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La musique adoucit les mœurs [Tour I - Terminé]
MessageSujet: La musique adoucit les mœurs [Tour I - Terminé]   Ven 22 Mai 2015 - 1:04

J’avais semé ma garde, pour la première fois depuis que nous avions quitté Lancehélion, que nous avions posé le pied sur les terres du Val. Disons plus tôt que, composée pour ce voyage exclusivement d’hommes, si ce n’était pour Perle, l’idée que j’aille me délasser dans un bain, et donc nue, avait suffi à les dissuader de me suivre. Que j’ai prétendu que je serai accompagnée de Perle n’y était, bien évidemment, pas étranger. Il avait suffisamment confiance en ma suivante pour me protéger. Or, je savais pertinemment qu’elle n’était pas dans mes appartements à m’attendre, et je savais tout aussi bien que je n’irai pas profiter des bienfaits d’une source chaude. Je désirais simplement être seule, un bref instant – ma garde ne manquerait pas, j’en étais certaine, de s’apercevoir de ma supercherie. C’est pourquoi je ne m’étais guère attardée dans les appartements que la Reine Sharra mettait à ma disposition, y prenant la lyre de Valyria que j’avais amenée avec moi. J’aurai assurément pu faire suivre une harpe, instrument que j’appréciais grandement, si je l’avais souhaité, mais je n’avais jamais fait de caprices, et je n’avais plus l’âge d’en faire.

Précieusement empaquetée, je la maniais avec délicatesse, arpentant les couloirs en faisant bien attention à elle et à éviter les domestiques apprêtés, chargés de multiples choses. Il ne s’agissait pas de les déranger dans leur travail, ni de risquer d’endommager le précieux instrument entre mes mains. Je déambulais un long moment, me perdant au gré des couloirs, avant de trouver une salle qui puisse convenir. Elle contenait déjà quelques instruments. J’espérais qu’elle n’était pas utilisée, en l’instant, et que je ne dérangerai ainsi personne. M’asseyant, en prêtant attention à la disposition de ma tenue et à ma posture convenable, je saisissais la lyre, et m’apprêtais à vérifier la justesse du son, avant de reproduire une chanson de mon enfance, qui me venait de ma mère, bien que je ne sois pas certaine des sons. Elle ressemblait à mon souvenir, dans tous les cas.

La porte était ouverte, laissant surement échapper la mélodie qui sortait de l’instrument, mais je n’y avais pas fait attention. J’étais perdue dans la mélopée, me demandant simultanément quand je reverrai ma mère. Avec ma mésaventure, nos retrouvailles avaient été avortées, et je n’avais pas eu l’occasion, pas vraiment eu l’autorisation, d’y retourner depuis. Je continuais à jouer, mécaniquement, connaissant le morceau par cœur, le cœur lourd.



             
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MessageSujet: Re: La musique adoucit les mœurs [Tour I - Terminé]   Lun 1 Juin 2015 - 0:38

Je me laissais totalement envahir par le son qui s’échappait de l’instrument, hermétique aux mouvements alentours. Pourtant, l’agitation qui régnait était tout sauf silencieuse. Mais j’étais ailleurs, tout simplement, entièrement dévouée à ma mélancolie. J’avais bien du mal à retrouver le sourire, quand je pensais à ma mère. Comment le faire, sans pouvoir me confier à ma famille ? Anders n’avait jamais réellement eu de mère, et n’avait jamais compris le lien qui m’unissait à la mienne, tant notre belle-mère nous méprisait. Quant à Deria et Roward… Je n’avais jamais pu me résoudre à leur en parler, depuis la disparition de la leur. Bien que les années passent et nous en éloignent un peu plus, que le souvenir doive s’amoindrir pour eux. Peut-être. Ou peut-être pas. Je ne le savais pas réellement. Ainsi était-je contrainte de garder tout cela pour moi, de l’expier comme je le pouvais. En jouant cette mélodie, que j’avais mainte fois fait naître sous mes doigts.

Je sursautais soudainement, alors que le silence qui aurait du s’instaurer était brisé par des applaudissements, me retournant et piquant un fard. Flattée de l’enthousiasme trahi par la réaction de ce mystérieux public, mais aussi honteuse de m’être laissée surprendre ainsi. Ce qui ne devait être qu’un tête à tête avec moi-même n’en était plus, à mon insu. Bien sûr, j’avais été imprudente. Si quelqu’un avait décidé de nuire à Dorne, par mon biais ? Mais je ne pouvais montrer ce que je pensais. Je me contentais de sourire, prétextant ne pas être perturbée par cette arrivée impromptue. Il n’était pas difficile de le faire, en me concentrant sur ses compliments. J’avais eu des facilités à apprendre cet art si plaisant, mais s’entendre complimentée était toujours agréable.

