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À la rencontre du Soleil [PV Deria Martell]
MessageSujet: À la rencontre du Soleil [PV Deria Martell]   Mer 2 Aoû - 12:20

Le bruit aisément reconnaissable de l'acier chantait dans l'air frai du matin, entrecoupé par le souffle rauque des épéistes qui s'affrontaient. C'était une vieille habitude que je tenais de mon enfance et même ma présence dans la capitale ne m'avait jamais dissuadé d'entretenir mes aptitudes à l'escrime. J'étais donc dans la cour, habillé de vieux cuir bouillit, une épée à la main droite, un petit bouclier rond typiquement Dornien accroché à mon bras gauche, occupé à retourner les coups que m'adressait mon adversaire. Ce dernier, puissant mais guère véloce, avait pour lui l'avantage de l'allonge, ce qui m'obligeais à reculer et esquiver ses coups, tournant autour de lui avec la patience de la vipère rouge prête à foncer sur son ennemi. Le problème était que l'ennemi en question n'était pas du tout disposé à se laisser faire. Il manquait peut-être une certaine fluidité dans son jeu de jambe, ce qui ne l'empêchait pas de se montrer diablement rapide. Trop pour un homme de sa carrure.

Je déviais un coup à l'aide de mon petit bouclier, ce qui me permit de me glisser sur son flanc droit pour lui flanquer un coup magistral sur l'épaule. Il grogna, voulu suivre mon mouvement, se retrouvant confronté à une série de botte qui l'obligea à reculer. Sa puissance physique considérable et sa taille se retournaient contre lui alors que je le pressais, trop près pour qu'il ne parvienne à utiliser l'allonge de son arme efficacement. J'arrachais un premier copeau de son bouclier d'entraînement, puis un second, avant que mon adversaire ne m'oblige à reculer pour parer à la dernière minute un coup de taille que je n'avais pas vu venir. J'y parvins en opposant mon bouclier à la lame moucheté, mais cela n'empêcha pas le choc du coup de se propager dans toute mon épaule gauche, me faisant grogner de façon fort peu seigneuriale sous l'effet de la douleur. Je tins bon cependant et parvint à flanquer un coup d'épaule dans la poitrine de mon adversaire, qui perdit l'équilibre et chuta sur le sol poussiéreux de la cour d'entraînement du Palais Vieux. Avec un sourire un poil vaniteux, je le laissais se relever, le souffle rauque de l'effort qu'il venait de réaliser.

« Tu te fais vieux Bertrand. Avant, tu aurais à peine bronché et tu serais resté sur tes pieds. »

Le vieux garde, presque cinquante ans au compteur, se contenta de sourire, me faisant admirer ses dents pourries. Pour sûr, même une Autre se serait refusée à embrasser pareille bouche !

« Vous devez avoir raison, mon Lord. Ser Robert votre frère m'a servi la même chanson, la dernière fois qu'il s'est entraîné en ma compagnie. Désirez-vous continuer ?»

« Non, cela ira pour aujourd'hui. D'autres affaires exigent mon attention. »

Le garde s'inclina avant de prendre congé, tandis qu'après avoir confié mon équipement à un jeune page, je retournais sans tarder à mes appartements. La princesse Deria avait exprimé le souhait de profiter de ma compagnie ce matin, hors de question donc de venir devant elle habillé comme un vulgaire franc coureur qui puait la sueur. Depuis le début de sa grossesse, j'avais eu peu d'occasions pour m'entretenir avec elle. Cette convocation déguisée était le moyen idéal pour aborder certains sujets, à l'abri des yeux et des oreilles qui peuplaient le Palais Vieux. Le départ du Prince consort de Dorne alors même que la princesse était enceinte et la guerre au nord représentait les deux sujets de commérages les plus prisés ces derniers jours… Pour ma part, j'éprouvais encore la rancœur qu'avait causé le départ du Baratheon. Comment osait-il retourner dans les jupons de sa sœur alors que son nouveau royaume se dirigeait vers une guerre totale contre les forces coalisées du Bief et des Iles de Fer ? Cette attitude n'était pas digne d'un homme, encore moins du prince qu'il était censé devenir. Pour ma part, je ne pouvais comprendre que les choix d'un homme aillent à l'encontre des devoirs qui lui étaient échus. Mais bon, cela se tenait sans doute dans la différence d'éducation entre un vrai noble et un bâtard, quoi que je me targuais de voir un tout autre comportement de la part de la fratrie Martell. Le mal était fait cependant et il nous fallait faire avec.

