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And Winter Came Ft Helyna & Torrhen
MessageSujet: And Winter Came Ft Helyna & Torrhen   Lun 15 Jan - 3:57


« Hello darkness, my old friend, I've come to talk with you again »
(Helyna Harclay ~ Torrhen Braenaryon)
And Winter Came.
Lasse d’un trop long voyage, je me baissai une fois de plus sur l’encolure de ma jument pour éviter une autre branche. Des brindilles s’accrochèrent à ma natte, arrachant quelques brins cuivrés, ce qui me fit monter les larmes aux yeux, bien malgré moi. Autour de moi, dans le bois sombre et humide, par instant je pouvais distinguer les silhouettes pâles et indistinctes d’hommes qui ne semblaient en rien hospitalier ou intéressé à jouer les bons hôtes de ces bois. Régulièrement les ombres se faisaient brume mangée par les séries d’arbres qui m’entouraient que je tentais d’esquiver dans ma progression. Elwa, qui appartenait au troupeau des chevaux Atre subissait avec douleur les derniers jours les longues journées de route que je lui imposais. Sa robe couleur de lune se fondait à merveille dans un paysage enneigé, mais un peu moins sous le couvert sombre des bois. La boue dont je l’avais recouverte pour les besoins de longues heures de traverse avait séché sur son poil et les frémissements de son encolure me laissaient comprendre qu’elle n’appréciait pas vraiment l’effet sur son poil que cela produisait.

Arrivant sur les bords d’une rivière en crue, je grimaçai à l’idée de la traverser, pourtant les mots de Josh et la carte qu’il m’avait fourni le matin même pour qu’on se retrouve en plaine était claire, de l’autre côté se trouve le point final à notre longue route.

Les terres des Tully. Me trouvant si près de mon but, je ne manquai pas d’imaginer le nombre d’obstacles possibles si on me prenait de ce côté et tout autant si on me prenait de l’autre, seule ainsi vêtue comme une saleté d'ennemie. Relâchant les reines d’Elwa je l’invitai avec une petite tape à avancer dans les eaux marrons la laissant s’avancer à son allure et prendre ses marques. L’eau glaciale montait rapidement jusqu’à mes cuisses. Fraîche et horriblement douloureuse, elle bâtait l’échine de ma monture et me donnait la sensation d’être piqué de mille lames aiguisées. Me plaquant à l’encolure de l’animal, je murmurai des encouragements quand le sifflement commun d’une flèche vola au-dessus de moi. Elwa perdit quelque peu l’équilibre et se hâta de se redresser sur ses prises nous sortant d’un lit de rivière juste à temps pour voir fondre une seconde flèche dans l’eau juste à notre suite. Ne prenant pas le temps de sortir ma carte ou de chercher à réparer, j’élançai mon cheval, regrettant de ne pouvoir rompre quelques flèches sur l’homme. Bien incapable de dire si j’avais affaire à un archer de l’empire ou du Conflans.

Il n’était pas judicieux de le tuer. Bien épuisée tout comme moi la jument ne se fit pas prier, soulagée de la boue, sa robe se mariait à merveille avec les brumes nous entourant. La chevauchée dura quelques minutes avant que je m’offre le loisir de reprendre un pas plus calme et de sortir mes indications suivant de loin un chemin de chariot, je mis quelques temps à me repérer, visiblement un mois d'entraînement sur l’orientation ne suffisait pas encore totalement à faire de moi une bonne voyageuse.  

Le cuir humide de mes vêtements me brûlait les cuisses, j’avançais à pas de mort vers le point de rencontre rassurée de reconnaître les chevaux de mes compagnons de route et heureuse de ne pas être la dernière arrivée. Saluant sans un mot Joss qui tendait le fromage à son frère, je me laissai tomber d’Elwan, bougons de voir mes jambes endolories par la fraîcheur. Je vacillai un moment quand une voix amusée se souleva dans mon dos.

« Et bien fillette on a besoin de se changer ? » L’air raillant un sourire illustrant sa bouche aux dents pourries Gordon s’avançait.

« T’en fais pas pour moi. »

« Liron est parti à la rencontre des gardes pour notifier notre présence, t'es donc la dernière, tu as de la chance qu’on soit arrivé ou la corvée était tienne »

Comme à chaque fois qu’on avait dû se séparer pour assurer notre survie et surtout la progression, le dernier arrivé héritait de la tache de bouchonner les chevaux. Mais pas cette fois, on était enfin à l’aube de notre voyage, sous peu je retrouverai mon cousin, les plaisirs d’un bon bain et d’un bon repas.

« Mais n’importe quoi, pourquoi nous n’y sommes pas tous allé ? »

L’homme fit rouler ses yeux.

« De un tu te faisais désirer, de deux, une troupe, même de vingt-cinq hommes qui avance en tenues et armes sans blason ou emblème ne sera sûrement pas reçue avec des accolades, c’est la guerre ma petite, pas une balade de donzelle. »

Cette fois ce fut moi qui me mis à rouler des yeux, chaque jour que les dieux faisaient, Gordon un sombre idiot issus d’une branche bâtarde de la famille m’avait rappelé à mon état, comme se faisant un devoir de me remettre à ma place de femme. Quand bien même lui avais-je prouvé quelques valeurs de m’avoir ainsi à ses côtés, il se refusait ouvertement à voir une femme capable de le suivre et cela même après des semaines de voyage. Il était venu pour prendre du service dans l’armée du nord, pas pour m’accompagner ou jouer les nourrices comme il aimait à le rappeler aussi. J’avais l’impression avec lui de faire face à un vieux radoteur incapable de changer de chanson. M’armant d’un sourire, je m’avançai tapant sur son épaule.

« Heureusement que tu me rappelles que je suis une femme, j’ai besoin trouver un petit coin solitaire et j’aurai pu la chercher un moment, une fois sur place. » Lui murmurais-je avant de m’éloigner.

« Dame Helyna je vous prie de ne point trop vous éloigner, vous pourriez vous perdre. »

Je ne relevai pas, continuant ma progression vers les bois voisins, une fois certaine de la solitude pour satisfaire un besoin des plus humains et combattre la froideur du vêtement glissant sur mon corps, réalisant qu’il était presque plus agréable de me trouver dénudée que vêtue. Quelques pas plus loin, je pus voir l’immensité des champs militaires, des tentes et de la cité. Bien trop loin pour être atteint par des flèches, les camps semblaient s’étendre au-delà de mon horizon.
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MessageSujet: Re: And Winter Came Ft Helyna & Torrhen   Lun 15 Jan - 22:35

Elle était là, devant mes yeux. Vêtue de sa simple chemise de nuit de soir de Blancport, autant dire couverte de rien. Elle n’a pourtant plus rien d’une jouvencelle. Elle est la femme que j’ai épousée, et avec qui j’avais vécu plus de dix ans. Vécu plus de dix ans… Combien, en réalité ? Elle contemple mon visage ravagé et domine mon corps sanguinolent, brisé. J’ai du mal à respirer, tant ma cage thoracique est prisonnière de liens douloureux, qui l’enchâssent presque dans le sol glacé et mouillé, dans la neige qui m’ensevelissait à moitié. Mes paupières étaient pleines de neige, ma barbe aussi, même si la pureté blanche de mon environnement était parfois mêlée de boue, là où nous nous étions battus, et là où j’avais saigné en quantité. Les flocons qui me tombaient sur le visage fondaient aussitôt dans le sang chaud qui suintait de ma face ravagée. Elle était là, et elle ne frissonnait pas. Elle s’agenouilla à côté de moi, fit crisser la neige. Je serrais des dents baignées de sang, en essayant de me redresser, mais non je n’y arrivais pas.


