AccueilAccueil  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
(flashback) Bowen & Maedalyn - « Et nous avons des nuits plus belles que vos jours »
MessageSujet: (flashback) Bowen & Maedalyn - « Et nous avons des nuits plus belles que vos jours »   Mer 10 Mai - 23:09

J’ouvris les yeux. Les rayons du soleil levant me firent ouvrir les paupières. Il me fallut plusieurs secondes afin de me rappeler où j’étais. Surtout, avec qui j’étais. La veille, j’avais épousé Lord Bowen Glover. La veille, j’avais été impressionnée par sa carrure, son charisme et son assurance... Mais je semblais avoir été emportée par un entrain inattendu. J’avais toujours imaginé le mariage comme une contrainte, un sombre devoir auquel je devais me plier tôt ou tard. Et pourtant, alors même que je me remémorais la nuit dernière, il n’y avait eu aucun cri, aucune larme et je m’étais naturellement réfugiée dans les bras de Bowen. Certes je connaissais Lord Glover depuis longtemps, certes il ne m’était pas étranger. Les quelques échanges que nous avions eu m’avaient fait entrevoir un homme doux, patient et droit. Je qualifiais ses qualités comme denrées rares chez un homme. Je trouvais, automatiquement, les nordiens rudes, vulgaires et irrespectueux. L’homme que je venais d’épouser semblait être en totale opposition avec ce que j’avais l’habitude d’observer. Cette nuit de noce m’avait incontestablement fait revoir mes partis-pris. J’attendais. Je trouvais cette chance trop belle pour être vraie. Quel défaut allait se révéler au grand jour ? Cet homme ne pouvait être parfait. Pour autant, jusqu’ici, Bowen faisait un sans-faute. Je l’avouais.

Lorsque j’ouvris les yeux, instinctivement, je me tournai vers Bowen qui dormait encore. Dos à moi, je voyais son buste qui s’élevait et se baissait au rythme de sa respiration. J’attrapai au sol ma chainse. Ce vêtement bien trop fin qu’il m’avait retiré de ses propres mains il y a quelques heures. Cette chainse, qui avait été loin de m’ôter la sensation de ma peau contre la sienne. Je me remémorai ses mots, lorsqu’il m’avait affirmé que j’étais belle. Sans doute, craignait-il de me décevoir. J’avais craint autant plus que lui de le désillusionner. Je sorti de mes pensées en enfilant le vêtement sans le boutonner, faute d’avoir autre chose à me mettre sur l’instant. Je basculai mes cheveux sur mon épaule, passant mes doigts dans ces derniers afin d’y mettre un peu d’ordre. La pénombre régnait encore sur la chambre. On pouvait entendre les oiseaux siffler dehors. Aucune saison n’était chaude dans le Nord. Le fin tissu que je portais n’était de toute évidence pas suffisant pour me protéger de la fraîcheur matinale. Mon regard se perdit sur chaque meuble présent dans la chambre à la recherche d’un habit plus chaud.

Avant de me lever, je me retournai vers Bowen. Toujours endormi, il semblait être paisible dans son sommeil. Prochainement, bien trop tôt, il partira en guerre. Dans quelques jours probablement. A peine mariés qu’il partait déjà. J’avais l’impression qu’il fuyait. Qu’il me fuyait, peut-être. Il n’avait pas prévu de s’unir à moi. Cela ne devait pas faire partie de ses plans. Le fait est qu’il partirait. Je n’irais pas jusqu’à dire qu’il me manquera, puisque je n’avais pas encore eu le temps de m’habituer à sa présence. J’imaginais que peut-être un jour, je me languirais de son retour et j’angoisserais de ne pas le voir revenir auprès de moi. Qu’un jour, je refuserais qu’il parte à la guerre, que mon cœur s’arracherait de le voir partir. Peut-être qu’un jour, un lointain jour, j’aimerai cet homme. A cet instant pourtant, je savais que je serai loin de me languir de lui, bien qu’il ait eu à mon égard, la nuit dernière, une tendresse qui m’avait touchée. Intriguée, même. J'étais fermement convaincue de la sincérité de cet homme, dans ses gestes autant que dans ses mots...

Me redressant, je me dirigeai vers une couverture de fourrure que je m’enroulai autour de moi. Me dirigeant vers la fenêtre, je repoussai du bout des doigts le voilage, observant l’extérieur. Me questionnant sur l’attitude à adopter, je me perdais devant les infinies possibilités qui se présentaient à moi. Devais-je rester ici – devais-je retourner auprès de lui -  ou sortir de la chambre. Je soupirai tout en retirant ma main de la fenêtre. Toujours indécise, je me dirigeai vers la console où se tenait quelques une de mes affaires. Je saisis un flacon d’huiles essentielles pour m’en déposer quelques gouttes au creux du cou et sur l’intérieur de mes poignets. Tenant fermement la fourrure sur ma poitrine, je me retournai vers le côté de mon lit, et m'y assise.

