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But you must go on... | Bowen
MessageSujet: But you must go on... | Bowen    Lun 21 Aoû - 15:43

Le poing crispé sur les deux missives de l’Empereur que j’ai reçues à peine à une journée d’intervalle, je regarde sans les voir les colonnes d’hommes qui marchent d’un bon pas en direction des Jumeaux. Je ne tiens même plus le compte des jours qui se sont écoulés depuis que nous sommes partis d’Haye-Pierre et, bien souvent, j’ai l’impression d’être dans un rêve éveillé. Ou plutôt, devrais-je dire un cauchemar. Tout du moins, depuis que j’ai reçu ces missives. Je craignais de recevoir de telles nouvelles et, l’espace d’un instant, je repense à cette discussion avec Alysanne. Comme si d’en avoir parlé avait rendu les choses possibles, réelles. Je savais que mes décisions impacteraient les miens, qu’ils en souffriraient probablement, surement même. Mais je ne m’attendais pas à cela. Pas aussi vite, pas aussi violemment. Bran n’était pas prêt et mon père ne méritait pas de mourir comme ça. Surtout lui qui était bien plus pieux qu’aucun de ces croisés ne le serait probablement jamais. Je sens la colère monter, doucement mais surement, et, pour la première fois de mon existence, il m’en faudrait peu pour ne plus être guidé par la raison, la réflexion mais par les sentiments.

D’une certaine façon, il est probablement mieux pour moi que je n’ai pas été suffisamment proche pour pouvoir intervenir. C’eût été la pire des réactions même si là, ronger mon frein et me contenter de missives n’est vraiment pas pour m’aider à rester calme. Ce sont les regards qui pèsent sur moi, interrogatifs, parfois curieux, parfois méfiants voire pire, même si ceux-là se font de moins en moins nombreux, qui m’ont permis de tenir bon. Je ne dois pas faillir, quoi que je puisse penser de tout cela. Sinon, je ne serais jamais le Roi que l’on attend de moi. Et si Bran a réussi à surmonter tout cela, je ferais de même. Je ne prête que peu d’attention à ce qui se passe autour de moi, décidant tout de même, lors d’une halte, de descendre de mon cheval pour faire quelque pas. Je m’éloigne un peu, suffisamment pour que les sons soient un peu étouffés par les arbres qui m’entourent et j’appuie mon front contre le tronc de l’un d’eux, laissant les secondes s’égrainer sans chercher à les ralentir.

J’entends alors un bruit de pas et je tourne la tête, reconnaissant le jeune Glover. Avant de souffler, d’un ton neutre tout sauf naturel. "Vous pourrez avertir sa Majesté s’il n’a pas déjà été mis au courant par d’autres moyens que les croisés se sont attaqué à Vivesaigues et ont brûlé vif son Lord. L’Empereur n’a pu arriver à temps pour l’empêcher. Il a cependant réussi à rattraper l’armée et à l’anéantir." Les enfants vont bien. Il faut que je me raccroche à cette information. Bran s’est montré valeureux, courageux, il a su affronter l’ennemi et en sortir vainqueur. Mais ma pauvre Charissa dont les deux parents lui ont été arraché par ma faute, que va-t-elle retenir de tout cela ? A quel point m’en voudra-t-elle ? Ma main tremble alors que je serre encore plus fortement ces fichus morceaux de papier. Il falloir que je réponde, que je garde la tête haute et que, pire encore, j’annonce la nouvelle à ma femme et à ma fille. Je me pince l’arête du nez avant de reprendre, d’un ton déjà moins assuré. "Nous devons déjà repartir, c’est bien cela ?" Ou est-ce que je peux espérer avoir encore quelques instants de répit ? Pour arriver à faire croire aux autres, et surtout à moi-même, que j’arriverais à surmonter la perte de mon père.


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MessageSujet: Re: But you must go on... | Bowen    Mer 23 Aoû - 19:25

