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[Flashback] A l'aube d'une vie nouvelle [PV Alysane Manderly]
MessageSujet: [Flashback] A l'aube d'une vie nouvelle [PV Alysane Manderly]   Dim 29 Oct - 19:49

En silence, Bowen contemplait le plafond de la chambre que sa sœur avait apprêté pour lui alors qu’il tournait entre ses doigts le mince anneau doré qu’il était allé chercher la veille au soir. Les gravures à l’intérieur luisaient doucement à la lumière du soleil naissant qui perçait par la fenêtre du château, accrochant son regard qui se posa sur ses initiales délicatement unies à celles de sa promise … Qui dans quelques heures à peine serait son épouse. Inutile de préciser qu’une telle pensée n’avait rien pour calmer ses nerfs. Déjà qu’il s’était réveillé avant l’aube sous l’effet de l’inquiétude ! Pour autant, l’adrénaline causée par cette dernière lui permettait de ne pas sentir la fatigue, au contraire même : il sentait frais comme un gardon, aussi dispos que possible plein d’une énergie qu’il s’efforçait de canaliser en prenant un peu de temps pour lui avant de s’apprêter. Mieux valait qu’il respire un grand coup et évacue toute la tension l’habitant avant la cérémonie. Il aurait l’air d’un parfait idiot s’il bégayait ses vœux ou laissait tomber le manteau dont il revêtirait les épaules de sa fiancée pour parfaire leur union … Rien que de penser à tout ce qu’il pouvait rater, il sentait sa chair se hérisser sous l’effet d’une angoisse aussi puérile que pesante.

Sentant le poids de ses terreurs secrètes peser douloureusement sur sa vessie, le jeune homme lâcha un soupir avant de ranger la bague dans son pourpoint et de se lever pour enfiler ses chausses, pour filer discrètement vers les lieux d’aisance qu’il trouva aisément. Cerise sur le gâteau, il n’avait croisé personne, et n’avait donc pas dû subir les encouragements et moqueries adressées en pareille occasion à l’heureux élu, ce qui lui convenait fort bien. Une fois promptement soulagé, il poussa un soupir soulagé, avant d’arranger sa tenue convenablement et de repartir. Pour autant, il était encore très tôt, Blancport sommeillait, et il n’avait guère envie de retourner dans sa chambre pour tourner comme un lion en cage, aussi il décida sur un coup de tête de monter dans l’étude du mestre, comme il avait cru comprendre que ce dernier avait du courrier pour lui, arrivé tardivement dans la soirée de la veille, et qu’il n’était pas allé chercher immédiatement en raison des réjouissances pour sa dernière veillée comme garçon. La montée des marches fut lente, et l’espace d’un instant, les souvenirs d’une autre ascension, ô combien plus douloureuse, lui revint en mémoire, qu’il chassa immédiatement. C’était comme s’il ne parvenait pas à oublier ce moment, qui ne cessait de le tourmenter dès qu’il faisait un geste pouvant le rappeler. Il lui arrivait même d’en rêver, et cela se transformait toujours en son pire cauchemar. Certains hurlaient en revivant les pires carnages, le sang qui giclait et les entrailles qui béaient du corps qui venait de s’effondrer sous leurs coups rageurs, comme s’ils ne parvenaient pas à accepter leur propre sauvagerie. D’autres pleuraient sur les trahisons d’une femme aimée, d’un ami sincère … Bowen ne connaissait rien de tout ça. A la place, ses songes lui faisaient revivre cette amère montée pour écrire à sa sœur la perte de toute leur famille. La Mort-aux-loups ne hantait pas son sommeil. Ni même la bataille de Motte-la-forêt en tant que tel. Non, ce qui lui déchirait le cœur, c’était cet instant où il avait compris que rien ne serait plus comme avant, où tout son être avait hurlé sa douleur tandis qu’il écrasait son myocarde d’une poigne de fer pour l’empêcher de le faire trembler, alors qu’il devait s’acquitter de la tâche la plus effroyable de toute son existence : comment trouver les mots, quand sa propre raison est proche du néant ? Comment évoquer et adoucir l’innommable ? Comment parvenir à coucher sur le papier la destruction de sa famille ? Encore aujourd’hui, le Glover se demandait comment il y était parvenu. Plus que tout, il avait senti la solitude l’étreindre à ce moment, le poids des responsabilités. Ils n’étaient plus que cinq. Dont deux femmes mariées. L’avenir de sa maison reposait sur ses épaules et celles d’Edwyle, sur leur capacité à engendrer. Voilà pourquoi il se mariait à la va-vite, sans avoir courtisé convenablement sa future. Il s’en voulait, surtout pour repartir aussi vite à la guerre. Mais c’était nécessaire. Là était son devoir. Au moins pouvait-il lui offrir de belles noces grâce à la générosité de son beau-frère … et de l’action bienveillante de son aînée.

L’odeur de parchemins le tira de ses considérations. Le mestre s’inclina et lui tendit deux messages, l’un de Lynara et l’autre de Jeyne, ainsi que les présents qu’elles avaient pu lui faire parvenir par ce biais. Le jeune homme sourit doucement en lisant leurs mots, et se promit de leur répondre dès que possible, touché malgré lui par leur sollicitude lointaine et leurs vœux de bonheur. Cette arrivée était en tout cas un bon présage pour ces noces, il en était certain. Au moins, si ses amies d’enfance n’étaient pas là en personne, elles seraient, par le biais de ces mots, auprès de lui, au moins un peu à tout le moins. Au-dehors, le soleil commençait vraiment à rayonner. Bientôt, il serait temps pour lui de redescendre. Mais pour le moment, il préférait rester à contempler l’horizon et à humer l’air marin qui flattait ses narines, serrant au creux de son poing les deux parchemins. Il aurait tellement aimé que tout soit différent. Que …

Des bruits de pas derrière lui manquèrent de peu le faire sursauter, et il se retourna au moment où le mestre saluait la maîtresse de séant avant de disparaître aussi vite que ses articulations rouillées le lui permettaient dans sa volière, se doutant qu’elle voudrait converser à son aise avec son cadet.

