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Morituri te salutant [Terminé - Tour IV]
MessageSujet: Morituri te salutant [Terminé - Tour IV]   Ven 7 Avr - 17:38

Silencieusement, Robb arpentait les remparts des Météores, veillant à se tenir en permanence en dehors de la portée de leurs assaillants, dont les tentes étaient hélas visibles depuis les saillies rocheuses sur lesquelles étaient perchées la forteresse, seul le vacarme provoqué par la Torrentine venant éveiller de leur torpeur les soldats des deux camps belligérants, en cette heure d’après-midi écrasée par la chaleur typiquement dornienne. Nul doute que les bieffois devaient cuire dans leurs armures à cette heure, les embruns n’étant pas suffisamment efficaces pour les soulager de la moiteur ambiante. Et dire, que comparé au reste de la Principauté, les Montagnes Rouges et les rivages fournissaient le temps le plus accueillant … Sûrement, leurs ennemis souffriraient mille tourments avant de pouvoir obtenir gain de cause. Dorne pouvait bien mourir : elle emporterait ses adversaires dans une tombe ensablée, parsemée du venin de ses scorpions.

Partout, les oriflammes du Bief flottaient, et au large, les boutres menaçantes de la flotte de fer coupaient la vue du Dayne, qui ne se faisait guère d’illusion sur ses chances de survie. Coupés de tout, en infériorité numérique … Leurs choix étaient minimes. Mais il ne faillirait pas. Il savait parfaitement dans quoi il s’engageait quand il avait demandé son congé à Deria, et au seuil de son existence, il se sentait empli d’une sérénité étrange, comme si toute sa vie n’avait été qu’un long apprentissage pour parvenir à l’ultime accomplissement : cette bataille qui venait. Son foyer était assiégé. En tant qu’Epée du Matin, il se devait de le défendre jusqu’au dernier sang, jusqu’à l’issue funeste. Il devait être le porte-étendard de la fière résistance dornienne, et faire payer chaque mouvement, chaque goutte de sueur versée, chaque mort tombé aux bieffois, jusqu’à ce que lui-même ne tombe.

D’une certaine façon, il avait mis ses affaires en ordre avant de partir. Sa résolution était donc complète, profonde. S’il partait … Il n’aurait pas de regret. Il avait vécu une belle vie, l’un dans l’autre. Il avait exploré des contrées que peu de gentilshommes de Westeros verraient jamais, avait connu les faveurs des plus belles femmes, combattu contre des adversaires de renom, reçu un enseignement des plus complets, obtenu l’un des titres les plus prestigieux du continent. Il avait connu l’amour et la vie. Et peut-être que, sans le savoir, il l’avait donné, comme un ultime cadeau à celle qui avait occupé la majorité de ses nuits durant cinq années. Là résiderait sans doute sa principale amertume : de ne jamais connaître cet enfant, l’héritier de Deria … Le sien, conçu dans une après-midi comme celle-ci. Qu’il soit de lui ou pas, d’ailleurs. Il connaissait trop bien les goûts de la Princesse pour ne pas se douter des dessous de cette naissance.

Des pas résonnèrent derrière lui, venant des escaliers menant aux remparts. S’attendant à la relève de la ronde, Robb fut relativement surpris de reconnaître le visage d’Anders. Depuis leur départ, ce dernier s’était montré peu disert, instaurant une distance entre eux qu’il n’avait pas réellement compris, pensant que le jeune homme se préparait à l’échéance funeste et avait besoin en conséquence d’être seul, ce qu’il avait accepté, lui laissant le champ qui lui était nécessaire … Quitte à s’ennuyer parfois terriblement durant les langueurs de la longue traversée de Dorne pour arriver de Lancehélion aux Météores. Lui-même, après tout, était préoccupé de son côté par tout ce qui était advenu durant les dernières semaines, aussi ils n’avaient finalement pas échangé tant que ça, un comble pour les deux amis. Il attendit donc que le demi-frère de la Princesse arrive à sa hauteur pour dire simplement :

« Bonjour, Anders. »

Son regard mauve se perdit dans la marée de bieffois à leurs pieds, et il déclara finalement d’un ton faussement guilleret :

« Prêt à vendre chèrement ta peau ? »


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MessageSujet: Re: Morituri te salutant [Terminé - Tour IV]   Mar 25 Avr - 15:15