Les journées se succédaient, pavées de succès et porteuses de corbeaux annonciateurs de cruels revers. Dans la boue du Conflans, nordiens et riverains révoltés avançaient coudes contre coudes, genoux contre genoux, tandis que les bourrasques régulières et la pluie fine rendaient la progression pénible aussi bien pour les natifs de ces terres automnales que pour les rudes habitants d’au-delà du Neck, habitués des conditions météorologiques peu clémentes. Parfois, Bowen se demandait ce qui était le plus pénible : la neige ou cette interminable bruine qui transformait les routes en bourbier où les chariots du Train Royal s’enfonçaient, rendant indispensable de multiples travaux de dégagements, quand ce n’était pas des soldats qu’il fallait sortir d’une ornière, crottés et en piteux état. Pourtant, le moral ne faiblissait pas. Au contraire même, le Glover avait parfois l’impression que plus la troupe avançait, plus elle se soudait, surtout face aux rumeurs qui couraient sur la campagne en-dehors du nord du Conflans. On disait l’Orage et Dorne acculés, ce qui avait forcé l’Impératrice à partir au sud. Certains murmuraient que les croisés brûlaient tout sur leur passage, et nombre de ceux fidèles aux Sept ne savaient désormais plus à quel dieu se vouer. Que faire, quand des hommes de votre foi prennent les armes contre vous, au nom de cette religion commune ? Au moins, les nordiens n’avaient dans leur immense majorité pas à livrer cette douloureuse querelle interne : ils avaient parfaitement conscience que les croisés s’attaquaient à leur culture, à leurs idéaux ancestraux, et beaucoup accueillaient la nouvelle de la Croisade avec un sentiment aussi rageur que hautain. Ils allaient montrer à ces sudiers dans quel bois les Anciens Dieux les avaient taillés. A ce titre, les bruits d’un nouveau débarquement fer-nés dans le Nord n’avaient fait que raviver la haine. Nul doute que si Beaumarché ne s’étaient pas rendue, la ville aurait connu un destin douloureux.

En se rendant au quartier général du leader des troupes riveraines, Bowen passait en revue dans sa tête toutes les informations qu’il avait obtenue à la roukerie et par estaffette. En tant qu’agent de liaison entre les troupes nordiennes et riveraines nommé par l’Empereur et second du roi nordien, le garçon voyait passer une quantité effrayante de messages et autres missives stratégiques. En sus de ses fonctions, un nouveau poids avait échu sur ses épaules, après le débarquement des fer-nés à Oyster. Pour la seconde fois en quelques mois, le fief ancestral des Glover était menacé. Dire que le jeune homme avait peu goûté à cet imprévu du destin était un euphémisme, et pour cause : il avait manqué briser la malheureuse table tactique qui trônait dans sa tente en lisant les messages envoyés par son épouse et l’Empereur. L’espace de quelques funestes secondes, il avait senti ses veines bouillir de haine tandis que des lueurs rougeâtres dansaient dans ses yeux, à l’image de ce qu’il avait vécu à la Mort-aux-Loups. Pis, la pensée de son épouse enceinte avait ravivé sa hargne, qu’il avait dû évacuer dans un entraînement féroce où il avait rossé une malheureuse recrue riveraine et un vétéran nordien, non sans raison : le gamin manquait cruellement d’allant au combat, et la garde du vieux loup connaissait quelques lacunes. Généralement, le Poing du Nord se contentait de chercher le coup le plus propre possible, afin de ne pas blesser son vis-à-vis. Cette fois, il avait combattu comme il l’aurait fait sur le champ de bataille, s’attirant un respect mêlé de crainte de la part de ceux qui avaient assisté à ces duels. Contrairement à certains racontars peu amènes, il n’était pas qu’un intendant de luxe, un courtisan ayant obtenu ses galons par sa proximité avec la famille royale. Il avait été formé par les meilleures lames du Nord, après tout. Et ce jour-là, il avait laissé le Poing Sanglant prendre le pas, sans aller jusqu’aux extrémités d’une vraie bataille. Pour autant, à cet instant, il tenait plus de Conrad Omble que de Galbart Glover : sans doute que les coups de l’héritier d’Atres-les-Confins avaient réellement porté chez celui qui ambitionnait désormais de prendre sa place. Puis il s’était repris, et avait pris ses dispositions, non sans envoyer quelques courriers annexes afin de s’assurer que Maedelyn allait bien … Tout en rassurant l’Empereur qu’il ne ferait pas d’idioties. Voir son mentor douter ainsi de son engagement l’avait presque peiné, même s’il devinait un souci sincère, au-delà des nécessités guerrières. Mais c’était précisément de ne pas être, une fois de plus, en mesure de défendre ses terres qui l’enrageait. Il savait pertinemment où était son devoir. Il n’aurait pas cru que le remplir soit une nouvelle fois si douloureux. Sauf que cette fois, personne ne souillerait Motte-la-forêt. Il s’en était fait le serment. Il était peut-être à des kilomètres de chez lui, mais même là, il n’était pas sans ressources. Il en allait de son nouvel honneur de Lord, tout comme de sa place dans l’entourage de Jon Stark car il ne doutait pas qu’une énième prise de sa ville serait une catastrophe aussi bien pour le Nord que pour la réputation de sa maison. Non, il ne pouvait pas échouer. Ni dans le Conflans, ni dans le Nord.

