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Entre vie et mort, Be Good Wayfarer - Torrhen
MessageSujet: Entre vie et mort, Be Good Wayfarer - Torrhen   Sam 12 Aoû - 11:17



Be Godd Wayfarer
Entre vie et mort.

    La lune était haute. Presque solaire, si les nuages ne passaient pas leur temps à la cacher. Le fond de l'air était frais, la brume tapissait les sols boueux par endroit. Tout semblait calme, comme si le voile de la nuit avait imposé son silence. Même les animaux n’osaient poser leurs pattes autour du campement impérial. L’eau coulait tranquillement de l’autre côté du campement, sans que rien ne la trouble. Pourtant, tous n'étaient pas si endormis et paisibles que ça. La nature semblait avoir déjà oublié les affrontements qui s’étaient tenus une petite dizaine d’heure auparavant. Mais si l'on s'approchait de la tente du fond, si l'on s'en approchait assez pour se retrouver qu'à quelques mètres de là, la lumière fébrile des bougies n'étaient pas le seul signe d'agitation. Des chuchotements, le cliquettement des ustensiles, quelques gémissements, de nombreux soupirs, et d'autres bruits bien peu ragoutants. Certains se reposaient, mais là où le mestre s'affairait, on ne pensait qu'à garder les yeux ouverts pour ne pas pousser le dernier souffle de vie qu'abritaient les poitrines.

    J'avais passé les dernières semaines à appréhender les retours des troupes. A chacun des combats que j’accompagnais désormais à l’arrière du front, mon cœur s’effrayait de voir arriver l’armée impériale plus ensanglantée que jamais. Mon caractère pacifiste laissé de côté depuis bien longtemps maintenant, je n'attendais même plus la fin des combats, bien trop stressée par la concentration et la précision que me demandait mon statut en ce moment. Les manières n'avaient pas lieu d'être alors que toute une armée se chargeait du destin de nos régions, et revenait ensanglantée du front. J'avais dû développer un courage que mon entourage ne me connaissait pas encore, et duquel moi même je ne m'en pensais pas réellement doté. Je me rappelle d'ailleurs de l'expression de surprise, aussi bien sur le visage de mon père que sur celui de Rhaenys, lorsque j'avais évoqué l'idée de partir accompagner l'armée des dragons sur le front dans le Conflans, afin d'apporter mon aide aux mestres présents pour soigner les blesser. D'où m'étais venue cette idée glauque et presque saugrenue ? Nous en revenons toujours à la même chose ; ma cousine. D'ailleurs, j'avais eu le bonheur d'observer une évolution dans son comportement vis à vis de moi depuis le début de mon engagement. L'idée était de racheter sa confiance et de lui prouver ma bonne volonté, je pensais réussir à l'impressionner. Et mes prouesses d'infirmières n'étaient pas ma seule arme pour y arriver. Faire bonne figure auprès de son époux était aussi l'une de mes stratégies pour récupérer ma place dans le cœur de ma cousine.
Il entrait d'ailleurs à l'instant dans la tente où je me tenais jusqu'alors. La barbe emmêlée, la silhouette encore recouverte de quelques plaques de boue ayant échappées à une première toilette, il s'intégrait à la perfection dans la scène qui était en train de se dérouler autour de moi. Cela faisait maintenant un temps incalculable que nous nous débattions avec les blessés. C'était d'ailleurs impressionnant comme l'écoulement des secondes, des minutes, des heures, semblait s'arrêter lorsque la concentration était telle que le monde se devait de s'immobiliser. Lorsque les premiers soldats étaient arrivés, nous n'avions plus eu le temps de laisser une seule seconde de répit à notre esprit, à nos doigts, à tous nos sens réunis. Certains n’avaient que des blessures superficielles, d’autres étaient au bord de l’agonie. Un en particulier nécessitait toute notre attention ; Conrad Omble était dans un état pittoresque. J’en avais vu, depuis le début des combats, bien amochés, baignant dans une marre de sang, ne pouvant plus pousser le moindre cri tellement la douleur leur avait déjà arraché les cordes vocales. Mais Conrad Omble était tout simplement entre la vie et la mort.

    Accompagner le travail d’un mestre n’était pas tâche aisée, mais on apprenait beaucoup. Depuis le début de ma mission, j’avais progressé sur tous les plans. Et je n'en étais pas peu fière. Néanmoins, certaines situations étaient plus difficiles que d'autres. Lorsque Torrhen Braenaryon entra, je me glaçais un instant sur place. L'homme que nous étions en train d'essayer de stabiliser une nouvelle fois était son ami, comme un frère, il nous avait bien fait comprendre l'importance qu'avaient les soins que nous devions lui administrer, et la pression n'en était que plus grande. L'appréhension se lisait dans ses yeux fatigués, mais il gardait une posture impériale qui n'avait cesse de m'impressionner. Je m'avançais néanmoins vers lui, laissant le mestre à sa tâche afin d'informer le souverain sur la situation.

Je suis navrée, son état n'est toujours pas au mieux mais nous faisons tout notre possible.

Je faisais de mon mieux pour camoufler de l'espoir dans ma voix, mais je savais également que nous avions eu beaucoup de blessés à soigner au retour de Wayfarer. La fatigue se faisait sentir, pour nous comme pour Conrad Omble.

