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Le passé et l'avenir [PV Torrhen]
MessageSujet: Le passé et l'avenir [PV Torrhen]   Jeu 11 Mai - 0:00

Les armées en campement avaient toujours quelque chose d’impressionnant dans le charivari qu’elles dégageaient. Plus que des marées humaines, elles charriaient aussi quantité de vivres, de tentes et d’équipements qui s’amoncelaient çà et là, au gré des unités et des besoins … Voir même de la fatigue des soldats qui convoyaient tout cet amas. S’y retrouver était une véritable gageure, y compris pour les nobles comme Bowen qui arpentaient les allées boueuses du Conflans, sous une bruine fine qui ne cessait de tomber depuis le petit matin et rendait la progression aussi désagréable que salissante, le sol paraissant s’accrocher aux bottes et les engloutir par moments. Emmitouflé dans ses cuirs et peaux typiquement nordiennes, le Glover ne pouvait s’empêcher de répéter en frissonnant les célèbres mots Stark, qui prenaient à cet instant une signification autrement plus importante que d’habitude : l’Hiver venait, et avec lui son cortège de privations, d’épreuves et de dangers pour ses terres d’origine. Tous l’avaient senti, en particulier les natifs d’au-delà du Neck, habitués à ses rigueurs et à ses outrages. Les sudiers ne connaissaient pas aussi bien que ses difficultés et pourtant, malgré cela, le guerrier percevait dans leurs yeux l’inquiétude. Avec les batailles, faire les réserves nécessaires était difficile, parfois impossible. Et si l’Hiver venait … Alors il faudrait faire vite, sous peine de devoir se replier. Nul doute que bientôt, l’armée se remettrait en marche.

D’un mouvement souple, Bowen s’écarta pour laisser passer une estafette qui courrait en sens inverse. Les messages fusaient partout, lui-même en avait reçu un il y a peu lui signifiant de se tenir prêt. Soupirant, il tenta de se faire une note mentale pour envoyer un corbeau rapidement à son épouse pour la tenir au courant d’un éventuel déplacement, mais aussi tout simplement pour s’enquérir de son état, ce dernier le préoccupant énormément. Il savait que la grossesse était une étape difficile dans la vie d’une femme, et d’un couple, et d’après les paroles populaires, les premières étaient les plus risquées. Certes, au fond, il savait pertinemment qu’il n’aurait été d’aucune utilité à sa femme s’il avait présent à ses côtés … Pour autant, le remord l’assaillait à l’idée de la savoir seule, sans lui, sans un Glover à ses côtés pour la protéger. Non, voilà qu’il était injuste à présent : si elles ne portaient pas le même nom, sa tante Menora et sa cousine Théa partageaient son sang, et elles étaient à ses côtés, à Winterfell. Nul doute qu’elles sauraient prendre soin de la jeune femme, la conseiller, la soulager au mieux. Après tout, sa tante avait mené trois grossesses au cours de son existence, et était une matrone renommée à la tête d’une longue lignée épanouie. Et elle était en sécurité dans la capitale … Même si devoir se reposer sur son intendant et le bailli royal l’agaçait prodigieusement, bien qu’il n’en laissât rien paraître.

En effet, la mort de son père et le départ de son épouse faisait qu’aucun Glover ne résidait plus à Motte-la-forêt, le domaine et sa reconstruction étant donc désormais entre les mains de son homme de confiance et de celui du roi. Bien sûr, il avait confiance en eux, seulement, il ne pouvait s’empêcher de s’inquiéter pour ses gens, pour leur avenir … Et leur survie. Impossible de savoir si le bourg serait reconstruit avant l’hiver, et les bras manquaient pour achever de récolter le grain, sans compter que le moulin avait en partie brûlé. Certes, les artisans Karstark, Cerwyn et Corbois ne déméritaient pas, de ce qu’il avait reçu comme rapport, pas plus que ceux payés par le couple Braenaryon pour la réhabilitation du château, mais il n’aurait l’esprit en paix que lorsque tout serait enfin achevé. Quelque part, il savait que la guerre n’était pas l’unique péril qui planait sur son peuple, et avait parfaitement conscience que les pauvresses attendant leurs époux et fils partis au combat, ayant à peine eu le temps de les consoler de leur malheur auraient eu à cœur d’être consolées par leur famille suzeraine. Il savait que Maedalyn s’y était employée, du moins le lui avait-il demandé. Sauf qu’il avait bien fallu trancher entre le domaine et la santé de sa femme. Il avait même songé un moment à demander le détachement de son cadet, avant de se reprendre. Edwyle n’avait aucun goût pour l’intendance, et piaffait d’impatience à l’idée de combattre. Le temps qu’il arrive, qui plus est … L’hiver serait déjà là. Tant pis, il devrait faire confiance à ses gens, aux hommes que son père avait formé, que son père de substitution avait mis sur ses terres. En parlant de lui …

La tente du Roi, non, de l’Empereur était en vue, et paraissait en proie à une agitation sans nom. Les messagers entraient et sortaient, les généraux entraient et sortaient, beaucoup de nordiens, mais quelques inconnus également pour Bowen aux oripeaux étrangers, sans doute des peyredragoniens pour la plupart. Près de lui, un contingent nordien se rassemblait, et il lui sembla entendre des cris d’orfraies provenant d’une tente, sans doute une dispute à propos d’une fille ou d’un butin quelconque … La routine dans ce genre d’endroits. Pressant le pas, le Poing du Nord évita les uns et les autres pour parvenir enfin à son but, un oriflamme avec les nouvelles armes de l’ancien souverain nordien flottant désormais au-dessus de l’édifice de toile. Prenant une profonde inspiration, le jeune homme salua les gardes et se fit annoncer, avant de pénétrer à l’intérieur.
S’inclinant avec tout le respect dû à un homme occupé à de telles fonctions, Bowen prit quelques secondes supplémentaires vis-à-vis de l’étiquette ordinaire, pour marquer sa déférence, une mauvaise habitude qu’il avait prise de ses années de service à ses côtés, avant de déclarer :

« Mes respects, Votre Majesté. »

Majesté … Etait-ce bien ainsi qu’on s’adressait à un Empereur ? Cette question pouvait paraître idiote, cependant elle trahissait bien toute la singularité de l’entreprise commencée par l’ex-Stark. Jamais quelqu’un, en Westeros, n’avait tenté de porter un titre pareil. Tous avaient déjà entendu parler de l’Empire valyrien, bien sûr … Mais c’était en Essos. Loin. Ici, il n’y avait jamais eu que des Rois et des Princes. Il faudrait en sus inventer tout un nouveau protocole, une manière de penser. Les empires n’étaient pas que des accolements de royaumes entre eux, après tout. Enfin … Il serait temps de penser à tout cela après. Bowen était certain que l’homme ne lui en tiendrait pas rigueur s’il avait commis par mégarde une erreur de langage. Nul doute qu’il n’était pas le seul à devoir s’habituer à ces nouveaux titres.

« Je suis très honoré que vous ayez pris le temps de m’accorder cette audience, surtout en des temps aussi féconds en occupation.

J’ai d’ailleurs bien reçu votre message. Mes hommes piaffent d’impatience à l’idée d’en découdre, et sont prêts à partir à tout moment. J’ai moi-même pris mes dispositions à ce sujet, afin de faciliter le travail du Train royal. »


Voilà pour les salutations d’usage et les nouvelles immédiates. Il était temps d’en venir à l’objet premier de sa visite … L’espace d’un instant, une douleur sourde lui étreignit le cœur, et son visage se rembrunit, reprenant sa tonalité austère et mélancolique des derniers mois, que seul son mariage avait un peu atténué. Oiseau de mauvaise augure, maudit, damné … Il savait ce que certains murmuraient sur son passage, quand la nouvelle du décès de Galbart Glover s’était répandu. A croire qu’en effet, les Anciens Dieux avaient décidé de punir la maison au poing ganté pour quelques péchés inconnus. Néanmoins, il devait s’acquitter de cette lourde tâche, maintenant qu’il en avait enfin l’occasion. Tel était son devoir de seigneur nordien.

« En raison de votre blessure et de vos épousailles, je n’ai pu vous entretenir en personne de certaines nouvelles, même si je vous ai fait parvenir un message. Pour autant … Par respect et honneur dû, je tenais à ce que ces mots vous soient délivrés de ma bouche, en souvenir de mon père et de la loyauté profonde qu’il avait envers vous. »

Bowen inspira, puis, roidi presque, déclama :

« Lord Galbart Glover, Seigneur de Motte-la-forêt et du Bois aux loups, est décédé il y a quelques semaines. J’ai reçu le corbeau de mon épouse confirmant la nouvelle il y a peu. La gangrène l’a finalement emporté. »

Avant de conclure :

« En vertu de mon droit d’aînesse, j’ai pris sa succession en toutes choses, y compris dans les vœux de fidélité rendus par la maison Glover à la maison Stark, et à quiconque a vocation à être la suzeraine de cette dernière, depuis que mes ancêtres ployèrent le genou devant les Loups qui surent les conquérir et s’attacher leur loyauté.

Et comme mon père le fit jadis avec vous, je servirais votre fils avec le dévouement et le respect qui lui sont dû.»


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MessageSujet: Re: Le passé et l'avenir [PV Torrhen]   Jeu 11 Mai - 23:16

Les messagers, guides, nobles et officiers ne faisaient qu’entrer et sortir de la tente. Mes propres gardes étaient épuisés. Rectification, les gardes de mon fils. La Garde-Loup constituée voici des années n’était plus la mienne, désormais. Encore quelque chose auquel je renonçais pour accomplir un idéal qui avait toujours été là, caché, sous-jacent à chacune de mes actions. Je pensais avec colère depuis bien des années que le Nord assumait seul la défense de Westeros vis-à-vis des monstruosités qui peuplaient le Véritable Nord. Pourquoi devrions-nous continuer à endurer ces pertes et ces souffrances tout seul ? De plus, j’avais vu que si le Nord seul ne serait jamais capable de vaincre la toute-puissance d’Harrenhal, il était capable de tenir bon. Un allié, un seul et bien mené, permettrait de chambouler l’équilibre des forces. Des alliés, j’en avais trois aujourd’hui. Plus Harren et les membres de sa famille s’attiraient les inimitiés et plus je me renforçais. Pourquoi ne pas en profiter ? Une guerre pour mettre à terme à tous les conflits futurs. L’idée était belle, tout autant que le pouvoir restait séduisant pour qui y avait goûté un jour. Je faisais cela pour Westeros, pour le Nord bien sûr, que je ne voulais plus voir saigner seul comme à La-Mort-Aux-Loups, mais je faisais aussi ça pour moi. On n’est rien sans ambition. Même le Grand Septon, si bouffi de vertu, en avait nourri pour atteindre son poste. Mais contrairement à Harren le Noir, je ne comptais pas privatiser ce pouvoir, en jouir pour mon propre profit.


Ce pouvoir avait un prix, bien sûr. Comme pour gouverner le Nord, mais en pire. Il fallait donner de sa personne. Raccourcir ses nuits. S’esquinter sur les champs de bataille. Mal boire, mal manger, mal dormir, tout rendre le plus rapide et le plus efficace possible, bien que le premier de ces impératifs l’emportait presque toujours sur le second. Ce matin ne dérogeait pas à la règle. Même ici, en plein cœur de son domaine, notre ennemi continuait de se dérober. Quelques reconnaissances m’avaient permis de savoir qu’il avait placé de très modestes garnisons sur nos routes potentielles. Suffisamment pour tirer information pour le gros des troupes si nous passions, mais ils ne voulaient pas nous arrêter pour autant. Ce qui était plus nébuleux était la situation de la Néra et celle de Vivesaigues ; les nouvelles concernant ces contrées étaient contradictoires. Le plan avait été arrêté la veille avec tout le conseil de cet Empire nouveau-né. Tully et Jon avaient déjà leurs missions, pour souder leurs troupes et leurs royaumes et nous dégager la voie. Rhaenys encourrait comme d’habitude de grands risques personnels, mais je préférais paradoxalement la savoir par-delà les nuages qu’au milieu d’une foule dont la loyauté n’était pas encore totalement garantie, mixant encore trop d’anciennes allégeances.


Si j’étais moins exposé que Jon et Tully aux coups de l’offensive, je le serais plus si l’ennemi se décidait à réagir enfin. J’en venais à douter de la stratégie de mon adversaire. Tout indiquait depuis le début qu’il nous laissait entrer pour mieux nous isoler et nous détruire, mais ça n’avait jamais eu lieu. Rhaenys et quinze mille hommes de Peyredragon, de la Néra et autres mercenaires et rebelles, avaient sans cesse progressé face à plus de six fois leur effectif, et n’avaient jamais été sérieusement arrêtés. Lorsque nous avions envahi le conflans par le Nord, Jon n’eut pas plus que quelques guides et éclaireurs à combattre, et les escarmouches furent presque inexistantes. Seule mon offensive en plein cœur fut combattue, et malgré toute la fougue et l’audace d’un Tully laissé en infériorité numérique et qualitative, n’avait aucune chance de nous arrêter seul. Alors, à quoi jouait l’ennemi ? Il avait eu plusieurs occasions de nous battre séparément. Et une fois rassemblés, il ne venait pas non plus. Comptait-il sur l’attrition ? Elle nous avait touché, bien sûr, mais le soutien du Conflans, la solidité de la Néra et mes onéreux investissement pour le Train avaient augmenté notre capacité à nous ravitaillement correctement. Je me disais que l’ennemi avait sans doute encore un atout dans sa manche, rien d’autre ne pouvait expliquer ses manœuvres. Harren n’était pas un lâche, pas plus que son boucher de fils et sa barbare de fille.


Les ordres étaient rédigés et partaient en continu depuis bien avant le lever du soleil. Rhaenys était partie, elle aussi, et nous avions échangé une dernière étreinte avant que je ne la vois décoller. Nous jouions déjà l’Empire que nous venions de créer. Le décret sur la création de la Garde de la Maison Impériale partait pour les cantonnements des gardes royales présentes en ville, les ordres de ravitaillement et ordres de marche pour toutes les composantes de l’armée étaient envoyées elles aussi, ainsi qu’une pelletée d’ordres de réquisition, de conservation, de construction et de tout ce qui est nécessaire pour organiser le bon déroulement des opérations. On me signala l’arrivée d’un visiteur, que j’avais accepté de voir malgré l’ampleur de la tâche, au vu des circonstances. Il entra enfin et je dus me faire violence pour achever ma lecture d’une missive de la Reine de l’Orage, qui m’entretenait de ses prochains mouvements. Encore une pile de choses à régler, mais l’heure était à autre chose. Je détaillais Bowen du regard. Il avait vieilli, mais pas tant que cela. Il avait échappé à Paege, du fait des hasards de la guerre, mais il y avait dans ses yeux l’horreur de La-Mort-Aux-Loups, la culpabilité de Motte-La-Forêt et de son destin, mais aussi une certaine sagesse, marque des hommes mariés, qui savent désormais ce qu’est la vie commune. Je souris et attends qu’il se relève, tardivement comme à son habitude.



| Je suis heureux de vous voir, Bowen. Et je suis tout autant ravi de vos dispositions ; votre contribution au bon déroulement des opérations dans l’armée du Roi du Nord a déjà été saluée par ce dernier et son arrivée sans trop de tracas si loin au sud en est sans aucun doute le meilleur témoignage. |


Bowen avait été éduqué à mes côtés, pour beaucoup. Oh bien sûr, les siens lui avaient appris toutes les bases. Mais on n’est pas aide de camp d’un Roi du Nord sans rien apprendre de l’art de la guerre. Il avait assisté dès sa prime jeunesse à bien des conseils, des disputes, l’organisation de campagnes, de garnisons, de ravitaillement. Il savait comment faire. Ce qui le rendait précieux pour Jon, qui s’il savait aussi comment faire, avait senti bien plus pesamment ma propre ombre, suffisamment en tous cas pour le brider malgré ses propres talents. Sa propre conduite de l’armée n’avait toutefois pas eu à rougir de celle de Bowen, ni de celle que j’aurais eue à leur place, sans doute. Bien sûr, la raison de cette entrevue n’est pas si joyeuse, et mon visage se ferme à l’évocation de son père disparu. Je me rapproche et pose ma main sur son épaule. Je n’ai jamais eu la distance de mon propre père avec ses hommes. Je baisse un instant les yeux, le tenant ainsi d’un côté, murmurant quelques paroles aux Anciens Dieux.


| J’ai bien eu votre message. Il n’a été ni oublié ni négligé ; j’ai accusé durement le coup que fut la nouvelle de la disparition d’un de mes plus vieux amis, banneret fidèle et compagnon de toujours. Votre père nous manquera à tous, et même si les événements ne l’ont pas laissé partir de sa belle mort, son sacrifice n’aura pas été vain. Nous avons pu venger Motte-La-Forêt et lancer ensemble sa reconstruction. Le Nord se souvient de ses héros, et les membres de votre famille figurent parmi les plus éminents. |


Je savais bien qu’aucune parole ne pouvait vraiment réconforter de la disparition d’un mort. Mais la philosophie nordienne, si elle n’oubliait jamais la plus petite disparition, la plus petite tragédie, permettait de puiser de la force dans les drames traversés. Une force motrice, pour l’avenir, la vengeance et la reconstruction. Bowen jure allégeance au Roi du Nord et à son suzerain, sans nommer l’Empire. Je sais qu’il y a des récalcitrants dans nos rangs ; je sais que leur soutien dépendra autant de la continuité de nos victoires, que du butin, mais surtout de ma capacité à les convaincre sur le long terme.


| Et en retour, vous avez la protection et la gratitude de la Maison Impériale en toutes choses et en toutes circonstances. La loyauté sera récompensée et protégée, même si j’escompte vous rétribuer plutôt avec la tenue des promesses de l’Empire qu’en espèces sonnantes et trébuchantes ou en menus avantages. Je n’aurais pas de meilleur cadeau à vous offrir que de savoir vos enfants et vos petits-enfants échapper à cette Grande Guerre que nous menons aujourd’hui. |


Je me tourne vers la carte, et lui fais signe de se rapprocher. J’ai toujours eu confiance en Bowen, je l’ai toujours aimé. Ce garçon est intelligent, et méritant. Je ne peux tout lui confier ; ce n’est pas son rôle. Mais il est important qu’il sache que son soutien compte réellement.


| L’ennemi agresse Dorne et l’Orage, qui s’en sortent comme ils peuvent. Dorne est resté sourd à nos missives et l’Orage risque de bientôt nous demander de l’aide. Pour une raison qui honnêtement, m’échappe encore, nos ennemis n’ont pas contourné nos lignes pour attaquer le Nord. Peut-être ont-ils eu peur de mes dispositions défensives, mais leur inaction dans le Conflans m’inquiète. Je vais les pousser à réagir à nos mouvements, il nous faut prendre un ascendant décisif alors que l’Hiver Vient. Vous assisterez Jon du mieux que vous le pourrez, comme vous le faites déjà. Je ne sais si vous aspirez à une autre position dans ses forces ; je ne peux rien décider à la place du Roi du Nord, qui dispose de ses troupes. Mais plus que d’un protecteur, le Roi du Nord aura besoin d’amis fidèles qui l’aideront aussi bien face à l’ennemi qu’aux côtés de nos amis, car vous travaillerez en étroite collaboration avec nos alliés riverains et peut-être peyredragoniens. Je sais que vous n’avez pas encore œuvré avec eux, ni le Roi d’ailleurs. Mais la coopération est essentielle dans la réussite de notre entreprise. Nous avons œuvré ensemble pour le Nord, Bowen, pendant vos jeunes années. Je vous ai appris à négocier, transiger, décider et convaincre. Le Roi aura besoin de vous en ce sens, alors que l’encadrement que je lui lègue est constitué pour bonne part de jeunes et fougueux commandants qui auront du mal à agir de façon unie et cohérente, tout autant que de commandants plus expérimentés mais qui ont de vieilles rancunes, surtout pour les chevaliers du Conflans qui furent nos ennemis. Nous devrons dépasser cela. Ou bien nous serons vaincus les uns après les autres. Je ne me vois pas confier cette mission-là à qui que ce soit d’autre. Acceptez-vous cette mission ? |


Je savais que Bowen aussi, comme nous tous, nourrissait de la rancune. Si j’avais pu me passer des riverains, de leurs effectifs, de leurs ressources, je les aurais crucifié les uns après les autres sur la route d’Harrenhal pour montrer au monde ce qu’il en coûte de s’en prendre à mon peuple. Mais ayant accepté de nous rejoindre au moins pour partie d’entre eux, les riverains devenaient mon peuple autant que les autres. Je me contenterais donc de hisser sur la croix ceux qui resteront fidèles à nos seuls véritables ennemis. J’espérais honnêtement que Bowen accepterait, parce que j’avais confiance dans son analyse et surtout, dans sa capacité à se montrer plus fort que les autres, voués à la facilité. Jon m’avait rassuré sur ce point, mais comme Conrad l’avait prouvé depuis vingt ans, un Roi a besoin d’amis. Et je ne voulais pas laisser sur ses seules épaules et celles de Tully le poids d’une coopération qui allait sans doute devoir se faire, au moins pour un temps vues les autres urgences stratégiques, loin de mon regard.





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MessageSujet: Re: Le passé et l'avenir [PV Torrhen]   Dim 28 Mai - 18:41

Bowen n’était plus le féal direct de celui qui lui faisait face avec majesté, il n’était plus son fidèle suivant comme du temps de sa jeunesse, et pourtant, alors que les mots coulaient, qu’ils résonnaient dans la tente et qu’il s’en gorgeait, s’en rengorgeait même, le jeune homme comprenait que le lien qui l’unissait à l’ancien souverain du Nord ne se tarirait sans doute jamais de son côté, qu’il aurait toujours cet ineffable respect pour Torrhen, ce besoin d’avoir son approbation. Réellement, alors qu’il sentait la brûlure du chagrin s’apaiser peu à peu par quelques paroles d’usage, le Glover appréhendait toute l’étendue de l’affection qu’il avait à son encontre, celle d’un garçon qui, ayant grandi trop vite, s’était trouvé un père et s’y raccrochait comme un noyé à sa planche. Plus que l’amour de son propre géniteur, les faits avaient fait que l’un des rares avis à lui être nécessaire était celui d’un autre homme et s’il avait conscience que les événements ne feraient que les détacher, qu’il était désormais un morceau du passé de ce nouvel Empereur, une part de lui, la plus sombre, cachée, désespérée, ne pouvait s’empêcher d’éprouver une fierté presque coupable en entendant ses compliments ou ses louanges sur sa famille.

Les méritait-il pour autant ? Le Poing du Nord en doutait, dans le sens où il estimait que celui qui avait brillé était infiniment plus le fils que l’aide de camp. Après tout, il n’avait fait qu’exécuter des ordres qui s’étaient avéré justes, et organiser au mieux la troupe. Il n’y avait pas là de quoi mettre à rude épreuve son talent de gestionnaire. Il aimait simplement la rigueur du casernement, tout planifier, un peu comme l’ex-roi nordien qui avait du reste considérablement facilité la tâche de toute l’intendance avec ses multiples mesures comme le Charroi royal et autres dispositions qui avaient transformé l’armée batailleuse du Nord en un contingent discipliné et à l’efficacité redoutable pour avancer en territoire hostile. Il était peut-être temps de le soulever :

« Je n’ai fait qu’exécuter de justes ordres, Votre Majesté. Et du reste, toutes les décisions que vous aviez prises en amont ont considérablement facilité notre avancée, notamment du point de vue de l’intendance. Je gage que peu sont aussi préparés que nous, et c’est grâce à la lucidité que vous avez eu depuis toutes ces années de préparer le Nord aux échéances qui approchent. »

Certes, Bowen avait amplement conscience que cela grevait considérablement les finances du royaume et qu’il viendrait un moment où soutenir un tel train d’effort ne serait plus possible, sans compter la kyrielle de réformes qu’il faudrait mettre en œuvre rapidement une fois les affrontements finis pour retrouver une économie stable et pacifique. La tâche s’annonçait rude, surtout dans ce Nord guère productif et à présent tellement habitué à une centralisation qui, trop poussée, pourrait un jour s’avérer mortifère. Pourtant, pour le moment, force était de constater que sa patrie s’était muée en une redoutable machine de guerre, et ce pour le meilleur. Tant que l’édifice tenait … Il n’y avait pas de raison de ne pas louer son bâtisseur.

Entendre louer sa famille décimée lui mit également un peu de baume au cœur, comme toujours quand quelqu’un reconnaissait le sacrifice consenti par les Glover pour la survie du Nord. Certains auraient susurré à son oreille que les paroles de Torrhen n’étaient, une fois encore, que condoléances de circonstances et d’usage, pourtant, Bowen avait le fol espoir ou la douce naïveté de les croire véridiques. Il savait que son père avait, dans des temps reculés, sauvé la vie de son souverain, que Galbart Glover avait toujours été un banneret soucieux de ses devoirs, au point de tout abandonner à l’appel de son roi tout en sachant pertinemment que sa maison pourrait en subir de tristes conséquences. Il lui avait laissé son fils aîné pendant de longues années, défendant sans cesse la politique royale auprès de ses pairs quand certains pouvaient émettre des doutes vis-à-vis des constructions pharaoniques du suzerain ou de sa centralisation de plus en plus importante. Pourtant, il n’avait jamais douté, démontrant par ce souci constant d’honorer ses serments qu’il était envers et contre tout fidèle au Nord et aux Stark malgré son mariage avec une riveraine que d’aucuns avaient pu lui reprocher. Aussi, il finit par acquiescer doucement, la gorge trop nouée pour parler, et s’approcha sans mot dire de la carte que lui désignait Torrhen, ses yeux scrutant les informations stratégiques annotées dessus avec intérêt, ses sourcils se fronçant à mesure que l’Empereur lui expliquait ce qu’il attendait de lui, non pas par rejet, mais parce qu’il réfléchissait tout simplement déjà à la mise en œuvre de pareille entreprise.

Etait-il flatté de savoir que, même au sein de cet Empire qui ne lui était pas forcément familier, une place l’attendait ? Pas nécessairement. Etait-il heureux en revanche de savoir que l’ancien Stark continuait à lui faire confiance ? Assurément. A défaut d’avoir l’idéal politique chevillé au corps, le Glover avait pour lui sa loyauté irrépressible envers les Loups de Winterfell. Où ils iraient, il suivrait. Là était son honneur, son devoir, sa fierté. Tout autre comportement était inconcevable. Détourner Bowen de son mentor et de sa descendance aurait demandé un véritable séisme, quand bien même il avait une certaine appréhension envers tout ce qui se menait. Mais il avait appris à taire ses doutes, et était trop discret pour qu’on remarque que le fidèle de l’ombre pouvait avoir des pensées contradictoires, surtout qu’il ne vocalisait jamais ses rares hésitations, ou alors en ayant longuement soupesé le pour et le contre. Cela rendait ses interventions éparses, quoique importante, car ses interlocuteurs savaient qu’il était particulièrement étrange qu’il discute d’une décision. La pensée de ses futurs enfants et petits-enfants lui arracha tout de même une expression heureuse, avant qu’il ne retrouve sa sobriété ordinaire et qu’il finisse par dire doucement :

« Je ne vis que pour servir là où mon suzerain estimera que je suis le plus utile, comme mon père et mes ancêtres avant moi. »

La gloire d’un commandement le tentait, il ne pouvait pas dire le contraire, pour autant, il savait sa place indispensable également, et savait qu’il était doué pour la gestion, ce qui n’était pas forcément donné à tout le monde. En soi, la conduite de ses propres hommes le contentait, et si Jon Stark préférait l’avoir à ses côtés, alors il ne changerait pas de responsabilité dans l’armée. Bowen n’avait jamais été ambitieux, et du reste, une part de lui répugnait à cette position de guerrier, comme si son cœur tremblait à la perspective de redevenir le monstre de la Mort-aux-loups, la bête assoiffée de sang qui pourchassait sans relâche les sauvageons et se délectait de leurs souffrances. Peut-être valait-il mieux qu’il se contente de l’ombre. Après tout, c’était là qu’il était le mieux, de toute manière. Coordonner les commandants lui convenait, en cela. Voilà une mission dont il pouvait s’acquitter sans trop de problèmes, d’abord parce qu’il connaissait la plupart des chefs nordiens, certains étant même ses parents, comme Karstark ou Manderly. Et pour les riverains … Il n’avait jamais renié ses origines. Sans doute le choix du souverain n’avait d’ailleurs rien d’étranger à cela. La question lui brûlait les lèvres, et il finit par la poser d’un ton neutre :

« Sont-ce les origines de ma défunte mère qui vous ont fait penser que j’étais le mieux placé pour m’acquitter de cette tâche ? »

Si c’était le cas … Il avait vu juste.

« Je n’ai aucune aversion envers les riverains. Les Nerbosc sont mes cousins, de même que les Tully par mariage, bien que nos relations aient été pour le moins … discontinues, au vu des conflits entre le Conflans et le Nord. Cela ne veut pas dire pour autant que ma famille a jamais oublié le sort qui s’abat sur ceux qui font le sacrifice de la vie des leurs. Mon sentiment n’est peut-être pas partagé par tous, mais je suis heureux de ne pas avoir à combattre les frères de ma défunte mère. Je l’aurais fait, évidemment, sans la moindre hésitation, mais j’apprécie simplement la chance de pouvoir œuvrer avec tous les miens pour la même cause.

Nous ne sommes pas si différents des riverains. Du moins … Je le crois. »


Bowen plongea son regard opale dans celui de Torrhen, avant de conclure avec une certaine solennité :

« Si vous m’estimez digne de cette mission, et si le roi du Nord n’y voit point d’inconvénient … Je la ferai mienne, et j’espère m’en montrer digne. Pour offrir un futur à mes enfants … »

Un instant, il hésita, puis laissa tomber doucement, dans un murmure ténu, comme s’il ne savait s’il était raisonnable, ou simplement convenable d’offrir un tel aveu :

« Ma femme est enceinte, Votre Majesté. Je veux que cet enfant naisse dans un monde plus sûr … »

Qu’il ne subisse pas le même sort que ses grands-parents, que ses jeunes oncles qu’il ne connaîtrait jamais. Que ce Glover ne soit pas menacé comme l’avait été Bowen. Qu’il soit le symbole d’un renouveau si attendu par cette famille harassée par la guerre.


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MessageSujet: Re: Le passé et l'avenir [PV Torrhen]   Jeu 8 Juin - 22:47

Il est temps d’avancer, il est temps d’évoluer. Je ne veux en aucun cas que les choses ne se précipitent, mais je ne suis pas certain d’avoir le choix. Pas aujourd’hui, pas maintenant. J’ai eu des années pour préparer au mieux mon pays à la prochaine guerre. Et maintenant, je me retrouvais à devoir faire de même auprès de bien d’autres royaumes. Ce n’était pas forcément quelque chose que j’avais anticipé. Je pensais simplement, il y a treize ans de cela, que j’allais un jour ou l’autre être à nouveau confronté à une invasion des fer-nés et des troupes du Sel et du Roc. Aujourd’hui, toute cette logistique, ces dépots, ce train, ces entraînements, tout portait ses fruits. Mais j’avais déjà subi bien des pertes. Heureusement, le Nord n’avait eu à affronter pour le moment que deux armées ennemies. Une de fer-nés venus se perdre dans les marais du Neck, une autre de Riverains moins nombreux et moins préparés. La bataille n’avait rien eu de facile, rien du tout même, mais nous l’avions finalement gagnée. Et l’ennemi avait perdu son ascendant le plus net, celui d’une supériorité numérique de plusieurs guerriers contre un.


J’en viens à remercier Bowen Glover, qui malgré son jeune âge, était déjà expérimenté. Il ne valait pas un Conrad Omble, ni un Lord Reed ou Karstark, mais il incarnait au même titre que mon fils la prochaine génération de commandants du Nord. Un homme élevé depuis sa prime jeunesse dans le but premier de faire la guerre, un homme qui, de plus, avait peut être, comme moi, sentit l’odeur de la mort et fait couler le sang bien avant de se perdre entre les cuisses d’une femme. Bref. Ce genre d’homme jeune et vigoureux, plein de bonne volonté et de capacité, ne pouvait que mener notre armée à la victoire. Sans se battre, ils avaient fait peser une terrible menace sur les arrières de l’ennemi, problème toujours secondaire mais bien présent, s’enfonçant de plus en plus dans les entrailles du Conflans sans jamais perdre d’effectifs, en dehors de quelques traînards, déserteurs et malades. Rien de terrible, comparé au destin qui aurait pu facilement être le leur. Je hoche la tête aux compliments de celui qui fut jadis mon écuyer.



| Il est vrai que le Train draine nos ressources et fatigue nos hommes, mais il a été efficace. Entre cela et les fournitures gracieusement mises à notre disposition dans un pays dont les places ne sont pas défendues, j’en viendrais presque à regretter d’avoir investi si cher dans notre ravitaillement. Mais c’est aujourd’hui le Détroit qui nous nourrit. Nos navires partent de Blancport et débarquent marchandises à Salins ou Sombreval, avec les fournitures d’autres de nos alliés. Nous avons les reins pour la prochaine offensive. |


Mais pas forcément le cœur. Je ne partirais pas du principe que cette vaste armée impériale allait se mouvoir comme un seul homme. Les riverains étaient d’une loyauté et d’une combativité qui s’avérerait pour le moment douteuse, tandis que les gens de Peyredragon continuaient de plus obéir à leur Reine qu’aux autres officiers, de même chez les nordiens. Au moins nordiens et peyredragoniens avaient-ils déjà remporté une grande victoire ensemble, pris trois villes à l’ennemi de concert. La conquête forgeait l’unité. Mais il restait les riverains à englober, les réticences des nordiens à dépasser, et la déception de Peyredragoniens ambitieux, masqués par leurs nouveaux alliés, à juguler. Il allait falloir fournir de quoi se « nourrir » à toute cette armée pour qu’elle continue de former un tout.


Le fait était que tout le monde attendait quelque chose de l’Empereur. Comme si ce titre m’avait permis de revêtir un pouvoir nouveau, qui n’était pas le mien auparavant. Comme si cette nouvelle distanciation avait donné l’excuse au réveil des ambitions, ou au contraire, était génératrice d’attentes. On me soutenait, alors j’étais redevable. Je le sentais parfois, dans certaines discussions. Jamais de façon franche et assumée, bien sûr. Mais cela comptait quand même, pour moi. Les Glover étaient une famille importante au Nord. Pas la plus proche, loin d’être la plus riche ou la plus puissante. Mais honorable. Et elle incarnait mieux que beaucoup d’autre l’esprit de sacrifice qui nous animait tous, au nord du Neck. Personne n’avait autant perdu qu’eux. Mais les Stark dans la souffrance, n’avaient de leçons à recevoir de quiconque. Nous avions payés nous aussi le prix fort, au fil des années, de la défense du Royaume. Tout le monde souffrait.


Et il fallait que cela cesse.


Je savais que je pouvais paradoxalement œuvrer à la paix avec un des meilleurs outils militaires jamais forgé. L’armée nordienne compilait l’expérience et la solidité. La loyauté, également. Sa motivation était la meilleure de toutes les armées de Westeros, forgée en des décennies de combats. Pas tous victorieux, mais les décisions avaient toujours été en notre faveur dans les plus gros conflits, dans les plus terribles face à face. La Mort aux Loups avait achevé de m’attacher l’armée, même de ceux des bannerets les plus éloignés, ou les plus rétifs. Le jeune homme m’interroge sur cette mission. Il l’accepte. Je le laisse continuer. Jusqu’à ce qu’il m’annonce du bout des lèvres qu’il sera père. Mon visage s’illumine dans l’un de ces rares instants où la surprise l’emporte sur la réserve. Je ris et lui donne une grande tape sur l’épaule, au mépris du protocole et de toutes les convenances ; je reste nordien dans mon cœur comme dans mes actes, tout Empereur suis-je devenu.



| Félicitations, mon garçon ! Que dis-je ! Cela fait longtemps maintenant que vous êtes un homme. Doublement accompli aujourd’hui ! Bravo ! |


Ce genre de nouvelles était toujours plaisant. D’un pas vif, j’allais nous servir une grande corne de ce vin sudien peu goûteux, mais qu’importe. Je lui place une des coupes en main avant d’entrechoquer la mienne contre elle.


| A l’avenir des Glover ! |


Et j’en bois une longue rasade, avant de reprendre.







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Le passé et l'avenir [PV Torrhen]
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