Deria avait eu raison. Elles avait envoyé ses hommes au devant du danger. Et sans doute vers la mort. Anders ne lui en voulait pas. Il s'était réjoui de pouvoir œuvrer pour son royaume et tenter de protéger les siens. Que Deria lui fasse confiance et ne cherche pas à le sur-protéger, parce qu'il était son petit frère et qu'elle en avait déjà un (son préféré) au loin. Pourtant, cela ne protégeait pas Roward de se trouver dans l'Orage. Le royaume du cerf couronné avait été malmené lors des derniers mois, par les mêmes ennemis qui se trouvaient aujourd'hui à encercler la principauté... Les ennemis déclarés des Îles de Fer étaient Peyredragon surtout. Et le Nord. Dorne n'avait fait que s'allier... Et se retrouvait aujourd'hui sur le point d'être détruite. Ravagée. Rasée. Dans l'indifférence de ses alliés. Anders ne se faisait aucune illusion sur l'issue de cette bataille. Ils seraient annihilés. Mais pas sans emporter leurs ennemis, le plus possible, avec eux. Il était jeune encore. Il avait la vie devant lui. Et il aimait cette vie. Mais mourir ne le paniquait pas. Il s'était fait une raison. Sa plus grande crainte était que sa mort ne serve à rien et ne permette pas à Dorne de s'en sortir. Il avait des regrets, bien sûr. Il aurait aimé faire encore tant de choses. Il survivrait peut-être... Il n'en avait aucune idée. Il avait promis à ses sœurs... A Arianne... De faire son maximum pour rester en vie. Pour revenir. Une promesse pas toujours évidente à tenir et qui ne dépendait pas que de lui malheureusement. Mais il ne sauverait pas sa vie comme un couard. Jamais.

Son état d'esprit oscillait entre la fébrilité et la sérénité. L'impatience d'en terminer et de connaître l'issue de cette bataille et le calme précédant la tempête. Il n'était sans doute pas le seul. Il avait gagné en maturité au cours des derniers mois. Il n'était pas moins impulsif ou colérique, mais il était davantage sérieux et réfléchi, prenant un peu de distance sur la situation et faisant parfois montre d'un esprit d’analyse qui avait surpris ses sœurs. Le jeune bâtard était loin d'être idiot. Comme Roward qu'on avait tendance à sous estimer. Il avait été protégé et couvé, le petit prince de Dorne, mais il avait du grandir rapidement lui aussi au cours de la dernière année.

Le bâtard princier se dirigea vers les remparts, afin de visualiser un peu l'étendue de la catastrophe. Leurs ennemis qui semblaient partout à la fois. Il ne s'était pas attendu à y trouver Robb... Robb qui avait été un mentor, un ami, qu'il appréciait... Qui couchait avec Deria. Anders le savait. Les serviteurs avaient des yeux et des oreilles et les servantes qu'il culbutait étaient de sacrées bavardes. Cela ne le dérangeait pas outre mesure, il ne s'était jamais leurré sur la sexualité de sa sœur. Là où il éprouvait des difficultés, c'était celle d'Arianne. Arianne qui lui était à jamais interdite, mais qui avait des amants et finirait bien par se marier... peut-être au Dayne. Une jalousie aussi violente qu'irrationnelle s'était emparée du jeune homme. Et ne le lâchait plus. Il s'était fait distant avec son vieil ami et ce dernier n'avait posé aucune question. Il était tenté de faire demi-tour, mais Robb le vit avant.

Il se résigna à avancer et le rejoindre, tandis que le Dayne le saluait.

« Robb. »

Il hocha la tête en guise de salut, avant de regarder l'horizon... Et de sentir son cœur battre plus vite.

« Évidemment. Il ne sera pas dit que la conquête de Dorne aura été aisée. Nous les emporterons avec nous ces maudits bieffois. Si seulement, cela nous permettait de gagner du temps et de sauver Dorne... Penses-tu que cela soit encore possible ? »

Il aurait pu ne pas relancer la discussion et se taire mais... il avait sans doute besoin de parler. Demain, il n'en serait peut-être plus capable...


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MessageSujet: Re: Morituri te salutant [Terminé - Tour IV]   Jeu 27 Avr - 15:56

« Je crois que cette réponse … n’est plus entièrement de notre ressort. »

Combien Robb regrettait intérieurement les mots qui sortaient de sa bouche, combien il aurait aspiré à affirmer avec sa morgue ordinaire que Dorne s’en sortirait seule, comme elle l’avait toujours fait, qu’elle serait insoumise, invaincue, intacte. Sauf qu’intact, le royaume ne l’était déjà plus, depuis l’attaque sur Lancehélion, depuis la mort de Meria et Nymor Martell, depuis les événements de Hautjardin. Elle n’était pas invaincue quand la Principauté avait sacrifié nombre de ses pillards pour rendre la vie difficile aux bieffois. Insoumise … Elle l’était encore, et le serait toujours sans doute au fond du cœur de son peuple si fier, si riche de sa diversité … Mais dans les faits, pour combien de temps encore parviendraient-ils à rester à l’écart des puissances qui se déchiraient, de l’empire et de l’emprise des uns et des autres ? Y avait-il réellement, en ce Westeros qui brûlait, de la place pour l’indépendance de leurs terres alors qu’ils subissaient les coups de boutoir du Bief et des fer-nés, dans l’indifférence générale de leurs alliés. Et ce simple fait le hérissait encore plus que tout le reste.