« Oh … Tu es aussi matinale que moi, ma sœur. Tracassée par tout ce qu’il te faut encore organiser, même si nous savons tous que tout sera absolument parfait, comme de juste avec toi ? »

Indiquant les parchemins dans sa main, il expliqua sa présence en quelques mots :

« J’étais venu récupérer les corbeaux que Jeyne et Lynara m’ont adressé pour mes noces. Ils sont arrivés juste à temps. Voilà qui est de bon augure, non ? »

Avant de lui offrir un gentil sourire :

« Et avant que tu ne m’en fasses la réflexion, oui, je compte me raser convenablement pour la cérémonie. »

Non pas qu’il soit outrageusement négligé, cependant, il comptait tailler sa barbe de près pour avoir l’air aussi net que possible. Il ne manquerait plus que son épouse ne le prenne pour un Ours Mormont !



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MessageSujet: Re: [Flashback] A l'aube d'une vie nouvelle [PV Alysane Manderly]   Jeu 28 Déc - 18:22

Quelques coups frappés à l'huis et une voix discrète qui traverse le bois épais.

« Il est l'heure, milady. »

Un grincement sourd accompagne ces mots, j'entrouvre les paupières, m'extirpant à regrets d'un sommeil profond. L'un après l'autre, je laisse mes yeux s'habituer à la mince clarté qui filtre à travers les lourds rideaux de velours. Je retiens à grand peine un profond bâillement, savourant une seconde encore la chaude quiétude de mes draps et du corps viril étendu à mes côtés, un bras possessif passé en travers de mon buste.

« Je suis navrée... Souhaitez-vous que je revienne plus tard ? Vous m'avez dit de vous réveiller... »
« Non, non, tu as bien fait. J'ai trop à faire pour rester paresser aujourd'hui. »

Entrelaçant mes doigts à ceux de Byron, je les embrasse délicatement avant de repousser son bras et les édredons pour m'extirper du lit. La contraste avec la chambre froide me saisit une seconde, le temps que Talya vienne glisser sur mes épaules une lourde cape de fourrures que j'aime à porter en intérieur.

« J'ai pris la liberté de vous faire préparer votre bain. J'ai songé que vous souhaiteriez prendre le temps de vous préparer avant cette journée... importante. »

La nouvelle me tire un franc sourire. D'un mot, je remercie Talya et lui emboîte le pas vers le baquet d'eau chaude qui m'attend. Sa phrase me reste cependant à l'esprit et, tout en me plongeant dans mon bain avec délices, je l'observe plier mes vêtements de nuit. Je n'ai jamais pris le temps d'évoquer avec elle les sentiments qu'elle pourrait éprouver à l'égard de mon frère. Talya est une fille terre à terre, à la tête bien faite. Je doute qu'elle ait jamais nourri la moindre illusion envers un homme inaccessible. Mais nul ne peut prétendre percer ces mystères du cœur dont je sais si peu de choses. Sans doute serait-il pertinent d'en parler avec elle, si l'occasion se présente. Ajoutant cette idée nouvelle à la liste interminable des sujets qu'il me faut régler, je ferme un instant les yeux, profitant de cette dernière accalmie pour faire le point sur mes obligations les plus pressantes.

Trente minutes plus tard, fin prête, je parcours les couloirs de Blancport d'un pas décidé. Il me reste tant à faire avant la cérémonie de ce jour... Tant de choses dont je dois m'assurer, tant de détails à régler pour que tout soit parfait. Passer aux cuisines pour vérifier les derniers approvisionnements. Veiller à la préparation de la chambre nuptiale. S'assurer que tous les invités soient convenablement logés. Coordonner la décoration de la grand salle. Mettre de l'ordre dans les présents offerts au jeune couple. Vérifier le déroulement de la cérémonie.
Ce dernier point a été confié aux bons soins de Mestre Ronan, en qui j'ai une absolue confiance. Désireuse cependant d'en discuter avec lui, je me dirige vers son étude, frissonnant dans l'escalier glacial qui monte à ses appartements. Là, je n'ai que le temps d'esquisser un sourire, avant qu'il ne s'éclipse. Le regard entendu, il me recommande doucement de ne pas m'inquiéter outre mesure et me suggère d'aller plutôt tenir compagnie à un jeune homme fort agité venu se réfugier en ses pénates.

Agité, et pour cause ! Derrière la lourde porte, c'est Bowen que je retrouve, le regard pensif posé sur deux liasses de parchemins. Tout en remarquant sa barbe naissante, je détaille sa tenue du regard, la rigueur de son port de tête, l'éclat de ses boucles brunes. Par les Anciens Dieux, comme il a grandit... Le souvenir d'un nourrisson vagissant déposé dans le creux de mes bras s'impose à mon esprit. Nous avons passé tant d'années à nous aimer à distance, par corbeaux interposés, au point que j'en oublie parfois le visage de l'homme qu'il est devenu. Émue malgré moi, la gorge serrée – diantre, si je me laisse submerger si tôt, qu'en sera-t-il lors de la cérémonie ? – je m'avance vers lui, les mains tendues pour venir serrer les siennes.

