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Le bleu que je préfère.
MessageSujet: Le bleu que je préfère.   Mer 21 Déc - 22:57






Paege

An 0 Mois 10.


Je me réveillais en sentant une main me secouer doucement. J’ouvrais un œil difficilement et grognais de me laisser encore dormir quelques minutes. Le léger rire de Kora s’échappa de ses lèvres, même si elle fit tout pour le contenir. Majesté. Vous avez rendez-vous avec… je grognais vaguement d’indiquer que j’aurais du retard avant de couvrir ma tête de mon oreiller. Je fus rejoindre par une boule d’écaille qui vient s’enrouler sur mon cou comme un collier, le museau posé sur ma joue. Je souriais en sentant cette chaleur contre ma chair. Cela me rappelait de nombreux souvenirs. Je me retrouvais à Peyredragon, dans ma chambre avec Meraxès dormant contre ma peau, profitant de la chaleur que je pouvais lui procurer, puis me mordillant la peau lorsqu’elle avant faim et que je ne me levais pas pour la nourrir. Un vrai diablotin. Ebrion était plus calme, plus sage. Pour l’instant en tout cas. Il venait tout juste de naître et nul doute que dès qu’il allait grandir, il allait devenir une vraie terreur. Surtout s’il prenait exemple sur ma dragonne. Ballerion m’avait aidé à élever mon diamant. Je n’étais pas certaine de Meraxès aurait autant de sagesse que lui.

Je commençais doucement à me rendormir et les mots de Kora me tirèrent de nouveau du sommeil. Majesté, c’est que vous aviez rendez-vous avec le Roi du Nord… Et qu’il est là. Ne venais-je pas de lui demander d’annuler. D’habitude elle suivait pourtant mes instructions et… Attendez. Elle venait de me dire quoi. J’écartais l’oreiller de ma tête et fronçais les sourcils. Mes yeux me piquèrent lors que je les ouvrais à cause de la lumière ambiante. Nous devions être en plein milieu de la journée Humm ? lui demandais-je sans formuler vraiment une phrase très cohérente. Je regardais à présent ma servante avec attention, constatant qu’elle semblait à la fois amusée et gênée. Son regard glissa vers Ebrion toujours accroché autour de mon cou, qui lui aussi la regardait. Elle détourna aussitôt son regard, et me redit avec cette patiente qui la caractérisait tant Majesté, le Roi du Nord est ici, dans votre chambre. Je mis quelques secondes à comprendre avant de me relever brusquement. Le petit dragon me griffa légèrement la peau en s’y accrochant mais je n’y pris pas garde. J’avais l’habitude de ce genre de petites blessures. Je balayais la pièce du regard jusqu’à ce que mes yeux trouvent, en effet, le Roi du Nord, installait à la table de la chambre. Mince. Je n’étais vraiment pas présentable pour le recevoir, et pas encore assez réveillée. Cette nuit, le Dragon Bleu avait vu le jour, si bien que le soleil était déjà bien levé lorsque je m’étais endormie avec lui. Heureusement avais-je pris la peine de me laver avant de me coucher. Heu… Oups ? Dis-je, clairement pas réveillée, comme une enfant prise sur le fait en train de faire une bêtise.

J e rejetais les couvertures et me levais. Aussitôt Kora m’enveloppa d’un peignoir en soi, pour préserver une pudeur qui n’avait pas besoin de l’être. Je la laissais m’entrainer ensuite derrière le paravent afin qu’elle m’aide à me vêtir rapidement d’une robe se fermant en cache cœur. Ainsi elle ne dérangerait pas le dragon qui n’avait pas bougé d’un pouce. Elle ne toucha d’ailleurs pas à mes cheveux, me laissant les détacher afin qu’il retombe sur mes épaules et dans mon dos, légèrement ondulé. Je me lavais le visage, en prenant soin de ne pas mouiller le petit dragon bleu, puis congédia ma servante, après qu’elle m’eut indiqué qu’elle avait fait venir quelques mets, et viande rouge cru pour le Dragon bleu. Je la remerciais puis sortais enfin réveillée et apprêtée correctement. Pardonnes-moi Torrhen. Je ne suis pas vraiment du matin… Ou de l’après-midi en l’occurrence. Je suis mortifiée de honte d’ailleurs à l’idée de t’avoir fait attendre. Puisses-tu ne pas m’en tenir rigueur. La nuit a été courte.





Combien de civils dans les villes et campagnes ne font pas partie des convois qu'on épargne. Mon parcours coupe court au vol malsain des vautours. Depuis des décennies c'est le même phénomène. Mais pour la veuve et l'orphelin il faudrait lever l'ancre. On rêvait de donner plein de coups dans la vie, nous n'avons que des ecchymoses. J'ose te le dire, j'veux pas qu'mon monde brûle. Voilà pourquoi le soir sous la lune avec les loups je hurle.

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MessageSujet: Re: Le bleu que je préfère.   Mer 21 Déc - 23:30

Je me réveille avec un terrifiant mal de crâne. Impossible de savoir précisément à quoi il est dû. Pas que je n’ai aucune idée… Bien au contraire. Mais il fallait trancher. Etait-ce à cause de ce bandage qui m’enserrait toujours le front ? Ou peut-être, à cause du terrifiant spectacle de la veille ? A moins que ça ne soit à cause de toute cette bière ingurgitée sur le chemin de retour de ma tente… Je me levais en grognant, me tenant le front par-dessus le bandage. Il n’était pas mouillé. La blessure cicatrisait vite et avait arrêté de saigner. Elle ne suintait pas. J’allais m’en tirer, d’après le mestre. Hourra. Je me redresse tout à fait, grognant encore lorsque j’étire mes muscles, me tends en arrière pour faire craquer ma colonne vertébrale. Mon corps est frigorifié, dans la fraîcheur d’une matinée qui commence, si je ne m’abuse, à annoncer l’automne. Je le sens dans mes vieux os, l’hiver vient. Je vire la chemise de lin que je porte, dévoilant mon torse musculeux, velu, traversé de cicatrices. Déformé par vingt cinq années de guerres. Je me débarrasse également du bas, et entre dans le bain chaud qu’on vient de m’avancer dans une gigantesque marmite. Je me perds un moment dans les volutes de vapeur, fermant les yeux et reposant ma tête en arrière du rebord de cuivre. Je m’y délasse encore un moment, faisant le point sur l’horreur et la merveille à laquelle j’avais assisté la veille. Je finis par sortir, et mon écuyer entre pour m’aider à m’habiller, à revêtir mes cuirs, mes mailles. Apprêté pour la guerre, bien que je m’épargne la cuirasse et le casque, le premier par commodité, le second par manque de besoin. Je m’éclipse hors de la tente une fois que ma lourde cape de fourrure m’enveloppe, et je chemine vers la tente du Dragon, encadré par deux Gardes-Loups.


La servante de Rhaenys, Kora, m’annonce. J’entre. La servante est au chevet de ma reine, couchée, visiblement nue, avec le reptile qui reste contre elle. Je frissonne en le voyant. Je n’ai rien vu d’aussi beau ni d’aussi terrifiant de toute ma vie. Je m’asseois sur un des sièges devant la table, amusé et souriant, même si je ne suis au fond pas très rassuré par la présence du reptile. Je lâche un petit rire amusé lorsqu’elle se rend compte de ma présence et se lève. Par décence plus que par pudeur, je détourne néanmoins le regard ; Rhaenys n’avait pas choisi d’apparaître à moi ainsi et je ne voulais pas tirer profit gratuitement de la situation. Je redresse mon regard alors qu’elle est désormais cachée par un paravent, et la vois réapparaître sous mes yeux au bout de quelques instants. Une robe qui la met en valeur sans trop en faire, le dragon toujours proche de son cou, visiblement agile et stable dans sa manière de se positionner. Des serviteurs disposent des plats sur la table ; viande crue, probablement pour le dragon, et quelques petites choses à grignoter. La jeune femme revient et me demande de l’excuser. Je souris d’un air patient.



| Ne t’en fais pas, Rhaenys. Je n’ai pas attendu trop longtemps et j’ai moi-même eu du mal à me lever. Je vois que tu te portes bien, malgré tout. Extrêmement bien même, si tu me permets. |


Je regarde le petit dragon plus attentivement.


| Comment se porte ton nouvel… Enfant ? Dois-je nourrir quelque jalousie qu’il partage déjà ta couche ? |



"Il est le Roi-Loup de Winterfell, un souverain qui a passé plus de jours à la guerre que chez lui. Un homme déterminé, vétéran de nombreuses campagnes. On le dit décidé à combattre Harren le Noir jusqu'au bout, modernisant son royaume, développant son armée. Le Loup chemine vers le sud à la tête de ses troupes, laissant dans son sillon des torrents de sang. Et pour ceux qu'il y aura sur sa route, l'Hiver vient."



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MessageSujet: Re: Le bleu que je préfère.   Jeu 12 Jan - 0:30






Paege

An 0 Mois 10.


Je m’excusais sincèrement auprès du Roi du Nord pour l’attente. J’avais oublié que nous devions nous voir et la nuit courte ne m’avait pas aidé à me tirer à l’heure du lit. Je n’avais éprouvé aucune fatigue jusqu’à ce que mon corps ne touche mes draps le matin même. Je m’étais endormie aussitôt et comme une masse. Un troupeau de cheval aurait pu entrer dans ma tente qu’ils ne m’auraient pas réveillés. D’ailleurs j’imaginais sans mal que Baâl avait dû doubler ma garde, et mettre en faction une rotation autour de ma tente. Avec la naissance du jeune dragonneau, nous devions, plus que jamais maintenant, redoubler de vigilance. Je ne laisserais rien lui arriver, et il en était de même pour mon peuple également. S’il n’avait que peu dormi aussi, j’imaginais sans mal dans quel état d’allégresse certains devaient se trouver. Il n’était pas courant de pouvoir assister à la naissance d’un dragon, encore moins en plein campagne de guerre, sur le territoire de notre ennemi. Ebrion était un nouveau espoir quelque part, et le baume au cœur des miens se réconfortant en comprenant que Meraxès n’était pas la dernière représentante de son espèce.

Je rejoignais le roi autour de la table dont les mets m’attiraient grandement. J’avais besoin de force, et je ne me fis pas prier pour me servir plusieurs fruits, fromages et pain dans mon assiette. Je délaissais pour l’instant la viande rouge que je donnerais ensuite au jeune dragon bleu. Il ne manifestait aucune envie de manger pour l’instant, intrigué par l’homme se trouvant en face de nous. Tout de même. Ce n’est pas polie, ni digne d’une Reine d’oublier une entrevu, particulièrement si c’est avec toi que je dois m’entretenir. Et cela peu importe les raisons lui affirmais-je le plus sincèrement du monde. Je ne devais, sous aucun prétexte, me déroger à mes obligations, ou en l’occurrence, au rendez-vous que je me fixais. Je me devais une ligne de conduite parfaite et irréprochable, ce qui n’avait pas été le cas en cet instant. Le Roi pose alors son regard sur le dragon, qu’il examine, sans l’ombre d’un doute. Il se retrouvait face à une créature qui lui était complètement étrangère. Il avait déjà vu Meraxès, mais jamais d’aussi près. Je ne l’aurais permis pour sa sécurité. Ma dragonne n’était pas vraiment docile et considérait les inconnues comme des ennemis. Ebrion était, lui, plus jeune, mais il n’en restait pas moins méfiant. Il restait accroché à mon cou, sans essayer de s’avancer ou d’aller à la rencontre du Nordine. Sans doute le regardait-il aussi ? Je ne saurais dire, puisque je ne pouvais le voir vu son emplacement. Je lâche un léger rire aux paroles du Roi. Enfant ?... Hmm non, Valonqar, oui. Il se porte bien pour l’heure, et est plutôt calme. Espérons qu’il le restera. De la jalousie dis-tu ? Je souriais malicieusement. Je ne saurais t’indiquer quoi penser mon cher ami. Mais en effet, il partage déjà ma couche, et cela pour encore de nombreuses semaines à venir. Il n’était tout simplement pas envisageable que je laisse loin de moi alors qu’il était encore vulnérable, et fragile. Je ne pouvais le confier qu’à une autre personne et c’était Meraxès. Elle prendrait soin de lui sans l’ombre d’un doute. Mais j’avais, je l’avoue, bien peur qu’il ne la copie trop vite et soit tout aussi colérique qu’elle. Il était plus calme, et je désirais qu’il le reste. Nous irions voir sa sœur plus tard et il passera du temps avec elle, mais jamais loin de ma surveillance et de ma supervision. Ce qui s’est passé cette nuit a dû te sembler bien étranger j’imagine. Si tu as des questions, je suis toute ouï.