Une fois rafraîchi et correctement habillé pour la circonstance, je me rendis dans l'aile réservée à la princesse. Cette dernière se trouvant dans ses appartements personnels, je me présentais devant les membres de sa garde. Tous m'étaient connus et étaient de bons soldats, dévoués et aguerries.

« Fais savoir à la princesse que je suis à sa disposition si elle désire me recevoir »

Le garde opina du chef, avant de passer la porte pour demander l'autorisation de me faire entrer.
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MessageSujet: Re: À la rencontre du Soleil [PV Deria Martell]   Mer 9 Aoû - 0:26

Je repose ma plume, avant de relire la missive que je viens d’écrire. Contrairement aux autres, celle-là, le Conseil n’a nul besoin de la lire. Ni les autres en l’occurrence, puisque j’ai déjà convenu avec eux de ce que je répondrais. Cela ne va pas plaire à tout le monde. Mon Conseil est déjà fort divisé, même si les membres se rendent à l’évidence sur la plupart des points. Que mes réponses ne plaisent pas à ceux à qui j’écris est déjà embêtant, mais que ça ne plaise pas à mes nobles et à mon peuple serait plus dommageable. Enfin, ce n’est point comme si j’avais le choix. Nous devons tous accepter certains faits et faire avec les cartes que nous avons en mains. Et je n’ai guère d’autres cartes actuellement.

Je me radosse un instant contre le dossier, faisant craquer mes épaules, et pose les mains sur mon ventre. J’ai de la chance, je n’ai guère pris de poids, cela ne se voit pas. Pas encore. Le bon côté, c’est que je commence à ne plus m’assoupir dès que je me repose deux minutes et que je n’ai plus à me forcer pour tenir la durée d’un Conseil sans bailler. Ce qui ne veut pas dire que je ne suis plus fatiguée, loin de là même, jamais la chaleur ne m’avait autant incommodée. Elle ne m’avait jamais incommodée tout court d’ailleurs jusqu’à présent. Et je commence à avoir mal au dos. Ce qui est normal d’après le mestre et Célène. En même temps, si je me contente de les écouter, tout est toujours normal et parfait. Tant que je vais bien, le bébé ira bien. Est-ce vraiment si simple ? Je l’espère, je ne peux faire davantage de toute façon, même si me reposer vraiment tiens toujours de la gageure. Et je m’efforce de manger convenablement, même si ce n’est pas toujours évident.

Je me dirige vers la fenêtre pour aller admirer la vue et profiter du soleil. Pas trop non, on ne sait jamais que cela me donne des vertiges ou autres… On ne prévient jamais les femmes qu’une grossesse est si restrictive et difficile. Je sais, je n’ai pas à me plaindre, tout se passe bien, je suis choyée et protégée, privilégiée à bien des égards il est vrai. Tout serait parfait si l’on omet quelques détails. La guerre, mes hommes qui combattent, l’absence du père, les dernières informations obtenues…
Je soupire, les mains toujours posées sur mon ventre. Il faut que je fasse attention, je me surprends parfois, comme là, à parler toute seule. Je ne parle pas vraiment seule, je lui parle à lui, comme si lui expliquer pourquoi je suis plus tendue ou énervée à tel moment changeait quelque chose. Ou peut-être que si qui sait. Comprendra-t-il plus tard, ce qu’il se passe actuellement, ce qu’il va se passer avec le Noir, l’Empire et le reste ?

Je retourne à mon bureau, afin de plier et de sceller de mon sceau la missive adressée à mon époux, me demandant si je fais bien, si je lui enverrais réellement et si ça servira à quelque chose. Je relève la tête alors que Deran frappe et entre en s’inclinant.

« Lord Dayne votre Altesse. »

Je hoche la tête et lui fait signe pour qu’il le laisse entrer, me redressant en inspirant. Il va bien falloir que j’annonce ma grossesse au Conseil, mais je préfère attendre encore un peu pour l'annoncer officiellement, même si je pourrais déjà... Tout comme je pourrais sans doute en parler à Barristan, j’ai confiance en lui, mais… Je sais, je l’ai déjà dit à d’autres, mais… Je verrais bien.
Je lui souris alors qu’il rentre. Mais j’ai bien d’autres sujets à aborder avec lui. Plus importants et plus pressés pour le moment.

« Lord Dayne. Heureuse de vous voir par cette belle matinée. » Je l’invite à entrer d’un signe après qu’il m’ait salué. « Votre entrainement matinal s’est-il bien déroulé ? »

Je hausse un sourcil en lui jetant un coup d’œil. Qu’il s’entraine quotidiennement ou presque à l’épée n’est un secret pour personne au palais. Il suffit de passer dans la cour ouest pour l’apercevoir de bonne heure de toute manière.

« Voulez-vous un rafraichissement et quelques mets pendant que nous discutons ? Nous avons un certain nombre de points à aborder… même si nous les reverrons avec le Conseil au complet, j’aimerais avoir votre avis… plus sincèrement que je ne l’aurais peut-être en étant entourée. »

Je me dirige vers la terrasse, m’asseyant à la petite table placée à l’ombre, alors que Célène se déplace sans bruit pour ramener du vin et de l’eau aromatisée, ainsi que quelques fruits, non sans me jeter un coup d’œil. Je n’ai pas déjeuné je plaide coupable…



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Dernière édition par Deria Martell le Ven 18 Aoû - 20:02, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: À la rencontre du Soleil [PV Deria Martell]   Jeu 17 Aoû - 16:57

Le garde ne fut pas long à revenir pour me signifier que la princesse m'invitait à entrer, quoi que cela relevait plus du protocole que d'un réel besoin de m'indiquer le chemin. Ces derniers mois, Deria et moi avions pris l'habitude de nous rencontrer pour échanger plus librement sur certains sujets. Les tensions au sein du conseil étaient peu propices à la discussion, surtout depuis le début des hostilités dans la Montagne Rouge. De plus, j'avais trouvé la princesse fort réservée ces derniers temps. Sans jamais ignorer ses responsabilités, elle restait pourtant plus souvent dans ses appartements privés. Il ne fallait pas être un maître des intrigues pour porter attention à ce genre de détail, surtout dans le Palais Vieux, ou milles yeux vous épiez sans cesse, tous prolixes en commentaires. J'espérais pour ma part que le poids des responsabilités ne pesaient pas trop sur ses jeunes épaules. La situation actuelle du royaume et la guerre que nous menions reposaient sur elle en grande partie, ce qui devait être un bien lourd fardeau à porter seule, sans le soutien de ses frères partis en guerre ou de son mari.

Je parvins devant la princesse, que je saluais respectueusement. Je n'étais guère étonné d'apprendre qu'elle connaissait le contenu de mes matinées. Je répondis par un petit sourire et un haussement d'épaule.

« Aussi bien qu'à l'accoutumée votre majesté, je vous remercie de le demander. Par les temps qui cour, il est important d'occuper les troupes. Depuis l'attaque de l'arsenal, nos hommes ont du temps pour penser, trop sans doute. »

Mon père m'avait souvent averti de danger que représentait l'oisiveté sur le moral des troupes. J'étais d'ailleurs bien décidé à soulever cette question, même si j'estimais qu'il était plus sage de ne pas continuer sur ma lancée. Si la Princesse m'avait convoqué, c'était pour apprendre certaines choses, non pas pour que rajoute à sa longue liste d'occupation quelques lignes. J'acceptais volontiers un rafraîchissement avant de m'asseoir comme le demandait Deria, silencieux pour une fois. Alors que je prenais en main la coupe que la servante venait de poser sur la table, j'écoutais calmement la jeune Martell, pas vraiment transporté à l'idée ne pas m'être leurré sur ses intentions. Des choses à m'apprendre… Autant dire de nouveaux problèmes à gérer. C'était notre lot commun à tous deux ces derniers temps, le privilège ingrat qu'ont ceux qui restent en retrait du front pour coordonner l'ensemble de l'action.

« Ce serait un honneur que de vous donner mon point du vu, princesse. »

Je me gardais bien de dire que la sincérité était à double tranchant lorsque l'on traitait avec une princesse de Dorne. Mais j'avais appris à faire confiance à la princesse et à sa propre franchise, même si je ne désespérais pas de lui inculquer les valeurs du mensonge d'état. Je savais également qu'il me serait possible de faire preuve de cette franchise qui faisait la renommée de la maison Dayne. Il fallait avouer qu'avec Robb, nous étions bien servis en la matière ! Pour ma part, j'avais toujours fait preuve d'une certaine prudence les rares fois où Meria Martell avait mandée mes conseils, mais sa petite fille semblait avoir une vision plus nuancée de l'utilité des hommes à son service. Ce qui n'était pas pour me déplaire d'ailleurs.

« Il est vrai que l'ambiance délétère qui règne dans la salle du conseil n'est guère propice à la vérité. Je ferai de mon mieux pour vous contenter»

Et encore, c'était un euphémisme. La guerre divisait l'opinion publique, allant même jusqu'à rendre les puissants de Dorne septique quant à la capacité de la couronne à la gérer. Ce n'était guère étonnant au fond, au vu de la situation…. Je remerciai la servante de la princesse d'un signe de tête lorsqu'elle apporta une coupe de fruit pour accompagnerr le vin coupé à l'eau. Un vin excellent au demeurant, raide comme l'est le nectar de Dornien, mais pourtant riche de multiples saveurs subtiles. Ce n'était pourtant pas tant le vin que le regard que lançait la servante à sa maitresse qui m'interpella. Nulle colère dans ce regard, juste… du reproche ? Etrange, bien étrange. Je connaissais l'attachement que Deria éprouvait à l'égard de ses gens, mais jamais encore je n'avais vu une telle attitude de la part de sa servante. Maintenant que je pouvais la détailler de plus près, je notais la fatigue évidente qui s'inscrivait sur le visage de la princesse.

« Excusez l'audace de votre conseiller, mais vous semblez fatiguée, votre Grâce… Devrais-je m'inquiéter pour votre santé ? »

Là, je prenais un risque. Le défaut d'avoir une décennie de plus qu'elle à mon compteur donnait un aspect un brin paternaliste à ma question, j'en avais conscience. Cela faisait près d'un an que je demeurais auprès d'elle et j'avais découvert graduellement que la loyauté n'était pas mon seul moteur à l'égard de Deria. Je respectais grandement cette jeune femme frondeuse et déterminée, indomptable et pourtant attentive à ceux qui la servait. Assez pour me soucier de sa personne propre autant que de la princesse qu'elle était.
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MessageSujet: Re: À la rencontre du Soleil [PV Deria Martell]   Jeu 7 Sep - 9:53

Rencontrer le Conseil n’était pas toujours suffisant, même si les avis ne divergeaient pas toujours, il n’était pas forcément aisé d’avoir les opinions sincères de tout le monde, ni de pouvoir prendre une décision satisfaisant tout le monde et il y a toujours quelqu’un pour trouver à redire. Même si je commence à bien maîtriser le regard noir et que rares sont ceux à véritablement essayer d’oser aller contre mes décisions, merci grand-mère et sa main de fer… J’avais donc rapidement pris l’habitude de rencontrer certains conseillers en dehors des réunions habituelles pour discuter de certains points précis. Barristan Dayne faisait parti de ceux-là, c’était même sans doute celui que je voyais le plus. Et il était plus que concerné pour les affaires actuelles qui plus est.
Je lui souris alors qu’il rentre et me salue. Je hoche la tête en retenant un soupir.

« Je le sais bien, nous leur faisons renforcer les protections de Lancehélion en partie pour ces raisons, même si je sais fort bien que cela les satisfait pas forcément. »

Mais les travaux de terrassements ne sont pas vraiment le sujet, ou plutôt l’un des sujets que nous devons aborder. Même si cela sera peut-être d’actualité un jour malgré tout. J’espère que non… Quelques nobles auraient voulu envoyé tous les hommes à l’ouest, mais cela revenait à laisser le reste des terres sans protection aucune, et il était peut-être plus sage d’en garder à l’est. Quoique si le reste de l’armée se faisait défaire, si nous perdions nos hommes, ce ne sera pas les quelques milliers restants ici qui pourrait sauver le royaume. J’avais confiance en eux, mais ils avaient face à eux une force au minimum deux fois plus nombreuses, et même en connaissant le terrain, l’avenir était plus qu’incertain… Et si nous les perdions, qu’adviendrait-il de Dorne ?... Si je les perdais, si je perdais Anders et Robb ?... Et Roward… Mieux valait ne pas y penser, car je n’étais pas certaine d’y arriver dans ce cas. Alors je me concentre sur l’homme qui me fait face et avec qui je dois discuter de choses plus urgentes et réelles dans l’immédiat. J’esquisse un sourire et secoue la tête.

« Oh la vérité y est pourtant souvent dite, de façon fort nuancée et personnelle, voire détournée, mais ce n’est pas forcément l’idéal j’en conviens. »

Car même si je parviens à m’imposer, cela n’empêche nullement les membres de s’exprimer, parfois de façon exagérée, ce qui ne mène pas vraiment à un dialogue sain et constructif. Et j’étais trop fatiguée en ce moment, trop à fleur de peau, pour supporter ces jérémiades et acrimonies, si bien que les réunions tournaient court, ou que je devais souvent, plus souvent que d’ordinaire, taper du poing sur la table pour rappeler à l’ordre. Au sens propre comme au sens figuré. Non, finalement, j’étais encore bien loin de Meria Martell et de son regard qui imposait le silence et l’obéissance en quelques secondes aux plus virulents de ses détracteurs. Mais je faisais de mon mieux et je continuais d’apprendre. Je sais fort bien que de nombreux conseillers avaient perdu des membres de leur famille, que ce soit à la bataille du Fort des éperons ou ailleurs, ce qui m’encourageait à être plus patiente. Paradoxalement, mes frères et mes amis étaient également au front, risquaient également de mourir, et cela ne m’aidait pas.

Je relève les yeux vers Barristan, après avoir essuyé une remontrance silencieuse de Célène. Je sais bien qu’elle s’inquiète et que le mestre lui a demandé de veiller sur moi, je ne peux même pas lui en vouloir. J’inspire et attrape un kaki que je coupe en lamelle.

« Non, ne vous en faites pas. J’ai simplement un peu de mal à me reposer convenablement, et je reconnais être quelque peu fatiguée… Mais cela ne se fait point de mentionner à une Lady qu’elle semble fatiguée, d’autant plus à sa suzeraine. » Je lui souris. « Ai-je réellement l’air si mal en point ? »

Je croque quelques bouchées de fruits, avant de reprendre.

« Il n’y a pas lieu de s’inquiéter, je vais manger et me reposer, et j’aurais à nouveau l’air pimpante et juvénile. »

Ou pas, mais c’est un détail. Je le dévisage. Nul besoin qu’il s’inquiète davantage, n’est-ce pas ?

« Barristan. Vous avez lu les diverses missives que nous avons reçu… Celle du Val, de l’Ouest… d’Harren et du Grand Septon. J’aimerais… avoir votre avis cela va de soi. Je sais que j’ai fait des erreurs, que certaines alliances n’auraient pas dû avoir lieu… mais nous pouvons essayer de rattraper tout cela. Je l’espère en tout cas. Vouloir la neutralité est une chose, l’Empire semble étonnement bien le prendre, et devoir renoncer à leur soutien ne changera pas grand-chose pour nous, étant donné l’aide qu’ils nous ont fourni jusqu’à présent… Mais ce ne sera pas si facile avec le Bief et les fer-nés… Et vous êtes directement concerné, les Météores… Je ne tiens pas à céder des terres, je le refuse évidemment, mais si notre armée échoue… »

Ma gorge se serre. Joli discours qui aurait sans doute été plus efficace sans cela. Mais songez que l’on puisse perdre, que nos hommes meurent, que mes hommes meurent, même en sachant que c’est une probabilité élevée, est au dessus de mes forces. Je ne m’attends pas à ce qu’il ait une solution miracle, mais comme dit, les Météores sont son fief, sa famille y réside, il est donc le premier concerné dans l’immédiat non ?



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MessageSujet: Re: À la rencontre du Soleil [PV Deria Martell]   Mar 12 Sep - 13:38

Échanger avec la princesse en privé n'était pas dépourvu d'avantages, du moins en ce qui me concernait. L'intimité avait cela pour elle, contribuant ainsi à créer un climat plus propice à l'échange. Le seul fait que je sois invité dans les appartements de Deria prouvait également l'importance de ma maison auprès de la famille régnante, dont la voix était respectée jusque dans le Sud de la principauté. La récompense d'une loyauté séculaire qui liait les Dayne aux Martell et dont nous représentions tous deux le prolongement naturel. Ma voix et mes idées étaient acquises à ma princesse, quoi qu'elle décide d'en faire par la suite. C'est pourquoi je décidais de ne pas poursuivre mon propos concernant l'emploi des hommes postés à Lancehélion. Je connaissais plus intimement Deria désormais, assez pour décrypter l'humeur enfouie sous le vernis de ses mots princiers... Je continuais donc de siroter le vin dans ma coupe, attentif mais silencieux.

Lorsque la jeune femme vint à parler du conseil, je ne pus m'empêcher de laisser un soupir désabusé traverser le rempart qu'était mes lèvres. Pour ma part, je me lassais de ces heures perdues dans des palabres aussi ennuyeuses qu'inutiles. La guerre apportait son lot de dissensions et de contradictions, si bien que l'avis de certains Lords du Sud dorniens s'opposaient aux demandes de soutien des seigneurs montagnards. J'avais moins même faillit tirer l'épée face aux déclarations du Lord Poulet, qui affirmait haut et fort que la défense des montagnes rouges ne servaient qu'à faire fondre le trésor royal tout en privant les côtes d'une défense acceptable, laissant le royaume et ses régions les plus commerciales à la merci des raids fers-nés... Un exemple isolé certes, mais qui prouvait que l'unité de Dorne était menacée par la perspective d'une invasion.

« Laissons là les chamailleries mesquines qui émaillent nos séances de discussion. Je suis las des migraines et des accès de colère que me provoquent mes nobles acolytes du conseil. »

J'étais certain qu'elle partageait mon avis, ne serait-ce qu'à travers de sa dernière déclaration. Au moins avait-elle toujours la main mise sur le dit conseil, qui continuait malgré les dissensions de soutenir la politique princière. Tant que cet élan demeurerait, tant qu'un Martell serait à la tête de la principauté, nous resterions unis, c'était du moins mon souhait. Deria chassa vite ces préoccupations cependant lorsqu'elle me sermonna subtilement sur mon manque de tact à son égard... la malice de son propos attira de ma part un sourire amusé. Nul ne pouvait nier la beauté de la princesse, malgré la fatigue qui cerclait ses yeux, sauf moi bien sûr !

« Qu'il ne soit pas dit que les Dayne sont d'incorrigible rustres insensibles à tant de beauté ! Tous les hommes de Westeros sont charmés par la grâce et la féminité de Deria Martell, belle d'entre les belles, même lorsque la fatigue s'invite à ses traits, tandis que les femmes la jalouse . Vous semblez simplement plus las qu'à l'accoutumée, même si ce détail a pu échapper à un œil moins familier de votre personne. »

Ce fut à mon tour de lui offrir un sourire malicieux, avant de mordre dans un abricot qui trônait, solitaire, dans la coupe de fruit sur la table. J'étais parfois fort littéral lorsque je me trouvais en présence de ma souveraine, une habitude dont je peinais à me délester et qui prenait racine de mon service auprès de sa grand-mère, laquelle n'aurait jamais admis pareille frivolité...

« Puissiez-vous trouver le temps nécessaire à cela, votre grâce. N'oubliez pas toutefois qu'il demeure à Lancehélion de loyaux serviteurs, prêts à vous seconder dans les épreuves que traverse notre royaume. »

Je ne pouvais certes pas remplacer son mari ou ses frères, mais j'étais prêt à faire au moins cela pour elle. Les sept savaient pourtant que ce que je m'apprêtais à dire risquait de lui déplaire.

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MessageSujet: Re: À la rencontre du Soleil [PV Deria Martell]   Ven 20 Oct - 8:52

