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On that night, she slept like she never did [Tour III - Terminé]
MessageSujet: On that night, she slept like she never did [Tour III - Terminé]   Lun 5 Juin - 22:12

Lorsque je quittai la grande salle entourée de trois servantes, il me sembla que Bowen me suivait des yeux comme un faucon observe la proie sur laquelle il va fondre. Quant à moi, je sentais ma raison et ma logique tout près de basculer devant autant d’assurance. Bowen était un homme possédant de nombreux atouts et charmant de surcroît, je n’étais pas la première qu’il mettrait dans son lit. En revanche il serait le premier dans le mien. La certitude tranquille de l’homme qui sait exactement ce qu’il va se passer. La douce peur de celle qui ne le sait pas encore. Je frissonnai en longeant un couloir, puis en pénétrant dans une chambre à l’écart. La première chose que je remarquai ce fut que la pièce ne possédait pas d’autre issue que celle par laquelle j’étais entrée. Je regardai le grand lit, éclairé par une lampe à huile posée, derrière un coffre de bois. Il était si vaste qu’il occupait presque tout l’espace. L’une des femmes qui m’accompagnait fit signe à l’autre de commencer à me déshabiller. Apparemment, la troisième était restée en sentinelle dans le couloir.

«  Je préfèrerais me déshabiller moi-même… »

Je devais être entourée de femmes de confiance, qui s’assurent que nul autre homme que Bowen ne passera cette porte. « A votre aise » avait répondu la servante. Je finis de retirer mes vêtements seule. La plus jeune servante, me passa une chainse fine et beaucoup trop transparente à mon goût. Avais-je vraiment le choix ? Je m’assis sur le lit sur lequel était disposée une peau d’ours. Il me parut étonnamment douillet et confortable, bien que pour le moment je n’eus pas la tête à ce genre de détails. La servante sortit et referma la porte derrière elle. L’instant d’après, j’entendis un bruit derrière la porte. Je me levai d’un bond et me saisis de la peau de bête et me l’amena sur ma poitrine. Je  considérais un moment la possibilité de rendre Bowen furieux en me rhabillant de pied entièrement, lui montrant ainsi le peu de cas que je faisais de ce mariage et de ces coutumes. Mais, je réfléchis, en me regardant pensivement, que porter une chainse était un compromis satisfaisant. Certes, elle était d’une transparence déconcertante, mais c’était néanmoins un vêtement de nuit assez décent, dans lequel je me sentirai moins vulnérable et qui, faute de mieux, constituerait une barrière qui me rassurait.

Mon estomac se noua d’anxiété et l’appréhension monta en moi de plus en plus forte. Seule et sans défense, je regardais autour de moi la chambre plongée dans la pénombre. La panique menaçait d’obscurcir également mon esprit, or, il fallait que je garde la tête froide. Qu’allais-je faire ? Tenter de lui résister, rester passive sous ses caresses ou bien y répondre ? Il ne me semblait pas qu’il soit un impulsif invertébré. Et pourtant, nous ne disposions pas de temps. Etait-ce comme cela qu’il me considérerait ? En me mettant dans son lit après un mariage à la va-vite ? Découragée, je soupirai. A quoi bon lutter après tout ? J’étais assez réaliste pour savoir que dans les terres du Nord, comme ailleurs, les femmes n’avaient guère la possibilité de faire entendre leur voix.

D’où venaient alors les frissons qui me parcourraient tout entière à la seule idée que Bowen Glover pourrait exiger ses droits d’époux ?

« Espèce d’idiote… » m’exclamais-je tout haut, en me relevant d’un bond les mains croisées sur ma poitrine. Je me sentais parfaitement ridicule. Je n’étais pas encore prête à me rendre, à succomber à la curiosité. Je me mis à marcher de long en large, dans l’espace laissé disponible par le grand lit. C’est la façon dont il m’estime qui est important. Je  suis bien plus qu’un ventre à porter des enfants, plus qu’une intendante qu’on veuille susceptible de tenir un domaine et une maison.

J’accélérai mon pas. Il ne peut pas prendre mon corps et laisser mon cœur de côté. Il ne va pas…

Je m’immobilisai brusquement. Mes poumons me brûlaient comme si je manquais d’air. Je me tenais là, le souffle court, tandis que la vérité pénétrait mon esprit en me foudroyant sur place. J’aurais voulu crier pour m’en libérer. Je me raidis, les bras le long du corps. La tâche paraissait insurmontable : ne pas montrer que j’étais angoissée.

La poignée s’abaissa et j’entendis Bowen échanger quelques mots avec quelqu’un dans le couloir, puis il entra, referma derrière lui et instantanément, la chambre parut se réduire encore aux dimensions d’un placard. Il se retourna et nous nous fîmes face. Je portais une fine étoffe, mes cheveux châtains dorés retombaient sur ma poitrine, la dissimulant inespérément.

Ni lui, ni moi ne dit mot durant de longues secondes.

«  Je suppose que vous vous attendiez à me trouver déjà dans votre couche... mais je n’ai pas l’intention de vous rendre la tâche si aisée… »

J’avais ce sourire aux coins des lèvres, peut-être narquois. Je jouais avec le feu. Peut-être pas. C’était tout moi... J’étais effrayée et pourtant, j’avais le toupet de lui montrer une pseudo-résistance. Non, il ne m’obtiendrait pas aussi facilement que cela. Je savais que pour qu’un mariage soit valide, nous devions le consommer et je tiendrai mes engagements. Même si nous connaissions déjà l’issue de cette nuit, je ne le laisserai si rapidement obtenir ce qu’il devait avoir de droit.

« Nous avons toute la nuit, n’est-ce pas ?»



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MessageSujet: Re: On that night, she slept like she never did [Tour III - Terminé]   Lun 5 Juin - 22:16

Fixant cette porte en bois massif depuis une bonne minute, Bowen prit son courage à deux mains et étendit ses doigts vers la poignée… Pour les resserrer dans le vide, incapable de se résoudre à la tourner. Inspirant profondément, le jeune homme essaya de se calmer et de se composer une expression exprimant une sérénité qu’il était loin de ressentir, tandis que les échos des voix féminines qui l’avaient accompagné durant le trajet vers la chambre nuptiale s’évanouissaient au fur et à mesure que ces dames refluaient, quand bien même il percevait ça et là quelques rires guère étouffées et chants grivois venant de la grande-salle, où le coucher devait à présent délier les langues comme seule cette perspective savait le faire. Les hommes se remémoreraient leurs exploits virils ou tenteraient eux-aussi d’avoir de la compagnie pour la nuit, tandis que les femmes se risqueraient à quelques plaisanteries et commentaires osés qu’elles n’auraient jamais fait en temps ordinaires… ou du moins, celles mariées ou veuves, tout en éloignant les donzelles encore pures qui n’avaient point besoin d’entendre tout cela. Et la famille de la mariée, elle, resterait à prier ou noyer son envie d’entrer dans cette même pièce et d’admonester sévèrement le nouvel époux.

Bowen connaissait tout cela sur le bout des doigts : ce n’était pas le premier mariage auquel il assistait, et ce ne serait sûrement pas son dernier. La seule différence avec les précédents et les futurs, c’est qu’il occupait la première place à celui-ci. Il avait été à la place de Rodrick Cerwyn qui lui avait jeté un regard noir avant de se plonger dans une chope de bière au moment où il avait été emporté par le tourbillon féminin hors de la salle du banquet. En fait, il avait reconnu très exactement, et un brin d’amusement il fallait l’avouer, cette expression pour en avoir adressé une similaire, quoique nettement plus juvénile, à son beau-frère qui l’accueillait présentement, du temps de son mariage avec sa sœur. Oui, il savait les angoisses qui étreignaient le cœur des frères au moment de remettre leurs chères parentes entre les mains d’un autre homme : tous savaient ce dont la gent masculine était capable, et tentaient désespérément de penser que ce pair qui prenait possession de son dû le ferait avec respect et dévouement. Au fond, le Glover aurait voulu rassurer le Cerwyn en lui assurant que ce serait le cas, qu’il saurait être doux, qu’il offrirait à son épouse une nuit de noces agréable, ou au moins, pas complètement déplaisante. Mais il n’en avait eu ni le temps, ni le courage. Et quelque part, alors que les femmes jacassaient autour de lui en le complimentant sur sa musculature ou en tentant de le faire rougir en s’escrimant à deviser sur ses parties intimes, ce qui avait obtenu un certain succès, accentuant les remarques de ces dames, il n'avait pas manqué de perdre toute son envie d'aller s'expliquer. Une fille Woolfield avait même hasardé sa main à cet endroit, manquant de peu de déclencher une réaction physique qui aurait été particulièrement désagréable à taire, et le désormais marié aurait préféré ne pas arriver ainsi devant sa dame. Aussi prévenant qu’il soit, il demeurait un homme, et il craignait de perdre un contrôle difficilement tenable en pareilles conditions. Heureusement, sa sœur, qui veillait tout de même au grain, avait promptement écarté l’importune sous couvert d’un quolibet affectueux lancé à son timide cadet, s’attirant une fois encore ses remerciements aussi silencieux que sincères.

Et voilà que la troupe caquetante s’était finalement éloignée après l’avoir accompagné jusqu’au terme de ce trajet qui lui avait semblé interminable. Encore, son cortège n’avait pas été trop sauvage, essentiellement parce que tout le cérémonial ordinairement suivi au sud du Neck était souvent atténué au Nord, surtout si le marié demandait à ce que sa promise n’ait point à le subir. Ce qu’avait fait Bowen, soucieux d’épargner à sa femme cette épreuve, surtout connaissant son frère et le plaisir qu’il éprouvait à avoir les mains baladeuses en une telle situation … A vrai dire, ça avait bien été son unique apport au déroulé de cette journée : le reste, il avait laissé les femmes de sa parentèle s’en occuper. Mais c’était un point auquel il tenait, et qu’il espérait voir respecter. Déjà que son épouse paraissait avoir du mal à se faire à l’idée de ce mariage éclair, il voulait lui éviter que ce soit davantage pénible encore. Enfin, de toute façon, avec ce qui les attendaient à présent, il doutait que ce ne le soit pas un peu. Au moins était-il présentable, puisqu’il n’avait abandonné à ses poursuivantes que son pourpoint, et encore l’avait-il fait avec suffisamment de grâce pour ne pas voir ses autres effets subir un sort peu enviable.

Sentant le regard du cerbère qui servait de servante gardienne s’appesantir sur lui et son hésitation, vida son esprit autant qu’il le pouvait, et pénétra finalement dans la chambre nuptiale. Se retrouver confronté immédiatement à la vue de son épousée en chainse lui coupa momentanément le souffle, et il détourna le regard après quelques secondes de contemplation, désireux de ne pas la mettre mal à l’aise. Le vêtement demeurait relativement pudique pour une nuit de noces, de ce qu’il avait pu entendre ça et là, mais il ne pouvait s’empêcher de déceler sous le tissu blanc les courbes de sa dame, et cette simple pensée lui fit battre le sang aux tempes. Respirant profondément, il porta mécaniquement sa main aux lanières qui retenaient le haut de sa chemise de corps fermée et les tritura un instant, ne sachant que dire. Et ce fut celle à qui il venait d’unir son existence qui finit par briser ce silence gênant, le forçant à soutenir à nouveau son regard.

Cette fois, il ne tenta pas de fuir ses yeux qui dardaient sur lui autant d’éclairs que d’espoirs, aussi il se contenta de tirer une chaise à lui avant de s’asseoir dessus et de prononcer, comme une forme d’agrément visant à la rassurer tandis qu’il s’asseyait, ses bottes tapant un peu le sol sous l’effet du mouvement :

« En effet, nous avons toute la nuit. »

Il lui fit signe de s’asseoir également, que ce soit sur le lit ou une autre chaise si elle parvenait à en trouver une, et après ce second silence, il prit enfin la parole, à voix basse, comme s’il craignait de l’effaroucher encore :

« Vous voir dans ce lit, sans arrière-pensée, m’aurait plutôt surpris, vous savez. Il est rare… Que les épouses n’aient point d’appréhension, et ne désirent pas … discuter un peu avant.

J’ai une sœur. Une mère. Enfin, j’avais. »


Parler au passé de Rowenna Glover lui arrachait toujours un tressautement dans sa gorge, pour la larme qu’il s’efforçait à chaque fois de contenir. Mais il n’était pas temps de s’appesantir sur le passé, aussi il prit sur lui et continua :

« Des cousines aussi. Je sais ce que cela signifie. Ce qu’on raconte. Ce qu’on ne vous a sans doute pas dit, et ce que … cette ignorance peut avoir de… d’effrayant, je crois que c’est le mot. »

Il cherchait ses mots, désireux de lui faire comprendre qu’il ne voulait pas se comporter en rustre, qu’il comprenait ses peurs, même si elle préférait lui montrer une façade bravache qui cachait bien mal ses réelles pensées. Bowen soupesa un instant ce qu’il allait dire, et finit par souffler doucement, comme s’il n’osait réellement former sur ses lèvres le prénom qui les traversa pourtant :

« Maedalyn… »

Il ne l’avait jamais appelé par son nom de naissance. Jusqu’à cet instant, c’eut été fort inconvenant. Mais là, sans savoir exactement pourquoi, il trouvait cela opportun, dans une sorte de tentative de rapprochement, de montrer qu’il n’était pas l’ennemi ici.