| Tu sais qu’elle va mourir, n’est-ce pas ? Et lui aussi. |


Je ne réponds rien. Elle me redresse la tête sur ses genoux, et me caresse les cheveux, semblant vouloir les débarrasser de la neige et du sang qui les gâte.


| Ils vont mourir tous les deux pour ta guerre. Et Jon mourra aussi, parce que tu n’arriveras pas à le rendre heureux, et que ce désespoir silencieux qui l’anime depuis ma mort, le poussera à son tour dans le précipice. Et Walton, mon tout petit, il ira vous venger tous, et tombera à son tour. Ma Jeyne, elle finira seule, loin des souvenirs de vous qui la hanteront, alors que tout souvenir de ton œuvre disparaîtra à la cour qui la verra grandir, devenir mère, puis grand-mère. |


Elle m’embrasse le front, alors que j’essaie d’articuler, incapable de parler. Je m’étouffe à moitié, et c’est pire quand ses mains viennent enserrer mon cou, comprimant ma gorge, tandis que je n’arrive plus à choper le moindre oxygène. Je m’étouffe, et sombre alors qu’en achevant de m’étouffer, Sigyn m’embrasse sur le front une dernière fois.


| Je dois le faire. Toi plutôt qu’eux tous. Tu le ferais toi-même, si tu pouvais. |


Je me réveille en sursaut et bondit de mes couvertures, libérant ma gorge de toute sensation de strangulation en la frottant un peu fort. Je prenais vite le large, habillé de frais, mais mal rasé et les cheveux ébourrifés, me laissant entouré de ma seule escorte. Je fonçais vers le sud, à la recherche d’un je ne sais quoi, d’un souvenir fugace que je ne parvenais pas vraiment à retrouver. Je chevauchais avec rapidité, crevant ma nouvelle monture, et passais au loin de la troupe, longeant encore et encore le fleuve… Les chevaux étaient rapidement morts de fatigue, à ce rythme. Je prenais le prétexte que j’avais besoin d’air, après la revue d’armes de l’armée impériale la veille au soir, en compagnie de la Reine du Val, avant son départ. J’avais toujours la sensation de la corde autour de mon cou, des planches du gibet sous mes pieds, et du rire de Harren qui résonnait à mes oreilles. Négligemment, je passais ma main sur le pommeau de morsure, en forme de tête de loup. Nous reprenions au petit trop vers le sous-bois où d’autres hommes s’étaient installés, pour fuir la pluie et la neige qui s’alternaient dans la région, depuis plusieurs semaines. Approchant une petite troupe de cavaliers, je les hélais pour savoir de quelle contrée ils étaient. Atrès-les-Confins, hommes d’armes des Omble, escortant dame Helyna Harclay.


Tiens donc, la petite Helyna, qui se retrouve ici. Je me rappelais bien d’elle, toujours dans les pattes de Conrad, quand nous nous trouvions au même endroit. Que venait-elle faire ici ? « Besoin naturel », m’avait précisé le garde. Je n’eus à attendre qu’un moment avant de faire crisser mes cuirs de monte en me penchant sur ma selle pour voir une jeune dame sortir du sous-bois.



| Et bien, Dame Helyna, est-ce ainsi que l’on vient présenter ses respects à son Empereur, à la sauvette et visiblement réchappée de quelque marais ? Que faites-vous ici,ma dame ? Votre cousin sera en colère, je gage, de vous voir si loin de chez vous. |




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MessageSujet: Re: And Winter Came Ft Helyna & Torrhen   Mar 16 Jan - 6:51


« Hello darkness, my old friend, I've come to talk with you again »
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L’aube s’était levée depuis plusieurs heures à présent. Le regard perdu sur ce qui me semblait être le plus lointain de mes rêves, mais aussi le plus sombre de mes cauchemars d’enfant. Le spectacle s’étendait à perte de vue. Impressionnant pour un œil tel que le miens qui n’avait vu que des mouvements de troupe en visite. A des centaines de mètre de moi, se distinguer entres les branches des toitures en bois ou en toiles. Plusieurs volutes de fumée s’échappent en tout coin, formant à leur tour une nappe renouvelée de brouillard. « Je vais bientôt me réveiller » Pensais-je « Et tout cela n’aura été qu’un rêve ? » Je savais pourtant que la situation était bien réelle et à l’idée de rencontrer des ennemis de son père, un sourire naquit sur mon visage, avant de sentir mes jambes flageoler à cause de la morsure vicieuse de l’eau.

Voilà près de deux semaines que nous avancions en terre ennemie, essuyant quelques escarmouches ou vols de flèches, cinq d’entre nous étaient tombés pour accomplir ce voyage. Durant un instant tout en contemplant les toits émergeant, je me mis à sauter sur place, échauffant mes jambes. Mes pensées revenaient inlassablement vers ces jets de flèches, vers la fuite que j’avais dû prendre pour m’assurer de ne pas tuer un homme de l’empire ou l’être bêtement.

Ce n’est qu’une fois solidement en prise sur mes jambes que je me détournai des sous-bois m’attardant sur une pointe de flèche tordue qui gisait à terre. La glissant au creux de ma paume, je l’observai, faisant quelques pas de plus, réalisant à sa forme que je tenais là la mémoire d’une mise à mort. Serrant les doigts sur le fer usé, je repris ma marche vers mes compagnons. Il n’était pas temps d’être rêveuse, le plus gros de la route était derrière nous, mais le plus important était à présent à faire. Songeais-je en entendant le hennissement d’un cheval invisible à ma vue. Le clapotis du cuir humide ne couvrant pas l’échange de paroles la présente nouvelle d’autres hommes au nombre des dix-neuf que nous étions. Sortant de son fourreau la fine épée que j’avais reçu en cadeau de mon cousin, je ralentis le pas jusqu’à ma sortie des sous-bois, fermant un instant les yeux pour m’emplir de courage. Échouer si près du but n'était tout simplement pas possible, mes doigts se serrèrent sur la garde de cuir gardant dans mon autre main la pointe dont le simple contacte m’animait de ne pas m’arrêter.

