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Tears Don't Fall [Tour III - Terminé]
MessageSujet: Tears Don't Fall [Tour III - Terminé]   Mar 12 Déc - 1:59




Tears Don't Fall

Adèlie & Lyle




Impassible et fier, son regard semble fait de pierre. Pourtant se sont les embruns qui se font sentir au travers de ces fenêtres. Elles sont ouvertes, laissent entrevoir le monde sans jamais l’apercevoir. Le sable au creux de sa main est un mélange de limaille de fer et de sel marin. La froideur du paysage qui ce dépeint tout autour de soi apporte une triste nouvelle encore une fois. L'archipel est un lieu sombre, sinistre et froid. Pourtant sur ces morceaux d'écueils, de roche et de sable vivent de redoutables marins. Le Dieu-Noyé est leur maître, il façonne la vie et la mort à sa guise aussi l'on peut se poser la question suivante. Peut on parler d'enfance sur les Îles de fer ? Cela n'existe pas par chez nous, pas ici, pas sur cette Île. C'est ce qui forge notre cœur glacé, nos mains froides et acérés. J'étais le premier fils et j'avais la place que je méritais sûrement pour mon père. Celui de l’héritier à qui l'on ne laissait rien passer. Quitte à ramper pour ramasser les quelques miettes qu'il daignait lui laisser. Je vivais dans l'ombre de ce père alors que je convoitais avidement tous ce qu'il possédait déjà et que je ne recevais pas. Avais-je besoin d'attention ? D'affection ? Je n'avais pas besoin de ça, je n'allais pas donner raison au regard défiant de mon paternel qui ne manquait pas de me rappeler par ma position que je n'étais qu'un fils, le premier certes mais, rien de plus. Les gros poissons mangent les petits, dans ce monde il n'y a pas de place pour les faibles. J'ai appliqué au mot ce que j'avais entendu s'extirper d'entre ses lèvres sans rien dire. Je manquais cruellement d’empathie, ma seule obsession se résumait à faire ce pour quoi l'on m'avait tant fait subir. Je faisais mes preuves, ma ruse et ma verve inspiraient bien des hommes et je n'avais aucun mal à rameuter autour de moi les plus viles créatures que ces Îles avaient conçues. Je n'attendais plus rien de mon père, pas même une once de gratitude. Je pillais et naviguais à travers l'océan en compagnie de mes guerriers, cette vermine que je forgeais à mon image. Le sang des continentaux coulait en abondance, mes mains s’imprégnaient du sang de leurs pères, frères et fils pendant que je lacéraient leurs femmes et violaient leurs filles. Cette vie valait peut être la peine d'être vécue. À travers le meurtre, le mensonge et la rapine je me complaisais de poursuivre cette route aussi atroce, perverse et impie.

Mon regard semblait ne pouvoir entrevoir la complexité de cette Île. Il n'y voyait que des monceaux de cadavres brisés projetés au travers des boutres. Les flammes envahissaient les embarcadères, les corps inertes flottaient à travers l'eau bouillonnante de la mer. Cette vision il l'avait réellement vécu. Il en était sûr, il n'était pas fou. Les expéditions se faisaient plus périlleuses, plus coûteuses, les hommes eux ne manquaient jamais. Nous pouvions être des centaines, des milliers mais rien ne pouvait nous arrêter. Ce nous n'avait que vocation de faire croire qu'il était une cohésion commune, un choix unanime alors qu'au fond il n'en résultait que de ma propre décision. Je n'avais guère peur de m'attirer les foudres de mes propres frères. Ceux qui avaient tentés de me faire comprendre une autre vision que la mienne étaient morts depuis belle lurette. J'entrevoyais leurs silhouettes, ils avaient beau être vivant il n'en restaient pas moins des cadavres puants. Un jour peut être je serais forcé d'admettre que le plus effroyable et le plus belliqueux d'entre eux portait le simple nom de Lyle Salfalaise. La populace s'avance, troque, grogne, s'écharpe pour quelques pièces. Nous sommes des monstres pour nos semblables. Nous ne valons rien aux yeux des continentaux, rien de plus que de la vermine bonne à être utilisé habilement comme prétexte à de nombreux conflits. La haine est le meilleur moteur d'un régime pour nourrir le ventre criant famine de ses sujets. Il n'a qu'à désigner un ennemi commun et tous oublient à quel point leur souverain n'est rien de plus qu'un vulgaire charognard.

Taciturne, froid et irascible cette journée au temps maussade semblait ne pouvoir différer des autres encore et toujours. La mer avait semble t-il choisit de la destinée d'un homme dans la force de l'âge auquel le temps s'écoulait telle les grains de sable fins sur la plage. Aurait-il accomplit tant de choses dans un but qui lui était impossible d’atteindre ? Avait-il seulement vécu pour subir la décadence, la honte et l'ingratitude des siens ? Patience, il n'en pouvait plus d'être patient. Ce mot n'avait pas d'existence et de subsistance dans sa bouche car il l'avait déjà trop goûter. Cela lui laissait un goût amer, acre s'écoulant dans sa gorge telle un acide, un venin, un poison qui lui serait fatalement mortel. Pourtant il était toujours là, se questionnant, remettant en questions bien des choses et concrétisant d'autres. Il fallait être fou pour ne pas voir que le monde ne tournait pas si rondement que ce qu'il laissait paraître. C'était-il résigné à devenir seulement un homme parmi tant d'autres ? Non son ambition n'avait seulement pas trouvée jusqu'ici de repos et cela le rendait plus aigre que jamais. L'homme regarde devant et réajuste sans cesse le chemin parcouru. Lyle Salfalaise rêve et aspire de voir naître ce fils que le Dieu-Noyé en personne lui refuse. C'est ce qu'il pense, c'est ce qu'il croit ou bien peut-être est-ce quelque chose d'encore plus grand, quelque chose qui le dépasse.

