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Par l'épée et la buche [Bowen]
MessageSujet: Par l'épée et la buche [Bowen]   Jeu 22 Fév - 13:49


A travers le camp de l’armée Nordienne le jeune homme faisait tâche. Le regard des hommes était étrange, différent on pourrait dire. Certains le voyaient comme un petit bâtard n’ayant absolument pas sa place ici, d’autres avec le temps étaient habitués à voir son visage juvénile se déplacer entre les tentes. Mais les petits sourire en coin ne pouvaient se taire, un jeune gamin comme lui n’a pas sa place ici, il n’a pas la constitution pour la guerre, il n’a rien à faire avec le maréchal.

Le jeune Snow n’y avait jamais vraiment fait attention. Il servait simplement le Seigneur de Motte-la-forêt depuis tout ce temps, par loyauté et à la recherche d’un objectif. Le jeune Snow avait trouvé en ce seigneur quelqu’un qui ne le prenait pas pour un bâtard incapable, quelqu’un qui lui avait enseigné plus en quelques mois qu’il n’avait appris durant le reste de sa vie. Bien sûr, il lui restait beaucoup à apprendre, mais déjà il avait gagné bien plus qu’il n’aurait pu le croire.

Le petit sourire du Snow montrait encore une étincelle d’insouciance que rien n’avait encore réussi à éteindre, son petit sourire montrait une satisfaction de lui, celle d’avoir réussi là où tout le monde aurait pu le donner perdant. Il était aux côtés d’un grand homme, un important seigneur, alors qu’il n’était qu’un fils bâtard tombé en disgrâce auprès d’une bonne grande partie de sa maison. Mais rien de tout cela n’a la moindre importance : il savait pourquoi il se levait le matin.

D’un pas effréné le jeune Nordien franchissait les derniers pas le séparant de Lord Glover. C’est avec des bûches de bois qu’il franchissait la terre battue par le pas des soldats, c’est avec une joie étrange qu’il rendait service au sénéchal… Sénéchal, qu’est-ce que cela allait pouvoir changer dans sa vie ? Lord Glover serait sans-doute plus occupé, est-ce que cela allait pour autant changer la relation entre les deux hommes.

Légèrement essoufflé il passa devant des soldats, déposant d’un rapide geste la buche devant eux, récoltant un bref merci tandis qu’il continuait sa route. Tous ne le voyaient pas comme inutile et n’étaient pas désagréables avec lui, certains étaient satisfait de le voir par moment, d’autant plus qu’il savait se montrer serviables quelques fois. Et puis ils s’amusaient à lui raconter des histoires dont une moitié était fausse, l’autre non. Les étoiles dans les yeux du Snow ne changeaient pas pour autant.

A la fin de sa course Leyk vint pousser le bord de la tente, rentrant avec le souffle cours là où il devait revoir le seigneur de Motte-la-forêt. Il reprenait doucement sa respiration, tentant de gagner de la contenance tandis qu’il cherchait des yeux celui pour qui il était écuyer. Il se redressa, droit, un petit sourire aux lèvres et l’air aussi formel qu’il pouvait, comme il avait appris.

« Lord Glover. Vous vouliez me voir ? »

Son ton se faisait aussi solennel qu’il le pouvait, aussi respectueux qu’il le pouvait le résultat n’était pas parfait, mais au moins l’effort était-il là. La tenue du jeune écuyer en revanche était loin d’être réellement présentable, mais bon, au milieu d’un camp de soldat, il n’y avait là-dedans rien de bien incroyable. La fourrure qui recouvrait ses épaules était sale, sa tenue en mauvaise état, mal mise à plusieurs endroits et il avait échoué à nouer quelques lacets.
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MessageSujet: Re: Par l'épée et la buche [Bowen]   Dim 25 Fév - 19:45

L’Hiver était arrivé sur le Conflans. Des vents froids balayaient les plaines vallonnées du royaume central de Westeros, tandis qu’une fine couche de neige de mêlait désormais à la pluie en une bruine désagréable. Pire que tout, le brouillard enveloppait les armées, ralentissant les mouvements et contraignant les cavaliers à se perdre en reconnaissance diverse pour planifier les mouvements. Fidèle aux ordres de l’Empereur, Bowen avait donné des instructions pour que ces derniers soient respectés à la lettre, tandis que les troupes avançaient et se battaient contre les éléments. Sans doute que dans quelques semaines, les routes seraient totalement impraticables. Il fallait vaincre. Impérativement. L’avenir du Nord en dépendait. S’ils échouaient, le pire viendrait. Alors le Glover pensait à son enfant à naître, au terme qui approchait pour Maedalyn, et s’il perdait espoir d’être présent pour la naissance, il ne pouvait s’empêcher de prier chaque jour pour que son bébé vive dans un monde débarrassé d’Harren Hoare et de tous ceux qui menaçaient sa patrie. C’était pour cela qu’il se battait. Pour cela qu’il menait aujourd’hui les armées du Nord, aux côtés de son Roi, mais plus en tant que simple ombre et petite main. Désormais, il avait un titre, une place … et l’avenir de ces milliers d’hommes en son pouvoir.

