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You always told me we are the sun of the Reach but what's now father. Who our sun will shine ?
MessageSujet: You always told me we are the sun of the Reach but what's now father. Who our sun will shine ?    Mar 23 Mai - 18:10

What's now father ? Tell me how our future could likeLes renforts étaient arrivés depuis quelques jours désormais et l’armée de Pont l’amer avait été fort logiquement impactée par sa rencontre avec l’Ost Orageois et la bataille qui s’en était suivie mais le moral des troupes y ayant participé s’était avéré étonnement bon ce qui avait eu un impact particulièrement bénéfique sur les restes de l’Ost royal qui d’une part voyaient du soutien arriver et d’autre part avec des nouvelles réjouissantes. Alors, certes lord Caswell n’avait pas vaincu l’arrogant ennemi mais l’avait au moins fait plié en abattant les généraux de son armée et avait érodé les forces Orageoises ce que j’espérais en privilégiant la prudence qui m’avait conduite à convaincre mes pairs de rester à Grassy Vale. L’armée du cerf avait perdu de son éclat et de sa superbe à l’issue de la bataille de Beaupré et cela était une belle victoire en soit quoi que l’on puisse en penser. Car l’Orage n’avait jamais pu compter sur une population nombreuse au vu de sa démographie et le professionnalisme de ses troupes ne survivraient pas à une dizaine de Beaupré mais j’espérais que nous n’aurions pas à ètre contraint à l’usure pour éliminer la menace de l’est. L’armée du Bief n’était peut être pas la plus professionnelle du continent mais elle restait la plus nombreuse. Or, le nombre faisait bien souvent la différence et si cela ne suffisait pas de jeunes officiers étaient tout à fait susceptibles de moderniser la chose martiale de notre grand royaume. Les vénérables chefs de guerre de notre royaume avaient tous un certain âge du moins pour la plupart et nul doute qu’ils répétaient ce qui avait fait et ferait certainement encore la grandeur militaire de la contrée du grenier de Westeros néanmoins le changement n’était pas toujours à proscrire et tradition et nouveauté pouvaient fort bien se marier à la perfection à la condition de le faire avec talent.

L’adaptation était la clef de bien des coffres.  Le continent était entré dans une ère de changement et de bouleversement sans précédents, entré dans le sang certes mais bel et bien entré. Un nouveau souffle planait sur ce continent et nous étions à bien des points de vue les gardiens d’une certaine vision de Westeros. Une vision qui devait être préservée du chaos dans lequel nous avions basculé. L’armée de Cendregué était arrivée quelques jours après celle de Pont l’Amer avec vingt mille hommes frais et bien déterminés à saigner du cerf ce qui m’avait tiré un sourire de satisfaction alors que je regardais les nouveaux venus s’installer et venir s’ajouter à la grande armée de l’est du haut des remparts du castel dominant le bourg en compagnie de mes frères et de mes cousins. J’avais accroché du regard la bannière de ma maison qui flottait dans l’air automnal tel la proue d’un navire au milieu d’une tempête. Notre soleil blanc sur fond orange comme un symbole d’espoir pour l’avenir sanglant. Plusieurs jours avaient passés ensuite tels des instants précieux d’un havre de repos bienvenue pour les hommes ayant déjà combattu durant ce début de campagne et les officiers avaient débattu de la suite des événements. Je m’étais pour ma part contenté d’observer mes aînés arguer, argumenter et débattre de la suite de la campagne.

Nous avions opéré la jonction mais il ne faisait aucun doute que les Orageois n’attendraient pas bien gentiment que nous venions les anéantir. Quant à l’absence de l’armée dornienne elle pouvait signifier plusieurs choses mais nous n’avions confirmation d’aucune hypothèse pour le moment. Toutes ces délibérations avaient pris fin avec l’arrivée de la missive de Lord Hightower notre ministre de la guerre qui nous avaient divisés en deux armées à peu près égales, rappelé lord Tarly l’un des meilleurs stratèges du royaume sur le front sud et confiés le commandement de ces deux armées à mon père pour la première et à lord Stackhouse l’homme sans lequel l’Ost royal aurait été proprement achevé et démantelé par les Orageois pour la seconde. Les deux hommes avaient toute mon estime et mon admiration mais fort logiquement mon père un peu plus. Lord Ashford avait été promu au rang de général en chef par Manfred Higthower et je savais qu’il s’agissait autant d’un honneur majeur que d’un risque tout aussi majeur. Le poids du commandement en somme. Les yeux sont fixés sur votre personne et vous pouvez aussi bien devenir l’architecte de la gloire ou le responsable de la tragédie et dans les deux cas cela vous suivrait toute votre vie. Un poids que j’avais découvert récemment mais auquel je m’étais rapidement habitué car mon père m’y avait préparé depuis mes premiers pas. A une autre échelle certes mais le fait est que j’étais né pour cela. Pourtant, je savais que cela ne générait en rien lord Ashford car mon père était un vétéran, un commandant d’expérience, un être avisé et un stratège de premier ordre qui bien que notablement moins renommé que d’autres dans le royaume avait déjà fait ses preuves.

D’ailleurs connaissant le ministre de la guerre il n’aurait jamais été nommé à un tel rang s’il ne l’était pas. Quant à moi je devenais son second à l’instar de Lord du Rouvre et Lord Rowan. Je ne m’attendais pas à être propulsé à un tel rang à dire vrai mais la confiance que me portait lord Hightower m’honorait et je tacherais de m’en montrer digne pour le Bief. Je ne pouvais décemment pas qualifier l’héritier de Villevielle comme un ami et d’ailleurs je doutais que quiconque le puisse néanmoins j’appréciais l’homme que j’avais rencontré à la cour royale l’année précédente et plus important encore je le respectais en tant que chef militaire et stratège. Quoi qu’il en soit les deux armées se mettraient rapidement en marches désormais que l’organisation avait été revu pour une efficience supérieure dans la suite de cette campagne mais je n’avais pas encore eu l’occasion de discuter franchement avec mon père depuis ces évènements. Le nouveau général en chef s’était avéré bien trop occupé. Je me trouvais pour l’heure attablé à mon bureau dans mes appartements dans le castel local et lisais une missive de Rohanne dans laquelle elle m’assurait que notre fils se portait à merveille et qu’elle se languissait de moi. Une lecture fort agréable au demeurant. Saisissant une coupe de vin, je pliais la lettre avec douceur avant d’avaler quelques gorgées du doux breuvage puis de me relever et de faire quelques pas dans la pièce ma coupe à la main. Mon regard se porte sur la petite cour intérieure et l’entrainement de mes frères et de mes cousins sur le poteau d’entrainement. Grande est la tentation d’aller les rejoindre mais je ne le fais pas et me perds dans mes pensées jusqu’au moment ou un bruit contre ma porte attire mon attention. Je fais signe à mon aide de camp d’aller ouvrir et un messager m’annonce que le général souhaite me voir. Je laisse donc Symon me passer une lourde cape sur les épaules après avoir enfilé une veste épaisse et mes bottes. J’attache mon baudrier à la ceinture et quitte la pièce d’un pas rapide sur les talons du messager qui me conduit dans la cour pavée dans laquelle je salue les miens d’un signe de tète avant de m’incliner devant mon père en murmurant mon général.

Je saisis les rênes que l’on me tend et passe mon pied sur l’étrier pour monter Lumière mon coursier avant d’adresser un regard interrogateur à mon père qui me sourit du haut de son propre cheval avant de s’élancer en avant. Je le suis de près et chemine à son coté alors qu’une escorte portant le blason des Ashford nous talonne. Les hommes s’inclinent respectueusement devant le passage de leur général alors que nous traversons le camp assemblé. Et les hommes de Cendregué acclament même leur seigneur ce qui me tire un léger sourire. Nous nous éloignons du bourg et de l’Ost pour nous diriger à une lieue de Grassy Vale. Père s’arrête et fait signe à l’escorte de s’éloigner légèrement. Je comprends que nous allions évoquer des choses particulières n’ayant pas vocations à être entendue. Je place Lumière à côté de la monture de mon général et regarde dans la même direction que lui. Un silence s’installe durant quelques instants alors que nous contemplons les environs jusqu’au moment où le seigneur de Cendregué prend finalement la parole et que je suis tout ouïe.
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Dernière édition par Alessander Ashford le Mer 21 Juin - 16:27, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: You always told me we are the sun of the Reach but what's now father. Who our sun will shine ?    Dim 28 Mai - 22:56

[HJ : tu m’as pas trop briefé sur le perso depuis que tu m’as demandé, dis-moi si je le joue correctement  ]


Lord Ashford

Je lisais les missives les unes après les autres. J’en recevais une grande quantité depuis mon arrivée à Grassy Vale, et plus encore depuis ma prise de fonction. Je n’étais pas las, toutefois. J’avais attendu ce genre d’opportunité toute ma vie et je ne voulais pas laisser passer ma chance, tout comme je ne voulais en aucun cas faire mauvaise figure. Je m’étais déjà battu dans plusieurs guerres. Jadis, contre l’Orage, surtout contre l’Ouest et bien sûr, contre les dorniens. J’avais connu mon lot de victoire, mais aucune n’avait été portée à mon crédit ; je n’avais pas encore obtenu de commandements si vastes, de responsabilités si grandes. Je savais que le royaume comptait sur moi maintenant, c’était en tout cas l’avis du Ministre de la Guerre, qui dirigeait encore les opérations depuis le front sud. Avec le départ de Tarly et les récentes morts dans l’encadrement de l’armée royale, y compris celle du Roi lui-même, il y avait eu des places qui s’étaient libérées… Et me voici bombardé à la tête d’une des armées qui envahirait le territoire ennemi.


Je n’avais pas espéré autant en quittant Hautjardin avec l’armée, des semaines plus tôt. Mon fils Alessander avait suivi l’armée royale jusque dans l’Orage, il avait connu la victoire puis la défaite à Tinivel. Fort heureusement, il n’avait pas été de la bataille de Beaupré, prenant une décision que certains contestaient avec Du Rouvre et Rowan, mais qui avait peut-être sauvé la ville. Nous n’avions toujours aucune information sur les troupes dorniennes qui marchaient auparavant aux côtés de leurs camarades de l’Orage, et ces troupes, plus mobiles que nos vastes osts féodaux, pouvaient être partout. Avec le temps qui filait, la perspective de les retrouver derrière nous était plus faible, mais elle n’était pas inexistante. Comme le Ministre me l’avait indiqué par courrier, je me faisais fort de me montrer prudent dans notre progression.


Je voulais convoquer mon état-major, mais avant cela, la priorité était de discuter avec Alessander. J’avais fait tout ce que je pouvais pour lui inculquer le sens de la rigueur et de la discipline, et mes enseignements semblaient avoir porté leurs fruits. Il était loin d’être un gamin, désormais. Marié, père à son tour, et maintenant officier d’état-major. J’étais fier de lui. Mais si j’allais me réjouir pour lui et à ses côtés, nos rapports seraient plus que jamais empreints d’une verticalité stricte, hiérarchique. Je le fais mander et chemine avec mon escorte parmi la troupe, la gueuserie qui astique lances et empenne des flèches et des carreaux. On me salue sur mon passage, mais ce ne sont pas des vivats comme jadis le Roi en reçut ; mais on apprendrait bien assez vite à me connaître, et je faisais plus cela pour la gloire et la position de notre famille que pour satisfaire simplement mon égo. Je savais d’expérience que les gens du peuple avaient plus que les autres l’amour changeant.


Je retrouve mon fils et nous chevauchons un moment dans un silence relatif, alors que je l’ai salué d’un hochement de tête, d’un mince sourire et d’un simple « fils ». J’attends que nos gardes s’éloignent pour prendre la parole.[/i]


| Nous allons entamer notre marche dès demain, fils. J’ai besoin de connaître ton sentiment, à la fois sur l’armée et sur ce que je ne connais pas du tout ; ce nouvel ennemi pour moi, l’Orage dans cette coalition, et si tu peux également me parler des officiers qui vont m’aider à encadrer cette armée… Je ne veux rien laisser au hasard, et river droit sur nous le regard de la Durrandon pour que tout autre sujet lui paraisse secondaire. Mais dis-moi d’abord, comment vas-tu ? As-tu eu des nouvelles de mon petit-fils ? |
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MessageSujet: Re: You always told me we are the sun of the Reach but what's now father. Who our sun will shine ?    Hier à 16:47

What's now father ? Tell me how our future could likeLe galop de cette chevauchée matinale a indéniablement quelque chose de grisant en cette morne matinée d’automne et ce pour bien des raisons évidentes. L’immobilisme contraint suite à notre repli stratégique sur le bourg de Grassy Vale avait été subi en tous points et si ces précieux jours de repos avaient permis de panser les blessures, de faire le point sur la situation stratégique du royaume, de se remettre du malheur suprême causé par la perte du roi Mern et de prendre le temps de souffler avant la reprise de la campagne contre l’Orage qui sonnait désormais comme une obligation absolue en vertu de l’honneur et de la fierté du royaume. Une nécessité presque divine imposée tant par le cœur brûlant de haine que l’esprit pragmatique qu’il soit martial ou politique. En nous humiliant de la sorte, l’Orage nous avait fourni le motif de la poursuite acharnée de son anéantissement le plus complet et implacable car l’on ne saurait sagement tolérer pareil ennemi à ses portes. Westeros s’était enlisé dans la guerre totale et si nous ne voulions pas nous faire balayer par la machine de guerre assemblée au nord il nous avait fallu nous unir à ces pirates dépravés sans foi ni loi. L’ironie d’une telle alliance avait de quoi faire sourire en coin.

Deux peuples se détestant, se faisant la guerre depuis des siècles, deux visions radicalement opposées du monde, deux royaumes antagonistes unis pour la préservation de leurs acquis. Mais, nous n’avions rien à voir avec le noir, là où ce dernier avait passé les dernières années à faire la guerre à tout va le Bief de Mern avait été un artisan de paix entouré de voisins belliqueux. Oh, mon royaume n’avait pas toujours été aussi diplomate et fut un temps ou le poing de fer des Gardener s’écrasait là où il le souhaitait avec une brutalité n’ayant rien à envier à nos sauvages alliés néanmoins force était de constater que lors de cette guerre nous avions choisi le camp de ceux qui souhaitaient nous laisser être ce que nous étions et non pas nous faire courber l’échine devant une dynastie étrangère. Bien que les fiançailles entre nos deux royaumes me déplaisaient au plus haut point elles avaient le mérite d’apporter une certaine solidité à cette alliance. De toute manière aucune guerre n’était juste, chaque camp se parait des nobles atours de la légitimité de sa cause et invoquait des arguments sonnant irrémédiablement creux aux oreilles de ses ennemis. La gloire de la guerre était la plus dangereuse des illusions. La véritable guerre et non pas celle que l’on conte aux marmots n’est que sang, larmes, souffrance, merde et horreur. La lucidité est la plus tranchante des vertus m’avait dit un jour lord Costayne et force était de reconnaître que mon beau père avait irrémédiablement raison. Pour ma part, je me battais pour le Bief et cette seule cause me suffisait amplement. Je savais pertinemment que d’autres enjeux se jouaient dans cette guerre, ceux-là cachés sous les masques mais les intrigants ne méritaient à mes yeux aucune attention pour le moment. Rien ne se devait de me détourner de mes récents devoirs. Il y avait un temps pour tout dans l’existence. Le galop est grisant parce que l’espace de quelques merveilleuses minutes, je ne suis plus pris dans la tourmente de la guerre totale ravageant tout un continent mais aussi libre que l’étalon sous mes jambes.

Le vent souffle dans mes oreilles tandis que j’esquisse un sourire n’indiquant que trop bien le plaisir évident que je ressens à m’abandonner à l’ivresse de la vitesse de mon coursier à la robe aussi pure qu’un flocon de neige. Les nuages gris s’amoncelant à l’horizon n’indiquent que trop bien que l’automne a pris ses droits sur ce monde balayant allègrement le souvenir de l’été constant. J’ai toujours adoré le galop et les délicieuses sensations qu’il ne manque jamais de procurer au cavalier émérite que je suis devenu à force d’efforts et d’entrainement acharné. Mon perfectionnisme n’échappe à aucun domaine ou du moins aucun domaine ne lui échappe. Mon sourire s’efface lentement de mes lèvres alors même que le convoi de cavaliers ralentit l’allure de concert avec le meneur de cette échappée matinale. Puis, je passe au pas pour approcher Lumière du cheval de mon père dressé aussi fièrement qu’une représentation de marbre face à l’immensité de la campagne verdoyante de notre royaume.

La garde s’éloigne de quelques mètres pour nous laisser l’intimité nécessaire à cette discussion. Je note mentalement que nous sommes postés dans la direction de Cendregué notre fief ancestral comme un dernier regard allégorique en guise d’au revoir qui pourrait bien devenir un adieu selon les aléas de la guerre et ses affres capricieuses. Quelques instants supplémentaires se déroulent dans un silence paisible aussi apaisant que la vision de notre royaume lui-même. Quelques instants parfaitement infimes à l’échelle du temps mais pourtant bien suffisants pour me faire plonger dans un souvenir tiré hors des méandres de mon esprit préoccupé par quelque mécanisme inconscient. Je me trouve sur les genoux de mon père dans la bibliothèque du château alors que je ne dois pas avoir plus de dix ans et ce dernier entreprend comme à l’accoutumée de m’enseigner de nouvelles leçons plus que satisfait de ma curiosité débordante. J’observe son visage naturellement sévère éclairé d’un sourire incongru et cherche dans ses yeux un indice qui se dérobe mais en vain jusqu’au moment où il me pose une simple question. Que peux-tu me dire sur ton grand père mon fils ? Mes yeux s’écarquillent de surprise tandis que j’esquisse une moue contrite car je suis bien incapable de répondre à une telle question. D’ailleurs, cette incapacité me frappe durement à l’instar d’une révélation éclatante. Je ne sais strictement rien de mon grand-père. Personne ne m’a jamais parlé de lui. Achevant de fouiller dans mes souvenirs juvéniles, je redresse le menton et me fends d’un léger haussement d’épaule avant de répondre d’un unique mot aussi bref que laconique. Rien. Rien père, je ne puis rien répondre car je ne sais rien de lui.

Devant mon expression empreinte de remords le seigneur de Cendregué part d’un rire franc et sincère dans lequel perce pourtant une pointe de tristesse inhabituelle. Exactement mon fils, voilà la réponse que j’attendais de toi. Tu ne sais rien de lui parce que je me suis assuré que son souvenir soit relégué au néant. Mon père Garibald Ashford était un ivrogne et un incapable notoire ayant souillé le nom de notre maison de son empreinte désolante mais cette maison s’est relevé grâce à moi. Je l’ai empoigné à bras le corps et l’ai remise debout, ai restauré sa gloire ancestrale et son honneur en une génération mon fils. Quelle leçon retiens tu de cette histoire Alessander ? Je plonge mes yeux dans le regard dur de mon père et ne détourne pas le regard tandis que je prends le temps de réfléchir à sa question avant de répondre d’une voix claire et assurée. Que peu importe ce que nous faisons seule notre maison traverse les âges. Il faut donc s’assurer que l’éclat de cette dernière ne soit pas effacé. Chaque action doit servir ce but. La fierté que je lis dans le regard sombre du seigneur de Cendregué m’arrache une satisfaction sans égale, celle d’un fils admirant son père comme d’autres admirent les étoiles. Elmar Ashford reprend ensuite la parole d’une voix douce. J’ai de grands projets pour toi mon fils. Tu seras le soleil. Non pas uniquement celui de notre maison mais celui de tout le royaume. Interrogatif, mes yeux cherchent une explication approfondie dans ceux du lord mais ce dernier garde le silence. Alors, je me contente de dire. Et si le Bief ne le veut pas père ? Sa réponse est donnée d’une voix dure, celle qu’il utilise pour le commandement. Alors, oblige-le. Cela créera des ennemis. En ce cas élimine les.

Mon souvenir s’achève et finit par se dissiper au moment où mon cheval s’agite sous moi. Je le calme d’une caresse flattant son encolure avant de rendre à mon général le sourire qu’il m’offre. J’accorde toute mon attention à cet homme que j’avais passé tant de temps à admirer et que j’admirais certainement encore énormément, ce père qui m’avait façonné à son image. Nos deux destins tant politiques que militaires se trouvaient assurément liés désormais par la nomination du ministre de la guerre ayant fait du seigneur de Cendregué le général en chef de l’une des deux armées du front est et de moi l’un de ses seconds. Quelque part cela avait quelque chose de profondément rassurant de savoir que c’est au côté de cet homme que j’allais pouvoir écrire une modeste partie de l’histoire de mon royaume. Je laisse un modeste sourire étirer de nouveau mes traits au moment où j’entame ma réponse. J’ai le bonheur de vous annoncer que le petit Jacen se porte merveilleusement bien père. Votre petit fils s’épanouit paisiblement à Cendregué sous l’attention constante des dames de notre maison. Il fait montre d’une vigueur de bon augure loués en soient les sept. Pour ma part, je me porte bien malgré le souvenir encore cuisant de la débâcle de l’Ost royal. Si la honte et le désespoir ont longtemps hantées mon esprit suite à ce jour funeste, je puis vous assurer que mon cœur brûle désormais d’une ardeur nouvelle et sans pareille père et que j’ai indubitablement appris de cette humiliation. Comme vous me l’avez enseigné chaque défaite est riche d’enseignements.

Laissant mon sourire s’effacer derrière une expression désormais empreinte de sérieux et de gravité, je prends quelques instants pour réfléchir aux autres questions de mon pater. Pour commencer mon sentiment à l’égard de l’armée ayant pu parvenir à Grassy Vale grâce à lord Stackhouse est mitigé. Je vous épargne la composition des survivants de l’Ost par unités car je suis persuadé que vous la connaissez déjà. Pour le dire franchement l’élite de l’armée royale qui marcha contre l’Orage n’est plus. Les survivants des défaites aussi franches sont rarement les plus méritants car lorsque l’on a pas d’autre choix que de fuir on ne le fait pas de gaieté de cœur et je suis concerné par la chose. Néanmoins la force de cavalerie ayant pu échapper au massacre n’est pas négligeable ce qui associé à vos renforts devraient nous offrir moult opportunités bien que le résultat désastreux de cette bataille m’amène à penser que se reposer uniquement sur notre cavalerie lourde pour l’emporter conformément à nos traditions ancestrales n’est pas la meilleure des décisions. Néanmoins, inutile de jeter l’opprobre sur ces hommes qui ont combattu vaillamment pour notre souverain. Je gage que ces braves auront encore plus à cœur que le reste de l’armée de faire oublier ce triste jour. Une volonté exacerbée qu’il faudra juguler afin de l’utiliser à bon escient car la fougue ne fait pas toujours bon ménage ce que la défaite nous a prouvée. L’Orage père est un formidable ennemi. Il m’en coûte de le reconnaître mais le Durandon a légué à sa fille une merveille martiale sans équivalent.

Néanmoins, la bataille de Beaupré aura amorcé la pente déclinante de ce professionnalisme éclatant. J’y vois là une ouverture à ne pas manquer. Quant à la place de l’Orage dans la coalition je ne saurais en dire grand-chose si ce n’est qu’il a emboîté le pas aux autres royaumes unis dans leur détestation d’Harrenrhal ce qui n’a rien d’étonnant néanmoins il l’a également fait parce qu’il n’avait pas d’autre choix. Je suis persuadé que l’Orage est exsangue et saigné à blanc par ce conflit. Sans soutien, l’Orage n’avait pas de perspective. Par l’attitude qu’elle a adoptée en massacrant nos compatriotes la reine rouge devait bien se douter qu’elle déclenchait une haine qui ne pourrait cesser de brûler avant l’anéantissement soit le nôtre soit le sien. Je pourrais presque penser qu’elle souhaitait nous voir perdre nos esprits et agir imprudemment mais je pense qu’elle a juste voulu venger la fin de son père. Elle est du genre sanguine malgré ses talents de commandante à ce que je crois savoir.

Laissant quelques instants défiler pour reprendre mon souffle et admirer le panorama environnant, je caresse une fois de plus ma monture avant de reprendre. Concernant les officiers, je signale le lien unissant les lords Rowan et Du Rouvre car le premier est le beau-père du second si je ne m’abuse or ce genre de détail anodin à son importance dans le contexte particulier qu’est celui de notre royaume à présent. Au niveau martial, les deux hommes sont compétents et respectés par les hommes notamment lord du Rouvre qui n’hésite pas à montrer l’exemple. Quant à lord Rowan, il me semble que vous ayez combattu à ses côtés contre l’Ouest. Lord du Rouvre a un caractère assez froid et distant tandis que lord Rowan est plus chaleureux néanmoins il me semble plus têtu et prompt à s’enliser dans ses opinions que son beau-fils. La Durandon gardera le regard rivé sur nous père, je vous fait entièrement confiance pour cela.
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