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Est-il un coin de terre où rien ne se déchire | pv. Pal Forrest
MessageSujet: Est-il un coin de terre où rien ne se déchire | pv. Pal Forrest   Jeu 3 Mai - 21:42

               
+Pal Forrest & Belyar Forrest+

               Est-il un coin de terre où rien ne se déchire


  Le monde qu’il connaissait n’était plus. Le décors intact des murs épais comme les parois d’un tombeau l’emprisonnait dans ses certitudes, et tout autour de lui paraissait un danger revêtu d’une apparence familière. La peur ne le quittait guère, et l’avait rendu fébrile au point qu’il ne mangeait presque plus. Les nuits passaient sans que le sommeil ne vienne offrir un peu de repos à l’esprit tourmenté qu’était le sien. Aux menaces extérieures s’ajoutaient celles qui étaient avant tout le fruit de ses pensées, et sa confiance autrefois largement dispensée s’était réduite à peau de chagrin, si bien qu’il ne sortait de son mutisme que pour donner des ordres. Les visages amis éveillaient désormais en lui le soupçon, et la crainte de voir un nouveau coup du destin s’abattre sur son avenir incertain était devenu une obsession. Sur chacun il posait des yeux brillant d’une telle flamme qu’on eût dit des yeux noirs. A défaut d’obtenir de lui le moindre mot, le mestre qui le conseillait s’était évertué à lui présenter une liste de suggestions savamment réfléchies pour ne pas contrarier la nature impétueuse du lord. Pour réponse, il n’avait jamais reçu que des ordres donnés comme on lançait un os à un limier, sans que leurs regards ne se fussent croisés.
Le jour n’était pas encore levé lorsqu’il entra en trombe dans la chambre, et s’il était pieds-nus, ses pas claquaient au sol comme s’il était entré chaussé de bottes. La flamme de la lampe qu’il tenait dans sa main trembla et manqua de s’éteindre quand la porte se ferma derrière lui. Non sans l’idée que son arrivée avait peut-être suffit à réveiller l’occupant des lieux, il se fit prudence d’écouter sa nervosité latente et alla secouer l’épaule de l’endormi d’un geste brusque. Alors qu’il s’était penché sur lui les pans du manteau ouvert car il l’avait revêtu dans la hâte étaient venus lourdement se coucher sur les draps.
   “ Réveille-toi. Pal.” Déjà il s’était assis près de lui, après avoir posé la lampe sur le premier meuble qui s’était trouvé à sa portée. Ses yeux s’étaient voilés pendant qu’il sentait lui échapper sa maîtrise de lui-même avec la proximité de son cadet. Et s’il était pétri d’angoisse, sa voix était douce et autoritaire, se bornant à paraître inébranlable, il préférait trop souvent écouter son orgueil plutôt que sa raison. Car les tremblements qui le poussaient à resserrer ses doigts sur ses genoux vinrent trahir son émoi et ce dès les premiers mots qu’il prononça. “Je dois te parler.” La pièce était plongée dans un profond silence, seulement troublé par la respiration de la forteresse. L’expression grave de son visage était accentuée par ses traits durcis par le manque de sommeil, et lui donnaient l’air d’être plus âgé qu’il ne l’était vraiment. Ses paroles restèrent longtemps en suspens, attendant une suite qui ne vint que lorsqu’il eut fini de choisir ses mots. “Je ne sais pas ce qu’il va nous arriver.”
Admettre son incapacité à gérer les moments difficiles qu’ils traversaient était pour lui une telle humiliation que sa gorge se serra douloureusement. Plusieurs boucles brunes vinrent glisser sur son front large quand il baissa la tête afin de ne pas laisser disparaître le peu de contenance qu’il lui restait. “ Ils ne le disent pas mais leurs yeux les trahissent. Ils me regardent de haut, comme si je n’étais déjà plus rien. Comme si nous n’étions plus les lords de ces terres.” Il le savait, la semi-pénombre empêcherait son frère de trop facilement lire sur son visage tous les tourments qu’il avait laissé empoisonner ses pensées. Son raisonnement souvent pertinent était désormais faussé par les idées obscures qu’il nourrissait, bien qu’elles n’étaient jamais parfaitement infondées. Et comme sa réflexion continuait son cheminement sans vraiment laisser à celui qu’il avait sorti des limbes le loisir de s’appesantir sur un point en particulier, il changea de nouveau de sujet. “ J’ai pensé un temps renvoyer notre mère dans sa famille. Mais la route est trop risquée. Et puis de toutes manières, elle refusera de partir.” Un long soupir vint affaisser quelque peu ses épaules. Depuis l’échec de la tentative de soulèvement, il avait par excès de fierté choisit de mettre l’implication de son cadet de côté, malgré l’injustice de cette décision. Il n’était pas aveuglé au point de nourrir l’illusion que cette discussion accoucherait de la solution âprement recherchée, il aspirait simplement à ne plus être seul devant le poids de leurs actes.


               
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MessageSujet: Re: Est-il un coin de terre où rien ne se déchire | pv. Pal Forrest   Mar 8 Mai - 0:52

Belyar Forrest & Pál Forrest






▪️ ▪️
| Seules les brides des chevaux se faisaient entendre. Il y avait autre chose qui ressemblait au ruissellement de la pluie sur les rochers. Au froissement d'un vêtement sur le sol. Soudain, tout s'était mis à glisser vers un lointain indéfinissable, un geste sans vie, un souffle, et ce fut comme si rien de cela n'avait jamais existé.
Il se réveillait comme frappé par quelque fulgurance nocturne, effaré, ouvrant ses grands yeux pâles à l'obscurité. Enveloppée par la noirceur de la chambre, la lueur vacillante de la lanterne lui était moins que l'ombre d'une étoile dans la nuit; Dans son maigre éclat se découpaient à peine les traits d'un environnement familier à moins qu'il ne fit que les deviner de mémoire. A cet instant il n'aurait su le dire. Si elle n'y était plus, la sensation de la main sur son épaule s'était imprimée dans sa chair engourdie, elle persistait, lui racontant sans lui dire ce qui avait chassé sa léthargie. "Belyar" s'entendit-il souffler avant même qu'il ne le vit.

Il était là, grave, immobile, absorbé dans un regard et dans une pensée. Dans la pénombre, il eut été difficile de dire de quelle nature était ce regard, et d'où venait le trouble que le cadet avait immédiatement deviné dans les frissons du Lord. Et à l'immoblité profonde de tout son corps, à peine agité par intervalles d'un souffle machinal, à la rondeur de ses épaules plus granit que la cîme où il régnait, Pál eut dit l'espace d'une seconde, reconnaitre le père qu'il avait perdu, et non le frère qui était venu le trouver. Perdu, lui aussi.
Tout en s'appuyant sur un bras, le brun se redressa à peine de son lit. Ce qu'il devinait dans les mots qui lui étaient adressés sans l'être, comme à moitié jetés et usés par les sombres ruminations de son frère, l'avait figé. Son coeur était trop lourd pour qu'il trouva pleinement le désir de se relever. Belyar lui apparaissait comme un gouffre. Stagnant et profond. Et c'était une vision affreuse que d'en être témoin dans cette obscurité. Le cadet tatonna quelques instants du bout des doigts le lin de la couverture, rechignant à trancher trop rapidement le silence lourd qui s'était finalement abattu dans le réduit ténébreux où son frère était venu s'enfermer avec lui; il n'y consentit finalement qu'une fois assuré que le sommeil l'avait quitté. Que n'y avait-il pas entre ces murs une abondance de clarté pour les embrasser, pour les rassurer!

"Elle s'enchainerait aux rochers plutôt que de te laisser seul ici." Approuva-t-il simplement en hochant légèrement la tête. Ses yeux malades avaient abandonné tout espoir de mieux le percevoir dans le noir. Mais tout de même, il continuait de se demander. Tremblait-il, ce frère que depuis toujours il admirait? C'était peu de chose, c'était glaçant. "Elle prépare quelque chose. Je la connais."Poursuivit-il, un léger sourire aux lèvres, bien averti qu'il était de la férocité de leur mère. Et son sourire s'évanouit. Son visage recouvra sa gravité.
Pál connaissait l'homme derrière l'allure redoutable de vigueur, d'impétuosité et de colère. Il lui savait cette ride mystérieuse qui se plissait, s'évanouissait et reparaissait aussi vite que l'ondée à la surface de l'eau; ce trouble qui refaisait surface depuis ses pensées les plus enfouies jusqu'à l'orée de son visage, cette lave qui semblait ne devoir briller uniquement derrière ses pupilles qui s'assombrissaient lorsque l'envahissaient le doute ou la rage. Mais s'il ne pouvait le voir, son émoi lui parvenait, porté par cette voix rude qui aurait dupé un étranger.

