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The Grace and the Might
MessageSujet: The Grace and the Might   Ven 27 Oct - 23:05

Voici le p’tit bandeau que tu vas devoir mettre à chaque début de post !
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Je me tenais assis, inspirant et expirant en cadence imposée par le mestre, qui me palpait les côtes sous les omoplates. Il pressait par moments contre l’artère de mon cou, ou au creux de ma clavicule en serrant un peu forte. Je me laissais faire, sans opposer la plus petite résistance. Je n’en avais pas la force ; et je devais me ménager. Une nouvelle demande de la Reine du Val. Ou plutôt, de la Reine douairière, de la Reine-Mère. Sharra était venue pour parlementer. De quoi, je n’en savais rien. Je ne croyais pas à un ralliement du Val, pas après leur revirement d’il y avait quelques mois. Je toussais à la demande du mestre, qui me demandait ensuite de me racler le fond de la gorge. Le vieil homme pressa son oreille contre mon omoplate. Le bruit parut lui satisfaire. Il fit signe aux aides de camp de m’aider à remettre ma tunique, tandis qu’il me retirait le bandage sur mon œil droit. L’ensemble paraissait nettement moins gonflé, au niveau des sensations de mon visage. Je n’avais plus l’impression de m’être fait rouler dessus par un chariot, et la douleur était moins cuisante, moins brûlante, mais plus sourde. Il claqua de la langue d’un air impatient en nettoyant mon œil, qui récupérait rapidement ; je ne voyais plus trouble au travers d’un œil tant malmené qu’il en restait rouge et vitreux. L’homme mit un espèce de baume sur mon visage, qu’il étala en petits cercles concentriques de la paume de la main, de ma pommette du côté droit à sous mon œil, puis tout autour de mon orbite. Enfin, l’homme tira doucement, du bout des doigts, sur ma chair de part et d’autres de mon visage meurtri. Il hocha la tête, satisfait, et entreprit de me laver le visage, surtout les lèvres de la plaie qui me traversait et me fendait les traits. Finalement préparé, je me relevais. On me retailla la barbe, on me coupa les cheveux. Pas trop courts ; l’Hiver venait. J’étais épuisé, après qu’on m’eut aidé à enfiler mes vêtements ; tunique de cuir frappée de l’emblème Braenaryon, par-dessus une chemise épaisse, d’un blanc tirant vers le gris, couleur des Stark. Mon pantalon était simple. Ceinturon de cuir, épais et serré, empêchant mes vêtements devenus trop grands de me tomber sur les talons ; la convalescence m’avait fait perdre un peu de poids. Morsure au côté, même si son poids me destabilisait il me rassurait aussi, et passant la main sur le pommeau orné d’une tête de loup, j’eux la vague impression que ma paume était traversée d’une pointe de chaleur.


On fit finalement venir mes aides avec un grand miroir emprunté aux maîtres de céans.


Je me découvrais à demi-guérit, et je n’aimais pas ce que je voyais. Je n’étais pas beau, pas comme l’avait été Brandon en tout cas, pas comme l’était Orys Baratheon, par exemple. Mais autrefois, j’affichais un air solide, de roc, tout en muscles endurcis par vingt années de campagnes. Mon léger embonpoint avait disparu. Mes épaules semblaient un peu moins carrées, mes joues étaient plus creusées. Les rares fils d’argent d’autrefois, dans ma barbe et dans mes cheveux, s’étaient transformés en mèches poivres et sel. Mon œil droit était encore un peu rouge, sous la pupille. Le mestre m’avait prévenu que ma rétine était décollée, et que je devais attendre que ça se soigne. Ma vue en était souvent troublée, mais l’œil était sauf ; l’énorme boursouflure qui m’avait fait gonfler cette partie du visage était remplacée par un œil au beurre noir violacé, monumental, qui me courait d’au-dessus les sourcils à presque la pommette ; la teinte violacée restait pigmentée, signe de la violence du choc reçu lorsque j’avais perdu mon casque. Mais cette blessure évidente n’était pas permanente, au contraire d’une nouvelle cicatrice, la pire de toutes celles reçues jusqu’alors. La cicatrice courait en diagonale de mon visage, barrant mon front de son extrêmité gauche jusqu’entre les sourcils, et reprenait plus loin, au coin du nez jusqu’à l’extrémité opposée de mes lèvres, tordues et étirées par une autre cicatrice en une parodie de sourire sarcastique, le coin de mes lèvres remonté en biais vers ma pommette sur quelques centimètres. La plaie était encore rouge, à vif. Le gros fil évitant à mon visage de se retrouver pelé vif au moindre effort avait fini par laisser place à de plus petits points. La totalité des fils pourrait m’être retirée d’ici une dizaine de jours, selon le mestre, si la cicatrisation poursuivait bien. Si physiquement la guerre avait laissé de nouveaux ses crocs sur mon apparence, mon regard brillait toujours d’une lueur ardente, presque fièvreuse. Je voulais me remettre au travail. Accueillir Sharra Arryn, puisqu’il le fallait. L’Empire ne pouvait pas se permettre un nouvel ennemi. Etait-ce ce que le Val devenait, un ennemi ? Difficile de savoir. Sharra m’avait pris par surprise, elle m’avait menti et avait conditionné l’exécution de sa parole, bafouant toutes les règles sociales et culturelles de l’aristocratie héritière des Premiers Hommes et des Andals. J’aurais pu me plier en quatre pour lui complaire, mais je ne l’avais pas fait, érigeant mes principes en autant de vertus. Et l’alliance était morte à peine était-elle née.


