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L'erreur passée qui fut bénéfique [PV Torrhen]
MessageSujet: L'erreur passée qui fut bénéfique [PV Torrhen]   Jeu 2 Nov - 11:12

Arrivée à Vivesaigues tôt dans la matinée, Claere s'accorda un instant de solitude pour bailler. Jamais il ne lui viendrait à l'esprit de faire ça en présence de Torrhen Braenaryon, ou même en présence des nobles locaux, mais elle pouvait se le permettre, là. Il n'y avait personne autour d'elle, et la fatigue pesait déjà sur ses épaules et son esprit. Se passant une main sur le visage, elle resserra ensuite un peu plus les pans de son manteau autour d'elle, histoire de se réchauffer. Il faisait frais, dans les murs de pierre de cet endroit.

Elle avait demandé audience au sujet des croisés, en lien avec ce qu'elle avait fait – ou plutôt laissé faire – à leur sujet. Après tout, lorsqu'ils étaient arrivés à la Dent d'Or, elle n'avait pas jugé utile de les arrêter. Evidemment, cela n'avait rien d'irréfléchi, mais restait à savoir si l'autre allait comprendre les raisons. Pour en avoir parlé avec le roi Loren, elle savait que ce dernier approuvait l'initiative de rassurer sur les intentions de l'Ouest ; mais en son for intérieur, la jeune femme répugnait de devoir faire ça. Les Lefford avaient toujours eu une place importante dans l'Ouest, et la proximité de Vivesaigues avait constamment été un objet de désir et un rêve inatteignable.

Quel gâchis, de devoir se rabaisser ainsi ; mais la dame de la Dent d'Or n'avait pas le choix. Sa position n'était pas aussi forte qu'elle aimait le prétendre, car beaucoup de personnes désapprouvaient sa façon d'avoir forcé la mainmise sur la seigneurie des Lefford. Qu'importe. Elle faisait ce qu'il fallait, quand il le fallait. Ne rien dire, ne rien faire, c'était exposer sa famille et le royaume à une mauvaise entente avec l'Empire. Une telle attitude augmentait les tensions, et avec elles, le danger.

Et puis, quelques croisés n'avaient même pas réussi à faire trembler l'Empire. Ils s’étaient fait massacrer, à tel point que la jeune femme n'avait pu contenir un rire moqueur lorsqu'on lui avait appris la nouvelle. Elle était belle, l'armée de la Foi. Mais ici, ce n'était pas Dorne ; ici, on avait pas la chance de tomber sur un commandement stupide.

 « Ma Dame ? Le seigneur Torrhen va vous recevoir. »

Un domestique, venu la chercher. Il la guida jusqu'à une pièce non loin, qui par bonheur, était chauffée ! S'engouffrant à sa suite, Claere pénétra dans la pièce, ses yeux sombres fixés sur le Braenaryon. Une douce chaleur se répandait dans la pièce, ce qui n'était pas pour lui déplaire.

Le domestique partit, les laissant seuls.

 « Torrhen Braenaryon. Merci de bien vouloir me recevoir. Je ne vous cache pas que le froid de ces murs commençait à avoir raison de moi. »

Une formule de bon humeur, presque d'humour, pour montrer qu'elle ne tenait pas à ce que cette entrevue se passe dans un ton aussi froid que les couloirs de Vivesaigues.
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MessageSujet: Re: L'erreur passée qui fut bénéfique [PV Torrhen]   Jeu 2 Nov - 21:13

Je ressortais après cette longue entrevue comme vidé de toutes forces ; je sentais bien que j’avais atteint mes limites et je ne voulais en aucun cas tirer sur la corde alors qu’il restait tant à entreprendre et à échanger avant de devoir repartir pour la guerre et vers la mort. L’air frais me fit un peu de bien et mes gants de cuir noir, posés contre le rebord du moellon de la muraille, ne purent empêcher le froid de mordre mes chairs. Qu’importe ; l’Hiver Vient et avec lui le temps des loups, nous avions encore une chasse à mener et je sentais la présence de ma proie par là-bas, vers le sud-est. Derrière ces immenses forêts de chênes et d’arbres autrefois touffus, qui se décharnaient avec la lente mais irrésistible arrivée de l’hiver. Je resserrais autour de mon coup les broches d’argent aux têtes de loups et de dragons, pour que le col de ma cape de laine épaisse doublée de fourrure puisse m’enserrer un peu plus, et éviter de frissonner. Autour de moi, deux gardes Demalion, qui restaient engoncés dans leurs lourdes armures de plates. Un étendard Tully et un autre, Braenaryon, claquaient au vent. Si haut, des mèches de mes cheveux virevoltaient au moindre coup de vent, et la fraîcheur ambiante me donnait l’impression d’un liquide glacé qui me coulait sur le visage à la place de ma cicatrice en cours de formation ; les lèvres rougis de la plaie continuaient de se refermer sous l’effet de la cicatrisation aidée des fils et des pâtes que le mestre appliquait dessus. J’arrivais à tenir debout et Morsure était à mon côté : je me sentais la force de la tirer au besoin mais il ne faudrait pas attendre de moi la plus belle et nette des escrimes.


