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Dorne ne tolère que les Dorniens [Tour IV - Terminé]
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MessageSujet: Dorne ne tolère que les Dorniens [Tour IV - Terminé]   Jeu 5 Oct - 23:52


Lorsque le soleil se lève dans les montagnes, il est souvent brûlant, après les nuits fraîches passées sous les tentes et à l'abri du vent. Pour des Dorniens habitués à vivre dans cette région austère, ce n'était pas trop désagréable. Mais Sarzir, bien qu'originaire de Bois-Moucheté et connaissant par cœur les monts près de chez lui, avait passé dix années de l'autre côté de la mer, dans un climat totalement différent. S'il n'était pas en train de grelotter comme un enfant, il se frottait les mains dans l'espoir de les réchauffer lorsque le soleil vint subitement recouvrir le campement de ses hommes. Il y jeta un coup d’œil, d'un regard acéré et scrutateur, évaluant, analysant, comptant, critiquant.

Beaucoup de ces hommes espéraient que ce qui viendrait de Noirmont serait suffisant pour leur permettre de continuer le combat. Le Santagar, vêtu de ses vêtements sombres habituels, prit une outre de vin à côté de lui, et en but une gorgée. Il était parti à la guerre avec Dared, rejoignant l'armée de Roward Martell – qui s'était avéré être un commandant de piètre qualité. Les frères Santagar avaient eu bien plus de jugeote que lui, mais quelque part, ce n'était pas plus mal : cela évitait qu'il ne meurt au combat et que la maison dominante de Dorne ne se retrouve sans son précieux commandant. Si précieux il devait être. Mais la guerre en question, Sarzir était parti la livrer en tant que Panthère de Dorne, véhiculant ce message d'intimidation à travers les montagnes. Il plongeait dans le combat avec une férocité et une agilité supérieures à celle s des autres.

Mais la guerre en question, le cadet de Bois-Moucheté la perdait, comme tous ses compatriotes. Les soldats qu'il avait là sous son commandement n'osaient pas douter de son autorité, du moins pas à ce qu'il lui semblait, mais le symbole de la panthère ne suffirait pas éternellement. Ils avaient besoin de victoires, de coups qui permettraient au moral de remonter. Hélas, ça ne se trouvait pas sur commande, et pour l'instant, Sarzir attendait des renforts de Noirmont. Il avait envoyé un éclaireur prévenir les forces alliées du lieu de la jonction ; soit ici-même. Il but une nouvelle gorgée de son vin, avant de la poser. Inutile de s'embrouiller l'esprit.

Il laissa le soleil réchauffer sa peau, réfléchissant à ce qu'il allait pouvoir faire aujourd'hui pour donner un peu d'activités à ses hommes. Une armée en mouvement ne s'ennuie pas, mais une armée qui ne fait rien menace de déserter. Toutefois, il n'y avait pas grand chose à faire dans ces montagnes, hormis lorsqu'un éclaireur bieffois se perdait et qu'on parvenait à lui mettre la main dessus. Mais le dernier en date était mort trop vite, son cœur rempli de peur ayant lâché.

On le tira alors de sa rêverie :

 « Ser ! Les sentinelles ont repéré du mouvement, sur les sentiers en contrebas. Comme s'ils venaient de la Passe. »

Quelques minutes plus tard, et après avoir obtenu tout le rapport de la sentinelle en question, Sarzir prit un cheval, trois hommes, et partit en direction des signes repérés. Il leur fallut quelques minutes pour dénicher une hauteur, un rocher qui permettait de surplomber largement les abords du camp. On pouvait voir les montagnes, mais également le sentier qui serpentait, montant en direction de Noirmont, en provenance de la Passe du Prince. Sarzir descendit de cheval, et ordonna à ses hommes d'aller stopper les voyageurs. Le Santagar, lui, enfila sa peau de panthère par-dessus sa tête, et se plaça debout sur le rocher, le soleil dans son dos créant un contre-jour empêchant de distinguer ses traits. Littéralement, il dominait les voyageurs qui passèrent à une dizaine de mètres en-dessous de lui.

Son regard dur les observa, essayant de déterminer leur menace. Elle semblait nulle, à première vue, mais une arme est facile à dissimuler si on sait s'y prendre, et les espions et meurtriers pouvaient se faire passer pour des réfugiés ou des voyageurs. A vrai dire, ceux-là ressemblaient davantage à des ermites errant dans les Montagnes Rouges.

Ce fut l'un des hommes de Sarzir qui se porta à leur rencontre, tandis que ce dernier continuait d'observer la scène depuis son rocher.

 « Halte-là, voyageurs ! Dorniens ? »

Première question, et sans doute la plus importante. L'armée n'aidait que les Dorniens. Les autres subissaient les affres de la guerre.
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MessageSujet: Re: Dorne ne tolère que les Dorniens [Tour IV - Terminé]   Ven 6 Oct - 0:20

Cela faisait plusieurs jours que nous avions marché sans réellement s'arrêter. La fatigue, la faim et la soif commençant à se faire sentir au plus profond de nos chaires. Mais c'était secondaire. Je tombais chaque jour un peu plus, réalisant que les terres de mes ancêtres n'étaient plus qu'un champ de ruine. Je me demandais à chaque pas ce qui avait pu pousser ces pays à s'entretuer. Le regard terne, j'avançais à pied, tenant par les rêne le cheval que montait mes deux jeune frère. Mon ainé tenant le sien déjà fort chargé en vivre, ou du moins avec ce qu'il pouvait en rester. Les montagnes étaient escarpé, chaque pierre pouvant rouler sous nos pieds. Je me contentais de suivre, ne regardant plus vraiment devant moi. Ne faisant plus vraiment attention à ce qui m'entourait. Je me sentais dupée, alors que l'on ne m'avait rien promit. Et puis, je finis dans l'arrière train du cheval de mon frère, levant alors les yeux au ciel, je ne pus voir qui venait de prendre la parole. Faisant alors un pas en arrière, je voyais un soldat s'avancer. Ma gorge se noua un instant. Posant une main au dessus de mes yeux, je finis par distinguer, bien que difficilement, l'homme qui nous avait parlé. Il… Était étrange. Mon père prit alors la parole, pour lui répondre très certainement, et mon regard tomba sur lui. « Veuillez nous excuser messire, je ne pensais pas me tenir si près des combats. », déclara-t-il en descendant de sa monture pour se courber légèrement. « Je suis Dornien Mon Seigneur, je suis marchant et j'étais partie rejoindre mes enfants non loin de Castal Roc lorsque ma mère m'a fait demandé à son chevet. », il n'avait pas redresser la tête. « Je vous concède que mes enfants ne sont guère Dornien, les pauvres ayant été élevé avec leur défunte mère sur les terres de la famille Lannister, mais ils demeurent mes enfants et j'ai vu le jour non loin de Lancehélion Mon Seigneur. », mon père était honnête, sans doute cela aurait-il pu être dangereux, je n'en savais rien.

Rabattant le capuchon de fortune que je m'étais fait pour me protéger du soleil, je reportais mon attention sur mes jeunes frère. Rhys n'aimait pas lorsque nous nous arrêtions. La marche de sa monture devant le bercer sans doute. Il commençait alors à s'agiter, d'abord doucement, puis un peu plus énergiquement. Posant une main sur sa jambe, je finis par lui souffler, le plus autoritairement possible. « Rhys arrêtes. », je n'avais jamais eu à faire à la moindre armée, et même si la posture de l'homme dans la lumière me paraissait parfaitement ridicule et en parfaite harmonie avec un ego que je devinais important, l'on ne pouvait pas faire de vague, c'était évident.
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MessageSujet: Re: Dorne ne tolère que les Dorniens [Tour IV - Terminé]   Ven 6 Oct - 15:39

Le soldat qui se tenait sur le sentier examina le groupe de voyageurs, tout comme Sarzir le faisait depuis sa position en hauteur. Le subordonné n'ayant guère l'autorité pour déterminer si ou non les arrivants avaient le droit de passer, il leva les yeux vers le Santagar, lequel lui répondit d'un geste discret de la main. En contrebas, les soldats avancèrent vers les réfugiés, et les aidèrent pour continuer de monter le sentier, et arriver jusqu'à la hauteur de Sarzir. Le passage était étroit, et particulièrement pentu, ce qui était bien plus difficile à surmonter lorsqu'on avait des montures, et visiblement, des enfants, à sa charge.

La Panthère de Dorne resta un moment debout sur son promontoire, dos au sentier derrière lui, attentif au moindre mouvement dans les montagnes. Le soleil baignait chaque rocher, chaque sentier, chaque arbuste de sa chaleur, montrant ce qui ne souhaitait pas être dévoilé. Là, un animal sauvage se cachait de son ardente lumière, ici, une autre se tapissait un peu plus dans l'ombre, espérant réussir à lui échapper. Mais fort heureusement, nul mouvement ne trahissait la présence d'un observateur humain, qu'il soit bieffois ou dornien. Parfait. En entendant du bruit dans son dos, Sarzir se retourna, et fit quelques pas pour se mettre à la hauteur des arrivants. Ses soldats s'écartèrent pour entourer autant que possible les réfugiés.

Le Santagar examina chaque voyageur, chaque individu, adulte ou enfant. L'homme qui semblait être le père, et qui avait parlé au soldat, lui lança un regard étonné, vite remplacé par la lueur craintive qui caractérisait ceux qui voyaient Sarzir devant eux. Un jeune homme, une jeune femme, des enfants, accompagnaient le père. Il lui adressa un sourire dépourvu de chaleur, une main sur la poignée de son épée.

 « Bienvenue dans notre beau pays, brave homme. C'est un fort long voyage que tu as fait, avec ta famille. Qu'on lui donne du vin. »

Le ton était calme, la voix douce, presque un murmure, et qui pourtant résonnait clairement dans le silence des montagnes. Un de ses soldats tendit une outre de vin au père de famille, tandis que le Santagar examinait tour à tour les visages qu'il avait devant ses yeux. Il s'attardait une fraction de seconde sur chacun, mémorisant, analysant, fixant les détails dans son esprit pour ne jamais les oublier.

 « Un tel voyage doit probablement te donner plus que soif ; il doit également te donner faim, ainsi qu'à tes enfants. Tu auras à manger, également. Dorne ne saurait abandonner les siens en ces temps troublés. Souviens-toi de ça, brave homme, et tu vivras longtemps. »

La menace entra dans l'esprit du père, il le vit dans ses yeux. Parfait. L'atmosphère déjà tendue se fit encore plus sinistre lorsque d'un geste, le cadet indiqua à ses hommes de fouiller chaque voyageur et leurs bagages.