« Votre intrusion est toute pardonnée, Lord… ? »

Ainsi assise, je ne pouvais guère déceler quelconque armoirie, aussi devais-je admettre ne pas savoir qui il était. Un noble, de toute évidence, étant donné la richesse de sa mise, et l’appréciation qu’il avait de la lyre, et son parlé. Sa connaissance, aussi, semblait-il, de diverses mélodies, bien qu’il ne connaisse pas celle que je jouais. Bien évidemment. Je ne puis retenir un sourire encore plus prononcé, quelque peu amusé, m’enjoignant à ne pas rire. Un noble, connaître l’air de la chanson qu’une prostituée chantait à sa fille ? Je ne l’avais guère entendue ailleurs, et je doutais qu’elle soit digne de sa condition. De notre condition, à vrai dire, mais la bâtarde légitimée pouvait bien commettre des impairs, n’est-ce pas ?

« De parties de ma région qui ne vous sont peut-être pas inconnues, mais je doute que vous ayez pu entendre telle mélodie ailleurs, ou même dans la vôtre. Il s’agit d’une reproduction peu fidèle d’une chanson de mon enfance. »

Pousserait-il la curiosité plus loin ? Je n’en avais aucune idée, mais je ne cacherai pas ses origines, s’il les demandait plus précisément. Lady Arianne Martell n’avait rien à cacher, ni à rougir de ses origines. Je m’étais révélée grâce à elles, et savais la valeur de ce qui m’était offert. Je savais ce que j’avais à perdre, et à préserver. Et je n’avais pas honte de mes basses origines.

« Êtes-vous musicien vous-même, messire ? » Il devait l’être, assurément. Sinon par goût, par obligation au moins.



             
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MessageSujet: Re: La musique adoucit les mœurs [Tour I - Terminé]   Lun 8 Juin 2015 - 0:07

Son sourire m’intriguait, augurant d’une réponse intéressante. Ou peut-être me leurrais-je, et n’était-ce que ma curiosité qui me faisait penser cela. Peu importait. Je lui rendais son sourire, attendant donc de savoir.

« Vous me pardonnez donc, Lyman, si je ne me lève pas pour vous saluer comme il se doit avec une révérence ? Ni cet instant, ni la façon dont a démarré cette conversation ne me semblent aller de mise avec un tel formalisme. Dame Martell, Arianne Martell. Vous pouvez bien évidemment employer mon prénom, si vous le souhaitez. »

Une façon comme une autre de lui faire comprendre que je n’étais pas dupe de la considération que m’accordaient, en général, ses pairs, et que je comprendrais s’il souhaitait mettre de la distance entre nous en m’appelant Dame Martell, plutôt qu’Arianne ou Dame Arianne. Bien que cela donnerait une ambiance moins plaisante à notre conversation, plus affectée.

Je souris encore légèrement, à ses paroles, rougissant de concert. Fort heureusement, la pénombre de la salle doit le dissimuler.

« Si tant est que l’air est agréable, c’est tout ce qui importe, qu’il soit fidèle à la réelle chanson, plutôt qu’à mes souvenirs, ou non. Mais vous n’avez aucune honte à avoir quant au fait de ne pas connaître sa provenance. Je doute qu’il soit convenable, pour un jeune Prince, de connaître une chanson qu’une prostituée chantait à son enfant. Aussi, peut-être est-il préférable que vous ne la connaissiez pas. Mais si vous avez l’esprit suffisamment curieux pour découvrir d’autres mélodies, plus respectables, et ainsi éblouir ces dames quant à vos connaissances sans limite, je serai ravie de vous en faire connaître davantage. »

Peut-être jouais-je avec le feu. Peut-être le jeune Prince dédaignerait-il la compagnie de la bâtarde que j’étais, toute légitimée soit-elle. Si tel était le cas, peu importerait. Ce ne serait pas la première fois. Et si cela me peinait plus que de raison, ce qui ne devrait pas être le cas, je saurai retrouver les bras d’Anders pour m’éloigner de ma peine, comme à chaque fois qu’il prenait ma défense, lorsque nous étions enfants. Notre querelle latente de ces dernières semaines m’était complètement sortie de la tête.

Son rire, communicatif, fut rapidement rejoint par le mien. S’il n’avait pas encore compris que je n’accordais que peu d’importance à ce qui était ou non digne des personnes, quoi que je m’efforce de le respecter pour Deria, il le comprendrait sous peu. « Vous m’en voyez ravie, sans quoi vous ne vous seriez pas attardé dans cette salle, attiré par la musique, et nous n’aurions pas cette conversation. Qu’importe les attentes qu’ont les gens des hommes, qui voudraient qu’ils n’exercent que des activités barbares et sanglantes, n’est-ce pas ? »

Je laissais de nouveau échapper un rire, en entendant sa confidence. Je n’osais imaginer la pression que ses sœurs subissaient, pourtant, à devoir faire leurs preuves pour surpasser un frère qui n’aurait pas du avoir un tel talent. Tel était l’apanage des femmes, encore plus des femmes de bonne famille, que d’exceller en toutes ces choses que l’on considérait comme féminines et indispensables à leur condition de Dames, ou de Princesses dans le cas présent.