On veut ceindre mes épaules de mon habituelle cape, mais je la refuse d’un signe de tête. L’Hiver, je connais. Si je prenais une cape, la tentation de m’emmitoufler dedans serait trop forte, et je ne voulais montrer aucun signe d’inconfort ou de faiblesse. Je soupirais, me passant de l’eau sur le visage, frottant mes mains dures, calleuses, encore meurtries elles aussi par la bataille ; contusionnées et couvertes de petites blessures dûes au maniement des armes deux jours durant, dans la plus grande hécatombe de l’histoire de Westeros. Bataille que j’avais perdue. Cette idée seule m’insupportait au plus haut point, me mortifiait.


Quelques instants plus tard, alors que le soleil descendait à l’horizon, j’allais accueillir la Reine du Val en personne. Seul. Sans mes Gardes Demalion, qui restaient en retrait. Dans le hall de cette grande tour ronde, je réprimais un frisson, et serrais les dents si fort que j’en avais mal à la mâchoire. La Reine arriva finalement, ses propres gardes sur les talons. Je m’avançais vers elle. Belle, comme toujours. Elle ne concédait jamais rien à son apparence, toujours irréprochable. Mais cette fois-ci, je n’étais plus son égal, son voisin. J’étais Empereur. Pas le sien, certes, mais nous n’étions certainement plus égaux ; la guerre m’avait donné autant qu’elle m’avait pris. Je l’accueillais d’un signe de tête, et ne laissait rien deviner de l’affection et des liens intimes qui s’étaient tissés entre nous, quelques mois plus tôt. Je ne l’embrassais pas sur le revers de la main, comme je le faisais auparavant ; je ne voulais pas lui laisser entendre que je cherchais encore aujourd’hui son contact. Je m’approchais, toutefois. Parce que blessé au visage et à la bouche, je ne pouvais pas parler trop fort.



| Votre Grâce… C’est un honneur de vous recevoir. Je tiens à m’excuser pour… Hum… Pour le délai de notre entrevue. La guerre m’a tenu loin de mes obligations officielles un certain temps, ce que je déplore. Mais je me porte mieux, maintenant. Et nous pouvons dîner ensemble, si cela vous agrée. Ainsi vous pourrez me faire part de l’objet de votre visite, si loin de votre château et en plein milieu d’un pays ravagé par une guerre à laquelle vous ne vouliez pas assister. |



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MessageSujet: Re: The Grace and the Might   Jeu 2 Nov - 0:11



Sharra Arryn


Sharra Arryn est arrivée trois semaines plus tôt à Vivesaigues, entourée d’une escorte conséquente. Venue parlementer avec l’Empereur, elle a dû attendre durant le départ de ce dernier pour Buron, puis elle l’a cru mort et enfin, lorsqu’il est revenu, les pires rumeurs couraient sur son état de santé. Entretemps, les jours passant, elle échangea avec ses hôtes, du moins ceux en état pour l’accueillir, pour la faire patienter. S’attendant à un énième ajournement, elle fit une nouvelle demande auprès de l’Empereur que l’on disait mutilé, agonisant, et fut surprise d’apprendre qu’il acceptait l’entrevue ou plutôt que « son état lui permettait des visites ». Alors que quelques flocons épars tombent sur la forteresse, la Reine gravit alors les marches menant aux appartements privatisés pour l’Empereur, ne sachant dans quel état de corps et d’esprit elle allait retrouver son ancien amant.