« … Vous ai-je donné jusqu’à présent des raisons de croire que je ne suis pas un homme capable de comprendre ? Suis-je donc si rustre à vos yeux que vous pensiez me voir entrer et faire ma besogne sans mot dire ?

Je ne tiens point à ce que notre mariage commence ainsi. »


Subitement, le Poing du Nord se leva et longea le lit nuptial, s’attardant sur le côté de la lourde tenture de brocart qui dissimulait un coffre. D’une main habile, il l’ouvrit, et plongea ses doigts à l’intérieur pour en ressortir une rose fanée, mais qui demeurait encore un peu rouge par endroit. C’était là une requête qu’il avait fait parvenir et celle-ci, sans comprendre pourquoi cela paraissait si important pour lui, avait accepté de la placer au milieu des effets contenus dans ce meuble. Il s’approcha presque timidement de sa femme, et lui tendit la fleur avant de murmurer :

« Je n’ai pas oublié ce que vous m’avez donné, l’autre jour. Ni ce que cela signifiait pour vous. »



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MessageSujet: Re: On that night, she slept like she never did [Tour III - Terminé]   Lun 5 Juin - 22:18

Ma chainse était quasiment transparente, j’en avais bien conscience ; je croisai gauchement mes bras sur ma poitrine, tout en me demandant ce que la lumière tremblotante des chandelles pouvait révéler exactement. Sans doute pas mal de choses, à en croire le regard de Lord Bowen lorsqu’il entra dans la chambre. Il ne se hâta pas pour autant. Sans que je ne l’aie vraiment vu se mouvoir il était assis sur une chaise, face à moi. Toujours immobile, debout, j’observais pourtant le moindre de ses mouvements, le moindre de ces gestes, analysant le pourquoi d’un clignement de paupière… J’aurais aimé à ce moment précis, pouvoir connaître les pensées de mon époux.

Mon époux. J’avais un grand mal à réaliser que je puisse être la femme de quelqu’un. Sa femme. C’était nouveau, bien que ce ne fût pas soudain. J’avais eu le temps de me préparer à cela. Mais toute jeune femme n’est jamais vraiment préparée à la nuit de noce. Malgré ce que l’on peut vous dire, malgré ce que vous entendez, rien n’est jamais écrit. Il n’y a aucune règle. La seule règle est dictée par votre désormais époux. Pour celles qui avaient la chance de tomber sur un homme doux et compréhensif, ce moment se passerait sans incident. Pour celles qui avaient moins de chance, et bien, il fallait se dire que c’était un désagréable moment à passer. Pour ma part, j’espère faire partie du premier groupe. Bien qu’il me semblait que Lord Glover était un homme doux et patient. Il tenta, d’ailleurs, de se justifier en me rappelant qu’il avait eu une sœur et une mère. Je compris ainsi qu’il était sensible au ressentit des dames.

Toujours debout, les mains le long du corps, je ressentais que mon cœur commençait à réduire de cadence dans ma poitrine. Commençais-je à me calmer ? Lord Bowen m’invita à m’assoir et mon choix se porta sur le lit et sa peau d’ours. Je comptais sur cette dernière pour me réchauffer, la chainse n’ayant pas cette fonction première. J’enfonçais mes doigts dans la fourrure, recherchant une quelconque source de chaleur.

« Maedalyn » Mon propre prénom me fit l’effet d’un coup dans le ventre et mes yeux se braquèrent sur Lord Glover. Mon propre prénom dans la bouche de cet homme me surprit et me rassura à la fois. Il me posa une question. Une question qu’il était en droit de me poser. Avais-je une seule raison de croire que Lord Bowen n’était pas un homme bon ? J’écoutais sa plaidoirie, qui en vérité, n’en était pas une à mes yeux. Il me rappelait simplement que je n’avais aucune raison de le craindre. Pas lui.

Non, aucune. En vérité, je n’avais aucun exemple, aucune raison que de penser que mon époux n’était pas homme bon. Mais, un homme pouvait nous paraitre charitable et bienveillant sous toutes les coutures en public et lorsque la porte de la chambre se referme et qu’il se retrouve avec une femme, là, un homme peut alors révéler sa vraie nature. J’avais peur que Bowen ait joué au grand homme depuis le début, pensant m’amadouer et, maintenant que j’étais désormais son épouse légitime, qu’un autre homme se révèle. Mais, son attitude me démontra, encore une fois, que j’avais tords. Alors qu’il me demanda si j’avais pu imaginer qu’il allait entrer dans cette chambre et s’emparer aussitôt de son dû, je n’hésitais pas.

« Ça ne m’a pas effleuré l’esprit… »

Je devrais d’ailleurs, m’estimer heureuse de cette considération. Il se leva subitement et se dirigea vers le coffre de bois. Je le suivai du regard. Il me tendit alors une rose séchée. Je la saisis dans ma main et l’observa. Elle était rouge. C’était ma rose. Celle que je lui avais offerte. J’eu un sourire, alors que je regardai longuement la fleur séchée.

« Vous l’avez conservée… » murmurais-je, étonnée.

J’avais donné la rose pour signifier à Lord Glover que je le respectais. En me la donnant à son tour, voulait-il me rendre le message ? Je sentis ma posture moins raide, plus… détendue dirais-je.

« Nous pourrions boire un verre… » lançais-je soudainement en me dirigeant vers une table. Je saisis les deux verres qui s’y trouvaient et les remplis de vin et en tendis un à Lord Glover. « Cela nous détendra… peut-être plus moi que vous, d’ailleurs. » J’eu un rire crispé. Je levai mon verre, regardant Bowen dans les yeux. « Buvons à notre mariage. Qu’il soit prospère et... et heureux… »

J’ignorais s’il voulait ajouter un discours. Quoiqu’il en soit, après que nous ayons fait s’entrechoquer nos verres, je bu le mien d’une seule traite. Je me resservis un second verre et me retournai vers mon époux.

« Pensez-vous… qu’à l’instar de toutes ces dames que l’on ne nomme plus, je succomberai à mon tour à votre charme ? »

Du charme, Lord Glover en avait et à revendre. Je réalisais tout juste, qu’en réalité, il ne semblait pas s’en rendre compte. Comment ne pas voir les regards que les femmes portaient sur lui ? J’avais remarqué les regards appuyés de certaines des invitées durant la cérémonie. J’amenai mon verre à mes lèvres, le regard légèrement malicieux.



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MessageSujet: Re: On that night, she slept like she never did [Tour III - Terminé]   Lun 5 Juin - 22:22

« Bien entendu. C’est le premier cadeau que je vous ai fait. Que vous m’ayez fait aussi. Je n’allais pas me débarrasser d’un porte-bonheur offert par ma femme. »

Le caractère mélancolique de Bowen se transformait dans ses relations avec les autres en un certain sentimentalisme. Peu sûr de lui, souvent timide, naturellement discret, il conservait souvent précieusement les témoignages d’amitié, à défaut de savoir y répondre oralement autrement qu’en balbutiant. Certes avec le temps et les responsabilités, il avait un peu quitté sa carapace taciturne pour savoir trousser des compliments avec une aisance en société bien éloignée de ce qu’il ressentait en réalité. Relativement bon courtisan, galant homme, le Glover s’estimait avant tout poli, exploitant son côté observateur pour guider les conversations loin d’écueils désagréables. Mais toujours, il y avait en lui cette pointe d’anxiété de celui qui ne se fait guère confiance, qui a grandi dans les ombres et appréciait la sécurité de ces dernières.

Il était ironique de constater qu’il occupait enfin la première place le jour de son propre mariage. Quelque part, la lettre reçue juste la veille de la part de Jeyne lui revint en mémoire : oui, il n’aimait pas cette attention subite… Et pourtant, une part de lui s’habituait à cela, comme s’il trouvait qu’il avait enfin droit à un peu de reconnaissance, à la lumière qu’il avait jusqu’alors obstinément refusé. Chez lui, son cadet avait eu les faveurs de leur père une large partie de leur existence en raison de son physique imposant et de sa virilité exacerbée, qui contrastait avec l’esprit plus doux et mesuré de l’aîné. A Winterfell, il restait une pièce rapportée, l’écuyer. Et cette place, on la lui avait rappelée très tôt : il n’était pas un Stark. Il n’était pas Jon. Il n’était que Bowen. Soucieux de se fondre dans ce moule qu’on avait coulé pour lui, le garçon qu’il était n’avait pas barguigné et était resté cette ombre silencieuse préférant souvent la compagnie du mestre à celle des autres. Il avait servi, enduré, et ce rappel constant de son rang lui avait appris à être humble. Une saine leçon auraient dit certains. Alors maintenant qu’il occupait toute l’attention l’espace d’un instant… Qu’est-ce que cela lui faisait ? Il ne savait pas, pas vraiment. Mais il ne voulait pas la lâcher.

Inconsciemment, le Poing du Nord s’apprêtait à revendiquer la première place dans la vie de son épouse, et à s’y tenir contre vents et marées. C’était ce que lui octroyait ce mariage, mais aussi ce qu’il désirait. Il n’était pas naïf au point d’imaginer qu’ils parviendraient à s’aimer comme ses parents. Néanmoins, en dehors du champ de bataille, il n’était pas un homme si désagréable, tout de même. Alors, il garderait tous les présents de son épouse, lui en donnerait autant qu’elle désirerait, quand bien même il n’avait jamais rien compris aux taffetas et bijoux qu’affectionnaient tant les dames. Et tandis qu’il refermait le coffre, ses mains se refermèrent sur un petit objet qu’il glissa rapidement dans sa poche avant de revenir vers son épouse, qui avait manifestement décidé de passer ses nerfs sur le vin.

S’approchant d’elle et de la table, l’effleurant au passage sans réellement le vouloir, il souffla, un air amusé sur le visage :

« Diantre, après tout ce que nous avons déjà bu ? Chercheriez-vous à me saouler pour profiter de mon ébriété ? »

En règle générale, c’était plutôt l’inverse… Mais l’espace d’un instant, la plaisanterie avait franchi ses lèvres avant même qu’il ne s’en rende compte, et il s’en voulut presque immédiatement. Ce n’était pas le moment de rappeler l’issue de tout ceci, pile au moment où Maedalyn paraissait enfin se détendre, aussi il ajouta rapidement, une légère grimace déformant ses traits :

« Navré, je ne voulais pas vous mettre mal à l’aise. Il faut croire que vous n’êtes pas la seule à avoir besoin de calmer vos nerfs. »

Et il lui offrit un petit sourire un peu timide en guise d’excuses. Ils trinquèrent, et si ce toast n’était clairement pas le premier de la journée pour eux, eu égard à la profusion qu’ils avaient dû subir lors du banquet de mariage, celui-ci avait un goût d’intimité qui tranchait terriblement avec les précédents, bercés dans l’effusion des invités. Là, ils étaient seuls, l’un en face de l’autre, en tenue nettement plus légère que les heures auparavant, et Bowen trempa ses lèvres avec lenteur, savourant l’échange. Immédiatement, le goût acidulé lui picota le palais, et il siffla :

« Un dornien… Ce que je préfère. Quoique ce soit terriblement difficile d’en trouver au Nord. Mais leur acidité a quelque chose d’agréable, je trouve. Comme si leur rudesse première cachait une saveur unique qu’il faut apprendre à savourer. »

Il fit une légère pause, avant d’ajouter :

« Peut-être sommes-nous comme ce vin. »

Son regard s’ancra dans celui de Maedalyn, leurs saphirs se rencontrant, tandis que la jeune femme portait finalement son toast. Ce dernier toucha Bowen plus que de raison, il devait l’admettre aussi il répondit doucement :

« Je ferais ce qu’il faudra pour que vous soyez heureuse à mes côtés. Je vous le promets. »

En prononçant cette phrase dans cette chambre éclairée à la bougie, il se sentit soudain plus liée que lorsqu’il avait dit ses vœux devant le barral, sous le regard de ses dieux. Peut-être parce qu’il n’y avait là pas de promesses rituelles, mais simplement un accord personnel, sincère, passé entre deux êtres qui ne se connaissaient encore guère et s’engageaient pourtant l’un envers l’autre. Cependant, cette atmosphère très solennelle fut un peu brisée quand son épouse lança une plaisanterie sur ses charmes et ses conquêtes. Se laissant aller à la badinerie, fait bien rare chez Bowen, ce dernier répliqua presque du tac-au-tac :

« Comment, ce n’est pas déjà le cas ? Me voilà sincèrement mortifié. »

Mais son sourire disait évidemment le contraire. Pour autant, comme souvent avec le Glover, il redevint très vite sérieux et entreprit de développer sans une once de drôlerie dans le regard, cette fois :

« En toute honnêteté… Je l’espère. J’ai grandi dans un foyer heureux. Mes parents étaient heureux, et sincèrement épris l’un de l’autre. Je n’ai pas la prétention d’envisager la même chose pour nous… Mais je désire que nos enfants aient un modèle bon sous les yeux. Qu’ils apprennent le respect dû à leurs futures dames, à leurs futurs époux. Qu’ils s’épanouissent sous notre égard…

Je ne veux point être de ces hommes qui désirent à tout prix déserter la chambre conjugale, et vous voir comme ces femmes malheureuses d’être délaissées.

Alors… Je ne vous garantis pas que je vais y parvenir… Mais je vais essayer de vous plaire. »


Son regard se fit plus sombre. Plus ardent. Plus mâle.

« Parce que… Vous êtes une femme sublime. Et que je n’aurais pas de mal à tomber sous votre charme, moi. »



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MessageSujet: Re: On that night, she slept like she never did [Tour III - Terminé]   Lun 5 Juin - 22:24

J’avais eu le bras léger lorsque j’avais entrepris de boire mon premier verre. Et bien que ce ne fût pas le premier de la soirée, je savourais celui-ci plus que de raison. Espérant secrètement qu’il puisse m’ôter cette gêne que je ressentais depuis que Lord Glover était entré dans la chambre. Me désinhiber, me détendre. Oublier l’issue de cette entrevue. Me laisser porter. Evidemment, Lord Glover avait remarqué avec quelle allégresse j’avais jeté mon dévolu sur ce vin dornien. Il m’effleura. Je restai immobile, laissant son parfum  parvenir jusqu'à moi. Etait-ce du musc que je reconnus, ou alors un doux parfum ambré ? Une senteur chaude et masculine qui lui correspondait bien. C’est l’air amusé qu’il usa d’ironie afin de détendre l’atmosphère. Cette tirade me détendit et je ne pu contenir un rire que je tentai rapidement de dissimuler derrière ma main tout en détournant le regard.

« Si vous aviez observé votre épouse, vous auriez remarqué qu’elle n’avait que très bu ; et sachez qu’elle n’a que faire d’un mari ivre… rassurez-vous… » j’observai une pause qui me permit de reprendre mon sérieux.

« Disons que… la journée a été mouvementée » tentais-je de me justifier.  Je fus surprise qu’il se confie sur le stress qu’il pouvait ressentir. Je me sentis, ainsi, moins seule. Pourquoi un homme voudrait-il calmer ces nerfs à l’arrivée de sa nuit de noce ?

« A vous entendre, j’imaginerais presque que je vous impressionne… »

Lorsque nos verres tintèrent, il me promit de faire son possible pour me rendre heureuse. Curieusement, je bu ces mots, croyant fortement à chacun d’entre eux. Son regard encré dans le mien, je ne ressentais aucun doute sur la sincérité de ses dires.

« Je suis donc une femme chanceuse… » répondis-je en toute sincérité à Lord Glover. Je me sentis alors lié à cet homme autrement que par les liens du mariage qu’on nous avait imposés. La confiance et les promesses tels que nous les échangions à cet instant ne faisaient pas partis des tirades surfaites et coutumières des cérémonies nuptiales. C’était donc une seconde cérémonie fortuite qui se déroulait alors. Une cérémonie qui nous ressemblait, unique, comme ce vin que je venais d’amener à les lèvres une nouvelle fois.

Le charme. Voilà ce dont il était maintenant question. Mon époux n’en était pas dépourvu, et je commençais tout juste à en réaliser les effets. Lord Glover m’intriguait, par son élégance et sa bienveillance. Lord Glover était un bel homme, impossible de nier ses atouts. J’étais convaincue qu’il plaisait à beaucoup de femmes et me vint soudain la crainte de le perdre alors même que je ne le possédais pas encore. Étrange pensée qui me laissa perplexe un instant. Les liens du mariage ne prédominaient jamais les liens du cœur. S’il n’y avait pas d’amour, il n’y avait en réalité aucun mariage. Je compris alors quel était la meilleure façon de le garder à mes côtés…

Je pris une grande inspiration. Tentant de dissiper un trop plein de pensées qui m’assaillaient.

Tomberais-je sous son charme ? Voici le vif du sujet de notre discussion. « … n’est-ce pas déjà le cas… ?» Je ris, sans gêne. « Disons que je ne me laisse pas séduire facilement… » rétorquais-je à mon tour tout en plissant les yeux, entrant dans son jeu. J’ignorais si cela était la vérité ou de la fanfaronnade de ma part. J’avais simplement estimé que c’était la bonne réponse. Ma réponse. Il était mon époux et non pas un prétendant dont on se protège, comme on protège sa vertu.

C’est alors que bien loin de nos plaisanteries, la personne qui me fit face se transforma. Je n’avais plus à faire à Bowen, l’écuyer juvénile du roi du Nord. Nous en étions loin. Il n’existait plus. J’avais face à moi un Bowen sûr de lui. Je fus saisi par l’intensité de sa voix. Je me figeai. Mais pas de peur. J’étais bien loin d’avoir peur. J’avais enfin entendu ce que j’avais désiré entendre de sa bouche. Lui plaire était loin d’être anodin. Un doute venait de s’ôter. Et au-delà de posséder des qualités de cœur, j’avais également d’autres atouts auxquels il n’était visiblement pas insensible. J’avais remarqué que son regard n’était plus amusé mais assuré, intense… ardent, même. « Parce que… Vous êtes une femme sublime. Et que je n’aurais pas de mal à tomber sous votre charme, moi. » Je relevai le mot « moi » à la fin de sa phrase, comme s’il soupçonnait les difficultés que j’aurai à tomber sous son charme. Je pensais pourtant qu’il avait tort.  

« Vous avez tort de penser que vous seriez le seul à succomber au charme de l’autre… »

Je n’aimais pas me livrer si facilement. Et bien que Lord Glover ait clairement annoncé qu’il pourrait succomber à mes charmes, je lui fis comprendre, à ma manière, qu’il ne me laissait pas indifférente et que j’appréciais être avec lui. Je me surpris de me livrer ainsi. C’était déjà beaucoup pour moi et j’espérais qu’il le réalisa. J’aurais pourtant aimé que ma réponse soit de la même intensité que la sienne...

J’étais gênée. L’atmosphère plus intimiste, sans doute… et ma tenue légère en était une des principales raisons. Un unique vêtement blanc me séparait de mon époux, alors que celui-ci était toujours habillé de sa grande tenue. Je penchai la tête vers la chainse couvrant mon corps. Nous n’étions pas à égalité. Nous étions même bien loin d’être à égalité. J’étais bien trop peu vêtue et lui bien trop habillé.

«  Que diriez-vous de vous mettre plus à l’aise. Il me semble que… la situation est délibérément déloyale… »



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MessageSujet: Re: On that night, she slept like she never did [Tour III - Terminé]   Lun 5 Juin - 22:26

« Oh, mais je ne l’ai pas quitté des yeux. Sa robe et sa parure la mettaient trop en valeur pour que mon regard ose s’en détacher, croyez-le bien. »

Le compliment était fait pour être galant, pour autant, il n’en était pas moins vrai. Ces dames avaient fait des merveilles avec l’arrangement de la tenue maritale, et Bowen n’avait pu que l’apprécier toute la soirée, surtout quand ils avaient dansé ensemble de façon bien plus rapprochée que la précédente pavane qu’ils avaient pu partager. A l’époque, leurs fiançailles n’étaient pas encore officielles, aussi le jeune homme avait gardé ses distances pour ne pas la mettre mal à l’aise. Mais au moment d’ouvrir les danses comme il était de tradition, il avait profité du morceau pour guider sa désormais femme avec plus de doigté, faisant valser sa splendide robe sur un rythme plus langoureux que précédemment, comme il convenait pour de jeunes mariés. Après tout, il était bon danseur, pour une fois qu’il pouvait faire étalage de ce don sans risquer des commérages, autant en profiter. Même s’il n’avait pas l’habitude d’être à ce point le centre de l’attention comme cela avait pu être le cas à ce moment précis.

Tandis que le liquide carmin, presque brun du vin coulait dans sa gorge, humectant ses lèvres avec un goût de soleil qui faisait chanter des terres bien éloignées de son Nord natal, Bowen réfléchit un moment à ce qu’il devait répondre à sa dame, qui plaisantait sur le fait qu’elle avait l’intuition qu’elle l’impressionnait. Sans doute que la plupart des femmes, trop occupées à redouter le moment du coucher et ce qui s’ensuivrait ne faisaient que peu de cas de l’état psychologique de leurs maris, se disant qu’ils étaient simplement heureux d’accomplir un acte presque normal pour les mâles, déniaisés bien souvent à un âge tendre dans des bras achetés pour quelques pièces par des parents soucieux de voir leur progéniture capable d’engendrer rapidement et de s’assurer de leur pleine santé virile. Pour beaucoup, c’était une pensée assez réaliste. Il ne fallait pas se leurrer : certains hommes allaient à la noce comme ils allaient au bordel, ce qui ne manquaient pas d’engendrer des déconvenues flagrantes pour les unes, et un plaisir rapide et embrumé dans les vapeurs de l’alcool pour les autres.

Cependant, pour ceux qui n’avaient ni le goût immodéré de trousser des catins ni l’envie de passer pour une brute, déflorer leur désormais épouse restait un moment particulier, parce qu’il conditionnerait une partie de leur mariage… Et aussi, assurément, l’attrait que cette dernière pourrait avoir pour accomplir le devoir conjugal. En un sens, le Glover avait une conscience aigüe que ses actes en cette nuit détermineraient au moins en partie ce que pourrait éprouver dans la partie intime de son existence son épousée. Alors, il était naturellement un peu nerveux, dans sa volonté farouche de bien faire. Difficile de l’expliquer de but en blanc. Pourtant, après y avoir réfléchi longuement, il se décida pour une tournure qui lui semblait adéquate, son honnêteté habituelle prenant le dessus sur les scrupules qu’il pouvait éprouver à percer un peu l’armure de fierté galante qu’il se devait de revêtir pour ce soir :

« Disons… Que j’ai conscience que mes actes auront une répercussion certaine sur nos relations. Alors… J’ai à cœur de vous être agréable, et il me semble normal d’éprouver … une pointe de prudence nécessaire pour se tempérer. »

C’était toute la vulnérabilité qu’il lui offrirait, sinon, il allait finir par perdre ses moyens, ce qui serait tout de même très dérangeant en pareil instant… Finissant son verre, il l’écouta répondre à son badinage et sentit finalement, alors que la chaleur se répandait dans son corps, due à l’alcool, l’intimité de la pièce ou de la scène, il ne savait, que la question ne risquait pas de poser s’ils continuaient tout deux sur cette pente. Oui, ils avaient toute la nuit, il l’avait dit… Mais ces propos menaçaient de réveiller une ardeur difficile à contenir. Pourtant, pour une fois, Bowen ne se sentait pas en mesure de l’arrêter, comme il avait pu le faire face à d’autres femmes quand il s’était rendu compte des sous-entendus sous leurs propos. Il n’était pas question de repousser aussi poliment que possible une fermière ou une putain qui se disaient que le prix de la nuit englobait aussi bien le roi que l’écuyer, situation à laquelle il avait été confronté plus d’une fois, et que son honneur avait repoussé avec horreur. Là, il était en face d’une femme qu’il pouvait désirer sans se soucier de son nom, de son rang, de ce que cela impliquerait de céder à ses envies. Parce qu’elle était sa femme. Parce que c’était son droit. Et parce qu’il le voulait.

Il avait été sincère, dans ses propos : Bowen était un homme simple, il ne fallait pas grand-chose pour le contenter. De l’esprit, une belle tournure… Maedalyn avait tout pour le contenter, et exciter le désir d’un jeune homme de vingt-et-un qui, malgré toute sa courtoisie et sa prévenance, demeurait justement un homme, avec tout ce que cela impliquait. D’ailleurs, son ardeur ne semblait pas gêner son épouse, qui semblait même satisfaite de l’entendre dire qu’il la désirait. En avait-elle douté ? Avait-elle eu besoin qu’il la rassure sur ses appâts ? Peut-être. Voilà qui était chose faite, alors.
Comblant légèrement l’espace entre eux, rapprochant leurs visages plus qu’ils ne l’avaient jamais été, tandis qu’elle lui assurait ne pas être insensible à ses propres attraits, Bowen souffla à son oreille, expulsant un souffle aussi brûlant que son regard dans le creux de son cou :

« Mon objectif de vous plaire un tant soit peu serait-il donc accessible ? Dans ce cas, je vais redoubler d’efforts … »

Un instant, il eut envie de tendre la main vers cette épaule et plonger ses lèvres sur ces tempes attrayantes, mais sa lucidité encore en éveil l’en empêcha, fort heureusement, aussi il se retira et s’éloigna quelque peu, laissant à nouveau un peu d’espace entre eux. Ce n’était pas encore le moment, il lui fallait attendre, l’amener à ne plus penser à la finalité de ce qu’il se passerait entre eux, mais à se laisser porter, à le désirer autant qu’il la désirait. Bowen n’était pas un séducteur, loin de là. Mais il avait demandé à apprendre les moyens de plaire aux femmes en dehors de leur amitié. Peu le faisait. C’était fort dommage pour eux. Et il n’hésiterait pas à employer tous ses atouts pour y parvenir.

Néanmoins, son épouse avait apparemment décidé de mettre ses résolutions à rude épreuve, en s’avançant ainsi et en commençant à délacer sa chemise. Oh, il pouvait le faire, il pouvait l’enlever, ça et tous les effets qu’il lui restait. Mais alors, il ne manquerait pas de lui arracher cette chainse et de la ravir avec ardeur. Et il ne le voulait. Pas encore. Aussi le jeune homme enferma les mains tentatrices dans les siennes, les enveloppant sous les cals rugueuses de doigts plus habitués à tenir une épée que les bras d’une galante compagnie. Il se pencha vers elle, détachant une de ses mains une fois qu’il fut sûr qu’elle avait bien compris le message qu’il avait voulu lui faire passer, avant de chuchoter, tandis que sa dextre fouillait dans sa poche :

« Je pourrais vous parer pour la rendre plus loyale … »

Et enfin, il extirpa de sa poche un petit coffret qu’il ouvrit, révélant un simple anneau en argent, qu’il passa au doigt toujours immobilisé contre le haut de son torse. Le bijou n’avait rien d’exceptionnel, quoiqu’il soit de bonne facture. Bowen n’avait guère eu les moyens de payer pour plus de faste, alors il s’était contenté d’un présent modeste. A l’intérieur, des initiales gravées rappelaient leur lien désormais consacré devant les dieux.

« Voici mon propre cadeau pour nos noces. Si vous le portez… Je serais auprès de vous-même en chevauchant avec nos soldats. »

Néanmoins, la question de pourquoi il l’avait arrêtée, pourquoi il ne relâchait pas sa douce étreinte continuait à se poser, aussi il décida de s’attaquer au problème, se rapprochant encore plus :

« Vous pouvez me découvrir. Mais vous savez aussi bien que moi qu’à l’instant où ce sera fait, la nuit changera. Nous avons encore du temps. Je puis attendre.

Si c’est néanmoins ce que vous désirez à cet instant… Je ferais en sorte d’être parfaitement déloyal, d’user de toutes mes ruses pour vous combler, d’être le plus vil possible pour vous satisfaire au mieux. »


Bowen était prêt. Mais sa femme l’était-elle aussi ? Un mot, un geste, et il s’exécutait, il la révèrerait toute la nuit s’il le fallait. Ou bien il pouvait inspirer profondément, reprendre un verre de vin, discuter encore, échanger des plaisanteries caressantes, et l’amener à ne plus redouter ce qui suivrait. Il lui laissait le choix. Qu’elle parle, et il obéirait. Même si l’esclave savait se montrer retors pour accomplir ses propres désirs, cela, il ne fallait pas en douter, tandis que ses yeux bleus se teintaient presque d’améthyste à mesure qu’ils étaient obscurcis par l’envie.



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MessageSujet: Re: On that night, she slept like she never did [Tour III - Terminé]   Lun 5 Juin - 22:35



Plaire à son nouvel époux. Voici une douce chimère plus compliquée qu’il n’y paraissait. Il était à la fois tellement simple et tellement complexe de plaire à un homme qui nous était presque inconnu. Voilà la tâche que j’avais à accomplir. Désirais-je plaire à Lord Glover ? Il en allait de soi. Me prendrais-je à mon propre jeu ? Probablement. Je me souvins du portrait plus que flatteur que Lynara m’avait peint de Lord Glover. Elle n’émettait aucun doute sur le fait qu’il me rendrait heureuse, un jour. Je compris, ce soir, que j’avais sans doute été chanceuse de l’avoir comme époux. Il était compréhensif et semblait être doté d’une patience à toute épreuve. Il ne s’était pas jeté sur moi tel un animal en rut. J’avais entendu maintes histoires de nuits de noces abominables qui ressemblaient plus à des agressions qu’autre chose. Non, Lord Glover était loin de ces récits de femmes désappointées et frigides. Il était loin du portrait peu flatteur du cliché du futur époux que je m’étais fait. Je ne l’avais jamais imaginé aussi beau et raffiné. Mes aspirations semblaient avoir été plus que réalisées. Je n’en avais pas espéré autant. Alors que nous nous faisions face l’un et l’autre, je remerciais les Dieux. Je les remerciais qu’ils m’aient choisi Bowen Glover.

Mais, je ne souhaitais pas me réjouir trop vite d’une quelconque manière. Nous étions aux prémices de notre mariage. Et j’étais surement insouciante que d’acter ce soir même que Lord Glover était un homme merveilleux. Certes, mon avis avait considérablement changé – et en peu de temps de surcroît. Et pourtant c’était ce même revirement de sentiment, d’opinion qui m’angoissait. Et si je me leurrais ?

Je repensais à mon père. Sans son intervention, peut-être que les choses auraient été différentes. Peut-être même que j’aurais été promise à un autre homme. J’eus une pensée furtive à mon frère, Rodrick, qui devait toujours profiter des festivités et qui devait bouillir de rage de me savoir avec Lord Bowen, coincée entre quatre murs pour accomplir mon devoir conjugal. Jamais il ne s’imaginerait que les choses se passaient mieux que prévu. Jamais il n’imaginerait que j’eus même rit. Il ne réalisait pas non plus que désormais je n’étais plus une demoiselle, mais bien une femme.

Lord Glover avoua subtilement son désir de me plaire. Il me demanda si celui-ci lui serait accessible ; et que si tel était le cas, il redoublerait ses efforts. Il approcha son visage du mien si près que nous n’avions jamais été aussi proches. Jamais. Pas même lorsque nous dansions au mariage de lady Jeyne.

« Je vous encourage donc à poursuivre vos efforts... Mais est-ce réellement des efforts dont il est question ? »

Ce qui équivalait de répondre par la positive. Je n’étais pourtant pas en accord avec le terme qu’il avait employé. Pourquoi avait-il employé le mot « effort » : se forçait-il à un quelconque rapprochement ? Je remarquai alors le regard de Lord Glover qui se perdit sur le haut de mon corps. Ce regard qu’il portait actuellement sur mon épaule, mon cou, ma tempe… Je ne dirais pas que cela me dérangeait. Ni que celui-ci m’effrayait. J’ignorais par quel phénomène, j’avais confiance en lui. Par quel miracle je n’avais pas pris mes jambes à mon cou et fuit loin de Blancport. Bowen retenait mon attention, il maniait l’art du langage avec élégance. Il intriguait par sa répartie et son charme. J’étais captivée face à sa prestance et son allure de guerrier. De premier abord froid et distant, il était en réalité un être attentif et bienveillant. Définitivement, non, je ne voulais pas fuir.

J’avais décrété que la partie était déloyale. J’étais à demi-nue alors que Bowen portait toujours ses vêtements. Et afin de rétablir le juste équilibre, j’avais entrepris de dénouer les liens de sa chemise. Il saisit en une fraction de seconde mes mains qui avaient approchés de trop près son torse. Avait-il trouvé mon geste déplacé pour ainsi interrompre mon initiative ? M’avait-il trouvé trop audacieuse ? Mon attention se dirigea vers mon époux et je croisai alors son regard. Je ne vis pas un regard de colère ou de mécontentement mais un regard brûlant et je compris alors la raison de son intervention. Il me chuchota qu’il pourrait tout à faire contrebalancer la situation… Je le regardai, probablement plus ardemment que les autres fois. Ces mains entouraient les miennes et ce fut là le premier véritable échange corporel que nous avions. Certes, j’avais déjà apposé ma main sur son bras lors de ballade mais les circonstances étaient radicalement différentes. Je sentais ses mains sur les siennes. A travers elles je ressentais la chaleur qui en émanait. Une chaleur douce et intrigante. Etait-ce l’alcool, l’appréhension, le désir – ou peut-être même les trois, qui l’avait provoquée ?

Il sortit de sa poche un coffret qui, lorsqu’il l’ouvrit, révéla un anneau en argent. Il me montra qu’à l’intérieur, des initiales étaient gravées. Les siennes et les miennes. Il me le passa à l’annulaire de la main qui se trouvait toujours contre lui. Cet anneau était certes, simple mais il semblait représenter notre union, et donc, par conséquence, il avait une grande valeur. L’anneau à présent enfilé sur mon doigt, je l’observai. Il n’avait rien à voir avec les habituels bijoux que je portais à l’accoutumée. Et je connaissais la situation délicate de mon époux en matière de finances. Cela n’avait aucune importante, cette attention me touchait.

« C’est un très beau présent… je ne le quitterai pas, soyez en assuré »

Il aborda le sujet de son départ. Fait qui m’angoissait quelque peu. Me retrouver seule à Motte-la-Fôret, à gérer le domaine. Mais il n’y avait pas que ce fait-là qui me peinait. Lord Glover serait amené à partir en guerre dans quelques temps. Quelques semaines. Quelques jours, même.

Il s’approcha de moi. Plus près. Plus près encore que la dernière fois. Maintenant son étreinte, mes mains toujours encrées dans les siennes, j’écoutais attentivement. J’écoutai chaque phrase, chaque mot qui sortait de sa bouche. Chaque intonation formulée par ses lèvres. Oui, mon regard se braqua sur ses lèvres un court instant. Il tenta de m’expliquer que le rapprochement que nous avions pouvait déclencher d’autres choses, d’autres moments. J’avais le choix. Le choix d’attendre, encore...

« La nuit changera. Maintenant, un peu plus tard… peut m’importe en vérité… » Je marquai une pause tout en le fixant. Mon regard à présent encré dans le sien. « Et pourtant... il me plairait de vouloir vous découvrir…» Mes appréhensions semblaient s’être dissipées. Évaporées. Mais je n’y pensais pas. Je n’y pensais plus. Je libérai mes mains des siennes dans un geste doux et lent. Il ne montra aucun signe de résistance et écarta ses mains.

« Me risquerais-je de réclamer mon dû à mon époux ?» lançais-je à voix basse.

Mon dû. Ce dont à quoi je pouvais prétendre. Moi et moi seule. S’il souhaitait une quelconque approbation de ma part, je venais de la lui octroyer. Je ne lui accordais pas par devoir, mais bien par envie. J’espérais pouvoir canaliser mon esprit sur les lacets de sa chemise qui n’étaient pas entièrement défaits plutôt que sur ses lèvres que je venais de scruter une nouvelle fois. Encore. Concentrée, je terminai mon geste jusqu’à ce que sa chemise s’ouvre plus amplement. Je déposai instinctivement mes mains sur son torse, réalisant alors que c’était moi cette fois-ci, qui créait le contact physique. Je réalisai également qu’il était mien. Bowen Glover était mon époux. Bien loin des idées que je me faisais du mariage, cette vision était attrayante. Je relevai son regard vers lui et à demi-mot, je réclamais délibérément mes envies.

« Considérez-moi comme votre épouse, Bowen… »



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MessageSujet: Re: On that night, she slept like she never did [Tour III - Terminé]   Lun 5 Juin - 22:48

Bowen Glover était un homme patient. De l’avis général, il transparaissait même qu’il semblait être un modèle d’attente taciturne, toujours dans l’ombre, confident avisé et conseiller discret, prêt à mourir avec les secrets des uns et à faire taire ses plus sourdes rancunes. Cela ne signifiait pas qu’il n’avait jamais éprouvé des sentiments vengeurs à l’égard de certaines personnes. Simplement, il avait cette capacité à faire le dos rond et à encaisser pendant très longtemps, observant ses pairs pour mieux deviner leurs pensées et jauger si son ire était justifiée ou s’il pouvait trouver des arguments pour l’abandonner.

Néanmoins, il fallait admettre qu’il était meilleur psychologue auprès des hommes que des femmes. Les premiers, ils les avaient amplement côtoyés auprès du roi du Nord, compilant dans sa mémoire une foultitude de petites données et détails sur les uns et les autres, se souvenant de l’appétit pour les femmes ou la boisson des uns et des autres. Il était heureux que des années à servir lui aient appris non la soif d’ambition mais le caractère humble de celui qui sait où était sa place. Sinon, il aurait pu devenir un intrigant particulièrement performant. Cependant, il avait été totalement sincère en disant à sa désormais épouse lors de leur promenade dans le port des Manderly qu’il était notoirement dénué de toute envie de pouvoir. Les machinations lui faisaient horreur. La loyauté avait guidé son existence, en toutes circonstances, confinant souvent au fanatisme.

En revanche, s’il était une oreille attentive et appréciée précisément pour cette patience peu commune chez les sanguins guerriers nordiens par les dames, dès qu’il fallait décrypter les transports de leur cœur, le Poing du Nord se faisait singulièrement inutile. A vrai dire, il avait toujours eu du mal à assimiler ces moments où la simple courtoisie laissait place à quelque chose d’infiniment plus désirable et dangereux… Du moins, quand il n’initiait pas. Etait-ce parce que sinon, il ne s’intéressait en définitive pas de cette manière à celles qu’il fréquentait, excluant d’emblée avoir l’audace de leur plaire ? Peut-être. Ou bien alors sa manie de se rabaisser jouait-elle dans son aveuglement à se croire si transparent à leurs yeux.

Quoiqu’il en soit il se trouvait pour une fois récompensé de sa patience… Et se demandait bien ce qui avait pu causer ce revirement. Etait-ce si simple, de mettre à l’aise une épouse trouvée tremblante à l’idée d’être sienne ? Dans ce cas, tous ces seigneurs qui se plaignaient d’avoir eu à forcer leurs femmes le jour de la nuit de noces ou de n’avoir trouvé que des glaçons dans leur couche étaient vraiment à blâmer, parce qu’il ne fallait finalement qu’un peu de compréhension et une once de douceur pour dessiner une perspective plus attrayante pour une tendre pucelle qu’une prise à la hussarde dans les effluves de l’alcool.

Certes, il eut été mentir de penser qu’il n’avait pas un peu d’atout dans sa manche. Au moins était-il jeune, point encore gâté par la guerre ou la maladie. De ce qu’il avait cru comprendre des murmures glanés çà et là, en compagnie amicale ou galante, il n’était pas déplaisant à l’œil. Peut-être qu’en cet instant d’intimité, Maedalyn s’était faite cette réflexion, alors qu’elle semblait déterminée à découvrir dans quel bois était taillé l’héritier de Motte-la-forêt, et ce dernier ne put s’empêcher de se mordiller très lentement la lèvre en sentant des mains douces, indubitablement féminines se glisser sous le col de sa chemise enfin défaite.

Oui, Bowen était patient. Mais sous la glace pouvait aussi couver le feu, et il devait reconnaître que le contact physique, quoiqu’encore chaste, allié aux suaves paroles qui venaient d’être prononcées menaçaient de l’enflammer. Simplement, contrairement au moment précédent, il venait d’avoir confirmation que c’était possible. Sa femme désirait être sienne. Maintenant. Elle le désirait. Quels mots y avaient-il à ajouter ? Aucun. Ceux nécessaires pour achever de déclencher son ardeur avaient été prononcés, et avec une ferveur qui ne pouvait laisser indifférente aucun homme, hormis une statue de marbre.

L’espace d’un bref instant, Bowen se souvint de sa conversation avec Jeyne, quand il lui avait dit qu’à son avis, le meilleur moyen de conserver les bonnes grâces d’un époux était de montrer un certain entrain au devoir conjugal, d’affirmer sa bonne disposition à son égard. Qu’il était ironique de constater que ses conseils étaient finalement assez véridiques… Et qu’ils se retournaient contre lui avec une sensualité aussi délicate que charmante. Comme quoi, peut-être était-il en effet meilleur conseiller marital qu’il ne le pensait. En tout cas, ses propres admonestations fonctionnaient pour lui. Ce qu’il aurait fait avec tendresse risquait fort de l’embraser plus qu’il ne l’aurait cru. Et ce n’était pas pour lui déplaire. Loin de là. Très loin de là.

Ne s’écartant pas, laissant sa dame profiter du contact prolongé avec la peau de son pectoral, il se contenta de plonger son regard dans le sien, une lueur presque taquine s’allumant dans ce dernier, remplaçant l’habituelle gravité de ses prunelles bleues pour les transformer en des saphirs amusés, presque désireux de savoir jusqu’où la nouvelle lady Glover irait d’elle-même avant qu’il ne répondît enfin à sa demande… Enfin, qu’il ne craque plutôt. Ce qui finit par arriver assez vite, le jeune homme désirant garder tout de même un semblant de contrôle, non pas sur la situation, mais sur ses propres réactions.

Lentement, avec une précision suave, sa main voyagea jusqu’au cou de sa femme pour envelopper délicatement sa joue droite, son pouce caressant un bref instant le visage d’albâtre dans un mouvement maîtrisé, qui ne trahissait pas le bouillonnement qui menaçait de se déchaîner en lui mais qu’il parvenait encore à camoufler relativement aisément. Fidèle à sa résolution, quand bien même il savait qu’il pouvait agir comme il le désirait sans crainte de se sentir coupable, le Glover se voulait jusqu’au bout galant homme, déterminé à amener celle qui partagerait sa couche au sommet du désir avant de céder à l’appel de ses sens.

Se rapprochant sans briser le contact des paumes féminines sur son torse, tout en maintenant les siennes sur cette face légèrement rougie, sans qu’il ne sache si c’était pas une réaction à la chaleur ou à cette sensation délicieuse qu’il ne désirait que créer patiemment, Bowen souffla sur ce même ton badin qu’il avait emprunté tantôt, se prêtant à ce jeu de séduction avec une allégresse qui l’étonnait lui-même, développant sa répartie avec ardeur :

« Prenez garde, ma dame. Je serais bien aise de vous réclamer des intérêts. »

Et des intérêts très élevés. Soudainement, le nordien se sentait une âme de banquier braavien, prêt à tout pour assurer l’usure des jeux de l’amour. Néanmoins, le sérieux reprit une fois de plus ses droits, le jeune homme cédant rarement longtemps à la légèreté, aimant alterner paroles galantes et réelles promesses, sachant bien que les premières se devaient pour un vrai gentilhomme d’être les préludes des secondes, ce que certains avaient le mauvais goût d’oublier trop souvent. Sauf que pour un être qui valorisait à ce point son honneur, chaque mot l’engageait personnellement. Et à cet instant, il s’engageait réellement, il jurait de faire ce qui lui était demandé, et plus encore. Il traiterait celle qui lui faisait face, tentatrice, en épouse, mais aussi, il l’espérait, en amante. Les deux n’étaient pas irréconciliables en son esprit, pourvu que chacun y trouve une satisfaction agréable. Inutile de préciser qu’il comptait bien que ce soit le cas.

« Il en sera fait comme il vous plaira. Ma dame. »

Son autre main s’astreint à l’autre joue de sa femme, encadrant le visage. C’était le moment. Il le savait. L’instant était précieux, béni. Il ne tenait qu’à lui de le consommer, de donner corps à ces murmures sensuels, de réaliser ce que les mots seuls annonçaient depuis plusieurs minutes, de laisser place à des taquineries qui se passaient de paroles pour seulement mêler les souffles, et non les traits d’esprit. Il lui appartenait de voler une promesse annonciatrice de tant d’autres soupirs.

Avec douceur, il posa délicatement ses lèvres sur celles de Maedalyn, scellant enfin ce qui les liait depuis l’arbre cœur, le banquet, les danses, le vin dornien, les plaisanteries et les serments. Ce n’était là qu’un effleurement, une danse à peine esquissée, l’introduction d’une pavane qu’il se plairait à approfondir dès à présent. Mais en bon cavalier, il savait que tout aria digne de ce nom commençait par quelques notes lancées à la nuit avant de dévaler des crescendos dignes des plus grands artistes, et qu’il était de son devoir de guider la dame à son bras vers l’acmé par pas de côté habile, et non grandes effusions ardentes et si maladroite au creux de cette bouche encore à découvrir.

Après tout, ils avaient toute la nuit, ils l’avaient dit, pourquoi insister ? Un baiser, à tout prendre, qu’était-ce finalement ? Là, c’était une fin, et un commencement : la fin d’un rapprochement, le début d’un autre, tellement différent, porteur d’un tout autre sens. Aucun des deux ne l’ignorait, évidemment. Cependant, cela ne signifiait pas qu’il devait demeurer à ce stade si timide. Qu’il ne pouvait se transformer en un chant plus redoutable.

Lentement, Bowen appuya son effleurement, caressant les lèvres offertes avec plus d’intensité, faisant muter leur chaste position sans brusquerie, attentif au moindre mouvement, à la moindre inflexion de son épouse, comme s’il cherchait à deviner ses pensées, à devancer ses questionnements et à transmettre son affection naissante d’une façon bien plus efficaces que ses propres mots. Taquinant cette bouche adverse, passant sa langue sur son rebord ourlé, sans jamais outrepasser ce qui ne lui était point encore accorder, il se fit plus quémandeur, plus mâle aussi, alors que ses bras encadraient à présent avec vigueur celle qu’il ne lâchait plus, qu’il enserrait dans son étreinte avec une ferme douceur.

Titillant avec ardeur, il obtint enfin le passage tant attendu, et tel le chevalier franchissant le pont des Jumeaux, tel le guerrier ouvrant le flanc ennemi, il s’engouffra dans la brèche taillée par ses soins sensuels, se gorgeant du contact avec l’arme opposée à la sienne, avant de découvrir avec enthousiasme son nouveau champ de bataille, de se reposer dans cette caverne dans laquelle il dégustait le parfum sensuel de la féminité et du vin dornien mêlé. Avait-il déjà dit que c’était son breuvage préféré ? Voilà qui venait d’être confirmé, et pas vraiment en raison de l’excellence de la robe sombre des pichets du Soleil Insoumis, mais bien pour ce déferlement qu’il lui offrait, ses yeux fermés laissant son esprit voguer vers des sphères d’une douceur aussi suave que ce palais qu’il se plaisait à explorer jusqu’à la limite de ses capacités respiratoires.

Enfin, hors d’haleine, il se détacha, ses prunelles s’ouvrant à nouveau au monde tandis que ses poumons se gorgeaient d’un air qui avait fini par manquer, tout occupé qu’il était à ses admonestations buccales. Son regard se posa sur les lèvres rougies, légèrement gonflées, qui semblaient l’appeler à nouveau de leur chant hypnotique. Pourtant, il se contint de repartir à la charge, rangeant ses armes provisoirement, décrétant la trêve pour susurrer :

« Le dû est-il à votre goût ? Ou bien dois-je augmenter mes échéances ? »



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MessageSujet: Re: On that night, she slept like she never did [Tour III - Terminé]   Lun 5 Juin - 22:57

Je me sentais pousser des ailes. Allez savoir pourquoi j’avais oublié mon innocence en la matière et mes craintes. J’avais oublié l’issue de cette nuit. J’avais oublié combien il était difficile d’être une jeune femme. Lord Glover avait réussi à me rassurer, à dissiper mes craintes et mes doutes. Pour autant, j’avais toujours dans un coin de mon esprit l’issue de cette nuit. Observant Lord Glover, je me surpris à le trouver captivant. J’observai son visage, ses traits, ses expressions. J’écoutai le son de sa voix. Cette dernière se faisait plus suave, plus virile... plus attirante. Ma vision de mon désormais époux changeait. Bien trop rapidement à mon goût.

La patience. Bowen Glover en était pourvu de toute évidence. Sa patience me faisait oublier ce que j’étais venue faire dans cette chambre. Je saluai cette qualité qui m’arrangeait bien pour être honnête. Pour ma part, la qualité que possédait mon époux ne faisait pas parti des miennes. Non, je n’étais patiente. Je voulais tout, de suite, sans aucune attente. D’ailleurs, mon père en avait fait les frais lorsque j’étais enfant. Sage mais difficile j’avais fait tourner plus d’une fois les domestiques en bourrique. Maintenant adulte, je n’en étais pas moins difficile, mais mon âge maintenant plus avancé faisait que je mettais de côté mes exigences propres. Lorsqu’on était une nordienne célibataire, il valait mieux mettre ses exigences de côté. On ne choisissait pas son époux, ni son physique, ni son rang, ni ses convictions. Je pensais que le destin m’avait donné une chance folle de croiser celui de Lord Glover. Cet homme avait des convictions, du respect envers la gente féminine – il suffisait d’entendre les louanges de Lynara, Jeyne, Alysane et bien d’autres... Elles ne pouvaient toutes mentir en parlant de lui. Elles ne pouvaient toutes se jouer de moi en lui inventant des vertus. Je me considérais ainsi comme une chanceuse nordienne. D’autres n’avaient pas non plus la chance d’être marié à un homme séduisant, qui semblait, de surcroit, être aussi beau à l’intérieur qu’à l’extérieur.

Sa main s’approchant de ma joue me sortit de mes pensées purement féminines. Lord Glover fixa alors mes joues, peut-être même mes paumettes. Serais-je en train de m’empourprer ? Dans le passé, j'avais eu quelques rapprochements avec des jeunes hommes. Mais pas de cette ampleur puisque tout rapprochement au-delà d’un baiser était prohibé. Bowen était un homme, bien que j’avais gardé de lui un souvenir d’adolescent, nous en étions bien loin ce soir. Il n’était plus un garçon juvénile mais bien un homme. Homme sur lequel j’avais posé mes mains pour ma première fois. Mes mains sur sa peau ressentaient toute la chaleur qui émanait de son corps. Je posai mon regard dans le sien. Le soutenant je compris alors ses intentions.

Je sentis ses lèvres se poser sur les miennes. Une partie de moi s’en surpris, l’autre l’espérait plus que de raison. Je crus pourtant que mon cœur s’arrêta, le sentant s’enserrer au sein de ma poitrine. D’abord pudique et délicat, le baiser que mon époux m’offrait était agréable, quoi que j’en dise. Je m’étonnai à apprécier la saveur de ses lèvres et la proximité de son corps près du mien. Il effleurait mes lèvres, il caressait ma joue et j’appréciais sa délicatesse si respectueuse. Ce baiser était bien différent de celui échangé à l’arbre à cœur. Il n’avait rien de solennel, d’imposé. Et loin de moi l’envie d’y répondre par pur devoir. Quoique s’il fût là mon devoir, je me ferais un plaisir certain à me mettre à l’exquise besogne. Ses lèvres me défièrent plus intensément, je ressentais sa respiration contre ma peau, ses bras entourer mon corps. Je répondais à l’appel de ses lèvres. C’était comme atteindre son intimité. Il atteignait également la mienne.

Ce baiser me faisait actuellement tourner la tête tant je ressentais qu’il pouvait s’embraser. La caresse de ses lèvres sur les miennes se faisait plus ardente et je m’appliquais à lui répondre du même effet. Le baiser se fit plus pressant, plus avide. Ma main qui se trouvait sur son torse glissa jusqu’à son cou, tout en gardant le contact de ma paume avec sa peau. A première vue, ce n’était que deux bouches, collées, l’une à l’autre. Sauf que derrière ce baiser, nos langues se croisèrent, tournèrent et se mêlèrent. C’était la plus sûre façon de se taire en disant tout. Ce baiser n’était qu’une préface pourtant, nous le savions lui et moi. Mais une préface charmante, plus délicieuse que l’œuvre elle-même, peut-être. Oui, je me rendais compte que la rencontre de nos bouches était la plus parfaite, la plus divine sensation qui soit donnée d’avoir vécu jusqu’alors. Tous mes sens étaient en éveil, le goût, l’odorat, le toucher. Mes lèvres étaient inlassablement tentées par les siennes.

Je sentis alors ses lèvres quitter les miennes. Mes paupières s’ouvrirent, dévoilant un Bowen hors d’haleine. Il observa mes lèvres. Ma peau de porcelaine avait dû rougir, à coup sûr. Je le sentis tenté. Tenté de m’embrasser à nouveau. Mon regard passa de ses yeux à ses lèvres, plusieurs fois de suite, comme un appel, une requête. Il me susurra quelques mots à voix basse.

« Il l’est. Plus que je ne l’avais imaginé. »

Moi qui pensais ne pas tomber sous son charme. Moi qui lui avais d’ailleurs certifié plusieurs minutes plus tôt. Je me retrouvais comme une idiote, face à mes contradictions et face à mes envies. « Disons que je ne me laisse pas séduire facilement… » lui avais-je rétorqué. Idioties. Fanfaronnades.

« Vous me faites mentir, Bowen. » je détournais le regard vers le bas, un instant. Puis le replongea dans le sien. « Me laisserais-je finalement séduire aussi facilement ? » lui rétorquais-je en un murmure. « Mes lèvres n’oseraient, après ce baiser, vous convaincre du contraire... » Nos visages étaient proches, si proche que je sentais la fragrance de son parfum sur sa peau combinée divinement aux effluves d’alcool.

J’avais chaud. J’ignorais si l’atmosphère de la chambre s’était réchauffée ou si ce rapprochement en était le coupable, mais la chainse que je portais me semblait même être devenu un vêtement bien trop chaud. Je repris les lanières délacées de la chemise blanche de mon époux, au même instant où il m’avait interrompu auparavant. Je les saisies entre mes doigts, jouant avec le tissu. Mes doigts parcoururent les bords de la chemise qui s’étaient séparés pour laisser entrevoir sa peau. Bowen suivait mes mains du regard, me laissant faire. Allait-il à nouveau m’arrêter ?

Sans dire mot, je remontais mes doigts sur le tissu blanc jusqu’aux épaules où je le fis basculer en arrière. Nos regards se croisèrent alors. J’entendis le bruit de la chemise qui tomba au sol. Je ne quittais pas Bowen des yeux, jusqu’à ce que je laisse mon regard, bien trop curieux, se promener sciemment sur son torse maintenant dénudé.

Mon époux était un bel homme. Indéniablement. Je remarquai que le haut de son corps était marqué par de nombreuses cicatrices. Muette, mon regard visitait ses bras, la courbe de ses épaules, son torse... J'avançai ma main vers sa peau, caressant une de ces cicatrices sur son pectoral, je remontais ma main vers son épaule, rejoignant la seconde marque sur le haut de son bras. Puis, je descendis mon effleurement jusqu'à son avant-bras où gisait encore la rougeur d'une récente blessure. Je fronçais les sourcils, constatant les dégâts corporels.

Les marques, les blessures et les cicatrices, n'enlevaient absolument rien à la beauté de cet homme. Étais-je si impressionnée pour en avoir le souffle coupé ? Cette carrure virile de guerrier m'impressionna et cela me ramenai à la faiblesse de la femme. J'étais bien peu de chose à côté de cet homme. Il était un bon guerrier, il tuait des hommes sur les champs de bataille et pourtant, il usait de la plus grande des délicatesse avec sa nouvelle épouse. Je m’approchai de mon époux toujours nos regards plongés l'un dans l'autre. La proximité avec un homme en général me gênait. Pour autant, je sentais cette gêne s'amoindrir. Lentement, j’approchai mes lèvres des siennes afin d'y goûter à nouveau. Mon corps rencontra immédiatement le sien et je me pressai contre lui, comme une nécessité, un désir, une pulsion animale. Bowen répondit à mon étreinte avec la même intensité. Je me sentais attirée contre lui, comme si une force irrépressible m’incitait à le rejoindre. Je ressentais des émotions qui m'étaient jusqu'alors inconnues.



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MessageSujet: Re: On that night, she slept like she never did [Tour III - Terminé]   Lun 5 Juin - 22:59

Comme tous les jeunes hommes, quand était venu le temps où les courbes féminines avaient commencé à l’intéresser pour leurs appâts et que son corps avait su s’embraser à leur vue, Bowen s’était demandé quelques fois, dans l’intimité de sa chambre, à quoi ressemblerait la femme que son père choisirait pour devenir son épouse, quelle serait leur relation, si elle serait à son goût … Bref, le genre de rêveries que tous les adolescents avaient. Certaines jeunes filles pensaient que seul le sexe faible avait ce genre d’interrogations. En vérité, les mâles étaient eux-aussi soumis aux mêmes questionnements, souvent curieux de ce monde qui s’ouvrait à eux tout autant qu’intimidé à l’idée de se retrouver devant une inconnue et d’avoir le droit de la contempler dans la plus stricte intimité.

Certes, la différence résidait dans le fait qu’ils étaient préparés au déroulé de ce moment crucial qu’était la nuit de noces… Et de toutes celles qui suivraient. Sans compter le fait que certains ne manquaient pas de penser qu’au moins, si l’épouse ne convenait pas, il pourrait toujours trouver du réconfort dans d’autres bras. Ce n’était pas le cas du Glover. Evidemment, la possibilité serait toujours présente, néanmoins, dès l’enfance, il avait été pétri de concepts de loyauté, de fidélité, d’honneur, à tel point qu’il avait plus ou moins intégré le fait que celle qui rejoindrait sa maison serait la principale dame de ses pensées. L’idée de peupler son fief de bâtard ou de profiter de la naïveté des filles de ferme pour assumer ses penchants l’horrifiait, essentiellement parce qu’il savait que les conséquences pour ces dernières seraient nettement plus lourdes que pour lui, et que les éventuels petits Snow nés de ces unions éphémères seraient condamnés à une existence plus douces que la moyenne, mais inférieure à celles de leurs frères et sœurs légitimes. Et condamner ainsi un enfant issu de sa chair ne l’enchantait aucunement. Et puis, même s’il avait dit le contraire quelques minutes auparavant, le jeune homme avait toujours eu l’espoir secret de parvenir à recréer le foyer familial qu’il avait connu. Au départ, la situation avait sévèrement douché ses espérances, et il s’était contenté d’assurer le plus rapidement possible une alliance pour sa lignée durement touchée afin d’offrir une lady à Motte-la-forêt, et tenter d’avoir un héritier avant de repartir en guerre, même si la brièveté de leurs moments en commun rendait cette issue improbable immédiatement. Enfin, l’essentiel serait tout de même assuré, et tenté. Il ne pouvait demander plus.

Alors forcément, voir que passé ses résistances et frayeurs premières, au demeurant compréhensibles, Maedalyn se laissait aller à apprécier et sa compagnie, et leurs échanges, qu’ils soient verbaux ou désormais physiques ne pouvaient que logiquement le rendre fou de joie. Peut-être que ce n’étaient que des paroles prononcées un peu trop vite, pendant que leur relation restait à la fois si simple et si complexe puisqu’ils se connaissaient si peu et n’avaient qu’à se réjouir des qualités de l’autre sans connaître encore ses défauts. Mais elles étaient porteuses de l’envie de ne pas décevoir ce timide pas en sa direction. A force de patience, Bowen semblait avoir réussi à fendiller l’armure de sa nouvelle épouse, et se trouvait tout heureux d’entendre que son baiser, leur premier baiser, n’avait pas été désagréable, au point que l’ancienne Cerwyn ne lui susurre qu’apparemment, elle pourrait, sujette à de telles attentions, succomber sans plus tarder. Parce qu’il y avait mis son âme, dans ce contact prolongé de leurs lèvres. Il y avait enfermé toute sa ferveur, sa dévotion, ses aspirations à une vie commune apaisée, à une nuit sans heurt, agréable pour tous deux, promesse d’un lendemain meilleur. Il ne se leurrait pas : dans peu de temps, il partirait au combat. Trop tôt. Il irait se faire trouer la peau pour son roi et son Prince, alors que ses terres saignaient encore, que son fief devait être supervisé, qu’il n’avait pas d’enfant, et une épouse qui n’avait jamais mis le pied sur les terres qu’elle allait devoir gouverner. Il avait déjà survécu à une bataille meurtrière, terrifiante sans presque une égratignure. Difficile de croire qu’il aurait autant de chances les prochaines fois, car c’était une campagne longue et sanglante qui s’annonçait. Il pouvait mourir si rapidement, en laissant derrière lui une veuve qui n’aurait eu de lui que quelques conversations galantes et deux ou trois nuits, tellement insuffisantes pour lui prouver qu’il aurait pu être l’époux qu’elle désirait, le père qu’il aurait fallu pour ses fils et filles.

Finalement, la seule option qu’il lui restait était de prier pour revenir vivant auprès d’elle … Et lui laisser un souvenir suffisamment agréable pour que cette absence, loin de la soulager, soit tout de même un peu difficile. Pas trop bien sûr… Mais égoïstement, Bowen voulait ne pas être oublié, que son épouse pense à lui, veuille de lui, qu’il lui manque. Il n’aurait jamais pensé un jour souhaiter aussi ardemment, quelque part, le malheur d’une personne pour assurer son bonheur personnel et tellement mesquin. Tout le monde le voyait tellement honorable, bon … Que ne savaient-ils les secrets de son cœur, les rancunes, les petites avanies, ce qui le rendait humain, en vérité, qui montrait que derrière la carapace du Nord se cachait un jeune homme qui avait cherché longtemps l’approbation d’un père préférant son cadet, puis celle d’un roi qui, s’il l’appréciait, n’aurait jamais la même considération pour lui que pour ses véritables enfants, et enfin celles de ses pairs, qui ne lui avaient pas toujours si bien rendus l’affection qu’il tentait maladroitement de leur porter. Il n’y avait guère que Lynara qui n’avait jamais eu la moindre réticence à son égard, le défendant même à l’époque où les ainés Stark s’étaient ligués contre sa présence, persuadés qu’il menaçait la relation entre Torrhen et son héritier. Certes, depuis, les choses étaient différentes. Pour autant, il était probable que subsiste en son cœur cette petite parcelle de rancune, cette envie de prouver qu’il pouvait être le premier dans l’esprit d’une personne. Et ironiquement, c’était ces mauvaises pensées qui le poussaient à cet instant à donner le meilleur de lui-même, à se montrer aussi galant que prévenant, à tenter par tous les moyens de charmer sa dame. Comme quoi, peut-être parvenait-il à ses fins infiniment mieux de cette manière que selon ses tactiques ordinaires … Autant pousser son avantage jusqu’au bout, aussi il étira ses lèvres en un sourire amusé, avant de chuchoter :

« Peut-être que nous devrions retenter l’expérience … Pour voir si vous en êtes certaine. »

Pour appuyer ces mots caressants, il avait commencé à faire courir ses doigts sur ce visage qu’il appréciait découvrir centimètres par centimètres, préparant déjà sa seconde avancée dans ce territoire dont il venait seulement d’esquisser les charmes au creux de ses lèvres. Sauf que Maedalyn le surprit en s’attaquant à sa chemise avec une ardeur renouvelée. Et cette fois, maintenant que tout était clair entre eux, qu’elle savait ce que ce geste ne manquerait pas de déclencher en lui, il la laissa faire, sans la quitter des yeux, appréciant le contact de ces mains douces et féminines sur sa peau alors qu’il se contorsionnait pour aider l’encombrant vêtement à quitter son torse, l’exposant ainsi à la vue de son épouse.

Dans l’ensemble, Bowen avait plutôt eu l’impression d’avoir un physique assez ordinaire, de ce point de vue. Il n’avait pas la carrure musculeuse de son cadet, sans pour autant être forcément fin, les entraînements avec la troupe Stark ayant fini par porter leurs fruits. Une mince ligne brune, qui tirait sur l’auburn par endroits, descendait jusqu’à son bas-ventre, s’épanouissant timidement sur son poitrail, et s’effaçant devant les petites cicatrices qui témoignaient d’une vie déjà bien marquée par les combats. Celles que Maedalyn touchaient avaient été faites par des fer-nés, lors de sa première année au service de Torrhen Stark. A douze ans, il faisait difficilement le poids contre des combattants déterminés, quand bien même il avait vendu chèrement sa peau à chaque fois, ne fuyant jamais l’affrontement, ce qui lui avait attiré un certain respect de la part des plus âgés. Il n’était qu’un gamin… Mais un gamin courageux.

En sentant les doigts de sa femme s’égarer vers son avant-bras, Bowen ne put réprimer le frisson qui le parcourut. Celle-là, dire que c’était un déserteur riverain qui l’avait provoqué… Il en éprouvait encore des transports de détestation. Le coup avait été fortement amorti par ses protections, mais avait tout de même imprimé sa marque dans sa chair, même si le bleu se résorbait correctement et qu’il n’éprouvait pas de gêne particulière en temps normal. Et puis, il avait suffisamment subi les assauts de Conrad Omble pour être capable de supporter des peccadilles de ce genre. Quand le Sénéchal du Nord se mettait en tête de vous caresser les côtes avec son épée pour vérifier vos progrès, le résultat n’était jamais beau à voir.

Voyant les sourcils froncés de sa dame, le Glover souffla :

« Ce n’était qu’un mauvais coup amorti par mon armure. Ce n’est pas douloureux. »

Explication futile, qu’il avait prononcé tout à trac, sans savoir exactement pourquoi. Etait-ce pour meubler ce silence chargé de tensions ? Retarder le moment où il allait se laisser définitivement envahir par l’appel des sens et céder à ses instincts mâles ? Il ne savait pas, son self-control étant déjà bien entamé. C’était comme si chaque toucher l’embrasait, lui qui n’avait finalement pas connu suffisamment de femmes pour se trouver blasé par ces attentions délicates. Et quand son épouse se fit à nouveau hardie en l’embrassant, il explosa.

Dévorant ses lèvres avec ardeur, ne cherchant plus à se faire timide, le Poing du Nord emprisonna sa captive consentante entre ses bras, la tenant fermement contre son torse nu, sentant la poitrine de sa femme contre lui, la chainse n’étant guère de taille à arrêter le frottement des peaux qui se cherchaient, qui paraissaient brûler d’une envie autonome de se rencontrer. Sans plus penser à rien d’autre qu’à cet instinct brut, primaire, qui le contrôlait, qui lui hurlait de satisfaire les moindres soupirs de celle qui se trouvait collée à lui, il se détacha de ses lèvres pour parsemer le bas de son visage de baisers enflammés, avant de descendre dans son cou, contre sa tempe, enfouissant sa tête dans ce recueil presque sculpté pour lui, s’autorisant quelques mordillements au point sensible de la jonction avec sa clavicule, plus bas, espérant soutirer par cela les premières légères exclamations qui lui montrerait qu’il était sur la bonne voie.

Doucement, dans un contraste saisissant avec son excitation première, il écarta légèrement la chainse de l’épaule qui se présentait à lui, la dévoilant à son regard aux pupilles agrandies par le désir qui montait en lui. L’embrassant alors, il se fit comme un devoir d’honorer chaque parcelle de ce nouveau continent qui s’offrait à ses attentions, naviguant entre les petits grains de beauté qu’il pouvait voir, posant ses lèvres sur chacun, comme s’il cherchait à créer une véritable géographie de ce corps dont il n’avait pourtant exploré qu’une infime partie. S’arrachant presque à regret à ce qui s’apparentait de plus en plus à une dégustation langoureuse, Bowen approcha à nouveau son visage de celui de Maedalyn avant de déclarer avec une tendresse presque déplacée venant de cet homme rude et froid :

« Vous êtes belle. Si belle que je crains à chaque instant de vous décevoir.

Alors… A partir de maintenant, dites-moi si quelque chose vous déplaît, ou vous plaît. Si je dois m’arrêter ou continuer.

Parce qu’une beauté pareille ne pourra s’honorer qu’à la hauteur de ce qu’elle offre à ma vue. Et croyez-moi… Vous m’offrez beaucoup. »


Ses bras passèrent sous ses jambes alors qu’il la soulevait de terre, dans un mouvement si semblable et si différent de celui qu’il avait accompli à la fin de leur cérémonie de mariage, lui intimant par quelques petits gestes de mettre ses bras autour de son cou. Et il la porta ainsi jusqu’à leur lit, sans se presser, accomplissant les pas qui les en séparaient avec une cruelle lenteur, tandis qu’il venait cueillir ses lèvres, les taquinant avec délicatesse, butinant sans se presser ce miel qui l’enivrait et faisait bouillir son sang dans ses veines.

Bowen se sentait pris d’une folle envie d’aimer, tout simplement.



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Dernière édition par Bowen Glover le Lun 5 Juin - 23:53, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: On that night, she slept like she never did [Tour III - Terminé]   Lun 5 Juin - 23:07

Ses doigts encadraient mon visage, le découvrant probablement au gré de ses effleurements. Son regard était concentré sur les moindres détails de mes traits...  J’avais parcouru de ma main son buste mutilé par quelques endroits par les nombreuses batailles. Je le découvrais alors pour la première fois. Analysant la moindre cicatrice, unique témoin des batailles auxquelles il avait participé. Certaines n’étaient presque plus visibles, d’autres au contraire l’étaient beaucoup plus. Encore rougies elles attestaient d’une ressente bataille. Je n’étais point impressionnée par ce genre de dommage, voilà pour quelle raison ma main ne faiblissait pas durant son exploration. Justifiant la présence de la marque sur sa peau, il me confirma également que celle-ci n’était pas douloureuse. Lord Glover était toujours un bel homme, même sans ses blasons sur le dos, je m’en fis la réflexion. J’avais en face de moi un guerrier et je réalisais bien aisément l’ampleur de son devoir et les conséquences qui en résultaient bien souvent. Lord Glover devrait bientôt partir au combat aux côtés du prince. Nous en étions tous informés. Ce départ m’ouvrira probablement les yeux : serai-je affectée du départ de mon époux ou, au contraire en serai-je soulagée ? Peut-être même que ce dernier me laissera complètement indifférente...

Comment ne pas être impressionnée par sa carrure, son charisme et son assurance... Je l’étais, bien évidemment. Mais je semblais être emportée par un entrain inespéré. J’avais toujours imaginé le mariage comme une contrainte, un triste chemin de croix, une sombre obligation à laquelle je devrai me plier tôt ou tard. Et pourtant, la scène actuelle avait de quoi être surprenante... J’étais pratiquement dans les bras de mon nouvel époux et aucun cri, aucune larme ne s’étaient fait entendre. Certes je connaissais Lord Glover depuis longtemps, certes il ne m’était pas étranger. Pourtant, il était devenu tel que j’ignorais qui se tenait face à moi. Des années que nous ne nous étions vus et j’ignorai quel homme se tenait réellement devant moi. Quelques échanges m’avaient fait entrevoir un homme doux, étrangement patient et droit. Je qualifiais ses qualités comme denrées rares chez un homme. Mis à part mon père et mon frère, je trouvais les nordiens rudes, vulgaires et irrespectueux. L’homme que je venais d’épouser semblait être en totale oppositions avec ce que j’avais l’habitude d’observer. Cette nuit de noce m’offrait – pour l’instant - que de bonnes surprises. J’attendais. Je trouvais cette chance trop belle pour être vraies. J’attendais, anxieuse, de constater que je m’étais trompée ; que j’avais été leurrée.

J’avais eu envie de l’embrasser. Oui, j’avais, une nouvelle fois eu envie de poser mes lèvres sur les siennes. J’avais eu envie d’embrasser cet inconnu, cet homme que je ne connaissais finalement pas si bien que cela. J’avais eu envie d’embrasser mon époux, celui qui partagerait mon lit à partir de ce soir. Douce folie ou incongru désir ? Les deux peut-être. Certes, j’étais consentante, même demandeuse et avais oublié - durant un instant - mes doutes, mes craintes et tout ce qui s’en suivait. La chainse, ce vêtement d’une finesse étonnante était loin de me retirer la sensation de sa peau contre la mienne. Mes seins frôlant son torse, je ressentais sur mon corps la chaleur de sa peau. Sans que je ne m’en rende compte, j’étais entre ses bras. Captive de mon propre assaut. Je me laissai faire. Comme un doux animal, trop faible pour combattre ou ne sachant que faire, je savourais ses baisers au creux de mon cou ; qui me déclenchèrent quelques frissons. Je n’avais jamais vraiment été sensibilisée à ce genre de choses. Mes aventures étaient toujours restées très chastes et je me décrivais plutôt inexpérimentée en la matière. Je recevais plus que je donnais, c’était évident. J’espérais pourtant que mon époux ne me tienne pas rigueur de cette inexpérience. Et pourtant, on ne pouvait avoir une femme vierge et à la fois entraînée. Ma propre expérience se limitait à des baisers et je savais presque comme une évidence, que je n’étais la première expérience de mon époux. Non, je ne serais pas la première qui se glissera dans ses draps. Je le savais, d’autres m’avaient précédées. Nous savions toutes que nous n’étions pas les premières.

Il approcha sa main de l’ouverture de ma chainse et écarta le vêtement au plus large. Le fin tissu bailla et laissa entrevoir ma peau de porcelaine. Le toucher de ses lèvres sur celle-ci me fit abandonner un soupir involontaire. Trahissant mon plaisir, certes modeste, Bowen continuait de parcourir chaque parcelle de mon corps usant d’une grande douceur. Saisissant mon attention par son regard, il m’échangea quelques mots. Des mots qui résonnèrent en moi. Bowen me dit alors que j’étais belle. Tant, qu’il craignait de me décevoir.

« Ne vous méprenez pas Bowen... C’est bien à moi qu’incombe, à juste titre, la crainte de vous décevoir.»

En vérité, je ressentais ce même sentiment. L’appréhension de décevoir l’autre, de ne pas être à la hauteur – à sa hauteur. Mon inexpérience en était pour quelque chose et je craignais fortement de le décevoir. J’étais plus légitime pour cette lourde tâche. Belle, ne suffisait pas à satisfaire son époux. Il y avait d’autre domaine qu’il faudrait que je satisfasse. J’avais peur qu’il désenchante, qu’il retombe du nuage sur lequel je semblais avoir réussi à l’emporter quelque peu.

« Et je me vois réduite à chercher dans vos yeux le regard qui rassure »

J’essayais de ne pas le regarder dans les yeux. C’était chose laborieuse. Il avait des yeux magnifiques, d’un gris mordoré. Il avait aussi de belles pommettes, hautes et fières et un nez droit. Il était vraiment beau comme le diable et malgré moi, je ne restais pas insensible à sa proximité ; je la désirais, même.

Sur le lit, c’est moi qui désenchantais, non pas à cause de lui, mais bien à cause de moi. Mon manque d’expérience me paralysa. Je tentai de me remettre de mon émotion. En réalité, la théorie était beaucoup plus simple que la pratique. Je retenais mon souffle. Je mis un moment à me détendre et me torturais les méninges pour essayer de comprendre mon étrange attitude : j’avais peur, tout simplement. Etre sur ce lit, lieu de tous mes tourments, avait réveillé en moi d’étranges maux. Que faire, comment agir : je l’ignorais. Heureusement Bowen ne me laissa pas penser trop longtemps. Son regard clair me transperçait à nue... Ma chainse n’était plus d’une grande utilité – si fine, elle laissait entrevoir les lignes de mon corps, le grain de ma peau ; ballante, elle laissait à sa vue ma poitrine, nue. Il taquina alors le lobe de mon oreille, d’abord du bout des dents, puis  de sa langue. Il commença à caresser doucement, très doucement, du bout des phalanges, la courbe de mes seins et je frissonnai à chaque baiser. Je saisis son bras, l’enserrant entre mes doigts. Les sensations qui me traversaient étaient étonnement agréables. Etrangement, à chaque fois qu’il me touchait, je voulais qu’il continue, qu’il en fasse un peu plus. Son souffle était tiède et doux contre ma peau. Je ne refusai pas son baiser, bien au contraire, lui répondant avec la même passion. Un grondement de plaisir naquit en lui quand, du bout de ma langue je cherchais la sienne. Cette approbation m’encouragea à me montrer un peu plus audacieuse. Débordée par mes propres réactions à ce délicieux jeu d’amour, je ne pensais plus. Mon corps ne m’obéissait plus. Ma respiration devenait rauque, haletante. Incontestablement, Bowen me plaisait au-delà de mes espérances. J’avais l’étreinte d’un guerrier. Lentement, Bowen baisa mon cou, une nouvelle fois puis descendit vers ma poitrine. Chacun de ses baisers étant plus brûlant que le précédent.



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MessageSujet: Re: On that night, she slept like she never did [Tour III - Terminé]   Dim 2 Juil - 19:22

« Alors, ne me quittez pas des yeux. »

Délicatement, Bowen passa sa main sous le menton de son épouse, imprimant par la poussée légère qu’il imprima sous son doux visage l’envie qu’elle le remonte, qu’elle le détourne pas le regard, qu’elle plonge ses pupilles dans celles éprises de désir du jeune homme, qu’elle se noie dans l’océan saphir de ses sens et qu’elle goûte à l’écume de leurs jours heureux, alors qu’au-dehors, le ressac berçait leur étreinte, calmement, et que la lune se reflétait dans la mer qui bordait Blancport, offrant un écrin perlé à la complicité naissante qui s’exprimait ainsi, sans bruit, presque dans un murmure électrique qui se passait de mots. Parfois, aucune parole n’était nécessaire. En cet instant, l’héritier de Motte-la-forêt avait parfaitement que l’encre de ses yeux parlait infiniment plus que tout ce qu’il aurait pu affirmer de plus. Il voulait que Maedalyn le contemple, qu’elle observe ce qu’il éprouvait à cet instant, pour s’y perdre. Il n’avait pas de meilleur moyen de la rassurer que de la laisser lire son appréhension, ses doutes, ses inquiétudes, mais aussi sa détermination, son affection et son indicible loyauté.