« Si les Météores tombent … L’estuaire sera ouvert. Et je ne me fais d’illusion sur nos défenses dans les Montagnes. Les remparts sont alarmants. En avançant autant par le sud que le nord des Montagnes Rouges, en nous privant de nos navires, l’ennemi tente de prendre les côtes et la frontière. La manœuvre est habile … Et guère difficile quand on bénéficie d’autant d’hommes. »

La mine sombre, Robb pointa du doigt quelques oriflammes vers le bas et ajouta :

« Je doute qu’il n’y ait que des bieffois là-dedans. Combien sont des croisés qui se disaient hier en paix avec nous, et que leurs souverains laissent partir vers nous pour nous piétiner, juste parce que nous sommes plus tolérants, alors même que l’immense majorité de Dorne partage leurs croyances ? Et le pire … C’est que pour leur répondre, nous sommes seuls. »

Son poing se serra sur le pommeau d’Aube et il prit une profonde inspiration, avant de siffler entre ses dents, crachant son amertume comme un serpent distillait son venin :

« Pour que Dorne survive … Il faudrait que nos alliés nous aident. Et vu leur diligence ordinaire, autant dire que nous sommes seuls. Ma nièce serait sans doute la plus prompte à le faire, ne serait-ce que pour rembourser sa dette à notre égard. Le fait est qu’elle n’en a pas les moyens militaires.

Quant aux autres … Je cherche encore ce que l’alliance avec Peyredragon nous a apporté, hormis des ennemis. »


Il renifla avec dédain, et ajouta :

« Et un Prince qui n’est pas avec ses sujets au plus fort du conflit. »

Soudain, Robb s’arrêta, songeant que ses paroles pouvaient être mal interprétées par Anders, aussi il s’adoucit légèrement et murmura, l’air songeur :

« Navré, je sais que vous vous entendez bien. Mais c’est la vérité, et tu sais que le peuple pense la même chose. Quand les cadavres se répandront sur la Torrentine et dans les Montagnes Rouges, la plupart des dorniens se souviendront que celui à qui leur Princesse a offert une lignée royale n’était pas auprès d’eux. Et Lancehélion sera vite oubliée.

Les morts ont la mémoire longue. Hélas. En agissant ainsi, les Targaryens nous ont privé d’un leader … et de la légitimité qui aurait été si importante pour permettre à Deria d’asseoir son époux comme son bras armé, maintenant que Roward n’est plus là pour accomplir ce rôle.

Non décidément, l’un dans l’autre, pour cette alliance, nous avons trop donné, et bien peu reçu. Sauf une annonce d’Empire. »


Une fois de plus, son regard se perdit dans la masse sous leurs yeux, et il déclara, une lueur meutrière brillant dans son regard :

« Donc pour répondre à ta question … Je crois que nous sommes seuls. Et que nous allons mourir seuls. Mais qu’avant, peu importe si Dorne survit ou meurt … Ceux qui viendront fouler ses terres devront conquérir chaque centimètre de montagne ou de désert avec leurs tripes. Et que nous nous ferons un plaisir de les leur arracher, même si les dorniens doivent crever jusqu’au dernier. »


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MessageSujet: Re: Morituri te salutant [Terminé - Tour IV]   Jeu 25 Mai - 13:20

Ils pouvaient bien y mettre tout leur cœur, toute leur habileté, élaborer quantité de stratégies... Ils étaient en sous nombre. Ils finiraient par s'épuiser et tomber alors que l'ennemi était si nombreux. Son regard se porta de nouveau sur le lointain à la réponse de Robb. Réponse pas vraiment encourageante mais... terriblement lucide. Et le Dayne se mit à faire un petit point de leur situation. En fait, ils était acculés et il n'y avait quasiment aucun espoir. C'était aussi simple que cela. Mieux valait qu'il ne tienne pas ce discours à leurs hommes. Ceux qui se battaient avec le désespoir au cœur n'étaient pas vraiment efficaces. Il fallait un but, un idéal... Quelque chose qui transcendait la peur. Mais aux ennemis d'antan s'ajoutaient les fanatiques, qui désiraient imposer leur propre vision de la religion et entendaient bien détruire le reste. Dorne priait les Sept en grande majorité. Mais la principauté tolérait les autres. Et ça, pour le Grand Septon, c'était intolérable. La religion cristallisait la haine. Et voilà que d'autres ennemis s'ajoutaient encore... Comme s'ils n'en avaient pas assez. Et quels alliés avaient les dorniens contre cette coalition ? Aucun. Chacun menait sa propre campagne, oubliait d'honorer ses engagements et venait sermonner Deria pour le même motif. Quelle blague. Mais pourquoi venir aider Dorne après tout ? Quand l'attention générale était focalisée sur eux, d'autres frontières et territoires étaient plus vulnérables ou dégarnis. L'ennemie étirait ses forces un peu partout. Ce serait peut-être sa perte...