Un jeune soldat du Conflans vint me voir et ne fus pas arrêté par les Gardes ; pour certains de vieux briscards du Nord, pour d’autres volontaires des premières heures de la Néra ou de Peyredragon, ces hommes avaient appris à me connaître en quelques mois de campagnes. Je ne craignais pas grand-chose de la troupe ; de toute manière rien ne pourrait me sauver d’un meurtrier particulièrement décidé et chanceux. Je n’allais pas lutter contre mon propre destin, mais je comptais bien m’insurger contre celui de Westeros. L’homme d’arme me salua et m’indiqua qu’une dame de l’Ouest réclamait audience. Claere Lefford, dame de la Dent d’Or. Je hochais la tête et lui indiquait de la faire monter dans les appartements qui étaient devenus miens durant ma convalescence, dans l’aile est du château. Le temps d’y retourner, j’estimais qu’elle était déjà en chemin. Je me traînais, le temps de me dégourdir les jambes et d’essayer de surmonter raideurs et douleurs tant des os que des muscles ; ces chiens d’Harren m’avaient roué de coups après que je sois tombé dans l’inconscience, profitant que le Loup soit Ad Patres pour se venger de lui. Ces gueux ne perdaient rien pour attendre, lorsque je viendrais pour eux, je laisserais leurs restes pour les charognards. Je me frotte les mains devant le foyer qui chauffe ma chambre transformée en bureau ; lits et effets étaient cachés dans l’avancée du fond de la pièce par une grande bâche de cuir noir, qui isolait cette partie de la pièce en journée lorsque je travaillais, lorsque l’on me soignait, et lorsque je recevais les visites d’officiers et d’intendants, de petits seigneurs locaux. Bref.


Mes mains frottant l’une contre l’autre non loin des flammes ravivèrent un peu de chaleur dans ce corps abîmé et vieillissant, mais toujours porté par la même passion, la même ardeur brûlante et bouillonnante. Merci à cette bonne vieille haine, à ce viscéral besoin de vengeance.


On m’annonce la dame de l’Ouest, et je me retourne vers elle sans prendre garde à mon apparence, je m’en fichais et j’assumais parfaitement le fait que Buron ait laissé sa marque sur moi ; les leçons n’en était jamais mieux apprises qu’une fois inscrites dans la chair. Mon visage était barré d’une plaie encore rougissante, partant du côté gauche de mon front pour survoler mon visage d’une plaie peu profonde jusqu’à ma joue droite où les chairs, dévastées et tranchées, avaient ouvert mon visage jusqu’au coin de mes lèvres, remontant ensuite en L tordu jusqu’à la pommette. L’ecchymose sur le côté droit de mon visage était en voie de guérison, mais le cerclage écarlate de la pupille de mon œil droit, signe d’après le mestre du décollement de la rétine, était un peu malaisant pour le spectateur. La guerre est une leçon, et la victoire restait la récompense.


Je ne sais à quoi m’attendre, et vois débarquer ce jeune tendron qui ne doit pas avoir plus vingt ou vingt et un ans et qui ne semble pas se laisser démonter de prime abord, bien que dos au feu je n’étais pas dans la lumière. Ma barbe se tord d’un sourire sans joie lorsque j’entends ses salutations sans le moindre titre. Le respect des convenances le plus élémentaire l’aurait incitée à me donner du Sire, du Majesté ou même, comble de l’insulte, du Lord. Mais rien, juste « Torrhen Braenaryon ». Je hoche la tête en guise de respect ; au diable l’égo, je suis l’Empereur des Royaumes Fédérés.