« Peut-être devriez-vous me faire une démonstration de votre talent, que je puisse comparer et en juger, si je suis amenée à entendre un jour vos sœurs. Mais je garderai bien évidemment le secret, dis-je en souriant à mon tour. Je peux même vous prêter ma lyre, si vous convenez de la traiter avec attention. Mais je ne doute guère que vous en preniez grand soin, votre goût pour la musique fera que vous ne l’abimerez pas. »

Sans la lui donner directement, ne pouvant gager de ses réactions – peut-être jugeait-il indigne de lui la lyre d’une bâtarde légitimée, et sa préférence serait aux instruments présents dans la salle -, je la mettais à sa disposition en la disposant délicatement sur une table non loin de nous. Qui, bien que d’une qualité indéniable, appartenant très probablement à notre hôte, ne valait certainement pas une lyre de Valyria.

Je m’installais plus confortablement, mais toujours de manière irréprochable pour une Dame, le regardant amusée, les yeux pétillants. « Oh, le vertige n’est pas l’un des maux qui pourrait m’empêcher de me réfugier sur les hauteurs. Le mécontentement de ma garde, et l’inquiétude de ma sœur, en revanche… Mais peut-être ferais-je appel à ces balcons, si la liberté dont je jouis en Dorne me manque. Et si cela peut me permettre d’échanger avec un amoureux de la musique, alors l’escapade n’en serait que plus plaisante. »

J’étais parfaitement sincère dans mes propos, il n’y avait aucune ambiguïté ni aucune tentative de donner une impression positive de Dorne à mon vis-à-vis, dans ceux la. J’appréciais simplement cette rencontre inattendue, une parenthèse délassante parmi l’effervescence constante qui régnait à Goëville.



             
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MessageSujet: Re: La musique adoucit les mœurs [Tour I - Terminé]   Sam 13 Juin 2015 - 12:31

Je ne pus retenir un rire, à sa remarque. Je n’aurai jamais les mêmes soucis, et je ne souhaitais pas y prétendre, mais la désinvolture avec laquelle il les évoquait en l’instant était agréable. Surement en irait-il différemment en présence de ses égaux, mais il était malgré tout appréciable qu’il ne cherche pas à m’imposer les différences de nos deux rangs, avec le mépris commun à beaucoup de princes et princesses, ou de gens de bien plus basse naissance, dès que les bâtards entraient en ligne de compte.

« C’est une perspective… intéressante, que vous avez sur la vie. Vous pouvez, peut-être, voir la beauté de leur chevelure, et ainsi engager avec eux une conversation sur le soin qu’ils y apportent. De l’encre de n’importe quel animal maritime, de l’huile, ou les Sept seuls savent quelles autres pratiques. »

Peut-être allais-je trop loin. Sans doute allait-il me prendre pour une illuminée ; quelle importance ? Je relevais la tête, en l’entendant parler de mon frère. Le Prince. Bien évidemment. Si plusieurs personnes se méprenaient sur notre légitimation, pensant qu’elle allait de pair avec les titres de Prince et Princesse, ils se trompaient. Nous étions Lord Anders et Lady Martell, et c’était déjà beaucoup. L’affection de Deria était précieuse, et elle nous l’avait montrée en nous légitimant, malgré les langues que cela ne manquerait pas de délier. En espérant que rien de plus problématique n’en découle.

« Vous me voyez ravie de cette rencontre, et encore davantage de savoir qu’elle vous a laissé un bon souvenir. Espérons que cette bonne entente se poursuivra dans le futur. »

Je m’apprêtais à lui en demander les circonstances, comme toute personne sensée, mais je fus interrompue par sa main levée, avant même que la pensée ne se soit entièrement formulée dans ma tête. Je ne pus m’empêcher de rire, à nouveau, mais bien plus franchement. Allons, quelle bévue mon petit frère pouvait-il avoir commise ? Car même s’il devait se tenir, cela ne me surprenait pas réellement.

« Fort bien, je vous assure de ma discrétion, en ce cas, et du fait que je ne chercherai pas à en savoir plus auprès de vous. Vous m’excuserez, en revanche, de prévoir de torturer mon frère, jusqu’à avoir ses aveux ? Une rencontre entre le Prince de Dorne et celui de l’Ouest, passée inaperçue, l’anecdote qui l’accompagne doit en valoir la peine. »

Oh, oui, j’étais bien décidée à découvrir les frasques de mon frère. Si cela ne semblait avoir eu aucune incidence, cela promettrait peut-être d’être drôle… davantage encore, si le Prince avec lequel je conversais était sérieux sur son envie de se dissimuler dans un trou de souris.

