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A L'aube de la bataille [PV Robert Dayne]
MessageSujet: A L'aube de la bataille [PV Robert Dayne]   Dim 30 Juil - 18:08

L'air du matin sentait la merde et la poussière. Un mélange qui empreignait souvent Lanchélion, comme je n'avais pas tardé à le découvrir lors de mes premières visites dans la capitale. Quoi de plus normale, lorsque vous entassez toute une population derrière des murs sous l'impitoyable soleil de Dorne ? J'étais un homme des montagnes et il semblait que même l'habitude ne parvenait pas à chasser cet inconfort. Ce n'était pas pour cela que je me sentais tendu pourtant. L'avantage de ma position de conseiller au service de la princesse résidait dans le fait que j'étais surchargé, ce qui m'empêchait de penser à la situation qui agitait les montagnes rouges et du danger qui planait sur les Météores. Hormis Robb , présents à Lanchélion tout comme moi, ma famille entière courait un danger qui se précisait de plus en plus, sans que je puisse faire quoi ce soit dans l'immédiat. L'impuissance mène souvent à la colère, que je tentais bien d'apaiser par le vin et les mille plaisirs qu'on trouvait à portée de main ici, mais hormis renforcer ce sentiment amer qui m'animait, je doute que cela servait à grand-chose. Plus particulièrement depuis que la princesse avait permis au prince Anders et à mon jeune frère de se rendre dans notre foyer pour le défendre. J'avais soutenu cette décision, mais ça n'empêchait pas d'éprouver le regret de ne pouvoir mener la défense de mes propres terres moi-même. Ni l'inquiétude d'envoyer de mon cadet au-devant de sa propre tombe…

Je faisais bonne figure pourtant, comme on me l'avait appris dans ma jeunesse. Un Lord ne peut se laisser aller à l'atermoiement me disait souvent mon père. Or c'était assez vrai dans la circonstance. Je devais aller au bout de mes engagements, quoi qu'ils puissent me coûter. La présence de Robb et d'Anders pourrait s'avérer décisive dans la suite de l'engagement qui nous opposait au Bieff et à leurs alliés Fer-nés. Reculer maintenant se résumait à saborder les efforts que nous avions déjà consentis. De plus, j'avais confiance dans les qualités martiales de Robb. Aube, l'épée dont la lame était faite d'acier valyrien, aurait son content de sang étranger dans les semaines qui suivraient. Ce qui m'inquiétait plus, c'était la propension parfois absurde du cadet Dayne à jouer les têtes brulées.

C'était sans doute à cause de cela que j'avais évité de le rencontrer ces derniers jours, prétextant à chacune de ses visites des tâches trop importantes pour que je puisse les ajourner. Qu'il soit dupe ou pas de mon mutisme, j'avais tout de même pris sur moi de le convoquer le jour qui précédait son départ. J'avais peut-être parfois du mal à le supporter, mais je ne pouvais pas ignorer mon frère alors qu'il s'en allait défendre le Nord de la principauté, malgré tout ce qui pouvait nous opposer. C'est pourquoi j'attendais sa visite, assis devant le bureau, dans mes vastes appartements du Palais Vieux, occupé a priori par la rédaction d'une missive pour mon autre frère, Enguerrand. En cas de siège, je voulais transmettre des consignes claires pour faciliter la prise de commandement du prince et de Robert vis-à-vis des hommes sur place, même si je savais pertinemment qu'Enguerrand ne chercherait nullement à prendre part à la gestion militaire en cas de siège dans ces déplacements,. Il était un gestionnaire plus qu'efficace, mais ce n'était pas un guerrier. J'avais pris soin de rédiger une seconde missive que je destinais à mon fils, l'enjoignant à être prudent et à écouter tous les ordres que pourrait lui donner son oncle. Ce ne serait pas difficile pour Robb de canaliser le jeune homme tant ce dernier admirait son oncle l'épée du matin.

« Lord Dayne. Ser Robert votre frère demande à être reçu »

Silencieux dans ses déplacements, malgré le fer dont il était habillé, Ser Arys se tenais devant moi. Un homme à moi, venu en ma compagnie des météores il y  a une éternité de cela, en qui je pouvais avoir confiance. Je le dévisageais un instant, avant de reprendre ma rédaction.

« Fais-le entrer, et veille à ce qu'un serviteur nous ramène du vin »

Le garde s'inclina avant de s'éclipser, me permettant de rédiger les dernières lignes de ma missive. Il revint en compagnie de Robb alors que j'apposais mon sceau sur l'enveloppe, avant de souffler légèrement dessus et de me lever, un sourire aux lèvres.