"Ils. Qui ça "ils"? De qui parles-tu?"Lui demanda-t-il ensuite en se relevant un peu mieux contre les coussins. Il tentait de ne pas laisser son ton se faire trop sombre. Pourtant, à le voir si désemparé, le brun se doutait de l'identité de ces hommes que le Lord accusait; Aussi ne pouvait-il s'empécher, à son tour, de sentir sa gorge se serrer."Des courtisans?"Fint-il de deviner."T'ont-ils seulement jamais regardé autrement?"Souffla-t-il,non sans sarcasme. Son cynisme pouvait éluder bien des peines et des tourments, teinter d'insignifiance la mal auquel, pourtant, ils devaient se préparer à faire face, la disgrâce qui les guettaient depuis sa tanière d'or et de soleil; Cependant, rien ne pouvait eclipser à ses yeux le désarroi de Belyar qui lui semblait si violent dans l'immobilité de la chambre.

Bientôt sa main se fut posée sur l'épaule du dornien. Sous ses doigts il pouvait sentir la chaleur de sa peau au travers du tissus, et, dans l'obscurité, son frère lui semblait plus imposant, mais plié, comme un géant que l'on aurait brisé à moitié. Comme un cheval blessé.
Ses doigts pressèrent doucement l'épaule du Lord tandis qu'il se penchait calmement vers lui. Lorsqu'il parla sa voix était douce, soucieuse, résignée."Mais avant tu dois me dire: Depuis combien de jours n'as-tu pas dormi?"


#iwhae





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MessageSujet: Re: Est-il un coin de terre où rien ne se déchire | pv. Pal Forrest   Mar 15 Mai - 16:49

               
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               Est-il un coin de terre où rien ne se déchire


  La chambre était un vestige de son enfance, et les essences mélangées d’encens et des odeurs d’écuries imprégnant les vêtements de son frère suffisaient à ramener milles souvenirs à sa mémoire. L’insouciance qui se rattachait à chaque endroit sur lequel ses yeux se posaient, des dessins extraordinaires et compliqués des tapis aux meubles rustiques, était un trésor qui s’était perdu dans le nombre des années. La voix de son cadet lui parvenait sans réussir à le sortir complètement de l’humeur dangereusement sombre qui l’avait poussé à venir. Il était si profondément plongé dans les terribles certitudes construitent par ses craintes, qu’une colère injuste vint lui arracher un soupir agacé.

“ Tous!” Ses mains plongèrent dans sa chevelure alors qu’il se redressait, enserrant un moment son crâne avec force, comme si la douleur le sortirait de son mal, avant de les abattre brutalement sur les draps dans un bruit sourd. “ Si le Guerrier m’en accordait la force, je ferais que plus aucun ne puisse m’en faire le reproche. Ah, ils pensent qu’ils peuvent me tromper en se cachant derrière leur silence.” A mesure que la colère gagnait sur la peur qu’il éprouvait en entrant dans la pièce, son souffle se faisait plus profond. “ Crois-tu qu’ils savent?” Un demi-sourire vint étirer ses lèvres, alors qu’il se tournait pour faire enfin face au brun. “Ceux qui portent nos couleurs, crois-tu qu’ils savent que la faute que l’on va nous reprocher est aussi la leur? Ils étaient là. Tous! Tous ont exécuté mes ordres, sans protester non! et que l’Etranger vienne me chercher sur le champs si je me dupe en disant que sur le visage de beaucoup j’ai vu la même joie féroce que si je les avait envoyé dans la plus glorieuse des batailles!”

