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Deux hommes de l'ombre [PV Gareth Kenning]
MessageSujet: Deux hommes de l'ombre [PV Gareth Kenning]   Mar 4 Juil - 17:15

Les troubadours et autres trouvères avaient coutume de dire que l’attente était terrible pour ceux qui aiment, et encore plus pour les cœurs solitaires qui n’ont que trop d’appréciation à offrir. Bowen Glover était de ceux-là, et comprenait enfin les affres et tourments de toutes les âmes errantes qui avaient eu un jour à patienter pour obtenir une bribe de nouvelle, quémandant une simple parole rassurante à un mestre bougon et bien trop occupé pour s’appesantir sur le sort de ceux qu’il soignait. Oui, à cet instant précis, le jeune homme avait une connaissance intime des épreuves traversées par les malheureux laissés en arrière, notamment les femmes. Pour un guerrier, la vraie difficulté se trouvait sur le champ de bataille, au moment de risquer sa vie. Mais peut-être que cette manière si typiquement masculine de voir les choses ne prenait guère en compte ce que devaient endurer psychologiquement ces mères, sœurs et épouses, amies et compagnes restées en arrière et contrainte à contempler le temps s’écouler longuement, chaque minute paraissant plus interminable que la précédente.

Une énième fois, Bowen tenta d’alpaguer un serviteur qui se contenta de hausser les épaules avant de reprendre sa course, laissant le garçon à son angoisse. Se rendant compte qu’il était un obstacle plus qu’une aide, il se résolut finalement à sortir et à arpenter pour la énième fois les abords de la Haye-Pierre, qu’il commençait à connaître par cœur tant il avait marché pour dissoudre sa peine dans l’ivresse de l’effort physique. Ne pas savoir ce qui était arrivé à Jeyne lui était purement insupportable. Il avait en effet aperçu Nelya Corbois non loin, qui paraissait saine et sauve, ce qui l’avait rassuré car s’il n’entretenait pas de relations particulièrement poussée avec la dame à l’élan, elle s’était montrée une alliée fidèle de la maison au Poing en soutenant l’initiative de son fils Benjen de contribuer à la reconstruction de Motte-la-forêt. Rien que pour cela, la plantureuse fiancée du Sénéchal avait toute sa gratitude, qu’il avait exprimé quelque peu maladroitement en l’invitant à danser lors des noces de Jeyne et de son lionceau Lannister. Et voilà qu’une nouvelle fois, ses pensées le ramenait à son amie, comme si son cerveau refusait de le laisser en paix tant qu’il n’aurait pas eu l’assurance qu’elle allait bien, tant qu’il ne lui aurait pas parlé, tout simplement.

Son épouse était-elle ainsi ? S’inquiétait-elle pour lui ? Plusieurs fois, il en avait eu l’impression, puisque Maedalyn avait demandé à quelques reprises des nouvelles de santé, souvent quand il évoquait la progression de leur campagne, et ce qu’il avait pris pour des reproches habilement dissimulés contenaient peut-être une peine sincère que de devoir quémander des assurances auprès d’un mari étourdi. Il en venait presque à prier les anciens dieux que sa femme ne lui en veuille pas pour ses oublis, quand il reviendrait auprès d’elle. Il avait espéré assister à la naissance de leur enfant et profiter de l’hiver qui s’annonçait pour revenir dans le Nord, même s’il commençait fortement à douter qu’une telle chose soit possible, ce qui ne manquait pas de le chagriner. Imaginer son héritier naître dans un autre endroit que Motte-la-forêt le peinait déjà suffisamment pour qu’il ne regrette pas une éventuelle absence de sa part. Déjà qu’il n’était même pas aux côtés de sa dame pour la soutenir dans sa grossesse … Rien que cette pensée le couvrait d’amertume, plus encore depuis qu’il découvrait ce par quoi son épouse avait dû passer, depuis plusieurs mois. La fille des Cerwyn avait dû affronter un domaine en ruines et étranger, un beau-père à l’agonie, l’absence d’un époux à peine entrevu, un début de grossesse alors que la sagesse populaire décrivait les premiers mois d’un premier enfantement comme les pires de tous … Par égoïsme dynastique et à cause des affres de la guerre, Bowen avait décidément imposé des souffrances terribles à celle qu’il avait choisi, et ne pouvait s’empêcher de s’en repentir, d’espérer que malgré tout, elle ne le détestait pas encore tout à fait.

De rage face à son impuissance, le nouveau lord du Bois-aux-loups abattit son poing ganté contre un arbre à proximité, imprimant dans le bois dur du bouleau la marque si caractéristique des Glover, avant que ses pas ne le conduisent à nouveau lourdement vers l’endroit où les blessés étaient soignés. Il avisa le lit sur lequel reposait Gareth Kenning, l’escorte de Jeyne, et poussa un long soupir. Il était probable que les mestres et leurs assistants débordés aient pris soin du gendre des Lannister au plus vite et l’avaient laissé se reposer là avant de le monter dans des appartements. Les voilà justement qui donnait l’ordre de soulever le brancard pour le conduire en un lien qui siérait mieux à son nouveau rang. Quelle réussite, quand on y pensait, pour un énième fils d’une famille mineure qui n’avait pour fortune que l’amitié d’un prince … L’ascension était proprement foudroyante, et sans nul doute prompte à susciter jalousies et médisances. Bowen était bien placé pour le savoir, car s’il n’avait pas les mêmes attributions que l’homme blessé, sa propre position aux côtés des Stark père et fils avait attisé certaines rancœurs, et continuerait de le faire puisque Jon ne semblait pas vouloir retirer sa confiance à l’ancien écuyer de son géniteur, bien au contraire. Il l’avait même chargé d’une mission précise, et il était temps qu’il s’en acquitte.

Cette fois, on lui accorda la permission de voir le blessé, et le Glover toqua soigneusement à la porte avant de s’annoncer, puis attendit qu’on lui permette d’entrer, ce qu’il fit avant de refermer aussi délicatement que possible l’imposante porte de bois. Le visage juvénile du Kenning paraissait have et fatigué, dissemblable au souvenir d’un joyeux drille un peu trop proche de Jeyne et de Lynara que Bowen avait retenu des moments où il l’avait côtoyé de loin à Winterfell, notamment lors du banquet princier de mariage. Il s’éclaircit la voix avant de s’approcher précautionneusement, restant néanmoins à une distance respectueuse, puis finit par déclarer :

« Ser Gareth Kenning, Sa Majesté le roi du Nord Jon Stark m’a chargé de vous remercier en son nom d’avoir fait rempart de votre corps pour protéger sa sœur, Son Altesse la Princesse Jeyne Lannister. Il est vivement reconnaissant pour votre courage et vous souhaite un prompt rétablissement.»

D’une voix moins protocolaire, Bowen ajouta, avec un très mince sourire :

« Je joins à ce message mes propres remerciements. Je connais son Altesse depuis l’enfance, et la perdre m’eut été infiniment douloureux. De ce que l’on raconte, vous avez fait preuve d’une grande bravoure pour retarder l’inéluctable avant que l’Impératrice n’intervienne.

J’espère que vous vous remettre vite. Désirez-vous que je fasse parvenir quelque message rassurant par corbeau pour vos proches ?»



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MessageSujet: Re: Deux hommes de l'ombre [PV Gareth Kenning]   Mer 12 Juil - 14:50

Les yeux grands ouverts, je fixe le plafond sans vraiment le voir, totalement perdu dans des pensées fort peu agréables. Cela fait plusieurs jours que nous sommes arrivés et je devrais m’estimer heureux. Je suis en vie, Jeyne et saine et sauve ainsi que les personnalités importantes du convoi. Ce pour quoi j’ai été missionné en sommes. Sauf que ce n’est pas grâce à moi, loin de là. Je n’aurais jamais dû valider l’idée de voyager de concert avec la famille Tully. Jusque-là, le voyage s’était déroulé sans encombre. Après tout, l’Ouest n’est officiellement en guerre contre personne. Pour le moment en tout cas. Je gage qu’à notre retour, si nous parvenons à revenir à Castral Roc, les choses vont grandement changer. Et je ne saurais dire si c’est une bonne ou une mauvaise chose. En tout cas, d’ici là, je dois me remettre au mieux pour essayer de ramener la Princesse de l’Ouest saine et sauve chez elle. Voilà qui promet d’être autrement plus délicat au vu de ce que j’entrevois de la situation actuelle. Je n’ai pourtant pas vu grand-chose et j’avoue que je suis curieux d’en savoir plus. Mais je suis cantonné à cette chambre pour quelques jours encore. Je n’ai pas vraiment insisté, ma jambe se dérobant sous mon poids dès que je tente de faire plus de quelques pas. Alors je me repose. Tout du moins j’essaie, quand les pensées ne viennent pas se bousculer dans mon esprit.

