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The Grace and the Might [Tour V - Terminé]
MessageSujet: The Grace and the Might [Tour V - Terminé]   Ven 27 Oct - 23:05

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Je me tenais assis, inspirant et expirant en cadence imposée par le mestre, qui me palpait les côtes sous les omoplates. Il pressait par moments contre l’artère de mon cou, ou au creux de ma clavicule en serrant un peu forte. Je me laissais faire, sans opposer la plus petite résistance. Je n’en avais pas la force ; et je devais me ménager. Une nouvelle demande de la Reine du Val. Ou plutôt, de la Reine douairière, de la Reine-Mère. Sharra était venue pour parlementer. De quoi, je n’en savais rien. Je ne croyais pas à un ralliement du Val, pas après leur revirement d’il y avait quelques mois. Je toussais à la demande du mestre, qui me demandait ensuite de me racler le fond de la gorge. Le vieil homme pressa son oreille contre mon omoplate. Le bruit parut lui satisfaire. Il fit signe aux aides de camp de m’aider à remettre ma tunique, tandis qu’il me retirait le bandage sur mon œil droit. L’ensemble paraissait nettement moins gonflé, au niveau des sensations de mon visage. Je n’avais plus l’impression de m’être fait rouler dessus par un chariot, et la douleur était moins cuisante, moins brûlante, mais plus sourde. Il claqua de la langue d’un air impatient en nettoyant mon œil, qui récupérait rapidement ; je ne voyais plus trouble au travers d’un œil tant malmené qu’il en restait rouge et vitreux. L’homme mit un espèce de baume sur mon visage, qu’il étala en petits cercles concentriques de la paume de la main, de ma pommette du côté droit à sous mon œil, puis tout autour de mon orbite. Enfin, l’homme tira doucement, du bout des doigts, sur ma chair de part et d’autres de mon visage meurtri. Il hocha la tête, satisfait, et entreprit de me laver le visage, surtout les lèvres de la plaie qui me traversait et me fendait les traits. Finalement préparé, je me relevais. On me retailla la barbe, on me coupa les cheveux. Pas trop courts ; l’Hiver venait. J’étais épuisé, après qu’on m’eut aidé à enfiler mes vêtements ; tunique de cuir frappée de l’emblème Braenaryon, par-dessus une chemise épaisse, d’un blanc tirant vers le gris, couleur des Stark. Mon pantalon était simple. Ceinturon de cuir, épais et serré, empêchant mes vêtements devenus trop grands de me tomber sur les talons ; la convalescence m’avait fait perdre un peu de poids. Morsure au côté, même si son poids me destabilisait il me rassurait aussi, et passant la main sur le pommeau orné d’une tête de loup, j’eux la vague impression que ma paume était traversée d’une pointe de chaleur.


On fit finalement venir mes aides avec un grand miroir emprunté aux maîtres de céans.


Je me découvrais à demi-guérit, et je n’aimais pas ce que je voyais. Je n’étais pas beau, pas comme l’avait été Brandon en tout cas, pas comme l’était Orys Baratheon, par exemple. Mais autrefois, j’affichais un air solide, de roc, tout en muscles endurcis par vingt années de campagnes. Mon léger embonpoint avait disparu. Mes épaules semblaient un peu moins carrées, mes joues étaient plus creusées. Les rares fils d’argent d’autrefois, dans ma barbe et dans mes cheveux, s’étaient transformés en mèches poivres et sel. Mon œil droit était encore un peu rouge, sous la pupille. Le mestre m’avait prévenu que ma rétine était décollée, et que je devais attendre que ça se soigne. Ma vue en était souvent troublée, mais l’œil était sauf ; l’énorme boursouflure qui m’avait fait gonfler cette partie du visage était remplacée par un œil au beurre noir violacé, monumental, qui me courait d’au-dessus les sourcils à presque la pommette ; la teinte violacée restait pigmentée, signe de la violence du choc reçu lorsque j’avais perdu mon casque. Mais cette blessure évidente n’était pas permanente, au contraire d’une nouvelle cicatrice, la pire de toutes celles reçues jusqu’alors. La cicatrice courait en diagonale de mon visage, barrant mon front de son extrêmité gauche jusqu’entre les sourcils, et reprenait plus loin, au coin du nez jusqu’à l’extrémité opposée de mes lèvres, tordues et étirées par une autre cicatrice en une parodie de sourire sarcastique, le coin de mes lèvres remonté en biais vers ma pommette sur quelques centimètres. La plaie était encore rouge, à vif. Le gros fil évitant à mon visage de se retrouver pelé vif au moindre effort avait fini par laisser place à de plus petits points. La totalité des fils pourrait m’être retirée d’ici une dizaine de jours, selon le mestre, si la cicatrisation poursuivait bien. Si physiquement la guerre avait laissé de nouveaux ses crocs sur mon apparence, mon regard brillait toujours d’une lueur ardente, presque fièvreuse. Je voulais me remettre au travail. Accueillir Sharra Arryn, puisqu’il le fallait. L’Empire ne pouvait pas se permettre un nouvel ennemi. Etait-ce ce que le Val devenait, un ennemi ? Difficile de savoir. Sharra m’avait pris par surprise, elle m’avait menti et avait conditionné l’exécution de sa parole, bafouant toutes les règles sociales et culturelles de l’aristocratie héritière des Premiers Hommes et des Andals. J’aurais pu me plier en quatre pour lui complaire, mais je ne l’avais pas fait, érigeant mes principes en autant de vertus. Et l’alliance était morte à peine était-elle née.


On veut ceindre mes épaules de mon habituelle cape, mais je la refuse d’un signe de tête. L’Hiver, je connais. Si je prenais une cape, la tentation de m’emmitoufler dedans serait trop forte, et je ne voulais montrer aucun signe d’inconfort ou de faiblesse. Je soupirais, me passant de l’eau sur le visage, frottant mes mains dures, calleuses, encore meurtries elles aussi par la bataille ; contusionnées et couvertes de petites blessures dûes au maniement des armes deux jours durant, dans la plus grande hécatombe de l’histoire de Westeros. Bataille que j’avais perdue. Cette idée seule m’insupportait au plus haut point, me mortifiait.


Quelques instants plus tard, alors que le soleil descendait à l’horizon, j’allais accueillir la Reine du Val en personne. Seul. Sans mes Gardes Demalion, qui restaient en retrait. Dans le hall de cette grande tour ronde, je réprimais un frisson, et serrais les dents si fort que j’en avais mal à la mâchoire. La Reine arriva finalement, ses propres gardes sur les talons. Je m’avançais vers elle. Belle, comme toujours. Elle ne concédait jamais rien à son apparence, toujours irréprochable. Mais cette fois-ci, je n’étais plus son égal, son voisin. J’étais Empereur. Pas le sien, certes, mais nous n’étions certainement plus égaux ; la guerre m’avait donné autant qu’elle m’avait pris. Je l’accueillais d’un signe de tête, et ne laissait rien deviner de l’affection et des liens intimes qui s’étaient tissés entre nous, quelques mois plus tôt. Je ne l’embrassais pas sur le revers de la main, comme je le faisais auparavant ; je ne voulais pas lui laisser entendre que je cherchais encore aujourd’hui son contact. Je m’approchais, toutefois. Parce que blessé au visage et à la bouche, je ne pouvais pas parler trop fort.



| Votre Grâce… C’est un honneur de vous recevoir. Je tiens à m’excuser pour… Hum… Pour le délai de notre entrevue. La guerre m’a tenu loin de mes obligations officielles un certain temps, ce que je déplore. Mais je me porte mieux, maintenant. Et nous pouvons dîner ensemble, si cela vous agrée. Ainsi vous pourrez me faire part de l’objet de votre visite, si loin de votre château et en plein milieu d’un pays ravagé par une guerre à laquelle vous ne vouliez pas assister. |







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MessageSujet: Re: The Grace and the Might [Tour V - Terminé]   Jeu 2 Nov - 0:11



Sharra Arryn


Sharra Arryn est arrivée trois semaines plus tôt à Vivesaigues, entourée d’une escorte conséquente. Venue parlementer avec l’Empereur, elle a dû attendre durant le départ de ce dernier pour Buron, puis elle l’a cru mort et enfin, lorsqu’il est revenu, les pires rumeurs couraient sur son état de santé. Entretemps, les jours passant, elle échangea avec ses hôtes, du moins ceux en état pour l’accueillir, pour la faire patienter. S’attendant à un énième ajournement, elle fit une nouvelle demande auprès de l’Empereur que l’on disait mutilé, agonisant, et fut surprise d’apprendre qu’il acceptait l’entrevue ou plutôt que « son état lui permettait des visites ». Alors que quelques flocons épars tombent sur la forteresse, la Reine gravit alors les marches menant aux appartements privatisés pour l’Empereur, ne sachant dans quel état de corps et d’esprit elle allait retrouver son ancien amant.



Sharra déglutit discrètement au moment où elle aperçut la face déconfite de son ancien amant. Puis, elle se refit montagne inébranlable dans sa robe de brocard bleu ciel frappé d’entrelacs argentés aux imposantes manches ourlées d’hermine. Une cape en fourrure de lynx de fumée tombait depuis ses épaules fermée par une fibule à chaîne en argent ciselé de la lune et du faucon. Or blanc, perles et saphirs ornaient ses oreilles, son cou, ses mains et ses cheveux coiffés en un chignon tressé impeccable. Sur sa tête, néanmoins, pas de couronne, seulement un diadème avec une pierre de lune sertie entre les ailes protectrices d’un faucon aux yeux de saphirs. Elle n’avait nul besoin de la couronne des Reines de la Montagne et du Val laissée à la jeune Nymeria pour tenir son allure majestueuse et sa démarche gracieuse. Menton relevé, dos droit, pas délié, ainsi se présenta-t-elle devant l’empereur, qui, n’étant pas le sien, eut tout de même droit à un hochement de tête plus long que d’habitude et à ce que la Reine douairière, baisse les yeux un court instant. A moins que ce ne fut pour quitter du regard ce visage ravagé qu’elle avait tant de fois embrassé avant de le laisser à une autre, à contre coeur.

__ Empereur Torrhen Braenaryon, je vous remercie de me recevoir enfin. Je juge par votre mine que tout ne s’est pas passé comme vous l’escomptiez à Buron. Néanmoins, C’est un honneur et un plaisir de vous revoir en vie.

Et puisqu’il gardait ses distances, évitant le baise main habituel et tout signe d’affection, elle fit de même, prenant une attitude et un ton froids et altiers. Avait elle aimé cet homme ? Elle avait eut besoin de lui, certainement l’avait elle séduit plus par intérêt que par amour, mais elle ne pouvait nier avoir nourri quelques sentiments à son égard.

D’ailleurs, si tel n’avait pas été le cas, elle aurait mit fin à leur relation et à leur alliance dès qu’elle avait su qu’il se préparait à épouser Rhaenys. Il avait fallu qu’elle rentre au Val et y retrouve les siens pour recouvrer pleinement ses esprits. Elle allait jeter son peuple en pâture à Harren dans une guerre bien trop sanglante pour cet homme duquel elle ne pouvait plus rien attendre ? Elle ne pouvait pas se permettre d’aimer l’époux d’une Reine conquérante qui voulait faire plier tout le monde de gré ou de force. Moins encore de laisser la guerre décimer sa population pour elle et ses ambitions par trop inconvenantes. Pas à moins qu’elle n’abandonne les titres qu’elle s’était inventé et ses vues sur Westeros.

Voilà donc où l’avait conduit ses sentiments, à oublier la sécurité de son peuple et de ses fils pour une guerre qu’elle pouvait éviter mais qu’il voulait si fort qu’elle s’était laissée emportée par sa passion. A lier une folle alliance puis à la briser, malgré le déshonneur, pour que le Val et ses gens ne servent pas une toute autre cause que celle pour laquelle elle s’était engagée : une paix solide et durable.

Évidemment la fin d’Harren le Noir conditionnait cette paix, elle lui était même indispensable. Seulement, l’Empire ne semblait pas marcher sur les traces de la paix et de la vie, mais bien sur un chemin semé de cadavres et de sang. C’était ce qu’elle avait pu constater durant son séjour, confirmant ainsi ses craintes. Peut être était ce la colère et la haine de Torrhen qui les avaient conduit à se fourvoyer ainsi. Peut être les ambitions de Rhaenys. Peut être un peu des deux. Quoi qu’il en soit, le Val ne pouvait marcher avec la mort, même si elle n’était pas si étrangère que cela et qu’elle était donnée pour de bonnes raisons et par un homme de bien.
Victoire ou défaite, qu’importe, que restera-Il après le massacre. Cela n’en valait pas la peine...

__ La guerre Oui… Il va peut être un jour vous falloir choisir entre elle et vos obligations officielles. La diplomatie s’arrange mal d’une telle attente. Mais vous le savez, sans quoi vous seriez encore en train de vous reposer.

Elle, C’était la guerre bien sûre, si chère à son coeur de combattant, si exécrable pour la Reine du Val. Mais un instant, Sharra sentit Rhaenys se glisser dans ce “elle” comme dans un vêtement trop bien ajusté. Trop bien oui. Belle et jeune, prête pour enfanter tout un tas de petits Braenaryon pour marcher sur les traces de leurs parents et sur les Royaumes insoumis de Westeros. Tout comme les petits Hoare le feraient. Mais si négocier et parlementer avec Harren le Noir était inenvisageable, Torrhen semblait plus accessible, même maintenant qu’il était marié avec la Reine autoproclamée du continent.

Cela lui coûtait de courber l’échine devant l’Empire et si elle était encore Reine, peut être ne l’aurait-elle pas fait. Mais à leur dernière rencontre, elle avait brisé leur alliance et elle le connaissait assez pour savoir qu’Il ne lui pardonnerai pas cette trahison si facilement. Cependant, cette alliance née dans une union illégitime était morte avec son mariage avec Rhaenys et l’avènement de l’Empire. Si elle comprenait que Torrhen veuille écraser Harren à tout prix, Il était hors de question de céder une once de terrain à la Targaryen. Or les voilà empereur et impératrice sous le nom Braenaryon, En train de conquérir le centre de Westeros sous les yeux inquiets des puissances indépendantes.

La paix était trop précieuse et trop fragile pour qu’elle ne s’incline pas, mais le Val resterait souverain au sein de ses montagnes. Que faire alors pour que le Nord redevienne un allié sans que ce satané Empire ait l’air de s’emparer du Val. A vrai dire, elle n’en avait pas encore une idée très précise, Il semblait maintenant évident qu’elle ne pourrait pas compter sur ses charmes comme lors de leur premier rapprochement. Vue l’issue de cette aventure, peut être était-ce mieux ainsi. Mais la brune restait prête à tout pour éviter de faire de cet Empire naissant et pourtant déjà puissant un ennemi et pour assurer l’avenir de ses fils et de son cher pays.
Le Val prévaut pensa-t-elle avec un pincement au coeur. Elle retint un sourire en se répétant cette phrase chère à Garth avant de sourire finalement à Torrhen.

__ Dînons, donc.

Il devait avoir une faim de loup !