| Excusez-moi de ne pouvoir m’incliner comme il se doit, Dame Claere, la guerre m’a récemment laissé un peu raide. Mais vous avez raison : il fait toujours froid là où le sang coule en quantité ; l’enfer n’est pas fait de flammes comme le disent vos septons, l’ayant déjà arpenté il est de glace et de sang, vous pouvez me croire, ma Dame. |


Je la jauge, l’espace d’un court instant. Si jeune, et elle avait déjà connu son lot d’épreuves, rien que récemment.


| Je me demandais si nous nous rencontrions un jour, justement. Après Wayfarer, je vous ai laissé macabre vision dans le lointain des plaines du Conflans. Je ne vous ferais pas l’affront de vous mentir ; je n’en ressens pas le moindre remords. Le regret, peut-être malgré tout, qu’une dame soit témoin des atrocités qui s’abattent sur ceux qui pensent massacrer impunément mes peuples. J’ai apporté ce jour-là du crédit supplémentaire à ceux qui me traitent de boucher, mais c’était une leçon nécessaire. Vous avez ma parole que je ne voulais pas menacer la Dent d’Or ni ses occupants. |


Le fautif n’est pas le gardien de la porte, mais le châtelain permissif.



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MessageSujet: Re: L'erreur passée qui fut bénéfique [PV Torrhen]   Dim 5 Nov - 18:23

Claere écouta l'empereur, détaillant son visage et son apparence en attendant qu'il termine. D'un côté, elle était surprise de le voir si affaibli, et à la tête d'une puissance si importante. Il était défiguré, diminué, et c'était probablement la personne la plus marquée par la guerre qu'elle ait pu voir jusque-là. Avait-il encore des difficultés à se mouvoir, ou faisait-il semblant ? Une question qu'il lui était impossible de trancher, car l'un comme l'autre était possible. Mais si elle avait du avancer une réponse, elle aurait dit que le célèbre empereur, à la réputation si sinistre, n'était qu'un cadavre ambulant.

Le moindre idiot avec une lame pouvait en venir à bout. Les rênes du pouvoir dans un corps si fragile était un concept qui la dépassait. Mais elle n'était pas là pour ça, comme elle eut l'occasion de le rappeler aussitôt le Braenaryon silencieux. S'était-il fourvoyé, ou avait-il de lui-même fait en sorte qu'elle parle d'elle-même ? Il devait pourtant bien deviner pourquoi elle était venu. Ou peut-être qu'il devinait la raison, mais pas les excuses officielles que la Lefford se sentait obligée d'exprimer.

 « Eh bien, j'admets avoir appris la nouvelle avec surprise. Lorsque j'ai pris le pouvoir à la Dent d'Or – que je vous sais gré d'épargner de menaces – il semblait en effet que les croisés seraient impossible à stopper. Oh, certes, nous aurions pu les ralentir, faire en sorte qu'ils perdent du temps inutilement, voir les détourne pour qu'ils n'aillent pas ravager – ou du moins essayer – vos contrées. Hélas, cela était impossible, pour une raison simple. »

Elle marqua une pause, cherchant la façon la plus simple d'exposer le problème. Le fait qu'il ne soit qu'à moitié vrai ne changeait rien.

 « Nos propres terres auraient alors été menacées. Nous n'avons rien à voir avec ces croisés, et les voir se faire massacrer ne m'empêche pas de trouver le sommeil. Mais je devais penser à la sécurité de mes terres, également, et ce avant les vôtres, navrée. Si nous avions tenter de les ralentir, ou encore de les stopper, ils auraient ravager nos propres contrées. Je ne pouvais le permettre, et je pense que vous comprenez bien pourquoi. »

D'autant que les croisés en question, comme dit avant, s'étaient fait massacrer sans pitié. Un sort en bonne partie justifié, pour des fanatiques comme ça.
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MessageSujet: Re: L'erreur passée qui fut bénéfique [PV Torrhen]   Dim 5 Nov - 19:54