 « Un mal nécessaire. Nous ne pouvons laisser de doute sur vous ; les espions sont habiles et ils ont maints stratagèmes. Où vous rendez-vous ? Par où êtes-vous passés ? Avez-vous croisé d'autres gens depuis votre entrée dans les Montagnes Rouges ? »
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MessageSujet: Re: Dorne ne tolère que les Dorniens [Tour IV - Terminé]   Ven 6 Oct - 18:00

Je n'aimais pas la tournure que prenait la situation. J'avais l'impression d'être prisonnier de leur bon vouloir. Ils nous avaient fait monter jusqu'à l'homme nous surplombant un peu plus tôt et ce dernier ne tarda pas à nous juger. Il y avait quelque chose de terrifiant dans son regard, dans sa voix, dans son attitude, bien plus terrifiante que son petit spectacle. Une rage latente qui était pourtant intrigante. Il nous souhaita la bienvenue, demandant à ses hommes de lui apporter du vin afin de le donner à mon père. Je ne comprenais pas ou l'homme voulait en venir, mais mon père si. Il gardait le silence, baissant les yeux bien plus souvent que d'habitude. Il était intimidé, bien plus que je ne l'avais jamais vu. Un seul homme pouvait en arriver là ? Ils commencèrent alors à s'avancer vers nous. Robyn eut un mouvement de recule que Rafaël limita en l'attrapant par la nuque. Ils commencèrent alors à fouiller nos affaires, puis à nous fouiller nous. L'homme à l'origine de tout ça semblait juger ça nécéssaire, sans doute avait-il raison, mais qui attaquerait avec des enfants. Les mains d'un soldat se fit un peu trop inquisiteur, et sans vraiment m'en rendre compte, ma main s'abattit sur les siennes pour le dissuader de continuer. Une mouche face à un mur en soit. Mais personne n'avaient posé ses mains sur moi, ce n'était pas pour commencer aujourd'hui. Lorsqu'il reprit sa fouille sans hésiter, son sourire me fit froncer les sourcils avant que mon talon ne s'écrase sur son pied. Rafaël intervint une nouvelle fois, me faisant reculer avant de me souffler, les dents serrer par une peur que je ne connaissais pas chez lui. « Tu restes à ta place. », « Sinon quoi ? Tu m'expliques comment je pourrais cacher une arme là ?! », sentant sans doute le ton monter avec mon frère, mon père entreprit de répondre à l'homme, sans doute pour ramener la conversation à quelque chose de plus utile. « Nous nous rendons à Lancehélion Mon Seigneur. », commença t-il.

« Nous avons dû contourner le Bief en passant par les Conflans et l'Orage. Et depuis notre arrivés à Dorne, nous avons croisés quelques soldats de tout pays, mais bien plus de réfugiés blessés et affamés Mon Seigneur. », et le mot était doux encore. Je n'avais jamais vu autant de sang. Et je ne pensais pas une telle chose possible dans le fond. J'avais du faire face à la mort et à l'impuissance. Les cris et les pleures des personnes que l'on ne pouvait aider hantant de toute évidence mon esprit le soir tombé.« Je ne saurais vous dire exactement ou chacun allait, je pensais davantage à la vie des miens. », jugea t-il bon d'ajouter. Comme pour s'excuser de pouvoir en dire plus.
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MessageSujet: Re: Dorne ne tolère que les Dorniens [Tour IV - Terminé]   Sam 7 Oct - 0:25

Sarzir fit reculer ses soldats, avant de méditer sur les derniers mots du père de famille. Apeuré, il parlait avec nervosité, se triturait les mains, baissait les yeux. Le cadet faisait souvent cet effet là aux autres, et il avait même plusieurs fois instillé ce genre d'émotion chez ses propres hommes, avant qu'ils ne s'habituent à lui. Mais ces civils n'auraient pas le temps de s'habituer à lui. Ils ne séjourneraient pas assez longtemps près d'eux pour le faire, et c'était bien ainsi. L'armée dornienne n'avait pas à se mêler aux voyageurs égarés, et inversement.

Il mit donc un certain temps à réfléchir avant de répondre.

 « La route vers Lancehélion sera longue, ardue, semée d'embûches et de dangers. Si vous venez bien de là où vous prétendez venir, alors vous savez que la guerre touche toute la région. Vous avez réussi à atteindre cet endroit, c'est bien. Parvenir jusqu'à la capitale vous sera bien plus difficile. Mon conseil est simple : n'hésitez pas à revenir sur vos décisions. Soyez prudents et ne faites confiance à personne. Ça sauvera votre vie, celle de vos enfants, et la vertu de votre fille. »

Il envoya un soldat retourner au camp, avec ordre de ramener des vivres pour quelques jours de voyage. Un grand élan de générosité, qui permettait surtout de s'assurer d'avoir cette famille dans la poche. Un moyen comme un autre de faire passer le message auprès de tous ceux qui croiseraient la route de ces réfugiés : que la Panthère de Dorne aidait les Dorniens.

 « Noirmont est proche ; si vous croisez des soldats et si vous vous y rendez, dîtes-leur que la Panthère de Dorne vous a autorisés à passer. Nul ne se permettra ainsi de vous faire du tort. Quant à votre propre voyage, mon bon monsieur... »

Sarzir eut un sourire glacial.

 « J'ai bien peur que votre route, aussi longue et dure soit-elle, ne vous apporte guère de joies. Profitez des instants de répit que nous vous offrons actuellement, ils ne dureront pas. Une armée bieffoise est toujours à l'affût de gens comme vous. Mais inutile de paniquer, Noirmont est encore à nous. Faîtes-y halte si tel est votre désir, séjournez-là si telle est votre volonté, mais n'ayez pas peur de reprendre la route au moindre signe, au moins pressentiment. »

Le regard de Sarzir s'attarda une fois de plus sur les visages de chaque voyageur, pendant une fraction de seconde suffisante à sa mémoire infaillible. Il s'attarda un peu plus sur le visage de la fille, avant de revenir au père apeuré.

 « Avant que j'oublie, quel âge a votre aîné ? »

Oh, il ne doutez point que le père comprendrait parfaitement où il voulait en venir. L'aîné lui-même venait de le comprendre.
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MessageSujet: Re: Dorne ne tolère que les Dorniens [Tour IV - Terminé]   Dim 15 Oct - 19:47

L'homme semblait prompt à donner des conseils, sans doute étaient-ils utiles, mais pour le moment, je m'attardais plutôt sur ses hommes, du moins jusqu'à ce qu'il parle de moi. Reportant mon regard sur lui, je le voyais acter je ne sais quoi avec ses hommes avant de reporter son attention sur mon père. Noirmont n'était pas loin, il nous conseilla alors de signifier qu'il nous avait laissé passer pour nous éviter quelques ennuies. Mais je devais reconnaitre que ce qui m'avait le plus interpellé était son titre. La Panthère de Dorne. C'était… Censé faire peur ? Je n'avais jamais croisé de panthère en fait, je me doutais que ce n'était pas un animal de compagnie, mais je n'arrivais pas à en avoir peur. Lui, en lui-même, son attitude son regard, tout ça réussissait à me faire peur, mais j'étais surtout bien trop fasciné. Même si le sourire qu'il afficha me fit reculer d'un pas. Ce qu'il pouvait dire, ça me confirmait que mon rêve disparaissait peu-à-peu, qu'il n'y avait guère d'espoir, que le monde ne serait plus aussi beau, mais ce fut sa dernière question qui me tétanisa. Il nous avait détaillé avant de demander l'âge de mon frère, de Rafaël. Je n'avais rien comprit jusqu'ici, mais la réaction de mon père et celle de mon frère. Il ne voulait pas. « Non. », soufflais-je pour moi-même avant de m'avancer et de dépasser Rafaël. Je ne savais pas quel était le plan en cet instant, mais j'avais envie d'effacer son sourire. Rafaël m'intercepta, accrochant ses mains sur mes bras avant de me tirer vers lui. Il avait plus de force que moi, il en avait toujours eu, mais j'avais travaillé avec des chevaux, je savais la rediriger. Me débattant dans un premier temps, je poussais sur mes pieds pour me faire décoller et le déséquilibré. Le sol était instable par ici, suffisamment pour qu'il glisse, et me relâche. Me redressant avant lui j'avançais de nouveau. Il restait un garde, je n'allais rien faire, je le savais, mais je refusais cette éventualité. Arrivant au niveau de l'homme je m'arrêtais à quelques pas de lui, prenant conscience de sa taille, de sa carrure. Mon coeur battait bien trop vite dans ma poitrine, j'avais subitement envie de vomir, mais je n'en laissais rien paraitre. « Vous ne pouvez pas le… », « Phèdre arrêtes. », ne détournant pas le regard de l'homme, je fermais simplement la bouche déglutissant, je sentais ma poitrine se lever avec force, comme si mon coeur allait en sortir. « Je suis en âge de rejoindre votre armée Mon seigneur. », fermant les yeux un instant, je me retournais vers Rafaël prête à le défendre. « Tu te tais. Tu n'as pas ton avis à donner. ».

Pourtant je n'acceptais pas ça, je n'arrivais pas à l'envisager, il ne pouvait pas partir et pourtant il allait le prendre. J'avais besoin de réfléchir, d'avoir encore un peu d'espoir, me retournant alors vers l'homme, j'avais l'impression qu'il était bien plus grand. « Si il part maintenant nous n'aurons plus personne pour nous protéger, mon père est vieillissant et mes frères trop jeune pour porter une arme et je… », « Tu es une femme ! », « Et alors ?! », un éclair de rage traversa mon regard. Je ne voulais pas qu'il parte, il allait mourir, mes frères allaient mourir, ce n'était pas possible. « Il doit bien y avoir un moyen de s'arranger, Mon Seigneur. », finis-je par concéder en baissant les yeux. J'aurais du réfléchir, j'allais le mettre en colère et il s'en prendre à nous. Je n'avais jamais été doué avec les hommes, et si je pensais pouvoir nous sortir de quelques problèmes, je ne pourrais rien faire face à des soldats. J'avais agis sans réfléchir. Je sentis un main se refermer sur mon poignée avant de m'attirer en arrière, quelques pas seulement, suffisamment pour que mon père me défasse et ne fasse face à ma place. « Veuilliez pardonner ma jeune fille, je la berce d'illusion depuis bien des années, mais elle est brave Mon Seigneur, elle ne voulait pas vous offenser. », si, je voulais protéger mon frère.
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MessageSujet: Re: Dorne ne tolère que les Dorniens [Tour IV - Terminé]   Dim 15 Oct - 20:57

Sarzir afficha une moue sinistre lorsque le père ramena sa famille dans le giron, avant de prendre la parole et de se fondre en excuses pour éviter son courroux. Cette jeune femme semblait avoir un caractère fort, et aussi bizarre que cela paraisse, il ne doutait plus qu'il s'agisse de Dorniens ; pas avec une telle réaction. Même si la fille semblait avoir plus de courage – ou de stupidité – que son géniteur. Il garda toutefois cette dernière pensée pour lui-même, se contentant d'incliner légèrement la tête en direction du père.