Je pénétrais le hall de notre maison. Je ne savais plus depuis combien de temps j'étais resté à scruter sous la fine bruine le dernier lieu de repos de cet enfant, de ce fils mort-né qu'Adèlie n'avait pas su faire naître en bonne santé. Ici elle n'était qu'une femme au nom un peu plus élevé que ceux qui crevaient de faim tronquant leurs guenilles et se laissant abusé pour la moindre piécette en vue. Elle ne remarquait peut être pas la chance qu'elle avait de vivre entre ces murs. Cette forteresse qui lui semblait être une prison et rien de plus était un privilège et un fardeau qu'il fallait pourtant entretenir. Elle n'était pas prête, tremblante comme une feuille morte d'un arbre qui depuis bien longtemps avait été abattu. J'avais l'impression d'être un de ces innombrables murs, je l’effrayais c'était une évidence même que je ne daignais même plus prendre le temps de chercher une issue. L'avais-je fait une seule fois au moins ? Peut-être que oui, mon tempérament si abrupt c'était peu à peu estompé avec la naissance d'Eira et puis... Et puis l’obscurité avait reprit le dessus. En arrivé là était une forme d'aveu de faiblesse. Je la pensais plus forte et elle dévoilait une façade s’effritant comme la pierre. Être aussi violent voilà la belle affaire que j'avais voulu conclure. Qu'avais-je gagné jusqu'ici ? Rien de plus que ce que je n'avais réellement voulu. J'avais dépassé peut être une limite psychologique et briser son esprit. Je plaçais ma main gauche sur ma hanche pendant que l'autre frottait l'arrière de ma tête. Ce qu'on racontait du Salfalaise était fondée et de cela j'étais sûr qu'elle s'en souviendrait avec une rancœur et une pointe d'amertume. J'étais l'homme de la démesure, je ne pouvais pas faire les choses à moitié mais, je ne tolérais pas qu'on se borgne à me faire languir pour un désir maladif et si convoité. Elle n'avait pas de quoi être fière et je l'avais assurément assez forcé. Je laissais ma main droite se lever du haut de ma nuque écoutant ces pleurnichements qu'elle essayait tant bien que mal d'atténuer. Je pouvais lui demander ce que je voulais, bien sûr que j'étais capable du meilleur comme du pire. Hélas le monde retiendrait de moi les pires actions que j'avais à mon actif. Je me déplaçait jusqu’à cette table en bois me saisissant d'un gobelet et du pichet remplit de bière. « Cesses de pleurer... Cela ne changera rien à notre malheur et n'atténuera pas ton chagrin. »





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MessageSujet: Re: Tears Don't Fall [Tour III - Terminé]   Mar 12 Déc - 6:22




Tears Don't Fall

Adèlie & Lyle





Erreur a écrit:
En voulant cité mon propre post, je l'ai maladroitement édité et remplacé par ma réponse. o-o J'ai tout essayé pour le retrouver. Mais voici un résumé court de ce qui y était dit.

N'ayant pas mangé depuis plusieurs jours à cause de la perte de son fils à naitre. Adèlie fait face à ses filles. Lorsque Lyle entre dans la pièce et l'accuse de pleurer inutilement, une vague de colère s'empare d'être la faisant réagir aussi promptement que violemment. Elle s'empare d'un couteau, empale la table, en lui assénant de se la fermer.

Énervée et irritée, elle poursuit en lui rappelant qu'il ne pas sait pas de quoi il parle. Qu'il est incapable d'aimer et de ressentir quoi que ce soit pour un autre que lui-même. Dans son élan de colère, elle le prévient aussi qu'il n'a pas le droit de lui dire comment agir face à cette perte. Elle est profondément choqué mais aussi surprise que lui de toute cette haine qu'elle lui crache au visage. Elle est blessée, endeuillé et honteuse d'avoir mit au monde un fils mort née.





Dernière édition par Adèlie Salfalaise le Jeu 14 Déc - 5:38, édité 9 fois
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MessageSujet: Re: Tears Don't Fall [Tour III - Terminé]   Mer 13 Déc - 1:55




Tears Don't Fall

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J'avais été peut-être trop pressant. Ce besoin viscéral de devenir père je l'avais pourtant déjà assouvis il y a quelques temps. Cette insatiable envie de hisser ma maison bien plus haute, de la rendre bien plus forte était elle entrain de pourrir mon esprit dément ? Ce que je craignais par dessus tout c'était de mourir et de n'avoir rien fait pour éviter que cette maison ne tombe dans l'oubli. Alors  à l'évidence perdre ce qui était le plus cher pour pérenniser toute cette existence me rendait triste à l'intérieur sans qu'aucune émotion plus forte que la colère ne daigne transparaître à l’extérieur. Mes rugueuses phalanges se crispaient face à ses mots auquel j’assistais le regard luisant et la mâchoire si puissante inexorablement fermé. Le liquide se mouvait à l'intérieur du récipient, le bois lui même semblait se fissurer, se craquer sous l'impulsion d'une main qui n'était aucunement tremblante. Je voulais briser ce gobelet, le jeter au travers de cette pièce et hurler toute la rage et la haine que je cherchais à faire taire.

