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La vengeance doit se fomenter avant d'être consommée [Pv: William Potter]
MessageSujet: La vengeance doit se fomenter avant d'être consommée [Pv: William Potter]    Lun 22 Mai - 22:39




Il existe dans le coeur humain un désir de tout détruire. Détruire c'est affirmer qu'on existe envers et contre tout. - Niki de Saint Phalle



Le chant des eaux de la fontaine est presque apaisant, le scintillement qu'elles produisent reproduit les variations des ondes. Eléanora a trouvé ce petit endroit dissimulé dans les jardins de Castral Roc tout à fait approprié pour prier, et pour pouvoir réfléchir en paix loin des tumultes de la cour. L'espace est organisé comme une alcôve grâce à une structure de pierre, bourgeon du château principal, qui s'harmonise très bien dans le décor végétal par des plantes grimpantes qui s'y épanouissent. Le temps était encore plus que clément, malgré l'arrivée de l'hiver annoncée par les mestres. On aurait d'ailleurs du mal à y croire au vue du beau soleil qui s'étendait encore au sein de la voûte clémente des cieux. Les gazouillements d'oiseaux se faisaient très bien entendre, ce qui dérangeait parfois la Lady dans le fil de ses pensées. Bientôt ils migreraient vers le Sud, car même l'Ouest pouvait être étreint par les bras glacés et inhospitaliers de la neige. Eléanora était tombée sur cette fontaine complètement par hasard, alors qu'elle cherchait une fois de plus à fuir cette réalité qu'elle ne pouvait entièrement affronter. De plus, aucun lieu de culte n'était érigé parmi les nombreuses salles du château pour le culte des Anciens Dieux. Cette religion était d'ailleurs la plupart du temps étrangère aux habitants de ces contrées. Ainsi nul Barral dans ces grands jardins magnifiquement agencés, ils feraient d'ailleurs tâche dans le décor. La demoiselle ne pouvait alors se confier à ces arbres ancestraux comme elle avait si souvent l'habitude de le faire lorsqu'elle habitait encore en ses terres.

Les tragiques évènements ayant aboutis à la destruction quasi totale de sa famille avaient des allures de cauchemars. Ceux-ci tout comme le voyage jusqu'à Castral Roc avaient été vécu par Eléanora comme dans une transe. Elle était restée la plupart du temps silencieuse, comme prostrée et incapable de réellement comprendre ce que tout ce qui se passait pouvait impliquer. Même lorsqu'elle avait entendu d'une rumeur dans la taverne que ses sœurs et sa mère avaient connu un sort bien terrible avant de se trouver délivrer par le trépas. Elle ne réussissait tout simplement pas à s'imprégner de cette tragédie. Il lui avait donc fallut plusieurs jours pour reprendre une contenance. Heureusement William avait pris les reines de leur petit groupe, bien que ce fut Eléanora qui suggéra la destination des fugitifs. Il n'aurait pas été prudent de demeurer à Godric's Hall car les Malefoy dans leur funeste tâche n'aurait pas manquer une occasion de pouvoir parachever le meurtre de la famille Potter dans son ensemble. Au moins n'allaient-ils pas avoir cette satisfaction même si c'était une bien maigre consolation. Il leur avait fallut fuir, quitter les terres qui les avaient vu naître, et c'était là l'aveu d'un échec cuisant. La faute en revenait totalement à la Lady, car c'est pas sa pratique des rites venus du Nord qu'elle avait attiré l’opprobre sur son nom et une faiblesse pour pouvoir atteindre ses proches. Si cela n'entamait pas du tout la foi qu'elle portait en son cœur, il était clair pourtant que son monde venait tout juste de s'écrouler.

