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L'erreur passée qui fut bénéfique [Tour V - Terminé]
MessageSujet: L'erreur passée qui fut bénéfique [Tour V - Terminé]   Jeu 2 Nov - 11:12


Arrivée à Vivesaigues tôt dans la matinée, Claere s'accorda un instant de solitude pour bailler. Jamais il ne lui viendrait à l'esprit de faire ça en présence de Torrhen Braenaryon, ou même en présence des nobles locaux, mais elle pouvait se le permettre, là. Il n'y avait personne autour d'elle, et la fatigue pesait déjà sur ses épaules et son esprit. Se passant une main sur le visage, elle resserra ensuite un peu plus les pans de son manteau autour d'elle, histoire de se réchauffer. Il faisait frais, dans les murs de pierre de cet endroit.

Elle avait demandé audience au sujet des croisés, en lien avec ce qu'elle avait fait – ou plutôt laissé faire – à leur sujet. Après tout, lorsqu'ils étaient arrivés à la Dent d'Or, elle n'avait pas jugé utile de les arrêter. Evidemment, cela n'avait rien d'irréfléchi, mais restait à savoir si l'autre allait comprendre les raisons. Pour en avoir parlé avec le roi Loren, elle savait que ce dernier approuvait l'initiative de rassurer sur les intentions de l'Ouest ; mais en son for intérieur, la jeune femme répugnait de devoir faire ça. Les Lefford avaient toujours eu une place importante dans l'Ouest, et la proximité de Vivesaigues avait constamment été un objet de désir et un rêve inatteignable.

Quel gâchis, de devoir se rabaisser ainsi ; mais la dame de la Dent d'Or n'avait pas le choix. Sa position n'était pas aussi forte qu'elle aimait le prétendre, car beaucoup de personnes désapprouvaient sa façon d'avoir forcé la mainmise sur la seigneurie des Lefford. Qu'importe. Elle faisait ce qu'il fallait, quand il le fallait. Ne rien dire, ne rien faire, c'était exposer sa famille et le royaume à une mauvaise entente avec l'Empire. Une telle attitude augmentait les tensions, et avec elles, le danger.

Et puis, quelques croisés n'avaient même pas réussi à faire trembler l'Empire. Ils s’étaient fait massacrer, à tel point que la jeune femme n'avait pu contenir un rire moqueur lorsqu'on lui avait appris la nouvelle. Elle était belle, l'armée de la Foi. Mais ici, ce n'était pas Dorne ; ici, on avait pas la chance de tomber sur un commandement stupide.

 « Ma Dame ? Le seigneur Torrhen va vous recevoir. »

Un domestique, venu la chercher. Il la guida jusqu'à une pièce non loin, qui par bonheur, était chauffée ! S'engouffrant à sa suite, Claere pénétra dans la pièce, ses yeux sombres fixés sur le Braenaryon. Une douce chaleur se répandait dans la pièce, ce qui n'était pas pour lui déplaire.

Le domestique partit, les laissant seuls.

 « Torrhen Braenaryon. Merci de bien vouloir me recevoir. Je ne vous cache pas que le froid de ces murs commençait à avoir raison de moi. »

Une formule de bon humeur, presque d'humour, pour montrer qu'elle ne tenait pas à ce que cette entrevue se passe dans un ton aussi froid que les couloirs de Vivesaigues.
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MessageSujet: Re: L'erreur passée qui fut bénéfique [Tour V - Terminé]   Jeu 2 Nov - 21:13

Je ressortais après cette longue entrevue comme vidé de toutes forces ; je sentais bien que j’avais atteint mes limites et je ne voulais en aucun cas tirer sur la corde alors qu’il restait tant à entreprendre et à échanger avant de devoir repartir pour la guerre et vers la mort. L’air frais me fit un peu de bien et mes gants de cuir noir, posés contre le rebord du moellon de la muraille, ne purent empêcher le froid de mordre mes chairs. Qu’importe ; l’Hiver Vient et avec lui le temps des loups, nous avions encore une chasse à mener et je sentais la présence de ma proie par là-bas, vers le sud-est. Derrière ces immenses forêts de chênes et d’arbres autrefois touffus, qui se décharnaient avec la lente mais irrésistible arrivée de l’hiver. Je resserrais autour de mon coup les broches d’argent aux têtes de loups et de dragons, pour que le col de ma cape de laine épaisse doublée de fourrure puisse m’enserrer un peu plus, et éviter de frissonner. Autour de moi, deux gardes Demalion, qui restaient engoncés dans leurs lourdes armures de plates. Un étendard Tully et un autre, Braenaryon, claquaient au vent. Si haut, des mèches de mes cheveux virevoltaient au moindre coup de vent, et la fraîcheur ambiante me donnait l’impression d’un liquide glacé qui me coulait sur le visage à la place de ma cicatrice en cours de formation ; les lèvres rougis de la plaie continuaient de se refermer sous l’effet de la cicatrisation aidée des fils et des pâtes que le mestre appliquait dessus. J’arrivais à tenir debout et Morsure était à mon côté : je me sentais la force de la tirer au besoin mais il ne faudrait pas attendre de moi la plus belle et nette des escrimes.