« Par le loup, comment est-dieux possible ! » Ma voix s’échappa de ma gorge, fourbe et trop forte. Pourtant je n’en entendis pas même l’intonation, prise d’étonnement soudain. Durant un bref instant, la luminosité me troubla ou ce fut la stupeur, si bien que je laissai mon épée se planter dans la terre boueuse à mes pieds en réalisant que j’avais face à moi Torrhen Star, roi du nord, ou devrais-je dire, l’empereur d’un nouvel empire.

| Et bien, Dame Helyna, est-ce ainsi que l’on vient présenter ses respects à son Empereur, à la sauvette et visiblement réchappée de quelque marais ? Que faites-vous ici, ma dame ? Votre cousin sera en colère, je gage, de vous voir si loin de chez vous. |

Mon regard glissa sur mon état, réalisant que mes cheveux ne tenaient plus en une tresse correcte, la boue et l’eau avaient élimé les couleurs sombres du cuir. La hanse de mon carquois entachait ma silhouette blottie dans un lourd corset de cuir et de peau pour lutter contre les rigueurs de la saison. Mes mains poisseuses de boue, à demi couvertes de mitaines de cuir étaient en grande partie couvertes de crains ou tout ce que comprenait mon voyage. Je n’avais plus grand-chose d’une dame tout au mieux une sauvage, qui se retrouvait bien bête devant son suzerain impérial et totalement incapable de s’arranger. Mon regard remonta sur lui et je retrouvai rassurée les traits de l’homme connu, son regard plus triste, plus sombre aussi, laissant passer une ombre. Est-ce donc là tout le poids d’un monde ? Me demandais-je, me rappelant l’homme taquin et prompte au plaisir qu’il fut.

« Sire, je vous rends mes hommages. »

J’abaissai la tête plantant un regard noir à mon épée et ma main qui se glissait discrètement sur mon ventre pour le saluer dignement, mais dans la plus profonde discrétion. Relevant le regard et le visage sur lui encore juché sur son étalon.

« Voici un plaisant honneur de voir votre Majesté Impériale lui-même cueillir ma modeste arrivée, et m’offrir le grand privilège de son inquiétude »

Je lui fis un sourire des plus naturels, lançant un regard vers les Grodon qui osaient à peine respirer.

« Quant à mon état des plus discourtois pour lui paraître, je m’en excuse, nous avons rencontré quelques troupes hostiles au-delà de la rivière à moins de trente minutes d’ici, celles-ci n’avaient aucune clémence sur mon allure et m’auraient sûrement bien arrangée si je n’avais pas eu avec moi la clémence de nos dieux. »

Serrant la pointe de flèche tordue dans ma paume j’effectuai un pas de côté. Trop prudente pour notifier à quelques dangers sur qui tirer, je me résolvai à ne pas mettre nez dans la boue pour le saluer comme il se devait dans d’autres lieux.

« Quand à mon cousin, sire… Je me question en vérité… Arrive-t-il à celui-ci de ne point être furibond ? » Me penchant sur le côté je récupérai d’un geste souple la garde de mon épée en main en prenant soin de ne jamais la redresser vers lui et la plaçai en fourreau.

« Des affaires importantes au nom de Lord Omble mon oncle, m'ont initié à prendre quelques risques raisonnables quant à leur importance familiale pour affronter sa colère. »

Reprenant mon souffle, laissant passer l’étonnement de la rencontre, je remarquai la profonde cicatrice qui élimait ses traits et mes doigts serrèrent à s’en blanchir les phalanges la pointe cachée dans ma paume. Le cuir recouvrant mes mains grinçait doucement.

« J’aime à croire que ma présence lui sera douce et qu’il me pardonnera bien vite le fait que je ne pouvais me résoudre à rester au loin sans vous présenter mes hommages, il est si doux que notre premier empereur des sept couronnes soit issu de notre noble nord. Vous œuvrez si courageusement pour nous tous qu’il n’y a pas de lieu plus sécurisant qu’à l’ombre de votre armée. »

Par le loup, je me faisais l’effet d’une lécheuse de cul à parler ainsi. Me mordant les lèvres. Je décidai de ne rien ajouter de plus à ces sujets et n’ajoutai évidemment pas les raisons réelles de ma visite, s’il était normal d’en informer l’empereur, ceci ne regardait en rien les hommes à mes côtés qui m’avaient escorté pour rejoindre mon cousin en futures noces et rester à son côté ou dans l’armée du nord par la suite.

Continuant un moment en m’engueulant mentalement d’avoir sorti une arme ou lancé tellement de miel face à tout ce déballage d’hommes prêts à me prendre pour une sauvage que j’en venais à avoir presque la nausée. Ainsi sans mouvement mes jambes ne tardaient pas à trembler de froid et j’aurai presque juré qu’on pouvait les entendre. J’espérais qu’il propose aux hommes une visite vers la rivière pour en découdre et qui sait lui montrer que bien que femme je savais tenir un arc pour le suivre. Mais il était trop tôt et de mémoire il était aussi bloqué sur le sujet que ce vieux Grodon si silencieux à présent.

« Votre Majesté, pouvons-nous profiter de votre escorte pour rejoindre les hommes de mon cousin ? »


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MessageSujet: Re: And Winter Came Ft Helyna & Torrhen   Mer 17 Jan - 22:53

Je ne pus m’empêcher de me sentir légèrement courroucé à voir la jeune femme vêtue comme un homme. Déjà, ce n’était pas la première fois qu’on me faisait le coup, ces dernières semaines. Ces derniers mois, même. Rhaenys m’avait écrit pour me conter les aventures de Dame Leslyn Raybrandt, l’épouse d’un obscur chevalier du Conflans mort depuis quelques mois, qui avait subi les outrages des fer-nés de Harren pour rejoindre rapidement les milices pro-Targaryen du sud de l’OeilDieu, soulevées depuis des mois par des agents de la Reine-Dragon qui n’étaient pas contrebattus par le Noir, peu soucieux de l’avis de ses gens. La jeune femme avait fini par s’imposer par sa connaissance du terrain et de ses ennemis, à la tête d’une milice et de rebelles, pauvres troupes s’il en était mais grandement motivées par la perspective de se battre. Elle avait gagné ses galons auprès de ses hommes, par la force des choses, et avait juré fidélité et service personnel à Rhaenys. Ensuite, il y avait eu Lyanna, ma nièce, qui était venue avec une troupe de lanciers de Winterfell, préparée et équipée pour la guerre. A son âge ! Et sans autorisation de ma part, ni même celle de Jon ! Elle avait eu un sacré culot, mais j’avais encore tout l’ascendant qu’il me fallait pour réfréner ma pupille, et j’avais pu la calmer.


Et maintenant, la jeune Omble ? Conrad m’avait pas mal parlé d’elle, à une époque. Et je pense que certains avaient dû croire qu’elle attirerait mon regard, une fois devenu veuf. C’était un fait que la damoiselle était fort séduisante, mais l’ayant toujours connue dans le giron de Conrad, je ne l’avais jamais considérée comme une maîtresse potentielle. Ce serait comme coucher avec la petite sœur de mon meilleur ami ; il y avait de ces choses que les loups ne faisaient pas ; nous n’étions pas des chiens. Je la savais espiègle et intéressée par le métier des armes, comme les Mormont il arrivait que les dames Omble, Harclay, Wull ou Flint prennent les armes lorsque la milice manquait de bras. Mais ce n’était pas du travail de protection et de défense que nous faisions ici, c’était un travail de conquête, une boucherie innommable. Pas un lieu pour les femmes.... Même si j’avais du mal à tenir l’argument, sachant que j’avais déjà du mal de retenir Rhaenys de se jeter sur l’ennemi. Drôle d’époque. Et drôle de jeune femme ; on disait qu’elle attirait le malheur, avec fiancés et mari morts si jeunes. Elle me salue, et j’incline mon propre visage en signe de respect. Je connaissais Helyna depuis son âge tendre, même si je ne l’avais pas vue depuis longtemps. Elle était vraiment devenue femme, mais sans la grâce de son sexe ; elle était crasseuse du voyage, on aurait dit une piqueuse sauvageonne.


Je fronce les sourcils en l’entendant s’adresser à moi. Elle avait toujours été respectueuse, mais révérencieuse à ce point ? Etait-ce parce que je la prenais sur le vif ? Je grommelais à son évocation d’une escarmouche.



| Des brigands ou des déserteurs, voire les deux. Harren le Noir a perdu soixante mille hommes depuis le début du conflit, mais tous n’ont pas été passés par l’épée. Certains ont changé de camp et ont rejoint le nôtre, d’autres ont choisi de se faire de l’argent. Les bonnes gens du Conflans souffrent de leur présence, maisl’armée ne sait malheureusement pas tous les chasser avec la perspective d’un fort parti ennemi qui n’est qu’à quelques jours de marche, et moins encore de chevauchée. Cela n’explique pas toutefois votre tenue, ma Dame. Certes la route jusqu’au sud est rigoureuse, mais vous m’avez l’air toute prête à affronter l’armée du Noir à vous toute seule. J’espère que vous ne vous êtes pas mis en tête de combattre ! |


Chacun son champ de bataille. Il en allait ainsi depuis la nuit des temps. Je souris aux paroles de la jeune Omble. Harclay, devrais-je plutôt dire. J’avais entendu parler du mariage mais du fait que le jeune homme était tombé. Etait-ce à La Mort-Aux-Loups ou à Paege ? Impossible de me rappeler. Tant de nordiens étaient morts, depuis un an, que cette guerre laisserait sans nul doute de profondes cicatrices sur notre peuple et sur sa démographie. QUoiqu’il en soit, elle plaisante aux dépends de son cousin. Je réajuste la fourrure de renards des neiges qui ceint mes épaules, par-dessus ma lourde cape en laine noire, frappée des emblèmes en écartelé du loup et du dragon. Je secouais toutefois la tête, doucement, en signe de dénégation.


| Lord Omble… J’imagine qu’il doit en avoir assez que ce diable de Torrhen Stark, Braenaryon, lui souffle son fils au nez et à la barbe depuis vingt ans ! Je comprends votre oncle et seigneur, malheureusement, j’ai encore besoin du Maréchal d’Empire qu’est devenu votre cousin. Et si vous venez de manquer les noces de mon fils, devenu Roi du Nord depuis peu, vous pourrez être présente pour celles de Conrad, qui épouse la veuve Nelya, Dame de Corbois. |


Je ne savais pas à quel point je lui apprenais ces faits ou si on lui avait écrit pour l’en informer.


| Je ne suis pas Empereur des Sept Couronnes, ma Dame. Seulement de quatre royaumes qui ont cru en la puissance de notre unité et de notre fédération. Et oui, je peux vous escorter jusqu’à votre cousin et aux troupes Omble, que nous trouverons à l’intérieur de la forteresse. |


Je m’arrête un instant, un peu mal à ml’aise, fronçant les sourcils ce qui accentuait le côté vindicatif de mon visage dévasté.


| Je suis désolé de n’avoir pu vous présenter mes condoléances en personne, suite à la mort de votre époux. C’était un homme courageux, et ces satanés sauvageons ont failli m’abattre, avec cette maudite flèche. Comment vous sentez-vous ? |


Je me permettais cette question plus personnelle, car Helyna Harclay était loin d’être une inconnue.



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MessageSujet: Re: And Winter Came Ft Helyna & Torrhen   Jeu 18 Jan - 2:01


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| Des brigands ou des déserteurs, voir les deux. Harren le Noir a perdu soixante mille hommes depuis le début du conflit, mais tous n’ont pas été passés par l’épée. Certains ont changé de camp et ont rejoint le nôtre, d’autres ont choisi de se faire de l’argent. Les bonnes gens du Conflans souffrent de leur présence, mais l’armée ne sait malheureusement pas tous les chasser avec la perspective d’un fort parti ennemi qui n’est qu’à quelques jours de marche et moins encore de chevauchée. Cela n’explique pas toutefois votre tenue, ma Dame. Certes la route jusqu’au sud est rigoureuse, mais vous m’avez l’air toute prête à affronter l’armée du Noir à vous toute seule. J’espère que vous ne vous êtes pas mis en tête de combattre ! |

Je dû me mordre les lèvres pour ne pas laisser passer un sourire entendu qui en dirait long sur la justesse de mes intentions. Au lieu de cela, je lançai un regard vers Elwa et Gordon qui souriaient ravis de me voir remise à une place de femme comme lui l’entendait.

« Je fais déjà la guerre, depuis des années, en enterrant les miens, en soignant ceux qui en reviennent ou en portant le poids de ceux qui n'en reviennent jamais totalement. Je prie les dieux chaque jour pour ceux qui portent l’épée et je bénis de tout mon cœur les femmes telles que l’impératrice capable de prendre les armes pour le bien des siens, mais je ne suis pas venue en ce but, bien que si mon cousin et mes frères m’acceptent, je me ferai un plaisir d’honorer le rang de mes familles qu’elle furent Wull, omble, Harclay, mais pour le moment d’autres impératifs m'ont poussé à prendre une tenue plus inclinée à un voyage rapide vers vous. L’hiver ne porte aucune douceur aux jupes sire. »

Fort heureusement l’expérience avait fini de me faire comprendre qu’on ne changerait jamais un âne en étalon et que si jamais je ne serai telle aux hommes à leurs regards, jamais ils ne seraient tels à moi au mien, je délaissai donc Grodon et son plaisir et oubliai bien vite le rappel de l’empereur sur ses espoirs envers moi. A ma connaissance il devait forcement se douter que je n’en demanderai pas mieux et sûrement pas moins au Conrad qui ne m’avait jamais réellement bloqué dans mes projets de manier des armes. Il serait sûrement plus complexe de le convaincre de prendre part à une guerre, protecteur et cela bien plus que mes aînés, il ne souffrirait sûrement pas de me laisser jouer les suicidaires. A moins bien sûr que je lui prouve ma capacité avant qu’il ne me cherche un nouvel époux à la fin de ma période de deuil ou un moyen de remonter vers le nord une fois nos affaires entendues et dûment signées pour le lord Omble.

| Lord Omble… J’imagine qu’il doit en avoir assez que ce diable de Torrhen Stark, Braenaryon, lui souffle son fils au nez et à la barbe depuis vingt ans ! Je comprends votre oncle et seigneur, malheureusement, j’ai encore besoin du Maréchal d’Empire qu’est devenu votre cousin. Et si vous venez de manquer les noces de mon fils, devenu Roi du Nord depuis peu, vous pourrez être présente pour celles de Conrad, qui épouse la veuve Nelya, Dame de Corbois. |

