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A l'air Frais [Tour IV - Terminé]
MessageSujet: A l'air Frais [Tour IV - Terminé]   Mar 8 Aoû - 18:30


« Dorne réclame vengeance ! »
« Dorne réclame sécurité Lord Santagar, une guerre n'est pas une chose aisée à faire. »
« Assassiner une princesse non plus. »

Dared se retourna, fulminant contre le vieux seigneur prudent avec lequel il discutait. Certain pensaient qu'il fallait mieux temporiser. Dared n'était pas pour. La guerre était une nécessité, le Bief avait fait assassiné l'ancienne princesse ! Pourtant aujourd’hui les Dorniens étaient ici, à célébrer le mariage de la Princesse Deria. Bien entendu, il fallait jurer loyauté. Bien entendu, elle décidait. Mais pourtant il était de leur devoir de lui faire comprendre que le peuple, que Dorne criait vengeance.

Le Santagar fit quelques pas vers la table du buffet, il y attrapa une coupe de vin qu'il commença à boire tandis qu'il repartait. Si plusieurs nobles étaient d'accord, d'autre beaucoup moins. Comme celui avec lequel il venait d'avoir une discussion pour le moins agité. Il était sans doute sage, mais ce n'était pas vraiment cette sagesse que Dared recherchait aujourd’hui. Il avait toujours été impulsif. Enfin bon, il avait déjà bien assez parlé politique pour la journée.

Le chevalier de bois-moucheté descendit rapidement sa coupe de vin, comme pour se calmer suite aux débats qu'il venait d'avoir. Il plongea son regard dans la foule autour de lui. Des chevaliers, des seigneurs, des dames, tout ce qu'il faut pour connaître tout le plus haut gratin de Dorne. La moitié d'entre eux ne sont qu'une bande de lâche préférant le confort des murs d'un château à la réalité de la guerre, quand bien même ce soit leur rôle.

Le Santagar se retourne en soupirant, il fait quelques pas et s'éloigne du cœur de la réception. Il salue une dame, il ne se souvient même plus de son nom de famille. En tout cas elle semble ne pas avoir de cavalier à en juger par le regard méfiant du vieil homme à ses côtés... Ou bien est-ce encore autre-chose... Par les sept, ce serait encore pire. Chassant tout réflexion sur ces personnes de sa tête Dared quitte la salle, s'exilant sur un blacon depuis lequel il fixe la capitale Dornienne.

Ce genre de réceptions sont réellement ennuyantes à suivre. Il fixe la ville plus loin. Lanchélion reste une ville magnifique, quand bien même nulle beauté n'égale celle de Bois-Moucheté pour le Santagar. Dared fait quelques pas en observant les lueurs en bas, cherchant à chasser les émotions d'une soirée déjà trop irritante pour lui. Il est interpelé par quelqu'un qu'il n'avait pas vu quelques instants avant, ou tout du moins à qui il n'avait pas fait attention.

« Robb? »

Le jeune chevalier de la maison Dayne est ici aussi, il semble peut-être un peu moins lucide que le Santagar. Dared esquisse un mince sourire en observant le jeune homme croisé il y a quasiment douze ans, par hasard, lors d'un tournoi à Lanchelion. Puis quelques années plus tard lors de combats contre des Bieffois à la frontière. Le Santagar se pose sur le garde-fou du balcon et dévisage l'épée du matin.

« Et bien. La soirée semble t'avoir réussi Ser Dayne ? »

Un peu amusé le Santagar laisse une pointe de moquerie dépasser de sa phrase.
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MessageSujet: Re: A l'air Frais [Tour IV - Terminé]   Mer 16 Aoû - 19:09

Ivre, Robb l’était assurément. Pas au point de perdre conscience ou de ne savoir ce qu’il faisait, mais il ressentait à merveille cette douce sensation de chaleur se répandre à travers tous ses membres, irriguant son épaule tout juste guérie d’une vigueur nouvelle qui était tout sauf désagréable. Surtout, il sortait d’une chambrée en accorte compagnie, et la sensation de se vider la tête – ainsi qu’une autre partie de son anatomie …- de tous ses problèmes ou pensées désagréables lui donnait l’impression d’être sur un petit nuage. Vraiment, la soirée était aussi belle que possible, du moins autant qu’elle pouvait l’être quand votre maîtresse épousait un peyredragonien de basse extraction, pour sceller une alliance décriée et passablement fluctuante … Surtout quand Dorne avait besoin d’aide, en fait. Clairement, la Flotte de fer continuait de s’en donner à cœur joie, coupant la principauté du reste du monde et coulant peu à peu son commerce. Non pas que le Dayne s’y intéressât par goût politique ou économique, il était à mille lieues de ces considérations … Mais il connaissait suffisamment de tenanciers de Lancehélion depuis presque deux décennies pour ne pas avoir ses contacts et ses petites habitudes, encore moins pour ne pas les entendre se plaindre des conséquences d’une guerre qui appauvrissait lentement mais sûrement la bourgeoisie entreprenante de la contrée du Soleil, ainsi que sa noblesse commerçante.

Bref, les perspectives militaires n’étaient pas au beau fixe, et son départ avec Anders pour les Météores dans quelques jours n’y changerait strictement rien. Peut-être arriveraient-ils à retenir l’ennemi suffisamment longtemps pour ralentir sa course vers l’intérieur des terres … Leur sort était entre les mains des dieux … et de leur ingéniosité. A voir si ce serait suffisant … Ce dont le jeune homme doutait fortement. Cette journée était donc sans doute sa dernière occasion de ripailler, de boire à foison et de courir le jupon à satiété. L’approche du combat le rendait moins tempéré que d’ordinaire car contrairement à la légende urbaine que s’amusaient à colporter certains, l’Epée du Matin n’avait plus les emportements de sa jeunesse, à descendre un tonneau seul avant de s’enfiler plusieurs catins en une nuit jusqu’à ce que son vît menace de tomber et que son corps crie grâce. Depuis sa visite en Orage et ce moment où il avait commis l’irréparable avec son propre sang, depuis son voyage en Essos où il avait tant mûri, sa rage de tout tenter s’était muée en un épicurisme de bon vivant, qui aimait profiter des bienfaits de l’existence sans pour autant se livrer à des réjouissances par trop dionysiaques. Il ne se laissait aller à quelques excès que pour des occasions spéciales, ou pour soigner la mélancolie qui l’assaillait parfois. Aujourd’hui ne dérogeait pas à cette règle, et la compilait même pour l’occasion.

Il avait revêtu ses plus beaux atours, souri, applaudi, lancé forces plaisanteries grivoises sur la virilité du marié et sur les dons de la mariée, qu’il connaissait au demeurant fort bien, le tout lui arrachant en silence un certain amusement. Puis il s’était juré de profiter à fond de ses derniers moments d’insouciance, alors, n’ayant pas trop abusé de la boisson la veille en compagnie des frères Martell et de l’heureux époux, contrairement à Roward et surtout Anders qui affichaient des mines assez pitoyables, il s’était considérablement rattrapé, braillant pour mettre en perce les meilleurs fûts des caves de Lancehélion, chinant un peu partout des morceaux de viande ou de poisson copieusement assaisonnés d’épices, à la mode dornienne avant de tenter de se faire éclater la panse, tout en lançant des œillades enflammées à quelques naiades qui lui avaient répondu avec entrain. Il avait trouvé une Poulet fort à son goût, et la damoiselle peu farouche l’avait entraîné dans les recoins du palais pour une danse endiablée qui l’avait laissé pantelant, et encore plus ivre qu’il ne l’était déjà, quoique de façon fort différente.

Pour autant, revenu dans la salle principale, il sentit sa vue se brouiller, et comprit que de telles libations avaient un coût. Jamais ses frères ou Deria ne lui pardonneraient de s’évanouir à un mariage princier, aussi Robb avait eu encore assez de lucidité pour se glisser sur un balcon et respirer l’air légèrement plus frais du soir, qui battait agréablement ses tempes, suffisamment en tout cas pour commencer à le dessaouler. Du reste, il avait ainsi une vue parfaite pour observer les grandes victoires et petites avanies de ce genre de soirée. Quand il vit Dared Santagar s’extirper d’une conversation apparemment houleuse avec un vieux croûton qu’il ne reconnaissait pas de dos, faute d’un blason sur ses vêtements et s’avancer dans sa direction, il le héla, avant de le voir arriver vers lui, répondant à son appel, non sans une pointe d’ironie qui glissa sur le Dayne complètement.

« Comment ne serait-ce pas le cas ? Un mariage princier à célébrer, la guerre pour seul horizon, et des filles et du vin à foison, voilà qui est à même de combler le plus froid des hommes ! »

Lui tendant le verre qu’il avait encore à la vin, et toujours plein, il lui rétorqua finalement avec un air goguenard, mais sûrement pas méchant :

« Allons, tu devrais essayer de profiter un peu aussi, tu verras, le vin est bon, un vrai dornien avec du caractère, pas cette pisse d’âne bieffoise, et en plus, la jolie brunette à la table de derrière te fixe depuis un bon moment … »

Il le savait marié, et ignorait l’état de l’union, pour autant, à Dorne, les infidélités étaient monnaie courante, surtout au bout d’un moment, quand les enfants étaient nés et que chacun vaquait à ses occupations. L’essentiel était d’avoir l’accord de l’autre, car tromper son conjoint sans cela était considéré avec un certain dédain. Même chez les libéraux dorniens, il y avait des limites à respecter ! Et puis, la plaisanterie grivoise était de rigueur pour une noce, après tout. Autant tout de même dire clairement ses intentions, ce qu’il fit avec un grand sourire :

« Je plaisante ! Enfin non, elle te dévore des yeux, ça, c’est vrai. Mais si ta femme est dans le coin ... »

Il laissa sa phrase en suspens, son sourire s'adoucissant délicatement, invitant son vis-à-vis à parler, si le cœur lui en disait.
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MessageSujet: Re: A l'air Frais [Tour IV - Terminé]   Dim 27 Aoû - 20:42


Robert répondit à Dared sans souligner la petite moquerie du Santagar. Il semblait profiter de cette cérémonie pour ce qu'elle avait à offrir, de l'alcool et des femmes. Dared esquissa un petit sourire tandis que Robert mettait en avant ces points, ainsi que la guerre approchant à grand pas. L'héritier de Bois-Moucheté perdit son sourire sur l'instant. La guerre approchait, pourtant tout ce qu'ils trouvaient à faire était parler.

Parler, parler et encore parler. Ils l'avaient pourtant bien trop fait auparavant. Ils auraient dut partir à en guerre depuis le début. Il est évident que la chose n'était pas simple à décider, mais elle devait être décidée. Dared était sur de lui et de la capacité de Dorne à vaincre. Il était certain que nul ne pouvait défaire ceux qui se battaient avec justesse et noblesse. Le Santagar avait toujours été droit dans ses bottes, il ne se voyait pas échouer et ne l'imaginait pas.

« Il faut plus que cela pour combler certains Robert. Mais c'est suffisant pour faire oublier les malheurs d'un jour à nombre d'entre eux. »

Il glissa son regard jusqu'à son ami, puis saisit le verre que le Dayne lui tendait. Le remerciant d'un geste de la tête. Dared ferma les yeux, laissant le vent caressait son visage tandis qu'il chercher un peu de paix et de courage pour les batailles à venir. Il porta à son bouche le verre et prit une gorgée tandis que Robert reprenait la parole. Dared se retourna vers lui et l'écouta calmement.

Celui-ci conseillait au Santagar d'en profiter. Il vantait les mérites du vin et attira à l'attention du Santagar la présence d'une brûne, le fixant apparemment depuis quelques temps. Dared ravala son sourire et secoua passivement la tête de gauche à droite, peu de personnes lui en voudraient d'aller voir ailleurs, mais il nourrissait encore et toujours des rêves d'enfant d'amour comme conté dans les légendes.

Dared reprit une longue gorgée du vin avant de faire quelques pas et de jeter un coup d'oeil à la femme signalée par Robert. Il reste quelques secondes planté sur place avant de se retourner vers son ami, l'air amusé par les remarques de celui-ci.

« Le vin est bon. Aucun doute. Mais j'aime bien avoir les idées claires en permanence, ce n'a pas l'air d'être son cas à elle. »

Il reprit une gorgée. Certains en profiteraient, lui non. Ce n'était pas dans ses habitudes. Et encore moins dans l'instant présent. La guerre pour laquelle il avait milité arrivait. Une fois qu'il serait de retour à Bois-Moucheté, il prendrait la tête de ses troupes pour suivre les Martell à la guerre, la vraie maintenant, non plus de simples combats comme il avait vu avant. Il chassa ces idées de sa tête et reporta son regard sur Robert, qui reprenait la parole.

Il plaisantait, enfin, il confirmait qu'elle observait avec attention Dared. Le cadet Dayne finit par demander si Lady Santagar était dans les environs, ce qui bien sur pouvait changer l'envie ou non d'engager avec la jeune brune. Dared sourit un coup avant de répondre, secouant doucement sa tête de gauche à droite.

« N'est-ce pas là un point privé ? Enfin, non. Elle est restée à Bois-Moucheté, il faut bien quelqu'un pour gouverner et veiller sur ma fille lorsque je m'en vais parlementer avec quelques vieux nobles et rire de quelques jeunes hommes. »

Dared fit un court signe désignant l'interlocuteur avec lequel il avait une discussion mouvementée quelques instants avant pour faire un exemple de vieux noble, n'en indiquant aucun lorsqu'il parlait de jeunes hommes.

« Au final je ne suis que de passage ici, je n'ai pas vraiment le temps de prendre la virginité de chaque brunette ici. »

Il retrouva son sourire et fit quelques pas, déposant la coupe de vin vide sur une table proche, venant se poser sur la rambarde, perdant son regard à travers les lumières de la ville.

« Je partirais demain. On a une guerre à mener après tout. Peut-être est-ce le moment de rendre mémorable la soirée, ou bien simplement celui de se préparer au conflit à venir. »

Il fit une pause, puis reporta son regard sur le Dayne.

« Tu me sembles déjà bien prêt non ? »
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MessageSujet: Re: A l'air Frais [Tour IV - Terminé]   Mer 30 Aoû - 20:17

« A trop être exigeant, on finit par pisser froid. »

Robb Dayne, ou la philosophie dans toute sa splendeur ! L’Epée du Matin était un homme simple à contenter, cela, il l’admettait volontiers. Manquant totalement d’ambition, dénué de vénalité ou d’avarice, peu porté sur les questions d’honneur familial à n’en plus finir, désintéressé par les joutes de l’esprit, rien ne le ravissait plus en ce monde que la nourriture et les plaisirs. Panem et circenses, comme on disait dans l’ancienne langue. Certains caricaturaient cette vie indolente en le peignant comme un débauché sans autre but que celui dicté par son vît. Ce n’était pas dénué d’un fond de vérité, mais pas totalement fidèle à la réalité non plus. Au fond, très tôt, autant par goût que par envie de ne pas s’aventurer sur des chemins tortueux, le garçon avait fui les moments les plus complexes de son existence. Une relation amoureuse prenait un tour sérieux ? Il coupait les ponts, parfois sans beaucoup de délicatesse, autant l’avouer. Une discussion se révélait profonde ? Il bottait en touche. Il fallait réfléchir à la politique ? Il fuyait. Il y avait des exceptions bien sûr, mais il les réservait soit à ses proches, soit à ses accès de colère ou d’ivresse. Sans doute fallait-il voir dans ce portrait d’homme serpentant entre les responsabilités la marque d’une enfance passée dans l’ombre d’aînés accaparant toute l’attention au sein d’une famille déchirée entre la fidélité filiale et le devoir, puis comme otage à Lancehélion. Pupille certes. Mais enfin, le terme avait une autre signification, et tout le monde le savait. Alors, oui, pour se décharger de ce qu’il abhorrait, il avait feint l’ennui, avant de l’éprouver tout à fait. Pour ne jamais être déçu ou blessé, il arborait le masque du stupre stupide, quitte à ouvrir des plaies chez les autres … Pas chez lui. L’égoïsme, voilà peut-être ce qui le caractérisait quand on venait aux difficultés. Le guerrier virulent qui ne rechignait pas à la bataille n’aimait guère la confrontation … Ce qui lui jouait souvent des tours, car à laisser sa colère bouillonner, les éclats qui en ressortaient au moment le moins opportun n’étaient généralement que plus terribles encore.

« Et nom d’un scorpion, appelle-moi Robb comme tout le monde ... Crénom, j’ai l’impression d’être mon grand-oncle quand tu m’appelles Robert … »

Le Dayne avait toujours détesté son prénom. Quelle idée de lui renvoyer constamment à la face un modèle qu’il n’égalerait jamais ? Oh certes, il était sans doute le seul à connaître les secrets que la précédente Epée du Matin avait caché pieusement tout au long de son existence, pour autant, aux yeux de tous, le vieil homme avait toujours été un modèle de vertu … terme que personne n’aurait songé à accoler à son petit-neveu, et à raison. C’était comme si, excédés par cette énième naissance, ses parents avaient fini par manquer d’inspiration … En même temps, il fallait être honnête : une fille puis trois garçons, à Dorne, cela faisait trop. Surtout pour sa mère, sans doute, sûrement même : comme beaucoup d’unions, celle des parents Dayne manquait d’amour, et une fois que Lady Ingrid avait estimé son devoir définitivement fait, elle avait interdit l’accès de sa chambre à son cher époux, qui n’avait pas manqué de se consoler en pondant une bâtarde quelques années plus tard. Robb avait d’ailleurs toujours soupçonné le manque d’amour maternel dont il avait souffert de n’être que le reflet d’une grossesse très clairement non désirée. Enfin, là n’était pas la question …

« Mais si, mais si … Le vin fait simplement ressortir tes qualités, voilà tout ! »

Dared expliqua que sa femme était avec sa fille, rappelant au Dayne qu’en effet, l’homme était père de famille. Diantre, que cela lui semblait loin ! Il n’avait jamais connu cela et pour cause : n’avoir jamais été marié diminuait les risques ! Quant à ses maîtresses … Beaucoup étaient des prostituées, qui auraient eu bien du mal à définir qui était le paternel de leur progéniture, et le garçon avait toujours pris quelques précautions. Quant aux autres … Aucune n’avait jamais rien dit. Pourquoi l’auraient-elle fait, quand leur mari était bien content d’avoir un gamin ?

« Etrange … J’ai toujours préféré faire l’inverse. Question de caractère. »

Taquin, Robb l’était, même s’il n’oubliait pas les bonnes manières, ou du moins la sollicitude la plus élémentaire :

« Quel âge a ta fille maintenant ? Pas d’autres héritiers en route ? »

Revenant à l’objet de leur précédente discussion, décidément fort avenant, le Dayne ajouta, espiègle :

« Pourquoi, tu préfères les blondes ? »

Avant de coller une solide tape dans le dos de son camarade, faisant légèrement tanguer son verre sous l’assaut :

« Tant pis, ça en fera plus pour moi ! »

Malgré les plaisanteries, la guerre était dans toutes les têtes, et Dared se chargea, impitoyable, de le rappeler. Voilà qui avait de quoi dessaouler le plus rond des hommes. Robb haussa néanmoins les épaules à sa question : pouvait-on jamais être prêt pour la bataille ? Il ne le pensait pas. On pouvait se préparer au mieux certes. Mais il y aurait toujours des impondérables. Au moins était-il suffisamment remis pour partir.

« Mon épaule est enfin guérie, donc je suppose que oui. Au moins, je peux à nouveau porter un bouclier correctement.

Je partirais dans quelques jours avec Anders Martell pour les Météores. J’aurais préféré le faire plus tôt mais … avec un bras ballant, j’étais totalement inutile, de toute manière. Au moins, j’ai pu assisté au mariage de ma nièce puis à celui de notre Princesse.

Tu pars vers où ? Dans les Montagnes, je présume ? »
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MessageSujet: Re: A l'air Frais [Tour IV - Terminé]   Sam 2 Sep - 15:03

Dared ne put se retenir de lâcher un petit rire en entendant la philosophie de son amis. Robb était de ceux à qui il fallait très peu pour être contenté. Tant mieux pour lui, la situation était un peu plus compliquée pour le Santagar, exigeant envers lui-même il n'avait toujours pas vraiment d'idée de ce qu'il voulait vraiment, une partie de lui aspirait encore à devenir le chevalier idyllique dont les contes parlent, celui qu'il rêvait d'être jadis.

Une autre partie ne lui demande qu'être un chevalier honorable et remplissant son devoir en toute circonstance, même si cela signifie faire quelque chose qu'il n'aime pas et pour lequel il est loin d'être doué, quelque chose comme diriger. A en croire la situation actuelle ce deuxième point a gagné de loin, malgré son inimitié avec la politique et le gouvernement le voilà agissant comme seigneur de Bois-Moucheté depuis une dizaine d'année.

Robert, ou plutôt Robb reprit. Il semblait ne pas vraiment vouloir que l'on l'appelle Robert, prétextant qu'il avait l'impression d'être son grand oncle dans ce genre de situations. Le Santagar eut un petit rictus tandis que le Dayne lui demandait de l'appeler par son surnom, comme tout le monde. Dared haussa les épaules sans quitter son rictus, puis il se tourna et fit face au Dayne avant de répondre le plus calmement possible.

« Bah... Ce n'est pas si mal. Il y a beaucoup de gens à Dorne qui devrait prendre exemple sur ton grand-oncle. »


Dared fit une pause, de ce qu'il en savait son grand-oncle était un chevalier d'exception et un modèle de vertu, le genre d'homme que Dared respectait de tout son cœur et aimerait pouvoir rencontrer.

« Donc prends plutôt ça comme un compliment non ? »

Peut-être pas, après tout Robb n'avait pas vraiment toute la vertu que son ancêtre possédait. Enfin, il n'est jamais trop tard pour insister sur ce genre de choses, avec un peu de chance il allait pouvoir devenir comme son aïeul un jour, il y avait encore du chemin à parcourir en revanche. Beaucoup de chemin. Mais naïf de nature Dared avait bon espoir qu'un jour ou l'autre Robb finisse par trouver sa voie jusqu'à la vertu.

Robb continua à plaisanter sur l'effet du vin, puis sur le rôle des jeunes et de vieux nobles ici. Si Dared prétendait discuter avec les vieux et rire des jeunes, Robb prétendait faire l'inverse. Dared haussa calmement les épaules vanta de répondre.

« Hélas il y a toujours à apprendre des vieux. »

Robb revint un peu sérieux quelques instants, interrogeant l'héritier de Bois-Moucheté sur l'âge de sa fille et sur une éventuelle autre succession. Dared se crispa un peu, le sujet était sensible. Il ne ressentait aucun amour pour sa femme, maintenant qu'il avait une héritière il lui semblait bien moins important d'accomplir son devoir, se disant toujours qu'il trouverait un jour son amour platonique.

« 7 ans. Rana va avoir 7 ans. Et non. Aucun autre enfant de prévu. J'ai déjà bien assez à faire avec une seule Santagar. »

Il tenta comme il pouvait de cacher son gêne par une maigre plaisanterie, oubliant encore de citée sa femme comme étant de sa famille. Robb reprit, taquinant le Santagar sur ses goûts, blonde ou brunes ? Dared sourit un coup, puis lança un petit regard en coin à son camarade.

« Dépend de la situation. Et de la blonde, ou de la brune. »

Puis le sérieux revint dans la conversation. Guéri Robb pouvait reprendre le combat, il rentrerait aux Météores avec Anders Martell, pour les combats à venir. Dared esquissa un maigre sourire lorsque le Dayne lui répondait, puis le demandait où il allait.