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MessageSujet: Re: The Grace and the Might [Tour V - Terminé]   Jeu 2 Nov - 23:01

La souveraine est impeccable, comme toujours. Je comprenais à nouveau ce qui avait poussé tant d’hommes, selon la rumeur, à lui succomber. Moi-même, je n’avais pas été insensible à ses charmes. J’avais l’impression que ça remontait à une vie, alors que ça ne datait que de quelques mois. La Reine du Val vient en tout cas parée de ses plus beaux atours, luxe non flamboyant mais finement étudié pour mettre chaque partie d’elle en valeur sans ostentation ; elle n’était pas de ces femmes qui se paraient richement mais de ces femmes déjà riches d’être belles avant d’avoir à enfiler le moindre vêtement ou bijoux. Sharra baisse les yeux et s’incline à son tour, non sans que je le fasse avant elle. Je me demande à quel point ce simple geste de sa part est empreint de respect, ou à quel point il est guidé par la gêne de voir ce que je suis devenu. Mais je porte ces stigmates comme je portais autrefois mon visage, j’ai conscience de ce que j’ai perdu mais je ne peux rien y faire. Rien si ce n’est ruminer le prochain champ de bataille, la prochaine campagne, mon prochain mouvement. Sharra est formelle, quand elle s’adresse à moi. Nous avons des témoins. Cela ne produit en moi que des souvenirs de mots susurrés, murmurés au creux de mon oreille alors que son corps est nu et chaud contre le miens. Une erreur. Nous étions allés trop vite en besogne, alors que nous n’avions encore prouvé l’alliance dans aucun fait, et ne l’avions consolidée dans aucune épreuve. Je note le « enfin » mais le lui concède. Et voilà qu’elle me fait part de son constat sur ma dernière aventure, cette fois militaire.


| Vous jugez bien, Votre Majesté. Les rigueurs de la guerre se sont rappelées cruellement à tous les participants de la bataille, la plus grande et la plus terrible qu’ait connu Westeros depuis bien des générations. Mais la guerre continue et mon apparence n’est que de peu d’importance au regard de l’enjeu. |


Je sentais qu’elle pensait plutôt que j’aurais dû y mourir, à Buron. Cela aurait été plus simple pour elle autant que pour son royaume que je reste enseveli sous les corps des mourants et sous une belle épaisseur de neige et de sang. Le Val y aurait perdu un voisin en passe de devenir plus puissant que le précédent, et Sharra y aurait perdu un ancien amant encombrant au vu des circonstances. Qu’espérait Sharra de cette entrevue ? Je n’en savais rien. Je n’avais pas su percer ses pensées, lire son âme. J’en avais été incapable. Je ne pouvais pas lui jeter la pierre malgré tout, car moi aussi j’avais compté sur notre rapprochement pour m’assurer de la position du Val. Autant dire que j’étais de toute évidence aussi bon amant que diplomate. Maintenant, c’était trop tard pour revenir en arrière ; le Val s’était éloigné, et s’était rapproché de l’Ouest qui n’avait pourtant rien fait pour aider à sa protection. Il en allait ainsi des alliances. Père me l’avait expliqué, jadis, et c’était pour cette raison que j’étais resté le plus longtemps possible en dehors de la diplomatie de Westeros ; le Nord n’avait pas grand-chose à y gagner. Alors que nous marchons en direction des appartements qui me furent attribués, suivis par nos gardes respectifs, la souveraine du Val me fit une petite leçon de diplomatie, qui fendit ma barbe d’un léger sourire alors que je finissais malgré tout par lui présenter mon bras. Pas de politesses et proximité inconvenantes, mais je lui faisais comprendre que je ne me déroberais pas plus aux usages. Quand bien même celui lui permettrait de sentir que mon bras gauche, ainsi plié, tremblait légèrement.


| Dans ce cas ma Dame, vous connaissez déjà où irait ma préférence. Le repos se mérite, tout comme la victoire et la paix. |


Ah, on commençait dans le registre des sous entendus. Ce n’était pas une mauvaise chose. Ils permettaient parfois de lisser une pensée un peu trop abrupte. Nous avançons encore au bout de deux couloirs, et pénétrons dans une petite pièce attenante à mes appartements, plus proche des escaliers et donc de la nourriture. Un feu brûlait, vivace, dans la cheminée à gauche de la tablée, dressée à grands renforts d’argenterie Tully, puisque nous n’avions pas encore eu le temps d’en faire frapper du blason Braenaryon. Des chandelles achevaient de donner de la lumière à la pièce. J’indiquais la place du fond, la plus proche de la lumière de la fenêtre, car la lune perçait ce soir les nuages, tandis que j’indiquais aux gardes qu’ils pouvaient attendre dans le couloir ; une discussions à huis clos n’avait pas besoin de témoins, aussi féaux soient-ils. Je recueillais d’abord l’assentiment de la Reine du Val d’une interrogation du regard, avant de laisser entrer à notre suite des serviteurs qui servirent en apéritif un de ces vins sudiens épicé ; on voyait de légers grains noirs en dépôt dans le fond des coupes d’argent. Je levais ma coupe en direction de Sharra, de mon côté de la table, une fois les serviteurs sortis.


| Après une épreuve telle que fut Buron, j’ai bien envie de trinquer à la vie, votre Grâce. |


Je trempe mes lèvres dans le breuvage, puis m’éponge la barbe du coin d’une serviette en tissu brodé de la truite ; j’avais encore du mal à boire et à manger avec la cicatrice qui m’étirait légèrement le coin des lèvres. Je baissais alors les yeux, puis reposais le torchon.


| Et bien maintenant que je suis là et vous aussi, ma Dame, parlons. Qu’êtes-vous venue faire à Vivesaigues ? Vos derniers courriers étaient pourtant peu ambigus ; pas question de rejoindre l’Empire et pas question non plus de nous soutenir ou de nous aider de quelque manière que ce soit. Qu’êtes vous venue faire si loin de chez vous, en compagnie d’un vieux loup défiguré et de sa bande de soudards ? |







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MessageSujet: Re: The Grace and the Might [Tour V - Terminé]   Dim 12 Nov - 11:49



Sharra Arryn


Sharra Arryn est arrivée trois semaines plus tôt à Vivesaigues, entourée d’une escorte conséquente. Venue parlementer avec l’Empereur, elle a dû attendre durant le départ de ce dernier pour Buron, puis elle l’a cru mort et enfin, lorsqu’il est revenu, les pires rumeurs couraient sur son état de santé. Entretemps, les jours passant, elle échangea avec ses hôtes, du moins ceux en état pour l’accueillir, pour la faire patienter. S’attendant à un énième ajournement, elle fit une nouvelle demande auprès de l’Empereur que l’on disait mutilé, agonisant, et fut surprise d’apprendre qu’il acceptait l’entrevue ou plutôt que « son état lui permettait des visites ». Alors que quelques flocons épars tombent sur la forteresse, la Reine gravit alors les marches menant aux appartements privatisés pour l’Empereur, ne sachant dans quel état de corps et d’esprit elle allait retrouver son ancien amant.




Sharra se souvenait elle aussi, mais les plaisirs charnels n’avaient pas droit de citer sur le plateau de Cyvosse à présent bien mis à mal par la guerre et par l’hiver. La survie du Royaume du Val et le bien-être de son peuple étaient en jeu. Les cartes avaient été rebattues par la naissance et l’avènement de l’Empire, elles auraient pu l'être à nouveau avec la mort de Torrhen. Mais il était bel et bien là, toujours debout, tel le Roc qui l’avait séduite et qu’elle aurait été prête à épouser, tant par intérêt que par affection, s’il n’en avait choisie une plus jeune et plus belle.

__ Votre apparence n’est que le reflet de votre combat, votre visage me reste familier et vous êtes toujours Empereur. Dit elle en le regardant brièvement avant de continuer droit devant, le menton fier et la poitrine royale.

Lorsque l’Empereur lui présenta son bras, la Reine mère du Val sourit légèrement sans regarder Torrhen avant de poser délicatement sa main sur le bras tendu. Elle sentit le tremblement et se demanda un instant si il était toujours l’homme qu’elle avait connu ou si tout cela n’était qu’apparence. peut-être lui avait-on donné certaines potions pour qu’il tienne debout. Il était certain que sa mort aurait simplifier les choses, un belligérant de moins en Westeros, c’était toujours ça de gagné, mais elle aurait tout de même été triste de perdre celui-ci.

__ La victoire et la paix sont deux choses distinctes, je crains parfois que vous ne les confondiez, je n’ai personnellement rien à gagner dans la guerre, la paix m’est trop précieuse.

La gracieuse dame du Val et de la Montagne entra dans la pièce et se dirigea vers la place du fond indiquée par Torrhen, attendant que des serviteurs viennent l’aider à prendre place. Elle hocha la tête en signe d’assentiment lorsqu’il se débarrassa de leurs gardes respectives. Puis, elle posa son regard sur tous les petits détails qui en faisaient l’ambiance générale. Très chaleureuse. Peut-être n’avait-il pas totalement oublié leurs ébats, malgré ce qu’il tentait de lui faire croire. Elle retint un sourire, mais l’amertume lui fit vite oublier ce petit moment de joie. Car malgré la vaisselle aux couleurs des Tully, elle n’oubliait pas que, bien qu’ils n’aient pas encore d’objets frappés de leur sceau, il n’était plus Torrhen Stark, Roi du Nord, puissant veuf, mais Torrhen Braenaryon, Empereur des Sept Couronne, marié à une belle et jeune Reine dragon. Elle soupira en regardant tristement le feu danser dans l’âtre, puis se ressaisit et, levant sa coupe, elle offrit son plus beau sourire à son ancien amant.

__ A la vie, votre Altesse, à la vie.

Sharra but une gorgée, puis regarda furtivement les grains noirs qui se déposaient au fond du verre. Elle pensa un instant à du poison, mais elle noya cette pensée dans une seconde gorgée de ce vin épicé qui lui réchauffait le corps. Il ne pouvait pas faire ça, pas lui, pas ici, pas dans ses circonstances, il ne pouvait pas être tombé si bas, et franchement, il avait plus à y perdre qu’à y gagner. Mais si tel était le cas, alors Ronnel aurait les réponses qu’il attendait et le doute ne serait plus permis. Si elle devait mourir ici et maintenant, elle savait que ce serait pour la bonne cause et que Garth saurait prendre soin de son Roi et de sa nouvelle Reine. Elle n’avait pas peur, dans ses yeux brillaient une lueur de défi, la lune immaculée éclairait ses traits, les faisant paraître plus blancs et plus lisses. Elle se glissait sur sa peau, sur ses pommettes, dans le creux de ses joues, donnant aux ombres et aux lumières plus de contraste et de magie.

La brune leva lentement les yeux vers Torrhen.

__ J’avais envie de dîner à nouveau avec vous… Sourit-elle.

Sharra Arryn posa ses épaules sur le confortable dossier du fauteuil.

__ Il n’est toujours pas question de rejoindre l’Empire, nous tenons à notre souveraineté. Quand à vous soutenir ou vous aider, cela reviendrait à tendre la main à un ennemi potentiel. Après tout, votre jeune épouse ne cache pas ses ambitions. Et vous ? Quelles sont les vôtres ? Je vois ce que Rhaenys vous a apporté dans la guerre que vous menez contre Harren, mais cet Empire ne vous a-t-il pas pris plus qu’il n’aurait dû, comme enlevé un bout de votre âme ? Vous vous êtes engagés dans un combat que je comprends, mais que je ne saurais approuver. Je sais tout le tort qu’Harren vous a fait, je sais tous les morts passés dans ses attaques incessantes. Nous avons aussi été les cibles de ses rêves de grandeur et d’unification de tout Westeros sous sa bannière, je sais l’enjeu. Mais vous semez, tout comme lui, des milliers de cadavres, de veuves et d’orphelins, de champs qui n’auront plus d’hommes pour les labourer. A quoi cela sert-il de se battre ainsi pour le bien du peuple quand le peuple que vous voulez sauver n’obtient que la mort et la famine dans cette guerre ? Que pensez vous qu’il restera après tout cela ? J’ai l’impression que vous le rejoigniez dans sa folie et je suis venue en terrain hostile, au milieu d’une guerre que je me serais passée de voir pour en avoir le cœur net.



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MessageSujet: Re: The Grace and the Might [Tour V - Terminé]   Mar 14 Nov - 23:19

Les choses ne pouvaient plus qu’être compliquées, maintenant, entre la Reine du Val et moi. Nous n’étions plus sur la même longueur d’ondes. Loin de là, même. Elle défendait un royaume isolé par l’Empire que je fondais et défendais, et elle n’avait de cesse de chercher, d’après la rumeur, des soutiens à l’étranger pour empêcher le territoire des Arryn de tomber dans mon escarcelle. Forcément, nous allions tous deux faire très attention, tant à nos mots qu’à nos postures. Nous ne pouvions faire autrement. En vérité, je me serais sans doute très bien passé de cette ambassade. Quelles clarifications le Val attendait-il de ma part ? La seule chose que je savais, c’était qu’Harren était là, dehors, et qu’il courrait toujours. Mes fils étaient sur le pied de guerre, ma fille mariée à des étrangers sans foi ni loi, et de mon côté j’avais encore failli mourir sur le champ de bataille. Le Val n’avait pas voulu nous rejoindre. En vérité, il n’avait pas voulu grand-chose. Il s’était contenté de faire le dos rond en attendant que l’orage passe tout autour de ses frontières, sans mauvais jeu de mot. J’ai un mince sourire, un rien ironique, alors qu’elle me retourne pourtant un compliment.


| Si mon apparence est le reflet de mon combat, alors je plains mes soldats, ma conduite de la guerre ne doit pas leur être particulièrement tendre. |


Et c’était le cas de le dire. Combien de nordiens étaient morts, parmi les quarante mille qui avaient dû être touchés, blessés, prisonniers, disparus sur l’année écoulée ? D’une des premières armées de Westeros, mon royaume avait désormais en propre une armée somme toute dérisoire. Hum. J’allais un peu vide en besogne. Pas si dérisoire que cela, ni en nombre ni en force. Certes, j’avais dû recruter par anticipation des classes plus jeunes, et remettre en garnison des classes plus âgées. Mais le Nord restait maître du champ de bataille malgré l’échec de Buron, aucune armée ne l’avait détruit malgré les difficultés qui étaient les nôtres. J’accuse le sous-entendu, alors que nous cheminons jusqu’à la tablée.


| Pas si la victoire doit donner la paix. Et s’il nous reste du travail à accomplir, j’ai bon espoir de parvenir à rester plus de quelques semaines au même endroit, de regarder mes enfants et petits-enfants grandir. |


En vérité, je savais déjà au fond de mes tripes que cette vie-là, que cette attente, ne me satisferaient guère. J’étais fait ainsi, depuis trop longtemps sur la route pour savoir comment vivre autrement qu’avec le ciel au dessus de la tête, un simple feu de camp pour me réchauffer, la venaison du commun pour me nourrir et quelque femme non loin pour ne pas mourir de froid la nuit venue. Je me demandais à quel point Rhaenys était, elle, sédentaire. La souveraine finit par trinquer avec moi lorsque nous arrivons enfin dans la salle où nous allions dîner. Elle porte son verre à la vie. Et la dévisageant du regard, je me fais fort de la bousculer dès à présent, juste avant qu’elle n’entame l’explication de la véritable raison de sa venue. Ma coupe levée, je trinque à la vie et elle continue sur cette lancée.


| Et à celle que porte dame mon épouse, car j’ai l’immense plaisir que de vous annoncer qu’elle porte notre premier enfant. |


Je m’avançais, sans doute. Il n’était pas de bon ton d’annoncer une grossesse, bien que celle-ci date très probablement de notre nuit de noces ou d’un rien avant cela. QUoiqu’il en soit, c’est une information importante et je poursuis deux objectifs en faisant cette révélation sous couvert d’un simple toast. D’une part, je souhaite qu’elle soit confrontée à la solidité de mon mariage avec Rhaenys, et à la consolidation de la maison impériale, sinon de l’Empire lui-même. De plus, je ne souhaite non pas la mettre en concurrence avec Rhaenys, mais souligner le poids assumé de mes actes, sous-tendant qu’il pourrait en être autrement pour elle. Je lui laisse le loisir de me surprendre, même si je serais prêt à parier que nulle jalousie ne transparaitrait ses propos ; Sharra Arryn était trop douée pour cela. Elle avait cru me tenir, mais s’était fourvoyée. Non sur ses charmes, mais sur mes propres faiblesses.


Je bois mon vin, elle le sien, et me dit combien elle avait envie de dîner à nouveau en ma compagnie. De fait, nous l’avions fait plusieurs fois. Lors de rencontres privées en marge du Conclave de Goeville, et au Banquet du mariage de ma fille même s’il y avait auprès de nous nombre d’invités. Je la laisse donc pour de bon entamer le ballet diplomatique qu’elle est venue entreprendre ici. Ainsi, elle joue la carte de la Reine pacifiste et veuve éplorée ? Soit. Je repose ma coupe, vaguement repu mais concentré.



| L’apanage des femmes est de se poser en défense de la paix, de la veuve et de l’orphelin. Mais voici huit mois, ne complotiez-vous pas vous-même, la chute d’Harren et l’implication militaire du Val à mes côtés ? Le fait est, Votre Grâce, que l’Impératrice et moi-même partageons buts de guerre et aspirations pour l’Empire, telles qu’elles sont décrites dans la Constitution que nous vous avons fait parvenir. La proposition qui vous est faite, malgré les griefs personnels que nous avons, est la même que celle faite à ceux qui ont risqué bien plus que vous pour nous soutenir ; la paix protégée par tous les royaumes et non la force d’un seul, une égalité de représentation et de décision, et la justice pour tous selon vos propres lois. Je pense que l’arrangement est plus en votre faveur finalement qu’au mien ; nous savons tous deux que vous jouirez plus que jamais du commerce au sein d’un Empire unifié alors que ce sera à moi de braver sur le champ de bataille tous ceux qui voudraient vous menacer. L’idée vous plaisait autrefois, de m’avoir pour champion. Que nous reste-t-il à discuter alors, dans ce repas ? Je n’arrêterais pas la guerre en cours contre Harrenhal et ses soutiens du Bief et vous ne nous rejoindrez pas ; je pense qui plus est que vous serez bien plus convaincue par les faits que par les mots. |







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MessageSujet: Re: The Grace and the Might [Tour V - Terminé]   Mer 22 Nov - 9:22

The Grace and the Might.La salle était comme à son habitude sobre, ne voulant en rien imposer où asseoir un pouvoir. Quelques bannières d’usage dans une aile parée pour lui et les siens trônaient fièrement de ça et là, laissant voir le nouvel emblème qu’il brandissait fièrement à présent. Pendant un bref instant je me surprise à la trouver belle, loin de l’ombre sanglante dont elle érigeait le solvant ou la froideur dont elle semblait vouloir évoquer. Le rouge trop vif appelait l’œil et le noir et le blanc l’audace. Un petit sourire se glissa sur le coin de mes lèvres alors que toute à sa voix contenue par ses maux, il entreprenait la suite de la rencontre. était-il si frêle à présent qu’il ne prenait plus le temps et s’engageait directement dans le cœur des choses ? Non ce serait mal le connaître, comme croire qu’il serait capable d’user de poison ou de plier l’échine quand il lui reste encore tant à faire. Quelque part sous les cicatrices et l’usure du temps je ne pouvais que voir le loup noble du nord quand bien même l’avait-il renié pour porter le nom d’une nouvelle maison.