Combien de civils dans les villes et campagnes ne font pas partie des convois qu'on épargne. Mon parcours coupe court au vol malsain des vautours. Depuis des décennies c'est le même phénomène. Mais pour la veuve et l'orphelin il faudrait lever l'ancre. On rêvait de donner plein de coups dans la vie, nous n'avons que des ecchymoses. J'ose te le dire, j'veux pas qu'mon monde brûle. Voilà pourquoi le soir sous la lune avec les loups je hurle.

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MessageSujet: Re: Le bleu que je préfère.   Jeu 12 Jan - 22:58


Je me sentais fatigué. Las, comme éreinté par la bataille, profondément impacté par toutes les forces que j’avais dû engager dans la mêlée. Auparavant, ce genre d’efforts me laissait complétement vidé de toutes mes forces, hanté par des visions des moments les plus cruels des combats ; ceux où je mettais à mort des adversaires. Je gardais ces moments en tête. Ces sons. Ces odeurs. Plus aujourd’hui, plus de manière aussi nette. Comme si la mort avait moins son importance. Comme si mes actes avaient perdu de leur puissance, de leur impact sur mon corps comme sur mon esprit. Comme s’ils étaient moins importants, aujourd’hui. Cela ne voulait pas dire que je n’étais plus touché par ce que je faisais, bien au contraire. Mais la netteté des traumatismes d’antan était remplacée par le capharnaüm, le désordre, d’images et de sensations qui défilaient en continu, comme un bruit de fond, une gêne permanente, qui sans plus être lancinante, était toujours avec moi. La jeune femme que j’ai sous les yeux ne semble pas tant marquée par les combats. Les gens comme elle n’en sont pas moins marqués ; mais ils sont encore suffisamment jeunes, suffisamment curieux pour passer à autre chose, pour penser à autre chose. C’était ce qui me séduisait chez Rhaenys, depuis notre première rencontre. Une force morale si rigide qu’elle aurait pu être nordienne. Ce côté froid et implacable. Mais le paradoxe vivant qu’elle incarnait ; si froide… Mais brûlante ; pleine de vie, de rêves, de rires et de desseins. J’avais besoin de ça, sans doute, pour ne pas perdre pied, maintenant qu’il n’y avait plus Mathie. Maintenant qu’il n’y avait plus Jeyne, ni Walton. Maintenant que Brandon, qui avait été mon ombre toute ma vie durant, n’était plus là non plus. Tant de visages, happés l’un après l’autre dans les ténèbres.


J’avale pendant que je le peux, ne sachant vraiment me décider en campagne pour la frugalité ou le faste. Je passe sur ses excuses. Pas d’importance. En campagne, il n’y a guère de protocole si strict et si rigide que le moindre manquement serait préjudiciable.



| Ne t’en fais pas, te dis-je. Les circonstances sont peu communes, elles aussi. |


Comme l’était tout ceci depuis le tout début. Rhaenys s’excusait, d’accord, c’était tout à son honneur. Mais il n’y avait pas eu manquement. Le pouvoir, première leçon de mon père, était avant tout l’apparence du pouvoir. Il n’y avait eu que sa servante personnelle qui ai assisté à la scène, et je savais fort bien que cette personne ne se perdrait pas en commérages. La discussions tourne déjà sur… Ce dragon. Difficile de croire qu’une si petite chose, si frêle mais déjà si agile, se transformerait d’ici quelques années en bête gigantesque, propre à découper des hommes en armure et à les faire mijoter dans leurs protections d’acier. La jeune femme rit, et je mets quelques instants à me rappeler de ses menus cours de traduction ; Valonqar, si je ne m’abusais, voulait dire frère. D’une manière totalement différente que le Loup connaissait ses égaux. Je notais donc que notre vie intime vivrait une pause équivalente au temps nécessaire pour que le reptile grandisse. C’était un confort si rare et presque étranger, pour moi, que je n’avais pas eu le temps de m’y habituer. Rhaenys avec la cavalerie au devant de l’armée, ce n’était pas comme si nous avions dormi une seule fois ensemble depuis nos retrouvailles des Epois. Et donc, elle le protégerait en personne. Je ne savais pas du tout jusqu’à quel point leur lien serait développé. Je buvais un instant, avant de m’essuyer la bouche et de la regarder elle, plutôt que son Valonqar.


