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La reine et le chevalier PV Rhaenys
MessageSujet: La reine et le chevalier PV Rhaenys   Jeu 22 Déc - 15:18


       

An 0 Mois 10 Semaine 1 Paege
       

       
La reine et le chevalier

       
La nuit avait été à la fois terriblement courte et bien trop longue mais elle avait été ce qu'elle avait été. Les milliers d'hommes qui composaient l'ost de la coalition et qui avaient participé à l'élaboration du bûcher et avaient assisté au sacrifice valeureux de nos blessés et mourants s'étaient finalement tout comme moi endormi à même le sol du camp principal. La terre n'était pas des plus confortable comparé à mon lit de camp recouvert de peaux et de fourrures mais le dénuement rendait fort et la grande majorité des soldats dormaient dans des conditions similaires qu'une tente recouvre leurs tètes ou non. J'avais déjà dormi dans de telles conditions au demeurant alors ce ne serait certainement pas le confort sommaire d'un lit de campagne qui allait me rendre douillet. Puis, nous étions en guerre et en campagne le confort ne devait pas nous venir à l'esprit. La dureté était l'apanage de la loi des armes et je l'avais embrassé dès mon plus jeune âge.

Les soldats, chevaliers, archers, cavaliers, piquiers, nobles, roturiers, seigneurs s'étaient endormi sur place tandis que les flammes continuaient de brûler encore et encore jusqu'au lendemain. Le feu du brasier semblait vouloir vivre éternellement et non se consumer tel que le voulait la coutume. Il faut dire que des troncs avaient été abattus par dizaines pour constituer l’œuvre brûlante et débités au son des haches dans la fraîcheur nocturne. Une fraîcheur qui s'accentuait depuis quelques jours. Nul  doute que la rigueur de l'automne laisserait peu à peu place à la froideur virginale de l'hiver. L'hiver. Cela faisait bien longtemps que nous n'en avions pas connu. Les saisons changeaient depuis ma venue au monde sans que les températures ou le climat ne s'éloigne réellement de la chaleur fiévreuse de l'été ou dans le meilleur cas de la douceur printanière. Les mestres le rabâchaient assez souvent pour que Westeros l'intègre. Nous étions dans une passe estivale. Nous étions oui mais ne sommes plus. Car quand bien même cet été constant ne faisait aucunement fi des spécialités climatiques propres aux contrées du continent et se manifestaient sous des formes diverses et variées il n'en restait pas moins doux dans les recoins les plus aptes à la glace et la neige. La citadelle n'avait nul besoin d'envoyer parader ces corbeaux immaculés pour que Westeros sache que l'hiver approchait.

Cela se sentait instinctivement car les chasseurs et les vétérans ainsi que les plus anciens d'entre nous le pressentaient par habitude car ils en avaient connu. Nous le sentions dans nos os lorsque le vent soufflait, que la brume se levait. Les hommes passaient plus de temps autour du feu et les manteaux se faisaient plus épais. Mais nous n'étions encore qu'au début de la saison froide et le glacial hiver n'était pas encore parmi nous. Ainsi cette nuit n'avait pas vraiment été éprouvante de ce coté là sans compter le fait que cet immense brasier Valyrien suffisait amplement pour réchauffer l'armée rassemblée autour de ce phare lumineux d'une taille impressionnante. Les flammes de Meraxes brûlaient peut être bien plus forts que des flammes ordinaires au demeurant. Quoi qu'il en soit j'avais dormi d'un sommeil paisible et réparateur dénué de rêves, de souvenirs ou de mélancolie comme si le feu du dragon transformait même l'éther psychique en cendre. Le jour se levait peu à peu tandis que la fumée s'élevait et se dissipait lentement mais sûrement dans les brumes matinales. L'air était doux et il ne faisait aucun doute que la fournaise avait contribué à cette tempérance climatique et que la température aurait été autrement plus fraîche en temps normal. Ma tète était posée sur la cuisse de l'un de mes écuyers qui m'avait servi d'oreiller de fortune. Duren si je ne m'abuse.