« Vous me voyez rassurée que vous pensiez ça. Peu de gens seraient de votre avis, et c’est pourquoi je ne joue en général cette mélodie que dans l’abri de ma solitude. Ou du moins, s’attarderaient-ils plutôt sur l’aveu fait sur mes origines, bien trop heureux de trouver un prétexte pour conspuer et fuir la bâtarde. Et ne croyez pas que je m’apitoie sur mon sort, je ne suis que lucide.

Mais peu importe. Si je ne craignais pas d’en être choquée moi-même, peut-être insisterais-je pour en apprendre plus au sujet de ces chants paillards. Ou des conséquences, du moins, de ces excursions interdites… Car un Prince est constamment surveillé, n’est-ce pas ? Est-ce donc commun à tous les enfants de Roi, Reine, Seigneur, Prince et Princesse, d’agir ainsi ? Moi qui pensais mes frère et sœur uniques…
»

Je souris en énonçant cette simple plaisanterie, m’efforçant par là de dissiper le malaise qui m’avait habitée, à l’idée de penser aux chants paillards. J’en avais entendu, plus que nécessaire, lors de mon séjour forcé auprès des fer-nés. Et j’aurai préféré l’oublier. Mes oreilles pouvaient encore en saigner, ma vertu en être bouleversée, mon innocence piétinée ou noyée.

« Mais vous avez raison, assurément. Une simple musique n’est bien évidemment pas porteuse d’opprobre ou d’infamie, tant que l’on ne se l’approprie pas de cette manière. Ça n’était de toute façon qu’une chanson destinée à m’apaiser, pour que je trouve le sommeil. »

J’acquiesçais. Je n’avais jamais, de toute façon, considéré la curiosité comme un défaut, tant qu’elle restait mesurée. Mais jamais rien n’était bon, en excès, n’est-ce pas ?

« Très certainement, mais je ne doute pas qu’une Dame renoncerait à une certaine douceur, même si l’on attend de son promis qu’il soit fort et se démarque. Ne voudriez-vous pas cette recherche de douceur, de la Dame de vos pensées ? »

J’étais très certainement présomptueuse, ne sachant même pas si ses pensées se concentraient sur une Dame en particulier. Mais n’était-ce pas un de ses droits, en tant que jeune Prince, de se pâmer pour une Dame, quand bien même cela ne serait qu’éphémère ? Je le voyais bien, avec Roward, et même Anders bien que la situation soit différente, qui n’était jamais indifférent à la beauté d’une femme, et aux moyens de la séduire, se prêtant au jeu facilement. Je rougis légèrement à cette idée, je ne souhaitais pas réellement penser à cela et une jeune femme de bonne famille ne devait pas savoir ces choses la.

Son exclamation m’arracha à nouveau un petit rire. Il avait raison, évidemment, je n’aurai souhaité pour rien au monde que l’instrument que je chérissais ne soit brisé, mais il était si… théâtral. Ou peut-être manifestait-il plus franchement que beaucoup ses opinions en ce moment, ce qui lui donnait cet air théâtral. Peut-être.

« Il serait en effet malheureux de la voir brisée, par un accident incontrôlable. Mais je serai tout aussi ravie de découvrir ce que vous pourrez tirer de cette vièle, et de connaître davantage les sons qui rythment votre propre contrée. »

Je relève le regard vers lui, intriguée par cet air amusé. Qu’ais-je donc dit, qui puisse le justifier ? J’étais parfaitement sincère, dans ces propos. Je lui rendais un regard un peu plus sérieux, en l’entendant. Évidemment. J’en étais consciente, quoi que ma liberté soit elle aussi entravée par bien des choses, notamment la conscience aigue que j’avais de ne pas devoir amener le déshonneur sur mon père auparavant, et sur ma sœur maintenant. La conscience, aussi, de devoir la seconder et la conseiller, autant que possible. Mais cela n’avait guère sa place ici, et je doutais de la pertinence de dévoiler à Lyman Lannister cette proximité que je partageais avec ma sœur, et cette voix que j’avais, dans ses décisions. La conversation ne s’y prêtait de toute façon pas.

« Je la chéris, chaque jour qui passe, et une brèche me permet de voir un peu de cette liberté, qui vous manque. Je suis consciente du privilège de pouvoir jouir de mes mouvements, presque comme je l’entends. »

Je me taisais, cependant, m’asseyant à mes aises sur le fauteuil qui m’accueillait, écoutant donc son chant. Passionné, bien que non oppressant, retranscrivant une allégresse appréciable, et une certaine élégance. D’où lui venait ce chant ? Je ne l’interrompais toutefois pas, écoutant attentivement, comme portée par l’air.



             
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MessageSujet: Re: La musique adoucit les mœurs [Tour I - Terminé]   Mer 24 Juin 2015 - 18:00

Je ne pus que rire, en l’entendant s’exclamer sur les hommes frappés par la calvitie. Peut-être était-ce réellement effrayant. Ou alors n’était-ce qu’un moyen de rire. « Je pense qu’il doit pourtant y avoir là des histoires cocasses qui méritent d’être contées, et peut-être d’en rire. Mais je ne me risquerai pas à blesser le pauvre hère concerné, bien évidemment. » Ce qu’il ignorait ne pouvait le blesser, n’est-ce pas ? Le prince m’intrigua réellement, en revanche, en évoquant sa rencontre avec mon frère, mais davantage encore en m’enjoignant au silence, pour ne pas aviver la honte qu’ils ne devaient pas, l’un et l’autre, manquer de ressentir sur les circonstances de cette rencontre. Curieuse, certes, mais aussi désireuse de m’assurer que rien de fâcheux n’en ressortirait. Mais il n’en parlerait pas si légèrement, si tel était le cas. Du moins le supposais-je.

« Promettez-moi qu’il ne s’agit là de rien qui ne puisse avoir des conséquences dramatiques, et je vous promettrai à mon tour de ne pas tenter d’embarrasser mon frère, bien que je vous avoue être grandement intriguée. »

Peut-être parlais-je trop librement. Quelle importance ? Les propos que je tenais là n’avaient pas grande importance. La curiosité n’était pas un crime, ni même un défaut bien offensant, après tout. Encore moins quand elle se manifestait par rapport à un frère que je chérissais, et qui ne me tiendrais assurément pas rigueur de cet intérêt pour sa rencontre avec Lyman Lannister. Un défaut bien moindre que la bâtardise que je portais avec moi, depuis toujours et à jamais. Si l’un pouvait être dérangeant mais pardonnable, le second ne serait pas oublié.

« Si l’on n’y est pas indifférent, on s’y habitue, et on apprend à passer outre, croyez-moi. Et l’on ne blâme pas les spectateurs impassibles ou du moins inactifs. Pourquoi s’insurger devant ce que l’on dépeint depuis toujours comme un outrage et une erreur ? Je suis peut-être mesurée, pour une Dornienne ou même pour une Martell, mais je ne m’emporte pas pour des paroles blessantes, et en fais abstraction avec toute la mesure et toute la dignité possibles. »

Je n’étais, malgré tout, pas désireuse de poursuivre sur ce sujet. Guère surprenant, mais peu agréable pour moi, et probablement ennuyeux pour mon vis-à-vis. Ma bâtardise était un fait, sur lequel s’attarder n’était pas nécessaire, ni même potentiellement intéressant. Ses escapades, en revanche… Un sourire prit de nouveau place sur mes lèvres, mon amusement se trahissant sur mon regard et dans mes yeux. Il faisait preuve d’une certaine intelligence de raisonnement, dans ses propos. Tous princes ne devaient pas en être dotés, de cela j’étais presque certaine.

« Si les rumeurs sur son intelligence sont vraies, et j’ai que peu de raison d’en douter d’après la personne que j’ai en face de moi en l’instant, je ne doute en effet pas qu’elle soit parvenue elle-même à ce raisonnement, bien avant vous sûrement. Je n’ignore pas que nos escapades, à mes frères, ma sœur et moi, devaient être placés sous la même liberté contrôlée. »

J’acquiesçais brièvement. Inutile de m’attarder encore davantage sur cette chanson, certainement chère à mon cœur, mais peu marquante pour les autres. Mon sourire se fit plus doux, et plus compatissant. Quel fardeau, que de n’avoir qu’à obéir au devoir, concernant tous les aspects de sa vie.

« Je vous souhaite d’obtenir félicité dans l’union, malgré tout. Ce n’est pas chose aisée, que de devoir renoncer ainsi à une liberté de choix à ce sujet, ou même aux élans de son cœur. »

Non, réellement pas. Je n’étais cependant que peu désireuse de penser à tout cela. Quoi qu’il en soit, et cela devrait arriver pour le bien de Dorne, j’épouserai celui qui servirait au mieux les desseins de ma sœur. Il ne pouvait en être autrement. Et je ne voulais pas qu’il en soit autrement. Mon avenir était tracé, depuis que Deria nous avait légitimés, Anders et moi. Je ne serai rien d’autre qu’un atout pour Dorne, quand bien même l’affection qui nous liait tous les quatre était inaltérable. Encore une fois, j’acquiesçais. Jamais ma lyre ne me quitterait, et si je devais l’endommager, je m’en blâmerai longuement.

« Un bel honneur fait à votre Mère, j’en conviens, et un air plaisant. Sans doute a-t-elle dû en inspirer des moins agréables, ou moins convenables, je suppose, mais il s’agit là d’une magnifique composition. La femme pouvant inspirer une telle œuvre doit être remarquable. »



             
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MessageSujet: Re: La musique adoucit les mœurs [Tour I - Terminé]   Sam 4 Juil 2015 - 1:21

Son rire soudain me soulagea, apaisa le sérieux qui parfois devenait trop omniprésent. Je ne connaissais pas réellement le prince Lannister, aussi ne pouvais-je deviner ce dont il était capable, mais mon frère, mon Prince, emporté par ce qu'il estimait son devoir... Nombreuses auraient pu être les causes d'un geste irréfléchi et aux conséquences fâcheuses. Alors que si j'avais été une autre et aurais surement estimé qu'il se moquait en riant ainsi, j'accueillais plutôt avec plaisir la spontanéité de sa réaction, qui montrait que j'avais effectivement envisagé le pire là où il n'avait pas lieu d'être.

« Vous m'en voyez, un peu stupidement sans doute, rassurée. Je n'aurai pas souhaité que mon frère affronte quelque désagrément pour un acte instinctif et qui n'avait nulle vocation à être lourd en conséquence, à ses yeux. »

Peut-être étais-je trop protectrice. N'était-ce pas mon rôle d'ainée, cependant, que de veiller à ce qu'il n'arrive rien aux trois autres Martell ? Ou bien me l'étais-je octroyé sans raison, et sans légitimité. Peu importait, ça n'était pas comme si j'étais nouvellement confronté au manque de légitimité et prise au dépourvu. J'écoutais attentivement ses propos, on ne peut plus justes, évidemment. Qui aurait remis en cause la parole d'un noble, en comparaison avec celle d'un enfant illégitime, une femme de surcroît ?
Comment nier les potentielles rumeurs, qui naîtraient alors ? Mais quoi que Lyman semble en penser, c'était le lot quotidien de quelqu'un comme moi - même quand l'on était irréprochable. Si elles avaient fini par être éclipsées par la mort de Père et Mima - et j'aurai préféré qu'il n'en soit jamais ainsi, les nombreuses spéculations sur mon enlèvement avait longtemps fait parler, et en termes relativement crus.

« Soyez assuré que je n'ai pas été épargnée, même en tant que bâtarde de la famille régnante, peut-être encore moins par ce fait, et que l'on se construit une armure contre ces médisances, fussent-elles réalistes ou non. Et l'on se rend compte que, quelle que soit la douleur qui en résulte, elle n'égalera jamais la vraie peine. Comprendrait-il que j'entendais par là celle d'avoir perdu deux des miens ? Surement. Lui échapperait en revanche le fait que j'avais douté ne jamais les revoir, durant mes semaines de captivité auprès du barbare qui avait fait de moi son amante. Ou que j'avais poussé à être le mien, par crainte de ne pas survivre. Je doutais que les rumeurs soient sorties de Dorne. Je ne l'espérais en tout cas pas. Mais je prendrais garde à ne pas vous saluer, Prince Lyman, ou du moins à ne pas m'attarder dans l'espoir d'une réponse qui n'arriverait pas et pourrait entacher ma réputation. Bien que je sois, sans le moindre doute, éprise de vous et qu'il me sera difficile de ne pas espérer d'attention de votre part. »

Je me laissais aller à un rire déjà difficilement contenu. Fort heureusement, j'avais la tête sur les épaules, et ne m'imaginais pas attachée en quelques secondes à un bel homme. Mon coeur n'appartiendrait de toute façon jamais à personne, sinon à l'époux que ma soeur me choisirait. Mais cessons là ces pensées fâcheuses, alors que je m'étais prise à m'amuser. Je souriais encore davantage, en l’entendant pouffer, comme un enfant, quelque peu surprise malgré tout. Mais c’était, là encore, appréciable. Cette conversation aurait pu être bien plus tendue, ou moins agréable, mais Lyman savait ne pas se prendre trop au sérieux, pas en l’instant du moins, et cela changeait tout de même grandement.

« Peut-être pourrais-je le constater par moi-même à l’avenir, bien que je doute être amenée à rencontrer votre mère, et encore plus de pouvoir tenir une conversation avec elle, car elle doit surpasser sa réputation, je suppose. J’imagine, en effet, que c’est là le rôle de tout parent, un tant soit peu soucieux de ses enfants, éprouvant un tant soit peu d’affection pour eux. Nul ne pourrait les en blâmer. »

Je le regardais, légèrement pensive, en l’entendant évoquer sa future femme. Une fois marié, mis à part les obligations dues à son rang, il aurait toute la liberté qu’il désirait. Mais sa femme, non ? Il ne tenait qu’à lui, de lui en donner autant, n’est-ce pas ?

« Sa liberté dépendra de votre bon vouloir, et de celle que vous serez disposé à lui accorder, n’est-ce pas ? Mais c’est un sujet qui ne me concerne guère, j’espère simplement que vous saurez combler en cela votre future épouse. Qu’à défaut de l’avoir choisie, votre union sera heureuse. »

Un air malicieux s’alluma dans mes yeux, en l’entendant. Toute femme ? Il était certain que non. Bien des femmes, décriées pour des raisons justifiées ou non, ne pourraient jamais prétendre à un tel présent. Mais je ne souhaitais pas m’engager dans une telle discussion, qui rejoindrait dans une certaine mesure celle sur mes origines.

« Les apparences sont trompeuses, que voulez-vous. Notre force réside ailleurs, mais elle existe pour autant. Peut-être devriez-vous vous méfier, de ma présence ici, d’ailleurs. La terrible créature que je suis pourrait vous jouer des tours. »

Ça n’était qu’une plaisanterie, évidemment, je me savais incapable de faire quoi que ce soit de la sorte, sciemment.



             
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MessageSujet: Re: La musique adoucit les mœurs [Tour I - Terminé]   Sam 4 Juil 2015 - 23:19

Je ne préférais pas poursuivre sur les douleurs que la vie pourrait m’apporter. J’en étais bien consciente, peut-être même trop, et si je ne les ignorais pas ; comme je venais de le lui affirmer, qu’elles soient causées par des on-dit ou des réelles blessures, il était malgré tout plaisant de ne pouvoir y penser constamment. Et Lyman, volontairement ou non, m’apportait cet instant de répit. Mes prunelles durent trahir l’envie de rire qui me prit, en le voyant ainsi se prendre au jeu, bien que je m’enjoigne à ne pas le faire encore. Difficilement, je devais le reconnaître.

« Oh je peux en effet vous affirmer que ce souvenir de vous sera très certainement inoubliable pour moi. Votre charme, votre humilité, et votre gentillesse à mon égard qui n’ai, bien malgré moi, pas pu résister à tout cela, et me suis éprise de vous… Vous me voyez touchée de votre compréhension, bien que nous ne puissions être réunis comme dans mes rêves les plus profonds. »

Me retenant encore de rire, je lui adressais malgré tout un sourire malicieux. « M’autoriseriez-vous, au moins, à vous dérober une de ces belles mèches blondes, afin de panser mon cœur maintenant brisé devant mes espoirs anéantis ? Un gage de votre sollicitude, bien que je ne puisse prétendre à vôtre amour. »

Enfin, je laissais le rire qui menaçait de m’habiter depuis quelques minutes déjà me submerger, devant l’absurde de ma demande. Jamais je ne prétendrai à conserver un gage aussi… étrange, et peut-être légèrement stupide. Sans doute serais-je flattée, si un soupirant me faisait un tel présent, mais pas tant pour sa nature, que pour la signification qui en découlait. Et cela très probablement parce que je me sentirai flattée par cette attention, davantage que par réelle affection pour le pauvre ère qui accorderait trop d’importance à notre relation.

« Un fils ingrat, ou insatisfait, peut-être. Mais soyez assuré que, par votre exemple, elle n’a qu’admirablement fait son travail. »

Nulle flagornerie, dans ce compliment, il ne s’agissait que de la plus pure vérité. En plus d’être visiblement bien élevé, le Prince n’était pas méprisant, ou même ne me rejetais pour ma condition. Je ne le croyais pas à même d’entretenir une conversation de la sorte avec une quelconque bâtarde qui ne serait que servante dans cette maison, mais notre rencontre ayant eu lieu en privé, il aurait tout aussi bien pu y mettre fin, certain que je n’allais pas l’ébruiter. Non, c’était un homme honorable, que j’avais en face de moi, j’en étais convaincue, et je ne m’exprimais pas à la légère, ni même par un béguin déplacé qu’il aurait pu susciter.

Le voir ne pas rejeter mes paroles me contenta davantage encore, alimentant quelque peu l’orgueil dont je pouvais bien malgré moi faire preuve, par moment. Il aurait pu, sans le moindre doute, décréter que je ne m’exprimais ainsi que parce que j’étais moi-même une femme, qui chérissait cette liberté dont je jouissais, quoi que restreinte, et ça ne semblait pas être le cas. Il se prouvait encore davantage avisé. J’acquiesçais à ses propos, par ailleurs. C’était par là même une des bases essentielles dans une union, quelle que soit la place accordée à son épouse. Espérons pour lui qu’il saurait gagner celle de sa future épouse.

Mon rire rejoint le sien assez rapidement, en l’entendant. Je comprenais très bien ce qui avait pu les rapprocher, lui et mon frère. Qu’il me sembla plus sérieux ne changeait rien à son humour, qui avait du grandement amuser Roward aussi.