« L’apanage des femmes est de se poser en défense de la paix, de la veuve et de l’orphelin. Mais voici huit mois, ne complotiez-vous pas vous-même la chute d’Harren et l’implication militaire du Val à mes côtés ? Le fait est, Votre Grâce, que l’Impératrice et moi-même partageons buts de guerre et aspirations pour l’Empire, telles qu’elles sont décrites dans la Constitution que nous vous avons fait parvenir. La proposition qui vous est faite malgré les griefs personnels que nous avons est la même que celle faite à ceux qui ont risqué bien plus que vous pour nous soutenir ; la paix protégée par tous les royaumes et non la force d’un seul, une égalité de représentation et de décision, et la justice pour tous selon vos propres lois. Je pense que l’arrangement est plus en votre faveur finalement qu’au mien ; nous savons tous deux que vous jouirez plus que jamais du commerce au sein d’un Empire unifié alors que ce sera à moi de braver sur le champ de bataille tous ceux qui voudraient vous menacer. L’idée vous plaisait autrefois de m’avoir pour champion. Que nous reste-t-il à discuter alors, dans ce repas ? Je n’arrêterais pas la guerre en cours contre Harrenhal et ses soutiens du Bief et vous ne nous rejoindrez pas ; je pense qui plus est que vous serez bien plus convaincue par les faits que par les mots. »

Huit mois en aval j’avais en effet suffisamment de grief envers Harren pour se faire, mais là où il se trompait c’est que son aveuglement à ne pas laisser le sang du nord couler seul avait fait aussi naître une folie aussi sombre en jupons et écailles prête à tout pour faire plier le genou de ses voisins. La nuance se faisant c’est qu’elle était faite femme et donc moins brutale dans ses actes plus malins, si maligne que j’avais été bête d’agir de la sorte en ce temps et me trouvais là à présent face à l’ami d'hier devenu ennemi pour un combat juste sous la couronne d’une certaine injustice. Je me gardais cependant bien d’en dire quoi que ce soit. Remuer le passé avec un homme qui vous en veut encore certainement ne serait pas constructif.

Silencieuse je lissai les pans de ma jupe sous le couvert de ma cape de ma main libre en geste calme. De l’autre je fis danser un moment l’ambre rosé du vin, laissant passé un temps de silence entre ses mots et les sons provenant du feu non loin. Mes iris glissèrent sur lui pour se fendre sur ses plaies encore trop jeunes et je me redressai.

« Il fut un temps où les faits en effet auraient sûrement suffis, mais vous comme moi n’en sommes plus là. J’aurai pensé que vous clarifiez les raisons qu’auraient le Val à vous rejoindre hors votre bras pour le défendre là où il n’a pour le moment nul besoin de l’être. Peut-être demain cela le sera, mais à ce jour, il n’est point question de guerre de notre côté, notre neutralité et la paix qui règne en nos terres le prouve. Vous avez refusé de venir en demandant à ce que nous venions à vous, c’est chose faite et s’il n’y a rien à en dire qui puisse remplir le temps d’un dîner, alors je pense que je vais vous laissez vous remettre de vos maux, je ne voudrais pas être la cause d’une rechute. Mais sachez Torrhen qu’en bonne preuve de notre désir de paix, nos croisés n'ont pas fondus sur le nord comme il nous le fut demander, que nous avons fait un pas vers vous par ma présence et que j’entends vos exigences et déplore que vous ne preniez le temps de nous les expliquer de votre bouche. C'est sûrement du à votre état de fatigue, ce que je puis comprendre, et vous offre d’ajourner de ce fait notre rencontre. Ou est-ce dû à notre passif commun où nous avons malheureusement dû faire des choix compliqués ? » Je déposai la coupe sur la table en douceur dans un geste gracieux.

« Il est rare de rencontrer un homme qui connaît le véritable prix du sang versé. Les gens glorifient la guerre ou déclarent qu'elle les dégoûte. Les deux attitudes sont commodes, quand on ignore le poids de la culpabilité et des responsabilités. Vous les connaissez et pour cela, je vous ai dès le premier jour respecté et c’est pourquoi il fut un temps où vous avoir pour champion était la plus sage des décisions. Vous êtes un expert dans l'art de tuer, maître de la survie et roi valeureux reconnu de beaucoup, moi la première, craint et sûrement détesté de vos ennemis, mais pas de moi Torrhen... Bien que j'en sache si peux sur l'empereur. Et bien que, je sois ravie de redécouvrir que vous n'y prenez toujours aucun plaisir, que l’homme est resté égal et que vous seriez tout disposé à tuer nos ennemis que nous n’avons pour le moment pas et trouverions en venant sous votre nouvelle maison impériale, je reste cependant réservé. Certes nous pourrions commercer avec vos fédérés, plus librement, mais à quel prix ? Si nous devons échanger la paix de nos terres, contre le poids du sang ? Par le passé nous étions tout à fait disposés à comploter aux côtés de votre ancienne régence. On connaissait le loup et sa valeur, bien moins le dragon, mais passons, il n’est plus question de cela depuis lors, vous n’êtes plus loup. »

Je fis quelques pas vers la cheminée, quelques souvenirs inopportuns viennent quelques secondes assombrir mon regard, que je repoussais vivement en plantant mes yeux dans les quelques flammes.

« Qu’ils furent hier ou aujourd’hui nos déférents sur ce point n'ont pas place ce soir tout comme vos propres actes passés, ou les miens, car il me semble que vous n’êtes plus le nord, et votre épouse dont je félicite l’enfant à venir n’est plus le dragon… » Je marquai un temps de silence, jouant un instant du fait qu’il avait renoncé à son royaume au bénéfice sur fils, mais qu’elle en revanche n’en avait rien fait. Je n’avais pas vu de nouveau roi en titre du Pyredragon dans les nombreux souverains fédérés. Mais je n’en pipai pas mots, reprenant d’une voie calme et amicale.

« J’aurai sûrement à répondre de ses choix avec le nouveau roi de ce noble royaume anciennement allié. » Je glissai doucement mes mains au-dessus du feu. « Présentement, j’aurai aimé avoir de votre bouche, les avantages réels d’une alliance entre le Val et ce jeune et puissant empire dont vous êtes le bras armé et l’empereur incontesté et voisin de notre Royaume, si votre missive évoquait un possible rapprochement, ce soir il me semble à vos mots que vous ne l’entendez plus ainsi, que vous attendez plus de réponses que vous n’en offrez, Torrhen, pourtant votre invitation parlait bien d’alliance et non de reddition ? » Je me tournai vers lui d’un mouvement calme. « Car sauf erreur, nous ne sommes pas votre ennemi et vous ne vous êtes pas déclaré comme le nôtre. » J’opposai à ses mots les miens le tout dans un ton aussi doux que par le passé, sans la moindre froideur ou défiance. Reine jusqu’au bout des ongles, je n’entendais pas me justifier sur mes choix passés quand j’étais venue à lui pour l’écouter sur ses choix présents et simplement répondu à son invitation, n’y trouvant aucune raison à poursuivre selon lui, si ce n’est me faire éconduire sans douceur.
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MessageSujet: Re: The Grace and the Might [Tour V - Terminé]   Mer 22 Nov - 23:43

Je mets Sharra Arryn devant une partie de ses propres contradictions, convaincue comme elle semble l’être d’avoir toujours gardé le même cap, la même politique, alors que nous savions tous deux que c’était faux, que c’était une illusion et que c’était même pire que ça ; un véritable mensonge. Quoiqu’il en soit, je commence à être rôdé aux rencontres diplomatiques et je sais très bien que chacun des deux partis espérait tirer à lui la totalité de la couverture ou à tout le moins, la plus grande partie. Je ne me sentais pas bien disposé, vis-à-vis du Val. Pour quantité de raisons. Sans doute la pire était-elle aussi la plus personnelle. Sharra Arryn m’avait manœuvré et s’était même donnée à moi, attendant ensuite que cela lui donne un avantage sur la Reine de Peyredragon, que je ne connaissais pas encore. M’avoir cru si faible, à l’honneur si vil qu’il pouvait être acheté par une paire de belles prunelles, était une insulte faite plus encore à mon intelligence qu’à mon honneur. Mais non, en fait, ce n’était pas le pire. Je sentais viscéralement la rancœur me gagner à propos du pays Arryn, lorsque je repensais à Jon et à ses dix mille hommes envoyés en diversion dans le nord du Conflans sur la foi d’un engagement solennel de la Reine du Val… Sur lequel elle était revenue, ajoutant conditions à sa parole pourtant déjà donnée. Les choses ne se faisaient pas comme ça, au Nord du Neck. Et ce mouvement tout comme d’autres avaient fini par me décider à ne pas faire simplement jeu égal avec Harren, mais à vouloir aller plus loin. L’idée de l’Empire était venue après le Val, et l’ironie de l’histoire fut que j’avais eu moi-même à décider à nouveau Rhaenys, que j’avais initialement décidée à se limiter à sa seule vengeance. De quoi le monde était-il fait, si ce n’était de bouleversements ?


La Reine du Val me dévisage. Elle me jauge. Elle veut connaître l’emprise réelle qu’a Rhaenys sur moi, elle veut connaître aussi l’abîme réel de ma rancœur et de mon ressentiment. Je ne jouais pas, pour le moment, à masquer les émotions qui me venaient naturellement. Je restais frais, mais pas encore tout à fait froid. D’infimes mouvements impriment une espèce de malaise que ressentirait la Reine en ma présence, et elle s’attarde sur sa robe autant que sur son verre, avant de parler à son tour. Je saisissais le premier argument au vol, mais j’avais tout de même la correction de d’abord la laisser terminer son discours. Je hochais la tête, au rappel des croisés qui ne nous avaient pas combattus. En revanche, je ne peux laisser passer la saillie sur mon état.



| Vous semblerais-je moins déterminé qu’après avoir croqué quarante mille sauvageons, Votre Grâce ? Il ne me semble pas l’être. Mon corps affiche quelques balafres supplémentaires mais c’est peu de choses compte tenu de l’enjeu. Ici comme en bien d’autres endroits, des gens se battent et meurent pour un idéal. Ne retournez toutefois pas la situation ; je vous ai fait parvenir copie de la constitution en vous laissant libre choix d’y adhérer, et vous m’avez demandé de vous envoyer des plénipotentiaires. Le loisir ne nous en a pas été laissés par la guerre, mais c’est bien vous qui êtes à l’initiative de cette rencontre, et non moi. Je n’ai pas oublié le temps cruellement perdu aux Eyriés. |


Je passais pour le moment sur sa réclamation à propos de la constitution ; si celle-ci ne l’avait pas intéressée de prime abord, je n’avais qu’assez peu confiance en ma verve pour la convaincre. D’autant qu’elle était maintenant Reine-Mère et plus Reine dans les faits. Oh, je la connaissais assez pour savoir qui tenait toujours vraiment le Val, mais elle n’avait malgré tout pas la même stature que lors de notre précédente rencontre. Pour avoir le Val, il faudrait la convaincre, mais pas seulement elle, désormais. J’encaisse l’insulte du « vous n’êtes plus loup »… Dix secondes, avant de répliquer, frontalement.


| Et vous n’êtes plus la Reine. Les temps changent, mais les gens, rarement. Je suis toujours le même, bien qu’un peu plus abîmé à chaque bataille. J’ai détruit l’ennemi à Paege et ai réveillé un royaume sous le joug depuis des siècles. J’ai rassemblé les nordiens aux orageois, aux peyredragoniens, aux gens de la Néra et du Conflans. J’ai plus accompli en six mois de temps l’impensable. Et ce n’est pas fini. Oui, si le Val nous rejoint il saignera le temps de l’emporter sur Harren et sur le Bief, comme nous tous. En égaux. Vous avez lu la constitution, majesté. Vous savez que le Val aura la même voix au chapitre que le Nord, le Conflans, Peyredragon ou l’Orage, et mon seul véritable pouvoir consiste à trancher les différents pour éviter tout futur conflit. C’est ça, la guerre que je mène. La dernière guerre. Une grande et terrible guerre, mais je ferais tout pour qu’un tel bain de sang n’ait plus jamais nécessité. |


Je la regarde se déplacer, signe de sa gêne, de son embarras, de sa réflexion. Elle accueille mal l’idée que j’ai su concevoir un enfant de Rhaenys, aussi vite. Je ne pense pas qu’il s’agisse de jalousie ; Sharra avait déjà ses enfants qu’elle défendrait envers et contre tout, et j’étais certain que si elle avait apprécié les moments passés ensemble, nous ne nous étions pas aimés. Pas assez en tout cas, pour ne pas envisager de nous retourner l’un contre l’autre. Je continue de la regarder de façon neutre, ne l’encourageant pas et sans la menacer.


| En effet, nous ne sommes pas ennemis. Pas encore, mais le feu de la guerre couve partout. Et demain ? Qui sait ? Il y a un an nous parlions de combattre ensemble le Conflans et aujourd’hui, même si vous les tenez, des fanatiques réclament ma tête. Mon sang n’a fait qu’un tour lorsque la vie de mon fils et de dix mille compagnons fut menacée par votre revirement. Qu’importe la raison, quand on donne sa parole, dans le Nord, il est impossible d’y circonvenir, et « Aussi Haut que l’Honneur » n’a jamais été si peu mérité que ce jour-là. Ma parole, lorsque je la donne, je ne la reprends pas. |


Je savais bien que tout serment de souverain était toujours conditionné par la réalité politique, mais il n’en restait pas moins que certains usages devaient perdurer pour éviter le chaos. Je me resservis depuis la cruche, entendant des bruits dans le couloir, signe que la première entrée serait bientôt servie. Et resservais celle qui fut ma maîtresse, une des plus agréables, alliée devenue rivale politique.


| L’Empire, c’est la garantie que le Val ne sera plus jamais envahi par quiconque, ou si c’était le cas, défendu par tous ses voisins, coalisés et commandés par la maison impériale pour en sauver l’intégrité. Vous gardez une large autonomie en matière de justice, tant que vos lois ne contredisent pas quelques grands principes humains et religieux, comme la tolérance de culte. Chaque loi imposant quoique ce soit aux royaumes est votée par les souverains de chaque puissance fédérée ou leurs envoyés. La voix du Val vaut donc autant que celle de ses voisins. Le couple impériale vote également, mais il ne peut pas réunir plus de pouvoirs ou de lois que ce qu’autorise la constitution. Finalement, l’autorité impériale sert à garantir l’intégrité de la fédération, à protéger le commerce et la bonne entente, à assurer un rien de protection militaire et judiciaire. Si vous rejoignez l’Empire, vous rejoignez un marché où sont déjà réunis quatre royaumes industrieux, et le commerce sera bien vite florissant. L’impôt impérial est moins important que les impôts de chaque royaume, et sert à financer les dépenses communes ; entretien des troupes et flottes, ambassades, ce genre de choses. La maison impériale ne dispose pas de ces financements en propre, et ne peux les utiliser pour s’enrichir. Pour notre propre subsistance, nous avons convenu avec les souverains fédérés de nous établir dans la région de Salins, près de chez vous. Et si c’est cela qui vous inquiète, lorsque nous couronnons un Roi Fédéré, nous lui garantissons la perpétuité de son nom et de son titre. Une cinquième puissance en devenir nous rejoint. Westeros suit le mouvement, de plus en plus. Rien ne pourra arrêter l’unification, Sharra. Si ce n’est pas nous, ce sera Hoare ou Hightower. Soyons pragmatiques ; quel intérêt auriez-vous à vous isoler de tous vos voisins directs, de ce formidable marché, d’une paix promise ? Ne confondez pas « Aussi Haut que l’Honneur » avec « Aussi Haut que la Fierté ». Je suis tombé d’aussi haut que la mienne, après Buron. Et je sais qu’on ne s’en relève que difficilement. Mais j’ai tous ces royaumes désormais, pour me soutenir. |







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MessageSujet: Re: The Grace and the Might [Tour V - Terminé]   Jeu 23 Nov - 19:54

The Grace and the Might.| Vous semblerais-je moins déterminée qu’après avoir croqué quarante mille sauvageons, Votre Grâce ? Il ne me semble pas l’être. Mon corps affiche quelques balafres supplémentaires mais c’est peu de choses compte tenu de l’enjeu. Ici comme en bien d’autres endroits, des gens se battent et meurent pour un idéal. Ne retournez toutefois pas la situation ; je vous ai fait parvenir une copie de la constitution en vous laissant libre choix d’y adhérer, et vous m’avez demandé de vous envoyer des plénipotentiaires. Le loisir ne nous en a pas été laissé par la guerre, mais c’est bien vous qui êtes à l’initiative de cette rencontre, et non moi. Je n’ai pas oublié le temps cruellement perdu aux Eyriés. |

Mon attitude ne cachait rien de ma tension, sans doute aurait-il fallu que je me pose en statue de marbre sur le siège offert, coupe en main à attendre sagement que sortent les rancœurs ou les mots, mais ma patience avait été mise à l’épreuve d’une trop longue attente à la limite de l’insulte. La Val et mes fils seraient et avaient toujours été la priorité sur tout. Sur les affaires plus personnelles de cœur ou sur ma fierté cruellement mise à terre bien avant que le poids de la couronne vienne l’enfoncer un peu plus profondément. Je laissai donc parler mon corps par une main qui lisse ma jupe, cherche un contacte moins glacial ou un regard qui se perd dans les flammes ou le passé. J’écoutais les sons qui nous entouraient, et analysai son état. J’avais aussi ma rancune à tenir. Il m’avait plus que de raison blessé sans même s’en douter ou sans prendre la moindre grâce à l’envisager. Certes j’avais agi sur le vif de la femme blessée, ou sur la crainte de voir mes fils régis par un titre que je me refusais à reconnaître. Si en ce temps je le connaissais lui, que trop pour ne pas m'être brûlée les ailes. Elle en revanche n’était pas ce qu’on peut appeler d’intime. Je m’étais refusée à lui offrir crédit et bénéfice au seul titre de promise d’un homme que j’appréciais. J’aurai sûrement pu agir d’une façon plus courtoise, mais je n’en avais rien fait, j’avais simplement laissé parler les faits aux usages et aux vues de tous.