Montant sur Elwa j’arrêtai mon mouvement de placement quand il m’annonça le mariage aussi proche de mon cousin après avoir visiblement compris les raisons de ma venue. Il déplorait donc que je n’eus fait le trajet dans une jolie voiture aux emblèmes tuez-moi ou pillez-moi sur chaque porte. Si cinq de mes compagnons avaient laissé la vie en route, combien en aurais-je perdu ainsi fardée de belles toilettes et d’un coussin sous le cul pour éviter des essarts à chaque nid de poules ?

| Je ne suis pas Empereur des Sept Couronnes, ma Dame. Seulement de quatre royaumes qui ont cru en la puissance de notre unité et de notre fédération. Et oui, je peux vous escorter jusqu’à votre cousin et aux troupes Omble, que nous trouverons à l’intérieur de la forteresse. |

« Je vous félicite pour les noces de Jo… du jeune roi et si vous n’êtes pas encore protecteur des sept, ce n’est là qu’une affaire de temps, je suis certaine que vous fédérerez d’autres par votre valeur et votre courage. »

Oh punaise n’en ajoutons pas, par les deux, j’avais plus qu’à glousser et on pouvait me prendre pour une pintade couverte de boue et d’eau. Sortant ma cape de son sac je l’ajustai et remontai la capuche, ne repoussant que le coté pour ne pas élimer les plumes de mes flèches échappant de mon carquois.

Le bleu roi et blanc de la maison Harcley trônait propre et vide sur mes épaules, non porté depuis mon départ, ma cape et une seule robe avaient été des plus préservées de la route et des intempéries. Je n’eus pas loisir de répondre ou de demander à en savoir plus sur les prochaines noces et la présence ici de la promise de mon cousin. M’installant en plaçant Elwa à un pas de retrait de son cheval il reprit la parole.

| Je suis désolé de n’avoir pu vous présenter mes condoléances en personne, suite à la mort de votre époux. C’était un homme courageux, et ces satanés sauvageons ont failli m’abattre, avec cette maudite flèche. Comment vous sentez-vous ? |


J’avais enfin l’air de quelque chose de présentable, mais quoi je n’en savais rien, sûrement rien de digne de quelques pas aux côtés d’une personne de son rang, lançant un regard vers sa silhouette, je m’étonnai de le trouver encore plus attirant avec son visage maltraité qu’à l’époque de ses jeunes années. Plus viril, plus brutal par son regard assombris par les luttes, il me donnait la sensation même que j’avais en présence du Barral, ce sentiment d’être sondée de pied en cap, comprise ou incomprise, seule et pourtant en sécurité plus que nulle part ailleurs dans ce monde sanglant.

« Je vous remercie, sa perte fut grande pour chacun, une année est presque là et pourtant il me semble encore qu’hier je le voyais s’avancer sur le chemin le menant vers la bataille. »

Je marquai un temps tournant ma langue discrètement dans ma bouche pour bien me tenir et ne rien dire de mal venu.

« J’ai tremblé du manque de nouvelles quand j’ai eu vent de votre état et crains pour vous autant que j’ai pleuré la perte de gouttes de sang du nord. La guerre nous impose des sacrifices et vous plus que moi en avez eu à faire votre majesté. »

La mort de Ryman m’avait bien plus touché de près que celle de mon époux que je connaissais bien moins et si je n’évoquais pas là son nom, je ne pouvais m’empêcher de repenser à lui ou aux larmes de Mya. Sans en avoir même conscience, par ces respects à mon défunt époux, il ne faisait qu’alimenter mon désir de vengeance de voir mes mains rougies du sang de ceux coupables de mes pertes.

« Mon Oncle vous rend ses hommages et ne souhaite en rien reprendre son aîné, mais calmer les troubles dus à ses nouvelles fonctions, il a fait prévenir de ma venue, j’étais si pressez de rompre le trajet que je me présente à vous aussi souillonne, si par les dieux j’avais su qu’il me serait offert de croiser votre chemin, sachez que j’aurai usé toute l’eau des riverains pour ne point autant vous indisposer de ma vue et mon état sire. »

Et hop un peu plus de miel, punaise pourquoi fallait-il que je sois ainsi avec lui ? Aujourd’hui tout cela n’avait rien de normal, rien de naturel, est-ce l’usure de la route ? Ou alors l’idée, le souvenir troublant de ma suivante et de son corps ? Sûrement après tout mis à part celui de mon époux chevauchant son meilleure ami, ces dernier mois je n’avais plus vu d’homme dont le souvenir des courbes pouvait ainsi me travailler. Serrant ma prise je priai que la boue cache au moins le trouble et qu’il ne me questionne plus sur rien avant notre arrivée ou je pouvais jurer que ce soir le nez de Grodon serait dans ma main car il ne saurait se retenir de rire de moi.


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MessageSujet: Re: And Winter Came Ft Helyna & Torrhen   Dim 21 Jan - 16:19

Décidément… Rhaenys, Argella et Dame Raybrandt avaient ouvert la voie, l’avaient pâvée, à toute une génération de jeunes femmes qui voulaient fuir leurs devoirs de maisonnée pour en accomplir de nouveaux sur le champ de bataille. Je n’en étais étonné qu’à moitié, et je savais fort bien qu’il y avait toujours eu des gens qui avaient du mal à accepter le fait que la société attendait d’eux l’exécution d’un rôle bien défini en son sein. Ce n’était pas forcément très grave, tant qu’on gardait le contrôle de la situation. Bien entendu, la jeune femme ne peut pas vraiment me cacher ses intentions ; il est clair qu’elle est venue pour ça, vu comment elle se mord la lèvre inférieure en signe de retenue et de gêne… L’espace d’un instant, je revois en elle la jeune femme qu’elle fut jadis. Enfin, jeune elle l’était encore, disons que je revoyais plutôt la gamine espiègle qui voulait toujours rester dans les pattes de son cousin. Elle se justifie en disant qu’en guerre, elle l’était déjà forcément. Ce n’était pas forcément un mensonge, loin de là, quand on considérait la rigueur de ce que devaient affronter les femmes du Nord depuis toujours. Je dois toutefois reconnaître qu’elle sait toutefois se défendre et m’opposer de véritables arguments. Un fantôme de sourire, complaisant mais pas joyeux pour autant, vient orner mon visage. Je sais que les choses pourraient être pires, en effet.


| Je ne pense pas qu’il aimerait voir son sang se risquer un peu plus à la bataille, mais sachez que l’armée du Nord ne tolère les femmes que dans ses milices territoriales, lorsque les hommes viennent à manquer. Pour le reste, vous avez raison, l’impératrice se bat. Faute d’hommes, sans aucun doute, elle n’a plus qu’un demi-frère pour porter ses couleurs. Nous avons tous dû composer avec le destin, qui ne nous laisse pas grand-loisir de choisir ce que nous serons amenés à faire. Mais vous avez eu raison, de troquer robe contre cuirs ; la route reste dangereuse malgré la pacification en cours de cette région du Conflans. |


La jeune femme apparaît donc éprouvée physiquement par le voyage. La tenue lui donne un air farouche de garçon manqué, et sans ressembler à RHaenys, avec ses cheveux noirs comme la nuit, ses traits plus fin et ses formes mieux contenues par ses cuirs, elle n’en est pas moins séduisante ; l’escorte lui était indispensable. Les femmes seules, sur les routes, même armées d’une épée, n’en étaient pas moins vulnérables, et les appétits des hommes rustauds engagés sous la bannière de leurs seigneurs n’étaient pas moins soumis à leurs propres mâles intentions. Ce n’était pas toujours facile pour ces gens de se retenir, ils pensaient que leur talent pour le meurtre leur donnait bien des droits sur les gens qui les entouraient. De plus, il était bien connu que la guerre désinhibait, qu’on ne pouvait que difficilement la museler et l’empêcher de briser les hommes et les femmes. La jeune femme revient vers son canasson pour le monter, et reprendre son chemin avec le renfort de ma propre escorte ; de féroces Demalion en armures massives de plates complètes, généreusement pourvues dans les ateliers et dépôts du Noir, qui nous avait décidément bien aidés à avancer en son territoire, entre ses dépôts de vivres mal défendus et ses stocks de matériel, ses ateliers…


Je hoche la tête aux bonnes paroles de la jeune femme, qui essaie visiblement d’entre dans mes bonnes grâces. Un peu de soutien spontané pour l’Empire n’était pas de trop, sa fondation m’avait fait haïr de la moitié de Westeros, et craindre par l’autre moitié.



| Je vous remercie pour votre soutien, Dame Harclay. |


Harclay, donc. Elle semblait porter malheur à ses promis ; ceux qui avaient été dirigés vers elle pour des épousailles n’avaient pas tardé à mourir au combat. L’époque était à la guerre, et les pertes restaient élevées. Je compensais en recrutant un maximum de monde possible parmi les artisans, commerçants et ouvriers agricoles de ce qui fut mon royaume, mais le niveau général de l’armée n’augmentait plus de bataille en bataille ; il stagnait. Les vétérans mourraient, les jeunes s’expérimentaient, les deux mouvements opposés nivelaient l’armée à un niveau de discipline et de professionnalisme toujours élevé, mais qui n’augmenterait probablement plus. Helyna se rapproche avec sa monture, et je note qu’en plus, il y a arc et carquois. Plus communs chez nos miliciennes, mais cela renforçait mon impression que la jeune femme l’avait jouée amazone jusqu’à sa venue ici. Cela ne me plaisait guère ; où allait le monde pour assurer sa continuité si nous en venions à sacrifier hommes et femmes des mêmes générations ? Cela ne pourrait contribuer qu’au déclin démographique, social… C’était dangereux. Mais c’était à Conrad d’adresser son avis, quel qu’il soit. J’étais Empereur, et pas le suzerain direct de la jeune dame.


La jeune femme est touchée cela dit, par mes mots à propos de son jeune mais déjà défunt mari. Je ne veux pas la brusquer, mais je ne peux pas non plus passer à côté de l’expression de mes plus sincères condoléances. Je savais à quel point il était dur de perdre son conjoint ; malgré mon remariage, je ne m’en étais jamais vraiment remis et cela n’avait rien eu de facile, que je sois le survivant de l’affaire. J’avais dû composer avec ma culpabilité et mes regrets. Je hochais donc la tête en guise de compréhension de ce qu’elle traversait. Et la jeune femme m’assure de sa crainte pour ma vie. Je n’aimais pas parler de sacrifices, ça me rappelait trop mes frères et tous mes vieux compagnons disparus. La liste s’allongeait en effet à chaque bataille. Quant à ses paroles suivantes, elles permettaient de changer de sujet, et je pris le parti d’en rire alors que je piquais doucement des deux pour que nos montures remontent le chemin boueux en direction de Vivesaigues.



| Vous êtes gentille, mais je m’en suis remis. De ça aussi. | dis-je en désignant mon visage d’un geste de la main. | Quant à votre oncle, je comprends son inquiétude, mais votre cousin ne semble pas vouloir revenir de sitôt dans le Nord. Son devoir l’appelle ici, en campagne, à mes côtés et à la tête de mes troupes. Nous avons fort à faire ; démanteler l’Empire du Mal que le Noir a tenté de pérenniser par ses nouvelles conquêtes. Quant à votre état, ne vous en souciez pas. Les rigueurs du climat à cette époque de l’année salissent tout, sans jamais montrer le moindre respect pour les montures et les tenues. Veillez simplement à rester près de vos gardes. | lui conseillais-je alors que nous cheminions tranquillement entre les tentes des milliers ‘hommes de mon armée.



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MessageSujet: Re: And Winter Came Ft Helyna & Torrhen   Mar 6 Fév - 20:07


« Hello darkness, my old friend, I've come to talk with you again »
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| vous êtes gentille, mais je m’en suis remis. De ça aussi. |

Mords-toi les joues, tourne ta langue sept fois dans ta bouche, ne parle pas trop rapidement et surtout garde bien tes yeux sur ton chemin et ne les lève pas au ciel quand on te dit gentille là où tu ne t’estimes pas ainsi. Voilà ce que je me repassais en boucle, laissant à mon ancien roi tout loisir de me rappeler une fois mon rang, une autre, mon état. Pensait-il que je ne savais pas qu’entre mes cuisses aucun attribut viril ne se flétrissait sous le froid ? Imaginait-il que j’allais me maudire d’être en pantalon et portant un arc là où je le faisais depuis mes huit ans tout en jouant le jeu dû à mes obligations ? Et bien, il pouvait me le rappeler en boucle, je n’y changerai rien. Il ne me restais plus rien à ce jour, plus d'époux, plus de maison où me réchauffer, mon oncle attendait de moi de remplir une mission, mon beau-père que je reste assez loin de sa fille, le temps pour elle qu’elle lui ponde un petit-fils, il se rappellerait à-moi-moi si elle lui fournissait une petite fille, dans ce cas je ne donnais pas chère de son épouse ménopausée et de ma tranquille liberté. Ses deux fils morts, il ne lui restait plus grand choix surtout si sa fille ne portait pas un mâle. Tout ceci était un autre sujet. Un des nombreux où on tache de me rappeler mon état de naissance.

| quant à votre oncle, je comprends son inquiétude, mais votre cousin ne semble pas vouloir revenir de sitôt dans le Nord. Son devoir l’appelle ici, en campagne, à mes côtés et à la tête de mes troupes. Nous avons fort à faire ; démanteler l’Empire du Mal que le Noir a tenté de pérenniser par ses nouvelles conquêtes. Quant à votre état, ne vous en souciez pas. Les rigueurs du climat à cette époque de l’année salissent tout, sans jamais montrer le moindre respect pour les montures et les tenues. Veillez simplement à rester près de vos gardes. |

Je remontai mon regard sur lui, plantant mes iris dans les siennes un instant et resserrant le pommeau de ma selle.

« Je comprends totalement vos besoins, mon oncle aussi, il ne souhaite pas vous prendre son fils, mais régler des soucis de maison bien moindres aux vôtres certes, mais comme vous le comprendrez tout aussi importants aux yeux d’un homme dans l’âge qui souhaite voir la maison Omble encore briller aux côtés de la bannière du loup et aux côtés de celle de l’empire. »

Je talonnais mon cheval pour l’obliger à suivre, ma monture à mon image était épuisée d’une longue route, dans ce début d’hiver. On avait ménagé nos montures autant que possible, mais les derniers jours furent intensément actifs, Destinée avais plus d'une fois changé le chemin qu’on m’offrait.