La jeune femme semble me jauger du regard mais sans insistance ; elle est semble-t-il relativement discrète mais je vois bien son regard se promener sur mon visage, sur mon corps comme pour se rendre compte de la véracité de ma démarche. La jeune femme quant à elle est de taille moyenne, le visage aux traits délicats, les cheveux longs et de couleur sombre, ce qui tranche beaucoup avec son teint. Jolie, sans nul doute. Et déjà veuve, si je ne confondais pas avec une autre maison ; j’avais eu du mal à intégrer les nouvelles venues de mes marchands à l’époque où le commerce avait encore cours entre nos royaumes. Je m’y perdais dans ces familles, celles qui semblaient défier leur monarchie, celles qui la soutenaient, celles qui chassaient les gueux qui se rebellaient. La situation était complexe, à l’ouest. Et pour le moment je n’avais pas énormément d’énergie à consacrer aux Lannister ; toute mon attention était portée plus au sud, de l’autre côté du fleuve. Harren Hoare pouvait encore compter sur une armée plus vaste que celle que le Roc pourrait mobiliser si ce royaume était uni. Cela faisait donc beaucoup à gérer. Mais à cœur vaillant rien d’impossible. Et ma résolution était intacte, contrairement à mes traits. Et en dehors de la bastonnade subie, mes bras n’avaient pas reçu de mauvais coups. Je pouvais donc espérer être toujours aussi létal, Morsure au poing. La jeune femme me surprend un peu dans son récit. Elle semblait contre l’envoi des croisés, alors que son propre Roi les considérait comme une tierce faction qui arrangeait bien ses affaires.


Etait-ce un nouveau signe de dissension en interne ? Ou simplement le fait que la jeune femme essayait d’arrondir mes angles avec une justification militaire qui tenait debout, qu’elle soit véridique ou non. Elle parle crûment d’ailleurs, pour une femme. Apparemment le massacre de Wayfarer l’avait également soulagée d’un problème qui aurait pu redevenir le sien si j’avais laissé plus de temps et de répit aux croisés avant de repasser la frontière dans l’autre sens. Je hochais donc la tête, l’air grave.



| Oui, je le comprends tout à fait, ma Dame. De fait, je ne vous tiens pas pour responsable du carnage qui en a résulté de notre côté de la frontière. La responsabilité principale en incombe aux participants de ces odieux forfaits, mais ils ont déjà été punis. Votre Grand Septon et votre Roi sont des responsables secondaires. Le premier en est directement un des auteurs ; il connaîtra donc son jugement en temps utile. Votre Roi quant à lui, aurait pu empêcher cela. Il ne l’a pas fait. Ma fille m’a pourtant écrit que le rassemblement de l’armée avait eu lieu… Mais soit. Comme je le disais, je ne vous en tiens nullement rigueur, d’un point de vue personnel. |


J’étais rassuré que les choses se passent relativement bien avec au moins un représentant de l’Ouest, sachant la tournure qu’avait pris la conversation avec le Roi ou mes relations avec ma fille n’étaient pas au beau fixe. Je fais signe à la jeune femme de s’asseoir près du feu si elle le désire, sur l’un des deux fauteuils alors qu’un serviteur entre et dépose un plateau de quelques mets à grignoter en cas de faim, d’une cruche de vin et d’une autre de bière. Je me sers de la bière, et lui propose une coupe de vin, imaginant mal une jeune femme de sa qualité boire de la mousse. Je m’assieds de mon côté, et regarde le feu un cours instant, avant de me retourner vers elle et de porter mon godet à mes lèvres.


| Vous avez dit que vous aviez « pris le pouvoir ». Je ne connais votre famille que de réputation ; vous êtes seule pour gérer ce domaine ? On le dit très beau. Je lai aperçu, à l’horizon. Vos montagnes ne sont pas si hautes que les Montagnes de la Lune, mais elles restent impressionnantes pour moi, dont le pays n’est que valloné. |


J’essayais de détendre un peu l’atmosphère ; je m’étais excusé pour le tord que je lui avais causé, et elle avait fait amende honorable. Je ne jetais pas l’opportunité d’en apprendre un peu plus sur l’Ouest de façon générale, au détour d’une conversation qui semblait pouvoir être agréable avec une étrangère qui pour une fois, ne semblait pas uniquement me percevoir comme un loup sanguinaire. C’était ce que j’étais, au fond, mais cela faisait du bien de sortir la tête des avanies habituelles en matière de diplomatie.



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MessageSujet: Re: L'erreur passée qui fut bénéfique [PV Torrhen]   Ven 10 Nov - 22:29

Claere accepta la coupe de vin, murmurant un merci lorsqu'elle trempa ses lèvres dans le liquide sombre. Le feu et l'alcool l'aidèrent à se sentir mieux, et elle réalisait alors que c'était probablement ce qui lui avait le plus manqué durant son voyage : un bon feu de cheminée. L'âtre rugissant produisait chaleur et réconfort, et en cela, il s'agissait indéniablement d'un don divin. Le feu, aussi dangereux puisse-t-il être par moment, était avant tout une source de bien-être. Mais la jeune femme s'abîmait dans des pensées éparses, et elle revint à l'empereur en sirotant une nouvelles fois son vin.

