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Quitter son Soleil pour les Aubes rouges de la guerre [PV Arianne]
MessageSujet: Quitter son Soleil pour les Aubes rouges de la guerre [PV Arianne]   Mar 4 Juil - 19:08

Le départ était désormais imminent. Robb avait pris congé de son frère, non sans que ce dernier ne lui casse les oreilles avec une pile de recommandations, à tel point qu’il avait failli partir fâché après s’être légèrement agacé de son côté soudainement surprotecteur, lui qui n’avait jamais paru grandement affecté par les marivaudages constants de son benjamin, quand bien même le jeune homme se doutait que cette inquiétude soudaine était davantage dû au sort en suspens de leur fief ancestral et à son escorte d’un Martell que pétri de bons sentiments fraternels envers sa personne. Non pas que Barristan soit indifférent à son sort, bien évidemment. Simplement, ils avaient tous deux le choix conscient de l’envoyer en renfort à leur autre frère, préférant que le Lord et conseiller demeure auprès de Deria afin de n’affaiblir ni la couronne ni la lignée si les Météores venaient à tomber. Si les deux cadets des Dayne mourraient, l’aîné demeurerait, et avec lui leur famille pourrait continuer à vivre, à jouir de ses droits à la cour … C’était mieux ainsi, politiquement et filialement, même si l’Epée du Matin se doutait que plus d’une fois, son frère avait dû hésiter à se joindre à lui, finalement, envers et contre tout. Il fallait vraiment qu’il se retienne à la haute idée qu’il se faisait de son devoir pour ne pas agir sous le coup de l’émotion en enfourchant son cheval et en partant délivrer ses gens. Mais ce rôle avait échu au dernier, à celui qui portait Aube … comme ce devait être le cas. Et Barristan connaissait suffisamment la valeur martiale du puîné pour ne pas ignorer que s’il devait trépasser, personne ne pourrait survivre. En un sens, il lui faisait confiance pour honorer par les armes leur nom et les armoiries d’améthyste. Et c’était bien l’une des rares occurrences où les deux frères se comprenaient, même s’il avait fallu qu’il ne résiste pas à une énième dispute, pour le plaisir de se crier dessus pour mieux se réconcilier. C’était, après tout, aussi un jeu entre ces deux fortes têtes qui s’entendaient infiniment mieux par la confrontation que par la discussion.

Bien sûr, auparavant, il était allé rendre visite à Deria, et devait admettre être encore tout étourdi par ce qu’il avait appris au cours de cette conversation à cœur ouvert qui l’avait plus secoué qu’il ne devait l’admettre. Il ne savait comment se positionner vis-à-vis de ce qu’elle lui avait transmis, de l’étincelle d’espoir qu’elle avait fait naître involontairement en lui, et qu’il s’en voulait d’éprouver, car il se réjouissait secrètement d’une folle envie qui n’aurait pas dû être. Quant au reste, cocufier Orys Baratheon n’avait pas été un acte de taille à lui faire verser une larme. Il ne doutait pas que le demi-frère de la dragonne avait déjà dû largement entamer le contrat de mariage, au vu de son peu de réticences à d’érotiques agapes en sa compagnie et en celle des frères Martell quelques jours plus tôt, la veille du mariage de Roward. Autant dire qu’à ce jeu-là, l’honneur n’existait pas à Dorne, qui plus est quand le mal était déjà fait, à vrai dire. Si une femme voulait de lui, Robb se moquait des états d’âmes du mari, surtout quand ce dernier était absent, et qu’il ne faisait pas partie de ses amis proches. Aurait-il eu des scrupules si cela avait été le cas ? Difficile à dire. Et comment réagirait-il si sa future épouse pratiquait l’adultère avec le même entrain que lui ? Là encore, il ne savait pas vraiment. Enfin, il préférait ne pas songer. Mieux valait ne pas hypothéquer sur l’avenir, surtout quand il était autant compromis. Pour le reste … Non, le Dayne ne regrettait pas ses actes. Les seuls dont il n’était pas fier étaient ceux qui lui avaient apporté une joie coupable, et qui auraient pu mettre en péril la couronne si Baratheon n’avait pas été si empressé à sa tâche. Il n’arrivait pas à savoir si cette étreinte avait un geste d’adieu, ou un nouveau commencement. Dur de le savoir, quand tant était en suspens, quand sa propre existence pouvait connaître un arrêt brutal dans quelques semaines à peine.

En effet, Robb partait au combat sans illusion : Anders et lui allaient au-devant de l’impossible. Dorne, et qui plus est les Dayne, n’avaient pas assez de troupes pour contenir l’avancée bieffoise et fer-née conjointe. Mais comme ils l’avaient toujours fait, les dorniens vendraient chèrement leur peau, saignant l’armée ennemie, qui n’hériterait que de la cendre. Et quand elle se serait emparée des côtes, des places-fortes, quand elle aurait pleurée des larmes de sang, alors il faudrait encore marcher sur le désert, et mourir par le feu du soleil et les pics des scorpions, par une guerre d’usure qui avait plus d’une fois permis à Dorne de survivre aux coups de boutoir de ses ennemis. Et lui-même participerait à cela en défendant son foyer, son lieu de naissance, la ville de ses ancêtres, en mourrant pour elle s’il le fallait, et ce, sans regret, encore une fois. Il avait fait ses adieux. Sauf un. Peut-être le plus important de tous. Et il savait que la concernée ne tarderait pas à venir. Il la connaissait trop bien pour qu’elle ne le fît pas. Comme en écho à ses pensées, il entendit frapper à sa porte, alors qu’il achevait les ultimes préparatifs de son paquetage et qu’il avait revêtu son armure de voyage, plus légère que celle complète qu’il avait revêtu pour présenter ses respects à Deria et prendre congé d’elle. La seconde était faite pour le combat, et pour l’apparat, afin de montrer à tous que Dorne partait en guerre, que l’Epée du Matin mènerait la charge. La première était de ses revêtements de cuirs légers et de maille typique de la noblesse des Montagnes Rouges, faite pour voyager et que les cavaliers arboraient au petit jour, quand le départ se faisait imminent.

« Tu peux entrer Arianne. »

L’espace d’un instant, il la dévisagea doucement, ses yeux mauves s’attardant sur chaque parcelle de sa face harmonieuse, comme pour graver chacun de ses traits dans sa mémoire s’il ne devait pas revenir, et l’emporter dans la tombe, avant qu’un léger sourire ne fleurisse sur ses lèvres :

« Je savais que tu viendrais. Le contraire aurait été étonnant. »

Il ajouta gentiment :

« Et avant que tu ne me le fasses jurer, oui, je prendrais soin de ton frère. Promis. Sur Aube, et mon honneur de chevalier.»


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MessageSujet: Re: Quitter son Soleil pour les Aubes rouges de la guerre [PV Arianne]   Mar 8 Aoû - 12:30

Chaque jour, chaque heure, qui passaient, marquaient un peu plus le départ qui s’annonçait, ce moment où la plupart des êtres chers au cœur d’Arianne s’en iraient loin d’elle, sans qu’elle n’ait la moindre certitude de les revoir. S’il n’y avait pas eu tous ces troubles, s’il n’y avait pas eu Deria, s’il n’y avait pas eu la nécessité de s’éloigner d’Anders après tout ce qu’elle lui avait infligé, alors Arianne aurait sûrement demandé à se rendre elle aussi aux Météores. C’était bien moins dangereux, par voie terrestre, que par voie maritime, n’est-ce pas ? Elle n’y était pas retournée, depuis sa capture, depuis ce temps passé sur un navire fer-né. Elle n’avait plus eu de nouvelles de sa mère, de toutes ces femmes qui l’avaient élevée à ses côtés, depuis bien longtemps. Et si elle s’efforçait d’y penser, de faire comme si tout était normal, ses pensées dérivaient bien souvent vers le sort qui attendait tous ses proches. Vers le danger auquel ils allaient s’exposer, plutôt que de rester en sécurité. Mais si elle savait qu’ils n’avaient pas le choix, cela ne rendait pas la chose plus facile à accepter, bien loin de là à vrai dire.

