar 8 Mai - 21:55



Conflans, An 1, mois 3, semaine 3



J’écoute Torrhen et je peux lire dans ses yeux tout ce que Burron lui a couté. Burron. S’il me préférait savoir loin j’aurais préféré avoir été présente. Peut-être alors les choses auraient été différentes ? Ou peut-être pas. Mais au moins n’aurais-je pas ressenti ce sentiment d’impuissance. J’étais trop loin d’eux, et incapables de venir les secourir, panser leurs blessures, les veiller. Je savais que, ce que j’avais fait dans les terres de l’Orage avait été important. Nous ne pouvions plus attendre et j’avais définitivement rapproché le royaume du Cerf et du nouveau Bief à notre Empire. Cela n’avait pas été vain, bien au contraire. Pour autant, je regrettais de pas avoir été là pour eux. Ma place était au côté des miens. Définitivement. Je le vois Torrhen. Je te vois… lui répondis-je en caressant sa joue avec douceur. Je comprenais ce qui emplissait son cœur. J’arrivais à déchiffrer ce qui se passait en lui. Burron était un échec retentissant pour lui. Et tu as tords zokla. Sans Burron, nous n’aurons pas pu vaincre le Noir. Les Dieux ne t’ont pas rappelé à eux. Et ils ne comptent pas le faire. Tu as encore tant de choses à faire ici. A commencer par voir grandir ton fils, et l’élever, lui et tous ceux qui suivront. lui dis-je doucement avant d’ajouter Désormais, je veillerais aussi sur toi. C’était là une promesse que je lui faisais. Et il me connaissait assez pour savoir que je tenais toujours mes engagements et ne les prenais jamais avec légèreté. Il n’était pas seul, plus maintenant. Hoare… C’est Hoare qui a attenté à la vie de notre enfant. J’ai interrogé le prisonnier… J’ai eu envie de le torturer encore et encore personnellement. Cela m’a couté, énormément, de laisser notre garde se charger de cela à ma place… Aeden est et restera ma priorité et je ne voulais pas qu’il commence sa vie avec du sang sur les mains… C’est uniquement pour cela que j’ai renoncé à m’en charger moi-même… Aucun répit de lui a été accordé, aucun. Nous avons détruit son corps et son esprit avant de le tuer… Mais cela n’a pas calmé la colère… Quand tous la lignée Hoare ne sera plus, là, seulement là je retrouverai la paix. lui avouais-je sans aucun détour sans cacher ce feu qui dévorait mes veines. Torrhen était craint. Sa réputation n’était plus à faire. Et je me voyais en lui sur ce point là. Si je n’aurais pas porté Aeden… J’aurais passé des heures durant les mains dans le sang. La guerre m’avait changé. La perte d’Aegon et Visenya m’avait trop profondément marqué pour que mon innocence d’avant soit préservé. Hoare m’avait fait devenir un Monstre. Car, pour combattre un Monstre, il en fallait un. Non. Il en fallait deux.

Ma demande était incongrue, mais je n’avais pu la retenir. Ce soir… Ce soir, je ne pouvais pas rester seule. Pas après tous ses jours d’angoisses. Ce soir j’avais besoin de rester dans les bras d’un être cher. S’il refusait… S’il refusait, je demanderais à ce que ma tante soit montée, mais je savais que je ne trouverais pas le sommeil. Je finirais par rejoindre Baâl et le dérangerais pour ne pas rester seule. Je ne m’en sentais pas la force cette nuit. Le sourire de Torrhen me rassura, tout comme ses mots, qui me firent même rire. Je déposais un baiser sur ses lèvres, tendre et empli de douceur. Tu m’en vois ravie… Mais saches que je prends aussi de la place… Et qu’il y aurait des crayons, des plumes, des parchemins, des livres et des instruments de musique qui traineront toujours par ci par là… Et que je détesterais que quelqu’un ose ne serait-ce qu’un peu les bouger… lui répondis-je un grand sourire aux lèvres. Je me trouvais ordonnée… Dans le bazar ambiant que je mettais dans mes quartiers. Même Kora avait cessé d’essayer de ranger ou de me demander de le faire à force des années. Elle avait appris à passer entre parfois des piles de livres plus hautes qu’elle, et à retrouver ce fameux dessin qui avait glissé à cause d’une bourrasque de vent. Au moins l’homme serait prévenu et conscient de ce qui l’attendait. Et plus la pièce serait grande, plus elle serait remplie. Je pris un petit temps de réflexion avant d’ajouter. Lorsqu’Aeden sera là, je ne veux pas qu’il soit éloigné de moi. Nous risquons de te réveiller la nuit. Et Yesaminda sera là aussi les premiers temps en tout cas. Alors… Que dirais-tu que tu es ta chambre et moi la mienne, mais que nous en ayons une aussi en commun entre les deux nôtres où nous nous retrouverons? Ainsi tu aurais l’intimité que tu désirerais parfois, moi de l’espace nécessaire pour mes affaires sans que tu es besoin d’escalader parfois des piles de documents et de livres ? Et lorsque l’envie de passer une nuit à être constamment réveillé te prendra, tu pourras nous rejoindre ? Cela pourrait-être un bon compromis pour lui, pour nous. Après ce qui était arrivé à notre enfant, je savais que je ne trouverais pas le sommeil s’il n’était pas avec moi. J’avais confiance en Yesaminda, mais je craindrais malgré tout pour lui. L’essossien donnera sa vie pour le protéger… Mais elle ne savait pas manier une épée comme je savais le faire. Et il n’y aurait jamais assez de rempart autour de notre enfant, jamais assez.