Pour autant, il n’était pas le seul à payer un lourd tribut dans cette guerre. Une énième fois, il soupira. De toutes les missions qu’on avait pu lui assigner, celle-là était l’une des plus difficiles, car elle heurterait immanquablement leur allié riverain, en sus de fragiliser la résolution de ses troupes si le commandement ne prenait pas les mesures qui s’imposaient. Mais il n’était pas homme à regimber devant l’obstacle, quand bien même ce dernier l’émouvait à titre personnel. La perte de Kian Tully en des circonstances aussi tragiques était certes terrible pour le Conflans Libre et son fils, et personne mieux que Bowen ne pouvait comprendre sa douleur. Au-delà de ces considérations, il se souvenait des quelques lignes que lui avait adressé le vieux lord de Vivesaigues, quand il avait annoncé à la famille riveraine de sa mère son décès dans la prise de Motte-la-forêt. L’hommage l’avait sincèrement touché, lui rappelant avec vivacité que les racines conflanaises de sa mère, même s’il n’avait jamais vraiment eu l’occasion de les célébrer, n’étaient pas oubliées, et que les liens du sang traversaient les conflits, l’espace de quelques instants d’humanité.

Néanmoins, dès qu’il vit le visage de Lyham Tully, Bowen sut presque d’instinct qu’il n’aurait pas à délivrer sa funeste oraison. Même si l’homme tente de faire bonne figure, il n’y avait pas besoin d’être devin pour comprendre à quel point la nouvelle le terrassait. Certains auraient pu vouloir alléger son fardeau par intérêt, personnel ou stratégique. A cet instant, le jeune homme ne voyait qu’un fils blessé qui pleurait la perte d’un père chéri, comme lui-même avait pu le faire quelques semaines auparavant, et se sentait une communion de tristesse avec son aîné. Restant à une distance respectueuse, le Glover s’inclina tout de même devant le roi, comme il seyait à son rang, avant de répondre de son timbre grave :

« A vrai dire … Sa Majesté m’avait dépêché pour vous avertir … Je vois que ce n’est pas nécessaire … »

D’une voix sincère, il ajouta doucement :

« Toutes mes condoléances. Même si je sais d’expérience que ces mots n’offrent que peu de réconfort …

Et je me doute que ces paroles doivent vous paraître soufflées par la courtoisie la plus élémentaire mais … Je les pense sincèrement.

Quand ma mère a été … prise dans l’attaque qui a ravagé mon fief, j’ai envoyé des corbeaux à sa famille riveraine. Votre père a eu la bonté de me répondre au nom des Tully, malgré les querelles qui couvaient alors dans nos royaumes, au risque sans doute d’encourir le courroux des Hoare. C’était un geste précieux, plein de noblesse.

Je ne pourrais jamais faire autant … Mais au nom des Glover, et en tant que cousin par alliance, je vous réitère les condoléances de ma maison. »


Il avait manqué prendre en grippe cette politesse traditionnelle après le massacre de sa maisonnée, tout en appréciant paradoxalement les marques d’affection contenues dans celles lui ayant été adressées au décès de son propre père. Sans doute que les circonstances avaient aidé à mieux supporter le deuil et la commisération. Mais à défaut d’alléger sa peine, il pouvait tenter d’être serviable et de lui offrir quelques minutes seul.

« Si vous me le permettez … Je peux arranger moi-même l’avancée de votre colonne, pour vous donner quelques instants … d’intimité.

Puis nous devrons repartir, oui, Votre Majesté… »




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MessageSujet: Re: But you must go on... | Bowen    Mar 5 Sep - 12:16

Dans des moments comme ceux-là, j’aimerais ne pas être capable de me souvenir. Des bonnes choses comme des mauvaises. D’être capable d’oublier et de continuer, comme si de rien était. Je suis loin d’être aussi fort que je croyais et j’ai eu la naïveté de croire, l’espace d’un instant, que mon père était immortel. Je ne le pensais pas vraiment, ma raison me rappelait qu’il prenait de l’âge, qu’il était vieillissant et que la guerre ne saurait l’épargner, comme tout le monde. Et pourtant, une part de moi se plaisait à croire qu’il tiendrait, qu’il serait là pour voir ce qui se passerait alors que, je me demande parfois si ce sera mon cas. Souvent même, pour être parfaitement honnête. Cet homme avait été un pilier de mon existence et voilà qu’il n’était plus là. Pire encore, sa mort n’a rien eu de glorieux, elle ne reflète en rien l’existence qu’il avait pu mener. Et je suis incapable de savoir ce qui m’attriste le plus.