Sharra déglutit discrètement au moment où elle aperçut la face déconfite de son ancien amant. Puis, elle se refit montagne inébranlable dans sa robe de brocard bleu ciel frappé d’entrelacs argentés aux imposantes manches ourlées d’hermine. Une cape en fourrure de lynx de fumée tombait depuis ses épaules fermée par une fibule à chaîne en argent ciselé de la lune et du faucon. Or blanc, perles et saphirs ornaient ses oreilles, son cou, ses mains et ses cheveux coiffés en un chignon tressé impeccable. Sur sa tête, néanmoins, pas de couronne, seulement un diadème avec une pierre de lune sertie entre les ailes protectrices d’un faucon aux yeux de saphirs. Elle n’avait nul besoin de la couronne des Reines de la Montagne et du Val laissée à la jeune Nymeria pour tenir son allure majestueuse et sa démarche gracieuse. Menton relevé, dos droit, pas délié, ainsi se présenta-t-elle devant l’empereur, qui, n’étant pas le sien, eut tout de même droit à un hochement de tête plus long que d’habitude et à ce que la Reine douairière, baisse les yeux un court instant. A moins que ce ne fut pour quitter du regard ce visage ravagé qu’elle avait tant de fois embrassé avant de le laisser à une autre, à contre coeur.

__ Empereur Torrhen Braenaryon, je vous remercie de me recevoir enfin. Je juge par votre mine que tout ne s’est pas passé comme vous l’escomptiez à Buron. Néanmoins, C’est un honneur et un plaisir de vous revoir en vie.

Et puisqu’il gardait ses distances, évitant le baise main habituel et tout signe d’affection, elle fit de même, prenant une attitude et un ton froids et altiers. Avait elle aimé cet homme ? Elle avait eut besoin de lui, certainement l’avait elle séduit plus par intérêt que par amour, mais elle ne pouvait nier avoir nourri quelques sentiments à son égard.

D’ailleurs, si tel n’avait pas été le cas, elle aurait mit fin à leur relation et à leur alliance dès qu’elle avait su qu’il se préparait à épouser Rhaenys. Il avait fallu qu’elle rentre au Val et y retrouve les siens pour recouvrer pleinement ses esprits. Elle allait jeter son peuple en pâture à Harren dans une guerre bien trop sanglante pour cet homme duquel elle ne pouvait plus rien attendre ? Elle ne pouvait pas se permettre d’aimer l’époux d’une Reine conquérante qui voulait faire plier tout le monde de gré ou de force. Moins encore de laisser la guerre décimer sa population pour elle et ses ambitions par trop inconvenantes. Pas à moins qu’elle n’abandonne les titres qu’elle s’était inventé et ses vues sur Westeros.

Voilà donc où l’avait conduit ses sentiments, à oublier la sécurité de son peuple et de ses fils pour une guerre qu’elle pouvait éviter mais qu’il voulait si fort qu’elle s’était laissée emportée par sa passion. A lier une folle alliance puis à la briser, malgré le déshonneur, pour que le Val et ses gens ne servent pas une toute autre cause que celle pour laquelle elle s’était engagée : une paix solide et durable.

Évidemment la fin d’Harren le Noir conditionnait cette paix, elle lui était même indispensable. Seulement, l’Empire ne semblait pas marcher sur les traces de la paix et de la vie, mais bien sur un chemin semé de cadavres et de sang. C’était ce qu’elle avait pu constater durant son séjour, confirmant ainsi ses craintes. Peut être était ce la colère et la haine de Torrhen qui les avaient conduit à se fourvoyer ainsi. Peut être les ambitions de Rhaenys. Peut être un peu des deux. Quoi qu’il en soit, le Val ne pouvait marcher avec la mort, même si elle n’était pas si étrangère que cela et qu’elle était donnée pour de bonnes raisons et par un homme de bien.
Victoire ou défaite, qu’importe, que restera-Il après le massacre. Cela n’en valait pas la peine...