Un jeune soldat du Conflans vint me voir et ne fus pas arrêté par les Gardes ; pour certains de vieux briscards du Nord, pour d’autres volontaires des premières heures de la Néra ou de Peyredragon, ces hommes avaient appris à me connaître en quelques mois de campagnes. Je ne craignais pas grand-chose de la troupe ; de toute manière rien ne pourrait me sauver d’un meurtrier particulièrement décidé et chanceux. Je n’allais pas lutter contre mon propre destin, mais je comptais bien m’insurger contre celui de Westeros. L’homme d’arme me salua et m’indiqua qu’une dame de l’Ouest réclamait audience. Claere Lefford, dame de la Dent d’Or. Je hochais la tête et lui indiquait de la faire monter dans les appartements qui étaient devenus miens durant ma convalescence, dans l’aile est du château. Le temps d’y retourner, j’estimais qu’elle était déjà en chemin. Je me traînais, le temps de me dégourdir les jambes et d’essayer de surmonter raideurs et douleurs tant des os que des muscles ; ces chiens d’Harren m’avaient roué de coups après que je sois tombé dans l’inconscience, profitant que le Loup soit Ad Patres pour se venger de lui. Ces gueux ne perdaient rien pour attendre, lorsque je viendrais pour eux, je laisserais leurs restes pour les charognards. Je me frotte les mains devant le foyer qui chauffe ma chambre transformée en bureau ; lits et effets étaient cachés dans l’avancée du fond de la pièce par une grande bâche de cuir noir, qui isolait cette partie de la pièce en journée lorsque je travaillais, lorsque l’on me soignait, et lorsque je recevais les visites d’officiers et d’intendants, de petits seigneurs locaux. Bref.


Mes mains frottant l’une contre l’autre non loin des flammes ravivèrent un peu de chaleur dans ce corps abîmé et vieillissant, mais toujours porté par la même passion, la même ardeur brûlante et bouillonnante. Merci à cette bonne vieille haine, à ce viscéral besoin de vengeance.


On m’annonce la dame de l’Ouest, et je me retourne vers elle sans prendre garde à mon apparence, je m’en fichais et j’assumais parfaitement le fait que Buron ait laissé sa marque sur moi ; les leçons n’en était jamais mieux apprises qu’une fois inscrites dans la chair. Mon visage était barré d’une plaie encore rougissante, partant du côté gauche de mon front pour survoler mon visage d’une plaie peu profonde jusqu’à ma joue droite où les chairs, dévastées et tranchées, avaient ouvert mon visage jusqu’au coin de mes lèvres, remontant ensuite en L tordu jusqu’à la pommette. L’ecchymose sur le côté droit de mon visage était en voie de guérison, mais le cerclage écarlate de la pupille de mon œil droit, signe d’après le mestre du décollement de la rétine, était un peu malaisant pour le spectateur. La guerre est une leçon, et la victoire restait la récompense.


Je ne sais à quoi m’attendre, et vois débarquer ce jeune tendron qui ne doit pas avoir plus vingt ou vingt et un ans et qui ne semble pas se laisser démonter de prime abord, bien que dos au feu je n’étais pas dans la lumière. Ma barbe se tord d’un sourire sans joie lorsque j’entends ses salutations sans le moindre titre. Le respect des convenances le plus élémentaire l’aurait incitée à me donner du Sire, du Majesté ou même, comble de l’insulte, du Lord. Mais rien, juste « Torrhen Braenaryon ». Je hoche la tête en guise de respect ; au diable l’égo, je suis l’Empereur des Royaumes Fédérés.



| Excusez-moi de ne pouvoir m’incliner comme il se doit, Dame Claere, la guerre m’a récemment laissé un peu raide. Mais vous avez raison : il fait toujours froid là où le sang coule en quantité ; l’enfer n’est pas fait de flammes comme le disent vos septons, l’ayant déjà arpenté il est de glace et de sang, vous pouvez me croire, ma Dame. |


Je la jauge, l’espace d’un court instant. Si jeune, et elle avait déjà connu son lot d’épreuves, rien que récemment.


| Je me demandais si nous nous rencontrions un jour, justement. Après Wayfarer, je vous ai laissé macabre vision dans le lointain des plaines du Conflans. Je ne vous ferais pas l’affront de vous mentir ; je n’en ressens pas le moindre remords. Le regret, peut-être malgré tout, qu’une dame soit témoin des atrocités qui s’abattent sur ceux qui pensent massacrer impunément mes peuples. J’ai apporté ce jour-là du crédit supplémentaire à ceux qui me traitent de boucher, mais c’était une leçon nécessaire. Vous avez ma parole que je ne voulais pas menacer la Dent d’Or ni ses occupants. |


Le fautif n’est pas le gardien de la porte, mais le châtelain permissif.



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MessageSujet: Re: L'erreur passée qui fut bénéfique [Tour V - Terminé]   Dim 5 Nov - 18:23

Claere écouta l'empereur, détaillant son visage et son apparence en attendant qu'il termine. D'un côté, elle était surprise de le voir si affaibli, et à la tête d'une puissance si importante. Il était défiguré, diminué, et c'était probablement la personne la plus marquée par la guerre qu'elle ait pu voir jusque-là. Avait-il encore des difficultés à se mouvoir, ou faisait-il semblant ? Une question qu'il lui était impossible de trancher, car l'un comme l'autre était possible. Mais si elle avait du avancer une réponse, elle aurait dit que le célèbre empereur, à la réputation si sinistre, n'était qu'un cadavre ambulant.

Le moindre idiot avec une lame pouvait en venir à bout. Les rênes du pouvoir dans un corps si fragile était un concept qui la dépassait. Mais elle n'était pas là pour ça, comme elle eut l'occasion de le rappeler aussitôt le Braenaryon silencieux. S'était-il fourvoyé, ou avait-il de lui-même fait en sorte qu'elle parle d'elle-même ? Il devait pourtant bien deviner pourquoi elle était venu. Ou peut-être qu'il devinait la raison, mais pas les excuses officielles que la Lefford se sentait obligée d'exprimer.

 « Eh bien, j'admets avoir appris la nouvelle avec surprise. Lorsque j'ai pris le pouvoir à la Dent d'Or – que je vous sais gré d'épargner de menaces – il semblait en effet que les croisés seraient impossible à stopper. Oh, certes, nous aurions pu les ralentir, faire en sorte qu'ils perdent du temps inutilement, voir les détourne pour qu'ils n'aillent pas ravager – ou du moins essayer – vos contrées. Hélas, cela était impossible, pour une raison simple. »

Elle marqua une pause, cherchant la façon la plus simple d'exposer le problème. Le fait qu'il ne soit qu'à moitié vrai ne changeait rien.

 « Nos propres terres auraient alors été menacées. Nous n'avons rien à voir avec ces croisés, et les voir se faire massacrer ne m'empêche pas de trouver le sommeil. Mais je devais penser à la sécurité de mes terres, également, et ce avant les vôtres, navrée. Si nous avions tenter de les ralentir, ou encore de les stopper, ils auraient ravager nos propres contrées. Je ne pouvais le permettre, et je pense que vous comprenez bien pourquoi. »

D'autant que les croisés en question, comme dit avant, s'étaient fait massacrer sans pitié. Un sort en bonne partie justifié, pour des fanatiques comme ça.
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MessageSujet: Re: L'erreur passée qui fut bénéfique [Tour V - Terminé]   Dim 5 Nov - 19:54

La jeune femme semble me jauger du regard mais sans insistance ; elle est semble-t-il relativement discrète mais je vois bien son regard se promener sur mon visage, sur mon corps comme pour se rendre compte de la véracité de ma démarche. La jeune femme quant à elle est de taille moyenne, le visage aux traits délicats, les cheveux longs et de couleur sombre, ce qui tranche beaucoup avec son teint. Jolie, sans nul doute. Et déjà veuve, si je ne confondais pas avec une autre maison ; j’avais eu du mal à intégrer les nouvelles venues de mes marchands à l’époque où le commerce avait encore cours entre nos royaumes. Je m’y perdais dans ces familles, celles qui semblaient défier leur monarchie, celles qui la soutenaient, celles qui chassaient les gueux qui se rebellaient. La situation était complexe, à l’ouest. Et pour le moment je n’avais pas énormément d’énergie à consacrer aux Lannister ; toute mon attention était portée plus au sud, de l’autre côté du fleuve. Harren Hoare pouvait encore compter sur une armée plus vaste que celle que le Roc pourrait mobiliser si ce royaume était uni. Cela faisait donc beaucoup à gérer. Mais à cœur vaillant rien d’impossible. Et ma résolution était intacte, contrairement à mes traits. Et en dehors de la bastonnade subie, mes bras n’avaient pas reçu de mauvais coups. Je pouvais donc espérer être toujours aussi létal, Morsure au poing. La jeune femme me surprend un peu dans son récit. Elle semblait contre l’envoi des croisés, alors que son propre Roi les considérait comme une tierce faction qui arrangeait bien ses affaires.


Etait-ce un nouveau signe de dissension en interne ? Ou simplement le fait que la jeune femme essayait d’arrondir mes angles avec une justification militaire qui tenait debout, qu’elle soit véridique ou non. Elle parle crûment d’ailleurs, pour une femme. Apparemment le massacre de Wayfarer l’avait également soulagée d’un problème qui aurait pu redevenir le sien si j’avais laissé plus de temps et de répit aux croisés avant de repasser la frontière dans l’autre sens. Je hochais donc la tête, l’air grave.



| Oui, je le comprends tout à fait, ma Dame. De fait, je ne vous tiens pas pour responsable du carnage qui en a résulté de notre côté de la frontière. La responsabilité principale en incombe aux participants de ces odieux forfaits, mais ils ont déjà été punis. Votre Grand Septon et votre Roi sont des responsables secondaires. Le premier en est directement un des auteurs ; il connaîtra donc son jugement en temps utile. Votre Roi quant à lui, aurait pu empêcher cela. Il ne l’a pas fait. Ma fille m’a pourtant écrit que le rassemblement de l’armée avait eu lieu… Mais soit. Comme je le disais, je ne vous en tiens nullement rigueur, d’un point de vue personnel. |


J’étais rassuré que les choses se passent relativement bien avec au moins un représentant de l’Ouest, sachant la tournure qu’avait pris la conversation avec le Roi ou mes relations avec ma fille n’étaient pas au beau fixe. Je fais signe à la jeune femme de s’asseoir près du feu si elle le désire, sur l’un des deux fauteuils alors qu’un serviteur entre et dépose un plateau de quelques mets à grignoter en cas de faim, d’une cruche de vin et d’une autre de bière. Je me sers de la bière, et lui propose une coupe de vin, imaginant mal une jeune femme de sa qualité boire de la mousse. Je m’assieds de mon côté, et regarde le feu un cours instant, avant de me retourner vers elle et de porter mon godet à mes lèvres.


| Vous avez dit que vous aviez « pris le pouvoir ». Je ne connais votre famille que de réputation ; vous êtes seule pour gérer ce domaine ? On le dit très beau. Je lai aperçu, à l’horizon. Vos montagnes ne sont pas si hautes que les Montagnes de la Lune, mais elles restent impressionnantes pour moi, dont le pays n’est que valloné. |


J’essayais de détendre un peu l’atmosphère ; je m’étais excusé pour le tord que je lui avais causé, et elle avait fait amende honorable. Je ne jetais pas l’opportunité d’en apprendre un peu plus sur l’Ouest de façon générale, au détour d’une conversation qui semblait pouvoir être agréable avec une étrangère qui pour une fois, ne semblait pas uniquement me percevoir comme un loup sanguinaire. C’était ce que j’étais, au fond, mais cela faisait du bien de sortir la tête des avanies habituelles en matière de diplomatie.



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MessageSujet: Re: L'erreur passée qui fut bénéfique [Tour V - Terminé]   Ven 10 Nov - 22:29

Claere accepta la coupe de vin, murmurant un merci lorsqu'elle trempa ses lèvres dans le liquide sombre. Le feu et l'alcool l'aidèrent à se sentir mieux, et elle réalisait alors que c'était probablement ce qui lui avait le plus manqué durant son voyage : un bon feu de cheminée. L'âtre rugissant produisait chaleur et réconfort, et en cela, il s'agissait indéniablement d'un don divin. Le feu, aussi dangereux puisse-t-il être par moment, était avant tout une source de bien-être. Mais la jeune femme s'abîmait dans des pensées éparses, et elle revint à l'empereur en sirotant une nouvelles fois son vin.

Lequel n'était d'ailleurs pas particulièrement bon. Mais tant pis.

 « Cela ne m'étonne guère. Que vous connaissiez peu ma famille. Vous n'êtes pas de cette région, et n'avez jamais eu à côtoyer les Lefford de manière répétée pour des litiges insignifiants ; pas comme ce fut le cas avec mon père et mon grand-père. Vivesaigues a toujours été une place-forte proche, et enviée, mais en cela, je pense que c'est normal. Nous autres seigneurs, nous aimons toujours lorgner les beaux châteaux de l'autre côté de la colline. »

Nouvelle gorgée de vin, le regard perdu dans les flammes, cette fois.

 « La maison Lefford est l'une des plus importantes de l'Ouest. J'y ai pris le pouvoir car, par un concours de circonstances, j'étais la seule personne apte à occuper ce rang, et à gérer convenablement des affaires politiques. Mon paternel, paix à son âme, a sombré dans un chagrin qui a fait de lui une ombre, alors il a fallu que je devienne la flamme qui animait la Dent d'Or. Je ne m'en plains pas : j'aime le pouvoir, comme tous le monde. Et je fais ce qui est nécessaire pour occuper comme il se doit ma fonction. Mais vous n'ignorez sans doute pas les richesses de la Dent d'Or, empereur. »

Le regard de Claere se fixa sur celui du nordiste, dont le visage reflétait à moitié les flammes de la cheminée. L'autre moitié était plongée dans l'ombre, comme une pièce de monnaie brûlée. Cette double face de son faciès s'accordait magnifiquement avec son caractère : en apparence calme, mais un véritable loup avide de violence dans le fond.

 « Quant à moi, j'admets avoir encore du mal à saisir pourquoi l'empereur d'un pays si puissant se cantonne ainsi dans les murs les plus froids de Westeros. Vous savoir aussi près de la frontière peut en rendrep lus d'un nerveux. »
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MessageSujet: Re: L'erreur passée qui fut bénéfique [Tour V - Terminé]   Lun 13 Nov - 14:01

Sans chercher à me montrer trop indélicat ou trop indiscret, je ne pouvais pas pour autant passer à côté de ma propre curiosité et je ne pouvais pas non plus me montrer froidement impoli vis à vis de cette jeune femme qui était venue d’elle-même, sans invitation ni convocation, pour s’expliquer d’un problème que nous avions rencontré, qui ne la touchait pas directement mais dont elle voulait malgré tout se montrer caution. Je respectais donc sa prise de position, qui n’était en plus pas totalement calée sur celle de son souverain et c’était donc une agréable surprise en plus qu’une source de respect ; il était clair pour moi que la simple conversation pouvait très bien avoir lieu avec une dame qui ne semblait nourrir nul grief à mon encontre. Aucun qui ne soit trop évident en tout cas et c’était déjà bien assez de devoir gérer leur Roi. Je ne pus m’empêcher de maugréer dans ma barbe et dans ma coupe de vin, alors que la jeune femme me parle d’une appétence singulière et naturelle finalement, pour les seigneurs pour les possessions de leurs voisins.


| Nous passerions tous beaucoup moins de temps à chevaucher de bain de sang en bain de sang si les possessions des voisins nous intéressaient un peu moins. De mon côté, c’est avant tout la protection de mes propres gens qui m’anime avant toute chose. Je ne pensais pas qu’un jour, j’aurais à présider à autant de vies. |


La jeune femme laisse son regard se perdre dans les flammes et m’explique alors l’importance de sa maison pour son royaume. Elle explique alors qu’un concours de circonstances l’a portée aux rênes de sa maisonnée et qu’elle devait en gérer les affaires. Elle me dit alors, me confesse sans fard, qu’elle aime le pouvoir. Oui, je l’aimais également. Mais il me terrifiait, parfois. Moins aujourd’hui que jadis, où j’avais un problème avec ma propre autorité alors que je n’avais aucun mal de me faire obéir des autres, mais ma position ne me semblait pas justifiée. Peut être parce que mon père n’avait jamais rien validé, c’était l’hypothèse de Sigyn. Parce que je n’avais pas fait mes preuves à ses yeux de son vivant. Je la dévisageais une seconde quand elle confessait que ma présence en ces murs, si près de l’Ouest, pouvaient expliquer la nervosité de ses pairs.


| Je suis ici par nécessité, nullement par choix. Nous avons vaincu l’ennemi à plusieurs reprises dans la Néra, avons forcé le destin à Paege et à Haye-Pierre, qui nous ont offert Salins, Darry, Herpivoie, Vivesaigues, puis Beaumarché, Les Jumeaux et Salvemer. Buron a marqué un coup d’arrêt, mais bien provisoire. Ne restez donc pas effrayée de ma présence ; la guerre me fera bientôt repartir pour le sud-est, loin de votre royaume. A moins bien sur que quelques fanatiques ne me forcent à revenir, auquel cas je le crains, j’ai prévenu votre souverain des conséquences désastreuses que cela aurait. Vous le savez déjà, j’imagine. Je ne souhaite pas en arriver là. Chaque bataille, chaque phase de manoeuvre de campagne, me prive un peu plus de ma santé, et mon énergie et de mes hommes. Mon destin sera de multiplier les batailles jusqu’à ma fin ou celle de mes derniers ennemis, et l’on dit les bieffois de plus en plus victorieux au sud. Cette guerre n’en finira donc jamais. Ne vous inquiétez donc pas trop, ma dame. La prochaine campagne se fera plus loin de chez vous.



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MessageSujet: Re: L'erreur passée qui fut bénéfique [Tour V - Terminé]   Ven 17 Nov - 19:04

Je l'espère bien. Telle fut la pensée qui traversa l'esprit de Claere, alors qu'elle continuait de siroter son vin. Elle resta un moment silencieuse, se donnant le temps de trouver une réponse qui ne soit pas un simple « oui » ou « non ». L'empereur, aussi diminué soit-il, semblait penser qu'il n'y aurait nulle raison de s'inquiéter à l'avenir. A vrai dire, il n'avait pas complètement tort. Les croisés ne risquaient pas de revenir séjourner dans ce coin de Westeros avant un moment. Mais une de ses phrases préoccupait la jeune femme.

Jusqu'à sa fin ? Comptait-il donc mourir sur un champ de batailles ? Ou alors, peut-être était-ce une manière dissimulée de dire qu'il allait chercher à dominer le monde jusqu'à ce que le dernier adversaire soit mort ou soumis. L'un dans l'autre, tout cela n'augurait rien de bon, et la jeune femme en était consciente. Qu'importait les guerres à Dorne ou ailleurs ; l'Empire était très puissant, même si pour le moment, il pouvait encore être vaincu. Si jamais Torrhen voulait dire par-là qu'il poursuivrait son expansion, alors l'Ouest ne saurait se défendre à terme. L'espace d'un instant, Claere songea qu'il serait de son devoir d'en informer le roi : mais il était probablement déjà bien au courant de ça.

L'empereur attendait néanmoins sa réponse.

 « En cela je vous suis reconnaissante. Comme nous avons pu le dire, il existe bien des dangers, et la frontière commun que nous avons est une zone qui deviendrait rapidement un lac de sang, si nous venions à nous affronter. Savoir que vos prochaines guerres ne seront pas en ces lieux est réconfortant. Cela permet d'envisager l'avenir avec plus de sérénité. »

Elle termina son verre, son regard tombant de nouveau dans les flammes. Dans son esprit, un scénario se jouait : celui d'une attaque éclaire et coordonnée de la part des autres royaumes, accompagnant l'Ouest dans une guerre pour retourner aux Sept Couronnes. Car il était vrai que ces mots n'avaient plus guère de valeur, désormais. L'Ouest vivait encore, mais menacé. Le Bief également, et Dorne n'existait presque plus. L'Empire assimilait ou détruisait le reste.

Le réalisme la poussait à admettre qu'une telle action, aussi soudaine et puissante soit-elle, pouvait échouer. Et elle pouvait même se retourner contre eux, au moyen de trahisons. Le Bief, notamment, ne serait jamais un allié fiable. Non, l'Ouest était seul, et il allait falloir observer les agissements de l'Empire avec précaution.

 « Puis-je vous demander, si vous consentez à me répondre en toute franchise bien sur, jusqu'où porte votre regard ? Vous avez mentionné les Bieffois. Sont-ils vos ennemis demain ? Dois-je m'attendre à devoir laisser passer vos troupes ? »
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MessageSujet: Re: L'erreur passée qui fut bénéfique [Tour V - Terminé]   Mar 28 Nov - 8:29

Je m’étais bien entendu préparé au fait que l’Ouest me considère comme une menace potentielle ; la Reine Jordane Lannister n’était pas du genre à mésestimer des adversaires potentiels et d’amis masqués nous en étions venus à être devenus… Disons, rivaux ? Ils n’avaient pas tenu leur parole d’affaiblir Hoare et cela m’avait poussé à agir sur le coup de l’instinct sur le terrain, réveillant un Royaume des Rivières et des Collines, intégré à un univers politique plus vaste, juste à leurs frontières. Mais je ne pensais pas que la déception, voire la méfiance, leur permettrait de se montrer plus anxieux encore. J’en gagnais la certitude, après la rencontre avec le Roi du Roc. L’Ouest craignait pour sa survie dans la tempête de lames qui se jouait dans les régions adjacentes à ses frontières. La ferveur religieuse ne faisait que croître depuis des mois et cela engendrait des tensions supplémentaires, je savais que même si le Lion n’avait pas empêché un premier round, d’autres pourraient avoir lieu qu’il le veuille ou non. C’était ainsi avec les choses des Dieux ; on ne pouvait que mal les estimer et mal les évaluer. De toute manière, le Conflans devrait réapprendre à se défendre seul ; mon devoir m’appelait plus à l’est et plus au sud encore, m’éloignant toujours plus de mon Winterfell natal. Je m’amuse un rien de la « satisfaction » qu’affiche cette jeune dame, à l’apparence si douce et si fragile, mais qui parlait comme une politicienne aguerrie. Le fait d’être seule et d’être femme à la tête d’un si grand domaine ne devait pas être facile, et cela je ne pouvais que très bien le comprendre.


| Ce n’est pas dans mes plans ni dans ma volonté de venir chercher le Roc. Si guerre il doit y avoir, elle ne sera pas de mon fait. A la prochaine provocation, fusse-t-elle religieuse, je n’aurais pourtant pas d’autre choix que celui d’agir. |


Le verre que je sirote me fait du bien, il me réchauffe les tripes au moins autant que le brasier non loin de là ; je sens bien que je n’ai nullement envie de bouger de là, et sans la présence de la jeune femme, j’aurais bien grappillé une heure ou deux de sommeil supplémentaire pour me permettre de veiller plus tard ce soir, et d’envoyer les garnisons du nord en avant. La jeune femme se fait mutique quelques instants, pensant sans doute aux menaces et au désordre qu’il restait entre nos factions. Quelle terrible guerre serait-ce encore là. D’autant que le Val restait son ami, et cela disperserait nos forces déjà épuisées par le plus grand conflit depuis la Longue Nuit. Non, cela ne devait se passer ainsi. Lady Lefford m’interroge ensuite sur le Bief et sur mes plans. Je clarifie donc, la dame ne doit pas forcément avoir reçu toutes les nouvelles.


| Le Bief a envahi par deux fois l’Orage qui est un de mes Royaumes Fédérés, il a été averti dès la première fois… Cela fait déjà quatre mois que nous sommes en guerre avec eux. Dorne aurait pu jouir de notre protection, s’ils l’avaient voulu, mais c’est bien pour l’Orage qu’une fois Harren défait, nous marcherons sur Hautjardin pour y débander le groupe de factieux qui y préside depuis la mort du Roi Mern IX. Mais j’évoquais le sud au sens nordien ; Harren le Noir se trouve non loin. Trois ou quatre jours de marche tout au plus, et il assemble tout ce qu’il lui reste. C’est vers lui que mon destin me porte. |


Depuis près de quinze ans.



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MessageSujet: Re: L'erreur passée qui fut bénéfique [Tour V - Terminé]   Jeu 30 Nov - 15:47

Idiote, pensa Claere. Elle aurait du le savoir, elle aurait du se tenir au courant pour ne pas passer pour une imbécile qui ne savait rien de ce qu'il se passait dans son petit monde, ou autour. Mais maintenant, elle savait, et retiendrait la leçon. Elle essaierait de faire en sorte qu'on ne puisse plus la prendre au dépourvu. C'était pathétique, pour quelqu'un qui avait une position aussi fragile – et pourtant si importante.

 « Voilà d'autres nouvelles, rassurantes elles aussi. Dans le sens où, bien que partiez vous occuper de menaces tantôt proches tantôt lointaines, elles sont contenues par votre seule et unique personne. Ce doit être parfois épuisant, tant de responsabilités sur des épaules déjà fatiguées. »

Elle ne voulait pas sous-entendre qu'il était vieux et peut-être bientôt trop vieux pour mener la vie qu'il menait... mais c'était pourtant en partie vrai. Rien qu'à le voir, on devinait que Torrhen Baratheon était plus vieux dans son esprit et dans son corps qu'on aurait pu le croire. Il avait vécu de durs moments, et cela se ressentait. D'un autre côté, la jeune femme ne pouvait imaginer comprendre totalement sa position. Il était à la tête d'un pouvoir bien plus vaste et bien plus puissant que le sien ; et il n'avait pas de maître, si ce n'est sa condition humaine qui le limitait. Claere, elle, devait agir de sorte à ce que le roi de l'Ouest ne soupçonne pas qu'elle soit dangereuse pour lui. Pour le moment, elle ne savait juste pas où se positionner.

Toutefois, sa méfiance envers l'Empire se justifiait, par cette entrevue. Expansionniste et belliqueux, cet Etat avait trop de force pour être ignoré. Et si les rumeurs sur la guerre étaient vraies, alors il était tout à fait possible que l'Ouest, un beau jour, se retrouve avec une guerre non-désirée sur les bras, et de surcroît, à cause d'une revendication ou d'un procédé douteux.

Ce ne serait pas la première fois dans l'histoire de Westeros.

 « Ne trouvez-vous pas que notre époque est l'une des plus troublées de notre histoire ? Les grandes familles vont, viennent, s'affrontent, se déchirent dans des querelles à n'en plus finir, alors même que nous sommes assis là à siroter du vin. Westeros est déchirée par les guerres et les trahisons. Cela finira-t-il un jour, pensez-vous ? Existe-t-il, selon vous, un moyen d'unifier le monde sous une seule bannière, afin de s'assurer que ces histoires de couronnes ne viennent plus importuner qui que ce soit ? J'ai peine à y croire moi-même. »
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MessageSujet: Re: L'erreur passée qui fut bénéfique [Tour V - Terminé]   Sam 2 Déc - 14:30

Je n’avais pas essayé de me débiner, loin de là, aux questions de la ouestrienne. Je restais le plus précis et le plus factuel possible, déjà pour m’éviter d’avoir à donner des explications un peu trop conséquentes mais aussi et surtout pour éviter que l’on me reproche par la suite d’avoir menti ou omis des choses. Je préférais rester droit dans mes bottes jusqu’au bout ; ça m’éviterait d’avoir à me justifier. En revanche, j’étais un peu surpris du fait que la ouestrienne semblait considérer que le Bief et l’Empire n’étaient pas en guerre dans les faits. Il était vraie que la puissance impériale se déployait avant tout contre Harren mais ce n’était pas tant un fait exprès qu’un concours de circonstances ; les deux principales composantes militaires de l’Empire étaient le Nord et Peyredragon et il était clair et évident qu’Harren faisait tampon malgré lui devant le Bief. L’Orage en revanche, déployait la quasi-totalité de ses troupes face aux bieffois, là encore du fait d’un terrible concours de circonstances. Je coule un regard un rien amusé par la saillie, involontaire ou non, de la jeune femme.


| Je ne suis pas seul à combattre ces menaces. L’Impératrice et la Reine de l’Orage donnent de leur personne pour défendre la région d’Accalmie et du nord de ce royaume. Les Rois du Nord et du Conflans ont libéré Beaumarché, les Jumeaux et Salvemer sans mon concours. Je suis plutôt là pour prendre les coups, même s’il est évident qu’à mon âge l’habitude de parer les coups avec mon visage ne fait rien pour arranger mes attraits. |


Je plaisantais et j’avais de toute façon décidé de prendre tout ceci avec philosophie. Il était clair à mon sens qu’on ne pouvait pas nier le fait que la guerre me perdait de plus en plus, morceau après morceau, blessure après blessure. Je n’avais jamais subi autant de coups que durant l’année écoulée et la perspective n’était pas très réjouissante pour la suite ; il restait encore le Bief à abattre… Qui avait plus encore d’hommes qu’Harren. Il était dans ces conditions assez difficile de pouvoir apercevoir le bout du tunnel, mais j’avais toujours été un homme déterminé, obstiné même. Voire carrément buté, c’était cela qu’aurait dit ma première femme de moi. La jeune femme qui recueille aujourd’hui mes quelques confidences, m’explique alors qu’elle considère l’époque comme troublée. Je fis la moue, peu convaincu, bien que trouvant quand même un peu de sens à son avis. Mais elle était jeune. Elle n’avait pas vécu comme moi les assauts d’un Harren le Noir au faîte de sa puissance.


| C’est en tout cas mon idéal, le principe au fondement de l’Empire que j’ai souhaité former. Ce n’est pas de l’ambition, contrairement à ce que l’on pourrait penser. J’ai dû abandonner mon nom et le Nord pour ne pas devenir conquérant, et je me satisferais pour mes vieux jours –si je survis jusque là- d’une retraite faite de débats législatifs, commerciaux et judiciaires dans une ville qui ne m’aura vu naître. C’est ce qui m’a jeté sur les routes voici un an ; la conviction que seuls, nous ne pouvons nous en sortir. Quiconque chez les nordiens s’est battu à La-Mort-Aux-Loups aura compris l’intérêt de nous unir contre les véritables menaces qui pèsent sur Westeros. C’est un beau rêve, et je préfère mourir pour lui et l’espoir d’un avenir meilleur plutôt qu’avec la simple satisfaction d’avoir éloigné temporairement le danger. |



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MessageSujet: Re: L'erreur passée qui fut bénéfique [Tour V - Terminé]   Lun 4 Déc - 15:09

Claere eut un sourire énigmatique, étant pourtant sceptique. Et surtout curieuse. De quelle menace, ou menaces, pouvait-il bien parler ? Une menace venue d'où ? D'Essos ? Pourtant, quelle idée d'aller loin dans le Nord pour faire peser une si grande menace sur l'ensemble de Westeros ! Car c'était précisément ce que laissait supposer les paroles de Torrhen. La jeune femme essaya de comprendre, mais n'y parvenant pas, elle posa la question.

 « Quelle menace est si grande qu'elle nécessite une union de tout Westeros ? »

Et il y avait plus.

 « Ne vous méprenez pas sur le sens de mes paroles ; je ne mets pas votre parole en doute, simplement, j'ai du mal à concevoir l'existence d'une force capable de tous nous dominer. Certes, de son côté, l'Empire fédère, plus ou moins par la force, l'ensemble des Sept Couronnes, petit à petit. Les royaumes, les têtes, les terres tombent ou se soumettent. Peu à peu, nous voyons Westeros s'unifier sous la bannière impériale, avec plus ou moins de succès et plus ou moins de sang versé. Mais qu'en est-il des individus ? Qu'en est-il de ceux qui se soumettent par la force ? Y pensez-vous, sire, malgré votre foi ? Car vous brûlez, de toute évidence, d'une foi incontestable. Une volonté inébranlable. »

Pensait-il réellement à ces gens ? Avait-il vraiment le soucis des individus ? Claere elle-même s'en moquait bien, mais elle n'avait pas autant de responsabilités sur ses épaules.