J’essaie tant bien que mal de me raccrocher au fait que mes enfants vont bien, que, pour le moment, le pire a été évité d’une certaine façon. Mais je suis incapable de me raisonner. Et je n’ai pas envie que les hommes me voient faillir, ou, pire encore, qu’ils pensent que cet évènement peut faire vaciller ma résolution. Il est pourtant difficile de se composer un masque de neutralité quand je sens les regards peser sur moi dès qu’ils en ont l’occasion, sans que je sache vraiment si c’est pour me soutenir ou pour y trouver une faiblesse. Peu importe dans le fond, en cet instant précis. Je n’ai pas le droit de faire mon deuil. Nous n’avons pas le temps et il y a bien trop de morts à pleurer pour prendre le luxe de s’arrêter sur l’un d’entre eux, quelle qu’ait pu être sa valeur au combat et comme homme. Je n’ai que ces quelques instants loin du convoi, pour lui faire mes adieux, sans savoir quand je pourrais le faire de la façon dont il mérite. Et j’en suis tout bonnement incapable. Je ne trouve pas les mots, ils s’entrechoquent dans mon esprit et j’ai l’impression d’être tout simplement hébété par la nouvelle que je tiens encore entre mes mains.

L’arrivée du jeune Glover est, pour le coup, plutôt salutaire. Elle me permet de faire face même si je cille, le regard fixant un point invisible par-delà l’épaule du nordien. Il me faut quelques instants avant de pouvoir le fixer et je souffle, de ce ton neutre toujours aussi peu naturel. "Bien. Cela m’évitera d’avoir à le faire moi-même. C’est… oui, je suppose que c’est mieux ainsi." Mon regard se baisse de nouveau en direction des missives j’ai un soupir alors que, comme je pouvais m’y attendre, il me présente ses condoléances. Voilà je suppose quelque chose que je vais entendre souvent les jours à venir, probablement couplé de murmures, de doutes quant au bienfondé de cette mort, de cet engagement que j’ai pris. Je fronce pourtant les sourcils alors qu’il continue, lui jetant un regard curieux. Avant de comprendre de quoi il parle. "Oh oui. Je… je m’en souviens effectivement. Ma femme avait elle aussi été peinée de ce qui est arrivée. La famille avait toujours grande importance pour mon père, bien plus que tout le reste, que la loyauté envers un royaume ou un autre. Il n’avait de cesse de me répéter que notre rôle était d’assurer aux nôtres la meilleure vie possible pour pouvoir affronter les Dieux fièrement quand la mort arriverait." A cette pensée, je me crispe et je murmure, sans même pouvoir m’en empêcher. "Ils l’ont brûlé… comme un hérétique… c’est… je ne comprends pas." Et je secoue la tête, essayant de reprendre un semblant de contenance alors que je fixe le jeune homme.

"Vous avez vous-même beaucoup perdu depuis quelques mois. Et vos condoléances sont d’autant plus précieuses à mes yeux. Après tout, vous pourriez dire que ce n’est qu’un juste retour des choses, ce que certains ne manqueront pas de clamer." Et je secoue la tête au reste de ses propos, avant de souffler, d’un ton pensif. "Je ne suis pas sûr d’être vraiment en capacité de prendre les décisions qu’il faut mais rester trop longtemps seul ne sera probablement pas la meilleure des options. A dire vrai, je n’en sais rien et…" J’ai un sourire sans joie alors que je laisse filer un silence avant de reprendre, d’un ton sceptique. "Majesté hein…" Voilà exactement le genre de choses que je pourrais aisément oublier en cet instant. Heureusement qu’il a pu venger mon père et que les petits n’ont rien de grave, sinon je ne suis pas sûr que j’aurais été capable de tenir mon rang en cet instant précis.


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MessageSujet: Re: But you must go on... | Bowen    Dim 24 Sep - 19:59

« Il n’y a rien à comprendre des morts perpétrées au nom de la haine, Votre Majesté. Songez simplement que les croisés se sont comportés comme les sauvageons à Motte-la-forêt, et tirez-en les conséquences qui s’imposent sur leur véritable nature … et sur la justesse de la voie que vous avez choisie. »

Le fanatisme décérébré n’avait aucune logique, et pas plus de frontière. La rage aveugle ne connaissait aucune borne, et il était impossible de comprendre des actes qui, par leur nature barbare, dépassait l’entendement commun. A vrai dire, pour sa santé mentale, mieux valait que Lyham Tully ne s’attarde pas sur les abîmes de la conscience humaine, sous peine de devenir fou. Bowen pouvait l’attester, lui qui avait vu son propre père entamer une véritable descente aux enfers face au massacre de sa famille. Il le revoyait, le soir où ils avaient appris la funeste nouvelle, s’effondrer en sanglotant des pourquoi qui ne trouveraient jamais de réponses, parce qu’il n’y en avait tout simplement aucune de cohérente. La guerre ne connaissait pas de logique, et celle menée au nom de la détestation d’un autre peuple encore moins que celle faite pour se défendre ou attaquer un pays voisin. Le Glover avait appris cette rude leçon de la manière la plus tragique qui soit, et n’attendait donc aucune pitié de leurs ennemis. Voilà pourquoi il craignait tant pour son épouse enceinte et avait tout fait pour la mettre à l’abri dès l’annonce du débarquement sur ses côtes : il ne revivrait plus jamais Motte-la-forêt, ou bien il en mourrait. C’était aussi simple que cela.