Elle répugnait malgré tout à leur rendre visite, avant leur départ, pour bien des raisons, mais principalement parce qu’elle ne voulait pas faire ses adieux. Comment aurait-elle pu s’y résoudre, sachant qu’elle perdrait probablement ses moyens ? Qu’elle ne pourrait prétendre que tout allait bien pour quelques temps, seulement, avant de laisser malgré elle transparaître ses inquiétudes ? Cela ne servirait à rien, ni à personne, qu’elle se laisse aller comme cela, sinon à rendre encore plus difficile la séparation, et la nécessité pour chacun de faire son devoir. Le sien consistait à seconder Deria, et le leur à défendre Dorne, au péril de leur vie. C’était ainsi, et aucun d’eux ne pourraient rien y changer. Quels que soient les risques, aussi folle que soit leur entreprise. Elle devait s’y résoudre, et si elle avait pu le faire auparavant, elle pressentait le danger bien différent. Plus sournois ou conséquent, peut-être, que lors des précédentes batailles de ses frères et amis. Plus mortel.

Sûrement était-ce pour ça, qu’elle repoussait cet au-revoir, par crainte que ce soit le dernier. Que le glas sonne, prématurément, pour eux. Mais ne se morfondrait-elle pas davantage, si elle ne leur disait rien ? C’était certain, et elle n’aurait pas pu se résoudre à simplement les saluer de loin, lors de leur départ. Et elle savait que le moins difficile serait avec Robb. Il ne savait pas, tous les errements qui étaient les siens. Elle s’était confiée, mais peut-être avait-elle minimisé ses erreurs. Peut-être avait-il lui-même minimisé les erreurs de la bâtarde Martell. Sûrement, même. Et peut-être était-ce cela qui lui donnait la force de se rendre à ses côtés : savoir qu’il ne la jugerait pas, n’envisageant que partiellement l’ampleur de ce qu’elle avait fait. Et même si ça n’était pas le cas, elle s’était juré d’arrêter de ressasser cela, d’aller de l’avant. Par respect pour elle, pour eux, pour Dorne. Pour retrouver l’efficacité qui était sienne.

Et sûrement la connaissait-il assez bien, pour savoir qu’elle viendrait. Quand elle viendrait, aussi, si elle en croyait la voix qui prononçait son prénom, alors que la porte était encore close. Peut-être avait-il reçu tous les gens susceptibles de venir l’assurer de la bonne fortune dont il bénéficierait, en voyageant, avant elle. « Si je ne te connaissais pas suffisamment pour savoir que ça n’est pas le cas, je croirais que tu peux voir à travers les portes. Mais comment as-tu su que je me trouvais là ? Je ne porte pourtant aucun bijou qui pourrait trahir mon pas. » Ou peut-être était-ce le cas, sans qu’elle ne s’en rende compte. Elle portait quelques bracelets, et de longues boucles d’oreille, mais rien qui ne pouvait, au son, permettre de l’identifier, pensait-elle. Elle s’avança toutefois vers lui, un léger sourire aux lèvres, déposant celles-ci sur sa joue en l’étreignant légèrement.

« Et qui veillera sur toi ? Promets de prendre soin de toi aussi. » Promesse probablement veine, mais c’était un rituel, entre eux, que celui la.



             
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MessageSujet: Re: Quitter son Soleil pour les Aubes rouges de la guerre [PV Arianne]   Mar 15 Aoû - 19:51

« Si je te dis que j’ai appris les secrets des prêtres d’Essos quand j’étais là-bas et que je prévois l’avenir, tu ne me croiras pas, n’est-ce pas ? »

Taquin, Robb l’était, surtout après ses adieux plus ou moins houleux avec certains de ses autres proches. Surmonter une énième dispute, qui plus est avec sa meilleure amie, était tout simplement au-dessus de ses forces, aussi il donnait le change avec ardeur afin que tout se passe bien, que seules des paroles douces soient échangées … Et qu’Arianne ne s’inquiète pas trop. Il savait parfaitement qu’elle le ferait quand même, d’abord parce qu’Anders partait loin d’elle, et que les deux bâtards avaient toujours été très proches l’un de l’autre, ensuite car sa propre mère se trouvait aux Météores et que la guerre ne faisait guère de cas des femmes … et sans doute un peu en raison de son propre départ, bien qu’il ait l’impression parfois que l’inquiétude à son égard n’étouffait pas vraiment ceux pour qui il aurait volontiers donné sa vie. Aussitôt que cette mauvaise pensée l’eut effleuré, le Dayne s’efforça bien vite de la chasser. Ni remords, ni regrets, ni rancunes, il s’était juré de tout laisser derrière lui, de prendre le chemin de la guerre avec pour unique motivation sa rage de vaincre et son désir de défendre ses terres ainsi que le peuple de Dorne. Rien n’entraverait sa motivation.

Pour autant, en la voyant, son cœur se gonfla d’une émotion singulière. Ses autres adieux avaient été formels ou emportés, que ce soit dans les mots ou la passion, instructifs dans tous les cas. Il ne voulait pas de ça avec Arianne. Juste … Se reposer une dernière fois à l’ombre de son sourire et se baigner dans sa présence rassurante. L’aînée des enfants de Nymor avait toujours eu un effet apaisant sur le jeune homme, et gâcher cela l’aurait davantage brisé que tous les désaccords avec ses frères ou même ses autres amis proches. De toute manière, face à un homme, il n’avait jamais été le dernier à taper du poing pour régler un différend, et vis-à-vis d’une femme … A encaisser les claques en laissant passer l’orage. Autant dire qu’il n’avait guère envie de tout cela, surtout au moment de quitter Lancehélion. A vrai dire, il ne se demandait même pas comment il avait fait pour reconnaître l’arrivante. Il savait au plus profond de lui-même qu’elle viendrait. C’était une certitude qu’il ne s’expliquait pas, qui n’avait rien de rationnel. Il en était tout simplement convaincu, et n’en aurait pas démordu avant d’avoir quitté la ville pour de bon.

Néanmoins, il était inutile de nier également que son ouie fine avait tendance à observer et à tout enregistrer. Sous ses faux airs nonchalants, Robb avait l’âme d’un guerrier, et un cavalier dornien se devait d’être alerte, à même de distinguer le plus doux pas de souris du lourd cliquetis d’un bieffois en armure complète. Son grand-oncle s’était évertué à lui enseigner ce travail de patience et de précision, et les danseurs d’eau d’Essos avaient rehaussé son attention grâce à leurs techniques d’écoute du corps et des alentours pour frapper. Or, ceci n’était pas uniquement applicable à la guerre, au contraire même : il s’était rapidement rendu compte que ce genre de talent avait de nombreuses utilités dans la vie quotidienne, comme celle d’entendre venir un mari arrivé trop tôt ou encore de reconnaître ceux qu’il cotôyait depuis toujours. Au bout d’un moment, c’était aisé : chacun avait ses petites manies, son rythme de marche, son parfum même. Celui d’Arianne était boisé, délicat, plus discret aussi que celui, voluptueux et sensuel qu’arborait sa sœur, et n’avait évidemment rien à voir avec le musc masculin d’un Barristan ou d’un Anders. Sa démarche était presque aérienne, comme si elle craignait de se faire entendre, ou de déranger, peu appuyée, là où Roward marchait vite et Enguerrand avait une lenteur typique de ceux qui aiment penser en cheminant.