« Bonjour mon frère. Je suis heureux de pouvoir trouver le temps de te voir avant ton départ. »

Un mensonge éhonté que j'estimais nécessaire. Je le connaissais trop bien pour savoir que nous étions rarement du même avis, mais j'espérais tout de même parvenir à éviter le conflit. Un serviteur entra discrètement, un pichet de vin à la main. Je lui fis signe de nous rejoindre et invitais mon frère à prendre place.

« J'ai des missives à te confier. L'une à destination d'Enguerrand, l'autre pour Nymor. Je me doute que ce dernier sera ravi de te revoir. »

Une approche bien timide, je l'admets, mais une approche tout de même. Je scrutais mon cadet, essayant de décrypter son attitude et son humeur tandis que le serviteur remplissait deux coupes du contenu de son pichet.
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MessageSujet: Re: A L'aube de la bataille [PV Robert Dayne]   Ven 4 Aoû - 17:26

L’Aube était arrivée, et avec elle son cortège de chaleur et de départs. La veille, une énième fois, Robb avait surveillé le chargement léger des soldats, vérifié en un ultime mouvement son propre paquetage, avant d’aller marivauder dans les ruelles de Lancehélion jusqu’à point d’heures, seul, ruminant les événements récents dans la tête et réfléchissant à tout ce qu’il pourrait faire pour sauver le fief de sa famille. Surtout, avant de partir au-devant d’une mort certaine, il avait tenu à humer encore un peu l’odeur si particulière de la ville soleil. Certains haissaient la flagrance de cette cité aux murs ensablés, où la chaleur écrasante ne disparaissait que dans les profondeurs de la nuit. Lui l’adorait, pour une raison évidente : elle lui rappelait son enfance et ses jeux, son adolescence et ses découvertes en compagnie du Prince Nymor ou de ses camarades. Pratiquement toutes ses premières fois avaient eu lieu entre ces murs, et chaque carrefour lui remémorait un souvenir particulier. La senteur de chaque étal lui était familière. Oui, vraiment, la capitale de Dorne était son réel foyer et, ironie du sort, il la quittait pour défendre ce qu’il aurait dû considérer comme son unique point d’ancrage.

Ce n’était pas qu’il n’éprouvait rien pour les Météores : c’était le lieu où les Dayne demeuraient depuis des décennies, là où il avait connu Arianne, reçu Aube bien sûr … Il y avait de doux moments liés à cet endroit, évidemment, et un sentiment de fierté inhérent à toutes les Epées du Matin vis-à-vis du fief qui leur avait octroyé l’arme légendaire. Robb était sincèrement prêt à mourir pour défendre le château ancestral de la maison à la livrée mauve, pour autant, il n’y avait pas un attachement personnel aussi fort que celui qu’il éprouvait pour Lancehélion. Il faisait son devoir, l’avait réclamé même, souffrait de voir les bieffois attaquer son lieu de naissance, pour autant, dire que la piété filiale avait uniquement motivé son geste aurait été un mensonge qu’il n’était pas prêt à proférer. C’était une raison. Ce n’était pas la seule.

L’inaction lui pesait profondément, surtout depuis sa blessure lors du raid fer-né. Devoir attendre des jours et des jours que son épaule soit remise avait été un supplice, aggravé par le ressentiment d’avoir été blessé, la sensation d’avoir failli, ainsi que par les soucis personnels qui l’accablaient. Il avait conscience que Barristan devait manœuvrer pour étendre l’influence de la famille et savait qu’il serait une parfaite monnaie d’échange … Au moment même où son monde disparaissait peu à peu au gré des alliances, et où il se découvrait père potentiel d’un héritier de la couronne princière. Certes, il avait pris sa décision avant d’apprendre la grossesse de Deria, mais ne s’était jamais autant félicité de son choix que depuis ce jour fatal, la veille très exactement, où il avait appris cette vérité. Depuis, l’angoisse le tenaillait, plus qu’il n’aurait dû, autant pour la mère que pour l’enfant, et si leur amitié y était pour bonne part, il n’était pas obtus au point de se fourvoyer sur les ressorts peu avouables de cette inquiétude si particulière. S’éloigner devenait urgent, leur dernier dérapage en témoignait douloureusement. En restant auprès de la Princesse, il mettait la lignée Martell en danger. Il affaiblissait sa position, jetait une ombre sur l’héritage de l’enfant … Cela ne pouvait plus durer. Il était temps qu’il grandisse, qu’il mûrisse, qu’il redevienne ce qu’il n’aurait jamais dû cesser d’être : un protecteur, comme le lui avait enseigné le Prince Nymor.

Pour autant, il ne pouvait s’empêcher de penser à ce bébé qui était peut-être le sien, encore qu’à moins qu’il soit blond ou qu’il lui ressemble vraiment, impossible de le savoir … Robb n’avait jamais été père, du moins, officiellement. Il avait toujours tout fait pour éviter cela, prenant des précautions dans ses relations que bon nombre de mâles jugeaient dégradantes ou indignes d’eux. Le garçon avait au contraire considéré dès son plus jeune âge que quelques heures de plaisirs partagés ne lui donnaient pas l’autorisation d’engrosser la première fille venue. Il se doutait néanmoins, au vu du peu d’efficacité de ces méthodes, que certains enfants qui courraient à présent les bordels étaient de lui. Jamais personne n’avait eu cependant le courage de venir lui présenter un marmot. Il avait fallu que la première soit sa maîtresse de près de cinq ans et surtout sa Princesse régnante. S’il s’avérait que les dieux lui aient joué ce tour pendable alors, fait particulièrement cruel, il ne pourrait jamais élever ce premier-né, jamais se faire connaître de lui autrement que comme un familier de sa mère. Cette réalité lui pesait, quand bien même il n’était clairement pas prêt à être père … Les contradictions de l’homme étaient insondables …

Harnaché de ses cuirs, tenue légère indispensable pour le voyage à cheval sous le soleil écrasant de Dorne, il s’apprêtait à partir, presque heureux d’aller au-devant de la mort, mais ne pouvait le faire sans présenter une ultime fois ses respects à son frère, qui tenait à le voir une dernière fois. Il arriva finalement devant ses appartements, se fit annoncer, et entra, saluant le Lord des Météores d’un signe de tête légèrement rigide, puis s’assit comme Barristan l’y invitait, avant que ce dernier ne lui tende deux lettres. Robb s’en empara, les soupesant presque, avant de répondre :

« Je les leur transmettrai dès mon arrivée, ainsi que les instructions de la Princesse pour Enguerrand. »

Son expression s’adoucit quand il ajouta, cabotin :

« Je ne doute pas qu’il soit heureux d’être délivré des montagnes de parchemins qu’Enguerrand doit lui faire lire … »

Son visage se fit néanmoins plus solennel quand il ajouta :

« Je ferais en sorte qu’il ne lui arrive rien. Je sais que, si les bieffois mettent le siège sur les Météores … Je ne peux pas jurer que tout se passe bien. Mais je protégerais autant Nymor qu’Anders Martell, au péril de ma vie s’il le faut.

Je te fais la promesse de tout tenter si j’y suis contraint, le moment venu, pour te ramener ton fils. »

Robb ne jurait pas de le ramener en vie à tout prix. Il préférait simplement promettre d’essayer jusqu’à ses dernières forces. Comme il le disait souvent, mieux valait peser ses serments avec prudence. C’était ce qu’il faisait. Et Barristan ne pouvait ignorer les nuances des termes employés, ni les lui reprocher, car la guerre prenait son dû sans faire de distinction.


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MessageSujet: Re: A L'aube de la bataille [PV Robert Dayne]   Lun 7 Aoû - 10:30

Je me laissais aller à un instant de silence tandis que Robb prenait ses aises, notant la posture rigide de mon cadet. Il semblait tendu, rendu anxieux sans doute par son départ prochain et la mort qu'il foulerait du pied. Ses yeux, habituellement rieurs, ne reflétaient que trop bien l'humeur sombre qui l'habitait, instillant en moi un malaise et de nouveaux remords. Je haïssais les circonstances prosaïques qui m'obligeait à me substituer à mes devoirs vis-à-vis de mon fief et des gens qui le peuplaient. Avoir un prétexte ne m'empêchait pas de ressentir le cuisant revers de mon manquement. Sauf que contrairement au jeune homme en face de moi, je prenais soin de masquer mon ressenti, conscients du fait que ne pouvais pas me laisser aller à ce point, même en présence de ma parentèle. Aussi me fus-t-il aisé de continuer la conversation sur le même ton badin, malgré la tension qui m'habitait.

« Enguerrand ne sera que trop heureux de recevoir l'ordre formel de te laisser le commandement. Tu sais combien il déteste la guerre et ses impératifs ! »

Prenant ma coupe pour la porter, à mes lèvres, je ne pus empêcher de sourire à l'évocation de mon autre frère. Si je ne savais le dire aussi ouvertement, l'absence d'Enguerrand me pesait. J'avais l'habitude de requérir à ses conseils, son calme et sa mansuétude étant le pendant parfait de mon caractère parfois rigide et sans affect. Sans compter qu'il était le seul capable de calmer mes accès de colère d'une phrase bien sentie. Lyse le faisait mieux que quiconque, mais ce temp-là était hélas révolu... Chassant cette pensée aussi passagère que déprimante, je continuai à fixer Robb, m'imaginant sans peine les difficultés qu'Enguerrand devait éprouver à canaliser Nymor. Ce gamin était l'exact réplique de Robb à son âge, téméraire et débordant d'une énergie qui semblait ne jamais vouloir se tarir. J'espérais secrètement que ce trait de caractère s'assouplirait avec l'âge, même si tout semblait indiquer le contraire.

« J'ai voulu faire envoyer Nymor à Lanchélion tu sais, avant que la cité ne soit attaquée. Puis les Fers-nés sont venus et je me suis dit qu'il serait plus en sécurité dans les Montagnes Rouges… Je crains que ce genre de pensée navrante accompagne les hommes qui vivent en des temps si troublés. »

Voilà pourquoi je me sentais aussi impuissant, comme retenu par la chaîne invisible qu'étais ma loyauté à l'égard de la princesse Deria. Il aurait été bien plus simple pour moi de faire comme mon frère et régler mes atermoiements l'épée à la main. Sans compter que l'attitude grave et déterminé de Robb ne faisait qu'exacerber toute l'inquiétude qui me tenaillait. Il avait beau être naïf parfois, il ne se faisait pas d'illusion sur ses chances de succès, comme en attestèrent ses derniers mots. C'était bien son genre de déclarer avec ardeur sa résolution… Sans pour autant aller jusqu'à promettre ce qu'il ne pouvait garantir. J'éprouvais un sentiment de colère irrationnelle m'animer intérieurement. Parce que justement, il pouvait faillir à sa tâche. Le gamin n'était pas père, il ne pouvait donc pas comprendre la portée de ses paroles ni la maladresse qui en découlait.

« Ne tente pas mon frère. Ramène-moi mon fils et comprend que le temps des promesses est révolu. Nous ne sommes pas dans une balade pour gamin ou tu joues le rôle du noble chevalier à la rescousse de sa parentèle. Nymor est mon héritier, il doit survivre pour que notre nom prospère. Peu importe ce que ça te coûtera. »

Voilà un exemple parfait de ma tendance à me laisser aller à mon irritation face à l'attitude de Robb, cette tendance qu'il avait à croire que tout pouvait reposer sur ses seules épaules. Une partie de moi avait beau me murmurer que mon emportement n'était sans doute que le fruit de ma propre humeur délétère, que je profitais d'une phrase maladroite pour fustiger mon frère de mon incapacité à quitter Lanchélion, mes dernières paroles restèrent en suspens dans l'air, insidueuses et prêtes à déclencher l'orage.
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MessageSujet: Re: A L'aube de la bataille [PV Robert Dayne]   Mer 16 Aoû - 17:58

L’espace de quelques secondes, Robb hésita sur la teneur de sa réponse aux propos de son frère. Il pouvait encore faire le dos rond, laisser passer l’orage et se dépêcher de mettre un terme à cette conversation qui l’agaçait déjà pour partir au plus vite. Pour cela, il aurait cependant que l’Epée du Matin soit ou diplomate, ou lâche. Or il n’était ni l’un, ni l’autre, à son grand projet. Il tentait de prendre sur lui depuis plusieurs semaines, de ne pas énoncer à voix haute tout ce qu’il avait sur le cœur, sauf que l’approche de son départ le rendait prompt à envoyer balader ses bonnes résolutions et à dire sans fioritures le fond de sa pensée. Après tout, susciter l’ire de personnes qu’il avait une chance élevée de ne jamais revoir … Autant éviter un énième assaut d’hypocrisie. Après tout, il avait largement fait sauter ses digues avec Deria, alors il n’était vraiment plus à une dispute près, quand bien même il doutait d’obtenir une résolution quelconque avec Barristan. Non, il aurait pu faire un effort … un autre jour, sur un autre sujet. Manque de chance pour les murs qui n’allaient pas tarder à trembler, il n’en avait ni la force, ni même l’envie, tant les paroles entendues venaient appuyer douloureusement sur des années de ressentiments et des semaines de ruminations.