J’entre dans l’eau qui me fait immédiatement un bien fou. J’avais besoin de cette chaleur. J’étais une enfant du soleil et du feu. Certains se bruleraient, mais pas moi. Ni Aeden non plus. Dans ses veines coulaient aussi le sang du Dragon en plus de celui du loup. Il était un curieux mélange, un mélange qui fonctionnait parfaitement vu combien il était fort et robuste. Yesaminda m‘avait prévenu que nous n’aurions, qu’à sa naissance, la garantie qu’il n’aurait aucune séquelle durable mais je savais, au plus profond de moi-même, qu’il n’en aurait aucune. Je l’avais vu. Je l’avais vu jeune garçon en bonne santé et j’avais foi en ces dieux qui veillaient sur moi, sur nous. Et cette victoire en était la preuve. Nous avions luttés, mais nous avions finalement gagné malgré notre récente défaite. Nous leur devions, mais aussi au courage et à la force de nos hommes, dont Torrhen en faisait partie. Baâl me l’avait indiqué : il avait sauvé Meraxès, Orys, et les soldats du Dragon. Je les aurais perdu sans lui alors je le remerciais pour cela. J’écoutais ce qu’il me disait, et mon cœur se serra à l’évocation du mal qui rongeait mon Valonqar. Il avait besoin lui aussi de repos, et de réapprendre doucement, à se servir de sa nouvelle épée, fut-il que je l’aide pour cela. Je ne le laisserais pas. Je ne l’abandonnerais pas. Je l’aimais bien trop pour cela et le connaissais assez pour savoir ce que cela provoquerait en lui. J’allais devoir essuyer des tempêtes, mais je le ferais. Baâl a omis de me parler de lui, mais cela ne m’étonne pas. Il n’est pas Homme à s’épandre sur ses faits d’armes… Cela va être terrible pour moi de me séparer de lui et de refuser qu’il mette son épée à mon service. Mais Peyredragon et Orys auront besoin de lui, bien plus que moi. Cependant, si cela te convient, j’aimerais qu’il ait une voix au conseil impérial, qu’il soit l’un des représentants de ma terre natale, même si elle ne l’a pas vu naître. C’est un homme sage et brillant. Et il a toute ma confiance. dis-je à Torrhen sans lui cacher combien j’avais mal à l’avance de ne plus avoir l’homme dans mon entourage direct. J’aimais Baâl. Il était un second père pour moi, mon protecteur aussi. Mais, comme je venais de lui dire, mon île et mon Valonqar auront bien plus besoin de lui que moi. Si je le gardais à mes côtés, ce ne serait que par pur égoïsme. Nous n’en étions pas encore là, mais je redoutais déjà ce moment. Concernant Orys, je vais lui demander de passer l’hiver à Fort-Darrion. J’ai besoin de m’assurer qu’il aille mieux et qu’il soit totalement rétabli avant de repartir pour Peyredragon. Il doit aussi apprendre à apprivoiser Ebryon, le comprendre et l’élever. Pour son mariage, il va de soi que nous devons l’en libérer. Deria a signé un contrat qu’elle n’a pas respecté. Nous n’aurions aucun mal à le proclamer comme nul et mon peuple ne s’en plaindra pas… J’ai proposé à Argella et à Orys de s’unir mais de réserver leur réponse pour plus tard. Nous ne sommes pas pressés, pas avec cet hiver qui arrive. Et je préfère qu’ils apprennent à se connaître avant d’accepter. Nous aurions trop à perdre de précipiter les choses. Si cela te convient, je pensais inviter Argella et Kevan a nous rejoindre à Fort-Darrion… Tout comme Jon d’ailleurs. Notre unité est notre force. Je leur en parlerai si cela te semble bien. lui dis-je sérieusement avant d’ajouter de manière plus taquine, plus malicieuse. Et en faisant cela, tu pourras rencontrer mon mystérieux soupirant… Enfin s’il se décide à toujours l’être. Je l’ai mis en garde avant de le laisser pour te rejoindre. Il sait tout de moi, tout de nous aussi. Et il a conscience que s’il instaure de nouveau cette intimité entre nous, je ne le repousserais pas… D’ailleurs, je suis certaine qu’il sera à ton goût mon cher époux. Je compte bien dormir de tout mon saoul et regagner la vigueur qui est la mienne… Surtout qu’
il ne sera pas le seul dans notre entourage… Je t’avais déjà parlé de mes compagnes et compagnons de luxure pendant notre voyage jusqu’au Val… Et bien Isla en faisait partie et je pense qu’elle ne serait pas contre retrouver ce statut…









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MessageSujet: Re: No More Heroes [Tour V - Terminé]    Mer 9 Mai - 0:19

Je me confie sur Buron. Nous n’avions pas encore pu en parler, pour une raison simple. Rhaenys et moi avions tout simplement été trop longtemps séparés. Et en parler par corbeau n’était pas aisé, qui plus est, parce que nous ne pouvions pas être certains la plupart du temps de la position de l’autre, ce qui rendait forcément plus compliquée toute communication entre nous. Je ne pouvais pas masquer ce genre de blessure, aussi profonde, à mon épouse. Parce qu’elle comprendrait seule, plus tard, mais parce que ça pouvait la laisser quelque peu inconsciente autrement des changements qui s’étaient opérés en moi. La victoire contre Harren ravivait la confiance… Mais d’un autre côté, elle ne permettait pas pour autant à la plaie béante de Buron de cicatriser pour de bon. Je voulais que Rhaenys comprenne ce que j’avais vécu. Pas pour qu’elle compatisse. Mais pour qu’elle puisse m’aider. Ensemble, nous serons plus forts. C’était le leitmotiv de notre mariage, quand nous étions forcés de nous unir contre toutes les puissances qui souhaitaient notre ruine. Sans parler du même refrain qui avait cimenté l’Empire… Ma femme m’explique alors qu’elle veillera sur moi. Et qu’elle compte sur moi pour accomplir mon destin. Auprès, notamment, de la famille que nous sommes en train de former. Mince sourire, hochement de tête. Ses paroles me réconfortent.


| Tous ceux qui suivront ? Ca va nous demander du travail… |


De quoi rendre le sujet un peu moins douloureux, un peu moins brutal aussi. Rhaenys me dit que c’est Harren qui a payé pour l’empoisonner, ce qui ne m’émeut pas. Je l’aurais deviné, et c’est même presque réconfortant qu’on en ai la confirmation. Quel coup de tonnerre, si l’empoisonneur avait lâché d’autres noms que celui du Noir ! Cela dit, je n’étais pas non plus crédule. Il était possible que l’homme ait reçu des directives pour impliquer Harren, sans nommer d’éventuels complices. Difficile d’être sûr de quoi que ce soit dans ces circonstances. J’acquiesçais à nouveau aux paroles de Rhaenys. Il était possible en effet que tous nos maux s’effacent dans leur majeure partie, au moment où le nom Hoare sera enfin voué aux gémonies. Quelque part, voir autant de violence chez une femme, je trouvais cela triste. D’autant que je connaissais l’âme de Rhaenys. Et si elle était impétueuse, avec un tempérament de feu, c’était aussi une esthète et une artiste, qui préférait de loin produire que détruire. Je caressais son avant bras, prenais doucement sa main pour la presser contre la mienne.


| L’enfant à naître a en tout cas de qui tenir. Nous ferons tout ce qu’il faudra pour le protéger. Ensemble. Depuis le début, et jusqu’à la fin. C’est la seule condition de notre réussite. Et j’ose le dire, maintenant qu’Harren est mort. De notre bonheur ? Ca fait tellement étrange, de le dire comme ça. |


Le bonheur était une notion floue, que j’avais longtemps considérée comme éphémère. Serait-ce encore le cas, avec plus de paix ? Si on nous en laissait le loisir. Mais je n’avais encore atteint ce degré de partage, d’ouverture, de communion même, avec aucun autre être. Nous parlons, puisque le sujet de nos personnes et de notre héritier était sur le tapis, de ce qui constituera vraiment notre maison, au sens littéral. J’aimais Rhaenys pour sa franchise, je l’aimais aussi pour son ouverture. Mon visage ne la rebutait pas. Ma nature, cruelle et violente, ne la détournait pas non plus de moi. Mes habitudes ne semblaient pas non plus l’échauder. Je ne lui avais pas menti, un peu plus tôt. Elle était ce que j’avais toujours rêvé, sans jamais y croire, et sans même m’autoriser à l’espérer. Sigyn avait incarné cette compréhension, jadis. Mais le temps et les épreuves avaient largement flétri notre union. Rhaenys rit. Et ce son m’avait horriblement manqué. Elle m’embrasse doucement, me remercie, mais me met en garde. Je claque ma cuisse –la valide- et m’esclaffe à sa mise en garde.


| Penses-tu pouvoir concurrencer mon propre agencement ? D’ici deux jours, les parchemins, feuillets de compte, fiches d’intendance, livres de paie et autres registres d’effectifs, empliront cette tente. Ca et les effets militaires, dont je ne peux jamais me séparer. Ton bazar agrémentera le mien et ensemble, nous pourrons dormir au milieu de l’antre de quelque érudit fou qui passera son temps à lire et à écrire. Mais non, tu ne m’as pas compris. Sauf si toi tu désires de l’intimité, j’entends passer mes nuits avec toi, et avec notre fils. Faisons l’inverse. Disposons d’une chambrée commune, et de pièces attenantes. Moi, pour travailler lors des nuits d’insomnie, et l’autre, pour Yesaminda, et les besoins de l’enfant. Ce compromis-là te conviendrait-il ? |


Nous étions impayables. Souverains et calculateurs jusque dans notre demeure et notre intimité. Je savais qu’elle ne proposait pas notre « séparation » à cause de son rejet ou de sa distance de moi, mais par souci que les choses se passent le mieux possible, au respect le plus complet de nos deux personnes. Je sentais Rhaenys toujours inquiète, perturbée. Sans doute à cause des nouvelles concernant son armée, qui avait encore payé un lourd tribut, et de son frère, qui n’était plus le bretteur de renom d’autrefois. Je hoche la tête quand mon impératrice me dit qu’elle considère Baal comme un homme humble. C’est un parangon de chevalerie, même, pour ce que j’en sais de ce statut sudien. Je hochais la tête à sa proposition.