Je sentis alors que Bowen se tourna. Je l’avais, involontairement, sans doute réveillé. Je fermai les yeux tout en réalisant que la confrontation était inévitable. Je soupirai. Suite aux évènements de la veille, je me sentais intimidée, presque gênée. J’avais vécu un moment intime avec un homme qui m’était encore inconnu quelques mois de cela. Je tournai mon visage vers lui. Ouvrant les paupières, son regard se posa finalement sur moi. Je ressenti alors immédiatement le poids de ce regard. Tel que je détournai des yeux, trop timorée pour m’y confronter. Tout était nouveau pour moi, comme pour lui, j’en convenais.

« Je vous ai réveillé... » murmurais-je, constatant avec regret que son éveil était bien dû à ma personne. Les mots me manquant, je savais que je pouvais compter sur lui pour combler le vide que je laissais, malgré moi, investir la conversation. Encore gênée par la nuit dernière, par les souvenirs charnels qui m’assaillaient, je n’avais pas l’assurance de le regarder dans le blanc des yeux.


avatar

Feuille de personnage
Titre de Noblesse ou Métier: Lady et épouse du seigneur de la maison Glover.
Âge du Personnage:
Allégeance: Ma loyauté va à mon Souverain.
Nous levons le poing.
Messages : 381
Membre du mois : 147
Célébrité : Alexandra Dowling.
Maison : Glover.
Nous levons le poing.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: (flashback) Bowen & Maedalyn - « Et nous avons des nuits plus belles que vos jours »   Mar 23 Mai - 18:37

« Il était temps que je sorte du pays des songes, de toute manière … »

Encore ensommeillé, Bowen laissa échapper un mince bâillement qu’il réprima aussi vite et discrètement que possible, ravalant ce signe peu délicat de fatigue pour mieux faire face à celle qui partageait ses draps et qu’il pouvait désormais appeler pleinement son épouse. Cette pensée lui arracha malgré lui une expression relâchée, détendue, si rare sur son faciès soucieux, et tandis qu’il se redressait légèrement, sa main vint caresser avec une tendresse rugueuse la joue de sa compagne de chambrée, comme il l’avait si souvent fait cette nuit-là, le jeune homme déclara doucement, l’ombre d’un sourire flottant sur ses lèvres sèches :

« Et puis, un tel spectacle appelle au réveil, ne croyez-vous pas ? Je serais un mari bien malavisé que de ne pas profiter dès le petit matin de la chance qui m’a été accordée d’être à vos côtés, ma dame. »

Surtout qu’il ne l’aurait pas pour longtemps, et une fois parti … Pas avant de longs mois. Années peut-être ? Nul doute que la campagne dans le Conflans serait longue et difficile. Bien sûr, l’avancée de l’année faisait que les armées du Nord allaient tenter par tous les moyens d’avancer le plus vite avant que l’hiver ne rende les combats impossibles. Cependant, en son for intérieur, le Glover doutait fortement de leur capacité à faire plier la plus grande armée de Westeros en quelques mois seulement. Il faudrait du génie militaire, une chance remarquable, et un affaissement inédit de la ruse du Noir. Or s’il y avait une chose que le Poing du Nord avait appris de son temps de formation auprès du roi Torrhen Stark, c’était que le caractère retors des Hoare n’avait guère d’égal sur cette terre. Il se souvenait encore de cette ultime année de lutte dans la grande guerre dévastatrice ayant opposée le Nord et le Conflans : acculés sur leurs lignes, les nordiens n’avaient jamais cédé. Mais à quel prix ? Et pour quels résultats ? Ils n’avaient pas plié, tout en étant incapable de porter le feu sur les terres adverses. Alors oui, fort de cette expérience, Bowen abordait les batailles à venir avec une prudence que beaucoup n’auraient pas soupçonné chez un jeune loup du Nord. En un sens, cela le rassurait : malgré sa sauvagerie lors de la Mort-aux-loups, il parvenait encore à raisonner en guerrier, et non pas uniquement en bête assoiffée de sang. Peut-être que le temps faisait déjà son œuvre. Ou que l’appel du sang demeurait encore trop lointain pour qu’il ne cède à ses bas instincts, alors qu’il pouvait tenir entre ses bras une femme aussi charmante – sa femme, ne put-il s’empêcher de penser dans un frisson.