Comment en effet, assurer à une jeune vierge qu’elle ne pouvait décevoir son époux à moins que ce ne dernier ne soit qu’un butor rustre et peu porté sur la beauté qu’il y avait à envelopper de ses attentions une jolie femme pour mieux lui faire découvrir les fastes et richesses de l’amour ? Encore une fois, Bowen ne s’attendait point à des emportements dignes des plus luxueux bordels de Lys. D’abord parce que lui-même n’était pas nécessairement à la recherche d’un tel déchaînement des sens. Si cela était le cas, il aurait une expérience bien plus importante que le maigre bagage sensuel qu’il emportait dans les secrets de son cœur. Ce n’était pas qu’il n’avait pas une réelle appréciation pour les dames, loin de là. Mais il n’avait pas non plus la luxure chevillée au cœur. Il aimait l’amour, mais le respectait trop pour parvenir à s’y adonner sans arrière-pensée, et y songer l’avait toujours quelque peu dégoûté. Epris de valeurs chevaleresques, le simple fait de vendre son corps le répugnait … Alors l’acheter ? Il n’en avait jamais vraiment conçu l’idée. Son seul acte de la sorte résultait d’une circonstance particulière, et quelque part, il avait eu l’impression de troquer sa bourse non pas contre une brève satisfaction personnelle, mais tout simplement contre un enseignement dont il espérait faire usage plus tard pour réellement combler celle qui le mériterait. Certains n’auraient pas manqué de se gausser d’une telle conception, presque naive, des affaires de la chair, ou de railler son manque d’entrain viril. A vrai dire, beaucoup ne s’en étaient pas privé. Ils se trompaient simplement sur les raisons de sa pudeur. Ce n’était pas l’envie qui manquait, juste une cible pour l’assouvir, qu’il jugerait apte à recevoir ses caresses et ses emportements. En vérité, il n’y avait que maintenant que le Glover s’estimait apte à se laisser aller à ses instincts. L’amour n’avait point percer son cœur jusqu’à présent. Toujours, il l’avait repoussé, soit parce que l’objet de ses feux n’était pas d’assez noble extraction, soit parce qu’il chassait cette perspective de son esprit en la jugeant malavisée, car justement la dame en question n’était point de ces femmes que l’on peut lutiner à sa guise. La pureté demeurait chez cet homme aux idéaux très traditionnels une vertu cardinale, et il éprouvait un mépris assumé pour ceux qui s’amusaient à butiner de damoiselle en damoiselle, pour ne laisser derrière eux qu’embarras et mariages précipités. Il était aisé d’aimer, quand on n’avait rien à perdre. Le courage, selon lui, avait toujours été de surmonter ses faiblesses, et celles de la chair en faisaient partie. Pour autant, il ne regardait pas de haut celles qui se résistaient pas : qu’il devait être délicat de combattre des élans bien normaux envers un être qui vous susurraient mille et une promesses. Pour lui, c’était aux hommes de savoir se contenir, précisément parce qu’ils risquaient moins, parce qu’ils étaient bien souvent les initiateurs, et non l’inverse, et aussi car ils avaient d’autres moyens de se soulager si vraiment la situation était intenable en ayant recours à des prestations tarifées, ce qui n’était pas possibles pour leurs amantes.

Alors oui, il se doutait que son épouse soit traversée de sentiments contradictoires. Elle découvrait le plaisir partagé, du moins, elle commençait à effleurer ce continent empli de recoins insoupçonnés. Peut-être était-ce même contraire à ce qu’on avait pu lui enseigner : certaines duègnes n’étaient pas réputées pour leur ouverture d’esprit à ce propos, loin s’en faut. Il était commun de considérer l’amour comme l’apanage des prostituées ou des adultères, et le devoir comme celui des épouses respectables. Sauf qu’imaginer que son propre paternel n’avait trouvé que froideur dans son lit conjugal pendant autant d’années, que jamais sa mère n’avait eu son cœur réchauffé par l’ardeur de son époux le peinait profondément, aussi Bowen espérait que les deux ne soient pas irréconciliables. Oh, il n’espérait pas dans un premier temps des folies … Lui-même n’était d’ailleurs pas forcément le plus aventureux des amants, par manque d’expérience comme par penchant de caractère. Il estimait pour autant que tant que les partenaires avaient à cœur de se satisfaire l’un l’autre, désiraient faire passer l’être cher avant eux … Alors, la nuit serait belle. Et quelque part, pour une nuit de noces, il n’était sans doute pas nécessaire d’imaginer autre chose.

« Vous ai-je déjà dit que mon prénom avait dans votre bouche une sonorité toute particulière ? S’il vous plaît, Maedalyn … Dites-le encore. »




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MessageSujet: Re: On that night, she slept like she never did [Tour III - Terminé]   Mer 12 Juil - 21:52

Etre une femme dans ce bas monde n’était pas chose facile. Elles le savaient toutes. Pour la plupart d’entre elles, la nuit de noce était en soi, un des moment les moins agréables. Au centre de l’attention ou complètement ignorée, plusieurs versions et anecdotes se racontaient de femmes en femmes. De vieilles histoires, allant de la nuit cauchemardesque à la nuit de rêve. Quelle était-elle, sa nuit de rêve ? Avait-elle même songé imaginer que le destin mette sur son chemin Bowen Glover ? Elle, qui avait toujours craint que son époux soit de ceux qui ne considère pas leur femme. Qu’égoistement,  leur propre bien-être soit au centre de leur seule attention. Et que, délaissant leur nouvelle épouse, il ne leur prête aucun intérêt excepté celui d’assouvir un besoin primaire. La nuit avait suffisamment avancée pour qu’elle puisse affirmer que son époux n’était pas de ces hommes là. Elle craignait de ne pas être à la hauteur. A la hauteur de ce que Bowen avait déjà connu. Maedalyn savait qu’elle n’était pas la première. Elle n’était pas la première femme à se trouver dans son lit. Qui étaient-elles, ces femmes qui avaient déjà goûté aux caresses de Bowen Glover ? Des prostituées, des courtisanes, un amour de jeunesse ? Elle l’ignorait. Et ce doute la déstabilisait. Certes, elle n’était pas la première, mais serait-elle la dernière ?

Lorsqu’il lui demanda de ne pas quitter son regard, avait-il sans doute deviné l’incertitude qui l'assaillait. Elle était toujours aussi surprise de pouvoir apprécier la proximité naturelle avec Bowen. Comment deux êtres aussi étrangers qu’eux pouvaient se retrouver dans un lit sans que cela ne gène ni l’un ni l’autre ? Pourquoi Maedalyn se cachait-elle une réalité si évidente ? Pourquoi refusait-elle d’avouer que les charmes de Bowen lui faisaient un effet électrisant. Qu’il était agréable d’être entre ses bras et qu’elle n’avait pas à en rougir. Qu’elle n’avait pas à s’en vouloir d’apprécier le moment qu’elle vivait aussi déstabilisant puissent-t-ils être.




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MessageSujet: Re: On that night, she slept like she never did [Tour III - Terminé]   Sam 12 Aoû - 18:42




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MessageSujet: Re: On that night, she slept like she never did [Tour III - Terminé]   Ven 25 Aoû - 21:20




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MessageSujet: Re: On that night, she slept like she never did [Tour III - Terminé]   Jeu 31 Aoû - 18:04




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MessageSujet: Re: On that night, she slept like she never did [Tour III - Terminé]   Dim 3 Sep - 14:01




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MessageSujet: Re: On that night, she slept like she never did [Tour III - Terminé]   Dim 24 Sep - 22:09




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MessageSujet: Re: On that night, she slept like she never did [Tour III - Terminé]   Dim 1 Oct - 18:26




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MessageSujet: Re: On that night, she slept like she never did [Tour III - Terminé]   Mer 11 Oct - 23:35




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MessageSujet: Re: On that night, she slept like she never did [Tour III - Terminé]   Dim 15 Oct - 21:57




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MessageSujet: Re: On that night, she slept like she never did [Tour III - Terminé]   Dim 15 Oct - 23:03

A entendre son épouse le louer de la sorte, sous-entendant implicitement qu’elle avait apprécié le moment d’intimité qu’ils venaient de partager, Bowen s’autorisa un sourire un peu fat, de ceux que les hommes arboraient quand ils étaient mi-penauds, mi-fiers de ce qu’ils ressentaient. Oui, le jeune homme éprouvait une forme de fierté indicible à avoir percé, au moins pour un temps, les barrières de son épouse, et surtout à l’avoir honoré comme un mari devait honorer son épouse : avec respect et attention, ce qui n’excluait aucunement le désir. Trop de mâles considéraient la couche conjugale comme le lieu du devoir et celui de leur maîtresse comme l’endroit de toutes leurs folies. C’était ridicule. Certes, on n’aimait pas une épouse comme on aimait une amante issue du ruisseau et achetée pour quelques sous, le Glover en avait conscience. Les amours payées avaient pour but premier la gratification de l’acheteur : sa jouissance était la priorité. Les étreintes maritales servaient en premier lieu à la procréation, bien entendu, mais il n’y avait aucune incompatibilité entre ce dernier et une réelle entente dans le creux des fourrures … à de l’amour. Bien sûr, il était encore trop tôt pour utiliser ce terme, par ailleurs tellement galvaudé, pour qualifier la relation qu’il entretenait avec Maedalyn. Pour autant … Il avait la conviction qu’il pourrait aimer son épouse, et qu’elle soit autant pour lui la mère de ses enfants qu’une amante. Elle l’attirait, c’était indéniable. Si ce n’était pas le cas, jamais il n’aurait pu être à ce point rendu fou par sa présence. Son physique était à l’avenant de son doux visage : parfait, du moins à ses yeux. Avec le temps, il verrait les petits défauts que tout un chacun avait, mais il s’en moquait, à vrai dire. Il avait senti une forme d’osmose entre eux, et espérait ne pas s’être trompé sur le fait qu’au moins sensuellement, ils étaient pleinement compatibles. Le reste, seul le temps pourrait le dire.

Sa question l’émut étonnamment, car il crut y lire la certitude finale de sa satisfaction, et un brin de remerciement pour avoir été aussi prévenant que possible. La réponse, tous deux la connaissaient parfaitement. C’était la manière de sa dame de lui exprimer sa reconnaissance, sans le faire directement. Il avait compris que la jeune femme pesait chacun de ses mots, au cours de leurs quelques conversations, qu’il lui tenait à cœur de ne pas trop dévoiler ses pensées, peut-être par crainte de ne plus pouvoir se protéger par cette légère distance instaurée entre eux une fois ses secrets mis au jour. Après tout, ils ne se connaissaient pas vraiment : il y avait la réputation, l’apparence … Elle avait toutes les raisons de se méfier. Même après cela, d’ailleurs. Nul ne savait comment tous deux évolueraient, quelles épreuves ils affronteraient au cours de leur vie commune et comment ces dernières les affecteraient. Lui-même n’avait pas tout révélé, et pour cause : il n’avait guère envie de revenir sur ce qu’il considérait être la part la plus sombre de son être, cette haine odieuse qui l’avait envahie sur le champ de bataille, le transformant en une bête avide de sang. Seule Jeyne était au courant. Sa sœur avait deviné, bien sûr, mais il n’avait pas eu le cœur de lui avouer en détail sa souffrance, parce qu’il savait qu’elle avait son propre deuil à mener. Il faudrait pourtant qu’il lui en parle, qu’il se confie à la seule personne qui avait jamais pu être à l’unisson de son être, et qui saurait dans sa propre chair ce qu’il éprouvait encore. Que ferait-il, quand les cauchemars viendraient à nouveau assombrir ses nuits ? Il l’ignorait. Et il ne voulait pas y penser. Cette nuit, c’était celle du futur, pas du passé. C’était celle du renouveau de la famille Glover, le commencement d’une nouvelle ère, et le premier jour du reste de sa vie. C’était aussi, peut-être, le début d’un papillonnement de son cœur qui vacillait mais tentait lentement de se déployer dans la froideur de son âme, dans la rigidité de son être.

« Eh bien, je vous avoue que vous êtes ma première nuit de noces, je peux donc difficilement répondre d’expérience … »


Son sourire était devenu taquin. Libéré, le jeune homme se laissait aller à quelques pointes d’humour, comme au début de la nuit, ce qu’il s’autorisait si rarement en dehors de l’intimité de son cercle familial. Il n’avait pas cette retenue, désormais, et parvenait à être moins guidé. Il devenait devant Maedalyn le Bowen que seule Alysane connaissait, ainsi que Jeyne et Lynara, preuve de son affection débutante à son encontre, mais bien réelle.

« Néanmoins … Non, je ne crois pas que toutes les nuits de noces se passent comme la nôtre … »

Il n’osa pas aller plus loin. Parler de la manière dont il avait entendu la plupart de ses compagnons masculins, quand il était écuyer de Torrhen Stark, parler de ce que beaucoup nommaient vulgairement le dépucelage de vierge n’aurait guère été … plein de tact. Même s’il se sentait plus proche de la nouvelle Lady Glover, Bowen avait encore pour elle des égards et une retenue sur certains sujets dont il n’arrivait pas à se départir. Il faudrait forcément plus qu’une nuit pour qu’il se sente suffisamment à l’aise pour parler de tout en sa présence, c’était évident. Alors, à la place, il déclara avec un léger sourire qui se voulait rassurant :

« En même temps … Ce moment n’appartient qu’à nous. Il est unique … Parce que nous sommes uniques. Vous et moi … »

Il inspira, lui vola un baiser, avant de soupirer contre ses lèvres :

« Du reste … Qui a dit que cette nuit de noce était finie ? »

Dans un léger rire, Bowen emprisonna Maedalyn dans ses bras, avant de l’embrasser ardemment. L’aube n’était pas encore venue, et leur chambre n’avait pas eu son content de soupirs à son goût. Doucement, ils continuèrent à se découvrir, jusqu’à ce que, fourbus et repus, ils tombent dans l’étreinte autrement plus cotonneuse des bras de Morphée.



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