 « Je vous souhaite de mourir vieux, las de la longue vie que vous auriez mené. Mais tous ne partagent pas ce sentiment. L'Empire se fait de nombreux ennemis, mais beaucoup, parmi les nouveaux soumis, le restent. Combien de temps faudra-t-il avant que les insoumis ne tentent de se soulever ? Je ne doute pas que vous tenterez de les faire taire, d'une manière ou d'une autre. Je ne doute pas non plus de votre capacité à les discerner, à prévenir leurs actions. Mais si puissant soit l'Empire, si grande soit votre détermination, elle ne pourra pas empêcher un soulèvement. Alors, se posera la question de savoir comment régler ce problème. Et c'est là que vous verrez où votre rêve s'arrête, et où il pourra réellement s'étendre. Car tous ne partageront pas votre vision. A moins que la menace dont vous parliez soit si grande et si terrible qu'elle mette de côté les différends les plus tenaces. »

Oui, la jeune femme doutait. Elle ne croyait pas qu'il puisse exister une menace aussi dangereuse, à ce point capable d'effacer les tensions pendant un temps. L'unification d'un continent comme Westeros ne pouvait pas se faire sans dommage ni soulèvement. Cela viendrait, tôt ou tard.
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MessageSujet: Re: L'erreur passée qui fut bénéfique [Tour V - Terminé]   Lun 4 Déc - 22:14

La jeune femme ne semble pas bien saisir de quoi je parle. De quelles menaces je me faisais le combattant, l’ennemi juré. Je notais donc quel fossé il y avait entre ces ouestriens et nous autres nordiens. Sa vie, malgré la frontière, avait dû être bien paisible. J’avais vu de mes yeux ce qui avait fait la prospérité de l’Ouest ; ces terres fertiles, ces objets d’artisanat, ces produits du sous-sol. Ils avaient en sus une géographie qui rendait la défense plus aisée, et leur armée était réputée pour ses victoires défensives. Ils devaient vivre plutôt bien, sous un climat relativement clément. Nous autres au Nord, nous étions constamment en guerre, constamment sous le coup d’invasions, de disettes, de maladies. La faune nous posait aussi des soucis, parfois. Nous en étions réduits à survivre. Les menaces étaient partout. Je continuais de regarder un temps les flammes, laissant filer la réponse avant de la rattraper finalement, d’une voix presque éteinte, perdu que j’étais dans mes pensées.


| Je parle des menaces contre l’Empire tel qu’il est aujourd’hui. Royaume du Sel et du Roc, qui compte encore les Iles de Fer et la région d’Harrenhal. Le Bief, bien sûr, devenu repaire de pirates et de zélotes religieux assoiffés du sang impur qui coule dans mes veines et celui de mes semblables. Je pacifierais ceux qui m’y forcent dans la violence, parce que j’en ai assez, voyez-vous, de voir des jeunes nordiens se faire massacrer. Je n’avais rien fait contre le Noir, l’année passée. Et à peine revenions-nous de l’enfer de la Mort-Aux-Loups, la plus désespérée de mes batailles, que j’apprenais que le Noir profitait que nous saignions au Nord pour nous attaquer par mer et par terre ; Pouce-Flint, Moat Cailin… Cette guerre, je veux qu’elle soit la dernière. |


Cela ne voulait pas dire que je pensais qu’elle était notre seule et unique épreuve. L’unité de tant de peuples, de coutumes, de religion… Ce serait le grand écart perpétuel. Mais je voulais préparer l’avenir sur la base d’un terreau fertilisé par la lassitude des querelles entre royaumes. Je ne voulais pas passer ma vie à amener des conscrits se faire tuer pour notre survie à tous. J’étais las de tout ça, même si c’était la seule chose que je savais faire. Je me tourne vers la jeune femme. Si jeune, et pourtant clairvoyante. J’ai un sourire qui me fait d’un coup paraître plus jeune, un sourire franc, clairement amusé par l’ironie de la situation.


| Ai-je donné le sentiment d’avoir déjà tout prévu ? L’Empire a été imaginé dans la cale d’un transport de troupes qui m’amenait vers ce que j’imaginais le combat de ma vie sur le Trident. Et j’ai gagné. Et j’ai libéré les deux tiers du Conflans. Et j’ai vécu Buron… | Je me touchais le front, effleurant du bout des doigts la cicatrice que j’y avais gagné. | Il y a toujours un ennemi. Au-delà du Mur, il y a toute une espèce de barbares qui veut juste mettre nos civilisations en miettes. Je déciderais, sur le champ de bataille, ou en montrant aux réticents ce qu’ils ont à gagner à nous rejoindre. |


Je ne voulais pas envahir l’Ouest ou le Val. Je n’en étais de toute façon pas capable, militairement parlant. Je préférais convaincre ces royaumes par la force des idées, mais si elles ne suffisaient pas, par la preuve de l’essor et de la prospérité accomplie. Je me tourne à nouveau vers la jeune femme que je dévisage.


| Si votre Roi ne sait pas tenir vos religieux, je devrais venir les châtier en personne. Je ne voudrais pas que notre prochaine rencontre se fasse au milieu du fer et du feu. Ce sont des personnes comme vous que je veux convaincre ; nous avons plus à partager en étant politiquement égaux, partenaires commerciaux, et frères d’armes, qu’en étant ennemis. |


Je laissais un court instant filer, avant de me redresser, signifiant implicitement la fin de l'entretien.


| Je vous remercie en tout cas pour cette entrevue, pour vos explications également. J'espère que les miennes vous auront également rassurée. Au plaisir de vous revoir, Dame Lefford. |



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