| Je ne sais rien d’eux, sinon qu’il faut les craindre sur le champ de bataille, et que seuls les véritables braves et les insensés se risquent à les combattre de front. Ce n’est pas tant la créature qui m’interpelle ; je sais que tout ce qui est vivant n’est jamais qu’un fatras de chairs, d’os et de muscles qui peut être tué. C’est le lien que tu as avec eux. Je t’ai vue dans les flammes. Et ce n’est pas la première fois. Ce que j’ai vu dépasse l’entendement, ce que j’ai vu nourrira la légende et les rumeurs. |


Je plonge mon regard dans le petit feu de camp au centre de la tente ; sous l’orifice destiné à l’évacuation de la fumée. Il fait humide, ici. Mais les flammes, je ne peux plus que les considérer que d’un regard neuf, après ce que j’ai vu.


| Jadis, mon père et son mestre prêtaient toute sortes de légende à notre lignée. Affinité réelle avec les loups, légende sur des Stark en ayant dompté, en ayant eu pour frères. Des vervoyants, des change-peaux. Parfois, je sens que les Anciens Dieux me parlent, je sens leur souffle sur ma nuque, quand je plonge mon regard dans celui d’un arbre-cœur et parfois, le sentiment de déjà vu né de mes songes est terrible, s’impose comme une vérité déjà connue. Pourtant, si demain je sortais nu du campement et allais trouver une meute de mes « frères », je serais probablement déchiqueté par la coterie. Et je serais bien incapable de prédire le temps qu’il fera demain, ni même si je serais encore en vie. Quand toi les flammes lèchent ta peau et te laissent intacte. Quand tu fais naître un dragon. Qu’es-tu réellement, Rhaenys de Peyredragon ? |



"Il est le Roi-Loup de Winterfell, un souverain qui a passé plus de jours à la guerre que chez lui. Un homme déterminé, vétéran de nombreuses campagnes. On le dit décidé à combattre Harren le Noir jusqu'au bout, modernisant son royaume, développant son armée. Le Loup chemine vers le sud à la tête de ses troupes, laissant dans son sillon des torrents de sang. Et pour ceux qu'il y aura sur sa route, l'Hiver vient."



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MessageSujet: Re: Le bleu que je préfère.   Mer 18 Jan - 21:25






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Je fis un signe de la tête au roi du Nord quand il m’indiqua qu’il ne me tiendrait pas rigueur pour la panne de réveil que j’avais eu. Je venais de lui indiquer, ce n’était pas digne d’une Reine, mais la nuit avait été particulière. J’en avais passé une grande partie dans un brasier de feu à tenir contre moi l’œuf du dragon bleu nuit jusqu’à ce qu’il sorte de sa coquille pour venir élire domicile autour de mon cou. J’avais été la première à croiser son regard et un lien entre nous s’était formé. J’étais sa grande sœur, sa protectrice. Puis il avait posé ses yeux bleu clair sur Meraxès, la reconnaissant également comme étant l’une des siennes et elle comme l’un des siens. Quand les flammes s’étaient totalement éteinte, je l’avais offert à la vue de tous, dragon triomphant, symbole d’un avenir que tous pensait impossible.

Je m’installais avec lui à table et commençais à me servir nourriture et eau. Le dragonneau regardait curieusement tout ce qui s’y trouvait, sans pour autant vouloir s’en approcher. Pour l’instant en tout cas. Cela faisait moins d’une demi-journée qu’il avait éclos et il était encore en pleine assimilation de ce nouveau monde qui s’offrait à lui. Lorsque le Roi me parle de lui comme étant mon enfant, je lâche un léger rire, et le rectifie. J’aurais un rôle de mère dans son apprentissage, mais seulement dans un premier temps. Je saurais bien plus longtemps sa sœur et son guide et je préférais qu’il soit des lors considéré comme mon Valonqar. Je répondais à la boutade de l’homme par une autre. J’appréciais cela entre nous. Nous nous comprenions et c’était plaisant. Je lui indiquais d’ailleurs qu’il pouvait sans problème me questionner. Tant que cela ne m’obligerait pas à révéler les secrets de mon royaume ou de mon peuple, je me ferais un plaisir de l’éclairer. Les yeux de Torrhen finirent par délaisser ceux d’Ebrion pour s’ancrer dans les miens. Je l’écoute et suis ses mouvements. Je laisse quelques silences s’installer, réfléchissant à la manière dont je pourrais lui expliquer tout cela. Je me levais et venais me placer devant le foyer. Délicatement je passais le bout de mes doigts sur mes flammes, les caressant sans les craindre. Ebrion se glissa sur mon épaule puis en me griffant légèrement descendit le long de mon bras pour venir à la rencontre des flammes. Je tournais ma paume vers le haut pour qu’il puisse s’y loger et la descendait le laissant quelques instants profiter de ce bain de feu, avant de le refaire revenir autour de mon cou Je suis Dragon. lui dis-je en regardant le feu, avant de me tourner vers lui. Ce n’est pas un tire, mais ma nature. Une flamme ne peut pas blesser ou brûler une flamme. Les dragons sont des êtres de feu. Nous adorons la chaleur et plus elle est extrême, plus nous nous sentons dans notre élément. Je ressens moins la morsure du froid car dans mes veines coulent un brasier. Je m’écartais du feu et revenais m’asseoir à table. Je n’ai pas d’écaille, ni de crocs aiguisés comme eux cependant. Je ne possède pas d’aile et mon apparence physique n’est pas la leur. Pour autant, je reste Dragon et nous nous reconnaissons les uns les autres. Ils sont ma famille. Pour autant, ce lien s’il est donné, n’est pas éternel. Si je le délaisse, si je ne me préoccupe plus de lui, il se sentira abandonné et répondra en conséquence. Vois cela comme le lien qui peut unir un grand frère avec un cadet bien plus jeune. Il va lui arriver de me détester, de me vouloir du mal, mais il m’écoutera quand même, il m’obéira. Pas parce qu’il m’appartient, mais parce qu’il aura confiance en moi. Je bus une gorgée d’eau, puis repris. Je suis la dernier Dragon sans aile marchant sur deux pieds à être vivante, à cause d’une imprudence. Je n’ai pas écouté ce que les Dieux m’ont murmuré dans mon sommeil et les miens ont disparu. Peut-être il y en a-t-il encore en Essos ? Je ne saurais te l’affirmer ni te l’infirmer. Beaucoup de légendes circulent sur la particularité de notre espère. Un jour, je te les conterais si tu veux. Certains naissent Dragon, comme Visenya Aegon et moi, et d’autres non. Je ne saurais t’expliquer pourquoi de manière très terre à terre. Nous sommes emprunts de magie. Elle fait partie de moi, et c’est elle qui me donne cet aspect si particulier. Cependant, même si elle est présente en Orys, ou encore en Lady Velaryon, elle l’est de manière moins importante, d’une manière qui fait d’eux non pas des Dragons, mais des demi-dragons.




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MessageSujet: Re: Le bleu que je préfère.   Mer 18 Jan - 21:59

La question valait son pesant de Loups d’or. Parce que les nordiens entretenaient une relation particulière avec la magie. Elle était sans doute plus acceptée sous certaines formes, car les Anciens Dieux agissaient sur nos vies, nous guidaient, nous protégeaient des tempêtes. Les prier était utile, mais nous n’avions ni temples ni clergé ; notre relation avec les divinités était bien plus ancrée dans la nature, dans l’environnement qui nous voyait nous développer. Mais cela ne voulait pas dire que nous acceptions toutes les manifestations du surnaturel. Les bêtes monstrueuses hantant notre histoire étaient traquées sans pitié, y compris les loups-garous, emblème de ma maison. Les zomans étaient laissés, abandonnés, jetés de village en village. Les vervoyants étaient de rares étrangetés, incomprises des hommes et rejetés en égale mesure. Nous ne comprenions pas le dessein des Dieux, mais nous avions sans arrêt des preuves de leur existence. Ils nous regardaient. Ils jugeaient nos actes. Je devais savoir, pour Rhaenys, parce que ce que j’avais vu la veille pouvait être délicat vis-à-vis des hommes, comme des autres dieux. Comment les miens percevraient les siens ? Comment mes hommes, le percevront ? Je devais anticiper. Je n’étais pas non plus certain d’être en paix, personnellement, avec ce à quoi j’avais assisté. J’en percevais toute les perspectives stratégiques. Tous les dangers. Bon. Peut être pas tous. Je ne connaissais pas assez les dragons. Mais j’avais conscience que tout pouvait changer.


J’observe le dragon qui se laisse couler contre sa maîtresse, contre ma future épouse. Si frêle. Si menue. Et pourtant si forte. Ce contraste ne manquera jamais de m’étonner, de me charmer, comme de réveiller quelque antique méfiance en mon for intérieur. Je la laisse s’expliquer ; elle le fait sans fard, sans réserve. J’accepte cela ; j’apprécie cette honnêteté qu’il y a entre nous. Elle m’explique ce lien qu’il y a entre elle et les reptiles fantastiques ; Je ne suis pas sûr de tout comprendre. Et je me demande ce que cette alchimie signifie vraiment. Lois naturelles, ou du divin ? Je m’accomoderai bien plus des voies de la nature que de la voix des dieux. Car il n’y en a d’autres que les miens. Les autres ne sont que fantoches qui se pourlèchent les babines ou s’indiffèrent des épreuves des mortels. Elle me montre encore une fois sa résistance à la chaleur. J'int’gre tout ce qu’elle me raconte.



| Et donc, notre progéniture aurait tes… Facultés ? |


Je me refusais à appeler cela « don ». Car il n’y avait don que ce que les Anciens Dieux nous donnaient pour nous battre contre les ténèbres, contre les horreurs d’au-delà du Mur. Je réfléchis. J’anticipe.


| Il faut que les hommes te voient rendre hommage à nos propres dieux. Ce que nous voulons bâtir ne laisse pas de place à la magie, qui, si elle est pervertie, permet aux vils de prendre et conserver le pouvoir. Nous devons prendre les devants. Tu dois montrer aux nordiens que tu parles et que tu écoutes les Anciens Dieux. Il ne faut pas qu’ils te prennent pour une sorcière d’outre-Détroit. Nous devons unir les hommes, pas les diviser sur leurs religions. Ce que tu as fait hier était très… Puissant. Mais c’était aussi dangereux. Notre futur domaine ne supportera pas le poids des différences entre religions, entre magie et commun. Nous devons gommer ces différences. Est-ce que tu comprends où je veux en venir ? Je vais aussi devoir t’initier à nos propres Dieux. Il faut que tu les connaisses. |

Je voulais dire qu’elle devait faire passer pour simplement naturelles ses facultés ; héritées d’une compréhension empirique des dragons, héritée de Valyria qui jadis les dompta. Elle devait aussi montrer qu’elle respectait nos Dieux. Qu’elle était l’une des nôtres.


| J’ai également rédigé un document, un parchemin parlant constitution. Ce que nous avons vu avec Tully m’a poussé à coucher cela sur papier. |


Je le sors de sous mes mailles, déplie le vélin pour le déplier devant elle.


| Cela te conviendrait-il ? |




"Il est le Roi-Loup de Winterfell, un souverain qui a passé plus de jours à la guerre que chez lui. Un homme déterminé, vétéran de nombreuses campagnes. On le dit décidé à combattre Harren le Noir jusqu'au bout, modernisant son royaume, développant son armée. Le Loup chemine vers le sud à la tête de ses troupes, laissant dans son sillon des torrents de sang. Et pour ceux qu'il y aura sur sa route, l'Hiver vient."



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MessageSujet: Re: Le bleu que je préfère.   Mer 18 Jan - 22:55






Paege

An 0 Mois 10.


Je note le choix de mots du Roi et cela me désole. Ca ne me froisse pas, pas vraiment en fait. Il était face à l’inconnu et souvent le premier réflexe est de mordre, d’attaquer. Il était sans doute inquiet de ce que cela signifiait pour nos héritiers à venir. Ses craintes, je ne pouvais pas les apaiser. Car d’une part, je ne les partageais pas. Et d’autres part, parce qu’elles n’étaient pas miennes. Seule la volonté des Dieux en décidera. Ils peuvent les faire Dragon, ou Humain. Leur destin n’est pas entre mes mains. Mais je l’espère. Je l’espère car la pensée d’être le dernier Dragon sans aile me terrifie. lui avouais-je sans détour, sans honte. Je ne pouvais être dernière Targaryenne. Je ne pouvais laisser ma maison disparaitre, ni même cet héritage que je chérissais tant. Ebrion senti mon changement d’humeur et s’agita autour de mon cou. Je posais ma main sur lui et lui souffler doucement quelques mots d’apaisement en valyria. Il mordilla légèrement mon doigt, par affection et non pas défiance ou colère, puis s’entortilla de nouveau jusqu’à ressembler à un collier qui se soulevait légèrement à ses inspirations et expirations.

Torrhen n’était pas à l’aise. Je m’en rendais bien compte, mais je n’y pouvais rien. J’étais ce que j’étais et il n’y avait rien qui pouvait le changer. Je ne le voulais pas d’ailleurs. Ses rites et croyances étaient différents des miens et il y voyait surement un choc de culture, un problème peut être même. Je ne lui en voulais pas, mais j’attendais de lui la même compréhension que j’accordais aux anciens dieux. Je m’étais renseigné sur eux, et j’avais appris à les connaitre. En Westeros, les religions semblaient s’opposaient. Ce n’était pas mon cas. Je les accueillais tous, sans en renier une seule. Elles se complétaient parfaitement et se retrouvaient sur bien des points. Les dieux n’avaient jamais demandé à être ainsi mis en concurrence. C’était le produit des hommes et c’était… Stupide, oui c’était stupide. Comment renier les dieux valyriens alors qu’ils m’avaient fait dragon, et me parlaient ? Comment renier les sept que j’avais appris à prier et qui guidaient également mes pas ? Non je m’y refusais. Je respecte tes croyances depuis que mes pieds ont foulé ton royaume. Je n’ai encore toute la connaissance qui est tienne mais j’ai appris à les connaitre Torrhen. Je reconnais leur existence, leur importance pour les tiens et ta personne. Et ils sauront être aussi importants pour moi. Je laissais passer un silence et ajoutais Cependant je ne renierais pas mon héritage, mon éducation, mes croyances. Je suis profondément convaincu qu’ils peuvent tous nous guider et veiller sur nous. Nous pouvons tous les vénérer sans pour autant en exclure. Je suis une enfant des Dieux Valyriens, leur élu. Ils s’adressent à moi. Une fois je n’ai pas pris garde de leurs avertissements et j’ai perdu mes aînés. Je ne reproduirai pas cette erreur. Ils font partie de moi. Tout comme les sept font partis de mon héritage. Je ne renierais aucun d’entre eux. Et il reste la place nécessaire dans mon âme et mon cœur pour les anciens Dieux. Je suis profondément persuadée que nous sommes leurs enfants. Ils guident nos pas et si nous sommes victorieux c’est parce qu’ils le désirent, tous, et peu importe le nom qu’ils peuvent porter. J’étais encore une fois sincère et entière. Je ne saurais être autrement. Il était honnête, et je l’étais aussi.

Il me tendit un document qu’il avait amené avec lui et je me penchais dessus pour le lire. Je pris le temps de parcourir plusieurs fois, décortiquant ce qui avait été couché sur parchemin. Je n’étais pas la plus expérimentée dans le domaine, et il me faudrait le soumettre à Baâl avant d’y apposer ma sigjature. Cela me parait bien. Pour l’heure, c’est on ne peut plus convenable, mais je le soumettrais lorsqu’il sera fini à Ser Forel. J’aimerais que nous ajoutions un point, qui est essentiel pour moi. