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A l'air Frais [Flashback - PV Robb]
MessageSujet: A l'air Frais [Flashback - PV Robb]   Mar 8 Aoû - 18:30


« Dorne réclame vengeance ! »
« Dorne réclame sécurité Lord Santagar, une guerre n'est pas une chose aisée à faire. »
« Assassiner une princesse non plus. »

Dared se retourna, fulminant contre le vieux seigneur prudent avec lequel il discutait. Certain pensaient qu'il fallait mieux temporiser. Dared n'était pas pour. La guerre était une nécessité, le Bief avait fait assassiné l'ancienne princesse ! Pourtant aujourd’hui les Dorniens étaient ici, à célébrer le mariage de la Princesse Deria. Bien entendu, il fallait jurer loyauté. Bien entendu, elle décidait. Mais pourtant il était de leur devoir de lui faire comprendre que le peuple, que Dorne criait vengeance.

Le Santagar fit quelques pas vers la table du buffet, il y attrapa une coupe de vin qu'il commença à boire tandis qu'il repartait. Si plusieurs nobles étaient d'accord, d'autre beaucoup moins. Comme celui avec lequel il venait d'avoir une discussion pour le moins agité. Il était sans doute sage, mais ce n'était pas vraiment cette sagesse que Dared recherchait aujourd’hui. Il avait toujours été impulsif. Enfin bon, il avait déjà bien assez parlé politique pour la journée.

Le chevalier de bois-moucheté descendit rapidement sa coupe de vin, comme pour se calmer suite aux débats qu'il venait d'avoir. Il plongea son regard dans la foule autour de lui. Des chevaliers, des seigneurs, des dames, tout ce qu'il faut pour connaître tout le plus haut gratin de Dorne. La moitié d'entre eux ne sont qu'une bande de lâche préférant le confort des murs d'un château à la réalité de la guerre, quand bien même ce soit leur rôle.

Le Santagar se retourne en soupirant, il fait quelques pas et s'éloigne du cœur de la réception. Il salue une dame, il ne se souvient même plus de son nom de famille. En tout cas elle semble ne pas avoir de cavalier à en juger par le regard méfiant du vieil homme à ses côtés... Ou bien est-ce encore autre-chose... Par les sept, ce serait encore pire. Chassant tout réflexion sur ces personnes de sa tête Dared quitte la salle, s'exilant sur un blacon depuis lequel il fixe la capitale Dornienne.

Ce genre de réceptions sont réellement ennuyantes à suivre. Il fixe la ville plus loin. Lanchélion reste une ville magnifique, quand bien même nulle beauté n'égale celle de Bois-Moucheté pour le Santagar. Dared fait quelques pas en observant les lueurs en bas, cherchant à chasser les émotions d'une soirée déjà trop irritante pour lui. Il est interpelé par quelqu'un qu'il n'avait pas vu quelques instants avant, ou tout du moins à qui il n'avait pas fait attention.

« Robb? »

Le jeune chevalier de la maison Dayne est ici aussi, il semble peut-être un peu moins lucide que le Santagar. Dared esquisse un mince sourire en observant le jeune homme croisé il y a quasiment douze ans, par hasard, lors d'un tournoi à Lanchelion. Puis quelques années plus tard lors de combats contre des Bieffois à la frontière. Le Santagar se pose sur le garde-fou du balcon et dévisage l'épée du matin.

« Et bien. La soirée semble t'avoir réussi Ser Dayne ? »

Un peu amusé le Santagar laisse une pointe de moquerie dépasser de sa phrase.
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MessageSujet: Re: A l'air Frais [Flashback - PV Robb]   Mer 16 Aoû - 19:09

Ivre, Robb l’était assurément. Pas au point de perdre conscience ou de ne savoir ce qu’il faisait, mais il ressentait à merveille cette douce sensation de chaleur se répandre à travers tous ses membres, irriguant son épaule tout juste guérie d’une vigueur nouvelle qui était tout sauf désagréable. Surtout, il sortait d’une chambrée en accorte compagnie, et la sensation de se vider la tête – ainsi qu’une autre partie de son anatomie …- de tous ses problèmes ou pensées désagréables lui donnait l’impression d’être sur un petit nuage. Vraiment, la soirée était aussi belle que possible, du moins autant qu’elle pouvait l’être quand votre maîtresse épousait un peyredragonien de basse extraction, pour sceller une alliance décriée et passablement fluctuante … Surtout quand Dorne avait besoin d’aide, en fait. Clairement, la Flotte de fer continuait de s’en donner à cœur joie, coupant la principauté du reste du monde et coulant peu à peu son commerce. Non pas que le Dayne s’y intéressât par goût politique ou économique, il était à mille lieues de ces considérations … Mais il connaissait suffisamment de tenanciers de Lancehélion depuis presque deux décennies pour ne pas avoir ses contacts et ses petites habitudes, encore moins pour ne pas les entendre se plaindre des conséquences d’une guerre qui appauvrissait lentement mais sûrement la bourgeoisie entreprenante de la contrée du Soleil, ainsi que sa noblesse commerçante.

Bref, les perspectives militaires n’étaient pas au beau fixe, et son départ avec Anders pour les Météores dans quelques jours n’y changerait strictement rien. Peut-être arriveraient-ils à retenir l’ennemi suffisamment longtemps pour ralentir sa course vers l’intérieur des terres … Leur sort était entre les mains des dieux … et de leur ingéniosité. A voir si ce serait suffisant … Ce dont le jeune homme doutait fortement. Cette journée était donc sans doute sa dernière occasion de ripailler, de boire à foison et de courir le jupon à satiété. L’approche du combat le rendait moins tempéré que d’ordinaire car contrairement à la légende urbaine que s’amusaient à colporter certains, l’Epée du Matin n’avait plus les emportements de sa jeunesse, à descendre un tonneau seul avant de s’enfiler plusieurs catins en une nuit jusqu’à ce que son vît menace de tomber et que son corps crie grâce. Depuis sa visite en Orage et ce moment où il avait commis l’irréparable avec son propre sang, depuis son voyage en Essos où il avait tant mûri, sa rage de tout tenter s’était muée en un épicurisme de bon vivant, qui aimait profiter des bienfaits de l’existence sans pour autant se livrer à des réjouissances par trop dionysiaques. Il ne se laissait aller à quelques excès que pour des occasions spéciales, ou pour soigner la mélancolie qui l’assaillait parfois. Aujourd’hui ne dérogeait pas à cette règle, et la compilait même pour l’occasion.

Il avait revêtu ses plus beaux atours, souri, applaudi, lancé forces plaisanteries grivoises sur la virilité du marié et sur les dons de la mariée, qu’il connaissait au demeurant fort bien, le tout lui arrachant en silence un certain amusement. Puis il s’était juré de profiter à fond de ses derniers moments d’insouciance, alors, n’ayant pas trop abusé de la boisson la veille en compagnie des frères Martell et de l’heureux époux, contrairement à Roward et surtout Anders qui affichaient des mines assez pitoyables, il s’était considérablement rattrapé, braillant pour mettre en perce les meilleurs fûts des caves de Lancehélion, chinant un peu partout des morceaux de viande ou de poisson copieusement assaisonnés d’épices, à la mode dornienne avant de tenter de se faire éclater la panse, tout en lançant des œillades enflammées à quelques naiades qui lui avaient répondu avec entrain. Il avait trouvé une Poulet fort à son goût, et la damoiselle peu farouche l’avait entraîné dans les recoins du palais pour une danse endiablée qui l’avait laissé pantelant, et encore plus ivre qu’il ne l’était déjà, quoique de façon fort différente.

Pour autant, revenu dans la salle principale, il sentit sa vue se brouiller, et comprit que de telles libations avaient un coût. Jamais ses frères ou Deria ne lui pardonneraient de s’évanouir à un mariage princier, aussi Robb avait eu encore assez de lucidité pour se glisser sur un balcon et respirer l’air légèrement plus frais du soir, qui battait agréablement ses tempes, suffisamment en tout cas pour commencer à le dessaouler. Du reste, il avait ainsi une vue parfaite pour observer les grandes victoires et petites avanies de ce genre de soirée. Quand il vit Dared Santagar s’extirper d’une conversation apparemment houleuse avec un vieux croûton qu’il ne reconnaissait pas de dos, faute d’un blason sur ses vêtements et s’avancer dans sa direction, il le héla, avant de le voir arriver vers lui, répondant à son appel, non sans une pointe d’ironie qui glissa sur le Dayne complètement.

« Comment ne serait-ce pas le cas ? Un mariage princier à célébrer, la guerre pour seul horizon, et des filles et du vin à foison, voilà qui est à même de combler le plus froid des hommes ! »

Lui tendant le verre qu’il avait encore à la vin, et toujours plein, il lui rétorqua finalement avec un air goguenard, mais sûrement pas méchant :

« Allons, tu devrais essayer de profiter un peu aussi, tu verras, le vin est bon, un vrai dornien avec du caractère, pas cette pisse d’âne bieffoise, et en plus, la jolie brunette à la table de derrière te fixe depuis un bon moment … »

Il le savait marié, et ignorait l’état de l’union, pour autant, à Dorne, les infidélités étaient monnaie courante, surtout au bout d’un moment, quand les enfants étaient nés et que chacun vaquait à ses occupations. L’essentiel était d’avoir l’accord de l’autre, car tromper son conjoint sans cela était considéré avec un certain dédain. Même chez les libéraux dorniens, il y avait des limites à respecter ! Et puis, la plaisanterie grivoise était de rigueur pour une noce, après tout. Autant tout de même dire clairement ses intentions, ce qu’il fit avec un grand sourire :

« Je plaisante ! Enfin non, elle te dévore des yeux, ça, c’est vrai. Mais si ta femme est dans le coin ... »

Il laissa sa phrase en suspens, son sourire s'adoucissant délicatement, invitant son vis-à-vis à parler, si le cœur lui en disait.


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MessageSujet: Re: A l'air Frais [Flashback - PV Robb]   Dim 27 Aoû - 20:42


Robert répondit à Dared sans souligner la petite moquerie du Santagar. Il semblait profiter de cette cérémonie pour ce qu'elle avait à offrir, de l'alcool et des femmes. Dared esquissa un petit sourire tandis que Robert mettait en avant ces points, ainsi que la guerre approchant à grand pas. L'héritier de Bois-Moucheté perdit son sourire sur l'instant. La guerre approchait, pourtant tout ce qu'ils trouvaient à faire était parler.

Parler, parler et encore parler. Ils l'avaient pourtant bien trop fait auparavant. Ils auraient dut partir à en guerre depuis le début. Il est évident que la chose n'était pas simple à décider, mais elle devait être décidée. Dared était sur de lui et de la capacité de Dorne à vaincre. Il était certain que nul ne pouvait défaire ceux qui se battaient avec justesse et noblesse. Le Santagar avait toujours été droit dans ses bottes, il ne se voyait pas échouer et ne l'imaginait pas.

« Il faut plus que cela pour combler certains Robert. Mais c'est suffisant pour faire oublier les malheurs d'un jour à nombre d'entre eux. »

Il glissa son regard jusqu'à son ami, puis saisit le verre que le Dayne lui tendait. Le remerciant d'un geste de la tête. Dared ferma les yeux, laissant le vent caressait son visage tandis qu'il chercher un peu de paix et de courage pour les batailles à venir. Il porta à son bouche le verre et prit une gorgée tandis que Robert reprenait la parole. Dared se retourna vers lui et l'écouta calmement.

Celui-ci conseillait au Santagar d'en profiter. Il vantait les mérites du vin et attira à l'attention du Santagar la présence d'une brûne, le fixant apparemment depuis quelques temps. Dared ravala son sourire et secoua passivement la tête de gauche à droite, peu de personnes lui en voudraient d'aller voir ailleurs, mais il nourrissait encore et toujours des rêves d'enfant d'amour comme conté dans les légendes.

Dared reprit une longue gorgée du vin avant de faire quelques pas et de jeter un coup d'oeil à la femme signalée par Robert. Il reste quelques secondes planté sur place avant de se retourner vers son ami, l'air amusé par les remarques de celui-ci.

« Le vin est bon. Aucun doute. Mais j'aime bien avoir les idées claires en permanence, ce n'a pas l'air d'être son cas à elle. »

Il reprit une gorgée. Certains en profiteraient, lui non. Ce n'était pas dans ses habitudes. Et encore moins dans l'instant présent. La guerre pour laquelle il avait milité arrivait. Une fois qu'il serait de retour à Bois-Moucheté, il prendrait la tête de ses troupes pour suivre les Martell à la guerre, la vraie maintenant, non plus de simples combats comme il avait vu avant. Il chassa ces idées de sa tête et reporta son regard sur Robert, qui reprenait la parole.

Il plaisantait, enfin, il confirmait qu'elle observait avec attention Dared. Le cadet Dayne finit par demander si Lady Santagar était dans les environs, ce qui bien sur pouvait changer l'envie ou non d'engager avec la jeune brune. Dared sourit un coup avant de répondre, secouant doucement sa tête de gauche à droite.

« N'est-ce pas là un point privé ? Enfin, non. Elle est restée à Bois-Moucheté, il faut bien quelqu'un pour gouverner et veiller sur ma fille lorsque je m'en vais parlementer avec quelques vieux nobles et rire de quelques jeunes hommes. »

Dared fit un court signe désignant l'interlocuteur avec lequel il avait une discussion mouvementée quelques instants avant pour faire un exemple de vieux noble, n'en indiquant aucun lorsqu'il parlait de jeunes hommes.

« Au final je ne suis que de passage ici, je n'ai pas vraiment le temps de prendre la virginité de chaque brunette ici. »

Il retrouva son sourire et fit quelques pas, déposant la coupe de vin vide sur une table proche, venant se poser sur la rambarde, perdant son regard à travers les lumières de la ville.

« Je partirais demain. On a une guerre à mener après tout. Peut-être est-ce le moment de rendre mémorable la soirée, ou bien simplement celui de se préparer au conflit à venir. »

Il fit une pause, puis reporta son regard sur le Dayne.

« Tu me sembles déjà bien prêt non ? »
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MessageSujet: Re: A l'air Frais [Flashback - PV Robb]   Mer 30 Aoû - 20:17

« A trop être exigeant, on finit par pisser froid. »

Robb Dayne, ou la philosophie dans toute sa splendeur ! L’Epée du Matin était un homme simple à contenter, cela, il l’admettait volontiers. Manquant totalement d’ambition, dénué de vénalité ou d’avarice, peu porté sur les questions d’honneur familial à n’en plus finir, désintéressé par les joutes de l’esprit, rien ne le ravissait plus en ce monde que la nourriture et les plaisirs. Panem et circenses, comme on disait dans l’ancienne langue. Certains caricaturaient cette vie indolente en le peignant comme un débauché sans autre but que celui dicté par son vît. Ce n’était pas dénué d’un fond de vérité, mais pas totalement fidèle à la réalité non plus. Au fond, très tôt, autant par goût que par envie de ne pas s’aventurer sur des chemins tortueux, le garçon avait fui les moments les plus complexes de son existence. Une relation amoureuse prenait un tour sérieux ? Il coupait les ponts, parfois sans beaucoup de délicatesse, autant l’avouer. Une discussion se révélait profonde ? Il bottait en touche. Il fallait réfléchir à la politique ? Il fuyait. Il y avait des exceptions bien sûr, mais il les réservait soit à ses proches, soit à ses accès de colère ou d’ivresse. Sans doute fallait-il voir dans ce portrait d’homme serpentant entre les responsabilités la marque d’une enfance passée dans l’ombre d’aînés accaparant toute l’attention au sein d’une famille déchirée entre la fidélité filiale et le devoir, puis comme otage à Lancehélion. Pupille certes. Mais enfin, le terme avait une autre signification, et tout le monde le savait. Alors, oui, pour se décharger de ce qu’il abhorrait, il avait feint l’ennui, avant de l’éprouver tout à fait. Pour ne jamais être déçu ou blessé, il arborait le masque du stupre stupide, quitte à ouvrir des plaies chez les autres … Pas chez lui. L’égoïsme, voilà peut-être ce qui le caractérisait quand on venait aux difficultés. Le guerrier virulent qui ne rechignait pas à la bataille n’aimait guère la confrontation … Ce qui lui jouait souvent des tours, car à laisser sa colère bouillonner, les éclats qui en ressortaient au moment le moins opportun n’étaient généralement que plus terribles encore.

« Et nom d’un scorpion, appelle-moi Robb comme tout le monde ... Crénom, j’ai l’impression d’être mon grand-oncle quand tu m’appelles Robert … »

Le Dayne avait toujours détesté son prénom. Quelle idée de lui renvoyer constamment à la face un modèle qu’il n’égalerait jamais ? Oh certes, il était sans doute le seul à connaître les secrets que la précédente Epée du Matin avait caché pieusement tout au long de son existence, pour autant, aux yeux de tous, le vieil homme avait toujours été un modèle de vertu … terme que personne n’aurait songé à accoler à son petit-neveu, et à raison. C’était comme si, excédés par cette énième naissance, ses parents avaient fini par manquer d’inspiration … En même temps, il fallait être honnête : une fille puis trois garçons, à Dorne, cela faisait trop. Surtout pour sa mère, sans doute, sûrement même : comme beaucoup d’unions, celle des parents Dayne manquait d’amour, et une fois que Lady Ingrid avait estimé son devoir définitivement fait, elle avait interdit l’accès de sa chambre à son cher époux, qui n’avait pas manqué de se consoler en pondant une bâtarde quelques années plus tard. Robb avait d’ailleurs toujours soupçonné le manque d’amour maternel dont il avait souffert de n’être que le reflet d’une grossesse très clairement non désirée. Enfin, là n’était pas la question …

« Mais si, mais si … Le vin fait simplement ressortir tes qualités, voilà tout ! »

Dared expliqua que sa femme était avec sa fille, rappelant au Dayne qu’en effet, l’homme était père de famille. Diantre, que cela lui semblait loin ! Il n’avait jamais connu cela et pour cause : n’avoir jamais été marié diminuait les risques ! Quant à ses maîtresses … Beaucoup étaient des prostituées, qui auraient eu bien du mal à définir qui était le paternel de leur progéniture, et le garçon avait toujours pris quelques précautions. Quant aux autres … Aucune n’avait jamais rien dit. Pourquoi l’auraient-elle fait, quand leur mari était bien content d’avoir un gamin ?

« Etrange … J’ai toujours préféré faire l’inverse. Question de caractère. »

Taquin, Robb l’était, même s’il n’oubliait pas les bonnes manières, ou du moins la sollicitude la plus élémentaire :

« Quel âge a ta fille maintenant ? Pas d’autres héritiers en route ? »

Revenant à l’objet de leur précédente discussion, décidément fort avenant, le Dayne ajouta, espiègle :

« Pourquoi, tu préfères les blondes ? »

Avant de coller une solide tape dans le dos de son camarade, faisant légèrement tanguer son verre sous l’assaut :

« Tant pis, ça en fera plus pour moi ! »

Malgré les plaisanteries, la guerre était dans toutes les têtes, et Dared se chargea, impitoyable, de le rappeler. Voilà qui avait de quoi dessaouler le plus rond des hommes. Robb haussa néanmoins les épaules à sa question : pouvait-on jamais être prêt pour la bataille ? Il ne le pensait pas. On pouvait se préparer au mieux certes. Mais il y aurait toujours des impondérables. Au moins était-il suffisamment remis pour partir.

« Mon épaule est enfin guérie, donc je suppose que oui. Au moins, je peux à nouveau porter un bouclier correctement.

Je partirais dans quelques jours avec Anders Martell pour les Météores. J’aurais préféré le faire plus tôt mais … avec un bras ballant, j’étais totalement inutile, de toute manière. Au moins, j’ai pu assisté au mariage de ma nièce puis à celui de notre Princesse.

Tu pars vers où ? Dans les Montagnes, je présume ? »


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MessageSujet: Re: A l'air Frais [Flashback - PV Robb]   Sam 2 Sep - 15:03

Dared ne put se retenir de lâcher un petit rire en entendant la philosophie de son amis. Robb était de ceux à qui il fallait très peu pour être contenté. Tant mieux pour lui, la situation était un peu plus compliquée pour le Santagar, exigeant envers lui-même il n'avait toujours pas vraiment d'idée de ce qu'il voulait vraiment, une partie de lui aspirait encore à devenir le chevalier idyllique dont les contes parlent, celui qu'il rêvait d'être jadis.

Une autre partie ne lui demande qu'être un chevalier honorable et remplissant son devoir en toute circonstance, même si cela signifie faire quelque chose qu'il n'aime pas et pour lequel il est loin d'être doué, quelque chose comme diriger. A en croire la situation actuelle ce deuxième point a gagné de loin, malgré son inimitié avec la politique et le gouvernement le voilà agissant comme seigneur de Bois-Moucheté depuis une dizaine d'année.

Robert, ou plutôt Robb reprit. Il semblait ne pas vraiment vouloir que l'on l'appelle Robert, prétextant qu'il avait l'impression d'être son grand oncle dans ce genre de situations. Le Santagar eut un petit rictus tandis que le Dayne lui demandait de l'appeler par son surnom, comme tout le monde. Dared haussa les épaules sans quitter son rictus, puis il se tourna et fit face au Dayne avant de répondre le plus calmement possible.

« Bah... Ce n'est pas si mal. Il y a beaucoup de gens à Dorne qui devrait prendre exemple sur ton grand-oncle. »


Dared fit une pause, de ce qu'il en savait son grand-oncle était un chevalier d'exception et un modèle de vertu, le genre d'homme que Dared respectait de tout son cœur et aimerait pouvoir rencontrer.

« Donc prends plutôt ça comme un compliment non ? »

Peut-être pas, après tout Robb n'avait pas vraiment toute la vertu que son ancêtre possédait. Enfin, il n'est jamais trop tard pour insister sur ce genre de choses, avec un peu de chance il allait pouvoir devenir comme son aïeul un jour, il y avait encore du chemin à parcourir en revanche. Beaucoup de chemin. Mais naïf de nature Dared avait bon espoir qu'un jour ou l'autre Robb finisse par trouver sa voie jusqu'à la vertu.

Robb continua à plaisanter sur l'effet du vin, puis sur le rôle des jeunes et de vieux nobles ici. Si Dared prétendait discuter avec les vieux et rire des jeunes, Robb prétendait faire l'inverse. Dared haussa calmement les épaules vanta de répondre.

« Hélas il y a toujours à apprendre des vieux. »

Robb revint un peu sérieux quelques instants, interrogeant l'héritier de Bois-Moucheté sur l'âge de sa fille et sur une éventuelle autre succession. Dared se crispa un peu, le sujet était sensible. Il ne ressentait aucun amour pour sa femme, maintenant qu'il avait une héritière il lui semblait bien moins important d'accomplir son devoir, se disant toujours qu'il trouverait un jour son amour platonique.

« 7 ans. Rana va avoir 7 ans. Et non. Aucun autre enfant de prévu. J'ai déjà bien assez à faire avec une seule Santagar. »

Il tenta comme il pouvait de cacher son gêne par une maigre plaisanterie, oubliant encore de citée sa femme comme étant de sa famille. Robb reprit, taquinant le Santagar sur ses goûts, blonde ou brunes ? Dared sourit un coup, puis lança un petit regard en coin à son camarade.

« Dépend de la situation. Et de la blonde, ou de la brune. »

Puis le sérieux revint dans la conversation. Guéri Robb pouvait reprendre le combat, il rentrerait aux Météores avec Anders Martell, pour les combats à venir. Dared esquissa un maigre sourire lorsque le Dayne lui répondait, puis le demandait où il allait.

« Bah... Je suppose qu'on se croisera pas dans la guerre alors. Je vais rassembler mes hommes puis suivre le Prince Roward. Ce sera l'occasion de voir du pays dira-t-on. »
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MessageSujet: Re: A l'air Frais [Flashback - PV Robb]   Dim 24 Sep - 19:04

« Justement. C’est insupportable d’être sans cesse comparé à un homme que, pour beaucoup, je n’égalerais jamais. De n’être que le numéro deux, la comparaison. Robb, c’est … moi. Robert … Je ne sais pas … Généralement, c’est ainsi que les Martell m’appellent la Princesse ou sa sœur m’en veulent ! »

En fait, en y réfléchissant … Tous ceux qui n’étaient ni proches de lui, ni en accord avec lui l’appelaient Robert, comme si son prénom complet avait une consonnance maudite, désagréable. C’était sans doute une coquetterie, mais décidément, Robb avait toujours préféré son surnom. Il avait l’impression ainsi d’être toujours sûr que l’on s’adressait à lui, et uniquement à lui, et non pas à une forme éthérée et parfois trop lourde à porter, une sorte de parangon de vertu qu’il savait à des lieux de son propre caractère … Et même du caractère de Robert l’Ancien. Mais cela, seul lui le savait. Seul le jeune homme était au courant des turpitudes secrètes de feu son grand-oncle, de sa passion secrète et dévorante ayant cocufié joyeusement et dans le plus grand secret une noble lady des Montagnes Rouges, et ce malgré l’entente apparente des époux. Il n’y avait que lui qui avait lu les lettres pleines de jalousie et de disputes puériles d’un amant envers l’autre, leurs reproches respectifs, leurs serments d’amour, leurs discussions grivoises sur des parties à trois avec de jeunes valets qui n’avaient rien à envier à ses pires virées au bordel … Oui, il n’y avait que lui qui avait en tête la réalité complexe de ce qu’avait été l’existence de la précédente Epée du Matin, passée à mentir sur son attirance pour les hommes et son célibat pour préserver la renommée de la maison Dayne. Et souvent, ce secret lui pesait, pas parce qu’il voulait salir la mémoire de son grand-oncle adoré … Mais tout simplement car soutenir une comparaison biaisée l’agaçait. Lui au moins était honnête. Il avait ses torts, ses défauts, et les assumait pleinement à la face du monde, alors que tant se drapaient dans l’hypocrisie. Il estimait avoir le mérite d’être qui il était, fièrement, à la face du monde. Et qu’importe ce que pensaient les autres, vieux ou jeunes.

« Certes. J’ai été à suffisamment bonne école pour le savoir. Même si les jeunes aussi peuvent en apprendre à leurs aînés. On a souvent trop tendance à l’oublier. »


Vu ce que son propre frère pensait de lui … Pardi, il ne pouvait que l’affirmer. Pour Robb, chacun avait son rôle à jouer, son expertise à apporter, mais aucune génération n’était supérieure à l’autre. Ce n’était pas parce qu’on avait combattu sous d’autres cieux ou en d’autres temps que les tactiques d’antan seraient cette fois efficace. Et ce n’était pas parce qu’on avait pour soit la fougue de la jeunesse qu’il fallait en oublier la tempérance apprise avec l’âge. Le tout était de conjuguer ces forces vives de la Principauté pour en tirer le meilleur et prospérer. Après, oui, il l’admettait : rire des jeunes blancs-becs ou des vieux barbons demeurait l’apanage des fieffés gredins comme lui, et il ne s’en priverait pas, car le ridicule avait toujours exercé sur lui un attrait secret. Mais un peu de légèreté aidait, au milieu de l’inquiétude de la guerre et de la pompe des festivités princières. La vie était faite pour être vécue pleinement, pas pour ruminer dans un coin ou ronchonner sur il ne savait trop quoi. Voilà pourquoi il voulait profiter de cette soirée, avant de se concentrer sur les batailles à venir. Bientôt viendraient les cris et les pleurs, alors pourquoi ne pas profiter encore un peu du bonheur et de l’ivresse ? Il y avait un temps pour tout, finalement. Et lui le saisirait à nouveau, comme il l’avait toujours fait, parce qu’il croquait dans l’existence comme dans un fruit juteux, s’en repaissant à satiété.

« Sept ans … Une jeune Lady, dis-moi ! Bientôt, tu vas avoir des prétendants devant ta porte sans même t’en rendre compte !

Je vais surveiller mon neveu, tiens ! »

Nymor était sans doute encore un peu jeune pour cela … Encore que, lui-même n’avait guère été tardif sur la chose. Cependant, il s’étonnait que l’héritier de Bois-Moucheté ne cherche pas davantage à assurer sa lignée. Il comprenait ce choix, à Dorne, une fille et un frère, c’était ordinairement suffisant mais … Les temps changeaient. Et quand il voyait sa propre famille, Robb ne pouvait qu’avoir un jugement moins définitif.

« Barristan pensait pareil, après la mort de son épouse. Qu’un fils … C’était assez. Mais Enguerrand n’a pas eu d’enfants. Et au vu de ce qu’il se prépare … Je me demande parfois si assurer davantage un nom n’est pas plus prudent. »

Il savait parfaitement ce que cela signifiait. Qu’à terme, il était possible qu’il lui faille trouver une épouse, si son aîné persistait à ne pas convoler de nouveau. Cette perspective l’indifférait sincèrement. Peu importait celle qui se trouverait dans son lit : il aimait suffisamment les femmes pour l’honorer en dépit des circonstances, et ne rechignait guère à la besogne. Le reste … De toute manière, il n’aurait pas voix au chapitre, alors pourquoi se mettre martel en tête … Autant en rester à des légèretés non ?

« Au pire … Essaye les deux en même temps, une fois. Pourquoi choisir, après tout ? Quoique les rousses, c’est agréable aussi. J’ai connu une Tyroshie, quand j’étais en Essos… Diantre ! En tout cas, elle a beaucoup tiré de moi, je peux te l’assurer ! »

Son sourire grivois s’était élargi, tandis qu’il se remémorait cette charmante furie rencontrée lors de son voyage aux côtés de Deria … Que ce temps semblait lointain ! Pour un peu, la nostalgie l’aurait presque emporté, si la conversation n’était pas une nouvelle fois revenue sur le terrain de la guerre qui couvait. Ainsi donc, le Santagar partait pour l’Orage … Sur les terres des Durrandon, et donc de sa belle-famille.

« Tu vas prêter main-forte à ma nièce donc. Peut-être que cela changera les a priori de l’Orage sur cette alliance entre nos royaumes … Même si j’en doute un peu. »

Argella elle-même semblait oublier que du sang dornien coulait déjà dans ses veines, après tout …

« Les vieilles rancunes ne s’oublient pas si facilement. Et les nouvelles qui se créent encore moins. »


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MessageSujet: Re: A l'air Frais [Flashback - PV Robb]   Ven 29 Sep - 19:32

Robb n'aimait pas être comparé à son ancêtre, presque certain qu'il ne l'égalerait pas. Dared le laissa finir, se perdant calmement à se demander si le jeune homme avait tord ou raison. Il ne pouvait pas égaler la précédente épée du matin ? Dared en doutait. Lorsque l'héritier des météores avait rencontré le Dayne, il avait bien vite comprit que celui-ci avait un talent important. Dared haussa les épaules, puis répondit.

« Si tu passais un peu plus de temps à t'inquiéter ton devoir, tu ne l'égalerais pas. Nul doute que tu le surpasserais même Robb. Je t'ai vu démonter mon frère alors que tu n'étais qu'un gamin. Et par les sept, je doute fort que beaucoup de chevalier en soit capable. J'ai combattu à tes côtés dans les montagnes rouges et je t'ai vu au milieu d'un combat. »

Dared hésita un instant. Il avait toujours beaucoup apprecié Robb, il avait déjà tenté de lui inculquer sa propre vision de la chevalerie, sans véritable succès jusqu'ici, mais le Santagar était quelqu'un de particulièrement buté.

« Si tu prenais plus de temps pour penser et moins pour t'amuser, tu serais le meilleur chevalier qu'ait porté Westeros, maintenant que mon frère hors-course... »

Dared ravala le goût amer que faisait revenir le souvenir de son frère. Il avait abandonné sa famille et l'héritier de Bois-Moucheté nourrissait toujours l'espoir fou qu'un jour il revienne. La discussion suivit, Robb était un jeune chevalier dynamique et sa vision semblait parfois contraire à celle du Santagar. Pourtant Dared se contenta d'acquiescer, conscient que son interlocuteur n'avait pas tord sur les leçons à apprendre des plus jeunes.

Bientôt la conversation bifurqua sur la jeune fille Santagar. Robert affirma que Dared risquait de voir les prétendants arriver. Durant un bref instant Dared grimaça, non pas qu'il n'y avait jamais pensé, juste qu'il n'aimait pas du tout l'idée de voir toute une bande de vautours autour de sa fille. Le Santagar voulait qu'elle puisse grandir sans s'inquiéter de cela. La plaisanterie suivante de Robb sur son neveu lui arracha un léger sourire, puis Dared répondit.

« Bah, la porte est assez lourde pour résister à quelques prétendants indignes. Et même si par miracle ils passaient, ma femme serait encore plus dangereuse que moi à ce moment. »


Robert avoua un point commun entre Dared et le seigneur des météores, aucun des deux ne voulait plus d'enfant. Robb se demandait si cela était vraiment sage, compte tenu de ce qui risquait d'arriver. Il n'avait pas tord, mais l'âme de Dared l'empêchait d’oublier cet idéal d'amour de légende, quand bien même il doutait fort de ses chances d'y avoir un jour le droit. Il ne répondit pas vraiment, haussant les épaules sans réel conviction. Robert avait raison, mais Dared restait au fond trop idéaliste pour cela.

Pour un instant la conversation redevint plus joyeuse, lorsque Robb repartit sur les filles, finissant par évoquer les rousses et parler de l'une de ses expériences à Braavos. Le Santagar rigola un instant avant de répondre sur un ton plus calme.

« J'ai plus fais de sport d'épée que de chambre lors de mon séjour, ainsi que de la danse. »

La danse de l'eau, enfin ceux qui connaissaient comprenaient. Puis la guerre revint sur le tapis. L'orage... Dared n'aurait jamais cru combattre à leur côté. Une chance de renforcer l'alliance, peut-être...

« Je ne sais pas Robb, j'ai déjà combattu l'orage dans ma jeunesse. Ce sont de très bon combattants. Mais cela va faire bizarre de les avoir dans mon camp. Enfin. Au moins sont-ils des alliés de poids dans une guerre, je n'en doute pas une seule seconde. »

Le petit sourire qui vint orner le visage de Dared disparut en se demandant s'il croiserait à ses côtés d'anciens ennemis... Ainsi que comment serait une telle réunion.
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MessageSujet: Re: A l'air Frais [Flashback - PV Robb]   Dim 15 Oct - 19:06

Robert Dayne, dit Robb, était un homme facile à contenter, et généralement difficile à agacer. Les manigances politiques lui passaient souvent au-dessus de la tête, et il se mêlait peu de ces querelles qu’il jugeait stérile, sauf à ce qu’on lui demande son avis ou que sa tolérance ait atteint un point de non-retour, ce qui demandait un bon moment de silence contrit. Pourvu qu’on le laisse vaquer à sa guise, de fille en fille et de tonneau de vin en agneau rôti aux épices, il était plutôt connu comme étant de bonne compagnie. Taquin, rieur, rarement méchant ou malintentionné, le jeune homme n’avait pas beaucoup d’ennemis à proprement parler, hormis ceux qu’il avait pu ridiculiser un jour dans les lices ou qui l’avaient insulté trop fortement. Pour autant, il n’était pas de ceux à reculer lorsqu’il savait que ses dires allaient immanquablement heurter son interlocuteur : brave à la bataille, sur son cheval ou dans une salle de fête, l’Epée du Matin avait cette propension à énoncer promptement les faits. Après, souvent, il laissait couler … Pas la peine d’en venir aux mains quand la situation était déjà suffisamment compliquée par ailleurs. Cependant, il tenait par-dessus tout à son honneur, et gare à ceux qui l’insulteraient.

Malheureusement pour lui et leur amitié, Dared Santagar venait de froisser l’impétueux benjamin des Météores en disant précisément ce que Robb ne supportait pas d’entendre. Au moins cette passe d’armes eut-elle le mérite de le dessaouler totalement, car le regard froid qu’il adressa immédiatement au chevalier fieffé n’avait rien de celui, avenant et gai, d’un aimable soiffard célébrant un mariage princier, mais bel et bien d’un fier dornien atteint au plus profond de ses serments.

Aucun moyen n’était plus sûr pour s’attirer son ire que de critiquer son comportement en osant sous-entendre qu’il manquait à ses devoirs. Cette vision de devoir être, constamment, une sorte de modèle de chasteté et de piété l’horripilait au plus haut point, mais par-dessus, il ne pouvait supporter que quiconque remette en cause sa capacité à tenir le rôle qui lui valait de pouvoir porter Aube à sa ceinture. Il n’avait jamais failli à ses devoirs. Quand la frontière avait été menacée, il avait combattu au-devant des troupes Dayne. Quand Lancehélion avait subi, quelques semaines seulement auparavant, le raid fer-né, il avait participé à la défense de la cité, ferraillant pour donner à Anders Martell le temps d’atteindre la tour du port, quitte à y subir une blessure l’ayant laissé le bras inutilisable pendant bien trop longtemps à son goût. A peine remis, voilà qu’il devait repartir pour les Météores et défendre la cité de ses ancêtres, et ce sans aucun renfort autre que le demi-frère de la Princesse. Il n’avait jamais agi à l’encontre de ses vœux, se battant même avec son propre aîné pour éviter la maltraitance des prisonniers bieffois, n’avait jamais levé la main sur des enfants ou des femmes, exploité ces dernières, volé les pauvres … Oui, il aimait la vie. Il appréciait le bon vin et la bonne chair, il aimait les belles formes des dames, mais n’en avait jamais forcé aucune à céder à ses avances, quand il ne payait pas pour leurs services, comme tous les hommes du continent à de rares exceptions. Lui l’assumait. Fallait-il donc qu’il vive dans le mensonge comme son grand-oncle pour qu’on le respecte enfin ? En tout cas sa réplique claqua, implacable, dure, et notoirement glaciale :

« Si nous n’étions pas au milieu d’une célébration de cette importance, et qu’un esclandre provoquerait l’ire de Sa Majesté, ami ou pas, je t’aurais immédiatement jeté mon gant à la figure pour avoir osé insulter mon honneur de la sorte, en déclarant que je ne remplissais pas mes devoirs, et que, de surcroît, je faisais passer mes plaisirs avant mes devoirs.

Parce que ce sont là des paroles qui exigent réparation en vertu, sur mon honneur et celui de ma famille. »

Sa mâchoire crispée et son regard noir offraient un témoignage douloureux de l’outrage ressenti, tant Robb s’estimait profondément offensé.

« Je n’ai jamais, entends bien, jamais négligé mes devoirs. Jamais. Oui, j’aime faire honneur à la table et aux fruits de la terre, parce que j’estime que ce sont là des plaisirs simples de la vie, et que dédaigner le produit du labeur de nos paysans est faire preuve d’un mépris mal placé. J’apprécie les femmes, mais aucune ne m’a jamais détourné de mes devoirs d’Epée du Matin, pas plus que je n’ai abusé de ma position pour obtenir des faveurs indues.

J’étais dans les Montagnes lors des derniers affrontements avec les bieffois. J’ai affronté mon propre frère car j’estimais que justement, nos prisonniers devaient être traité avec honneur, et que là était notre devoir. J’étais à la charge quand Lancehélion a été attaquée, et mon épaule est là pour prouver. Et maintenant que je suis guéri, je vais répondre à l’appel de mes suzerains.

Alors non, je ne m’amuse pas. Quand, le soir venu, je suis déchargé de mes fonctions, j’occupe mon temps privé comme je le désire, sur mes deniers personnels. Et mon devoir est sans cesse dans ma tête. Je suis seulement honnête envers tous : je ne suis pas parfait, comme tout le monde. J’assume au mieux ma charge et mes serments. Je ne me racornis pas dans une posture faussée. Faudrait-il donc que je vive dans le mensonge pour satisfaire à cette pruderie qui confond chevalerie et vie de septon ? Baste de tout cela. »


Vider son sac l’avait aidé à se calmer, aussi il clôtura son coup de sang d’un simple :

« N’en parlons plus. Nous risquerions de nous détester bien rapidement, et la dissension n’est pas tolérable en ce jour de fête. »

Moyen poli de dire qu’il valait mieux ne pas le relancer. Robb était disposé à passer l’éponge, estimant que l’explication en bonne et due forme était terminée et qu’il ne fallait pas donner l’impression que deux invités dédaignaient les festivités, néanmoins, il demeurait moins joyeux qu’auparavant, marqué par ce sentiment brûlant d’injustice qui l’avait étreint et à présent parfaitement alerte, mordant même. Aussi, en parlant d’Essos, il ne put que déclarer avec faconde :

« Les deux ne sont pas incompatibles. Loin s’en faut. »

Il le regarda, avant de dire, l’air songeur :

« Ainsi, la danse a un autre adepte dans Dorne … Voilà qui est amusant. Nous sommes décidément tellement prédictibles.

Encore que celle des gladiateurs de Mereen ou des baleiniers ibbéniens mériterait bien un tel qualificatif. Ce sont parmi les plus grands guerriers, et ce qu’ils perdent en grâce, ils le compensent en ruse ou en efficacité. »


Quant à l’Orage …

« Je préfère avoir ma nièce dans mon camp qu’en face. Le changement est agréable. Maintenant, ne soyons pas dupe : cette alliance lui déplaît, et je suis sûr que son peuple borné ne nous saura aucunement gré de notre aide.

Tant que nous serons leur meilleure option et que nous serons en mesure d’assumer plusieurs fronts, ce seront de bons alliés. Après … On va dire que j’aimerais y croire. Sincèrement. »


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MessageSujet: Re: A l'air Frais [Flashback - PV Robb]   Ven 20 Oct - 20:27

La réaction du Dayne ne se fit pas attendre. Ce n'est pas sans surprise que Dared l’accueillit. Visiblement il avait vexé son camarade. Le Santagar n'était pas le plus diplomate des hommes, mais sans doute aurait-il dut se douter que le Dayne prendrait mal les insinuations de l'héritier de bois-moucheté. Cependant Dared resta stoïque, laissant le jeune chevalier défendre son honneur avec autant de hargne qu'on pouvait lui prêter.

Le se défendait, autant que se trouvait prêt à défendre par le fer son honneur si besoin est. Dared grimaça légèrement, non content d'avoir un doute sur sa capacité à défaire le jeune chevalier il n'avait pas vraiment envie de voir leur amitié se briser si facilement. Tandis que Robb faisait une pause le chevalier de Bois-Moucheté répondit calmement, tentant d'apaiser une situation qu'il s'en voulait un peu d'avoir initié.

« Je ne dis pas que tu ne remplis pas ton devoir, simplement que tu pourrais faire tellement plus. »


Dared s'arrêta, pour laisser le Dayne expliquait sa vision de sa vie. Il remplissait son devoir, ne se défilait pas, mais prenait son temps à côté pour son propre plaisir. Dared ne répondit rien, il se contenta de laisser Robb exprimer son désaccord profond sur ce qu'avait dit Dared. Au fond le Santagar ne changeait pourtant pas d'avis, c'est justement sur cette partie de plaisir que le Santagar lui reprochait des choses.

Il faisait son devoir, mais simplement son devoir. Pour Dared le but d'un chevalier était de faire plus que ce que l'on attend de lui. Le Dayne était encore jeune, peut-être était-ce là la raison. Ou bien simplement n'avait-il pas vraiment l'intention de devenir le chevalier blanc auquel tant de personnes pensaient. Lorsque Robert décida de clore là ce débat Dared acquiesça, il n'avait pas vraiment dans l'idée de hausser le ton avec un jeune après l'avoir fait avec une vieux, c'était déjà bien assez.

La discussion se recentra donc, ramenant Essos au cœur du dialogue. Lors de son séjour en Essos Robert semblait avoir autant joué que combattu, à en croire ses dires. Il arracha un maigre sourire au Santagar qui détourna son regard pour observer un instant le reste des invités. Ils souriaient. Tant mieux. Demain serait plus sombre et lorsque les flammes de la guerre les atteindront, ils ne pourront plus sourire.

Robert avoua apparemment apprécier la danse de l'eau, tout comme Dared, bien qu'il reconnaissait les talents d'autres combattants vivant sur le continent de l'est. Dared acquiesça, quelques souvenirs lui revenaient tandis qu'ils discutaient. Il se revoyait passer sous le colosse à Braavos. Un grand moment, aucun doute sur ce simple point.

« Aucun doute. Je me sentais comme une tâche avec mon armure lourde la première fois que j'ai combattu à Braavos. Je me suis fais humilié par un danseur d'ailleurs. »

Dared reporta son regard sur le jeune chevalier, un mince sourire aux lèvres.

« Je me suis vengé l'année d'après. »

Et il était parvenu à être un bon danseur, sans pour autant oublier les bases du combat qu'il avait eu à Dorne. Dared se considérait, à raison, comme une fine lame, pourtant il avait vu des combattants tellement doués au delà du détroit qu'il peinait à se dire qu'un combattant pouvait être le meilleur parmi les meilleurs.

Puis vint l'orage. Robert voulait croire en cette alliance. Dared aimerait également. Il secoua doucement la tête de gauche à droite sur le sujet, il avait de grands doutes.

« Je ne sais pas. J'aimerais te dire que je le crois. Mais lorsque l'on voit un homme écraser la tête de ton meilleur amis d'un coup de masse de guerre, on peut difficilement croire que tu auras oublié ça une dizaine d'année plus tard. »

Dared posa son regard sur le sol. Les combats contre l'orage n'étaient pas les plus propres, quels seraient les regards de leur alliés ?

« Enfin. Ensemble contre un ennemis commun, pour autant nous n'aurons pas le choix. »
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MessageSujet: Re: A l'air Frais [Flashback - PV Robb]   

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