C'est à peine s'y avaient eu de quoi vivre et faire le périple pour demander l'arbitrage royal. Les cousins dormaient dans une promiscuité qu'ils n'avaient jamais connu, tremblant ensemble pour leur survie. Ils n'avaient plus rien de matériel pour faire reconnaître leur sang noble, seul le titre demeurait. Le nom des Potter restait leur seule ancrage afin d'éviter une totale noyade. Cependant, il ne pouvait suffire à remplir leur ventre et dans le fond de son cœur Eléanora craignait ce qu'il leur faudrait faire pour garantir leur subsistance. Elle n'était arrivée au Roc que depuis trois jours, mais déjà des dizaines de plans lui venaient à l'esprit pour prendre sa revanche. La haine était devenue partie intégrante de sa personne, car elle seule lui permettait de mettre un pieds devant l'autre. Le chagrin immense et l'insoutenable sentiment de solitude qui lui étreignaient le corps risquaient à tout moment de l'abattre, elle ne pouvait alors se résigner à l'inaction et à voir ce crime impuni. Parfois la colère était si forte qu'elle en tremblait de tout ses membres, et seul un cri profond et terrible de désespoir permettait de relâcher quelque peu la pression, juste assez pour vivre un jour de plus. Néanmoins elle ne pourrait rien accomplir seule, sa condition de femme ne lui ouvrant droit à rien du tout, d'autant plus par son veuvage. Il était hors de question malgré tout de baisser les bras bien que ce serait à William d'effectuer la plus délicate partie du travail.

Assise sur le bord de la fontaine Eléanora méditait donc à la meilleure approche à adopter pour convaincre la reine de prendre part en leur faveur dans cette querelle de banneret. Nul doute que cette affaire intéresserait particulièrement la famille royale, surtout aux vues des troubles récents ayant secoués le pays. Malheureusement l'affaire n'était pas gagnée d'avance. Il leur faudrait placer prudemment leurs arguments, et surtout se faire des alliés au sein des autres nobles de la cour. Poussant un petit soupire de lassitude Eléanora conserva tout de même son visage impassible, on n'était jamais certain en ces lieux d'être complètement invisible et en dehors de l'intimité d'appartement privatif il n'était pas sécuritaire de se laisser aller à ses sentiments. Glissant quelques doigts dans l'eau fraîche elle ferma les yeux, effectuant une prière silencieuse aux Dieux considérés comme païens par les adorateurs des Sept.


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MessageSujet: Re: La vengeance doit se fomenter avant d'être consommée [Pv: William Potter]    Dim 28 Mai - 21:36

Nous n’avions déjà presque plus d’or. Oh, bien sûr, la noblesse était relativement entretenue à Castral Roc. Mais cela ne voulait pas dire que je devais taper dans l’argent et les services mis à notre disposition par nos hôtes. La maison Potter n’avait plus de maison. Plus de maison voulait aussi dire plus de revenus. Plus de richesses, rien. Mon épée avait été ébréchée dans ce qu’on pouvait appeler « combats » pour le castel de mes ancêtres ; j’avais dû mordre profondément avec le tranchant dans une partie métallique, peut(-être un gorgerin, voire une espalière. Je ne m’en rappelais plus très bien, maintenant. Mes souvenirs de cette nuit-là étaient souvent ou clairs comme de l’eau de roche, soient totalement obscurs, ténébreux, perdus. Je ne savais pas trop quoi en penser, mais les faits parlaient d’eux-mêmes. Je n’avais pas d’argent pour me racheter d’autres tenues que celles mises à ma disposition par le chambellan, et j’étais donc condamné à faire travailler les couturières du château pour coudre mon blason sur ces tuniques, par exemple. Mais je ne pouvais pas en sus utiliser les deniers royaux pour mon propre bénéfice au-delà de la simple dignité. Alors j’allais utiliser probablement le peu qu’il me restait pour voir un forgeron, pour qu’il me répare ma lame. Au moins aurais-je l’air décent lors des cérémonies ou des repas officiels ; je ne pouvais pas me présenter comme le dernier des gueux, sinon ma cause en souffrirait immanquablement.

Je trouve l’artisan, qui a la décence de ne pas me plumer de la totalité de ce qu’il me reste. Il mise aussi sur l’avenir. Si je me rappelle de lui au moment où je reprendrais ce qui est mien, alors il pouvait sans doute espérer une certaine place au soleil… Certainement. Un pari d’avenir plus radieux contre un peu de travail. Il y avait de moins bons choix que celui-ci, vous pouvez en être sûrs. Bref. Je reste assis dans un coin de son atelier, suant à grosses gouttes, m’hydratant au moyen d’une grosse outre de cuir, dans laquelle je prélève de généreuses rasades d’une eau que je ne goûte pas, mais qu’importe. La chaleur qui irradie de l’âtre, de l’îlot central, est telle que je perds mon eau presque aussi vite que je ne la récupère, je suis donc forcé d’en boire beaucoup et régulièrement, perdu dans mes pensées, somnolant presque sous l’effet de la chaleur artificielle du foyer. Je continue malgré tout, de ne rien faire, d’attendre. D’attendre en me perdant dans les fantasmes de milliers de façons de recouvrer la pleine et entière réalité de mon pouvoir, de mon nom, de mon domaine. De faire perdurer le nom des Potter, d’une façon ou d’une autre.