 « Les excuses sont acceptées. Je suis certain que votre fille ne pensait pas à mal en effet ; elle cherchait juste à défendre son frère, qu'elle ne veut point perdre. Louable, compréhensible. Mais bien inutile. Si je veux emmener votre fils, personne ici ne m'en empêchera. Quand bien même vous tenteriez de vous jeter sur moi. »

Il lut la crainte, de nouveau, dans le regard du paternel. Il semblait persuadé qu'un terrible châtiment allait s'abattre sur lui et, ou, sur sa famille. Mais Sarzir n'était pas ainsi. Le cadet des Santagar porta une main à son visage, retirant la peau de panthère pour laisser apparaître ses cheveux noirs. Il nota mentalement la taille de la jeune femme, son visage, son maintien, et ce qu'il apprenait d'elle de cette façon. Avant de finalement retourner son attention vers le frère, celui qui avait si noblement dit qu'il pouvait s'engager avec l'armée de l'assassin.

Il lui fit un signe de la main.

 « Approche, jeune homme. »

Une brève hésitation se présenta, mais elle ne dura pas et l'aîné vint à sa hauteur. Il était assez bien bâti, un peu plus petit que Sarzir – même si celui-ci n'était pas le plus grand des hommes – et avait une lueur de défi dans son regard. Un défi résigné, car il était mort de peur. Toute cette déplaisante situation, il voulait y échapper. Il n'avait pas envie de venir se battre. Le Santagar fit le tour de sa personne, posant parfois sa main sur son épaule, ou sur son bras, testant la fermeté de ses muscles, la solidité de sa peau, examinant son attitude générale.

Il n'avait rien d'un soldat, d'un combattant, d'un homme sachant tenir une arme. Il serait inutile au combat, et il mourrait à la première bataille. Il ne serait rien d'autre qu'un poids mort pour ses camarades. A moins qu'il ne sache faire preuve de jugeote, de détermination au lieu de résignation, de courage au lieu de dépit.

 « As-tu déjà tenu une arme ? As-tu déjà frappé quelqu'un ? Droitier, ou gaucher ? Pourquoi accepterais-tu de te battre pour moi, et pourquoi devrais-je accepter de te prendre sous mon commandement ? »

Il lut de nouveau l'anxiété dans les yeux du père, et vit son tressaillement. Le cadet garda néanmoins pour lui la remarque qui lui brûlait les lèvres : que si le père ou la fille tentait d'intervenir, il recruterait cette dernière à la place du frère. Et s'en serait fini de son innocence, quelque soit le rôle qu'il lui donnerait.

Il n'était pas sans cœur, mais presque. Là était toute la nuance.
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MessageSujet: Re: Dorne ne tolère que les Dorniens [Tour IV - Terminé]   Dim 15 Oct - 21:26

Inutile ? Mon père se contentait de baisser la tête, ne disant rien. Il se pensait tout permit alors qu'il n'était en aucun cas le roi de ce pays, ou le prince, enfin la princesse si je ne me trompais pas. Il finit d'ailleurs par retirer la peau qui couvrait son corps se révélant ainsi en entier. Il était bien plus impressionnant sans cette dernier. Ses cheveux était aussi noir que ses yeux. Je voulus faire un pas pour tenir Rafaël lors que l'homme l'appela. Mais la main de mon père m'en empêchait. Il s'amusait à lui tourner autour comme si il allait en faire l'achat. Il le tâtait, lui posait des questions avant de lui demander pourquoi il accepterait de se battre pour lui et pourquoi il devait l'accepter dans ses rangs. Cet homme était sérieux ? Mon coeur battait toujours aussi vite lorsque je m'abaissais pour passer sous le bras de mon père afin de m'avancer vers l'homme. Je sentis sa main s'accrocher à la mienne afin de la retenir, mais sans grande réussite, j'étais à nouveau proche de l'homme. « Vous voulez nous le prendre et maintenant il devrait justifier de son implication ?! », « Arrêtes ça tout de suite ! », cria-t-il sans me faire face. « J'ai déjà tenu une arme et je me suis déjà battu Mon Seigneur. Je suis droitier, et j'accepterais de me battre pour vous car Dorne est mon sang. Et vous devriez m'accepter car je vous serais fidèle. ». L'on pouvait-être fidèle à Dorne, il ne devait pas faire ça. « Tu n'es pas du bétail et comment pourrais-tu servir une armée si tu ne sais pas tenir une femme ! », je n'aimais pas le rabaisser mais si cela pouvait lui sauver la vie, je n'allais pas hésiter. D'un coup sec je me libérais de la main de mon père, faisant ainsi face à l'homme afin de le regarder plus intensément. Quoi qu'il puisse penser en cet instant, je voulais qu'il épargne les miens.

« Mon Seigneur, ma famille sera fidèle à Dorne, n'en doutais pas, mais aucun d'entre eux ne sauraient vous être utile lorsque les armes seront à leurs mains. Ils ne feraient que mourir. », j'avais les main qui tremblaient, la gorge noué, cacher ma crainte devenait bien difficile à présent. Pourtant le silence de mon frère et de mon père me faisait comprendre qu'aucun courage ne les prendraient aujourd'hui et qu'à présent, ils étaient tétanisé par la peur. « Nous sommes marchant, nous avons autre chose à offrir qu'une mort de plus. », quelque soit le prix, je ferais tout pour qu'il ne soit pas la vie de mon frère. Même si je devais traverser le Bief à pied pour ramener une plante mortelle. J'irais. Mais pas eux, ils ne pouvaient pas prendre le combat. J'étais sur qu'il y avait quelque chose d'autre à faire. Que l'on devait trouver quelque chose d'autre. Le regard de l'homme finit par me faire détourner les yeux, je demeurais droite face à lui, me refusant de reculer, mais je ne pouvais pas soutenir son regard, je n'arrivais pas à le déchiffrer. Y avait-il seulement un peu de bonté dans son coeur. Assez pour qu'il ne condamne pas Rafaël à la mort ?
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MessageSujet: Re: Dorne ne tolère que les Dorniens [Tour IV - Terminé]   Dim 15 Oct - 23:41

D'abord agacé par l'intervention de la jeune femme, Sarzir ne put se retenir d'afficher un sourire moqueur lorsqu'elle rabaissa son frère sur sa virilité. La remarque lui en apprit d'ailleurs bien assez pour se décider à ne rien faire de ce jeune homme. Il avait ouvert la bouche, rouge de honte, avant de la refermer et de la laisser parler au Santagar. N'avait-il donc nulle bravoure en lui ? Aussi creuses soient ses paroles, elles semblaient néanmoins sincère. Dommage. Avec un bras plus fort, et un esprit plus confiant, peut-être aurait-il pu faire un soldat, un digne combattant pour la liberté des Dorniens. Mais non.

Les soldats qu'il avait envoyé quérir de la nourriture revinrent, au pas de course, mais avec les provisions qu'il leur avait demandé. L'agacement revint rapidement, et ils durent s'en apercevoir, car ils inclinèrent la tête avant de prendre la parole. Néanmoins, ce qui agaçait le Santager, c'était le fait qu'ils avaient d'être porteur de mauvaises nouvelles.

 « Ser Santagar. Il y a d'autres voyageurs qui vont arriver d'ici peu ; ils montent le sentier. »

Ils attendirent patiemment ses ordres. Se désintéressant totalement des réfugiés qu'il avait devant lui, il jeta un coup d’œil au bord du sentier, observant loin en contrebas les abords du sentier, vers la Passe du Prince. Il entendit, plus qu'il ne vit, un autre groupe de voyageurs fatigués qui s'approchaient effectivement. Ils seraient en vue d'ici quelques minutes, et les atteindraient bientôt. L'humeur de Sarzir repassa de contrariée à concentrée, et il remit sa peau de panthère.

 « On va les attendre ici. Allez à leur rencontre, vérifiez qu'il n'y a pas de danger et amenez-les ici. »

Les deux soldats partirent, tandis que le troisième, qui n'avait toujours pas bougé depuis le début, se rapprochait du Santagar. Qui reprit la parole, s'adressant cette fosi au paternel et à ses enfants.

 « Voici les provisions promises ; prenez-en soin. Maintenant, vous allez obéir à ce que je dis, sans quoi je prendrais tous les enfants. La même opération que pour vous aura lieu pour les autres, et s'ils sont sans danger, alors vous partirez avec eux. La moindre interférence, le moindre son, et je vous promets que le coupable en pâtira. Nous sommes en guerre, et chaque ennemi peut se cacher parmi des gens pauvres, qui paraissent innocents. »

Enfin, il adressa un sourire rusé, tel celui d'un prédateur, à l'aîné.

 « Tu veux prouver que tu es capable ? Prends ce poignard, et tu te feras passer pour un de mes soldats. Si tout se passe bien, je te donnerais peut-être ta chance. Pour gage de bonne volonté, ta sœur va venir avec nous. »

L'atmosphère se refroidit d'un coup, tandis que chacun réalisait à quel point la prise d'otage était cruelle. Le paternel s'apprêtait à protester, mais Sarzir leva la main, et il recula comme sous l'effet d'un coup de fouet.

 « Tu n'as rien à craindre de moi, brave homme. Ni pour tes enfants ni pour toi. Si vous faites tous comme je l'exige, et si vous vous en tenez à ce que je dis, tout ira bien et je serais magnanime. Comme je l'ai dit, nous sommes en guerre, et nous ne pouvons tolérer la désobéissance. Bien. Venez avec moi, vous deux. Megar, tu restes là avec les autres. »

Le soldat hocha la tête tandis que la Panthère de Dorne s'éloignait de quelques pas sur le sentier pour attendre l'autre groupe de réfugiés.
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MessageSujet: Re: Dorne ne tolère que les Dorniens [Tour IV - Terminé]   Lun 16 Oct - 0:16

Le temps sembla se figer alors que je faisais face à l'homme, et seule l'arrivée des hommes réussi à me signifier que le temps continuait sa route. De nouvelle personne. Ferait-il la même chose ? Il demandait à ce que l'on obéisse, que personne ne fasse quoi que ce soit sous risque de mourir. Il était attaché à sa guerre sans doute trop pour croire en la nature humaine. Il reporta son attention sur mon frère, lui demandant de prendre un poignard si il voulait prouver de quoi il était capable. Il n'avait qu'à se faire passer pour un soldat et pour être sur que tout se passerait bien il me prendrait avec eux. Quoi ?! Reculant d'un pas, je sentis mon père faire un mouvement avant que l'homme ne le coupe. Rien à craindre, ce n'est pas le terme que j'aurais employé personnellement. Mais si tout se passait bien, il serait magnanime. Partant donc à sa suite avec une boule au ventre, nous finîmes par nous arrêter quelques mètres plus bas. Rafaël tremblait, et lorsque les réfugiés arrivèrent et qu'il dut s'occuper d'eux, les mots refusèrent de sortir de sa bouche. Pire, il fit tomber sa dague. Regardant l'homme du coin de l'oeil, j'eus peur de voir la fin de mon frère arriver. Voir le monde ou protéger ma famille ? Quelle était la chose la plus importante pour moi ? Le monde n'était pas celui que j'attendais, ma famille, je la connaissais depuis longtemps. M'avançant alors, je rejoignais mon frère, prenant sa lame au sol avant de lui demander de reculer. Ma voix semblait ferme, mais j'étais terrifiée. J'avais peur de condamné les miens. « Avant d'en savoir plus sur vous nous voudrions savoir si vous possédez des armes ? », demandais-je avec la même autorité qu'avec mes frères. Je n'avais que cet expérience après tout. Les voyageurs me répondirent alors que non. Il y avait un enfant en bas âge, ils devaient fuir sans aucun doute. M'avançant vers eux, je glissais le poignard à ma ceinture avant de les espaces pour les fouiller. Je n'osais pas tous vérifier, mes mains tremblaient trop et je devais aller vite pour camoufler ce détail, si bien que lorsque j'arrivais sur la seule femme du groupe, je faillis ne pas la faire. Ne pas me fier au gens ? Glissant ma main sur son ventre, je remontais lentement jusqu'à sa poitrine, et alors que j'allais passer sur ses flancs je sentis une pointe métallique. Large, un peu comme le poignard. C'était impossible… Evitant de réagir j'avais conscience que je ne pourrais rien faire. Si elle était armé, j'avais du louper des choses et les bagages devaient en être rempli. Me sentant paniquer, je repris le poignard jouant un peu avec pour que la suite ne semble pas suspect avant de reculer et faire demi-tours. Le regard plongeant presque aussitôt dans celui du Lord, je pris le poignard, le remontant jusqu'à mon visage avant de le glisser sur ma poitrine. La lame froide glissant comme une vipère entre les monts jumeau avant de disparaitre dans les vêtements. Je ne savais guère être plus explicite sans qu'ils comprennent.

« Comme les réfugiés d'hier Ser Santagar. », l'informais-je comme son soldat tout à l'heure. Baissant finalement les yeux, je regardais Rafaël au bord de la rupture avant de placer légèrement devant notre bourreau momentané, lui tournant à présent le dos, comme si il s'agissait là d'une habitude. J'avais peur d'avoir fait une erreur, de nous avoir condamné, mais j'avais peur de déclencher un affrontement, que Rafaël soit blessé. Je ne pouvais pas signaler que j'avais trouvé la lame, je ne savais pas comment faire. J'avais sans doute condamné toute ma famille. Je n'osais pas regarder derrière moi, soudainement, la fascination qu'il pouvait dégager devenait mortelle, comme si chaque seconde de silence se transformé en une lame aiguisé pénétrant ma peau sans jamais me tuer.
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MessageSujet: Re: Dorne ne tolère que les Dorniens [Tour IV - Terminé]   Lun 16 Oct - 13:23

Sarzir haussa légèrement un sourcil en observant la jeune femme prendre les devants sur son frère. Evidemment, ce dernier, rouge de honte, se tenait immobile, n'osant regarder ni sa sœur ni les voyageurs, et encore moins le Santagar. Ce dernier continua son observation, attentif au moindre signe avant-coureur d'hostilité ou d'une réaction imprévisible. Pour le moment, personne ne bougeait d'un poil : les soldats du cadet étaient derrière les voyageurs, la jeune femme au milieu d'eux, et lui-même à quelques pas, sinistre et effrayante apparition.

Ce nouveau groupe était composé d'une femme, d'un enfant, et de trois hommes. Jusque-là, rien qui ne sorte spécialement de l'ordinaire, mais évidemment, tout pouvait changer sur un simple détail. Et pour le coup, il en vit quelques uns qui le dérangèrent. Premièrement, l'hésitation de la jeune femme lorsqu'elle fouilla la femme des voyageurs, avant qu'elle ne revienne vers lui en glissant d'un geste équivoque le poignard de Sarzir entre ses seins. En d'autres circonstances, il en aurait été fort charmé, mais là... il pouvait s'agir de toute autre chose. Deuxièmement, l'attitude de ces gens : l'un des hommes tenait proche de la femme, et il avait une nervosité non feinte. Les deux autres étaient plus calmes, mais quelque chose dans leur maintien prouvait qu'ils étaient sur la défensive.

Et troisièmement, le Santagar avait de l’œil, et de l'instinct. Quelque chose clochait, visiblement, et il allait falloir trouver quoi. Il s'avança d'un pas, et se fendit d'un sourire manquant sincèrement de chaleur.

 « Toutes mes excuses pour ce contre-temps. Nous vérifions simplement que vous ne représentez aucun danger pour Dorne. On ne voudrait pas que des espions bieffois nous passent sous la main. »

L'un des hommes cilla, avant de se reprendre. Mais bien trop tard pour que cela échappe au cadet, qui se tourna vers la jeune femme, Phèdre. Sa voix se fit autoritaire, n'acceptant pas la moindre protestation.

 « Mon poignard. »

L'ayant récupéré, il eut un sourire mauvais, fit mine de baiser la lame avec ses lèvres, puis la brandit habilement entre ses doigts. Il put facilement lire dans les yeux de la jeune femme qu'elle savait très bien ce qui allait arriver. Mais il n'attaqua pas tout de suite. Il voulait jouer, tel le chat avec la souris, et il allait tirer toute cette histoire au clair avant de passer à l'acte. Tenant toujours son arme à la main, il alla se planter devant les voyageurs.

 « Bien. Nous en avons presque terminé, mais avant toute chose, j'aimerais que vous me disiez où vous comptez vous rendre. Beaucoup de gens pensent à tort que c'est ici la route de Noirmont, mais en vérité, vous arrivez à Bois-Moucheté. »

Les deux hommes moins nerveux se consultèrent du regard, tandis que l'autre se rapprochait un peu plus de la femme et de son enfant. Le schéma se forma tout seul dans l'esprit de la Panthère de Dorne, alors même que l'on lui répondait.

 « Monseigneur, nous cherchions la route de Noirmont. On nous a dit que les croisés n'y étaient pas encore, alors nous voulions fuir au plus vite les combats. »

 « Je vais vous l'indiquer. Elle se trouve juste... ici. »

Il acheva sa phrase en brandissant le poignard, l'enfonçant profondément dans l’œil du premier espion, avant de faire volte-face et de trancher la gorge du second dans la foulée. Le temps d'un éclair, les deux hommes tombèrent au sol, morts ou mourants, tandis que la stupeur arrachait un cri de peur de la gorge féminine à côté de lui. Les yeux lançant des éclairs, Sarzir se tourna vers elle et lui intima le silence d'un geste équivoque du poignard.

 « Qui êtes-vous ? Des espions aussi ? Vous avez intérêt à être convaincants, et vite. »

L'homme tomba à genoux, en pleurs. Celui-ci ne simulait pas.

 « Monseigneur, ils nous avaient en otages. Ils ont tué notre petite fille, et menaçaient notre garçon et ma femme si on ne les conduisaient pas à Noirmont. Par pitié, épargnez-nous... nous sommes des réfugiés ! »

D'un mouvement dégoûté, Sarzir rangea son poignard dans sa gaine, avant de se tourner vers Phèdre et son frère.

 « Vous allez les prendre avec vous et les conduire à Noirmont. Quant à toi, jeune homme, tu ferais mieux de récupérer les couilles que t'as volées ta sœur. »
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MessageSujet: Re: Dorne ne tolère que les Dorniens [Tour IV - Terminé]   Jeu 19 Oct - 21:40

J'avoue que les choses finirent par aller très vite. Je lui avais rendu son poignard comme demandé avant de le voir avancer. Et là, en quelques secondes, il planta sa dague dans l'oeil d'un des hommes, avant de trancher la gorge de l'autre. Fixant les hommes tomber au sol, luttant presque pour survivre je ne pus écouter les dires des survivants. Non, le sang coulant de leurs corps m'absorbé bien trop. Comment avait-il su ? Je finis par détacher les yeux des cadavres pour regarder le Santagar. Les prendre avec nous pour les conduire à Noirmont ? La remarque sur mon frère m'échappa alors que les réfugiés avançaient vers nous. Mon frère semblant vouloir partir très vite alors que je fixais de nouveau les cadavres. L'un semblait encore en vie, mais sous l'emprise de… la mort ? Mon frère m'appela une fois, puis une deuxième sans que j'y réponds, non, j'avais simplement reporté mon attention sur l'homme, m'avançant de quelques pas avec une question très simple me brulant les lèvres. « Comment ? », je n'arrivais pas à ressentir du dégout, ni de la crainte en cet instant, simplement une fascination envers lui de plus en plus étrange. « Comment vous avez su qui il fallait tuer ? » soufflais-je en finissant par redresser mon regard vers lui. J'entendais mon frère pester, puis finir par marcher, sans doute vers mon père. J'avais besoin de réponse. Mon monde continuait à s'écouler et j'avais besoin de savoir comment agir, quoi faire. Je ne pouvais tout simplement plus le faire comme avant. J'aurais fait confiance à ces hommes sans même savoir qu'ils pouvaient être dangereux. Tout le monde devenait subitement dangereux à présent. Reportant une nouvelle fois mon attention vers les morts, je regardais leur sang couler lentement sur la pente du sol. Je sentais un vent de panique monter en moi, je n'avais plus le contrôle de quoi que ce soit. Les choses m'échappaient totalement pour être honnête et… Ça. Si Rafaël revenait avec nous c'était uniquement car je l'avais ridiculisé. Mais la preuve étant que nous étions seuls dehors, sans arme sans défense.

« C'est elle qui avait l'arme. », finis-je par souffler en me retournant une nouvelle fois face à lui. Il était dangereux, il les avait tué sans sourcillé, il n'était pas humain et pourtant. Il savait deviner qui disait vrai de qui mentait. J'en étais incapable, j'aurais pu condamné ma famille par un simple abus de confiance. Depuis quand les gens étaient ainsi ? La vie ne m'avait pas semblé si sombre dans l'Ouest. À moins que je n'eusse jamais prit le temps d'y faire attention. J'avais prit la décision de fuir les hommes après tout. De vivre dans mon coin, avec mes proches sans me mêler au autre. Sans doute étais-ce la le prix de ma liberté. L'ignorance, l'inconnu des choses réelle de la vie.
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MessageSujet: Re: Dorne ne tolère que les Dorniens [Tour IV - Terminé]   Jeu 19 Oct - 23:38

Sarzir évalua un instant la jeune femme du regard, semblant un instant se demander s'il devait ou non lui répondre. Ce n'était pas si éloigné que ça de la réalité : elle était sous le choc de ce qu'il venait de se passer, mais on sentait un esprit pragmatique derrière. Elle posait des questions, remettait en cause ce qu'elle voyait. Attention toutefois à ce que cette curiosité ne la pousse pas à aller trop loin. Au final, il décida de lui répondre. Elle, au moins, avait accepté de se plier à ses règles, ce que les autres avaient clairement été réticents à faire.

 « J'ai suivi mon sens de l'observation. Cette femme avait une arme, elle était donc suspecte ? Mais était-elle coupable pour autant ? Non. Car il y avait son enfant, et l'homme qui se tenait près d'elle, fuyant autant que possible les deux autres. Si tu ne fais pas attention aux détails, jeune fille, le tableau t'échappe. Tu vois la surface, pas l'intérieur. »

Il fit signe à des soldats, qui vinrent aussitôt. Il leur ordonna de fouiller le chariot, de se débarrasser des cadavres, et de saisir toute la cargaison qui pouvait être utile. Enfin, il ordonna à ceux qu'il venait de sauver d'aller rejoindre la famille de Phèdre. Celle-ci ne semblait pas convaincue par ce qu'il disait. Il se mit à marcher à la suite des réfugiés.

 « Vois-tu, jeune fille, cette guerre brise les illusions et les espoirs de bien des gens. Ce que tu viens de voir, c'est la triste réalité : du sang et des peurs. Quand tu veilleras sur ta famille, souviens-toi que sans un bon coup de poignard, tu pourrais ne jamais réussir à les protéger suffisamment. Quand tu monteras la garde la nuit, cherchant le sommeil, souviens-toi que ton œil n'est pas tout ; sens, entend et touche, et si tu y parviens, tu comprendras mieux ce qui t'entoure. »

Tout cela, il l'avait appris à Braavos. Maintes années à devenir un maître en la matière, à devenir une ombre, agile et mortelle, capable de ne pas faire le moindre bruit et de tuer n'importe qui, quand il le voulait. En gros, ce qu'il lui disait n'était qu'un début ; il avait juste pour but d'éveiller son esprit. Pour en faire une vraie agente de l'ombre, une longue vie de pratique l'attendait. Alors qu'ils approchaient de sa famille, et d'un paternel soulagé, il rangea dans un coin de sa mémoire l'idée qui venait d'émerger dans sa tête.

Sarzir leva la main pour faire taire le père de Phèdre.

 « Votre fille s'en est remarquablement tirée ; soyez-en fier. Quant à ces braves gens, ils vont vous accompagner jusqu'à Noirmont. J'insiste sur ce point : l'entre-aide entre Dorniens se doit de perdurer. Et sur ce, en route ! »

Il alla même jusqu'à forcer un peu de chaleur dans le sourire qu'il adressa aux réfugiés, avant de faire signe à ses soldats qu'ils allaient escorter ces gens jusqu'au camp. Après ce qu'il venait de se passer, une petite pause s'imposait.

 « Rejoignez-moi, ton père et toi, une fois que vous serez installés dans le camp. » glissa-t-il à Phèdre avant de s'éloigner.
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MessageSujet: Re: Dorne ne tolère que les Dorniens [Tour IV - Terminé]   Ven 20 Oct - 14:10

Il était vrai que l'évidence n'était pas toujours une bonne réponse. Faire attention aux détails ? Comment faire si la peur vous rongeait les os ? Comment être assez attentif pour ça ? Je n'avais vu qu'une chose et j'en avais tiré une conclusion. La réalité était bien pire pour moi, il ne s'agissait pas uniquement de rêve et d'illusion, mais surtout de rêves. J'avais pensé pour acquis une chose qui n'existait même pas et aujourd'hui j'en payais le prix. Tuer pour protéger ma famille ? J'étais prête à bien plus dans le fond, je l'avais prouvé aujourd'hui. Il m'avait forcé à être une autre durant quelques secondes. Poussé à traversé la peur. Oser donner un coup de poignard, user de tout mes sens pour ne louper aucune information. Être attentive à ce qui m'entoure en sommes. Je savais guetter les bruits, mes longues nuits dans les écuries à écouter le souffle des juments devant mettre bas m'ayant apprit à distinguer la vie du reste. Mais c'était tout. Finissant par froncer les yeux, je comprenais qu'il me jugeait comme devant les protéger. Une baffe pouvait me mettre au sol, comment pouvais-je faire pour les défendres. Il avait planté son poignard d'un seul coup. Et là, il attendait que j'ai la même force ? Impossible. Rejoingant finalement les miens, Rhys me sauta presque dessus alors que l'homme prit mon père de court. Je m'en étais bien tirée, il devait être fière de moi. J'aurais bien aimé que ce soit le cas, mais le regard qu'il me lança voulait dire tout autre chose. Il présenta alors la situation à mon père, ajoutant que l'entraide était nécéssaire. J'ai cru qu'il allait partir après qu'il nous ait sourire d'une façon un peu étrange. Mais à la place, il s'adressa à moi, me demandant de le rejoindre avec mon père une fois que nous serions installé. Hôchant alors la tête, je finis par accompagner les autres, nous installant sans que le moindre mot ne soit pronocé. Que pensaient-ils tous ?

Après ce qui me sembla être plusieurs heures, alors que la nuit semblait annoncer son arrivée, mon père se présenta à moi avançant vers un soldat pour demander ou se trouvait l'homme. Il nous conduit alors au Santagar et après un geste de respect, mon père prit la parole. « Quoi qu'elle est pu faire, elle n'était pas à sa place. Elle n'a pas reçu votre éducation Mon Seigneur. ». J'avais cessé de regarder mon père dès qu'il avait parlé, plongeant mon regard sur l'homme ayant fait basculé mes certitudes. Dire quelque chose ? Je ne savais pas. Si j'avais froissé un Lord je ne m'en voudrais pas, mon frère ne mourrait pas aujourd'hui et c'était suffisant pour moi. Je m'en voulais de ne pas avoir l'éducation pour ne pas être jugé ainsi, si mon frère avait fait ça, personne n'aurait rien dit. Mais moi. J'étais celle qui était resté derrière pour élever ses frères et rien de plus. J'aurais du me limiter à ça. Elever mes frères.
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MessageSujet: Re: Dorne ne tolère que les Dorniens [Tour IV - Terminé]   Ven 20 Oct - 15:42

Passablement occupé durant la journée, Sarzir n'eut pas le temps de s'apitoyer sur le sort des réfugiés. Les directives données indiquaient qu'ils devaient rester cette journée dans le camp, et qu'ils repartiraient le lendemain afin de ne pas perdre de temps. Pour un peu, il était prêt à parier qu'aucun réfugié n'aurait voulu rester avec lui, ou avec ses soldats, plus longtemps que nécessaire ; par peur. Et à raison. Mais il avait besoin de les garder un peu à l'abri, ne serait-ce que pour surveiller davantage la route. Il passa donc la journée à s'occuper de gérer les futurs mouvements de son armée, incluant les renforts de Noirmont.

Sarzir dormait peu, mangeait peu, et il ne fut donc pas très surprenant de le trouver, alors que le soleil déclinait en début de soirée, dans sa tente, grignotant un frugal repas. Il espérait que les deux gueux n'allaient pas oublier ce qu'il avait dit, même s'il n'en avait parlé qu'à la jeune femme. Dont le comportement l'intriguait, d'ailleurs. Enfoncé dans ses réflexions, il repassait ce qu'il avait saisi d'elle.

Bercée d'illusions, elle avait endossé le rôle de protectrice de ses frangins plus que de raison ; sûrement en l'absence d'une mère. Et aussi du père, s'il avait bien compris. Il n'avait jamais été bien présent pour eux, manquant à son rôle. Sarzir avait bon dos de dire ça, quelque part, car il n'avait pas eu un paternel très présent. Bon, certes, lui avait eu sa mère, mais ce n'était pas comme s'il n'en avait jamais eu grand chose à faire, étant toujours d'un naturel plus solitaire que son frère. Et récemment, il s'était définitivement brouillé avec son père, à peine revenu à Bois-Moucheté.

Bois-Moucheté qui, en l'absence des frères Santagar, était sûrement vulnérable, mais elle tiendrait. C'était une petite place- mais une place recluse dans les montagnes, fortifiée, capable de résister à des assauts. Bon, peut-être pas autant que la célèbre forteresse d'Accalmie ou Castral Roc, mais tout de même un temps honorable. Si toutefois la guerre venait à atteindre cet endroit, ce qui n'était heureusement pas le cas pour le moment.

Enfin, les deux gueux arrivèrent. Le temps avait semble-t-il coûté au père l'accent de Dorne. Sa fille n'en avait que peu de traces, elle aussi.

Il vida d'un trait son gobelet, posant son écuelle presque terminée, avant de prendre la parole.

 « J'espère que la journée au camp ne fut pas trop longue et que personne ne vous a cherché nuisance. Mais ce n'est pas la raison pour laquelle je voulais vous voir. Il existe différentes routes pour aller jusqu'à Lancehélion. »

Il désigna d'un geste vague la carte de Dorne et des Montagnes Rouges, étalée sur la table de sa tente. Il ignorait si les deux savaient lire ou même se servir d'une carte, mais peu importait. Il pointa du doigt deux endroits : Noirmont et Lancehélion.

 « Voici où nous nous trouvons, Noirmont, et là où vous souhaitez vous rendre, Lancehélion. C'est un long voyage, fastidieux, difficile. Surtout pour des Dorniens qui ne connaissent plus, ou pas, leur pays. Et croyez-moi, tout le monde n'a pas ma prudence et n'accorde pas autant le bénéfice du doute, ces temps-ci. Toutefois, si telle est votre volonté, vous pouvez traverser les montagnes, longer le désert, puis revenir vers la capitale par l'est. Long, dangereux, mais la route est à peu près certaine.

Il se redressa, indiquant un point un peu plus au nord, dans les montagnes.

 « Il existe toutefois un petit fief, au nord d'ici. Bois-Moucheté. Vous y seriez en sécurité, et ça vous éviterait de passer par les routes les plus dangereuses. Certes, on est près du front : mais je doute qu'une bataille y ait lieu. Le lieu est difficile à atteindre, perdu dans les forêts verdoyantes et les vallées. Si on ne connaît pas la route, ça peut être long de trouver le bon sentier. Alors qu'en réalité, il suffisait d'atteindre les bois, et d'aller toujours vers le nord ; alors s'ouvre le village et le château au-dessus. »

Et parce qu'ainsi, il pourrait éventuellement avoir une entrevue avec cette jeune femme. Car il sentait quelque chose chez elle, une sorte de potentiel. Il avait déjà connu ça à Braavos, chez des personnes perdues, qui se transformaient en redoutable assassin après quelques mois passés auprès des bonnes personnes.

En admettant qu'il revienne à Bois-Moucheté et qu'elle s'y trouve.
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MessageSujet: Re: Dorne ne tolère que les Dorniens [Tour IV - Terminé]   Ven 20 Oct - 16:07

Pourquoi m'avait-il fait venir ? De toute évidence il ignora les mots de mon père, désignant une carte ou il finit par désigner de lieux. Où nous étions, où nous devions aller. Il désigna une première route, dangereuse comme bien d'autre, mais sans doute plus rapide. Je sentais mon père perdre patience alors que pour ma part, je n'avais aucune idée de ce que je faisais ici. Je ne connaissais pas les lieux, mon père si. Le Santagar finit alors par parle d'un lieu, proche du front, mais plus en sécurité que le reste du chemin. Pourquoi en parler ? Je ne comprenais pas la manoeuvre pour être honnête. Mon père se contenta d'hocher la tête avant de le remercier et de partir sans même prendre le temps de m'attendre. Soupirant alors, j'allais faire demi-tours pour retourner avec les autres lorsque le courage de lui poser la question se présenta. Me retournant donc à nouveau, je fis quelques pas vers lui pour effacer la distance avant de dire, « Pourquoi m'avoir fait venir ? », lui demandais-je simplement avant de m'avancer un peu plus. « Je n'ai jamais voyagé, je ne connais pas Dorne, ni le meilleur chemin à prendre. », m'arrêtant devant la carte, je baissais les yeux pour visualiser ce qu'il avait montré. « Je n'aurais même pas mon mot à dire dans tout ça. », déclarais-je simplement avant de relever les yeux sur lui.

Il n'était pas le genre d'homme à faire des choses par hasard. Il l'avait dit lui-même après tout. Ne pas se fier aux apparences. Ne pas s'arrêter à une évidence. « Quelle idée avez-vous réellement derrière la tête ? », demandais-je sans bouger. J'étais près de toute façon, aller plus loin serait dangereux, surtout qu'il était bien plus vif que n'importe qui. « Pourquoi voulez-vous qu'on aille à Bois-Moucheté ? », il n'avait pu en parler que pour ça. Pour qu'on y aille, pour que l'idée germe d'un lieu sécurisé. Il n'était pas du genre à agir comme ça, j'en étais sur. Croisant alors les bras sous ma poitrine, j'attendais une réponse. Il y avait quelque chose, j'en étais sur. Il s'était adressé à moi. Puis à lui, les choses ne pouvaient pas être faites ainsi sans raison.
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MessageSujet: Re: Dorne ne tolère que les Dorniens [Tour IV - Terminé]   Sam 21 Oct - 0:00

Sarzir esquissa un sourire, avant de reprendre son écuelle d'une main pour continuer de picorer dedans. Le paternel de la jeune femme avait fui sans demander son reste, sans doute persuadé qu'il valait mieux ne pas s'attarder. Pourquoi avoir laissé sa fille sans protection, par contre ? Avait-il une confiance aveugle dans les soldats dorniens ? Voilà une belle erreur, car même si Sarzir n'était pas de ce genre, il en donnait clairement l'impression. Le viol ne trouvait nul plaisir chez lui, mais il avait l'allure et l'attitude de quelqu'un qu'on soupçonnerait de le faire. Mais peut-être était-ce ça ?

Il était peut-être persuadé que sa fille avait retenu l'attention du Santagar pour un simple désir, et qu'il l'avait donc fait venir car il souhaitait l'assouvir. Ou alors, il était plus intelligent qu'il n'y paraissait, et il voulait laisser Sarzir s'entretenir avec sa fille pour expliquer ce qu'il pouvait éventuellement attendre d'elle. Toutefois, il en doutait. Déjà parce que le cadet ne savait pas exactement lui-même ce qu'il voulait.

 « Ton père est un individu étrange. Affable, aimant de sa famille ; mais pas au point de la défendre au péril de sa propre vie. Ça ne m'étonne guère que ton frère ait hérité de sa lâcheté. Même si j'admets que c'est un bel exploit, que de venir depuis les terres ouestriennes jusqu'ici. »

A peine un murmure, sa voix glissa sur le visage et le corps de Phèdre, alors même que le Santagar terminait son repas et laissait son regard couler lui aussi sur la jeune femme. Il n'était pas homme à laisser parler ses pulsions en premier, et il savait évaluer toute forme de qualité. Il avait bien sur des envies, comme tout un chacun, mais savait se contrôler, lui. Et en l'occurrence, il n'était absolument pas là pour ça. Et elle non plus. Il s'approcha d'elle.

 « Non, si tu es ici, et si j'ai nommé Bois-Moucheté, c'est pour une bonne raison. Je n'ai pas menti : la route jusqu'à Lancehélion sera longue, dangereuse. Bois-Moucheté est plus proche, et a moins de chance de subir les foudres de la guerre car infiniment moins importante. Et... bien sur, il y a une autre raison. Très différente de la simple sympathie dornienne. »

Lui tournant autour, il la toucha, de sa main froide. Il tâta les muscles du bras, du dos, la peau du cou, de la nuque, les cheveux, la douceur des joues et du menton, observa la façon dont elle réagissait au stress de l'examen et à la proximité de l'homme. Il évalua comment Phèdre se préparait à un inévitable qui n'arriverait pas. Tout en faisant cela, il parla. De sa voix douce, calme, murmurée, telle une lame glissant sur la peau douce et hâlée, sur les formes dessinées, sculptées pour plaire à tous les hommes, sur un visage dressé pour engloutir votre âme d'un regard.

 « Tu es une fille du peuple. Rien ne changera ça, car tu l'as de naissance. Toutefois, rien ne t'oblige à le rester toute ta vie. Rien ne t'oblige à devoir t'occuper de tes frères pour le reste de ta vie, à la place de ta mère absente – ou défunte. Si ça continue, d'ici quelques années, ton père en aura assez de se languir de son épouse partie, et ce sera toi qu'il prendra, chaque nuit, pour se satisfaire. Et tu ne pourras rien y faire. Mais il existe des possibilités, autres, bien différentes. »

Il se planta finalement devant elle, tenant son menton entre ses doigts. Son odeur était douce, agréable. Mais dans yeux se lisait une virginité chèrement défendue.

 « N'aimerais-tu pas apprendre comment j'ai fait pour savoir la vérité ce matin ? Tu pourrais t'en servir pour aider ta famille comme tu le sens, sans dépendre des autres. Sans dépendre de quelqu'un qui ne saurait jamais te défendre convenablement. »

Avait-il du mépris pour son père ? Totalement. Alors qu'elle avait du potentiel.
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MessageSujet: Re: Dorne ne tolère que les Dorniens [Tour IV - Terminé]   Sam 21 Oct - 12:50

L'homme ne sembla rien vouloir changer à ses habitudes, continuant ce qu'il avait commencé en jugeant mon père affable, aimant, mais visiblement lâche, comme mon frère. Mon père faisait ce qu'il veut, il nous avait conduit ici et j'avais été trop loin, même si cela avait été nécéssaire pour protéger mon frère. J'étais mal à l'aise, son regard aussi perçant sur mon corps ne m'aidait pas à garder les idée claire. J'avais envie de me cacher. Se levant alors avant de s'approcher de moi. Il avait nommé Bois-Moucheté pour une bonne raison. La route était plus sur, la destination moins risqué. Mais il y avait pourtant autre chose. Il se mit alors à me tourner autour, laissant sa main glacé marquer ma peau. D'abord mon bras, puis mon dos, il s'avança sur ma nuque, mes cheveux, et finit par fixer sa main sur mon menton, comme pour juger. Pour évaluer. Mon coeur battait bien plus vite, bien plus fort alors que mon esprit m'ordonnait de reculer, de fuir, mais je n'en fis rien. Il reprit en affirmant que j'étais une fille du peuple, et que rien ne changerait ça. Je l'étais depuis toujours, mais je n'étais pas obligé de le rester tout ma vie. Je n'étais pas obligé de m'occuper de mes frères à la place de ma mère, d'autant que d'après lui, mon père finirait par se perdre entre mes cuisses. Un instant, je me figeais un instant à cette annonce. Mon père ne ferait pas ça, il n'était pas ainsi. N'est-ce pas ? Comment pouvais-je ne être sur en même temps, je ne connaissais rien aux choses de la vie. J'avais peur de perdre définitivement mon innocence ici. Il me tenait, je le fixais, un animal apeuré sans doute, mais prêt à montrer les dents si nécéssaire. Il me demanda alors si j'aurais aimé apprendre à démêler le vrai du faux comme lui. Argumentant que je pourrais m'en servir pour protéger les miens sans avoir a dépendre d'un autre. Levant un bras afin de glisser mes doigts sur les siens, je me libérais de son emprise, la respiration encore bien trop forte pour faire preuve de contrôle. « Je serais prête à tout pour leur assurer le confort et la perspective d'une vie meilleure et sans ombre. », soufflais-je sans détacher mon regard du sien, mais en sachant sa main. « Je ne suis pas du bétail. », ajoutais-je la gorge serrée. Je n'aimais pas sa façon de me tourner autour, j'avais l'impression d'être prise au piège, de lui appartenir. Hors il n'avait aucun droit, du moins je pense. Si il voulait quelque chose de précis, il l'aurait déjà fait non ? Reculant d'un pas, je déglutis avant de reprendre, « Et mon père ne ferait jamais ça. Je suis sa fille. », j'étais loin d'être certaine de ce que je disais à présent, mes yeux tombant un instant sur le sol alors que mes bras s'enroulaient contre moi, comme pour me protéger de cette idée. Le désir d'un homme ne pouvait pas être aussi fort. Pas au point de voir le corps de sa fille comme pouvant accueillir les pulsions les plus sombres. Je n'avais pas conscience de l'effet que je pouvais avoir sur les hommes. Je me cachais toujours derrière des vêtements plus grand, des pantalon ou des capuchons. Personne depuis très longtemps ne m'avait vu nue. Et si aujourd'hui mes formes se faisaient plus visible, la chaleur de Dorne était l'unique responsable.
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MessageSujet: Re: Dorne ne tolère que les Dorniens [Tour IV - Terminé]   Sam 21 Oct - 16:44

Sarzir s'écarta, observant Phèdre d'un air calculateur, réfléchissant. Elle avait une confiance aveugle en sa famille, ce qui était normal pour quelqu'un comme elle. Elle ne possédait pas le recul du Santagar qui, même s'il avait confiance en son frère, ne lui confierait pas tout. Il ne risquait rien de Dared car ils étaient tous les deux mûrs, mais ce n'était pas le cas de la jeune femme ici présent. Son père était un lâche, et il était sûrement bien conscient que sa fille attirait l’œil des hommes.

Il finit par hausser les épaules. Au fond, qui était-il pour juger ?

 « Je ne vais pas prétendre avoir la science infuse ; mais j’ai vu bien des choses et est capable de bien d'autres. Y compris de comprendre rapidement comment fonctionnent les gens. Ton attitude protectrice, envers les autres et toi-même, est louable ; mais ce qui est louable ne te saura pas utile si tu ne sais pas agir correctement, comme il faut, quand il le faut. »

Il devait bien admettre qu'il se demandait pourquoi il prêtait autant d'attention à cette jeune femme. Cette pauvresse qui n'était même pas dornienne de naissance, sauf par son père et par son teint. Cela dit, elle en avait le caractère, ou du moins une partie. Les prémices. Il se demanda un instant ce qu'il cherchait à lui expliquer, qui ne nécessiterait pas du temps et encore du temps. Pour un peu, s'il avait pu, il aurait essayé de lui enseigner comment tenir une arme. Hmm. Peut-être pouvait-il essayer ? Lui enseigner simplement les bases ?

Une nouvelle fois, dans son esprit s’imposa la question de savoir pourquoi il faisait ça. Elle ne représentait rien pour lui. Mais peut-être qu'au fond, il sentait quelqu'un capable de lui ressembler, et voulait s'y essayer. Après tout, n'avait-il pas lui-même exprimé, à Braavos, le souhait de former quelqu'un aux sombres mœurs et arts qu'il connaissait désormais ?

 « Admettons que je me trompe, et que ton père ne touchera jamais sa fille bien-aimée. Comment finiras-tu ta vie ? Seule, abandonnée par un père mourant et des frères partis aux fermes et pâturages ? Dans notre monde, les femmes n'ont jamais une place de premier plan, sauf parfois à Dorne. Mais parfois, être au second plan ne veut pas dire être insignifiant. Regarde-moi : je suis le cadet, je n'ai pas le pouvoir des terres de ma famille. Pour autant, douterais-tu un instant de ma capacité à détruire ou éliminer n'importe quel obstacle ? »

Il dégaina son poignard, et d'un habile geste du poignet, le présenta garde en avant à la jeune femme. Un mince sourire froid s'étala sur ses lèvres.

 « Ne te blesse pas avec la lame, tu mourrais en moins d'une minute. Maintenant, prends-le, tiens-le dans ta main, fait des gestes avec si ça te chante ; mais ose me dire qu'en le tenant, en m'observant, tu ne ressens pas la capacité de mieux te défendre que tu ne saurais le faire avec de simples mots. Ose me dire que sans arme, si petite soit-elle, tu serais capable de vivre comme tu l'entends. »

Tel un vautour fondant sur sa proie, il ajouta un autre élément à la tentation :

 « N'as-tu donc jamais rêvé de pouvoir vivre par toi-même, plutôt que pour les autres ? Commences-tu à saisir pourquoi je vous ai conseillé Bois-Moucheté, et non Lancehélion ? »
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MessageSujet: Re: Dorne ne tolère que les Dorniens [Tour IV - Terminé]   Sam 21 Oct - 17:14

Pourquoi je l'écoutais dans le fond ? Pourquoi je restais alors alors qu'il achevé tous ce que je prenais pour acquis ? Je ne pourrais jamais rien faire, continuer ainsi ne me conduirait nul part. Je savais qu'il avait raison dans le fond, que je faisais face à une réalité bien trop différente pour ne pas saisir ma chance. Lorsque qu'il reprit mon regard plongea dans le sien. Je m'étais toujours limité à une seule ambition, aider, protéger et élever mes frères. Ma seule aspiration ayant été de quitter ma ferme. Pouvais-je aspirer à autre chose ? Il me tendit alors son poignard, m'invitant à la plus grande prudence alors que je le prenais enroulant mes doigts autour. Je ne sais pas si c'était un sentiment de force, mais la sensation était différente. Déjà tout à l'heure lorsque mes doigts s'étaient refermé sur le manche, j'avais cru pouvoir faire illusion. Et puis ces derniers mots me firent froncer les sourcils. Il ne voulait pas que nous y allions, mais que j'y aille non ? « La famille Santagar est à la gouvernance de Bois-Moucheté je me trompe ? », déclarais-je en faisant un pas vers lui avant de tendre le bras pour poser l'arme sur la table derrière lui. Il était près, bien plus qu'il ne l'avait été jusque là. Levant les yeux pour observer les traits de son visage, je cherchais à comprendre ce qu'il faisait. Comme un animal sauvage tenté par la présence d'un homme. Mon coeur battait toujours aussi vite, pourtant je ne reculais pas, pas cette fois, je voulais pouvoir distinguer chaque trait, comprendre comment il fonctionnait. « Une arme ne fera pas tout si je suis incapable d'en parer les coups. », ou voulais-je en venir moi-même ? Il m'intriguait plus qu'il ne me faisait peur et à présent, il avait éveillé un sentiment bien étrange. « Ni mon père, ni mon frère ne voudront m'en fournir une. », et ils ne voudraient pas que j'en fasse l'usage dans tous les cas.

Ramenant ma main vers moi, je baissais les yeux sur le torse du Lord. Sur ses habits, sur ce qu'il portait. Il était austère, aussi sobrement habillé que l'âme qu'il semblait avoir. Étais-je sincèrement en train de penser à moi ? En train d'être suffisamment égoïste pour envisager tous ça ? De penser ou du moins de vivre par moi-même. J'avais toujours été agile et rapide, mais pas autant que lui. Pouvais-je en faire une force ? « Et quand bien même j'en vole une, sans enseignement, elle se retournera contre moi. », concluais-je en regardant la lame que j'avais posé. « Je sais me défaire de l'emprise de mon frère, mais les hommes que je serais amené à croiser ne seront pas lui, et si ils ne sont pas fait du même bois que vous, je doute fort avoir une chance en l'état actuel. ». Refermant à nouveau les doigts sur l'arme, je la pris avant de la tenir entre nous, la tendant vers l'homme avant de me reculer de quelques pas. « J'irais à Bois-Moucheté. », déclarais-je alors.
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MessageSujet: Re: Dorne ne tolère que les Dorniens [Tour IV - Terminé]   Dim 22 Oct - 0:03

Sarzir hocha doucement la tête en voyant la jeune femme, bien que résignée, décider qu'il était mieux pour elle d'aller à Bois-Moucheté. Il passa sous silence les réponses à ses questions ; elle n'en avait pas besoin et connaissait déjà la réponse. Croisant les bras, il s'assit sur le bord de la table, réfléchissant aux prochains mots qu'il prononcerait. Dehors, le soleil finissait de décliner, et les soldats du camp commençaient à regagner leurs tentes pour dormir ou vaquer à leurs occupations nocturnes.

Une pensée émergea, qui allait pouvoir lui servir d'introduction à ce qu'il allait dire.

 « Je n'aurais pas le temps de te dire comment manier cette arme en une soirée ; et de toute façon je n'en ai pas envie. Si tu vas effectivement à Bois-Moucheté, nous nous y retrouverons tôt ou tard, et je pourrais alors te montrer. »

Il n'allait pas lui mentir. Il pouvait le faire, manipulant les mots et la vérité pour la forcer, par un moyen insidieux, à accepter certaines choses. Il savait mentir, et le faisait régulièrement si besoin. Sans scrupule. Mais l'honnêteté restait importante, dans le cas présent.

 « Je vais être franc : tu vas perdre beaucoup de toi-même dans cette voie. Admettons que tu acceptes d'être pleinement à mon... disons service, lorsque nous pourrons nous retrouver, tu devras faire tout ce que je te demande. Et cela te forcera à faire des choses qui, parfois, te sembleront tout sauf bonnes. Sache-le, car si tu ne l'acceptes pas, tu ne pourras pas accepter la seconde composante d'un tel apprentissage : la nécessité. Savoir que ce que tu fais est mal, d'un point de vue éthique, c'est bien. Mais accepter ça comme un mal nécessaire, c'est mieux. Crois-moi, quand tu auras vécu un certain temps plongée dans tout ça, tu le feras de toi-même. Mais le doute peut te tuer. »

Pas de sa main, mais il ne le précisa pas.

 « Je ne puis garantir que ça te plaira. Je ne suis pas un homme de cœur et de générosité : je tue, et je me bats. Je n'ai pas peur de mourir. Tu dois chasser par toi-même toute peur de mourir, à terme. Cela viendra avec le temps : les semaines, les mois, peut-être les années. Mais encore une fois, il te faudra accepter d'être quelqu'un de mal vu, quelqu'un qui traîne dans son sillage la mort et la noirceur de son âme.Tu veux être indépendante, être capable de protéger qui tu veux, ainsi que toi-même, lorsque tu le veux ? Alors voici la première, et la plus importante de toute les leçons... »

Il lui reprit le poignard, et le rangea. Un sourire mauvais vint se placer sur son visage.

 « Valar morghulis. Tous les hommes doivent mourir. »

Et il frappa alors, tel un serpent, droit dans le sternum, avec son poing droit. Le coup, précis, mais brutal, ne brisa aucun os. Mais il expédia la jeune femme à terre, ce qui n'avait rien d'étonnant.

 « Debout ! Montre-moi comment tu te défends ! »

Dehors, si quelqu'un entendait ça, personne ne viendrait. Les rares soldats qui pouvaient, éventuellement, entendre les sons provenant de la tente de Sarzir, ils ne viendraient pas. Ils savaient leur commandant étrange, et qu'il ne devait pas être dérangé.

Le but de cette première leçon : voir si elle savait être déterminée, puis résignée, au lieu d'appeler à l'aide ou d'abandonner. Il l'espérait, car il ne voulait pas d'une pleutre comme future disciple.
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MessageSujet: Re: Dorne ne tolère que les Dorniens [Tour IV - Terminé]   Dim 22 Oct - 12:04

Il n'eut pas besoin de me répondre, dans un sens j'avais mes réponses. Il ne pourrait m'apprendre cet art ici, mais si je me rendais à Bois-Moucheté, il pourrait finir par le faire un jour ou l'autre. Mais ce fut la suite qui fut le plus important. J'allais finir par disparaitre en quelque sorte. Si j'acceptais d'être à son service, notons donc que je ne servirais que ses intérêts, je devrais faire tous ce qu'il serait amené à me demander. Quitte à faire des choses injuste à mes yeux. Je devrais le faire, je n'aurais pas le choix. Accepter de faire ce que d'autre n'aurait pas fait. Ne pas laisser de place au doute. Si je décidais de m'y engager, il ne pourrait pas m'assurer que tout me plaise, mais j'apprendrais à chasser mes peurs. Le regard des autres changera alors, ma réputation s'assombrissant avec le temps. Je voulais les épargner de tout ça, et m'éviter un sort bien plus triste que celui que j'avais imaginer. Il me donna alors la plus important des leçon selon lui. Parlant un langage que je ne comprenais alors pas, il ajouta que tout les hommes devaient mourir. Traduction ? Sans doute. Son sourire m'avait presque averti, mais pourtant je ne vis rien. Il frappa d'un coup, me coupant la respiration alors que je tombais sur le sol. Une douleur vive se répandant dans ma poitrine alors que je cherchais à reprendre mon souffle, à retrouver de quoi me relever. Car c'était ce qu'il voulait, que je me relève et que je me défends. Déglutissant difficilement, je poussais sur mes bras pour me remettre sur pied, peinant d'ailleurs à le faire au point de faire trembler mes bras. Pourtant, je finis par me redresser, me remettant debout sur mes jambes alors que je le regardais. Me défendre ? Déglutissant une nouvelle fois, je finis toutefois par m'avancer vers lui, voulant le frapper, mais il m'arrêta net dans mon élan, sa main ayant emprisonné mon poignet. Cherchant alors à m'en libérer, je pris conscience qu'il était réellement loin d'être mon frère. Non, de lui je ne pourrais pas m'échapper.

Serrant les dents, j'essayais d'y mettre toute ma force, mais j'aurais pu me pendre à son bras que cela n'aurait rien changer. Il allait passer à l'offensive, et je n'aurais rien pour éviter le coup. Aller de front avec lui n'était peut-être pas la bonne idée, je le concède. Mais j'aurais au moins le mérite d'avoir essayé non ? Même si c'était stupide je m'étais relevé, je n'avais pas fuit et j'avais essayé de le frapper. L'on ne pouvait pas me reprocher quoi que ce soit à ce niveau. Et je n'avais pas envie de ma famille se grave dans son esprit comme étant lâche. J'avais toujours mal, la brulure de son coup ne cessant pas de se répondre dans mon sang. Ma respiration était toujours compliqué, mais je devais rester. Sinon il ne ferait rien, il ne m'aiderait pas...
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MessageSujet: Re: Dorne ne tolère que les Dorniens [Tour IV - Terminé]   Dim 22 Oct - 23:58

Il laissa la jeune femme tenter d'attaquer à plusieurs reprises, parfaitement conscient qu'elle n'arriverait pas à l'atteindre malgré toutes ses tentatives. Eusse-t-elle possédée une arme qu'elle n'aurait pas fait mieux. Elle ne savait pas se battre, seulement se chamailler avec son frère. A chaque coup qu'il lui laissa, il se vit répondre, d'un coup bien placé, calculé. Chaque geste, tic et autre mouvement involontaire qui accompagnait les attaques faiblissantes de Phèdre, il savait ce que ça voulait dire. Là, il aurait pu lui briser le bras, les jambes, les côtes, la paralyser, l'étrangler, la poignarder, lui couper la main ou enfoncer une lame dans ses yeux. Il n'en fit rien, évidemment. Mais les faits étaient là.

Chaque fois, il lui contre-attaquait faiblement, justement pour lui montrer qu'elle avait échoué, sans la frapper de nouveau. Il garderait ça pour la sécurité de Bois-Moucheté, là où il n'y aurait pas son paternel pour lui dire quoi faire, ou pour s'offusquer de ce qu'elle subirait comme bleus et autres hématomes. Déjà, là, la marque qu'elle conserverait sur son ventre pendant deux-trois jours suffirait amplement. Tout en l'évaluant, et en la forçant à continuer malgré un épuisement rapidement évident, il essaya de se rappeler sa propre expérience.

Il savait déjà se battre, à l'époque, bien sur, avec talent. Mais on lui avait fourni un entraînement à même de faire de lui quelqu'un capable de se battre même en étant aveugle, sourd, muet et estropié. Il savait où frapper pour obtenir tel résultat. S'il devait enseigner tout ça à Phèdre, il le ferait pour avoir à son tour le plaisir de former quelqu'un à ces sombres arcanes. Il s'étonna lui-même que cette maigre entrevue lui procure autant de satisfaction à l'idée d'inculquer le savoir. Ou plutôt, de préparer la jeune femme à apprendre.

Car pour le moment, autant il estimait qu'elle était tout à fait capable d'apprendre, autant il la vit vaciller de fatigue à plusieurs reprises. Au bout d'un moment, il la fit arrêter, et lui indiqua de s'asseoir pour qu'elle puisse se reposer. Sa poitrine se soulevait avec vigueur au rythme de son souffle haletant, produisant un mouvement des plus intéressants. Il lui apporta une outre de vin, avant de s'installer en face d'elle, tel le précepteur devant son disciple.

 « Retiens bien ces mots : Valar morghulis ; tous les hommes doivent mourir. Valar dohaeris ; tous les hommes doivent servir. Ce sont des paroles bien connues à Braavos, ça vient de l'antique langue valyrienne. Pour beaucoup, ce sont juste des hommes soi-disant sages, profonds ; ceux-là ne comprennent pas leur véritable sens. Tous les hommes doivent mourir : personne n'est à l'abri de la mort, il faut l'accepter et ne pas en avoir peur, et être capable de procurer la mort sans haine. Tous les hommes doivent servir : personne n'est le maître du monde, et chacun d'entre-nous sert un but, une cause, ou quelqu'un, consciemment ou non, et il faut être capable de le comprendre pour comprendre le monde qui nous entoure. Peut-être ne comprends-tu pas maintenant ; mais à terme, tu le feras. Retiens juste la signification de ces mots, pour le moment. »

Il fit une pause, lui prenant l'outre de vin pour en boire également une gorgée. Un vin dornien, au goût si parfait.

 « Par curiosité, que vas-tu faire pour convaincre ton père d'aller à Bois-Moucheté et non Lancehélion ? »
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MessageSujet: Re: Dorne ne tolère que les Dorniens [Tour IV - Terminé]   Lun 23 Oct - 12:13

Mon corps entier tremblait alors que la douleur demeurait brutale. Vive. Le sang coulait dans ma gorge tant je m'étais mordue pour ne pas crier de douleur. Crier sous les coups, non pas pour qu'on m'aide, mais sous la douleur. Lorsqu'il me fit m'arrêter, chaque muscle de mon corps avaient souffert au poing que même respirer en devenait difficile. Prenant place là ou il me l'avait demandé, je me tenait le ventre, incapable du moindre mouvement en cet instant. Fixant le sol pendant de longue seconde, j'eus du mal à relever les yeux lorsque sa voix traversa le silence. Valar Morghulis encore. Tous les hommes doivent mourir. Valar Dohaeris. Tous les hommes doivent servir. Je ne savais même pas comment ça s'écrivait, ni d'ou ça venait. Il m'en expliqua d'ailleurs les origines, parlant de Braavos. Je connaissais ce nom, mais je ne savais dire d'ou. J'avoue n'avoir en cet instant que très peu d'esprit pour en saisir les informations, les mots n'arrivant pas à faire échos à la douleur. Elle finirait pas passer, lorsque mon corps arrêterait de trembler sous le choc. Il reprit le vin qu'il m'avait tendu, je n'avais pas pu, j'avais l'impression que si j'avalais quelque chose j'allais mourir. Il me demanda alors ce que j'allais faire pour convaincre mon père d'aller à Bois-Moucheté et non Lancehélion. Déglutissant, je baissais les yeux sur la carte, répondant dans un souffle, « Mes jeunes frères ne sauront survivre à une telle traversé sans avoir pu reprendre des forces avant. », le désert, sa chaleur et son froid. Ma voix était étrangement calme par rapport à mon état, comme si la souffrance de mon corps ne pouvait pas traverser ma détermination. « Perdre sa fille n'est visiblement pas un problème si cela lui assure la vie de ses fils, perdre ses deux plus jeune fils, il ne prendra pas le risque. Il est revenu pour eux. », dans le fond, je n'y avais jamais prêté attention, mais il était revenu pour eux. Il m'aurait laissé volontiers à la ferme, avec mon oncle. Seul des fils pouvaient suivre sa route. J'avais été aveugle. Mon ventre se contracta légèrement, sous l'effet d'un spasme que la douleur semblait diriger. Fermant alors les yeux, je cherchais au travers de ma respiration une façon de garder mon calme. Je ne devais plus trembler, je devais me reprendre si je voulais y arriver.

Levant finalement les yeux vers lui, je me pinçais les lèvres, me redressant sur ma chaise pour ne plus donner cet effet de faiblesse. J'avais mal, c'était un fait. Terriblement même. Mais je ne pouvais pas être faible. Pas devant lui. Je devais me ressaisir, je ne devais pas m'abattre. La faiblesse ne faisait aucunement illusion quand à sa présence. Je n'avais aucune force, pourtant, je ne pouvais pas faiblir mentalement.
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MessageSujet: Re: Dorne ne tolère que les Dorniens [Tour IV - Terminé]   Lun 23 Oct - 21:27

Il l'observa un petit moment, essayant de comprendre si elle suggérait qu'elle forcerait une étape de repos vers Bois-Moucheté. D'un côté, la route n'était pas du tout la même, au contraire, ce qui rallongerait considérablement le temps de voyage ; mais l'idée du repos, à l'abri de la guerre, serait peut-être une idée que le paternel de la jeune femme serait capable d'accepter. Après tout, la guerre avait plus de chance d'épargner la demeure des Santagar, perdue dans les Montagnes Rouges, que la capitale dornienne. Si toutefois la guerre allait jusque-là. Sarzir étant un homme réaliste, il savait que c'était malheureusement possible.

Il but une nouvelle gorgée de vin, avant de repasser l'outre à la jeune femme, lui intimant ainsi l'ordre de boire. Si elle ne buvait rien, son corps ne lui permettrait pas de bouger, et elle ne réussirait à regagner sa famille qu'en rampant. Il préférait lui éviter cette humiliation. Pas parce qu'il craignait la réaction de son père et de ses frères – il n'en avait cure – mais pour éviter que le moral de ses soldats, déjà bien bas, ne les force à faire une bêtise en voyant la jeune femme vulnérable et seule au milieu du camp.

Il s'apprêtait à prendre la parole quand on vint le chercher ; un de ses soldats, l'air hagard, qui venait de passer la tête par l'entrée de la tente. Il jeta un coup d'oeil à Phèdre, avant d'avertir son commandant :

 « Ser, vous devriez venir. L'un des réfugiés pose problème. »

Un des réfugiés ? Aussitôt, le Santagar sortit, d'un pas vif et déterminé, son esprit entièrement focalisé sur les possibilités à venir. De qui pouvait-il s'agir, et pour quelle raison ? Probablement pas la famille de Phèdre, à moins que le père n'ait fait tout une scène pour éviter d'avoir à s'occuper du couple qui s'était joint – même si par la force – à eux. Possible, possible... mais peu probable. En fait, il voyait davantage des problèmes à cause du couple en question. Une sombre idée émergea dans son esprit ; il espérait ardemment se tromper.

En arrivant sur place, un peu à l'écart du camp à proprement parlé, ils arrivèrent, Phèdre, le soldat et lui, là où les réfugiés s'étaient placés. Très vite, ils eurent les détails du problème : le couple s'était installé avec la famille de Phèdre, mais les enfants avaient décidé de jouer entre eux, et ce jusqu'à embêter des soldats.

Au point que maintenant, il allait falloir résoudre le problème suivant : les parents indignés et en colère, qui pestaient contre les soldats. Ce à quoi Sarzir répondit de manière glaciale :

 « Que quelqu'un me donne une seule bonne raison de ne pas dire que mes soldats ont eu raison de ne pas se laisser. Après tout, nous sommes dans un camp de l'armée dornienne. »
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MessageSujet: Re: Dorne ne tolère que les Dorniens [Tour IV - Terminé]   

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