Aussi rapidement que de tourner la page d’un livre, son attitude changea. De nouveau il était accessible et chancelant, l’expression de ses traits laissant voir la sensibilité qui s’exprimait souvent trompeusement. Il s’était attendu à ce que la main qui s’était posée sur son épaule lui paraisse celle de l’enfant frêle qu’il continuait de voir lorsqu’il posait les yeux sur son cadet, mais malgré la tendresse du geste, il percevait la fermeté d’une assurance que l’âge avait cultivé chez le cavalier discret comme un fantôme. Et puis ne pouvait-il faire autrement que d’enfin accorder à son frère de ne plus être à ses yeux un garçon mais bien un homme, alors qu’il venait réclamer son soutien, son silence criant à l’aide, lui imposant un rôle que ce dernier n’avait pas choisi. “C’étaient mes ordres. Je vous ai imposé ma volonté, imposé tout cela. Je ne peux pas reprocher à nos hommes de ne pas approuver un ordre qu’ils n’auraient suivi que guidés par leur serment. Mais nous ai-je seulement laissé le choix, à notre mère, à toi Pál t’ai-je laissé le choix, dis-moi t’ai-je contraint à me suivre?” Son regard s’abaissa pour se poser sur les draps froissés qui semblaient se mouvoir comme de l’eau à la lumières dansante de la lampe. Le sommeil lui manquait, terriblement. Ses pensées étaient décousues, son corps lui faisait mal. “Je ne sais plus. Les jours se suivent et se ressemblent sans que je ne sois plus capable de distinguer quand ils débutent et quand ils s’achèvent.”

Déjà le chant des premiers oiseaux du matin venaient trouver leur écho entre les murs de pierre de la chambre. L’horizon qui se dessinaient au delà des fenêtres se teintait de violet, et bientôt de rose, avant qu’il ne baigne d’or les profils déchiquetés des montagnes. “ Rien n’est encore parvenu de Lancehélion. C’est un sursis dont le dénouement nous déplaira forcément, quel qu’il soit.” Car la punition se faisait attendre, laissant peser une menace latente sur tout le domaine de la Tombe-du-Roy. “Il faut préparer nos hommes à une attaque prochaine.”



               
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MessageSujet: Re: Est-il un coin de terre où rien ne se déchire | pv. Pal Forrest   Jeu 17 Mai - 23:51

Belyar Forrest & Pál Forrest






▪️ ▪️
| Sous l'ombre sereine de son regard, bien des fois par le passé avait-il pu apprécier docilement la ferveur brûlante des pensées et des actes qui portaient son ainé, et, plus souvent encore, il avait du en boire le calice jusqu'à la lie lorsque ne plus se taire lui répugnait encore. Le brider, ne serait-ce que d'un reproche, ne lui était jamais venu facilement. Des deux, il était celui à  l'air sincère et calme, avec, posé sur son visage, un on ne sait quoi de hautain, pensif et innocent. Il avait l'air bon, mais inabordable, et il n'arrêtait jamais son regard sur le regard de personne.  Comparé à lui, Pal avait souvent l'impression d'être placide. Il paraissait triste et sérieux. Souvent, ce n'était pas juste une impression.
L'esprit violent de son frère était sans repos. A l'image de tous les coeurs trempés de flammes que comptait le monde des hommes, il n'était pas exempt de blessure, et le doute en était le terrible ennemi. Il répondit d’une voix si basse que ce n’était plus qu’un souffle qu’on entendait à peine: "Non!" Avait-il affirmé, ses yeux pâles s'offusquant en un écarquillement qui arrondissait étrangement son regard à la lueur de la lanterne. Son indignation avait dépassé ses lèvres, s'empressant naturellement d'étouffer les doutes de son frère à son encontre.