__ La guerre Oui… Il va peut être un jour vous falloir choisir entre elle et vos obligations officielles. La diplomatie s’arrange mal d’une telle attente. Mais vous le savez, sans quoi vous seriez encore en train de vous reposer.

Elle, C’était la guerre bien sûre, si chère à son coeur de combattant, si exécrable pour la Reine du Val. Mais un instant, Sharra sentit Rhaenys se glisser dans ce “elle” comme dans un vêtement trop bien ajusté. Trop bien oui. Belle et jeune, prête pour enfanter tout un tas de petits Braenaryon pour marcher sur les traces de leurs parents et sur les Royaumes insoumis de Westeros. Tout comme les petits Hoare le feraient. Mais si négocier et parlementer avec Harren le Noir était inenvisageable, Torrhen semblait plus accessible, même maintenant qu’il était marié avec la Reine autoproclamée du continent.

Cela lui coûtait de courber l’échine devant l’Empire et si elle était encore Reine, peut être ne l’aurait-elle pas fait. Mais à leur dernière rencontre, elle avait brisé leur alliance et elle le connaissait assez pour savoir qu’Il ne lui pardonnerai pas cette trahison si facilement. Cependant, cette alliance née dans une union illégitime était morte avec son mariage avec Rhaenys et l’avènement de l’Empire. Si elle comprenait que Torrhen veuille écraser Harren à tout prix, Il était hors de question de céder une once de terrain à la Targaryen. Or les voilà empereur et impératrice sous le nom Braenaryon, En train de conquérir le centre de Westeros sous les yeux inquiets des puissances indépendantes.

La paix était trop précieuse et trop fragile pour qu’elle ne s’incline pas, mais le Val resterait souverain au sein de ses montagnes. Que faire alors pour que le Nord redevienne un allié sans que ce satané Empire ait l’air de s’emparer du Val. A vrai dire, elle n’en avait pas encore une idée très précise, Il semblait maintenant évident qu’elle ne pourrait pas compter sur ses charmes comme lors de leur premier rapprochement. Vue l’issue de cette aventure, peut être était-ce mieux ainsi. Mais la brune restait prête à tout pour éviter de faire de cet Empire naissant et pourtant déjà puissant un ennemi et pour assurer l’avenir de ses fils et de son cher pays.
Le Val prévaut pensa-t-elle avec un pincement au coeur. Elle retint un sourire en se répétant cette phrase chère à Garth avant de sourire finalement à Torrhen.

__ Dînons, donc.

Il devait avoir une faim de loup !


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MessageSujet: Re: The Grace and the Might   Jeu 2 Nov - 23:01

La souveraine est impeccable, comme toujours. Je comprenais à nouveau ce qui avait poussé tant d’hommes, selon la rumeur, à lui succomber. Moi-même, je n’avais pas été insensible à ses charmes. J’avais l’impression que ça remontait à une vie, alors que ça ne datait que de quelques mois. La Reine du Val vient en tout cas parée de ses plus beaux atours, luxe non flamboyant mais finement étudié pour mettre chaque partie d’elle en valeur sans ostentation ; elle n’était pas de ces femmes qui se paraient richement mais de ces femmes déjà riches d’être belles avant d’avoir à enfiler le moindre vêtement ou bijoux. Sharra baisse les yeux et s’incline à son tour, non sans que je le fasse avant elle. Je me demande à quel point ce simple geste de sa part est empreint de respect, ou à quel point il est guidé par la gêne de voir ce que je suis devenu. Mais je porte ces stigmates comme je portais autrefois mon visage, j’ai conscience de ce que j’ai perdu mais je ne peux rien y faire. Rien si ce n’est ruminer le prochain champ de bataille, la prochaine campagne, mon prochain mouvement. Sharra est formelle, quand elle s’adresse à moi. Nous avons des témoins. Cela ne produit en moi que des souvenirs de mots susurrés, murmurés au creux de mon oreille alors que son corps est nu et chaud contre le miens. Une erreur. Nous étions allés trop vite en besogne, alors que nous n’avions encore prouvé l’alliance dans aucun fait, et ne l’avions consolidée dans aucune épreuve. Je note le « enfin » mais le lui concède. Et voilà qu’elle me fait part de son constat sur ma dernière aventure, cette fois militaire.