Le Dayne haïssait cette manière hautaine dont son aîné avait de lui rappeler leur différence d’âge, ainsi que de comportement, comme si, à vingt-six ans, il n’était qu’un gamin puceau ayant besoin de grandes leçons sur comment voir le monde, et à quel point ce dernier était laid. Pis, il détestait qu’on vienne lui reprocher quelque chose pour pêcher ensuite exactement au même endroit. Que Barristan accepte une fois pour toutes que ses décisions avaient des conséquences, qu’il n’était pas omnipotent, et que la guerre ne choisissait pas ses victimes … Curieux de voir à quel point la morgue du pragmatisme éhonté s’effondrait lorsqu’on était face au destin de sa propre chair, n’est-ce pas ? Sans doute qu’en d’autres temps, Robb n’aurait pas eu la cruauté de l’expliciter ainsi. Mais la réalité était ce qu’elle était, et le jeune homme refusait absolument de se voir tenu unique responsable de tout le monde et en même temps rappelé à l’ordre pour vouloir apaiser les craintes de ceux qui ne cessaient d’alourdir son fardeau en lui rabâchant les oreilles sur la valeur des uns et des autres. Eh, que devait-il faire, à la fin ? Mettre la moitié de la garde pour défendre trois personnes et satisfaire son frère, sa belle-sœur, la famille princière ? Ou bien mener cette bataille comme il devait, en général soucieux du bien-être collectif, attentif aux évidences stratégiques tout en sachant que la mort rôderait inévitablement ? A un moment, il fallait choisir : ce serait ou Dorne, ou le confort de chacun. Pour sa part, il avait déjà décidé quelle serait sa priorité. Et il était temps que le conseiller martial s’en souvienne aussi.

« Oui, le temps des promesses est révolu. C’est pour ça que je ne fais que celles que je suis en mesure de tenir.

Tu as choisi de laisser ton fils aux Météores, malgré les attaques des derniers mois. Arianne Martell elle-même en a été victime. Assume-le. Et ne tente pas de me le reprocher. Je ferais tout ce qui est en mon pouvoir, tout ce qui me sera possible. Je peux même l’exfiltrer de la forteresse si l’ennemi arrive avec les civils. Ce sera catastrophique pour le moral des troupes, mais soit. Alors Nymor sera seul, avec des femmes, des enfants et des vieillards, à découvert de la moindre patrouille. Mais encore une fois, je le peux, à moins que l’armée marche trop vite sur nous. »


Le jeune homme inspira avant de continuer d’une voix certes douce, mais néanmoins ferme :

« Tu m’as trop souvent répété que la guerre n’épargnait personne et n’était pas faite pour les sentiments. Soit. Appliquons donc cette maxime à nous-même, et pas uniquement à nos ennemis. Je t’ai dit la même chose qu’à Nalya pour Enguerrand, ou à la Princesse et sa sœur pour Anders Martell. Il est des choses que je ne peux pas promettre, parce que seuls les dieux décident, in fine, qui survit à une bataille ou un siège. Cela n’exempt ni de précautions, ni de mesures prudentes … Mais rien n’est sûr à cent pour cent.

Même si j’ai conscience que ce n’est ni ce que tu veux entendre, ni ce que tu désires que je te dise. A toi de voir si tu exiges de moi l’hypocrisie avant de partir. Ou de privilégier ton fils à tout le reste, y compris à un Martell, à la survie des Météores ou à Dorne. »


Autant être limpide jusqu’au bout, et encourir l’ire fraternelle jusqu’au bout, boire le calice jusqu’à la lie.

« Soyons très clairs. Je ne suis pas dans une balade de chevalier ou je ne sais quelle connerie sans nom.

Je risque de crever. Comme tous ceux aux Météores. Point à la ligne. Je pars pour ma mort, Barristan, et pas pour sauver un frère ou un neveu. Je vais essayer de tenir le plus longtemps possible ce qui verrouille l’accès de la façade ouest de Dorne aux armées à pied ennemies. Et je ne compte ni me débiner, ni fuir devant les bieffois et leurs chiens des mers d’alliés. »


Ses yeux mauves se posèrent, ardents, dans ceux de son frère :

« A toi de voir. On se quitte en s’accusant du pire, ou on essaye vaguement de se souvenir que nous sommes frères, que j’aime ton fils et que je ferais tout ce que je peux pour lui.

L’un dans l’autre, ne t’inquiète pas, ça n’entamera ni ma résolution, ni mon avenir. »


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