Lequel n'était d'ailleurs pas particulièrement bon. Mais tant pis.

 « Cela ne m'étonne guère. Que vous connaissiez peu ma famille. Vous n'êtes pas de cette région, et n'avez jamais eu à côtoyer les Lefford de manière répétée pour des litiges insignifiants ; pas comme ce fut le cas avec mon père et mon grand-père. Vivesaigues a toujours été une place-forte proche, et enviée, mais en cela, je pense que c'est normal. Nous autres seigneurs, nous aimons toujours lorgner les beaux châteaux de l'autre côté de la colline. »

Nouvelle gorgée de vin, le regard perdu dans les flammes, cette fois.

 « La maison Lefford est l'une des plus importantes de l'Ouest. J'y ai pris le pouvoir car, par un concours de circonstances, j'étais la seule personne apte à occuper ce rang, et à gérer convenablement des affaires politiques. Mon paternel, paix à son âme, a sombré dans un chagrin qui a fait de lui une ombre, alors il a fallu que je devienne la flamme qui animait la Dent d'Or. Je ne m'en plains pas : j'aime le pouvoir, comme tous le monde. Et je fais ce qui est nécessaire pour occuper comme il se doit ma fonction. Mais vous n'ignorez sans doute pas les richesses de la Dent d'Or, empereur. »

Le regard de Claere se fixa sur celui du nordiste, dont le visage reflétait à moitié les flammes de la cheminée. L'autre moitié était plongée dans l'ombre, comme une pièce de monnaie brûlée. Cette double face de son faciès s'accordait magnifiquement avec son caractère : en apparence calme, mais un véritable loup avide de violence dans le fond.

 « Quant à moi, j'admets avoir encore du mal à saisir pourquoi l'empereur d'un pays si puissant se cantonne ainsi dans les murs les plus froids de Westeros. Vous savoir aussi près de la frontière peut en rendrep lus d'un nerveux. »
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MessageSujet: Re: L'erreur passée qui fut bénéfique [PV Torrhen]   Lun 13 Nov - 14:01

Sans chercher à me montrer trop indélicat ou trop indiscret, je ne pouvais pas pour autant passer à côté de ma propre curiosité et je ne pouvais pas non plus me montrer froidement impoli vis à vis de cette jeune femme qui était venue d’elle-même, sans invitation ni convocation, pour s’expliquer d’un problème que nous avions rencontré, qui ne la touchait pas directement mais dont elle voulait malgré tout se montrer caution. Je respectais donc sa prise de position, qui n’était en plus pas totalement calée sur celle de son souverain et c’était donc une agréable surprise en plus qu’une source de respect ; il était clair pour moi que la simple conversation pouvait très bien avoir lieu avec une dame qui ne semblait nourrir nul grief à mon encontre. Aucun qui ne soit trop évident en tout cas et c’était déjà bien assez de devoir gérer leur Roi. Je ne pus m’empêcher de maugréer dans ma barbe et dans ma coupe de vin, alors que la jeune femme me parle d’une appétence singulière et naturelle finalement, pour les seigneurs pour les possessions de leurs voisins.


| Nous passerions tous beaucoup moins de temps à chevaucher de bain de sang en bain de sang si les possessions des voisins nous intéressaient un peu moins. De mon côté, c’est avant tout la protection de mes propres gens qui m’anime avant toute chose. Je ne pensais pas qu’un jour, j’aurais à présider à autant de vies. |


La jeune femme laisse son regard se perdre dans les flammes et m’explique alors l’importance de sa maison pour son royaume. Elle explique alors qu’un concours de circonstances l’a portée aux rênes de sa maisonnée et qu’elle devait en gérer les affaires. Elle me dit alors, me confesse sans fard, qu’elle aime le pouvoir. Oui, je l’aimais également. Mais il me terrifiait, parfois. Moins aujourd’hui que jadis, où j’avais un problème avec ma propre autorité alors que je n’avais aucun mal de me faire obéir des autres, mais ma position ne me semblait pas justifiée. Peut être parce que mon père n’avait jamais rien validé, c’était l’hypothèse de Sigyn. Parce que je n’avais pas fait mes preuves à ses yeux de son vivant. Je la dévisageais une seconde quand elle confessait que ma présence en ces murs, si près de l’Ouest, pouvaient expliquer la nervosité de ses pairs.