« Plus sérieusement … Je reconnaîtrais ta démarche les yeux fermés. Tu as un pas caractéristique, Arianne. Il n’est semblable à nul autre pour moi. Tu glisses quand tu avances, et tu appuies légèrement sur ton talon droit. C’est ... enfin, ça m’est familier. »

Tandis qu’elle le serrait dans ses bras, il se laissa aller à son étreinte, la serrant à son tour, mais fortement, comme s’il craignait qu’elle ne parte, qu’il refusait de la lâcher.

« Enguerrand veillera sur moi, pardi ! »

Foutaises. Son frère était beaucoup de choses, mais sûrement pas un guerrier.

« Je ferais ce que je peux, Arianne, pour revenir en un seul morceau. Même si je n’ignore pas que … le pire est possible, et je sais bien que s’il faut sacrifier quelqu’un pour tenir les Météores … Tout le monde s’attend à ce que je prenne la bonne décision.

Je veux dire, Barristan veut que je protège son fils en premier lieu, toi et Deria êtes angoissées pour Anders, ma belle-sœur espère que je ferais tout pour que son mari lui revienne … »


Le jeune homme prit une profonde respiration, avant d’ajouter sur un ton plaisantin :

« Je vais devoir parfaire mes connaissances magiques et apprendre à me dédoubler, qu’en dis-tu ? Deux ou trois Robb en plus, voilà qui serait de taille à faire fuir n’importe quel être censé ! »


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MessageSujet: Re: Quitter son Soleil pour les Aubes rouges de la guerre [PV Arianne]   Dim 3 Sep - 0:46

Le rire qui échappa à Arianne ne trompait pas sur la réponse qu’elle apportait à la réponse de Robb. Prédire l’avenir ? Fadaises ! Elle croyait bien que des gens en étant capables, ces gens qui avaient l’oreille de leur dieu, ou leurs dieux s’ils en avaient plusieurs, qui en recueillait les paroles, mais elle doutait que Robb soit de ceux-là. Accordait-il seulement assez d’importance à la religion, pour ne pas écarter des paroles telles que celles auxquelles il faisait allusion ? Arianne n’en était pas sûre.

« Tu vas bientôt me dire que tu vas porter un habit rouge, comme ces prêtres et prêtresses, qui voient ce qui nous attend dans les flammes ? Je pense que tu es trop désintéressé de tout cela, pour accorder l’attention nécessaire à la compréhension des messages qu’ils perçoivent, de ces messages qui leur sont envoyés d’un endroit inconnu. Je pense que ça n’est pas ta place et que tu t’ennuierais, de ne faire que cela. Tu es un combattant dans l’âme, tu étais sûrement déjà amené à devenir porteur de cette épée qui est la tienne, dès ta naissance, et certainement pas un devin. Tu as peut-être fréquenté de très près ces devineresses, mais tes connaissances s’arrêtent là, n’est-ce pas ? »

Elle ne se leurrait pas du tout – et si sa renommée devait beaucoup au fait qu’ils soient le porteur d’Aube, son physique ne rebutait en rien les femmes, bien au contraire. Sa sœur elle-même n’avait-elle pas profité des… richesses de ce corps, si convoité ? Arianne connaissant Robb depuis bien trop longtemps, pour se formaliser de l’attention qu’il recevait ou pour connaître… intimement son ami, mais elle appréciait son succès, parce que lui devait l’apprécier. Et malgré tout, malgré toutes ces femmes qui se voulaient séductrice, il était son ami, à elle. Pas aux autres. Et de cela, elle s’en enorgueillissait. Se présenter au sein de la Cour de Lancehélion, donnant le bras à Robert Dayne, rien ne confortait mieux son orgueil. Même si elle le faisait parce qu’il s’agissait d’un ami, et non pour ça – ne pouvait-elle pas profiter des conséquences ?

Elle sourit, légèrement, quand il lui dit connaître par cœur sa démarche, les sons qu’elle faisait… « Cela fait parti de ton entrainement, en Essos ? » Elle n’en savait que peu, mais cela aurait pu. Même si elle peinait à croire qu’il puisse reconnaître ses proches, de cette manière.

Elle fronça les sourcils, mécontente, à entendre sa réponse. « Je suis sérieuse, Robb, et tu le sais. Nous sommes tous impulsifs, les Martell autant que leurs sujets… mais pour moi, pour Deria, fais attention. »

L’étreinte s’était un peu détendue, mais elle peinait à le lâcher. Elle craignait ne plus jamais le revoir, si elle agissait ainsi. Et cela ne lui convenait absolument pas. Elle ne lui ferait pas ses adieux, car il serait alors obligé de revenir. Elle aurait voulu arrêter ses paroles, mais elle savait pertinemment que ça n’était pas possible. Elle attendit, prenant son mal en patience.

« Foutaises ! Tu sais que tu comptes autant pour Deria et moi qu’Anders ou même Roward. Pour moi encore plus que pour elle, surement, car je t’ai connu presque toute ma vie. On a tous des gens qui nous sont chers, ça ne veut pas dire qu’à nos yeux, la tienne vaille moins que la leur. »

Elle s’était éloignée, cette fois, lui tournant le dos, la voix légèrement brisée à l’idée qu’il se sacrifie pour sa famille. Elle voulait qu’Anders lui revienne, mais pas au détriment de la vie de Robb…

Elle se laissa aller à rire, pas réellement de gaieté de cœur, en l’entendant. Pour essayer d’alléger l’atmosphère, la lourdeur qui régnait sur la pièce, et dans son cœur.

« Commence maintenant, je te prie. Et trouve le moyen de revenir dans le temps, que ton absence passe presque inaperçue. Assez pour que tu nous manques un peu, pas trop longtemps pour ne pas que l’on se sente abandonnés. »



             
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MessageSujet: Re: Quitter son Soleil pour les Aubes rouges de la guerre [PV Arianne]   Dim 3 Sep - 22:26

« Hors de question ! Le rouge jure par trop avec mes yeux ! Ce serait une faute de goût cruelle, tu ne trouves pas ? »

Non vraiment, le mauve et le rouge … Brr ! Quelle horreur ! Heureusement que Robb n’était pas né Qorgyle, sinon il aurait subi toute sa vie un mélange absolument atroce, esthétiquement parlant. Encore que, s’il avait fait partie de la maison au scorpion, nul doute qu’il n’aurait pas eu le même physique … Problème réglé ! En dehors de ces considérations pour le moins fumeuse en termes de généalogie, le Dayne devait avouer qu’en effet, ses connaissances ésotériques n’étaient pas exceptionnelles. Enfin, il avait discuté avec les partisans de R’hllor, en Essos, et connaissait les bases de leur culte, mais de là à s’en bombarder spécialiste … Et puis, fondamentalement, et quoique les gens puissent en penser, Arianne compris, il restait, sous ses aspects légers, un vrai adorateur des Sept. Il avait simplement une vision relativement hétérodoxe de la religion, plus libre que ce que la morale ordinaire aurait voulu voir prévaloir, cela, il ne le niait pas. Son rapport avec les dieux était intime, et non un objet sur lequel disserter à foison ou à montrer encore et encore. Ces espèces de faux dévôts qui n’en rataient pas une pour se pavaner en public et expliquer à quels points ils étaient pieux et bons … L’Epée du Matin les avait en horreur. Autant dire que les voisins de Dorne avaient parfois bien du mal à trouver grâce à ses yeux, de ce point de vue. Et dire qu’il était pourtant l’un des dorniens les plus conciliants, sans doute, à leur égard …

« Cela dit … Au risque de te surprendre, je suis trop attaché aux Sept pour envisager de croire à ces boniments … Surtout qu’au niveau ouverture d’esprit, les serviteurs de R’hllor valent bien le Grand Septon. Seul leur dieu existe vraiment, et beaucoup ne répugneraient pas un petit bûcher de temps en temps non plus … »

Le jeune homme pointa Aube à son côté avant de poursuivre :

« Même si je ne suis pas forcément un modèle de piété … J’ai été oint chevalier au nom des Sept, et c’est en leur nom que j’ai reçu Aube. Ce n’est … pas anodin, disons. J’ai juré sur ma foi de défendre Dorne et ma famille, et je compte ne pas faillir à mon serment, surtout s’il est fait devant les dieux. »

Pour faire bonne mesure, le jeune homme ajouta :

« Et puis comme tu l’as pointé … Je suis un homme d’armes. Avoue qu’une religion dont l’un des aspects s’appelle le Guerrier me convient nettement mieux.

Même si les prêtresses rouges sont charmantes ! Quoique légèrement … dérangeantes. Pour parler poliment. »


Cette manie de parler par énigmes … D’avoir toujours le nez juché sur de la fumée ou du feu. Et cette fichue persistance à parler de R’hllor, encore et toujours … Robb devait l’avouer, il n’avait pas que des souvenirs exquis de sa rencontre avec les servants du dieu de la lumière, en Essos. Ils étaient tous trop ésotériques, pas assez … terre à terre pour le jeune homme, qui avait au moins la qualité d’avoir les pieds sur terre. Un peu trop, auraient dit certains, tant il pouvait passer parfois pour trivial, sans une once de hauteur d’esprit. Mais au moins, comme il le disait souvent, il avait l’avantage de ne pas se triturer le cerveau sur des concepts abscons toute la journée … Et à son humble avis, beaucoup gagneraient à en faire de même ! Après tout, si tous les grands de ce monde ne passaient pas leur temps à se masturber sur le pouvoir, un sacré paquet de conflits pourraient être évités, de son humble point de vue. Quant à parler d’Essos …

« Plus ou moins. Disons que c’est un tout, une somme des entraînements de mon grand-oncle, du fait d’avoir côtoyé et appris auprès des hommes de par-delà le Détroit … Les danseurs d’eau se focalisent sur l’ensemble du corps, l’harmonie en son sein pour accroître la perception sensorielle …

En vrai, on a bien tort de les dénigrer, ici, en se disant qu’à la guerre, seul le fait de balancer son arme dans la tête de l’adversaire compte. Même si leurs enseignements en termes de duel ne sont pas fait pour la bataille, leur philosophie est porteuse de nombreuses vérités qu’il est toujours agréable de mettre en application, ne serait-ce que pour se connaître parfaitement. »

Connais-toi toi-même avant de connaître l’ennemi, telle était sa devise. Robb connaissait toutes ses faiblesses, et les acceptait avec bonhomie. Il n’était pas parfait, il n’aspirait même pas à l’être. Il était lui, finalement, et c’était déjà bien assez.

« Mais pour tout te dire … C’est aussi une affaire d’habitude, d’intérêt … Tu sais, sous le masque du joyeux crétin … Je sais observer. Apprendre. Me souvenir. Ce qui m’intéresse, en tout cas. Donc qui m’intéresse. »

Puis vint l’heure d’évoquer son départ … Et les mots qui sortirent de la bouche d’Arianne le touchèrent au plus haut point. Enfin ! Qu’il était heureux qu’une personne lui affirme vraiment qu’il comptait autant que les autres, que son but n’était même pas nécessairement de défendre les autres ! Même autant que les Martell … Avec Arianne, il n’était pas l’Epée du Matin, il était … Robb. Elle n’attendait rien de lui, hormis qu’il survive. Egoïstement, il se sentit terriblement heureux de l’entendre, alors que son cœur se gonflait de reconnaissance, prêt à exploser pour la jeune femme. En même temps, il éprouva tout aussi brusquement une intense désolation en la voyant lui tourner le dos, la voix mourante, alors qu’elle s’efforçait pourtant de rire de ses bêtises. Doucement, le Dayne s’avança vers la Martell et entoura ses épaules de ses bras aux muscles saillants, secs, pour l’envelopper contre son torse, sa tête contre la sienne, dans une posture intimiste qui aurait pu déchaîner les mauvaises langues, en d’autres circonstances. Et il murmura à son oreille un simple mot, parce qu’il ne voyait pas quoi dire d’autre :

« Merci … »

Il prit une profonde respiration et ajouta, sans se détacher :

« Merci de me le rappeler. »

Puis il ajouta, remettant délicatement une mèche rebelle de la jeune femme derrière ses cheveux :

« J’y travaillerais, promis. »

Avant de conclure dans un chuchotement sa promesse arrachée à l’aube :

« Je reviendrais. »

Il ne savait pas quand. Il ne savait pas comment. Il ne savait même pas si ce serait le cas, mais il avait envie d’y croire encore un peu, d’imaginer que la vie serait à nouveau normale pour eux tous. Même si une part de lui-même savait pertinemment que ce genre de choses n’était pas entièrement de son ressort … Il avait peut-être de quoi vouloir revenir : Arianne, l’enfant …

« S’il te plaît … Prends soin de tout le monde ici. »

Et il resta ainsi, à humer son parfum et à la serrer contre lui, comme si son horizon s’était rétréci à un seul soleil qu’il se refusait à quitter … Parce que ce soleil, c’était le sien.


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MessageSujet: Re: Quitter son Soleil pour les Aubes rouges de la guerre [PV Arianne]   Dim 24 Sep - 22:35

Elle se laissa aller à rire, prise au dépourvu par une réaction qu’elle n’attendait pas. Même s’il était un homme et bien qu’il ne soit pas du genre à minauder, Robb chérissait son apparence, et en prenait soin. Mais elle ne l’avait encore jamais entendu se soucier à ce point d’assortir les couleurs. « Je ne savais pas que cela t’importait autant. Il doit t’être bien difficile d’assortir tes vêtements à ton physique, le matin. Combien de temps passes-tu avant de te décider sur la tenue à prendre ? Sur les bijoux les plus à même de sublimer ta beauté ? Les coloris qui mettront le mieux ton teint en valeur ? » Elle se moquait allègrement, mais pas méchamment, comme en témoigna le fait qu’elle lui tire la langue, comme une enfant.

La conversation devint rapidement plus sérieuse, cependant, alors qu’ils évoquaient ces prêtres et prêtresses rouges, bien que ce ne soit pas du tout le ton qu’ils avaient initialement adopté. Elle lui sourit avec beaucoup plus de bienveillance, toute moquerie ayant disparu, d’ailleurs. « Tu leur es sûrement plus attaché que moi, et cela ne me surprend pas, Robb. Ton serment de chevalier est probablement, après ton serment d’Épée du Matin et de porteur d’Aube, le plus important à tes yeux. Même s’ils sont tous intimement liés. Mais ne penses-tu pas que l’on puisse adopter plusieurs croyances ? » Elle n’aurait jamais évoqué cela, si elle avait cru pouvoir être entendue par des oreilles indiscrètes. « Tu sais que par chez nous, aux Météores, nombreux sont encore ceux qui vénèrent les dieux Rhoynar… » Elle-même priait les Sept, majoritairement, mais s’adressait quelques fois aux dieux Rhoynar, bien qu’elle évite de l’évoquer.

Elle haussa les épaules, souriant avec amusement, en l’entendant parler des prêtresses rouges comme dérangeantes. « Allons donc, l’Épée du Matin, charmeur invétéré de ces dames, serait quelque peu repoussé par quelques unes d’entre elles ? C’est un jour dont je dois me souvenir, je devrais faire mander parchemin, encre et plume, pour consigner cela. Peut-être même le conserver précieusement, au sein de mes appartements, pour ne guère l’oublier. » Elle savait son ami peu tatillon, bien qu’il ne soit généralement pas attiré par des laiderons. Et l’on pouvait difficilement qualifier les prêtresses rouges de laiderons. Énigmatique, déconcertante, peut-être bien agaçante parfois, par tout le mystère dont elles faisaient preuve, mais loin d’être dépourvues de beauté. Pas qu’elle en ait rencontré beaucoup, toutefois, cette expérience se limitant à la prêtresse à qui sa sœur et ses frères avaient prêté l’oreille, il y a plusieurs mois de cela.

« C’est pour cela que tu es l’Épée du Matin, et pas qui que ce soit d’autre. Parce que tu as bénéficié de cet entraînement, de cette sagesse, que ne possèdent pas forcément tous les soldats. Peut-être devrais-tu la leur transmettre. Et avant que tu n’écartes ce que je te dis, sache que je suis parfaitement sérieuse, et que tu devrais réellement leur apprendre tout cela. Cela pourrait surement servir à bien des soldats, et favoriser nos chances. » Et si elle savait que Robb ne conserverait pas de tels secrets visant à améliorer les combattants dorniens, elle le savait humble, bien plus qu’il ne prétendait l’être, et pas à même de se vanter de l’enseignement qu’on lui avait dispensé. Des capacités hors du commun qu’il avait obtenu grâce à ça. Il aurait pu ne pas envisager avoir des atouts et avantages, grâce à cela. Et donc ne pas penser à les partager.

Elle l’étreint, déposant un baiser sur sa joue, quand il lui dit ce qui avait réellement permis qu’il la reconnaisse – lui affirmant avec douceur qu’elle importait pour lui. Lui aussi, comptait bien plus que beaucoup de gens, à ses yeux. Et elle souffrirait, si cela devait prendre fin, quelle qu’en soit la cause. Sûrement le geste avait-il été partagé, car il lui rendit son étreinte, alors qu’elle lui disait de veiller sur lui. De ne pas l’abandonner. De se protéger, au même titre qu’il protègerait les autres.

« Je te le rappellerai toujours. Tu peux l’oublier, mais ça ne sera jamais mon cas. Et je trouverais le moyen de te hanter, si tu ne reviens pas. »

Elle se crispa dans ses bras, quand il laissa échapper sa demande, presque une supplique. Elle doutait encore de le pouvoir, d’en avoir le droit. Elle n’en dit rien, la gorge serrée, mais se contenta de hocher la tête. Comme les autres, il avait assisté à son mal-être. Elle s’était confiée à lui, concernant tout ce qui était survenu depuis son enlèvement… Elle secoua la tête. Non, elle ne voulait pas ressasser tout cela. Pas se rappeler tous ces mois, insupportables. Elle devait avancer. « Je te promets de faire de mon mieux… » Elle ne pouvait lui donner autre chose.



             
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MessageSujet: Re: Quitter son Soleil pour les Aubes rouges de la guerre [PV Arianne]   Dim 1 Oct - 21:35

« Si tu savais à quel point il est complexe de sublimer ma perfection … Et de passer les portes après ! »

Pour faire bonne mesure, Robb acheva sa réplique en tirant la langue à Arianne, en miroir de cette dernière, avant de lui adresser du plus bel effet, dans une démonstration de puérilité toute personnelle. Certes, à le voir ainsi, il eut été difficile de jurer que cet homme était un chevalier oint, et de surcroît l’Epée du Matin. Mais le Dayne tenait à ses excentricités, à son côté fantasque avec ses amis, car c’était tout simplement sa personnalité, et ce qui le rendait attachant. Il n’aimait pas être sérieux, parce que le monde l’était déjà beaucoup trop, et qu’un brin de fantaisie n’avait jamais tué personne. Au fond, le jeune homme croyait sincèrement que si tout un chacun arrêtait de se prendre pour le nombril du monde et de juger le voisin, alors les relations entre tous s’en trouveraient notablement apaisées. Certes, beaucoup ne partageaient pas son avis. Qu’ils restent comme ils étaient, et que personne ne s’avise de penser que sa légèreté de ton équivalait à une souplesse dans ses engagements. Ceux qui s’étaient risqués, dernièrement, à de tels propos s’étaient fait sèchement recadrer. Il était temps que l’Epée du Matin rappelle le respect dû à son rang et ses faits d’armes, même si à cet instant, rien de tout cela n’était en jeu, et que les plaisanteries pouvaient continuer à pleuvoir.

« Je songe sérieusement à aller voir le Grand Dindon, euh, Septon pour lui proposer mes services. Cette pourpre … Brr ! On pourrait presque le prendre pour un prêtre de R’hllor, et ce serait terrible, n’est-ce pas ? »

Se moquer du Grand Dindon, depuis sa Croisade, était une sorte de sport national à Dorne. En même temps, en taxant la Principauté d’hérétique, il était évidemment que l’homme ne s’était pas fait que des amis … Aussi bien chez les croyants s’étant offusqués d’être ainsi mis au ban de leur communauté pour ils ne savaient trop quoi, en vérité, que chez les adeptes des dieux de la Rhoyne qui ne portaient déjà pas les septons et leurs prêches destinés à la conversion dans leur cœur. Le pire étant que Robb était persuadé que le résultat final serait parfaitement contreproductif, puisque si jamais la Croisade réussissait, alors elle obtiendrait des faux dévots … et perdrait sans doute une bonne partie de ceux qui étaient fidèles aux Sept initialement, et qui ne comprendraient sans doute pas pourquoi leur Foi avait réduit leurs maisons en cendres. Lui-même ne savait pas comment il réagirait dans ce cas. Sans doute qu’il continuerait à croire … Mais que son assiduité à l’office serait bien vacillante, car il ne pouvait concevoir que la Mère puisse approuver ce déchaînement de haine et de violence. Que gagnait-on, par les armes, hormis la détestation ? Sûrement pas des fidèles, de son point de vue … Et pourtant, une part obscure de lui pensait que pour l’unité d’un royaume, parfois, une foi unifiée était peut-être plus utile, tout en ayant rien contre les autres religions, à vrai dire.

« Ceux qui se sont installés après l’arrivée des Rhoynards, oui. Mais les Montagnes sont principalement peuplées de fidèles des Sept. Nos racines ne viennent pas de la Rhoyne, contrairement au reste de Dorne, mais bel et bien des Premiers hommes et des Andals, même si ces imbéciles de bieffois semblent l’avoir oublié. A vrai dire, il est amusant qu’ils nous détestent à ce point, alors que les dorniens rocheux sont les plus proches d’eux, par le sang comme par les croyances … »

Il fit une pause pour reprendre son souffle, avant de reprendre :

« Après … Personnellement, je n’ai rien contre les autres religions. J’en ai trop vu en Essos pour me dire qu’une est meilleure que l’autre. Politiquement, je présume qu’avoir un royaume unifié sous la même Foi a des avantages. La tolérance également. C’est un choix, je dirais. L’unité assurée contre la diversité des forces vives.

Je doute cependant que nous ayons le choix bien longtemps ... Tôt ou tard, Deria devra trancher entre préserver nos traditions ou bien tenter d’affermir la foi des Sept pour atténuer les effets de la Croisade.

Enfin … Je présume que comme d’habitude, à Dorne, les gens prieront d’une main les Sept et de l’autre d’autres dieux. Après tout, personne ne peut savoir ce qui se loge véritablement dans le cœur d’un homme ou d’une femme … Fût-il le Grand Dindon en personne. »


Heureusement que la discussion revenait vers les femmes, voilà un domaine où il était plus à l’aise que la religion !

« Eh, j’ai toujours évité les ennuis, quand même ! Enfin, à peu près … Disons que j’évite les maîtresses un peu cinglées sur les bords. Et les prêtresses de R’hllor appartiennent un peu à cette catégorie. En plus, je n’ai pas vraiment envie d’être en compétition avec un dieu qui est censé tout illuminer avec son épée. La mienne ne prend pas feu, et je n’en ai pas très envie, à vrai dire. Ça lui ôterait beaucoup de son utilité. »


Son sourire grivois ne mentait pas sur le type d’épée dont il parlait … Même s’il ne répugnait pas à en employer une autre. Robb devait bien l’avouer : entendre Arianne louer ainsi ses talents flattait son ego, qui n’était pas maigre, en toute honnêteté.

« Surtout, n’hésite pas à redire que je suis sage … Tu dois être la seule à le penser ! »

Certes, il plaisantait … Et pourtant, derrière la galéjade se cachait une souffrance secrète, celle d’avoir l’impression tenace de n’être jamais reconnu à sa juste valeur, de n’être vu que comme un jeune crétin coureur de jupons, malgré les années, en dépit de ses engagements répétés sur le champ de bataille pour la cause de Dorne, peu importe ses sacrifices et ses blessures. Le temps passait, mais tous continuaient de le juger sur ses mœurs, y compris au sein de la Principauté pourtant connue pour sa libéralité, et ce alors même qu’il était célibataire et ne blessait personne, qu’il n’était qu’un troisième fils. Comme si l’Epée du Matin se devait d’être, finalement, le croisement parfait entre un mestre et un chevalier … De ne pas être un homme, simplement un homme, et encore moins de le revendiquer haut et fort.

« J’essayerais, peut-être. J’avoue que je n’y avais pas vraiment pensé. Quelque part … La boucherie de la guerre reste la boucherie. Peu importe nos talents : dans la furie des combats, nous sommes tous égaux … Surtout au milieu de la piétaille. On glorifie souvent les chevaliers … Mais ce sont nos piétons qui sacrifient le plus, au fond.

Ne négligeons point nos atouts, tout de même … Tu as raison. »


Il la regarda, puis murmura :

« Merci de croire en moi, Arianne. De savoir que la vertu ne se mesure pas à la chasteté, contrairement à ce que tant d’autres pensent, mais à la valeur et le dévouement apporté à une cause.

J’aimerais que les gens me voient … Comme tu me vois. Qu’ils comprennent que si je défends la Principauté … C’est parce que j’aime la vie à l’intérieur de cette dernière. Et qu’en profiter, ce n’est pas faire preuve de légèreté, mais apprécier à sa juste valeur la beauté de l’existence, pour mieux en mesurer le sacrifice éventuel le moment venu, et partir sans regret vers la mort et le sang. »

Il savoura son baiser sur sa joue, humant son parfum … En ressentant soudainement une envie étrange dont il ne sut que faire. Ce besoin irrésistible de la serrer contre lui le prit brutalement, mais il se contint, soufflant simplement au creux de son oreille :

« Hante-moi si tu veux. Quoi de mieux qu’une jolie femme pour rendre le trépas agréable ? »

Sa voix était sourde, grave, presque séductrice, et il s’en rendit compte trop tard. Conscient de la tension soudaine entre eux, il se força à s’écarter, et sourit mélancoliquement aux dernières paroles de la jeune femme, avant de lui assurer :

« Je sais que tu le feras … »

Son regard se fit néanmoins plus sérieux, gêné aussi. Il était persuadé que Deria avait déjà parlé à sa sœur. Non ? Impossible que ce ne fut pas le cas : les Martell se disaient toujours tout. Enfin, au moins l’important, et ça … Difficile de penser que ça ne rentrait pas dans cette catégorie.

« Veille surtout sur Deria, s’il te plaît … Elle va s’inquiéter pour nous, pour Roward, et avec tout ce qu’elle a à décider … Elle n’en a pas vraiment besoin … »

Il hésita. Longuement. Et finit par souffler :

« Vous avez … parlé ? Depuis … »

Il ne savait pas quoi dire pour ne pas trahir le secret de la grossesse, s’il l’était toujours. Alors il resta coi, laissant sa phrase en suspens, incapable d’aller au bout de son raisonnement, tel un poisson hors de l’eau, et comme un parfait idiot. Chassez le naturel, il revient au galop. Ou à la nage, suivant les cas.


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MessageSujet: Re: Quitter son Soleil pour les Aubes rouges de la guerre [PV Arianne]   Lun 23 Oct - 17:48

Elle se laissa aller à un grand rire franc, en entendant Robb vanter sa perfection, et ses problèmes de gabarit pour passer les portes. Elle prit un air malicieux, l’air rieur de ses yeux ne trompant pas réellement sur ce qui l’animait. « Est-ce vraiment dû à ça, ou à ton embonpoint ? » Elle lui fit un petit clin d’œil. Comme s’il pouvait la prendre au sérieux, alors que leurs seules formes qui modelaient son corps étaient ses muscles dépourvus de graisse. Elle se vexerait probablement, s’il croyait réellement à ses paroles, d’ailleurs. Elle ne se montrait que rarement cruelle, et certainement pas à l’encontre des gens qu’elle aimait aussi sincèrement que le Dayne. Ou pas sciemment, du moins.

« Tu vas finir par te faire couper la langue, à dire de telles âneries. Et encore plus rapidement, si tu allais voir l’un des septons, quel qu’il soit. Je pense qu’il verrait dans ton regard que tu es le plus libidineux des servants des Sept qui soit, et qu’il réclamerait que tu fasses pénitence, dans des appartements qui pourraient s’apparenter à des cachots. Tu ne voudrais pas le risquer, n’est-ce pas ? » Cela n’arriverait jamais, mais si ça avait dû être le cas, ça aurait été un grand désespoir pour elle qui goûtait à son babillage et ses propos inconséquents, et à ces dames qui goûtaient d’une autre manière à sa langue et devait particulièrement l’apprécier.

Elle haussa les épaules, cependant, quand il précisa ses pensées quant aux religions, encouragé par elle, à vrai dire. Elle les partageait, mais elle n’était en aucun cas prête à penser aux Bieffois ou désireuse de le faire. Pas tellement à cause de son séjour forcé là-bas, seule, mais à cause de tout ce qui l’entourait. Soupirant, elle le fixa, attendant qu’il en ait fini. Devait-elle surenchérir ? Il savait bien, en fin de compte, qu’elle ne pouvait que partager son opinion. Avait-elle déjà évoqué devant lui ses multiples croyances ? Elle n’en était pas certaine, mais elle savait qu’il aurait pu les comprendre. C’est un sourire désolé, qu’elle lui offrit, plutôt qu’une approbation de ses paroles – il savait qu’elle lui donnait raison à ce sujet, dans tous les cas.

« Peut-être les ennuis de ce genre, mais tu es quand même très doué pour t’en attirer ! Je suis bien placée pour le savoir, vu notre rencontre. Mais je vais te donner le bénéfice du doute, pour cette fois. Je ne suis pas certaine de vouloir connaître les anecdotes de ce type que tu pourrais me compter. Mon innocence ne s’en remettrait pas, et j’en perdrais soit l’ouïe, soit l’audition, voire les deux. Ce qui serait déplorable, les merveilles de ce monde méritent d’être vues et entendues. »

Et les exploits de Robb ne faisaient pas définitivement pas partie. Pas ce genre d’exploit, du moins. Il le bouscula doucement, d’un coup d’épaule très léger, afin de ne pas le faire souffrir, mais de lui montrer qu’il était stupide de penser que les autres ne reconnaissaient pas sa sagesse à sa juste valeur. Il en faisait preuve dans bien peu de domaines, mais on ne pouvait que reconnaître, au moins, cette expertise-là qu’il avait. Et la sagesse qui en découlait. Il était meilleur que la plupart, dans ce domaine précis, c’était une certitude – même elle le savait, alors qu’elle connaissait bien peu de choses de l’art du combat.

Elle soupira, en l’entendant dire que le peuple sacrifiait plus que les nantis. Le pensait-il réellement ? Ne pensait-il pas que la souffrance de la perte d’un proche, qu’elle soit vécue par le moins nanti des hommes ou le plus nanti d’entre eux, n’était pas insoutenable ? Elle s’apprêtait à répliquer, quand il la prit de court, s’exprimant d’une voix qu’elle n’avait jamais entendue – pas dirigée contre elle, du moins. Combien de fois l’avait-elle observé, tentant de charmer ces dames, pour mieux le taquiner après leur départ ? Elle ne les comptait plus. Mais jamais cela ne s’était retourné contre elle, et cela l’embarrassait. « Les belles femmes ne manquent pas à Dorne, si tu dis cela à toutes celles que tu croises, tu vas constituer un harem ! » Ils essayaient chacun à leur manière d’ignorer sa réaction étrange.

Elle hocha la tête, quand il lui demanda de veiller sur Deria, avant de froncer les sourcils. Elle veillerait évidemment sur elle, mais il faisait bien des mystères. Savait-il quelque chose qu’elle ignorait ? Ou qu’il croyait qu’elle ignorait ? Sa sœur s’était confiée, évidemment, sur sa grossesse, et il aurait fallu qu’Arianne soit particulièrement idiote pour ne pas savoir qu’elle n’avait pas eu qu’Orys comme partenaire, mais…

« Deria me dit tout. » Mais lui, se confierait-il ? Elle ne voulait pas risquer de trahir elle-même ce secret, sans savoir s’il le savait.



             
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MessageSujet: Re: Quitter son Soleil pour les Aubes rouges de la guerre [PV Arianne]   Mar 31 Oct - 18:48

« Les deux, mon général ! C’est qu’à force de célébrer des mariages et de boire libations sur libations, je vais finir par devenir aussi gras qu’un septon de Villevieille !

Heureusement que les bieffois m’offrent un peu de sport pour faire disparaître tous ces excès … Les fer-nés ont bien essayé, mais ils sont arrivés trop tôt, les cuistres ! »


Mieux valait rire de ses mésaventures à Lancehélion ou de la guerre à venir que de se morfondre sur ce que ni Robb ni Arianne ne pouvaient changer. En vérité, le jeune homme ne savait pas comment diminuer l’inquiétude de ses proches, puisqu’elle était somme toute fondée. Quand il avait tenté d’être sérieux, il s’était fait renvoyer dans les cordes avec plus ou moins de vigueur, aussi il finissait par croire qu’il n’était doué qu’à manier l’humour. Et puis après tout, que dire, que faire, hormis rire ? Ils connaissaient tous les risques : aucun conflit ne se soldait sans heurt, sans blessés ni morts, et hélas, bien souvent, les dieux décidaient du sort des belligérants dans le plus grand des hasards. Il n’y avait pas de règles ni de justice, sur un champ de bataille : juste beaucoup de chance et un brin de talent … Encore que. Qu’avaient à voir les dons à l’épée ou à cheval face à une flèche d’arbalétrier perçant un baudrier ? Que pouvait le talent contre une horde supérieure en nombre ? Au cœur de la mêlée, tous étaient égaux. Il l’avait affirmé à Arianne, et le pensait profondément : Epée du Matin ou pas, il était soumis aux caprices divins, et de son avis, bien fol celui qui s’imaginait devoir sa survie à sa simple douance. Au moins avait-il la capacité à reconnaître humblement qu’il était des choses sur lesquelles il n’avait pas de prises. Il pouvait simplement faire de son mieux, prier, et tenter de survivre, voire d’emporter la victoire. Un beau programme en perspective, non ?

« Voyons, si ça se trouve, ému par l’âme en peine que je suis, ce brave septon déciderait de comprendre mieux mes tourments et je l’édifierais sur les dangers de ce monde, puis quand il serait repu de vin et de viande, il tournerait la tête et succomberait d’ivresse entre les bras d’une charmante damoiselle. N’est-ce pas totalement crédible ? »

Quoique à la réflexion …

« En fait, ça pourrait l’être. Ne me dis pas que tous ces hommes de Foi respectent leurs serments, je n’y croirais pas. La concupiscence est le défaut le mieux partagé au monde, et une chasuble ne protège pas du désir … Surtout quand il est facile d’endormir la méfiance des ingénues en invoquant la volonté des dieux …

Hypocrites, ils le sont tous, à vouloir des autres ce qu’ils n’assument pas eux-mêmes, et à rejeter sur les femmes le poids de leurs envies traîtresses. J’ai vu comment parlent ces gueux, dans le Bief, quand nous étions à Lancehélion. C’en est effrayant, tout ce prêchi-prêcha en veux-tu en voilà, ces espèces de sermons stupides sur ce qu’il faut faire ou ne pas faire … Je me demande vraiment comment tous peuvent vivre corsetés dans un tel fatras de règles stupides … Pas étonnant qu’ils ne nous supportent pas. Si j’étais cynique, je dirais qu’ils nous envient notre liberté. »


Vraiment, par moment, les mœurs de leurs voisins lui donnaient envie de vomir, non pas parce qu’ils les jugeaient répréhensibles en tant que tel, mais à cause de la charge que faisait peser toute cette bienséance qui confinait à la pudibonderie ridicule et à un corsetage de la société qui ne pouvait amener que le pire, selon Robb. Typiquement, les bieffois voyaient la place accordée aux femmes à Dorne comme une pratique répréhensible, beaucoup s’appuyant sur les Sept pour la critiquer. Mais où y avait-il un chapitre qui expliquait noir sur blanc que la place des filles n’était pas dans la gouvernance ? Le Dayne avait eu beau lire les ouvrages sacrés, les textes, il n’avait rien trouvé dans les sources pour affirmer cela avec certitude. De même, leurs manières de condamner l’adultère de l’épouse tout en autorisant les bordels le laissait pantois. Au moins, à Dorne, tout le monde était égalitaire en la matière : ce qui était réprouvé n’était pas la tromperie en tant que telle, mais celle faite sans le consentement du conjoint. Et les bâtards n’étaient pas condamnés pour ce qu’ils étaient. Après tout, ils n’y étaient pour rien ! De surcroît, si leur naissance était un péché aussi abominable, autant éviter qu’elle arrive non ? Ou les tuer à la naissance tiens, plutôt que de les laisser fouler cette terre ! Non vraiment, tant de contradictions l’avaient toujours laissé pantois. Pour un peu, il en aurait écrit un traité !

« Moi qui ne suis que pureté et innocence également … Je suis terriblement blessé de n’avoir que le bénéfice du doute ! »

Robb porta la main à son cœur, inclinant sa tête en arrière dans une pure posture de tragédien, mimant le désespoir le plus profond dans une posture qui à force d’être excessive, tirait tout son potentiel comique du grotesque qui en naissait. Une fois une posture un brin plus naturelle retrouvée, il se laissa aller à d’autres plaisanteries, l’une un peu trop … appuyée pour que ne naisse pas soudainement une certaine gêne. Qu’est-ce qui n’allait pas chez lui, pour sortir de telles âneries ? Et le pire ? Il continuait le bougre !

« Allons, un harem dans la mort, ça n’a pas trop d’intérêt … Je me limite aux plus jolies, pour avoir une belle vue depuis mon chaudron des Sept Enfers. »

Néanmoins, il regagnait déjà son sérieux alors qu’il hésitait furieusement sur ce qu’il devait répondre à l’assertion d’Arianne. Deria lui disait tout. Soit. Mais lui avait-il déjà révélé son secret, là était la question. Il se voyait mal trahir la confiance de sa maîtresse, même envers sa propre confidente, car ce moment était précieux aux yeux des femmes, et la Princesse en était la seule propriétaire. D’un autre côté, si elle lui avait parlé, c’est que les autres Martell étaient déjà au courant … Non ? Il était celui à faire taire, après tout, aussi cruel que ce soit, pas le destinataire d’une joyeuse nouvelle rendant la fratrie oncles et tante. Ou alors, précisément, il avait été mis au courant en premier pour éviter les problèmes … Parbleu, il allait finir par se coller une abominable migraine à force de réfléchir autant ! Au pire, du pire ... C’était Arianne. Ce n’était pas comme si c’était grave s’il faisait un faux-pas. Enfin si. Deria lui en voudrait. Sauf qu’à insinuer ainsi, et à délayer sa réponse dans un silence qui enflait, de toute manière, il allait mettre la puce à l’oreille de l’aînée des enfants de Nymor. La peste soit de ces ennuis-là !

« Ah. Donc elle t’a peut-être parlé de sa … santé. Non ? De … »


Misère, comment le dire sans le dire ? Robb avait l’impression atroce de s’empêtrer toujours davantage sans parvenir à franchir la ligne rouge. Il ouvrait de grands yeux pour essayer de faire comprendre ce qu’il sous-entendait très lourdement à son interlocutrice :

« … Du fait qu’elle allait vraiment avoir besoin d’aide pour … les prochains mois ? »

Le supplice était insoutenable.

« … Dis-moi que tu comprends, s’il te plaît.»


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MessageSujet: Re: Quitter son Soleil pour les Aubes rouges de la guerre [PV Arianne]   Jeu 9 Nov - 19:08

Elle sourit légèrement, rit même un peu jaune, mais elle ne surenchérit pas. Elle savait qu’il cherchait à dédramatiser la situation, mais elle peinait à y arriver, alors que ça concernait l’invasion fer-née qui avait causé beaucoup de mal chez eux. Elle se retint, au moins, de grimacer, c’était déjà mieux que rien, même si elle ne l’encourageait pas sur sa lancée. Et il n’y avait pas vraiment plus à dire, dans tous les cas. Les fer-nés avaient marqué Dorne il y a plusieurs mois, à cause d’elle, ce qui était déjà un mauvais souvenir, mais leur intrusion à Lancehélion… Elle finit par soupirer, le laissant changer de sujet, rire des septons était bien plus simple.

« As-tu réellement envie de savoir s’ils les respectent ou non ? Je préfère les imaginer comme des jouvencelles qui s’étoufferaient à la vue d’un bras un peu trop dénudé, ou d’une cheville dévoilée. Tu le sais aussi bien que moi, c’est tout ce qu’il y a de plus indécent, et ça attise le désir. Je n’ai jamais rien vu de plus sensuel que le haut de l’épaule des ces messieurs, ou leur petit orteil, tout cela échauffant vivement mon imagination, sur ce que l’on nous dissimule et nous interdit… quelques mètres de chair, et des poils. J’ai honte, d’imaginer tout ça, et si je n’étais pas aussi, comment dire, dornienne et bronzée, tu verrais mon visage rouge et confus. » Elle était, pour une fois, celle qui fuyait le sérieux. Mais il fallait dire que la réalité risquait de leur causer beaucoup de tort, et elle n’était pas sûre de vouloir ternir son dernier échange avec Robb, avant un long moment, avec cela. Le comprendrait-il ? Elle l’espérait. Il la connaissait suffisamment bien pour cela.

Et, surtout, il la connaissait suffisamment bien pour ne pas en prendre réellement ombrage, ou ombrage du tout, quand elle se riait de lui. Il savait pertinemment l’affection et le respect qu’elle avait pour lui – si ça n’était pas le cas, elle ne se serait pas autorisée à agir ainsi. Mais leur amitié datait de leur toute jeune enfance, depuis plus longtemps même qu’elle connaissait ses frères et sœur, quoi que seulement quelques mois, elle était plus fort que cela.

« Soit, je t’accorde le bénéfice de croire que tu dis la vérité… si tu me fais un argumentaire convaincant. » Il serait tordu de rire, avant même de réussir à prononcer les deux premières phrases de son argumentaire, elle en mettrait sa main à couper, même si elle garda le silence, se contentant d’un petit sourire attendri et moqueur.

« Je peux t’accorder un point, pour avoir réussi à me surprendre. Toi, refuser un harem, même dans la mort ? Il n’y a pas de mal à continuer à en profiter, même dans un état plus qu’incertain. Le Robb que je connais aurait sauté sur l’occasion, de réunir autour de lui les plus belles femmes – surtout que son titre d’Épée du Matin en attire plus d’une. Es-tu donc tombé sur la tête ? Peut-être que les choses seront revenues à la normale, alors, après le choc violent que tu as du prendre sur la tête, quand tu étais tout petit… » Elle lui tira la langue, se laissant aller à rire, avec bonne humeur.

Bonne humeur qui n’allait pas la quitter, alors qu’elle l’entendait légèrement hésiter sur ses mots, sur ses phrases, puis carrément s’embrouiller, à chercher à dire des choses sans réellement les avouer. Elle feignit l’incompréhension, quelques secondes, presque une minute, le laissant encore parler, avant de lui adresser un grand sourire, et de l’étreindre par impulsion.

« Mais oui, elle m’en a parlé. Je sais qu’elle est en excellente santé pour deux, et qu’elle le sera encore longtemps. Depuis quand le sais-tu ? » Et surtout, pourquoi peinait-il tant à le lui dire ? Arianne n’était pas idiote, et savait qu’ils s’étaient longtemps tourné autour… Avaient-ils continué ? Cela pourrait s’avérer problématique, si… Non, elle s’interdisait de penser cela.



             
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Quitter son Soleil pour les Aubes rouges de la guerre [PV Arianne]
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