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MessageSujet: Re: Entre vie et mort, Be Good Wayfarer - Torrhen   Mer 16 Aoû - 21:15

Je transpire à grosses gouttes sous mon armure, sous les épaisseurs de cuirs et de mailles. La troupe de cavaliers est partie vers l’ouest, sous Karstark. L’autre vers le Nord. Chacune pousse à coups de lances des prisonniers ennemis par dizaines. J’ai planté le premier clou, lorsque j’ai énoncé la sentence. Ces hommes sont venus en ce pays pour mourir au nom de leur Foi, de leurs Dieux. Grand bien leur fasse ; j’allais exaucer l’un comme l’autre de ces vœux. L’homme que je poussais devant moi, épée d’un de mes gardes contre les reins pour lui intimer l’avancée, n’était qu’un jeunot. Un type avec des tâches de rousseur, tout cramoisi, tout pleurant et tout couvert de transpiration et du sang de ces camarades. Ce vougier a été retrouvé parmi les piles de corps piétinés par la charge sur le centre ; il suffoquait sous le poids de ses camarades brisés par la chevauchée et par ses terribles cavaliers. Il pleurait et implorait la pitié. La même qu’il avait refusée aux hommes d’armes Tully dix jours plus tôt. Ils faisaient plus les malins à cette époque, ces fichus fanatiques. Le jeune homme gémissait et sanglotait alors qu’on clouait deux tronçons de bois trouvés dans la ferme la plus proche, qui avait abrité des tireurs ennemis pendant la bataille.


Une fois les planches clouées, on fit coucher l’homme sur le tronçon principal et on m’avançait mes outils, tandis que des cavaliers nordiens et peyredragoniens, sous la surveillance de ma Garde, maintenaient bras et jambes du jeune croisé. Le premier clou, large comme deux doigts, s’enfonça profondément dans la chair de sa paume. Il cria alors, se démena, mais sentant sa peau se déchirer et ses muscles frotter contre le lien d’acier, il finit par se calmer alors que j’attaquais l’autre main. Arrivé au mollet, il hurla de plus belle en sentant l’os du tibia se rompre. Au dernier clou, il ne criait plus du tout. Il gémissait et sanglotait, se saignant dessous et mêlant sang et larmes à ses plaintes d’enfant salement puni pour ses actes.


Il se remit à hurler de douleur lorsque la croix fut tirée verticalement. A chaque fois qu’elle se redressait, par à-coups, les plaintes se firent de plus en plus misérables, jusqu’à se taire totalement. Je me tournais vers un officier de Peyredragon.



| Occupez-vous des autres. |


Salut de la tête. Le message envoyé aux Lannister serait impossible à nier de leur côté. Ceux qui attaquent les royaumes fédérés de l’Empire en paieront le prix. J’ai lâché loups et dragons sur cette valetaille et le festin de sang fut grand pour ces meutes déchaînés. J’avais accompli ma macabre besogne, ce supplice horrible pour mes prisonniers, pour plusieurs raisons. La première était par pure vengeance ; ces hommes avaient infligé un véritable affront à l’armée Tully. Le geste était également politique, aussi bien pour les Lannister que pour mes alliés, pour les neutres, pour mes autres ennemis. Enfin, le message était un défi personnel envoyé à Harren Hoare. Viens par ici, mon cher vieil ennemi. Que l’on s’étripe enfin comme nous le devons depuis tant d’années. Je donne des ordres jusque la nuit tombée. Protection du camp. Reconnaissance vers le sud. Surveillance du fleuve. Empilement des corps dans une fosse commune derrière le verger. Je ne vois pas les heures passer mais je les ressens ; je suis éreinté, sous cette couche de sang et de crasse qui me recouvre depuis que j’ai raccourcis ce Lord Serrett en combat singulier, depuis la Grande Charge de l’après-midi. Alors qu’il fait nuit noire, je ne peux plus que me rendre à l’évidence ; j’ai assez longtemps évité le chevet de Conrad et il ne reste plus la moindre tâche qui pourrait m’accaparer en vue d’éviter de penser au triste état de mon plus vieil ami, mon presque-frère de toujours. Le seul à n’avoir été ni tué ni félon durant toutes ces années. Je finis par rentrer dans la tente, sans être passé par la case nettoyage. Si je commence à retirer mon armure, je m’endormirais aussi sec. Son poids me force à me concentrer sur mes pas. Je retire mon casque en me rapprochant des blessés sous la tente. Je distribue quelques mots, quelques tapes sur l’épaule de ceux que je reconnais, vante la bravoure de ceux que je ne connais pas. Je m’avance un peu plus et reconnais la jeune cousine de mon épouse ; elle semble éreintée, et aussi pétrifiée en me voyant. Le mestre reste concentré, et la jeune dame ne me conforte guère sur l’état de Conrad, que je devine derrière elle grâce à sa silhouette massive, bien que même d’ici il semble terriblement affaibli. Je reporte mon regard sur la jeune femme.


| Ne soyez pas navrée, vous n’y pouvez rien. Le Sénéchal du Nord a toujours été au cœur des combats, en pointe de toutes les charges. Il a enfoncé les rangs ennemis aujourd’hui. Et j’ai renvoyé auprès de ses créateurs son bourreau. Faites ce qu’il faut toutefois pour qu’il reste en vie. Il refusera les soins s’il sait que cela doit lui coûter sa vigueur, ses membres ou son allure. Si c’est le cas, ne l’écoutez pas ; je vous autorise à faire tout ce qu’il faudra pour qu’il s’en tire, est-ce bien clair ? |


Je n’attends pas vraiment de réponse. Quand on est Roi et a fortiori quand on est Empereur, même les questions sont des ordres. Je dévisage un instant la jeune femme. Elle ressemblait un peu à Rhaenys, tout en étant radicalement différente.


| Vous avez l’air exténuée ; ne devriez-vous vous reposer ? Les blessés semblent être entre de bonnes mains et les vôtres, ma Dame, ne vont plus tarder à trembler si vous ne tenez pas debout. |






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