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Tour 4 – Le Conseil du Faucon - Année 0 - Mois 11 - Semaine 2
MessageSujet: Tour 4 – Le Conseil du Faucon - Année 0 - Mois 11 - Semaine 2   Dim 30 Avr - 14:24





Le Conseil du Faucon



Quelques jours auparavant, l’appel à la Sainte-Croisade était parvenu jusqu’au Val d’Arryn, non sans provoquer remous et invectives au sein même du Conseil. Mais la Reine Régente n’avait pas plié. Et maintenant, plierait-elle ? Dans les cuisines, et jusqu’au lavoir, certaines rumeurs disaient que leur si belle et encore si jeune Reine Régente avait pu entretenir quelque relation charnelle avec le Roi Stark. Etait-il donc possible que, si les Montagnes du Val étaient imprenables, de par leur relief et leur physionomie, il en aille bien différemment du corps de leur régente actuelle ? Et ne disait-on pas que, souvent, femme varie ? Bien sûr, nul n’évoquait publiquement et à mots clairs et directs cette possibilité ou ce doute, parmi les nobles membres du Conseil du Val. Même si dans l’esprit de certains, l’idée faisait son chemin. Tous avaient des préoccupations bien autres, face à cette missive annonciatrice dont le contenu venait tout juste de leur être révélé. Une missive qui se trouvait entre les mains fines et délicates de la Régente Sharra Arrryn. Une missive vers laquelle tous les regards convergeaient, ceux des nobles présents aux Eyrié et réunis à la hâte au sein de la Salle du Conseil, qu’ils en soient membres ou non, mais aussi ceux du personnel de maison, présent en ces lieux dans le cadre de leur travail quotidien au service de la royauté. Le Roi Stark avait pris femme, en la personne de la Reine Targaryen. Mais ce n’était pas tout. Au nom de sa jeune épouse et en son propre nom, le Loup du Nord annonçait à la Régente de la Montagne et du Val, et sans nul doute à plus large échelle à la face du monde, la naissance d’un Empire autoproclamé. Tous assis autour de la table que présidait Sharra Arryn en l’absence du Roi, les nobles du Val ne manquaient pas de réagir aux deux nouvelles conjointes, même si la seconde des nouvelles occupait la première place au cœur de leurs réactions.

Lord Cirley était parmi les plus virulents et s’insurgeait d’ores et déjà contre le contenu et les sous-entendus de la missive. Sans doute parce que ses terres étaient situées si près de la frontière sud, et qu’en cas d’attaque en provenance de Peyredragon, il serait le premier en danger. Sans doute échaudé par la rebuffade qu’il avait essuyé quelques jours plus tôt de la part de celle que tous ici savaient être sa maîtresse, Lord Rougefort gardait le silence, non sans que tous ne sentent très bien qu’intérieurement, il bouillait d’envie et de rage d’agir et de réagir. Lord Royce semblait, lui, opter pour une réponse diplomatique, arguant qu’il serait bien malvenu d’ignorer la missive, ou de lui exposer quelque fin de non-recevoir des plus brutales et tranchante, au risque de se faire un ennemi de cette puissance émergente et nouvellement née. Ainsi donc n’avait-il pas la rancune tenace et la haine nordienne naissante, après que les projets d’union entre sa belle-sœur et l’héritier du Nord aient été avortés. Un autre noble se rangea à son avis, arguant que l’alliance entre le Nord et le Val n’avait pas encore été rendu caduque, et que ce serait donc trahison pour Torrhen Stark que de violer cet accord en leur déclarant la guerre, sauf si, bien sûr, on lui fournissait sur un plateau quelque raison de s’estimer en son bon droit. Quand à Lord Descarpe, à la grande lassitude de ses voisins de table, à en croire ses « Comment ? Qu’est-ce qu’elle a dit ? » vagissants, il n’avait encore rien entendu et donc rien compris, bien qu’il se soit enfoncé son cornet pratiquement jusqu’au fond de l’oreille. Son grand âge l’avait rendu sourd depuis longtemps déjà, mais la vieillesse refusait de l’emporter, alors qu’il avait pourtant déjà enterré un à un ses enfants, et qu’il était en passe de voir naître, de son vivant, la 5e génération de ses descendants. Si bien que ne comprenant pas plus lorsqu’on lui réexpliqua la chose en tentant de ne pas s’énerver, il en vint à changer de sujet et à mettre sur la table le sujet des récentes attaques menées par les Clans des Montagnes. Les Clans des Montagnes, cette épine dans le pied du Val, depuis déjà si longtemps. Un jour viendrait où, en sous-main, une puissance étrangère en viendrait probablement à utiliser ce terreau de rebelles pour s’infiltrer jusqu’au cœur du Val et l’affaiblir.