Une indigne cruauté s'emparait de nos corps, de nos gestes de nos esprits. Je la toisais avec une lueur sauvage prête à se repaître de sa chair, briser ses os sous mes crocs. C'était un sentiment différent de ceux que je côtoyais habituellement. Vainement contenir cette souffrance et pourquoi faire ? La libérer semblait plus enclin à lever les barrières quand j'observais cette scène. C'était bien de la haine que je pouvais entrevoir sur ses pommettes blêmes qui finirent par rougir de colère. Le couteau qu'elle plantait me donnait envie d'outrepasser toutes ces règles. Agripper sa si frêle petite gorge et l'étouffer jusqu’au dernier souffle. Quelle force me retenait donc d'accomplir ce forfait ? J'étais malade, je n'en avais pas conscience, pas instinctivement mais, je savais que quelque chose ne tournait pas rond chez moi. Je ne répondais que par une gestuelle aussi mystique et graveleuse qu'une gorge se serrant sous l'impulsion de maux bien plus violents et douloureux. Je buvais d'une traite la bière si fraîche et apaisante habituellement et en cette soirée si froide et sans saveur. Mon visage n'exprimait qu'une sourde et indéfectible colère. Depuis quand Adèlie avait-elle cru bon de déployer ainsi ses ailes ? L’incompréhension était-il le seul motif qu'elle avait pour accuser de lourdes paroles employés injustement à son encontre ? Un léger rictus se traçait sur mon visage, ma main droite jetais le gobelet aussitôt sur le côté de la pièce. La timbale tapa dans un bruit sourd et brutalement sur le mur en pierre. Le son sifflait et raisonnait le long du sol, dans un roulement qui finirait peu à peu par totalement disparaître. J'étais un fou, enchaîné par ces prunelles humaines et enfantines qui nous épiaient tour à tour sans rien dire. Le dégoût imprégnait ma bouche, une envie de vomir et finalement seulement une main se levant au dessus de ma tête frôlant ma silhouette et détournant les yeux de ceux qui m'accusaient de n'avoir jamais pensé que pour moi même.

« Assez ! » Hurlais-je alors que la plus jeune de mes filles dans un sursaut de peur m'imitait par un cri aussi aiguë et strident qu'elle étouffait en me fixant les joues emplies de larmes. Le silence reprit peu à peu sa place dans l'enceinte même de la forteresse. Je toisais la petite Sie qui ne pouvait pas lâcher son père du regard prête à tout moment à bondir de sa chaise et de s'enfuir dans les jupons de sa mère. Mon corps eut instinctivement un mouvement de recul, mes yeux clignèrent subitement et sans que je ne puisse m'en rendre compte ma gorge nouée déglutissait ce désarroi propre à la honte et la bêtise humaine. « Tu ne sais pas de quoi tu parles femme... » Déclarais-je dans un murmure quasi inaudible. Je me détournais de leurs faciès observant le sol et déambulant lentement d'un pas hésitant par delà la salle m'enfonçant de plus en plus dans l'ombre et fuyant la lumière. Je laissais mes doigts tremblants frôler le long de mon front, de ma tempe mon œil droit zieutant péniblement derrière leurs silhouettes.





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Dernière édition par Lyle Salfalaise le Jeu 14 Déc - 22:41, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Tears Don't Fall [Tour III - Terminé]   Jeu 14 Déc - 4:29




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Adèlie & Lyle





Jamais, depuis notre nuit de noces, je n’avais osé tenir tête à mon mari. Étant sa lady, je lui devais tout, mon titre, mon honneur, mon toit et notre famille. Nous n’étions pas un couple idyllique, loin de là, notre union n’avait aucune autre raison que l’alliance de nos maisons. Je lui servais de trophée, en échange d’un peu de reconnaissance pour les Petibois. Un objet, qu’il pouvait jeter, abimer, avec lequel il pouvait jouir et se reproduire. Il me gardait jalousement captive, de ses désirs et de ses humeurs, me considérant qu’à de rares occasions comme une femme de chair et d’âme. Quoi qu’il en soit, autour de moi, on pouvait dire que j’avais bien du culot de me plaindre.

Lyle criait, sa colère surplombait la salle à diner, faisant trépider l’argenterie et le lustre suspendu au-dessus de nos têtes. Nous pouvions l’entendre rugir silencieusement, que par ces pupilles aliénées qu’il posait sur nous. J’en oubliais de respirer, retenant mon souffle en me maudissant d’avoir provoqué sa rage. Pétrifiée, je n’osais ni le regarder, ni bouger, ni trembler… Je restais statique, portant un regard protecteur sur ma progéniture. À 7 ans, Eira ne pouvait pas saisir toute la complexité du moment. Elle se portait au secours de sa cadette, posant une main rassurante sur son bras, un doigt devant sa bouche pour l’inciter au silence.  Les pleures de Sie m’insupportait, son cri aigu m’appelait à l’aide, comme celui d’un nourrisson, il provoquait une réaction aussi physique que mentale. Me rappelant mon échec, de ces seins gonfler de lait qui aurait dût nourrir notre fils. Ce malgré le jeûne qui mettait à l’épreuve mon corps depuis ces dernières 24 heures. Mes yeux se posaient sur ce couteau qui se transforma momentanément en dague. Un bref mirage provoqué par la peur. Par l’envie de le blesser, de me faire vengeance, une fois pour toutes et même en sachant que cet affront, ne serait pas sans conséquence. Ou pouvais-je l’utiliser contre moi-même? Mettre fin à ma propre vie en faisant couler ce sang qui me brulait les veines.

