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Alone with everybody PV Willona
MessageSujet: Alone with everybody PV Willona    Dim 8 Jan - 21:44


       

An 0 Mois 10 Semaine 1 Willona et Daemon
       

       
Alone with everybody

       
Les premières lueurs de l'aube transpercent le tissu tendu de ma tente de campagne de leur éclat presque immatériel. La tente de taille relativement modeste est plus que fonctionnelle et nous suffit amplement à mes deux écuyers et moi même. Allongé nu dans mon lit de camp le corps couvert de couvertures, de fourrures et de peaux de bêtes diverses. La peau de loup que m'avait offert celle que j'avais toujours considéré comme une mère adoptive surpassait aisément le reste de mes effets de lit en terme de confort et de qualité. Enroulé dans mon amas de couvertures de camp, je me réveille dans une chaleur délicieuse bien qu'illusoire comparativement à celle auquel j'aspirais depuis ma séparation avec l'élue de mon cœur. Mes yeux s'accoutument lentement mais sûrement à la lumière du jour et la première chose qui me frappe est le silence absolu qui règne dans le camp. Pas un bruit de conversation, pas un bruit de pas, pas un éclat de voix rien que le souffle tranquille de la brise automnale.

Je suppose que les sentinelles sont emmitouflés dans leurs capes et les mains dans des gants doublés de fourrures. Si le froid est pour le moment supportable, il ne semble faire aucun doute que l'hiver sera franchement rude. L'hiver est l'apanage des loups et nul doute que les nordiens s'y sentiront comme des poissons dans l'eau. Ce qui ne saurait être le cas des fils de la Nera et des Peyredragonniens. Car si notre temps est bien particulier et que la météo peut être peu amène, le froid n'est en rien comparable à celui que les hommes du nord sont habitués à affronter depuis toujours. Je n'ai aucun doute quant au fait que le moral des hommes prendra un coup lorsque le vieil ennemi imposera sa marque sur le continent. Mais, les fluctuations de moral inhérentes aux changements de températures sont sommes toutes mineures comparés à celles que la guerre elle même est susceptible de provoquer. L'idéal aux yeux des soldats serait probablement de se battre au printemps ou en automne et de remporter la victoire rapidement. Or, cet idéal ne saurait jamais être atteint car la guerre dans laquelle nous étions engagé était radicalement différente de toutes les autres. Point de guerre de territoire ou de conquête ordinaire ici, mais une lutte à mort entre deux fauves.

Lutte qui ne saurait s’achever que lorsque l'un des deux serait mort et enterré. Westeros semblait avoir basculé dans une guerre totale d'un nouveau genre. Une guerre que ne pourrait pas éternellement fuir les royaumes neutralistes de l'Ouest et du Val. Nous étions en position de force au cœur du Conflans et les dernières batailles avaient revigorés le moral des troupes qui pourraient donner énormément en vertu de cette motivation plus brûlante que jamais. Remuant dans mon lit au même rythme que mes pensées sur le conflit auquel je participais modestement dans la mesure de mes humbles moyens je ne tarde pas à ressentir l'envie d'aller me dégourdir les jambes. Repoussant les couvertures devant moi, je m'assois sur le bord de mon lit et observe durant quelques instants Adam et Duren en train de roupiller tranquillement. Le repos des braves est le plus agréable de tous. Savoureux comme peu d'autres. J'hésite durant un instant à les réveiller pour qu'ils m'aident à me vêtir mais ce serait cruel. Le jour vient à peine de se lever et je les ai durement entraîné ces derniers jours. Les progrès de Duren sont impressionnants et c'est avec un sourire aux lèvres que je me remémore le jeune fils de roturiers des origines.

La hache à la main et le bouclier dans l'autre le gamin s'améliore à une vitesse rapide. Il apprend vite et bien. Quant à Adam ce dernier partait avec un avantage net sur son camarade puisque tout comme je l'avais été en mon temps il n'avait que pour seul aspiration de s'illustrer dans la voie des armes. La bâtardise avait peu d'avantages mais l'un d'eux était indubitablement celui de pouvoir recevoir la même éducation militaire que celle d'un noble. Adam était arrivé à mon service avec des bases solides et progressait à son rythme. L'épée avait sa préférence. Me levant pour aller chercher mes vêtements posés sur une chaise j'enjambe Duren et m'habille promptement. Adam se réveille et bondit sur ses pieds pour m'aider malgré son air fatigué ce qui m'arrache un sourire. Il semblerait que mon second écuyer ait bien retenu la leçon de la bataille de Paege.

        Le jeune homme m'aide à enfiler un manteau et à ceindre Silence et Miséricorde dans le dos avant que je ne lui dise qu'il peut se recoucher s'il le souhaite car je n'aurais pas besoin de lui ce matin. Le garçon ne se fait pas prier et se ré-allonge sur sa couche tandis que je quitte ma tente avec ma selle et mes harnais. Je traverse un camp pour le moins désert mis à part les sentinelles attentives postés à divers points de repères stratégiques. Je salue les veilleurs et leur souhaite bon courage pour la fin de leur quart avant de gagner les enclos des chevaux de la cavalerie Peyredragonienne. Je sifflote afin de faire venir à moi mon destrier habitué au son de ma voix. Parcourir les enclos de part et d'autre serait relativement fastidieux. Quant bien même je suis sur de reconnaître mes chevaux. Ataleus approche tranquillement d'un pas léger et je prends le temps de flatter mon plus fidèle ami.

Mes caresses apaisent l'imposant cheval de guerre à la robe de jais. Posant mon front contre celui de ma meilleure monture, je prends le temps de savourer la douceur de ce début de journée et le calme ressourçant de ce silence contemplatif. Avant de sortir une pomme de ma besace et de l'offrir au destrier qui s'empresse de croquer le fruit. Pendant qu'Ataeleus déguste sa pomme, je le selle promptement avant de lui passer les harnais et les rênes. Une dizaine de minutes plus tard, je quitte le camp encore endormi sur mon destrier reposé par ces semaines sans bataille. Je vadrouille la campagne environnante au pas puis au trot et enfin au galop. Le galop est grisant, il l'a toujours été. Mais la sensation de galoper sans le poids d'une armure est sans commune mesure. Je m’arrête près d'un des rares bosquets des environs. Le Conflans étant une terre de plaines fertiles et de rivières les forets n'y sont pas légions. Après avoir mis pied à terre j'attache Ataleus à un arbre et retire mon manteau avant de dégainer mes deux lames.

Je répète mes enchaînements, parades, feintes et esquives durant une bonne demi heure avant de m’asseoir haletant et transpirant. Je rengaine mes épées avant de remonter sur Ataleus et de faire demi tour pour rentrer au camp. Une fois devant le vaste assemblage de tentes, pavillons, feux de camps et enclos je ralentis l'allure et ramène le cheval de guerre au milieu de ses congénères. Mes pas me ramènent à ma tente dans laquelle je dépose mon attirail équestre. Puis, je ressors et traverse une nouvelle fois le camp une autre pomme dans la main et une dague dans l'autre. Épluchant le fruit en parcourant les lieux touchés par un début d'animation je vogue tel un navire fouetté par les flots. Je me fige lorsque j' appercois une jeune femme brune à la beauté nordienne encadrée par deux gardes portant les armoiries du roi du nord. Intrigué par cette lady étrangère semblant ne pas être à sa place au milieu de ce rassemblement masculin, je m'approche nonchalamment.

Je m'incline devant elle et  prends la parole : Bien le bonjour milady. Ser Daemon Waters. Je ne suis donc pas le seul à être aussi matinal. Mes lèvres esquissent un léger sourire. Me permettriez vous de vous inviter à goûter à cette pomme ? Elle est fort goûteuse et ne pas la partager avec vous serait criminel.
Je coupe un morceau et le fourre dans ma bouche avant d'en couper un autre et de le lui tendre de la pointe de ma dague. J'espère que mon approche n'est pas trop cavalière car ce n'est nullement mon intention.           
(c) crackle bones

       




   
«Daemon Waters»
Just as water has no stable form, there is no permanent condition in war. Drive them where you want. Strike fast and strongly to crush them. Attack where it does not await you; Arise always unexpectedly. Sun Tzu The art of war.


Dernière édition par Daemon Waters le Ven 13 Jan - 12:11, édité 1 fois

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MessageSujet: Re: Alone with everybody PV Willona    Lun 9 Jan - 21:25


Alone with everybody


«Willona Reed & Daemon Waters»
 
Plus j’avançais, plus tout semblait encore plus sombre, macabre, encore plus macabre que le décor qu’on rencontre dans une nécropole pourtant je marchais depuis des heures dans cette fichue forêt qu’on aurait pu croire enchantée par un maléfice. J’étais pourtant certaine sur l’instant de faire face à un cauchemar et en rien a une vision, les pans de la robe glissaient au gré de mes mouvements et mes mains écorchées par quelques chutes me semblaient en feu, pourtant, je n’arrivais pas à m’arrêter totalement, prise par un malaise des plus forts en ce lieu sombre. J’avais la sensation d’être entourée d’une magie mortifiée, puissante, bien qu’il était probable pour ma conscience éveillée à la réalité d’un simple mauvais rêve.

Une part de moi n’arrêtait pas de répéter que l’ombre était forte oui, mais que je me devais de l’être encore plus qu’elle, qu’il me fallait savoir la régir et pas être régie par elle.

Je continuais ma progression dans la semi obscurité. Le décor qui se jouait autour de moi était à présent si macabre qu’il me forçait à songer à tous ces bois dépeints dans les nombreuses légendes que mon jumeau me contait en douce la nuit quand je me refusais à sombrer dans les bras de Morphée, craintive d’une nouvelle vision. Une esquisse de sourire se dessina sur mon visage alors que je me revoyais cachée sous la couette durant mon enfance à ses côtés. Je me retrouvais ainsi un bref instant dans un flot de souvenirs où durant quelques nuits sombres cachée sous le couvert d’une tente improvisée dans ma chambre, je parcourais quelques ouvrages. Oui, j’aimais lire, je pouvais trouver des leçons de vie dans les pages de n’importe quel ouvrage où l’auteur avait durant un temps couché de ses tournures des expériences vécues ou des moralités improbables.  Enfin, allez savoir pourquoi dans le fond j’affectionnais particulièrement ces histoires, alors que tout autour de moi aujourd’hui, la vie prenait elle-même des tournures de survie épique. Depuis un moment mes pensées pouvaient s’envoler alors que la forêt était étonnamment calme et je supportais mal ce silence qui dans mon idée n’était pas sans cacher quelque chose de malsain.

J’aurais pu reculer, faire demi-tour, écouter mon instinct comme je le faisais bien souvent mais j’avais mis trop de volonté à tenter de sortir de mon rêve sans vouloir à présent comprendre où il me conduisait, vers quel souvenir oublié il tentait de m’emporter.

Je repoussai donc par de petits égarements mentaux cette sensation et continuais sans relâche ma progression qui me séparait de cette fichue petite bourgade où je me trouverais, et soudain dans l’ombre d’un arbre sans vie, mon regard croisa la plante dont j’avais besoin pour une de mes potions et qui semblait cruellement difficile à conquérir dans c’est région…

C’est ce moment-là précisément que mes iris s’ouvrirent sur le toit en toile de ma tente, mon regard se glissa sur le côté où dormais sagement Méléna, son âge mûr contrastait totalement avec ses traits encore enfantins, son air serin semblait la rendre vulnérable, là où aucune vulnérabilité ne se trouvait en elle. Par bien des points la servante n’avait rien de doux au contraire, mais ses traits laissaient à croire à ceux et celles qui ne la connaissaient qu’elle était simple à conquérir, à amadouer. Bien souvent, elle me faisait penser à ces femmes croisées dans les grandes cours prêtes à tout pour arriver à leurs fins. Fort heureusement je n’étais pour elle que la fille du général, un moyen clair de sortir des marées, fière mais loyale à ma maison, elle avait porté en elle le seul témoignage de vie de mon jumeau, et par ce simple fait, mon père avait décidé de la placer à mon service. Sûrement nourrissait-il quelques affections à ce gamin sorti de ses entrailles, ou alors visait-il à la tenir aussi loin de ce petit que possible ? C’était là une conversation que mon père se refusait à avoir avec moi.

De mon côté, j’avais appris à vivre avec ses bons offices et si je ne portais aucune attention à son besoin de courir les conquêtes aussi clairement qu’une fille de rien. Je me contentais de savourer que ce ne fusse pas un homme qui soit chargé de me vêtir le matin, ou de m’aider à obtenir une certaine intimité morale. Le reste n’était donc pas de mon ressort et ce qu’elle pouvait faire de ses atouts une fois ses services inutiles avec moi ne me faisait pas l’ombre d’un souci. Bien entre nous je me serai sûrement passé de quelques explications sur certains dont elle ne se faisait aucun ombrage d’avoir pour amant.

Mes yeux grands ouverts à présent avaient tout oublié de mon parcours, de mes peurs, de mes désirs inavoués. Plus aucun de ses soucis ne semblait pouvoir traverser le brouillard de mes paupières éveillées. Me tournant sur le dos je restai un instant couché à détailler les ombres des arbres sur la toile. Et finalement repoussai l’épaisse couverture qui reposait sur moi. Une heure plus tard le ventre rempli d’un bon petit déjeuner, une robe passée et une cape sur les épaules j’effaçai la tranquillité sommaire de mon logis vagabond pour me retrouver rapidement fardée de deux gardes au blason princier à ma suite. Leur discrétion toute relative accompagnait mes pas vers l’extérieur du campement. Un sac sur mon épaule. Je détaillai silencieuse le paysage somptueux par ses couleurs vives, bien lointaine de mes songes, qui doucement me revenaient en tête alors que je marchais sans me soucier des regards vers les bois en quête de quelques herbes et autres plantes utiles pour mes potions.  

Je passai ainsi d’un campement qui prenait vie en ce début de journée à la paix toute relative des bois avoisinant. Toujours suivie de près de ma garde prête à fondre sur le moindre danger qui pourrait fondre sur moi. Voilà près de trois mois que le prince m’avait faite venir à lui. Que mon père composait avec ma présence parfois heureuse de m’avoir toute proche, parfois mélancolique par le fait que mes traits lui rappelant mon jumeau n’aient jamais disparu. Les minutes s’effaçaient au gré de mes recherches, revenant finalement sur mes pas, je m’installai sous un arbre détaillant l’animation du campement en contrebas, avec le jour à présent plus avancé. Un peu plus loin, les deux gardes conversaient sans que je ne puisse rien n’entendre de leurs propos et quelque part voilà bien des jours que je ne m’en souciais plus. Ce fut l’approche d’un homme brun à la fière allure qui me fit me relever. Le détaillant surprise de le voir ainsi venir à moi, là où nombre se faisaient un devoir de m’ignorer.

« Bien le bonjour milady. Ser Daemon Waters. Je ne suis donc pas le seul à être aussi matinal. » Mon regard se glissa sur lui amusée par sa prestance et le fait qu’il faisait totalement fie des gardes, à qui en général tous s’adressaient en premier. « Me permettriez-vous de vous inviter à goûter à cette pomme ? Elle est fort goûteuse et ne pas la partager avec vous serait criminel. » Tendant la main pour prendre le morceau transpercé, je ne fis pas attention à mes deux ombres qui s’étaient approchées, l’un deux retenu mon geste et l’autre récupéra le quartier de fruit.

« Ser Waters, veuillez ranger votre arme ou reculer le temps de finir votre œuvre sur ce fruit et de ne représenter aucun danger. » Annonça le plus âgé dont je n’arrivais toujours pas à retenir le nom.

Clairement agacée je m’avançais d’un pas et pris le morceau de pomme, que je glissai entre mes lèvres et dégustai rapidement.

« Vous voyez le mal partout, cette pomme est en effet trop parfaite pour être gâchée. Et il ne se serait pas présenté s’il escomptait me tuer. Laisser nous. » Dis-je d’un ton froid. Les deux gardes se détaillaient et sans un mot se détournaient pour reprendre leurs positions, mais cette fois plus de connivence, juste deux paires d’yeux, ne loupant rien de cette rencontre, à défaut d’en entendre la teneur.

« Lady Willona Reed, mais je me doute que vous le savez déjà ? » Dis-je en reportant mon attention sur lui.




@Jerry


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MessageSujet: Re: Alone with everybody PV Willona    Ven 13 Jan - 12:22


       
"L'honneur. Que savez vous de l'honneur. Vous qui n'avez jamais vraiment connu la peur. Vous ne savez rien de l'honneur et vous prétendez être un guerrier. Nul faux pas n'est permis lorsque vous suivez cet étroit chemin écarlate. Un chemin qui ne se termine que lorsque vos jambes vous lâchent et que votre cœur cesse de battre. Un chemin ou tristesse rime avec douleur et ou la gloire à la couleur du sang. Cet étroit chemin ne va que dans un sens. Recouvert de vos ennemis et de vos frères, il vous guidera irrémédiablement entre les mains de la mort. Pour le nom qui vous a été donné et votre descendance. Pour l'honneur."
Willona et Daemon
       

       
Alone with everybody

       
Le ciel automnal se pare de couleurs de plus en plus chatoyantes sans pour autant perdre de son aspect terne propre à la saison des pluies. La grisaille de mon enfance a toujours été un appel à peine voilé à la mélancolie. Une ode à la tristesse et à la peine quelle qu'elle soit. Pour autant j'ai toujours apprécié la pluie et son flot glacial de gouttelettes que je trouve particulièrement revigorante. Certes il faut aimer avoir les os glacés mais la sensation est particulièrement grisante à mon goût. Je ne passe pas non plus toutes les averses la tète vers le ciel pour des raisons évidentes de santé mais lorsque j'ai besoin de me calmer notamment c'est un exercice bien appréciable. En ce début de matinée durant lequel une armée de plusieurs milliers d'hommes s'éveille et se prépare à affronter une nouvelle journée de campagne en terre étrangère, le ciel du Conflans ne laisse nullement présager une averse.

Parallèlement à ce regain d'activité humaine aussi bruyante qu'une harde de cerf piétinant l'herbe jaunie d'une vaste plaine, la nature environnante et verdoyante de ce royaume particulièrement fertile s'égaille à son tour. Ainsi le chant des oiseaux piaillant et chantant du haut de leurs divers perchoirs n'est qu'un des signes de l'avènement de la vie dans cette région du continent. Son cœur stratégique en somme car contrôler le royaume des rivières assure l'assurance de disposer d'un carrefour vers le nord, le sud, l'est et l'ouest. Mais cette force est aussi une faiblesse. Preuve en est nous voilà, nous coalition Peyredragonordienne aux portes d'Harrenrhal. Pour en revenir à ce tableau champêtre étonnamment reposant, il suffisait de s'éloigner de quelques lieux du camp pour entendre le murmure d'un ruisseau s’infiltrer dans vos oreilles. Un murmure bien léger en comparaison de celui qui avait bercé toute mon existence de fils de la cote est. La mer ne murmure pas elle hurle mais bien heureux est celui qui sait percevoir ce hurlement rageur comme le doux chant d'une sirène envoûtante et dangereuse qu'il faut apprécier autant qu'il faut craindre.

Sorti du camp pour la seconde fois en quelques heures, j'épluche ma pomme au goût sucré fort délectable de ma dague tout en observant d'un œil attentif les mouvements du camp. Cette mécanique bien huilée par plusieurs mois de conflits sanglants et l'expérience que ces derniers procurent. M'écartant du chemin pour laisser passer une importante troupe de cavaliers légers, éclaireurs aguerris s'en allant vadrouiller la campagne afin d'y former un écran protecteur autour de  notre gigantesque rassemblement de ressources tant humaines que matérielles. Les blasons cousus aux uniformes sont multiples mais les plus nombreux sont le loup et le dragon tricéphale signe que la coopération martiale des deux royaumes est des plus efficientes. Reportant mon attention sur ma pomme dont je savoure le moindre morceau à sa juste valeur, je poursuis mon chemin d'un pas nonchalant. La vue d'une lady auquel je donnerais à vue de nez quelques années de moins que moi m'interpelle et je bifurque pour aller la saluer. Tout en avançant je prends le temps de la détailler. On teint est clair, ses cheveux d'ébène et ses yeux d'un vert si profond que l'on pourrait les prendre pour un morceau d'automne ou tirés d'une émeraude intense. Une nordienne à n'en point douter. La lady est d'ailleurs encadré de deux gardes loups arborant fièrement le loup de l'hiver.

Ce qui ne fait que confirmer mon intuition. Celle ci tient un panier dans lequel je distingue diverses plantes et autres herbes probablement médicinales. Ce n'est pas tant l'envie de me montrer courtois et charmant même au milieu d'une campagne militaire qui me pousse à l'approcher ni même celle de briser la monotonie de journées tendant à se ressembler comme deux gouttes d'eau de pluie mais l'air empreint de tristesse contenue que je décèle sur ses traits gracieux. Et la surprise que je lis dans ses yeux une fois arrivé à destination ne fait que confirmer mes soupçons au sujet de la lady. Je peux pertinemment comprendre qu'un camp de guerre ne soit pas le paradis pour une dame de noble lignée alors les raisons d'une telle présence attisent ma curiosité.


        Non si je m'approche de cette lady inconnue sans visible raison apparente c'est pour lui arracher un sourire joyeux ou au moins amusé. Je n'ai jamais aimé voir de jolies demoiselles tristes. Rien d'étonnant alors que j'ai fait du sourire de Mordane une priorité depuis notre rencontre. Je me présente avec une emphase toute spontanée et esquisse un sourire en voyant la lueur dans son regard. Puis, je coupe un morceau de pomme et le lui propose tout en tendant doucement ma dague vers elle. La lady aux yeux émeraudes s'approche et tends la main pour saisir le quartier de fruit. Mais est interrompu dans son geste par ses deux gardes du corps. L'un des gardes loups retenant la main innocente tandis que l'autre saisit le morceau de fruit à sa place. Mes sourcils se froncent d'eux mêmes tandis que j'esquisse une moue étonnée. Je suis bien conscient que j'aurais peut être du, probablement en réalité me présenter aux gardes et leur dévoiler mes intentions à l'origine mais je suis ainsi fait que lorsque je me concentre sur un objectif, quelque chose ou quelqu'un j'ai la fâcheuse tendance à  faire fi de tout le reste.

Mais ma moue étonnée teintée d'interrogation se fait franchement amusée lorsque j'entends le second garde me demander de reculer et d'aller finir d’éplucher et découper la pomme un peu plus loin. Je suis flatté d’être considéré comme une menace je veux bien le confesser néanmoins je ne vois pas pourquoi je le serais pour une lady. Je suis chevalier, j'ai prononcé des vœux auxquels j'accorde une certaine importance. Je réprime une envie de rire en me demandant si je m'expose à des accusations d’empoisonnement si la pomme donne des maux de ventre à la lady du nord. Je m’apprête à expliquer aux deux gardes que leur prudence les honore mais que je n'ai nul mauvaise intention à l'encontre de leur protégée lorsque celle ci s'avance brusquement, saisit le morceau de pomme et le croque sans préambule. Avant de congédier les deux gardes avec agacement. Les deux hommes se regardent et semblent hésiter avant d'obéir finalement et se remettre en faction un peu plus loin. Avalant un dernier quart de pomme je range ma dague dans son fourreau.

La lady reporte ensuite son attention sur moi et se présente à son tour. Je réponds : Et bien non milady. Pour être parfaitement honnête non je n'en savais rien. Du moins je n'aurais pu prétendre en être certain. Mais maintenant je comprends que vous êtes la mystérieuse nordienne dont parle les rumeurs eu égard à la farouche protection dont vous faites l'objet. Enchanté lady Reed.
Je m'installe au pied de l'arbre auquel la lady était adossée avant ma venue et  reprends avec un sourire aux lèvres : Selon la rumeur vous voyez des choses que personne d'autre ne peut voir. Les hommes murmurent que vous êtes une sorcière.  Que vous soyez une sorcière ou non, vous avez très bon goût. Cette pomme était la meilleure que j'ai jamais mangé. Je vais laisser la rumeur à la rumeur et vous demandez comment vous vous sentez ? La vie dans un camp de campagne peut être éprouvante.    
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MessageSujet: Re: Alone with everybody PV Willona    Mar 17 Jan - 0:21


Alone with everybody


«Willona Reed & Daemon Waters»
 
Comme toute rêveuse que je suis j’ai longtemps imaginé que ma vie ne se composerait pas toujours ainsi, que ma solitude s’effacerait et qu’en chemin je trouverai un soutien, une sorte de guide sentimental, ou un appui de réconfort quand la tempête fait rage. Mais voilà la vie est ainsi faite et chacun de mes combats contre vents et marrées pour ma sécurité ne se sont fait qu’en solitaire. Je me réconforte en me disant que mes parents, ceux qui auraient dû m’apprendre la confiance, l’amour, ou les certitudes que nous puisons compter pour un tiers, ne sont que des hommes et femmes comme les autres et que dans le fond, ils ne luttent que contre leurs propres désirs, craintes et contre leurs propres démons ?

Le plus compliqué est de ne pas sombrer quand leurs bateaux accrochent le mien, et de ne pas s’attacher à celui de simple passager dans ma vie. Le point qui me réconforte dans toute ma petite histoire est que j’ai rarement la surprise de trouver (entre plus à présent) des personnes capables de nourrir mon côté curieux, joueur ou simplement capables de me surprendre agréablement ou me donner envie de me dévoiler à eux. Est-ce le côté campagne militaire qui donne à sa suite la mort, qui change la donne ?

Sans doute quelque part, je ne m’attarde pas sur la réponse à cette interrogation. Quoi que en fait, j’en doute et dans le fond, oui, je m’en fiche car clairement mes actions n’étaient et ne sont en rien altérées par ça depuis le début (de ma vie) je reste fidèle à moi-même, si ce n’est quelques moments glissants et bancables pour la morale d’autres, ou par frisson de la glisse, d’un courant parcourant mon dos ou mes entrailles, me faisant me sentir plus vivante sur l’instant, je n’ai jamais vraiment eu à me demander si j’étais capable ou non de changer pour un autre, ou d’être aimée telle que je suis pas un autre.

« Et bien non milady. Pour être parfaitement honnête non je n'en savais rien. Du moins je n'aurai pu prétendre en être certain. Mais maintenant je comprends que vous êtes la mystérieuse Nordienne dont parle les rumeurs eu égard à la farouche protection dont vous faites l'objet. Enchanté lady Reed. »

Je m’installai à nouveau à l’ombre de l’arbre, à présent en compagnie du jeune chevalier, allié du nord. Mon regard glissa un instant sur un muret tout proche ou quelques plantes grimpantes s’accrochaient et cherchant à s’en repaître, pour n’en faire que poussière.

« Alors, il y a peut-être une chance que je vous demande une seconde pomme, et m’obligerai en m’accompagnant un peu de conversation me serait agréable surtout si elle ne porte sur vous, plus que sur ma personne.»

Le regard rivé sur le paysage, je ne bougeai pas, silencieuse au possible, je pouvais entendre les murmures des voix lointaines ou les chuchotements à présent sûrement instigués par ma présence loin d’être discrète ainsi juchée sur cette colline surmontant le campement ou des milliers d’hommes et animaux s’animaient tels à une gigantesque fourmilière. Le ciel plongeait doucement vers son zénith en ce début d’automne. Le nez rivé sur le levant, mon esprit s’envolait au-delà des horizons pour me conduire dans le passé, au-delà des vibrations étouffées de voix qui m’entouraient, au-delà du temps qui entourait à présent ma vie.

La température était lourde, l’orage menaçait et doucement mon regard se riva sur le rideau qui volait dans l’obscurité de la chambre que j’occupais depuis peu à l’étage de la grande maison, familiale de Fort Griseaux, le tissu qui recouvrait de ses pans soyeux la fenêtre volait doucement au vent. Leurs couleurs vives illuminaient les lieux d’une couleur tendre, comme préservés du temps s’accordaient en couleur avec la façade de la demeure et son décor rural. Alors que je plantais mes yeux sur l’une des nombreuses poutres du plafond de la pièce, m’allongeant sur le bois parqué, usé par les années à la recherche d’un point d’attache visuelle. Drôle de passe-temps en ce début de soirée pour une fille enragée intérieurement du déroulement de son existence, j’aurai sûrement dû gravir les quelques marches du perron, rentrer dans la grande salle et tout avouer au roi en visite. Mais non, l’intonation de la voix de ce dernier m’indiquait que l’homme était aussi rude que dans mes visions.

« Selon la rumeur vous voyez des choses que personne d'autre ne peut voir. Les hommes murmurent que vous êtes une sorcière. Que vous soyez une sorcière ou non, vous avez très bon goût. Cette pomme était la meilleure que je n’ai jamais mangé. Je vais laisser la rumeur à la rumeur et vous demandez comment vous vous sentez ? La vie dans un camp de campagne peut être éprouvante. »

Les jambes repliées sous mes jupes, je restai là silencieuse, un infime moment, me repassant quelques souvenirs, profitant de la paix de l’instant pour me donner la force de la rencontre à venir avec le roi.

« On apprend à ne plus se formaliser de peu. Et vous en pensez quoi sur le sujet ?»

Quelques arômes floraux de la campagne avoisinante remontèrent à mes narines, aidés par une brise, soulageant de l’odeur constante d’urine, de sueur. Quelques piaillements d’oiseaux en chasse à cette heure se soulevaient, accompagnés des voix et du rire fugace de deux soldats mimant des gestes coïtaux, se fichant de mon présent non loin.

« D’où venez-vous noble Chevalier ? »



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Caractère : ♦Méfiante ♦ Ingénue ♦ Impulsive ♦ Courageuse ♦ Solitaire ♦ Curieuse ♦ Borné ♦ Autodidacte ♦ Franche ♦ Secrète ♦
Jamais le soleil ne voit l’ombre !
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Alone with everybody PV Willona
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