« Bonjour Bowen. Il semblerait en effet que nous soyons sortis du lit bien tôt, ce matin. Puissent ces heures calmes t'apporter un peu de quiétude avant l'exaltation. » Je lui souris avec chaleur, ne laissant aucune arrière pensée venir troubler ce moment de paix. Sa remarque me tire un éclat de rire frais, spontané : « Qui suis-je pour venir critiquer ta barbe, s'il te sied de te présenter ainsi devant ta promise ? » Je redeviens cependant plus sérieuse pour lui demander, ses mains toujours dans les miennes : « Comment vas-tu petit frère ? »
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MessageSujet: Re: [Flashback] A l'aube d'une vie nouvelle [PV Alysane Manderly]   Sam 6 Jan - 17:53

Beaucoup parlaient des liens indestructibles entre une mère et son fils. Pourtant, il semblait parfois à Bowen que celui entre une sœur et un frère équivalait les premiers en matière de force et de douceur. Peut-être cela tenait-il, en ce qui le concernait, dans l’aînesse d’Alysane et leur différence d’âge, qui l’avait conduite à adopter très tôt une approche protectrice à son égard. Il lui avait toujours été reconnaissant de cette capacité qu’elle avait eue à l’aider pendant ses premières années à Motte-la-forêt. Elle lui avait raconté ses premières histoires, lui avait répété qu’il serait un grand Lord, un fier Glover … Elle avait eu confiance en ce petit garçon brun si timide, et demeurait son premier soutien, face à leur père exigeant qui préférait son deuxième fils, ce colosse débonnaire qui lui ressemblait tant, là où son héritier était parfois trop riverain à son goût. Le Poing du Nord aimait sa sœur profondément, dans un mélange d’amitié fraternelle fusionnelle et de respect pour ce qu’elle était, à savoir une pieuse dame du Nord qui avait accepté son devoir et s’en était tirée magnifiquement, devenant l’un des moteurs de l’enrichissement de Blancport. Alysane Manderly, née Glover, était une grande voix du royaume, malgré son statut de femme, et montrait à toutes les jeunes filles que la grandeur passait davantage par l’intelligence que par des rêves chimériques de glorioles militaires qu’elles n’atteindraient jamais. Une part de lui-même espérait que sa future épouse apprendrait de sa sœur, et que ses filles, plus tard, lui ressembleraient. Les femmes de sa famille, décidément, avait de sacrés caractères. Lord Galbart n’avait-il pas souvent répété que sa fille unique ressemblait presque trop à sa propre sœur, Lady Menora ? Assurément, grandir dans le Bois-aux-loups forgeait des êtres à poigne. Quoi de plus normal, au sein de la maison du Poing ?

Plus que tout, Bowen aimait ses discussions avec son aînée, cette sensation qu’ils s’étaient quittés la veille, cette familiarité qu’il y avait dans son regard, dans ses gestes alors qu’il serrait doucement ses mains tendues contre les siennes, pour lui transmettre toute son affection. Il savait qu’elle le comprendrait toujours, que chaque épreuve de sa vie se passait sous l’œil attentif de sa sœur, même si ce dernier pouvait être lointain, et ce réciproquement. Il avait conscience de ses douleurs secrètes liées aux pertes de ses enfants en couche, et adorait Benjen pour ce qu’il était : non pas l’héritier de Blancport, la preuve de l’alliance entre Glover et Manderly, mais simplement le fils de sa sœur, son neveu chéri. Ces derniers jours, il s’était vu chercher dans les traits du petit garçon ceux de ses propres parents, cherchant une pommette un peu haute ou de légères tâches de rousseurs sur son visage pour se convaincre que sa lignée continuait de vivre malgré tout, même si l’enfant ne porterait jamais son nom. Un jour, quand il serait plus âgé, il lui parlerait de ses jeunes oncles, de sa grand-mère … Le souvenir des Glover vivait en lui. Il était l’avenir du royaume, et guiderait, qui sait, ses propres cousins. Empli d’une chaleur agréable, il sourit, amusé, à sa sœur, et déclara malicieusement :

« Voyons, je ne suis pas rustre à ce point … Quoique Maedalyn aime peut-être les barbes fournies … Tu t’es renseignée ? »

Il reprit néanmoins son sérieux face à la question de sa sœur, qui résumait à elle seule l’entièreté de ses doutes secrets, de ses dernières semaines écoulées. Etait-il possible seulement d’aller bien, alors que leur château était dévasté, que les corps de leurs proches étaient encore chauds ? Tous les jours, Bowen demeurait hanté par le sort de siens, par les récits terribles de feu Jeor, leur cousin décédé à la Mort-aux-loups, poussé au suicide par la culpabilité, parti dans une charge téméraire et insensé. A chaque heure, l’héritier des Glover se reprochait sa mort, s’en tenant pour responsable, incapable qu’il avait été de le soutenir, noyé dans son propre malheur et ses envies de vengeance. Et voilà qu’il se mariait à la va-vite, avant de repartir à la guerre, presque certain de laisser une jeune veuve derrière lui, en priant pour qu’elle ne le déteste pas tout à fait. Bien sûr, il était conscient de l’honneur qui lui était accordé, à voir toute la cour nordienne ainsi réunie pour ses épousailles, avec deux reines étrangères comme invitées de marque. Il en éprouvait une certaine fierté, il était impossible de le nier, car ce serait l’un des mariages les plus prestigieux, ironiquement, que le Nord ait connu, mis à part bien sûr les épousailles de Jeyne et de son Lionceau. Cela n’effaçait hélas ni ses remords, ni ses regrets …

« Je ne sais pas vraiment, ma sœur … J’ai pris soin de m’occuper ces dernières semaines pour ne pas avoir à me poser cette question, à vrai dire. »

Il soupira longuement, avant de chuchoter, comme s’il craignait de dire à voix haute ces mots qui lui pesaient tant :

« Je vais me marier sans mère. Sans nos petits frères. Sans oncle Olsen et Tante Barbrey. Sans père qui ne veut pas vivre, alors que j’aurais tellement besoin de lui. Sans mes meilleures amies qui sont maintenant dans l’Ouest.

Je vais me marier sans avoir pu courtiser convenablement ma future femme, pour la quitter immédiatement pour la guerre, alors que mon choix l’a contrainte à appartenir à une famille ruinée, aux terres ravagées …

Toute le Nord sera présent, bien sûr. Et deux reines. Mais … cela ne remplace pas, hélas, l’absence de ceux qui auraient dû être là. »


Sa voix n’était plus qu’un souffle :

« J’aurais aimé que Père prononce les paroles rituelles. Que Mère me voit devenir un homme. »

Sa gorge se noua, et il lui fallut plusieurs minutes pour reprendre :

« Je suis heureux de pouvoir perpétuer notre nom, et j’espère que Maedalyn ne sera point trop malheureuse avec moi.