| Vous jugez bien, Votre Majesté. Les rigueurs de la guerre se sont rappelées cruellement à tous les participants de la bataille, la plus grande et la plus terrible qu’ait connu Westeros depuis bien des générations. Mais la guerre continue et mon apparence n’est que de peu d’importance au regard de l’enjeu. |


Je sentais qu’elle pensait plutôt que j’aurais dû y mourir, à Buron. Cela aurait été plus simple pour elle autant que pour son royaume que je reste enseveli sous les corps des mourants et sous une belle épaisseur de neige et de sang. Le Val y aurait perdu un voisin en passe de devenir plus puissant que le précédent, et Sharra y aurait perdu un ancien amant encombrant au vu des circonstances. Qu’espérait Sharra de cette entrevue ? Je n’en savais rien. Je n’avais pas su percer ses pensées, lire son âme. J’en avais été incapable. Je ne pouvais pas lui jeter la pierre malgré tout, car moi aussi j’avais compté sur notre rapprochement pour m’assurer de la position du Val. Autant dire que j’étais de toute évidence aussi bon amant que diplomate. Maintenant, c’était trop tard pour revenir en arrière ; le Val s’était éloigné, et s’était rapproché de l’Ouest qui n’avait pourtant rien fait pour aider à sa protection. Il en allait ainsi des alliances. Père me l’avait expliqué, jadis, et c’était pour cette raison que j’étais resté le plus longtemps possible en dehors de la diplomatie de Westeros ; le Nord n’avait pas grand-chose à y gagner. Alors que nous marchons en direction des appartements qui me furent attribués, suivis par nos gardes respectifs, la souveraine du Val me fit une petite leçon de diplomatie, qui fendit ma barbe d’un léger sourire alors que je finissais malgré tout par lui présenter mon bras. Pas de politesses et proximité inconvenantes, mais je lui faisais comprendre que je ne me déroberais pas plus aux usages. Quand bien même celui lui permettrait de sentir que mon bras gauche, ainsi plié, tremblait légèrement.


| Dans ce cas ma Dame, vous connaissez déjà où irait ma préférence. Le repos se mérite, tout comme la victoire et la paix. |


Ah, on commençait dans le registre des sous entendus. Ce n’était pas une mauvaise chose. Ils permettaient parfois de lisser une pensée un peu trop abrupte. Nous avançons encore au bout de deux couloirs, et pénétrons dans une petite pièce attenante à mes appartements, plus proche des escaliers et donc de la nourriture. Un feu brûlait, vivace, dans la cheminée à gauche de la tablée, dressée à grands renforts d’argenterie Tully, puisque nous n’avions pas encore eu le temps d’en faire frapper du blason Braenaryon. Des chandelles achevaient de donner de la lumière à la pièce. J’indiquais la place du fond, la plus proche de la lumière de la fenêtre, car la lune perçait ce soir les nuages, tandis que j’indiquais aux gardes qu’ils pouvaient attendre dans le couloir ; une discussions à huis clos n’avait pas besoin de témoins, aussi féaux soient-ils. Je recueillais d’abord l’assentiment de la Reine du Val d’une interrogation du regard, avant de laisser entrer à notre suite des serviteurs qui servirent en apéritif un de ces vins sudiens épicé ; on voyait de légers grains noirs en dépôt dans le fond des coupes d’argent. Je levais ma coupe en direction de Sharra, de mon côté de la table, une fois les serviteurs sortis.


| Après une épreuve telle que fut Buron, j’ai bien envie de trinquer à la vie, votre Grâce. |


Je trempe mes lèvres dans le breuvage, puis m’éponge la barbe du coin d’une serviette en tissu brodé de la truite ; j’avais encore du mal à boire et à manger avec la cicatrice qui m’étirait légèrement le coin des lèvres. Je baissais alors les yeux, puis reposais le torchon.


| Et bien maintenant que je suis là et vous aussi, ma Dame, parlons. Qu’êtes-vous venue faire à Vivesaigues ? Vos derniers courriers étaient pourtant peu ambigus ; pas question de rejoindre l’Empire et pas question non plus de nous soutenir ou de nous aider de quelque manière que ce soit. Qu’êtes vous venue faire si loin de chez vous, en compagnie d’un vieux loup défiguré et de sa bande de soudards ? |