Quand les pas de Lyle s’éloignèrent, je laissai mes poumons se remplir d’air, reconnectant avec la réalité. Tout de suite, mes filles quittaient leurs sièges pour venir se jeter sur mes jambes. La plus vieille se serrait contre ma hanche tandis que je prenais la deuxième dans mes bras. J’humais le parfum floral de ses cheveux, posant un baiser rassurant sur sa tête et à elle comme à ma seule raison de vivre.

« Pardonnez-moi, je n’aurai pas dû crier sur votre père… »


Surtout pas devant elles, une bonne femme ne tenait pas tête à son époux. Un jour, elles aussi se marieraient et je devais donner l’exemple. Jamais, au grand jamais, je n’avais vu ma mère répondre ainsi à mon père. M’accroupissant à la hauteur d’Eira, j’accusais son regard inquiet en maquillant mon visage d’un sourire rassurant. Mes joues s’asséchaient et je chassais momentanément la crainte de représailles.

« Il se fait tard, votre bain doit déjà vous attendre! Allons-y…»

Une heure plus tard, je refermais la porte de la chambre d’où venait de s’endormir Sie. Agitée, elle avait pleuré jusqu’à ce que la fatigue ait raison de son dernier sanglot. Un long corridor me séparait du lit conjugal, j’anticipais le retrouvé. Traversant l’allée d’un pas lent, je me chargeais de courage, inspirant profondément pour calmer mon tumulte intérieur. S'ouvrant, la vieille porte teintée de rouge craquelait, me cédant le passage. J’entrais et trouvais Lyle devant la fenêtre à fixer le paysage obscur.

Mes lèvres s’entrouvraient, sans qu’aucun mot n’en sorte. Étouffé par la crainte et la nervosité, m’était-il possible de trouver les paroles qui l’apaiseraient? Mes doigts s’entremêlaient frénétiquement des lacets de mon corsage et lorsqu’il tourna la tête, j’abaissais synchroniquement le regard.

« Sie et Eira se sont toutes les deux endormies. »





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MessageSujet: Re: Tears Don't Fall [Tour III - Terminé]   Ven 15 Déc - 2:02




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Indescriptible seraient les mots qui s'extirperaient de ma gorge. Une incommensurable envie de me perdre dans ce sentiment de violence inassouvie. La sensation que ce monde était un perpétuel enterrement, cette pièce remplie de fantômes. Mon corps déambulait, mon squelette lui se désarticulait. La tête lourde, remplie de regrets je n'arrivais pas à exprimer ce que je ressentais. Ma main droite frappa instinctivement ma tête à l'abri des yeux de mes filles. Qu'est ce qui cloche chez moi pensais-je ? Il y avait bien des raisons, des réponses à mes questions. Je n'en trouvais hélas pas la solution. J'endossais la peau d'une terrifiante créature, horrible et effrayante aux yeux de mes enfants. Une part de moi n'acceptait pas ce que j'étais, mon esprit malade la rejetait. Cette image de ma personne me dégouttait alors que dans les ténèbres j'embrassais cet aspect de moi même. J'aurais pu continuer d'hurler cette haine, d'exprimer toute la rage et la colère qui s'extirpaient d'entre mes lèvres. Je ne pouvais supporter leurs regards et malgré cela c'était déjà trop tard. Je laisse mon corps  percuter le mur de la pièce laissant mes mains calleuses accueillir ce visage et paraître plus fou que je ne devais déjà l'être à leurs yeux.

Les vertèbres de ma nuque se décoincèrent, dans un craquement que j’étais le seul à pouvoir connaître. Je laissais un râle graveleux sortir, avant de disparaître dans l'obscurité du premier couloir qui m’appelait à partir. Je longeais meurtris celui-ci, l'humidité et l'obscurité était propice aux créatures de la nuit. Cette nuit je semblais plus proche de l'hydre que de l'homme en apparence. Je portais cette épaisse armure en cuir, aussi sombre et robuste que les écailles d'un dragon. Je n'arrivais plus à réfléchir, ces murs, ce vide que je n'arrivais plus à remplir me faisait entrevoir une étrange vision. Je voulais pouvoir ressentir quelque chose, laisser la pluie s'abattre sur ma parade mais, il était déjà trop tard. Mon parcours me semblait bien sinueux, il me faisait perdre pied et me faisait comprendre qu'ici même, en ces lieux la lumière ne semblait pouvoir subsister. Avait-elle seulement existé ? Je pouvais percevoir le silence, entrevoir l'obscurité sous toutes ses coutures. Mon cœur saigne, c'est une blessure béante à l'abri des regards indiscrets. Je voudrais noyer mes démons, les faire taire mais, ils savent comment nager. Le grincement des gonds de la porte s'intensifie puis laisse le claquement derrière retentir. La douleur brûle un trou à travers mon cœur. Je laisse mon corps s'apposer contre le rebord de la première fenêtre. Au delà de cette meurtrière, le temps semble s'être arrêté. C'est un gouffre, un précipice dans lequel je semble inexorablement tomber. Ma tête s'attarde contre la paroi rugueuse de la pierre laissant mes pupilles dilatées. J'aimerai simplement me réveiller...

Les ténèbres entrevoient mes faiblesses, ma peau m'étouffe et les miroirs chuchotent. Je crois bien devenir fou. Comment puis-je à nouveau respirer ? Le destin s'acharne et je ne suis que fatalité. J'entends alors quelqu'un entrer. Bien sûr il fallait que se soit elle. Me sortant de cet état léthargique et songeur. Je peux ressentir ses yeux m'avaler. Ils ne daignent pas plus croiser leurs semblables quand je daigne finalement de m'y confronter. Montre moi ton visage et donne moi une raison de penser. Je reste un moment silencieux observant cette repentance mal avisée. « Bien... » C'est la seule chose que je ne saurais déclarer. Mes yeux sont fatigués et pourtant l'éclat de la mer à la lumière des torches et des petites chandelles ne cesse de perdurer. Peut-elle ressentir le frisson parcourant le dos de son cou ? Croit-elle pouvoir me réparer ? Au fond elle souhaiterait sûrement que je sois mort. Que je ne sois qu'une vulgaire sangsue qu'elle pourrait aisément écraser. Je suis hélas un serpent aux dents aiguisés, je rampe à travers la saleté et continu indéfectiblement d'exister.
Mes bras se croisent et mes yeux continuent de la toiser. J'aimerais qu'elle puisse s'étouffer de ses mots qu'elle a laissée inexprimés. « Tu as terminé ? » Lançais-je dans un ton de défiance, un défi ou une énième façon de me blesser. « Regarde-moi... » Murmurais-je continuant d’observer ce petit jeu de dominant et de dominé. Je l'implorais dans mes pensées qu'elle relève ses yeux pour entrevoir à quel point j'étais accablé. « Regarde-moi..Reg..REGARDE MOI ! » Ordonnais-je vociférant d'une voix brûlante et suffocante. Je n'avais plus conscience de ce que je faisais. Je m'étais dangereusement avancé prêt à foncer sur elle. « Alors femme... As tu quelque chose à ajouter ? Ne veux-tu pas en finir ici et maintenant ? » Murmurais-je dans un timbre de voix sépulcrale telle que le chant d'un serpent. J'extirpais une lame, ma mâchoire carnassière mordant l'intérieur de ma joue  cherchant à ressentir quelque chose de plus violent. « Ce qui ne me tue pas me fait souhaiter être mort alors vas-y. Fais le... » J'empoignais son poignet forçant la paume de sa main à tenir fermement la dague et guidant son bras armé pour qu'elle puisse accomplir sa destinée. Je la toisais d'un regard fiévreux, douloureux et pourtant si violent. La dévisageant j’espérais bien qu'elle finirait par le faire finalement. Qu'elle daigne poursuivre ce qu'elle avait commencée auparavant.  




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MessageSujet: Re: Tears Don't Fall [Tour III - Terminé]   Ven 15 Déc - 5:04




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La fatigue m’emmenait ici, près de lui, dans cette pièce où nous partagions nos rêves, nos corps et nos souffrances. Ici même, où nos filles avaient pris leurs premiers souffles, sur le sommier où, hier matin encore, les dames de chambres s’exténuaient à faire disparaitre les dernières traces de la veille. Le sommeil nous manquait, tous les deux n’avaient su trouver la paix après ce puéril accident. Un jour, nous nous endormions en nommant notre enfant à naitre et le lendemain, la bêtise nous l’arrachait sans demander son reste. Comme mon ventre, nos cœurs se tordaient de ce vide, qui nous arrachaient ces espoirs que nous avions caressés ensemble. N’étais-je donc pas la seule responsable de notre malheur? Dans ma condition, n’aurais-je dût donc pas rester à notre demeure et refuser ce voyage? Aurais-je pu protéger mieux cet enfant que je nourrissais en mon sein? Ces innombrables questions sans réponse m’emplissaient de doutes et de honte. J’entrevoyais la déception d’un époux à qui j’arrachais les ses désirs les plus nobles, les déchirants d’une longue nuit, au chevet de la naissance douloureuse de cet enfant moribond.  

Mes filles me faisaient office d’encrage, me donnant une raison d’essayer et de me relever. Nous avions conçu, trois fois, nous aurions d’autres fils, d’autres filles et ceux-ci, le Dieu Noyé ne pourrait les rappeler. Je l’espérais.

Lyle se retournait, d’une lente vrille, il venait en ma direction, me détaillant de ces yeux, qui je le savais sans le voir, devaient décrire l’agitation des mers les plus houleuses. Bientôt, il se tenait aussi proche que son souffle venait caresser ma joue, inutile de relever les yeux, il vibrait de sa furie, il imposait son torse au-dessus de ma frêle silhouette. Et alors qu’il m’ordonnait de faire autrement, je m’en défilais. Sinon, il aurait vu, dans ces miroirs, cette crainte qui y miroitait et ces larmes qu’il haïssait.  

Il m’ordonna, une, deux fois, me sommant de lui obéir. Pétrifiée par mes pensées, étiolée par ce corps encore blessé, je n’osais pas l’affronter. Plus tôt, je lui avais fait entendre mon désespoir, à la recherche d’empathie et d’un mari aimant qui ne se montrait que trop rarement. Sa main força la mienne, serrant mes doigts autour d’une dague qu’il dégaina de sa ceinture. Je reculais, sans succès, il me retenait, portant nos doigts à sa gorge, pour que je le force à s’enlever la vie.

« Lyle, arrête… »


Le suppliais-je, le bras tremblant, essayant de me défaire de l’emprise qu’il avait sur moi. La puissance du guerrier dépassait la mienne, s’il voulait se trancher la gorge, il me forcerait à le faire, sans même que j’aie eux la chance de le retenir. J’accusais son regard, y dénotant toute cette folie et sa bestialité. Peut importe combien je pouvais le détester ce soir, jamais, je ne serais celle qui serait responsable de la mort du Lord de Salfalaise.

« Je ne te tuerai pas, pour tout l’or des royaumes… Lâche-moi maintenant! »


Laissais-je entendre entre mes dents serrées par l’effort avant de brusquement lui assener un coup de pied, le déséquilibrant et me permettant de reculer d’un pas, retrouvant une liberté précaire. La dague en main, je le dévisageais, respirant lourdement, pantelante d’émotions. J’espérais qu’il se calme, qu’il se ressaisisse, qu’il réalise de quoi il était réellement question. Ni sa mort, ni la mienne ne ramèneraient notre fils. Aucun sang versé n’apaiserait notre douleur où changerait le passé.

« Agis comme un homme Lyle… J’ai porté cet enfant, j’ai chéri ce petit jusqu’au dernier instant, et si tu me tiens responsable de ton malheur, soit! Je peux accuser ta peine et même ta colère. Mais me forcer à te tuer… c’est injuste et fou! »


Lui répondis-je, la gorge nouée au bord des larmes me faisant violence pour ne pas me remettre à pleurer.

« Nous aurons d’autres enfants, je te donnerai un autre fils! »

J’osais l’espérer. Malgré ses absences répétées, nous avions, quand même eut deux filles. Une lueur d’espoir demeurait, s’il voulait bien faire preuve d’encore un peu de patience.







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MessageSujet: Re: Tears Don't Fall [Tour III - Terminé]   Sam 16 Déc - 3:43




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Au fond d'elle même elle devait déjà y avoir songé. Je l’espérais dans les tréfonds d'une pensée assombrie par la colère et le deuil. Ce fils était une promesse, la notre, ensemble pour notre maison. Aujourd'hui il ne restait que de ces longs mois d'espérance une tombe. Je pouvais encore percevoir son linceul, l'image était imprimé, figé dans mon esprit et la rétine de cet œil à la pigmentation céruléenne. Sa détresse ne m’affligeait pas, j'étais encore bien trop égoïste au fond. Pourquoi n'essayait elle donc pas. C'était pourtant si simple et elle avait d’innombrables raisons. Je finissais par entendre raison, c'était un regard empreint de mépris que je lui désignais forçant encore légèrement son poignet quitte à le réduire en charpie. À quoi bon ? Je lâchais son avant bras avec un dédain particulièrement hostile. Même cela elle n'était pas capable de le faire,  je n'en semblais que beaucoup plus horrible. Je laissais mon cou se pencher sur le côté, ma tête l'observant sous un angle bien plus colérique pour finalement reculer. Dans un haussement d'épaules j'écoutais ce qu'elle avait à me dire. Cela n'avait pas grande importance, je feintais même d'écouter. Obnubilé par d’insipides et tortueuses pensées, je ne ressentais pas même le coup qui m'avait touché.

Ma langue faisait le tour de ma bouche, écumant la salive qui c'était accumulée. Mes yeux se levèrent au ciel et je ne me sentais pas plus concerné. Je laissais ma main droite la désignée de tout son long et puis finalement retombé le long de ma cuisse. J'avais laissé tombé, je ne pouvais que constater qu'à l'évidence le Dieu-Noyé aspirait peut-être à quelque chose d'autres pour ainsi nous dicter une vie misérable et sans pitié. Je massais mollement ma nuque, détournant mon corps de la vision de ma femme si fébrile dans ses actes et pourtant se soir si incisives dans la moindre de ses palabres lancées. Je laissais mon corps retombé contre une chaise laissant ma main droite frotter ce visage torturé par la fatigue et la tristesse démesurée. Le seul point commun que nous avions cette nuit, c'était d'être les parents d'un enfant qui j'osais croire pouvait enfin me combler. Pas en tant que parent, non de cela j'étais déjà assez contenté par mes deux premières filles. Non en tant que père et Lord de la maisonnée il me fallait assouvir ce désir de paternité et songer à l'avenir de cette Île. Et pour cela Adèlie ne serait qu'une femme bonne à enfanter. Pour cela mon épouse devrait souffrir, pleurer et me haïr jusqu'à ce que de ses entrailles le corps d'un fils hurlant jusqu'à en réveillé les morts en sorte en vie. Le reste importait peu, qu'il déchire ses organes, que le sang coule à flot tant qu'elle me donnait ce que je veux.

Impassible faciès, mes yeux transpiraient encore cette singulière tristesse. Mes lèvres elles souriaient, qu'avais-je donc bien pu faire pour que l'on me refuse une chose si facile pour certains d'obtenir et pour nous autres la chose la plus difficile d'acquérir. « N'avons nous pas essayé. » Dégainais-je sèchement laissant mon avant bras s'accouder sur cette chaise dans laquelle je m'étais vulgairement déposé. « Pourquoi les dieux nous donnent-ils d'une main, et reprennent avec l'autre ? » Questionnais-je celle-ci sans attendre une quelconque réponse constructive et même une réponse tout court de sa part. J'abaissais mes yeux dans un sourire empreint d'une certaine moquerie envers une réflexion qui me laissait croire que c'était les dieux eux même qui se jouaient de nous. Si je n'étais pas si aigre et amer j'aurais même pu laisser un rire nerveux s'échapper. « La mort de notre fils m'attriste tout autant que toi... Mais en tant que seigneur et guerrier je dois déjà pensé à ce qui est sur le point d'arriver. » Lançais-je pour entamer cette annonce qui n'en était pas réellement une. Les Îles de Fer étaient ainsi faites. Nous combattons, c'est ainsi que nous vivons et c'est ainsi que nous mourrons.