J’aurais juste aimé … Que les choses soient différentes. »



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MessageSujet: Re: [Flashback] A l'aube d'une vie nouvelle [PV Alysane Manderly]   Ven 2 Mar - 12:06

Sa question me fit rire. Moi-même, je détestais quand Byron se décidait à rester imberbe. J'appréciais bien trop le contact râpeux de sa joue mal rasée sur ma peau, et sa douceur quand il la laissait pousser. Mais il était hors de question que j'aille plus avant sur ce sujet, fut-ce avec mon frère.« Voyons Bowen, aucune Lady n'avouerait publiquement avoir une préférence pour les barbes ! Ce qui ne signifie rien quant à leurs préférences dans l'intimité... » Pour couper court à cette conversation, je lui adresse un clin d’œil évocateur, m'attendant avec un amusement contenu à voir ce grand colosse si sûr de lui se mettre à rougir comme une demoiselle.

L'heure pourtant, n'est pas qu'au rire. Le laissant réfléchir à ma question, du bout des pouces, je caresse le dos de ses mains. Ces mains larges et fortes, calleuses mais pourtant douces... Par les anciens dieux, comme il a grandi ! Je revois encore le bambin timide qui, près de vingt ans en arrière, préférait se cacher dans mes jupes que d'aller jouer et courir dans le jardin. Le temps a fait son oeuvre, l'a rendu homme. Mais de songer que cet enfant timide s'apprête aujourd’hui à prendre femme... j'en ai le cœur qui chavire.
Je me souviens de mes propres noces avec une clarté précise. Je me revois, dans cette robe superbe confectionnée pour l'occasion dont la splendeur m'intimidait. Jamais je n'avais porté si beau vêtement. Ce n'est que bien plus tard que j'appris que c'est Byron lui-même qui en avait ordonné la création, mes tenues sobres venues de Motte-la-Forêt ne seyant pas à la future dame de Blancport. Je me revois, terrorisée, n'osant pas même lever les yeux sur cet inconnu que j'allais bientôt prendre pour époux, seigneur et maître, tellement plus âgé que moi et sur lequel j'avais entendu tant et tant de rumeurs... Je revois les regards furieux de mes cadets, indignés à l'idée que je puisse être livrée à pareille brute, et celui, mi-fier mi-inquiet de nos parents qui se réjouissaient de cette alliance inespérée, tout en priant pour que je puisse y trouver le bonheur. Il faut dire que jamais ils n'auraient osé imaginer si bon parti, pensez-donc : la fille d'un modeste fief, unie à l'un des seigneurs les plus puissants du Nord. Seule la guerre avait permis ce rapprochement improbable.
Un soir, quelques mois plus tard, je m'étais enhardie à questionner mon époux à ce sujet. Blottie contre son torse dans le lit conjugal, je lui avais demandé pourquoi il m'avait choisie. Sa réponse m'avait laissée pantoise : « Pour honorer une dette ». Et, devant mon air perplexe, il avait entrepris de me conter ce jour où, au cours d'une bataille sanglante, la lame de mon père avait dévié de justesse celle qui aurait dû lui transpercer le cœur. De cet acte désintéressé, comme il s'en produit chaque jour sur les champs de bataille, étaient née reconnaissance et amitié. Sachant tous deux que ce n'était peut-être que partie remise, ils avaient discuté longuement, s'étaient confié leurs craintes et leurs espoirs, avec l'impudeur des hommes qui savent que la mort peut les fauche à tout instant. Byron avait évoqué sa peur de ne pouvoir perpétuer sa lignée, de passer de vie à trépas sans avoir eu le temps d'engendrer un héritier légitime pour Blancport. Mon père lui avait confié les craintes qu'il ressentait pour nous, sa famille, si démunis face aux attaques venues du nord, pour son héritier qui lui semblait encore bien fragile, bien qu'il semblât s'endurcir au contact du toi. Et pour moi, son aînée encore célibataire à bientôt dix-neuf printemps et pour qui il craignait de ne jamais trouver d'époux convenable. Le lien entre leurs inquiétudes fut vite trouvé, l'accord scellé et nos fiançailles annoncées sans ambages, nouant nos destins et faisant fi de la mésalliance que cela pouvait représenter pour Blancport.
Plus tard dans la nuit, me sentant encore troublée de ces révélations, il avait pris soin d'ajouter, prenant doucement mon menton entre ses doigts pour m'obliger à le regarder, que jamais dette n'avait été douce à honorer et que jamais, pas une seconde, il avait regretté ce choix hâtif, pris sur une lande glacée alors que la mort guettait.

La voix de Bowen, empreinte de tristesse, me sort de mes pensées. Il a raison. Ce n'est pas ainsi qu'auraient dû se dérouler ses noces, tant de choses ont changé depuis les miennes... Tant de différences qu'il souligne et qui me serrent le cœur. Tant d'absents qui nous manquent cruellement... J'aurais tant aimé que tous puissent se réunir ici autour de lui, comme ils le firent pour moi. Je voudrais tant que nos parents soient là. Leur perte nous a heurté si violemment qu'il m'arrive encore de m'éveiller la nuit, trempée de larmes et de sueur, sans parvenir à y croire. Le sort de Père, en revanche, ne m'affecte pas de la même manière que Bowen. En mon coeur, je porte son deuil autant que celui de notre mère, peut-être pour me préserver. J'ai conservé l'image de lui tel que je le vois dans mes souvenirs : strict, exigeant, parfois emporté mais plein de bonté. Je ne connais pas l'homme démuni, affaibli et abattu que nous avons retrouvé. Et si je m'en soucie comme d'un proche parent malade dont il faut prendre soin, je ne le reconnais pas comme mon père.

