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Take care of the king maybe he takes care of you [Tour IV - Terminé]
MessageSujet: Take care of the king maybe he takes care of you [Tour IV - Terminé]   Ven 6 Jan - 15:17




Quand on vous demande si vous êtes capable de faire un travail répondez : “bien sûr, je peux !” Puis débrouillez-vous pour y arriver - Theodore Roosevelt



Le breuvage à la couleur peut ragoûtante tanguait presque avec régularité entre les mains de la demoiselle incertaine qui traversait pressement les différents couloirs du château en quête de la chambre du roi du Nord. Fusse de son propre chef, jamais la jouvencelle n'aurait pris l'initiative de s'inviter ainsi dans les quartiers privés d'un tel homme, si intimidant et à l'air aussi peu avenant que le remède qu'elle transportait. Il était agréable à regarder, malgré son âge et la dureté des combats qui avaient laissé leur marque sur ses traits, là n'était pas la question, mais l'autorité naturelle que dégageait sa personne ne prêtait pas à l'accessibilité de sa personne. Elle ne lui avait pas du tout était présentée, elle qui était ici presque sous couvert d'anonymat avant d'avoir le courage et la possibilité de rencontrer sa reine pour s'entretenir avec elle de son avenir. Peut-être d'ailleurs cette rencontre sonnerait le glas de son existence, cela était bien possible vu l'ampleur de la faute initiale de la Velaryon, de plus Rhaenys n'était pas connue pour sa patience ou sa clémence, bien qu'elle puisse en faire preuve. Tout ceci restait incertain, néanmoins plutôt que se faire des insomnies guère productives Daena préférait se rendre utile d'une façon ou d'une autre. Son père, bien que tolérant sa présence au plus près des armées de peyredragon et du nord réunies, ne l'avait pour autant pas annoncée officiellement, et en-dehors de lui et du mestre vers qui la demoiselle s'était tournée, personne ne connaissait sa véritable identité. Cet état de fait découlait d'ailleurs plus du mutisme grandissant de la jeune fille que d'une véritable dissimulation. En vérité, Daena n'osait discuter avec personne, et cette solitude imposée lui pesait grandement.

Malgré tout elle s'acquittait de ses tâches avec une envie de bien faire et une énergie qui n'était pas passée inaperçue pour le mestre de Peyredragon, il avait finit par accepter de se faire quelque peu aider par cette noble en disgrâce dans les tâches de peu d'importance, notamment auprès des blessés légers qui ne nécessitaient que des soins superficiels. En effet Daena n'avait pas les épaules ni l'éducation pour s'occuper de plus que de quelques écorchures à désinfecter, les effusions de sang l'auraient bien trop vite faite défaillir comme à toute jeune fille d'une aussi haute naissance. Cela ne l'avait malheureusement pas protégée du spectacle des conséquences des affrontements entre les hommes. Les invalides n'étaient pas tous morts sur le coup, et certains ne pouvaient pas être évacués avec autant de vélocité vers l'arrière du pays que ce qu'il serait souhaitable. Ainsi Daena avait fait des cauchemars plusieurs nuits en raison des cris d'un amputé ou de flaques de sang couvrant les dalles de la salle dédiée aux soins. Il ne lui en fallait pas beaucoup, mais ces expériences, si désagréables aient-elles pu être, l'avaient quelque peu endurcie. Elle ne se sentait plus exactement la même que lors de son départ de Larmack, mais elle ne savait pas encore précisément si c'était pour le mieux ou non.

Arrivée au devant de la pièce où le roi du Nord consacrait ses nuits la jeune femme fut bien entendue stoppée par les gardes. C'est avec une certaine réserve qu'elle annonça la raison de son humble visite. Le souverain avait besoin de sa médication, ses blessures résultant de sa grande victoire étaient bien trop sérieuses pour que l'on prenne le risque de les laisser cicatriser naturellement, le risque d'infection était donc combattu au moyen de plantes heureusement communes dans la région ayant des vertus curatrices. On l'annonçait alors, et après un petit instant elle put pénétrer respectueusement dans les appartements du chef de guerre. Daena ne savait pas trop quelle attitude adopter avec ce roi inconnu. Elle n'avait côtoyé que bien peu de souverains, et le dernier avec qui elle avait échangé avait causé sa perte. Ce ne serait pas le cas cette fois. Avec précaution elle prit soin de ne pas disperser une seule goutte de la peu goûteuse boisson en exécutant une parfaite révérence. S'il était une tête couronnée étrangère, Torrhen Stark serait bientôt également roi de Peyredragon, Daena en tant que fidèle membre d'une famille vassale lui devait encore plus de respect.

« Veuillez me pardonner votre altesse de troubler votre quiétude. Je viens de la part du mestre de Peyredragon vous apporter de quoi cicatriser au plus vite vos blessures. »


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MessageSujet: Re: Take care of the king maybe he takes care of you [Tour IV - Terminé]   Mer 11 Jan - 11:05

Je lis les informations qui me parviennent de Moat Cailin. Les renforts que j’ai demandés, frais émoulus, sont en route. Il ne s’agit pas de divisions aguerries, compétentes et entraînées, composées d’hommes dans la Fleur de l’âge, comme les six divisions d’origine. Celles de réserve sont le surplus ; manoeuvres de chantiers abandonnés, ouvriers agricoles qui se retrouvent sans travail maintenant que leurs voisins ont déjà été emportés par la guerre, artisans sur la paille, commis, fils de serviteurs, vieux guerriers pour encadrer ce tout disparate d’hommes qui n’ont pour seule barbe que quelques picots et poils dispersés, en bataille. Ils sont bien équipés, toutefois. J’ai dépensé une fortune colossale, fait venir de l’étranger quantité d’armes, de pièces d’armure. Leur tenue, au moins, masquera ce que l’expérience leur manque. Je sais que beaucoup tomberont dès leur premier combat ; ils n’ont pas l’âge, ou ne l’ont plus depuis longtemps. Ils n’ont pas encore connu, pour la plupart, le fracas de l’acier. On ne peut pas grand chose pour eux, si ce n’est espérer que leur formation sommaire et la longueur de la marche les aura déjà endurcis suffisamment pour qu’ils ne perdent pas pied sur le champ de bataille.


Malgré la composition de ces unités, il est toutefois bon de savoir que des colonnes cheminent vers le Conflans pour y remplacer les pertes subies à Paege. Ces hommes sont nordiens, quoiqu’il en soit. La pâte est donc bonne. Si ces unités ne seront pas capables d’affronter de face l’élite de la chevalerie ennemie ou la crême de son infanterie lourde, ces troupes seront idéales pour tenir nos lignes de ravitaillement, tenir les points de passage stratégiques du Conflans, comme Salins, Herpivoie, négligés par nos adversaires mais essentiels à la conquête du pays ennemi. Les nouvelles ne sont pas toutes bonnes ces derniers temps, avoir donc des nouvelles des cohortes du nord est donc une bonne chose, car au sud et à l’est... L’ennemi tente maintenant de se défendre et contre-attaque sur des positions déjà tenues par la coalition. Le Grand Septon, vieille harpie à visage d’homme, envoie ses fidèles contre nous. Voilà qui peut nuire à notre mouvement de séparation du Conflans et peut faire basculer maisons et royaumes neutres ou peu engagées jusqu’à maintenant, contre nous.


J’ai mal au crâne. Je me frotte le bandage qui m’enserre le front ; je n’aime pas la sensation du bandeau sur mon cuir chevelu, qui frotte constamment. On finit par faire entrer quelqu’un alors que je regarde de près une carte du Val ; une jeune dame que j’identifie par sa chevelure, son maintien et ses atours comme dame de Peyredragon, dont le physique n’est pas sans me rappeler celui de Rhaenys. Elle fait vite disparaître mes interrogations en prenant les devants.



| Que m’apportez-vous donc, gente demoiselle ? Encore quelque fumeuse décoction, herbes malhodorantes à appliquer sur la plaie ou autres baumes désagréables ? |



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MessageSujet: Re: Take care of the king maybe he takes care of you [Tour IV - Terminé]   Ven 10 Fév - 2:06




Quand on vous demande si vous êtes capable de faire un travail répondez : “bien sûr, je peux !” Puis débrouillez-vous pour y arriver - Theodore Roosevelt



Daena souhaitait croire que le fait que le mestre l'avait choisie elle pour mener à bien les soins d'un personnage aussi important que le roi du Nord reflétait une certaine confiance de la part de l'homme de science. Elle, la noble en disgrâce, étiquetée comme une paria à la langue bien trop pendue n'avait plus tellement de raisons d'avoir confiance en elle ou de croire en ses capacités. Ainsi croire que quelqu'un pouvait lui porter encore un peu d'estime lui faisait du bien, même si elle ne pouvait totalement croire aux propres mensonges que son cœur racontait à son esprit pour lui éviter une lente dépression. La mélancolie et la solitude risquaient de faire pencher son humeur dans une désagréable tendance néfaste, mais Daena faisait de son mieux pour garder le cap et préférait mettre toute son énergie dans ses tâches pour ne pas trop se donner le temps de ruminer. C'est pourquoi son ardeur à la tâche avait certainement était récompensée par le mestre en lui confiant une mission à plus grande responsabilité. Elle tenait alors à se montrer digne de cette attention et s'était attelée au plus tôt à apporter au souverain le remède confectionné par le mestre lui-même, elle avait d'ailleurs assisté à sa préparation, sous l'autorisation de l'homme de science qui avait accepté de dispensé un peu de son savoir. Il n'avait pas toujours le temps de le faire, de nombreuses situations variées demandant sa présence.

Le souverain ne mis pas longtemps à répondre aux paroles d'introduction de la demoiselle et sa remarque lui décrocha un petit sourire amusé. Il était vrai que la décoction n'inspirait pas confiance, la menace d'un empoisonnement planait toujours dans l'ombre de chaque personnage ayant un poids politique. Heureusement Daena n'avait aucune intention malveillante vis-à-vis de l'homme qui se tenait devant elle, près de cartes et d'écrits divers dispersés sur une table. La jeune fille ne pensa même pas à essayer de jeter un œil sur ces divers informations qui en auraient certainement intéressés plus d'uns. Au vue de son expérience en la matière, Daena ne voulait plus du tout avoir quelque chose à faire avec la politique. Elle faisait parfaitement confiance en sa reine pour prendre les meilleures décisions et assurer au mieux la sécurité et la pérennité de son peuple, c'était la seule information qui lui était nécessaire. Avançant de quelques pas Daena accompagna la réponse qu'elle livra au souverain d'un délicat et lent mouvement du bras vers le lit qui ornait un coin de la large pièce.

« Je comprend votre réticence votre majesté, le mestre n'a malheureusement pas concentré ses efforts sur la présentation, mais je puis vous assurer que cela vous remettra plus sûrement d'aplomb ainsi. Si vous voulez bien vous installer, vous avez en effet parfaitement deviné qu'il s'agissait d'un baume cicatrisant. »

Ce n'était pas une compétence qu'elle lui aurait attribué. Il est vrai que la carrure puissante et la réputation du roi ne le prédisposait pas aux sciences et aux arts de l'esprit, bien qu'il s'avérait être un administrateur hors pair. Malheureusement il avait hérité d'un royaume guerrier, possédant une frontière des plus dangereuses avec le grand nord et des voisins continentaux bien instables et belligérants. Il n'est alors pas aberrant d'imaginer que ces expériences violentes ont dû engendrer plus de blessures pour le souverain que la normale. En découle alors une certaine reconnaissance des remèdes, peut être même le roi du Nord connaissait-il ce remède en particulier. Les plantes le composant avaient pour majorité été récoltées au lieu même d'établissement du front, mais un ingrédient provenait des réserves du mestre. Daena se déplaça donc à proximité de la couche royale pour inciter le souverain à s'y étendre. Il n'était cependant pas conseillé de brusquer un homme, encore moins un roi, et si celui-ci ne désirait pas s'exécuter, la demoiselle ne serait absolument pas celle qui l'obligerait à quoi que ce soit.

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MessageSujet: Re: Take care of the king maybe he takes care of you [Tour IV - Terminé]   Dim 12 Fév - 23:15

J’en ai assez que l’on prenne soin de moi. Enfin, bien sûr, il y a un côté plaisant à la chose. Tout le monde apprécie d’être dorloté. Mais être dorloté me ramène au temps perdu dans la campagne, dans l’échiquier politique. Ma femme avait raison, jadis. Mon pire ennemi n’est pas Harren Hoare, ma véritable némésis est l’homme que je voie quand je regarde dans un miroir. Toujours à considérer que les manœuvres politiques sont une perte de temps quand je suis bloqué dans un endroit, alors que je sais, que j’ai parfaitement conscience de leur nécessité si je me force à voir les choses objectivement. Je sais que ce que nous faisons ici est utile ; je fais venir de nouveaux conscrits du Nord, nous organisons la défense des zones conquises et nous diffusons nos idées et notre politique dans la région. Ce n’est pas inutile. Mais je suis un soldat avant tout, né et élevé par mon père pour être un guerrier, un combattant. Je suis devenu diplomate et politicien par la suite, quand je suis devenu Roi. Et aujourd’hui encore, je ne le suis pas tout à fait, pas autant que je le pourrais, pas autant que je le devrais. Mais je fais des efforts. Ma future épouse, si jeune, si passionnée, a les mêmes défauts que moi, sur ce point particulier en tous cas. Nous ne pouvons donc, dès lors que nous en avons conscience, de faire en sorte que les choses se passent mieux. De corriger nos inclinaisons à une politique-passion plutôt qu’une politique-raison.


La jeune femme présente n’est pas démontée par ma présence ; elle ne semble pas intimidée. Elle est donc de noble naissance. Je le déduis du fait de son apparence, de son maintien. Elle est aussi correctement nourrie et bien habillée, et il y a cette sorte de ressemblance avec Rhaenys. Elle ne s’est pourtant pas présentée, alors je ne peux être certain de quoi que ce soit. La voilà qui s’avance sans gêne ni honte apparente ; elle est sûre de son bon droit et de la justification de la tâche qui lui a été assignée. J’ai un mince sourire, vaguement amusé par la proposition, si candide et innocente que cela ne peut prêter qu’à la plaisanterie.



| Une jeune nymphe aux cheveux d’argent qui me demande à moi, Torrhen Stark d’aller au lit. Qui êtes-vous donc, ma jeune damoiselle, pour me faire pareille proposition ? |


Je m’avance vers la chaise, mais bottes claquant sur le vieux parquet posé par-dessus la pierre du castel. Je cherchais à la gêner, mais je m’essayais avant tout.


| Venez donc, je serais tout aussi bien assis. Si je m’allonge, je crains de m’endormir et je ne voudrais pas perdre le reste de cette journée pour me changer en oiseau de nuit. |


Et puis, je ne voulais pas qu’on me retrouve alité aux bons soins d’une femme qui n’allait pas être la mienne. Rhaenys avait évoqué avec moi des pratiques dont je n’étais guère coutumier, mais ce n’était ni le moment ni l’endroit. La guerre n’était pas un terrain de jeu, tous les chefs militaires qui l’oubliait ne faisaient pas long feu.



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MessageSujet: Re: Take care of the king maybe he takes care of you [Tour IV - Terminé]   Dim 19 Mar - 23:21




Quand on vous demande si vous êtes capable de faire un travail répondez : “bien sûr, je peux !” Puis débrouillez-vous pour y arriver - Theodore Roosevelt



Daena n'est pas une guerrière, sa corpulence et la lenteur de ses gestes le prouvent. Sa taille fine et la faible capacité de sa musculature ne sont que des preuves physiques, mais c'est d'autant que son esprit qui a été formaté pour se fondre au mieux dans le rôle d'une épouse et dirigeante de maison qui est révélateur. Le peu qu'elle ait pu apprendre des armes le fut par l'observation des hommes à l'entraînement, lors de courtes séances de liberté où elle était plus concentrée à retranscrire les mouvements sur une feuille de papier, et à dessiner les courbes des muscles qu'à essayer de comprendre les parades exécutées. Pourtant de nombreuses occasions lui avaient prouvé qu'il était fort utile de connaître les arcanes de la violence et de la mise à mort, car cela après tout pouvait bien vous sauver la vie en dernière extrémité. A bien y réfléchir la jeune noble ne devait sa survie qu'à des hommes constituant la protection de sa famille, donc à son rang. C'est pour cela que c'est lors de sa captivité dans un château passé à l'ennemi qu'elle avait le plus risqué sa vie. Cette expérience plus que traumatisante n'était pas chose qu'elle aimait à se rappeler mais il la forcer à se rendre compte de ses plus grandes faiblesses, et de son incommensurable vulnérabilité. Depuis cette époque elle gardait plaquée contre sa cuisse droite, enserrée par une ou deux pièces de tissus, une courte dague destinée à assurer sa sécurité en dernier recours. Malheureusement elle ne pensait pas savoir un jour la manier suffisamment et surtout pas en situation de danger pour que ce soit une garantie efficace. Ce n'était qu'un placebo pour soulager son esprit d'inquiétudes inutiles.

Face à elle se tenait un guerrier, un roi invaincu qui avait dans ces domaines bien plus d'expérience qu'elle. S'il décidait d'attenter à sa vie, rien ne la sauverait et certainement pas sa petite pièce d'acier. Souvent la mère de Daena lui avait dit que les hommes pouvaient être versatiles, qu'en tant que femme on ne pouvait réellement leur faire confiance et qu'il fallait toujours s'assurer par soi-même que les choses avaient été faites. La demoiselle n'était pas de cette philosophie et même si le royal nordien l'intimidait elle ne se sentait pas en danger en sa présence, surtout avec le ton amical avec lequel il s'adressait à elle. Tentant le plus possible de faire preuve d'humilité et de ferveur elle n'osait pas le regarder dans ses yeux. Heureusement d'ailleurs car sinon il aurait avec grande facilité deviné que sa boutade avait fonctionné à merveille. Jamais Daena n'avait clairement énoncé ou ordonné au roi de rejoindre son lit, une telle audace n'était pas du tout dans ses humeurs du moment, surtout qu'un tel manque de respect aurait pu lui être fatal. Écarquillant les yeux la jouvencelle sentit son cœur rater un ou deux battements et son souffle s'affoler. Une telle possibilité n'avait jamais ne serait-ce qu'effleuré son esprit bien trop innocent, trop ignorante de ce qu'il pouvait supposé elle n'avait même pas la substance pour imaginer quoique ce soit. Daena sentit son visage devenir pourpre et la pièce semblait soudain bien trop chauffée à son goût. C'est avec une petite voix et en bafouillant qu'elle répondit au roi.

« Que votre altesse m'excuse, jamais je n'ai même pensé à suggérer une telle chose. Je souhaitais simplement que vous vous mettiez à l'aise le temps de vous appliquer votre traitement. Cependant si cela vous indispose, ou que je n'en sois pas digne je peux parfaitement demander au mestre de venir lui-même vous administrer vos soins. »

L'homme de sciences de Peyredragon n'avait peut être pas voulu faire plaisir à la demoiselle en lui confiant une telle tâche finalement. Connaissant les réticences de Torrhen quant à sa santé peut être avait-il voulu confronter sa jeune assistante à un patient à la langue un peu mieux armée que celles qu'elle rencontrait d'ordinaire. En tout les cas il était hors de question de penser à plus que de simples paroles entre eux. La demoiselle était parfaitement consciente de son rang, de l'état du roi qui était actuellement fiancé à la plus belle femme de Westeros, Daena n'était à tous les égards pas digne d'être même évoquée dans l'idée d'un tel acte avec un tel personnage. Totalement perturbée dans ses gestes et ses pensées Daena songeait alors à déposer sur un meuble le remède et à fuir le plus loin possible loin de la gêne qui s'était emparée d'elle. Malheureusement il n'était pas possible pour elle de manquer de respect à une personne royale en sortant de ses quartiers sans son consentement et de plus après de telles paroles. Pendant un moment Daena craignit d'avoir une fois de plus ruiné toutes les possibilités qu'elle avait de bien faire.

Heureusement le roi, clément, fit cesser son petit jeu et se dirigea vers une chaise d'où il lui était possible de se soumettre à son traitement sans forcément être alité. Finalement tout ceci arrangeait Daena qui pourrait accomplir sa tâche sans se compromettre d'une quelque manière que ce soit. Bien qu'ils fussent seuls dans cette pièce, Daena ne pouvait jamais être certaine de ne pas être observée ou écoutée d'une façon ou d'une autre, après tout les rumeurs pouvaient s'envoler aussi vite qu'une pile de papiers sous le vent. Elle reprit un peu contenance, même si cela lui prit quelques secondes. Daena s'avança alors près de Torrhen alors que celui-ci prenait place sur une chaise non loin de la lourde table en bois qui risquait presque de crouler sous les cartes et autres papiers d'une importance certainement non négligeable. Néanmoins la demoiselle n'y jeta même pas un regard et se présenta plutôt devant l'homme avec timidité.

« Faites comme il vous convient votre Altesse. Puis-je procéder ? Ou souhaitez-vous d'abord vous assurer de la non-nocivité de la substance ? Je pourrais très bien l'appliquer sur ma main pour vous prouver que cette médication ne contient rien qui pourrait nuire à votre personne. »

En effet Daena ne pourrait absolument pas poser ses mains sur une once du corps royal sans y avoir été expressément autorisée. De plus il était commun que des personnages aussi importants politiquement aient des moyens de détections des tentatives d'attentat. C'était malheureux mais la suspicion devait régner dans leurs rapports avec ceux qui leurs étaient inférieurs, car l'ambition ou des propositions d'argent pouvaient conduire leurs serviteurs à des gestes graves et inconsidérés. De plus Daena n'étant pas une sujette du Nord le roi pouvait parfaitement avoir des réserves quant à ses bonnes intentions.

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MessageSujet: Re: Take care of the king maybe he takes care of you [Tour IV - Terminé]   Mar 21 Mar - 21:19

Se changer en oiseau de nuit… C’était parfois ce que je craignais, dans le mauvais sens du terme, de l’image. Un oiseau de nuit c’est un prédateur, une bête qui ne peut que guetter ses proies qui évoluent dans la pénombre, un monstre qui se repait de fait de l’obscurité. Je me sentais fébrile, ce soir. Je ne me sentais pas très en forme et je devais avouer par la même occasion que la présence de la jeune femme m’avait diverti ; je pensais moins aux reflets sombres que renvoyait parfois mon âme. Les choses nétaient pas totalement arrangées, et elles ne le seraient jamais. Mais je continuerais quoi qu’il arrive. C’était dans ma nature. Les nordiens qui abandonnaient n’avaient pas le beau rôle dans l’Histoire, loin de là. Ils étaient avilis par des actes de faiblesse que l’on excusait, parfois, dans d’autres contrées. La sagesse des souverains du Nord ne se mesurait qu’à l’aune de leurs ouvrages défensifs ou de leurs victoires contre les envahisseurs. Regardez Brandon, l’illustre ancêtre, ou Rickard. Tous étaient des guerriers. Etre un guerrier apportait, si l’on réussissait cette drôle et terrible entreprise, une gloire immortelle. Mais cela apportait aussi son lot de blessures, physiques et psychiques, qu’il était bien difficile de guérir, qui ne se soignaient jamais tout à fait. Dans cet état d’esprit, il était assez difficile d’avancer, parfois. Le poids de la culpabilité comme des remords était tel qu’il était parfois littéralement écrasant.


J’essayais d’inspirer un grand bol d’air frais, j’essayais de saisir l’opportunité qu’était la présence de la jeune femme. Je ne savais pas si elle me délasserait tout à fait mais qu’importe, elle était un exutoire bienvenu, une opportunité que je ne saurais négliger à aucun moment et pour rien au monde. Je savais que la jeune femme était intimidée, complexée par la stature que j’imposais ; j’étais souverain, roi-guerrier venu d’une terre de légendes pour les sudiens, un homme qui avait battu et massacré des tribus de sauvageons, qui s’était élevé bien des années plus tôt contre Harren Hoare. Je me jouais d’elle pour la rendre mal à l’aise ; c’était ma manière de dédramatiser un peu la situation et de la pousser dans ses retranchements, ce qui constituait ma manière préférée de briser la glace lorsque je le souhaitais. J’étais de toute manière à l’abri de la moindre revanche, mon statut empêchant toute vendetta à ceux qui étaient désireux de garder leur vie et leur tête. Je mets la jeune Velaryon dans l’embarras et je me sentais particulièrement amusé de la situation. Voilà ce qu’il me manquait. Quelque distraction pour faire place nette dans mon esprit et partir sur de nouvelles bases de réflexion. Je ris aux éclats en me déplaçant jusqu’au lit.



| Ah ah ah, vous souhaitiez que je me « mette à l’aise » ? Toutes les jeunes dames des îles de la Baie parlent aussi comme les réceptionnistes de tavernes à femmes ? |


Je me force un peu à calmer mon hilarité, mais j’ai bien du mal tant je sais comment je gêne la donzelle.


| Je vous rudoie, ma dame. Loin de moi l’intention d’être sérieux ; je sais bien que vous faites votre devoir. |


Je sens que je suis peut être allé un peu loin et décide de me calmer. Inutile d’alimenter les rumeurs, ou de faire risquer à la jeune femme de subir la colère de ma fiancée. Je suis surpris du ton aussi bien que de la teneur des paroles de la jeune femme, quand elle me demande si je ne veux pas qu’elle teste elle-même la substance. Je la dévisage. Le poisson était bien l’arme des femmes, ou des hommes de savoir. Mais je ne pensais pas qu’un individu serait assez fou pour tenter quoi que ce soit dans cet endroit parsemé de patrouilles de nordiens brutaux et belliqueux. Je repoussais l’idée d’un empoisonnement d’un revers de la main.


| Ce n’est pas un baume toxique qui aura ma peau de Loup, vous pouvez en être sûre. Je périrais de l’acier. Nous avons tous un devoir à accomplir et le vôtre n’est pas le moins glorieux ni le moins exposé, et je ne vous ferais pas perdre plus de temps que nécessaire. Procédez, jeune fille. |




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MessageSujet: Re: Take care of the king maybe he takes care of you [Tour IV - Terminé]   Mar 4 Avr - 20:29




Quand on vous demande si vous êtes capable de faire un travail répondez : “bien sûr, je peux !” Puis débrouillez-vous pour y arriver - Theodore Roosevelt


L'innocence et la candeur, elles accompagnent chaque geste de la demoiselle, nappant son comportement d'un sceau d'immaturité qu'elle aurait aimé faire disparaître. Néanmoins son ignorance des choses de l'amour était une lacune qu'il lui faudrait bien vite combler. Daena en voulait à sa mère d'avoir été bien trop rancunière et frigide pour lui enseigner quoique ce soit de ce côté, et d'avoir été bien trop traditionaliste pour charger quelqu'un de le faire. Rhaenys avait raison, car elle avait une fois exprimé en sa présence l'opinion selon laquelle il était stupide d'amener une innocente à la couche nuptiale. Le carcan de la noblesse pouvait s'avérer bien handicapant et restreindre les femmes par une impossibilité d'utiliser leurs charmes faute d'en connaître tous les tenants et aboutissants. C'est donc en arborant un merveilleux rouge pivoine qu'elle se dressa malgré tout devant le souverain nordique. Elle ne pouvait s'enfuir, et ne pouvait que se draper dans une pudeur qui cachait à peine sa honte. Elle se promit d'ailleurs de remédier au plus vite à cette fâcheuse situation, son propre mariage avec Aylan Redwyne ne tarderait plus et elle ne comptait pas se présenter dans sa couche aussi ingénue. La guerre et la campagne avait amené beaucoup de filles de joie à voyager avec les soldats, ce n'était un secret pour personne, ces femmes expérimentées ne laisseraient certainement pas passer l'occasion de lui expliquer certaines choses, surtout si c'est accompagné par des espèces sonnantes et trébuchantes.

Malheureusement pour la jeune femme elle ne pourrait pas se montrer plus revêche avec Torrhen pour lui faire cesser ses remarques gênantes, le souverain semblait d'ailleurs y prendre un malin plaisir puisqu'il prit soin une seconde fois de détourner les paroles de la jeune ingénue. La comparaison était encore légère mais pas bien flatteuse. Autrefois Daena aurait certainement réagit avec le peu de sang de dragon qui coulait dans ses veines de part sa parenté avec Rhaenys et aurait certainement lancé une pique cinglante à ce mâle décidément bien trop en confiance à son goût. Néanmoins son éducation et les derniers déboires qu'elle avait pu traverser avaient su lui enseigner la mesure et la retenue. Cela se confondait même presque avec le mutisme depuis quelques mois. C'est donc sans rien dire mais extrêmement paralysée par la gêne que la demoiselle subissait les gausseries du souverain. Ce dernier de son côté ne semblait pas réellement s'émouvoir du comportement de son interlocutrice, il était toute à sa fierté et à son hilarité d'avoir su taquiner au mieux une toute jeune femme. C'était tout du moins ce qui se déroula dans un premier temps. Il finit par reprendre une contenance comme l'espérait Daena qui ne se voyait pas subir pendant longtemps de tels propos, même si elle n'en avait guère le choix. C'est avec un petit sourire qu'elle accepta ses excuses voilées et qu'elle lui répondit d'une voix douce.

« En effet Sire, vous voir rire à mes dépends n'est guère plaisant. Mais comme je vous comprend de ne point être indulgent avec une personne aussi sotte que je puis l'être. Je n'ai malheureusement jamais brillé par mes conversations avec les rois. »

C'était même tout le contraire à dire vrai, mais cela elle n'allait pas s'en vanter devant le futur époux de sa cousine. La suite de la conversation n'est pas des plus joyeuses et Daena se demande sérieusement si le roi lui fera assez confiance pour lui permettre d'appliquer le remède. La méfiance est mère de sûreté, et génitrice de prudence. Le poison est une technique des plus efficaces, si elle est maniée par des mains habiles, et si Dorne avait plus de réputation et de mérite en ce domaine, tous les autres pays avaient des représentants capables de manier les arcanes des substances mortifères. La réponse royale est cependant déroutante et Daena ne la comprend pas tout de suite. Torrhen est si sûr de lui et confiant qu'elle ne peut absolument rien dire à ce sujet. Le voir aussi certain de son destin l'intrigue quant au possible don de voyance qu'il pourrait détenir, elle avait d'ailleurs entendu de vagues et anciennes rumeurs sur des nordiens capable de telles prouesses. Ensuite vint la question du devoir, Daena était heureuse qu'il reconnaisse un tant soit peu la valeur de son travaille et de ses tâches, mais elles étaient bien dérisoires par rapport aux décisions et aux rapports qui s’échafaudaient dans cette pièce. La valeur de leur vie respective n'était pas égale dans la balance de la politique, ou même dans celle du pragmatisme. Il en viendrait d'autres pour essayer de soigner les blessés, d'écouter les personnes brisées, mais il n'y avait qu'un roi du Nord tel que Torrhen Stark.