« Rien. Cela ne nous a rien apporté... »

Amer constat. Ils avaient sans doute bien mal choisi leurs alliés. La dragonne entendait qu'on lui mange dans la main. Elle était arrogante et susceptible. Butée. Un très mauvais mélange pour qui entendait gouverner. Le dialogue n'était pas possible avec elle. Et elle était rancunière de surcroît, ne pardonnant aucun écart. Exigeant qu'on se prosterne à ses pieds pour avoir la chance d'être, peut-être, pardonné...

Robb ajouta une pique concernant l'absence d'Orys sur le front. Anders se contenta de hausser les épaules.

« A quoi bon ? Nous risquons fort de mourir ici, Robb. Deria n'a pas besoin de perdre un frère, un ami et un époux au même endroit. Il y aura d'autres batailles après nous... »

Mais Robb n'avait sans doute pas tort à ce sujet. Les dorniens n'étaient pas les plus avisés. Ils ne voyaient que le courage et l'honneur de se battre pour leurs idéaux. Qu'importent que tous y laissent la vie et qu'il n'y ai pas de plan de secours ensuite. Malgré son ton calme, Robb avait la colère chevillée au corps. Et ses dernières paroles, même si empreintes de pessimistes, étaient celles d'un guerrier. Anders était bien d'accord avec lui. Mais... il aurait aimé pouvoir vivre davantage encore. Profiter encore. Il avait quelques regrets. Des remords.

« Je ne tiendrai pas mes promesses... »

Il esquissa un sourire en coin, un peu amer.

« Deria et Arianne m'ont demandé de promettre de tout faire pour leur revenir... De ne pas me jeter inconsidérément au devant du danger et de la mort mais... »

Il balaya l'étendue devant lui.

« Il n'y a aucune façon d'être prudent. Et peut-être que c'est l'audace qui pourrait nous permettre d'en tuer massivement... »

Il regarda Robb. Il savait que le Dayne était un amant de sa sœur. Que Deria avait tremblé en apprenant sa grossesse, se demandant sans doute qui en était le père...

« T'ont-elles arraché ce genre de serment intenable ? »


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MessageSujet: Re: Morituri te salutant [Terminé - Tour IV]   Mar 30 Mai - 15:19

« Deria, non. Mais la Princesse aurait dû être en mesure d’assurer à son peuple que celui qu’elle a choisi d’épouser mettait sa nouvelle patrie en premier avant tout le reste.

Et tu sais … Que désormais, le risque pour la dynastie des Martell n’est plus si grand. L’essentiel est assuré. Aussi aurais-je aimé ... Savoir Deria soutenue, épaulée, avant de partir.»


L’allusion subtile ne pouvait échapper à l’ancien bâtard. Pour d’autres oreilles, il eut été sans doute évident que Robb parlait simplement du mariage. La Princesse ayant trouvé époux, les chances de perpétuer le nom du Soleil étaient importantes, et du reste, le fait que Roward ait également convolé en justes noces avec la perspective que certains de ses enfants portent également son nom ajoutait à l’espérance de tous les dorniens d’obtenir rapidement un héritage. Mais pour tous deux, évidemment, le Dayne ne parlait pas de cela. A l’aube de sa mort prochaine, il ne voyait guère l’intérêt de cacher qu’il était au courant pour la grossesse de Deria. Après tout, il était ce vieil ami de la famille, cette ombre gesticulante qui n’avait jamais tu sa proximité envahissante parfois avec les membres de la famille régnante. Pour certains d’entre eux, il était comme un frère, ou un meilleur ami. Anders ne se formaliserait sans doute pas, après tout, imaginer que sa demi-sœur ne l’ait pas mis au courant était impensable pour le jeune homme qui s’exprimait. Oui, il était persuadé que tous les Martell étaient au courant, même Roward par-delà les Montagnes Rouges, ainsi que lui et Orys. D’autres avaient-ils partagés la même privauté, comme des dames de compagnie ou des confidentes ? Cela, il l’ignorait, ne pouvant que supputer, quand bien même il était persuadé que sitôt l’heure de la bienséance arrivée, son amante ne se priverait pas de clamer que malgré les défaites, malgré les dangers, elle portait en son sein la promesse que Dorne continuait de vivre et de croître vigoureusement. Et tous s’esbaudiraient de l’entrain mis par le royal couple à procréer, avec forces plaisanteries grivoises, appréciant le fait qu’au moins, la lignée demeurait assurée.