Autant dire que ce regard hagard, cette difficulté à trouver ses mots qu’il voyait chez Lyham Tully, il ne pouvait que les comprendre, sans doute mieux que personne. Son père avait été sacrifié, comme sa propre famille, pour une cause plus grande, mais cette assurance ne calmait pas la douleur. Elle n’était qu’un vague onguent sans grande importance, tout au plus une bien maigre consolation. Et il lui faudrait vivre avec cette certitude que la mort de son géniteur était due à ses propres décisions, tout comme Bowen vivait avec le savoir que les Glover étaient décédés parce qu’ils avaient répondu à l’appel du ban nordien. L’honneur le disputait à la famille, et si la raison dictait que ces pertes étaient nécessaires et que rester n’aurait rien changé, les liens du sang hurlaient et se cabraient face à cette réalité implacable que l’esprit ne pouvait entièrement mesurer. Pour tout cela, le Poing du Nord se sentait une communion de destin avec le riverain qui se trouvait être son vis-à-vis, poussé à voir les choses ainsi par le souvenir de sa mère. Certains esprits chagrins se réjouiraient, oui, à demi-mots. Mais le jeune homme était au-dessus de ces rancunes, essentiellement parce qu’il ne les avait jamais réellement partagés, tiraillé entre son devoir et ses sentiments contradictoires pour ces cousins qu’il ne connaissait pas, et pensait toute son existence ne jamais connaître réellement.

« Je n’ai jamais oublié que ma mère venait du Conflans, Votre Majesté. Qu’une partie de mes racines courraient au-delà du Neck. Mon physique lui-même en est en partie hérité, et je ne peux pas le nier car je porte la marque des Nerbosc sur mon visage.

Vous trouverez difficilement nordien plus heureux de cette alliance entre les vôtres et le Nord. Et plus peiné de voir sa famille par alliance ainsi meurtrie. Je n’arbore pas de rancune envers les riverains. Et je tiens à ce que, peu à peu, tous ceux que je connais finissent par voir les choses à ma manière. Nous ne sommes pas si différents … Surtout maintenant que nous poursuivons les mêmes idéaux. »


Avec un mince sourire, Bowen ajouta :

« Sinon, je serais un bien piètre choix de la part de l’Empereur comme coordinateur des armées du Conflans Libre et du Nord, ne croyez-vous pas ?

Je crois sincèrement que nous pouvons surmonter ensemble le passé … Et que, aussi cruel que cela puisse être, ce deuil qui vous frappe sera peut-être la pierre angulaire d’une nouvelle ère. »


Le Glover posa son regard bleuté sur le Tully, avant de souffler :

« Autorisez-moi, dès que nous aurons pris les Jumeaux, à organiser une cérémonie mortuaire en l’honneur des morts que nous aurons, et de votre père. Honorons nordiens et riverains ensemble, sous l’auspice des nouveaux et des anciens dieux. Unissons nos hommes, justement, d’un même deuil face à l’ennemi, pour qu’aucune tension ne naisse du passé.

Ils ont brûlé Lord Kian … Mais ils vont dresser son souvenir au firmament de ce qu’ils abhorrent : la tolérance et la concorde entre les dieux et les peuples. »


Se rendant compte qu’il s’était peut-être un peu enflammé, le jeune homme s’arrêta brusquement de parler, un peu gêné, avant de murmurer :

« J’espère que je ne vous offense point en disant cela … J’aimerais simplement … Que cette mort ne soit pas uniquement une épreuve douloureuse … Et je sais d’expérience que pouvoir rendre hommage à ses morts est … d’un grand réconfort.

