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Une lame dans la nuit - [Tour V - Terminé]
MessageSujet: Une lame dans la nuit - [Tour V - Terminé]   Dim 3 Déc - 20:10


La nuit était tombée, projetant une ombre sur les montagnes. Un grand silence régnait, là où autrefois on pouvait entendre, sans surprise, les animaux et la nature chantant ensemble la quiétude de ces terres. Mais depuis longtemps, maintenant, ce n'était plus possible. Depuis la guerre, il n'y avait ni oiseau, ni prédateur pour s'attarder en ces lieux. Là même où Sarzir avait décidé d'installer un campement pour quelques heures, auparavant se trouvait une bâtisse. Les ruines ne laissaient pas de place quant à l'identité des pillards : le Bief et les croisés. Mais pour autant, aussi sinistre soient ces lieux, aussi silencieuses soient les montagnes, le Santagar se sentait parfaitement à l'aise.

Il posa une cuillère et une écuelle devant Phèdre, sans pour autant lui ordonner de cesser son exercice. La jeune femme, le front couvert de sueur, tentait d'exercer une figure complexe. Elle ne manquait pas de souplesse, pour une vierge, ni de vigueur. Néanmoins, ces exercices répétés qu'il lui faisait faire depuis leurs « retrouvailles » la mettait à rude épreuve. Des cernes étaient apparus sur son joli visage, et elle baillait fréquemment. Mais elle apprenait. Lentement, mais sûrement. Lui-même n'avait pas beaucoup besoin de sommeil, et encore dormait-il d'un repos très léger. Pour le moment, bien sur, Phèdre dormait comme une marmotte à chaque fois. Mais ça changerait.

 « Il suffit pour le moment. Mange. » dit-il de sa voix douce.

Depuis le conseil de guerre, Sarzir avait profité de l'occasion pour récupérer la jeune femme, et se mettre immédiatement à lui enseigner ce qu'il savait. Elle n'avait pas été difficile à convaincre. Sa famille avait été réticente, bien sur, mais il ne leur avait pas laissé le choix. Il avait décrété que la jeune femme pouvait être utile dans une mission qu'il avait à accomplir, et qu'elle devait donc venir avec lui. Dans les faits, bien sur, il s'était arrangé pour, au préalable, parler avec elle et lui expliquer qu'il ne pouvait pas attendre d'être à Bois-Moucheté – par ailleurs bien trop loin pour s'y rendre.

Alors ils étaient en route pour Noirmont, ou plus exactement, la région autour. L'armée bieffoise de Cuy, leur meilleur commandant, avançait vers une autre place-forte dornienne. Le but était simple : freiner leurs mouvements, et surtout, éliminer Cuy. Une manière déloyale de faire la guerre, mais Sarzir en avait assez de jouer à ces règles idiotes. Et il était temps de faire ce qu'il savait faire de mieux. Phèdre n'était pas au courant, et pour le moment, elle n'avait pas osé demander. Mais il allait bien falloir qu'il lui dise à un moment donné.

Il se contentait de voyager avec elle, et de lui apprendre ce qu'il savait. Sous couvert de lui permettre de défendre les personnes auxquelles elle tenait, il allait en faire une arme, comme lui, capable d'user de nombreux talents pour accomplir toutes sortes de tâches. Pour cela, il lui avait enseigné comment faire, chaque matin, et chaque soir, des exercices, des figures complexes, pour assouplir le corps et se muscler. Il la forçait à dormir peu, à retenir ce qu'il lui disait, à se contenter de repas frugaux, à écrire et surtout, à fermer son visage. Il était primordial de savoir mentir, ou dire la vérité, sans ciller, sans tiquer, sans que quelqu'un d'autre ne soit capable de déchiffrer votre visage ; et cela permettait de cacher ses émotions.

Jusque-là, il n'avait pas trop eu à se plaindre. Elle était studieuse, désireuse d'apprendre, mais elle était constamment au bord de l'épuisement. Et il n'avait toujours pas commencé à lui donner des leçons pour se battre. Il n'estimait pas que ce soit – pour l'instant – nécessaire. Il tuerait Cuy lui-même, et elle ferait diversion d'une manière ou d'une autre.

Il termina son repas, et lorsqu'elle eut fini le sien, il lui lança une petite pierre aiguisée.

 « Maintenant, écris l'alphabet – en entier – devant toi. A la moindre erreur, tu recommences tout. On arrêtera quand tu auras terminé. »

Sa voix était sévère, mais ses yeux ne recelaient nulle animosité. Il voulait simplement qu'elle donne le meilleur d'elle-même. Ils avaient peu de temps devant eux, car ils allaient encore reprendre la route, de nuit, pour gagner du terrain.
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MessageSujet: Re: Une lame dans la nuit - [Tour V - Terminé]   Lun 4 Déc - 12:10

J'avais l'impression que chaque mouvement allait me tuer, que chaque respiration me couterait la vie. Le rejoindre ne m'avait pas semblé si ridicule que ça initiallement. Il m'aiderait à protéger ma famille. Mais j'étais tellement faible par rapport à lui. Tellement fragile. Je m'épuisais de plus en plus facilement, et si je me refusais d'abandonner, il me poussait plus loin à chaque fois. Répétant toujours les même gestes lorsqu'il me le demandait, il finit par me faire arrêter, les muscles encore tremblant, je ne me posais plus de question sur la nourriture. J'étais affamé, épuisé. Mon cerveau cessait de fonctionner en ce moment. Je savais que le pire était devant moi, il ne me faisait faire que des exercices, je n'avais pas à apprendre d'autre chose, pas de force à y mettre à proprement parlé. J'avais peur que lorsque ce jour arriverait, je ne sois plus en mesure de me relever. Tomber au fond du puits avant de pouvoir remonter à la surface sans doute. Même si mon corps me hurlait souvent d'arrêter, aucun mots ne sortait de ma bouche. Je refusais de l'exprimer, de le dire, de faire quoi que ce soit. Il acceptait de m'apprendre, il faisait des efforts, je ne devais pas lui en demander plus. A peine avait fini de manger, qu'une pierre finissait devant moi. Ecrire l'alphabet... En entier ? Levant les yeux vers lui, je prenais la pierre dans les mains, la posant devant moi sans rien faire. L'alphabet ? Je ne savais pas écrire, je savais à peine lire en réalité. Des mots simples, des phrases simples, pas plus. Je ne connaissais même pas les lettres. Me rappeler de ce que je voyais écris, oui, mais certaines m'étaient inconnue. Commençant à écrire, j'avais le geste mal assuré, je ne savais pas par quoi commencer dans le fond. Levant les yeux vers lui, j'essayais de lui soutirer une information, « Il y a combien de lettre ? », je ne savais pas à quoi je m'attendais, mais naturellement, il ne donna aucune suite favorable à ma demande. Baissant à nouveau les yeux devant moi, j'essayais de décortiquer les mots, d'isoler les lettres. Mais il m'en manquait dans un temps. Il y a des lettres que je n'avais vraiment jamais du voir. Restant parfois plusieurs dizaine de minutes à fixer ce que j'avais écrit, je cherchais, je cherchais vraiment.

Le crane douloureux, je finis par faire face à un os. Les mettre dans l'ordre... Il y avait un ordre aux lettres ? Si ce n'était pas pour ça, si ce n'était pas si important, je me serais sans doute écroulé. J'étais ignare, de basse éducation, je ne savais rien. Je me berçais d'illusion. J'étais incapable de faire ça. Pourtant je recommençais, encore et encore, je ne sais pas combien d'heures il me fallut avant que je ne fasse pas face à un mur. C'était ça ? A, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r, s, t, u, v, w, x, y, z ? Me pinçant les lèvres en le fixant, « C'est ça ou vous ne préférez plus répondre ? », il était possible que la fatigue de mon ignorance ai eut raison de lui. Qu'il ne veuille plus faire d'effort, ne plus avoir de réaction même. A force d'avoir essayé, j'avais mal à la main, je m'étais même légèrement légèrement entaillé la peau. Pas très glorieux, mais j'étais épuisé, j'avais l'impression d'être une bonne à rien tout simplement. C'était exaspérant. Surtout pour lui dans le fond.
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MessageSujet: Re: Une lame dans la nuit - [Tour V - Terminé]   Mar 5 Déc - 11:49

Sarzir resta un long moment silencieux, observant la jeune femme et ses efforts. Il lui paraissait difficile d'imaginer quelqu'un d'aussi assidu en train de rater la simple écriture de l'alphabet. Il la vit réussir finalement, incertaine du résultat. Ou plutôt, elle était incertaine de sa réussite. Elle savait avoir finalement mis tout comme il fallait, dans le bon ordre, mais elle ignorait si c'était là ce qu'attendait le Santagar. Il lui était bien sur impossible de savoir sans qu'il ne reprenne la parole. Alors, évidemment, l'assassin eut une réaction typique de lui-même.

Il se contenta de ramasser les écuelles et les cuillères, de les nettoyer avec un peu d'eau, puis il les rangea dans un des sacs de cuir, sans prêter davantage d'attention à Phèdre. Il lui apprenait ainsi la valeur de la patience. Jeune elle était, et des centaines de questions devaient se bousculer dans son esprit. Mais la patience – si toutefois elle était capable d'en avoir – finirait par tarir le flot d'interrogations, et son apprentissage n'en serait que facilité. Il se gardait bien de lui dire, bien sur, pour le moment.

Enfin, il revint vers elle, lui tendant un quignon de pain.

 « Mange ça, tu as bien travaillé. Demain matin, je te montrerais d'autres mouvements pour tes exercices de corps. »

Il lui fit signe de le suivre, alors qu'ils retournaient vers les chevaux. Leurs montures sentaient presque que le départ était imminent.