C’était précisément pour cela que l’absence du Prince consort était si catastrophique à ses yeux. Il avait toutes les cartes en main pour se faire aimer de son nouveau peuple, et s’en privait, sans raison valable. Comme si la dragonne de Peyredragon avait besoin de lui dans la Néra, alors qu’elle était entourée des meilleurs généraux de plusieurs royaumes. Pis, alors qu’elle-même n’avait pas d’autres héritiers, elle le mettait délibérément en danger à combattre les Hoare, alors qu’il aurait pu rester à Dorne et se montrer autrement plus utile qu’en jouant les seconds couteaux derrière son nouveau beau-frère et toute sa clique nordienne. Nul doute que dans les jeux de pouvoir, face à un roi invaincu, le cadet bâtard ne pèserait pas lourd. Non, décidément, Robb ne comprenait pas, peut-être parce que, entre sa famille et les Martell, il n’aurait pas hésité une seule seconde pour choisir ses suzerains. A vrai dire, en raison des tensions entre l’Orage et Dorne, il avait été amené à le faire durant toute sa jeunesse, et s’il avait renoué avec sa nièce, il avait bien conscience que peu importe la cordialité de leurs rapports, Argella n’éprouverait jamais aucun scrupule à se retourner contre sa parentèle maternelle. Dans le jeu des trônes, il fallait faire des choix. Ces derniers, quoi qu’on en dise, parlaient bien davantage que tous les discours et les promesses, que toutes les belles cérémonies et effets de manche. Au final, les dieux et le peuple jugeaient sur la loyauté, la fidélité à long terme. Penser le contraire, c’était déjà perdre pied avec la réalité.

« Les promesses sont faites pour ne pas être tenues, Anders. Surtout celles faites avant de partir en guerre. »

Robb avait toujours détesté les serments, précisément parce qu’il n’était pas le genre d’homme à être capable de les remplir, aussi il les dispensait avec une parcimonie réelle. Au moins, ainsi, il pouvait véritablement jurer être homme de parole, tout simplement parce qu’il l’engageait rarement, et prenait ses serments avec une gravité étrangère à son comportement normal. Il comprenait le besoin d’être rassurée des deux femmes, néanmoins : avide de faire ses preuves et tête brûlée, le Martell était un peu à son image, à prendre tous les risques pour une hypothétique réussite. Au moins la situation actuelle avait-elle l’avantage de la clarté : de toute manière, toute entreprise serait forcément suicidaire, même la plus rationnelle. Ainsi, tous deux pourraient clamer haut et fort avant de mourir qu’ils n’avaient pas été insensés, car les événements les condamnaient de toute manière à l’exploit. Sauf que d’eux deux … Il y en avait un qui devait la tenir, cette promesse. Impérativement.

« Pour autant, j'ai aussi fait un serment … J’ai promis que tu sois en mesure de tenir les tiens. Enfin, je ne vais pas m’empaler au bout de la première pique venue, évidemment. Pourtant … Si je meurs, eh bien, les bordels auront perdu un client de premier ordre. Ce sera tragique, mais pas insurmontable. »

Un sourire ornait son visage, comme toujours quand il plaisantait avant de lâcher une bombe.

« En revanche, si tu es capturé, si tu meurs, ce sera un coup terrible porté au royaume, et tu sais que Deria serait prête à tout, y compris à capituler plutôt que de te voir souffrir. Alors j’ai promis de défendre les Martell, tous, toi en premier.

Ta vie importe plus que tout le reste ici-même, Anders. Tu dois survivre. Pour veiller sur Arianne, sur Deria, sur Roward, sur … Tous ceux qui sont et viendront. »


La gorge momentanément nouée, il eut envie d’ajouter qu’il fallait qu’il veille sur l’enfant de Deria. Sur son enfant. Mais il s’abstint, et à la place, conclut d’un air plus doux :

« Inutile de préciser que pour la garnison, rien de tout cela n’est vrai. Je compte les réunir dans la journée, et tenter de les motiver comme je pourrais.

Il serait bon que tu sois présent. Te voir leur mettra du baume au cœur. »


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MessageSujet: Re: Morituri te salutant [Terminé - Tour IV]   Mer 12 Juil - 14:37

Le regard d'Anders se détourna du Dayne alors qu'il lui confiait ses espoirs concernant Deria et son époux. Le bâtard appréciait Orys. Mais il était tiraillé entre les ambitions de sa sœur et son mariage avec Dorne. La logique aurait voulu qu'il cesse d'être Baratheon/Targaryen pour devenir entièrement Martell et n'avoir à cœur que les intérêts de Dorne, mais c'était utopique et sans doute bien trop demander. Les relations entre le frère et la sœur étaient complexes, mais fortes. Et étant donné le caractère de la dragonne... Bref. Malheureusement, il se pourrait bien qu'Orys, bien qu'ayant sans doute à cœur de gagner le cœur des dorniens, ne puisse jamais s'affranchir de sa loyauté à sa sœur et sa famille et cherche à rattacher Dorne à l'Empire. Ce qui ne ravissait personne. Depuis le début cette alliance était un jeu de dupe. Rhaenys et Deria auraient du être des égales, œuvrant main dans la main pour contrecarrer le Noir, mais dés le départ la Targaryen avait décidé de traiter Deria comme un sujet. Et désormais, l'alliance n'était que de la poudre aux yeux qui n'apportait rien.

« Il le fera probablement lors d'autres batailles. »

Il évita d'ajouter qu'ils ne seraient sans doute plus en mesure de le voir, ni l'un, ni l'autre. Dorne serait sans cesse assaillie, assiégée et de nombreux hommes y laisseraient la vie. C'était ainsi. Il hocha pensivement la tête quand Robb lui assura que l'avenir de la dynastie était assuré de par la grossesse de Deria. Mais mènerait-elle cette grossesse à terme ? L'enfant vivrait-il ? Il y avait trop d'impondérables pour être aussi catégorique.

« De ce que je connais d'Orys et de ce que m'a confié Deria, je pense qu'elle le sera. »

Mais il était sans doute trop tôt pour l'affirmer réellement. Il existait une réelle entente entre les époux. Au moins sexuelle. Et Orys s'était battu pour maintenir cette alliance, étant sans doute celui qui y croyait le plus et œuvrant en ce sens. Maintenant... Il pouvait retourner sa veste, juger que tant d'efforts n'étaient pas justifiés. Que c'était une perte de temps. Qu'il avait assuré son devoir en engrossant la princesse de Dorne et pouvait retourner dans les jupons de sa sœur...

« Je l'espère en tous les cas. »

Ce n'était plus qu'un murmure. Il n'était pas celui qui avait le plus soutenu Deria. Mais il avait toujours été franc avec elle, dur même. Il l'avait mis face à ses erreurs souvent, entamant peut-être sa confiance en elle. Mais il avait aussi su lui dire quand elle agissait comme leur grand-mère, et la rassurer quand elle vacillait.

« J'aimerai bien connaître mon neveu ou ma nièce. »

Il esquissa un sourire en coin, ayant chuchoté ces paroles même s'il n'y avait personne aux alentours. Mais comme il le confiait à son vieil ami, il était peu probable qu'ils s'en sortent vivants, malgré les promesses arrachées par ses sœurs. Robb avait-il du jurer quoique ce soit lui aussi ?

« Voilà bien un dicton digne de toi. »

Cependant, il se rembrunit quand le Dayne lui confia avoir promis de faire en sorte qu'Anders revienne en vie.

« C'est étrange de t'entendre parler ainsi. Comme si ma vie valait celle d'un prince ou d'un noble important. Alors que ce n'est pas le cas. Je suis sacrifiable, je l'ai toujours su et on me l'a inculqué dés mon plus jeune âge. Et j'espère... J'espère que Deria agirait en souveraine et non en sœur. »

Sa voix se fêlé légèrement, dérapant alors qu'il assurait préférer mourir ou souffrir que de voir Dorne plier pour le sauver. C'était là un discours très noble et il y croyait, mais face à la souffrance, sans doute aurait-il appelé la délivrance de tous ses vœux... Espérer, au plus profond de son âme que sa sœur tenait assez à lui pour le sauver. Et il se devait d'étouffer cette voix, pour penser autrement. Pour penser en guerrier, comme Deria devait le faire en princesse. Aucune vie ne valait qu'on sacrifie un royaume. Tout simplement. Il acquiesça aux paroles suivantes. Il fallait motiver les troupes. Les conduire à la mort avec le sourire et une assurance feinte. Et pourtant, il avait encore du mal à intégrer le fait que les hommes puissent souhaiter le voir en chef et être galvanisés par sa présence. Vieilles blessures pas vraiment refermées malgré son arrogance.

« Si tu le dis. »

Il était sceptique, haussant une épaule.

« Je serai là. Avec le sourire. Et je t'écouterai leur mentir pour mieux les conduire à la mort en approuvant... »


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MessageSujet: Re: Morituri te salutant [Terminé - Tour IV]   Jeu 20 Juil - 0:10

« Certes. »

Subrepticement, la mâchoire de Robb s’était contractée, à l’entente de la volonté de mettre du cœur à l’ouvrage du Baratheon et de son amante. Non pas qu’il soit possessif, généralement, c’était plutôt le contraire, pour autant, sans vouloir épiloguer sur le genre de meneur d’hommes qu’Orys pourrait un jour être s’il daignait retourner sur les terres qui étaient à présent les siennes, le Dayne sentait mordre le venin de la jalousie en lui, pour des raisons encore moins avouables que celles qu’on invoquait ordinairement dans ces moments-là. Non, il ne se demandait pas si sa maîtresse en aimait un autre plus que lui, pour la simple et bonne raison qu’elle ne l’aimait pas, du moins, pas de cette manière, et que quand bien même son affection à son encontre dépassait le stade de l’amitié ou de la simple liaison charnelle, il y avait des choses qui ne devaient ni être pensées, ni être même envisagées. En vérité, une sorte de compétition mâle prenait le porteur d’Aube en imaginant celle qu’il avait encore tenu dans ses bras et culbuté plaisamment avant de partir aux mains d’un autre, et qu’il avait cocufié sitôt ce dernier parti voir sa dragonne de sœur. Ou peut-être tout simplement que devoir lui concéder la paternité de l’enfant de Deria l’agaçait plus qu’il ne l’aurait cru, plus que cela n’aurait dû. Enfin, comme d’habitude, il ferait bonne figure, d’abord car il ne servait à rien d’épiloguer au vu des bonnes relations entre Anders et son nouveau beau-frère, sous peine de se brouiller avec son ami pour une divergence qui n’avait au final aucune importance, et ensuite parce qu’il avait promis à sa Princesse de ne rien laisser transparaître. Aussi un sourire notoirement pervers, de ceux dont il avait l’habitude et qui lui venaient si aisément, presque naturellement, illumina rapidement ses traits, alors qu’il ajoutait, volontairement obscène, usant de cette grossièreté sexuelle proférée entre mâles camarades :