| C’est un homme bon et loyal, un stratège. Le savoir à la tête d’un des poumons de l’Empire, Peyredragon, ses ports et chantiers navals, me rassurerait. Et l’Empire est à son image ; une mosaïque d’origines, et la part belle aux talents. Il sera conseiller de Peyredragon au collège, je suis d’accord. Il pourra seconder Orys efficacement. |


Je n’aimais pas l’idée qu’Orys passe l’hiver avec nous. Pas par jalousie ou possessivité, ce soir Rhaenys m’avait fait un cadeau qui effaçait le doute, qui donnait un grand aplomb à notre union, envers et contre tout et tous. Mais je ne pensais pas qu’ils sauraient s’aider mutuellement. Orys réchappait d’un mariage désastreux et Rhaenys attendait beaucoup de lui, qui l’avait toujours protégée. Je pensais plutôt qu’Orys brillerait plus à s’illustrer sur quelque théâtre, en attendant la reprise de la guerre au printemps. J’opine, s’agissant de la Martell. Alliance putride de bout en bout, et jeu politique désastreux de et avec Dorne. Il était temps de réparer les pots cassés. Je méditais sur l’idée d’Argella, qu’Orys avait évoqué avec moi au début de la campagne. Je me frottais la barbe, reprenant une lampée de bière. Réfléchissant un instant.


| Je connais les rumeurs. Je sais qu’Argella Durrandon est éprise de Kevan Gardener. Mais nous ne pourrions les laisser ensemble ; cela créerait un monstre capable à lui seul, d’ici quelques générations, de renverser l’Empire. Je suis pour cette perspective, mais Argella et Orys ayant tous deux été mariés à des dorniens, il faut leur laisser le temps de panser leur plaie. Et de mieux réussir leur possible avenir en commun, que ne l’aura été leur première mariage. Réunissons donc tout le monde. Mais pour Jon, ça ne pourra être que provisoire. Son petit frère dirige le Nord à ma place et à la sienne depuis trop longtemps. Il m’a aussi renié comme père. Ce n’est pas un sujet que je veux aborder ce soir avec toi ; nous nous expliquerons plus tard, lui et moi. Mais je ne peux partir en campagne avec un pareil lien rompu. Jon s’est montré d’une profonde fragilité émotionnelle. J’ai l’impression qu’il passe son temps à changer d’avis, toujours insatisfait, mais jamais de la même chose. Je le comprends, quelque part. Mais je ne veux pas d’un soutien de ce genre au combat. Il n’est pas passé loin de rejeter l’Empire auquel il a lui-même pris part à la fondation au lendemain de Paege. Aucun de ses oncles, pas plus que Jeyne ou son petit frère, n’avait à ce point changé d’avis sur un sujet important de toute leur vie. Jon doit d’abord se construire. Loin de mon ombre. Avant de pouvoir se consacrer pleinement à sa tâche. Et le Nord est sans Roi depuis bien trop longtemps, Walton finira par être plus proche du peuple que Jon, si ça continue. Réunissons tout le monde, organisons de grandes fêtes pour la victoire et la reprise future de la ville, tenue par quelques gueux. Mais ensuite, il faudra que Lyham consolide son emprise sur le Conlans. Que nous établissions notre domaine. Que Jon regagne le Nord. Que l’on prépare l’offensive de printemps. Me comprends-tu, sur ce point ? L’Empire ne peut pas se nourrir uniquement de victoires. Il faut aussi guider le peuple au plus près. |


Cela valait surtout pour Jon et Lyham, qui n’étaient pas dans les mêmes situations que les autres. J’aimais Jon. Comme j’aimais les autres louveteaux. Mais je ne pouvais pas tout risquer pour lui si ce n’était pas ce qu’il voulait. Je restais convaincu que notre proximité était source de problèmes ; il brillait chaque fois qu’il s’éloignait. C’était notre bénédiction ; deux Stark conquérants de concert. Mais notre malédiction, incapable d’être unis lorsque nous étions ensemble. Je souris, lui préparant un bout de pain avec un peu de viande séchée et de fromage. Sigyn mangeait sans arrêt, quand elle attendait nos premiers. Je doutais que RHaenys ait avalé quoi que ce soit depuis des heures, sinon depuis le matin. Je lui tendis l’ensemble, dans son bain. Nous étions bien, là. A discuter, à planifier en bonne intelligence. A vivre notre mariage. A en profiter. Pour une fois… Rhaenys me parle encore de son soupirant, mais je sens qu’il y a anguille sous roche. Quelqu’un rencontré à Dorne ? Nous ne connaissions aucun dornien dans nos rangs. C’était donc forcément un orageois de l’escorte de la Reine de l’Orage. Ou un des suivants de Baratheon, mais ceux-ci l’avaient suivi sur le champ de bataille, non ? Je souris, prends une gorgée en plus de mon godet.


| Te cacherais-tu derrière tant de personnes pour satisfaire ton mari ? |


je souris. L’embrasse à nouveau, m’étant levé du siège. Je ne peux masquer mon boitillement.


| Et bien, soit. Je veux rencontrer ce soupirant. Mais, je reste un loup. S’il ne me plait, je le mets en pièces. Quand à me faire les crocs sur ton amie, cela pourrait m’agréer si tu es présente… Mais voudrait-elle de moi ? Tout le monde n’a pas ta compassion… |


Je ne me plaignais guère, mais je ressentais de la gêne. Laid, je savais que je l’étais devenu. Je n’avais plus couché avec plusieurs personnes puis longtemps. Et ce n’était que des ribaudes, qui ne souhaitaient que mon seul plaisir, me laissant peu maître de leurs propres aspirations. Je doutais faire l’affaire dans ce genre de situation. Je grimaçais en me débarrassant de ma lourde cape, révélant le corps nu tout juste masqué aux serviteurs. Musculeux, mais parsemé de cicatrices, velu du torse au bas-ventre. J’étais épuisé.


| Soit, je t’avais promis de t’aimer encore et encore, mais je me sens partir. J’ai l’impression que je n’ai plus fait de nuits complètes depuis des années. Pour Fort-Darion, j’ai reçu la nouvelle hier. Avec beaucoup de retard, je pense que les estafettes ont eu du mal à me trouver. Et j’ai reçu ça, tout à l’heure, peu avant que tu arrives. Ca a forcément été écrit avant que la bataille ne soit connue, là bas. Qu’en penses-tu ? |







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MessageSujet: Re: No More Heroes [Tour V - Terminé]    Sam 12 Mai - 14:49



Conflans, An 1, mois 3, semaine 3



Les récentes batailles n’avaient pas épargnées Torrhen même s’il guerroyait depuis bien longtemps maintenant. Il avait vu les siens tombés, mais jamais encore il n’avait eu à frôler d’aussi prêt la mort. Cela changeait bien des hommes. Et cela avait changé mon époux. Il était plus sombre, plus terrifié aussi quelque part. Je comprenais ce qu’il me disait et aussi ce qu’il ne me disait pas. Notre franchise, notre unité étaient nos forces les plus grandes. C’était ce qui nous permettait d’avancer. Certains y voyaient de la faiblesse, mais je n’étais pas d’accord avec ce point de vue. Un homme qui n’a rien à perdre va embrasser la mort comme une vieille amie qu’il attendait. Un homme qui a tant à perdre va se battre, encore et encore pour revenir auprès des siens. Et Torrhen l’avait prouvé. Avant notre rencontre, sans doute aurait-il pu accepter de quitter cette terre. Désormais ce n’était plus le cas. Aeden et moi étions devenus sa responsabilité, tout comme il était devenu la mienne. Et s’il voulait nous protéger et nous préserver, la réciproque était vraie. Je lui rappelle cela, tout en apportant un peu de légèreté à notre conversation. Un léger sourire né sur ses lèvres et cela me suffit. Ses paroles me confortent dans le fait qu’il est toujours réceptif à mon humour, et à ma bonne humeur. Je ris, et lui réponds Enormément ! Heureusement que nous avons commencé tôt. sur la même lignée, le regardant malicieusement tout en posant ma main sur mon ventre rond.

Nous n’avions pu en parler par missive, alors je lui avoue qu’Hoare est celui qui a été cité par l’empoisonneur que nous avions fini par débusquer. Selon Yesaminda, cela expliquait les premiers saignements que j’avais eus. Deux fois. Par deux fois, il avait essayé de nuire à notre enfant avec fourberie, cette fourberie qui le caractérisait tant. Sans l’essossienne à mes côtés, j’aurais perdu Aeden. Cela ne faisait pas le moindre doute. Je ne caches pas toute cette haine qui coule dans mes veines désormais à Torrhen, cette haine qu’à forgé finalement le Noir. Il m’a changé à jamais, et fait de moi le monstre, un monstre nécessaire pour le combattre. Cela, je veux l’épargner à mn enfant. Je veux que, jamais, il ne connaisse un Westeros aussi désuni et aussi violent. Je veux que sa vie et celle de tous ses frères et sœurs à venir soit paisible, douce, faites de rires et de bonheur. Je veux retrouver cela moi aussi, retrouver cette paix qui a animé mon enfance. Torrhen prend ma main dans la sienne, et me réaffirme ce que je sais déjà : nous veillerons tous les deux sur notre fils. Il me parle aussi de bonheur et venant de lui, cela me touche d’autant plus. Oui, de notre bonheur. J’espère retrouver tout ce qui faisait ma vie jadis. Je le devais à mes parents, à mes aînés, à mon Valonqar et à tous ceux présents à Peyredragon. Je veux regouter à ses jours heureux, paisibles, insouciants aussi. Nous dirigerons notre Empire, mais nous serons bien entourés, assez pour nous en accorder. C’était là une promesse que je lui faisais quelque part. Je voulais que les jours où il ne rit pas soient ceux qu’ils compteraient tant ils seraient rares. Je voulais que cette épée que je lui avais offerte ne soit plus que décorative, tout comme Noire-Sœur et que nous venions à les tirer uniquement pour nous amuser et non plus pour prendre des vies pour préserver la nôtre. Et nous y arriverions. Oui nous y arriverions.

L’eau du bain me fait un bien fou. Et les paroles de Torrhen me rassurent aussi. Je n’aurais pu rester seule ce soir. Pas après les journées que j’avais passé. Pas après toutes ses émotions. Qu’il n’envisage pas s’installer dans une aile loin de mes propres quartiers me plaisaient. Je ris une fois de plus lorsqu’il s’esclaffe puis me répond à ma mise en garde concernant mes affaires et mon rangement que Kora qualifie « d’anarchiquement organisé ». Je réfléchie à sa contreproposition quelques instants avec sérieux. Ce n’était pas anodin et nous mettre d’accord maintenant n’était pas une mauvaise chose bien au contraire. Trois pièces attenantes alors au lieu de deux : une pour toi, une pour Yesaminda et la dernière pour moi. Je t’assure j’ai vraiment beaucoup d’affaires et j’ai besoin de mon antre aussi. Et si l’idée d’être sans cesse réveillé par notre fils ne te dérange pas, j’adorerai que tu restes avec nous, avec moi. lui répondis-je en lui souriant sincèrement. Un espace chacun et un commun, c’était là une très bonne idée finalement, la meilleure qui soit à partir du moment où nous engagions l’un et l’autre à partager plus souvent la commune que les deux autres, ce qui était le cas à cet instant présent. J’aimais l’idée qu’il soit présent pour notre enfant, même la nuit. Non seulement il serait un rempart de plus pour sa protection mais aussi, cela les rendrait proches. Torrhen était son père et je voulais qu’il ait dans sa vie autant de place que mon Père en a eu dans la mienne.

J’émiette mon savon dans l’eau, et fais de léger mouvement de la main pour troubler le liquide et le rendre mousseau tout en parlant de Baâl à Torrhen et de l’avenir que je lui imagine. Je ne lui cache combien le fait qu’il s’en aille me déplait égoïstement. Et je suis contente que mon époux partage mon avis sur sa personne. Mon général mérite cette promotion, bien plus qu’il ne le pensera jamais. Peyredragon perdrait à ne pas l’avoir, tout comme notre empire tout entier d’ailleurs. Avec lui à ses côtés, je ne craignais pas pour Orys et pour l’avenir de ma terre natale. Elle était entre de bonnes mains. Je répondais par un signe de tête à l’homme avant de lui indiquer que j’avais dans l’idée que, pendant l’hiver, nous regroupions autour de nous nos rois et reines fédérés. Pendant qu’il y réfléchie, je fais glisser sur mes épaules la chemise pour pouvoir me laver de toutes ses journées de chevauchée. Je frotte le savon sur mes épaules, le haut de mon corps, puis plonge ma tête sous l’eau quelques instants pour mouiller mes cheveux. Je mêle le savon à mes cheveux et les fais mousser pour bien les nettoyer. Je les rince en m’immergeant de nouveau dans l’eau, avant d’appliquer sur chaque mèche une lotion que m’a confectionné Kora et qu’elle m’avait fait porter. Tout en le faisant, je l’écoute avec attention, essayant de ne rien oublier pour lui répondre le plus justement possible. Argella comprend et accepte les raisons pour lesquelles elle ne pourra pas s’unir à Kevan. Je lui ai indiqué que si elle le désirait, elle devrait renoncer à sa couronne et tout comme cela n’est pas concevable à mes yeux, cela ne l’est pas non plus aux siens. Orys peut lui apporter ce dont elle a besoin, et lui laisser cette liberté qu’elle aussi chérie tant. Tant qu’ils sont honnêtes l’un avec l’autre, les choses se passeront bien. C’est pour cela d’ailleurs que je les laisserais voir entre eux les conditions de leur union. Je ne m’en mêlerai pas et je ne donnerais mon avis qu’à la fin, en qualité de Reine régente de Peyredragon. Elle est d’accord avec ça, et je sais que mon Valonqar le sera aussi. Rien n’est pressé de toute manière et nous ne referons pas les mêmes erreurs qu’avec Dorne. lui dis-je dans un premier temps avant de continuer. Pour ce qui est de Jon, j’en fais mon affaire, crois-moi. Et si le Nord a besoin de son Roi, il en va de même pour Peyredragon, l’Orage et le Conflans Libre. Rien ne les empêchera de voyager si cela est nécessaire. Pour autant, l’Empire a aussi besoin d’eux et ils se sont engagés à répondre à son appel également. Fais-moi confiance sur ce point-là. Et Walton pourra nous rejoindre comme tous ceux qui le désireront. Nous avions encore le temps d’en discuter de toute manière et d’en parler avec les principaux intéressés d’ailleurs. Concernant son aîné, je savais déjà que dès demain, j’irais le trouver pour mettre les points sur ses i. Il avait plus d’un compte à nous rendre, et je comptais bien qu’il le fasse. J’étais un Dragon et aussi déterminée que ceux de mon espèce. Le loup reviendrait dans le droit chemin ou je ne m’appelais plus Rhaenys. Je ne m’étendais pas sur le sujet pour l’instant. Plus tard. Après avoir vu le jeune loup.

Je finis de laver mon corps alors qu’il se lève après m’avoir embrassé pour se servir à manger. Il m’en tend, et j’ai un moment d’hésitation. Ce n’était pas que je n’avais pas faim, ni que j’avais faim aussi. Seulement… Depuis mes empoisonnements, j’ai un regard différent sur la nourriture. J’y trouvais beaucoup de plaisir avant mais maintenant, je ne mange que parce que je le dois et me dérobe souvent quand je n’en ai pas l’obligation. Demain matin. Je mangeais depuis matin parce que je le devrais. Je finis par refuser d’un signe de tête, sans même avoir pris la peine de vraiment regarder ce qu’il me tendait, pour continuer ma toilette et la finir tout en taquinant Torrhen. Il finirait bien par trouver qui était ce « fameux soupirant », j’en étais certaine. Je lui avais donné plus d’un indice à ce sujet. Il fallait simplement qu’il les rassemble et il y arriverait, j’en étais certaine. Il sourit, et me taquine aussi sur le sujet, avant de me faire part de ces doutes. Je pose une main mouillée et chaude sur sa joue et lui réponds Il te plaira, c’est certain. Et pour ce qui est de leur gout, nous leur demanderons. Mais si Isla n’a pas changé avec le temps, elle ne refusera pas. Ce qui l’intéressera ce sera tes talents de luxure et ta sympathie et non pas ton visage… Et cesses donc de penser que tu es repoussant. Cette cicatrice n’entache pas ton charme. Je ne vais pas te mentir. Bien sûr qu’elle se voit et qu’elle peut effrayer ceux qui ne te connaissent pas. Mais ça c’est parce que tu te donnes un air maussade et froid. Lorsque tu souris, on ne la voit plus vraiment. lui répondis-je en toute franchise avant de tracer son contour une fois de plus. Alors allons-nous coucher. Nous verrons cela plus tard. Je suis épuisée, et nous n’arriverons à rien de plus ce soir. lui dis-je sans regarder la missive qu’il me montrait. Nous n’étions pas à quelques heures près après tout. Je n’aimais toujours pas l’idée qu’il me voit nue me trouvant affreuse, mais il n’était pas question que je me couche dans des vêtements mouillés. Pour ne pas inonder la pièce, je décidais d’enlever la chemise de Torrhen dès que je fus levée dans le bain, la laissant retomber dedans. Je passais le bord du chaudron, descendais l’escalier de fortune avant de m’enrouler dans un linge sec pour chasser les traces d’eau sur mon corps. Je récupérais la robe de nuit que Kora avait sans doute fait porter jusqu’ici pour ensuite la revêtir rapidement. Je me penchais en avant pour bien essuyer mes cheveux avant d’étendre le tissu sur l’un des rebords du chaudron. Je frissonnais légèrement dû fait du changement de température, et vins rapidement me coucher sur le tas de fourrures que nous avions mis dans le désordre plus tôt.




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MessageSujet: Re: No More Heroes [Tour V - Terminé]    Sam 12 Mai - 16:42

Rhaenys était éreintée. D’ordinaire, beaucoup plus vive, charmeuse, espiègle. Je prends conscience en regardant et détaillant ses traits, qu’elle est au bout de ses forces. D’un point de vue physique, psychique et émotionnel. Elle ne tient plus debout. Je l’avais vu pendant notre courte mais intense étreinte ; plutôt que de faire durer et de savourer, elle en était allée droit à l’essentiel, pour elle comme pour moi, dans une violente pulsion de compagnie, de partage de ses angoisses, de dilution de sa solitude dans la mienne, dans sa hâte de pouvoir faire un et un seul avec quelqu’un d’autre. J’avais été serré et tiraillé par la même envie, le même désir. Il y avait bien eu de la retenue, tous ces mois durant, parce que j’aimais Rhaenys, et que je souhaitais passer ce genre de moment avec elle plutôt qu’avec qui que ce soit d’autre. A ce moment de profonde intimité partagée, ma jeune épouse m’avait laissé transparaître tout son désarroi et son désespoir refoulés, toutes ses craintes, béantes et fragilisantes, qui l’avaient laissée pantelante, désarmée, obligée de faire bonne figure dans l’attente d’une nouvelle potentiellement terrible. Plaisanter n’y changeait rien. L’Empire ne faisait que vivre et s’étendre toujours au bord du gouffre. Fort. Mais au bord du précipice malgré tout. Mais quand je vois la jeune femme me sourire comme elle le fait, je ne doute pas de notre réussite. Au moins donnions-nous absolument tout ce que nous avions dans les tripes.


| C’est vrai. Moi qui pensait avoir le temps de profiter des mois sinon des années de mon jeune tendron de femme, usant et abusant d’elle sans vergogne, me voilà déjà en phase de devenir père en même temps que grand-père. |


Les hommes de ma génération avaient plutôt tendance à devenir grands-pères. Mariés jeunes, à cause des guerres et du manque d’alliances à combler, de ce besoin insatiable que ressentaient les puissants de mélanger leur sang avec les familles alentours pour se fortifier contre la tourmente et ses terribles perspectives. Rhaenys et moi nous engageons mutuellement à être présents l’un pour l’autre, et pour cet enfant à venir. Nous voulons former une famille, un tout. L’Empire dépendait aussi de ce genre d’arrangements. Je hoche la tête, même si je crois moins qu’elle à l’espoir que la mort d’Harren ait tout arrangé. Il restait encore le Bief. Sans doute Dorne, à cause de cet égo gigantesque des dorniens qui se précipitaient d’une catastrophe à une autre comme un enfant capricieux qui serre son seul et beau jouet dans ses mains, sans se rendre compte qu’il était cassé depuis longtemps. Et après ? Les Lannister jouaient un trouble jeu depuis le tout début, et je n’avais aucune confiance dans le Val. Plus maintenant.


| Faisons au moins de Fort-Darion, une fois reconquise, un endroit de paix et de grâce. Pour nous, et pour l’Empire. |


Une capitale se devait d’en imposer. Encore plus quand il s’agissait de celle d’un nouveau monde. Mais ce serait un autre sujet. Sur lequel je me projetais pourtant volontiers malgré qu’il s’agisse sans aucun doute de vendre quelque part la peau de l’ours avant de l’avoir tué. C’était dangereux. Source de désillusion. Mais s’il le fallait, je ferais du mortier des cendres de Salins, et j’agglomérerais le tout du sang de mes ennemis qui s’y trouvaient encore. L’Empire de toute façon, était bâti sur le sang des héros. Ceux qui avaient trépassé à La-Mort-aux-Loups, ceux qui étaient morts à Sombreval, aux Epois, à Beurlieu, à Paege, à Wayfarer, à Buron, dans l’Orage et dans le Conflans, dans le Nord lointain comme dans les côtes de l’est. Ce ne serait que justice que d’aller au bout de cette entreprise, qui avait déjà nécessité tant de sacrifices… Et qui en demanderait encore ! Je souris à la contre-contre-proposition de Rhaenys. Futée et espiègle. Je la retrouvais.


| Très bien. Ca me va. De toute manière, c’est toi qui t’occuperas des plans. Prévois donc les chambres de notre descendance non loin Avec bibliothèque et salle d’armes. Ils ne manqueraient pas autrement de fureter dans nos affaires. |


Je disais « nos affaires » comme si c’était quelque chose d’acté que nous étions des possédants. En titre oui. Mais en objets personnels ? Les livres dont je disposais n’étaient pas à moi. Mon équipement militaire était bien la seule chose que je pouvais qualifier de biens mobiliers qui n’étaient qu’à moi. Le poids de l’héritage était tellement fort, dans les maisons de rois, que j’avais eu l’impression jusque là de n’être jamais qu’un propriétaire de transition, entre mon précédent, et mon futur. Je savais aussi que j’avais beaucoup à me faire rattraper et pardonner. Je ne savais pas si j’avais encore une chance avec Jon, avec Walton. Mais je me devais d’essayer. Rhaenys me donne son avis sur les futurs mariages, qui devaient à leur manière, cimenter l’Empire et en assurer la paix comme la cohésion intérieure. Pour le moment nous ne vivions pas de troubles, car chaque pays disposait de son pouvoir et de sa religion, mais les mélanges inévitables à venir, la fusion des peuples même à un degré restreint, allaient engendrer des tensions. Pour le moment, il n’y avait qu’une religion à surveiller, car nous n’avions pas que des signes de concorde de sa part, même une fois délivrée de l’influence étrangère. A surveiller, à consolider. Comme tout. Je hochais la tête, quand elle parlait d’Argella, d’Orys, puis de Jon.


| D’accord. Voyons déjà comment tous ces souverains prennent les festivités et la planification de notre avenir commun. Nous verrons très vite si des unions sont possibles et si oui, lesquelles. Nous aviserons ensuite. Pour Jon, ne va pas le brusquer. Enfin, je ne sais pas. J’ai l’impression parfois qu’il a besoin d’un bon coup de pied au cul. A d’autres moments, qu’il a besoin de toute autre chose. Mais s’il attend de moi autre chose que ce que je suis, il n’en restera que déçu durant toute sa vie. Je l’ai élevé en bon nordien. Et un bon nordien ne se plaint pas comme il le fait. Je n’aurais jamais avancé si tous mes soldats se plaignaient des absences de leurs pères, de leurs frères. Non, ils sont tous têtus et obstinés, conscients de devoir au Nord l’accomplissement de leur tâche. Je ne sais pas, de ce fait, où j’ai échoué. J’ai essayé de suivre tes conseils, mais mes efforts furent vains ; j’ai fait pire que mieux. |


Donner de la vérité à Jon n’avait servi qu’à le rendre un peu plus émotif et choqué qu’il ne l’était déjà. C’était facile aujourd’hui de juger. A l’époque, les choses étaient tellement plus compliquées. Chaque acte, même le plus petit, portait parfois à de terribles conséquences que personne ne savait anticiper, et ne se retrouvait ensuite plus du tout en position de les nier, une fois qu’elles nous tombaient dessus. Toutefois, je croyais en Rhaenys. Elle n’était pas exempte de défauts, et elle faisait des erreurs comme tout le monde. Mais elle savait guider le cœur des hommes, elle savait stimuler l’héroïsme et la loyauté de ceux qui combattaient avec elle, sur le champ de bataille ou sur le champ des idées. La belle sort de son bain. Change de vêtements. Je la regarde, comme au premier jour. C’est le futur, qu’il y a dans son ventre. Le mien, le sien, notre avenir collectif. Je lui souris, quand elle me taquine. Elle me dit que la cicatrice ne me définit pas.


| Tu es gentille. |


Je l’embrasse sur l’œil, paupière close, alors qu’elle me parle de douces promesses.


| Tu as raison. Une fois de plus, la raison l’emporte. Bonne nuit. Ñuho glaeso hūrus . Vēzos qēlossās ñuho |


Je la couvre d’une peau de renard des neiges. La borde, doucement. Moi, j’ai trop chaud depuis qu’elle est arrivée. Sa chaleur irradie totalement d’elle. Je me mets sur le dos. Près d’elle. Calme, serein. Totalement nu. Face au feu, qui m’embrase. Fièvreux, la plaie de ma jambe pulse à son tour d’une grande chaleur. Le sang goutte à nouveau. La fièvre m’étreint. Pas la même que tout à l’heure.


Et m’enfonce dans un sommeil peuplé de songes, de fantômes et de neige ; le goût du sang emplit ma bouche, et la hache me fauche en plein visage.







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