Nous pourrons en discuter en chevauchant, dès que vous m’aurez rejoint … Votre Majesté … »


Le garçon ajouta, presque solennel :

« Parce que des hommes ont décidé de vous suivre, et vous ont choisi pour les mener au combat. Voici ce qui fait de vous un Roi. Et cela, personne ne peut vous l’enlever. Ni la lâcheté des croisés, ni aucun de nos adversaires. »

Sur ces paroles, Bowen se retira après avoir salué, conscient que les circonstances demandaient à ce que le Roi du Conflans Libre soit un peu seul. Une fois les ordres données, il attendit que l’homme sorte de sa tente pour lui tendre sa monture, avant de monter sur la sienne. Après quelques mètres avalés sous la fine pluie qui avait repris, pour son plus grand malheur, le Glover osa demander :

« L’air frais … fait du bien, n’est-ce pas ? Il aide à … éclaircir les idées. Ne plus penser à … tout. Je sais que chevaucher avec feu le demi-frère de l’Empereur quelques jours après Motte-la-forêt m’a aidé à … être mieux. »

Ca … Et le meurtre sanglant des sauvageons au Gué de Marnach. Mais cela, bien sûr, Bowen le garda pour lui. Lyham Tully connaitrait bien assez tôt les douces consolations de la vengeance aveugle, ainsi que les tourments les accompagnant …



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MessageSujet: Re: But you must go on... | Bowen    Sam 4 Nov - 18:18

Je fixe le vide sans rien dire pendant quelques instants, incapable de trouver les mots pour lui répondre. Parce que j'aimerais me raccrocher à ce qu'il dit, au fait qu'ils étaient en tort, que ce sont eux qui n'ont pas agi correctement. Et que leur croisade n'est qu'une excuse pour massacrer des innocents. Je laisse alors filer, dans un murmure hésitant, mes poings crispés tant je les ai refermés avec force. "Je n'ai jamais eu aucun doute sur la voie que j'ai choisie. Parce que je sais de quoi Hoare est capable et que j'ai enfin la possibilité de mener mon peuple vers une liberté, une paix et une sécurité qu'il n'avait encore jamais connu jusque là. Pour autant, je ne peux pas me contenter de penser qu'ils ont tort, qu'ils ont agi comme des sauvageons. Ce serait bien trop manichéen et, au fond, cela ne m'apporterait pas réellement la paix." Je ne sais même pas si je suis clair en réalité, mon esprit étant tellement brouillé par l'idée que Bran a vu son grand-père brûler vif sous ses yeux. Et que, quoi qu'on dise, cela restera ma faute. Il est mort à cause de mes choix, de mes décisions.

C'est pour ça que j'ajoute, d'un ton distant, presque neutre, comme si je parlais d'une autre personne. "Je sais aussi qu'Hoare fera tout pour détruire ma famille. Parce que je lui ai tourné le dos et qu'il ne pardonnera jamais une telle trahison. Surtout d'un de ses plus loyal sujet. Je me demande à quel point il a pu avoir une influence dans cette histoire… et ce dont il sera capable par la suite." Je ne suis pas inquiet, cela va bien au-delà maintenant. Même si j'agirais exactement de la même façon, surtout en voyant la confiance que nos Empereurs ont mis en nous. Et j'arrive à sourire lorsque le jeune Glover reprend, le fixant comme pour m'assurer de ses origines riveraines. "J'avoue, l'on peut difficilement oublier certaines de vos ascendances. Pour autant, vous n'étiez en rien obligé de vous souvenir de cela et de le porter aussi fièrement. Personne ne vous en aurait tenu ombrage. Mais je suis heureux de voir que vous approuvez cette alliance. Et ces changements. Surtout au vu de ce qui vous est arrivé. Et j'ai envie de croire que les choses vont s'arranger, même si aujourd'hui, c'est un peu plus difficile que les autres jours."

Je hoche pourtant la tête et je reprends, d'un ton plus doux. "Vous êtes probablement le meilleur coordinateur possible. Et vous savez trouver les mots Ser Glover. Vraiment." Même s'il doit bien voir que j'ai du mal à faire face. A accepter que ce drame puisse nous servir. Tout ce que je vois, c'est que je ne pourrais jamais prouver à mon père qu'il a eu raison de me suivre, je ne pourrais plus avoir son soutien sans faille, je ne pourrais plus recourir à la sagesse dont il a toujours su faire preuve. Je me rends compte que je ne me rappelle même plus de la dernière fois où nous avons pu discuter tous les deux et cette pensée me ait encore plus mal que le reste. Je ne comprends ce qu'il dit qu'avec un temps de retard et je fronce les sourcils à ses propos, sans trop saisir où il veut en venir. "… vous pensez réellement que ce sera une bonne idée ? Que certains n'en profiteront pas pour faire revivre de vieilles rancoeurs ? Je… je sais qu'il aurait été heureux d'être le fer de lance d'une bataille que nous pourrons mener en son souvenir. Mais…" Je déglutis, mâchoires contractées, essayant de ne pas me laisser submerger par une peine qui menace d'exploser de toute part. Et je reprends, d'un ton un peu plus sourd, mon regard se perdant de nouveau dans le vide. "Je ne suis pas offensé, loin de là. A dire vrai, pour être parfaitement honnête, je serais incapable de dire ce que je ressens. Je sais juste que je ne dois pas m'effondrer devant mes hommes. Je sais que certains comprendraient, peut-être tous en réalité, mais c'est hors de question. Même si je suppose que la nouvelle se lira sur mes traits un bon moment." Je ne sais pas vraiment si son idée sera un réel réconfort mais, au fond, elle en vaut bien une autre.