Et si je ne m’attends à aucune visite, je suis soulagé d’être interrompu dans mes divagations quand on frappe à la porte. Je me redresse tant bien que mal, grimaçant en réalisant que je suis toujours aussi fourbu et mon regard se plisse un instant alors que mon esprit s’efforce de reconnaitre l’homme qui me fait face. Il ne me faut heureusement pas longtemps pour le remettre et  j’ai un bref sourire un peu amer quand il prend la parole. "Nul besoin de me remercier. Sans l’intervention de l’Impératrice, nous ne serions pas en train d’avoir cette conversation. J’espère juste qu’elle aurait écouté mes conseils et pris la fuite au bon moment. Et réussi." Je fronce les sourcils avant d’ajouter, d’un ton que j’essaie de rendre plus léger. "Mais je suppose qu’il sera plus convenable de remercier sa Majesté de sa sollicitude, pour laquelle je lui suis réellement reconnaissant, et lui dire que je n’ai fait que le devoir qui m’est assigné depuis toujours ou presque. Ou que j’ai essayé tout du moins."

Je laisse filer un silence avant d’esquisser un sourire quand sa voix se fait moins protocolaire. Et je souffle, d’un ton plus léger. "Jeyne et Lyn… son Altesse et sa cousine parlent très souvent de vous. L’attachement que vous avez pour elles est partagé." Je n’ose en tout cas même pas imaginer ce qui se serait passé s’il était arrivé quoi que ce soit à Jeyne. A cette pensée, j’ai de nouveau un froncement de sourcils presque imperceptible avant de m’assoir aussi bien que possible sur le rebord du lit. "Il ne faut pas croire tout ce que l’on raconte. Je suis plutôt doué pour prendre les coups en réalité." Mon sourire s’est fait amusé l’espace d’un instant, avant que les souvenirs ne reviennent se bousculer dans mon esprit. "Vous avez déjà vu son dragon à l’œuvre ?" Et si oui, est-ce qu’on finit par oublier ce que l’on a pu voir ou pas ? Voilà la vraie question que je ne poserais pas. Je préfère grimacer au reste de ses propos et hausser une épaule. "Je pense qu’il serait plus prudent que j’envoie moi-même une missive à dame mon épouse. Sinon elle serait capable de venir jusqu’ici pour s’assurer que je me porte bien. Et je suppose qu’une fois informée, la princesse saura prévenir ma sœur et… enfin le reste de la cour que tout va aussi bien que possible." Je ne suis même pas sûr que mon frère soit au courant de mon voyage. Depuis quand n’ai-je pas pris de nouvelles ? C’est un peu lâche, je le sais bien, surtout que sa situation n’a rien d’enviable. "Mais merci pour la proposition ser Glover. Et de votre venue. Et si vous ne voulez pas fuir tout de suite, vous avez même le droit de vous assoir vous savez."


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MessageSujet: Re: Deux hommes de l'ombre [PV Gareth Kenning]   Jeu 20 Juil - 22:51

« Ce n’est pas parce que l’on a pas complètement réussi sa mission que l’on a pour autant échoué. Les actes de bravoure, même voué à l’échec seuls, n’en sont pas moins honorables, Ser Kenning. Ne diminuez point ce que vous avez accompli, en tenant aussi longtemps que possible une troupe supérieure en nombre et déterminée.

Parfois, il faut simplement se réjouir de ce que l’on a pu accomplir … même si l’issue n’était pas celle que l’on souhaitait. Je l’ai appris durement, croyez-moi. »


Jamais Bowen ne pourrait se pardonner la mort de toute sa maisonnée. Et pourtant, il éprouvait une certaine fierté en pensant que les Glover avaient chèrement vendu leur peau, et privé l’ennemi sauvageon de plusieurs milliers d’hommes, contribuant dans la mort au succès de Motte-la-forêt. Le sacrifice de sa famille avait permis au Nord de parvenir à une victoire aussi sanglante que capitale, et il entendait que partout soit conté que les hommes et femmes au Poing avait contribué par leur décès tragique à la survie du royaume. Certes, cela avait des airs de piètre consolation pour une perte incommensurable, et en un sens, c’était le cas. Pour autant, le jeune homme avait conscience du poids de ces mots auprès des autres maisons nordiennes, et au sein même de sa conscience malmenée. Non parfois, on pensait faillir à son devoir. Et l’expérience comme la sagesse venaient tempérer ces jugements à l’emporte-pièce.

Au fond, il lui paraissait étrange que celui qui avait chargé avec le Nord, que Jordane Lannister avait élevé au rang de Prince par un mariage que tous enviaient soit aussi peu dissert sur ses exploits. On aurait pu légitimement s’attendre à … quoi au juste ? Un fat qui aurait glosé sur sa bonne fortune ? Sur ses exploits ? Eh bien … Aussi peu glorieux que ce soit de l’admettre, cela aurait en effet nettement plus correspondu à ce que le Glover imaginait du Kenning que cette distance amère et légèrement sarcastique qu’il ne connaissait que trop bien, pour l’avoir éprouvée quelques mois auparavant, et qui avait tellement le goût de la défaite. Tout de même … Il était question d’un obscur benjamin d’une famille non moins obscure qui avait réussi à s’élever plus haut que n’importe quel homme de l’ombre, lui y compris, au point de ravir la main d’une Princesse -et si l’on en croyait les ragots, la virginité. Voilà qui aurait expliqué ce mariage pour le moins incongru d’un point de vue politique. Non pas que les unions royales avec un lord ou une lady de son propre royaume soit étrange à ses yeux : la plupart des Stark avaient choisi leurs conjoints au sein du Nord, mais rarement les dames avaient été promises à des rejetons de fin de lignée, à moins d’une conduite … peu convenable. Enfin … Mieux valait ne pas s’attarder sur les manœuvres Lannister et se conduire comme le héraut improvisé de Jon Stark, ce qui était peu ou prou dans ses nouvelles attributions, de toute manière :

« Néanmoins … Je transmettrais vos remerciements à Sa Majesté. Et vanterait votre courage à votre place, si vous le permettez. »

Bowen tiqua néanmoins quand le sujet glissa de la phase protocolaire à celle des liens familiaux qu’il pouvait entretenir avec Jeyne et Lynara. Non pas que le passage de l’un à l’autre soit improbable, après tout, il l’avait lui-même évoqué. En revanche, la manière dont Gareth Kenning en parlait, de façon si … libre, ne manqua pas de l’interpeler. Les mœurs du sud étaient peut-être différentes de celles du Nord, mais rares étaient ceux qui se permettaient une telle familiarité avec les Stark, ou même les damoiselles de haut-parage comme Lynara. Le fait que sa langue ait à ce point fourché devant un étranger comme lui trahissait une habitude profondément ancrée, comme s’il lui était naturel de les appeler ainsi par leurs prénoms. Un bref instant, le Glover se tendit légèrement, ses sourcils se fronçant imperceptiblement à l’idée qu’un homme puisse entretenir une telle proximité avec ses cousines, puis il se détendit subrepticement après avoir songé qu’il était désormais le beau-frère par alliance de Jeyne, et qu’il devait donc la fréquenter à loisir, sans compter qu’il se souvenait que Lynara avait évoqué le Kenning dans un de ses courriers, non sans le surprendre d’ailleurs. Reprenant contenance, il parvint tout de même à donner le change et masquer sa gêne en répondant du mieux qu’il le put, avec toute la politesse dont il était capable :

« Ce que vous me dites est des plus appréciables. Je suis heureux de savoir que leur nouveau foyer ne leur a pas fait oublier leurs familles du Nord, même si je n’en doutais pas.