« Les hommes qui m’accompagnent sont tous volontaires, entraînés, portent dignement le courage du nord et de la maison omble, certains espèrent une rencontre avec vous et sont là pour servir notre roi ou l’empereur. Bien sûr, tout comme moi, ils seront heureux de vous savoir remis.»

Je marquai un temps alors que nous dépassions quelques pauvres gens cherchant à passer un poste de garde.

« Puis-je abuser et vous demander la direction des tentes de la maison Harclay ou Omble afin que je me présente aux portes de la cité plus en faveur de mon rang et ma condition ? Si je vous ai dérangé, je souhaite éviter quelque désagréments à mon cousin en m’avançant ainsi sous les portes d’une cité d’accueil »
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MessageSujet: Re: And Winter Came Ft Helyna & Torrhen   Jeu 8 Fév - 20:59

Il y avait la guerre, là-dehors, et pourtant nous échangions des mondanités. Nous étions polis, cordiaux même. Mais des gens mourraient non loin d’ici. Et quantité d’autres souffraient des affres et externalités du conflit ; disettes, rapines, désertions, viols. Le Conflans était un territoire meurtri, ravagé par la folie destructrice de l’homme. La jeune femme qui m’accompagnait était toute crottée, marquée sur son visage et sur sa tenue par les rigueurs d’un voyage long et difficile vers le sud, traversant des régions boisées, des landes, des marécages et enfin, les plaines embourbées des rivières en crue… Ca n’était facile pour personne. Déjà pas pour des vétérans de toutes mes campagnes. Pour des gens du crû, habitués aux rigueurs de l’automne et des tempêtes de début d’hiver, mais alors pour une femme qui n’avait eu pour aguerrissement qu’un mariage somme toute bien éphémère. Nous avançons vers Vivesaigues, qui grouillait d’activité à cette heure-ci, avec toute l’armée qui était présente et rassemblée, et tout ce fourniment qui ne cessait jamais d’être répertorié, distribué et consommé par les troupes. Ravitailler tout ce beau monde, et l’équiper, n’était clairement pas une sinécure. Nous étions quoiqu’il en soit bientôt arrivé ; le camp était vaste, mais j’avais privilégié des cantonnements ressérés pour éviter tout problème à venir. Et pour faciliter tout rassemblement des troupes, même s’il devait se faire dans l’urgence. Buron m’avait rappelé aux éléments de la prudence de base.


La jeune femme me dit qu’elle me comprend, mais tient visiblement à expliquer clairement les intentions de son oncle, le père de Conrad. Des soucis de maison ? Je fronçais les sourcils. Quel genre de nouveau prétexte était-ce, ce coup-ci. Mais je comprenais surtout qu’Helyna Harclay noyait le poisson. Alors le vieux Omble tenait à ce que son fils vienne régler des soucis familiaux, mais pour faire briller mes bannières ? Je fronçais les sourcils. Elle ne manquait ni de politesse, ni de diplomatie, mais je connaissais assez bien mon ami pour savoir que tout ceci risquait d’avoir un bien drôle d’écho, chez lui.



| Et bien, vous pourrez déjà écrire à votre oncle que son fils ne servira jamais mieux la bannière Stark et Braenaryon qu’en faisant ce pourquoi il a été fait ; c’est un homme de guerre, et non de paix. Les Omble ont su tenir ce fief sans lui. Ils peuvent continuer ainsi. Le Maréchal a un jeune frère, qui peut le suppléer le temps qu’il faudra. |


Du moins, c’était ce que je pensais me rappeler. Avait-il vraiment un frère ? Difficile d’en être persuadé. Je ne me rappelais plus si bien, aujourd’hui. Je perdais parfois des brides de souvenirs. Je ne savais pas toujours comment m’en tirer. La jeune femme pousse sa monture à rester au même niveau que moi, même si mon destrier est plus grand et plus large que le sien, avec une foulée plus allongée. La Harclay m’explique que les hommes qui la suivent sont tout à fait valables. Je ne doutais pas d’elle.


| Ils serviront qui ils veulent servir. L’Empire prend les volontaires, mais c’est une … « Carrière »… Qui donne peu et exige beaucoup. Cela fait un an que nous faisons la guerre au sud. Si nous sommes victorieux contre Harren, les nordiens qui le veulent pourront rentrer chez eux. Pas les hommes de l’Empire. |


C’était du moins ce que nous avions convenu avec Jon et avec le reste du Collège Impérial, ou ce qui y ressemblait en tout cas, autour de moi. Lorsque la jeune dame me demande où se trouve les tentes affiliées à sa maison, je dois hésiter un instant pour replacer dans mon esprit l’endroit où se trouvent tous ces bannerets.


| Et bien, je crois me rappeler qu’elles se trouvent plus au nord, sur le pied des remparts ouest de la ville. Pour les Omble. Je vous avoue que je ne sais pas où sont stationnés les Harclay, l’endroit est une fourmilière, et feu votre époux n’était venu qu’avec quelques dizaines d’hommes. |


Je ne pouvais pas me rappeler de tout. Des centaines de maisons principales ou secondaires étaient stationnées dans cette plaine.



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MessageSujet: Re: And Winter Came Ft Helyna & Torrhen   Sam 10 Fév - 21:28


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| Et bien, vous pourrez déjà écrire à votre oncle que son fils ne servira jamais mieux la bannière Stark et Braenaryon qu’en faisant ce pourquoi il a été fait ; c’est un homme de guerre, et non de paix. Les Omble ont su tenir ce fief sans lui. Ils peuvent continuer ainsi. Le Maréchal a un jeune frère, qui peut le suppléer le temps qu’il faudra. |

Je fronçai les sourcils, mon état ne faisait plus ombre, mal mise pour mal mise, je ne pouvais plus que laisser à présent de côté quelques minauderies, ce visage soit disant neutre pour donner bonne allure.

« Il y a méprise sire, mon oncle ne souhaite en rien retirer son fils à vos services où il rend grandement honneur aux armées et à la maison Omble, il est toujours aussi fier de ces faits et de sa loyauté sans faille à la noble action que vous portez de votre glaive et par le siens. Il souhaite au contraire le laisser libre de ses actions et mettre en place quelques lignes ombrageuses et sûrement bien moindres à vos grandes actions, ceci n'est que pure minauderie d’héritage à comparer de l’œuvre que vous menez. Nous serions… »


Je marquai un temps explorant le dénuement des gens qu’on croisait avec peine.

« Bien égoïste d’agir autrement, en sachant oh combien vous et les vôtres se sont sacrifiés pour notre bien commun. »


A mesure de mes mots, je me faisais ombre de mon manque de belle poésie verbale. Je me rappelais les jolies tournures de Mya ou de ma tante et me demandai sur l’instant ce qui avait bien pu prendre à mon oncle que de me faire conduire moi, avant de me souvenir des rudesses du voyage, du nombre de voies ou l’arc placé dans mon dos qui m’avait évité de finir éventrée, violée ou sans souffle.


Il reprit la parole sur les limites d’un ralliement nord et empire et mon cœur se serra, ainsi loyal à l’empire, Conrad n’aurait plus placé dans le nord, il venait de me le souligner sans ombrage et bien que je ne fis que baisser le regard pour encaisser la nouvelle. Il ne dut rien en rater. Je n’étais pas dans l’ombre de ses plus proches comme mon cousin, mais je l’avais suffisamment observé durant ses passages ou via les mots de Conrad qui n’avaient jamais été langue de bois avec moi pour savoir que même borgne ou aveugle, le moindre soubresaut n’échappait pas au roi des loups.

« Chacun d’eux ne souhaite que servir dans vos pas, qu’importe le poids du sacrifice, ils le feront avec courage et force. »


Ajoutais-je avant de le questionner sur les tentes de mes deux maisons, je n’avais pas pris garde au nombre de possibles survivants de la maison de mon époux et commençais à douter qu’il en reste assez pour composer une simple ligne de trois.

Je me gardais là aussi de toute demande de nouvelles, Conrad ou d’autres tels que mes frères seraient sûrement prompts à m’en dire davantage. Pourtant, quand il désigna l’emplacement des tentes omble, je me pris à regretter ma demande. Le revoir m’avait donné goût à parler avec lui bien que ceci soit que pour des échanges banals et sûrement sans le moindre intérêt pour un homme tel que lui, il restait ce que j’avais admiré depuis nombre d’années, autant pour l’art des armes que pour l’homme. Je glissai mon regard sur lui observant sa cape brûlante de pouvoir, sa posture digne et son visage marqué. Il avait changé sur bien des points. Les années l’avaient talonné d’une allure plus sombre, plus noire. L’espièglerie avait fait les traits de son visage et pourtant l’ambre de son regard gardait quelque chose de vif, d’une profondeur qui semblait se rire des autres, comme si plus grand-chose ne pouvait le distraire ou le surprendre. Contradiction qu’il était avant et qu’il était encore plus à présent. Un rien troublant et encore plus attirant.

« Me ferez-vous l’honneur de quelques instants en votre compagnie ? Il y a fort longtemps qu’on ne s'est vus et bien que je sais que votre temps est précieux, l’impudeur de notre marche ne m’offre en rien le plaisir de pouvoir converser avec vous comme il me plaisait à le faire du temps de vos visites. »


L’audace n’avait jamais été en manque avec moi et sans elle, je n’aurai jamais été capable de tels voyages. Alors qu’importe un refus du moment que je ne vive jamais dans l’idée d’une possible acceptation si j’avais osé.

« J’ai dans mon sac une bonne eau de vie dont ont le secret les hommes et les femmes du nord et j’aurai plaisir à fêter quelques instants mon arrivée avec mon roi devenu empereur. »


Je tapotai la sacoche, un sourire aux lèvres.

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MessageSujet: Re: And Winter Came Ft Helyna & Torrhen   Jeu 1 Mar - 14:05

C’était vrai, je n’avais pas eu à forcer le trait ; le camp était un gigantesque fourmillement de troupes en armes de dizaines de contrées différentes de quatre royaumes autrefois très opposés. De ce fait, comme chacun hissait fièrement son blason, il était parfois très dur de s’y retrouver dans un pareil patchwork d’emblèmes, mais d’un autre côté, l’instinct grégaire de l’homme avait poussé les gens de même région à se retrouver aux mêmes endroits. Si jamais la jeune femme trouvait un blason connu parmi ses voisins, elle n’aurait qu’à chercher dans ses environs immédiates pour trouver les tentes Harclay, et Omble non loin d’elles. Je ne savais pas combien il y avait encore de soldats valides et sous les drapeaux, pour chacune de ces deux maisons. J’avais accès à l’information tenue à jour par le quartier général de mon fils, mais je manipulais aujourd’hui des ensembles d’hommes beaucoup plus vastes d’hommes, et j’avais appris par cœur les effectifs de chaque composante à l’échelon supérieur de l’armée, au niveau de la division nordienne, par exemple.


La jeune femme me fait sourire. « Il y a méprise » et non « vous vous trompez », ça veut dire la même chose mais elle est plus polie que ça, et elle continue de me soutenir que sa maison de naissance nourrit toujours la plus grande fidélité à l’endroit de la maison Stark, ce que pour le coup, je n’ai pas vraiment de mal à croire. Quant au reste, je ne sais s’il s’agit de véritables pensées ou de simples minauderies, flatteries bateau que l’on utilise sans arrêt pour caresser les puissants dans le sens du poil. Je reste circonspect, quant à ces deux points. Je connaissais Helyna depuis qu’elle était très jeune, mais je ne savais pas comment elle avait grandi et mûri.



| Soit, de toute façon je vous laisse libre d’aborder n’importe quel sujet d’importance familiale avec votre oncle, c’est là votre plus stricte liberté. Toutefois, je doute que son travail et l’œuvre que nous bâtissons ici ne lui permettront de s’éloigner d’ici au moins à moyen terme. |


Inutile d’entrer dans les détails, une nordienne devait bien comprendre quels sacrifices la guerre nécessitait et quelle implication elle demandait. Une nordienne grandissait le devoir dans le sang, et ne pouvait qu’assister toute sa vie durant aux pérégrinations des hommes qui luttaient et mourraient avec son aide et son soutien. Je retiens ma remarque un rien acerbe quand la jeune Harclay me précise que les hommes qu’elle a ramenés voulaient une seule chose ; me servir. C’est ce qu’ils veulent tous, tant qu’ils n’ont pas encore connu les bains de sang et les carnages dans lesquels je finissais immanquablement par tremper. Je surprends plusieurs fois la jeune femme à me dévisager, mais je commence à y être habitué. Ceux qui ne me voyaient pas souvent pouvaient se rendre compte de la vitesse à laquelle les ans marquaient mon visage, sans parler de Buron qui, après la Mort-Aux-Loups, avait marqué mon visage d’une nouvelle cicatrice, tellement plus grande et large que les autres qu’elle les éclipsait toutes. Je devais avoir bien changé, en un an. Physiquement parlant. Je commençais à avoir doucement les cheveux plus blancs, aussi.


Je hoche la tête aux bons mots de la jeune femme, alors qu’elle me demande si je veux bien passer quelques instants en sa compagnie. Elle parle d’eau de vie, et de fête. Autant de choses qu’il m’était difficile d’en jouir aujourd’hui. Je secouais doucement la tête.



| Je suis désolé, ma Dame, je ne peux vous accorder maintenant ce petit temps. Comme vous le dites, j’ai beaucoup à faire, et le devoir m’appelle sans cesse ailleurs, ma propre petite « récréation » est terminée, je dois me remettre au travail. Je vous enjoins de vite retrouver votre oncle pour échanger avec lui ; nous partons bientôt et il sera sûrement trop tard, après. Le bon jour, en tout cas, et je gage que nous ne tarderons pas à nous recroiser. |


Je la salue d’un signe de tête, l’index au coin du front en vague rappel d’un salut militaire, en tout cas d’un salut poli. Je pique des deux et suis suivi par ma gardes vers les portes de Vivesaigues.





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