Le jeune homme tentait de remplir ses nouvelles obligations du mieux qu’il le pouvait, veillant sans cesse à la logistique de l’armée, ne parvenant pas à se départir de ses anciennes habitudes d’aide de camp qui avaient la vie dure. Le Poing du Nord était meilleur intendant que meneur, cela était une certitude, mais il essayait pourtant de se montrer à la hauteur de sa tâche, aussi gargantuesque soit-elle. Alors il ne se ménageait pas, se levant avant l’aube pour tout vérifier, avant d’aller généralement effectuer un premier compte rendu à son souverain, puis il s’entretenait généralement avec les hommes en charge du train et mangeait rapidement avec les hommes du rang, essayant de connaître au moins les officiers du mieux qu’il le pouvait. Parfois, il chevauchait aux côtés de son beau-père ou de son beau-frère, s’appuyant souvent sur les Lords Cerwyn et Manderly pour se repérer parmi leurs propres troupes, et comptant sur leur soutien précieux pour continuer à tresser son autorité. Non, il n’était pas Conrad Omble. Mais il ne manquait pas de qualités, pourtant. A lui de les faire accepter, et de mettre en place son leadership, ses méthodes et sa personnalité.

Cependant, une autre préoccupation lui accaparait l’esprit, en dehors de devoirs et de sa famille restée dans le Nord. Son cadet traînait depuis quelques jours une mauvaise toux, et la fièvre avait commencé à le prendre, conséquence du mauvais temps, du froid, et d’une santé usée auprès des ribaudes en tous genres qu’il étrennait depuis plusieurs mois maintenant. L’alcool n’avait sans doute pas arrangé également sa stature. La veille, il s’était effondré de son cheval et avait dû être installé dans une charrette avec quelques autres malades pendant qu’un mestre s’affairait auprès de lui. D’après l’homme de sciences que Bowen avait entretenu le soir même, il s’agissait d’un refroidissement, mais le jeune homme savait que ce type de fragilité serait de mauvais aloi pour sa propre image … Sans compter qu’il s’inquiétait tout de même pour son petit frère, le seul qu’il lui restait encore. Même s’ils avaient parfois du mal à s’accorder, Edwyle demeurait, jusqu’à la naissance de son enfant, son seul héritier, et représentait avec Alysane les derniers souvenirs d’un autre temps, celui où la famille Glover n’était pas réduite à portion congrue. Surtout, il avait manifesté un réel soutien à son aîné lors de sa nomination comme Sénéchal, et rien que pour cela, le Lord de Motte-la-forêt lui en était reconnaissant. La position d’Edwyle avait toujours été délicate, et la mort de leurs benjamins et de leur père, qu’il avait tellement idolâtré, avait été une douleur sans nom, dont il n’arrivait pas à se remettre, et qu’il noyait dans les effluves de l’alcool et les cons des catins dès qu’il le pouvait. Alors, si son aîné n’approuvait pas … Il essayait de passer outre. Tant qu’il survivait … Le reste importait peu. Le temps ferait son œuvre. Du moins, il l’espérait.

Maintenant que le camp était à nouveau monté pour la nuit et que Bowen rédigeait plusieurs bordées d’ordres sous sa tente, il se concentrait pleinement sur sa plume grattant le parchemin, remisant dans un coin de sa tête le reste de ses soucis. Aussi l’arrivée de son jeune écuyer le surprit légèrement, même s’il ne le montra pas. Le môme était débrouillard, et s’il n’était pas le plus doué, il n’en demeurait pas moins dégourdi. Surtout, en prenant un bâtard auprès de lui, Bowen espérait montrer à ses soldats que le rang de naissance ne comptait pas forcément pour lui, et qu’il appréciait avant tout la loyauté et la débrouillardise.

« Ah Leyk … Entre, mon garçon. »


Le gamin paraissait échevelé, avec ses vêtements griffés et ses cheveux ébouriffés qui ramenaient Bowen à une autre époque, celle où il se tenait à la même place, arborant un sourire aussi nerveux tandis qu’il faisait face à celui qu’on nommait encore Torrhen Stark.

« J’aurais une petite tache à te confier, pour demain, oui. »

Lui faisant signe de s’approcher, il l’observa un instant avant de reprendre :

« Mon frère est avec les malades, dans une des charrettes du mestre. J’aimerais que tu veilles sur lui, pendant quelques jours.

Je sais que ce n’est pas très gratifiant mais … C’est une sorte de service que je te demande.

Et pendant que tu feras cela, essaye de discuter avec les malades, avec le mestre et les hommes du Train Royal. Ecoute-les. Et rapporte-moi ce qu’ils disent de notre avancée, de nos chances … et du Roi.

Tu veux bien t'en charger pour moi?»




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MessageSujet: Re: Par l'épée et la buche [Bowen]   Ven 2 Mar - 19:08


Aucun dieu ne peut préparer ses fidèles à la vie. C'est là le rôle d'un père, d'un mentor. Le jeune Snow n'avait jamais vraiment été préparé à quoi que ce soit, hormis traire des vaches. Le seul à avoir jamais pris ce rôle était le Glover, depuis peu pourtant. Mais Leyk lui vouait une loyauté sans faille depuis. Reconnaissant, le jeune Snow se demandait parfois néanmoins s'il n'était pas plus un poids qu'autre chose.