 « Nous allons reprendre un peu la route, de nuit. Nous ne chevaucherons pas bien longtemps, mais j'aimerais qu'on avance quand même de plusieurs lieues. Le temps nous est compté, et il est nécessaire que nous soyons rapides. »

Il attendit que Phèdre monte en selle, avant de reprendre la parole. Les montures partirent au trot, Sarzir ne voulant pas qu'un galop impétueux ne vienne gâcher leur avancée. Dans l'obscurité des montagnes, les sentiers étaient parfois très dangereux, malgré la lueur de la lune ces derniers jours. Même pour quelqu'un comme lui, voyager ainsi de nuit ne devait pas se faire sans prudence. Il n'atteindrait jamais son but s'il mourrait d'un accident en montagne.

Il jeta un coup d’œil à la jeune femme avant de parler.

 « Tu es capable de patience, ce qui est une bonne chose. Mais je ne doute pas que ton esprit bouillonne de questions. Tu as su travailler avec assiduité jusque-là, je vais donc te laisser le droit à deux questions. Choisis bien ce que tu veux savoir, et je te répondrais dans la mesure du possible. Sans te mentir, bien sur. »

Oh, il aurait pu mentir aisément. Mais il savait que pour savoir mentir convenablement, il fallait être capable de fermer son visage, et être capable d'exprimer la vérité sans ciller. Alors seulement, on était capable de mentir, de se convaincre qu'on disait la vérité, pour rester indéchiffrable. Pour l'instant, Phèdre en était incapable. Mais il continuerait de la faire travailler dur pour qu'elle y parvienne.

Les deux cavaliers s'enfoncèrent dans la nuit, sur les sentiers des Montagnes Rouges.
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MessageSujet: Re: Une lame dans la nuit - [Tour V - Terminé]   Mar 5 Déc - 16:36

Il ne dit rien, strictement rien. Il y avait quelque chose de mauvais ? J'étais pourtant sure de moi. Enfin sure... Je doutais moins de ma réponse maintenant qu'au début. Mais son silence me pesait. Lui demander à nouveau ? Je n'étais pas certain qu'il faille le faire, alors je gardais le silence, fixant ce qu'il y avait face à mon en le sentant s'activer. On allait bouger ? Voyant un bout de pain apparaître dans mon champ de vision, je le prenais alors qu'il me disait que j'avais bien travaillé. Donc j'avais bon ? J'aurais pu m'offusquer de sa récompense pour mon travail, après tout je n'étais pas un cheval, mais j'étais trop fatiguée et affamée pour ça. Hochant donc la tête, je glissais le pain entre mes dents avant de le suivre vers les chevaux. On allait reprendre la route... J'avais juste envie de dormir moi là. Mais passons, je ne me voyais pas lui signaler. Pourquoi il était tant nécessaire d'être rapide ? Gardant ma question pour moi, je mis le pied à l’étrier, rabattant mon capuchon sur mes cheveux alors que les chevaux partaient au trot. Il reprit alors, j'étais capable de patience, bien plus quand j'étais épuisé entre nous, mais j'avais en effet un million de questions. J'avais su travailler avec assiduité, il m'autorisait donc à lui poser deux questions. Réfléchissant de longues minutes, je finis par tourner ma tête vers lui, me pinçant légèrement les lèvres avant de souffler, « Quelle est véritablement votre mission ? », il m'avait attiré avec lui pour des projets qui m'échappaient pour le moment. Je ne savais pas si il dirait vraiment la vérité, mais cela valait le coup de demander. Cela semblait urgent, important pour sur. Il y avait sans doute l'avenir de Dorne en jeu, et je ne savais pas quel serait pas place ici. Je ne savais pas combien je pourrais le ralentir ou lui être utile dans le fond. J'étais épuisé, les muscles et mon esprit refusant de réellement s'arrêter par peur de ne pas pouvoir repartir.

Il était une énigme depuis le début, je devais bien le reconnaître. Ses mots, son esprit, tout m'échappait réellement. J'étais souvent seule face à mes pensées, face à un bloc de granite refusant de se révéler. Ce qu'il devait faire m'intriguait, pas il y avait une autre chose qui occupait mon esprit. « Qu'avez-vous en moi que j'ignore ? », je ne me sentais pas différente, ni spéciale, je ne le suggérais pas non plus, je ne demandais pas pourquoi moi ? Pourquoi il m'avait choisi moi ? Non, c'était bien, qu'avait-il vu ? Décelé, deviné. Qu'avait-il cru voir pour faire tout cela ? Je m'interrogeais, j'avais besoin de savoir ce qu'il y avait que je n'avais jamais vu. Une rage de protéger ? Ou quelque chose de latent et de bien plus profond ? Il s'était déjà opposé à moi, me mettant à terre sans que je ne puisse vraiment avoir une chance. Aujourd'hui encore, il essayait de me pousser dans une direction que je devrais embrasser seule, j'en étais presque certaine. Pourtant je n'avais aucune éducation, aucune intelligence de ce monde. Alors quoi ? Qu'avait-il décelé de latent ? Il n'était pas homme à perdre son temps, je le savais, pas plus qu'il n'était homme à s'encombrer, à ressentir. Je ne devais t-être qu'une poupée de chiffon, et non un objet de désir comme j'avais pu l'être pour d'autre.
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MessageSujet: Re: Une lame dans la nuit - [Tour V - Terminé]   Mer 6 Déc - 14:41

Sarzir resta un long moment silencieux, réfléchissant à ce qu'il pouvait répondre. En vérité, les deux questions posées par la jeune femme ne le surprenaient pas. Il savait qu'elle brûlait de lui demander, et elle en avait enfin l'occasion. Il l'avait maintes fois imaginé, cet instant où il allait devoir répondre en omettant certains détails qu'elle n'avait pas à connaître. Il avait maintes fois imaginé ce qu'il pourrait dire, pour satisfaire la curiosité vorace de la jeune femme. Il ne pouvait lui en vouloir d'être curieuse ; pourtant il ne saurait satisfaire pleinement sa demande. Du moins pour la première question.

Il était bien plus facile de répondre à la seconde, ce qu'il fit donc en priorité.

 « Parce que tu es particulière. Quand je te vois, je vois le potentiel inexploité. Je vois les opportunités à venir. Je vois un désir insatiable d'être utile et de savoir être indépendante des autres. Je vois les possibilités qui s'offrent à toi, et je vois que je peux te donner les moyens d'acquérir ce que tu souhaites. Ce n'est pas une simple question d'impression ; mais de conviction. J'aurais pu prendre n'importe qui d'autre, mais c'est toi que j'ai choisi. Parce que de tous, toi seule avait cette volonté, tapie dans ton regard, de devenir un prédateur au lieu de rester une proie. »

Quant à la seconde question...

 « Notre mission, et j'insiste sur ce point, est de nous infiltrer dans le camp de l'armée bieffoise en marche vers Noirmont. Là, nous tuerons ser Cuy, un adversaire important et un chien galeux dont j'ai l'intention de rapporter la tête. Maintenant, écoute bien ce que je vais te dire. »

Elle le savait désormais ; c'était là un avertissement qu'une leçon importante allait suivre. Pendant de longs moments, il parla sans s'arrêter, lui exposant la situation géo-politique de Dorne, les ambitions, les espoirs et les pertes, les échecs et les maigres tentatives, les victoires dérisoires et les opportunités saisies ou manquées. Il lui exposa son propre point de vue, lui narra comment les Dorniens avaient désespérément besoin d'une victoire, ou d'un coup dans le moral ennemi. Et que lui, en homme taillé pour ça, s'était proposé d'aller frapper l'ennemi là où il ne s'y attendait pas. Il insista sur ce point, comme sur beaucoup d'autres.

Il vit bien que Phèdre était épuisée, mais qu'elle écoutait. Ça, elle savait faire. Déterminée, studieuse malgré l'épuisement. Il appréciait cela. Elle écoutait, retenait autant que possible, faisait les efforts qui s'imposaient. Elle ne rechignait pas, malgré sa désapprobation et parfois, son manque de foi. La détermination était forte chez elle, comme chez lui. Elle irait loin, si elle suivait parfaitement son enseignement.

 « Nous sommes une lame dans la nuit. » conclut-il alors qu'il achevait sa réponse.
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MessageSujet: Re: Une lame dans la nuit - [Tour V - Terminé]   Ven 8 Déc - 10:57

Particulière ? Il voyait un potentiel inexploité, il voyait des opportunités, un désir d'être utilse, de savoir être indépendante. Il voyait des possibilités. Il pouvait me donner les moyens d'y arriver. Une question de conviction, car il aurait pu prendre n'importe qui, seulement c'était moi qu'il avait choisi, car j'étais la seule a avoir cette volonté, ce désir de devenir un prédateur et non une proie. Un prédateur ? Il était étrange de voir les gens deviner tant de chose en vous. Voir les gens estimer votre valeur. Je n'étais pas ainsi. Je n'étais un prédateur, du moins pas encore, pas aujourd'hui, mais il ferait en sorte que cela le devienne. Hochant la tête, je réfléchissais à ce qu'il venait de dire, à la vision qu'il avait de moi. Et ce jusqu'à ce qu'il réponde au reste. Ma première question ne devait pas être la plus évidente étant donné qu'il avait choisi d'y répondre en dernier. Il insista sur le fait qu'il s'agissait de notre mission et non la sienne. M'impliquant donc directement, quel rôle aurais-je a jouer ici. Il fallait nous infiltrer dans le camp de l'armée bieffoises afin de tuer un Ser... Il en suivit une longue explication de la situation, de tout ce qu'il fallait savoir. La douleur d'une migraine ne tardant pas à faire son apparition. Mais j'écoutais, je cherchais à comprendre même si de toute évidence je ne comprenais pas grand chose, mais j'écoutais, sans doute le temps finirait par y donner un sens. Il finit alors que nous étions une lame dans la nuit. C'était presque poétique quand on y regardait bien. Presque car il était quand même question de mort, de meurtre et de tout sauf quelque chose beau. Enfin sans doute trouvait-il une certaine forme d'art dans la mort, dans un sens cela ne m'étonnerait pas. Mais à première vu, pour moi, il n'en était guère question. Certes j'avais été fasciné par la façon qu'il avait eu d’abattre ces hommes la dernière fois, mais je n'avais certainement pas le même amour que lui. Il était ainsi, dévoué à Dorne dans une dimension bien différente de tout ces soldats que l'on pouvait croisé.

Il y avait à réfléchir et si les question se bousculaient encore, je ne pouvais pas les exprimer, il ne m'avait donné l'autorisation que pour deux, je n'allais pas commencer à dépasser les limites. Cela serait mal vu, enfin je suppose. Alors je me contentais de réfléchir à tout ça. Cherchant un sens là ou il n'y en avait sans doute pas. Cherchant les réponses dans ses propres mots aussi. Il m'avait donné bien plus de réponse que mon esprit voulait encore le saisir. Des réponses sur l'avenir, sur comment voir ce pays. Je n'étais pas née ici, mon sang n'était pas entièrement dévoué à Dorne, mais cela était-il un problème ? Je ne pensais pas, sinon il ne perdrait pas son temps à m'enseigner tout ça. Il n'y avait rien d'incompatible. La fatigue secouait toujours un peu plus mon corps, forçant ma respiration à devenir douloureuse à mesure que le temps passait. J'avais déjà bien des fois poussé mon corps dans ses limites, le travail à la ferme n'étant pas de tout repos, mais là, c'était autre chose, inimaginable presque.
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MessageSujet: Re: Une lame dans la nuit - [Tour V - Terminé]   Sam 9 Déc - 20:27

Sarzir observa sa jeune protégée à la dérobée, essayant d'analyser un peu ses réactions. Elle demeurait silencieuse, au point qu'il commençait à se demander pourquoi elle ne soufflait mot. Après tout, n'avait-il pas été clair ? N'avait pas insisté sur le fait qu'il lui fallait retenir ce qu'il venait de dire ? Ou peut-être qu'elle avait appliqué scrupuleusement ce qu'il avait dit, et donc, elle n'avait plus rien à ajouter. Si c'était ça, alors il pouvait le comprendre. Mais il ne le saurait sans doute pas si elle ne délivrait aucun signe d'assentiment ou si elle n'indiquait pas avoir compris. Dans le pire des cas, il attendrait le lendemain, pour poser des questions.

Ils chevauchèrent encore une heure, dans l'obscurité des montagnes, avant que le Santagar n'impose l'arrêt. Phèdre tombait de sommeil, et sa monture commençait à ne plus savoir quoi faire. Sarzir ordonna à la jeune femme de dormir, tandis que lui-même se chargeait d'allumer un feu. Il ne ressentait pas encore le besoin du repos, préférant monter un peu la garde.

Son regard se perdit dans un premier temps dans les flammes, avant de revenir sur sa disciple. Il se demandait comment l'utiliser pour atteindre ser Cuy. Il paraissait presque évident qu'elle n'aurait jamais les capacités pour effectuer par elle-même le meurtre, ni même pour le faire sur quelqu'un d'autre. Elle n'avait encore jamais tué personne ; elle n'était donc pas prête pour ça. Mais pourrait-elle avoir une autre utilité ? Oui, sinon il ne l'aurait pas choisie. Elle serait certainement capable de faire diversion, s'il lui apprenait comment analyser un lieu, ou des individus. Phèdre n'était pas débile, elle pouvait apprendre créer des diversions. Et avec un camp de l'armée bieffoise, ce serait sûrement pas bien compliqué de trouver un endroit où faire mal. Comme déclencher un feu, créer du grabuge. Les occasions ne manqueraient pas. D'autant que si les défenseurs de Noirmont n'étaient pas idiots, ils feraient en sorte de ralentir l'armée ennemi en sabotant le chemin qui allait vers eux depuis Haut-Hermitage.

Son sommeil fut court, car il se réveilla bien avant l'aube et eut le temps de préparer les chevaux au départ avant que Phèdre ne se réveille. Il lui laissa généreusement une heure de sommeil de plus que ce qu'il avait prévu. Il entendit son ventre protester contre la faim.

 « Les exercices du matin, puis après tu mangeras. Une fois ça fait, tu me réexpliqueras pourquoi nous devons éliminer ser Cuy, que je sache si tu as bien écouté ce que j'ai dit hier. »
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MessageSujet: Re: Une lame dans la nuit - [Tour V - Terminé]   Lun 18 Déc - 16:38

J'allais finir par m'écrouler, par tomber de fatigue, mon cheval commençait à suivre celui de Sarzir bien plus que moi. Il s'en rendit d'ailleurs compte, car il nous fit arrêter, m'ordonnant de dormir, ce que je fis rapidement après m'être enroulé dans ma cape. J'étais épuisé, bien plus qu'à mon habitude, et j'avais l'impression que cela ne ferait qu'augmenter. J'avais d'ailleurs eu l'impression de n'avoir fermé les yeux qu'une minute lorsqu'il me réveilla, car lorsque je fus forcé d'ouvrir les yeux, la douleur semblait la même qu'hier. Me levant presque mécaniquement, je m'exécutais, sentant déjà certains muscles faire des leurs alors que la douleur s'éveillé par endroit. C'était impossible de se remettre avec si peu de repos. Mais au moins, je n'avais pas à penser, mon cerveau agissant pour moi. Les exercices furent réalisé les uns après les autres, non sans difficulté sur certain point, non sans trembler. Mais l'idée de manger me tenait éveillé. Et cela finit par arriver, sans vouloir me précipiter, le repas fut avaler en quelques bouchés, il faut dire qu'il n'y avait pas grand chose, mais cela ferait l'affaire au vue de mon état. J'avais peur de ne pas réussir, j'avais peur de m'écrouler au moment ou il aurait besoin de moi. Levant les yeux vers lui, je finis par m'exécuter sur le dernier point. Pourquoi éliminer Ser Cuy. « Pour déstabiliser l'ennemie, enfin l'armée et tuer un commandant. », répondis-je presque aussitôt, sans hésiter, sans douter. Je ne comprenais pas grand chose, mais j'écoutais, j'assimilé, lentement certes, mais surement. Je finissais pas retenir, quoi qu'on en dise. Je n'étais pas bien née, mais cela ne voulait pas dire que je ne saurais pas apprendre. Sans doute avais-je commencé tard mon apprentissage, d'autre aurait été plus efficace en étant plus jeune, mais j'apprenais en pleine conscience aujourd'hui, même si mon corps en souffre plus qu'il n'aurait pu le supporter. Une question de motivation, une question de détermination. Je ne pensais pas en manquer, même si l'épuisement pourrait me faire douter de tout.

Je doutais avoir tort, certes je n'avais pas redonné tout les détails de toutes les raisons, car je ne saurais les redires exactement, mais j'en savais suffisamment pour avoir résumé. Bien sur je serais bien obligé de détailler si il le demandait et je le ferais après tout, mais je pense que nous n'avions pas ce temps à perdre, et si j'avais saisi l'idée c'était le principale non ?
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MessageSujet: Re: Une lame dans la nuit - [Tour V - Terminé]   Mar 19 Déc - 14:40

Sarir s'autorisa un petit sourire de satisfaction. La jeune femme n'avait pas hésité, et même si sa réponse manquait clairement de détails, elle avait retenu ce qu'il lui fallait savoir. Il ne pouvait lui en demander davantage pour le moment, surtout vu son état d'épuisement général. Il hocha la tête en signe d'acceptation, et la laissa prendre quelques minutes de repos supplémentaires. Pendant ce temps, il se mit à réfléchir. Leur chemin allait être encore long, il devait donc trouver le moyen de mettre à profit ce temps.

Ils partirent en silence peu après. Le Santagar ne soufflait mot, laissant ses pensées vagabonder à la recherche de ce qu'il pourrait dire ou faire faire à la jeune femme. Il se surprit à lui jeter des coups d’œil à la dérobée, comme s'il craignait qu'elle ne disparaisse dans un ravin ou ne s'échappe par un chemin quelconque. Il l'aurait rattrapée sans peine, bien sur, mais cela le surprenait d'avoir de telles pensées. Cela ne lui ressemblait pas de s'inquiéter ainsi, et surtout, de ne pas être capable de prévoir les réactions d'une autre personne, d'avoir des difficultés à anticiper les éventualités.

Dans l'après-midi, ils firent une pause forcée devant les ruines d'une tour de guet. La tour, jadis conçue pour surveiller les chemins environnants, ne portait plus ni étendard ni signe de vie. Il y avait eu un combat, car il y en avait encore des traces. Ce qui préoccupa Sarzir, toutefois, ce n'était pas le fait qu'ils suivaient le passage d'une armée, non. C'était plutôt le fait qu'ils la rattrapaient peut-être un peu trop vite, en fait.

Il descendit de cheval, intimant à Phèdre de faire de même. Ils s'approchèrent doucement de la base de la tour. Construite en pierre et en bois, elle comportait deux étages, accessibles grâces à des échelles. L'épée à la main, le Santagar poussa doucement la porte d'entrée, qui pivota en grinçant. C'était vide.

 « Fouille ici. Si tu trouves une arme qui te convient, prends-la. »

Il grimpa aussitôt à l'étage, ne trouvant rien d'autre que ce qu'il avait aperçu au rez-de-chaussée : des cadavres, des débris et des traces de lutte. Il s'attendit à trouver également la même chose au-dessus, et ne fut pas déçu. Il observa pendant quelques instants les environs, essayant de repérer une armée en mouvement ou des éclaireurs – ou encore pire, une arrière-garde. Mais, ne voyant rien, il redescendit aussitôt.

Il rejoignit la jeune femme près des chevaux.

 « Nous allons faire une pause supplémentaire ici. J'ai mal calculé leur vitesse et notre temps de trajet ; on arrive trop vite sur eux. Si on repart maintenant, on tombera sur eux avant la nuit, et on aura aucun moyen de mettre mon plan à exécution. Tu as trouvé quelque chose qui t'intéresse ? »

La pause serait parfaite pour examiner le choix de Phèdre, si elle en avait fait un, et pour éventuellement lui montrer deux-trois choses.
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MessageSujet: Re: Une lame dans la nuit - [Tour V - Terminé]   Mar 19 Déc - 15:13

Il se retournait bien souvent, avait-il peur de je m'endorme comme hier ? Je n'en savais rien. Tout ce que je pouvais dire c'était qu'il vérifiait bien souvent. Pour ma part, je passais beaucoup de temps à écrire sur l’encolure de ma monture l'alphabet. Je cherchais toujours à retenir, à le faire du premier coup. Du moins c'était ce que je faisais jusqu'à ce qu'il nous arrête. Levant les yeux sur la tour, je descendais à mon tours, le suivant comme il me le fit comprendre à l'intérieur. Il s'était passé des choses récemment ici, c'était flagrant. Il désigna alors les lieux, me demandant de fouiller l'endroit et de prendre une arme si j'en trouvais une qui pouvais me convenir. Avançant avec hésitation, je trouvais en effet une épée, mais je savais très bien que je n'aurais pas encore la force d'en manier une, et je doutais que le but soit de se blesser. Non, à la place je trouvais une dague d'une dizaine de centimètre environ. Me rappelant que Sarzir y mettait du poison, je l'essuyais sur un pan de tissus avant de la glisser au seul endroit que je connaissais pour cacher ce genre d'arme. Continuant toutefois à fouiller, je mis la main sur un livre un peu poussiéreux que je sortis avec moi, pour rejoindre les chevaux. Je ne comprenais rien à ce qui y était écrit, les terme étant trop poussé, mais sans doute pourrais-je lire certains passage déjà non ? Je ne savais pas ce que faisait le Santagar, si bien que je finis par sursauter en l'entendant arriver. Faire une pause supplémentaire ? Il avait mal calculé leurs vitesse, et nous arrivions bien trop vite sur eux. Si on reprenait la route, nous arriverions trop vite et nous n'aurions pas la possibilité de réaliser son plan. Il me demanda alors si j'avais trouver quelque chose qui m’intéressait, baissant les yeux sur le livre, je commençais, « Ce livre, mais je n'en comprends pas encore le sujet, et ... », posant le livre sur ma monture, je baissais les yeux vers ma poitrine, en sortant la lame récemment lavé. « Et cette dague, il y avait ça ou des épée, mais je ne sais pas les utiliser. », pas la peine de faire semblant et de finir par traîner une lame en acier que je ne saurais porter.

M'avançant d'un pas, je lui demandais alors, « Si nous avons plus de temps, il serait possible que vous me montriez comment en faire usage, ou êtes-ce encore trop tôt ? Sinon je peux vous réécrire l'alphabet, je pense en connaitre l'ordre, enfin j'en suis presque sure. », je parlais trop d'un coup, simplement, je ne voulais pas perdre ce temps, même si j'allais être d'autant plus épuisé. Sans doute en faisais-je trop et sans doute aurais-je du rester à ma place et profiter de cet arrêt forcer pour espérer avoir un peu de temps, mais j'en étais incapable, même si mon corps entier semblait m'abandonner, je tenais à présent une lame dans mes mains et j'avais envie d'en savoir plus.
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MessageSujet: Re: Une lame dans la nuit - [Tour V - Terminé]   Jeu 21 Déc - 14:09

Sarzir resta un instant immobile, fixant la jeune femme d'un air intrigué. Il la vit sortir une lame de son décolleté – encore une fois – puis parler d'un livre, parler de ce qu'elle pouvait faire pour qu'il l'approuve, ou ne soit satisfait. Essayait-elle de l'amadouer d'une quelconque manière, comme une enfant, était-ce un réel intérêt du à la pause qu'ils faisaient ? Cela le surprenait, plus qu'il n'en était content. Certes, avoir une disciple studieuse était bien, mais là, ça frôlait le coup fourré. Un brin de paranoïa qui n'avait pourtant pas lieu d'être : il ne saurait être vaincu par une gamine comme elle.

Il s'approcha d'elle, et se servit de son index pour tapoter son buste, là où elle avait rangé auparavant l'arme. Il la sentit se raidir à son contact.

 « Un drôle d'endroit pour dissimuler une arme. Tu ferais mieux d'aller chercher le fourreau, et de l'attacher à ta ceinture ; sinon, c'est le meilleur moyen de te blesser. Tu ne voudrais pas te couper les deux pommes qui te servent de nibards, si ? »

Il la laissa méditer ses paroles, puis alla s'occuper des chevaux. Ces derniers s'attendaient visiblement à ce qu'ils repartent aussitôt, mais le Santagar se contenta de les attacher près de la tour. Puis, il hésita. Laisser la jeune femme sur ce qu'il venait de dire ne l'aiderait pas. Au contraire, elle aurait l'impression d'avoir fait quelque chose de mal, et comme une enfant, elle en serait bien moins coopérative. Il se tourna donc à nouveau vers elle.

Sans pour autant prendre un ton d'excuse, il se mit à parler d'une voix plus douce :

 « Ne le prends pas mal, mais tu tombes de fatigue. Je te frapperais que tu t'effondrerais et dormirais pendant plusieurs heures sans que je puisse te réveiller. Ton intention est louable, mais tu ne devrais pas forcer. Il faut que tu saches de quoi tu es capable et de quoi tu n'es pas capable. Seulement, là, tu ne peux pas le savoir. »

Il lui indiqua, d'un geste, l'arme qu'elle tenait.

 « Tu vas aller chercher le fourreau de cette arme. Ensuite, tu vas te reposer pendant quelques heures, et quand le soir viendra, je te réveillerais, et nous reprendrons un apprentissage plus calme. Et si tu travailles bien, peut-être que je te montrerais à nouveau comment te servir de cette lame. Maintenant, va, jeune Phèdre. »

Il n'attendit pas et se détourna, la laissant seule avec ses pensées et ses devoirs. Il décida de monter au sommet de la tour pour observer, histoire de voir s'il ne pouvait pas repérer des Bieffois avant l'arrivée du soir. Des indices supplémentaires, au cas où ils tomberaient sur une mauvaise surprise.
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MessageSujet: Re: Une lame dans la nuit - [Tour V - Terminé]   Jeu 21 Déc - 15:40

Je ne voyais que là pour dissimuler une arme entre nous, mais ce qui me préoccupa le plus fut le geste qu'il eut. Un simple contact qui me raidit presque aussitôt. Baissant les yeux presque aussitôt, j'allais faire ce qu'il me demandait quand il eu besoin de se justifier. Ne pas le prendre mal ? J'étais fatigué, je risquais de ne pas me relever si il frappait. Il saluait l'effort, mais je ne devais pas forcer, je devais connaitre mes limites, même si à l'heure actuelle c'était compliqué. Nous reprendrions ce soir. Hochant la tête je disparue. Recherchant ce qu'il me demandait avant de finir par me trouver un endroit ou m'asseoir. Il faisait jour, la chaleur montait lentement. Je dus m'assoupir quelques heures, car à mon réveille j'étais courbaturé, mais bien plus reposé que jusqu'à présent. Je n'avais sans doute pas dormit autant que j'aurais pu, mais dormir davantage ne serait pas bon. Restant à ma place, je repensais lentement à ce qu'il avait fait, au vent de panique qu'il avait sur créer en un contact. Lorsqu'il s'agissait de s’entraîner, je savais différencier tout ça, mais là, comme à chaque fois que l'on m'approchait, que l'on me touchait, je me sentais en danger. Comment faire disparaître ça ? Cherchant l'homme, je finis par monter timidement les marches menant au sommet de la tour, le sol commençait à décliner, mais pas suffisamment pour annoncer là nuit. M'arrêtant à quelques mètres de lui, je baissais les yeux, consciente que je ne saurais assumer la suite. J'avais bien plus de faille que je pensais. « Je peux vous poser une question ? », attendant un signe, une réaction pour reprendre, je finis par demander, « Tout à l'heure encore j'ai paniqué simplement car vous avez poser un doigt sur moi, ce n'est pas la première fois que ça arriver... », que ce soit lui la première fois que nous nous étions vu ou des hommes s'arrêtant dans notre ferme et pensant pouvoir me faire tomber dans leurs lits, je ressentais toujours la même chose. J'avais fait le choix de refuser de m'offrir au premier venu, mais là, j'avais bien plus peur qu'on m'y contraigne que de la mort.

« Comment... Comment je peux arrêter d'avoir peur que... J'ai moins peur de me faire frapper que de sentir la main d'un homme sur moi et... », c'était ridicule, mais j'avais peur de louper ce qu'il pourrait me demander si quelqu'un s'avançait sur moi. C'était une crainte parfaitement stupide, mais aujourd'hui encore, j'avais eu la preuve que ma féminité me posait problème. Il devait bien y avoir un moyen de cesser d'y penser, un moyen de rester concentrer, de ne pas avoir peur. Il y avait bien des doutes que je taisais, mais je craignais sincèrement de devenir un poids si je sentais mon corps se tendre aussi fort sous la peur. La peur d'être confronté à l'inconnu. Je n'osais pas relever les yeux, cachant à présent mon visage derrière la cascade de ma chevelure. Je tenais fermement l'arme qui habillé ma ceinture, comme pour me rappeler qu'elle en était la cause, comme pour me rattacher à quelque chose. J'avais tendance à ignorer ce genre de chose, et l'étouffer, mais les faiblesses que j'avais oublié me sautait à présent aux yeux.
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MessageSujet: Re: Une lame dans la nuit - [Tour V - Terminé]   Sam 23 Déc - 11:57

La question le prit au dépourvu. En l'entendant arriver, Sarzir s'était dit qu'elle voudrait sûrement s'excuser, ou qu'elle insisterait. Il n'avait pas prévu qu'elle se sente tout simplement gênée parce un geste aussi banal qu'un toucher. A la réflexion, c'était plausible, et il ne doutait pas qu'elle ne mentait pas, mais c'était tout de même surprenant. Ou peut-être que sa surprise venait du fait qu'il n'avait pas su le prévoir, ce qui n'arrivait pas souvent. Un instant, il songea à la féliciter pour ça, mais se ravisa. Ce n'était pas le moment de la complimenter, d'autant qu'elle ne comprendrait sûrement pas pourquoi il le ferait. Ce serait inapproprié.

Il lui fit signe de s'approcher.

 « Viens. Observe le paysage. »

Rien à voir avec la beauté des montagnes. Il souhaitait simplement qu'elle soit assez près de lui pour que d'une part, il n'ait pas à hausser la voix, et que d'une autre, il ne perde pas de vue les nombreux sentiers et vallons où pouvaient se dissimuler des ennemis. Il prit une profonde inspiration, s'efforçant de choisir soigneusement ses mots.

 « Ce n'est pas facile de te répondre. Tu es jeune, et si je ne me trompe pas, tu n'as encore jamais... donc il me paraît relativement normal que tu te sentes mal à l'aise avec le toucher d'un homme. Toutefois, tu ne peux pas continuer ainsi. Cela risque de te gêner dans des moments inappropriés, et de causer plus de mal que nécessaire. Comment y remédier ? Difficile à dire. Je pourrais te prendre, là maintenant, et tu serais pleinement une femme. Mais serait-ce la meilleure des idées ? Pas sûr. Cela ressemblerait davantage à un viol, et l'effet serait donc tout autre ; voir inverse. Non, il faut chercher ailleurs. »

Il avait du mal à croire que sa disciple et lui étaient en train de parler d'un sujet aussi puéril. Lui-même n'avait pas le moindre problème avec le toucher, mais il avait bien plus d'expérience que la jeune femme. Et surtout, lui, il avait dix années de maîtrise de soi.

Il reprit la parole d'une voix tout aussi douce qu'auparavant, bien que ses paroles soient sévères.

 « La solution ne peut venir que de toi. Je ne te dis pas que c'est facile, non. Mais tu dois être capable, par toi-même, de ressentir le toucher de quelqu'un, homme ou femme, sans sourciller. Ou du moins, si cela doit te faire de l'effet, tu dois être capable de ne pas le montrer. Ce devra être un effort de ta part, une prise de confiance en toi ; si tu y parviens, ça te rendra la vie plus facile. Et surtout, tu seras bien plus à même de réussir là où je te mettrais au défi. »

Il lui posa une main sur l'épaule, pour la fixer un instant dans les yeux.

 « Il y a maintes façons de voir la différence entre un toucher innocent et un toucher qui ne l'est pas. Tout est dans la façon de se comporter de ton interlocuteur. S'il essaye de te mettre en confiance, alors que tu ne le connais pas, inquiète-toi mais reste prudente. S'il est hostile, défends-toi, verbalement, puis physiquement. Je ne pensais pas avoir à dire ça un jour, mais ton corps t'appartient. Tu n'as pas à laisser quelqu'un d'autre en user si tu ne le souhaites pas. Si tu dois te vendre pour accomplir quelque chose, atteindre un but, il faut que ce soit volontaire. Autrement, c'est du viol, et ça, ma jeune Phèdre, ça ne te donnera jamais confiance. »

Il la lâcha, puis lui indiqua de venir le rejoindre au pied de la tour lorsqu'elle le voudrait. Il avait l'intention de lui donner quelques conseils pour utiliser son arme.
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MessageSujet: Re: Une lame dans la nuit - [Tour V - Terminé]   Mer 3 Jan - 14:02

J'avais peur d'avoir dépassé une limite en posant ma question. Mais elle était légitime. Comment faire ? Il sembla surprit, pendant quelques secondes avant de me faire signe d'approcher pour observer le paysage. Avançant lentement, je m'arrête à quelques pas de lui alors qu'il affirme que la réponse n'est pas facile. J'étais jeune, et je n'avais jamais été touché par un homme. Il était donc normal que je me sente mal à l'aise avec le touché d'un homme. Je ne pouvais toutefois pas continuer ainsi, car j'allais finir par être gênée, me causant plus de mal que nécessaire. Comment y remédier, c'était là l'aspect le plus compliqué, il pouvait m’ôter ma virginité ici, mais cela ne serait pas la meilleure des idées. Je m'étais en effet tendu de façon imperceptible alors qu'il continuait en avançant que cela serait davantage du viol et que donc, cela ne réglerait pas notre problème. Au contraire, il risquait de faire pire et l'idée qu'il ne l'envisage pas me soulagea presque aussitôt. Il était bien plus calme que je n'aurais pu l'espérer après une pareil annonce. Pourtant il n'était pas sans danger, sans sérieux, on ne parlait pas de ça avec lui comme on parlait du temps qu'il faisait. J'étais la seule à pouvoir trouver la solution, la seule à pouvoir dépasser ces craintes. Il n'y aurait rien d'aisé, pour sur, mais j'étais la seule à pouvoir en faire une histoire secondaire. Cesser de craindre pour ça reviendrait à gagner une arme. Un confort de vie. Posant alors une main sur mon épaule, je retins un frisson, évitant de me trahir à nouveau. Il y avait différente façon de percevoir la différence entre un toucher innocent et un toucher qui ne l'était pas. Tout était dans la façon de se comporter de l'autre. Si il cherchait à me mettre en confiance alors que je ne le connaissais pas, je devais m'inquiéter, rester prudente. Si il était agressif, je devais me défendre, verbalement, puis physiquement. Et puis il ajouta quelque chose qui l'étonna lui même, mais mon corps m'appartenait. Je n'avais pas à laisser quelqu'un d'autre en user si je ne le souhaitais pas. Si je devais me vendre, cela devait venir de moi et de personne d'autre, sinon rien ne m'aiderait à avancer. Restant silencieuse, je n'avais pas de suite bougé quand il était partie, préférant repenser à tout cela avant de venir.

J'avais toujours pensé que mon corps n'appartenait qu'à moi. Qu'il n'avait aucune valeur et que je n'avais pas à le donner. J'avais raison, il fallait simplement que j'accepte d'être face à mes peurs. Descendant les escaliers, je le rejoignais bien rapidement en bas, l'observant un instant, ne disant pas ce que je pensais vraiment. Avait-il besoin que je le remercie ? Je n'en étais pas certaine. « Nous reprenons l'entrainement ? », demandais-je simplement, droite, ignorant les crispations de mes muscles n'ayant pas jugé la sieste suffisante. J'avais eu un répit, et une façon de pensée à suivre. Je ne pouvais sans doute pas en attendre plus aujourd'hui, si ce n'est de continuer à user d'arme réelle. Pour le reste, il s'agissait sans doute de discussion que j'aurais du avoir avec une mère, mais cette dernière m'ayant quitté, je n'avais pu me forger que par moi-même.
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MessageSujet: Re: Une lame dans la nuit - [Tour V - Terminé]   Mer 3 Jan - 19:09

Il passa plusieurs minutes à lui montrer comment se tenir. Il précisa bien que lorsqu'il s'agissait d'un combat aussi prévisible, où l'adversaire la voyait et elle le voyait, il y avait peu de chance pour que tout se déroule comme il lui montrait. Mais il fit l'effort patient de lui apprendre chaque geste, chaque posture ; comment placer ses pieds et ses bras. Comment tenir l'arme, aussi. Comment utiliser le bras libre. Comment éviter de s'exposer face à un adversaire plus gros et mieux armé qu'elle.

Il ne passa pas encore à une situation réelle. Il voulait d'abord s'assurer qu'elle connaisse les gestes et les mots adéquats. Un coup de poignard n'était pas un coup d'épée, et on ne se battait pas de la même manière. En fait, et il pensa également à le préciser, elle n'aurait – heureusement – que peu l'occasion de se battre ainsi. Avec l'arme qu'elle possédait, il lui faudrait rester dans l'ombre, attendre le moment propice pour frapper. Mais pas seulement. Car il lui fallait également apprendre où attaquer pour tuer, paralyser, mutiler ou simplement affaiblir.

Sa propre dague à la main, il répétait les gestes avec elle.

 « Une lame comme la tienne doit être silencieuse. Garde toujours en tête qu'un seul coup peut suffire, mais qu'il faut bien le placer. Si tu n'es pas certaine, ou si la situation t'échappe, tu dois frapper là où tu sauras rétablir l'équilibre. Un homme en armure, qui saigne, ne s'en trouvera que davantage ralenti, et par conséquent, plus vulnérable. Essayons : où frapperais-tu si tu voulais tuer d'un coup ? »

Il attendit sa réponse, puis lui montra tous les points susceptibles de tuer en un seul coup. Il préférait éviter qu'elle n'ait à trop se battre, et donc sa formation sur le tas devait comporter ce qui était nécessaire à sa survie. Pour le moment, pas besoin de trop lui en montrer.

Quand ce fut fait, il lui fit répéter tout ce qui avait été dit et fait précédemment, pour s'assurer que tout rentrait correctement dans son crâne. Il hésita à pousser l'exercice jusqu'à un combat, mais se ravisa. Il la dominerait trop facilement, et ce ne serait pas utile de l'épuiser davantage. Il se contenta donc de vérifier qu'elle retenait l'essentiel, car il paraissait impensable que tout soit su par cœur en si peu de temps.

Il avait encore quelques trucs à lui montrer, après ça : premièrement, savoir manier une épée. Il lui fit essayer quelques postures et quelques gestes avec la sienne, mais changea vite d'idée : elle n'était pas assez forte pour ça, pour le moment. Tant pis ! Il changea de programme, et il s'agenouilla.

 « Tu as besoin de souplesse, mais aussi de force. Je vais te montrer de nouveaux exercices. Tu devras également les appliquer. »

Et il les lui montra, avant de lui faire signe de les répéter, sous son regard attentif.
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MessageSujet: Re: Une lame dans la nuit - [Tour V - Terminé]   Ven 5 Jan - 12:27

Une question de positionnement, d'attitude. Une marche à suivre, bref, j'écoutais et je mettais en pratique tout ce qu'il pouvait dire, écoutant avec attention chaque mot, chaque information. Ce que je devais retenir dans le fond, c'était bien qu'avec une dague, je devais rester silencieuse. Un seul coup pourrait suffire, mais il fallait savoir frapper là ou je pourrais reprendre l'avantage. Il me demanda alors où je frapperais si je voulais tuer. Réfléchissant une seconde, je repensais à la ferme à comment l'on abattait des animaux. C'était assez évident, je l'avais fait plus d'une fois, sans sourciller. « Habituellement, pour tuer des animaux, je tranchais la gorge ou je plantais une lame dans le cou. » je ne savais pas trop ce que je coupais, ou tranchais quand je faisais ça. Je savais simplement qu'une fois touché là, les chances de survie était nul, même pour des animaux fort. Alors pour les hommes il devait en être de même non ? Il finit par me montrer les points pouvant tuer en un seul coup avant de me faire répéter ce qu'il avait dit pour s'assurer une nouvelle fois que j'avais comprit. Je ne pouvais pas réciter tout par coeur, après tout il avait dit bien des choses, mais je connaissais les grandes lignes à présent. Et puis il voulu me faire tenir une epée, j'avais déjà essayé, je tombais systématiquement en avant. Ce qui ne loupa pas une fois en place. Basculant en avant, je fus incapable de faire le moindre mouvement dans ce qu'il voulait. Même à deux mains la maintenir en haut était bien difficile. Je n'étais définitivement pas faite pour ça. Abandonnant ses plans, je lui rendis l'arme avant d'écouter la suite. Souplesse et force, si la première pouvait-être acquise, je n'étais pas certaine d'être si bonne élève sur la seconde. Je répétais donc les exercices, encore et encore.

Comme souvent, il s'agissait que d'une série, mais si elle semblait simple au début, cela devient rapidement compliqué, déjà car je commençais à fatigué, mais aussi car les muscles se mettaient à tirer. La seule chose qui me faisait encore tenir debout était sans doute le fait d'avoir dormit. D'avoir donné un peu de répit à mon corps, mais maintenant que l'énergie semblait avoir été aspiré par tout ça, des perles de transpiration menaçait à nouveau de couler sur mon front. La fatigue commençant à nouveau à rendre mes gestes incertains, tremblant. Ce jeu allait durer éternellement jusqu'à ce que je sois en mesure de les passer. Je finirais bien par avoir ce qu'il attendait, ce qu'il fallait pour y arriver. Je ne m'inquiétais pas, simplement, pour le moment, j'accusais le coup, la fatigue, mais je continuais, car je n'avais pas à définir quand il fallait y mettre fin.
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MessageSujet: Re: Une lame dans la nuit - [Tour V - Terminé]   Dim 7 Jan - 13:03

En plein milieu d'une figure particulièrement complexe, Sarzir se rendit compte qu'il avait peut-être poussé un peu trop loin l'entraînement. Il n'avait pas envisagé que la souplesse dont pouvait faire preuve Phèdre allait forcément trouver ses limites à un moment ou à un autre, et qu'elle n'avait pas encore atteint un niveau suffisant pour s'adonner aux exercices les plus difficiles. Il la vit essayer quand même, mais sans succès. Il s'arrêta alors de lui-même, avant de faire un geste de la main pour lui indiquer de faire pareil.

 « Cela suffira pour le moment. Et pour tes exercices futurs. Nous verrons plus tard pour du plus complexe. Et ne t'avise pas d'essayer de faire plus pour m'impressionner. »

Il n'avait pas besoin de lui dire que cela serait vain, car il n'était que rarement impressionné. Pourtant, il devait bien l'admettre, elle y parvenait presque parfois. Pour quelqu'un habitué à se soumettre à l'autorité parentale, et à exécuter des tâches sans poser de questions, elle ne rechignait pas à se placer à nouveau sous ce genre de pouvoir alors qu'elle ne le connaissait que très peu. Et surtout alors qu'il lui avait indiqué que tout cela lui permettrait d'être libre de ses choix. Car, après tout, elle était techniquement libre de partir si elle le souhaitait. De faire comme elle voulait. Il s'y était attendu, et avait été satisfait de voir qu'elle le suivait quand même.

Le potentiel qu'il avait décelé chez elle ne lui faisait pas défaut. Si elle poursuivait ses efforts, elle serait également une arme parfaite, un jour prochain. Et rien ne saurait le rendre plus fier que de voir ses enseignements porter leurs fruits. Rien ne saurait arrêter Dorne si Phèdre et lui étaient capable de frapper n'importe qui, quand et où.

 « Nous sommes épuisés et sales, je pense qu'un bon nettoyage ne fera pas de mal. Viens, allons voir si le ruisseau à proximité est suffisamment profond pour cela. »

Un test de pudeur ? Pas vraiment. Il avait simplement le désir d'aller se laver car il n'en pouvait plus de l'absence de bain. Il avait beau être habitué à voyager, à ne jamais rester en place, les bienfaits d'un bon nettoyage étaient toujours aussi agréables. Bon, certes, un bain chaud était exclu, mais au moins il se débarrasserait d'un peu de la crasse qu'il avait sur lui, et c'était tout ce qui comptait. Toutefois, avant de faire cela, il devait s'assurer que rien ne contaminait l'eau.

Ils trouvèrent rapidement le ruisseau, qui semblait assez profond pour s'y enfoncer jusqu'à la taille ; presque une rivière, donc, même s'il n'était pas très large. En amont comme en aval, il ne semblait pas contaminé, ni même avoir essuyé les combats. C'était une bonne chose.

 « Allez, au bain ! »

Il se déshabilla entièrement, puis, une fois nu, se jeta dans l'eau fraîche pour se baigner et se laver. Il ne perdait jamais le contrôle de lui-même, et malgré la félicité qu'il ressentait à l'instant, il ne fit pas exception. Mais par les dieux, qu'est-ce que ça faisait du bien, un bain frais dans les montagnes ! Il s'autorisa un instant à fermer les yeux, laissant le soleil réchauffer son visage tandis qu'il flottait tranquille dans l'eau.

Qui a dit qu'on ne pouvait pas se détendre avant un meurtre ?
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MessageSujet: Re: Une lame dans la nuit - [Tour V - Terminé]   Dim 7 Jan - 14:15

C'était tous pour le moment. J'avoue sans mentir, que je n'étais pas contre l'idée, j'étais épuisée, à bout de souffle et de course. Au point que je n'avais pas la force de le contre dire, je n'étais pas certaine de vouloir l'impressionner, je ne voulais simplement pas abandonner. Il finit par déclarer que nous étions épuisés et sales, admettant qu'un nettoyage ne nous ferait pas de mal. Cela ne reviendrait pas à … Se voir nu ? Ma gorge se noua d'un coup alors qu'il m'invitait à le suivre pour chercher un ruisseau à proximité pour nous laver. Le suivant donc fébrilement, je m'arrêtais près de la berge alors qu'il vérifiait sans doute que l'on puisse s'y laver sans soucis. Validation faite, il se déshabilla, ce qui me fit détourner le regard pendant de longue minute. Même en prenant sur moi je ne réussirais pas à outre passer la peur, la crainte de ce qui pouvait arriver. De ce qui pouvait se passer. Je n'avais pas ce genre de force mentale, et je ne l'aurais pas aussi rapidement. Je porterais un poids qui ne serait pas pour m'aider. Alors quoi ? Décider que je ne devais plus m'encombrer de conviction ? Dans un sens je ne les abandonnais pas. Je décidais juste que ce n'était plus d'utilité publique. Il était presque allongé dans l'eau, les yeux fermés alors que je pris la décision d'ôter mes vêtements, me retrouvant aussi nue que le jour de ma naissance, je cachais dans un premier temps mon corps avant de laisser tomber mes bras le long du corps. « Et si je le veux. », déclarais-je dans un premier temps. Le fixant toujours autant. Si je voulais perdre ce qui créer cette peur, il n'y aurait aucune raison que cela passe pour un abus non.

Mettant un pied dans l'eau, je frissonnais dans un premier temps, mais n'arrêta pas mon avancé. « Je ne voulais pas être une valeur marchande, mais là c'est différent. », mes doigts finirent par rencontrer l'eau du ruisseau, me signifiant pas la même occasion que je ne pouvais pas aller plus profondément en regardant autour de moi. J'avais toujours aimé l'eau, la liberté qu'elle offrait, mais aujourd'hui, je n'étais pas seule. Il y était lui, et alors que j'aurais du me cacher, je laissais ma nudité s'exposer à ses yeux. « Alors si je le veux. », qu'est-ce que ça pouvait changer ? Étais-je plus légitime ? Oui. J'avais toujours mon regard plongé dans le sien, sur lui. Cherchant à y déceler quoi que ce soit. Il fallait prendre sur moi, faire ce qu'il fallait pour dépasser ce qui me tétanisé. J'avais saisi. Alors autant ne plus m'en encombrer. Je ne perdais aucune fierté, mes intentions restaient les mêmes. Je ne me vendais pas. Je faisais simplement en sorte que ce que j'avais protégé n'est plus la même valeur à mes yeux, que je ne sois plus retarder par ça. Je me savais bien faite, je connaissais le regard des hommes cherchant à percer la sécurité de mes vêtements pour essayer de deviner ce qu'il y avait après. Je savais la force et l'importance que je pouvais porter à ce que la nature avait fait de moi. Alors oui, ne plus avoir peur de ce corps ne me donnerait qu'une arme de plus.
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MessageSujet: Re: Une lame dans la nuit - [Tour V - Terminé]   Lun 8 Jan - 13:54

La fraicheur de l'eau lui fit grand bien, et il s'autorisa quelques instants de félicité gratuite. Il avait rarement l'occasion de se détendre, de ne plus être aux aguets. De pouvoir, calmement, se dire qu'il ne craignait rien et qu'il pouvait profiter un peu du temps qui passerait. A vrai dire, il n'était pas en sécurité, bien sur. Il gardait son esprit sensible au moindre bruit étrange et malvenu. Il n'avait pas l'intention de se faire avoir comme un idiot, et de surcroît, en étant complètement nu. Même s'il ne doutait pas de l'efficacité psychologique d'une charge en étant à poil.

Il se redressa alors, s'apercevant avec plaisir qu'il pouvait se tenir droit et que l'eau lui arrivait quand même jusqu'au nombril. C'était déjà pas mal. Il se frictionna pendant un petit moment avec l'eau, retrouvant là un plaisir rare. Puis il se raidit, soudainement, guidé par une sorte de sixième sens. Il avait depuis longtemps appris à écouter son instinct, autant qu'à raisonner logiquement, mais là... il se sentait observé. Il pivota légèrement, et ses yeux rencontrèrent ceux de Phèdre. La jeune femme se tenait, nue comme un ver et tentant de cacher son intimité, près de lui. L'observant, le fixant comme si c'était une chose interdite mais qu'elle était poussée par la curiosité. Il se retint de rire. La situation n'avait sans doute rien d'amusant pour elle.



 « Bon, je suppose que maintenant, il nous faut nous laver. Pour de bon. Ensuite, nous reprendons sûrement un peu la route. »

Il retrouva bien vite son air sévère, strict. Il mettait de côté ce qui venait de se passer, pour ne pas y repenser. Ce n'était pas utile. Et il espérait qu'elle n'aurait pas le désir d'en parler davantage. Elle n'était pas une amante, à qui il confiait de secrètes vérités sur un oreiller.
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MessageSujet: Re: Une lame dans la nuit - [Tour V - Terminé]   Mar 9 Jan - 11:34

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MessageSujet: Re: Une lame dans la nuit - [Tour V - Terminé]   Mar 9 Jan - 13:03

Ils reprirent la route sans un mot jusqu'à la fin de la journée. De temps en temps, Sarzir leur imposait une halte, le temps qu'il retrouve le chemin ou les traces qu'ils devaient suivre. Même si en vérité, ils n'avaient pas vraiment besoin de s'adonner à un jeu de piste : les marques du passage de l'armée devenaient nombreuses, voyantes. Les Bieffois laissaient derrière eux de nombreux indices prouvant leur détermination à écraser Dorne sous leurs bottes cloutées. Pour le Santagar, c'était peut-être bientôt l'heure de faire montre de ses talents. De prouver à tous que la Panthère de Dorne pouvait frapper n'importe où.

C'est alors qu'ils arrivèrent en vue du camp. Comme ça, sans prévenir, à un détour, il aperçut une sentinelle, heureusement leur tournant le dos. Avec un geste du bras et un réflexe silencieux, Sarzir obligea Phèdre à s'arrêter et à descendre de sa monture. Personne ne les avait vus, personne ne vint jeter un coup d’œil un peu trop curieux. Par chance, les chevaux comprirent qu'il fallait rester silencieux, et ils purent donc s'éloigner suffisamment pour être à l'abri des regards et des éventuelles patrouilles. Le Santagar trouva un coin à l'ombre de quelques arbres, près d'un étang. Par chance, l'eau était propre.

Il resta un instant immobile, le menton dans une main, à réfléchir. Il sentait la curiosité de Phèdre à côté de lui, attentive à ses futures directives. Il lui jeta un coup d’œil et esquissa un demi-sourire, trait rare chez lui de confiance.

 « Il semblerait que nous ayons de la chance. Et en même temps, pas tellement. Si l'armée est ainsi arrêtée et rattrapée, c'est qu'elle est aux abords de sa destination. Nous ne pourrons rien faire pour le siège qu'ils s'apprêtent à lancer. Et nous ne pouvons pas agir trop vite. Il va nous falloir patienter, observer. Nous n'attaquerons pas cette nuit, seulement celle d'après. Cela nous laisse donc la soirée, puis toute la journée de demain, pour trouver des failles, planifier notre approche, et notre retour. »

Il marqua une pause, son regard parcourant le visage de Phèdre. Il trouvait curieux de se sentir aussi prompt à parler avec elle, désormais. Mais après tout, elle était devenue, plus ou moins, son amante. Il devait faire attention à ne pas dépasser ses limites, toutefois, alors que son esprit lui rappelait qu'il connaissait le moindre centimètre de son corps, désormais.

 « Cela ne veut pas dire que tu vas avoir le droit à du repos bien mérite toute la nuit. Pour le moment, tâchons de rester tranquilles. Il fait encore trop jour pour observer le camp ; nous irons à la nuit tombée. Par précaution, je te recommanderais de parler à voix basse, désormais. »

Il allait la planter quand il lui posa une main sur l'épaule, ses yeux sombres plongés dans les siens.

 « Peut-être ressens-tu de la peur. De l'anxiété. C'est normal. La peur de mourir te gardera en vie. Va t'occuper des chevaux, assure-toi qu'ils restent silencieux et en forme. Entraîne-toi avec ton arme, comme je te l'ai montré. Je reviens d'ici une heure, peut-être deux. Je vais m'assurer qu'on ne nous trouvera pas. Ce soir, nous irons observer le camp. Demain peut-être également, mais je m'assurerais surtout que tu restes en vie. »

Il avait beau être sévère, strict et droit, il essaya d'insuffler un peu de douceur dans ses derniers mots. Il ne voulait pas que la jeune femme, aussi prometteuse soit-elle, ne s'imagine qu'il la considérait comme un objet utilisable dont il allait pouvoir se débarrasser. Il serait regrettable qu'elle ne meure lors de l'attaque.

Il la lâcha puis s'éloigna sans un mot de plus.
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MessageSujet: Re: Une lame dans la nuit - [Tour V - Terminé]   Jeu 11 Jan - 14:28

Nous n'avions pas avancé tant que ça lorsque d'un signe de main, je finis à pied, tenant la monture pour le suivre en retrait. Ils étaient devant nous. Il semblait réfléchir, restant silencieuse en ne sachant pas quoi faire, je me mordis les lèvres en attendant qu'il me se décide à parler. Nous avions de la chance sans en avoir. Si l'armée était déjà arrêtée, c'était qu'elle s'approchait de sa destination. On ne pouvait pas agir trop vite. Nous devions patienter, ne pas attaquer pendant la nuit, seulement après celle la. Nous avions donc la soirée puis toute la journée de demain pour trouver des failles, planifier une approche et notre retour. Hochant la tête, je comprenais pourquoi il préférait patienter. Il sembla important pour lui de préciser que je n'aurais pas le droit au repos toute la nuit. Pour le moment nous devions rester tranquille. Il faisait trop jour pour observer le camps, nous n'irions qu'à la nuit tombé. Le mieux étant de ne pas parler même, mais si j'avais besoin, je murerais dans un un débit plus faible. J'avouais ne pas savoir à quoi m'attendre, j'étais fébrile, l'idée de faire quelque chose pouvant nous coûter au mieux la mission au pire la vie me faisait peur. Et il le sentit. Posant sa main sur mon épaule, il expliqua qu'il était normal de ressentir de la peur de l'anxiété. La peur de mourir me garderait en vie. Je n'avais donc qu'à m'occuper des chevaux, m'assuraient qu'ils ne nous trahissent pas avant de m’entraîner comme il me l'avait montré. Hochant encore une fois la tête en gardant le silence, il s’assurait qu'on ne nous trouverait pas.

Nous irions observé le camps pendant la nuit, demain également, mais il allait surtout s'assurer que je reste en vie. J'étais amené à le croire, il ne semblait pas être le genre d'homme à rompre une promesse, mais il s'agissait d'une armée, pas d'une simple troupe d'homme. « D'accords. », murmurais-je avant qu'il ne parte. Retournant vers les chevaux, je m'occupais d'eux une dizaines de minutes avant de prendre mon arme pour commencer à reprendre les exercices. Les uns après les autres, réveillant les muscles fatigué par les efforts. Je ne savais pas depuis combien de temps, mais la nuit menacé de tomber lorsque je fus prit par un sentiment de panique qui me fit sursauter avant que je ne me retourne sur lui. Je ne l'avais pas entendu arriver. Le cœur battant, je baissais les yeux, consciente que si cela avait été un ennemie qui arrivait j'étais morte et sa présence révélé. « Désolé... », m'excusais-je. Je n'avais rien entendu, juste eu cette impression qui m'avait fait réaliser sa présence. Mais une impression ne sauvait pas.
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MessageSujet: Re: Une lame dans la nuit - [Tour V - Terminé]   Ven 12 Jan - 13:12

Sarzir plissa les yeux, conscient du fait qu'il avait surpris la jeune femme, et ensuite, qu'elle se tenait dangereusement proche de lui. Un instant, il se demanda si ce n'était pas une façon de tenter quelque chose ; il rejeta cette idée. Si elle était assez bête pour ça, ça ne valait pas la peine de lui enseigner quoi que ce soit. Il se posa un doigt sur les lèvres, lui intimant de faire silence, puis de l'accompagner. Ensemble, ils avancèrent à pas feutrés en dehors de leur abri, puis se dirigèrent vers un creux dans les rochers, de l'autre côté d'un sentier. L'heure était venue de passer à la phase de préparation.

Sarzir aimait cette étape, autant parce qu'elle était nécessaire que parce qu'elle lui permettait de rester en vie. Foncer tête baissée n'était pas judicieux, et on avait généralement peu de chances de s'en sortir. Il en avait connu, des gars comme lui, qui avaient tenté d'attaquer une cible sans préparation – ou sans l'être suffisamment. Par excès de confiance, on se pensait invincible, au-dessus de la mort. Ce n'était pas pour rien que la maxime favorite du Santagar rappelait sans cesse à quel point chaque individu, aussi fort et important soit-il, n'était qu'un mortel comme les autres.

 « Nous y sommes. L'armée d'armures rutilantes campe sous nos yeux, se croyant intouchable. »

Sa voix, à peine plus élevée qu'un murmure, peinait à rompre le silence. Pour un camp aussi vaste, il était étrange de n'entendre que de faibles échos ; mais peut-être était-ce là une consigne particulière donnée par Cuy à ses soldats. Durant ses premières observations, Sarzir avait réussi à se faufiler jusqu'aux abords, jusqu'aux premières tentes, comme il l'expliqua à Phèdre. Des patrouilles parcouraient les sentiers durant la journée, mais à la nuit tombée, il ne restait que les sentinelles. Ils allaient donc, tous les deux, rester ici, épaule contre épaule presque, et observer en silence ce qu'ils voyaient.

 « Ça n'a rien de passionnant, j'en conviens. Mais c'est nécessaire. Si on ne fait pas ça, nous allons nous retrouver avec une situation des plus délicates : pas d'information, aucune idée d'où se trouve la cible, de combien de personnes sont autour, etc. Bien sur, c'est beaucoup plus évident quand on peut s'approcher de la personne ; mais en l'occurrence, il va falloir se contenter de ce petit point d'observation. Cela dit... j'ai déjà deux ou trois idées. »

La nuit fut longue, et Sarzir ne prononça plus un mot avant l'aube. Son observation fut toutefois récompensée par un plan, qui émergea dans son esprit durant les ténèbres précédant l'aube. Cuy avait sa tente personnelle en plein centre du camp ; deux hommes la gardaient, relayés toutes les trois heures. Ce n'était pas des croisés, mais des Bieffois purs et durs. Beaucoup de nobles et de chevaliers avaient leurs propres tentes autour de la sienne ; et fait intéressant et amusant, il y avait un bordel installé un peu plus loin. Il songea à envoyer Phèdre là-bas, puis se souvint que ce serait une bien mauvaise idée.

Il l'envoya d'ailleurs dormir, restant lui éveillé durant une bonne partie de la matinée. La jeune femme était loin d'être prête pour ce qui allait suivre. Elle ne savait pas se battre, ne savait pas approcher une cible, et ne savait pas être quelqu'un d'autre. Elle n'était pas prête, et il allait quand même se servir d'elle. Mais pour quelque chose de plus simple. Il ne l'enverrait pas tuer de sang-froid quelqu'un, alors qu'elle n'avait encore jamais fait ça. Il allait d'abord falloir briser toute barrière.

Quand il revint au camp, il réveilla Phèdre, et lui intima de prendre la relève pour surveiller leur abri tandis qu'il se reposait un peu. En vérité, il n'allait pas simplement reposer son corps : il allait cogiter, évaluer, analyser, et faire en sorte que leur approche soit parfaite. Il n'allait pas manquer à sa réputation. Il réussirait.
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MessageSujet: Re: Une lame dans la nuit - [Tour V - Terminé]   Lun 15 Jan - 17:33

Je devais me taire, d'accords, le suivant sans chercher plus loin, je regardais un peu partout, ne sachant pas trop à quoi m'attendre alors que nous avancions. Il finit par dire que nous y étions, l'armée se trouvant sous nos yeux. Ayant la gorge légèrement serré. Il affirmait que ca n'avait rien de passionnant, mais c'était nécessaire, si on ne faisait pas ça, on pouvait se retrouver dans une situation délicate. Il nous fallait des informations, une idée d'ou se trouvait la cible, combien il y avait de personne. C'était plus évident quand on pouvait s'approcher, mais là, il allait falloir observer. Il avait toutefois quelques idées. Avalant ma salive, je lui demandais, « Lesquelles ? », soufflais-je en prenant garde de ne pas parler trop fort, essayant de n'être qu'un souffle, pour ne pas dépasser le volume du vent, pour ne pas être entendu. Restant avec lui une bonne partie de la nuit, il finit par m'envoyer dormir. Comprenant sans doute à mes postures qu'il m'était de plus en plus difficile de lutter. Alors je m'exécutais, dormant en boule dans un coin pour ne pas être vu au premier regard. La nuit me sembla d'ailleurs bien courte quand je me fis réveiller à peine avais-je fermé les yeux, du moins s'était ce que je croyais. M'avançant dans le camps pour surveiller, je le laissais se reposer, observant l'inconnu, craignant très certainement que quelque chose finisse par arriver et que je sois prise de cours. Heureusement, rien de flagrant eu lieux, si ce n'est un mouvement de troupe, qui me fit m'abaisser un peu plus. L'on ne m'avait pas vu, mais ils bougeaient pas tous, une poignée d'homme et si l'idée qu'ils puissent partir en repérage m’effleura l'esprit je ne préférais prendre aucun doute, revenant vers lui avant de poser ma main sur son épaule pour le réveiller.

Il n'avait pas l'air si profondément endormit entre nous, il ne se fit d'ailleurs pas surprendre, « Des hommes viennent de bouger vers, euh... », je ne savais pas ou on était alors donner une indication sur l'espace me sembla bien compliqué. Pointant le doigt dans la direction, je repris, « Dans cette direction… », déclarais-je en baissant les yeux pour ne pas avoir l'air plus ridicule. Je n'avais pas parlé fort, j'étais resté au plus bas que je puisse. J'avais simplement réveillé l'homme sans savoir si c'était la meilleure idée du siècle, mais je ne savais pas ce qui était normal dans un camps et si j'avais vu du mouvement c'était qu'ils se sentaient en sécurité non ?
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MessageSujet: Re: Une lame dans la nuit - [Tour V - Terminé]   Jeu 18 Jan - 12:44

Rien d'alarmant, comme il le signala à la jeune femme. Comme il put lui montrer, c'était une simple patrouille, et il n'y avait pas lieu de s'inquiéter outre-mesure : tant qu'ils restaient cachés. Sarzir se rendait compte que la présence de Phèdre modifiait considérablement son propre comportement et son approche de la mission qu'il devait effectuer. Premièrement, il y avait les bons côtés ; à deux, la tâche était plus aisée, car il pourrait se faufiler pendant qu'elle ferait diversion, par exemple. Mais d'un autre côté, il y avait des inconvénients, et même s'il ne l'avouerait pas à haute voix, ils étaient présents et il les voyaient facilement : la jeune femme n'avait pas son expérience, ni ses capacités, ni son savoir. Elle faisait des efforts pour mémoriser ce qu'il lui apprenait, mais rien ne pourrait lui donner les dix années d'expérience qu'il avait lui. Et il fallait qu'il garde un œil sur elle, pour qu'elle ne succombe pas à la première difficulté venue.

Car il allait forcément y avoir des complications, des difficultés. Des imprévus, des accrocs. Quelque chose qui ferait que le Santagar, ou Phèdre, ne pourrait peut-être pas repartir indemne de ces lieux. Mais du moment que la blessure était légère, et ne laissait pas de séquelles, ce n'était pas forcément très important. Toutefois, la clé d'un assassinat réussi, c'était encore de ne pas se faire prendre – et dans l'idéal, ne pas se faire voir et apprendre qu'un autre était accusé ou condamné à votre place.

La journée défila sans qu'ils n'apprennent beaucoup plus que ce que le cadet savait déjà. Alors, alors que la soirée tombait sur eux et qu'ils avaient profité d'un peu de repos durant l'après-midi, ils se préparèrent pour leur sinistre besogne. Sarzir se chargea alors d'exposer son plan, alors qu'ils observaient le camp depuis leur cachette.

 « La tente de Cuy, c'est celle au centre, là-bas. La grande, avec les deux gardes à l'entrée. Ils se relaient fréquemment, avec d'autres, mais lui ne semble jamais beaucoup quitter son antre : ça joue en notre faveur. Voici comment nous allons procéder : nous allons tous les deux arriver par des chemins différents. Toi, tu passeras par là. » Il désigna une tente, d'où s'échappait le fumet d'une cuisine. « Je me faufilerais par le bordel, que tu peux voir ici. Une centaine de pieds nous sépareront, et nous ne pourrons sans doute pas nous voir, mais au final, nous nous rejoindrons derrière la tente de Cuy. Vois comme l'alignement des tentes nous permet de voyager dans les ombres, et en silence. N'aie pas peur de t'arrêter si tu as un doute, mais n'oublie pas qu'une hésitation de trop peut te tuer ou te faire découvrir. Une fois arrivés, tu feras diversion si nécessaire, sinon, tu feras le guet pendant que je m'introduirais dans la tente de ce cher Cuy. Tu n'es pas prête à affronter quelqu'un, ou à tuer, mais je compte sur toi pour faire de ton mieux si la situation doit dégénérer. Ta vie en dépend, après tout. »

Il marqua une pause. Scruta le visage de la jeune femme, plissé par l'anxiété. Mais il put voir dans ses yeux qu'elle se préparait mentalement, autant qu'elle le pouvait.

 « Prête ? »
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