Je finis, des heures après, par récupérer mon épée. Je paie l’homme comptant, même s’il m’attriste de voir les piécettes changer de main et le poids de la bourse, ressenti comme bien plus léger, presque inexistant d’ailleurs, maintenant. Je finis par revenir au château, me promenant tranquillement, perdu dans mes pensées, mes songes, mes cauchemars. Je finis par tomber sur ma cousine dans les jardins, alors que main posée sur le pommeau de mon épée, je manquais de louper la fontaine. Eléanora était là, penchée sur la fontaine et sur son eau. Je ne savais pas à quoi elle pensait. Je ne le savais jamais, je ne le devinais jamais non plus. Mais je me rapprochais, sans la saluer. Trop d’amour pour cette unique survivante de ma famille, mais trop de colère et de rage contre elle qui venaient empoisonner le reste.



| Est-ce que tu es encore en train d’adresser tes prières à tes fichus anciens dieux ? Je pensais que tu chercherais des appuis de ton côté, pour nous, pour notre famille. Tu en seras peut-être heureuse ; j’ai fait réparer le seul bien de valeur qu’il nous reste. |



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MessageSujet: Re: La vengeance doit se fomenter avant d'être consommée [Pv: William Potter]    Lun 10 Juil - 22:02




Il existe dans le coeur humain un désir de tout détruire. Détruire c'est affirmer qu'on existe envers et contre tout. - Niki de Saint Phalle



Le souffle de la demoiselle se fait lent, elle n'a guère mis longtemps pour se plonger totalement dans ses suppliques. Cependant Eléanora n'est pas dupe, elle sait très bien que ses souhaits les plus macabres ne seront guère exhaussés par les puissantes déités du Nord sans un échange de chair et de sang. Ses dieux n'étaient pas comme les Sept, dont on enseigne qu'ils dispensent leurs bonnes grâces à tous les vertueux. Dans les croyances de la jeune femme ses déités ne s'embarrassaient pas de telles largesses, au contraire ils ne prenaient sous leur protection que les plus forts, les plus courageux, ceux qui osent avec leurs nerfs d'acier prendre conscience du prix de leurs demandes et s'arment d'implacables convictions pour satisfaire à un juste marché. En ce qui concernait son affaire la Lady Potter devra offrir un ou deux gros bestiaux pour pouvoir espérer se voir octroyer sa vengeance. Contrairement aux idiotes rumeurs qui pouvaient courir à son encontre jamais elle n'avait poussé ses rituels jusqu'à un sacrifice humain, c'était une limite qu'elle s'était toujours astreinte à respecter. Enfin, avant que tout son univers s'écroule par la faute de son ancienne belle-famille. La réalisation d'une vengeance parfaite et complète demandait nécessairement l'annihilation de la famille Malefoy dans son entièreté et sous tous les aspects possibles. Ce n'était pas une mince entreprise, elle demanderait certainement bien des sacrifices, mais Eléanora n'avait plus grand chose à perdre dans ce sombre projet.

La demoiselle avait les yeux mi-clos, absorbée qu'elle était par sa prière elle n'avait pas du tout entendu les pas fermes de son cousin. Elle ne s'était d'ailleurs guère inquiétée de son absence à ses côtés car ils n'avaient pas encore percé l'abcès de reproches, de colère et de douleur qui existait entre eux. La culpabilité de l'assassinat du reste de la famille Potter reposait indéniablement sur la jeune femme, c'était une idée acquise entre eux mais qu'ils n'avaient pas encore eu la force de se lancer au visage. Eléanora ne fuyait d'ailleurs pas son implication dans l'affaire, elle avait juste du mal à rebondir et à totalement y faire face. La présence de William ne lui saute aux yeux que lorsque sa voix grave et chargée d'émotion lui explose à la figure. Sursautant d'une telle entrée en matière la demoiselle n'eut guère le temps de reprendre ses esprits. En temps ordinaire Eléanora n'aurait pas eu beaucoup d'émotions face à des piques si basses et un interlocuteur visiblement épuisé et en colère. Malheureusement elle n'était pas tellement dans des circonstances de clémence, de plus le fait que ce discours émane du seul parent qu'il lui restait détruisait le peu de sa personne encore vivace. La jeune femme senti son visage se crisper sans pouvoir le contrôler, il était bien rare qu'une émotion de tristesse et de douleur transparaisse tant elle avait fini par apprendre l'art de les dissimuler.

Cela avait été si soudain qu'il fallut un certain temps à Eléanora pour calmer les tremblements de fureur et de peine qui s'étaient installés dans ses bras. Elle réussit néanmoins à ce que cela ne soit pas trop visible en sortant sa main de l'eau et en se retournant pour faire face à William. Il avait fier allure dans sa fureur, son épée réparée au côté et simplement vêtu d'une tunique. Eléanora mis en place un silence pesant qu'elle ne rompit sciemment pas pour laisser le temps à son cousin de regretter son geste. La colère grondait également en son sein mais elle était trop réfléchie pour la laisser ainsi bêtement s'exprimer, surtout pour des reproches aussi peu productifs. Elle planta sans honte ses yeux bleu gris dans les siens, soutenant sans fléchir la haine qu'il pouvait lui porter et dont elle avait parfaitement conscience. La vérité c'était qu'elle ne pouvait assurément pas lui en vouloir pour cela, car elle-même avait bien du mal à ne pas se haïr pour ses actes irréfléchies ayant entraîné tant de funestes conséquences. Elle n'avait pas été assez prudente, ni assez assurée dans le choix de ses lieux de cérémonies, ni dans celui de ceux à qui parler de sa foi. Mais il n'était plus guère temps de s’appesantir sur les erreurs passées. Après une bonne minute sans prononcer un son Eléanora consenti à faire entendre le son de sa voix qu'elle voulait calmer et mesurée mais aussi froide et tranchante que la lame d'un couteau.

« Je te souhaite également le bonjour William. Il est vrai que les temps sont durs mais je n'ai nul désire de me séparer de mes bonnes manières tu m'en excuseras. Il est touchant de ta part de t'inquiéter de mes activités. Sachant si cela peut te rassurer que j'ai déjà approché quelques dames de hautes naissances, mais il me faudra pour obtenir des soutiens bien plus que quelques heures dans une forge vois-tu. »

Cette remarque avait été blessante et totalement déplacé de sa part. Mais s'il souhaitait savoir ce qu'elle comptait faire pour leur assurer des soutiens elle était prête à le lui dire, dès qu'il sera dans de meilleures dispositions et moins porté à l'agression verbale. Néanmoins elle était parfaitement capable de jouer magnifiquement dans des joutes de cet ordre et s'il continuait sur le même ton elle se ferait une joie de lui rappeler que c'était à lui de veiller sur elle et non l'inverse, c'est d'ailleurs ce pour quoi elle avait dû renoncer à son titre d'héritière de Godric's Hall. Malgré tout elle préfèrerait bien entendu ne pas avoir à lui rappeler sa totale défaillance en ce domaine. Elle porta alors un regard sur la pièce de métal ayant retrouvé tout son éclat. Cette lame avait longtemps orné la ceinture de son père et c'était un trésor au-delà de sa valeur réelle.

« Je suis plus que ravie vois-tu, c'était une réparation coûteuse mais nécessaire car sans cela tu n'aurais eu absolument aucune valeur militaire pour la famille royale. En ce qui concerne les biens de valeur je suis désolé de t'apprendre qu'il nous en reste un qui peut valoir son pesant d'or si on sait à qui et comment le vendre. Il s'agit bien entendu de ma personne. Mais je suis peinée que ce ne te sois pas venu à l'esprit. »

Après cette ultime phrase la jeune femme se mur dans le silence, refoulant son envie de crier à la tête de son idiot de cousin toute la douleur que ses paroles peuvent lui infliger et combien elle aurait plutôt eu besoin d'un élan d'affection que de querelles stériles.