Il n'était ni bon intendant, ni bon soldat, ni bon diplomate, mais il était volontaire et courageux, voilà bien ce que nul ne pouvait lui reprocher. A chacun de se faire un avis sur le jeune bâtard de la maison Omble, chez lui il était vu comme un parasite, ici il était un peu un étranger au milieu de ce camp de soldats, tant une grande majorité des hommes le voyaient comme une petite tâche de pureté sur la crasse des hommes meurtris par la guerre.

Le sourire volontaire, la bonne humeur et son énergie étaient ses armes, celles-ci cachaient avec merveille la rancoeur envers certains que le jeune Snow étouffait depuis maintenant quelques temps. Il cachait encore le manque qu'il avait depuis sa naissance, derrière des activités incessantes. Il cachait la vision du jeune garçon qu'il avait tué derrière une cause noble, celle de la loyauté à tout prix.

C'est cette cause qui le faisait se tenir droit, face au nouveau sénéchal du Nord. Pour Leyk Bowen était quelqu'un d'irréprochable, qui ne faiblissait pas, qui ne faillissait pas, un modèle de droiture comme il aimerait être, bien qu'au fond il doutait d'avoir le caractère pour cela. Après tout il n'était que le bâtard d'un vieil homme mort il y a trop longtemps. L'heure n'était pas à penser à ce qu'il deviendrait, mais à ce qu'il était en cet instant précis.

Il était un écuyer, un aide de camp, un soutien et un gamin. Et c'est précisément ainsi qu'agissait le petit nordien. Lorsque le seigneur de motte-la-foret lui demanda d'avancer, il s’exécuta, rompant sa position formelle qu'il lui coûtait de tenir, puis il se plaça non loin du sénéchal, l'écoutant sans un mot tandis qu'il expliquait la tâche qu'il voulait lui confier. Non, celle-ci n'était pas une tâche qui amenait prestige et gloire, mais Leyk n'était ni glorieux, ni prestigieux.

Il acquiesça. Veiller sur le frère du sénéchal du nord durant sa maladie, si cela n'était pas une mission à placer avec les plus grandes, cela restait une preuve de confiance que le Snow ne pouvait qu'apprécier. Et puis, tout comme le sénéchal le lui demandait, il écouterait, il laisserait trainer ses oreilles, il discuterait et tenterait d'apprendre ce qu'il pouvait sur ce que les gens pensaient, d'un homme, d'une cause, d'un combat. Leyk acquiesça à nouveau, agitant quelques fois la tête de haut en bas.

« Bien sur, ce serait un honneur. »

Un instant il hésita, sur comment terminer sa phrase, puis reprit.

« Sire. »

Il n'était toujours pas vraiment sur de lui, mais au moins avait-il essayé un truc. De sa main droite il vint se gratter le crâne, réfléchissant un instant, puis reprenant la parole d'un ton doux, curieux mais anxieux. Il avait suivit à la guerre les nordiens, pourtant il n'était pas un guerrier, il ne combattait pas vraiment. Oui il avait appris par quel côté tenir une arme, il était endurant et courait vite. Mais il n'était ni bon bretteur, ni bon archer, encore moins bon cavalier. Alors il ne participait pas aux batailles, passant une bonne partie de son temps à s'inquiéter de l'issu et à maudire ses talents à l'épée.

« Il va de nouveau y avoir un grand combat ? »

Une bataille plutôt, un affrontement, une rencontre, un siège. Mais il n'était que peu familiarisé avec les termes militaires.
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MessageSujet: Re: Par l'épée et la buche [Bowen]   Mar 20 Mar - 23:04

Bowen esquissa un sourire amusé en voyant Leyk lui répondre et marquer une pause avant d’ajouter un titre bien trop ronflant plus lui, avec cette jolie candeur qu’il appréciait. Le gamin voulait bien faire, et il n’avait pas à se plaindre de ses services. Certes, beaucoup ne comprenait pas ce qui l’avait poussé à prendre un bâtard sous son aile. Parfois, il ne le savait pas lui-même. Il avait agi par sentimentalisme, surtout, parce que l’enfant lui rappelait ses petits frères. Après tout, le Snow n’avait pas beaucoup d’écart avec Tonnie, et lui ressemblait énormément physiquement, avec ses cheveux bruns doux ébouriffés et son air matois de petit avide de faire ses preuves, et débrouillard. Le Glover avait rapidement compris, quand il était plus jeune, que son père projetait de lui confier un de ses deux cadets pour qu’il l’éduque certes, mais aussi pour renforcer les liens le liant à ses frères les plus jeunes, espérant ainsi amoindrir peut-être des rivalités qui auraient pu naître dans sa maisonnée avec tous ces garçons rudes du Nord, surtout au vu de l’entente toute relative entre son aîné et Edwyle. Alors, quelque part, il avait comblé cette place que son frère ne prendrait jamais à ses côtés par un autre qui lui ressemblait. Idiot, sans doute. Mais il ne le regrettait pas. Chacun pouvait avoir sa chance, servir la couronne. En agissant ainsi, il espérait également montrer à tous que sous ses ordres, tous avaient la possibilité de s’élever, et qu’il considérait avant tout la valeur, et non le rang. Bien sûr, il ne changerait pas la société du Nord, et n’avait aucune intention de le faire. Les traditions encadraient, stabilisaient. Un noble serait toujours naturellement plus haut placé dans le commandement qu’un gueux ou un bâtard, car il s’agissait là non pas d’un privilège à ses yeux, mais de sa place au sein de la culture de son royaume. Les nobles étaient l’épée protégeant le Nord, guidant la masse vers la victoire. Cela ne signifiait pas pour autant qu’un garçon comme Leyk ne pût pas obtenir une place avantageuse s’il s’en montrait digne. Le Poing du Nord lui avait tendu la main. A lui maintenant de faire ses preuves, de ne pas le décevoir. De sa propre expérience, un écuyage pouvait se révéler très formateur, surtout aux côtés d’une personne dotée d’un certain pouvoir, ce qu’il était, désormais … même si parler ainsi de sa personne le mettait encore légèrement mal à l’aise, comme s’il ne parvenait pas à réaliser pleinement qui il était devenu. Estimant cependant que les dires de son jeune aide appelaient à un petit cours sur l’étiquette, il finit par lui répondre doucement :

« Sire est un titre utilisé pour un Roi, Leyk … Ou l’Empereur, qui apprécie ce terme lorsque l’on s’adresse à lui.

Tu peux te contenter de Lord Glover pour moi, ou Lord Sénéchal, si tu le désires … Voir Messire Bowen si nous sommes tous les deux, bien sûr, je n’y trouverais rien à redire pour ma part …

Et tu sais comment l’on s’adresse à Sa Majesté le Roi du Nord ou à une Lady, n’est-ce pas ? »

Etant donné son nouveau statut, le poids de Leyk dans le royaume allait irrémédiablement changer. Par conséquent, ce qui pouvait être sans gravité avant risquait de lui être imputé, et de porter préjudice au garçon comme à son maître. Par conséquent, Bowen tenait à inculquer quelques leçons de base au Snow, qu’il complèterait évidemment plus avant une fois les combats momentanément à l’arrêt. Là, il lui offrirait une éducation complète, évidemment. Même si les connaissances du bâtard Omble demeuraient rudimentaires, il ne manquait pas d’intelligence, de cela, Bowen était certain. Après tout, il apprenait à lire rapidement, et ne chômait point dans les exercices qu’il lui assignait. Certes, son déchiffrage demeurait encore lent, mais enfin, les progrès étaient tout à fait considérables, et le Glover en éprouvait une réelle fierté.

« C’est probable, Leyk. Je doute que le Noir se rende … Et si notre manœuvre réussit comme nous l’espérons, alors … Le sort du Conflans, et d’une partie de Westeros, se scellera par les armes prochainement. »

Son regard d’acier se posa sur le Snow.

« Nous aurons la chance de venger l’Ile aux Ours, ainsi que les braves de Castel-Oyster. Tu n’ignores pas l’affront que les fer-nés ont fait en ravageant mes terres déjà meurtries par les sauvageons, puis en massacrant Lady Mormont. Il est de notre devoir d’apaiser les souffrances de leurs âmes. Les Anciens Dieux le demandent. »

Dardant toujours son regard inébranlable sur Leyk, il ajouta doucement :

« Lorsque ce moment viendra … Tu resteras avec les autres écuyers, en arrière, à t’occuper des messages. Et si tu ne me vois pas revenir, ne tente surtout pas de me retrouver au cœur de la mêlée, d’accord ?

Si je meurs, tu pourras te mettre au service de mon épouse, et de notre enfant qui sera sans doute né d’ici là. Tu auras toujours une place à Motte-la-forêt, Leyk, je te le promets. »



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MessageSujet: Re: Par l'épée et la buche [Bowen]   Dim 25 Mar - 14:42


Lorsque Bowen vint lui expliquer ses erreurs en étiquette le jeune Leyk resta immobile, attentif aux mots de l'homme qu'il servait. Jeune sot qu'il était il ne pouvait encore que difficilement comprendre tout de cet art compliqué. Pourtant il se montrait studieux, attentif et intéressé. Chaque mot du Lord Sénéchal se gravait dans l'esprit du petit bâtard, il s'en souviendrait si jamais il devait venir à parler aux plus grands de ce monde.

Il avait eu tord d'employer le terme Sire. C'était là une formule réservée aux Rois et Empereurs. Très bien. Leyk acquiesça, montrant sa compréhension. Cela lui serait utile s'il doit communiquer avec le Roi, ou plus haut. Il avait déjà rencontré Torrhen, mais celui-ci ne devait pas vraiment se souvenir du jeune écuyer. Il y a peu le Snow aurait douté fortement pouvoir s'en servir, mais aujourd'hui, aujourd'hui tout était différent.

Il y avait fort à parier qu'il connaîtrait des discussions, ou au moins rencontres, avec les plus grands de ce monde. Après tout Lord Glover était maintenant l'une des personnes les plus importantes du Royaume du Nord et Leyk... L'écuyer d'un tel homme. Un honneur, tout à fait. Pourtant le jeun bâtard avait du mal à se placer vraiment, à savoir tout ce que cela impliquerait. Il était encore jeune et le monde dans lequel il était le dépassait en tout point.

Alors il s'accrochait. Suite aux paroles du Sénéchal Leyk murmura, Lord. Lord. Comme pour rentrer cette formule dans sa tête, elle servirait beaucoup, aucun doute là-dessus. Respect et politesse. Diplomatie et étiquette. Drôle de visions que celles-ci, le jeune écuyer qu'était Leyk n'avait pas d'expériences en ces domaines, mais il allait devoir les maîtriser, sous peu, avec le nombre de nobles qu'il risquait de côtoyer.

C'était donc cela, l'éducation ? Apprendre, avoir quelqu'un enseignant. Une nouveauté, mais un grand plus pour lui. Il se sentait valorisé et n'était plus un simple garçon d'écurie. Une preuve en soit que le nom n'était pas un prérequis ici. C'est avec un petit sourire coupable qu'il acquiesça à la question du sénéchal. Il savait, ou espérer savoir, la réponse à la question du Glover. Prenant une profonde inspiration le jeun garçon répondit, plein d'assurance.

« Votre majesté ou sire pour le Roi, Lady, ou ma Dame pour une Lady. »

Une petite pointe de fierté maquillait la voix de l'écuyer, il était heureux d'avoir une réponse à donner, même si malgré tout il espérait ne pas s'être trompé. Ne serait-ce que pour montrer que les leçons du sénéchal n'étaient pas vaines. Doucement mais sûrement il apprenait, un jour il serait quelqu'un, quelqu'un de cultivé, de doué et peut-être même d'important... Un petit rêve en soit, même si dans les faits le Snow se complaisait déjà dans ce service loyal qu'il rendait.

Une autre bataille se profilait à l'horizon, le jeune Snow avait raison. En écoutant les mots du Sénéchal Leyk put en déduire que celui-ci avait une certaine rancœur, une certaine hâte de revoir une bataille qui pourrait être une grande victoire. Le pourrait faisait douter le jeune écuyer. Le Snow baissa les yeux, peinant à cacher une petite inquiétude. Puis les recommandations vinrent. Bowen demanda à Leyk de rester à l'arrière au moment de la bataille. De ne pas venir le chercher s'il ne revenait pas. Le Snow releva le regard. Dans ses yeux l'inquiétude avait laissé place à une certaine forme de courage. Un petit défi qu'il ravala rapidement.

« Je... Il me serait difficile de dire que je vous ai abandonné Lord Glover. »

Bowen lui demanda de veiller sur sa femme s'il venait à perdre la vie durant cet affrontement. Il lui promit qu'il resterait une place pour lui à Motte-la-foret. Le Snow ne savait pas vraiment que répondre, il n'était pas un guerrier, loin d'être stupide il savait qu'au milieu d'un champ de bataille il ne serait pas un atout de poids, plus un poids pour le sénéchal mais... Mais tout de même. Il continua, hésitant.

« Je veillerai sur Lady Glover... Mais... Mais comment suis-je sensé la regarder dans les yeux et lui dire que je vous ai laissé sur un champ de bataille ? »

Il fit une pause, puis reprit, avec une assurance trouvée au fond de lui.

« Comment pourrai-je regarder votre enfant et lui parler en lui ayant laissé son père pourrir sur le champ de mort ? Je suis conscient que... Que je ne pourrais être un grand soutien sur le champ de bataille.Pour autant, je ne peux me résoudre à vous laisser baigner dans une océan de boue et de sang, pas après ce que vous avez fait pour moi. »

Il hésita, puis reprit, relevant le regard, supportant le poids de celui du Seigneur à qui il faisait face.

« Je ne suis pas un bon guerrier, ni un grand seigneur ou un diplomate. Mais je ne suis surtout pas un lâche. Et quand on veut on peut, quand on peut on doit. »

Puis il revint, un peu plus timide, à perdre son regard autour de lui. Leyk haussa les épaules, puis continua, un mince sourire aux lèvres.

« Bien sur, le mieux serait que vous reveniez. Et j'ai confiance. »
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MessageSujet: Re: Par l'épée et la buche [Bowen]   Mer 18 Avr - 15:55

« Exact, mon garçon. »

Même si Bowen avait conscience que les leçons d’étiquette n’étaient pas les plus intéressantes pour quelqu’un de l’âge de Leyk, qui n’avait pas eu l’éducation antérieure pour être réellement familier avec ces questions d’usage, il n’en demeurait pas moins exigeant et attentif à ses progrès. Deux impératifs expliquaient cet intérêt. Le premier était bassement pragmatique : étant donné sa place, le bâtard le représentait désormais où qu’il aille, et chaque mot de travers pourrait avoir un impact non négligeable sur les relations qu’entretenait le Glover avec d’autres nobles du Nord, voir avec la troupe. Par conséquent, il valait mieux s’éviter ce genre de désagrément aussi puéril que vain. Il avait suffisamment de jaloux à contenter pour ne pas s’adjoindre des mécontents s’estiment méprisés ou convaincus d’un éventuel laisser-aller de sa maison et de ses gens. Le second était plus idéaliste : à partir du moment où le Poing du Nord avait fait du gamin son écuyer, il escomptait lui donner la même éducation que celle qu’il aurait offerte à un jeune homme issu d’une bonne famille et à la naissance légitime. S’il savait que son nom lui fermerait bien des portes, il savait aussi que certains Snow dans le Nord, par la force de leur mérite, parvenaient à occuper des places de choix. Le demi-frère de l’Empereur n’avait-il point été un commandant redouté de l’armée nordienne, malgré son statut ? Au moins l’excellence de ses manières, à terme, serait un argument pour placer le garçon autrement que comme serviteur sur ses terres. Evidemment, s’il n’y avait pas d’autres alternatives, le Lord l’accueillerait volontiers à Motte-la-forêt. Mais il avait conscience que Leyk pouvait espérer un autre destin, et ne s’en formalisait pas. Avec son appui, il pourrait espérer entrer dans l’armée comme sergent, ou bien trouver une place d’intendant chez un petit noble qui accepterait un bâtard pour s’occuper de la gestion du domaine. Il avait encore un peu de temps pour choisir sa voie, bien entendu. Et peut-être que finalement, il tomberait amoureux d’une petite paysanne et demanderait des terres pour se faire agriculteur. Tous les enfants naturels n’étaient pas obligés de se tenir loin du petit peuple. Beaucoup y faisaient leur vie, même, notamment les filles qui parvenaient à trouver un bourgeois complaisant pour les épouser, les marchands appréciant l’idée d’avoir un lien familial avec la noblesse, même par la cuisse gauche. Du point de vue de Bowen, il y avait probablement plus à gagner en quittant un monde qui ne les accepterait jamais totalement, à vrai dire. Certes, le stigmate de la bâtardise était aussi présent chez les gueux. Certains jalousaient ceux qui, issus d’un parent roturier comme eux, bénéficiaient de conditions de vie plus aisées, avec la protection d’un château, moins d’obligation de travailler très jeune et une meilleure éducation. De ce que le Glover avait constaté, Leyk ne faisait pourtant pas partie des plus privilégiés, loin de là.

En un sens, cela n’aurait pas dû l’étonner. Vivant dans les terres les plus septentrionales du Nord, si on exceptait l’Ile aux Ours et Skaggos, les Omble n’avaient pas une réputation de tendresse et d’attention. La plupart des Lord de la maison pratiquaient, comme les Bolton, la première nuit plus ou moins ouvertement, ce qui ulcérait le Poing du Nord, et le caractère entier du Lord actuel, ainsi que celui non moins brutal de son fils aîné, n’avaient pas vraiment amélioré la chose. Alors, clairement, un bâtard d’une branche cadette … Déjà que ces derniers étaient peu de choses, dans le reste de Westeros … Le contraire, finalement, eut été étonnant. Pourtant, Leyk n’était pas idiot. Il apprenait vite, et ses progrès en lecture et en écriture le prouvaient bien. Restait … tout le reste. Heureusement, vu son âge, il y avait de la marge. Si tous deux survivaient à la campagne en cours.

« Tu sais quel est l’élément le plus important sur l’échiquier politique, Leyk ? »

La question, qui n’avait strictement rien à voir avec le plaidoyer admirable du garçon pour l’aider dans la bataille à venir, avait été lâchée sans préavis, sans que Bowen ne réponde stricto sensu à son écuyer. Déstabilisant, n’est-ce pas ? Mais nécessaire, vu ce qu’il allait dire. Après avoir laissé un petit moment au Snow pour réfléchir, Bowen lui délivra la réponse :

« Les enfants, Leyk. Il n’y a rien de plus important que les nouvelles générations. L’Empire peut être fort, mais si l’Empereur et l’Impératrice venaient à mourir sans descendance, alors nous serons plongés dans le chaos, car toutes les fondations posées passent par une répartition stricte de leur héritage.

Si le Roi et son frère meurent sans descendance, alors une querelle de succession s’engagera, car la Princesse Jeyne, qui est mariée à l’Ouest, pourra prétendre au trône.
Et si la guerre m’emporte ainsi que mon frère, et que l’enfant de mon épouse meurt … Ma maison disparaîtra. Tu comprends ce que je veux dire ? »


Prenant une forte inspiration, Bowen continua :

« Quand Argilac Durrandon a mené sa campagne contre Hoare, il a volontairement écarté sa fille du théâtre des opérations … Pas parce qu’elle ne le méritait pas, ou même parce qu’elle était née femme, même si cette dernière raison aurait été compréhensible. Il l’a fait parce qu’il n’avait pas d’autres héritiers. Si elle l’avait suivie, elle serait morte avec lui des mains du Boucher. »

Cruelle vérité que cela, mais en y pensant, feu l’Arrogant avait été clairvoyant.

« J’aimerai être certain, si je meurs, que ce que j’ai accompli ne l’a pas été en vain. Cet enfant que Lady Maedalyn porte … Ce sera mon héritier, peu importe son sexe. Autant dire qu’il ou elle attisera les convoitises. Je veux que mon enfant grandisse avec des gens de confiance sur lesquels s’appuyer.

Je ne désire pas t’écarter de la bataille, car je sais d’expérience que, le moment venu, même jeune, l’on veut soutenir au mieux son royaume. Mais je ne veux point de sacrifice inutile, car ta vie est précieuse Leyk. »


Avec douceur, il conclut :

« Néanmoins … Dans le feu de l’action … Tu agiras selon ta conscience, mon garçon. Et peut-être que tu te révéleras guerrier, contrairement à ce que tu dis, ou meneur. L’on change toujours, sur le champ de bataille. C’est un théâtre qui révèle ou empoisonne les hommes.»

Un mince sourire se forma sur ses lèvres :

« Puisses-tu dire vrai. Pour nous deux. »



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MessageSujet: Re: Par l'épée et la buche [Bowen]   Mer 25 Avr - 13:48

Un petit sourire fier vint se graver sur le visage du bâtard de la maison Omble lorsque son protecteur confirma. C'était bien ainsi qu'il devait appeler le Roi. Tout comme il avait raison pour une dame. Leyk était heureux de voir que les leçons d'étiquettes étaient utiles. Enfin, qu'il apprenait et n'était pas une simple déception pour le Sénéchal du Nord. Dans les faits, oui, il y avait plus intéressant pour le jeune écuyer que ce genre de leçons.

S'il n'était pas le plus doué, le jeune garçon avait un intérêt pour les arts martiaux largement au-delà de celui de l'étiquette. Quelque chose de normal, pour un jeune garçon comme lui. Mais malgré cela il vouait un grand honneur à rester attentifs aux enseignements de son mentor, par loyauté, ou bien simplement pour le remercier déjà de vouloir lui offrir une éducation qu'il n'avait jamais pu avoir loin au Nord. Il n'était sans-doute pas encore assez expérimenté pour son âge, mais il avait appris bien plus grâce à Lord Glover que grâce à n'importe qui d'autres.

Que ce soit hier ou aujourd'hui le jeune Snow n'avait jamais eu réellement d'autre ambition ou rêve que de servir à quelque chose, de ne pas se sentir inutile, oublié presque. Ce n'était pourtant pas un rêve compliqué, lui qui était né avec le sang bleu aurait dû avoir quelque chose à faire depuis toujours. Mais la vie en avait décidé autrement. Alors Leyk avait cherché, cherché quelque chose. Un but, une cause, un rôle pour sa vie. Il lui semblait enfin en avoir trouvé un.

Pourtant le jeune Snow ne pouvait pas se projeter à l'avenir. Il ne savait pas que faire au futur, ni où il serait, ni quel serait son rôle. Alors oui, le jeune garçon avait espéré avoir un rôle auprès du Sénéchal. Mais il ne savait pas vraiment comment envisager ce futur. Il était au beau milieu d'une guerre qui pourrait déterminer son futur et il n'était encore qu'un acteur passif. Alors il était difficile de savoir ce qu'il deviendrait demain.

Le jeune écuyer fut sorti de ses pensées par des mots de son mentor. Celui-ci l’interrogeait sur le plus important sur l’échiquier politique. Après quelques vaines tentatives pour bégayer une réponse évidente le jeune Snow revint dans ses pensées, à la recherche d’une solution à ce dilemme qui le dépassait. La politique n’était pas son domaine d’expertise, alors ce genre de questions le dépassait totalement. Persuadé que le sénéchal attendait une réponse le jeune Nordien chercha, sans réel succès.

Puis finalement la réponse vint, telle une délivrance, pour le jeune écuyer. Pour le Poing du Nord les enfants étaient la clé de l’échiquier politique. Alors le jeune homme resta silencieux, écoutant calmement son mentor avec une attention franche et importante. A l’aide d’exemples et d’arguments le Glover expliqua pourquoi il voulait s’assurer que son enfant n’ait que des gens de confiance sur lesquels s’appuyer. Le regard du Snow se posa au sol. Lui ? Quelqu’un de confiance ? Vraiment ?

Si le Glover souhaitait voir Leyk restait en arrière c’était bel et bien pour sa sécurité, car il considérait comme importante sa vie. Le jeune garçon réprima des émotions trop enfantines, ne serait-ce qu’une larme, lorsque quelqu’un lui disait qu’il était autre-chose qu’un boulet au pied de sa famille. Encore plus quand l’homme en question était aussi important que Lord Glover. Cette simple reconnaissance suffisait à lui arracher une loyauté et une émotion peu commune.

Malgré tout le seigneur de Motte-la-forêt savait qu’une fois la bataille venue, la conscience du jeune garçon sera ce qui le guiderait à travers cette épreuve. Selon lui ces évènements pouvaient révéler un guerrier, ou un commandant, malgré le fait que Leyk ne se pensait pas capable de telles choses. Cette confiance, bien que pas réellement nouvelle provenant du sénéchal, était toujours bonne pour Leyk. De quoi lui arracher un sourire chargé d’émotions.

« Je… Merci Lord Glover. Je me montrerai digne de votre confiance… »

Ou tout du moins l’espérait-il. Car s’il y avait sur ce monde une personne qu’il ne voulait absolument pas décevoir, c’était l’homme l’ayant sorti d’un quotidien sans intérêt et l’ayant éduqué. Alors il voulait le remercier, autant que possible, tant qu’il le pouvait.

« Je ferai ce que vous souhaitez Lord Glover. »

Tandis qu’il se courbait légèrement, il ferma les yeux, pour retenir un peu de fierté et de joie suite aux mots du sénéchal du Nord.
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MessageSujet: Re: Par l'épée et la buche [Bowen]   Mar 8 Mai - 0:01

Certains commandaient par la peur, croyaient que la loyauté s’obtenait par la terreur. Bowen n’y avait jamais cru. Cela ne fonctionnait qu’un temps. Savoir inspirer ceux qui servaient, leur donner une raison propre de le faire, et non simplement les contraindre au devoir, voilà ce qui garantissait réellement la fidélité d’une personne, à moins d’en faire sa créature, de la façonner pendant des années. Un soupçon de reconnaissance avait plus de force que la plus ignoble des tortures. Un homme pouvait agir par obligation. Il ne le faisait jamais aussi bien que lorsqu’il pensait suivre un idéal. C’était en cela que le Glover croyait. Toute sa jeunesse, il avait arpenté Motte-la-forêt, s’enquérant de la santé des femmes, de la naissance du petit dernier, complimentant les jolies paysannes rougissantes sans chercher à en obtenir quoi que ce soit, écoutant les peines des hommes, la rudesse de leur existence de labeur. Et lorsqu’il avait dû lever le moindre bras, il n’y avait pas eu de contestation. Malgré les souffrances, tous les hommes de la maison au Poing levé servaient sous la bannière Stark, et il savait que ce carré de fidèle constituait le cœur de ses soutiens comme Sénéchal. Le Poing du Nord avait partagé leurs souffrances, et leur avait promis un avenir meilleur. Et ils y croyaient, parce qu’il avait, plus jeune, toujours été attentifs à leur sort, qu’ils avaient été son premier souci, avant même de trouver une épouse, après la Mort-aux-Loups. C’étaient les orphelins, les veufs et les femmes qu’il avait évoquées en premier, face à Torrhen. L’avenir de sa maison était venu après. Il était jeune. Mais il était sincère. La duplicité n’amenait que la trahison. Que ceux qui en doutaient contemplent ce qu’il restait du royaume de celui qui aimait se faire appeler le Haut-Roi pour s’en convaincre.

Dans les yeux de Leyk, il voyait briller de la reconnaissance, mais aussi une inébranlable loyauté, et au fond, cela ne lui avait coûté qu’un peu d’attention et de gentillesse. Oh, il savait que certains diraient : quel intérêt de s’attacher un bâtard ? Ceux-là oubliaient que les petites mains faisaient les royaumes. Un jour, il n’en doutait pas, le Snow montrerait que Bowen avait eu raison de lui tendre la main, de lui offrir sa chance, un avenir, car l’écuyer d’un Sénéchal trouverait forcément à s’employer, plus tard. Le stigmate de sa naissance resterait, mais il pourrait aller bien plus haut que ce que sa venue au monde comme fils illégitime d’un noble de branche cadette pouvait lui offrir initialement, s’il se montrait à la hauteur. Il aurait la vie que ses frères n’avaient pas eue. Que Bowen n’avait pas eu le temps de leur donner.

« Je n’en doute pas, Leyk. »

Le garçon s’inclina, et doucement, le Poing du Nord lui demanda de se relever.

« Allez viens, c’est l’heure de ta leçon d’écriture. »

Il l’invita à se placer sur une chaise et lui tendit un parchemin vierge. C’était un rituel, presque tous les soirs, ce temps qu’il accordait au garçon, qu’il vente, qu’il pleuve ou qu’il neige, peu importe sa fatigue. Hormis en cas d’urgence, il s’efforçait de s’astreindre à cette heure en commun, considérant qu’un homme d’honneur devait prendre soin de son écuyer, à la mesure des services que le garçon offrait à sa maison, à sa personne. Les devoirs allaient toujours dans les deux sens.

« Recopie cette lettre au mieux. Et tu me diras après si tu as compris ce que tu as écrit. »

Il s’agissait d’une missive sans grande importance sur l’état de la garnison de Motte-la-forêt deux mois auparavant, que Bowen avait conservé comme exercice pour Leyk. Il s’installa derrière lui, surveillant la formation des lettres, lui tapotant légèrement les doigts quand l’écriture devenait illisible. Le silence se fit, et le Glover devait admettre qu’au milieu de l’agitation qui commençait à prendre le camp, à l’approche des combats, cette pause avait quelque chose d’apaisant. Elle forçait le jeune homme à être Lord Glover et non le Sénéchal, mais également à retrouver des habitudes de grand-frère, presque paternelle. Peut-être que d’ici une dizaine d’années, il serait penché de la sorte sur un garçon qui lui ressemblerait, qui porterait son nom, qui aurait ses fossettes et les yeux de Maedalyn …

« Alors ?»



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MessageSujet: Re: Par l'épée et la buche [Bowen]   

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