A vrai dire … Dans une de ses lettres, Lady Karstark m’a aussi parlé de vous. Elle me demandait si nous nous connaissions. Je lui ai répondu qu’hormis s’être côtoyé sur le champ de bataille, je n’avais pas eu cet honneur. »


A l’évocation de ses augustes blessures de guerre, Bowen ne put retenir un mince sourire, avant de dire doucement :

« Je l’avais remarqué à la Mort-aux-loups, Ser Kenning. Le Nord se souvient toujours. »

Oui, peu importait les divergences politiques. Une part de Bowen aurait toujours une forme de gratitude envers le Prince Lyman et son subordonné pour avoir vaillamment risqué leurs vies lors de la bataille qui avait vu sa famille vengée. Plus que pour n’importe quel autre nordien, le geste avait compté. Néanmoins, sa question subite le déconcerta profondément, alors qu’elle ravivait des souvenirs particulièrement désagréables, surtout qu’à cet instant, Bowen n’oubliait pas qu’il parlait à un ennemi futur potentiel, vu que l’Ouest n’avait toujours pas pris position et que les tensions entre le Roc et Peyredragon n’étaient pas méconnus. Que dire ? La vérité ? Une version atténuée ? Finalement, il finit par se décider pour oblitérer les parts les plus insultantes de ce que son propos non censuré aurait pu donner, se décidant finalement à répondre après avoir pris une profonde inspiration :

« Non, et je ne tiens pas particulièrement à y assister pour être honnête. Il est des choses que je préfère ignorer. »

Pour le reste, qu’il souhaitât contacter son épouse était logique, aussi Bowen acquiesça avant de répliquer rapidement :

« Comme vous désirez. »

Il n’allait pas insister pour remplir du parchemin, même s’il se serait volontiers acquitté de cette tâche. Sa proposition finale ne manqua pas de le surprendre. Se retrouver ainsi à discuter en privé avec un parfait inconnu n’était guère dans les habitudes de Bowen, surtout que c’était désormais une personne de rang royal … D’un autre côté, peut-être pourrait-il ainsi obtenir des nouvelles de Jeyne … Soudainement, l’offre paraissait plus tentante.

« Je ne voudrais pas vous déranger dans votre convalescence, Ser Kenning. Néanmoins … Si vous n’avez rien contre ma compagnie, je resterais. Attendre en bas que l’on me permette d’accéder aux appartements de son Altesse la Princesse Jeyne n’est pas ce qu’il y a de plus aisé, et je crains de mettre en pièces rapidement le mestre si je m’entends encore une fois signifier une fin de non-recevoir.

Pour la sûreté des hommes de science, mieux vaudrait peut-être que je m’abstienne de redescendre. »


Ses pas le conduisirent vers une chaise, ses bottes crissant sur le parquet en bois tandis qu’il s’asseyait, face à face avec le Kenning, se demandant bien ce que ce dernier avait à lui dire … car il ne l’avait pas invité pour le plaisir de sa conversation, n’est-ce pas ?



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MessageSujet: Re: Deux hommes de l'ombre [PV Gareth Kenning]   Ven 18 Aoû - 23:32

J'ai une grimace aux propos du nordien. Il vise juste mais, pour autant, cela ne rend pas ce qu'il raconte plus agréable à entendre. Pour autant, si quelqu'un peut être bien placé pour comprendre ce que je peux ressentir, je suppose que c'est bien lui, du peu que j'ai pu en voir et de ce qu'on pu me dire Jeyne et Lynara à son sujet. J'arrive à avoir une ombre de sourire et je hoche doucement la tête. "Je suppose qu'il serait effectivement plus avisé de voir le verre à moitié plein plutôt qu'à moitié vide. Je suis heureux que son Altesse s'en soit tirée sans dommage, après tout, c'est ma mission première. Pour autant, je n'oublierais pas mes erreurs et je gage que c'est une leçon à retenir, aussi dure soit-elle." Et, l'espace d'un instant, je me demande ce que le nordien peut penser de moi. Non que cela m'importe réellement, il y a bien longtemps que j'ai cessé de réellement me préoccuper de ce genre de choses, mais j'avoue être un peu curieux, surtout s'il a pu échanger avec nos deux jeunes connaissances communes. Fort heureusement, il ne sait rien concernant Lynara et moi, sinon je me doute qu'il ne serait pas aussi aimable et avenant. Mais, comme bien des gens qui ne connaissent pas les réelles raisons de mon mariage avec Meg, il doit voir mon ascension sociale avec curiosité…et quoi de plus ? J'arrive pourtant à garder cette distance qui m'a permis de survivre aux rapaces de la Cour et à ne pas oublier que je ne vaux pas mieux que les autres, loin de là.

Et le sourire qui orne mes lèvres est plus sincère, plus franc, tandis que je secoue la tête, amusé. "Je vous remercie pour… et bien pour les remerciements. Quant à vanter mon courage, ma foi, je me vois difficilement vous demander de ne pas le faire. D'autant que cela pourrait me faire passer pour un arrogant qui se cache derrière une fausse humilité et guette les compliments. Ce qui serait un rien tordu, je veux bien l'accorder." Parler de Jeyne et de Lynara est plus agréable que je ne l'aurais cru mais je réalise que la cousine de Jeyne me manque plus que de raison. Malgré tout ce qui a pu se passer. Je fronce les sourcils à cette pensée et la chasse aussi rapidement que possible, avant de hocher la tête. "Il n'est pas dans leur nature d'oublier d'où elles viennent. Et cette force de caractère qui leur est commune leur permet de s'intégrer tout en gardant les spécificités du Nord. Ce qui rend leur compagnie encore plus appréciable." Je cille à l'évocation plus directe de Lynara et je ne peux m'empêcher de souffler, sans même m'en rendre compte. "Lady Brax… je… pardon. Je ne sais si vous avez déjà été informé mais Lynara a épousé un de mes plus proches compagnons juste avant notre départ. Le fils ainé d'un riche commerçant de l'Ouest qui a grandi avec Lyman et moi. En tout cas, vous pourrez lui répondre la prochaine fois que nous aurons eu l'occasion de converser. A voir si vous considérerez cela comme un honneur de me connaitre ou pas. C'est mon cas en tout cas."

Et j'ai un hochement de tête au reste de ses propos. Le Nord se souvient toujours. Voilà qui est à la fois une bonne et une mauvaise chose, que ce soit au niveau de la politique ou, en ce qui me concerne, de la sphère plus privée. Pour autant, discuter avec Bowen est pour le moins agréable et me distrait des différentes douleurs dont je suis affublé cette fois. J'ai une grimace quand il laisse filer un silence à ma question, imaginant ce qui a bien pu lui passer par la tête et je souffle, non sans froncer les sourcils. "Je sais qu'il est délicat pour vous de converser avec un ouestrien. Sans savoir à quoi vous en tenir avec nous." Quant à lui que je ne sais pas non plus à quoi m'en tenir, il n'y a qu'un pas que je ne souhaite pas franchir pour le moment. Pas sans avoir une idée de ce qu'il peut penser de tout cela. Alors, je me contente de sourire et de souffler, d'un ton plus léger. "Il me sera plus facile de trouver les mots. Et j'avoue que je n'apprécierais guère de recevoir des nouvelles la concernant d'une tierce personne, aussi bien intentionnée soit-elle."

J'ai un rire quand il m'explique les raisons pour lesquelles il souhaite rester et je le suis des yeux alors qu'il s'assoit sur une chaise face à moi. Je me redresse un peu plus, le fixant non sans une certaine curiosité, avant de rétorquer, toujours sur le même ton. "Hé bien, les hommes de sciences pourront me remercier. J'ai eu de ses nouvelles mais je n'ai pas eu l'occasion de la voir non plus, même si je suis rassuré de savoir qu'elle va bien. Vous avez déjà tenté plusieurs fois de la voir ?" Et, sans savoir pourquoi, j'ajoute, sans arriver à me retenir. "Elle est un peu comme une sœur pour vous je suppose. Si l'on oublie un instant qu'elle est Princesse ce qui, je ne vous le cache pas, est particulièrement facile. Surtout quand elle sait démontrer une habilité toute particulière à manier une épée en bois." De là à lui demander son avis sur ce qui va se passer, sur notre venue, je n'en suis pas loin.