D’ailleurs, brusquement, saisissant l’occasion en plein vol, Lord Rougefort prit la parole, non sans évoquer une nouvelle fois la présence de peintures de loups sur bannières, armes et boucliers montagnards, et sans appeler une fois encore à la croisade contre impies de tous bords. La protestation générale fut immédiate, et déjà, la quasi-totalité des autres nobles lui rappelèrent que, présentement, là n’était pas exactement le sujet, alors Lord Royce, une nouvelle fois, vilipendait cette jalousie maladive tournant à l’obsession envers celui qui, à en croire ses mots, venait tout juste de cesser d’être le Roi du Nord. Le chahut régna, explosa. Lord Descarpe hurlait de plus en plus fort qu’il n’avait rien entendu jusqu’à venir taper son cornet sur la table comme pour le déboucher. A mesure que chaque Lord se levait précipitamment de son siège, tapait du poing sur la table ou se lançait dans des mouvements de bras aériens, plusieurs coupes de vin furent renversées dans des gestes brusques en projetant le liquide carmin sur les habits des servantes et échansons initialement venus combler les besoins en fruits et en vin. Les gardes postés à l’entrée se regardaient l’un l’autre, comme hésitants face à l’attitude à adopter. Ils attendaient un signe de la Régente, mais celui-ci ne venait point, pour le moment. Lord Cirley devint tout rouge à force de s’égosiller que le monde ne tournait pas autour de Lord Rougefort et qu’il aimerait bien que l’on écoute ses inquiétudes, parce qu’on serait bien avancé le jour où Wickenden serait réduite en cendres, et toute sa fameuse cire d’abeilles avec, après que Rhaenys Targaryen et son foutu dragon aient fondu sur le Val, sans mauvais jeu de mots. Demeuré silencieux depuis le début de la réunion improvisée, et resté assis, Smaug Corbray ne pouvait cependant s’empêcher de marquer son agacement face aux comportements de ses comparses : sa mâchoire inférieure était crispée, cela se voyait à la protubérance inhabituelle de ses os maxillaires sous la peau, et il martelait le bois de la table en une cadence régulière de ses ongles, non sans échanger un long regard lourd de sens et de sous-entendus silencieux avec sa sœur aînée.

D’une voix assurée mais néanmoins très exaspérée, et après s’être brusquement redressée en repoussant sans ménagement son siège, ce qui fit sursauter Lord Descarpe, Sharra Arryn exigea finalement le silence, non sans se priver de leur rappeler, à tous, qu’en tant que nobles, on attendait plus de maturité et de prestance de leur part. Rappelant chacun à ses obligations, ainsi qu’au contenu de la missive qu’elle tenait encore en mains, non sans quelque peu l’avoir froissée en serrant le poing, la Régente du Val et de la Montagne énonça le sens des priorités. On ne réglerait pas en un tour de main le cas des Clans des Montagnes, pour la simple et bonne raison qu’il ne s’agissait pas là d’une toute nouvelle menace, mais bel et bien d’un problème latent et ancien. Et il n’était pas question de se comporter comme des rustres trop éméchés ayant perdus tout sens commun, toute règle de savoir-vivre et toute lueur de lucidité. Il fallait dépêcher un corbeau à Torrhen Stark le plus vite possible, avant qu’il ne vienne idée à celui-ci ou, pire, à sa jeunette d’épouse, de penser que qui ne dit mot consent, ou bien encore que ce délai de réponse était signe de quelque manifestation hautaine et méprisante. Des sous-entendus concernant ses relations charnelles, elle ne dit rien, mais son regard ne trompait point : il ne fallait pas plus longtemps s’évertuer à s’aventurer sur ce chemin escarpé, sa patience avait des limites, et elle n’était après tout pas la mère de n’importe qui. Finalement, elle trancha la question initialement soulevée, en suivant la position de Lord Royce : il allait falloir faire montre de diplomatie, sans courber l’échine et ployer le genou. Et elle avait déjà idée de la façon d’agir en ce sens.

Drapés dans leur noblesse, capés de cette grandeur et de ce prestige dont ils se gargarisaient, et parés de leurs prétentions à être obéis et entendus, en tout lieu et en toute chose, tous ces nobles se considéraient comme étant bien au-dessus de tous au sein du Royaume du Val et de la Montagne. Pour ainsi dire, une fois encore, ils en étaient venus à totalement faire abstraction de la présence à leur proximité de la domesticité et des gardes. Ils les avaient oubliés, comme si leur présence était si peu marquante qu’elle ne méritait pas d’être remarquée. Pourtant, ils étaient bel et bien là, gardes, servantes, échansons, et autres serviteurs. Ils étaient là, et ils avaient des oreilles. Et des yeux, aussi. Mais étaient bien trop fidèles à leur royaume pour se laisser aller à toute tentative d’espionnage pour le compte d’une puissance étrangère. On ne trahit pas le Val lorsque l’on en est originaire.  L’honneur et la piété n’étaient-ils pas deux des grands préceptes guidant les pas et la main de chacun, en ces contrés ? Mais, tout de même, qu’ils avaient une si haute estime d’eux-mêmes, ces nobles qui revendiquaient voir couler dans leurs veines le sang de la plus ancienne noblesse andale de tout Westeros ! Ils parlaient, et ces silhouettes si invisibles pour eux entendaient, à moins qu’elles n’écoutaient, se tenant à quelques pas seulement, prêtes à remplir de nouveau les coupes de vin qui se seraient vidées …  Comme d’habitude, ils s’entouraient de toutes ces missives, de toutes ces cartes sur lesquelles ils élaboraient stratégies et décisions diplomatiques, et les silhouettes voyaient, observaient, tout en attendant le moindre signe qui leur signifierait que, par ici, on souhaiterait une nouvelle assiette de fruits, pour se sustenter. Ils étaient si peu nombreux, au regard du restant de la population, et pourtant, c’étaient eux qui décidaient de tout, pour toutes et pour tous … Si les choses étaient immuables, et qu’il y avait sans doute quelque logique dans tout ceci, il n’en demeurait pas moins qu’on jouait avec la vie des petits, et que ceux-ci n’avaient jamais voix au chapitre … Est-ce qu’au sein de cet Empire naissant, il en irait de même, ou n’était-ce là qu’un tour de passe-passe de plus, une façon comme une autre de perdurer au sein de principes hiérarchiques et sociétaux vieux comme le monde, mais que l’on voulait pourtant présenter comme innovants ?

Par Megara

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