| Je suis ici par nécessité, nullement par choix. Nous avons vaincu l’ennemi à plusieurs reprises dans la Néra, avons forcé le destin à Paege et à Haye-Pierre, qui nous ont offert Salins, Darry, Herpivoie, Vivesaigues, puis Beaumarché, Les Jumeaux et Salvemer. Buron a marqué un coup d’arrêt, mais bien provisoire. Ne restez donc pas effrayée de ma présence ; la guerre me fera bientôt repartir pour le sud-est, loin de votre royaume. A moins bien sur que quelques fanatiques ne me forcent à revenir, auquel cas je le crains, j’ai prévenu votre souverain des conséquences désastreuses que cela aurait. Vous le savez déjà, j’imagine. Je ne souhaite pas en arriver là. Chaque bataille, chaque phase de manoeuvre de campagne, me prive un peu plus de ma santé, et mon énergie et de mes hommes. Mon destin sera de multiplier les batailles jusqu’à ma fin ou celle de mes derniers ennemis, et l’on dit les bieffois de plus en plus victorieux au sud. Cette guerre n’en finira donc jamais. Ne vous inquiétez donc pas trop, ma dame. La prochaine campagne se fera plus loin de chez vous.



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MessageSujet: Re: L'erreur passée qui fut bénéfique [PV Torrhen]   Ven 17 Nov - 19:04

Je l'espère bien. Telle fut la pensée qui traversa l'esprit de Claere, alors qu'elle continuait de siroter son vin. Elle resta un moment silencieuse, se donnant le temps de trouver une réponse qui ne soit pas un simple « oui » ou « non ». L'empereur, aussi diminué soit-il, semblait penser qu'il n'y aurait nulle raison de s'inquiéter à l'avenir. A vrai dire, il n'avait pas complètement tort. Les croisés ne risquaient pas de revenir séjourner dans ce coin de Westeros avant un moment. Mais une de ses phrases préoccupait la jeune femme.

Jusqu'à sa fin ? Comptait-il donc mourir sur un champ de batailles ? Ou alors, peut-être était-ce une manière dissimulée de dire qu'il allait chercher à dominer le monde jusqu'à ce que le dernier adversaire soit mort ou soumis. L'un dans l'autre, tout cela n'augurait rien de bon, et la jeune femme en était consciente. Qu'importait les guerres à Dorne ou ailleurs ; l'Empire était très puissant, même si pour le moment, il pouvait encore être vaincu. Si jamais Torrhen voulait dire par-là qu'il poursuivrait son expansion, alors l'Ouest ne saurait se défendre à terme. L'espace d'un instant, Claere songea qu'il serait de son devoir d'en informer le roi : mais il était probablement déjà bien au courant de ça.

L'empereur attendait néanmoins sa réponse.

 « En cela je vous suis reconnaissante. Comme nous avons pu le dire, il existe bien des dangers, et la frontière commun que nous avons est une zone qui deviendrait rapidement un lac de sang, si nous venions à nous affronter. Savoir que vos prochaines guerres ne seront pas en ces lieux est réconfortant. Cela permet d'envisager l'avenir avec plus de sérénité. »

Elle termina son verre, son regard tombant de nouveau dans les flammes. Dans son esprit, un scénario se jouait : celui d'une attaque éclaire et coordonnée de la part des autres royaumes, accompagnant l'Ouest dans une guerre pour retourner aux Sept Couronnes. Car il était vrai que ces mots n'avaient plus guère de valeur, désormais. L'Ouest vivait encore, mais menacé. Le Bief également, et Dorne n'existait presque plus. L'Empire assimilait ou détruisait le reste.

Le réalisme la poussait à admettre qu'une telle action, aussi soudaine et puissante soit-elle, pouvait échouer. Et elle pouvait même se retourner contre eux, au moyen de trahisons. Le Bief, notamment, ne serait jamais un allié fiable. Non, l'Ouest était seul, et il allait falloir observer les agissements de l'Empire avec précaution.

 « Puis-je vous demander, si vous consentez à me répondre en toute franchise bien sur, jusqu'où porte votre regard ? Vous avez mentionné les Bieffois. Sont-ils vos ennemis demain ? Dois-je m'attendre à devoir laisser passer vos troupes ? »
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MessageSujet: Re: L'erreur passée qui fut bénéfique [PV Torrhen]   

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