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Dernière édition par Lyle Salfalaise le Sam 23 Déc - 20:43, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Tears Don't Fall [Tour III - Terminé]   Sam 16 Déc - 18:41




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Je venais à penser que ça ne servait à rien d’argumenter avec lui. Dans sa folie, il était le seul à ressentir la peine et la colère. Rien et encore moins les mots ne viendraient apaiser la rogne du seigneur de Salfalaise. Me résignant, je gardais une distance entre nos corps, le dédaignant à en avoir le cœur au bord des lèvres. Ne me dégoutais-je pas moi-même? N’avait-il pas raison après tout? N’étais-je pas la seule responsable de son malheur? Je ne pouvais que le dévisager, le regarder se choir sur une chaise et me taire.

J’étais fatiguée, de corps et d’esprit. Ma tête ne savait plus bien réfléchir ou savoir faire la part des choses. Je mirais cette lame au creux de ma paume dans laquelle se reflétait la flamme de nos chandeliers. Les halos rougeâtres rappelaient le sang qui aurait pu la recouvrir. Mon sang, pas le sien, dont mes mains étaient recouvertes suite à ces coupures apparût sur mes avant-bras. Avais-je déjà contemplé la mort avec autant d’envie? N’aurait-elle pas pu me prendre, à la place de mon enfant? J’insupportais ces vagues souvenirs de bonheur, de ce fils à naitre et attendu comme un messie. On m’avait dérobé ce trésor, comme les Fers-Nés pillaient les côtes continentales. Laissant, après le massacre, que des ruines fumantes et des terres saccagés.

Je venais à Lyle, lui redonnant cette dague qu’il m’avait forcée à tenir. Nos regards se croisaient et je pouvais lire sur ces lèvres, cette raillerie méprisante qu’il me déclamait d’un ton acerbe. Je ne pouvais rien faire, que de l’écouter, complètement désabusée. Aucune réponse ne venait à ses questions, ni moi, ni notre Dieu ne lui donnerait ce qu’il voulait ce soir. Lyle ne pensait qu’à sa progéniture, qu’à l’héritier qui devrait prendre sa place, sans considérer tout le mal qu’il causait à sa femme comme à ses filles. Il repartirait, pour la guerre ou pour ses raids, il reviendrait après des mois, se butant à notre réalité.

« Tu ne devais pas partir avant le printemps… »

Lui rappelais-je, étonnée qu’il m’annonçât spontanément ce départ alors que rien n’était planifié. Il devait attendre le printemps et la naissance de notre fils avant de reprendre les voiles. Maintenant, avait-il une seule bonne raison de rester avec nous? À quoi bon espérer qu’il s’occupe de son domaine, de sa famille et de son peuple. L’or d’ailleurs l’avait toujours plus intéressé que ce qu’il possédait déjà.

« Ne peux-tu pas rester? »

N’avais-je donc pas subi assez de perte? En cette période de l’année, prendre la mer n’était rien d’autre qu’une idée idiote et irresponsable. Pouvais-je assurer la régence de notre domaine sans lui alors que je tenais avec peine sur mes pieds?








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MessageSujet: Re: Tears Don't Fall [Tour III - Terminé]   Lun 1 Jan - 2:45




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Incompréhensible, la vie l'était et pourtant chaque choses ne se produisait elle pas avec une bonne raison ? Une trace infime et imperceptible à l’œil du destin qui était déjà écrit à travers les lignes de nos vies si infimes. Je voudrais pouvoir changer les choses, faire pour le mieux, rendre cet endroit plus puissant, plus fort et d'autant plus dangereux pour nos ennemis. Au fond peut-être avais-je déjà la réponse à ma question. Ne devions nous pas survivre, combattre pour cette terre stérile ? Malgré tout elle était nôtre et aucun d'entre nous n'en démordrait. Le roi du sel et du roc nous appelle, sur une contrée étrangère, elle n'est que trop peu hospitalière pour nous autres hommes et femmes de la mer. Et pourtant nous répondrons tous à l'appel. Le roi appel ses bannerets, ses farouches, sombres et sanglants guerriers. Que voulez-vous ? Je suis Lord et il est roi, je suis un guerrier fer-né et je suis né pour vivre et mourir au combat. C'est un destin qui me sciait parfaitement bien.

Mes yeux à la pigmentation céruléennes se déposent sur sa silhouette, son visage et ses cheveux blonds. Une sirène éplorée tout aussi meurtrie de n'avoir pas la force de se battre et de continuer. Elle voudrait pouvoir continuer à nager, ses nageoires lacérées finiront par avoir raison de sa volonté. Ainsi nous finirons tous noyés. « Je sais. » Déclarais-je laissant mes yeux reprendre une teinte bien plus vivace et beaucoup moins accablée. Sortant de cette forme de léthargie désespérée je regardais la lame qu'elle me tendait, écoutant ses paroles je me relevais spontanément passant ma main droite sur mon visage articulant ce squelette dans ce gigantesque corps semblant être une forme singulière d’entité. J'étirais mes lèvres sous l'intonation de ses mots, ses plaintes raisonnaient en moi comme un fardeau et piquait mon esprit agacé. Je récupérais sur le bord d'une table le parchemin que j'avais reçu récemment alors et lui tendait volontairement pour qu'elle puisse lire d'elle même ce qu'exigeait Harren le Noir de ma personne. Au fond n'étais-je pas heureux et soulagé de devoir me libérer de cette emprise ? Avais-je envie de contempler chaque jour le tombeau d'une sépulture contenant le corps de mon fils ? Non bien sûr que non, ainsi la guerre était probablement perçu comme un déchirement cruel, immonde, brusque et pourtant, une libération salvatrice et presque pure. C'était une décision purement égoïste et quelque part peut-être que le Dieu-Noyé lui même m'éloignait de cette vision tortueuse que je passais et repassais en boucle dans ma tête. Quel genre d'homme laissait derrière lui une famille meurtris et rongée par le deuil ? Je pouvais déjà percevoir la douleur et la colère de celle qui incrédule me suppliait de ne pas prendre le chemin de la guerre.

Je relevais ma nuque toisant le lugubre et sombre plafond peinant à s'éclairer des quelques bougies parsemant notre chambre. Je pestais ma tête retombant aussitôt si bien que la chair de ma nuque aurait pu se déchirer et laissé ma tête retombé à mes pieds. « Je n'ai pas le choix. » Rétorquais-je. « Harren le Noir rassemble son armée qui suis-je pour refusé hm ? Qui serais-je aux yeux de notre peuple ? Penses-y ! » Me justifiais-je même si je savais pertinemment que tout cela n'avait que trop peu d'importance dans son cœur. Alors je m'adressais solennellement à son esprit, je lui sommais de faire ce que j'allais lui dire et peut-être la sortir de cette tourmente comme le sang et l'acier m'épargnait plus de douleurs plutôt que de resté ici recroqueviller. « En mon absence tu devras t'occuper des nôtres, de notre maison de cette île Adèlie. C'est ton devoir tu le sais et tu le feras. » Ma tête était lourde, les maux eux ne s’estompaient pas de ma boîte crânienne. « Tu es ma femme, la mère de mes filles et la dame de Salfalaise alors comporte toi comme tel ! »




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Dernière édition par Lyle Salfalaise le Ven 12 Jan - 20:49, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Tears Don't Fall [Tour III - Terminé]   Jeu 4 Jan - 0:01




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Ce fardeau n’en était qu’un autre qui se rajoutait à la charge à ceux qui me pesait déjà. Pouvais-je accuser le départ de mon mari, en plus de la perte de notre fils et la régence de notre domaine? Sans compter des maux physiques dont l’accouchement de fraiche date m’accablait. Lyle s’échappait des îles, à la demande d’Harren Le Noir, mais comme toujours, ils s’échappaient, sacrifiaient sa vie en pour la bannière d’un autre, au grand dam des indépendantistes Fers-Nés. Il saisissait sans remords l’opportunité de prendre des voiles et de laisser derrière lui sa famille néantisée par le deuil.

Mes pupilles déchiffraient la calligraphie impeccable de la missive envoyée aux soldats. Tous nos hommes, ceux en âges de se battre, sont attendus pour joindre le régiment. Le choix de ne s’offrait pas à lui, le lord de Salfalaise doit partir haut-le-pied. Comme pour le reste, l’acceptance serait ma seule option. Ma tête savait, mais le cœur le prenait comme un dernier assaut. La voix de Lyle sonnait lointaine et ses mots peinaient à se mettre dans l’ordre logique. Le sel s’asséchait sur mon visage, là où les larmes avaient ruisselé, comme un désert sans eau, un paysage aride, stérile. Mes traits s’engourdissaient, je devenais impassible, ne ressentant plus rien, que le vide. J’hochais lentement la tête, acquiesçant les instructions qu’il m’assénait au nez.

« Quand? »

Demain? Dans deux jours ou une semaine, quand est-ce que les boutres quitteraient le port Pyk? Nous allions devoir mobiliser nos ouvriers les plus aguerris, nous assurer que le départ se fasse dans l’ordre et que nos hommes ne manqueraient de rien pour la traversée hivernale.









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MessageSujet: Re: Tears Don't Fall [Tour III - Terminé]   Ven 2 Fév - 1:26




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Aujourd'hui, ou peut être Demain ? Dans une semaine ou dans un mois. Quelle importance ? Pour lui peu de choses le retenait sur ses terres. Il avait soif de sang, avide d'une saveur acre qui émanerait dans sa bouche pour faire taire ses peines et la douleur qui le rongeait viscéralement tout autant que sa propre femme qui ne pouvait pas songer au récent départ de celui-ci après tout ce qu'elle avait vécue jusqu'ici. Il était trop tôt, néanmoins la lettre ne prévoyait pas l'arrivée des délégations et des principaux lords des Îles de Fer avant un bon mois. Car le chemin vers Harrenhal ne serait pas de tout repos. Dans le timbre de sa voix quelque chose avait changée, je ne le percevais pour l'instant comme de la faiblesse, un désarroi si exécrable à entendre qu'il me rendait presque fou de ne pouvoir le faire taire instantanément. « Le plus tôt sera le mieux... » Lançais-je d'une voix perceptible mais, faible dans un certains sens avais-je vraiment envie de laisser tout ceci derrière moi ? N'étais-je pas égoïste de penser ainsi ? Je ne le percevais malheureusement pas. Le regard sur la situation était biaisé et je n'avais guère envie de tergiversé autour de la question. Je massais machinalement ma nuque, ma mâchoire se rétractant face aux rhumatismes qui rongeait chaque vertèbres, chaque partie de mon corps. Le temps avait ses effets néfastes et le climat de notre archipel avait bien des façons de nous faire payer les aléas de cette vie rude et froide. Sans aucune contrefaçon je poursuivais d'avantage sans égratigner d'avantage ses faux espoirs de me garder ici ancrée sur nos terres car cela ne saurait et n'arriverait jamais. « Je rassemblerais nos hommes, vivres et boutres vont prendre plusieurs jours à accoster et se regrouper autour de Salfalaise. De plus je ne partirais pas seul... C'est tous les lords et bannerets du Noir qui vont rejoindre celui-ci dans les profondeurs de ses terres. »





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