« J’espère que … vous avez réussi à trouver un sommeil aussi doux et réparateur que possible … Maedalyn. Et que vous n’éprouvez point trop de dégoût à mon endroit après cette soirée passée en ma compagnie.

Croyez-bien que … Tout ce qu’il s’est passé, je l’ai désiré, mais ai toujours essayé que ce soit le cas pour vous également. Et que j’ai tenté de vous plaire au moins un peu. »


Il aurait voulu dire … Par les Anciens Dieux, tant d’autres choses ! Qu’il avait adoré la tenir contre lui, parcourir son corps et son intimité de baisers, lui arracher quelques gémissements de plaisir et exclamations promptes à déchaîner un homme ardent à son office, que sa langue gardait encore le goût exquis de son désir sur ses papilles, qu’il avait eu une jouissance infinie à l’aimer, comme un artiste révélant au monde tout l’attrait qu’il avait pour sa muse. Bien sûr, tout ne pouvait avoir été parfait, et il avait conscience que certains de ses gestes avait peut-être pu … la choquer, quand bien même il avait été déterminé à donner à son épouse du plaisir avant de la déflorer, pour éviter une expérience qu’il savait par les rumeurs des uns et des autres trop souvent désagréable, voir douloureuse. Sa première amante avait été catégorique sur cette partie en lui offrant les conseils qu’il avait quémandé : trop d’hommes se ruaient à l’assaut de la forteresse au pont-levis enfin rabaissé pour se soucier de leur malheureuse épouse inexpérimentée et soumise soudain à des assauts dont elle devait ignorer tout. Mais, maintenant qu’il y repensait, le jeune homme ne pouvait s’empêcher d’éprouver une certaine honte, se demandant si ce genre de gestes n’étaient pas, à la réflexion, capable de heurter une dame de haute naissance, qui devait lui imaginer une vie de débauché pour avoir agi naturellement de la sorte … Alors que cela avait plus tenu à une impulsion qu’à un réel plan de bataille préalablement ébauché et mené à son terme. Bowen avait simplement … voulu que sa femme passe un moment pas trop difficile entre ses bras, car s’il savait pertinemment qu’il était possible qu’elle n’éprouve jamais rien pour lui, tout comme la réciproque pouvait arrivait également, il se refusait à imaginer sans avoir au moins essayé une vie maritale froide et sans âme, aux bras d’une femme qui n’éprouverait que répugnance et douleur à se donner à lui.

«Vous êtes libre de partir, si vous le désirez. Ou de rester un peu en ma compagnie pour que nous discutions. Le choix vous appartient, même si je ne cache pas que j'apprécierais vous savoir encore un peu à mes côtés. »


Spoiler:
 
avatar

Feuille de personnage
Titre de Noblesse ou Métier: Lord Glover de Motte-la-forêt, Seigneur du Bois aux loups
Âge du Personnage: 21 ans
Allégeance: Ma loyauté va à mon Souverain.
Nous levons le poing.
Messages : 70
Membre du mois : 40
Célébrité : Richard Madden
Maison : Glover
Caractère : Mélancolique ♦ Loyal ♦ Sans pitié ♦ Gestionnaire avisé♦ Rancunier ♦ Bon combattant ♦ Torturé ♦ Galant♦ Austère♦ Discret♦
Nous levons le poing.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: (flashback) Bowen & Maedalyn - « Et nous avons des nuits plus belles que vos jours »   Dim 4 Juin - 2:15



La gêne envahissait tout mon être. Il était pourtant bien risible de ressentir une quelconque honte. Il affirma qu’il avait assez dormi. J’imaginais aisément, qu’avec son statut, les longues nuits ne devaient pas être bien nombreuses. Je fuyais son regard. Alors tournée vers lui, il enchaina avec des mots prévenants. Son affection, sa tendresse venue de nulle part me laissaient pourtant désorientée. Sa gentillesse m’étonnait encore et je me trouvais bien chanceuse d’être tombée sur un époux si attentif. Où était le piège ? Quelle était l’imperfection de cet homme ? Je ne pouvais avoir tant de fortune au point de tomber sur un homme sans défectuosité. Et pourtant, il me regarda et son parfum envahit mon espace, il avait une petite fossette sur le coin de la joue, ses yeux étaient clairs, j’eus l’impression d’être transpercé de part et d’autre lorsqu’il évoqua la nuit dernière. Je sentis le rouge monter à mes joues.

« Épuisée, rien d’anormal en ces circonstances, je présume »

« Tout ce qu’il s’est passé, je l’ai désiré » entendais-je Bowen Glover me souffler.
Le genre d’éloge qu’on savoure. Certes... Mais je ne voulais pas qu’il s’en aperçoive. Il ne le fallait pas. Je craignais tant qu’il devine cet émoi secret. Il me semble, pourtant, qu’il le devinait peut-être. Ou je craignais qu’il ne le fasse. J’avais peur qu’il lise en moi à livre ouvert, qu’il voie dans mon cœur ce qui s’y passe. Voilà le fait essentiel : j’avais le sentiment qu’il découvrait au fond de moi ce que je souhaiterais tellement pouvoir cacher. Cacher à Bowen et à tous ceux à qui j’avais déclaré que jamais, au grand jamais, je n’accepterai jamais un mariage de convenances. Cacher à tous que j’en semblais pourtant satisfaite dès le lendemain de celui-ci. Cacher même que j’y avais pris un certain plaisir. Alors oui, je rouge me montait aux joues. L’inquiétude qu’une pensée intime ne se dévoile. La crainte de ne pas échapper au regard qui m’observe ou même à l’esprit de mon époux qui me sonde. La crainte d’être devinée, démasquée. Le sentiment qu’on lit au fond de moi à livre ouvert. Le sentiment que l’on pénètre en moi.  

En parler me gênait. Terriblement. Et pourtant je ne désirais pas passer pour la jeune vierge fraichement déflorée n’assumant pas ses impulsions de la veille. Je me souciais, sans doute, un peu de mon visage que je voulais garder calme et naturel. Mais ce qui était dominant en moi à cet instant, c’était la crainte qu’on ne voie au fond de mon âme ce que je tenais à cacher. Ce que j’avais ressenti la veille n’avait rien de platonique. Mon cœur avait battu à me rompre la poitrine. Mes mains, pourtant novices, s’étaient posées si naturellement sur lui. Rien de tout ce qu’il s’était passé la veille dans ce lit n’avait été prémédité. Je n’avais pas été spectatrice des faits qui s’étaient déroulés. Mais ce matin, les faits étaient difficiles à assumer pour moi. De poser des mots dessus.

«  (...) j’ai tenté de vous plaire au moins un peu.» « Je semble être bien chanceuse de me trouver à vos côtés, Bowen. N’y voyez pas là une simple formule de politesse mais bien ma pensée profonde » Mais je ne répondais pas là à sa question, j’en convenais. « Je ne saurais dire ce qui m’a déplu. Est-ce là une réponse à votre question ? »

Allongée face à lui, les rayons du crépuscule se posant sur ma peau, j’attendais d’observer sur son visage les conséquences de ma réponse. Si nous en étions aux confidences, il venait d’obtenir la mienne. Sincère et spontanée. Peut-être semblait-il s’inquiéter de savoir si je souhaitais déjà le quitter, mon devoir marital accompli. En vrai, il n’en n’était rien. Sa démarche, plutôt touchante, me décrocha un sourire subtil. En guise de réponse, je me repositionnai en me mouvant quelque peu vers lui. M’encrant à ses côtés. Sur le côté, mais bien face à lui. Son regard était bien souvent déterminé. Il l’était à ce moment précis. Mes yeux plongés dans les siens, je l’examinais.

« Vous avez eu le choix de demander en épousailles toutes les jeunes femmes du Nord en âge de se marier. Et pourtant, votre  choix s’est porté sur moi... Expliquez-moi pourquoi, Bowen. » Lui demandais-je avec une malice difficilement dissimulable. Mais ma question était belle et bien sérieuse en dépit de ce que je tentais de lui faire croire.


avatar

Feuille de personnage
Titre de Noblesse ou Métier: Lady et épouse du seigneur de la maison Glover.
Âge du Personnage:
Allégeance: Ma loyauté va à mon Souverain.
Nous levons le poing.
Messages : 381
Membre du mois : 147
Célébrité : Alexandra Dowling.
Maison : Glover.
Nous levons le poing.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: (flashback) Bowen & Maedalyn - « Et nous avons des nuits plus belles que vos jours »   

Contenu sponsorisé
Revenir en haut Aller en bas
 
(flashback) Bowen & Maedalyn - « Et nous avons des nuits plus belles que vos jours »
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Reparlons de ce dont nous avons parlé... [PV]
» Nous avons été éduqués pour détruire le projet de 1804
» Nous avons besoin de vous !
» Jessica † « Nous devons être prêts à abandonner la vie que nous avons planifiée, afin de vivre la vie qui nous attend. »
» [Post GS] - Nous avons perdu une bataille mais pas la Guerre. [Spectres/Prisonniers de Guerre]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Bloody Crown :: 
Pays Nordiens
 :: Le Nord :: Blancport
-
Sauter vers: