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Fire, Blood and Winter
MessageSujet: Fire, Blood and Winter   Mar 14 Fév - 15:49

[HJ pour un événement politique de cette importance j’en profite pour montrer comment on teste avec Eren –même si elle, elle sait juste tuer des gens avec les dés-, comment on procède niveau admin]




Tout s’était préparé en quelques jours. Logistique monstrueuse, décuplée par le nombre d’hommes présents, par les contraintes pesant sur le ravitaillement. Un vent de panique avait soufflé quelques jours plus tôt quand les éclaireurs et la garde du Train avaient signalé la présence de cavaliers Hoare sur la route des Epois, mais aucun des convois n’avaient été attaqué. J’avais dû faire de gros travaux d’organisation et de gestion en un temps record. La comptabilité de Lord Herpivoie était au moins à jour et le maillage administratif mis en place depuis des années par Harren Hoare, tout aussi efficace. Le Train était de toute façon prévu pour subvenir aux besoins de l’armée, au prix, il est vrai, d’une somme d’entretien, de soldes et d’équipement substantielle… Nous avions su collecter ce qu’il fallait pour accroître l’ordinaire des troupes. Pas de quoi rivaliser avec la splendeur d’un bal royal au Roc ou aux Eyriés, mais l’organisation accomplirait la tâche qui lui était dévolue.


Depuis ma tente sur la colline, je regardais la ville en contrebas. Les flots du fleuve emportaient tout ; branches, troncs, plantes. Le courant semblait puissant, à cet endroit. Les petits ponts qui l’enjambaient semblaient fragiles, en comparaison. Je pensais déjà à les faire consolider, plus sûr moyen de retraverser le fleuve vers le Nord en cas de problème dans la poursuite de la campagne. Je souris, incorrigible jusqu’au bout. J’avais placé ma tente ici, avec la Garde, pour achever les derniers préparatifs. Pour voir l’ensemble. De toute manière, la majorité des troupes campait en dehors de la ville et de ses fortifications légères, il n’y avait tout simplement pas assez de place dans cette bourgade pour une armée si vaste. J’avais également échangé avec mes généraux, pendant tous les derniers jours. Et l’encadrement de chaque division ; leaders de mon armée, tout autant que chefs politiques importants chez nous. J’avais demandé à Rhaenys d’en faire autant, mais la loyauté de ses hommes, de son gouvernement, lui étaient plus personnellement acquis. Les miens me suivaient, mais à distance ; ils mourraient pour moi sans hésitation. Mais ils mourraient moins aisément pour mes idées. C’était ce que je m’étais dit. Mais non, ils avaient bien pris la chose. Tous avaient compris que rien ne serait plus jamais comme avant. Que le Nord s’était engagé dans une nouvelle voie, sous mon égide. Les victoires avaient renforcé mon assise sur la noblesse comme sur le peuple, et personne n’envisageait, pour le moment en tous cas, d’aller à l’encontre de ceci.



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La noblesse acquise à ma cause, ou à tout le moins fidèle tant que je vaincrais, j’étais déjà rassuré sur la première base de mon pouvoir. Je terminais de me préparer, alors que ma dame procédait de même avec son cortège de servantes, de dames de compagnie. J’avais tout réquisitionné, tout préparé. La majeure partie avait été imaginée, fabriquée et transportée en même temps que les troupes. Le coup politique d’un mariage en territoire conquis était un pari risqué, mais un pari prévu depuis le tout début. Je savais que je misais l’avenir de ma maison sur cette décision. Que je jouais l’avenir du Nord et de Westeros sur ce jour. Je n’avais pas le droit de voir ma langue fourcher, ma résolution vaciller. Sur le petit autel du fond de ma tente, dédié aux Anciens Dieux et à ma famille, je priais une dernière fois, en lainages pratiques mais peu fastueux. Je n’étais pas encore apprêté. J’y appelais à moi, regard vers le ciel, prière silencieuse, l’attention des Anciens Dieux qui devaient me regarder et me juger, maintenant plus que jamais. En terminant ma prière, j’avais les yeux fermés, la respiration sereine. Je portais ma corne à ma bouche et avalais une profonde gorgée d’hydromel, Et en reportant mon regard sur le petit autel, j’y couchais la figure de la Reine. Sigyn appartenait à un passé que je ne pouvais plus conserver comme unique référence. Il était trop tard pour avoir des regrets, ineptes qui plus est, d’une période malheureuse et dramatique. Je me relevais alors, et me débarrassais de ma tenue sommaire pour plonger dans le baquet d’eau froide. Le jour déclinait, plus rapidement qu’au début de la campagne. Le milieu d’après-midi allait laisser place à la demie-pénombre de la fin de journée.


Je tremblais une minute ou deux avant de m’accoutumer à la froideur de l’eau, et Conrad déboula en riant dans la tente, déjà apprêté de sa plus belle tenue, surcôt frappé de l’emblème de sa maison, sa terrible épée au côté. Il me claqua les épaules, me demanda si j’étais prêt à monter le dragon, et si je ne doutais pas que ma plus terrible épée ne soit toute rabougrie dans un baquet glacial. Je riais de bon cœur à ses plaisanteries graveleuses. Conrad était l’un de mes derniers amis en vie. Et le dernier qui me soit proche. Nous ne serons jamais égaux, mais je ne l’échangerais pour rien au monde. Il m’aide à me tirer de là et hèle mes aides de camp, de jeunes « puceaux » les tance-t-il, « bons à rien sinon à se toucher la nouille », mais ils sont plutôt rapides et efficaces, bien que rougissant jusqu’aux oreilles sous les vertes attaques du Sénéchal du Nord. Ils m’aident à enfiler mes cuirs, mon propre surcôt. Je ne porte rien qui ne sorte de la tradition nordienne ; cuirs et lainages seulement, bottes de cuir rembourrées de fourrure, culotte d’un gris foncé, haut de lin protégeant le corps des frottements du plastron de cuir noir, épais, que je porte volontiers. Cette demie-armure est plus épaisse qu’une cuirasse, mais aussi plus belle ; en relief sur le cuir, les meilleurs tanneurs ont frappé la coque de peau d’un relief de Loup-Garou. On me passe le ceinturon, lui aussi de cuir brun, réhaussé de boucles d’argent. Hurlements au côté ; Glace est trop pesante et n’a rien d’une arme légère d’apparât ou de monte. On me fixe les broches à têtes de loups sur les épaules, tenant en place une épaisse cape de laine gris clair, elle aussi brodée de l’emblème Stark. La cape est longue et large. Compagne habituelle de bien des campagnes. Ne reste que le foulard épais, gris lui aussi.


Ma barbe a déjà été taillée, dès le réveil, car Conrad est le seul à savoir y apporter le soin nécessaire ; mon barbier habituel a perdu une main à Paege avec la division du sud-est. Il l’a fait en plein jour, et j’étais assis sur un bête tabouret devant le feu de camp de mes Gardes-Loups.


Enfin apprêté, je décline le parfum et me rince la bouche d’une nouvelle gorgée d’hydromel. Pour avoir déjà été marié une fois, je sais que la bière laisse une odeur particulière, alors que l’hydromel parfume plus agréablement de miel, d’une odeur doucereuse, sirupeuse, presque. Discrète, mais plus agréable. Je suis fin prêt. J’inspire plusieurs fois doucement. Une demie-compagnie de ma garde se présente au moment où le soleil commence à décliner, et leur capitaine m’appelle par mon titre, poing sur la poitrine. Tous sont de formidables guerriers, pour les plus anciens qui me suivent depuis vingt ans. Que n’ont-ils sacrifié à mon service ? Ils sont ma famille, aussi sûrement que ceux qui jadis combattaient à mes côtés avec le patronyme des Stark. Conrad me hèle, ricane et me pose ma lourde couronne sur la tête. Je n’ai jamais aimé la porter, et je ne le fais presque jamais. Elle est néanmoins un élément essentiel de ce qui suivra. Je me présente sur le chemin sinueux qui descend de la colline, tandis qu’une autre délégation, cette fois arborant bannière du dragon rouge sur fond noir, prend le chemin de la pente depuis le bourg, en contrebas. La troupe se presse de part et d’autre du sentier. On me hèle sur mon passage. Torrhen ! Stark ! Stark ! Winterfell ! Le Roi du Nord ! Guerriers acquis à ma cause, souverain paternel qui endure les mêmes souffrances qu’eux, qui ne s’est jamais rendu, qui n’a jamais transigé ni avec les valeurs, ni avec l’honneur du Nord. La récente série de victoires a encore plus renforcé leur confiance. Je sais, pourtant, qu’elle est ténue. L’armée orageoise a amorcé son déclin et la fidélité de ses troupes n’a pas sauvé Argilac. Feu le Roi du Val a aussi fait les frais d’un retour de fortune. Si je perds, ils m’aimeront moins. S’ils m’aiment moins, nous perdrons encore.


La troupe crie sa joie. Les fûts de bière sont déjà en perce et certains trinquent déjà, entrechoquent leurs cornes, leurs casques, tout ce qui leur sert de récipient. Ils gueulent leur amour du Nord, et leur goût pour la victoire. Ils gueulent l’avenir, sans avoir encore conscience de quoi il sera fait. Contrairement à l’habitude, je ne les hèle pas en retour, je ne leur parle pas, m’adressant à ceux que je reconnais, les anciens, pour leur demander comment ils vont. J’avance. La noblesse, elle, se rassemble dans le cortège. Ils sont des centaines. Nobles de hautes familles comme de moindre, chevaliers oints des Sept ou cavaliers du Nord, ils se réunissent en arborant tous leurs plus belles tenues martiales, à l’emblème de leurs familles. En première ligne de ce demi-cercle qui encadre ma troupe, mes sept généraux de division, moins Karstark, qui n’est toujours pas remis de ses blessures. Son aide de camp le supplée. Ils seront mes témoins.


J’ai fait porter à Rhaenys, plus tôt dans la journée, la tenue que je lui avais promise. Tissée par les meilleurs artisans de Blancport, payée à prix d’or. J’espère qu’elle sera à son goût, mise en valeur comme une sudienne, mais réhaussée de détails du Nord, d’une fourrure bienvenue avec la fraîcheur du soir naissant. Mon fils me suit, à quelques pas derrière moi. Rhaenys est divine, lorsque nos deux cortèges se rencontrent. Je ne souris pas, pourtant. Nous célébrons un mariage politique. L’union solennelle du Nord avec un autre royaume, une union personnelle qui n’avait jamais eu lieu à ce niveau auparavant, pas même à ma fille, à ma douce Jeyne qui était en danger dans l’Ouest, d’après mes renseignements. Mon cœur en fut pincé et je me promis pour la millième fois de faire ce que je pouvais pour elle, tout en m’inquiétant sans rien pouvoir faire contre. Je ne touche pas Rhaenys. Pas de baiser. Je ne lui prends pas la main. Ce mariage-ci se fera selon les plus anciens rites nordiens.

Dans mon armée, nombre de rebouteux, de prêtres itinérants, de guerriers voués aux Anciens Dieux. Certains entonnent déjà des chants anciens à leur gloire dans des langues depuis longtemps disparue, dialectes hérités des Premiers Hommes. Me hissant à la hauteur de Rhaenys, je l’invite à me suivre d’un bref signe de tête. Et nous avançons vers la colline voisine. Dans le silence au cœur du maelstrom de deux armées, presque trois, qui se connaissent, qui partagent déjà la fête, la célébration, avec un peu d’avance. La meute suit, nombreuse, indisciplinée, rieuse. Mais il n’y a rien d’autre que nous. Que nous et l’idéal que nous défendons. Nous arrivons au bout de quelques minutes au milieu des arbres. Ce qui fut jadis un bois sacré, mais dont les barrals, autrefois majestueux, sont toutefois mourants. Le symbole ne saurait être plus fort. Les bruits sont étouffés par les branches, mais le point central du lieu, la clairière, permet de porter la voix au plus loin. L’assemblée est constituée, sur de multiples premiers rangs, de l’aristocratie des royaumes. Tully, Forel, Staunton, Bolton, Omble, et tous les autres. Ensuite se pressent ceux qui peuvent, de la troupe innombrable. Je laisse Rhaenys prendre place de l’autre côté de la clairière, avec ses témoins, alors que Conrad et Lord Reed prennent place derrière moi. Le silence gagne, peu à peu. Presque oppressant. Je tire mon épée du fourreau. Mouvements chez les dragons, qui s’interrogent. Je ferme les yeux, embrasse la lame et la retourne pour m’agenouiller humblement au milieu de la mousse légèrement humide, faisant humblement bien peu de cas de la propreté de ma tenue. Pas de prière martiale, mais une prière bien plus personnelle. Les nobles nordiens baissent la tête, ferment les yeux, et murmurent leurs propres mots. Je me redresse. Et plante l’épée d’un geste assuré, déterminé. Je lance un regard à Rhaenys où se lit la mesure de ma détermination, puis je lève les yeux vers le ciel, les branchages. Le jour décline et des torches sont allumées. Il ne fait pas nuit, mais le ciel se teinte de nuances carmines.



| Je suis Torrhen, de la maison Stark. Roi du Nord, Seigneur de Winterfell, chef de cette armée, de cette meute de loups constituée en votre nom. |


Cris de guerre, vacarme assourdissant de mes guerriers qu’écoutent les soldats du dragon. J’écarte les bras, je m’offre au divin.


| Et aujourd’hui, dans l’intérêt de mon peuple, et de tous les peuples, je vous fais un serment, un serment lié par mon propre sang, un sang de roi. |


Je m’abaisse, serre Hurlements sous la garde et la glisse sur le tranchant effilé, m’ouvrant instantanément une plaie profonde dans la paume. Les peyredragoniens grimacent devant l’apparence barbare du rite. Les nordiens comprennent, même sans jamais avoir assisté à un rite aussi ancien pour la plupart, que je prends publiquement et solennellement le plus important des engagements.


| Je prends cet engagement, libre de toute contrainte, sain de corps et d’âme. J’offre ce sang, et ma personne, en sacrifice d’un idéal, en preuve de ma foi comme de ma volonté. |


Ma voix commence à monter.


| Je suis las de la guerre. Je suis las de voir le Nord saigner, seul dans nos contrées désolées, pour combattre le seul véritable ennemi. Nos ennemis oeuvrent depuis trop longtemps à notre destruction. J’ai accepté de m’allier, pour la première fois, avec nos cousins du sud, pour combattre ensemble, en bonne intelligence, les vils comme les ambitieux. J’ai compris que le monde avait changé. Que le Nord devait changer. J’ai compris que nous n’avions plus à être seuls. J’ai compris qu’il y avait d’autres bonnes volontés en Westeros. Des amis fidèles et loyaux, que je suis fier d’appeler mes frères. Nous avons combattu et saigné ensemble à Paege. Nous avons forgé les liens qui n’existent que dans une fraternité de guerriers. Je suis fier d’appartenir à cette grande armée. Je suis fier de poursuivre le noble but de ramener la paix en Westeros. Le Nord, c’est le pouvoir de la tradition, la parole d’acier, l’honneur et la puissance. Peyredragon est l’incarnation d’un rêve de justice et de vengeance, d’une plus grande équité, et d’un désir de renouveau. J’ai compris qu’il n’y avait pas de destin, mais ce que nous faisons. J’ai compris que certains, lâches, veules, ne se battraient jamais avec nous. Par peur du changement. Par déni du sacrifice nécessaire. Par manque de courage, tout simplement. Certains nous ont ouvertement trahis et insultés, d’autres ont provoqué en nos contrées de terribles malheurs pendant des décennies. Je veux punir les factieux et réunir ceux qui veulent vivre ensemble. Certains m’ont déjà accordé leur confiance. Certains me soutiennent déjà dans cette entreprise. Je ne crois pas que Westeros soit condamné à vivre un bain de sang perpétuel. Je crois qu’il existe une alternative. Qu’il existe une autre voie.  Je vais unir mon royaume à Peyredragon. Je vais faire pour vous, Dieux, le sacrifice qu’aucun Roi n’a jamais été prêt à faire avant moi. |


Je prends ma couronne, la garde un moment entre mes mains.


| Moi, Torrhen, je renonce à la couronne de Roi du Nord. Je renonce à la seigneurerie de Winterfell. Je renonce jusqu’à mon propre nom. |


L’ambiance se fige. Suis-je devenu fou ? Je m’avance vers mon fils.


| A genoux, homme du Nord. Sois sans peur face à tes ennemis. Sois brave et droit pour être aimé des dieux. Sauvegarde les faibles et garde toi du mal, tel est ton serment. |


Je le gifle du revers de la main, sèchement mais sans méchanceté.


| Et ceci pour ne pas l’oublier. Je te fais, toi, Jon, prochain Roi du Nord et seigneur de Winterfell. Sois digne des vassaux qui placent leur confiance en toi. |


Je lui donne la couronne, qu’il n’a toutefois pas le droit de ceindre tant qu’il ne sera pas officiellement couronné.


| Moi, Torrhen, chef des armées de la Coalition, j’ai abandonné titres et terres au nom d’un idéal plus grand, qui dépasse les limites des royaumes. La Reine Argella Durrandon de l’Orage m’a accordé sa confiance dans ce vaste dessein de paix. Lord Lyham Tully m’a également assuré de son ambition de paix retrouvée. Ils veulent que je protège les Royaumes Libres qui se sont fédérés contre l’ambition et contre l’oppression d’Harrenhal, de Hautjardin. Contre ce pontife qui confond son ambition personnelle avec sa religion. C’est ce rôle de protecteur des royaumes qui se fédèrent que je réclame aujourd’hui, sous votre bénédiction, Dieux de mes ancêtres. |


Je tire mon épée du sol. Je la brandis de ma main ensanglantée et douloureuse.


| Je suis Torrhen du Winterfell, et je vais vouer ma vie à défendre la paix, le commerce et la prospérité entre tous les royaumes. Leur protecteur, à tout jamais. Je réclame votre bénédiction, Dieux, pour le titre d’Empereur des Royaumes Fédérés. |


La troupe est estomaquée de l’audace. La noblesse, la mienne en tous cas, déjà pour ses chefs préparée aux discours. Je sais que certains croient aussi à cet idéal, d’autres sont plus prudents, d’autres y voient leurs propres intérêts, mais ils sont pour l’instant derrière moi. Je m’avance vers Lyham Tully.


| Votre confiance en mes capacités à restaurer la paix m’honore, Ser. Je n’ai que rarement affronté adversaire plus valeureux et honorable que vous. Vous vous êtes engagé à défendre ce même idéal, ce but commun. En retour de votre confiance, je vous honore de la mienne. J’appuierais votre couronnement d’un Conflans libéré de la tutelle des pillards des Îles de Fer, libéré du poids écrasant d’Harrenhal. Et suis fier de vous compter à nos côtés, en tant que Roi Fédéré et en tant qu’allié. |


Double surprise. Je libère notre meilleur prisonnier. L’armée saura bien assez tôt que le Tully a rejoint notre cause et œuvre déjà à nous ouvrir des portes au Conflans, à nous y fournir en matériel comme en troupes.


| Je ne me jette pas seul dans l’inconnu d’une nouvelle manière de faire en Westeros. | je lance un regard appuyé à Rhaenys. | Nous avons obtenu, ensemble, la confiance de trois souverains, déjà, pour appuyer une constitution impériale qui équilibre pouvoirs, commerce et contributions militaires entre les royaumes. La maison impériale n’aura pour fief qu’une capitale, le cœur d’un collège impérial constitué de chaque maison royale qui pourront y débattre et y décider avec le même poids, le même nombre de voix. Les royaumes seront libres et égaux entre eux, son équilibre garantit par la maison impériale que nous fonderons, ce jour même, sous votre regard, Dieux.[/color] |


Une fédération de royaume équilibrant le commerce, respectant les lois de chacun et équilibrant les contributions financières à la construction d’infrastructures, à la défense militaire, à la lutte contre l’ennemi commun. J’avais doté ce futur édifice institutionnel de voix puissantes, potentiellement discordantes, mais la maison impériale aurait des pouvoirs d’arbitre importants dans les débats, et incarnerais la puissance de l’unité contre l’individualité. Je me retourne vers Rhaenys.

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Le vacarme est gigantesque. « Vive l’Empereur ! » « Stark ! » « Stark ! » « Winterfell » « Peyredragon ! » « L’Impératrice ! L’Impératrice ! ». Je reconnais au timbre comme aux acclamations le soutien de mes troupes, qui comprend que le Nord va s’arroger le soutien du sud, et ne se battra plus jamais seul. Ils créent l’Histoire, et moi je la modèle à notre avantage. Le phrasé plus vif des hommes de la Néra et de Peyredragon se fait aussi entendre ; on me dira que le discours aura eu aussi du succès chez eux, la piétaille surtout, la noblesse sera plus réservée, personnellement attachée à sa Reine. Bien sûr, tout le monde ne comprendra en une soirée, tout le monde ne saisira pas tout non plus. Il y aura des rumeurs, des on-dits et des mécontents. Mais l’idée de se battre tous ensemble et que cette guerre soit la dernière entre Westriens était alléchante, en particulier pour mes nordiens dont la plupart se battaient déjà depuis des années, sinon des décennies. On m’informera plus tard que le discours aura été plus fraîchement accueilli des milices Riveraines et de la population de la ville, beaucoup plus fraîchement que par les nobles capturés à Paege, qui acceptèrent quant à eux bien plus facilement l’idée de ne plus être envoyés seuls à l’abattoir par un Roi si proche et si distant à la fois. La valetaille du Conflans restait encore à convaincre, soucieuse, sans doute, de n’avoir échangé un maître que contre un nouveau sans aucune garantie.


| Je n’oublie pas l’appui du premier jour. Rhaenys Targaryen, Reine de Peyredragon. Héritière d’une civilisation autrefois florissante, chevaucheuse de dragons et amoureuse des arts. Quand je t’ai rencontrée, j’ai immédiatement perçu, senti, quelque chose d’important chez toi, sur les idées que tu portais. Jeunesse de dix ans ma cadette, tu as démontré tes talents politiques en passant parmi les plus grandes puissances de Westeros, et tu as aussi montré tes talents sur le champ de bataille, le feu qui te consume de l’intérieur. J’irais jusqu’au bout de cet idéal que nous partageons, ensemble, à tout jamais. Abandonnes-tu toi aussi, patronyme et honneurs de ta patrie de naissance, pour m’aider à maintenir la cohésion de cette puissance naissante, et fonder avec moi une nouvelle maison ? |


J’attends sa réponse, qui ne se fait pas prier. Voix claire et forte. Féminine, mais loin d’être dépourvue d’autorité. Cette fille-là a chargé sur le champ de bataille et a commandé à des milliers d’hommes. Le brouhaha se réveille à l’arrière, alors que des centaines d’hommes s’échangent ce qu’ils ont entendu, ce qu’ils ont compris. L’essentiel, sans doute, même s’il est déformé par l’acoustique de l’endroit. Jon va devenir Roi du Nord, Tully nous rejoint avec une partie du Conflans libéré, Argella Durrandon est notre alliée, et tout ce petit monde va se retrouver au sein d’une institution nouvelle qui permettra, dans l’idée, de garantir la paix et l’égalité de tous les royaumes. Nous verrons pour la suite. Conrad fait porter sa voix de commandant d’armée par-dessus les palabres et ramène le silence, tenant la bannière de la nouvelle maison. L’écartelé Stark et Targaryen ; tout était une référence à nos patries d’origine.


| Qui va là ? Qui s'avance devant le dieu ? | L’homme a une voix grave, qui porte loin.


| Rhaenys, auparavant Dame Targaryen et Reine de Peyredragon, vient ici se marier. Une femme accomplie et fleurie, de naissance légitime et noble, et vient implorer la bénédiction des dieux. Qui vient la revendiquer ? | Reprend Forel, conseiller et proche de Rhaenys.


| Moi, Torrhen, fondateur de la maison Branaeryon. Je la revendique. Qui l'accorde ? |


| Baal Forel, Chevalier de Peyredragon, Main de la Reine. | Il se retourne vers sa future impératrice. | Rhaenys, acceptez-vous de prendre Torrhen de la maison Branaeryon pour époux ? |


| Oui, j’accepte Torrhen Branaeryon comme époux. | répond-elle


Baal Forel retire le manteau aux couleurs Targaryen des épaules de Rhaenys et je m’avance vers elle, prenant celui aux nouvelles couleurs, mêlant celles de nos royaumes d’origine. Je m’autorise le premier sourire de la soirée en me penchant vers elle pour la draper de nos nouvelles couleurs. Branaeryon. Encore une fois, le compromis entre nos deux royaumes, entre la tradition et la modernité. Branaeryon pour les multiples références. Brandon le Bâtisseur, Brandon mon propre frère, Aegon, Visenya, Aerion, Jon et Weyton. L’ancien et le nouveau, des sonorités des Premiers Hommes, et d’autres de la Baie. Etre si proche de Rhaenys me donne l’impression de renaître comme un homme neuf ; j’ai un nouveau patronyme, un nouveau titre, un nouveau but. Une nouvelle maison. Je glisse au creux de son oreille.


| Je n’ai pas tenu que cette promesse… Pour cette nuit, et toutes celles à venir. |


Je pose mes mains de part et d’autres de son bassin et l’embrasse, pressant mes lèvres, au travers de ma barbe, contre les siennes.

Vacarme assourdissant. C’est la fin de quelque chose, et le début d’une nouvelle. Maintenant, plus aucun retour en arrière possible. Ca ne peut plus se solder que par la victoire ou la mort.







Feu, Sang et Hiver
Maison Braenaryon



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Feuille de personnage
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MessageSujet: Re: Fire, Blood and Winter   Ven 17 Fév - 23:33






Herpivoie

An 0 Mois 10.


Mes genoux commençaient à me lancer, mais je ne bougeais pas d’un pouce pour autant. Les yeux fermés, je restais au sol devant l’âtre de la cheminé que j’avais allumé. Majesté ? J’ouvrais les yeux en entendant la voix de Baâl. A genou sur le sol, j’avais d’abord prié mes dieux avant de me recueillir. Je m’étais adressée dans un premier temps à mon père, et ensuite à Visenya. Puis j’avais parlé à Aegon. Longuement. En silence. Mon cœur était lourd, très lourd en ce jour. Il exultait à la fois de bonheur, tout en souffrant… Enormément. Les miens me manquaient. Et après cette journée, plus rien ne serait comme avant. Je m’y étais préparée pourtant. J’avais accepté. Mais aujourd’hui, la théorie deviendrait pratique. Et j’avais peur. Horriblement peur. Si je me trompais ? Si je commettais une grave erreur comme j’en avais déjà commis il n’y a pas si longtemps de cela ? J’avais consenti au mariage de mon Valonqar avec Dorne. Et je l’avais perdu. J’avais fait le mauvais choix. Ce constat m’effrayait, me terrifiait même.

Les pas de Baâl le menèrent jusqu’à moi. Et dans un geste familier qu’il ne s’était jamais autorisé avant, il posa doucement sa main sur mon épaule. Je connaissais assez bien Feu Aegor. Il serait fier de vous, soyez en certaine… Et pour ce qui est d’Aegon et Visenya… Ils l’auraient acceptés. Ils ont toujours placé leurs devoirs avant tout autre chose. Comme vous vous apprêter à le faire. Et… Le roi du Nord n’est en rien semblable à la Princesse de Dorne. Ses mots étaient prononcés dans un murmure, à peine audible. Ma Main outrepassait les devoirs qui étaient les siens… Parce qu’il avait conscience que j’avais besoin de les entendre. Je posais ma main sur la sienne quelques instants, avant de me relever doucement, pour ne pas froisser la robe blanche qu’avait fait porter jusqu’à mes quartiers l’homme que j’allais épouser ce jour. Je fis un léger signe de la tête à celui que j’avais demandé de me conduire jusqu’à l’autel. Il était très beau dans son uniforme d’apparat de général. En le détaillant je me rendais compte qu’il tenait dans sa main gauche un fourreau aussi blanc que ma robe, dans lequel était rangé Noire-Sœur. Je pouvais reconnaitre sa garde entre mille autres. Il me la noua autour de la taille, veillant à ne pas habiller la toilette que je portais. Puis il s’écarta ensuite pour récupérer cette couronne que je portais si peu et qu’avait fait concevoir Orys. Je m’inclinais légèrement pour qu’il puisse la poser sur ma tête. Fin prête, je sortais de la pièce, un manteau de fourrure frappé de l’écusson des Targaryen posé sur mes épaules.

Dehors, nombre de mes soldats m’attendent. Ils s’écartent devant moi, puis posent un genou sur le sol, pour me saluer comme la Reine que j’étais à leurs yeux. Je leur accorde un sourire serein un sourire bienveillant, et je sais que Baâl en fait tout autant à mes côtés. A mesure de mon avancée, la clameur monte. Ils crient mon nom, mes titres, me félicitent, me rendent hommage. Cela me touche puisque je sais qu’il n’y a aucune obligation quant à leur comportement. Ils le font par plaisir, par désir, me prouve que mes actions ne sont pas vaines, et qu’ils croient en moi.

Mon cortège se termine et je me retrouve face au Roi du Nors, plus décidée que jamais. Mes doutes, mes tourments, mes peurs se sont désormais envolés. Grace à Baal. Grace à mon peuple. Je prends la bonne décision. Et Torrhen sera un bon époux, comme je saurais être une bonne épouse pour lui. Entre nous, aucun faux semblants. Nous savions exactement dans quoi nous nous engagions. Il m’acceptait pleinement et je l’acceptais pleinement.

Je prends le temps de le détailler, dans un costume qu’il n’a jamais porté. Il me semble plus jeune, plus vif également. Je lui souris sincèrement. Sa toilette est belle et le mets à son avantage. Je sais déjà ce qu’elle cache, et pourtant, elle sait attiser ma curiosité. L’artisan qui l’a confectionné possède des doigts en or, c’était indéniable. Cependant, je remarque que, s’il porte une épée, ce n’est pas Glace. Celle-ci est bien plus petite que sa puissance arme en acier Valyrien. Je pense à Hurlement mais je n’en étais pas certaine.  Je ne la connais pas assez. Roi Guerrier, il n’aurait pu s’unir à moi sans une épée autour de sa taille. Nous nous ressemblons sur ce point. Je n’aurais pu venir à une cérémonie si officielle et formelle sans ma fidèle compagne. Elle représente Visenya et Aegon, comble légèrement leur absence. Et Orys est présent aujourd’hui, à mes côtés, à travers le collier qu’il m’a offert pour mon anniversaire, présent fait par mon frère et non pas ce simulacre d’individu qui vivait désormais à Dorne.

Je m’engage sur le chemin, en silence, à la suite de Torrhen toujours accompagné par l’homme en qui j’ai le plus confiance en ce monde, alors que nos hommes chantent, et célèbrent autour de nous. Mais désormais, je garde mon regard droit devant moi. Et c’est la Reine qui est présente, et non plus Rhaenys. Elle est plus majestueuse, plus droite, moins transparente sur ses émotions. Son visage est de glace et n’affiche que ce qu’il doit afficher. Rien de plus, rien de moins. Bientôt nous ne ferons plus qu’une seule et même personne. Je le redoute autant que je l’attends.

Nous finîmes  par arriver dans les bois, sans avoir échangé le moindre mot, la moindre parole. Je m’arrête d’un côté de la clairière et Torrhen en fait de même. Il m’a expliqué comment la cérémonie devait se dérouler. Je n’avais pas tout son contenu, mais je le respecterais. Tout comme j’attendais qu’il en fasse de même lorsque nous nous unirons à Peyredragon. Il tire son épée, et semble communier un instant avec elle avant de s’agenouiller. Ses lèvres bougent mais personne ne peut entendre ce que le Roi murmure, personne à part lui-même. Le silence s’est fait très vite dans la clairière et ses hommes communient en même temps que lui. Nous autres, Peyredragonniens, attendons en silence, respectant leurs coutumes. Le roi fini par se relever et me lance quelques seconde un regard déterminé avant d’observer le jour qui laisse peu à peu place à la nuit. Et comme nous en avions parlé, il prend la parole, s’entaille la main, plus profondément que je m’y attendais. Il continue selon les rites des siens, puis proclame nos désirs. Tous l’écoutent et nous observent l’un et l’autre. Je ne bouge pas, ne dit rien non plus. Le nord ne laissait que peu de place à la femme et je devais m’y plier… Aujourd’hui tout du moins. Il se tourne vers son fils et le fait futur Roi du Nord. Les soldats sont surpris, peu importe à quelle armée ils appartiennent. La suite risque d’autant plus les étonner. Je ne le montre pas, mais je ressens de nouveau une vive douleur en mon cœur. Cela me rappelle durement que, désormais, je suis seule. Torrhen a un héritier, un fils, une famille. Je le jalousais sur ce point. Orys aurait dû ici, aurait dû recevoir ma régence de Peyredragon. Mais il s’était fourvoyé pour les cuisses écartées d’une trainée de Dornienne. Mon poing se serre légèrement, mais se relâche au léger rappel discret de Baâl. L’homme a deviné mes pensées, et sa poigne s’est faite plus forte l’espace d’un instant. Nous je ne suis pas seule. Il est là, à mes côtés. Il l’a toujours été. S’il y a toujours eu de la distance entre nous – dû à nos statuts – Baâl a toujours était un père de substitution dans mon existence, une ombre bienveillante et attentive, une ombre digne de confiance.

Torrhen parle en nos deux noms. Je n’ai aucune surprise quand aux propos qu’ils emploient, aux mots qu’il utilise. Nous avions vu tout cela ensembles… Ou du moins le pensais-je. Il me surprend en me regardant et s’adressant à moi. Je ne m’attendais pas le moins du monde à ce qu’il allait dire à mon sujet. J’incline légèrement la tête en respect et remerciement dès qu’il eut terminé. Ses paroles m’ont touché. Dire le contraire aurait été un mensonge. Cela me conforte un peu plus dans mon choix, dans cette décision que j’ai pourtant déjà prise. S’il est seul à mener cette cérémonie, il ne m’oublie pas. Il n’oublie pas ce que nous apportons l’un à l’autre et ses qualités qui nous sont propres. Puis, comme il l’a fait quelques instants avant moi, je m’exprime pour la première fois et déclare solennellement, d’une voix claire et forte.  Moi, Rhaenys Targaryen, chefle des armées de la Coalition, j’abandonne titres et terres. Je renonce à ma maison et la laisse s’éteindre jusqu’à ce qu’un héritier ne la fasse revivre. Je régirais Peyredragon jusqu’à ce que cet héritier soit en mesure de le faire. Je ne privilégierais pas pour autant mes terres natales, et servira un idéal plus grand, qui dépasse les limites de ce royaume.   Mes hommes sont troublés. Je le sens, je l’entends. Et pourtant, je continue sans hésitation. Je suis Rhaneys de Peyredragon fille d’Aegor Le Sage, et je vais vouer ma vie à défendre la paix, le commerce et la prospérité entre tous les royaumes. Leur protectrice, à tout jamais. Je réclame votre bénédiction, Dieux, pour le titre d’Empératrice des Royaumes Fédérés. Un léger silence se fait, mais rapidement brisé par un vacarme gigantesque. Le peuple du Nord se fait le plus entendre. S’ils sont plus discrets, plus troublés, mes hommes clament quand même mon nom, notre royaume, et mon nouveau titre. Ils sont peu à avoir des mots pour Torrhen. Ils ne le connaissent pas encore assez, et s’il a bien combattu sur le champ de bataille, s’il les a menés, il n’a pas encore leur confiance, leur amour. C’est là quelque chose qu’ils n’accordent pleinement qu’à ma personne. Et une fois de plus, ils me touchent sans le savoir. Ils mettent leur vie entre mes mains aveuglement.

C’est désormais empereur et impératrice que nous nous avançons pour être marié. Le commandant de l’armée Nordienne élève la voix et proclame les mots cérémonieux pour notre union. Baâl, toujours à mon bras, lui réponds sur un même ton. Je le sais fier de se tenir ici à mes côtés. Je n’aurais pu m’imaginer autre homme m’accompagnant dans cette union. Il avait pourtant hésité, se demandant s’il était correct pour lui de tenir ce rôle, mais mon regard l’avait convaincu d’accepter… Et je soupçonnais sa nièce de lui en avoir parlé avant que je ne lui fasse cette proposition. J’avais évoqué cette possibilité avec elle, avant de changer de sujet en concluant sur le fait qu’il n’accepterait jamais trop borné qu’il était et que je devrais surement demander au premier soldat venu. Torrhen prend la suite du dialogue, puis Baâl une fois de plus. Il finit cependant par se tourner vers moi. Je vois quelques émotions passées dans son regard. Son visage est neutre, mais ses yeux ne sauraient mentir. Et sans hésiter, je lui réponds, haut et fort. Il me retire alors mon manteau au couleurs de cette maison que je venais d’abandonner pour me revêtir de celle qui désormais était mienne : Branaeryon. En hommage aux proches de Torrhen. En hommage à mon père Aegor, à mon frère Aegon, à ma sœur Visenya, à Orys aussi quelque part, ainsi qu’à ma mère. Ce nouveau nom n’avait pas été choisi par hasard, tout comme notre nouvelle devise et notre nouveau blason. Nous gardions les qualités de nos maisons de naissance, pour les combiner et faire un tout harmonieux. Nous faisions de nos différences une force. Feu, sang et Hiver. Un loup et un dragon à trois têtes unis dans un but de justice, d’équité, de paix en Westeros.

Côte à côté l’un de l’autre, nous regardons nos peuples nous accalmant. Baâl s’est désormais écarté, mais il tient toujours entre ses mains le manteau qu’il a d’abord posé sur mes épaules, pour ensuite le retirer. Je me garde d’aller enlacer l’homme. Il ne saurait être à l’aise et cela ne serait pas bien vu, alors je m’abstiens et prend le bras de mon époux. Ce dernier me sourit et je sens la sincérité et le bonheur derrière. Je lui rends et laisse échapper un léger rire à ses paroles. Mais je ne peux lui répondre tout de suite. Ses lèvres trouvent les miens et elles savent les recevoir. Je l’embrasse avec passion, mes mains posées sur ses joues râpeuses. Le vacarme redouble, percé quelques fois par des propos graveleux qui me font sourire. J’ai beau être jeune, et Torrhen plus âgé que moi, j’avais bien des choses aussi à lui apprendre. Mais, bien entendu, je ne comptais pas l’indiquer haut et fort. Ce ne serait pas convenable et je préférais qu’on me pense chaste et pure jusqu’à cette nuit de noce.

[…]

Nous étions assis à table, entourés des hommes les plus proches de notre pouvoir. Je regrettais que Baâl ne soit pas à mes côtés, mais il n’aurait pas été convenable que Lord Tully ne soit pas à ma droite. Autour de mon cou, le jeune dragon avait regagné sa place. Il aurait été simple de le confondre avec un collier volumineux tant il pouvait rester immobile. Pourtant, la lueur de son regard, pareil à deux saphirs, parcourrait sans cesse la pièce.  La salle est bien remplie et les bavardages vont bon train. Toute la noblesse présente à Herpivoie était venue nous rendre hommage, et nous faire serment d’allégeance. Nous les avions acceptés, l’un comme l’autre, avant de nous restaurer. J’avais discuté avec Torrhen, le remerciant pour sa toilette, puis le complimentant sur la sienne. Je l’avais interrogé sur son épée, mais avant qu’il ne me réponde, nous avions du nous interrompre à cause d’un éclat de voix entre l’un des siens et l’un des miens à propos de gente féminine. Efficaces, Conrad et Baâl s’en étaient tout de suite occupés et le repas avait repris son court. Cependant avant que je reprenne mon dialogue avec Torrhen Lord Tully avait entamé la conversation et je lui avais faite, tout en mangeant et buvant quelques mets. Une fois le repas terminé, je me levais et faisais teinter mon verre pour réclamer le silence. Mes amis. Je tenais à vous remercier pour votre présence, votre soutient et votre fidélité en ce jour. Si nous avons vu le jour dans des royaumes différents, nous sommes désormais tous unis sous une même bannière. Je n’ai pas seulement pris Epoux aujourd’hui. J’ai gagné des Pères, des frères, des fils aussi. Ma famille s’est bien agrandie et je suis fière de pouvoir me tenir, en son centre, au côté de mon époux Torrhen. Certains d’entre vous ne le connaissent pas encore. D’autres encore l’ont vu grandir, combattre, gouverner, saigner à leur côté. Et pourtant… Pourtant, j’ose prétendre le connaitre mieux que vous. Si vous connaissez le souverain, le Père, le frère d’arme. Je le connais l’homme qui se trouve derrière ce Guide, un homme sage –  Ou du moins lorsqu’il n’est pas question de sa santé –, bon et généreux. Il est un ami sincère et fait partie de ses hommes en qui je peux avoir confiance, sur qui je peux m’appuyer. Nous ne savons de quoi demain sera fait, pour autant je sais que notre mariage sera solide, prospère et serein. Et je sais qu’il saura veiller sur vous tous, qu’importe votre partie natale… Aussi bien que je le ferais également. Nous construisons ensembles, non seulement une nouvelle maison, mais également un nouveau idéal, un futur qui se veut prospère, bon et juste pour vous tous… Alors levons tous nos verres. Levons tous nos verres à ce mariage, à la maison Braenaryon, à cet avenir que nous chérissons tous. A nous tous ! déclarais-je fortement avant de lever plus haut mon verre, puis de le boire. Je posais une main sur Ebrion, l’empêchant de pousser mon verre et de m’en faire renverser le contenu. C’était l’un de ses nouveaux passe-temps. Joueur, il aimait le faire à mes dépends… Et cela m’amusait souvent bien trop pour que je le réprimande. Et, je devais l’avouer, sa présence m’avait manqué. Pour la cérémonie, je l’avais confié à Meraxès. J’avais été heureuse de caresser le museau de ma dragonne une fois la célébration terminée, puis récupéré le dragonneau qu’elle m’avait rendu avant de s’envoler aussitôt. Sans aucun doute, il avait su épuiser sa patience.

Les musiciens se mirent à jouer de leur instrument. Je pris la main de Torrhen et nous nous avançâmes jusqu’à la piste de danse. Dès que nous fûmes près l’un de l’autre, je lui glissais malicieusement à l’oreille, une main posée sur son épaule, et l’autre dans la sienne. Monsieur mon époux est-il parfaitement rétabli de ses blessures de guerre ? Ou devrais-je une nouvelle nuit me languir de son absence ? J’ai ouï dire qu’il était bien plus âgé que moi, hélas. Et qu’avec l’âge, les hommes, aussi expérimentés soient-ils, étaient bien plus vite épuisés, bien plus fragile également. Ebrion profita de ma proximité avec Torrhen pour venir mordiller le haut de sa tenue. Je l’obligeais à la lâcher en posant ma main sur sa tête, le ramenant vers mon cou, non sans lâcher un léger rire. Il faut croire que cette tenue est aussi bonne que belle. Je te le redis, tu es des plus séduisants dans cette toilette, et, étrangement, elle donne envie de te dévêtir.



Combien de civils dans les villes et campagnes ne font pas partie des convois qu'on épargne. Mon parcours coupe court au vol malsain des vautours. Depuis des décennies c'est le même phénomène. Mais pour la veuve et l'orphelin il faudrait lever l'ancre. On rêvait de donner plein de coups dans la vie, nous n'avons que des ecchymoses. J'ose te le dire, j'veux pas qu'mon monde brûle. Voilà pourquoi le soir sous la lune avec les loups je hurle.

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MessageSujet: Re: Fire, Blood and Winter   Mer 22 Fév - 16:31

Il est de ces évènements que l’on sait essentiels, que l’on sait être le tournant d’une existence toute entière. Le corps endolori de la dernière bataille et sa blessure au côté encore lancinante, je me tiens dans la foule, songeant au fait que je suis probablement en train d’assister à l’un d’eux. Bien encadré par des gardes nordiens, je n’ai pourtant pas fait mine de rechigner. Il est important de jouer le jeu jusqu’au bout, jusqu’au moment le plus opportun et je serais bien le dernier à m’opposer à la volonté des futurs mariés. Après tout, je sais pertinemment qu’ils jouent beaucoup dans cette affaire, certainement plus que moi à bien y réfléchir. Et voilà que j’écoute le nordien prendre la parole, déclamer ce discours qui a su me prendre aux tripes, me donner envie de me donner corps et âme à mon peuple pour le libérer de l’oppression Hoare. Une fois de plus, je sens le brasier qui brûle en moi se faire un peu plus important, plus fort et je prends une profonde inspiration, le regard rivé sur celui qui pourrait nous apporter la liberté. Ou la mort.

Si certains de ses propos ne m’étonnent pas, je me fige pourtant, comme bien d’autres dans la salle, quand le loup tend la couronne à son fils. Voilà qui est pour le moins surprenant et qui ferait de ma fille, si elle épouse réellement, la reine du Nord et non plus une potentielle héritière d’une quelconque promesse. La pensée a quelque chose d’effrayant, surtout en aussi peu de temps et mon cœur a une embardée alors que je continue d’observer les faits et gestes du loup. Qui se rapproche de moi. Fronçant les sourcils, je ne me rends même pas compte que les gardes me relâchent alors que Torrhen prend de nouveau la parole, me laissant passablement surpris. Je ne m’attendais pas à ça, ou en tout cas, pas de cette façon. Il me faut bien quelques instants pour reprendre une contenance, alors que je sens nombre de regards peser sur moi, comme s’ils attendaient de voir la façon dont je vais réagir à cette nouvelle révélation.

Prenant une profonde inspiration, je fais ce qui me semble le plus évident. Je m’agenouille alors devant le nordien, camouflant tant bien que mal une grimace de douleur alors qu’il rétorque, d’une voix aussi claire que possible, mon regard s’attardant également en direction de la dragonne.

"Mon épée sera la vôtre votre Altesse et celle de votre épouse. Aussi longtemps que je serais capable d’en porter une, je serais au service de cette œuvre que vous souhaitez voir s’accomplir. Pour les miens et tous ceux qui sont prêts à nous suivre."

Et sur un signe de lui, je me relève, esquissant une ombre de sourire alors que les murmures ne vont que s’accentuant. Je ne saurais que plus tard les répercussions de ce discours, de mon engagement contre mon souverain. Pour l’heure, il n’y a la place que pour le doute, l’inconnu. Impossible de savoir si cette décision était vraiment la bonne. Et je sais aussi que ce soir, comme tous les autres soirs, je ne vais m’endormir que difficilement, l’esprit noyé par nombres d’interrogations sans réponses. Si je me joins aux clameurs des uns et des autres quand le nordien et la dragonne s’annoncent empereur et impératrice, je ne le fais que par réflexe, sans vraiment réaliser que le sol semble presque vibrer des cris et des acclamations tout autour.

Je ne réalise d’ailleurs qu’à peine que le silence s’est fait  de nouveau avec une brusquerie étonnante quand la cérémonie à proprement parler du mariage commence. Sous le rite des Anciens Dieux. Mon regard se perd un instant, alors que je songe aux instants passés avec mon épouse auprès du barral de Vivesaigues. Aujourd’hui, encore plus que d’habitude, je ressens cruellement son absence, tout en sachant que les choses ne vont que gagner en complexité à mesure que les jours vont passer. Je tente pourtant de chasser cette pensée, cillant pour revenir au présent et cette union à laquelle je ne pensais jamais assister un jour. Et voilà que tout est fini, que le mariage est célébré. Si je suis surpris de se retrouver à la place d’honneur, tout près de la dragonne, je ne le montre guère, laissant plutôt place à une fierté toute légitime, et je fais de son mieux pour entretenir la conversation. Discuter avec elle est aisé, surtout depuis notre première entrevue même si j’ai encore bien du mal à cerner l’origine de ses ambitions. La jeune femme m’intrigue, même si elle a su gagner mon respect et c’est sans hésiter que je lève son verre à la fin de son discours, me mêlant aux cris d’une foule déjà passablement avinée avec plus d’entrain cette fois.

"Et bien, dame Rhaenys de la maison Braenaryon, un tel discours n’aura qu’achevé de convaincre les récalcitrants. Ou, si ce n’est pas le cas, ils auront été fascinés par la créature qui repose sur vos épaules. En tout cas, je ne saurais dire à quel point je suis honoré d’être assis à vos côtés en cette journée votre Altesse."

J’avale de nouveau une gorgée de vin, non sans me dire que je commence à sentir la tête me tourner légèrement, surtout au vu de mon état de santé. Et quand je les vois se lever pour commencer à danser, je réprime un soupir, me calant plus confortablement dans mon siège et les suivant des yeux. Avant d’observer les autres danseurs, gardant bien la précaution de garder ma coupe remplie autant que possible. Ce soir nous avons un renouveau à fêter et pourtant, je ne peux m’empêcher de penser à tout ce que cela va coûter.
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MessageSujet: Re: Fire, Blood and Winter   Dim 26 Fév - 20:24

Ca y est. Je me suis lancé. J’ai la bouche sèche d’avoir beaucoup parlé. J’ai chaud au niveau de la gorge, pour avoir libéré tout le timbre, toute la puissance vocale dont je suis capable. Il n’est pas question de ne pas faire honneur à tous ceux qui sont morts en rendant leur sacrifice sensé, justifié par des objectifs visant à pérenniser un nouvel ordre plus calme, plus serein, en Westeros. Je n’en reviens pas de prendre cette place de chef, de leader, de ce vaste projet. Je n’ai jamais voulu le pouvoir, quand bien même j’en apprécie l’exercice depuis des années. Je suis à l’abri de la faim, mes enfants sont bien traités et ont droit aux meilleurs apprentissages dont le Nord est capable, et je vis dans une sécurité relative. Mais même si je ne l’ai jamais voulu, je me vois maintenant pris d’une ambition nouvelle, d’une espérance récente ; ma bonne vieille haine, glaciale, ne suffisait plus à me réconforter. Depuis que j’avais commencé à échanger avec Rhaenys, dame de Peyredragon, les braises de ma colère, de ma vengeance, s’étaient attisées jusqu’à provoquer un véritable embrasement. Je renaissais, avec Rhaenys. Je ne savais pas à quel point elle le comprendrait. Cela allait en fait bien au-delà de l’amour ; je ressentais pour elle une affection certaine, un lien profond, étroit, mais elle avait su me rappeler à moi-même que je n’étais pas qu’un Roi, et surtout, que je n’étais pas qu’un soldat, un général, amené à connaître une éternité de campagnes où je verrais sans cesse mes amis et mes proches disparaître, emportés les uns après les autres dans la tourmente.


Rhaenys m’a rappelé que j’étais un homme. Et que si je vieillissais, je n’étais pas encore mort. Que je n’étais pas condamné à la solitude. Les autres femmes m’avaient toutes déçu ; Jordane Lannister me mentait, Sharra Arryn avait cru me manipuler, Mathie elle-même m’avait espionné… Et je ne parlais évidemment pas de Sigyn. Rhaenys avait cette franchise, presque candide, parfois dangereuse, mais plus saine. Je sentais que je pouvais construire quelque chose, avec cette femme. Elle était magnifique, dans sa robe blanche, finement ouvragée de motifs réhaussant le relief de sa robe, de son col de fourrure. Sa coiffure mettait, comme toujours, sa chevelure d’un blond presque blanc en valeur. Elle était superbe. Petite, menue. Mais indéniablement, une très belle femme. Et je la savais charismatique ; elle savait inspirer les hommes. Comme Tully, qui lorsque je le fais Roi, même s’il n’est pas encore couronné, s’agenouille.



| Moi, Torrhen, jure à tout jamais de n’avoir un instant de répit tant que votre maison et votre demeure seront en danger. Je me battrais à vos côtés, Sire. |


Protectrice. Je l’entends de sa voix claire de femme tout juste sortie de l’enfance ; elle y met tant de force et de conviction qu’on ne peut que sentir cette même vérité dans son propos. Lorsque nous sommes unis comme mari et femme, je ne peux que me perdre dans l’azur pourpre de ses yeux, dans cette couleur emplie de magie et de mystère. Mes lèvres se pressent contre les siennes, mais c’est bien la jeune femme qui contre-attaque, avec beaucoup de passion, nous liant comme deux jeunes gens seuls pouvaient l’être, attisant en moi d’autres braises. Elle réveillait l’homme, et pas uniquement le Roi.


…..


Les heures passent. Nous commençons à manger ; le banquet est fastueux. Le Train nous apporte vivres et alcools du Nord, de la Néra, des Îles de la Baie. La région elle-même, fourragée par des centaines de mes hommes, nous apporte des produits plus frais ; poissons et autres gibiers, notamment, ainsi que quelques liqueurs locales. Peu de passages de troupes à cet endroit du fleuve avaient laissé la région riche de provisions ; nous nous en étions saisis. Pour le moment, je n’avais fait que picorer, jusqu’à la part du Roi de chaque plat, que j’avais systématiquement partagée avec mon épouse. Nous allons continuer de manger et de boire toute la nuit, mais je sais que RHaenys a d’autres choses à dire à l’assemblée. Elle se lève alors, après avoir clamé l’attention de manière très polie ; un nordien, moi-même par exemple, aurait simplement crié plus fort que les autres en tapant du poing sur la table. Tout le monde l’écoute, maintenant. Elle parle d’avenir, elle parle de moi. Je souris à ses paroles, taquine, comme d’habitude. Elle porte un toast. Avec toujours la même force de conviction. Je me lève en raclant bruyamment ma chaise, levant ma corne avec vigueur. Je ris aux facéties d’Ebrion, même si ce rire ne saurait cacher la férocité à venir de cette bête.


| A l’avenir ! |


Braenaryon ! La clameur est terrible. Tout le monde boit. Je sais d’expérience que beaucoup de bâtards naîtront dans quelques mois, parmi les jeunesses d’Herpivoie et le cortège de putains de l’armée. Tout le monde n’avait pas accès au thé de lune, coûteux, difficile à préparer convenablement.


Rhaenys le sera peut être aussi. Elle ne l’est pas encore en tous cas, c’est une certitude. Nous n’avons pas couché ensemble depuis des semaines, et elle l’aurait su si elle attendait mon enfant. Cela prendra le temps qu’il faudra.

Les tambours parlent. Entonnent un rythme que reprennent bientôt les vièles. J’ai dansé là-dessus des centaines de fois. Les musiciens lancent la première vraie danse et les nordiens, reconnaissant l’air, empoignent dames et catins pour sur la piste de danse. Ce n’est pas un menuet sudien, un concert classe et distingué. C’est une danse de village, une danse que l’on peut faire autour des barrals lors des fêtes religieuse, au début de l’hiver et à sa fin.





Je prends Rhaenys par la main, la serre contre moi. Et j’entame le rythme des pas. Cinq temps. Ca bouge, ce n’est pas qu’une valse en cercle. On avance, on recule, on tournoie sur un rythme élevé, qui laisse les jeunes amants hors d’haleine, le plus souvent. La danse est intense ; elle nécessite des mouvements dans des directions sans cesse changeantes, dont le rythme allait crescendo. Je souris à Rhaenys alors que je lui impose mon rythme. Je lui souris, le regard perdu dans ses prunelles violettes.



| Dame mon épouse devrait voir à ma démarche que je suis parfaitement rétabli, et quand bien même, c’est ma tête qui a été touché ; ce n’est en aucun cas un organe vital chez les Hommes du Nord, d’après feue ma mère. Mais pour le reste, vous avez raison, jeunesse sudienne. Je suis hélas bien plus âgé que ma nymphette d’épouse, que l’on dit à peine sortie de l’enfance, fraîche et candide, presque innocente ! |


Je frôle sa joue et son cou d’un baiser, alors que nous nous rapprochons sur le tempo de la musique, avant à nouveau de nous éloigner. Son dragon profite du retour pour mordiller le haut de ma tunique de cuir noir et je ris doucement ; la bête est aussi joueuse que sa « mère ». Je garde Rhaenys contre moi, la serrant de manière peu chevaleresque, plus sensuelle que de raison, lorsque nos pas nous poussent à nous frôler à nouveau ; elle est dos à moi et ma main gauche est sur son bassin, la droite tient, rectiligne, sa main à l’opposé de son corps alors que ma barbe vient lui frôler la clavicule.


| Quant à ta robe… L’avantage de l’avoir fait concevoir, est que je sais précisément comment l’enlever. |


Je déroule la suite du mouvement et elle s’éloigne à nouveau, nous ne sommes plus reliés que du bout des doigts mais lentement, très lentement, je tire à moi sa main, enroulant son bras autour de moi en pivotant avec une terrible lenteur, jusqu’à me plonger encore et encore dans ses iris.


| Il te faudra des forces, ma douce. Ce soir, je me sens renaître. Ce soir, je me sens un appétit de loup. |


Promesse ardente, que je compte bien honorer.






Feu, Sang et Hiver
Maison Braenaryon



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MessageSujet: Re: Fire, Blood and Winter   Dim 5 Mar - 18:17

La vie. La vie est une chose bien étrange, parsemé de petits moments incroyables au cœur d'un mécanisme qui est pourtant bien rodé. Beaucoup pouvaient penser que tout cela avait été préparé à la va-vite. Il fallait dire que Jon n'avait jamais connu pareil précédent, et pourtant la guerre était depuis bien longtemps installée au cœur de Westeros. Le mariage ne pouvait plus se faire attendre. Le Vieux Loup et sa future épouse avaient des volontés bien plus grandes que bien des nobles pouvaient imaginer dans les différents royaumes qui s'étaient édifiés au sein de cette terre. Cette cérémonie n'était en rien un stratagème pour pouvoir afficher une grandeur nouvelle entre le Nord et Peyredragon. Cela ne montrait pas aux ennemis de ces deux royaumes qu'il pouvait y avoir une quelconque rumeur de défaite circuler parmi les rangs des combattants. Non, c'était le signe d'une puissance retrouvée, d'une victoire assumée et sans doute aussi d'une destinée prometteuse qui amènerait chacun ici présent, bien plus loin qu'il n'avait jamais été et qu'il n'aurait jamais sans doute pensé aller. Tout cela avait été préparé au même moment où il avait été choisi de partir en guerre contre les forces de Harren le Noir. A ce moment-là, rien n'était encore sûre pour eux. Bien des choses auraient pu tragiquement finir, mais il semblait que les Anciens Dieux avaient été là pour eux, veillant à ce que les pièces se mettent en place, assurant une certaine santé aux guerriers et les amenant ainsi jusqu'à ce jour propice aux grands changements.

Jon savait que même si ce mariage n'était pas le sien, un tournant serait marqué dans sa propre vie. Depuis qu'il avait quitté Moat Callin, il avait été mis à l'écart de bien des choses et principalement des projets de son père. Cela l'avait mis en colère, ne pas savoir avait été une véritable source de frustration pour le jeune homme, et autant dire qu'il se serait bien passé de cette contrariété. Il n'avait été mis au courant que quelques jours auparavant de ce qui se tramait dans l'esprit de son père, comme des préparatifs du mariage dans ce campement militaire, très peu approprié pour célébrer des noces digne du rang des deux futurs époux. Jon s'était tenu à l'écart, observant tout cela de son côté. Il n'avait pour le moment pas encore de rôle important à jouer, et il restait là à attendre que les choses se fassent. Il connaissait maintenant les tenants et les aboutissants de cette cérémonie. L'excitation était bien réel chez lui, bien qu'il ne le montra pas comme à son habitude, une certaine angoisse le tenaillait également, mais en aucun cas il ne pouvait parler de ses tourments. Il laissait les choses se faire, tout comme à cet instant-là, pendant qu'on était en train de l'habiller pour le mariage, lui ayant trouvé une tenue typiquement nordienne même si elle n'était pas forcément prévu pour un tel événement. Il n'avait pas pensé que la cérémonie pourrait avoir lieu dans de telles circonstances mais il ne pouvait que se réjouir que cela se fasse. La dernière bataille avait failli coûter la vie à son père et même si son état de santé s'était bien amélioré et qu'il ne semblait n'en garder que très peu de séquelles, cela avait bien rappeler à tous que même le Vieux Loup, roi invaincu n'était pas éternel. La concrétisation de cette union était essentielle, la guerre n'était pas encore finie, Jon savait pertinemment que les combats risquaient encore d'être nombreux. Harren le Noir allait continuer à combattre jusqu'au bout, même si les choses étaient pour l'instant en sa défaveur.

Tout à fait parer, on lui fit signe qu'il était temps maintenant de rejoindre le cortège du Roi du Nord qui conduit le futur époux jusqu'à la colline voisine. Sur le chemin les guerriers nordiens ont déjà commencé à célébrer les noces avant même que ceux-ci aient pu être prononcées. La ferveur qu'il exprimait à l'égard de leur roi était toujours aussi extraordinaire. Il espérait grandement que cette attachement qu'ils ressentaient à l'égard de Torrhen Stark n'allaient pas faiblir avec l'annonce prochaine de ses projets les plus importants, et Jon espérait également qu'il pourrait obtenir dans le futur la même chose de son peuple. Jon avait salué quelques personnes, délaissant ceux qui avaient déjà pris bien trop d'avance dans leur consommation d'alcool. Cependant, il reporta rapidement son attention sur quelque chose de plus important. Le fils regarde son père s'avancer avec un respect non feint pour cet homme si grand par son intégrité, son honnêteté. Jon avait toujours été impressionné par lui, et encore plus à cet instant. Il tourna ses yeux vers la Reine Rhaenys. D'une beauté inconditionnelle, il ne pouvait qu'en convenir. Chacun prend sa place du côté des deux époux. Le silence s'installe doucement, même si en arrière-fond, il est possible d'entendre le reste de l'armée qui n'a pu se rendre sur la colline. Une fois certain que tout le monde était à son écoute, le roi Torrhen commença à se prononcer, non pas sur ses vœux de mariage mais sur l'engagement qu'il prenait ici, devant les hommes du Nord et de Peyredragon et sous les yeux des Anciens Dieux. Le sang fut verser, signe d'une promesse qui ne pourrait pas être remise en cause. Il parle puis garde le silence, jouant sur les mots, les plaçant à merveille pour donner à tous l'effet escompté. Au moment où il vient à retirer sa couronne, Jon sent que son cœur manque un battement, sa respiration se fait plus difficile, c'est le moment.

Torrhen s'approcha de lui, et sans un mot Jon s'agenouilla devant lui, levant les yeux vers le visage de son père puis face aux hommes qui se trouvent là. Il resta impassible, même quand il sentit la gifle lui chauffer les joues. Se relevant lentement, il prend la couronne entre ses mains. Il la fixa un instant avant de clamer d'une voix forte et sereine .

« Moi, Jon, fils héritier de la maison Stark, Prince du Royaume du Nord, Futur Roi du Nord et Seigneur de Winterfell, je fais le serment ici devant vous et devant les Dieux, d'offrir à mon peuple ma lame et mon sang pour la défense de ses habitants, de ses frontières, de ses origines, de son histoire et de ses valeurs. Je jure ici fidélité à Torrhen, fondateur de la maison Braenaryon, obéissances aux lois et à la constitution des Royaumes Fédérés. Mon épée sera vôtre, votre Altesse et celle de votre épouse. Votre noble combat sera également le mien aussi longtemps que les Dieux m'accorderont leur bénédiction dans cette tâche. »

Jon reprit sa place et ne dit plus un mot jusqu'à la fin de la cérémonie, tenant la garde de son épée d'une main, et tenant de l'autre côté la couronne du Nord contre son flanc. Il suivit le discours de son père, puis celui de son épouse. Ils furent tous deux acclamés avec une grande ferveur, Jon participant allègrement à cet instant. Puis il fut temps alors de gagner le banquet et de finir la cérémonie dans l'allégresse la plus totale. Il ne manqua pas de présenter ses hommages à celle qui était maintenant sa belle-mère et également son impératrice. Il espérait grandement que les choses seraient sereines entre eux et qu'ils avanceraient dans la même direction. Il gagna ensuite sa place à côté de son père. Dégustant mets et vin présents sur la table. Les musiciens se firent entendre doucement, malheureusement vu le peu de femmes qui accompagnaient les armées en compagne, Jon pouvait se réjouir d'être dispensé de devoir aller inviter une jeune femme à danser pour le moment. Autant laisser les nouveaux époux seuls à danser. Le prince lança un regard à l'assistance qui se trouvait-là, voyant que Ser Tully était à son tour seul, il se leva pour venir s'installer à ses côtés, demandant à ce que l'on remplisse la coupe de vin de chacun. Sans doute qu'il n'était pas caché pour l'un comme pour l'autre, qu'il serait sans aucun doute probable qu'une union se fasse entre la maison des Stark et la maison des Tully.

« Ser Tully, si cela ne vous dérange pas, je comptais rester ici et vous tenir compagnie. Nous n'avons eu que peu souvent le loisir de nous rencontrer ici sur le camp depuis que j'ai rejoins les troupes de mon père. Nous sommes à présent alliés dans une même perspective politique et je tenais à vous dire le ravissement qui est le mien que vous soyez des nôtres dans ce projet de royaumes fédérés. »


Jon Stark - Prince Loup

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MessageSujet: Re: Fire, Blood and Winter   Mer 8 Mar - 10:36

« Je ne veux pas y aller… »  Soupirais-je en serrant la robe lancée dans mes bras par mon père.

« Tu ne peux rester ici, soit raisonnable. » Tentait-il, laissant passer un peu de lassitude.

« Ne peut-on dire que je suis souffrante. » Dis-je en me laissant tomber sur le canapé.

« Non, un mestre serait alors dépêché, il dirait alors au roi et au prince que tu te portes bien et ils prendraient ceci comme un affront, et à raison ma fille. Si le roi n’y trouve pas là une insulte » Grogna-t-il. « Ils t’ont donné le gite et le couvert, ainsi que la sécurité et Willona, la moindre des choses est de tenir ton rang à mes côtés et de leur rendre grâce. » Si seulement ils ne m’avaient offert que cela… Grognais-je intérieurement.

« La moindre des choses est justement de ne pas bafouer ces noces par ma venue. » Dis-je d’un ton un peu trop emporté.

« Tu bafouerais notre nom et leur bonté petit ingrate… non tu dois t’y rendre en ne t’y rendant pas et là tu verrais ce que c’est de subir un vrai jugement. » Des jugements j’en vivais depuis toujours, ceux des mieux, des servants dans le secret, ainsi que leurs enfants. Puis ceux étendus par les paroles de mon père. Des jugements j’en vivais depuis toujours, n’en avait-il pas conscience ?

« Je suis jugée, je suis bafouée chaque jour depuis des semaines, je ne suis plus bonne à être aimée, épousée, je ne suis plus rien qu’un poids, à peine se rappellerons-nous mon sang noble et je dois faire avec, parader dans ma plus belle toilette et ignorer que pour chacun le roi compris, je ne vaux guère plus qu’un ennemi sous bonne garde, un souci de plus… »

« Et tu continueras à faire avec, tu es ma fille, et si demain je décide de donner ta main, nul ne refusera une fille Reed qui a par bien des façon honoré le nord, donné son sang et sa vie pour la famille royale, sujet clos, préparez-là ! Je la veux devant la tente sous peux, fin de la discussion. » Cria-t-il avant de se détourner et de pousser le pan de toile qui servait de porte. Me laissant là plantée avec ma robe dans les mains. Rasé avec soin, apprêté dans sa plus belle tenue, il en imposait et malgré cela son regard laissait encore passer de la peine, il avait depuis des mois cette ombre sur le visage qui ne le quittait plus. Pour ma part j’avais le manque de sommeil marqué sur les miens. Me laissant habiller d’une robe verte et brodée de fils d’argent fins, je détaillai les coutures faites de la main de ma mère qui avait tenu à la placer dans mes malles, je me fis coiffer et pour parfaire le panache ma servante plaça quelques perles de nacre issue du marais. D’un pas traînant je m’avançais à la suite de mon père et entrai dans la salle sans vraiment en voir le décor, à quelques reprises mon père me murmura de relever le menton et je m’exécutai, prenant place à ses côtés, j’observais les invités tous pimpants. Quand la cérémonie débuta…




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MessageSujet: Re: Fire, Blood and Winter   Sam 11 Mar - 23:58

Voici le grand jour, l’union de la Reine de Peyredragon et du Roi du Nord et Yesaminda se sent extrêmement honorée de pouvoir aider la première à s’apprêter pour son union. Comme toujours, avec discrétion, elles échangent peu de mots. Le silence ne perturbe pas la jeune femme qui ne cherche aucunement à combler les blancs. Ce n’est pas inhabituel, comme si elles s’apportaient, à l’une comme à l’autre, l’apaisement à travers leur compagnie, malgré leur silence. Après quoi, la Reine demande à être seule et Yesaminda la quitte.

Pour se rendre auprès de son oncle. Elle ne le voit que très peu, il ne cherche pas à combler le vide dans leur relation d’oncle/nièce, est-ce qu’elle tient à ce qu’il le fasse ? Elle l’ignore, il faut dire qu’il n’est pas aisé de cerner l’homme. En fait, il semble porter plus de considération envers Rhaenys, qu’envers sa nièce. Elle pourrait jalouser cela, mais elle n’en ressent rien. Difficile de ressentir quoi que ce soit lorsqu’on a tout perdu. Quoi qu’il en soit, il lui a donné une mission et elle s’exécute. Elle lui confie que la Reine semble ailleurs ces derniers jours et il la renvoi. Aussi simple que cela.

Après quoi, la jeune femme s’en retourne à sa tente, se préparer en attendant l’heure de la cérémonie. Seule, comme toujours. La solitude est sa seule véritable amie depuis son arrivée à Westeros, cela vaut mieux que “l’étrangère” murmurer à son passage par les hommes. Sans oser se l’avouer jusqu’ici, cela la blesse. Elle est l’étrangère qui les soigne de leurs maux et tout ce qu’elle obtient en retour ne sont que des insultes à peine prononcées. A Braavos, on louait l’intervention de la Maison des Mains Rouges.

Elle est bien décidée à en faire abstraction aujourd’hui, c’est un grand jour et rien ne pourrait entacher cette cérémonie. Vêtue à la mode Braavienne, elle fait honneur à sa famille, à son pays natale, comme un défi aux médisants. Aux couleurs dorées et aux ornements bruns, sa robe lui ceint le corps comme une seconde peau jusqu’à la taille où elle se fait plus ample. Seule, elle rejoint l’endroit où aura lieu la cérémonie et tout du long, elle restera légèrement en retrait.

Elle écoute particulièrement le discours du Roi et de la Reine, la création d’un nouvel empire. Elle a du mal à se sentir concernée par tout ceci, pourtant, elle le devrait puisque son existence sera à Westeros désormais. Sa vie est auprès de la Reine Targaryen, ou plutôt de l’Impératrice Branaeryion désormais, et de son époux, l’Empereur. Sans doute son oncle aussi, Main de l’Impératrice. Alors qu’importe finalement, elle sera là et fera ce qu’elle sait faire de mieux en temps de guerre, soigner les blessés. Le reste viendra le moment venu.

La cérémonie s’achève, ils retrouvent le banquet et la jeune femme s’installe où se trouve sa place. A côté de son oncle qui n’a d’yeux que pour l’Impératrice, elle constate un soupçon de fierté paternel dans ce regard. Comme ceux que tournaient son père vers elle. Sa famille lui manque terriblement, mais elle fait en sorte de garder le sourire aux lèvres.



Comment vous qui guérissez les autres ne vous guérissez-vous pas vous-même ?
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MessageSujet: Re: Fire, Blood and Winter   Dim 12 Mar - 21:51

Jamais je n'aurais cru assister un jour à pareille cérémonie. Et surtout, d'y assister aux côtés des principaux intéressés, laissant derrière moi des années à suivre Hoare, à laisser mourir mes hommes pour mener à bien ses velléités de conquêtes. Et pourtant, je suis là, à les regarder, à sourire distraitement alors que ce mariage, quand bien même il ne ressemble en rien à ceux que j'ai pu voir jusque là, me ramène à ma propre union, il y a plus de 15 ans. Je me perds de plus en plus dans mes pensées alors que les nouveaux mariés, dont la proximité ne fait pas le moindre doute, évoluent sur la piste de danse. Je me sers à nouveau une coupe de vin que je bois distraitement alors que la silhouette du jeune Stark se matérialise à mes côtés.  Je lève un œil dans sa direction et j'ai un sourire alors que je désigne la place vacante à mes côtés.

"Vous ne me dérangez pas le moins du monde votre Altesse. Ce serait même un honneur que de trinquer avec vous pour être tout à fait honnête."

J'attrape une coupe que je tends au jeune loup et je le fixe un instant, mon sourire se faisant plus large alors qu'il continue. Voilà qui est plaisant à entendre, surtout après ce que son père m'a dit quant au fait qu'il devra épouser une Tully. Je ne sais s'il est au courant et, dans l'immédiat ce n'est guère important, d'autant que ne suis pas sûr qu'il soit pertinent d'évoquer ce genre de sujet durant de telles festivités. Je souffle alors, me faisant plus sérieux.

"Je suis honoré d'être des vôtres votre Altesse. Et de pouvoir combattre à vos côtés pour une cause qui semble tous nous transcender bien au-delà de ce que j'aurais cru capable de voir un jour."

Je cille avant de secouer la tête et de laisser filer un rire.

"Et bien, me voilà bien solennel alors que je devrais festoyer et rire avec tous ceux qui nous entourent. J'espère que vous ne m'en tiendrez pas rigueur, ce mariage me rappelle que ma famille est bien loin d'ici."

Mon regard se perd un instant dans la contemplation de la foule pour le moins hétéroclite qui est rassemblée tout autour de nous. Il n'y a que peu de femmes alors, évidemment, leur présence attire le regard et j'ai un bref sourire en direction de la jeune Yeasminda, particulièrement élégante, avant que je ne fronce les sourcils en remarquant une jeune femme qui m'est totalement inconnue. Et je la désigne du menton, la mine interrogative en direction du jeune Stark, espérant qu'il pourra m'éclairer à son propos et me demandant vaguement ce qui a pu l'amener à suivre cette armée.


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I am not bound to win, but I am bound to be true. I am not bound to succeed, but I am bound to live up to what light I have.


Dernière édition par Lyham Tully le Dim 2 Avr - 17:05, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Fire, Blood and Winter   Dim 19 Mar - 13:33






Herpivoie

An 0 Mois 10.


Je lève mon verre et entame un discours, enjoué et sincère. J’y mets mon cœur, mon âme, ma détermination. Je ne suis pas femme de mensonge, ou faisant les choses à moitié. J’en suis incapable. Je sais que certains y voient des faiblesses, là ou d’autres – dont mon nouvel époux – y voient là mes plus grandes forces. Je remercie nos invités de leur présence, évoque l’avenir qui s’offre à nous,  parle de mon époux que je ne manque pas de taquiner comme j’en avais pris l’habitude, mais également de nos alliés. Je leur rends à tous un hommage et silencieusement, j’adresse juste après une prière aux miens, qui j’espère, sont fiers de ce chemin que j’ai choisi d’emprunter. Torrhen se lève et s’écrit « à l’avenir », mots repris par toutes les personnes présentes dans la pièce. Je bois une gorgée du liquide contenu dans mon verre, manquant de le faire renverser par la facétie de mon jeune dragon.

La musique s’élève. Torrhen et moi quittons la table pour aller jusqu’à la piste de danse. Je ne connais pas cette musique mais je sais que l’homme saura me guider et me montrer les pas. J’apprends vite ce genre de chose. J’ai toujours aimé danser, jouer et chanter aussi. Les arts ont guidé mes pas toute ma vie avant que je ne sois poussée à faire la guerre. Le rythme augmente et est intense, mais cela ne me pose pas de problème. Je n’ai nullement besoin de me concentrer pour y arriver. Cela me vient naturellement. Je suis faite pour cela, pour ces arts que je pratiquais désormais de moins en moins et qui, pourtant, font partie intégrante de moi, de mon être. Je me sais capable de suivre la cadence, de m’y adapter tout en conversant avec l’homme qui était désormais mon époux. Je me sens le cœur léger en cet instant. Je ne retiens pas le rire qui me vient lorsqu’il me répond. Fraîche, candide et presque innocente ? J’ai bien peur Majesté que vous vous êtes trompés d’épouse si vous attendez à trouver ce soir dans votre couche une jouvencelle pucelle. Puissiez-vous ne point être déçu de son expérience acquise à la sueur de son… Corps et du vôtre. lui glissèrent en guise de réponse non sans m’en amuser grandement. Il rapproche son visage du mien et dépose un baiser dans mon cou. Ebrion essaye d’ailleurs de mordre sa tunique, et je ne manque pas de le faire remarquer au roi, non sans en rire. Il en fait de même et j’aime cette légèrement qui nous guide en cet instant. Il change de pas de danse et je m’y adapte une fois de plus sans difficulté. Je souris malicieusement lorsqu’il parle de la toilette qu’il a fait concevoir. Es-tu certain de pouvoir y arriver seul sans l’aide de ma servante pour me l’ôter ? Je le mets en défit d’y arriver seul. Ce n’était pas quelque chose d’aisé à faire, particulièrement pour les hommes qui n’en avaient pas l’habitude. C’était là tache de domestique après tout. Nous nous écartons un temps, suivant le tempo de la musique que je me suis totalement appropriée. Je sais désormais quoi faire, et anticipe les mouvements du Roi, répondant parfaitement à chacun de ses gestes, à chacune de ses attentes. Il guide toujours la danse, mais n’a plus besoin de me l’enseigner. Je souri encore un peu plus à ses propos. Puisses-tu tenir alors cette promesse mon cher époux que je saurais te rappeler lui glissais-je à l’oreille, avant de m’écarter de lui, effectuant le dernier mouvement de la musique qui venait de se terminer.

Je m’inclinais légèrement devant lui pour le saluer, puis m’éloignais. Je me glissais jusqu’à Yesaminda, ma nouvelle suivante, assise à côté de son oncle. Je déposais un léger baiser sur la joue de Baâl, puis entrainée sans un mot sa nièce, jusqu’à ce que nous arrivions non loin des musiciens. Je lui fis signe de m’attendre, puis vins chercher Daena sans lui donner plus d’explication. Une fois les deux jeunes femmes à côté l’une de l’autre, je leur dis Montrons à mes invités la culture Valyrienne. Lady Daena, vous connaissez la Danse avec les dragons, et je suis certaine que si vous ne la connaissez point, vous saurez reconnaitre les notes et les jouer Lady Yesaminda. Accompagnez moi avec les autres musiciens je vous pries et rendons hommage aux guerriers de Peyredragon.Je leur demandais cette faveur mais n’attendis pas leur réponse. La seconde musique s’arrêtait et je les entrainais avec moi sur la petite estrade des musiciens. Je confiais le tambourin à Daena, puis l’une des trois vièles à Yesaminda. Je savais qu’elle en jouait jadis. Je pris le second puis une fois les deux jeunes femmes installées, je fis signe à Daena pour que nous commencions en même temps.



Nous commençâmes en duo puis les musiciens, reconnaissant l’air, firent chanter eux aussi leurs instruments. Je fus heureuse de voir mon peuple se lever dès les premiers accords, Baâl en tête. Ils se placèrent aussitôt sur la piste de danse, se mêlant aux nordiens très enthousiastes eux aussi. Les riverains étaient moins nombreux, mais certains d’entre eux participèrent tout de même à cette danse que partageait avec beaucoup d’enthousiaste mon peuple. Les peyredragonniens ne manquèrent pas de s’écrier, suivis par les nordiens et plus discrètement les riverains. Et face à cela, je ne pus m’empêcher de sourire, rayonnante au possible, tout en jouant et dansant le pas léger, m’approchant de chacun des musiciens, jouant en duo quelques instants avec l’un d’entre eux, puis passant aux suivants.

Dés tirés par Eren : Peyredragonniens 16+1=17 (+1 attribué car Rhaenys prend l’initiale et joue elle-même). Nordiens 15+1=16 (+1 attribué car Torrhen va apprécier que son épouse joue et initie une musique) . Riverains 13+1=14 (+1 attribué car le visage de Lyham va s’illuminer en voyant cela, et est déjà heureux d’être assis à côté de Rhaenys à table)

Précision de Eren très importante : Ces résultats sont la preuve qu'elle ne fait pas que tuer des gens  What a Face





Combien de civils dans les villes et campagnes ne font pas partie des convois qu'on épargne. Mon parcours coupe court au vol malsain des vautours. Depuis des décennies c'est le même phénomène. Mais pour la veuve et l'orphelin il faudrait lever l'ancre. On rêvait de donner plein de coups dans la vie, nous n'avons que des ecchymoses. J'ose te le dire, j'veux pas qu'mon monde brûle. Voilà pourquoi le soir sous la lune avec les loups je hurle.

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MessageSujet: Re: Fire, Blood and Winter   Dim 19 Mar - 17:49




Le couple heureux qui se reconnaît dans l’amour défie l’univers et le temps ; il se suffit, il réalise l’absolu. - Simone de Beauvoir



Les fiançailles avaient été annoncées de longue date, cependant il ne fallut que plusieurs jours de préparations avant la tenue des noces. Cette phase qui pouvait d'ordinaire durer des mois dû se restreindre du fait des circonstances spécifiques dans lesquelles elles allaient se tenir. La guerre ne laisse que bien peu de loisirs et encore moins de place aux évènements joyeux et aux célébrations. Pourtant tout avait fini par se faire dans un temps relativement court, exploit s'il en est vu la position du front et le rationnement inévitable qui était presque le corollaire des campagnes militaires. Il était donc l'heure maintenant pour Daena de se préparer elle aussi à l'union de sa reine bien aimée avec le roi du Nord. Elle n'avait eu que très peu l'occasion de le rencontrer, et encore moins d'échanger avec lui, mais il lui avait laissé une forte impression plutôt favorable, bien que sa prestance et sa réputation l'intimidaient au plus haut point. Sous la supervision de sa suivante et avec l'aide de quelques mains supplémentaires Daena enfila une robe éclatante pour l'occasion. Ce cadeau lui avait été fait par la princesse Rhaenys à une époque où leur relation était bien différente et où les soucis du monde ne les avaient pas encore atteintes.

Dans des tons à majorité blanc et turquoise la toilette rappelait à merveille le blason de sa maison, tout en recouvrant assez la jeune femme de jupons et manchettes suffisamment pour pas qu'elle ne craigne le climat plus frais de l'intérieur des terres conflanaises. De petites topazes vertes couvraient le bustier et le début de la jupe pour rehausser la richesse et la préciosité de la tenue. Une parure discrète complétait le tout alors que des bijoux de cheveux se perdaient dans une coiffure compliquée. On était loin de la simplicité naturelle de la demoiselle, mais il était clair que pour cette occasion Daena serait la vitrine de son appartenance à la haute noblesse. Toute son éducation n'était fondée que sur cet unique but, briller le plus possible lors de grandes occasions comme celle qui allait se dérouler. C'est en remplacement de sa mère, restée à Larmack en sûreté avec l'héritier des Velaryon que Daena prendrait ainsi place aux côtés de son père pour représenter au mieux et avec le plus d'application sa condition. Elle désirait plus que tout être irréprochable, faire honneur à sa famille ainsi qu'à ses ancêtres et racheter par là même ses fautes, faisant oublier par ses actes les erreurs du passé. Néanmoins la demoiselle ne se faisait pas d'illusions, elle serait loin d'égaler la mariée en splendeur et en beauté, malgré tous les artifices déployés. Ce n'était pas source de tracas pour elle car la chose était naturelle, et elle souhaitait du plus profond de son cœur que ce jour ne soit consacré qu'au bonheur de sa reine et que rien ne viendrait perturber ce moment unique.

C'est devant une tente que tous attendirent que le cortège nuptial de la reine se mit en marche. Tenant le bras de son père Daena était terriblement fébrile et excessivement curieuse de découvrir non seulement la robe et les atours que porteraient Rhaenys mais également inquiète de ne pas savoir comment celle-ci pouvait se sentir et ressentir la chose à venir. Depuis son exil et sa disgrâce Daena n'avait plus accès aux secrets du cœur de sa souveraine qui avait cessé d'être cette grande sœur de cœur tant aimée. Elle se sentait terriblement coupable, alors que sans sa stupidité elle aurait peut-être pu tenir un plus grand rôle dans le déroulement du mariage et surtout être là au plus près d'elle pour la soutenir et la réconforter. Malgré tout elle était heureuse de pouvoir l'accompagner à sa manière, même si c'était parmi la foule de ses nombreux autres sujets. Lord Velaryon était comme à son ordinaire bien droit et sévère dans son attitude, mais il ne manqua pas de poser un regard bienveillant sur sa fille pour lui donner un peu de courage. Lorsque la souveraine apparut tous furent stupéfait par sa beauté et la majesté de ses ornements. La robe bien que cousue dans un style très sudien portait déjà quelques touches prélevées aux coutumes des tenues nordiennes. L'attention était très touchante et Daena ne put qu'être elle aussi subjuguée et admirative. Avec grâce et légèreté Rhaenys portait la couronne qui avait été conçue pour elle, lourde de par son symbole et par les pierreries qu'elle contenait, elle ne semblait pas peser sur la démarche de la jeune mariée qui représentait magnifiquement la royauté de Peyredragon. Le cœur de Daena se serra quelque peu à l'idée que ni Aegon, ni Visenya ne pouvaient admirer leur sœur en ce jour important et que celle-ci avait été privé de leur réconfort à jamais. Elle se demandait également pourquoi Orys n'avait pu se déplacer pour assister aux noces mais elle ne s'attarda pas outre mesure à des questionnements inutiles et à des pensées bien trop tristes pour un jour comme celui-ci.

Comme tous ceux qui sont présent la jeune noble s'incline par une révérence parfaitement exécutée à la sortie de la reine et prenant place à sa suite elle chemina derrière elle au bras de son père. La dignité dont elle se devait de faire preuve l'empêchait d'exulter de joie et de crier ses félicitations à Rhaenys comme beaucoup d'autres le faisaient. Elle se promit cependant de se présenter personnellement devant la reine pour lui présenter ses sentiments et tous les vœux de bonheur qu'elle pourrait lui faire quant à son union. Le cortège s'arrête finalement à la rencontre du peuple du Nord guidé par son roi. Les effusions inattendues de joie et d'excitation laisse place à la solennité et à la gravité du lieu et de l'instant. Les époux se rejoignent les visages fermés par le devoir qu'ils portent à raison de leur rang. C'est un roi et une reine qui se dresse au devant de chacun et non plus des individualités, ce sont des royaumes et des cultures qui vont s'unir et non plus simplement un homme et une femme. Même si les cris retentissent encore lorsque la procession reprend et jusqu'à son arrêt définitif Daena ressent clairement que les choses ne sont plus aussi simples, que les sentiments ne doivent pas être véritablement présents dans la scène qui va se dérouler et cela la perturbe grandement. Cela lui renvois en quelque sorte une image bien grave de sa prochaine union à venir, de son implication à un plus haut point qu'elle n'avait pas encore pleinement réalisé et elle se met à avoir peur, une peur incommensurable presque aussi douloureuse que celle qu'elle avait ressenti lors de sa captivité dans un château étranger.

Faisant taire malgré tout ses impressions Daena se place en silence autour du couple. Elle observe avec intérêt les mystérieux barrals, bien plus tristes que ce qu'elle avait pu lire dans ses livres. La clairière est charmante et le temps clément, c'est avec intérêt que Daena observe le mariage qui devra se dérouler selon les rites nordiens, tout du moins à ce qu'elle avait entendu et sa curiosité la poussait à examiner chaque détails de la scène. C'est alors qu'elle remarquait les épées au fourreau sur les hanches des futurs époux, ce symbole si puissant qu'ils n'avaient pas abandonnés même le jour de leurs noces prouvaient que cette union serait aussi celle qui ferait prévaloir une certaine force pour conduire à la justice. C'est en détaillant les armes qu'elle entendit le discours du roi du Nord. Elle en écouta chaque syllabes, prit le temps de comprendre chaque phrase prononcée avec force et ferveur. Le serment prononcé par cet homme si puissant la surpris, son humilité la toucha et bien que les mots semblaient plus destinés aux hommes, aux sujets du Nord, aux guerriers, elle fit sienne les idéaux qu'il transcrivait par ses mots, elle eut alors la certitude que le choix qu'avait fait Rhaenys était le bon, que cet homme saurait la protéger et les protéger tous, qu'il se battrait, tant pour eux que pour tous les peuples. Son geste de renonciation à sa couronne paracheva son acceptation complète dans le cœur de la jeune noble comme son nouvel empereur.

Les rites du Nord qui se déroulaient sous ses yeux étaient quelque peu incompréhensibles, de même que la déclamation de la fondation de ce nouvel empire, comportant à sa tête Torrhen et Rhaenys. La nouvelle est déroutante, il faut du temps pour pleinement réaliser toutes les conséquences que ces paroles comportent. Les choses se déroulent bien trop vite pour que Daena puisse pleinement saisir tous le sens de ces gestes si symboliques. Mais le plus étonnant pour elle fut la création d'une nouvelle maison. Quelque part en elle un déchirement se fit, car la rupture de Rhaenys avec son patronyme de naissance ne découlaient pas alors uniquement de son mariage, mais bien d'un renoncement des plus inédits. Malgré toute la peine que cela pouvait lui procurer et au bout de plusieurs minutes, Daena ne put qu'approuver car elle compris alors le grand projet qui venait de se concrétiser, les espoirs et résolutions que Rhaenys cherchait à réaliser, elle s'abandonnait complètement pour le bonheur des peuples et c'était aux yeux de Daena le plus grand sacrifice qu'elle aurait pu faire. C'était effrayant certes, mais si sa nouvelle impératrice avait fait le choix de prendre le risque, Daena la soutiendrait quoiqu'il lui en coûte à elle.
C'est alors que la cérémonie prend place, le mariage consacré par des paroles rituelles que la jeune demoiselle n'avait jamais entendue se déroule rapidement. Ainsi Rhaenys devient une Branaeryon, nom puissant en sonorité mais porteur des souvenirs du passé. Même si c'est un grand changement Daena apprécie la façon dont les choses se sont déroulées. Et c'est avec une émotion non feinte qu'elle joignit sa voix aux autres citoyens peyredragonniens pour faire exploser sa joie et son soutien à sa reine. Elle eut aussi des pensées pour le nouvel empereur mais son arrivée dans l'esprit de ses nouveaux sujets était si fraîche qu'il ne devait pas leur tenir rigueur d'une certaine réserve. C'est perplexe mais émerveillée que Daena découvre les nouvelles couleurs de sa maison régnante, même si elle ne remplaceraient celles de Peyredragon que pour un petit temps, elle ne lui inspirait qu'un courage infinie et une fierté sans nom. Admirative elle couva un petit instant du regard les nouveaux époux, enviant quelque peu le bonheur qui s'exprimait à présent sur leurs visages et c'est avec un petit rire de joie qu'elle grava leur premier baiser officiel dans sa mémoire comme un moment historique.





Bien vite vint le banquet de noces. Les mets raffinés couvraient les tables revêtues pour l'occasion de nappes rouges ou blanches. Les Velaryon étaient placés non loin du couple royal, mais pas suffisamment pour pouvoir converser avec eux. L'honneur était grand d'assister à de telles festivités, et si Daena regrettait de ne pas pouvoir parler avec Rhaenys elle était heureuse d'avoir pu lui renouveler son allégeance et lui présenter ses vœux, ainsi qu'à son époux, en compagnie de son père. Ce dernier bien que silencieux et sévère depuis les erreurs commises par sa fille s'était détendu grâce à la boisson et aux discussions animées auxquelles il participait avec ses voisins de table. Il n'avait que peu adressé la parole à son enfant, mais il la surveillait tout de même assidument pour qu'elle tienne sa place sans cette fois faire de vagues. Pour Daena l'occasion était trop belle de se racheter et de prouver qu'elle pouvait parfaitement se tenir pour tout gâcher par des sottises. Silencieuse la plupart du temps elle savourait les plats avec délectation et se comblait dans l'observation des invités et surtout de Rhaenys. Elle ne l'avait plus vu aussi radieuse depuis très longtemps et cette simple vision lui réchauffait le cœur d'un feu éternel. Le petit dragon lové au coup de l'impératrice était le sujet de bon nombre de conversation, tant du côté nordien que des peyredragoniens. Daena était fascinée par son allure si semblable et en même temps si différente de Méraxès au même âge. Elle en aurait presque maudit la bienséance tant l'envie de faire de lui de nombreux dessins la taraudait.

Une fois le repas terminé Rhaenys se dressa devant l'assistance, le port royal et la voix claire elle déclama un petit discours qui ravit tous les convives. Ses paroles remplies d'amour pour son peuple émurent la demoiselle, mais elle fut aussi touchée par la tendresse des mots qu'elle adressait sans faux semblant à son nouvel époux. Nul doute qu'une complicité existait déjà entre les deux êtres et voir cette harmonie rassurait Daena quant au fait que Rhaenys était entre de bonnes mains. La demoiselle suivit donc le toast porté avec respect, hurlant comme les autres avec passion à l'avenir qui se profilait. Elle bu dans sa coupe en même temps que toute l'assistance. La saveur du vin était un peu trop forte et la gorgée lui brûla quelque peu, elle reposait donc bien vite le verre, se jurant de ne surtout pas en abuser ou de commettre l'erreur d'en boire avec trop de légèreté. Doucement mais avec force les notes de musique emplissent l'atmosphère de mélodies des différentes contrées. Avec délectation Daena savoure ce dépaysement que lui offre les arts musicaux. La première est indéniablement une envoûtante mélodie nordienne que tous ceux natifs de ces froides régions connaissent et apprécient. Bientôt des couples rejoignent l'emplacement de danse avec entrain pour entamer des pas totalement inconnus à Daena. Discrète et intimidée elle refuse poliment et délicatement une invitation par un jeune homme fougueux qui eut plus de chance avec une autre demoiselle. Du coin de l’œil elle remarqua alors Lady Reed, une femme des plus impressionnantes qu'elle avait rencontré quelques jours auparavant, si la distance empêchait une possible conversation elle tenu à lui faire par de sa sympathie en lui faisant un signe respectueux de la main. Malheureusement celle-ci ne semblait pas du tout à son aise dans ce genre de mondanité et Daena aurait presque pu aller la rejoindre pour lui tenir compagnie si d'autres affaires ne l'avaient pas alors appelé.

La musique s'est arrêtée, presque aussi soudainement qu'elle avait commencé et c'était avec curiosité que Daena faisait des pronostics sur le pays qui serait ensuite honoré par une de ses mélodies folkloriques pour divertir l'assistance. Trop occupées à ses différentes pensées la demoiselle avait quitté des yeux sa royale impératrice dans les bras protecteurs de son époux, dans un moment bien trop intime pour que Daena continua à les scruter avec des étoiles pleins les yeux. Quelle ne fut pas sa surprise de la retrouver quelques minutes après à ses côtés, un sourire éclatant aux lèvres et les yeux pétillants comme lorsque enfant elle se préparée à une énième bêtise. Cette soudaine vision du passé lui aurait mis les larmes aux yeux si elle avait eu ne serait ce que quelques instants pour s'y attarder. Au lieu de cela sa cousine l'entraîna vers les musiciens pour la placer avec entrain non loin de la nouvelle suivante royale. Surprise Daena lança un regard interrogateur à cette dernière, légèrement amusée mais aussi tendue de se retrouver dans une telle situation. Heureusement les explications ne se firent pas attendre et le projet de Rhaenys emplit le cœur de Daena d'une joie indescriptible. Pouvoir ainsi représenter ses contrées, tout en ayant une occasion de rendre fière l'impératrice et de pouvoir comme autrefois l'accompagner en jouant d'un instrument était un délice qu'elle ne pensait pas connaître. C'est avec une petite angoisse qu'elle reçu des mains de son ancienne sœur de cœur un tambourin.

C'est un honneur votre altesse. Je ne peux oublier cette musique enchanteresse de notre enfance votre grâce.

S'éloignant un peu pour laisser la possibilité à Rhaenys de danser si elle le souhaitait, Daena assura sa prise sur l'instrument et après un accord visuel avec les participantes, elles commencèrent à faire retentirent les notes si caractéristiques de leur merveilleux pays. La danse sur ces sonorités était simple mais entraînante et révélait la joie des cœurs. Ne pouvant résister à cet appel plein d'un bonheur pur Daena s'autorisa à se détendre quelque peu et entama même quelques pas hésitants tout en prenant soin de ne pas bousculer quelqu'un d'autre et à rester à peu près dans une même zone restreinte. Elle ne put détourner le regard de la Rhaenys qu'elle connaissait et aimait tant, la royale princesse avec qui elle avait grandit mais qui était une individualité et un caractère à elle seule et non cette reine froide et implacable que les circonstances l'avaient forcé à devenir. Pendant l'espace d'une chanson elle redevenait cette amoureuse des arts et cette passionnée des plaisirs de la vie qui était son modèle. Un sourire illumina le visage de Daena et pour la première fois depuis longtemps elle se sentit enfin à sa place.


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Sans solitude, sans épreuve du temps, sans passion du silence, sans excitation et rétention de tout le corps, sans titubation dans la peur, sans errance dans quelque chose d'ombreux et d'invisible, sans mémoire de l'animalité, sans mélancolie, sans esseulement dans la mélancolie, il n'y a pas de joie. — Pascal Quignard.
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MessageSujet: Re: Fire, Blood and Winter   Lun 20 Mar - 22:45

Dix ans plus tôt, je n’aurais jamais imaginé un seul instant ce qui était en train de se passer. Dix ans plus tôt, mon fils n’était qu’une gamin gringalet qui s’entraînait avec une épée trop lourde pour lui, bercé des histoires de ses oncles, voulant devenir un héros du Nord, conté dans nos chroniques. Dix ans plus tôt, Sigyn chauffait encore mon cœur et ma couche, elle enflammait mon existence. Lyham Tully assiégeait Moat Cailin dans les marais du Neck, et j’y tenais la place, sans savoir quoi que ce soit sur la masse d’hommes qui se pressait en contrebas de nos retranchements. Rhaenys découvrait l’apprentissage de l’étiquette avec ses précepteurs, elle s’éveillait aux arts, et vivais peut être alors sa première floraison. Dix ans plus tôt, il y avait encore Rickard, Ryman et Weyton. Bran. Rieurs. Nous nous voyions tous les cinq pour la dernière fois. Et nous voici aujourd’hui, victorieux de plusieurs armées adversaires, saignés, meurtris, mais bien en vie, en capacité de répliquer et de donner corps à un rêve récent, à un modernisme de la pensée comme de la politique comme Westeros n’en avait jamais connu auparavant. Les gens tout autour de nous dansent, chantent, rient et boivent. Certains se heurteront à d’autres avant la fin de la soirée. D’autres forgeront des liens intangibles mais solides comme le roc.


Je ne nourrissais aucun doute sur la naissance, dans moins d’un an, de quantité de bâtards chez les jeunes femmes d’Herpivoie, chez les femmes qui accompagnaient le train de l’armée et chez les prostituées qui ne manquaient pas de suivre les sillons de mort de la guerre. Je continuais de tournoyer avec Rhaenys un moment dans le pas vif et relevé de cette ancienne danse nordienne. La belle jeune femme me fait rire, ma bouche fendant ma barbe alors qu’un son rocailleux s’en échappait.



| Ta fougue compense ton inexpérience. Du moins, dans une certaine mesure… | la taquinais-je ouvertement


Rhaenys était loin d’être inexpérimentée, pourtant. Sa vertu, ou l’absence de celle-ci, aurait fait pâlir un homme comme mon père, et ma mère aurait jadis fait une attaque de pareille désinvolture amoureuse. Mais nous vivions une autre époque, Rhaenys n’était pas nordienne, elle n’était pas d’une famille issue des Premiers Hommes, et j’étais moi-même vieux, veuf, et nous ne vivions pas un mariage habituel. Toutefois, il restait similaire par son ambiance qui allait croissante, ce qui me rappelait d’autres festivités, jadis. Je lâche un regard entendu à Rhaenys alors que la danse m’a amené à l’avoir devant moi, elle me tournant le dos, mais nos visages sont tournés l’un vers l’autre, je lui jette alors une œillade de connivence.


| J’ai toujours une dague, si je suis trop gourd pour savoir retirer tous ces lacets et ces nœuds. Tes oripeaux, bien qu’aussi gracieux et dignes de l’impératrice que tu vas devenir, ne te préserveront pas de moi je le crains. |


Je ne me considérais pas comme homme à s’abandonner à ses bas instincts. Certains ne seraient pas d’accord, pensant que mon recours aux filles de joie et autres femmes de mauvaise vertu n’était que le signe d’une dépravation ambivalente, mais j’avais toujours gardé ces besoins sous contrôle, justement. Jamais ou rarement plus d’une partenaire à la fois, que l’on parle d’ébats ou de relation, et j’avais toujours fait en sorte de mettre des limites très claires aux tenants et aux aboutissants de ces échanges. Rhaenys s’incline et s’éloigne, je me pose quant à moi ma paume droite sur mon cœur et m’incline à mon tour, lui jetant par en bas un regard irrévérencieux, ma barbe barrée d’un sourire taquin.


Je retourne en direction de ma table, alors que je vois Tully et mon fils converser ensemble. J’entends les premiers accords d’une musique que je ne reconnais point. Je me saisis de ma corne et me retourne, au moment où je vois Rhaenys et ses dames de Peyredragon commencer un nouvel air, repris bien vite par les musiciens. Je ris et salue le début d’une nouvelle danse en levant ma corne et en beuglant mon assentiment, alors que quantité de guerriers crient, trinquent et se ruent sur la piste. Je ris aux éclats, ravi de l’esprit de fête. J’ai toujours adoré ça ; danser, boire, manger, danser encore. C’est un bon exutoire aux bains de sang qui ont rythmé mon existence. Riant toujours, je me retourne vers Tully et mon fils. J’entrechoque ma corne contre la leur. Tant pis pour l’étiquette. Je suis le Roi-Guerrier de Winterfell.



| A votre santé messires. | Je me retourne vers Tully. | Il est dommage que vous ne soyez entouré des vôtres en cette soirée, messire. Je vous donne ma parole que nous porterons bientôt assistance à votre courageuse famille, et à la grande Vivesaigues. |


Je le salue d’un signe de tête, ferme, scellant la parole alors que je lance un clin d’œil à mon garçon. Je m’éloigne de quelques pas pour aller échanger quelques toasts tonitruants en compagnie de mes généraux Lord Mormont et Manderly, ayant bien compris que mon fils et Tully devaient parler, forger des liens. M’enivrant doucement, je surveillais de loin et battais contre mon avant-bras la mesure de la musique de ma femme et de ses compagnes et compagnons de Peyredragon. J’avais le sang chaud ; une nouvelle ère s’ouvrait.






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MessageSujet: Re: Fire, Blood and Winter   Mer 22 Mar - 18:55

 D’abord, il y eut le silence…

Dans l’espace qui séparait le serment royal et la Chute mentale de mon esprit, chacun de mes pas se fit plus lourd, plus compliqué, ma main se glissa sur le côté à la recherche d’un salut, de l’aide de mon père, mes yeux sombraient doucement dans un décors sombre, tout autour de moi les sons hurlaient, s’étouffaient pour ne laisser par instant que le brouhaha de mon cœur tapant de plus en plus vite dans ma poitrine, durant quelques seconde mes iris tentèrent d’accrocher celles de Jon, lui hurlant silencieusement un appel à l’aide, un au secours impossible à prononcer, ma main ne trouvait aucune aide elle non plus ou du moins c’est la sensation que j’en eu, alors que le sol semblait se dérober et ne laisser qu’un grand vide où tout mon être s’engouffrait au plus profond d’un lointain mystérieux, il y eut un moment où le glorieux murmure des cieux se mêla au son lointain d’une voix, un instant infime où plusieurs voix célestes se mêlaient au vif pincement du froid et du vent, les mots étaient confus, troubles, dans une langue infernale qui semblait brûler ma chair, puis tout disparut, remplacé par un silence si absolu que l’âme, mon âme lutta pour tenter de déceler un son. C’est au moment où un pleure de bébé monta du plus profond de l’obscurité qu’arriva la véritable sensation de chute… Un saut tellement vertigineux que j’en eu le souffle totalement coupé, au loin se mêlant aux pleurs de l’enfant un grincement d’ailes et le croassement d’un corbeau annonciateur de mort, de perte, une nouvelle fois ma main chercha un salut qui ne lui servirait plus à rien, comme bridée par la volonté du Trône impérial des dieux s’amusant de moi, de ma lutte vaine…

Mes muscles se relâchèrent et de l’obscurité sortit un rayon de lumière, un simple et doux astre vers lequel je m’avançais, mes jupes se soulevèrent sous le vent et quelques fleurs dansaient sur l’eau, mes pieds nus caressaient les vagues qui ne me mouillaient pas et l’aube se dessinait sous l’azur de mes yeux clairs. Tout était nuancé d’or, de paix, le rivage était à couper le souffle, à mes pieds des couronnes vives de fleurs parfumées laissaient s’envoler quelques prêtas, mes doigts en caressèrent la texture et leur teinte, le vent qui doucement voilait l’horizon, tourbillonnait et s’effaçait, ne laissant dans son sillage que la lumière et la chaleur. Je me sentais en quelques instant joyeuse, j’avançais d’un pas et au loin distinguais dans la lumière plusieurs navires couronnés de fleurs beaux à la déraison. Quand plusieurs cris tels à des rires percèrent le doux son de l’eau. Avant que j’ai le temps de prendre mon souffle, l’eau m’engouffra, mon souffle se perdit dans l’océan qui m’avalait et me torturait, je sentais la morsure vive de la peine des abysses caresser ma peau. L’air reflux dans mes poumons alors que ma main touchait enfin un soutien, le bois sacré de l’arbre. Mon cœur haletant, mon souffle cours laissait échappé quelques nuages, mes yeux s’accoutumaient doucement à l’ombre du feuillage, sans relâcher mon appui réconfortant, j’explorai du regard le sanctuaire, à mes pieds se trouvait un homme, son front fier et bas, son regard fort s’était un peu plus effacé, seul lui aussi, portant encore la forte et belle épée qui le soutenait. D’un mouvement je tentai de lui caresser l’épaule et réalisai que je n’étais plus, que je n’étais qu’un avec l’arbre et que chaque mouvement m’était vain. Tout mon être vibrait sous la puissance de sa prière, le temps s’accèlèrait, la nuit s’en vint, il ne bougeait pas, il répétait inlassablement sa prière muette. Au loin hurlait un loup et la lune s’étendant à l’horizon pour finir pas fondre et laisser place à ses côtés à une seconde silhouette, tel un astre claire et triste, son regard m’implorait à son tour, implorait l’arbre sacré, ces mains tenant tendrement un ventre rebondis et soudain l’aube arriva. Le doux espoir, les pleurs d’un enfant, le sanctuaire tremblait vacillant et je repris forme dans un couloir où s’avançait d’un pas douloureux le bel astre aux cheveux blancs, elle souffrait, elle luttait et à ses côtés ne se trouvait que peur et peine. Elle avançait vers moi et s’arrêta alors que son visage s’empli de douleur et que ses mains étreignirent son ventre. Elle semblait se battre, ou si peu que cela n’avait aucune influence sur la trajectoire de sa chute. Vers quoi se dirigeait-elle ?

A nouveau le sol se dérobe et l’obscurité m’emporte, « Il n’y a plus rien devant moi et rien derrière. Rien au-dessus et rien au-dessous ». Ces mots hantent mes oreilles, mon cœur.  Seuls existaient une épaisse obscurité et les contours flous de ce qui restait de mon âme, de ces visions.

Dans ce néant, mon esprit prend le contrôle. Une préoccupation d’un autre ordre s’imposa à lui de façon implacable : les paroles obsédantes d’une mère qui craignait la perte… ma tête me faisait mal et alors que je m’attendais à revenir à moi en hurlant et en haletant, mes yeux refusaient de s’ouvrir.

« Sortez-moi d’ici… » Hurlais-je intérieurement aux dieux qui m’entrainaient dans leurs jeux, telle était l’odieuse condamnation de ma vie, le venin qu’il avait ajouté à la sentence prononcée, mon cœur de n’avoir aucun répit.

D’un coup j’ouvris les yeux et réalisai que mon père m’avait comprise, je pus entendre au loin quelques rires, de la musique et des paroles alors que sa main caressait ma joue et ses yeux m’interrogeaient inquiets.

« Je dois parler au roi, père, je… » Me stoppai, détaillant la pièce sans la voir, tentant de me rappeler de mon dernier souvenir et fus doucement soulagée que ce ne fut pas durant la cérémonie et les échanges, non, je me rappelais le regard fier de mon père aux côtés du roi, les échanges de cape, ou encore le sourire doux de la cousine de notre nouvelle impératrice. Passant ma main sur mon front, je lançai un instant un regard à mon père, il me dévisageait et relevait les yeux vers la porte close du carrosse où il m’avait surement mise à un moment propice. « Me suis-je faite remarquée ? » Murmurais-je.

« Non, fort heureusement, je t’ai vu t’avancer vers le Barral, passer auprès du roi et de son épouse sans les voir, tu n’as même pas salué le prince et continué ta route d’un pas un peu soûlard vers l’arbre, c’est seulement quand tu as glissé ta main dessus que je t’ai emporté, je ne pense pas qu’on ait remarqué notre absence pour le moment, ils sont bien trop occupés au rond de jambes… »

Sa main glissait encore sur mon front dans un geste automatique.

« Je dois parler au roi ? » Dis-je d’un ton qui ne souffrait d’aucune négociation.

« Auquel. » Dit-il d’un ton amusé, avant de reprendre un peu de sérieux « L’empereur, car c’est ainsi que tu vas devoir le nommer, mon enfant, sachant que le prince est à présent… bon passons pour ce soir, écoute Willona, je doute qu’il soit disposé à t’écouter, je ne suis même pas sûr qu’il soit disposé à boire un verre avec moi après ta dernière visite. Alors contente toi de te remettre, de boire un verre et de rentrer sagement dans tes appartements, ce n’est pas le soir pour lui de perdre son temps avec nous ou avec un présage, quand bien même nous sommes au cœur de ce qui fait de toi ce que tu es... »

D’un mouvement je me redressai sur la petite banquette et détaillai les flambeaux et les convives. Le prince parlait à un homme que je ne connaissais que de vue, la reine dansait avec sa cousine et le roi semblait heureux et bien occupé aussi.

« Il m’a dit de ne parler qu’à lui père. »

Il fronça les sourcils et se glissa près de la porte.

« Alors attend simplement qu’il vienne à toi, ceci n’est pas affaire de minutes non ? Ne gâche pas ce moment Willona, il ne te le pardonnerait jamais, tente pour une fois d’être comme les autres jeunes femmes, ce n’est pas le soir pour des mauvais augures. »

J’inspirai un peu de constance et m’inclinai doucement le regard vers le sol de la voiture.

« Je sais, mais suis-je simplement comme ces autres ? Après tout qu’est-ce qui me dit qu’après quelques verres on ne viendra pas me bruler vive car vous avez chanté mes visions père ? Dans le fond ne serait-ce pas mieux de toutes façon. » Je relevai les yeux sur l’assemblée et détaillai le prince aux côtés de cet homme du pays. « Qu’importe, j’attendrai alors qu’il vienne à moi, comme vous me le demandez et prendrai congé sous peu, m’assurant de n’entacher votre noble réputation. »

« Ne pousse pas trop loin, je suis tolérant avec toi, mais je pourrai tout aussi bien ne plus l’être, tu sembles oublier à qui tu parles bien trop souvent depuis quelques temps… » Il ouvrit la portière d’un geste un peu trop brusque.

« Je te laisse reprendre tes esprits, notre absence va finir par se faire remarquer, j’ai dû nous faire sortir avant de livrer notre allégeance et nos félicitations. »

D’un mouvement il se détourna et me laissa seule avec mes pensées et le rappel cruel de cet enfant aux yeux sombres et aux cheveux d’ébène, alors que mon regard suivait mon père s’avançant dans ses beaux atouts militaires vers le roi…




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MessageSujet: Re: Fire, Blood and Winter   Jeu 23 Mar - 18:54

Jon venait tout juste de prendre place aux côtés de Lyham Tully. Il y a encore peu de temps, il n'aurait sans aucun doute imaginer cela possible. Cependant, les choses avaient pris un tournant qui n'étaient au départ qu'une maigre possibilité parmi des centaines et il fallait bien se rendre compte que tout se déroulait et se modifiait bien plus rapidement que le futur roi ne l'avait présagé. Rien qu'à l'idée de sa nouvelle fonction, il vient à boire une longue rasade de vin du verre que venait de lui passer Tully juste après avoir trinqué avec lui, grimaçant légèrement devant le goût de celui-ci. Il porta quelques instants son regard sur le couple de jeunes mariés qui dansaient au milieu de bien d'autres. Jon prit le temps d'examiner son père, les traits de son visage tout particulièrement, et depuis un temps qu'il ne pourrait donner, il se rendit compte alors qu'il semblait serein. Serein et heureux. Encore une fois, il ne connaissait pas aussi bien qu'il l'aurait voulu son père et il lui était parfois encore difficile de déchiffrer ses expressions, encore plus de savoir ce que cela pouvait bien cacher en-dessous mais ce soir, c'était l'impression qu'il avait et sans doute que le vin coulant à flot commençait aussi à griser son père et ainsi le rendait plus naturel. En attendant, il revint bien vite à son voisin de table à qui il adressa un sourire respectueux. Lyham Tully devait savoir ce qui se tramait, les idées d'union entre l'héritier du Nord et une fille qui ferait parti de cette nouvelle noblesse du  Conflans au sein des royaumes fédérés. Si l'idée n'enchantait pas le jeune homme outre mesure, il savait qu'il avait un devoir à accomplir et le mariage était normalement une valeur forte pour assurer une quelconque alliance entre deux royaumes. Il avait eu l'impression un instant qu'il avait été vendu par son père. Cependant c'était pour le bien des projets de tous, et Jon avait accepté de s'y plier, même si cela ne l'arrangeait pas personnellement.

« Nous aussi, je peux vous l'assurer Ser, nous sommes heureux de pouvoir nous compter parmi les nôtres. Pendant trop longtemps, le Nord et le Conflans se sont affrontés. Les temps doivent changer, et l'avenir semble nous offrir une toute nouvelle vision d'une alliance entre les différents royaumes de Westeros. ». Jon se mit à rire légèrement des paroles de son partenaire de conversation et il hocha doucement la tête en l'entendant, avant d'oser les épaules. « Plus le vin coulera et bien moins nous serons solennel. Faisons croire un instant que cela est possible avant que l'alcool ne vienne à embrumer nos esprits pour le restant de la soirée. Rires, chansons et peut-être la danse vous procurerons sans doute de la joie plus tardivement dans la nuit. Ne vous en faites en aucun cas, je peux comprendre ce que c'est. Bien des miens sont absents également ce soir, et j'aurais aimé qu'ils puissent vivre ce grand moment avec nous. Sans doute pourront-ils nous rejoindre dans les semaines à venir. Je serais ravie alors de faire leur connaissance. » Ils étudièrent ensemble les personnes qui composaient l'assemblée et bien vite, Tully finit par repérer une jeune femme toute particulière, et autant dire que ce n'était pas n'importe qui, pour le Nord ou pour lui. Willona, qui ne semblait pas véritablement à son aise ici, à moins que ce n'était autre chose que de bien plus important et inquiétant aussi. Il la salua d'un léger signe de tête avant, se promettant d'aller la voir au cours de la soirée et de prendre des nouvelles d'elle, puis il se concentra à nouveau sur Tully. Il garda une attitude totalement neutre quand il commença à lui expliquer que c'était la fille d'un des généraux de l'armée du Nord, il allait se mettre à chercher une excuse pour expliquer sa présence parmi eux, refusant tout bonnement pour le bien de la jeune femme mais aussi celui du Nord d'expliquer le don que celle-ci avait, aussi précieux que dangereux d'ailleurs.

Sans qu'il n'est remarqué que la musique avait changé et que la reine et les siens entamaient une danse inconnue pour le jeune homme du Nord. Son père vint les trouver, venant entrechoquer sa corne à la leur et détournant ainsi les esprits de la conversation précédente. Jon leva son verre à l'attention de l'empereur, puisque c'était maintenant le titre qu'il portait ou qu'il allait porter. « A votre santé, Altesse impériale ! » Puis il l'observa s'éloigner, sans manquer de voir le clin d'oeil à son attention. Il lui répondit par un faible sourire. « Je crois pouvoir dire que le jeune marié est heureux ! »


Jon Stark - Prince Loup

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MessageSujet: Re: Fire, Blood and Winter   Sam 1 Avr - 21:48






Herpivoie

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Je laissais mes doigts glisser sur la vièle, sans avoir besoin d’y faire attention. J’avais longtemps joué cette musique, si bien que je la connaissais par cœur. Elle était devenue instinctive, naturelle, une partie de mon être et de mon âme quelque part. J’occupais la scène en dansant, tout en continuant à danser. Je me laisser porter par les sonorités de cet air que j’aimais tant, de cet air qui m’avait tant manqué je devais bien le reconnaitre. Je savourais pleinement le moment, dans une insouciante qui m’avait pourtant faut défaut depuis la mort de mes aînés. Mon cœur s’allégeait, et ne laissait place qu’à de la joie, de l’innocence, de l’amour également. Toutes les sensations pénibles n’étaient plus là en cet instant, en ce court instant que dura cette mélodie. Car déjà les derniers accords étaient joués, et mon allégresse diminua, sans pour autant disparaitre totalement.

Si je n’avais pas été endurante, j’en serais ressortie essoufflée. Là, je n’avais que simplement soif. Je saluais tous ceux et celles qui avaient joué avec moi, avant de rendre son instrument au musicien qui me fit une révérence. Puis ils entamèrent aussitôt un nouvel air alors que je descendais de l’estrade, un grand sourire aux lèvres. J’acceptais la proposition de danse de l’un des nobles nordiens, et suivi son rythme le temps d’une chanson. Puis je me glissais finalement jusqu’à la table d’honneur, afin de boire un grand verre que l’on me servi en me voyant arriver. Je déposais un léger baiser sur la joue de celui qui était désormais mon époux, le regardant d’un air malicieux. Puis j’attendis que leur conservation se tasse légèrement pour me pencher vers le futur Roi du Conflans Sire, il sera regrettable que vous ne profitiez point de toutes les festivités. Je suis certaine que votre épouse ne serait point heureuse de vous savoir assis à table à parler politique, ou partager des politesses. Nous n’avons guère l’occasion de nous amuser ces derniers temps et je crains que ce soir ne soit qu’une exception à la règle… Je secouais la tête de droite à gauche, un rire sur les lèvres. Comprenez que je ne puis laisser cela en l’état. Je serais une bien mauvaise hôtesse et je ne puis souffrir d’une telle réputation. J’en faisais des tonnes, de manière voulu et mon sourire lui faisait comprendre que ce n’était là que malice. Il sied peu à une femme de se comporter ainsi, mais nous savons tous deux, hélas, que je ne suis point comme toutes les autres… Je le regardais un instant droit dans les yeux, avant de me lever et de m’approcher de lui. Je lui tendais alors une main. Sire, me feriez-vous le plaisir de venir partager quelques pas avec ma personne ? Ne dit-on point que l’on ne peut rien refuser à une jeune épouse ? Je savais pertinemment que le nouveau Roi ne pourrait décliner ma proposition, et qu’il se lèverait. J’avais réellement à cœur que tous puissent s’amuser et voient leur fardeau s’alléger l’espace d’une nuit. Plus la nouvelle Majesté le ferait, plus ses hommes seront enclins à le faire. Et, je l’avoue, j’étais aussi curieuse de découvrir s’il savait aussi bien manier l’art de la danse que l’art de l’épée.




Combien de civils dans les villes et campagnes ne font pas partie des convois qu'on épargne. Mon parcours coupe court au vol malsain des vautours. Depuis des décennies c'est le même phénomène. Mais pour la veuve et l'orphelin il faudrait lever l'ancre. On rêvait de donner plein de coups dans la vie, nous n'avons que des ecchymoses. J'ose te le dire, j'veux pas qu'mon monde brûle. Voilà pourquoi le soir sous la lune avec les loups je hurle.

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MessageSujet: Re: Fire, Blood and Winter   Dim 2 Avr - 0:28

[HJ j’entame la suite pour pas traîner, mais les musiques de Peyredragon durent un petit moment avant que Torrhen n’entame la suite]


Le mariage bat son plein. Après les danses traditionnelles nordiennes où d’un pas vif et entraînant, les jeunes guerriers invitent les filles à qui ils veulent faire la cour, ou celles simplement, qu’ils auront payées. Les choses sont plus simples en terre étrangère. Ceux qui ont des épouses oublient leurs engagements, ceux qui n’en ont pas espèrent beaucoup de ce genre de fêtes, et l’ensemble ne cherche finalement qu’un peu de réconfort, de proximité, avant de devoir à nouveau plonger dans l’enfer sur terre. Rien au monde ne vaut l’horreur, la gloire terrible, froide et funèbre, de la bataille. Les femmes avaient leurs souffrances, nées de l’amour, nées du vice, nées de l’horreur. La vie d’un soldat est plus ingrate. La victoire n’apporte aucun réconfort en soi. Aucun cri de joie. Aucun enfant qui ne se réveille, qui ne vous sourit, vous rend fier de tout ce que vous avez sacrifié pour lui. Personne n’imaginait ce que tous ces hommes avaient vécu. Je me revois, toutes ces fois, à pied, démonté comme un simple manant. Parcourant les lignes. Des monceaux de corps foulés du pied, piétinés directement, parfois. Des hommes qui râlent, qui hurlent à la mort, qui appellent leur mère, leur femme, qui pleurent pour leur vie qui s’effiloche déjà entre les doigts crispés autour d’une plaie mortelle. Rien de pire que la guerre, rien de plus horrible. Elle est nécessaire, mais elle est terrible.


C’est elle qui nous a amenés ici.


Rhaenys a-t-elle ressenti les horreurs de la bataille de la même façon, depuis le dos de son dragon, survolant les lignes et crachant la mort depuis le ciel ? Peut-être que oui, peut-être que non. J’emporterais dans la tombe, jusqu’à mon dernier souffle, l’horreur de subir la bataille depuis les premiers rangs… Il y a un côté exaltant à la guerre, la gloriole, l’honneur, la simple pulsion de violence. Mais tout ça s’évanouit quand vous participez à un mur de hallebardes, face à une charge de centaines de chevaliers en armure lourde, lancés à toute allure. Je perds le fil un instant, le regard plongé dans le vide, mais tripes remuant sous mes cuirs. L’odeur âcre mais puissante de la bière brune que je tiens dans la corne entre mes mains. J’entends quelque chose qui me ramène à la réalité. Je vois mon fils, plus loin. Tully. Et Rhaenys qui va vers eux. Je tourne mon regard. Je vois Lady Reed qui a l’air aussi perdue que moi. Et les suivantes de ma dame. Je fais un signe de tête à Conrad, plus loin.


Il me voit. Me répond du même signe et me lâche un sourire.


Les hommes des Mormont et des Glover entrent en scène avec leurs cornemuses, leurs instruments à vent tous plus loufoques les uns que les autres. Les tambours marquent une cadence tout aussi soutenue que la première danse, et les flûtes entament un air entraînant. Un grand gong de cuivre marque une cadence, et les jeunes tambours de l’armée nordienne, portant un vaste édifice de toile, de chanvre et de draps singeant un grand et sinueux dragon, entrent dans la salle. Ils lancent une espèce de farandole, et des couples s’élancent au centre de la piste de danse, alors que le « dragon » continue de faire le tour, les jeunes hommes poussant les gens vers la piste. Je saisis la dame de Reed et l’entraîne avec moi, sans lui demander son avis






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MessageSujet: Re: Fire, Blood and Winter   Dim 2 Avr - 17:06

Depuis que je suis ici, que j'ai été fait prisonnier puis libéré, si l'on peut qualifier le cheminement des récents évènements de la sorte, je n'ai pas encore vraiment eu l'occasion de parler avec le jeune loup. Et nouveau Roi du Nord. Je me demande s'il était prêt, s'il avait été informé avant et surtout, comment il appréhende tout cela. Evidemment qu'il savait qu'il devrait monter sur le trône un jour ou l'autre, mais… enfin, peu importe, ce n'est pas le moment de se perdre dans ce genre de conjectures. Je le fixe, esquissant un sourire à ses propos avant de hocher doucement la tête.

"Vous m'en voyez heureux. De voir que la vision du père est partagée par le fils. Je gage que mes enfants auront la même vision des choses, bien que mon fils soit encore un peu jeune pour réellement comprendre les enjeux."

Et, quand il reprend la parole, mon sourire se fait plus large alors que je lève mon verre vers lui et que je le finis d'une traite.

"Il est effectivement fort probable que le vin aide à délier les langues et à moins bien se tenir. D'autant qu'il y a longtemps que je n'avais pas aussi bien mangé ni aussi bien bu. Je serais heureux de vous présenter les miens votre Altesse, soyez-en assuré."

Si je vois qu'il n'a pas l'air très enclin à me dire ce que la jeune fille de l'un des généraux fait là, mon attention est rapidement captée par le changement de musique. Et, sans même que je puisse m'en empêcher, je sens mon visage s'illuminer. Alysanne aurait adoré cet instant et, pour la première fois depuis le début des réjouissances, je me sens pleinement apprécier ce que je vois devant moi. La spontanéité dont chacun fait preuve, la légèreté de la musique et le fait que tous semblent se mêler la danse, allègent mes pensées plus que tout ce que j'ai pu voir jusqu'à présent. Je jette alors un regard malicieux en direction du jeune loup et je hoche la tête.

"Je ne peux qu'être d'accord avec vous. Et c'est un plaisir à voir."

Je n'ai pas le temps d'en dire plus que je vois la jeune mariée s'approcher de moi. J'incline doucement la tête à son attention et je n'ai guère l'occasion de songer à une façon polie de refuser sa proposition qu'elle m'arrache un rire alors que je secoue la tête.

"Pour un peu, je croirais que vous voulez m'assommer de paroles pour que je ne trouve pas de parade à votre offre."

Je réprime une grimace en me relevant avant de faire une révérence devant la jeune femme. Qui, autant l'avouer, ne me fait plus vraiment penser à la Reine que j'ai pu voir quelques jours plus tôt. Et pourtant, la voir ainsi n'a rien de désagréable et il est difficile de ne pas garder le sourire face à elle.

"Je crois que nous avons effectivement déjà acté que vous êtes loin d'être comme les autres Majesté. Ce serait un honneur de danser avec vous. Mais il va falloir m'apprendre ces pas, voilà une musique qui ne m'est pas familière."

Et j'inspire doucement, décidé à essayer de profiter de l'instant, même brièvement, supposant qu'Alysane ne m'en tiendra pas rigueur. De toute façon, elle aura bien à faire avec le reste.


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MessageSujet: Re: Fire, Blood and Winter   Mar 9 Mai - 12:35

Yesaminda ne se sent pas à sa place, ici, à Westeros. Encore moins au côté de son oncle. Jusqu’à ce que Rhaenys vienne l’extirper de là, la jeune femme ne proteste pas, jamais quand il s’agit de la dragonne. Cette dernière la mène près des musiciens, elle devine assez bien ce que Rhaenys attend d’elle et la nervosité s’empare de l’étrangère. Finalement, la jeune Velaryon est également entraînée et leur reine suggère de montrer la culture Valyrienne aux invités. Soit. Rapidement, elle fut doté d’une vièle et attendit d’entendre les premières notes pour savoir si elle en connaissait les accords.

Elle sourit, non sans une certaine fierté, elle connaît les notes, après tout, elle est une descendante des esclaves de Valyria. Rapidement, elle rejoint les 2 musiciennes. Elle se laisse totalement guider par ses mains, ses doigts appuyant sur les cordes, son archet glisse sur ces dernières. Les danseurs envahissent la piste de danse et l’ambiance festive ne tarde pas à s’emparer d’elle.

L’espace d’un instant, elle oublie qu’elle n’a plus de fils, elle oublie que son mari l’a tué, et qu’elle l’a tué ensuite, elle ne pense qu’à jouer comme s’il était là avec ce sourire si fier d’entendre sa maman jouer rien que pour lui. Elle voit la Reine danser tout en jouant et son sourire s’élargit. Il est rare de la voir si légère, innocente, festive et c’est contagieux.

Finalement, c’est le coeur plus léger qu’elle dépose son instrument lorsque la musique se termine et se rapproche de son oncle, mais elle s’arrête en chemin. Finalement, c’est vers un autre homme qu’elle se dirige, elle a bien l’intention d’oser et s’il la rejette, tant pis. Ils ont plutôt intérêt à s’habituer à sa présence, car elle n’est pas prête de partir. Elle rejoint la table d’honneur, dépasse Rhaenys et Lyham pour s’arrêter face à Jon.

“Mon Prince, m’accorderiez-vous de votre temps et votre expérience pour m’apprendre quelques pas de danse de votre pays ?” Peut-être outrepasse-t-elle les traditions de Westeros en l’invitant de sa propre initiative, mais peut-être que les festivités les rendront plus cléments, peut-être qu’ils passeront outre le fait qu’elle n’est qu’une étrangère à leurs coutumes.



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MessageSujet: Re: Fire, Blood and Winter   Mer 10 Mai - 18:55

Il était dit que certains mariages changeaient les hommes. Celui-là, à n’en pas douter, changerait la face du monde. Il était impressionnant de voir la marée humaine assemblée en ce jour pour fêter l’union entre Torrhen Stark et Rhaenys Targaryen, et plus encore de la voir porter aux nues le nouveau couple en les acclamant comme couple impérial, fondateur d’une nouvelle lignée qui aurait vocation à unifier Westeros. Peu importait ce qu’il adviendrait d’eux tous, finalement, car nombre de ceux qui applaudissaient mourraient dans les jours suivants, ne reverraient jamais leurs familles et ne profiteraient guère de cette paix fantasmée. Pour autant, nul doute que tous, un jour, que ce soit face à leurs petits-enfants avec une barbe fleurie ou bien dans les bras d’une putain ramassée sur un bas-côté quelconque, pourraient dire avec une once de fierté mal placée qu’ils y étaient, qu’ils avaient vu l’impensable : deux souverains renoncer à leurs titres pour se lancer dans une folle entreprise. Et Bowen, comme tous, à défaut d’être aussi enthousiaste, ne pouvait à cet instant qu’admirer l’audace d’une pareille entreprise. L’esprit d’un guerrier avait ses faiblesses, et elles résidaient bien souvent dans la recherche éperdue de l’acte flamboyant. Oui, décidément, son ancien mentor et sa nouvelle épouse marquaient les esprits, aujourd’hui, mais aussi l’histoire de Westeros.

Cependant, malgré les applaudissements de rigueur, le jeune homme conservait au plus profond une part de doute, qu’il chassa momentanément en voyant le Prince Jon, désormais Roi, prêter serment. Alors ses mains claquèrent avec vigueur, tandis qu’il lançait de sa voix grave des vivats à qui se rallièrent bien vite les nordiens proches de lui. Il ne savait s’il croyait en cet Empire, réellement, au-delà de son adhésion à la personne même de Torrhen Stark, maintenant Braenaryon, pour autant, il ne doutait pas en revanche du Jeune Loup, de sa capacité à mener le Nord vers la grandeur et la prospérité. Sa fougue saurait être tempérée par ses conseillers, il le savait, et quelque part, Bowen voyait ce passage de témoin comme l’exemple-même du renouveau des générations. Lui-même aurait sa part à jouer, dans l’appui au jeune Stark, et il s’y emploierait sans coup férir, car le Nord aurait toujours sa loyauté, ainsi que la maison arborant le blason du Loup.

Puis vint le mariage proprement dit, qui ne manqua pas de lui arracher un sourire mélancolique, quoique pour deux raisons toutes différentes. La première était d’ordre éminemment personnelle, puisque ces épousailles lui rappelaient les siennes, quelques mois seulement auparavant. Il y revoyait la même émotion, l’étreinte étonnante de l’excitation à voir deux êtres s’unir sous la bénédiction des Dieux. Silencieusement, tandis que les mariés échangeaient leurs vœux, le Glover ne put s’empêcher d’adresser une prière aux Anciens Dieux pour leur demander de bénir les nouveaux épousés, certes, mais aussi pour veiller sur sa propre femme qui lui semblaient si loin, alors qu’elle portait leur enfant à naître en elle. Puissent ceux qu’il révérait de toute la force de son âme prendre soin de ceux qu’il aimait, de sa famille, de son mentor et de ses amis. Puissent-ils accorder à tous paix, prospérité et félicité. Puissent-ils rendre les unions heureuses et fertiles. Inconsciemment, il avait joint ses mains, et tous ceux autour de lui auraient pu témoigner de sa vive émotion. En vérité, la seconde raison pour laquelle il sentait son cœur s’étreindre de cette façon était l’expression de sérénité joyeuse sur le visage de son ancien maître. L’affection qu’il éprouvait pour Torrhen le poussait à reconnaître sur ces traits une forme de bonheur qui lui était rare, comme s’il avait trouvé dans cette union un avenir politique fort, certes, mais aussi une forme d’équilibre intime. Et malgré ses appréhensions envers l’épousée et ses origines, une part de lui, celle du garçon qui avait tant espéré obtenir l’attention de ce père de substitution, la remerciait pour cela, pour paraître accorder au Vieux Loup ce qu’il avait tant cherché auprès des femmes, y compris la sienne, sans la trouver rarement : une égale. Bowen l’avait trop côtoyé, trop écouté se répandre les soirs où il avait abusé de la vinasse pour ne pas le comprendre, pour ne pas le remarquer.

Enfin, le banquet vint, et Bowen prit place parmi les nobles nordiens, entre ses beaux-frères, les Lord Manderly et Cerwyn, et tous applaudirent les discours et rendirent leurs hommages aux mariés, avant de s’attaquer aux mets posés sur la table et de vider leurs choppes avec entrain. Que ce soit pour ceux qui avaient combattu ou ceux qui avait quasiment traversé de long en large le Conflans, se reposer ainsi était particulièrement appréciable. Puis vinrent les danses, et Bowen écouta avec attention l’étrange musique de Peyredragon, essayant d’en saisir le rythme et les subtilités, quand bien même ces dernières lui étaient par trop éloignées. Pour autant, il devait reconnaître leur caractère envoûtant, voir fascinant, et bientôt, comme beaucoup, il se retrouva captivé par le spectacle au point d’en oublier le boire et le manger.

L’Empereur, car c’était désormais son titre, fit alors un geste, et avec un mince sourire, Bowen quitta ses beaux-frères pour rejoindre ses hommes, l’un d’entre eux lui passant une imposante cornemuse. Quand il avait su le vœu du roi de présenter les musiques traditionnelles de l’ouest nordien, il avait accepté avec joie de coordonner une partie du spectacle avec les Mormont, aussi il commença à souffler longuement dans l’embout de son instrument, une mélopée plaintive, puis tonitruante s’élevant à mesure que les vents entamaient en cadence leur danse fantasque, tandis que les cuivres venaient les rejoindre peu à peu dans une farandole de sons si typiques du Nord et des châteaux du Bois aux loups et de l’Ile aux Ours. Au loin, il aperçut le nouveau roi du Nord invité par une plantureuse brune, tandis que Torrhen dansait avec la fille Reed et que le nouveau leader du Conflans enchaînait quelques pas avec l’Impératrice. Alors il redoubla la cadence, et ses lèvres se gercèrent rapidement à mesure que sa poitrine se soulevait en cadence. Harassé, finalement, il quitta le cœur quand ce dernier laissa la place à d’autres, et se posa sans s’en rendre réellement compte aux côtés d’une des damoiselles qui avait accompagné la mariée dans leurs danses; lady Daena Velaryon si son ouïe ne lui avait pas fait défaut. Se disant qu’il avait tout à gagner à être aimable, Bowen regarda la délicate jeune femme avant de lui souffler :

« Vous jouiez admirablement, ma dame. J’aimerais pouvoir en dire autant, mais nos rustres instruments nordiens n’ont point la grâce des vôtres. »


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MessageSujet: Re: Fire, Blood and Winter   Mer 10 Mai - 22:17




Le couple heureux qui se reconnaît dans l’amour défie l’univers et le temps ; il se suffit, il réalise l’absolu. - Simone de Beauvoir


L'entrain avec lequel Rhaenys laissait son cœur et son corps dériver sur les différentes notes de musique ravit Daena. La demoiselle ne se lassait pas d'observer sa sœur de cœur s'épanouir, tant lors de cet instant de partage culturel, que lorsqu'il fut terminé. Lorsque les dernières notes s'éteignirent dans un silence presque religieux la jeune noble rendit à son légitime propriétaire l'instrument et regagnait avec prestance son siège. A vrai dire elle ne connaissait pas beaucoup de personnes dans cette assemblée et elle ne pouvait donc pas vagabonder à son aise pour démarrer une conversation. Cela aurait avec un certain plaisir pourtant qu'elle aurait volontiers converser avec un de ses compatriotes ou même avec un étranger. Néanmoins Lady Reed semblait bien trop absorbées par ses propres pensées pour qu'elle songe à aller la déranger. C'est donc en tant que simple observatrice que la demoiselle Velaryon participait aux festivités. Elle couvait d'un regard attendrit sa nouvelle impératrice, espérant, en secret que si les choses ne redeviendraient jamais telles qu'elles furent il leur serait malgré tout permis de repartir d'un nouveau pied, sur de nouvelles bases saines. Torrhen Stark n'était pas du tout le preux prince charmant qu'elle avait pu imaginer pour Rhaenys, mais finalement il semblait presque une âme sœur pour elle au centre de la piste de danse. Daena s'étonnait même de ressentir une certaine jalousie devant une telle complicité, affichée sans honte par les deux êtres. Elle s'attristait également de ne pas voir son propre fiancé venir l'invité à danser, il était pourtant à sa surprise présent, mais bien trop occuper dans des conversations animées avec d'autres invités. Si bien qu'il ne semblait pas avoir remarqué l'existence de la demoiselle.

Sagement Daena restait ainsi attablée, se délectant des différentes musiques qui emplissaient l'atmosphère chaleureuse du mariage. L'amour des époux était bien visible et leur bonheur presque communicatif, toute l'assemblée fêtait avec grande joie cette union et la création future d'un nouveau monde. En cette belle soirée tout semblait réalisable et les chagrins que les batailles avaient laissés dans leur sillage semblaient bien lointain. Alors qu'un morceau nordien venait de se finir Daena fut presque surprise d'être rejoins à sa table par un inconnu. Il n'était pas placé près d'elle mais avait certainement dû ne pas faire attention à ce détail. Les demoiselles placées non loin d'elle étaient trop enfiévrées par l'alcool et des chamailleries plus intéressantes pour y faire attention. Elle accueillit le bel étranger avec un sourire un peu timide mais sincère. La chaise vide à ses côtés lui avait beaucoup pesé car elle était destinée à son père. Ce dernier absent elle se retrouvait sans aucune famille à même de partager ses pensées, hormis bien sûr Rhaenys mais Daena ne souhaitait pas du tout la privée des doux moments de son mariage avec des futilités. C'est avec bonheur que son nouvel acolyte entama de lui-même la conversation, ce qui évitait à la demoiselle bien des tortures mentales sur les nombreuses possibilités de l'aborder. Il était de ces musiciens nordiens qui venaient tout juste de leur interpréter une de leur mélodie. Elle lui répondit avec un voix douce et joyeuse.

Messire vous faites preuve d'une fausse modestie bien mal placée car votre performance était remarquable. Je ne connaissais même pas l'instrument avec lequel vous jouiez avant ce soir, mais cette mélodie qui appelle jusqu'aux tréfonds de l'âme était envoûtante. Les styles ne sont certes pas les mêmes mais on ne peut dire que l'une surpasse l'autre car ces chansons sont porteuses d'une culture propre et belle.


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Sans solitude, sans épreuve du temps, sans passion du silence, sans excitation et rétention de tout le corps, sans titubation dans la peur, sans errance dans quelque chose d'ombreux et d'invisible, sans mémoire de l'animalité, sans mélancolie, sans esseulement dans la mélancolie, il n'y a pas de joie. — Pascal Quignard.
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MessageSujet: Re: Fire, Blood and Winter   Ven 12 Mai - 0:08






Herpivoie

An 0 Mois 10.


Revenant vers la table après une danse, je me glisse jusqu’à l’homme que nous avons décidés de couronner roi du Nouveau Conflans. Je n’ai pas manqué de constater qu’il était resté à table, et ne semblait pas enclin à venir danser et rejoindre les autres convives. Or, il était bon pour lui comme pour les autres qu’ils le fassent. Le moral était essentiel pour notre campagne… Et je tenais sincèrement à ce que l’homme puisse s’amuser et être d’une même humeur que je l’étais.

J’attendis qu’il ait fini sa phrase avant de lui proposer d’être mon cavalier, non sans le noyer de paroles, l’empêchant de refuser ma demande sans se montrer irrespectueux ou impolie. Et puis, il ne pouvait rien refuser à la nouvelle épouse que j’étais aujourd’hui. Un sourire se dessine sur son visage, suivi par un rire franc. Je sais que j’ai rempoté la manche avant même qu’il ne prenne la parole. Je souris mystérieusement à sa réponse, sans la contester ni l’affirmer. Je le laisse deviner de ce qu’il en était. Je lâche un rire lorsqu’il me demande de lui montrer les pas, ne pouvant m’empêcher de le taquiner de ce fait. Ne vous inquiétiez guère, je saurais vous guider… Je serais votre cavalier et vous ma cavalière, bien que, pardonnez-moi ma franchise, mais vous n’êtes point, j’en ai peur, avec cette barbe et ses cheveux, une reine de beauté. La robe vous sied fort mal d’ailleurs. Vous feriez un bien bel homme… Mais en tant que femme, hélas, j’ai bien peur qu’il vous sera difficile de trouver époux, même avec votre pédigrée. Je lui tendais la main pour l’inciter à contourner la table, puis l’entrainer ensuite sur la piste de danse. Un air que je ne connaissais pas se mit à résonner dans la salle. Je jetais un coup d’œil aux autres danseurs pour m’imprégner des mouvements à effectuer. Puis j’’entamais ces quelques mouvements, prenant soin de les montrer au futur Roi, et de le guider quand cela était nécessaire. Je tournais à l’unisson avec les autres femmes, avant de me retrouver de nouveau face au roi. Je posais ma main sur son épaule, la seconde dans la sienne et recula d’un pas, avant de faire un mouvement sur la droite, dans le sens de la ronde. Je fis un tour lent autour de lui de gauche à droite, m’inclinais devant lui, avant d’en refaire un autre dans le sens contraire. Et le schéma se répéta alors. C’était assez simple finalement. J’entamais un nouveau cycle, plus rapidement que précédemment, le rythme de la musique dictant notre vitesse. Je me laissais guider par elle, heureuse de pouvoir de nouveau m’y adonner. Puis, lorsqu’elle se termina, je m’inclinais devant l’homme. Vous vous débrouillez très bien Altesse pour un débutant. J’ai dansé avec des biens plus piètres cavaliers. Cela devra rester entre nous, mais le capitaine de ma garde, Messire Gawaïn m’a plus d’une fois marché sur les pieds lors de cérémonie et bals à Peyredragon…. Je m’interrompais en voyant une main se tendre vers moi. Un air Peyredragonnien commençait à raisonner et, justement, Gawaïn était venu jusqu’à moi pour me proposer d’être sa cavalière, comme jadis lorsque nous étions plus jeune. Je fis un clin d’œil au Tully, avant de lui dire sincèrement Je vous remercie pour cette danse. Cela a été un honneur de pouvoir tournoyer avec vous. je pris la main de Gawaïn et entamait une nouvelle danse avec lui, avec la même légèreté et bonheur que précédemment ? J’étais comme dans une bulle de joie, qui me semblait inébranlable.




Combien de civils dans les villes et campagnes ne font pas partie des convois qu'on épargne. Mon parcours coupe court au vol malsain des vautours. Depuis des décennies c'est le même phénomène. Mais pour la veuve et l'orphelin il faudrait lever l'ancre. On rêvait de donner plein de coups dans la vie, nous n'avons que des ecchymoses. J'ose te le dire, j'veux pas qu'mon monde brûle. Voilà pourquoi le soir sous la lune avec les loups je hurle.

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MessageSujet: Re: Fire, Blood and Winter   Ven 12 Mai - 22:05

Les danses battent leur plein. Le dragon de toile continue son tour de la salle, dodelinant à chaque pas de danse des soldats et des fêtards qui en soutiennent l’armature. Le rythme des cornemuses est assez entraînant, aidées par de véritables batteries d’instruments à corde dont les archets virevoltent, non sans subir la comparaison des dames de Peyredragon du début de soirée, mais il y avait de l’ambiance, en tous cas pour le moment. Faites couler l’alcool par torrents entiers, faites venir des dames et des musiciens, et le tour est souvent joué. Oh, il y avait bien des inimités, bien sûr. Des rivalités même. Mais qu’importe, tant que cela pousse les gens présents ce soir à se surpasser. Je souris, fendant ma barbe comme il est rare de me voir le faire, alors que je danse avec la jeune dame de Reed, qui ne me décroche pas un mot. Je la sens perturbée, en tous cas inhabituellement silencieuse et je sens que quelque chose ne se passe pas tout à fait comme il l’aurait fallu. Qu’importe. Alors que la danse se termine, je me penche une dernière fois vers la jeune brunette, la maintient juste un instant de plus.


| SI vous avez vu quelque chose ce soir, ne le soufflez point. Ce n’est pas un de ces jours, laissez la fête suivre son cours. Nous l’avons tous mérité, y compris vous-même. |


Je m’éloigne un moment. Un Garde-Loup m’a fait un signe discret, l’index et le majeur collés contre la visière de son casque. Je me rapproche. L’homme, avec qui j’ai combattu à Moat Cailin douze ans plus tôt, me souffle quelques mots, son rapport clair et rapide. Des bagarres à l’extérieur, mais rien qui dépasse la querelle d’ivrognes, comme ce à quoi on pouvait s’attendre de la part de la soldatesque. Des épées avaient été tirées, mais uniquement entre soldats de la division du Septentrion et celle du Grand-Est, pas d’étrangers. Bon. Et le reste des animations se bousculait déjà dans la salle.


De grands plateaux de fromages de tous horizons, meules à la croûte épaisse venus du Nord, roulés et emballés dans des plateaux de bois qui s’empilaient les uns sur les autres, venus de Blancport. Des fromages qui pouvaient tenir un moment, tant que la croûte n’était pas percée. Tout, dans la logistique de mes troupes, était au plus simple, au plus rustique, au plus durable. Moins bon, moins bien, mais produit en quantité et facilement conservable. Le pain était d’ici, tout comme les légumes et les quelques pièces de viande fumée qui venait accompagner cet espèce de coupe-faim ; l’essentiel du banquet était déjà terminé pour laisser place à des collations qui venaient éponger l’alcool des plus avinés, couper la faim de ceux qui avaient mangé plus frugalement, ou tout bonnement reodnner des forces à ceux qui dansaient et s’amusaient depuis des heures.


La musique s’arrêta après la dernière danse avant cette petite pause ; je fronçais les sourcils. Je n’étais pas au courant de cette animation-ci. Rhaenys ? Un regard vers elle, lisant la frustration sur ses traits alors qu’elle dansait, me convainquit qu’elle n’était pas non plus dans le coup. Une bande d’hommes torses nus entrèrent sous le chapiteau. Ils firent place nette, se déplaçant en cercle. Les convives reculèrent à distance respectable. Ces hommes portaient de petites torches au poing droit. Un autre, le visage peinturluré, leva le poing, réclamant le silence alors que les tambours cognaient à tout rompre, jusqu’à se figer. Mon regard traversa la foule et mon regard croisa celui de Conrad, qui me fit un clin d’œil et cacha son sourire avec son poing, comme s’il réprimait un toussotement. L’enfoiré. Ce n’était pas la première fois qu’il faisait le coup. D’une voix qui portait, grave et non sans grâce, l’homme entonna un récit rythmé, comme les sagas de guerriers que l’on raconte dans le Nord, je connaissais mal les traditions sudiennes pour trouver un équivalent. Mais je reconnaissais ce genre de pratique, on le voyait encore parmi les zones les plus au Nord du royaume. Chez les Mormont, chez les Omble. Ces vieilles manières de raconter des histoires, des sagas. Et celle-là venait de Conrad. Que les Anciens Dieux me protègent, je bus une longue lampée de ma corne pour me donner le courage d’affronter ça jusqu’au bout.



| Ils prospèrent dans le Sang et le Feu ! Je n’étais pas encore né qu’ils serpentaient déjà dans les plus profondes grottes sous la montagne du dragon, protégés qu’ils étaient par une forteresse et le pouvoir. Ils étaient trois. L’un grand et sombre comme la terreur qu’il imposait à ses ennemis. L’autre était véloce, rapide, féroce, d’un tempérament belliqueux. Le dernier était le plus petit de la portée. Tous désiraient briller, survoler et couvrir de leur ombre la patrie qui les avait vus naître et celle qui les avaient vu émerger aux temps jadis, quand les dieux arpentaient encore les rues des hommes. |


Dans le plus pur style des sagas des Anciens Dieux, le conteur passe au milieu de ses séides, qui sont loin de rester immobiles, qui observent. Qui selon la tonalité des mots et le rythme des phrases, exécutent un ballet complexe de mouvements de torche, qui incendient littéralement les mots et marquent le rythme du récit. La voie semble portée par les flammes, si forte et si puissante qu’on dirait que l’histoire est contée juste à côté de nous.


| Ils luttent dans l’Acier et l’Hiver ! Quatre étaient-ils au départ de l’histoire, plus un qui n’était qu’à moitié des leurs. Des loups. L’un était brave, un autre était sage, l’un était impétueux, un autre loyal jusqu’à la mort et le dernier était idéaliste. Au sein de la même Meute, nous traquâmes les Seiches, les Krakens, les Requins et tous les autres démons des abysses. Nous combattîmes les démons du Nord et autres abominations des Autres. Nous ne vivions que par l’acier. Tous les Loups voulaient briller et inscrire leur nom au panthéon glorieux de leurs ancêtres, mais ils tombèrent. Le sol fut irrigué du sang des Loups, et les démons du dessous l’apprécièrent tant et si bien qu’ils aspirèrent à s’en abreuver toujours plus. |


Je bois, alors que ce récit n’a pas grand-chose d’épique ni de réjouissant, mais je comprends ce qu’a fait Conrad.


| Ils se prospèrent par le Sang et le Feu ! Trois ils étaient, mais nulle guerre n’entama leur nombre. J’assistais à leur envol vers le futur qu’ils promettaient radieux. Il n’y eut jamais de retour, que des larmes et l’amertume de la traîtrise et de la félonie. Seul le troisième survécut, mais il prit son envol à son tour. Des batailles furent remportées ; les mâchoires brisaient les armures, lacéraient les chairs. Monstre disaient certains, folie et meurtre, mais la vengeance nourrit leur cœur aussi bien que celui des hommes, et l’idéal plus que la colère naissait et emplissait son sein. L’ombre n’était pas ténèbres, mais protection de celui qui se voulait le nouveau soleil. Et l’ombre s’abattit, encore et encore, sur les rangs de ses séides. |


Nuage de flammes, tournoiements des torches.


| Ils luttent par l’Acier et l’Hiver ! De Cinq ils passèrent à Deux, et de Deux à un. Les démons n’en finissaient plus et leur horde fut passée sur le tranchant effilé de nos lames, qui bénir les terres de la Meute de ce sang vicié et corrompu. Mais après le démon revinrent les monstres de la mer. Sept batailles furent menées, trois furent perdues et nos rangs s’éclaircirent dans la tempête de lame et de sang. Mais le dernier, perché sur la montagne de corps, hurla son défi au monde. |


Plan plus calme, plus nordien. Les porteurs de torches ne font aucun geste et regardent vers le ciel, qu’on imagine au dessus de nos têtes.


| Feu, Sang et Hiver ! Ils s’unirent sous mes yeux. D’abord par le Feu, qu’ils jurèrent de porter chez leurs ennemis. Par l’Acier, avec lequel ils mèneront leur juste combat. Par le Sang, qu’ils décidèrent d’unir en mêlant loups et dragons pour forger l’avenir d’un monde nouveau, d’une dynastie nouvelle. Par les Dieux, qu’ils respectent et vénèrent, l’un face à eux, l’une dans ses prières aux cieux. |


| Feu, Sang et Hiver ! Trente ans durant j’ai livré de sanglantes batailles. Je n’aurais jamais cru voir cela de mon vivant ; des royaumes qui s’unissent et oeuvrent à un destin commun. Dès mon plus jeune âge, j’appris à porter l’épée pour défendre les miens. Cette épée va désormais à l’Empire, qui ne défend pas qu’un, mais tous. |


| J’ai hâte maintenant d’en avoir fini. Les Anciens Dieux et les Nouveaux m’ont parlé et m’invitent à leur table, à celle de mes ancêtres. C’est le cœur plein de joie et d’espoir que mon histoire s’achève et que commence la vôtre, hommes et femmes de l’Empire. Feu, Sang et Hiver ! |


La devise est hurlée, beuglée, alors que les chopes s’entrechoquent et que les porteurs de torches, la bouche pleine de liquide, crache du feu vers le haut, aussi bien pour éviter les accidents avec les personnes les plus proches que vers le mobilier ; le toit du chapiteau, lui, est suffisamment haut. Mais certains ont un réflexe apeuré, d’autres rient aux éclats, beaucoup trinquent. Conrad est vraiment un galérien, mais dans le fond il a raison. Chaque royaume a sa saga, chaque famille en a une. La maison Branaeryon vient de naître pour de bon, dans les flammes, le récit nordien et la musique qui déjà reprend.





Feu, Sang et Hiver
Maison Braenaryon



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