Je grimace pourtant de nouveau lorsqu'il emploie le mot Majesté, finissant par lever les yeux pour le fixer, le plus sérieusement du monde. "Je ne sais pas si cela fait de moi un Roi. Un meneur d'hommes peut-être, qui essaie d'être digne de la confiance de ceux qui l'ont choisi. Mais le reste…"  Et je le regarde s'éloigner, restant sans bouger de longues minutes alors que mes pensées se perdent dans tous les sens. Je finis par sortir de là, le regard un peu rougi mais la tête haute, mon regard croisant certains de mes hommes alors que j'entends déjà les murmures parcourir les troupes. J'attrape les rênes tendus par le jeune Glover et je lève les yeux au ciel, laissant les gouttes de pluie couler sur mon visage sans rien dire quelques instants. "Il semblerait qu'ils commencent déjà à être au courant, je me trompe ? Et… l'air frais fait du bien oui. Un peu de solitude aussi." J'hésite un instant avant de souffler, à mi-voix. "Et combien de temps ça dure ? Cette culpabilité qui efface tout le reste ?" Et cette envie d'aller trancher quelques têtes pour le venger mais ça, je préfère le passer sous silence.


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MessageSujet: Re: But you must go on... | Bowen    Sam 11 Nov - 19:05

« Pourquoi ne le serais-je pas ? Ma mère était une femme admirable, et il me semble que c’est honorer sa mémoire que d’affirmer que malgré les difficultés et douleurs passées, il existe un avenir commun pour nos peuples. »

Peut-être que comme tous les fils, Bowen avait une vision très idéalisée de sa génitrice. Peu importait, au fond, de savoir si Rowenna Glover avait été réellement ce modèle adulé par toute sa progéniture. Son ombre demeurait sur la vie de ses enfants, qu’elle avait façonné infiniment plus que son mari, sauf Edwyle, qui avait bénéficié de toute l’attention de Galbart. Dans tous les cas, le jeune homme avait toujours été fier de son ascendance, et c’était l’un des rares sujets sur lesquels il n’admettait aucune offense. Il lui était arrivé de se battre, étant plus jeune, avec d’autres jeunes gens de la troupe de Torrhen qui avaient eu une parole malheureuse envers ses origines, parce qu’il supportait bien les brimades, il ne souffrait pas celles qui étaient destinées à sa famille. Malheur à qui s’en prenait aux siens, c’était ainsi. Fut-un temps, il aurait pu ne pas ressentir cette haine envers les sauvageons, simplement les combattre au nom de la défense du Nord. Maintenant, il lui arrivait de songer qu’une fois la paix revenue, une expédition pour tous les anéantir ne serait que justice. Oui, y compris ceux qui n’avaient rien fait, juste parce qu’ils étaient sauvageons. Sauf qu’il y avait une raison, à cette haine inextinguible, contrairement à la hargne des croisés. Voilà pourquoi il estimait qu’il n’y avait rien à comprendre, chez ses fanatiques. Ces ouestriens n’avaient jamais eu maille à partir avec les Tully : la plupart étaient des gueux de l’intérieur des terres du Roc, et commandés par un seigneur non-frontalier, de surcroît ! Leur seule motivation était la purgation de Westeros de tous ceux ne partageant pas leur Foi … Sans autre raison. Et cette folie furieuse le laissait pantois. Il n’osait pas renchérir en l’expliquant à la Truite. Tôt ou tard, celui-ci se rendrait bien compte qu’à force d’imaginer qu’il y avait quelque chose à expliquer dans le massacre d’un prisonnier par le feu partageant la même religion que des cinglés et au nom de cette dernière, il finirait par perdre la raison. Aussi cruel que ce soit, il était bien plus apaisant de haïr que de comprendre. Et à titre personnel, jamais Bowen ne ferait l’effort d’essayer d’appréhender les motivations de ceux qui avaient attenté à la vie de ses proches, car ce serait leur faire injure. Mais cela, il décida de le garder pour lui. Libre à chacun de mener son deuil comme il l’entendait. S’inclinant face aux compliments du Tully, il lui répondit :

« Votre confiance m’honore, Votre Majesté. J’essayerais de me montrer digne de ces compliments. »