Je commence à le connaître. Tout comme il devait commencer à me connaître oui. Je sais bien que les réunions du conseil l’insupportent assez régulièrement. Ce qui devait être le cas pour la plupart des nobles, étant donné qu’il était impossible de satisfaire tout le monde et que chacun désirait protéger et avantager son propre domaine, ce qui est normal et compréhensible. Sauf qu’en temps de guerre, la logique et l’égalité devant les chances offertes ne primaient plus réellement. Il n’y avait que Dorne qui devait primer. Toujours. D’autant plus en ces temps difficiles. Ce qui rendait effectivement les choses encore plus compliquées et délicates.
J’esquisse un sourire compréhensif à sa remarque et hoche la tête, évitant de rappeler que lui aussi provoquait tout autant accès de colère et migraines aux autres. Il doit bien le savoir de toute manière. Aucun des conseillers n’a un caractère facile ou tempéré, pas tout le temps du moins, ce n’était pas ce que leur demandait grand-mère, ce n’est pas davantage ce que je leur demande. Avoir des avis tranchés, des opinions constructives et utiles est mille fois préférable à des hypocrites superficiels.
Et j’essaie de me faire légère et de répondre sans répondre à sa question. Je devrais peut-être lui indiquer que j’attends un enfant, mais j’aimerais attendre un peu. Le mestre dit que tout se passe bien, mais j’ai déjà entendu trop d’histoires contant des femmes perdant leur enfant les premiers mois. Et puis, il ne pourra point m’aider. Ou peut-être que si, peut-être pourrait-il me soulager et m’aider vis-à-vis des autres nobles qui sait. Je retiens un soupir et me contente de sourire, un peu espiègle.

« Par les Sept, voilà longtemps que je n’avais entendu une telle avalanche de compliments, vous m’en feriez presque rougir Lord Dayne. Mais je suis néanmoins rassurée d’apprendre que ma fatigue n’est pas si visible pour tout à chacun. Merci Barristan, vous savez comment rassurer et flatter une femme. » Je lui jette un coup d’œil, sans doute aussi amusée que lui. Je doute qu’il se soit permis une telle audace ou familiarité avec grand-mère, mais pour ma part, tant que cela restait entre nous, officieusement, je préférais cela à un protocole trop strict. « Je sais, et je compte sur vous, sur vous tous pour m’épauler et me conseiller. »

Si j’étais seule, sans eux, je ne serais pas certaine d’y parvenir. A dire vrai, vu la situation de la principauté, je ne suis même pas certaine que Dorne s’en sorte malgré la bonne volonté et le soutien de chacun. Mais cela, je ne le dirai à personne. Que d’autres le pensent est une possibilité, que moi, je me permette de penser cela, c’était assez inadmissible pour ne pas être ébruité. Evidemment que je crois en mes soldats et mon armée, évidemment que nous avons nos chances. Malgré tout, il faudrait être stupide ou aveugle pour ne pas songer aux pertes à venir et à nos maigres chances de victoire…
Sauf que rares sont les choses à se passer comme prévues. Le bon côté, c’est que Barristan est plus sincère à présent que précédemment. Je le fixe, le laissant parler, hochant lentement la tête, même si je finis les lèvres pincées et le regard plus froid.




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MessageSujet: Re: À la rencontre du Soleil [PV Deria Martell]   Sam 9 Déc - 14:21

« Flatter les femmes est un art que les Dayne consomment depuis bien trop longtemps pour en oublier la saveur votre grâce. Mon jeune frère en est l'exemple le plus probant ! »

Un peu trop à mon goût d'ailleurs, mais ce n'était toutefois pas mon propos... Voir un sourire sur le visage de la princesse était déjà une petite victoire à mes yeux. Je m'habituais de plus en plus à sa façon de gouverner, sachant quand je pouvais me permettre un certain relâchement protocolaire lorsque l'intimité nous préservait des regards indiscrets.

« Vous m'honorez par vos paroles. Je tâcherais de ne point vous décevoir pour mériter cette confiance que vous placez en moi. »

Je n'étais pas surpris par ses paroles, mais l'estime qu'elle me témoignait en cet instant revêtait une importance particulière à mes yeux. Pour elle, j'étais partis de mes Montagnes, loin de ma famille et de mon héritage. Pour elle, j'avais envoyé mon propre frère protéger mes terres et mes gens à ma place, demeurant dans le Sud pour appuyer la politique princière. Cette tâche faite à mon honneur me pesait bien plus que je ne l'aurais cru lorsque j'avais accepté de demeurer à ses côtés, même si je ne m'étais jamais exprimé publiquement sur le sujet. Bien sûr, j'étais satisfait de la position que mon statut de conseiller me conférait et des perspectives qu'il m'offrait pour exercer mon influence dans les plus hautes sphères décisionnels de notre royaume.Satisfait oui, mais guère heureux. Une partie de moi aurait voulu demeurer chez moi, loin des intrigues et du pouvoir, entouré de les miens. Voir que ce sacrifice n'était pas vain revêtait pour moi une forme de réconfort, un baume sur une blessure encore à vif.

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