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MessageSujet: Re: The Grace and the Might   Dim 12 Nov - 11:49



Sharra Arryn


Sharra Arryn est arrivée trois semaines plus tôt à Vivesaigues, entourée d’une escorte conséquente. Venue parlementer avec l’Empereur, elle a dû attendre durant le départ de ce dernier pour Buron, puis elle l’a cru mort et enfin, lorsqu’il est revenu, les pires rumeurs couraient sur son état de santé. Entretemps, les jours passant, elle échangea avec ses hôtes, du moins ceux en état pour l’accueillir, pour la faire patienter. S’attendant à un énième ajournement, elle fit une nouvelle demande auprès de l’Empereur que l’on disait mutilé, agonisant, et fut surprise d’apprendre qu’il acceptait l’entrevue ou plutôt que « son état lui permettait des visites ». Alors que quelques flocons épars tombent sur la forteresse, la Reine gravit alors les marches menant aux appartements privatisés pour l’Empereur, ne sachant dans quel état de corps et d’esprit elle allait retrouver son ancien amant.




Sharra se souvenait elle aussi, mais les plaisirs charnels n’avaient pas droit de citer sur le plateau de Cyvosse à présent bien mis à mal par la guerre et par l’hiver. La survie du Royaume du Val et le bien-être de son peuple étaient en jeu. Les cartes avaient été rebattues par la naissance et l’avènement de l’Empire, elles auraient pu l'être à nouveau avec la mort de Torrhen. Mais il était bel et bien là, toujours debout, tel le Roc qui l’avait séduite et qu’elle aurait été prête à épouser, tant par intérêt que par affection, s’il n’en avait choisie une plus jeune et plus belle.

__ Votre apparence n’est que le reflet de votre combat, votre visage me reste familier et vous êtes toujours Empereur. Dit elle en le regardant brièvement avant de continuer droit devant, le menton fier et la poitrine royale.

Lorsque l’Empereur lui présenta son bras, la Reine mère du Val sourit légèrement sans regarder Torrhen avant de poser délicatement sa main sur le bras tendu. Elle sentit le tremblement et se demanda un instant si il était toujours l’homme qu’elle avait connu ou si tout cela n’était qu’apparence. peut-être lui avait-on donné certaines potions pour qu’il tienne debout. Il était certain que sa mort aurait simplifier les choses, un belligérant de moins en Westeros, c’était toujours ça de gagné, mais elle aurait tout de même été triste de perdre celui-ci.

__ La victoire et la paix sont deux choses distinctes, je crains parfois que vous ne les confondiez, je n’ai personnellement rien à gagner dans la guerre, la paix m’est trop précieuse.

La gracieuse dame du Val et de la Montagne entra dans la pièce et se dirigea vers la place du fond indiquée par Torrhen, attendant que des serviteurs viennent l’aider à prendre place. Elle hocha la tête en signe d’assentiment lorsqu’il se débarrassa de leurs gardes respectives. Puis, elle posa son regard sur tous les petits détails qui en faisaient l’ambiance générale. Très chaleureuse. Peut-être n’avait-il pas totalement oublié leurs ébats, malgré ce qu’il tentait de lui faire croire. Elle retint un sourire, mais l’amertume lui fit vite oublier ce petit moment de joie. Car malgré la vaisselle aux couleurs des Tully, elle n’oubliait pas que, bien qu’ils n’aient pas encore d’objets frappés de leur sceau, il n’était plus Torrhen Stark, Roi du Nord, puissant veuf, mais Torrhen Braenaryon, Empereur des Sept Couronne, marié à une belle et jeune Reine dragon. Elle soupira en regardant tristement le feu danser dans l’âtre, puis se ressaisit et, levant sa coupe, elle offrit son plus beau sourire à son ancien amant.

__ A la vie, votre Altesse, à la vie.

Sharra but une gorgée, puis regarda furtivement les grains noirs qui se déposaient au fond du verre. Elle pensa un instant à du poison, mais elle noya cette pensée dans une seconde gorgée de ce vin épicé qui lui réchauffait le corps. Il ne pouvait pas faire ça, pas lui, pas ici, pas dans ses circonstances, il ne pouvait pas être tombé si bas, et franchement, il avait plus à y perdre qu’à y gagner. Mais si tel était le cas, alors Ronnel aurait les réponses qu’il attendait et le doute ne serait plus permis. Si elle devait mourir ici et maintenant, elle savait que ce serait pour la bonne cause et que Garth saurait prendre soin de son Roi et de sa nouvelle Reine. Elle n’avait pas peur, dans ses yeux brillaient une lueur de défi, la lune immaculée éclairait ses traits, les faisant paraître plus blancs et plus lisses. Elle se glissait sur sa peau, sur ses pommettes, dans le creux de ses joues, donnant aux ombres et aux lumières plus de contraste et de magie.

La brune leva lentement les yeux vers Torrhen.

__ J’avais envie de dîner à nouveau avec vous… Sourit-elle.

Sharra Arryn posa ses épaules sur le confortable dossier du fauteuil.

__ Il n’est toujours pas question de rejoindre l’Empire, nous tenons à notre souveraineté. Quand à vous soutenir ou vous aider, cela reviendrait à tendre la main à un ennemi potentiel. Après tout, votre jeune épouse ne cache pas ses ambitions. Et vous ? Quelles sont les vôtres ? Je vois ce que Rhaenys vous a apporté dans la guerre que vous menez contre Harren, mais cet Empire ne vous a-t-il pas pris plus qu’il n’aurait dû, comme enlevé un bout de votre âme ? Vous vous êtes engagés dans un combat que je comprends, mais que je ne saurais approuver. Je sais tout le tort qu’Harren vous a fait, je sais tous les morts passés dans ses attaques incessantes. Nous avons aussi été les cibles de ses rêves de grandeur et d’unification de tout Westeros sous sa bannière, je sais l’enjeu. Mais vous semez, tout comme lui, des milliers de cadavres, de veuves et d’orphelins, de champs qui n’auront plus d’hommes pour les labourer. A quoi cela sert-il de se battre ainsi pour le bien du peuple quand le peuple que vous voulez sauver n’obtient que la mort et la famine dans cette guerre ? Que pensez vous qu’il restera après tout cela ? J’ai l’impression que vous le rejoigniez dans sa folie et je suis venue en terrain hostile, au milieu d’une guerre que je me serais passée de voir pour en avoir le cœur net.



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MessageSujet: Re: The Grace and the Might   Mar 14 Nov - 23:19

Les choses ne pouvaient plus qu’être compliquées, maintenant, entre la Reine du Val et moi. Nous n’étions plus sur la même longueur d’ondes. Loin de là, même. Elle défendait un royaume isolé par l’Empire que je fondais et défendais, et elle n’avait de cesse de chercher, d’après la rumeur, des soutiens à l’étranger pour empêcher le territoire des Arryn de tomber dans mon escarcelle. Forcément, nous allions tous deux faire très attention, tant à nos mots qu’à nos postures. Nous ne pouvions faire autrement. En vérité, je me serais sans doute très bien passé de cette ambassade. Quelles clarifications le Val attendait-il de ma part ? La seule chose que je savais, c’était qu’Harren était là, dehors, et qu’il courrait toujours. Mes fils étaient sur le pied de guerre, ma fille mariée à des étrangers sans foi ni loi, et de mon côté j’avais encore failli mourir sur le champ de bataille. Le Val n’avait pas voulu nous rejoindre. En vérité, il n’avait pas voulu grand-chose. Il s’était contenté de faire le dos rond en attendant que l’orage passe tout autour de ses frontières, sans mauvais jeu de mot. J’ai un mince sourire, un rien ironique, alors qu’elle me retourne pourtant un compliment.


| Si mon apparence est le reflet de mon combat, alors je plains mes soldats, ma conduite de la guerre ne doit pas leur être particulièrement tendre. |


Et c’était le cas de le dire. Combien de nordiens étaient morts, parmi les quarante mille qui avaient dû être touchés, blessés, prisonniers, disparus sur l’année écoulée ? D’une des premières armées de Westeros, mon royaume avait désormais en propre une armée somme toute dérisoire. Hum. J’allais un peu vide en besogne. Pas si dérisoire que cela, ni en nombre ni en force. Certes, j’avais dû recruter par anticipation des classes plus jeunes, et remettre en garnison des classes plus âgées. Mais le Nord restait maître du champ de bataille malgré l’échec de Buron, aucune armée ne l’avait détruit malgré les difficultés qui étaient les nôtres. J’accuse le sous-entendu, alors que nous cheminons jusqu’à la tablée.