« Après tout, vu ce dont je me souviens de notre voyage en Essos … Voilà au moins un mari qui ne s’ennuiera pas. A moins qu’il ne soit pas assez endurant pour résister au sable chaud de Dorne. »

Pardi, il pouvait même l’affirmer de visu, et pour cause ! D’où il tenait réellement son savoir n’était néanmoins pas franchement à expliciter. Les apparences, encore et toujours … Heureusement, Anders soupira bien vite sur son envie de connaître un jour l’enfant de sa demi-sœur, ce qui offrit une porte de sortie toute trouvée au Dayne et un sujet de conversation nettement moins glissant. Surtout qu’il pouvait parler d’expérience, à tout le moins, vu qu’il avait un neveu et une nièce, même si la situation était très différente au niveau des deux, de par la différence d’âge. Là où Robb et Argella étaient quasiment du même âge, et avaient une relation presque de cousins, et non d’un oncle et d’une nièce, le fils de Barristan était nettement plus jeune, et même si l’Epée du Matin l’était lui-même à la naissance de l’héritier des Météores, il avait tout de même eu un rôle plus proche de celui qu’on attendait de lui envers le garçonnet … Même si par moment, il tenait plus du grand frère fripon que du sage oncle. Ce rôle allait mieux à Enguerrand qu’à lui-même. A vrai dire, la logique aurait voulu que sa famille soit plus fournie à ce niveau, mais la stérilité ou les malheurs de la vie n’avaient offert que deux petits-enfants à ses parents. Sa sœur n’avait jamais réussi à mettre au monde autre chose que sa fille, et le cadet de la fratrie se désespérait souvent de voir le ventre de son épouse s’arrondir un jour, malgré leur amour sincère et leurs efforts répétés. Quant à Barristan, il était grand temps qu’il se remarie, mais manifestement, le souvenir de sa première épouse continuait de le hanter. Enfin, point besoin de songer à ce qui n’était pas.

« Tu verras … Il n’y a rien de plus amusant que de jouer les oncles canailles et de faire enrager les malheureux géniteurs. Barristan m’a maudit plus d’une fois à cause des cadeaux que j’ai offert à son fils.

Je veux dire … J’aime beaucoup mon neveu, c’est un gamin attachant. Enfin, Argella est ma nièce aussi, mais c’est différent. Nous avons presque le même âge, elle a vécu toute son existence dans un autre royaume et nous ne nous sommes vus pour la première fois qu’à l’âge adulte … Je veux dire, il est évident que c’est plus une cousine qu’une nièce.
Mais, sincèrement … voir un neveu grandir, reconnaître parfois certains traits familiaux en lui, l’encourager quand ses parents ne peuvent le faire …

Ce sera l’occasion de rendre Deria folle !»


Contrairement à ce qu’on aurait pu penser, ce n’était pas parce que Robb avait toujours eu des rapports complexes avec certains membres de sa famille qu’il n’appréciait pas cette dernière pour autant. Il aimait son neveu, ses frères et sa belle-sœur. Et avait toujours tenté de conserver des liens avec sa nièce orageoise, malgré les difficultés politiques. Il ne savait pas comment exprimer son affection, simplement, et avait un caractère trop libre et emporté pour le faire correctement, sans compter son déracinement précoce qui en avait fait un étranger aux yeux des siens. Mais pour autant, il ne fallait pas se leurrer : sa famille était à Lancehélion, pas aux Météores. Il respectait les liens du sang, sa maison, mais sa loyauté était toute entière aux Martell. C’était sa dualité qui le mettait dans une position si particulière, étranger aux uns et aux autres, finalement. Et c’était précisément cela qui lui faisait aussi comprendre la place si particulière d’Anders.

« C’est parce qu’elle agit en souveraine qu’elle sait le poids de ta présence ici, Anders … et celle de capture.

Pardon si je t’offense en disant cela, mais je n’ai jamais eu l’habitude de mâcher mes mots, alors je vais parler franchement : tant que tu étais un Sand, oui, tu étais cette arme, cet outil au service de la maison Martell. Mais désormais, tu appartiens à la famille princière. Par conséquent, oui, depuis le jour où Deria a pris la décision de te légitimer, ta vie vaut plus que celle d’un troisième fils, fût-il noble et tout ce que tu veux. Tu ne vois pas les choses ainsi, et je le comprends … mais nos ennemis auront aussi cette vision, et rien ne leur fera plus plaisir que d’enchaîner un Martell. Et cela, je ne le permettrais jamais, Dussé-je laisser ma vie pour l’empêcher. »


Lui adressant un dernier regard, Robb déclara sur un ton empreint d’une fausse joie :

« Allons-y alors. Allons parler aux vivants qui seront bientôt morts ! »

Ils descendirent les escaliers permettant de quitter les créneaux et débouchèrent au bout d’un moment sur la cour.

Citation :
Robb avait demandé à tous ceux encore présents aux Météores de se rassembler dans la grande cour, à l’exception des gardes en faction sur les créneaux, qui veillaient à la sécurité de la forteresse et entendraient sans doute une partie de ce qu’il dirait, pourvu que sa voix porte assez loin. L’heure était grave. Plusieurs semaines s’étaient écoulées, et le moral des troupes demeurait trop bas à son goût, comme si, à force d’attendre la bataille, certains n’avaient pas réalisé qu’elle toquait enfin à leur porte, avec sang et fracas. Quant aux autres … Cette atmosphère de résignation le hérissait. Oui, ils allaient sans doute périr, sacrifiés sur l’autel de la guerre. Mais en faisant cela, ils contribueraient à protéger Dorne en fouaillant la chair de leurs ennemis. Il était temps, désormais, de rappeler à chacun ses allégeances, et de faire monter dans le cœur de ces soldats harassés, de ces civils enrôlés en masse, l’ode que chantent ceux qui savent qu’ils vont mourir.

« Mes amis … Mes frères, mes sœurs … »

Quelques femmes étaient restées, piquières ou archères des Montagnes. Toutes savaient qu’à l’heure de la bataille, leur sort serait le pire d’entre tous. Elles avaient pourtant fait leur choix, et Robb les admirait sans doute davantage que n’importe quel gringalet qui avait décidé de porter les armes pour protéger son foyer.

« Aujourd’hui, face à l’orage qui s’annonce, face à la pluie de sang qu’il va charrier … Nous sommes unis par un même sort, et, je l’espère, une même espérance. Nous sommes les fils et filles de Dorne, nous sommes son sable chaud, nous sommes les rocs des Montagnes Rouges. Ceux qui nous encerclent, qui veulent nous affamer, nous diminuer ne connaissent ni nos coutumes, ni nos cœurs. Ils violent nos femmes, pillent nos maisons, tuent nos hommes, et se disent croisés ! Ils clament leur soi-disant foi, et frayent avec la putain Hoare et sa flotte d’adeptes du Dieu Noyé, les pires hérétiques de Westeros ! »

Cracher sur l’ennemi, en appeler à la foi … Voilà qui était fait pour attiser la colère, rappeler le sac cruel de Lancehélion, et raviver la flamme de la dévotion pour la voir enfin apparaître sur ces visages hâves.

« Je ne vais pas vous mentir. Je ne l’ai jamais fait, les Sept m’en soient témoins. Oui, quand viendra l’heure de la bataille, la plupart d’entre nous mourront, et je serais fier, personnellement, de tomber à vos côtés, entre ces murs qui nous ont vu naître, grandir et aimer.

Mais avant cela … Pour chaque blessure qu’ils nous infligeront, ils subiront mille tourments. Pour chaque goutte du sang de Dorne, un torrent plus tumultueux que la Torrentine elle-même submergera leurs armures, percera leurs chairs et détruira leurs armes ! Et chacun de nos morts contribuera à faire que Dorne sera toujours debout, quand l’Aube se lèvera à nouveau, rouge du sang de nos ennemis ! »


Robb porta la main à son côté et sortit brusquement Aube de son fourreau pour la tendre jusqu’au firmament, avant de dire :

« Oui, quand le jour viendra … L’Aube nous guidera, comme elle l’a toujours faite depuis la fondation des Météores. Et elle suivra la foulée du Soleil, qui est avec nous, qui versera son sang avec nous, pour nous, pour notre terre et notre peuple ! »

Il pointa du bout de son épée Anders.

« La Princesse nous a fait le don de son frère. Nous lui ferons don des cadavres du Bief ! Résistez, croyez-en Dorne ! Montrez que les dorniens rocheux savent défendre leurs Montagnes ! Montrez à ces … croisés, à ces chiens de quel côté se trouve la vraie foi, la vraie fidélité, la vraie grandeur ! Soyez Insoumis ! Soyez Invaincus ! Soyez Intacts !

Pour Dorne ! Pour les Martell ! Pour les Météores ! Que nos ennemis trépassent, que l’Aube leur soit fatale, et que le sable de Dorne les engloutisse aussi sûrement que nos lames ! »

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