Précisément, à vrai dire, il allait devoir trouver les mots. Non pas que le Poing du Nord ne comprit pas les réticences de l’homme face à lui … Néanmoins, il croyait fermement à son projet, parce qu’il avait cette intuition que le meilleur moyen de réunir les hommes, c’était de leur montrer qu’ils avaient une cause en commun, des valeurs à partager. Et quoi de mieux que de prouver que les riverains étaient unis par une communauté de destins aux nordiens, grâce à cette Croisade qui avait, de son point de vue, commis une faute grossière. Radicaliser la haine pour prôner l’union … Oui, c’était de cela qu’il s’agissait. Et quoiqu’on puisse en dire, détester de concert avait des vertus en termes de camaraderie.

« Tout est une question de présentation … d’adresse. Si je puis exprimer ainsi des intérêts bassement matériels. Votre père est mort au nom du massacre des riverains, mais aussi des nordiens. Au nom de ce que mon royaume représente, de sa Foi. Dites que nous commémorons la mémoire d’un homme qui s’est érigé en défenseur de la concorde religieuse et du Conflans, des Anciens dieux et des riverains, et vous obtiendrez le cocktail suffisant pour faire adhérer chacun. Les vôtres ont besoin de héros, de martyres pour les inspirer dans ce combat. Les nordiens, de voir que leur destin est uni à celui des riverains. Nous pouvons organiser une cérémonie œcuménique, où soit vous, soit un septon soigneusement choisi parlera, puis un nordien, comme nous n’avons pas de servants dans notre foi. Et rédiger ensemble un texte, trouver un titre porteur … »

Bowen réfléchit un moment.

« Cérémonie de l’Unification ? Un prélude aux alliances plus étroites que nous serons menés à entretenir. »

Il le regarda, et soupira :

« Je pense que votre père mérite d’être parmi ceux que l’Empire traitera avec respect dans sa mémoire. Qu’il peut être le point d’appui pour réellement parvenir à une entente, en prouvant qu’au-delà du ressentiment, des différences … Nous partageons malgré tout des valeurs communes, des ennemis communs. »

Doucement, il ajouta :

« Montrer un peu d’émotion n’est pas une tare. Cela permet parfois … De se souvenir que les nobles, les rois, sont aussi humains. Il faut juste savoir … se modérer.

Quand nous serons arrivés cette nuit : isolez-vous. Dites que vous désirez prier. Et … prenez du temps pour … extérioriser. Même si cela est plus aisé l’épée à la main face à l’ennemi. »


Avant de sortir, il conclut :

« On ne naît par Roi, on le devient. Même les Princes apprennent. Vous saurez un jour le ressentir comme tel, autant que vos hommes peuvent le ressentir. »

Une fois sur son cheval, il attendit, adressant un regard sévère à ceux qui fixait l’endroit qu’il venait de quitter avec insistance. D’un ton sec, il en rappela certains à leurs devoirs, soucieux d’alléger un peu le fardeau du Tully, quand bien même ce dernier devrait le supporter encore un moment. Et de son expérience, rien n’était pire que cette pitié commune, cette curiosité malsaine. L’homme s’approchait, clairement touché, regardant autour de lui, et remarquant le manège des soldats autour.

« Oui, ils savent. »

Pas besoin d’en dire plus.

« La culpabilité ne partira jamais. J’aimerais qu’il en soit autrement, mais ce serait un mensonge. D’abord elle sera ce poids oppressant, qui oblitère tout. Puis un feu liquide, une rage brûlante. Et enfin, une douleur sourde, toujours derrière vous, comme une ombre.

A vous de faire en sorte qu’elle ne vous consume pas. »


Ses yeux se perdirent dans le lointain, vers le Nord … Vers son foyer. Son poing se contracta violemment :

« Il faut apprendre à vivre pour les vivants, et non les morts, ne pas se laisser hanter. Parce que sinon, ils vous tueront. »

Sa gorge se contracta douloureusement :

« Il faut apprendre … à tout reconstruire. »

Il pensa à son père, à cet homme qui s’était laissé vaincre par un chagrin ineffable.

« Se trouver … De nouveaux objectifs. J’ai dû trouver une épouse, reconstruire mon fief … A votre échelle, vous avez d’autres possibilités. »

Il inspira, sa main se détendant imperceptiblement :

« C’est à vous de trouver ce qui … conviendra le mieux. Et avec le temps … La douleur sera toujours présente, mais douce-amère. Elle vous forgera. Mais peut-être qu’elle sera aussi là pour vous pousser à ne jamais renoncer. »



Through the darkness, we shall survive et rise again, stronger, because we are the Iron Fist, and we strike the ennemies of the North.




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