| Pas si la victoire doit donner la paix. Et s’il nous reste du travail à accomplir, j’ai bon espoir de parvenir à rester plus de quelques semaines au même endroit, de regarder mes enfants et petits-enfants grandir. |


En vérité, je savais déjà au fond de mes tripes que cette vie-là, que cette attente, ne me satisferaient guère. J’étais fait ainsi, depuis trop longtemps sur la route pour savoir comment vivre autrement qu’avec le ciel au dessus de la tête, un simple feu de camp pour me réchauffer, la venaison du commun pour me nourrir et quelque femme non loin pour ne pas mourir de froid la nuit venue. Je me demandais à quel point Rhaenys était, elle, sédentaire. La souveraine finit par trinquer avec moi lorsque nous arrivons enfin dans la salle où nous allions dîner. Elle porte son verre à la vie. Et la dévisageant du regard, je me fais fort de la bousculer dès à présent, juste avant qu’elle n’entame l’explication de la véritable raison de sa venue. Ma coupe levée, je trinque à la vie et elle continue sur cette lancée.


| Et à celle que porte dame mon épouse, car j’ai l’immense plaisir que de vous annoncer qu’elle porte notre premier enfant. |


Je m’avançais, sans doute. Il n’était pas de bon ton d’annoncer une grossesse, bien que celle-ci date très probablement de notre nuit de noces ou d’un rien avant cela. QUoiqu’il en soit, c’est une information importante et je poursuis deux objectifs en faisant cette révélation sous couvert d’un simple toast. D’une part, je souhaite qu’elle soit confrontée à la solidité de mon mariage avec Rhaenys, et à la consolidation de la maison impériale, sinon de l’Empire lui-même. De plus, je ne souhaite non pas la mettre en concurrence avec Rhaenys, mais souligner le poids assumé de mes actes, sous-tendant qu’il pourrait en être autrement pour elle. Je lui laisse le loisir de me surprendre, même si je serais prêt à parier que nulle jalousie ne transparaitrait ses propos ; Sharra Arryn était trop douée pour cela. Elle avait cru me tenir, mais s’était fourvoyée. Non sur ses charmes, mais sur mes propres faiblesses.


Je bois mon vin, elle le sien, et me dit combien elle avait envie de dîner à nouveau en ma compagnie. De fait, nous l’avions fait plusieurs fois. Lors de rencontres privées en marge du Conclave de Goeville, et au Banquet du mariage de ma fille même s’il y avait auprès de nous nombre d’invités. Je la laisse donc pour de bon entamer le ballet diplomatique qu’elle est venue entreprendre ici. Ainsi, elle joue la carte de la Reine pacifiste et veuve éplorée ? Soit. Je repose ma coupe, vaguement repu mais concentré.



| L’apanage des femmes est de se poser en défense de la paix, de la veuve et de l’orphelin. Mais voici huit mois, ne complotiez-vous pas vous-même, la chute d’Harren et l’implication militaire du Val à mes côtés ? Le fait est, Votre Grâce, que l’Impératrice et moi-même partageons buts de guerre et aspirations pour l’Empire, telles qu’elles sont décrites dans la Constitution que nous vous avons fait parvenir. La proposition qui vous est faite, malgré les griefs personnels que nous avons, est la même que celle faite à ceux qui ont risqué bien plus que vous pour nous soutenir ; la paix protégée par tous les royaumes et non la force d’un seul, une égalité de représentation et de décision, et la justice pour tous selon vos propres lois. Je pense que l’arrangement est plus en votre faveur finalement qu’au mien ; nous savons tous deux que vous jouirez plus que jamais du commerce au sein d’un Empire unifié alors que ce sera à moi de braver sur le champ de bataille tous ceux qui voudraient vous menacer. L’idée vous plaisait autrefois, de m’avoir pour champion. Que nous reste-t-il à discuter alors, dans ce repas ? Je n’arrêterais pas la guerre en cours contre Harrenhal et ses soutiens du Bief et vous ne nous rejoindrez pas ; je pense qui plus est que vous serez bien plus convaincue par les faits que par les mots. |



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