« Il est vrai qu’il serait indigne pour un Prince tel que vous, de fuir face à l’horrible dragon que je peux être. Rassurez-vous, je n’ai pas encore réussi à cracher du feu, je ne pourrai vous faire grand mal. »

Mon sourire diminua, instinctivement, et l’éclat de mes yeux se voilà légèrement, suite à sa question. J’en étais consciente, et j’étais aussi bien avertie de ce qui avait causé ce cadeau, qui m’attendait à mon retour de captivité. Un bien précieux, qui me provenait de mon défunt Père, que je chérirai toujours.

« Vous voyez juste. Un présent de mon Père, suite à une séparation assez longue. Puisse-t-il être témoin du soin que je lui apporte. Je suis consciente de sa rareté, et outre son importance sentimentale à mes yeux, je ne doute pas de l’envie que cette lyre peut susciter. Puissiez-vous en posséder une vous-même, un jour, la manier est un délice. »



             
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MessageSujet: Re: La musique adoucit les mœurs [Tour I - Terminé]   Sam 11 Juil 2015 - 17:32

Il m’était de plus en plus difficile de garder mon sérieux, surtout devant ses talents de comédien. Encore plus, alors qu’il prenait l’air horrifié de celui qu’on va priver d’une part importante de lui-même. Il plaisantait, je n’en doutais pas, mais il semblait qu’il accorde une assez grande importance à sa chevelure. Ce qui était compréhensible. J’aurai voulu lui demander de pardonner mes élans stupides de femme faible et conquise, mais j’en étais bien incapable, riant comme je le faisais. Ça n’était de toute façon guère important. Encore moins quand venait dans la conversation la Reine de l’Ouest, lionne farouche et que je n’aurai pour rien au monde souhaité affronter. Elle n’aurait fait, j’en étais certaine, qu’une bouchée de moi. Même si jamais je n’aurai gardé ma langue dans ma poche, si cela était arrivé, et que nous avions été opposées. J’étais certes moins sanguine que ma fratrie, mais trop fière pour mon propre bien malgré tout. J’acquiesçais en souriant, à ses propos. C’était heureux à savoir. Et je n’avais rien à y ajouter. Je fréquentais pour la première fois leur famille, et je n’étais pas certaine que cela arrive de nouveau. À moins que l’entente entre Lyman et mon frère soit plus qu’une mésaventure qui se transformait en un moment agréable, de ce que j’avais compris.

Notre échange, bien qu’oscillant entre sujets plus sérieux et d’autres plus légers et plus risibles, était très plaisant. Le Prince s’avérait, après tout, de bonne compagnie. Comme quoi, la musique pouvait réunir les êtres les plus différents. La musique, et l’amour des belles choses. J’avais fini par comprendre que toutes les familles titrées et riches n’étaient pas composées que d’arrogants, qui considéraient que tout leur était du et n’accordaient aucune valeur aux merveilles de ce monde, aussi étais-je ravie de ne pas être tombée sur l’un d’eux. Les compliments sur mon instrument, bien qu’il ne soit pas de ma création, me touchaient à vrai dire. Je ne comptais pas le dire, cependant, il s’en rendrait surement compte de lui même de toute façon. Mais ces remarques me prouvaient qu’il n’était pas un écervelé, et qu’il avait la tête sur les épaules.

« J’espère qu’ils y parviendront, dans ce cas. C’est une merveille rare, mais pas introuvable. Preuve en est de mon père, qui a su mettre la main sur l’un d’entre eux. Il ne m’a jamais conté son origine, toutefois, et la façon dont il l’avait récupérée… »

Je restais songeuse un instant. Il paraissait de ces armes qu’elles étaient fort belles, elles aussi, et incroyablement puissantes. Bien qu’il n’y porte un attrait que limité, en possédait-il une ? Peut-être.

« On m’a dit qu’elles étaient d’une rare finesse, également, bien que je comprenne aisément que vous devez voir passer votre lot d’armes, plus travaillées et splendides les unes que les autres. Bien évidemment, en tant que femme, si je maitrise des rudiments de combat, et encore, je ne suis pas amenée à voir tant d’armes, mais je vous avouerai être intriguée par les armes de ce Royaume. Bien qu’elles ne peuvent, à mes yeux, égaler cette lyre. En possédez-vous une ? »

J’entonnais quelques notes, le début tranquille d’une mélodie très prisée à la cour de Lancehélion, qui ne m’empêchait d’entendre distinctement le Prince.

« Énormément. Et la séparation prolongée qui a justifié ce présent a du être difficile pour toute ma fratrie, autant que pour moi. »

Une fois la chanson terminée, je rangeais l'instrument dans son étui avec précaution.

« Veuillez m'excuser, Prince, mais je crains que le devoir m'appelle, maintenant. Ce fut un plaisir. »

Sur une petite révérence, je partais.



             
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MessageSujet: Re: La musique adoucit les mœurs [Tour I - Terminé]   

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