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MessageSujet: Re: Deux hommes de l'ombre [PV Gareth Kenning]   Lun 28 Aoû - 22:37

Bowen ne put cacher un haussement de sourcils interrogateur en entendant les explications de Gareth Kenning sur le fait de ne pas s’interposer face à sa volonté de louer son courage. Voilà qui était, pour emprunter ses propres mots, pour le moins tordu. Ou en tout cas, assez étrange comme raisonnement. Le jeune homme devait admettre se sentir quelque peu surpris par une telle tournure d’esprit. Qui pouvait penser à de telles répercussions de ses actions, forcément en négatif, hormis une âme prise dans la toile d’intrigues typiquement sudiennes ou quelqu’un de peu sûr de lui ? Il y avait peut-être un peu des deux, dans cette affirmation si bizarre aux yeux d’un nordien. Non pas que les commérages soient absents de la cour du Nord, au contraire même : c’était là le propre de toute assemblée de nobles et des jeux de pouvoir, quelle que soit la forme prise par ces derniers. Néanmoins, personne n’aurait songé dans le Nord à rabaisser le courage d’un guerrier ayant lutté sur le champ de bataille, ou tout simplement les mérites d’un individu. On critiquait les absences, mais la franchise et l’honneur avaient tendance à prendre le dessus sur des questions aussi triviales, du moins de l’avis du Glover, qui était tout sauf objectif quant aux mœurs de son royaume. A vrai dire, il avait craint l’atmosphère de Castral Roc pour ses cousines, en raison de sa réputation au-delà du Neck, et n’était soudainement guère rassuré par cette bribe d’information offerte sans doute malgré lui par l’ouestrien. Du moins, une telle assertion méritait un questionnement à brûle-pourpoint immédiat, ce qui fut donc fait :

« Je dois admettre qu’une telle pensée ne m’aurait guère traversé l’esprit. Quand un homme met sa vie en péril noblement sur le champ de bataille, il n’y a point à s’interroger sur le fait d’apprécier au moins son courage.

Les choses sont peut-être différentes dans le sud, ou en tout cas en raison de votre position, mais … Non, j’avoue que vraiment, ce n’est pas quelque chose qui m’aurait paru sensé à imaginer. »


Il conclut son propos avec un léger haussement d’épaules, manière pour lui de signifier à quel point une telle tournure d’esprit lui était étrangère, avant qu’un sourire doux-amer ne germe sur son visage en entendant le nouveau nom de Lynara. La savoir mariée au loin avec un inconnu ouestrien, même pas un combattant, lui arrachait un sentiment douloureux. Bowen avait toujours su au plus profond de lui que la jeune femme ferait tout pour rester dans l’Ouest, dans ce royaume qui pouvait devenir aussi bien leur allié que leur ennemi, si différent de leurs contrées nordiennes, juste pour demeurer aux côtés de Jeyne. Il l’avait senti, dans ses au revoir à Winterfell comme au creux de ses lettres, et il la connaissait trop de toute manière pour lui imaginer un destin différent. Et pourtant, la perspective de ne jamais revoir sa cousine lui déchirait le cœur. Oui, il parlerait à son enfant de sa grande-cousine Karstark devenue Brax, comme elle le lui avait demandé un jour dans son premier courrier à son égard, lorsqu’il lui avait annoncé ses noces avec Maedalyn. Mais lui présenterait-il un jour son héritier ? L’espoir le lui faisait croire, la raison chassait ce vœu pieux puéril. Les dames rejoignant d’autres royaumes n’étaient pas vouées à maintenir des liens étroits avec leurs familles d’origine. Les aléas des guerres, des retournements de situation diplomatique et autres coups de théâtre dont seul Westeros avait le secret menait les maisonnées à s’éloigner quand un membre partait au loin. Il l’avait vu avec sa mère. Il avait la conviction que les choses ne seraient pas différentes là. Peu à peu, leur intimité d’antan s’estomperait, au profit de leurs nouveaux conjoints, de leur vie respective, et ne deviendraient bientôt plus que de doux souvenirs d’enfance, de ceux que l’on emportait précieusement avec soi tout en se souvenant des temps anciens, où tout était tellement plus simple. Brusquement, la pensée qu’un Empire unifié comme le souhait le couple Braenaryon pouvait changer tout cela le traversa, et il en resta un instant pantois. Jusque-là, il n’avait jamais imaginé pareille utopie, et soudain … L’utopie guerrière lui paraissait soudain s’incarner dans une aspiration douce, si proche de ses désirs personnels. Réalisant soudain qu’il avait laissé un silence plus long que la bienséance ne le permettait, il répondit finalement, ses yeux se voilant légèrement d’une mélancolie délicate et nostalgique :

« Non, j’ai reçu un corbeau d’elle il y a peu. C’est juste que … J’ai dû mal à m’y habituer, je gage. Lady Brax sonne étrangement, accolé à l’image que j’ai encore d’une toute jeune fille qui ne demandait qu’à aimer Winterfell et ses cousins en découvrant la forteresse …

Mais toutes les jeunes filles grandissent et se marient, et il appartient à leurs vieux cousins de s’en souvenir, et de laisser les damoiselles voler de leurs propres ailes ... Peu importe que le vol soit plus lointain que ce que j’imaginais au départ. »


Bowen s’interrompit par crainte de voir sa voix se briser sous le coup de l’émotion, et il acheva son propos avec une infinie douceur, celle de l’ami qui souhaite bon vent à celle qu’il a connu, jadis :

« J’espère que Ser Brax est un homme de bien, et qu’il la rendra heureuse. »

Conscient que la conversation avait pris un tour très personnel, avec un ouestrien justement, un étranger somme toute, le Glover ajouta sur un ton plus léger :

« Et au passage, si j’étais un fin ambitieux, je ne manquerais pas de répondre que rencontrer le beau-frère du prince héritier de l’Ouest est forcément un honneur pour un modeste lord du Nord.

Mais comme je ne le suis pas, je répondrais sincèrement qu’il est honorable de rencontrer ceux qui ont protégé sa parentèle … et vengé sa famille, fut un temps, dans les flots de sang sauvageon. »


Plongeant son regard bleu dans les yeux du Kenning, il répliqua à son assertion sur la difficulté à converser entre ressortissants de deux royaumes non-alliés par une pirouette, un léger sourire en coin ornant son visage :

« Et vous, est-ce que vous savez à quoi vous en tenir ? »

Avec lui ? Avec le Nord ? Bowen n’avait pas précisé, mais était curieux malgré tout de savoir la réponse. Conscient que cette interrogation pouvait facilement être mal interprétée, le nordien ajouta malgré tout :

« Je n’ai point de grief personnel contre vous, Ser. Et ce qui peut désormais séparer nos royaumes ne me fait pas oublier que, alors que rien ne l’y obligeait, les Lannister ont risqué la vie de son Prince héritier au cœur de la bataille. Ni que ledit Prince héritier n’a point rechigné à tenter de m’aider à reconstruire ma cité brisée.

Sinon, je ne resterais pas, en toute honnêteté. »


Quant à sa proposition d’écriture restée lettre morte et qui n’était que pure politesse, Bowen clôtura simplement la conversation d’un simple :

« Je comprends parfaitement. Je préfèrerais aussi avertir mon épouse de ma situation moi-même, si je me jugeais suffisamment en état pour le faire, en cas de nécessité comme celle-là. »

Confortablement calé sur sa chaise, Bowen laissa échapper une moue peu engageante à la mention des mestres, et il grommela sur un ton peu amène envers les hommes de sciences un :

« Plusieurs fois. Et pour le moment, je ne parviens pas à passer. Donc je vais attendre, et retenter ma chance dans quelques heures. »

Ou réduire le mestre en charpie s’il essuyait encore un refus. Pour le coup, le Poing du Nord n’était pas complètement sûr de la conduite à tenir … ni s’il tiendrait encore longtemps face à cet irascible vieille toupie en bure sans l’étrangler avec sa maudite chaîne. Heureusement, Gareth vint le distraire de ses projets de meurtre en évoquant ses liens avec Jeyne … et son attrait pour les armes, qui ne manqua pas de lui arracher une légère exclamation de surprise, vite étouffée :

« Manier l’épée ? Voilà qui est nouveau … Son Altesse n’a point été formée aux armes à Winterfell. Je doute que Sa Majesté l’Empereur l’aurait permis, à l’époque.

Et je dois avouer que je n’aurais pas pensé que la cour de l’Ouest soit plus permissive que la nôtre envers les femmes sur ce sujet-là en particulier, même si quelques damoiselles de nos contrées attendrissent leur père ou leur frère et obtiennent quelques conseils de ce type. Est-ce là un enseignement commun, au Roc ? »


Son regard se perdit une nouvelle fois dans la nasse de ses souvenirs alors qu’il tentait de trouver les mots pour expliquer à Gareth Kenning la profondeur de ce qui pouvait l’unir à Jeyne Stark, épouse Lannister. Il y avait le sang, et surtout cette fraternité de ceux qui ont grandi ensemble, qui ont évolué, se sont disputé, se sont réconciliés pour affronter finalement les tourments de l’âge adulte. Ce lien indicible ne se résumait pas en quelques phrases, même s’il présumait que l’homme en face de lui saurait comprendre, au vu de ses relations avec le Prince Lyman.

« Son Altesse est … Quand je suis arrivée à Winterfell comme écuyer de son père, j’avais douze ans. C’était alors une petite fille … Mais aussi la Princesse du Nord, la fille de mon roi, et ma cousine de sang. Ma tante, lady Menora, est l’épouse de Lord Karstark, et donc sa grand-mère maternelle, tout comme c’est le cas pour Lady Kar… Brax. »

L’espace d’un instant, il revit la bouille curieuse d’une Jeyne de sept ans l’approchant timidement, les yeux grands ouverts, pour lui poser des questions comme seuls les enfants savaient le faire, avant que sa mère ne l’écarte gentiment pour que Bowen ne soit pas harcelé par la petite. Puis il se souvint d’une damoiselle un peu plus âgée le regardant d’un drôle d’air qu’il n’avait sans doute pas su interprété à l’époque, et heureusement d’ailleurs, de son sourire en le voyant, et de leurs conversations adolescentes, quand il lui parlait de son père absent et qu’elle l’écoutait, ou quand elle lui expliquait les dernières prouesses d’un Walton encore bambin. Il repensa à la dignité sur son visage face au deuil de sa mère, à son silence penaud de ne point savoir quoi dire pour la consoler, de leur brève étreinte sous la pluie douce de Winterfell …

« Je l’ai vu grandir, devenir une Lady, puis la Dame de Winterfell quand lady Stark est décédée. Et j’ai grandi à ses côtés, alors que j’étais loin de ma famille. Alors, pendant des années … Elle et Lady Brax ont été ma famille. Elles m’encourageaient dans mes progrès à l’épée, m’envoyaient des courriers quand je parcourais le Nord aux côtés du Roi …

Je n’ai jamais oublié que c’était une Princesse. Ma place était de servir les Stark, et de savoir où j’étais par rapport à eux. Mais c’était aussi une amie … Sans doute, avec Lady Brax, ma meilleure amie. C’étaient les petites sœurs que je n’ai pas eues. »


Il croisa les doigts, se renfonçant dans son siège, avant d’ajouter :

« Un peu comme ce qui a pu vous lier au Prince Lyman dans votre jeunesse, je me trompe ? Tel est le destin des pupilles, écuyers et autres compagnons de jeux des Princes et Princesses : apprendre à servir, et parfois accompagner ceux qu’ils ont côtoyé, peu importe les sacrifices, jusqu’au firmament.»



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MessageSujet: Re: Deux hommes de l'ombre [PV Gareth Kenning]   Sam 9 Sep - 23:09

Il est parfois difficile de confronter de la sorte deux cultures, deux modes de vie si différents. J'avais déjà pu le voir lorsque nous étions venus dans le Nord il y a déjà plusieurs mois de cela mais, pourtant, nous avions réussi à nous entendre, d'une façon ou d'une autre. Certes, les écarts restaient toujours présents, palpables mais, quand on verse le sang ensemble, face à un ennemi commun, certaines barrières finissent pas céder. Et depuis lors, j'ai toujours eu un profond respect pour les nordiens, sans pour autant arriver à vraiment adhérer à leur mode de fonctionnement. Tout comme il semble pour le moins difficile pour eux de comprendre comment l'Ouest peut se comporter. A dire vrai, ces derniers temps, je me pose également la question mais il semblerait que le sujet ne soit pas vraiment là. Quoique, certaines choses se doivent d'être peut-être pensées, à défaut d'être dites à voix haute. Ne serait-ce que pour arriver à comprendre ce qui nous attend. J'arque un sourcils quand il reprend et je laisse filer un silence, cherchant mes mots. "Je sais, mes propos peuvent paraitre… pour le moins étrange. Mais quand un homme met sa vie en péril c'est qu'il n'a pas eu l'intelligence de se débrouiller autrement si l'on en croit certains nobles qui hantent la cour. J'ai peur que le courage ne soit pas forcément la qualité la plus admirée dans l'Ouest. Dans mon cas, les gens doivent probablement penser que je suis stupide d'avoir tenu à garder mon poste de garde princier alors que j'aurais pu trouver quelque chose de moins risqué au vu de mon nouveau statut." J'essaie de ne pas me faire méprisant envers les gens de mon propre peuple mais, parfois, je me demande ce qu'aurait pu être ma vie si j'étais né nordien. J'aime à croire que je ressemblerais bien plus à l'homme qui me fait face et que j'aurais probablement eu la même expression étonnée. Difficile à dire.

Cette impression se fait plus marquée quand je vois le sourire doux-amer qui se dessine sur ses lèvres à l'évocation de Lynara. Je ne sais quelles avaient pu être leurs relations et j'avoue qu'une part de moi le jalouse. De l'avoir connue plus longtemps, d'avoir un lien avec elle qui semble aller bien au-delà de ce qu'aucun de nous dans l'Ouest pourra connaitre. Alors que je devrais laisser tous ces sentiments de côté. Pour son bien. Surtout qu'elle doit lui manquer, tout autant que me manque Nymeria ou que me manquera ma sœur le jour où nous finirons par être séparés parce que les liens du mariage l'appellent à faire son devoir loin de moi. Le silence s'installe entre nous mais je n'ose guère l'interrompre, mes pensées se perdant un peu à leur tour. Je me demande ce qu'elle fait en cet instant, si elle trouve sa place auprès de Quentyn, si elle est heureuse, vraiment. Et c'est quelque chose de plus difficile à imaginer que je ne le voudrais. Je laisse alors filer, d'une voix douce, non sans un bref hochement de tête. "Je peux tout à fait le comprendre. J'ai moi-même du mal à m'y faire alors que je la connais depuis bien moins longtemps que vous. Elle n'a pourtant guère changé et elle ne demande qu'à aimer Castral Roc, autant qu'il lui est possible en tout cas. Et sans oublier ce qu'elle a pu vivre dans le Nord. Elle vous est toujours très attachée. Bien plus que de simples missives pourront jamais le démontrer. Son regard brille à chaque fois qu'elle parle de Winterfell." Et mon regard se voile un peu à ses derniers mots. Bien plus lointain. Personne n'aurait imaginé cela je suppose, même si Lynara était prête à tout pour rester auprès de Jeyne. Malgré mes erreurs. J'inspire et, au reste de ses propos, j'ai une ombre de sourire. "Elle n'aurait pu trouver meilleur époux. Je ne parle pas du rang mais bien de l'homme. C'est le compagnon le plus cher que Lyman et moi ayons pu avoir durant notre jeunesse. Il veillera bien sur elle." Quant à la rendre heureuse… difficile à dire. Cette question continue de me hanter de toute façon et risque de le faire encore bien longtemps, sans que je sache quelle réponse je souhaite y trouver.

Je relève les yeux en direction du Glover quand il reprend et je laisse filer un rire en secouant la tête. "Pour un peu, on croirait entendre un noble de la cour. Mais je préfère de loin l'autre version. Je n'avais encore jamais vraiment combattu dans une bataille avant que nous ne nous retrouvions face aux sauvageons. Et si j'ai pu aider à venger les vôtres, j'en suis honoré. Bien plus qu'être le beau-frère de son Altesse, ne lui en déplaise." Les souvenirs que cette discussion réveillent ne sont guère agréables, inutile de se leurrer. Pourtant, ils m'apaisent, d'une certaine façon, alors que je me rends compte que je remplis peut-être mieux mon devoir que je ne l'aurais cru au premier abord, quand bien même je suis loin d'être satisfait de ce qui a pu se passer. J'ai pourtant un sourire alors que son regard s'ancre dans le mien et que je hausse brièvement les épaules. "Nous savons très bien que non. Sinon, les choses seraient bien plus aisées. Pour moi en tout cas. Je n'ai aucun grief contre vous non plus, malgré tout ce qui peut se passer. Si nous avons effectivement risqué nos vies, je n'oublierais jamais ce que j'ai pu voir et apprendre lorsque j'étais auprès des vôtres. Et c'est une expérience qu'aucune alliance ne pourra me oublier. Il n'y a pas que le Nord qui se souvient lord Glover, soyez-en assuré."

Quant au reste… je hoche la tête alors que nous parlons brièvement de Meg et je me contente de souffler, d'un ton plus léger. "Elle n'a pas la vivacité ou la franchise de certaines nordiennes que nous pouvons connaitre mais je n'ai guère envie de subir son courroux lors de mon retour, j'avoue." Pourtant, penser à elle me fait sourire, sans que je puisse m'en empêcher. Meg me manque vraiment. Je ne sais si je devrais lui dire lorsque je lui écrirais ou si ce serait mieux de le faire à haute voix. Mais, avant de me perdre dans mes pensées, j'ai une grimace compatissante aux déboires du nordien qui souhaite voix Jeyne. "Sinon, je peux faire mander le mestre auprès de moi et vous pourrez passer sans qu'il ne s'aperçoive de rien. Que mon statut de beau-frère de la Princesse serve au moins à quelque chose d'utile." Et mon regard se fait plus mutin quand il reprend, réagissant à l'entrainement que je commence à donner à Jeyne. "Oh je doute que qui que ce soit l'approuve aujourd'hui. Mais je veux qu'elle soit capable de se défendre si on l'agresse directement. Et, au vu de sa position… délicate, je me suis dit que l'idée n'était pas la plus stupide que j'ai pu avoir. Et j'en ai pourtant eu un certain nombre. Pour autant la Cour n'est pas du tout permissive à ce sujet, il nous faudra ruser pour continuer je suppose. Mais j'ai l'habitude." Et je me fais plus sérieux alors qu'il évoque son lien avec Jeyne. Chacune de ses paroles résonne en moi, bien plus fort que je ne l'aurais cru. Et je peux comprendre sans aucun mal l'affection qu'il a pour la jeune louve et pour sa cousine. Je laisse filer un silence, non sans un sourire rêveur, alors qu'il a réussi à me plonger dans mes propres souvenirs. "Je n'ai réalisé que Lyman était un prince que lorsque j'avais une dizaine d'années. J'ai eu la chance de le connaitre quand nous étions de jeunes enfants tous les deux. J'ai grandi à ses côtés et il a toujours été comme un frère pour moi. Tout comme Nymeria était une vraie petite sœur. Et Megara dans une moindre mesure. J'ai la chance de les accompagner depuis toujours et de pouvoir veiller sur eux. Peu importe les sacrifices, je ne cèderais cette place pour rien au monde. Nous aurons la chance de les voir monter sur le trône pour lequel ils sont destinés depuis leur naissance et de se dire que, même modestement, nous avons pu contribuer à ce qu'ils soient de bons souverains. Je ne vois pas ce que nous pourrions demander de plus." Les voir grandir, pouvoir les accompagner aussi loin que possible. Voilà qui fait de nous des privilégiés comme bien peu peuvent s'en rendre compte. Et que j'avais peut-être un peu oublié tant j'étais plongé dans mes propres défaillances.


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MessageSujet: Re: Deux hommes de l'ombre [PV Gareth Kenning]   Dim 1 Oct - 19:34

« Etre chef d’une garde princière n’est pourtant point une sinécure. Mais tout dépend des hiérarchies, je suppose. Dans le Nord, il est de tradition désormais que le chef de la Garde-Loup soit également le Sénéchal de nos armées … Autant dire que le poste est plus que prestigieux.

Après … Certains ne comprennent pas nécessairement que la proximité avec la famille royale vaut mieux que la renommée de telle ou telle fonction. Je sais qu’être l’aide de camp d’un Roi pourrait être vu comme peu glorieux pour un Lord par quelques-uns. Pourtant, ce sont les mêmes qui jalousent le fait d’avoir l’oreille du même Roi. Tranquillisez-vous : vous ferez toujours des mécontents, ou attirerez les incompréhensions. »

Sans doute que pour un royaume tourné vers le commerce et l’artisanat comme le Roc, rien n’était plus intéressant qu’être l’intendant de l’Ouest, là où cette fonction n’avait pas forcément tant de lustre dans le Nord, encore que, sous le règne de Torrhen Stark, Winterfell avait énormément poussé pour le développement économique de la région, quitte à grever le trésor royal plus que de raison. Cependant, les mentalités demeuraient difficiles à changer, et Bowen ne doutait pas que les nordiens auraient toujours plus de respect pour un Sénéchal que pour un diplomate ou un intendant. C’était ainsi : le Nord avait une tradition de rudesse, d’honneur et d’épée qui regardait de haut les méandres de la politique, là où d’autres contrées n’avaient pas ces à priori. Le pire, c’était qu’en un sens, le Glover comprenait ce présupposé qui voulait que sortir son arme de son fourreau équivalait à une défaite : c’était, d’une certaine façon, démontrer l’impuissance de sa force de dissuasion, de sa puissance.

« Leur position n’est pourtant pas dénuée de fondements. Combattre, sacrifier des vies … Cela peut-être aussi perçu comme l’échec d’une politique … Ou la continuation de cette dernière par d’autres moyens. Je ne pense pas que les deux visions doivent s’exclure. A vrai dire, je les considère à titre personnel comme complémentaires. Il est possible que j’ai un peu de sang ouestrien en moi qui teinte mon jugement nordien. »

Bowen se savait pondéré, probablement plus que beaucoup des siens. Il ne se départissait que rarement d’un calme olympien, et n’était pas du genre à s’emporter aisément ou à laisser les mots dépasser sa pensée. Sa maîtrise de lui-même était une donnée importante de son être, d’où la honte qu’il éprouvait face à ses débordements sanguinaires sur le champ de bataille, comme si, une arme à la main, il changeait du tout au tout pour devenir un avatar de la guerre personnifié, mais dans sa dimension la plus cruelle, alors que son caractère ordinaire l’aurait fait aisément passer pour un diplomate dans certains royaumes. Certes, il ne manquait pas d’une honnêteté parfois tranchante, cependant, il avait cette lucidité froide qui savait analyser et éviter des jugements à l’emporte-pièce qu’il savait inéluctablement pénalisants.

De même, il avait cette capacité à lire dans ses interlocuteurs, héritage de ses années à suivre silencieusement Torrhen Stark dans tous ses déplacements, à observer les Lords et Ladys du Nord, mais aussi les simples soldats ou bâtards, à écouter leurs griefs, à espionner leurs manies et leurs colères, à se taire face à leurs emportements … Bowen n’avait pas été uniquement formé au maniement des armes et à l’étiquette par l’ancien suzerain du Nord, il avait eu la chance d’être face à tout un échantillon d’humanité, et à pouvoir la regarder sans gêne, puisque personne ne faisait jamais attention à lui. D’abord parce qu’il n’était que l’écuyer, ensuite parce que, peu loquace et naturellement dans l’ombre, il avait toujours été l’homme d’une seule place : celle en retrait, à compiler les informations en silence. Cela lui avait permis de développer de solides connaissances en psychologie humaine, de même que la manie de détecter les non-dits avec une certaine acuité. Gareth Kenning l’intriguait, par sa proximité avec les femmes que Bowen aimait. Il semblait les apprécier autant qu’elles-mêmes le tenait en haute estime, et cela, sans l’étonner, éveillait sa curiosité. Quelque part, une part de lui-même, jalouse, se demandait ce que Jeyne et Lynara voyaient en lui … Si, avec le temps, elles seraient amenées à le préférer à lui. Sûrement. Elles vivraient dans l’Ouest, et feraient leurs vies sans lui. Lentement, son souvenir s’effacerait de leur mémoire, pour n’être plus qu’une forme vague qu’elles avaient un jour appréciées, une remémoration agréable tout au plus, mais sans incidence sur leur existence. Inutile de préciser que de telles pensées assombrirent instantanément son humeur déjà mélancolique.

« Je crois que je vous jalouse, Ser Kenning. »


Il se doutait qu’une telle déclaration déclencherait son étonnement, aussi il finit par expliciter, ses yeux perdus dans le vide devant lui, comme absorbés par une scène lointaine. Il se revoyait, des années auparavant, se faire poursuivre par Jeyne et Lynara dans les couloirs de Winterfell avant que le trio ne déboule dans la cour, interrompant la leçon d’épée de Jon, le tout débouchant sur une réprimande sévère pour les deux jeunes filles ayant fui leurs études et une rossée pour leur malheureux complice qui avait cru bon de venir les distraire, sans se douter des ravages causés par la solidarité féminine à son encontre. Ces quelques moments d’innocence volés à l’adolescence, Bowen les chérissait d’autant plus qu’ils étaient révolus. Il aurait aimé que ses propres enfants jouent ainsi avec ceux de Lynara et de Jeyne … Quand bien même il savait que son père aurait aimé que cette dernière l’épouse, élevant ainsi considérablement les Glover dans le Nord. Son suzerain avait néanmoins des projets autrement plus glorieux, et connaissant Jeyne, le jeune homme se disait souvent que cela était pour le mieux, qu’elle s’épanouirait infiniment mieux en tant que Reine que comme simple Lady. Il le lui avait dit, à Winterfell. Et il savait qu’elle avait été sincère dans sa réponse. Tout comme il ne doutait pas qu’elle ait apprécié sa volonté de ne pas demander la main de Lynara pour éviter qu’elle ne reste dans le Nord, quand il avait cherché à se marier après le massacre de sa maison.

« Je suis leur passé. Vous êtes leur avenir, car ce dernier se situe dans l’Ouest, et non au Nord. Pour leur sécurité, il est probable que toutes deux doivent un jour faire des sacrifices vis-à-vis de leur enfance … De nos croyances et de nos coutumes.

Je ne suis pas dupe des contraintes politiques qui pèsent sur Son Altesse … Et qui, par ricochet, pèseront aussi sur les épaules de Lady Brax, surtout si elle désire se faire une place au sein de sa belle-famille, autrement que par l’entremise d’un époux, aussi bien disposé à son égard soit-il.

Je sais que mes enfants ne joueront pas avec les leurs. Qu’ils ne grandiront pas ensemble. Que nous serons, un jour, les uns pour les autres, qu’une pile de parchemins et des souvenirs doux, un récit raconté au coin du feu à nos descendants.

Alors … Une partie de moi se satisfait de les voir bien installée dans l’Ouest. Epaulées par des hommes de qualité. Ayant d’ores et déjà des liens forts, car vous me paraissez terriblement attaché à mes cousines, Ser.

Et une autre regrette de n’être déjà qu’un souvenir, aussi brillant soit-il dans leurs têtes, quand bien même c’est là le cours de la vie. »


Son regard voilé, Bowen écouta le reste des paroles de Gareth sans mot dire, avant de lâcher un léger ricanement à sa comparaison avec un noble de la cour.

« C’est que, pour certains, je suis le plus sudier des nordiens. Au vu de mon ascendance, je ne leur donnerais point tort. »

Hochant la tête à ses assurances, Bowen répondit d’un simple :

« Je n’en doutais point. »

Discuter de son épouse semblait plaire à l’ouestrien. Le Glover ne savait pas si les rumeurs d’une faute ayant amenée ce mariage étaient fondées, mais en tout cas, l’homme en face de lui paraissait apprécier sa dame. Avait-il cet air heureux quand il évoquait sa propre femme ? Bowen l’espérait, tout en sachant qu’il n’avait guère l’expressivité d’un Gareth Kenning. Sa propre appréciation était souvent plus discrète, bien que réelle. Pour autant, il le comprenait : lui-même n’avait guère envie de provoquer l’ire de Maedalyn, quoique pour d’autres raisons : son épouse n’avait pas les emportements Stark, mais elle avait le dédain tenace, en revanche, et subir sa fraîcheur n’était pas vraiment pour lui plaire … Aussi il espérait ardemment ne jamais le provoquer.

« Je vous comprends. Je crois que toutes les femmes, suivant leurs caractères, savent fort bien nous faire regretter nos écarts. C’est là leur moindre atout, et notre grande faiblesse. »

Sa subite proposition lui arracha une exclamation de surprise, avant que son visage ne s’illumine d’un immense sourire :

« Oh, je vous en serais infiniment reconnaissant ! Même si je suis persuadé que cette saleté en bure va poster ses apprentis devant les escaliers … Peut-être seront-ils plus facilement impressionnables. »

A son air carnassier, difficile de juger si c’était du lard ou du cochon. Son expression s’atténua néanmoins bien vite en écoutant son vis-à-vis expliciter ce qu’il redoutait par rapport à l’apprentissage des armes de Jeyne, que Bowen jugeait risqué et assez saugrenu. Traditionnaliste, il l’était, et s’il ne jugeait pas celles qui profitaient d’une faiblesse paternelle ou fraternelle pour défier les coutumes, il n’en demeurait pas moins que pour lui, mettre en danger sa position pour ce qui demeurerait sans doute un caprice n’était guère judicieux, sans compter qu’un apprentissage à la va-vite ne confrontait jamais à la réalité d’un combat. Et que, si une femme était exposée à une telle situation, cela revenait à souligner les défaillances des hommes. Que pouvait bien espérer une dame dans ses robes ? Rien. Et cette réalité cruelle lui avait coûté une mère et une tante.

« Ne vous offusquez point de ce que je vais dire, Ser Kenning … »

Bowen prit une inspiration profonde, et soupira :

« J’entends bien vos raisons, et elles sont nobles … Mais ne croyez-vous pas que c’est là prendre bien des risques pour un résultat hasardeux, surtout à l’heure où la position de la Princesse est rendue si délicate par les impératifs politiques ? Comme je vous l’ai dit, je ne suis pas dupe. Une nordienne, suivante des Anciens Dieux, à l’heure où l’Ouest semble se rallier à la Croisade lancée contre nous … Je doute que sa position soit très stable, à l’heure actuelle, au sein de votre cour. Je me trompe ? Si d’aventure vous étiez découverts, et de mon expérience, les secrets sont essentiellement fait pour ne pas être gardés, cela pourrait lui porter un grave préjudice, en renforçant les préjugés que bon nombre de sudiers ont à l’égard du Nord …

Le jeu en vaut-il vraiment la chandelle ? Croyez-moi, si jamais Son Altesse est réellement en danger au Roc … Je doute qu’une épée y change quoi que ce soit. Les femmes de Motte-la-forêt sont des dames habituées aux rudesses de l’Hiver et du Bois-aux-loups. Ce ne sont point des Ladys … Mais quand notre château a été pris par les sauvageons … Face à cette marée humaine … Elles n’ont rien pu faire, parce que nous, hommes avions déjà échoués. Elles ont été tuées, massacrées, violées … En défendant mes petits frères, ma mère a été éventrée. Ma tante est morte d’une flèche dans la gorge, alors qu’elle essayait de défendre les créneaux avec son propre arc. C’était une tireuse émérite pourtant. »


Sa gorge se noua. Douloureusement. Il souffla, sa voix presque éteinte, brisée :

« Si vous voulez vraiment les protéger … Soyez toujours meilleur. Ne pensez jamais qu’elles sont en sécurité. Améliorez-vous sans cesse. Et ne croyez pas, comme moi, que des remparts protègent de tout, qu’une garnison est suffisante. La guerre est cruelle. Et manier maladroitement une épée n’y change rien. Seule la mort l’emporte, si nous autres guerriers sommes capables de faillir à nos devoirs.

Et vivre avec ce sentiment est … insupportable. Faites plutôt en sorte que jamais vous n’ayez à porter ce fardeau, Ser. »


Sa main tremblait sous son gant de fer.

« C’est cela, notre devoir. Protéger ceux qui nous sont chers, d’eux-mêmes ou d’autres. Pour qu’ils ne connaissent pas le prix des larmes et du sang. Et pour qu’ils soient capables de l’apporter sans hésiter.

Voilà, ce que nous devons demander, pour le futur : que la prochaine lignée grandisse en paix, que nous puissions veiller sur elle … »



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MessageSujet: Re: Deux hommes de l'ombre [PV Gareth Kenning]   Ven 3 Nov - 19:54

J'écoute le nordien avec attention, laissant filer un silence pensif à ses propos avant de souffler, bien plus sérieux que je ne peux l'être d'ordinaire. "Il est vrai que, même dans l'Ouest, le poste est effectivement des plus prestigieux. J'avoue cependant ne pas savoir ce qu'il en retourne comme… évolution, si l'on peut appeler cela de la sorte, d'autant que je ne suis pas sûr qu'il y ait beaucoup d'exemple de chef de la garde princière marié à l'une des princesses. Ma foi, je le saurais bien assez tôt." Et j'ai tout de même un rire au reste de ses propos, me faisant un brin plus malicieux. "Oh, me voilà totalement tranquillisé et rassuré donc. Mais je suppose que certains sont déjà mécontents de mon sort et n'aiment guère que je sois aussi proche de la famille royale. Ce n'est pas vraiment important au final, ce qui compte, c'est que je reste un soutien sans faille pour eux, n'est ce pas ?" Visiblement, si quelqu'un peut tout à fait comprendre ce que je peux éprouver, c'est bien le nordien, dont le sérieux contraste tout de même quelque peu avec mon humeur joviale habituelle.

Il est pourtant des plus intéressants d'écouter le point de vue du Glover. Il a une vision bien plus mesurée que j'imagine avoir si j'étais à sa place et je souffle, non sans un sourire à ses derniers propos. "Je ne saurais dire si c'est une bonne ou une mauvaise chose de vous penser avoir du sang ouestrien mais je comprends vos paroles. Je pense qu'il est tout de même plus important de savoir où cette vision nous mène, quels sont les desseins et surtout, la meilleure façon d'y parvenir. Si la diplomatie ne suffit pas, il faut effectivement songer à combattre pour y parvenir. Mais certains ne semblent guère vouloir s'y résoudre. A moins que ça ne fasse partie de leur façon de voir le choses." Difficile de ne pas se demander à quel point certains monarques attendent de voir leurs ennemis s'entretuer avant d'intervenir. Ce qui semble être le cas pour l'Ouest si l'on y prête attention. Et je ne sais pas vraiment quoi penser. Je remarque que le nordien semble plongé, l'espace d'un instant, dans ses pensées, alors que j'évoque Jeyne et Lynara, non sans un pincement au cœur en pensant à cette dernière. Et, quand il reprend la parole, je me fige un instant, soufflant, incrédule. "Pardon ? Mais… pourquoi ?"

Je n'ai guère le temps de tergiverser qu'il s'explique, me laissant plongé dans un silence pensif alors que je le fixe, les yeux légèrement écarquillés. "… oh. Je vois. J'aimerais trouver des mots pour vous soulager ou vous dire qu'il n'en est rien. Malheureusement, nous saurions tous les deux que c'est faux. Je n'ai jamais eu à me poser ces questions. Je savais que je pourrais rester dans l'ombre de Lyman ma vie durant sans avoir à le perdre de vue et sans me demander ce que serait sa vie loin de l'endroit qui nous a vus grandir. Et je ne sais pas comment j'aurais pu vivre le fait de le voir s'éloigner tout comme vous avez à voir partir deux personnes qui vous sont chères." J'inspire, avant de reprendre, un peu plus précautionneux. "Je leur suis profondément attaché oui. Elles ont fait preuve d'un caractère et d'une vivacité qui m'étaient inhabituels et j'ai été sous le charme. Parfois, je me dis qu'en d'autres circonstances, une union avec lady Brax aurait été… enfin… disons que l'idée aurait pu être envisagée avant qu'il ne me soit fait l'honneur d'épouser son Altesse." Je laisse filer un silence, esquissant une ombre de sourire avant de reprendre, d'un ton plus doux. "Vous n'êtes pas qu'un souvenir, loin de là. Sans vous, elles ne seraient pas devenues les femmes de valeur qu'elles sont aujourd'hui. Vous êtes important pour elle et rien ne changera, quand bien même vous ne pourrez plus être aussi liés qu'avant. Je vous remercie cependant pour le compliment, même si elles auraient été épaulées par des hommes d'une qualité égale, si ce n'est supérieure, en restant dans le Nord." Et mon sourire se fait plus franc alors qu'il se dit de nouveau plus sudien que les autres nordiens. A dire vrai, le recul dont il est fait preuve est admirable et je me dis que plus d'un homme devrait prendre exemple sur lui.

Et puis, nous parlons brièvement de Meg. Je ne réalise qu'en cet instant à quel point elle peut me manquer et le plaisir que j'ai à parler d'elle. Un plaisir sans la moindre trace de culpabilité, sans me dire que je ne devrais pas être autant attaché à elle. Alors, je ne m'en prive pas, mon regard retrouvant sa malice habituelle alors que je parle des risques à ne pas prendre la plume de moi-même. "J'avoue, c'est l'un de leurs atouts que j'aurais peut-être préféré connaitre autrement. Et je sais à quel point les lions peuvent être fougueux, j'aimerais autant ne pas le vivre directement. Me contenter d'être témoin de ses colères est plus amusant que de devoir les subir, j'avoue. Même si, en réalité, elle fait preuve d'un caractère des plus charmants." Quant au reste, difficile de ne pas lui rendre son sourire quand son visage s'illumine. "Je suis sûr que si vous leur faites les gros yeux, ils vous laisseront passer. Vous avez de l'autorité, personne ne vous en voudra d'en abuser. D'autant que c'est pour la bonne cause."

A l'évocation de l'apprentissage de Jeyne, j'ai une ombre de sourire tandis que Bowen me donne son point de vue. Je laisse filer un silence, hochant doucement la tête avant de reprendre, d'un ton tranquille. "Je ne suis pas offusqué le moins du monde et les récents évènements m'ont rappelé que je devais tout faire pour être le meilleur et qu'elle n'ait jamais à penser à ce genre de choses. Mais en réalité, ces cours ont un autre but. Je ne sais si elle en a vraiment conscience ou non. La connaissant, je dirais que oui, mais elle fera mine de l'ignorer. Jeyne a eu du mal à se faire aux… habitudes de la Cour. Elles diffèrent grandement de celles du Nord et, comme vous le dites si bien, sa position n'est pas vraiment stable. Mais elle a besoin de gagner en assurance, de se dire qu'elle est capable de se défendre et c'est un exercice comme un autre pour qu'elle se rappelle qu'elle est tout à fait en mesure de porter l'estocade, que ce soit au sens propre ou figuré, face à un ouestrien plus habitué qu'elle. J'ai passé des années à entrainer la Princesse Nymeria sans que cela ne porte préjudice à qui que ce soit et…" Je ne finis pas ma phrase, évitant de souligner qu'au vu de sa grossesse, l'entrainement s'arrêtera bientôt. Ce n'est pas à moi de le dire de toute façon. Pourtant, ses propos me touchent et je hoche la tête, la mine plus sombre alors que sa voix se brise. Elle me serre le cœur et je laisse filer un silence avant de souffler, à mi-voix.

"J'aimerais croire que je serais capable de faire ce serment. D'être toujours capable de les protéger, de veiller sur elle. Les enfants du Roc seront les miens, ou mes neveux et nièces. L'attachement que j'aurais pour eux sera d'autant plus important que j'ai perdu mes frères et mes parents tout récemment. Dans des circonstances moins dramatiques que les vôtres, mais je n'en oublie pas que nous ne pouvons parfois rien faire du tout. J'aimerais vous dire que vous avez sauvé bien d'autres vies Ser, mais je ne suis pas sûr que ces mots soient réellement réconfortants. Ils ne le seraient pas pour moi en tout cas et je commence à me dire que nous nous ressemblons bien plus qu'on pourrait le croire au premier abord." Je baisse les yeux, remarquant que je serre les poings sans même m'en être aperçu plus tôt et j'essaie de dénouer mes doigts alors que je reprends, toujours sur le même ton. "Et que va-t-il se passer si nous échouons ?" En y réfléchissant, Bowen serait vraiment la seule personne à qui je pourrais poser cette question. Je n'ai pas le droit de douter face aux autres, encore moins face aux Lannister. Parce qu'il a raison, notre devoir est de les protéger, quoi qu'il nous en coûte.


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