« Vos paroles sont bien bonnes votre altesse. Cependant rien n'est plus important pour les peuples que vous vous apprêtez à unir que votre santé. Le futur roi de Peyredragon et celui des contrées lointaines du Nord ne saurait me faire perdre la moindre seconde de son temps puisqu'il est à sa disposition tout comme à celle de ma reine. »

Sur ces mots elle contourna sa personne pour se placer devant les bandages enserrant la blessure. Avec délicatesse, lenteur et douceur elle entreprit de les dénouer, sans causer de trop grand inconfort au souverain. Cela fait, elle prit quelques instants pour examiner la blessure. Elle n'était pas belle, les chairs commençaient tout juste à cicatriser mais on pouvait nettement voir le tranchant net qu'avait laissé l'arme. Nul doute que le roi conserverait là une belle cicatrice de sa victoire. Néanmoins Daena détaillait surtout du regard les couleurs des chairs et la possible accumulation sanguine, le mestre lui ayant indiqué de l'avertir en cas de signes préoccupants. Ce n'était fort heureusement pas le cas et c'est en poussant un petit soupir de soulagement qu'elle récupéra sa mixture qui était restée posée sur la table. Des bandelettes de linge fraîches furent alors par ses soins imbibées dans le petit bol, le temps de se couvrir du remède et avec un très grande application Daena s'évertua à reconstituer du mieux qu'elle le pouvait le bandage d'origine, en prenant garde malgré tout de ne pas le serrer autant car la peau devait pouvoir respirer. L'opération dura un certain temps, trop concentrée par sa tâche Daena ne voulut pas prendre le risque de continuer une conversation qui pourrait la déconcentrer.

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MessageSujet: Re: Take care of the king maybe he takes care of you [Tour IV - Terminé]   Mer 19 Avr - 21:23

Je savais pertinemment que je n’avais pas été trop loin, mais le doute subsistait toujours. Pas facile de présumer de la constance des coutumes sudiennes en matière de discussion, de politesse et d’étiquette. Ils semblaient socialement beaucoup plus ouverts que le Nord sur certains points, mais terriblement rétrogrades sur d’autres. J’avais noté par exemple que la sexualité n’était pas forcément un sujet tabou pourvu qu’on y mette les formes. Rhaenys avait ce côté très brut de décoffrage, étant éminemment franche, qui pouvait surprendre. Il n’en restait pas moins que j’avais appris énormément de choses aussi bien sur elle que sur sa culture. Dire à une dame qu’on la désire n’était pas perçu comme quelque chose de malséant, et je doutais d’ailleurs, depuis ce jour, de la vertu de nombre de dames sudiennes. Cela dit, quand on voyait comment j’avais moi-même traité de nombre de nordiennes, j’étais mal placé pour jeter la pierre à qui que ce soit, l’imbécile que je fus jadis n’avait après tout eu aucun scrupule à charmer et séduire des compatriotes, jeunes ou moins jeunes, dans le seul but de me délasser. Quoiqu’il en soit, le domaine de l’intime était mieux accepté dans la bonne société. Tout comme l’affection de manière générale, d’ailleurs. Ce n’était pas ici perçu comme une faiblesse, pas plus que comme une manœuvre. Toutefois, ils étaient bien plus droits que nous sur d’autres registres, notamment les distinctions sociales. Un chevalier n’était surtout pas à confondre avec un officier issu du peuple. Un seigneur fieffé pas à confondre non plus avec un simple chevalier. Et ainsi de suite. Pour toutes ces raisons, j’en venais à penser que l’humour était généralement mieux accepté, mais j’avais encore pu franchir une limite invisible comme le monde social aimait à en fabriquer.


La jeune femme ne semble pas très bien encaisser mes paroles. C’est d’autant plus dommage qu’à l’origine elles ont plutôt vocation à aplanir la situation que l’envenimer, bien au contraire. La jeune femme semblait plus gênée que jamais et je me sentais maintenant plutôt dirigé vers quelque chose de plus calme, de plus poli et de plus cadré. Inutile d’aller chercher bêtement querelle, quand bien même j’étais le Roi. Je ne voulais pas avoir maille à partir avec ceux qui n’allaient plus tarder à devenir mes sujets. Je n’ai pas non plus beaucoup de patience pour l’auto-flagellation, propre aux indécis et aux inconstants, des personnalités pour lesquelles je n’ai guère d’inclinaisons. Je suis donc moins cordial, quand je réponds. Plus protocolaire, sans doute. Qu’importent les revirements.



| Je me fais fort dans ce cas, ma jeune dame, de ne pas vous causer plus de tords. J’ai bien malgré moi le goût de plaisanter et je le fais sans jamais rien filtrer. Je ne vous tancerais plus. |


Nulle déception, nous ne nous connaissions pas et ne partagions pas la moindre relation. Il n’en restait pas moins que j’aimais fixer des limites claires dans mes rapports avec les autres personnes. C’était toujours infiniment plus simple que de savoir concrètement à quoi s’en tenir, à tous points de vue. Quoiqu’il en soit je laisse la jeune femme s’occuper de moi, et je la laisse sans la déranger plus avant. J’étais certes capable des plus gros gueuletons et du tintamarre le plus vif, riant aux éclats et gueulant des plaisanteries grivoises. Mais j’étais aussi capable de la plus grande retenue, du plus profond mutisme. Je ne parlais jamais pour ne rien dire, c’était en tout cas fort rare et je n’en ressentais maintenant nul besoin. Nous étions tous doués pour quelque chose. Daena Velaryon semblait s’y connaître en médecine. Je m’y connaissais à la guerre. C’était Sigyn, celle qui était douée de compétences humaines. Pas moi. Et Sigyn était morte des années plus tôt. Je précise un peu les paroles de la Peyredragonienne, d’une voix un peu atone, déjà plongé dans les mille autres sujets qui se bousculaient dans mon esprit.


| Vous m’en voyez fort aise. Et vous avez raison sur la nécessité de me maintenir en vie. Quand bien même je ne serais sans doute jamais vraiment Roi de Peyredragon. |


Ce n’était plus vraiment un secret ; je serais Roi en titre, d’aprè-s ce qui était prévu, mais Rhaenys conservait par contrat la totalité de ses affaires à sa propre cour ; nous n’avions institué qu’un terrain neutre pour nous entendre. Et il y avait cette constitution qui devait toujours être signée par quelques parties… Si nous deevions aller au bout de ce processus, je ne serais plus Roi de quoi que ce soit, je deviendrais autre chose. La jeune femme me dénoue le bandage doucement, et regarde ma plaie. Je gronde vaguement, d’impatience plus que de gêne. Je n’avais jamais beaucoup aimé que l’on prenne soin de moi de la sorte ; je me sentais inutile, et je pensais que l’inaction serait pire que tout ce qu’on pourrait m’infliger. Je pensais à la suite de la campagne, quand je me rendais compte que cela faisait maintenant un moment que l’on n’avait plus soufflé mot.


| Serrez, mais serrez fort ; je ne veux pas être gêné dans le moindre fait et geste ; j’ai besoin de toute ma mobilité, et j’en ai besoin maintenant. Je voudrais surtout éviter qu’un pareil bandage me tombe devant les yeux en plein conseil militaire… |



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MessageSujet: Re: Take care of the king maybe he takes care of you [Tour IV - Terminé]   Ven 12 Mai - 0:17




Quand on vous demande si vous êtes capable de faire un travail répondez : “bien sûr, je peux !” Puis débrouillez-vous pour y arriver - Theodore Roosevelt



La plaisanterie est un art délicat, une carte à jouer dans le jeu de la sociabilité qui peut être à double tranchant. Si elle fait mouche, alors un certain lien même fugace peut se tisser entre les deux êtres qui partagent des éclats de rire; par contre si elle n'est pas efficiente les rires se feront au dépend de l'autre personne, et cela n'a rien de plaisant pour quiconque. Daena néanmoins ne pouvait se permettre de rappeler des principes de politesse et de galanterie à un roi, surtout tel que Torrhen Stark. Elle était heureuse qu'il ait bien vite abandonné ce comportement déplacé, même si elle failli le regretter tant le ton redevint alors beaucoup plus solennel et un peu froid. Immédiatement elle s'en attribuait la faute et se mordit la lèvre par angoisse d'avoir pu causer au roi une certaine contrariété.

« Son altesse n'a pas à modifier son comportement de quelle que façon que ce soit. Mon innocence vous est risible et ces plaisanteries si elles ne me plaisent pas vous redonne le sourire. Je suis donc heureuse de contribuer en plus à votre guérison à la tâche d'écarter un peu vos pensées de vos imposants devoirs. Ma réaction a peut être été un peu trop prompt car il n'y avait là aucune méchanceté. Je suis désolée votre Majesté mais c'est que je ne suis guère rodée à ce genre d'exercices. »

La suite se déroula dans un silence respectueux. Il n'avait rien de gêné ou de révélateur d'un énervement royal, mais Daena ne pouvait s'enlever de la tête l'idée qu'elle avait dû commettre un impair pour avoir une telle réaction du souverain. Elle le laissa clore la conversation quant à son futur titre de roi de Peyredragon. Il était vrai que tous le peuple de Rhaenys avait été informé que jamais Torrhen Stark n'exercerait de réel pouvoir sur son royaume, néanmoins cela n'enlevait rien aux devoirs que Daena s'estimait avoir envers lui. Même s'il ne deviendrait souverain que de titre, il resterait et demeurerait une part de la famille royale aux yeux de Daena. Elle ne souhaitait pas s'épancher sur ce sujet malgré tout, son avis n'avait que bien peu d'importance et le roi semblait avoir déjà redirigé ses pensées vers des sujets bien plus importants. Faisant de son mieux pour ne pas le déranger la demoiselle finalisa avec grâce et douceur le pansement. Elle avait presque terminé lorsque le roi s'exprima finalement avec une certaine force et un charisme qui firent sursauter la demoiselle. Elle ne put qu'opiner du chef et elle défit à moitié son office pour recommencer en serrant bien plus autour du crâne royal les bandages soigneusement nettoyés.

« C'est chose faite votre Majesté, je vous assure que rien ne bougera et que vous pourrez vous livrez à vos activités avec toute la mobilité qui vous est nécessaire. Je ne peux néanmoins que vous enjoindre à la prudence, car si la blessure est en voie d'une belle cicatrisation votre état nécessite encore du repos. »

Renouvelant sa révérence avec grâce et en prenant garde à ne pas croiser le regard du souverain ni à lui tourner le dos la demoiselle se déplaça silencieusement et doucement vers la sortie des appartements du souverain. Le signe qu'elle pouvait prendre congés ne fut pas long à paraître et elle déguerpis alors le cœur battant pour retourner vers des patients bien moins prestigieux. Cette rencontre lui laissera à coup sûr un souvenir impérissable et de fortes impressions.


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MessageSujet: Re: Take care of the king maybe he takes care of you [Tour IV - Terminé]   

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Take care of the king maybe he takes care of you [Tour IV - Terminé]
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