| Et vous n’êtes plus la Reine. Les temps changent, mais les gens, rarement. Je suis toujours le même, bien qu’un peu plus abîmé à chaque bataille. J’ai détruit l’ennemi à Paege et ai réveillé un royaume sous le joug depuis des siècles. J’ai rassemblé les nordiens aux orageois, aux peyredragoniens, aux gens de la Néra et du Conflans. J’ai plus accompli en six mois de temps l’impensable. Et ce n’est pas fini. Oui, si le Val nous rejoint il saignera le temps de l’emporter sur Harren et sur le Bief, comme nous tous. En égaux. Vous avez lu la constitution, majesté. Vous savez que le Val aura la même voix au chapitre que le Nord, le Conflans, Peyredragon ou l’Orage, et mon seul véritable pouvoir consiste à trancher les différents pour éviter tout futur conflit. C’est ça, la guerre que je mène. La dernière guerre. Une grande et terrible guerre, mais je ferais tout pour qu’un tel bain de sang n’ait plus jamais nécessité. |

Il m’avait laissé parler sans ciller, sans réaction trop vive, là où pourtant certains traits n'avaient sûrement pas manquer de l’émousser, je pouvais l’entendre à ses réponses en contre temps des miennes. Sa voix parfois rude, parfois plus intime, telle à l’homme qu’il avait toujours été. Je ne pipais plus mouvement, je m’enfermais à nouveau dans mon rôle tenu durant dix-sept années, dont quelques-unes solitaires. Mes iris se glissaient sur l’ombre de son visage, ma tête tenue droite et digne. Mes mains n’avaient pas ressaisi la coupe qu’il venait d’épancher. J’étais simplement spectatrice d’un acte d’histoire, dans lequel je prendrais part d’une façon ou d’une autre.

| En effet, nous ne sommes pas ennemis. Pas encore, mais le feu de la guerre couve partout. Et demain ? Qui sait ? Il y a un an nous parlions de combattre ensemble le Conflans et aujourd’hui, même si vous les tenez, des fanatiques réclament ma tête. Mon sang n’a fait qu’un tour lorsque la vie de mon fils et de dix mille compagnons fut menacée par votre revirement. Qu’importe la raison, quand on donne sa parole, dans le Nord, il est impossible d’y circonvenir, et « Aussi Haut que l’Honneur » n’a jamais été si peu mérité que ce jour-là. Ma parole, lorsque je la donne, je ne la reprends pas. |


Il était en toute somme un homme que j’admirais, il n’aurait pas été roi ou empereur autoproclamé qu’il aurait par sa foi et son mérite gagné sûrement tout autant le respect de ses opposant ou ses alliés. Cette grandeur le rendait dangereux, il aurait été fou de croire que cela endormait mes sens. Mes doigts entrelacés je ne bougeais pas, encaissant telle une forteresse les quelques coups de butoirs bien sentis, notant les idées et les offres. Il avait raison sur bien des points, mais un seul me bloquait sur tous, celui de la confiance qu’on ne se portait plus mutuellement. Certes j’en étais au fait selon son point de vue, mais il n’était pas disculpé de la perte de la mienne pour autant. Il était en ce temps tout aussi engagé dans ses mots que je l’avais été et pas plus victime qu’il ne l’est aujourd’hui, en aucun moment je ne l’avais contraint où forcé. Finalement je laissai un sourire se glisser sur mon visage, doux, calme, sincère.

| L’Empire, c’est la garantie que le Val ne sera plus jamais envahi par quiconque, ou si c’était le cas, défendu par tous ses voisins, coalisés et commandés par la maison impériale pour en sauver l’intégrité. Vous gardez une large autonomie en matière de justice, tant que vos lois ne contredisent pas quelques grands principes humains et religieux, comme la tolérance de culte. Chaque loi imposant quoique ce soit aux royaumes est votée par les souverains de chaque puissance fédérée ou leurs envoyés. La voix du Val vaut donc autant que celle de ses voisins. Le couple impérial vote également, mais il ne peut pas réunir plus de pouvoirs ou de lois que ce qu’autorise la constitution. Finalement, l’autorité impériale sert à garantir l’intégrité de la fédération, à protéger le commerce et la bonne entente, à assurer un rien de protection militaire et judiciaire. Si vous rejoignez l’Empire, vous rejoignez un marché où sont déjà réunis quatre royaumes industrieux, et le commerce sera bien vite florissant. L’impôt impérial est moins important que les impôts de chaque royaume, et sert à financer les dépenses communes ; entretien des troupes et flottes, ambassades, ce genre de choses. La maison impériale ne dispose pas de ces financements en propre, et ne peux les utiliser pour s’enrichir. Pour notre propre subsistance, nous avons convenu avec les souverains fédérés de nous établir dans la région de Salins, près de chez vous. Et si c’est cela qui vous inquiète, lorsque nous couronnons un Roi Fédéré, nous lui garantissons la perpétuité de son nom et de son titre. Une cinquième puissance en devenir nous rejoint. Westeros suit le mouvement, de plus en plus. Rien ne pourra arrêter l’unification, Sharra. Si ce n’est pas nous, ce sera Hoare ou Hightower. Soyons pragmatiques ; quel intérêt auriez-vous à vous isoler de tous vos voisins directs, de ce formidable marché, d’une paix promise ? Ne confondez pas « Aussi Haut que l’Honneur » avec « Aussi Haut que la Fierté ». Je suis tombé d’aussi haut que la mienne, après Buron. Et je sais qu’on ne s’en relève que difficilement. Mais j’ai tous ces royaumes désormais, pour me soutenir. |

La passion domine la raison. Je crains que cette leçon, la plus insidieuse de toutes, que m'a donné ma rencontre avec le loup, elle peut par bien des façons signer notre perte. Bien qu'ils sachent que c'est dangereux, certains d'entre nous ont déjà oublié ce garde-fou. Les diverses factions prétendent agir au nom de la raison, mais je redoute que toutes, par désespoir, aient cédé à la passion. Le Noir, lui-même clame partout qu'il a trouvé une solution. Pendant ce temps, la faux de ceux qui marchent dans les rêves éclaircit impitoyablement ses rangs. Son combat est noble, il est légitime, son envie de vengeance, tout autant. Si nous ne pouvons pas achever les tours de cette guerre, je ne donne pas cher de nous, tous de l’empire qu’on de chacun de ceux et celles qui s’engageaient sur la route de la guerre, pour une paix possiblement éphémère. Hier, encore, j'avais dit adieu à mon père et mon époux pour la guerre, j’ai déposé un baiser sur le front de mes fils au nom de la paix et ai pris la route de terres passablement incertaines. Étais-ce par passion, ou raison ?

Mon cœur silencieux ou sourd saigne encore à l'idée de ne plus les revoir dans ce monde. Combien d'entre nous devront se sacrifier au nom de la raison ? Trop sûrement c’est pourquoi à la guerre j’avais préféré le Val. Hélas, je sais que le prix serait plus terrible encore si nous devions oublier la troisième Leçon trop durement apprise. Quand il eut fini son argumentation, je détournai le regard pour le river sur la fenêtre. Malgré le temps hivernal, le givre frisant les carreaux épais, je pouvais entrevoir les torches des nombreuses troupes récupérant comme lui de lourds combats. Jusqu'à cet instant, je m’étais refusé de penser à eux, autrement que comme des êtres de chair et de sang, des lots d’armes qu’on envoie lutter par quelques lignes écrites sur le papier. Partager l'angoisse des vivant pleurant la perte, en cet instant Rhaénis devait connaître sûrement la peur pour celui à mes côtés comme j’avais connu cela pour Jehan ou pour Smaug et bien d’autres… je me refusais à croire à la leçon dite que pour avoir la paix, il faut la guerre, l’idée me nouait l'estomac. Comme si chaque mot ramenait à la vie ses pathétiques ossements...

Récemment, sur ma route depuis le Val, j’avais fait de nombreuse escales, certaines à la périphérie de petites villes, il m’avait été rapporté que la venue de l’empire avait fait naître la crainte d'un exode hivernal, certains avaient parlé avec les gens qui quittaient les menues cités à la hâte. Ceux-ci désireux de connaître le motif de leur exil, avaient entendu des hommes morts de peur leur assurant qu'ils connaissaient la vérité : que l’empereur parti, comme Hoare en son temps, il ne resterait que peine et disette, qu’à tour de rôle, un monstre remplacerait un autre et qu’on les étriperait pour se divertir, d’un côté ou d’un autre. Afin d'appuyer leur thèse, ces malheureux répétaient de vagues rumeurs avec l'assurance de témoins de première main. Torrhen avait réduit des enfants en esclavage, les arrachant à leurs parents. Harren, véritable vipère lubrique, quant à lui changeait de compagne plusieurs fois par nuit, jetant ensuite ses victimes à la rue sans même leur rendre leurs vêtements. Pire encore, selon des sources bien informées, les fruits des viols fer-nés quant à eux donnaient immanquablement des bébés difformes et pervers à jamais contaminés par la semence de démons. Certains, parmi les plus exaltés, étaient allés jusqu'à leur cracher dessus, dégoûtés par tous ces crimes. S’ils étaient un tel monstre, avait argué Sharra à son interlocuteur, pourquoi osaient-ils lui parler si franchement ? Il lui avait alors répondu que ceci était parce qu'il ne leur ferait jamais de mal en public, que le nouvel empereur, bien entendu ! Soucieux de passer pour un être doux et compatissant, se gardait bien de commettre ses turpitudes devant témoins. Eh qu’ils laissaient tout ceci derrière eux, qu’en ce qui les concernait, ils avaient perdu, car leurs femmes et leurs enfants seraient bientôt hors de portée de ces manigances !

Toute tentative vaine de rétablir la vérité encouragée ou de l’entendre de la part de ces fuyards bien trop accrochés à leurs fadaises aurait était vaine. Dupes alors qu’ils clamaient que des faits rapportés par tant de personnes ne pouvaient pas être faux. Un ou deux individus pouvaient se tromper, pas des centaines ! Enfermés dans leur prison d'angoisse et de mensonge, ces gens n'étaient plus accessibles à la logique. Un seul désir les animait encore : fuir des terres devenues un enfer, et courir se réfugier sous l'aile du faucon qui n’avait pas encore pris part à l’un ou l’autre des camps devenus avec les ans, universellement connu pour sa bienveillance envers leurs sujets. « Leur passion les conduirait à leur perte, comme beaucoup. Était-ce en cela qu'il était dangereux d'ignorer la Leçon ? À partir d'un seul exemple, il semblait difficile de tirer des conclusions définitives, tout autant qu’il avait semblé impossible de se décider à partir d’une simple missive quelque qu’en furent les lignes.

En tout cas, il y avait un lien évident avec la première apprise durement et la dernière. Les gens, stupides par nature, étaient prêts à gober n'importe quel mensonge - parce qu'ils avaient envie qu'il soit vrai, ou parce qu'ils le redoutaient. Ils pouvaient s'agir d'un mélange de ces deux leçons, oubliées l'une comme l'autre. Quant à savoir où s'arrêtait la première et où commençait la dernière, c'était au-delà de mes compétences ce soir...

Durant quelques secondes encore, je m’offris le temps de la réflexion, me souvenant d'un drame survenu pendant mon enfance, une jeune mère venant du nord du Val pour travailler sous la bannière des Corbray. Bien qu'elle ne sût pas nager, maîtresse Roéna avait échappé aux hommes qui essayaient de la retenir. Refusant d'attendre l'arrivée d'un canot, elle avait plongé dans la rivière en crue où son jeune fils était tombé. Quelques minutes plus tard, le canot avait repêché l'enfant, encore vivant. Randy dut grandir sans sa mère, dont on ne retrouva jamais le cadavre...

Ma peau me picota comme si elle avait été en contact avec de la glace. Cette fois, je comprenais la Leçon qui hurlait que trop de précipitation dans mes réponses serait aussi dangereux que de tenir à lui. La passion domine la raison - la source de toutes les catastrophes ! j’aurai pu passer près d'une heure à recenser les différentes façons dont la passion pouvait nuire aux êtres humains. Très troublée par ces arguments et le retour soudain de l’homme que j’avais connu. Je me demandais si ceci, à l'occasion, n'aggravait pas les choses. La réponse - affirmative - me fit froid dans le dos. Cette possibilité n'apaisait pas totalement l'angoisse qu’il glissait en mots une nouvelle fois. Et si autrefois je fus furieuse à cause de ses récentes décisions politiques, j’avais demandé à mes hommes de faire preuve de neutralité et de ne pas bouger, ce soir tout ceci remontait et troublait nos échanges. Dans tous les cas, si la missive offrait à réflexion, l’ardeur de ses mots et sa conviction laissait entrevoir le danger de se retrouver un jour seul face à son empire gourmand et grandissant tel le dragon de son épouse. Dans ce cas où se trouvait la liberté ? Le joug de l’empire, l’envahisseur et la destruction de ma famille pour voir placer un ambitieux tel que certains en étaient dans le Val. Je laissai passer un sourire en pensant à Rougefort et Royce tous deux fort capables de devenir un Tully portant couronne là ou hier ils ne portaient que les portes de leur maison et le poids de leurs ambitions, de leurs passions. Si ce soir je n'étais pas en danger, entre les lignes, je percevais cependant le poids d’un avertissement bien terrible.

Une réaction, tout compte fait, qu'il préférait à l'autre possibilité, à moins que sa rancune le poussait à souhaiter ce possible sombre avenir ? Avenir pas écrit mais possible et envisageable au possible, tout comme le prenait en l’écoutant la possible naissance d’un mariage de nos royaumes sous sa bannière. Mais j’ai besoin réponse encore et toujours je ne plongerai plus aussi vivement que par le passé dans mes actions avec lui.

Bien que dans une certaine incertitude, je devais cependant agir et réagir, fort heureusement mon temps de réflexion avait couru le temps qu’il verse le vin et reprenne son souffle et moi le miens.

Mes pas s’animèrent après qu’un nouveau silence de raison ait sonné son instant. D’un pas flottant, je revins vers mon siège non loin de lui, ne le forçant plus par mon rapprochement à hausser un peu trop le ton là où chacun de ses mots devait se jouer de douleur.  Pourquoi fallait-il que je sois aussi clémente envers lui là où il n’avait jamais eu la moindre absolution pour moi ?

« J’ai n’ai aucune crainte quant à votre détermination, elle est là encrée en vous depuis toujours, tel votre sang, et le sera jusqu’à votre dernier souffle, vos ambitions sont clairement dignes et c’est donc vous qui méritez à vos faits le titre de Roi ré-unificateur, il aurait sûrement été plus facile de le reconnaître ainsi placé par le passé. Vos troupes ont toujours donné leur sang et leur souffle pour lutter contre la folie, si par instant celle-ci semblait cependant poindre de votre bras, par des coups du sort improbables que vous avez surmontés. Et dont je salue les dieux d’avoir fait bénéficié de ce noble office à votre fils aîné et jeune roi. »
Je glissai ma main sur le bois finement décoré en reprenant mon air. « Pensez bien que j’en suis avisée. La guerre vous a pris beaucoup, à moi aussi Torrhen, de guerre il n'y en a qu’une, celle de la vie contre la mort et de la survie ou de la vengeance des survivants et quelque part, de la soumission ou la raison, des raisons, on en aura toujours, je ne suis pas ce celles qui croient que la guerre apportera la paix, vous comme moi, à vouloir nous allier ou nous opposer en sommes l’exemple plus ou moins lourd. » Je remontai ma main vers les chaînes d’argent et les détachai avant de m’installer à ma place initiale, la laissant glisser dans mon dos je tendis le main vers la coupe faisant danser le liquide sans le boire. Jouant des aromates qui encombraient le font « Vous êtes bon orateur, vous l’avez toujours été malgré vos croyances en la matière. Et je suis certaine qu’avec votre foi, non votre ardeur et vos mots, que si la guerre savait se gagner de la sorte vous auriez déjà acquis tous les honneurs d’ici à Esso. Mais il n’en reste pas moins que j’offre des doutes au lendemain, comme vous le dîtes vous-même, nous ne sommes pas ennemis ce soir, mais rien ne dit que nous ne le serons pas demain, et qu’est-ce qui me garantit que vous mort, les choses ne seront pas toutes différentes. Je vous connais vous Torrhen Stark, que vous changiez de nom comme je l’ai  fait par le mariage, ne vous change pas, quoi que ceci reste affaire de temps, si l'on en croit l’histoire de toute union. Vous vivant, votre parole a du poids et est acceptable, raisonnable et de bonne écoute. Mais vous êtes homme de guerre, vous ne savez vivre que par elle, un champion… » Je portai ma coupe à mon nez pour la sentir et la fis retomber. « Je ne connais pas aussi bien les intentions de votre épouse, je ne la connais pas elle comme je vous connais vous, j’ai certes plus le bénéfice de votre confiance et vous avez rongé la mienne, avec toute l’honnêteté qu’on peut s’offrir. » Je glissai la coupe a ma bouche glissant le liquide sur mes lèvres sans le boire et repris rapidement. « Mais elle n’a jamais gagné car l’amitié, la confiance, l'alliance, ça se mérite, se gagne, vous plus que nul autre me l’avez appris, mes actes furent discutables, j’y reviendrais… mais une chose est certaine, je n’ai jamais eu d'alliance ou de proximité avec votre épouse et impératrice, nos rapports n'ont jamais vu autre jour que discorde et froideur ou malaise, quelques furent leurs sources. Rien ne m’a permis d’avoir sa confiance et elle d’œuvrer réellement à avoir la mienne. Si mes doutes à l’époque semblaient affronts et illégitime, les actes s’en suivant ont pourtant mené ceci ici. » je glissai mon regard dans le siens. « N’y voyez nul affront ou insulte, pour votre épouse ou vous-même comme je n’en trouve aucun dans la légitimité de vos maux à mon sujet. Vous avez sous votre grâce des royaumes qui se sont combattus hier et ont pris les vies des autres depuis aussi loin que ceux-ci existent. Tout ceci parait droit, sûrement légitime sur le moment, ou par raison. Les miens ne sont pas propres de cela non plus, je vous l’accorde. Alors voici ma question, Qu’en sera-t-il si vous tomber ? Dois-je juste me fier au cœur d’un époux loyal à sa promise qui nous vient d’au-delà mer ? à la confiance que le champion m'a toujours inspiré pour diriger affaires de guerre et de pourparlers en priant pour que votre noblesse face des dévots ? Encore une fois, Torrhen, je ne veux pas me montrer insultante et j’insiste sur ce fait car nos griefs sont aussi frais que vos plaies malheureusement. Mais, je n’ai pas attendu en ces lieux autant de jours pour se faire. Je veux des assurances que les mots et les papiers n’offrent pas, je veux lire dans vos yeux que demain votre maison impériale prochainement voisine de la mienne ne viendra pas fouler mes terres, arme au point oubliant vos mots ce soir. Je vous demande donc de choisir en vos rangs un homme aussi éloquent que vous, pour qui vous avez toute confiance, qu’il vienne avec moi au val en ambassade, il y sera logé lui ainsi que ses suivants le temps pour nous de voir si la confiance peut renaître de nos cendres comme le dragon de votre épouse est né du feu qui l’anime et vous anime aujourd’hui. » Je posai ma coupe sur la table et me redressai pour l’envisager. « Qu’il explique à un royaume en paix pourquoi vous rejoindre si je ne vous combat pas ? Pourquoi en restant ainsi paisible, vous unificateur et fervent défendeur de la paix prochaine, seriez un avantage en vous portant juge de nos actes. Pourquoi sans offense, il serait sûrement probable qu’un jour votre paix se change alors en guerre de l’empire contre le seul royaume qui ne les aurait pas attaqué et qui n’aurait pas livré bataille avec eux ou contre eux. Car vous avez raison, je ne suis plus reine, dirigeante, bien que j’ai encore du pouvoir, un certain poids, je ne suis pas pour autant devenue omnisciente ou aveugle et j’ai besoin d’un pas de votre part comme j’ai fait le miens ce soir.  Qui finira par expliquer pourquoi nous ne pouvons simplement pas vivre l’un à côté de l’autre, commercer en toute tranquillité, sans en passer par votre bannière qui n’est pour le coup qu’un chantage aimable pour beaucoup qui l'entendent ainsi, êtes-vous avec nous ou contre nous ? » Je me mordis la lèvre en réflexion. « Les faits son pourtant là, me semble-t-il, je n’ai pas autorisé la croisade, quand bien même je suis croyante d’autres dieux que les vôtres, j’ai ouvert la foi à tous aux côtés de Lord Royce et je suis là devant vous ce soir. Je ne suis certes plus reine en fonction, j’ai toujours à cœur le bien des miens, comme vous des votre, à ce que j’entends. »

Je marquai un silence quand on toqua non loin un son indiquant que les plats nous attendaient. Trois coups et les portes s’ouvrirent pour les plats, je décidai donc de reprendre rapidement.

« Il est vrai qu’a votre encontre j’ai repris des engagements, qui ont semé la graine de votre haine ou votre rancœur, je ne le comprends que trop bien. Je suis mère et vous père, aucun mot de ma part n’effacera les faits du passé, l’encre a séché et rien ne changera cela, quelqu'en furent les raisons. Je pourrais certes m’en expliquer, mais pas ici et pas ce soir, et quand bien-même le ferais-je ceci n’effacerait rien. Nous ne sommes pas là pour des raisons plus personnelles que nos engagements respectifs envers nos devoirs, envers l’avenir de nos royaumes et en rien les actes gravés dans la pierre de nos chemins. Cependant quelque soit votre sentiment pour moi, sachez une chose avant de poursuivre. La confiance que je vous portais était réelle et liée à vous, pas à d’autres. Ceci n’apaisera en rien votre sentiment, mais il me semble important de le souligner, mon but n'était pas de vous nuire. »

Mon ton était plus personnel totalement opposé à mon allure plus diplomatique. Pourquoi avais-je besoin de l’exprimer ? Sûrement car le voir ainsi touché par la guerre me rappelait le poids de celle-ci ou le poids de chaque vie que celle-ci m’avait arraché. Un bref instant je tachai de me souvenir du premier mort, du tout premier instant où j’avais réalisé que la vie n’était qu’un don éphémère que les dieux anciens ou nouveau aimés nous reprennent en simple tirage au sort sans raison particulière que le plaisir de nous arracher une part qu’on se croyait en droit de vouloir éternellement à nos côtés. Quand la porte commença à grincer son pensant de bois…

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MessageSujet: Re: The Grace and the Might [Tour V - Terminé]   Mer 29 Nov - 23:34

La Reine du Val était concentrée, sérieuse. IL n’y avait plus entre nous de taquineries et de sous-entendus scabreux ; il était évident que nous étions en train de discuter politique, avec un fort ressentiment, plutôt qu’à tenter de nous séduire mutuellement. Sharra Arryn aimait la paix, elle aimait les belles choses. J’étais un guerrier, et je n’avais pas grand-chose à lui offrir. Hormis l’espoir d’un futur meilleur, non pour elle mais pour ses enfants, pour son peuple. Comment le lui faire comprendre ? C’était d’une complexité sans borne, vous pouvez me croire. Il est aisé de faire passer un message à des hommes de troupes qui ont appris à obéir depuis des années, à des gens qui savent que quoiqu’il arrive vous représentiez leur intérêt supérieur. Ce n’était pas le cas de la maîtresse des Eyrié. Elle était cheffe de son propre destin, elle présidait à celui de tout un peuple. Nos intérêts ne convergeaient pas forcément, loin de là.


Nos divergences pouvaient nous condamner, et c’était en cela maintenant que j’essayais de la convaincre. Harren n’était pas mort. Il n’était pas encore vaincu non plus alors forcément, le danger restait présent. J’étais le seul à le voir aussi clairement, mais cela ne voulait pas dire que je devais me résoudre pour de bon à la fatalité de mener cette nouvelle guerre tout seul. J’avais su convaincre Sharra, par le passé. Du moins, dans une certaine mesure. Jusqu’à un certain point. Je pouvais encore essayer de le faire. Même si je ne disposais pas des mêmes armes, ni des mêmes atouts qu’alors. Je dois innover, je dois me recycler. Je ne suis plus le Loup de Winterfell, maintenant c’est au tour de Jon. Je reste une bête, un animal carnassier. Mais je dois me réinventer si je veux survivre, maintenant.


Je la tance, je la bouscule, mais sans jamais poser le pied sur la limite, sur la ligne rouge. Je ne pouvais pas me le permettre, car se mettre le Val à dos maintenant reviendrait à se scier la jambe avec sa propre épée et vous conviendrez tous de dire que ce n’était clairement pas quelque chose de très malin à faire. La souveraine des Eyrié me regarde déclamer mon discours, lâcher mes arguments un à un. Elle ne laisse rien transparaître de ses émotions, et elle est de toute façon passée maîtresse dans l’art de les cacher. Combien de fois me suis-je demandé si elle couchait avec moi par plaisir, par dessein, ou un peu des deux ? Son jeu était trouble, mais même s’il était honnête on lui prêterait toujours mâle intention, car c’était la nature même du pouvoir que de corrompre et de détourner. Je me rapproche à nouveau de la limite, en l’attaquant plus frontalement, une fois le terrain placé, sur sa devise familial et son sens de l’honneur. Tactique risquée, mais impliquante. La souveraine ne pouvait en aucun cas m’ignorer ; je l’attirais à moi dans l’arène de la conversation, dans la bagarre politique, en la pointant du doigt, en la visant directement. Je ne voulais pas la rabaisser, mais lui filer l’électrochoc suffisant pour l’impliquer personnellement, pour qu’elle se sente concernée par le ballet des puissants, mortel, qui s’étalait sous nos yeux. Elle finit par sourire, et cette réaction ne faisait pas du tout partie de celles que j’avais prévues. Pourquoi souriait-elle ? Ces réactions féminines, toutes plus désarmantes les unes que les autres…


Je ne la comprenais pas, mais je continuais donc ma diatribe. Je ne me laisse pas détourner de mon objectif : la convaincre, ou au moins donner le change. Je ne veux pas du Val comme d’un ennemi. Pas maintenant, ni jamais. Je le combattrais si je le devais, mais je ne le désirais pas. J’étais las de la guerre. Paradoxe de ma vie, tant de hâte d’y retourner, mais je me complaisais à me répéter que c’était surtout parce que la tâche commencée était restée en suspends, et donc que je me devais de l’accomplir, enfin. La Reine du Val garde un temps le silence, réservant sans doute son avis ou son jugement, tandis que je termine d’exposer mon point de vue. Je ne rentre pas dans les infimes détails du texte co-rédigé avec les Rois Fédérés, mais j’en dis assez sur sa philosophie pour qu’elle le comprenne, qu’elle l’accepte même. Mais je fais comme je peux pour la décider sans coup férir, bien que je me doute qu’elle ne sera pas si facilement convaincue, ni même si elle le sera tout court. Le Val a déjà repoussé nos avances. Je ne sais même pas pourquoi elle est venue, pourquoi elle voulait me voir. Me voir à titre personnel, je ne l’imaginais même pas, tant cela tiendrait de l’ineptie la plus totale. Elle finit par détourner le regard et réfléchir. On n’entend plus que le bruit de pas dans le couloir, que le craquement des flammes qui à force de lécher le bois, le faisaient éclater et le carbonisaient.


Je la laisse à ses réflexions, peu à même de les suspendre. Je me ressers du vin. Je n’arriverais peut être pas à convaincre Sa Grâce ce soir, mais dans tous les cas je n’irais pas me coucher sobre. Ce lit énorme et froid n’attendait que moi et à force d’y traîner, j’avais bien peur d’y mourir. Ma tente me manquait, avec son confort rustique mais familier. Et j’y étais plus chez moi qu’en ces murs étrangers, même amicaux, qui ne remplaçaient pas Winterfell, Blancport, ou Quart-Torrhen. Qu’importe au final, pas vrai ? La guerre m’amènerait toujours plus loin, cela au moins était une certitude. La voilà qui revient, visiblement déterminée. Elle commence par vantée ma résolution, mais je ne me laisse pas flatter. Je la laisse me répondre, argumenter sur ses craintes, et je comprends donc qu’elle veut jouer le jeu du Roc. Se laisser flatter par l’Empire, attendre et voir si nous ressortions du conflit vivant, et avoir l’assurance que le trône de ses fils n’était pas menacé. Compréhensible, louable, mais insuffisant. Je ravale ma réplique quand la porte s’ouvre et qu’on nous apporte les plats d’entrée, souvent à base de poisson, de fromage frais et d’herbes aromatiques, aliments phares de cette région du Conflans. Comme d’habitude, je me sers frugalement, concentré sur sa personne, qui m’attire toujours, je ne peux le nier, mais qui m’inspire surtout la plus forte retenue ; elle est une rivale plus qu’une amie, aujourd’hui, et toutes ses parures, ses robes et décolletés, ne peuvent masquer le fait qu’elle aurait pu contribuer à la mort de mon fils. Je me sers un rien de poisson froid en tartare, appréciant son filet sur ma lame tandis que je le fais passer avec une nouvelle gorgée de vin, avant de dévisager la souveraine, et de lui répondre.



| C’est en effet une possibilité, que la guerre éclate un jour. Ne nous leurrons pas ; Tant qu’il y aura une bannière différente affichée à l’entrée de chaque château, alors le voisin regardera chez le sien et convoitera ses possessions. Combien de conflits frontaliers avez-vous eus en un siècle ? Et avec le Nord, dans notre longue histoire ? Beaucoup trop. Je l’ai dit et je le répète, je fais cette guerre et j’ai fondé cet Empire pour éviter toute guerre à venir. C’est ambitieux. Mais cela passe par l’unification de tous les royaumes de Westeros. Si vous ne nous rejoignez pas, si l’Ouest ne nous rejoint pas, alors un jour ou l’autre mes descendants ou les vôtres lorgnera sur les terres de son rival, et cherchera à se les accaparer pour son seul profit. C’est ma visite chez vous, avec celle qui était alors ma fiancée, qui m’ouvrit les yeux. Je ne veux plus que le Nord souffre seul, je ne veux plus qu’aucun royaume n’aie à se battre contre un autre pour sa survie. L’Autorité Impériale sera là pour éviter tout conflit, car si demain le Conflans attaque la Néra, l’Orage, le Nord et le Bief, iront se porter au secours de l’agressé. C’est pourquoi le pouvoir impérial lâche la bride aux Royaumes Fédérés, libres de s’auto-administrer comme ils l’entendent pourvu qu’ils s’acquittent d’un impôt juste et égalitaire, et qu’ils respectent quelques principes fondamentaux comme l’interdiction de l’esclavage. La Constitution, paraphée par tout le monde, inscrit dans le marbre ces grands principes, et la représentation égalitaire de chaque Royaume garantit que le pouvoir impérial ne prenne pas plus d’ampleur pour écraser les fédérations, tout en garantissant à l’Empire qu’aucun Royaume ne peut s’accroître de sorte à menacer les autres. L’Empire n’est pas le juge, ni le bourreau. Il est le Gardien de ces Royaumes qui font cause commune. Vous voulez un ambassadeur ? Soit. Lorsque la guerre sera finie. Pour le moment, je ne peux me séparer d’aucun homme de confiance et je ne suis pas certain de son utilité s’il n’est pas dans vos plans d’étudier un jour la potentialité de votre fédération. En revanche, je tiens à m’expliquer sur le fait que nous ne commercerons ni n’autoriserons des traités séparés avec les puissances fédérées. Quel autre moyen avons-nous de vous gagner à notre cause que de vous montrer comment l’Empire prospère lorsqu’on le rejoint, comme chacun de ses Royaumes Fédérés s’affermit par le commerce ? De plus, quel intérêt y aurait-il à rejoindre l’Empire si on pouvait bénéficier de sa protection et de son immense marché intérieur, mais sans participer à sa défense ? C’est justement l’avenir que je refusais pour le Nord ; tout le monde voulait nous vendre soieries, vins et objets divers de l’artisanat. Tout en refusant de nous aider contre les barbares et les horreurs d’au-delà du Mur. Cela, je dis non, Majesté. Soit vous êtes solidaires de nous, soit vous ne l’êtes pas. Il ne peut y avoir d’hypocrisie, de demie-mesure. Ne pas avoir autorisé la Croisade est tout à votre honneur, tout comme, à défaut de nous avoir rejoint, d’avoir au moins conservé votre neutralité dans le conflit actuel. Mais pensez-vous que le Noir oubliera que vous avez été proche de nous attaquer, si j’échoue ? Pensez-vous que le Bief se lassera de conquêtes, sitôt Dorne et l’Orage annexés ? Je vous enverrais quelqu’un, donc. Qui, je ne sais pas encore. Ce n’est pas ma priorité aujourd’hui. Comme je vous le disais, si l’idée ne vous convainc pas, les faits le feront peut-être. Nous avons assemblé la plus vaste armée et la plus grande flotte que l’on avait vu dans une alliance à Westeros, depuis la Longue Nuit. Nos produisons des marchandises qui transitent par ports et marchés, et malgré la guerre le Conflans se relève déjà de ce formidable effort. Nous vous convaincrons, ou nous mourrons en précédant votre propre trépas. Mais quoiqu’il en soit, Votre Grâce, vous vous leurrez. Ma proposition n’a rien d’un chantage aimable comme vous dites. Si vous la refusez, vous vous laissez simplement en dehors du futur de ce continent, ni plus, ni moins, et cette décision vous l’aurez prise en votre âme et conscience. Je veux plus pour mes enfants que ce que j’ai moi-même eu ; une vie de guerres et de survie. Je veux qu’ils vivent dans un monde unifié ou les défis de l’existence sont relevés par la multitude des peuples, non par la seule communauté de naissance, le village ou le bourg. |


Je terminais de mâcher le poisson et l’avalais, tout en me resservant encore du vin. Je tiendrais le coup, comme toujours. De toute façon autant de nourriture ne passerait jamais sans un expédient.


| Quant au reste, nous savons tous deux ce qu’il s’est passé. Vous avez conditionné une parole auparavant donnée, misant la vie de mon fils et de toute une armée nordienne et menaçant par là même la réussite de notre entreprise initiale, tout cela pour une question de fierté. Si vous ne vouliez pas vous associer à Peyredragon, vous avez eu cent fois l’occasion de le dire avant que le plan ne soit enclenché, mais vous ne l’avez pas fait. Je conçois que la politique soit composée d’omissions, de semi-vérités, voire de mensonges entiers. Mais c’est la vie de mon aîné et de mes hommes qui a été mise en danger, et cela je ne le permets pas. L’un dans l’autre, je vous remercierais presque a posteriori, car sans vous, l’idée de l’Empire n’aurait jamais germé : j’avais déjà obtenu l’assurance de ma future femme que nous allions juste abattre Harren et faire voler son empire en éclats, et c’était tout. Mais dès lors que je notais la rouerie et les extrêmités politiques auxquelles nous étions confrontés, sacrifiés commodes pour faire la sale besogne de tout le monde, l’idée m’est alors venue d’en finir une bonne fois pour toutes. Je n’aurais été aussi proche de dame mon épouse, ni n’aurait fondé tout ceci sans vous, Sharra. Pour cela, pour cette leçon que vous m’avez apprise, je vous remercie. Et parce que je ne suis pas Harren, cet état de fait ne m’empêche pas de vous tendre aujourd’hui la main. Le Val peut encore faire partie du futur commun de Westeros. |











What have I become
My sweetest friend
Everyone I know
Goes away in the end
And you could have it all
My empire of dirt
I will let you down
I will make you hurt



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MessageSujet: Re: The Grace and the Might [Tour V - Terminé]   Lun 4 Déc - 14:48

The Grace and the Might.La grande salle des logements impériaux était à présent animée de plusieurs serviteurs  apportant plats après plats des mets somptueux jusqu’à en faire ployer et gémir les tables de plus d’un dans Westeros qui rencontrait la disette due à la guerre. L’une d’elle attira un peu plus mon regard, ses cheveux sombres, ses grands yeux gris, elle n’avait contre elle que sa modeste naissance. Armée d’un pichet elle circulait parmi les autres en les évitant avec son plateau de liqueur. Face à moi, plusieurs plateaux de poison, certains cuits, d’autres crus et épissés. Aucune n’avait ma préférence, quelques pommes de terre et autres légumes les accompagnaient et j’en fus fortement soulagée, depuis mon arrivée, je voyais défiler truites et goujons en tout genre, qu’ils furent issus de la rivière ou seigneurs de la cité, aucun n’avait su gagner suffisamment ma faim. Torrhen quant à lui semblait plus assoiffé qu’affamé et à l’allure de ses coupes, il chanterait quelques belles ritournelles avant d’avoir vu une tourte aux cochons.

C’est amusant dans le fond comme la vie peut changer tant de choses qu’on en vient simplement à observer un autre, autrefois reconnu et apprécié, comme un inconnu que l’on découvre. Certes par bien des points j’avais face à moi le même homme, quelques cicatrices en plus, un nouveau patronyme accompagné d’un titre des plus dérangeants pour qui ne chérit pas tous ses points de vue et n’offre pas tout à quelques nouvelles idées. Certes beaucoup étaient alléchantes, intéressantes et m’auraient certainement séduite si je n’étais pas face comme lui à quelques ressentis compliqués à enterrer. D’ailleurs la pointe d'amertume que j’entrevoyais dans sa voix était la souche même des plus vifs échos.

« C’est en effet une possibilité, que la guerre éclate un jour. Ne nous leurrons pas ; Tant qu’il y aura une bannière différente affichée à l’entrée de chaque château, alors le voisin regardera chez le sien et convoitera ses possessions. Combien de conflits frontaliers avez-vous eus en un siècle ? Et avec le Nord, dans notre longue histoire ? Beaucoup trop. Je l’ai dit et je le répète, je fais cette guerre et j’ai fondé cet Empire pour éviter toute guerre à venir. C’est ambitieux. Mais cela passe par l’unification de tous les royaumes de Westeros. Si vous ne nous rejoignez pas, si l’Ouest ne nous rejoint pas, alors un jour ou l’autre mes descendants ou les vôtres lorgnera sur les terres de son rival, et cherchera à se les accaparer pour son seul profit. C’est ma visite chez vous, avec celle qui était alors ma fiancée, qui m’ouvrit les yeux. Je ne veux plus que le Nord souffre seul, je ne veux plus qu’aucun royaume n’aie à se battre contre un autre pour sa survie. L’Autorité Impériale sera là pour éviter tout conflit, car si demain le Conflans attaque la Néra, l’Orage, le Nord et le Bief, iront se porter au secours de l’agressé. C’est pourquoi le pouvoir impérial lâche la bride aux Royaumes Fédérés, libres de s’auto-administrer comme ils l’entendent pourvu qu’ils s’acquittent d’un impôt juste et égalitaire, et qu’ils respectent quelques principes fondamentaux comme l’interdiction de l’esclavage. La Constitution, paraphée par tout le monde, inscrit dans le marbre ces grands principes, et la représentation égalitaire de chaque Royaume garantit que le pouvoir impérial ne prenne pas plus d’ampleur pour écraser les fédérations, tout en garantissant à l’Empire qu’aucun Royaume ne peut s’accroître de sorte à menacer les autres. L’Empire n’est pas le juge, ni le bourreau. Il est le Gardien de ces Royaumes qui font cause commune. Vous voulez un ambassadeur ? Soit. Lorsque la guerre sera finie. Pour le moment, je ne peux me séparer d’aucun homme de confiance et je ne suis pas certain de son utilité s’il n’est pas dans vos plans d’étudier un jour la potentialité de votre fédération. En revanche, je tiens à m’expliquer sur le fait que nous ne commercerons ni n’autoriserons des traités séparés avec les puissances fédérées. Quel autre moyen avons-nous de vous gagner à notre cause que de vous montrer comment l’Empire prospère lorsqu’on le rejoint, comme chacun de ses Royaumes Fédérés s’affermit par le commerce ? De plus, quel intérêt y aurait-il à rejoindre l’Empire si on pouvait bénéficier de sa protection et de son immense marché intérieur, mais sans participer à sa défense ? C’est justement l’avenir que je refusais pour le Nord ; tout le monde voulait nous vendre soieries, vins et objets divers de l’artisanat. Tout en refusant de nous aider contre les barbares et les horreurs d’au-delà du Mur. Cela, je dis non, Majesté. Soit vous êtes solidaires de nous, soit vous ne l’êtes pas. Il ne peut y avoir d’hypocrisie, de demi-mesure. Ne pas avoir autorisé la Croisade est tout à votre honneur, tout comme, à défaut de nous avoir rejoint, d’avoir au moins conservé votre neutralité dans le conflit actuel. Mais pensez-vous que le Noir oubliera que vous avez été proche de nous attaquer, si j’échoue ? Pensez-vous que le Bief se lassera de conquêtes, sitôt Dorne et l’Orage annexés ? Je vous enverrais quelqu’un, donc. Qui, je ne sais pas encore. Ce n’est pas ma priorité aujourd’hui. Comme je vous le disais, si l’idée ne vous convainc pas, les faits le feront peut-être. Nous avons assemblé la plus vaste armée et la plus grande flotte que l’on avait vu dans une alliance à Westeros, depuis la Longue Nuit. Nos produisons des marchandises qui transitent par ports et marchés, et malgré la guerre le Conflans se relève déjà de ce formidable effort. Nous vous convaincrons, ou nous mourrons en précédant votre propre trépas. Mais quoiqu’il en soit, Votre Grâce, vous vous leurrez. Ma proposition n’a rien d’un chantage aimable comme vous dites. Si vous la refusez, vous vous laissez simplement en dehors du futur de ce continent, ni plus, ni moins, et cette décision vous l’aurez prise en votre âme et conscience. Je veux plus pour mes enfants que ce que j’ai moi-même eu ; une vie de guerres et de survie. Je veux qu’ils vivent dans un monde unifié ou les défis de l’existence sont relevés par la multitude des peuples, non par la seule communauté de naissance, le village ou le bourg. »

Sur ces mots, il prit un verre sur le plateau pour le vider d’un trait alors qu’elle déposait le pichet à côté de lui non sans baisser les yeux sur l’homme au visage marqué par le combat, dont la superbe pourtant ne semblait toujours pas l’avoir totalement abandonné. Il priait les anciens dieux et ceux-ci semblaient l’avoir encore dans leur bonté. Alors que je me demandais par quel curieux miracle la bouche balafrée et remplie de poisson, il avait réussi à prononcé autant de mots. J’allais m’apprêter à soulever la prouesse sûrement pour détendre l’ambiance, quand il reprit la parole.

« Quant au reste, nous savons tous deux ce qu’il s’est passé. Vous avez conditionné une parole auparavant donnée, misant la vie de mon fils et de toute une armée Nordienne et menaçant par là même la réussite de notre entreprise initiale, tout cela pour une question de fierté. Si vous ne vouliez pas vous associer à Peyredragon, vous avez eu cent fois l’occasion de le dire avant que le plan ne soit enclenché, mais vous ne l’avez pas fait. Je conçois que la politique soit composée d’omissions, de semi-vérités, voire de mensonges entiers. Mais c’est la vie de mon aîné et de mes hommes qui a été mise en danger, et cela je ne le permets pas. L’un dans l’autre, je vous remercierais presque a posteriori, car sans vous, l’idée de l’Empire n’aurait jamais germé : j’avais déjà obtenu l’assurance de ma future femme que nous allions juste abattre Harren et faire voler son empire en éclats, et c’était tout. Mais dès lors que je notais la rouerie et les extrémités politiques auxquelles nous étions confrontés, sacrifiés commodes pour faire la sale besogne de tout le monde, l’idée m’est alors venue d’en finir une bonne fois pour toutes. Je n’aurais été aussi proche de dame mon épouse, ni n’aurait fondé tout ceci sans vous, Sharra. Pour cela, pour cette leçon que vous m’avez apprise, je vous remercie. Et parce que je ne suis pas Harren, cet état de fait ne m’empêche pas de vous tendre aujourd’hui la main. Le Val peut encore faire partie du futur commun de Westeros. »

Conclut-il en reposant sa coupe, alors que la jeune servante se tournait le dos pour s’éloigner en toute discrétion avec son plateau en équilibre sur son avant-bras. De mon côté, je pris dans ma main libre le verre pour le porter à mes lèvres et tachai d’avaler la pincée de colère naissante dans ma gorge ou est-ce là une amertume certaine quand à ces mots ? Du bout de ma langue, je récupérai l’ultime goutte de pur malte rance de raisin qu’il me restait au fond. La saveur se répandit sur mon palais, franche et épicée, tout à la fois glacée et brûlante.

Tout en l’observant se fondre avec grâce et froideur, je dégustai ce goût un instant silencieux. Puis, prestement et avec une pointe de culpabilité, de rancœur, tandis qu’il enchaînait une coupe de plus, je reposai la coupe et repris mon errance mentale dans les méandres et tourbillons du pouvoir et de la politique qui gouvernent nos vies inconscientes ou conscientes. Malgré les rencontres que j’avais faite depuis des semaines, nul ne pourrait prétendre savoir l’avenir, pas plus que les intentions réelles de chacun. Je crois, que tout était à mettre finalement sur le compte de l’influence de rancune ou de l’utopie d’un monde possiblement paisible d’après-guerre. Avec ou sans ses avertissements, des dieux, ou de ma conscience, voir même de mes sentiments, je faisais face à la vision dérangeante de prochains remous provoqués soit par l’émoi suscité du passé commun, ou par l’absence d’accords présents et futurs.

« Ainsi j’ai été assez clairvoyante dans ce qui allait se produire, vu que j’étais certaine que dès qu’il y aurait un grain de sable ce titre pencherait sur les alliances pour prendre le pas sur le reste. Je prends donc tes aimables remerciements sur votre ascension et réalisation d’ambition prévisible, aujourd’hui, tu m’assures qu’en ce temps vous n’y songiez pas n’est là que ta parole, vu comment elle a défendu un titre qui n’avait pas lieu d’être en ce temps-là. C’est qu’elle envisageait sûrement mieux que toi la suite. Mais passons, nous ne sommes pas là pour me remercier ou refaire le passé, à moins que celui-ci impose d’oublier vos pas vers moi et le Val un peu plus tôt ? »

Ce qui serait certain, c’est que quoi qu’il arrive, plus d’un devrait certainement prêter attention à ce qui allait se produire par la suite entre le Val, l’empire et Harren. Il était rempli de condescendance. Il me congratulait de la naissance de son ambition, de son empire, se jouant jusqu’à l’idée d’avoir songé à celle-ci en la choisissant elle et soudainement, je ne m’étais jamais sentie aussi éloigné de le comprendre. Moi qui l’avais cru homme d'honneur, de sang et de guerre, il était visiblement bien plus homme politique. Mais je n’en laissai passer rien.

« Notre passé n'est clairement pas favorable à la confiance, pas plus de mon côté que du tiens, je n’en doute pas une seconde qu’il t’est aussi agréable de me voir là assise a cette table que la balafre qui ne doit refléter qu’une infime partie de la douleur interne. »

Je ne laissai à mon tour plus rien voir de l’émoi qui aurait pu être le miens, j’avais adoré un mirage ou j’en avais à présent un devant moi qui cachait l’homme passé, dans les deux cas, il venait par quelques remerciement sadiques et malvenus de réduire un peu plus mon envie de voir un jour le Val rentrer dans ses danses funestes de fausses concupiscences, d’amitiés remplies de rancœur.

« Je comprends votre colère, et sachez que je ne voulais pas vous blesser du moins pas comme vous semblez le penser aujourd’hui. J’avais un point de vue différent qui m'a permit de voir les choses différemment et j’ai agis. C’est aussi simple. Mais je suis aussi certaine que vous ne voulez pas faire du Val ou de moi, votre ennemi et sur ce point nous nous sommes compris, si je dois mettre de côté certaine déchirement passé entre nous, vous devrez en faire autant. Tachons donc de mettre en boite nos égaux ou du moins nos ressentie parental, ou alors dégustons ce repas, serrons-nous la main et oublions le reste pour retourner chacun à nos chemins et adviendra ce qu’il pourra. Ce qui est sûr c’est que je ne construirais pas de possible futur avec comme base instable de la rancœur et des ressentiments. J’ai bien conscience que ton état et ma venue ne tombent pas à merveille, mais si je fais tout ça c’est pour de bonnes raisons, c’est pour une possible paix, pas pour refaire le passé, ou je n’aurai pas bravé l’hiver et l’attente pour de longue semaines pour se faire j’aurai envoyé un corbeau ou un ambassadeur, je n’en manque pas.

J'approché le plat de légume et commencer a en placer quelques-uns dans mon assiette.

« J’entends vos nombreux arguments, tous sont louables, remplis de passion, de travail. L’empire est jeune, mais a le mérite de naître d’actes courageux. Chaque intention semble remplie de croyances et sincèrement dans votre bouche, j’aimerais profondément y croire. Le Val a comme vous connu les attaques du noir, a vu ses terres baignées de sang. Mais tout ceci me rappelle une histoire qu’un mestre m’a enseigné. Celle d’un royaume qui a l’origine connaissait de nombreux troubles, ses terres rudes étaient composées de nombreux territoires, une famille à force de courage, d’ardeur, parvint au fil des siècles de lutte à unifier et pacifier toutes ces régions, soumettant, luttant, repoussant ou écrasant tour à tour les maisons, les dangers venus de l’océan ou des terres plus sombres. A force de bravoure, ils ont formé un royaume admirable. D’autres on fait comme eux, composant l’histoire et les couronnes de nos familles, de la vôtre, si j’aime l’idée d’une paix entre nos maisons dont pour beaucoup ont leurs racines qui remontent aux premiers hommes et en ces terres je ne partage pas pour le moment votre foi envers une reine venue d’Essos, réfugiée dans les îles de la baie, devenues royaume, fut-elle assez bénie pour s’unir à l’un de nos plus valeureux champions prêt à offrir corps, sang et cœur à sa personne. Ceci ne lui a jamais offert le titre de libératrice ou d’unificatrice dans le Val qui n’a pas eu besoin de l’un ou de l’autre de sa part. Loin d’insulter votre épouse, j’énonce comme vous venez de le faire des faits. »

Hors ma coupe que je remplissais à nouveau, je n’avais encore rien mangé des plats présentés.

« Là où je veux en venir c'est que jusqu’à peu nous avons toujours composé notre histoire sans avoir besoin qu’un tiers vienne nous dire comment le faire et pourquoi le faire, nous avons unis nos maisons par des mariages, les avons vu se combattre et s’entre-aidé à nouveau, avant de se déchirer encore, nous avons prié des dieux, vu la foi s’établir et en chasser d’autres. Et avons connu l’affront d’Harren à s’autoproclamer seigneur des sept, pourquoi devrais-je à présent accepté cela d’un autre là où je l’ai refusé du noir. La folie ? Ne sommes-nous pas la face à une autre folie de vengeance ? Au final, le pouvoir de prendre le pas sur d’autres. Si votre guerre est honorable, due au sang versé de vos deux côtés à cause du noir. A vos modèles j’aurai dû mettre à sang l’Orage pour mon époux et mon père, bien plus certainement. Mais j’ai œuvré pour la paix. Je vous ai tous unis pour cela à Goeville. Vous avez besoin d’hommes forts, j’ai besoin de pas de l’empire vers le Val, qui en a fait plusieurs à plusieurs reprises vers la paix et n’a eu en retour… »

Je laissai ma main danser sur la pièce. Sans finir ma tirade, le Val n’avait rien eu en retour que des ressentiments et une demande de ployer le genou devant une seconde auto proclamée que cela fut hérité d’un frère, ne la rendant sûrement pas plus légitime à cela que la princesse Hoare fraichement Hightower.

« Qu’une nouvelle guerre et de nouvelle tensions. Le Val n'est peut-être pas si honorable à vos yeux, mais il n’est pas l’ennemi ou il ne serait pas là à votre table à prendre actes de vos paroles une nouvelle fois. Qu’est le sacrifice d’un ambassadeur capable contre la possible promesse d’un rapprochement avec nos force solides entraînées et en bonne santé ? Ne vallons-nous pas un petit sacrifice dans la somme ? vous le dîtes vous-même, vous manquez d’hommes et j’en ai des tas, mais ceux-ci ont besoin d’avoir plus qu’une constitution pour choisir leur route et moi aussi. L’hiver vient votre grâce et il est temps pour moi dès le mariage passé de retourner à mon roi et ma reine, votre décision quant à leurs propositions. Si elle vous semble irraisonnable, alors nous continuerons à œuvrer dans la paix et pour la paix comme il sied au Val depuis des années. En sachant que nous avons fait œuvre vers vous. Et sommes prêts à vous offrir un pacte de non-agression en guise de bonne foi. »

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MessageSujet: Re: The Grace and the Might [Tour V - Terminé]   Lun 4 Déc - 21:46

Nous y étions donc. Comme d’habitude, le Val ne prétendait pas se mêler au commun des mortels. Il allait rester bien retranché en haut de sa montagne, ayant peur de se salir les mains et de coexister avec les habitants des plaines. Les valois étaient comme ça, et Sharra aussi. Ils pouvaient habiller ça comme ils le voulaient, le fait était qu’ils avaient peur. Peur des autres, peur de la guerre, peur du changement et du futur qui pourrait en découler. Cette appréhension les tétanisait. Je savais ce qu’allait dire Sharra avant que les mots ne sortent de sa bouche. Comme l’Ouest, elle allait temporiser. Relativiser mes reproches avec les siens, avec toute sa politesse, et elle irait jusqu’à sans doute me proposer un commerce et un traité garantissant nos frontières respectives. Dans cette nouvelle forme de guerre que se livraient l’Empire et les Puissances Centrales, les puissances du passé ne comprenaient pas qu’il ne puisse plus y avoir de neutralité. Que j’avais changé la donne, avec Rhaenys, et que nous inventions un nouveau monde. Je ne pouvais rien promettre et rien garantir non plus, désormais. Mais je savais ce que la Reine du Val allait proposer. Elle laissait planer un doute aussi stupide que totalement faussé sur une adhésion prochaine à l’Empire. Une ambassade pour leur montrer les bienfaits ? C’était une manière de noyer le poisson, et que l’on me pense assez stupide pour croire à la sincérité de la proposition me hérissait déjà par avance. Si par mon flot de paroles et d’arguments je ne parvenais pas à convaincre la Reine du Val, je pressentais que cette discussion ne mènerait à rien. Le Val nous rejoindra alors quand il aura trop peur de la masse qui deviendra la nôtre une fois nos adversaires présents éliminés. Ou ne nous rejoindrait pas mais sera intégré à l’empire de nos ennemis rassemblés, qui seront à leur tour trop puissants. Si ma verve ne suffisait pas, ne restait plus que les actes.


Le Val avait en tout cas eu sa chance. Et je ne voulais pas laisser croire à Sharra que j’étais prêt à tout pour la voir intégrer l’Empire. Bien sur, nous serions plus puissants avec eux, mais je ne valorisais pas assez la parole manquée pour passer outre le passif entre nous, et je n’étais pas non plus prêt à brader mes principes pour les beaux yeux d’une femme. Cette seule pensée m’arracha un sourire. Sharra avait déjà cru pouvoir m’attacher à elle par la seule force de ses cuisses et de ses regards langoureux. Mathie aurait pu se croire à l’abri de ma colère par les sentiments que je lui portais. L’une et l’autre avaient été cruellement déçues. C’était sans doute pour ça que Rhaenys m’avait touché si fort et si profondément ; pour la première fois de ma vie, une femme était claire, franche et honnête au risque de me blesser et de me malmener. Je savais dès le départ ce qu’elle voulait, ce qu’elle ambitionnait, et qui elle aimait. Rien que pour cela, elle avait ma confiance. Elle ne m’aimerait peut-être jamais mais elle était la partenaire la plus sûre que j’avais jamais eue, et que j’aurais jamais. Peu importait qu’elle ne m’aime guère ; je ne m’aimais pas non plus.


Je garde un instant ma dernière gorgée de vin dans la bouche, en savourant son goût sur ma langue et mon palais. Je dévisage sévèrement la Reine du Val lorsqu’elle évoque sa dernière défense sur le fait qu’elle n’est « que ma parole ». Ma voix elle, reste la même que d’habitude. Neutre. Indifférente au point d’en être souvent perçue comme glaciale.



| Ma parole est sans tâche, mais soit, oubliez donc tout ce que je viens de dire si elle n’est pas digne d’être crue. Quant à me pousser à la faute, à renier ma proposition, alors que vous n’avez jamais eu l’intention de nous rejoindre, c’est l’hypocrisie la plus totale. Mais je commence à être coutumier du fait en matière de diplomatie. Je me retrouve aujourd’hui alliés à ceux qui furent mes ennemis, et en rivalité ou ennemis avec ceux qui me promettaient monts et merveilles un an plus tôt. |


Je perdais déjà patience. Mais je n’en montrais rien. Je m’esquintais la santé et l’âme à force de bains de sang, pour être jugé comme indigne au même titre qu’Harren ? La peste soit des femmes et de leur égo meurtri. J’étais déjà trop vieux pour tout ça un an plus tôt et maintenant, j’étais surtout trop las. Buron m’avait fait vieillir de dix ans en une seule fois. Je balaie sa compassion, puisqu’elle ne sert qu’à m’insulter ou à s’en prendre à ma femme.


| Je n’ai d’autre douleur interne que celle de savoir mon ennemi toujours en vie. |


Il n’y avait que ça qui comptait, et depuis bien longtemps. Elle me tutoie et me vouvoie, se perdant elle-même dans ses arguments et dans sa posture vis-à-vis de moi, de l’Empire. Je me demande toujours pourquoi elle est venue, et ce qu’elle compte gagner à cette conversation. Elle m’insulte de menteur et enfle ma femme d’une ambition que j’avais pourtant étouffée. Je ne comprends donc pas le but de sa démarche, si ce n’est peut-être de sauver l’apparence de ses décisions précédentes, elle la Reine diplomate et nous les odieux conquérants qui voulons la pousser à l’abdication ? Je haussais les épaules, alors que mon visage me lançait encore, en particulier sur le bout de cicatrice au coin de mes lèvres. Je laisse Sharra m’exposer ses faits et sa rancœur pour RHaenys, comprenant de moins en moins le but de tout ceci, ou les chemins qui amènent à l’inévitable conclusion ; elle vient proposer un traité qui sauve ses jolies fesses… Sans effort de la part du Val. Je lui avais énoncé clairement les causes de mon ressentiment, mais la teneur de ma proposition. Sharra avait l’espoir que m’attaquer sur la nature de ma guerre et sur qui fondait l’Empire avec moi était suffisant. Je lui parlais d’idéaux, elle me parlait de rancœur. Elle confondait mon ressentiment suite à sa parole brisée avec sa jalousie pour la place qui aurait pu être la sienne. Je plisse les yeux, pesant mes mots. Le Torrhen d’il y a vingt ans l’aurait éconduite séance tenante, l’aurait rejetée elle et toute sa troupe en levant immédiatement le ban. J’étais plus modéré, aujourd’hui, plus calculateur, mais pas meilleur diplomate. Loin de là. Quand je pense déjà à tous les donneurs de leçons qui m’accableront de leurs reproches à peine voilés…


| Vous parlez d’une paix millénaire qui n’a jamais existé. Les Trois Sœurs, la région de blancport, l’est et nos côtes respectives… Combien de générations de nos peuples se sont entretuées ? Beaucoup, déjà. Je n’en ai pas envie. Mais je n’ai pas envie non plus de vous accorder la victoire diplomatique de m’arracher un traité qui ne m’est rien, qui n’est ni un pas en avant, ni un acquis. De toute façon, vous venez de dire que vous n’aviez pas confiance en ma parole. Alors que vaudrait un morceau de papier qui l’entérinerait ? Rien du tout. Si vous en faites la demande officielle, je soumettrais votre demande au vote du Collège Impérial, et peut(-être que celui-ci ne suivra pas ma recommandation de ne pas le signer. Je n’y vois aucune espèce d’intérêt. En diplomatie, on donne autant qu’on prend. Je vous propose un partage équitable du pouvoir et des richesses de ce continent ; j’ai la paix, vous avez la prospérité. Vous, vous me proposez de signer un papier qui ne me garantit rien, et qui vous garantis tout. Vous avez déjà failli à votre parole une fois, et vous m’accusez du même mal. Cette proposition n’a aucun sens que votre désespoir à sauver le trône de votre fils, alors que je vous ai déjà promis encre et parchemin de le défendre moi-même. Mais vous ne croyez pas à tout ça, pas à tout ce que je suis en train de construire avec vos voisins. Allons pour l’ambassade, puisque je ne veux pas laisser toute bonne volonté s’évanouir. Mais pour le reste, je voterais non. A vous de voir si malgré mon avis, vous portez l’affaire au Collège. |


Je mesure aussi la force des mots et de leur diffusion alors que les entrées sont débarrassés et que la viande, du bœuf grillé à l’extérieur et tendre à l’intérieur. Je fais le signe d’en faire goûter les meilleurs morceaux à la Reine du Val, tandis que je me sers moi-même pendant ce temps. Je n’attends pas qu’ils ressortent.


| Je pensais que vous veniez en personne pour quelque chose de plus important que cette tentative désespérée de neutraliser diplomatiquement l’Empire sans aucune contrepartie. Oh, pas accepter de nous rejoindre, bien sûr. Mais je pensais que vous aviez autre chose à amener à la négociation que votre ressentiment personnel pour mon épouse et votre défiance de l'Empire. |


J’avais l’armée, j’avais la flotte, j’avais la puissance économique, sociale et politique de la coalition, la légitimité de la guerre contre les sauvageons, menée seul avec un rien d’appui de l’Ouest, et celle bien plus solide de la conquête du Conflans. Et elle, qu’avait-elle ? Visiblement, à part sa déception de ne m’avoir gagné à sa cause avec ses cuisses et son joli minois, ainsi que sa rancœur pour ma femme, rien du tout. C’était éloquent ; elle avait parlé de traité de non-agression, pas de réouverture du commerce, pas d’alliance, pas d’union. Rien du tout que la protection vis-à-vis de nos armées. Elle avait peur, mais elle n’avait pas d’arguments. Partons pour l’ambassade. Lorsqu’Harren sera exécuté et l’Empire florissant, le Val verra de façon bien plus précise l’apport de l’Empire. Si Sharra ne croyait pas à ses principes, elle croirait peut être à ses résultats.







What have I become
My sweetest friend
Everyone I know
Goes away in the end
And you could have it all
My empire of dirt
I will let you down
I will make you hurt



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MessageSujet: Re: The Grace and the Might [Tour V - Terminé]   Sam 9 Déc - 16:06

The Grace and the Might.| Je pensais que vous veniez en personne pour quelque chose de plus important que cette tentative désespérée de neutraliser diplomatiquement l’Empire sans aucune contrepartie. Oh, pas accepter de nous rejoindre, bien sûr. Mais je pensais que vous aviez autre chose à amener à la négociation que votre ressentiment personnel pour mon épouse et votre défiance de l'Empire. |

Je reposai doucement mes couverts et l’observai un moment.

« Vous interprétez mes mots et n’écoutez pas ou me suis-je mise à parler dans un langue obscure Torrhen ? Je n’ai en rien dis que votre parole est douteuse, mais porte à réflexion, je ne suis pas venue ici pour parler de la dernière dentelle à la mode mais évaluer vos intentions qui à ce jour sont assez menaçantes et en rien remplies d’envie de paix. En somme, le Val vous rejoint ou vous le contraindrez à le faire, mais jusqu’à preuve de l’inverse le Val n’a aucune intention de guerre ou n’a pas le besoin de faire la vôtre, vous soulignez quelques belles tournures de phrases qui fut un temps m’auraient séduite ou m’auraient donné certainement froid dans le dos. Mais je n’en ressens à présent aucun des deux sentiments. Vous êtes empereur de guerre, de conquêtes aux côtés d’une épouse qui ne m’a jamais rien apporté personnellement pour que je lui donne le titre d’unificatrice à l’inverse là où j’étais unie par des liens d’amitié avec beaucoup, je ne le suis plus depuis son passage. Les ronds de jambes et les courbettes ne changeront rien à au fait qu’à ce jour vous ne m’offrez guère plus de choix qu'Harren, vous n’êtes amical que sur le papier envoyé par corbeau et ne m’obligez en rien à vouloir placer dans vos mains la confiance d’un avenir pour les miens. Certes vos quelques paroles auxquelles vous semblez croire avec foi et ferveur pourraient m’inviter à en faire autant. Si entre celles-ci ne se trouvait pas tout l’apparat d’une rancune tenace due au fait que mes troupes ne vous ont pas ouvert les portes. Vous semblez oublier que vous n’avez pas pris plus de temps pour vous détourner du Val. Vous souhaitez la guerre, je souhaite la paix, mais visiblement vous manœuvrez fort bien. Êtes-vous si certain d’être empereur de droit des sept couronnes que vous oubliez que je ne suis pas née sous un règne impérial autoproclamé par votre belle famille, venue d’une petite île isolée dont les origines ne prévalent pas aux miennes ? Mes demandes sont simples, un pacte de non-agression vous prouvant que nous ne passerons pas nos frontières pour nous en prendre à vous sans acte de votre part qui nous y force et inversement et un ambassadeur pour parler à mon fils et ma bru fraîchement roi et reine du val. Si je n’ai aucun des deux, alors en effet parlons dentelle car ce sera là sûrement pour moi aussi le début de nouvelles tapisseries avant de rejoindre le Val pour faire comme vous quelques projets nouveaux. Le val est isolé, mais par seul, il n’est pas faible et n’est pas malade, ses greniers et ses coffres n’ont pas besoin d’aide pour passer l’hiver et si on n’arrive pas à nous accorder ce soir sur quelques paix possibles, alors entendons-nous sur le fait que les plats sont des plus savoureux et que votre pourpoint illumine vos traits et vous rende grâce. »

Je récupérai ma coupe et m’en abreuvai me relevant pour faire quelques pas et délaisser la table. Protocole ou non je n’en avais que faire.  

« Tentative désespérée vous dîtes ? » Je laissai passer un sourire. « Je ne me vois pas désespérée et ne le suis en rien depuis biens des années » Je vins prendre la cruche qu’il vidait abondamment et retournai à ma place pour me resservir.

« J’ai des options, je les envisage, elles sont assez simples, et vous en brûlez les pourtours, soit, imaginez-moi recluse, faible et craintive, comme une jolie biche mise à mal dans par de grands chasseurs dont vous faîtes partie sans conteste. Mais n’oubliez pas dans la somme de vos menaces bien fournies que si je le suis comme vous l’imaginez, dans ce cas je n’en suis que plus dangereuse, pas vrai ? Après tout quand on n'a plus rien à espérer et somme proche de tout perdre votre grâce, on est prêt à tout pour les siens et dans ce cas comme toujours le val n’est pas à prendre pour un petit royaume chétif sans défense, la biche, l'aigle et le faucon, né du corbeau et si vous êtes loup de naissance, alors vous plus que les autres savez qu’on n'enterre pas un peuple aussi fier que l’est celui de vos origine simplement car vous le souhaiteriez ou l’imaginez aux abois, vous-même dans vos plus grands moments de retranchement vous êtes révélé plus que jamais dangereux et prompte à survivre. »  

Je me replaçai et me mis à manger de bonne grâce les quelques légumes dans mon assiette.
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MessageSujet: Re: The Grace and the Might [Tour V - Terminé]   Sam 16 Déc - 19:36

| »Ca n’est là que ma parole ». Assez de cours de sémantique. Vous avez dit ce que vous avez dit, point final| |


Je m’impatientais sans chercher à me retenir ; il fallait que Sharra comprenne qu’elle ne pouvait plus se jouer de moi comme elle l’avait fait jadis. Je n’étais plus dans la posture d’être séduit par cette femme et les enjeux de nos discussions avaient totalement changé. J’avais toutefois acquis, par le début de ses arguments, que le Val ne comptait pas nous rejoindre quoi que je dise, quoi que je fasse. Je comptais alors prouver aux habitants de l’est qu’ils pouvaient très bien retirer plus tard le profit d’une intégration à l’Empire. Un profit culturel, économique et bien entendu militaire, puisque l’Empire serait dès lors garant de la protection des Eyrié. J’étais furieux, lorsque Sharra me dit que le Val n’avait pas « besoin » de faire « ma guerre ». Quelle félonie, non contents d’avoir contrarié les plans communs apprêtés ensemble et pire encore, de n’avoir pas répondu à l’appel de la guerre défensive puisque Harren Hoare m’avait envahi le premier, la Reine du Val avait l’outrecuidance de parler de « ma » guerre, alors qu’elle s’était engagée par traité et par serment à ce qu’elle soit aussi la sienne. Je tempérais, pourtant. Je mangeais un peu des divers plateaux de plats chauds, viandes, venaisons et poissons, accompagnés de légumes sudiens. Je mangeais tout en arrosant parfois quelques bouchées d’un peu de vin, tandis que j’écoutais la Reine du Val déblatérer à propos de la menace que nous faisions peser sur le Val.


| Soit. Accordons-nous sur nos désaccords. Vous n’êtes pas convaincue par mes arguments et préférez voir la menace au lieu de la main tendue, qui l’a été, je le rappelle, malgré votre absence de respect de nos traités et de nos accords secrets passés par la suite. Quant à ce que les choses soient claires ; clarifions-les. Je ne me suis aucunement comporté comme Empereur de droit ; je n’ai jamais rien dit de tel. Je suis Empereur par la légitimité de ceux qui m’ont juré allégeance, et par celle des territoires conquis ou libérés. Ni plus, ni moins. Je vous ai expliqué ce que le Val aurait à gagner à nous rejoindre, ainsi que la réalité de mes intentions. Vous avez refusé, très bien, je le conçois. Vous pourrez très bien m’accabler de tout le bellicisme du monde ; il n’en reste pas moins que je ne vous ai pas menacée, et que vous avez choisis simplement de faire cavalier seul. Nous avons donc fini sur la motivation de votre venue ; vous aurez cet ambassadeur, si vous le souhaitez tellement, et je proposerais votre pacte sitôt que j’aurais l’assurance que vos croisés ont mis bas les armes. Ce pacte n’existera pas autrement, tant qu’il y aura un parti de la guerre chez vous, à votre cour. |


Et plus encore dans ton lit, ma douce. Il était de notoriété commune que Rougefort et Sharra couchaient ensemble ; elle me l’avait en plus confirmé à Winterfell alors que nous dansions et que je la taquinais sur le sujet. Le fait était que je n’allais pas me lier à un royaume sans parole et sans honneur, qui avait déjà rompu sans le moindre regret un traité d’alliance, en plus de revenir sur ses autres serments. Pas alors qu’une troupe s’assemblait contre nous en son sein. Je concluais, reposant mes couverts dans mon assiette.


| J’avais beaucoup espéré de cet entretien, et j’espérais vous convaincre mieux que la prochaine fois. Mais je sais reconnaître quand la bataille tourne au statu quo, et ne vous forcerais pas la main. Vous serez mon invitée personnelle pour le mariage de mon fils, et pourrez discourir dans ce château avec ses occupants étrangers ou impériaux. Ensuite, je vous fournirais surcroît d’escorte pour retourner au Val. Il ne sera pas dit que l’Empereur ne reçoit dignement ses invités, même en cas de dissensions. |


Les discussions étaient finies ; il n’y avait en fait jamais rien eu de concret à discuter. Le Val attendait des concessions diplomatiques de factions auxquelles il avait déjà tourné le dos dans l’histoire récente, alors qu’ils ne désiraient rien nous offrir. Je n’avais aucun intérêt à mener les discussions en ces termes, aucun avantage ni aucune sécurité à obtenir. Que vaudrait un pacte de non-agression, alors que le Val avait prouvé qu’il ne respectait pas ses traités alors que dans le même temps tout le monde savait que j’étais fidèle aux écrits ?








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MessageSujet: Re: The Grace and the Might [Tour V - Terminé]   Dim 17 Déc - 15:20

The Grace and the Might.| Ca n’est là que ma parole. Assez de cours de sémantique. Vous avez dit ce que vous avez dit, point final| |

Je laissai passer un sourire réel et amusé. Déposant mes couverts autour d’un plat que je n’avais que peu toucher à côté de lui qui avait savamment dégusté son assiette. Je n’avais pas le cœur à festoyer, surtout prise en traître par des souvenirs d’un homme qui fut un temps m’avait tellement séduite que mon cœur avait cru s'y perdre ou songé sûrement quelque peu encore se noyer.

« Ma sémantique ne vous a pas toujours déplus, à mes souvenirs… mais vous avez toujours eu des difficultés à en tenir la subtilité de mon jeu de langue, cependant ne prenez pas mes pensées pour votre épouse pour vous. Certes on partage bien des traits dans une union, mais si à ce que je constate le loup vit encore en vous et j’en suis fort heureuse, j’aurai été en deuil de le voir sombrer pour un dragon. »

Il prenait visiblement mes compliments ou mes dires à son avantage pour des piques ou des attaques tellement que je les plaçais sur son épouse. Il n’était de secret pour aucun que la reine de peyrédragon et moi n'étions pas des meilleures amies, des sœurs de cœur. Nos différents dataient de l’époque Aegon et n’avaient jamais vraiment vu la mort avec la mort de celui-ci au contraire, avec le recul, je réalisais que tout avait perduré et survécu au point à présent que nos différents de base naissaient aussi dans la bouche de son époux.

|Soit. Accordons-nous sur nos désaccords. Vous n’êtes pas convaincue par mes arguments et préférez voir la menace au lieu de la main tendue, qui l’a été, je le rappelle, malgré votre absence de respect de nos traités et de nos accords secrets passés par la suite. Quant à ce que les choses soient claires ; clarifions-les. Je ne me suis aucunement comporté comme Empereur de droit ; je n’ai jamais rien dit de tel. Je suis Empereur par la légitimité de ceux qui m’ont juré allégeance, et par celle des territoires conquis ou libérés. Ni plus, ni moins. Je vous ai expliqué ce que le Val aurait à gagner à nous rejoindre, ainsi que la réalité de mes intentions. Vous avez refusé, très bien, je le conçois. Vous pourrez très bien m’accabler de tout le bellicisme du monde ; il n’en reste pas moins que je ne vous ai pas menacée, et que vous avez choisis simplement de faire cavalier seul. Nous avons donc fini sur la motivation de votre venue ; vous aurez cet ambassadeur, si vous le souhaitez tellement, et je proposerais votre pacte sitôt que j’aurais l’assurance que vos croisés ont mis bas les armes. Ce pacte n’existera pas autrement, tant qu’il y aura un parti de la guerre chez vous, à votre cour. |

Il concluait, en reposant ses couverts dans son assiette et je n’en fis rien glissant doucement dans ma bouche un morceau de pomme de terre. Et un second avant de prendre ma coupe et d'étancher quelque peu ma soif.

| J’avais beaucoup espéré de cet entretien, et j’espérais vous convaincre mieux que la prochaine fois. Mais je sais reconnaître quand la bataille tourne au statu quo, et ne vous forcerais pas la main. Vous serez mon invitée personnelle pour le mariage de mon fils, et pourrez discourir dans ce château avec ses occupants étrangers ou impériaux. Ensuite, je vous fournirais surcroît d’escorte pour retourner au Val. Il ne sera pas dit que l’Empereur ne reçoit dignement ses invités, même en cas de dissensions. |



« Nous, ne désarmerons pas le Val car vous craignez de nous voir prendre chemins contre vous, surtout que nous l’avons jamais fait. Mais je conçois vos craintes, bien que vous allez un peu loin dans vos doutes, certes j’ai refusé de vous suivre quand j’y était alors engagé, mais nous n’avons jamais fait saigné le nord pas plus que l’empire. Sachez Torrhen qu’alors que je venais vous rejoindre, les croisés du Val sous la gouverne de sénéchal avançaient sur les montagnes pour donner au grand Lycaon le nombre des convertis qu’il attendait de nous voir lui offrir en votre ancien royaume. Nos soldats n'ont pas rejoint le nord comme il nous l’était ardemment demandé par la Foi. Vous avez note d’hommes qui se massent dans mon royaume, mais visiblement pas de nos décisions quand à votre empire. » Je reposai mes couverts en même temps que lui.

« Nous ne pouvons rien engager l’un vers l’autre, sûrement car nous ne sommes pas externes aux distances de nos deux couronnes. C’est pourquoi l’ambassadeur que vous nommerez parlera en votre nom à mon fils et ma belle-fille, ceux-ci vous rendrons réponse quant à notre union ou notre séparation sur nos chemins. »

Je ne me relevai pas, attendant qu’il le fasse lui-même ou décide de me faire raccompagner aussi cordialement qu’il venait de le faire verbalement. J’inclinai quelque peu la tête sur le côté, toutes les mondanités politiques venaient visiblement de finir pour lui, mais pas totalement pour moi.

Si j’avais atteint le but de le tester et voir de quel bois se chauffait à présent le tout jeune empereur. Je déplorais cependant qu’il aille aussi vite en besogne en parlant de refus.

« Vous concluez bien rapidement à un refus là où je n’en ai placé en aucun instant, tout au plus des observations et quelques réserves de prudence argumentées. Mais n’y revenons point. » Je l’explorai quelques instants.

« Je vous remercie pour l’invitation aux noces de votre fils et me réjouis de voir l’union du loup et de la truite, tout comme je fus des plus charmées en son temps d’être le témoin privilégié de la louve et du loup. Qui fut un baume au cœur et le sera à nouveau pour vous et bien d’autres en ce début d’hiver. » La simple évocation des noces à Winterfell me rendit un instant nostalgique de l’entente de l’époque. Au-delà de l’intimité, l’homme connu à l’époque avait grandement aiguillé mes instants.

« Je suis sincèrement heureuse de vous savoir sauf, on dit que Buron fut aussi terrible que de la bataille de La-Mort-Aux-Loups, tous deux ont presque eu raison de votre santé et je suis bien soulagée malgré nos différents de la conclusion de ce soir, de savoir que vos jours ne sont plus en danger. » Je me relevai et récupérai ma cape pour la glisser sur mon bras.

Finis les tutoiements, nous n’en étions plus là, lui et moi, le gouffre qui nous séparait désormais était à la hauteur de la politique qui régissait nos vies. Je glissai ma main sur la petite cloche qui invitait les serveurs a rentré, lui laissant le plaisir de me faire reconduire.

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MessageSujet: Re: The Grace and the Might [Tour V - Terminé]   Dim 17 Déc - 22:48

Sharra sourit, semble amusée. Est-ce sa manière de gérer le stress de la confrontation ? C’est possible, mais ça n’a absolument aucune prise sur moi. Au contraire, même. La situation n’a rien de cocasse, absolument rien. Je continuais de manger, ne laissant pas ce repas se gâcher pour ce qui est sa fonction première, à défaut d’avoir été une réussite du point de vue social. Je la dévisageais plus froidement que jamais.


| Ah, pardonnez-moi donc votre Grâce, de ce manque criant de subtilité. Il est vrai que je n’ai guère de talent pour la politique ; l’essentiel de mes compétences s’épanouit sur le champ de bataille. |


Et encore une fois, l’affront revient à la charge concernant mon épouse. Rhaenys était décidément la cible bien commode de tous les maux. Tout le monde me traite de haut, mais c’est elle qui assume son titre que l’on accuse d’arrogance. J’assume de mon côté mes serments et mon honneur, et cela fait de moi un loup, bientôt étouffé par Rhaenys, encore. Ces faux-semblants sont aussi pâles et mornes comme arguments que la « menace » brandie par Loren Lannister. Je n’avais jamais eu de mots contre l’indépendance de l’Ouest, et Rhaenys non plus dans les missives qu’elle leur avait envoyées. Ils n’étaient simplement pas brossés dans le sens du poil, mais ces félins paresseux n’en avaient pour autant conçu qu’ombrage et rancœur. Au moment où la croisade se rassemblait, il n’y avait eu que Paege, aucune conquête limitrophe. J’avais maintenant l’habitude que l’on me prête tous ces traits grossiers, ou que l’on en accable ma femme. Mais avoir conscience de cette image ne me rendait pas plus désireux de traiter avec ces gens, souverains indépendants certes, mais timorés, se drapant d’indignation pour masquer leur propre orgueil, malmené par nos succès et l’aspect inédit de l’objet politique que nous façonnions. Sharra m’écoute achever le volet diplomatique sans rien dire de plus. Et elle continue ses contre-attaques désordonnées. J’allais loin dans mes doutes, alors qu’elle-même nous avait ouvertement considérés comme de futurs envahisseurs ? Je hoche la tête, d’accord sur la seule chose que je suis prêt à concéder.


| Je vous enverrais cet ambassadeur sitôt que j’aurais pu le choisir. Et je le ferais avec soin. |


Ce n’était pas du tout une menace, mais une promesse. Si l’homme devait parler en mon nom, il ne pourrait s’agir de n’importe qui. Sharra continue sa langue de bois sur le refus qu’elle n’a pas formulé, mais dont on sait tous deux quelle est sa position. Elle n’envisageait pas l’Empire, et elle voulait des garanties que je ne lui donnerais pas. Ce repas et cette rencontre, que je n’avais pas désirés de prime abord, je n’avais pu les lui refuser, mais ils avaient été aussi inféconds que ce que j’avais imaginé de prime abord. Je hoche la tête, remerciant la dame alors que je refusais poliment le dessert que l’on apportait ; fruits d’automne, entremets, gâteaux. Je n’avais plus faim, et j’avais déjà trop bu et trop mangé. Je m’essuie la bouche et me relève.


| Mais votre Grâce, mes jours seront en danger tant que subsistera l’ennemi. Buron n’était qu’une étape. Comme La-Mort-Aux-Loups, comme Paege, comme Wayfarer. Il y aura encore dix, ou bien cent batailles, avant que nos ennemis ne soient détruits et l’Empire, libre de tous ceux qui le menacent. Mais je vous remercie pour vos bons mots. L’envoi d’un ambassadeur est au moins une étape… Dont je salue l’initiative. |


Nous ressortons et nos gardes respectives s’avancent. J’embrasse Sharra sur le revers de la main, mais d’un baiser simplement poli.


| J’espère que ces épousailles sauront vous divertir avant le long chemin de retour. |







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MessageSujet: Re: The Grace and the Might [Tour V - Terminé]   Mer 10 Jan - 2:54

The Grace and the Might.| Mais votre Grâce, mes jours seront en danger tant que subsistera l’ennemi. Buron n’était qu’une étape. Comme La-Mort-Aux-Loups, comme Paege, comme Wayfarer. Il y aura encore dix, ou bien cent batailles, avant que nos ennemis ne soient détruits et l’Empire libre de tous ceux qui le menacent. Mais je vous remercie pour vos bons mots. L’envoi d’un ambassadeur est au moins une étape… Dont je salue l’initiative. |

S’avançant il embrassa doucement le revers de ma main, d’un geste courtois, sur l’instant mes yeux glissaient sur son geste, me rendant interdite, je n'étais tellement plus certaine face au danger qu’il commence réellement à être pour moi que je serai capable d’un tel mouvement vers lui, sans un mot de retirer ma main et la glisser dans les mitaines.

| J’espère que ces épousailles sauront vous divertir avant le long chemin de retour. |

Il était temps d’en finir, ce repas n’avait rien apporté que des paroles veineuse et des actes clairs qu’un jour ou l’autre, les alliés d'hier se feraient face arme en main. J’en étais à présent certaine et je me préparais même à en informer mes enfants dans la journée qui suivait. Si mes mots étaient surveillés de près mes corbeaux ne l’étaient pas tous fort heureusement ou j’aurai fini par insurger d’une captivité. Le mariage passé je prendrai la route avant que les neiges soient trop importantes. Dans mon esprit tournaient déjà les brumes du futur.

« Je n’en doute pas, le dernier fut mémorable, mais le temps a passé et dès les jours suivant je prendrai la route, les neiges n’augurent rien de bon pour les voyageurs, j’espère que la guerre vous gardera en forme et que votre ambassadeur saura faire mieux que nous ce soir. A bientôt Torrhen. »

L’idée de voir mon fils comme mon époux prendre les armes, mais cette fois contre l’homme face à moi, me fit serrer la mâchoire. Je glissai ma cape sur mon dos et rejoignis la double porte. Tout ceci ne me plaisait pas, mais trop d’amertume nous séparait à présent pour envisager les choses autrement.

« Je suis désolé pour votre fils et notre refus, je suis certaine que mon choix vous a blessé, et à votre place je n’aurai plus confiance aussi, vous comme moi aimons nos enfants au point de vouloir tout sacrifié pour leur sécurité, ce jour-là que vous le compreniez ou non, j’ai fait face à ce choix et ce que je le regrette, oui la femme que je suis le déplore, mais la reine ne changerait rien, puisque cela vous a offert autant et m'a permis de garder mon fils en vie. »

Je poussai la poignée sans attendre de réponse ou qu’il ne contre-attaque et profite de l’instant. J’aurai encore porté ma couronne, ces mots n’auraient jamais été dits, mais aujourd’hui comme il le disait si bien j’étais ici en ambassadrice et plus en reine du val. Je pouvais donc laisser la reine au placard un instant. M’avançant dans le couloir, j’inclinai la tête à l’intention de mes gardes et sans m’arrêter, pris le chemin de mes appartements avec leurs pas armés à ma suite.

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MessageSujet: Re: The Grace and the Might [Tour V - Terminé]   

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