Mes mains enserrent plus fort les siennes, pour lui transmettre tout mon amour, bien qu'il ne soit qu'un piètre substitut à tout ce que nous avons perdu. « Je sais... Mais je suis certaine qu'ils seront là, avec nous. » Sinon physiquement, du moins en esprit et dans nos cœurs. « Je ne peux qu'imaginer combien ce sera dur pour toi. J'aimerais que tu puisses partager la chance que j'ai eu, mais malheureusement ce n'est pas en mon pouvoir. Tout ce que je peux faire, c'est te souhaiter autant de félicité que moi avec ta future épouse. La demoiselle de Cerwyn m'a l'air forte, elle saura s'acquitter de ses responsabilités et je suis certaine que vous pourrez vous entendre. » Ce qui ne m'empêche pas de nourrir quelques doutes à son égard, je ne suis visiblement pas prête à laisser mon petit frère entre les mains d'une autre ! Mais Bowen n'a certes pas besoin d'entendre cela aujourd'hui. Pas plus que tout ce que je pourrais dire sur l'intérêt de cette alliance pour elle. Oui, notre fief est dévasté, oui il repartira bientôt au combat – mon cœur se serre à cette seule pensée. Toutefois, cette union lui sera amplement profitable et, pour l'avoir acceptée, son futur beau-père en est parfaitement conscient. En lui donnant la main de sa fille, il s'assure des liens étroits avec Blancport - Bowen et moi n'avons jamais fait secret de notre complicité – mais aussi, et surtout, avec l'homme de confiance de notre jeune roi. Malgré l'apparente fragilité de Bowen et de Motte-la-Forêt aujourd'hui, son futur beau-père fait un pari sur l'avenir audacieux... et dont je suis certaine qu'il se révélera payant.
De tout cela pourtant, je ne dis rien. À quoi bon ? Bowen est bien assez au fait des intrigues et intérêts politiques pour être parfaitement conscient de tout ceci. Ce dont il a besoin ce matin, ce n'est pas de disserter sur les enjeux, c'est de parler du coeur. D'être certain qu'il ne fera pas le malheur de sa promise et cette crainte lui fait honneur. « Regarde-moi, petit frère. Tu es un homme bon. L'un des meilleurs que je connaisse, bien que mon avis soit certainement quelque peu biaisé. » Je m'autorise un sourire complice, malgré la gravité de ma voix. « N'importe quelle femme aurait pu se réjouir d'être choisie par toi. Tu as trop de tendresse et d'attention pour ne pas la chérir et je ne doute pas que Maedalyn saura comprendre sa chance. Tout ira bien. »

Je pourrais m'arrêter là, peut-être le devrais-je. Mais j'ai besoin pourtant de le rassurer encore, de ramener un sourire sur ce visage sombre et de lui rappeler qu'il n'est pas seul. « Sache en tout cas que je suis immensément fière de toi. Et que je serai toujours là, quoi qu'il arrive. »
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MessageSujet: Re: [Flashback] A l'aube d'une vie nouvelle [PV Alysane Manderly]   Jeu 29 Mar - 19:45

« Je vais m’abstenir de poser une autre question sur le sujet je crois … »

Rouge comme un coq, ce que ne cachait pas hélas sa barbe, objet de tous ces maux présents, Bowen se râcla la gorge, essayant désespérément de ne pas penser au fait que son beau-frère affichait souvent un duvet blond tout à fait fourni … Le pire ? Talya lui avait affirmé la même chose. Que le contact avec une barbe soigneusement taillée pouvait être très agréable pour … certaines pratiques dans l’intimité. Et puis, il y avait tout simplement l’attraction pour cet attribut viril, de son point de vue. Lui-même la portait pour ne pas faire trop jeune, préférant obtenir par ce biais cet aspect suffisamment viril pour ne point être moqué à cause de ses cheveux bouclés tirés des Nerbosc ou ses joues douces d’enfant. Il s’agissait de sa seule coquetterie, certes, mais il y tenait, du moins, quand il avait l’occasion de s’en occuper convenablement. Sinon, il s’agissait uniquement d’un concours de circonstances. Qu’il était loin, ce temps où sa grande peur était de paraître gamin. Désormais, avec son regard dur, ses joues creusés, son air sombre, personne ne pouvait lui donner moins que son âge véritable : à vingt-et-un an, Bowen en paraissait beaucoup plus, vieilli prématurément par le deuil et les batailles qui avaient déjà prélevés leur dû sur son innocence. La haine avait gravé ses traits, comme le désespoir, puis la mélancolie.

Sentir les mains de sa sœur se resserrer autour des siennes, lui prodiguer leur chaleur suffit néanmoins à le rasséréner au moins un peu. Il se sentit un peu apaisé, comme s’il redevenait un garçonnet qui avait besoin que sa sœur le conseille, l’aide au mieux, le convainque que tout irait bien. C’était sans doute idiot, mais il n’avait que peu d’espace pour se laisser aller à une forme de fragilité, à être celui qui est consolé, et non celui qui console. Certes, Jeyne avait amorcé la chose, à Winterfell … Mais elle était aussi angoissée par son mariage, et elle partait. Bowen s’était dévoilé, tout en se faisant aussi conseiller, parce qu’il fallait que ce soit dans les deux sens. Son cousin mort, il n’avait plus cette épaule masculine sur laquelle se reposer, s’ouvrir sincèrement. Et il n’arriverait sans doute pas à le faire avec son frère, car ils n’avaient pas tissé ce type de relation. Ne lui restait que sa sœur aînée, cette fidèle parmi les fidèles, cette présence si douce à son cœur, avec qui il pouvait enfin ne pas être fort. Après, il lui faudrait tenir toute la journée, donner l’image d’un héritier, d’un mari qui reflétait l’âme du Nord, sa vigueur et sa rudesse, sur lequel Maedalyn pourrait s’appuyer, afin d’honorer la famille qui lui offrait une épouse, et être à la hauteur de son nom, de l’auguste assemblée qui se réunissait pour son mariage. Il savait qu’il serait scruté par les autres vassaux du royaume. Pareil honneur montrait un certain prestige que certains lui envieraient. A cause de ceux-là, il ne devait prêter le flanc à aucune critique, demeurer droit malgré la tempête, sa situation si délicate, ses doutes et ses peurs. Mais ce matin, près de sa sœur … Il avait encore le droit d’être faible. Enfin. Et par les Anciens Dieux, que cela faisait du bien ! Ses assurances, ses compliments, il prenait tout, sans répondre, se contentant de savourer ce moment si précieux, dans lequel il puiserait sa force pour cette journée, certes, mais aussi pour les mois à venir. Sa sœur, il pouvait la croire, non ? Elle le connaissait mieux que quiconque, après tout. Sa gorge se serra, à l’entente de ses derniers mots, de cette assurance douce dont il avait temps besoin. Son cœur se gonfla de reconnaissance, parce que précisément, il n’était pas fier de lui, de cet être qu’il était devenu, après le sac de leur fief, ce monstre gorgé de haine, avide de sang, brutal et odieux … Ce qu’il avait toujours jugé chez d’autres, et qu’il comprenait enfin. Ce déchaînement de violence, il l’assumait. Mais il lui faisait peur. Horriblement peur. Parce que, précisément, il voulait conserver ce qui avait toujours été sa personnalité profonde, et ne pas céder à l’immondice de ces instincts prédateurs.

« Merci, Alysane. »

Il avait envie d’ajouter tellement. Et en même temps, ces deux mots prononcés de cette voix étranglée qu’il reconnaissait à peine signifiait amplement tout ce qu’il n’arrivait pas à dire, à cet instant précis.

« Je ne suis pas fier de moi … Mais si tu l’es un peu … Alors, cela me suffit. »

Déglutissant pour tenter d’avaler, de happer son trouble, de mettre dans l’ordre ses pensées qui s’entrechoquaient avec fracas, il finit par souffler :

« Ma future femme ne veut pas de ce mariage. Je le sais. Je le savais avant même de nous fiancer. Et quand le Roi m’a proposé son nom, son appui … Je l’ai choisi quand même, parce que nous avions besoin d’une alliance, d’une femme du Nord, d’une dot … Et d’une femme qui aurait du caractère, qui saurait s’imposer pour redresser Motte-la-forêt. Surtout de cela.

Mais … Je sais que je l’ai contrainte à une vie qu’elle ne désirait pas. Et elle le sait. Alors … Je ne suis pas certain qu’elle me pardonne aisément. Et je ne peux pas affirmer que je saurais la conquérir avec le temps … Parce que nous en manquons cruellement. »


Avec une certaine gêne, il ajouta :

« J’essayerai … Que nos moments ensemble ne lui soient pas trop déplaisants. »


Le coucher les attendait, point culminant de cette journée, source d’angoisse pour la mariée, certes … Mais en l’occurrence, également pour le marié ! Sans grande expérience, terriblement timide, impressionné malgré lui par le fait que sa future épouse était plus âgée que lui, et objectivement attirante, conscient du poids que ces heures auraient pour le restant de son existence, pour leur entente et peu sûr de ses charmes, Bowen devait l’admettre … Une petite partie de lui ressentait une pointe d’anxiété, même s’il savait qu’il accomplirait son devoir, car la nécessité de consommer leurs épousailles ne souffrait aucune discussion.

« Même si je dois admettre que la perspective de toute cette journée … est assez vertigineuse. »

Pudique, Bowen ? Bien sûr. S’adresser à une femme, même sa sœur, sur ses angoisses de jeune marié demeurait délicat, au vu de son éducation. C’était plus fort que lui : déjà sa timidité reprenait le dessus, alors qu’il abordait subtilement les difficultés qu’il ressentait face aux responsabilités qui lui incombaient pour les heures à venir … et finalement, à toutes celles qui viendraient après.



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MessageSujet: Re: [Flashback] A l'aube d'une vie nouvelle [PV Alysane Manderly]   Ven 20 Avr - 22:44

Comment ne pas être fier de lui ? De l'homme qu'il devenait chaque jour. Il était à la fois cultivé, intelligent, sans se reposer seulement sur des savoirs théoriques. Il était brave et fort, comme il l'avait prouvé avec vaillance sur les ruines de leur foyer et à la Mort-aux-Loups, vengeant impitoyablement l'honneur de leur famille. Courageux, sans être imprudent. Loyal, sans être aveugle. Bien sûr, il y avait cette rage, cette étincelle ombrageuse au fond de ses yeux sombres, mais comment lui en tenir rigueur ? À seulement vingt et un ans, il avait déjà vu, vécu et subi tant de choses... Et comment lui reprocher cette colère qui m'habite également ?

D'un sourire, entraînant ses mains à la suite des miennes, je le mène jusqu'à une banquette proche pour nous y faire asseoir, sans cesser de l'écouter. À sa mine soucieuse, à ses sourcils froncés, au ton de sa voix, je mesure combien ce mariage l'inquiète. Et combien il est jeune encore, malgré les épreuves. Il est largement en âge de prendre femme, mais comment ne pas le voir comme une épreuve supplémentaire, après toutes celles qu'il lui a fallut surmonter ? De le voir ainsi, mon coeur se serre. J'ai beau espérer de toutes mes forces qu'il sera heureux avec sa jeune épouse, une pointe de crainte me transperce. Après tout cela... Bowen mérite d'être heureux, plus que quiconque. Et de ne pas monter à l'autel la peur au ventre, à l'idée de déplaire à sa promise.
La situation ne manque pas d'ironie, cela dit. Le Nord regorge de demoiselles énamourées qui auraient aimé attirer l'attention de ce preux chevalier, mais dont les pères n'auraient jamais permis les épousailles avec une maison presque ruinée. Et il a fallut qu'il choisisse la seule qui répugne à le prendre pour époux, contrainte à accepter la volonté de son père, bien plus enthousiaste. Malgré tout, son union est loin d'être condamnée d'avance au malheur et à la déception. Et qui pourrait mieux que moi en témoigner ?

« Oh Bowen... Soit, elle n'a pas accueillie la nouvelle de vos noces avec ferveur, et après ? Crois moi, rare sont celles et ceux qui ont le bonheur d'agréer leur promis aux premiers regards. Et ceux-là ne sont pas plus assurés de s'entendre pour autant. »

Mes yeux sombres cherchent les siens, s'y ancrent pour obtenir toute leur attention. Les siens sont si clairs, si semblables à ceux de notre père...

« J'ai été mariée à dix-neuf ans à un homme de quinze ans mon aîné, connu pour être une brute. Et il n'a accepté de m'épouser ni pour ma dot, ni pour la position de mon père, ni pour plaire à son roi. Mais seulement pour honorer une dette d'honneur et de sang, avec l'espoir que je puisse lui donner des héritiers. Mon mariage est le fruit d'un hasard de champ de bataille, avec pour seule volonté de me voir engrossée le plus vite possible. »

Je ne suis pas certaine d'avoir un jour partagé cette version de l'histoire à mon frère... Pour ne pas envenimer ses relations déjà difficiles avec mon époux, mais peut-être aussi parce que je n'ai longtemps su qu'en penser moi-même.

« Tu sais combien j'ai craint cette union, tu sais tout le mal que j'ai pu en penser, toute ma colère. Et pourtant, regarde-moi aujourd'hui. À défaut d'amour, j'ai trouvé ici le bonheur et un mari qui m'apprécie et me respecte. Et c'est déjà beaucoup. » Je m'interromps une seconde, cherchant à clarifier ma pensée pour l'aider à en comprendre le fond. « Ce que je veux dire, c'est que mon mariage partait sous les pires auspices. Et que ça ne m'a pas empêchée d'être heureuse en ménage. »

Sa dernière remarque me tira un sourire nostalgique. Je ne me souvenais que trop bien ce moment complexe où Mère avait résolu de m'entreprendre de ces... choses. Pour avoir depuis mis en exécution certaines de ses suggestions, je pourrais témoigner de leur pertinence. Mais je n'ai jamais oublié mes joues empourprées et mon regard affolé tandis qu'elle m'expliquait le tout avec détachement, exemples conjugaux à l'appui. Et pour salvateurs qu'aient pu être ses conseils, je ne tiens pas à faire subir pareil sort à Bowen.
Un léger sourire en coin, je ne peux cependant me retenir d'une simple boutade. « Je crois savoir que tu as déjà eu un aperçu... de ce qui te sera demandé ce soir. » Avant de reprendre, plus sérieuse : « Sois toi-même et surtout, sois attentif à elle. Tout ira bien. »

Du moins fallait-il l'espérer. Pour l'heure, il importait de chasser ces sombres pensées de son esprit. Changeant tout à fait de sujet, j'évoque les préparatifs de la journée. « Je pensais aller faire un tour en cuisine, pour vérifier que tout se déroule au mieux. Veux-tu venir avec moi ? Nous pourrons deviser chemin faisant, et cela te changerait peut-être les idées. »
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MessageSujet: Re: [Flashback] A l'aube d'une vie nouvelle [PV Alysane Manderly]   Lun 7 Mai - 17:19

Alors qu’assis auprès de sa sœur, Bowen l’écoutait, le jeune homme ne put s’empêcher de se dire que sa vie n’aurait décidément pas la même saveur sans elle, parce qu’Alysane lui était simplement indispensable, et plus encore en ces heures de solitude. Elle l’avait toujours été, et il ne l’avait jamais nié. Son aînée participait à son équilibre, et sa présence avait éclairé toute sa petite enfance. Elle était le troisième pilier de sa famille, derrière leurs parents, une forme d’idéal féminin pour lui, qui avait longtemps admiré celle qui devenait une belle adolescente dotée d’un caractère typiquement nordien, ferme et doux à la fois alors que lui-même n’était encore qu’un petit garçon accroché aux jupons maternels. Il avait été dominé par la figure de cette première-née qui, bien que membre du beau sexe, avait apporté une joie réelle au couple seigneurial. Même s’il savait que sa propre naissance avait été accueillie avec un fort soulagement par tous, sans parler plus tard de celle d’Edwyle et de leurs deux benjamins, il avait aussi conscience que, pendant pratiquement sept ans, Galbart Glover avait considéré sa seule fille comme son héritière potentielle. Après, il ne lui avait pas retiré sa confiance, et si son fils avait siégé pour rendre la justice et remplacer son père lorsque le Lord avait été appelé par son Roi afin de défendre le royaume contre les incursions du Noir durant trois ans, il admettait que durant les deux premières années, il n’avait finalement fait que répéter ce que sa mère et sa sœur mettaient soigneusement au point. Elles lui avaient appris l’équité, la sévérité comme la pitié. Elles avaient géré infiniment plus que lui Motte-la-forêt, pour le laisser peu à peu donner timidement son avis quand sa mère avait entamé ses grossesses. Puis il était parti auprès du Roi, et elles avaient régenté le domaine, surtout Alysane alors que Rowena mettait péniblement au monde Robert. Aujourd’hui encore, elle participait activement à la prospérité des terres Manderly, elle qui n’en partageait ni les croyances, ni le lien filial. Et pourtant, elle s’y était imposée, et le jeune homme avait conscience qu’aux yeux des Stark, l’avis de sa sœur comptait presque autant que celui de son époux, et qu’ils n’hésitaient pas à faire appel à ses talents d’organisatrice, don commun à l’ensemble des Glover, finalement, grâce au minutieux travail de Galbart Glover et de son épouse. Quand l’une bâtissait, l’autre allait reconstruire et organiser l’armée.

Pour toutes ces raisons, pour ce qu’elle lui inspirait, sa parole avait un poids à nul autre pareil. Désormais privé de leur mère, avec un père délirant, Alysane demeurait son point d’ancrage, cette figure familiale auprès de laquelle il pouvait se réfugier. Jamais il n’aurait été capable de s’ouvrir de la sorte à son cadet, de montrer ses faiblesses à Edwyle. Cette rivalité virile qui les animait, fraternelle, l’en empêchait, de même que la fierté. Et malgré l’affection qu’il éprouvait pour le Roi … Torrhen n’était pas, et ne serait jamais son père. Tout comme il n’était pas son fils, juste un fils de vassal durement éprouvé, un ancien écuyer fidèle et discret, rien de plus. Voilà pourquoi il avait préféré être sûr de lui pour demander son soutien dans la recherche d’une épouse. Il avait esquissé quelques doutes auprès de Jeyne et Lynara … Mais elles étaient parties, non sans lui assurer qu’il saurait conquérir Maedalyn, qu’elle serait heureuse avec lui. Il voulait les croire, bien entendu, et essayait de faire honneur à cette confiance placée en lui. Cependant l’une venait de se marier, l’autre demeurait une damoiselle sans époux. Et elles étaient ses amies. Sa sœur … C’était différent. Elle savait ne pas le ménager, et elle avait, en effet, de l’expérience, avec son propre mariage. Pour être parvenue à s’accorder avec Byron Manderly, malgré les prémisses peu engageants … Il y avait des solutions, non ?

« Comment est-ce que vous avez fait ? Je veux dire … Pour parvenir à cette entente ? Etait-ce … une aspiration mutuelle ? Quelque chose qui s’est fait naturellement par une alliance de caractère ou d’attirance ?

Je veux dire … je te crois, et j’ai conscience de cela. Mais … Est-ce que mes seuls efforts seront suffisants ? »


C’était là un questionnement sincère. Il n’avait jamais voulu mettre le nez dans le mariage de sa sœur, d’abord parce qu’il lui déplaisait, puis parce qu’il estimait que sa situation était du ressort de l’intimité conjugale du couple Manderly, et qu’un frère n’avait pas à s’en mêler. Néanmoins, savoir comment Alysane s’était attaché l’homme à la bâtarde et à l’épouse morte dans des circonstances troubles n’avait jamais manqué d’aiguiller sa curiosité. Il avait vanté sa réussite auprès de Jeyne pour la rassurer, et ce souvenir le fit doucement sourire.

« Pour être honnête … Je t’ai cité en exemple à la Princesse Jeyne alors qu’elle s’inquiétait de ne pas pouvoir contenter son Lannister de nouvel époux. C’est amusant que tu me rappelles tout cela. J’en ai conscience … J’ai juste du mal à m’en convaincre, peut-être parce que je ne sais pas exactement ce qui permet d’obtenir cette alchimie, ce respect. »

Il ajouta :

« L’exemple de Père et Mère n’est pas vraiment éclairant. Les mariages d’amour sont trop rares pour avoir jamais imaginé en obtenir un. »

Dès l’enfance, il avait eu conscience de l’incongruité des épousailles parentales, et à vrai dire, son père avait toujours été d’une honnêteté cruelle mais nécessaire avec ses enfants, surtout ses deux aînés. Ils n’auraient jamais ce qu’il avait lui-même possédé. Bien sûr, au départ, cette assertion avait été douloureuse à accepter. Mais avec le temps, Bowen l’avait comprise, et parfois, il se demandait si sa mère n’aurait pas mené une vie plus heureuse en épousant un noble du Conflans plutôt que son nordien de mari. Pour Galbart Glover et ses belles paroles, elle avait sacrifié toute sa famille et avait été contrainte de renier ce qu’elle était afin de se faire accepter, embrassant le Nord pleinement, mais sacrifiant une part de son héritage tout de même. Elle avait fini par mourir d’une mort atroce, nordienne, aux mains des sauvageons. Ce que certaines, notamment dans les familles royales, faisaient par devoir, elle l’avait fait par amour, mais rien ne l’y obligeait. Le Poing du Nord ne pouvait s’empêcher de penser qu’elle y avait autant gagné que perdu, et qu’il y avait de la douceur à épouser une lady de son pays. Du moins, il avait longtemps envisagé les choses sous cet angle.

Ses joues s’empourprèrent face au sous-entendu de sa sœur, mais il se contint pour ne pas paraître trop gêné, et se contenta, avec l’air le plus digne possible, de répondre :

« Le contraire serait gênant … Et du reste, je crois que, depuis toutes ces années, tu connais la réponse à cette question. »


Il n’avait jamais réellement évoqué Talya avec sa sœur. Du moins, pas à propos des circonstances précises de leur rencontre. Il n’était néanmoins pas dupe, et se doutait que sa sœur avait mené son enquête. Par respect pour la jeune femme, il n’avait jamais révélé son passé infamant, mais si cette dernière avait désiré le faire, c’était son choix. Vu la proximité entre la Lady et sa camériste, le contraire eut été étonnant. Si cela n’était pas le cas, sa réponse pouvait conserver une certaine neutralité. Après tout, à son âge, il eut été totalement impensable qu’il n’ait pas connu de femmes. De toute manière, si cela n’avait pas été le cas, son père y aurait veillé à son retour à Motte-la-forêt. Bowen avait encore en tête la conversation qu’ils avaient eue à ce sujet. A bien y réfléchir, il avait rarement été aussi mal à l’aise qu’au moment de confirmer à son paternel qu’il n’était plus puceau. Et qu’il n’avait pas de bâtard, et encore moins de femme déshonorée dans son placard. Il en frissonnait encore d’horreur. Doucement, il conclut :

« Je l’espère. »

Hochant la tête à la proposition de sa sœur, il déclara :

« Je te suis. Peut-être que nous croiserons ton fils. Il a l’air de trouver toutes les oublies préparées à son goût … Ou l’une de tes belles-filles. Je ne sais plus laquelle … Celle qui s’est beaucoup impliquée. Je n’ai pas vraiment pu la remercier, mais je dois admettre que j’en étais touché. »



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MessageSujet: Re: [Flashback] A l'aube d'une vie nouvelle [PV Alysane Manderly]   

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