"Ce ne sont pas des hommes ordinaires que tu commandes."Reprit-il d'une voix plus posée, confortée par la certitude. Dans leurs patrouilles au-dehors, il n'était pas un matin où les soldats osaient ne serait-ce que soupçonner la paix; et, chaque matin, Pàl les regardait remettre, impassibles, leurs vies entre les mains froides de l'Etranger malgré les sombres promesses des cîmes. Il n'y avait sans doute pas beaucoup de gloire dans de telles vies; il n'y avait pas non plus d'imposture, ni de feinte, le cadet en était convaincu. "Leur esprit n'est pas amoindri par l'oisiveté, mais ciselé par la constance du péril. Et s'il en est usé, tu ne peux les accuser d'impulsivité ou de folie, d'hasarder leurs existences ou encore de s'amuser de ton jugement!" Evidemment, ils n'étaient que des hommes. Des dorniens au regard sévère et à la langue rendue acerbe par les pièges des brigands, par les trahisons incertaines des Montagnes qu'ils défendaient de leurs mains. Ils avaient été sculptés par les mille conflits qui enlaçaient leur berceau, cette frontière maudite qui avait emporté tant de leurs frères; Leur discernement était celui d'âmes blessées, mais non brisées. "Comme tu en apelles au Guerrier et à l'Etranger! Eux aussi vivent par la parole de ces dieux là. Oui, ils savent. Tu dois me croire." Continua-t-il, masquant l'agacement de voir son frère se tourner vers les derniers Dieux dont il aurait voulu la bénédiction en ces heures funestes derrière une voix plate.
Contre les murs ivoirins, les couleurs s'affalaient comme une multitude de tâches sombres. Les draps brodés, l'ocre doux des tapis sur le sol, l'argent noirci des bougeoirs et les meubles de bois étaient autant d'ombres factices amputés de leur feu par l'obscurité, autant de repères sur lesquels le cadet avait depuis longtemps pris l'habitude de s'appuyer. Toutes, pourtant, ne quittaient pas ses yeux une fois le soleil revenu. Aussi lorsqu'il se redressa enfin pour quitter son lit, sa main s'appuya sur l'épaule du Lord avant de la quitter pour rejoindre le rebord livide de la fenêtre, si froid sous ses doigts tatonnants. "Ils ne se demandent pas qui ils sont ou ce qu'ils veulent." souffla-t-il en écartant les rideaux. Lorsqu'il ouvrit grand l'ouverture la bise fraiche de l'aube glissa contre son cou, hérissant les cheveux sur sa nuque. " Ils le savent déjà. Et ce qu'ils savent est sans appel." Tournant à nouveau son visage vers son frère, il avait conscience du poids de ses mots sur la conscience supliciée de son ainé. "Je sais ta fatigue, mais ne les blâmes pas ainsi. Tu ne peux pas réduire leur loyauté à un aveuglement. Tu n'en as pas le droit; Pour eux comme pour toi." Sans qu'il ne parut s'en rendre compte, ses mèches brunes furent soudain bousculées par un froissement d'ailes noires. Un corbeau venait de se poser à côté de son bras, parcourant de son regard la silhouette de l'homme qui lui tournait le dos, puis celle assise sur le lit. Malgré les claquements agacés et pressants du bec de l'oiseau, le plus jeune des Forrest rechignait à délaisser l'attention dont le Lord avait besoin à cet instant et poursuivit dans sa pensée sans répondre une parole ou un geste à l'impatience de l'animal. "Ils ont défié leurs Princes pour croire en toi. A ton tour tu dois croire en eux. A présent, tu n'as plus d'autre choix."

Il s'était tourné vers l'oiseau."Lancehélion viendra. Ou le Bief viendra." marmonna-t-il, pensif, tandis que son index lissait doucement les plumes de la gorge du vieux corbeau d'un geste absent. Le volatile comptait parmi les rares corbeaux capables d'apprendre les noms de plusieurs châteaux et d'y porter sur commande les messages qu'on leur confiait; sa jeunesse envolée, l'oiseau avait été précieusement gardé par le Mestre avant de préférer le jeune chevalier, qui l'avait conscencieusement gâté. "Aussi outrés les Martell peuvent-ils être, je ne pense pas qu'ils seront les premiers à nous sauter à la gorge. Ils ont besoin de notre sang pour absorber l'invasion de leur Royaume." Comme si cela changeait de l'habitude, ne put-il s'empêcher de penser, acide. " S'ils ne sous-estiment pas trop notre honneur, peut-être nous laisseront-ils défendre nos terres...Ils n'y perdraient pas au change. "soupira-t-il. Disant ces mots, ses pensées le ramenèrent vers celles et ceux qui avaient du mener ce combat sans eux, quelques semaines auparavant. Mue par la volonté d'éviter le conflit, la Princesse Déria avait embrassé la Guerre, bien malgré elle, évidemment- Mais l'erreur, ici, à l'orée des cîmes, était trop dangereuse pour être pardonnée. Et pourtant tous, Dayne, Noirmont et même Ferboys, lui demeuraient fidèles. Cela remplissait la poitrine du jeune homme d'un sentiment amer. Toutes ces nobles Maisons qui tombaient sous les flèches ennemies, qu'avaient-elles pu reprocher à l'Empire qui put justifier cette désolation, se demandait-il souvent. Il en connaissait quelque part la réponse. Dorne était leur mère, ils ne la quitteraient pour aucune autre quand bien meme elle n'était armée que de son amour et de son orgueil. Ses bras aimants autour de leurs poitrines leur étaient cent fois préférables à une épée empruntée, mille fois à la main tendue d'un étranger. Et cela, Pal le comprenait à défaut de l'accepter.


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MessageSujet: Re: Est-il un coin de terre où rien ne se déchire | pv. Pal Forrest   

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