« Bah... Je suppose qu'on se croisera pas dans la guerre alors. Je vais rassembler mes hommes puis suivre le Prince Roward. Ce sera l'occasion de voir du pays dira-t-on. »
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MessageSujet: Re: A l'air Frais [Tour IV - Terminé]   Dim 24 Sep - 19:04

« Justement. C’est insupportable d’être sans cesse comparé à un homme que, pour beaucoup, je n’égalerais jamais. De n’être que le numéro deux, la comparaison. Robb, c’est … moi. Robert … Je ne sais pas … Généralement, c’est ainsi que les Martell m’appellent la Princesse ou sa sœur m’en veulent ! »

En fait, en y réfléchissant … Tous ceux qui n’étaient ni proches de lui, ni en accord avec lui l’appelaient Robert, comme si son prénom complet avait une consonnance maudite, désagréable. C’était sans doute une coquetterie, mais décidément, Robb avait toujours préféré son surnom. Il avait l’impression ainsi d’être toujours sûr que l’on s’adressait à lui, et uniquement à lui, et non pas à une forme éthérée et parfois trop lourde à porter, une sorte de parangon de vertu qu’il savait à des lieux de son propre caractère … Et même du caractère de Robert l’Ancien. Mais cela, seul lui le savait. Seul le jeune homme était au courant des turpitudes secrètes de feu son grand-oncle, de sa passion secrète et dévorante ayant cocufié joyeusement et dans le plus grand secret une noble lady des Montagnes Rouges, et ce malgré l’entente apparente des époux. Il n’y avait que lui qui avait lu les lettres pleines de jalousie et de disputes puériles d’un amant envers l’autre, leurs reproches respectifs, leurs serments d’amour, leurs discussions grivoises sur des parties à trois avec de jeunes valets qui n’avaient rien à envier à ses pires virées au bordel … Oui, il n’y avait que lui qui avait en tête la réalité complexe de ce qu’avait été l’existence de la précédente Epée du Matin, passée à mentir sur son attirance pour les hommes et son célibat pour préserver la renommée de la maison Dayne. Et souvent, ce secret lui pesait, pas parce qu’il voulait salir la mémoire de son grand-oncle adoré … Mais tout simplement car soutenir une comparaison biaisée l’agaçait. Lui au moins était honnête. Il avait ses torts, ses défauts, et les assumait pleinement à la face du monde, alors que tant se drapaient dans l’hypocrisie. Il estimait avoir le mérite d’être qui il était, fièrement, à la face du monde. Et qu’importe ce que pensaient les autres, vieux ou jeunes.

« Certes. J’ai été à suffisamment bonne école pour le savoir. Même si les jeunes aussi peuvent en apprendre à leurs aînés. On a souvent trop tendance à l’oublier. »


Vu ce que son propre frère pensait de lui … Pardi, il ne pouvait que l’affirmer. Pour Robb, chacun avait son rôle à jouer, son expertise à apporter, mais aucune génération n’était supérieure à l’autre. Ce n’était pas parce qu’on avait combattu sous d’autres cieux ou en d’autres temps que les tactiques d’antan seraient cette fois efficace. Et ce n’était pas parce qu’on avait pour soit la fougue de la jeunesse qu’il fallait en oublier la tempérance apprise avec l’âge. Le tout était de conjuguer ces forces vives de la Principauté pour en tirer le meilleur et prospérer. Après, oui, il l’admettait : rire des jeunes blancs-becs ou des vieux barbons demeurait l’apanage des fieffés gredins comme lui, et il ne s’en priverait pas, car le ridicule avait toujours exercé sur lui un attrait secret. Mais un peu de légèreté aidait, au milieu de l’inquiétude de la guerre et de la pompe des festivités princières. La vie était faite pour être vécue pleinement, pas pour ruminer dans un coin ou ronchonner sur il ne savait trop quoi. Voilà pourquoi il voulait profiter de cette soirée, avant de se concentrer sur les batailles à venir. Bientôt viendraient les cris et les pleurs, alors pourquoi ne pas profiter encore un peu du bonheur et de l’ivresse ? Il y avait un temps pour tout, finalement. Et lui le saisirait à nouveau, comme il l’avait toujours fait, parce qu’il croquait dans l’existence comme dans un fruit juteux, s’en repaissant à satiété.

« Sept ans … Une jeune Lady, dis-moi ! Bientôt, tu vas avoir des prétendants devant ta porte sans même t’en rendre compte !

Je vais surveiller mon neveu, tiens ! »

Nymor était sans doute encore un peu jeune pour cela … Encore que, lui-même n’avait guère été tardif sur la chose. Cependant, il s’étonnait que l’héritier de Bois-Moucheté ne cherche pas davantage à assurer sa lignée. Il comprenait ce choix, à Dorne, une fille et un frère, c’était ordinairement suffisant mais … Les temps changeaient. Et quand il voyait sa propre famille, Robb ne pouvait qu’avoir un jugement moins définitif.

« Barristan pensait pareil, après la mort de son épouse. Qu’un fils … C’était assez. Mais Enguerrand n’a pas eu d’enfants. Et au vu de ce qu’il se prépare … Je me demande parfois si assurer davantage un nom n’est pas plus prudent. »

Il savait parfaitement ce que cela signifiait. Qu’à terme, il était possible qu’il lui faille trouver une épouse, si son aîné persistait à ne pas convoler de nouveau. Cette perspective l’indifférait sincèrement. Peu importait celle qui se trouverait dans son lit : il aimait suffisamment les femmes pour l’honorer en dépit des circonstances, et ne rechignait guère à la besogne. Le reste … De toute manière, il n’aurait pas voix au chapitre, alors pourquoi se mettre martel en tête … Autant en rester à des légèretés non ?

« Au pire … Essaye les deux en même temps, une fois. Pourquoi choisir, après tout ? Quoique les rousses, c’est agréable aussi. J’ai connu une Tyroshie, quand j’étais en Essos… Diantre ! En tout cas, elle a beaucoup tiré de moi, je peux te l’assurer ! »

Son sourire grivois s’était élargi, tandis qu’il se remémorait cette charmante furie rencontrée lors de son voyage aux côtés de Deria … Que ce temps semblait lointain ! Pour un peu, la nostalgie l’aurait presque emporté, si la conversation n’était pas une nouvelle fois revenue sur le terrain de la guerre qui couvait. Ainsi donc, le Santagar partait pour l’Orage … Sur les terres des Durrandon, et donc de sa belle-famille.

« Tu vas prêter main-forte à ma nièce donc. Peut-être que cela changera les a priori de l’Orage sur cette alliance entre nos royaumes … Même si j’en doute un peu. »

Argella elle-même semblait oublier que du sang dornien coulait déjà dans ses veines, après tout …

« Les vieilles rancunes ne s’oublient pas si facilement. Et les nouvelles qui se créent encore moins. »
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MessageSujet: Re: A l'air Frais [Tour IV - Terminé]   Ven 29 Sep - 19:32

Robb n'aimait pas être comparé à son ancêtre, presque certain qu'il ne l'égalerait pas. Dared le laissa finir, se perdant calmement à se demander si le jeune homme avait tord ou raison. Il ne pouvait pas égaler la précédente épée du matin ? Dared en doutait. Lorsque l'héritier des météores avait rencontré le Dayne, il avait bien vite comprit que celui-ci avait un talent important. Dared haussa les épaules, puis répondit.

« Si tu passais un peu plus de temps à t'inquiéter ton devoir, tu ne l'égalerais pas. Nul doute que tu le surpasserais même Robb. Je t'ai vu démonter mon frère alors que tu n'étais qu'un gamin. Et par les sept, je doute fort que beaucoup de chevalier en soit capable. J'ai combattu à tes côtés dans les montagnes rouges et je t'ai vu au milieu d'un combat. »

Dared hésita un instant. Il avait toujours beaucoup apprecié Robb, il avait déjà tenté de lui inculquer sa propre vision de la chevalerie, sans véritable succès jusqu'ici, mais le Santagar était quelqu'un de particulièrement buté.

« Si tu prenais plus de temps pour penser et moins pour t'amuser, tu serais le meilleur chevalier qu'ait porté Westeros, maintenant que mon frère hors-course... »

Dared ravala le goût amer que faisait revenir le souvenir de son frère. Il avait abandonné sa famille et l'héritier de Bois-Moucheté nourrissait toujours l'espoir fou qu'un jour il revienne. La discussion suivit, Robb était un jeune chevalier dynamique et sa vision semblait parfois contraire à celle du Santagar. Pourtant Dared se contenta d'acquiescer, conscient que son interlocuteur n'avait pas tord sur les leçons à apprendre des plus jeunes.

Bientôt la conversation bifurqua sur la jeune fille Santagar. Robert affirma que Dared risquait de voir les prétendants arriver. Durant un bref instant Dared grimaça, non pas qu'il n'y avait jamais pensé, juste qu'il n'aimait pas du tout l'idée de voir toute une bande de vautours autour de sa fille. Le Santagar voulait qu'elle puisse grandir sans s'inquiéter de cela. La plaisanterie suivante de Robb sur son neveu lui arracha un léger sourire, puis Dared répondit.

« Bah, la porte est assez lourde pour résister à quelques prétendants indignes. Et même si par miracle ils passaient, ma femme serait encore plus dangereuse que moi à ce moment. »


Robert avoua un point commun entre Dared et le seigneur des météores, aucun des deux ne voulait plus d'enfant. Robb se demandait si cela était vraiment sage, compte tenu de ce qui risquait d'arriver. Il n'avait pas tord, mais l'âme de Dared l'empêchait d’oublier cet idéal d'amour de légende, quand bien même il doutait fort de ses chances d'y avoir un jour le droit. Il ne répondit pas vraiment, haussant les épaules sans réel conviction. Robert avait raison, mais Dared restait au fond trop idéaliste pour cela.

Pour un instant la conversation redevint plus joyeuse, lorsque Robb repartit sur les filles, finissant par évoquer les rousses et parler de l'une de ses expériences à Braavos. Le Santagar rigola un instant avant de répondre sur un ton plus calme.

« J'ai plus fais de sport d'épée que de chambre lors de mon séjour, ainsi que de la danse. »

La danse de l'eau, enfin ceux qui connaissaient comprenaient. Puis la guerre revint sur le tapis. L'orage... Dared n'aurait jamais cru combattre à leur côté. Une chance de renforcer l'alliance, peut-être...

« Je ne sais pas Robb, j'ai déjà combattu l'orage dans ma jeunesse. Ce sont de très bon combattants. Mais cela va faire bizarre de les avoir dans mon camp. Enfin. Au moins sont-ils des alliés de poids dans une guerre, je n'en doute pas une seule seconde. »

Le petit sourire qui vint orner le visage de Dared disparut en se demandant s'il croiserait à ses côtés d'anciens ennemis... Ainsi que comment serait une telle réunion.
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MessageSujet: Re: A l'air Frais [Tour IV - Terminé]   Dim 15 Oct - 19:06

Robert Dayne, dit Robb, était un homme facile à contenter, et généralement difficile à agacer. Les manigances politiques lui passaient souvent au-dessus de la tête, et il se mêlait peu de ces querelles qu’il jugeait stérile, sauf à ce qu’on lui demande son avis ou que sa tolérance ait atteint un point de non-retour, ce qui demandait un bon moment de silence contrit. Pourvu qu’on le laisse vaquer à sa guise, de fille en fille et de tonneau de vin en agneau rôti aux épices, il était plutôt connu comme étant de bonne compagnie. Taquin, rieur, rarement méchant ou malintentionné, le jeune homme n’avait pas beaucoup d’ennemis à proprement parler, hormis ceux qu’il avait pu ridiculiser un jour dans les lices ou qui l’avaient insulté trop fortement. Pour autant, il n’était pas de ceux à reculer lorsqu’il savait que ses dires allaient immanquablement heurter son interlocuteur : brave à la bataille, sur son cheval ou dans une salle de fête, l’Epée du Matin avait cette propension à énoncer promptement les faits. Après, souvent, il laissait couler … Pas la peine d’en venir aux mains quand la situation était déjà suffisamment compliquée par ailleurs. Cependant, il tenait par-dessus tout à son honneur, et gare à ceux qui l’insulteraient.

Malheureusement pour lui et leur amitié, Dared Santagar venait de froisser l’impétueux benjamin des Météores en disant précisément ce que Robb ne supportait pas d’entendre. Au moins cette passe d’armes eut-elle le mérite de le dessaouler totalement, car le regard froid qu’il adressa immédiatement au chevalier fieffé n’avait rien de celui, avenant et gai, d’un aimable soiffard célébrant un mariage princier, mais bel et bien d’un fier dornien atteint au plus profond de ses serments.

Aucun moyen n’était plus sûr pour s’attirer son ire que de critiquer son comportement en osant sous-entendre qu’il manquait à ses devoirs. Cette vision de devoir être, constamment, une sorte de modèle de chasteté et de piété l’horripilait au plus haut point, mais par-dessus, il ne pouvait supporter que quiconque remette en cause sa capacité à tenir le rôle qui lui valait de pouvoir porter Aube à sa ceinture. Il n’avait jamais failli à ses devoirs. Quand la frontière avait été menacée, il avait combattu au-devant des troupes Dayne. Quand Lancehélion avait subi, quelques semaines seulement auparavant, le raid fer-né, il avait participé à la défense de la cité, ferraillant pour donner à Anders Martell le temps d’atteindre la tour du port, quitte à y subir une blessure l’ayant laissé le bras inutilisable pendant bien trop longtemps à son goût. A peine remis, voilà qu’il devait repartir pour les Météores et défendre la cité de ses ancêtres, et ce sans aucun renfort autre que le demi-frère de la Princesse. Il n’avait jamais agi à l’encontre de ses vœux, se battant même avec son propre aîné pour éviter la maltraitance des prisonniers bieffois, n’avait jamais levé la main sur des enfants ou des femmes, exploité ces dernières, volé les pauvres … Oui, il aimait la vie. Il appréciait le bon vin et la bonne chair, il aimait les belles formes des dames, mais n’en avait jamais forcé aucune à céder à ses avances, quand il ne payait pas pour leurs services, comme tous les hommes du continent à de rares exceptions. Lui l’assumait. Fallait-il donc qu’il vive dans le mensonge comme son grand-oncle pour qu’on le respecte enfin ? En tout cas sa réplique claqua, implacable, dure, et notoirement glaciale :

« Si nous n’étions pas au milieu d’une célébration de cette importance, et qu’un esclandre provoquerait l’ire de Sa Majesté, ami ou pas, je t’aurais immédiatement jeté mon gant à la figure pour avoir osé insulter mon honneur de la sorte, en déclarant que je ne remplissais pas mes devoirs, et que, de surcroît, je faisais passer mes plaisirs avant mes devoirs.

Parce que ce sont là des paroles qui exigent réparation en vertu, sur mon honneur et celui de ma famille. »

Sa mâchoire crispée et son regard noir offraient un témoignage douloureux de l’outrage ressenti, tant Robb s’estimait profondément offensé.

« Je n’ai jamais, entends bien, jamais négligé mes devoirs. Jamais. Oui, j’aime faire honneur à la table et aux fruits de la terre, parce que j’estime que ce sont là des plaisirs simples de la vie, et que dédaigner le produit du labeur de nos paysans est faire preuve d’un mépris mal placé. J’apprécie les femmes, mais aucune ne m’a jamais détourné de mes devoirs d’Epée du Matin, pas plus que je n’ai abusé de ma position pour obtenir des faveurs indues.

J’étais dans les Montagnes lors des derniers affrontements avec les bieffois. J’ai affronté mon propre frère car j’estimais que justement, nos prisonniers devaient être traité avec honneur, et que là était notre devoir. J’étais à la charge quand Lancehélion a été attaquée, et mon épaule est là pour prouver. Et maintenant que je suis guéri, je vais répondre à l’appel de mes suzerains.

Alors non, je ne m’amuse pas. Quand, le soir venu, je suis déchargé de mes fonctions, j’occupe mon temps privé comme je le désire, sur mes deniers personnels. Et mon devoir est sans cesse dans ma tête. Je suis seulement honnête envers tous : je ne suis pas parfait, comme tout le monde. J’assume au mieux ma charge et mes serments. Je ne me racornis pas dans une posture faussée. Faudrait-il donc que je vive dans le mensonge pour satisfaire à cette pruderie qui confond chevalerie et vie de septon ? Baste de tout cela. »


Vider son sac l’avait aidé à se calmer, aussi il clôtura son coup de sang d’un simple :

« N’en parlons plus. Nous risquerions de nous détester bien rapidement, et la dissension n’est pas tolérable en ce jour de fête. »

Moyen poli de dire qu’il valait mieux ne pas le relancer. Robb était disposé à passer l’éponge, estimant que l’explication en bonne et due forme était terminée et qu’il ne fallait pas donner l’impression que deux invités dédaignaient les festivités, néanmoins, il demeurait moins joyeux qu’auparavant, marqué par ce sentiment brûlant d’injustice qui l’avait étreint et à présent parfaitement alerte, mordant même. Aussi, en parlant d’Essos, il ne put que déclarer avec faconde :

« Les deux ne sont pas incompatibles. Loin s’en faut. »

Il le regarda, avant de dire, l’air songeur :

« Ainsi, la danse a un autre adepte dans Dorne … Voilà qui est amusant. Nous sommes décidément tellement prédictibles.

Encore que celle des gladiateurs de Mereen ou des baleiniers ibbéniens mériterait bien un tel qualificatif. Ce sont parmi les plus grands guerriers, et ce qu’ils perdent en grâce, ils le compensent en ruse ou en efficacité. »


Quant à l’Orage …

« Je préfère avoir ma nièce dans mon camp qu’en face. Le changement est agréable. Maintenant, ne soyons pas dupe : cette alliance lui déplaît, et je suis sûr que son peuple borné ne nous saura aucunement gré de notre aide.

Tant que nous serons leur meilleure option et que nous serons en mesure d’assumer plusieurs fronts, ce seront de bons alliés. Après … On va dire que j’aimerais y croire. Sincèrement. »
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MessageSujet: Re: A l'air Frais [Tour IV - Terminé]   Ven 20 Oct - 20:27

La réaction du Dayne ne se fit pas attendre. Ce n'est pas sans surprise que Dared l’accueillit. Visiblement il avait vexé son camarade. Le Santagar n'était pas le plus diplomate des hommes, mais sans doute aurait-il dut se douter que le Dayne prendrait mal les insinuations de l'héritier de bois-moucheté. Cependant Dared resta stoïque, laissant le jeune chevalier défendre son honneur avec autant de hargne qu'on pouvait lui prêter.

Le se défendait, autant que se trouvait prêt à défendre par le fer son honneur si besoin est. Dared grimaça légèrement, non content d'avoir un doute sur sa capacité à défaire le jeune chevalier il n'avait pas vraiment envie de voir leur amitié se briser si facilement. Tandis que Robb faisait une pause le chevalier de Bois-Moucheté répondit calmement, tentant d'apaiser une situation qu'il s'en voulait un peu d'avoir initié.

« Je ne dis pas que tu ne remplis pas ton devoir, simplement que tu pourrais faire tellement plus. »


Dared s'arrêta, pour laisser le Dayne expliquait sa vision de sa vie. Il remplissait son devoir, ne se défilait pas, mais prenait son temps à côté pour son propre plaisir. Dared ne répondit rien, il se contenta de laisser Robb exprimer son désaccord profond sur ce qu'avait dit Dared. Au fond le Santagar ne changeait pourtant pas d'avis, c'est justement sur cette partie de plaisir que le Santagar lui reprochait des choses.

Il faisait son devoir, mais simplement son devoir. Pour Dared le but d'un chevalier était de faire plus que ce que l'on attend de lui. Le Dayne était encore jeune, peut-être était-ce là la raison. Ou bien simplement n'avait-il pas vraiment l'intention de devenir le chevalier blanc auquel tant de personnes pensaient. Lorsque Robert décida de clore là ce débat Dared acquiesça, il n'avait pas vraiment dans l'idée de hausser le ton avec un jeune après l'avoir fait avec une vieux, c'était déjà bien assez.

La discussion se recentra donc, ramenant Essos au cœur du dialogue. Lors de son séjour en Essos Robert semblait avoir autant joué que combattu, à en croire ses dires. Il arracha un maigre sourire au Santagar qui détourna son regard pour observer un instant le reste des invités. Ils souriaient. Tant mieux. Demain serait plus sombre et lorsque les flammes de la guerre les atteindront, ils ne pourront plus sourire.

Robert avoua apparemment apprécier la danse de l'eau, tout comme Dared, bien qu'il reconnaissait les talents d'autres combattants vivant sur le continent de l'est. Dared acquiesça, quelques souvenirs lui revenaient tandis qu'ils discutaient. Il se revoyait passer sous le colosse à Braavos. Un grand moment, aucun doute sur ce simple point.

« Aucun doute. Je me sentais comme une tâche avec mon armure lourde la première fois que j'ai combattu à Braavos. Je me suis fais humilié par un danseur d'ailleurs. »

Dared reporta son regard sur le jeune chevalier, un mince sourire aux lèvres.

« Je me suis vengé l'année d'après. »

Et il était parvenu à être un bon danseur, sans pour autant oublier les bases du combat qu'il avait eu à Dorne. Dared se considérait, à raison, comme une fine lame, pourtant il avait vu des combattants tellement doués au delà du détroit qu'il peinait à se dire qu'un combattant pouvait être le meilleur parmi les meilleurs.

Puis vint l'orage. Robert voulait croire en cette alliance. Dared aimerait également. Il secoua doucement la tête de gauche à droite sur le sujet, il avait de grands doutes.

« Je ne sais pas. J'aimerais te dire que je le crois. Mais lorsque l'on voit un homme écraser la tête de ton meilleur amis d'un coup de masse de guerre, on peut difficilement croire que tu auras oublié ça une dizaine d'année plus tard. »

Dared posa son regard sur le sol. Les combats contre l'orage n'étaient pas les plus propres, quels seraient les regards de leur alliés ?

« Enfin. Ensemble contre un ennemis commun, pour autant nous n'aurons pas le choix. »
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MessageSujet: Re: A l'air Frais [Tour IV - Terminé]   Lun 30 Oct - 23:30

Si Robb avait le sang chaud, il avait aussi cette qualité que de savoir se calmer rapidement. Certains s’étonnaient de la volatilité de son humeur, qui paraissait changer du tout au tout en quelques instants. En même temps, pour un homme aussi versatile dans ses plaisirs, comment ne pas l’être dans ses humeurs ? Au fond, il n’aimait guère les disputes. Il les exécrait même. Voilà pourquoi il les évitait en se montrant avenant, ou bien en rappelant les règles de l’honneur, avec la poigne nécessaire. Longtemps, il s’était contenté de simplement faire le dos rond, mais depuis quelques temps, cela l’agaçait. Il était conciliant … seulement, il voulait aussi être respecté, sans pour autant tenir non plus à des bagarres inconséquentes. Non pas qu’un coup de poing bien placé lui soit désagréable … Après tout, il n’était pas le dernier à se battre dans une taverne, loin de là ! Sauf que ça … C’était presque du sport. De la dépense d’énergie sans conséquence. De l’amusement, même. Il n’était pas rare que deux adeptes du pugilat d’auberge finissent par se réconcilier au petit jour avec une pinte de bière ou une catin partagée. Pardi, voilà qui était la fine fleur de la camaraderie virile ! De son point de vue, la discussion était close, et il ne comptait pas y revenir. Comme Dared n’y tenait manifestement pas, ce dont il était quelque part reconnaissant, ils pouvaient se consacrer à d’autres sujets de conversation, nettement plus porteurs de son point de vue. En plus, il fallait impérativement que la cour de Dorne exhale l’unité qui convenait. Normalement, personne n’avait remarqué quoi que ce soit, et il s’en assura en envoyant une œillade enflammée à la jolie brune qui fixait Dared … Après tout, s’il n’en voulait pas, lui savait qui comblerait la solitude de cette beauté ! Son visage lui évoquait celui d’une superbe braavienne, d’ailleurs, qu’il avait connu en Essos … Ah, les charmes du continent d’origine des Rhoynars, et par là-même d’une partie du peuple de Dorne ! Enfin, peut-être était-ce aussi l’attrait de l’exotisme qui parlait. Tout paraissait tellement plus beau et agréable sans le poids des convenances de ses propres pénates. Oui, à la réflexion, ce qu’il avait le plus aimé lors de son voyage avec Deria, à bien y réfléchir, c’était la liberté. Il n’y avait plus, justement, toutes les attentes pesant sur ses épaules, juste … La soif de découvertes, et l’anonymat rafraîchissant de ceux qui découvrent avec ravissement qu’ils ne sont personnes, et s’en moquent éperdument. En tout cas, il avait adoré parler de gré à gré, comme un égal, à tous ces hommes si différents de lui.

« Ah, j’ai dû ma première rossée là-bas à un ancien esclave des arènes de Mereen. Le bougre m’a étendu en deux coups de pique. Je dois avouer que si auparavant, je n’avais jamais compris l’affection de certains à Dorne pour cette arme, j’en ai de suite vu les intérêts. Même si à cheval, je préfère la lance …

Mais cette maîtrise … Cette rage … C’était impressionnant. C’était comme si cet homme vivait le combat par tous les pores de sa peau. Il n’en avait pas l’instinct, simplement, comme d’autres … Non, il faisait corps avec. Et il parvenait à infuser une force phénoménale dans ses coups, tout en maintenant sa hargne sous contrôle … Vraiment, c’était exceptionnel. Et ce n’est même pas ce qui m’a marqué le plus. »


Même si l’événement en question était assez étrange. Enfin … Robbien.

« J’ai le plus appris le jour où j’ai vu un Immaculé entrer dans un bordel. Et je dois avouer que pour des raisons évidentes … J’ai trouvé la chose assez … bizarre. Quand je lui ai demandé ce que ça pouvait apporter, il m’a répondu que d’une part, il n’avait pas besoin de son appendice pour aimer une femme, et que de l’autre … Cela lui permettait de démontrer à tous qu’il n’avait rien perdu, envers et contre tout. Qu’il restait un homme, peu importe ce que les autres pensaient. Qu’il était aussi libre que tout un chacun. Qu’il ne servait à rien de se lamenter sur ce qui était, mais de chercher sans cesse à trouver un moyen de combler ses faiblesses, et d’améliorer ses forces.

J’ai trouvé ce discours … Je ne sais pas … Inspirant, en un sens. C’était un guerrier formidable, apparemment, un amant attentif, malgré sa condition. Il était admiré, respecté par tous, et jamais moqué. C’était une belle leçon. »


Du moins, il le pensait. Et puis, autant l’avouer : le récit l’avait fort amusé. Et assoiffé.

« Retournons à l’intérieur, j’ai grand-soif, et mon godet est vide ! »


Arrivé près d’une tablée, il se versa une généreuse portion de vin qu’il but avec entrain.

« C’est que parler assèche mon gosier plus encore que danser ! »

Maintenant que sa gorge ne l’élançait plus, il pouvait reprendre, non sans s’être reculé tout de même pour rester discrets.

« C’est vrai que je suis trop jeune pour avoir jamais participé aux combats contre l’Orage … Du moins, autrement qu’en tant qu’otage. »

Voilà quel avait été son apport, ce que ne privait pas de rappeler son frère aîné.

« Après … Oublier non. Faire avec, oui. Si nous n’y mettons pas du nôtre, aucune chance que l’Orage fasse de même, et je n’aimerais pas que le Prince Roward soit … bousculé, dans son nouveau pays. Enfin, il le sera sans doute … Mais j’apprécierais que ce soit … aussi limité que possible.

Le pauvre n’a pas forcément mérité toute l’hostilité qu’il va subir, et ce, sans alliés aucun. »


Pour le moment, ils étaient unis.

« De toute manière … Sans eux, que nous restera-t-il, avec le Noir et le Bief contre nous ? Nous n’avons pas d’autre choix que de faire front commun … Sinon, nous serons seuls. Et je ne tiens pas à affronter sans aucune aide les légions bieffoises … »
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MessageSujet: Re: A l'air Frais [Tour IV - Terminé]   Mer 1 Nov - 11:29

Un petit sourire se posa sur les lèvres de Dared tandis qu'il suivait Robb dans ses gestes. Il évoquait ses mémoires de Braavos, il avait subit sa première grosse défaite là-bas, le mince sourire sur les lèvres de Dared montrait son accord, il y avait au-delà du détroit des combattants incroyables, né pour tenir une arme et s'en servir au milieu d'une bataille dantesque comme celles des légendes. Il leva les yeux au plafond, repensant à ses propres aventures.

« Un jour j'ai affronté un mercenaire là-bas, je ne me souviens ni de son nom, ni de son origine. »

Dared hésita un instant avant de poursuivre.

« Je ne suis même pas certain qu'il ne m'ait dis l'un ou l'autre. Je participais à un petit tournoi en duel durant lequel je suis arrivé en final sans trop de problème face à ce mercenaire. Il portait une armure de cuir et son arme... Quelle arme ! Une hache d'arme qui devait bien peser aussi lourd que moi. Je pensais le combat gagné d'avance face à un tel lourdaux. Quelle erreur j'ai fais. Après les premiers instants j'ai réalisé que le poids de son arme ne l'handicapait pas le moins du monde, jusqu'au bout du manche il pouvait s'en servir pour me bloquer. »

Dared fit une pause et un petit sourire naquit sur ses lèvres.

« Alors j'ai du être le plus malins, pour le forcer à planter son arme dans le sol, j'ai ensuite frapper droit vers sa jambe. Il a arrêté mon mouvement avec la main, attrapant mon poignet avant l'impact. Il m'a poussé au sol comme un gamin avec un coup de boule. Puis il a levé sa hache, j'ai roulé pour éviter le coup, quand je me suis relevé j'ai pris le plus gros coup de poing de ma vie. »


Dared attrapa une coupe de vin passant par là qu'il but après ça.

« Je ne me souviens pas du reste de la journée. »


Rien que de repenser à ce type maniant une arme de ce calibre avec une telle facilité, le Santagar en étais impressionné. Son sourire resta sur ses lèvres, puis Robb reprit la parole. Il évoqua un immaculé dans un bordel défendant son statut quand bien même il n'avait ni organe reproducteur ni éducation là-dedans. Jolie histoire motivante, il fallait bien l'avouer.

« Dommage, je n'ai jamais eu l'occasion de voir cela, je ne vais pas dans les bordels. »


Presque une fierté pour le Santagar, quand bien même il savait cela assez stupide. Robb en tout cas semblait vraiment avoir été marqué par cet immaculé, à raison sans doute. Comme quoi n'importe qui peut-être plus qu'un simple nom. Le regard de Dared balaya la salle tandis que le Dayne l'invitait à rentrer. Dared haussa les épaules et le suivit, avec sa coupe vide à la main, à la recherche de la boisson pour le remplacer, ou au moins pour poursuivre une discussion appaisante avant la guerre.

La guerre justemment, Robb reprit sur le sujet. Il avait espoir en l'alliance avec l'orage. Il avait raison, sans doute. Pour autant Dared avait du mal à s'imaginer combattant côte à côte avec ceux qu'il avait tué il y a des années auparavant. Tandis que le jeune chevalier mettait en avant ses arguments l'héritier de Bois-Moucheté haussa les épaules.

« Oui, tu as sans dotue raison. N'écoute pas ce que je dis, les réflexions d'un vieillard... »


Dared fit les gros yeux puis reprit une coupe de vin qu'il siffla d'une traite.

« Eh bah, j'ai passé un cap là... Je te remercie, j'ai l'impression d'avoir pris vingt ans d'un coup et d'être avec les vieux qui gueulent tout le temps. »
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MessageSujet: Re: A l'air Frais [Tour IV - Terminé]   Dim 19 Nov - 23:41

« Jamais ? Pas une fois dans ta vie ? Noooooon, tu me fais marcher … Si ?»

Les yeux ronds de Robb et son expression ahurie devaient valoir leur pesant d’or, comme si Dared venait de lui annoncer que Jordane Lannister se retirait dans un septuaire pour le restant de ses jours volontairement. Il ne se souvenait pas d’avoir entendu un seul homme lui faire pareille confession. Bon, certains n’appréciaient pas, soit. Mais jamais ? Non, ça, il n’y croyait pas ! Après tout, il fallait bien que jeunesse se passe, et que l’éducation se fasse. Quand même … Par moment, le jeune homme ne pouvait s’empêcher de se dire que l’aîné des Santagar aurait été plus à son aise dans un autre royaume que Dorne, vertueux comme il l’était. Parce que, s’il avait bien compris … Il était plus ou moins fidèle à sa femme, sans l’aimer ? Quelle tristesse ! A moins que … Oh, peut-être avait-il une amante de cœur qu’il tenait à garder secrète ? Ah voilà qui était de suite plus crédible. Oui, cela ne pouvait être que cela, il ne voyait pas d’autre explication !

« Oh, à moins que tu ne te réserves pour une jolie dame de ta connaissance ? Quelque amante de cœur cachée au monde ? Une beauté qui attire tes feux et dont tu ne peux te défausser ? Ah, tu aurais dû me le dire, et moi qui te parlais femme, enfant et autres drôlesses. »

Trente secondes de blanc …

« Ou alors … En fait, tu préfères … autre chose que les femmes ? »

Ah bah tiens, la voilà la solution évidente ! Tout concordait : pas de bordels, pas d’appétence pour les belles catins ou les séduisantes dorniennes, encore moins pour sa femme … Robb menait l’enquête avec brio ! Après tout, pourquoi pas. En la matière, chacun avait ses goûts, et certains préféraient des torses musclés aux poitrines opulentes. Dorne était plus libérale que le reste de Westeros là-dessus, quoique peu en parlaient. Des rumeurs courraient sur certains, plus ou moins fondées, et chacun s’occupait de ses affaires. L’essentiel, après tout, était de perpétuer la lignée, et une fois cela assuré … Eh bien, il était fréquent que chaque époux parte chasser ses plaisirs chacun de son côté. Au moins, cela expliquerait pourquoi Dared estimait qu’une seule enfant suffisait. S’il aimait les hommes, il devait trouver qu’avoir besogné une fois sa femme avec succès était assez. Bigre, le chevalier n’était pas peu fier de lui : un mystère de résolu !

« Aheum … Bon, tu vas croire que je n’ai écouté que la fin de ton récit. Pas du tout hein ! »

Oui parce qu’avec tout ça, il en aurait presque oublié que la conversation, originellement, était bel et bien figée sur Essos. Par moment, Robb avait l’impression que chaque dornien en goguette là-bas avait plus ou moins expérimenté la même chose : les combats et techniques inconnues, les paysages aux beautés exotiques, et les plaisirs du continent de l’est. Etait-ce une sorte de parcours balisé d’avance pour les visiteurs de Westeros ? Parfois, il se le demandait sincèrement. En même temps, n’était-ce pas aussi simplement le plaisir de ne pas être chez soi qui rendait le moindre événement si important, si étrange, si singulier ? L’explication en valait une autre, là encore.

« Peut-être qu’après tout, il s’agit de façons différentes, de règles autres que les nôtres. Après tout, dans un tournoi westerosi, les ressortissants d’Essos sont parfois à la peine au début, puis ils s’habituent … Il y a un monde entre une joute et les arènes de Meereen.
Encore que, avec les conquêtes du Tigre, peut-être que toutes les beautés singulières d’Essos vont disparaître … Il a l’air inarrêtable, si j’en crois les courriers de mes amis d’au-delà du Détroit.»


Il fit une pause avant d’ajouter :

« Cependant, j’ai toujours détesté la hache. L’épée est plus … versatile, je dirais. D’estoc ou de taille, à deux ou une main … Elle offre plus de possibilité, quand bien maniée.
Même si la lance d’arçon restera sans doute longtemps mon péché mignon. Préférence de jouteur, je le crains. »


La dernière phrase de Dared lui arracha un léger rire, et il lui répondit par une solide bourrade sur l’épaule, avant de claironner :

« Mais de rien, j’ai toujours aimé rendre service ! »


Gentiment, il conclut :

« Allons, tu es encore dans la force de l’âge. Beaucoup de jeunes dorniens envieraient ta forme, mon cher. Et pour le reste … Mieux vaut que certains se méfient et d’autres soient confiants. Cela amène un certain équilibre … »
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MessageSujet: Re: A l'air Frais [Tour IV - Terminé]   Ven 24 Nov - 14:59

Le Dayne semblait avoir bien du mal à croire Dared lorsqu'il lui annonça n'avoir jamais fréquenté un bordel de sa vie. L'air ahuri et intrigué du jeune homme arracha un sourire amusé au Dornien. Le Santagar laissa Robb penser, imaginer, se demander. Il suivit la réflexion de son ami avec un œil amusé, prit d'un petit hoquet de rire à chaque phrase du chevalier. Tout d'abord quelques idées sur un amour caché.

Puis sur le fait que Dared préférait autre-chose que les femmes. Il semblait convaincu, Dared ne put se retenir de rire sur l'instant suivant, attirant l'attention de quelques personnes autour avant qu'il ne puisse revenir à se contrôler. Il envoya une tape amicale sur l'épaule du Dayne. Un sourire à peine contrôlé emplissant toujours son visage. L'héritier de Bois-Moucheté secoua la tête négativement suite à la dernière remarque du jeune homme.

« Non. Non Robb, j'aime les femmes. »

Dared haussa un peu les épaules et leva un sourcil.

« Bien que je n'ai jamais testé les hommes à vrai dire. »

Dared fit un petit pas de côté avant de retrouver le sourire amusé qu'il arborait quelques instants auparavant. Il secoua à nouveau la tête. Décidément, ce genre de discussion avait au moins le mérite de faire oublier les vieux bourrins avec qui il avait discuté un peu avant. Pile le genre de choses qui risquaient de lui manquer lorsqu'il serait à la guerre. L'odeur du sang et de la victoire était ce qu'il aurait pour occuper ses soirées.

« Enfin, si cela te plait de le croire, je ne t'en empêcherai pas Robb. Ce genre de réflexion va me manquer dans l'orage. J'espère que tu en auras quelques unes en stock pour célébrer la fin de la guerre. »

S'il arrivait. Le chevalier Santagar y croyait, malgré tous les ennemis face à eux. Robert continua en affirmant se souvenir de la conversation. Ce semblant d'excuse grandit encore un peu le sourire du Santagar. Puis le Dayne reprit. Robb voyait entre les arènes et les joutes deux mondes différents. Dared haussa les épaules. Pour lui le choix était assez facilement fait. Pour les Santagar en général à vrai dire. Quand à la crainte du Tigre, le Santagar ne savait trop que en penser, cela faisait trop longtemps qu'il avait quitté Essos.

« Bah. Je n'ai jamais aimé les joutes. Et les joutes ne m'aiment pas. Ou bien est-ce les chevaux... Enfin, un destrier est rapide, mais diable qu'est-ce qu'il est ennuyant de ne pas pouvoir se mouvoir à volonté. »

Dared était un fantassin dans l'âme, il savait chevaucher, comme tout bon chevalier, mais rien ne valait un duel arme en main. Robb continua, avançant qu'il n'aimait pas la hache, préférant l'épée, puis avouant que la lance était ce qu'il préférait. Dared se posa contre un mur et resta muet quelques instants. Une question bien difficile s'il en est. Il était formé avec bien des armes. Mais comme pour chacun, certaines étaient plus hautes dans son estime.

« Je dois bien admettre que tout ce qui est hache, marteau et autre fléau sont... Trop... Enfin, tu vois ce que je veux dire. C'est l'arme qui se bat, pas celui qui l'utilise, si bien que lire les coups de quelqu'un l'utilisant est, souvent, plus aisé. Enfin, sauf pour ce mercenaire. »

Il y avait toujours des exceptions aux règles.

« La lance est une belle arme, certes. Mais pour autant, ma préférence va vers l'épée. Et pas n'importe laquelle. Les Lames courbes. La plupart des gens pensent que l'absence de second tranchant est un point faible. Mais elles sont plus vives, tranchent mieux et leur estoc est fatal. Je suis moins admiratif des épées classiques, bien que je les préfère aux autres armes malgré tout. »

Lorsque Dared dit sentir l'âge à cause de Robb celui-ci affirma qu'il était encore dans la force de l'âge. Un sourire se greffa sur le visage de Dared. Avec un air malicieux il répondit au jeune homme.

« Tu as un service à me demander ? Ou une autre raison pour me complimenter ? »

Puis son sourire diminua petit à petit. Il avait prit un peu d'âge, certes, mais il était toujours capable. Mais plus le temps passait, plus il se rapprochait du pire. Et les changements dans le monde ne faisaient que le confirmer. Il se perdit à penser à son père. Plus Dared vieillissait, plus les chances de voir son père mourir grandissaient.

« Je connais certains vieux à qui j'envie la vitalité. D'autres... Moins. »

Les mestres ne savaient toujours pas combien de temps il allait survivre.
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MessageSujet: Re: A l'air Frais [Tour IV - Terminé]   Dim 24 Déc - 14:47

« Ah. Cornetruie, voilà qui aurait pourtant été une preuve de mon génie de l’intrigue. J’en suis fort marri. »

Si Robb comprenait bien, il se trouvait donc en face d’un homme qui n’aimait pas sa femme, tout en lui restant formidablement fidèle. Là, il devait admettre qu’il avait du mal à comprendre. D’une part, parce que se sacrifier de la sorte pour rien lui paraissait proprement ahurissant, d’autre part parce que Dorne avait, en de pareils cas, des traditions qui n’auraient choqué personne. Les amants de cœur étaient une coutume bien établie, qui, pourvu que chacun soit consentant et que les héritiers aient été conçus, existait pour éviter une existence morne et sans plaisir … voir sans amour. En fait, il l’avouait honnêtement : il avait du mal à percevoir le caractère chevaleresque de l’action, trouvant cet entêtement assez dommageable. Non vraiment, quand une liaison pouvait être dangereuse, mal acceptée, pourquoi pas se contenir. Mais quand il n’y avait rien au sein d’un couple marié, que le devoir était accompli … Pourquoi se flageller ainsi ?

« Je dois admettre que j’ai du mal à comprendre. Pourquoi s’enchaîner ainsi, si … rien ne te retient ? Ni tendres sentiments, ni souhait de continuer à perpétuer la lignée, encore moins de secrètes inclinations inavouables en public ?

Personne ne trouverait à redire si tu te dégotais une jolie amante de cœur. »


Avant de conclure, philosophe :

« Enfin … Il est vrai qu’en matière de fesses, chacun voit midi à sa porte de chambre. »

Souriant, il ajouta :

« Tu peux noter celle-là aussi, si tu veux, pour te tenir compagnie dans l’Orage, et de mon côté, je ferais des efforts pour te régaler de quelques galéjades de mon crû quand nous serons tous de retour, à pouvoir à nouveau nous saouler de vins, de potins, et de belles diablesses pour ceux qui en ont envie. »

Pas encore parti, déjà en train de rêver au retour ? Il était plus simple de présenter les choses ainsi, plutôt que de s’appesantir indéfiniment sur le fait que, dans plusieurs mois, bon nombre des hommes présents seraient depuis longtemps des os blanchis dans les Montagnes ou le Désert, qu’une partie conséquente des femmes de l’assemblée seraient veuves, ou orphelines. Certains aimaient deviser de la bataille à venir, des risques. Ce soir, Robb préférait badiner, car dès le lendemain, les adieux commenceraient. Il aurait à voir Deria, évidemment, pour prendre ses ordres et la saluer une dernière fois … Quoiqu’il le ferait sans doute après le départ de l’heureux marié de la soirée. Pas question d’avoir Baratheon dans les pattes au moment de graver dans sa mémoire le sourire de sa maîtresse. Qui ne le serait sans doute plus, d’ailleurs, à compter de ce soir. Voilà qui lui donnait envie de se rincer le gosier, ce qu’il fit en se servant une généreuse portion de vinasse, qu’il enfourna quasiment cul-sec. Il y aurait son frère, aussi, perspective moins attrayante. Et Arianne, évidemment. Penser à la jeune femme lui arracha, l’espace de quelques secondes, une expression aussi attendrie que mélancolique : la pauvre, qui devait voir ses frères partir, puis des amis … Il ne savait si cet adieu serait le plus aisé ou le plus dur. Les deux à la fois, sans doute.

« J’ai toujours aimé les chevaux autant que les femmes. Comme on dit … Buvons à nos chevaux, à nos femmes, et à ceux qui les montent ! »

Son toast fit rire quelques convives qui avaient entendu sa voix forte, avant qu’il ne se reprenne.

« Plus sérieusement … Je trouve au contraire qu’il y a quelque chose de … d’ineffable dans la connexion d’un homme et de sa monture … Une grâce dans la dextérité pour manier la bête, pour devenir une extension d’elle-même … C’est une forme de danse avec un partenaire farouche. La restriction apporte le piment de la chose … Et puis, charger au vent, entendre le fracas des sabots sur le sol, la respiration harassée de sa jument harnachée … Rien ne peut égaler ce sentiment à mon sens. Il y a là … Comme une part d’éternité. »

Quant aux armes …

« Oui je vois. Même si je n’aime pas plus les affronter que les manier. Dans la mêlée, il est aisé d’assommer celui qui se bat déjà à un contre trois. »

Non, décidément, la masse était arme de vilain.

« Je n’ai jamais manié de lame courbe. Je dois avoir un petit côté traditionnel, mais en même temps, je ne connaîtrais jamais lame plus parfaite qu’Aube, et la manier m’est trop d’honneur pour que j’y renonce. »


Amusé par la question finale du Santagar, Robb répondit avec honnêteté :

« Même pas, je suis juste sincère. Ça m’arrive, avec le vin. »

Comme si sa franchise parfois déplacée n’était pas quasiment légendaire, à Dorne … Son ultime assertion l’inquiéta donc légèrement, tandis qu’il croyait y déceler des ombres autrement plus importantes que des piques adressées à quelque vieillard local.

« Quelque chose est arrivé ? Lord Santagar va-t-il bien ? »

Il ne connaissait pas d’autres hommes âgés dans l’entourage de Dared …


Dernière édition par Robert Dayne le Dim 14 Jan - 19:31, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: A l'air Frais [Tour IV - Terminé]   Ven 5 Jan - 14:40

Dared était hors de la compréhension du Dayne. Ceci ne manquait pas d'arracher un petit sourire au Dornien. Pourquoi était-il toujours fidèle malgré le manque d'amour ? Pourquoi s'efforçait-il à vivre cette vie qui ne lui convenait que peu ? Une très bonne question. Tandis que Robert continuait à philosopher Dared répondit doucement, cachant presque ses mots, il savait qu'au fond ils étaient aussi stupides que naïfs.

« Par devoir. »

Il rigola un bref instant, il savait au fond que ce n'était pas cela. Il aimait se persuader seul, mais il était aisé de comprendre que c'était autre-chose. Il sourit un instant et posa son regard sur le Dayne. L'un pour l'autre ils étaient un peu des énigmes, tant leurs visions différaient. Mais en soit Dared avait trouvé en Robert un petit frère moins... Dangereux que le sien. Et puis il était marrant quand même. Le Santagar haussa les épaules puis se reprit.

« Ou par stupidité, au choix. »

La stupidité. Peut-être, de la naïveté ? Sans-doute. Dared était un chevalier, il fut bercé par quelques contes vantant la bravoure et la force de certains hommes. Il y avait connu une chevalerie idyllique et un culte de l'amour véritable, auquel dévouer sa vie. Une bien stupide vision de la vie. C'était pourtant celle après laquelle il courait depuis de longues années aujourd'hui. Seigneur, chevalier, mari, père, il avait déjà bien des choses, mais il lui était impossible d'oublier ce qu'il avait vécu à Essos, ou ce en quoi il rêvait toujours.

Robert parlait du retour, promettant de trouver de nouvelles citations au Santagar lorsqu'ils reviendront. Il avait une vue bien positive et optimiste du conflit qui arrivait, ou tout du moins le montrait-il à autrui. Dared n'y pensait pas, pas vraiment. La dernière chose dont il avait bien besoin était de s'imaginer annonçant les morts aux familles par chez lui. Faire le compte des survivants d'une armée ravagée par une guerre qu'il voulait.

« Entendu. J'y penserai une fois dans l'orage. »


Robert porta un toast arrachant un sourire à bon nombre de convives, tandis qu'il semblait fier de lui. Dared esquissa un bref sourire tout en l'accompagnant, sans plus de conviction hélas. Il n'était pas un grand coureur de jupon, ni un cavalier expert. Si bien que lorsque Robb vint lui conter sa vision de la relation entre un cavalier et son destrier le Santagar haussa les épaules, peu concerner par cela. Il observa son compagnon avec un air de malice avant de reprendre.

« Je ne sais pas... Je n'ai jamais gardé bien longtemps une monture. »


Il secoua doucement la tête, le pire était qu'il disait vrai. Non seulement il préférait mener infanterie que cavaliers, mais en plus il avait la fâcheuse tendance à oublier ses chevaux, ou à les perdre. Que ce soit en bataille, ou en dehors. Il n'avait pas réellement d'amitié avec une monture, si bien qu'il en changeait rapidement et sans réelle difficulté, au grand damne de certains.

Sujet arme, déjà plus plaisant pour le Santagar. Robb n'avait pas de haute estime des armes lourdes, Dared non plus. Donc au fond, ils avaient au moins un accord sur la manière de combattre, même si la lance et la lame courbe s'opposaient un peu. Le Dayne termina en affirmant que son épée était la plus parfaite et qu'il ne pouvait pas se voir en manier une autre. Dared acquiesça doucement puis finit par répondre, presque dépité.

« Oui, tu as raison. Tout à fait oui... Mais on n'a pas tous la chance de l'avoir. Il m'est déjà arrivé de devoir changer plusieurs fois d'arme au cours d'une bataille, parce que elles ne sont pas aussi résistantes que ta lame. »

Le Dayne insista sur sa sincérité sur les compliments faits au Santagar qui se contenta de le remercier d'un geste de tête, masquant un sourire amusé aux dires du jeune homme. En soit Dared ne doutait pas de la véracité de ce fait, il était bon combattant, énergique, motivé et discipliné. Certains auraient à apprendre, d'autant plus sachant l'expérience qu'il avait déjà. Mais c'était autre-chose d'entendre ça d'autrui. C'était différent.

La dernière phrase du Dayne vint abaisser un peu la mine du Santagar. Robb s'inquiéter pour le seigneur de Bois-Moucheté, mais répondre à la question était difficile. L'héritier haussa les épaules, ne sachant trop que répondre. Hésitant il finit par se lancer.

« Autant que faire se peut. Il est en vie, de ce que j'en sais. Mais personne ne peut dire s'il le sera encore demain. Le mestre dit que c'est déjà un exploit qu'il tienne depuis si longtemps. Même si chaque jour son ombre semble s'éloigner un peu plus. »

Hélas. Dared n'était pas préparé à cela, il ne pouvait l'être. Il se refusait autant que possible à être Lord, se rassurait en se disant que son père était toujours là s'il avait besoin. Et il avait besoin. Mais personne ne savait de quoi demain serait fait.
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MessageSujet: Re: A l'air Frais [Tour IV - Terminé]   Dim 14 Jan - 20:43

En entendant le rire qui sortit de la bouche du Santagar en lui répondant, Robb n’avait que deux explications plausibles. Ou bien le preux chevalier était saoul, ou bien il n’y croyait pas lui-même. La première option n’était pas vraiment crédible, même s’il aurait payé cher pour voir comment était Dared une fois rond. Lui qui était constamment si mesuré, si … chevaleresque, oui, l’imaginer gris était clairement amusant. Il faudrait qu’il essaye un jour, de le traîner dans une taverne. Quand la guerre serait finie. S’ils en revenaient tous les deux. S’ils étaient encore capables de boire en revenant. Mieux valait ne pas y penser. Restait donc la deuxième solution, qui lui paraissait nettement plus plausible … et n’excitait que davantage sa curiosité aussi puérile que maladive. Il avait l’impression de pouvoir percer le mystère Santagar ce soir, de parvenir à comprendre cet homme qui était si différent de lui. Il avait l’impression que l’héritier de Bois-Moucheté était une sorte d’exception à Dorne, tant il était … eh bien, réservé, en un sens. Du moins, sur certains sujets. Il y avait … une forme de pureté presque chez lui, qui était admirable, presque, tant elle lui semblait hors d’atteinte. Au fond, Dared était bel et bien le chevalier des contes et légendes, l’homme courtois respectueux du devoir, jusqu’à s’y noyer. Et brusquement, tout lui apparut plus clair. Plus … logique. L’observant quelques instants, il finit par demander :

« Ou peut-être … par la recherche d’un idéal ? »


Il n’y avait pas de traces de moqueries dans sa voix, juste une tentative gentille, finalement, de mieux comprendre un homme qui avait choisi une voie si différente de lui et en même temps … N’était-ce pas aussi ce qu’il cherchait, sur le champ de bataille et dans ses draps ? A sa façon, n’essayait-il pas toutes les femmes pour trouver la bonne ? Et … ne repoussait-il pas le sentiment d’avoir justement trouvé celle qu’il lui fallait parce que, précisément, elle se mariait ? Ou qu’une autre, fruit de sentiments cachés, lui soit inaccessible ? Parbleu, que les sentiments étaient compliqués … Voilà pourquoi le Dayne s’échinaient à ce point à les éviter, pour mieux se faire piéger. Il ne savait pas les exprimer, il n’était même pas sûr de leur teneur … Mais ils étaient là, bien réels, palpitants, quand l’inquiétude ou la jalousie le saisissaient, pour sa plus grande honte. Songeur, il murmura :

« Je ne sais pas vraiment s’il existe … »

Finalement, les chevaux, c’était un sujet plus simple que l’amour. Une monture, ça s’enfourchait pareil, et en prime, ça vous aimait inconditionnellement. Que du bonheur, en somme. Il sentait bien que Dared n’avait pas son appréciation immodérée de la chevauchée. Lui avait toujours eu une forme de connexion, avec ses juments ou ses étalons. Celle qui était morte quelques semaines auparavant lui avait arraché une larme discrète. Il l’avait depuis pratiquement quatre ans, et l’avait acheté sur ses deniers personnels, à un haras réputé. Elle était dure au mal, splendide … Oui, c’était une vraie perte, qui ne faisait que confirmer les dires du Santagar, alors qu’une légère mélancolie montait chez le jeune homme.

« Il est vrai que nos existences ne permettent généralement pas à ces bêtes de vivre longtemps … J’ai perdu ma jument pendant le raid de Lancehélion. Je l’avais depuis quatre ans, je l’ai presque dressé moi-même.

J’ai l’impression de perdre une compagne que je n’ai pas assez connue. »


Quatre ans auparavant … Quand la précédente était tombée face aux bieffois. Il n’avait pas besoin de le dire, tant les dates rendaient la chose évidente.

« Excuse-moi, j’oublie parfois qu’Aube est … Aube. »

Quand on maniait une lame si belle, on en arrivait à oublier les contingences matérielles ordinaires. Et pourtant, lui aussi, fut un temps, les avaient connues.

« Encore que … le forgeron des Météores produit de l’acier château d’excellente qualité. Hormis quand j’ai planté mon épée dans le crâne, et le casque qui allait avec, d’un bieffois lors de leurs incursions, j’ai rarement eu à en changer. Mais ça, je crois que seul l’acier valyrien ou l’acier météorite peut y résister, soyons honnête. »

Il sentait Dared se dérider … avant de le voir s’assombrir quand il mentionna son père. Attentif, Robb posa sa coupe et croisa ses bras, montrant ainsi qu’il avait absolument toute son attention. Ce qu’il entendit l’attrista. Pas forcément pour Lord Santagar, qu’il avait rencontré une fois fort jeune en accompagnant Nymor Martell et dont le souvenir n’était plus très frais dans sa tête, mais plus pour son ami qui semblait réellement inquiet. Et il s’en voulut, intérieurement, de ne pas avoir ressenti les mêmes affres à la mort de ses propres géniteurs.

« Je suis sincèrement désolé … Je ne pensais pas … que les temps étaient à ce point comptés. »

Il y avait une espèce de pureté enfantine quand il parlait ainsi, une réelle loyauté de parole.

« Je ne sais pas vraiment quoi dire … Je n’étais pas vraiment proche de mes parents et j’étais encore à Lancehélion, quand mon père est mort … »

Comment pouvait-il dire, qu’au fond, il n’en avait pas été plus affecté que ça ? Voir même que, secrètement, une part de lui avait apprécié être débarrassé d’un père dont il n’avait connu que les cris et les coups, enfant, et trop peu l’affection, parce qu’il était … ce qu’il était : un troisième fils hyperactif et agaçant.

« Ton frère est au courant ? »

Il ne savait pas exactement si Sarzir Santagar était revenu d’Essos. Tout comme il n’osait pas demander si Dared avait pris des mesures pour assurer la succession, la gérance du domaine alors qu’il partait en guerre.

« J’espère que … tu pourras lui faire tes adieux personnellement. »

Quand il serait revenu. Que la guerre sera finie.
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MessageSujet: Re: A l'air Frais [Tour IV - Terminé]   Dim 21 Jan - 0:29


La question du Dayne stoppa Dared de tout mot, de toute expression ou de toute idée. Il évoquait le fait que Dared agissait peut-être pour la recherche d'un idéal. L'héritier de Bois-Moucheté ne savait que répondre à l'épée du matin, tant celui-ci était dans le vrai. Dared poursuivait cet idéal fou depuis son plus jeune âge et il peinait à trouver qui que ce soit pouvant ne serait-ce qu'un peu comprendre pourquoi il était aujourd'hui aussi droit dans ses bottes.

Dared acquiesça une première fois.

De tous ceux qu'il côtoyait aujourd'hui Robb était parmi ceux qu'il appréciait le plus, pourtant le jeune chevalier qu'était l'épée du matin comprenait étrangement bien le fond de l'affaire. Peut-être était-ce là à force de connaître l'aîné de la fratrie Santagar. Dared vivait selon des codes qui n'avaient pas vraiment leur place ici pour de nombreuses personnes. Mais il se tenait à ses règles, s'y accrochant plus que tout autre chose par conviction.

Dared acquiesça une seconde fois.

Robb murmura quelques mots. Il ignorait si un tel idéal existait. Dared baissa le regard, fixant pensif le sol. Il s'était posé la question de nombreuses fois, beaucoup trop à bien des égards. Mais il était difficile d'avancer sans le moindre doute dans une voie pourtant si difficile. Mais au fond il continuait d'y croire, car sinon à quoi bon avancer ?

Dared acquiesça une troisième fois.

« Un idéal existe tant que quelqu'un le recherche. Ce n'est pas une chose matériel que l'on briser ou voler, mais une pensée qu'il convient à chacun de faire exister. »


Dared hésita un instant, cherchant quelques mots à mettre sur le sentiment qu'il portait en parlant. Il tentait de se persuader en même temps que le jeune chevalier face à lui.

« Un idéal est une victoire d'honneur et non de larme. »

Il fit une pause, acquiesça dans le vent, puis reprit.

« Un idéal est la raison qui nous pousse à nous lever chaque matin, à nous coucher chaque soir et à se bouger chaque jour. »


Dared releva son regard et le planta dans celui de son compagnon d'arme, son regard était aussi sur de lui qu'il ne pouvait l'être, déterminé à jamais.

« Je crois en mon idéal, il existe donc. Il appartient à tout un chacun de décider de croire ou de renier, de se battre ou d'abandonner. »

Et les Dorniens n'abandonnent pas. Sauf pour les chevaux. Enfin, pour Dared. Robb lui semblait y vouer une profonde affection, sans doute était-ce justifier, ces animaux menaient les chevaliers de lieux en lieux et les soutenaient au cœur de la mélée. Robb avait perdu son destrier et en semblait affecter, presque comme si un ami avait disparu. Dared peinait à comprendre une telle affection pour un animal, mais après tout, qui était-il pour juger ?

« Désolé pour ta jument. Je n'ai pas de telles histoires d'amitié avec mon destrier à te raconter, je peinerais sans doute à le reconnaître au milieu de l'écurie. »

Bizarrement ce n'était pas là quelque chose de volontaire, mais Dared n'avait jamais vraiment eu d'affection pour ses montures, quand bien même il en reconnaissait l'utilité et l'importance. Le fantassin au fond de lui tenait plus à son arme qu'à son destrier. Pourtant son arme n'était pas aussi exceptionnelle que celle de son interlocuteur. Robb en profita pour vanter également les mérites de son épée, Dared acquiesça doucement, il avait sans-doute raison.

« Par les sept, ce que j'aimerai ne pas avoir à remplacer ma lame après chaque bataille. Tu ne peux pas imaginer à quel point il est difficile de trouver une bonne lame courbée. »

Robb semblait vraiment désolé d'entendre les nouvelles du seigneur de Bois-Moucheté. Dared acquiesça, il n'avait pas grand chose à dire de plus. Robb n'avait rien fait de mal, il ignorait simplement l'état de santé du père Santagar, rien de bien dramatique en soit. D'un geste de main l'héritier de la maison de Bois-Moucheté lui signala qu'aucun mal n'était fait. Le Dayne peinait à continuer, il n'avait jamais eu à subir telle épreuve, peu avaient.

L'épée du matin finit par poser une question plus difficile, Sarzir Santagar était-il au courant ? Dared grimaça. Son frère, son cadet... L'héritier n'avait plus eu de nouvelles du plus jeune de la fraterie depuis son départ et il ignorait même simplement si celui-ci était en vie. Le visage crispé du chevalier Santagar resta fixe quelques instants, jusqu'à ce qu'il crache difficilement quelques mots.

« Je n'en sais rien. Je n'ai eu aucune nouvelle de Sarzir depuis qu'il a abandonné sa vie à Bois-Moucheté. »

Depuis longtemps Dared avait esperé le voir franchir le pas de la porte. Mais depuis que la guerre approchait, l'espoir diminuait. Il ignorait même si son frère était encore en vie, alors le voir revenir ? Il ignorait comment il pourrait réagir. Sans doute ne pourrait-il retenir de la joie, mais comment expliquer ces années loin de lui, lorsque Dared avait le plus besoin de soutien ? Aucune idée.

Robb finit en présentant quelques mots de politesse, souhaitant à Dared de pouvoir faire ses adieux personnellement à son paternel. Le Santagar acquiesça doucement. C'était la moindre des choses, il n'avait jamais put le faire à sa mère, il ne ferait pas cette erreur une seconde fois.

« Je l'espère aussi. J'y veillerai dès que nous serons revenu. »
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MessageSujet: Re: A l'air Frais [Tour IV - Terminé]   Ven 2 Mar - 18:30

« Je te souhaite de continuer à croire en cet idéal alors. Et de ne pas oublier que pour beaux que soient les rêves … La réalité sait se rappeler parfois à nos esprits. »

Robb ne pouvait pas dire qu’il n’appréciait pas cette manière de penser. Une part de lui-même y adhérait, en fait. Il dissociait simplement sa vie privée et sa vie de chevalier, dans son propre idéal, et érigeait l’honnêteté en vertu cardinale, ainsi que le respect des désirs des autres. Ce qu’il haïssait, c’était qu’on le juge pour ce que tant faisaient à la dérobée. Les condamnations hypocrites l’ulcéraient autant que l’intolérance de certains. Il aimait à dire que si chacun se contentait de regarder dans sa propre assiette, le monde ne s’en porterait que mieux. Hélas, la jalousie et la haine n’étaient que trop souvent présentes dans le cœur des hommes, incapables de parvenir à accepter les comportements qu’ils ne comprenaient pas. En même temps, était-il meilleur, à se chamailler sans cesse avec son frère parce qu’ils avaient deux visions différentes ? Pas forcément. Encore que … Ce qui l’avait véritablement heurté, finalement, c’était de voir sa parole bafouée, pas d’entendre une décision différente. Au fond, le jeune homme partait du principe qu’il y avait tellement peu de points d’accord qu’il fallait que tous respectent leurs engagements, car la parole donnée n’était in fine que l’ultime preuve du bien-fondé de ses actions. Comme quoi, son idéal était bel et bien l’honnêteté. Que les autres royaumes glosent à loisir sur la prétendue traîtrise dornienne : ils ne valaient pas mieux. Le Dayne attendait encore de voir la couleur d’un début d’aide de Peyredragon. Sans doute que Dorne ne la verrait jamais, et que ses compatriotes mourraient pour une ingrate. Soit. A force de les mépriser, le reste de Westeros paierait. Et il n’irait pas les pleurer.

Bien sûr, Robb ne voulait pas la guerre. Etrangement pour un guerrier de sa trempe, il l’avait en horreur. Peut-être que, contrairement à d’autres, il avait conscience du poids qu’elle faisait peser sur les petites gens, des fossés impossibles à combler qui naissaient après un conflit, entre les royaumes certes, mais aussi au sein des familles. Sa propre maison ne s’était finalement jamais remise de ces escarmouches fatales avec l’Orage. Barristan en avait été tellement marqué que tout homme n’y ayant pas participé n’était pas endurci à ses yeux. Sa propre nièce avait appris la haine des dorniens, dans les années qui avaient suivi, alors que la moitié de son sang venait des Dayne. Et il avait conscience que les sacrifices qu’il faudrait encore accepter risquait d’acter les fissures au sein des Météores … au sein de Dorne. Qui mourrait parmi ses amis, ses frères mêmes ? Mais il savait aussi que la méfiance n’engendrait à terme que l’envie d’en découdre. Déjà, toutes ces voix qui s’élevaient contre le Bief, celle des Santagar au premier rang … Et bientôt, probablement, à mesure que les rancœurs s’accumuleraient, d’autres iraient dans le sens d’une vengeance contre ceux qui n’aidaient pas la Principauté. Et alors le bain de sang serait épouvantable. Celui qui se profilait, déjà, marquerait probablement les esprits, les corps. Qu’importe. Il fallait partir, fourbir ses armes …

« Prends-en un stock avec toi. Dans les prochaines semaines, tu risques d’avoir à t’en servir. »

Ils pouvaient boire, discuter, apprécier un moment de paix au sein du palais princier, au cours de cette noce. Mais la vérité, implacable, ne pouvait que leur rappeler qu’il s’agissait sans nul doute de leurs derniers instants de tranquillité avant leur départ, l’un pour l’Orage, l’autre pour les Météores. Robb ne l’oubliait pas. Il en avait même, à vrai dire, une conscience aiguë. Alors il prenait ce temps pour parler à son ami, pour l’encourager à se rendre auprès de son père … et lui dire que, peut-être, son frère reviendrait ?

« Moi non plus … Mais peut-être qu’il a eu vent de l’entrée en guerre de Dorne, de l’autre côté du Détroit. Un homme comme lui pourrait ne pas résister à cet appel … »

Oui, il voyait mal le cadet Santagar ne pas succomber aux sirènes lancinantes du sang versé, pourvu que, en Essos, il ne soit pas accaparé par la lutte contre le Tigre … Encore que …

« Ou peut-être qu’avec l’avancée du Tigre, il reviendra plus vite que prévu. »

A voir si la paye des cités libres était suffisamment juteuse, ou s’il estimait les risques trop grands ou pas assez alléchants face à ceux encourus en Westeros par la Principauté. Dans tous les cas, Robb espérait sincèrement que Dared parviendrait à revoir son frère, un jour. Il ne souhaitait à personne d’être aussi étranger à sa propre famille qu’il pouvait l’être. Cette solitude était parfois trop douloureuse à porter. Surtout quand ses propres sentiments en dehors de sa maison demeuraient tu. Le coucher avait été célébré, évidemment, et une légère mélancolie envahissait le jeune homme, ce qu’il repoussa rapidement avec horreur. Parbleu, il avait encore plusieurs belles heures devant lui !

« Veille sur les tiens, Dared. »

Quelles paroles étranges, dans la bouche de cet homme ! Et pourtant … Robb les pensait sincèrement. Il regrettait, parfois, l’état de la sienne, en partie à cause de lui, mais ne savait comment ravaler les années d’affrontement ainsi que ce sentiment de ne pas être à sa place aux Météores. Alors, il souhaitait au Santagar de prendre soin de son père, de sa fille, et aussi, un peu, de s’entendre avec sa femme non pas par pur respect … Mais avec un brin d’affection aussi. D’avoir en quelque sorte, ce que lui n’aurait jamais.

« Allons, ce n’est pas tout de se lamenter ainsi, mais l’on dirait deux vieillards, et nous sommes à une noce ! Alors, si tu ne veux toujours pas de cette jolie brune … Permets-moi d’aller de ce pas la réconforter ! »

Sourire, pour ne pas penser au lendemain, à ses échecs. Sourire, pour vivre encore un peu, intensément, comme il en avait l’habitude. 

« Prends soin de toi, mon ami. Nous nous reverrons bientôt, ici-même, ou dans les Sept Enfers. »

Une brève accolade, et il s’éloignait déjà, plaquant sur son visage son éternel sourire séducteur, pour aborder la belle plante qui était en pleine conversation avec deux autres femmes. Oh, elles lui pardonneraient bien de s’intégrer ainsi à leurs plaisanteries. Et ses yeux se faisaient caressants, ses mains tactiles, alors qu’il exprimait son désir. La nuit était encore longue. Le vin coulait encore. Ses sens, eux, ne demandaient qu’à s’enflammer, car les cors de la guerre résonnaient à ses oreilles.
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MessageSujet: Re: A l'air Frais [Tour IV - Terminé]   Sam 10 Mar - 12:12

Dared acquiesça. Lui aussi voulait continuer d'y croire. Le juste était récompensé des dieux et le mauvais puni pour ses actes. Dared avait toujours cru en cet esprit chevalresque naïf et il ne comptait pas changer maintenant, beaucoup ne voyaient là que l'esprit d'un enfant bercé de légendes, mais il n'y avait aucune honte à continuer à croire en quelque chose même si l'épreuve du temps passait par là. Le Santagar était de ceux-là.

Ou tout du moins l'espérait-il. Sa version de la chevalerie prévalait, il se voulait noble et combatif, croyant et sérieux. Peut-être cela aurait-il une quelconque utilité lors de la guerre, sans penser à ses lacunes en stratégies ou sa naïveté sur un champ de bataille. Qu'il le veuille ou non Dared allait commander, alors qu'il était meilleur guerrier. Mais peu importe ou seraient les champs de bataille, il tuerait ses ennemis.

« J'en emmènerai autant que je peux. Mais par les Sept, c'est difficile d'en trouver une convenable de nos jours. Et puis, je me dis que ce ne sera pas si long que cela. »

Les sept reconnaîtront les leurs. Non ? Les sept sont justes, alors ils devront juger avec justesse les bataille également, avec un peu de chance la guerre ne durera point, avec un peu de chance, ils seront de retour au bercail peu de temps après, victorieux et couverts de gloire. En un sens le Santagar fantasmait un peu, écrire son nom pour des victoires glorieuses étaient une façon comme une autre de se sentir chevalier.

« Je ne sais même pas s'il est en vie. Et honnêtement... S'il revenait ne sais même pas comment je réagirai, ni même si je le reconnaîtrais. »

Dared fit une pause et secoua la tête de gauche à droite, légèrement attristé par ses propres mots.

« J'ignore si je reverrais mon frère ou un étranger. »

La discussion avait pris une tournure bien sombre, le Dayne finit par souhaiter à Dared de prendre soin des siens. Ce dernier acquiesça doucement, la véritable question pour lui était de savoir qui entrait dans les siens. Il reposa son regard sur son ami, puis répondit dans un ton solennel.

« Et toi sur les tiens. »

Lorsque le Dayne reparti, avec une envie de saluer la petite brune Dared acquiesça d'un air amusé, lui faisant un léger signe de la main tandis qu'il allait la rejoindre. Prendre soin de lui, autant que faire se peut. La guerre approchait et son épée le démangeait déjà. Le Bief paierait pour ses crimes. Ainsi que tous ceux osant se mettre sur le chemin des Dorniens. Car la vengeance est un plat qu'ils mangent tout de suite.

Tandis que l'épée du matin s'éloigner Dared s'en retourna jusqu'au balcon, sur lequel il vint s'appuyer posant un dernier regard sur la ville. Demain c'était le départ. Il avait voulu cette guerre depuis longtemps. Depuis le début. Et dans cet instant il avait un doute, il emmenait avec lui des milliers d'hommes, dont seulement une partie allait revenir chez eux. C'était le bon choix, même s'il était difficile. Chacun finissait cette soirée comme il l'entendait. Pour sa part Dared allait simplement fixer la ville, puis la mer. Un peu de calme avant le cohue qui arrivait.
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A l'air Frais [Tour IV - Terminé]
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