Ouvrant des yeux encore ensommeillés sur un ciel bien terne, je tourne la tète à droite pour découvrir la botte de mon oncle avant de la tourner à gauche pour découvrir mes cousins en train de se réveiller presque paresseusement. Un échange de sourire avec Illyfer plus tard, je me redresse doucement à mon tour tandis qu'une odeur acre de chair brûlée atteint mes narines. Autour de moi c'est toute l'armée qui se réveille d'un sommeil communicatif. Certains s'étirent, d'autres n'hésitent pas à réveiller durement leurs camarades sans ménagement, d'autres pestent, certains se frottent les yeux. Autant de gestes anodins typiques du réveil que l'on ne s'attend pas à observer au milieu d'une foule militaire. Je croise durant un instant le regard de Ser Kendrick qui m'adresse un sourire amusé avant de secouer Duren et Adam pour qu'il cesse de roupiller comme des... Cela n'a aucune importance. Mes écuyers se réveillent de concert dans un sursaut en lâchant des insultes ce qui fait rire les soldats les plus proches de nous. Une taloche chacun eu tôt fait de leur rendre la politesse. Puis, mon regard se tourne vers la reine dragon Rhaenys la libératrice. Nue comme un vers, le corps recouvert de suie et de cendre et les cheveux argentés flottant au vent tel une bannière celle ci est assise les jambes croisés le regard perdu dans la foule.

Loin au dessus de nous dans le ciel, le chant d'une dragonne résonne et soudain un cri de dragon lui répond faible presque fugace mais bel et bien strident tandis qu'un dragonneau bleuté émerge des cheveux argentés de la descendante de Valyria. Aussitôt, je m'agenouille à l'instar des milliers d'autres hommes à mes cotés.Tète baissé, la main de mon bras d'épaule blessée posé sur un genoux je loue la reine des sept couronnes dans le silence solennel. Cet hommage dure de longues minutes dans le silence le plus complet. Un silence seulement brisé par les cris des dragons dans l'air ambiant. Lorsque nous relevons la tète la reine est en train de quitter le cœur du camp après avoir été emmitouflé dans une chaude parure. Le  jeune dragon bleu accroché à son épaule celle ci traverse les rangs sa garde sur les talons. (…)

        La journée était désormais bien avancé et les traces du rituel Valyrien avait été ôté de la vue de tous afin de faciliter le fonctionnement du camp. Les soldats avaient ensuite chacun vaqué à leurs occupations. Bien peu étaient en réalité retournés dormir. Le camp fourmillait d'activité et les cœurs étaient joyeux, ragaillardis par le spectacle de la naissance d'un dragon. Des sergents d'armes avaient mis au travail des sections afin de reconstituer les réserves de bois ainsi on entendait le chant de la hache dans les bois alentours. Cet exercice en plus de permettre de reconstituer les réserves de bois pour les semaines à venir était également suffisamment physique pour entretenir les muscles des soldats. Si vous avez déjà coupé du bois vous savez par ailleurs que cela vous permet de ne penser à rien si ce n'est à l'instant présent ce qui à vous en conviendrez quelque chose de reposant. Les commandants avaient également organisés des patrouilles de cavaliers qui allaient vadrouiller la campagne pour surveiller les environs. Le camp avait beau avoir été fortifié depuis Paege le fait de disposer d'un écran d'éclaireurs et de cavaliers battant la campagne alentour dans toutes les directions était indispensable à la sécurité de l'ensemble de l'armée. D'autres soldats s’entraînaient avec entrain dans des espaces aménagés. Les archers tiraient sur des cibles de pailles, les fantassins s'éprouvaient tout en restant prudent afin de ne pas se blesser par inadvertance et les piquiers s’entraînent à manœuvrer en phalange.

Alors que l'on se serait attendu à ce que l'armée soit assommée et fatiguée d'avoir assisté à la naissance d'Ebrion durant une bonne partie de la nuit. Celle ci était enfiévrée par le rituel Valyrien de la veille. La vie fourmillait dans le moindre recoin de l’immense camp coalisé. Le feu avait purgé les odeurs des blessés et les remugles de mort de l’hôpital aussi l'air était pour le moins pur. C'était comme si le feu qui avait si longtemps brûlé avait gagné chaque homme et l'animait désormais d'une ardeur renouvelée. Oh bien sur le spectacle avait été terrifiant sauf pour les Peyredragonniens qui étaient bien plus habitués aux dragons que le reste d'entre nous. Néanmoins, il avait eu également un aspect magnifique et légendaire qui prenait aisément le pas sur la peur primaire. Du moins dans mon cas, cependant je devais bien reconnaître que je n'étais pas le meilleur exemple de rationalité dans le cas présent étant donné que ma fascination pour les dragons était intacte. Concernant la journée postérieure à cette nuit si particulière, j'avais pour ma part mangé en compagnie de la maison Hardy, discuté avec mon oncle et mes demi frères avant d'aller m'occuper de mes chevaux avec mes écuyers. En partant de Brisevent pour rejoindre l'Ost de la reine, je n'avais que trois chevaux Ataleus mon destrier, Azur mon palefroi et Danae mon coursier. Pourquoi un coursier ? Parce que j'avais joué les messagers durant la rébellion de la Nera. Les victoires engrangés ces derniers mois m'avaient rapportés trois destriers supplémentaires. Neige, Lejeune et Harad selon les noms que Duren leur avait donné. Pour ma part, je ne nommais mes chevaux de guerre seulement qu'après plusieurs batailles en leur compagnie. Mais le gamin m'avait devancé et les noms étaient restés.

J'avais laissé mes écuyers s'occuper de mes fidèles montures tandis que je m'occupais des dernières acquises avant de les monter l'une après l'autre afin de me familiariser avec elles et qu'elles s'habituent à moi. Le plus mauvais pour un chevalier serait de ne pas se faire obéir de sa monture dans une bataille. Mieux vaut prévenir que guérir. Neige était fiable et compétent, un très bon destrier de guerre mais qui me paraissait bien moins féroce qu'Ataleus qui était de toute manière le meilleur à mes yeux de ce coté là. Lejeune était rapide mais quelque peu fougueux probablement un brin de trop. Quant à Harad il était le plus âgé de tous, calme, endurant et habitué à la charge bien que moins rapide que Lejeune. Une fois cette besogne achevée, je retourne à ma tente et demande à Adam et Duren d'emporter le nécessaire pour un bon bain, une tenue propre et d'aller sceller les chevaux. A Adam qui me contemple quelques instants avec des yeux ronds, je lance que pour aller voir une reine il faut nécessairement être présentable.

(…)
Le bain dans un cours d'eau attenant au camp a été revigorant bien que frisquet. Quoi qu'il en soit j'étais à présent propre et prêt à me présenter devant la reine dont j'avais épousé la cause. Un sourire étire lentement mes lèvres tandis que je traverse le camp des Peyredragonniens une cape noire flottant au vent et mes deux épées croisées dans le dos. Ma tenue était confortable et simple mais élégante dans sa simplicité. Pas besoin de fioritures par temps de guerre. Le sourire provient du fait qu'un Duren admiratif m'avait dit que je ressemblais à un prince ainsi. J'avais éclaté de rire. Il en fallait vraisemblablement peu à mon premier écuyer. Comment aurait il pu en être autrement ? Lui qui venait d'une famille de roturiers de la presque île s'émerveillait bien plus vite. Adam était un bâtard tout comme moi aussi il était habitué à un monde qui n'était pas le sien, la noblesse nous la contemplions sans en faire partie. J'avais rétorqué avec amusement, au prince des bâtards peut être.  Et nous étions parti d'un grand fou rire. Le genre de fou rires précieux en temps de guerre. Le genre qui vous font oublier l'espace d'un instant que le monde brûle et saigne autour de vous. Mes écuyers et moi étions désormais aussi frais que des gardons et j'étais satisfait car bien plus que le fait de ne pas arriver puant devant une souveraine, l'hygiène militaire se devait d’être rigoureuse à mes yeux. Une armée plus propre était une armée en bonne santé et une armée en bonne santé était une armée efficace.

Je ne pouvais prétendre faire appliquer ces principes à qui que ce soit sinon ma propre personne, mes écuyers. Quitte à mourir en guerre autant mourir sur un champ de bataille et pas de maladie ou d'une saloperie attrapée au milieu d'un camp. Saluant quelques chevaliers de Peyredragon que j'avais reconnu au passage, je ne me hâte pas et prends même le temps de discuter avec quelques frères d'armes. Je ne suis pas attendu il me semble et ce n'est pas la première fois que je m'invite chez un souverain. Une fois devant le pavillon de la reine dragon, je me fige et demande audience. Les cris stridents du dragon bleu résonnent à mes oreilles tandis que je me demande si j'aurais du dire que la reine m'avait convoqué ce qui aurait constitué un pieux mensonge. Mais quelques instants plus tard, un garde me conduit à l'intérieur et une fois devant Rhaenys, je m'agenouille respectueusement devant elle. Votre grâce, je vous remercie de me recevoir.             
(c) crackle bones

       




   
«Daemon Waters»
Just as water has no stable form, there is no permanent condition in war. Drive them where you want. Strike fast and strongly to crush them. Attack where it does not await you; Arise always unexpectedly. Sun Tzu The art of war.

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MessageSujet: Re: La reine et le chevalier PV Rhaenys   Jeu 5 Jan - 16:03






Paege

An 0 Mois 10.


Je hochais la tête aux propos de Bâal, tout en réfléchissant à ce qu’il venait de m’exposer. Je restais quelques minutes sans prononcer le moindre mot avant de demander à l’un de mes gardes de faire venir jusqu’ici le chevalier dont mon maitre d’arme et général me parlait. Un léger sourire se dessina sur ses lèvres, heureux d’avoir su me convaincre. Ou du moins de me donner matière à réfléchir. Il me connaissait assez pour savoir que je n’accordais mon attention ou ma confiance que très rarement et que je demandais des preuves tangibles. Je lui proposais de rester, mais il décida qu’il était plus sage de me laisser me faire ma propre opinion sans aucune influence… Et sans compter sur lui pour mener ce petit entretien. J’avais soupiré, mais accepté, consciente qu’il avait totalement raison. Il s’en était allé après m’avoir salué respectueusement, puis en avoir fait de même avec le dragonneau qui dormais devant l’âtre de la cheminé et qui avait relevé la tête en entendant des pas venir à lui. On pouvait compter sur Baâl pour respecter les convenances… Voir quelques fois trop. J’adorais cet homme. Il était réellement un second père pour moi… Mais je détestais qu’il puisse m’appeler par mes titres lorsque nous étions que deux, et qu’il utilise toujours le vouvoiement. C’était important pour lui, et malgré mes injonctions, il s’y tenait. Je l’avoue, cela m’agaçait. J’aurais pu l’accepter, mais j’avais décidé que non. Et je savais que la prochaine fois, je lui demanderais une nouvelle fois et qu’il s’y refuserait. A croire que cela l’amuser. Ce qui pourrait être le cas d’ailleurs.

Je me versais un verre de vin et rejoignais la jeune créature pour passer mes mains sur ses écailles un peu distraitement. Je sirotais la boisson tout en regardant les flammes sans vraiment les regarder. Mon esprit s’égara mais fut ramené rapidement à la raison par la voix d’un garde m’annonçant l’arrivée de celui que j’avais fait venir. Je me relevais, époussetais ma robe peyredragonienne bleu, puis indiquais qu’il pouvait entrer. La silhouette passa le pan de ma tente. Je le connaissais, même si j’avais oublié qu’il était Daemon Waters. En arrivant à la Baie de la Néra, il avait été le premier que j’avais rencontré. Il était le fils illégitime d’un seigneur Hardi si ma mémoire ne me faisait pas défaut. Baâl s’était bien évidement gardé de me renseigner à ce sujet, conscient que la naissance m’importait peu. Je me rappelais de cela parce qu’il s’était ainsi à moi, avant que son seigneur ne vienne prendre son relai. Il s’agenouilla devant moi avec respect, avant de me remercier de le recevoir. Relevez-vous je vous prie Chevalier. Installez-vous donc, nous avons fort à parler ensembles. Ou du moins vous avez fort à me parler d’après ce que j’ai ouï dire.  je lui indiquais d’un geste de la main une chaise légèrement plus éloignée que les autres de la table. Pour ma part, je restais debout, entre lui et le feu qui crépitait non loin. Vous ne l’avez peut-être point rencontré en personne, mais Messire Forel est venu s’entretenir ce jour avec ma personne à votre sujet. lui dis-je avant de boire une gorgée de vin. Je le laissais prendre conscience de mes paroles avant d’ajouter après quelques minutes de silence. Vous avez su attirer son attention, assez pour qu’il me demande de vous recevoir.  Dites-moi, qu’avez-vous fait pour avoir su suscité un tel intérêt ? Je vous écoute. Prenez le temps qu'il vous faut pour me répondre.  




Combien de civils dans les villes et campagnes ne font pas partie des convois qu'on épargne. Mon parcours coupe court au vol malsain des vautours. Depuis des décennies c'est le même phénomène. Mais pour la veuve et l'orphelin il faudrait lever l'ancre. On rêvait de donner plein de coups dans la vie, nous n'avons que des ecchymoses. J'ose te le dire, j'veux pas qu'mon monde brûle. Voilà pourquoi le soir sous la lune avec les loups je hurle.

Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: La reine et le chevalier PV Rhaenys   Ven 6 Jan - 0:31

Ma convocation auprès de ma reine avait été relativement inattendue et j'avais écarquillé les yeux de surprise devant le messager royal. Oui, elle s'était révélée particulièrement étonnante à mes yeux car je ne faisais ni partie de l'entourage de ma souveraine, ni de son conseil de guerre ni même de ses conseillers. Je n'étais que l'épée qui n'attendait qu'un seul de ses ordres pour s'abattre sur ses ennemis sans hésitation aucune. Ce qui me convenait parfaitement j'étais l’exécutant de la reine dragon et en tirais une fierté bien réelle néanmoins c'était à priori le cas des plusieurs milliers d'hommes de la Nera et de Peyredragon assemblés autour de Paege dans l’immense camp de l'ost  coalisé. Alors pourquoi cette convocation ? Cela m'avait taraudé une bonne partie de la journée. Je m'étais donc préparé le plus rapidement possible, prenant même un bain de circonstance en compagnie de mes deux écuyers afin d’apparaître présentable devant Rhaenys Targaryen reine légitime des sept couronnes et fille du dragon.

Plusieurs pistes avaient cheminé les unes après les autres dans mon esprit et s'étaient finalement durement heurté à un réalisme cynique de par sa lucidité. J'avais mis cette convocation sur le compte du fait que la reine dragon s'était peut être rappelé de nos jeux d'enfants lors de mon court séjour à Peyredragon  ou qu'elle voulait me voir en raison du fait de notre rencontre dans la baie de la Nera lors de son arrivée sur le continent à l'aube de la guerre. Quoi que pour la deuxième option, je ne voyais pas vraiment comment cela pourrait avoir un lien avec la situation actuelle. J'avais alors renoncé et m'étais détendu en observant les faces ahuries de mes deux écuyers après le passage du messager royal. Ma reine me voulait ce qu'elle me voulait et la seule chose que je devais faire était de me présenter devant elle pour qu'elle puisse m'exposer ce qu'elle attendait de moi. J'avais néanmoins décidé de me présenter assez tardivement dans la journée parce que j'estimais que Rhaenys voudrait certainement se reposer  après la nuit de la naissance d'Ebrion. Était ce présomptueux de ma part ?

Je n'en savais franchement rien mais toujours est il que j'avais vaqué à diverses taches avant de me préparer puis de me présenter devant le vaste pavillon de la reine. Un pavillon paré aux couleurs traditionnelles de la maison des héritiers de Valyria. Le rouge et le noir des Targaryen se dessinait nettement devant mes yeux au fur et à mesure que j'approchais de la reine que j'avais choisi de servir jusqu'à mon dernier souffle. Je ne savais pas si je devais me sentir nerveux d'approcher le sang du dragon mais ce n'était nullement le cas. Si Rhaenys ne se souvenait pas je me rappelais pour ma part avoir joué  avec elle et fait le mur de l'imposante forteresse des seigneurs dragons alors que nous étions enfants. J'imagine qu'il s'agit du genre de souvenir qui émousse la nervosité bien que tout avait changé entre les deux amis d'enfance que nous avions été l'espace de quelques merveilleux jours. Désormais elle était reine, ma reine et j'étais chevalier. Sans parler de ma fascination pour les montures de la maison royale du dragon tricéphale. Or, les téméraires vous le diront. La fascination a tendance à   surpasser la peur lorsqu'elles se mêlent dans le cœur des hommes et ce pour le meilleur comme pour le pire.

Une fois arrivé à destination, je salue les deux dents du dragon montant la garde et barrant le passage de la pointe de leurs hallebardes bien aiguisées. L'un des deux membres de la garde royale ouvre le rabats du pavillon pour annoncer mon arrivée à Rhaenys et je pénètre dans la tente d'un pas martial à la suite du garde qui nous quitte ensuite pour reprendre son poste devant l'entrée. Je m'agenouille promptement devant ma souveraine et incline la tète avec respect avant de la remercier pour cette entrevue. L'honneur qu'il m'est fait de m'entretenir avec la reine est savouré à sa juste valeur. Bien que je ne sache pas encore les raisons de ma présence ici. La reine dragon ne tarde pourtant pas à prendre la parole et je m’exécute dans la foulée. Allant m'installer sur la chaise qu'elle m'indique. Éloignée de la table mais dans l'axe du feu brûlant avec quelques crépitements sonores dans un âtre aménagé à cet effet. Je constate avec étonnement qu'elle ne s'assoit pas à son tour mais reste debout devant moi à mi chemin entre la chaise et le feu réconfortant en ce début d'automne glacé.

La reine aux cheveux d'argent reprend la parole dans la foulée et cette fois je ne masque pas ma surprise devant cette nouvelle. Non, je n'avais pas eu l'honneur de rencontrer le grand général et stratège de renom qui planifiait les batailles des armées de la reine avec application et les menait au combat avec brio. La surprise s'estompe finalement peu à peu mais je me creuse  la cervelle pour tenter de deviner les motifs de cet entretien. J'avais servi avec fierté sous les ordres du grand général à plusieurs reprises dans la cavalerie du dragon mais j'ignorais qu'il m'avait remarqué. Cela paraissait irréel. Certes j'avais bien combattu aux yeux de mes frères d'armes, de mon oncle et de Ser Kendrick mon mentor mais combien en avait fait autant depuis le début de la guerre. Des  dizaines, des centaines voire plus ? Non, je ne comprenais pas. A moins qu'il s'agisse d'un ensemble de chose. Après tout les guerres n'étaient pas qu'une succession de batailles. L'armée était comme un vaste organisme vivant qui ne vivait pas que dans l'action. Mon visage retrouve peu à peu une expression normale tandis que Rhaenys boit une gorgée de vin. Ma reine finit par conclure en me demandant de lui exposer les raisons ayant pu poussé lord Forel à s'intéresser à moi.

Je réfléchis quelques instants avant de répondre : Votre grâce. Je vais me montrer honnête et vous répondre que je n'en ai pas la moindre idée. J'ai combattu pour votre cause et sous votre bannière.  J'ai probablement bien combattu car je ressens une intense fierté à me battre pour votre règne et que la vengeance que vous désirez s'accomplisse. De nombreux ennemis de Peyredragon et la Nera sont tombés sous mes assauts néanmoins de nombreux autres soldats peuvent en dire autant qu'ils soient chevaliers ou non. J'ai probablement bien combattu car contrairement aux autres chevaliers, mon rang de chevalier est la seule chose à laquelle j'ai jamais aspiré  ce qui m'a toujours pousser à me dépasser dans l'effort et à essayer de faire mieux que  mes camarades de sang noble. J'essaie toujours de m'améliorer encore et encore. Je ne saurais dire si il s'agit d'une qualité ou d'un défaut. Voilà pour mes aptitudes martiales votre grâce. Je ne souhaite pas passer pour orgueilleux en les qualifiant d'élevés car nombre de mes frères d'armes pourraient en dire autant. Mais elles le sont.

Prenant quelques instants pour méditer sur la question durant lesquels je passe ma main droite sur ma barbe mal rasée j'observe le feu crépiter avant de reporter mon attention sur la reine me faisant face. Je devrais être debout et elle assise mais je n'irais pas contre sa volonté. Cependant, je doute fort que l’intérêt que me porte le grand général soit juste du à mes qualités de combattant. Je suppose qu'il y a nécessairement autre chose. Je dirais que mon dévouement à votre cause est complet et indéfectible car je suis un bâtard. Ma loyauté comme ma vie sont vôtres, je n'ai pas à me soucier de ne pas tomber car je ne suis pas héritier. Mon absence de l'ordre de succession de la maison Hardy est une bonne chose car elle me permet d'épouser votre cause comme  peu de gens le peuvent. Mes yeux se plongent dans les yeux violets de Rhaenys tandis que je reprends quelques instants plus tard. Je conclurais en disant que les hommes me respectent pour mon ardeur et ma férocité sur le champ de bataille, ils m'apprécient parce que je me montre plus amical avec eux que les nobles qui les commandent ce qui m'est très aisé car je ne suis pas un noble. La guerre crée des liens très particuliers et ironiquement on ne retrouve guère autant de solidarité en ce monde qu'entre un groupe de soldats combattant cote à cote. Aux yeux des troupes je ne suis pas un bâtard, je suis juste un fils de la Nera se battant pour sa région et sa reine. Voilà votre grâce ce que je pouvais dire à mon sujet. En espérant avoir su répondre à vos attentes.




   
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MessageSujet: Re: La reine et le chevalier PV Rhaenys   Aujourd'hui à 19:17

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