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MessageSujet: Re: La vengeance doit se fomenter avant d'être consommée [Pv: William Potter]    Sam 15 Juil - 2:00

[HJ pardonne moi de la qualité comme de la longueur, il est tard !]


Je n’avais pas pu cacher l’amertume de ma voix. Parce que je n’étais jamais tout à fait certain que ce soit elle la responsable, bien que je sois paradoxalement sûr que c’était malgré cela en partie de sa faute, tout ce qui nous était arrivé. A quoi cela servait-il d’adorer toujours autant des dieux qui avaient été depuis longtemps arrachés de ces terres ? Les Anciens Dieux ne subsistaient plus qu’au Nord, là où il était possible pour eux d’avoir des fidèles, là où ils bénéficiaient toujours des refuges des arbres-cœurs. Mais pas chez nous. Quel intérêt, par les Sept ? Cela n’avait jamais permis qu’à entretenir des histoires et des rumeurs, à éveiller et à développer la curiosité populaire pour ce qui ne pourrait qu’être une histoire qui prendrait, à la toute fin, une tournure des plus affreuses. Je pensais que dans la vie, on devait accepter et défendre ses principes. Mais jamais cette adoration d’Anciens Dieux n’avait été inscrite dans le marbre, chez nous. De fait, il n’y avait rien à défendre ; cette religion n’avait jamais eu d’existence officielle chez nous, en tout cas pas de mémoire d’homme. Alors POURQUOI ? C’était la question qui me brûlait les lèvres depuis des semaines maintenant. Tant de gens étaient morts pour ces croyances, avérées ou non.


Dès que je vois le visage de ma cousine se tendre, se fermer, je regrette presque mes paroles. Presque, parce que je n’oublie pas ma rancœur et mon incompréhension, mais d’un autre côté… Elle est aujourd’hui tout ce qu’il me reste, ça et la parole des Lannister. Alors je devais sans doute me montrer un peu plus sympathique, non ? Un peu plus ouvert ? Les efforts devaient se faire naturellement au sein d’une famille, c’était le leitmotiv de mon père et de son frère, qui fut seigneur avant lui. On avait l’habitude de se sacrifier pour le bien commun, dans la famille. Ma cousine finit par prendre la parole, même si je sentais qu’elle était mal à l’aise, sans doute un peu agacée du poids des reproches dont je l’accablais. Elle me rembarre. Un peu sèchement peut-être et je savais au fond de moi que je l’avais mérité. Mais je n’étais plus ce gamin boutonneux qui s’escrimait à apprendre quelque talent à l’épée dans la cour de Godric’s Hall, maintenant j’étais le dernier mâle de la lignée Potter et j’étais le seigneur, de rien du tout certes, mais la position sociale avait toujours fait beaucoup en Westeros pour conditionner les rapports entre individus.



| Est-ce un soutien qui nous vaudra des soutiens militaires ? Des dons d’espèces sonnantes et trébuchantes ? Approcher les dames de haut parage est une bonne chose, mais la concrétisation de ces manœuvres risquent de prendre du temps, et du temps nous n’en avons pas, c’est une denrée en laquelle nous sommes aussi pauvres que tout le reste. |


J’avais lâché ces derniers mots avec le dégoût. La tâche que nous nous devions d’accomplir devant l’histoire paraissait tellement insurmontable que je doutais d’avoir les épaules nécessaires pour la mener à son terme. La jeune femme se dit à même de pouvoir elle-même remplacer les ressources fiduciaires qui nous manquent. Je clignais des yeux. Mariage ? C’était cela qu’elle avait à l’esprit ? J’avais envie de lâcher que le dernier n’avait pas réussi à notre famille, les Malefoy ayant eu la dent dure après la mort du premier époux de ma cousine… Mais j’avais bien conscience que je ne pouvais pas tenir un tel discours, ce serait fissurer irrémédiablement le peu de cohésion dont nous disposions aujourd’hui. J’essayais plutôt de réfléchir à son idée. Pas mauvaise en soi, mais qui accepterait d’épouser une femme à la réputation assez sulfureuse et sans le sou ?


| Oui, c’est vrai. Nous pouvons nous marier. Mais qui voudrait de moi ? Je ne suis qu’un petit noble de province, pas la plus riche, et sans le sou ni la moindre ressource. Je pense pouvoir dire que mes propres recherches nous ont permis d’acquérir quelque crédit auprès des Lannister, mais être bien vu ne suffira pas à me caser et Lord Serrett n’a pas donné suite à mes missives pour épouser comme convenu sa fille. Quant à toi… Je crains que ta situation ne soit la même pour le moment. A moins que tu ne penses possible et louable de t’abaisser à séduire un noble d’importance, nous en sommes je le crains réduits à notre seul talent politique et diplomatique. |



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MessageSujet: Re: La vengeance doit se fomenter avant d'être consommée [Pv: William Potter]    Dim 23 Juil - 22:42




Il existe dans le coeur humain un désir de tout détruire. Détruire c'est affirmer qu'on existe envers et contre tout. - Niki de Saint Phalle



Eléanora n'arrive pas à croiser son regard. Elle sait que si elle souhaite rester un instant crédible aux yeux de la seule famille qui lui reste elle doit fixer un autre point, loin à l'horizon, car la seule rencontre de ses yeux furieux suffirait à briser la maigre dignité qui lui restait. Il serait facile de s'épancher dans des pleurs éternels, ne s'arrêtant que pour boire un peu et se laisser elle aussi mourir à petit feu. Le chagrin et la colère pouvaient avoir cet effet sur certaines âmes, démunies et sans espoirs elles finissaient immanquablement par quitter la vie, peut être par dégoût. L'injustice était criante dans cette affaire, mais d'aucun dirait que l'aînée de l'ancien seigneur l'avait bien cherché par ses croyances impies. Le pire était sans doute que la raison sous-jacente de cette histoire n'était pas mensongère ou purement fantasmée, malgré tout Eléanora se refusait à renier ses croyances ou à les regretter. Dans ce domaine elle ne nierait pas que la fierté prédominait, mais c'était là peut être la seule chose qui la faisait encore tenir, ça et la présence de son cousin à ses côtés. Elle se doute d'ailleurs qu'il ne sait pas du tout comment agir vis-à-vis d'elle, coupable et victime à la fois. Elle ressent les hésitations de ses paroles, tout comme la colère qu'elles peuvent contenir. La demoiselle n'y est pas insensible, bien qu'elle fasse d'énormes efforts pour garder contenance et même faire preuve de répartie. Il doit s'étonner de ne pas la voir contrite et chancelante sous le poids de la culpabilité. Eléanora réprimait absolument tout désir de larmes, car se laisser couler dans cette possibilité détruirait toute force combattive et ne ferait que l'entraîner sur le chemin d'une dépression certaine.

Elle fit donc face, comme les Potter le faisait toujours, avec une certaine beauté de verbe, mais sans réellement faire preuve de méchanceté à l'égard de son parent. Dans le fond elle sait bien que sa conduite est justifiée, et elle est même quelque peu ravie de le voir enfin prendre conscience de l'autorité qui est désormais la sienne. Depuis plusieurs années déjà elle n'était plus destinée à être l'héritière de leur lignée, c'était à lui que revenait la tâche de diriger la maigre famille qu'ils formaient à présent. L'adolescent timoré avait peut être fait place à un homme plus à même de les mener vers la vengeance. Néanmoins Eléanora n'était pas sûr qu'il ait les épaules pour explorer toutes les facettes les plus sanglantes que leur entreprise demanderait. En tous les cas elle était prête à égorger elle-même chaque membre de la famille Malefoy, fussent-ils des enfants sans défense. La fureur l'aveuglait et elle ne pouvait accorder la moindre pitié à des êtres ayant eu recours à des méthodes aussi viles. La spoliation n'avait en effet rien d'honorable, tout comme les traitements affligés aux membres de la famille disparus.

William a écouté ses arguments, et ils n'ont évidemment pas pesés bien lourds. Les éléments qu'il lui expose sont pertinents. Évidemment leur situation plus que précaire demandait une résolution rapide, presque immédiate pour leur permettre de retrouver leur confort de vie. Malheureusement toutes les manœuvres envisagées par la jeune femme ne répondaient absolument pas à cette exigence. Aucune ne rapporterait de fruits avant facilement un mois, et encore cela n'était pas assuré. S'entendre énoncer que la pauvreté était maintenant leur lot était dur, bien plus dur que ce qu'elle aurait imaginé. Le verbaliser rendait la chose bien trop réelle et Eléanora ne voulait pas s'attarder sur ce genre de choses. Bien entendu les Potter n'étaient plus depuis longtemps l'une des premières fortunes du pays, leurs exploitations de fer et activités ne rapportant plus assez, mais ils avaient conservé une vie digne de la noblesse de l'Ouest, s'en voir privé était une expérience atroce que la dame n'aurait jamais voulu vivre.

« Je concède que le temps sera nécessaire, mais si nous voulons des résultats il faut planter la graine et la laisser germer. Ce que tu prend pour des babillages inutiles peut nous assurer un retour dans nos terres. Rallier d'autres seigneurs en leur prouvant notre bonne foi ne pourra que légitimer nos actions. Je t'en prie ne dévalorise pas mes actions, aussi stupides peuvent-elles être à tes yeux »

Le ton s'était fait plus doux, la jeune femme ayant bien plus besoin du soutien de son cousin que de ses paroles tranchantes. Il n'avait pas tords sur le principe, mais le voir énoncer des évidences n'aidait en rien, pire cela ne servait qu'à verser dans un pessimisme peu productif.

«Il n'y a pas que par cet aspect que je compte peser dans la balance. Je désire annihiler ces serpents, cela comprend également l'économie. C'est donc dans cette optique que je vais contacter les partenaires économiques de notre famille afin de les aviser de la situation. Cela jettera le début d'un discrédit sur leur nom maudit. »

Bien entendu le sous-entendu concernant une possibilité de mariage fut bien vite compris par William. Eléanora regrettait cependant qu'il ne s'excuse pas d'avoir ainsi déconsidéré ses talents. Au lieu de cela il avançait la stérilité actuelle d'une union car ne procurant aucun avantage à la possibilité partie extérieure à leur maison. Elle se rassurait néanmoins en le félicitant intérieurement de la perspicacité de son raisonnement. Il fallait avouer que le jeune homme avait parfaitement raison et qu'il était inenvisageable de proposer quelconque alliance avec une autre maison dans l'état de leur situation. Sans aucuns biens, ni terres, ni argents, le mariage était tout simplement un fantasme. Restait la prostitution, si Eléanora souhaitait de tout son être ne pas en arriver là, cela demeurait une option valable et qui pouvait rapporter gros, mais il fallait alors être certaine de pouvoir séduire un noble de haut rang, les récompenses se feraient alors par de très coûteux cadeaux pouvant être revendus. Cependant la demoiselle avait aussi d'autres idées en tête.

« En ce qui concerne la possibilité d'une union c'est l'analyse que j'avais faite en effet. Nous ne sommes guère en position de force et notre quête est une affaire bien trop risqué pour nos comparses ne connaissant pas la nécessité. C'est de mon talent politique et diplomatique justement que je te parlais précédemment. Mais aussi de ma dextérité et de mes connaissances économiques. Il se trouve que la broderie n'est pas une chose si inutile pour une femme. Savoir réaliser des ouvrages de qualité peut procurer des avantages non négligeables et j'ai justement entendu que cet art se perdait, rendant les possibles clients en désespoir de dénicher quelques belles pièces à offrir lors des mariages royaux ou des naissances qui vont en découler. Le prix de la laine et des fils sont diablement bas en ce moment également. Mais il peut aussi y avoir d'autres options que nous pouvons envisager, car même si cela me répugne, je pourrais effectivement dénicher un vieux seigneur ayant besoin d'une agréable compagnie. »



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MessageSujet: Re: La vengeance doit se fomenter avant d'être consommée [Pv: William Potter]    Mar 1 Aoû - 20:25

J’ai conscience que si ma cousine fuit mon regard, c’est parce que ma colère lancinante est difficile pour elle à accepter, d’une part parce que cela doit la renvoyer à son propre sentiment de culpabilité, d’autre part parce que cela ne pouvait que l’attrister de voir qu’elle n’obtenait que peu de soutien de la part de son dernier parent en vie. Je ne pouvais pas la détromper de ce point de vue, ; c’était un fait que je ne lui étais pas d’un grand secours, de toute évidence. Je ne voulais pas la brimer, mais je ne pouvais pas non plus passer outre tout ce qu’on me soulevait comme obstacles, comme rumeurs. Plus le temps passait et plus je nourrissais de rancœur, plus je me sentais en colère. Moi qui était autrefois vanté pour mon calme, pour mon honnêteté calme et polie. J’avais bien changé. Une colère presque haineuse me parcourait sans cesse les veines, ne demandant qu’à s’enflammer à la plus petite étincelle. On ne pouvait pas dire que j’étais un homme sanguin autrefois, même avec mes frères, avec quiconque en fait. Je n’avais jamais fait preuve de caractère qu’au milieu des joutes et des mêlées, à l’occasion de la douleur physique qui irradiait d’un mauvais coup. Maintenant, le moindre mot, la moindre attitude, était susceptible de me rendre impatient, de me rendre irascible. Je me détestais pour cela, je me détestais profondément. Je savais que je devrais me comporter autrement. Mais le savoir n’arrangeait rien, au final j’étais toujours un peu dans la même situation. Je ne pouvais tout simplement pas m’en empêcher, et cela me rendait méchant.


Je savais aussi que cette attitude pouvait m’éloigner de mon objectif de reconquête et de revanche, en me rendant hasardeux, en me rendant brouillon. Je ne pouvais pas me le permettre mais c’était pourtant ce que je risquais aujourd’hui. Ca et la perte de nos soutiens, si je n’y prenais garde, si je ne savais tenir ma langue. Ce serait une nouvelle blessure bien cruelle, mais on ne pouvait pas se montrer déplacé, à aucun instant, avec les riches et les puissants de ce monde. Moins encore quand on leur devait tout, comme c’était actuellement ma situation et celle de ma cousine. Chute terrible, conséquence de centaines d’années de déclin progressif. Eléanora encaisse. Elle sait, sans doute, qu’elle n’a de toute façon pas le choix. Bien triste sort que le nôtre. Devoir cohabiter dans la pauvreté, nous qui étions si différents, semblables en rien. Je soupirais, doucement, alors qu’elle me rappelait doucement à l’ordre. C’était mon tour maintenant, d’éviter son regard, parce qu’elle avait raison, mais surtout parce que je n’appréciais pas du tout l’image qu’elle me renvoyait de moi-même.



| Certes. Je… Enfin, c’est juste qu’à ce train-là ça va être compliqué pour nous d’agir, car plus le temps passe et plus la possession de nos terres, enfin, je veux dire, leur spoliation, se légitime. Nos gens s’habituent à d’autres. Nos partenaires commerciaux vont aussi s’acoquiner avec eux. Tu peux toujours les contacter, mais à quoi bon ? Les financiers de l’Ouest et ses commerçants ont le vrai pouvoir, et en plus, avec quel poids ? Ce sont des bourgeois, non des nobles. Ils n’ont pas d’honneur, seuls comptent les profits. Et quand bien même ils t’écouteraient, d’ici à ce que je regagne mes droits sur Godric’s Hall, qu’adviendra-t-il du commerce quand ces partenaires se rendront compte que cela fera déjà un long moment qu’ils nous auront remplacé ? |


J’étais pessimiste, c’était le cas de le dire. Ma cousine change alors de sujet et nous parlons mariage. Qui voudrait de nous également, si nous recherchions la plus petite parcelle de sincérité dans nos échanges ? Elle n’aurait pas de dot, sauf si l’on décidait les Lannister, mais pourquoi le feraient ils ? Ma cousine semble sûre de pouvoir faire preuve de talent politique et diplomatique, et de ses talents de femme. Je fronce les sourcils. Etait-ce vraiment suffisant ? Toutes les grandes maisons ont des serviteurs pour ce genre de choses.


| Tu penses vraiment à ce que tu dis ? Gagner un peu d’or en… en Brodant ? Mais ça ne suffira jamais voyons ! Il nous faut des centaines d’hommes ou l’appui de très hauts seigneurs ! Te vendre à une vieille crapule, d’accord, mais même ça malheureusement je ne suis pas sûr que nous y arrivions, ni toi ni moi ne possédions rien, désormais, rien hormis notre intelligence et la compassion des gens qui nous entourent. |


Je soupire et déglutis.


| Je perds espoir, Eléanora. |




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La vengeance doit se fomenter avant d'être consommée [Pv: William Potter]
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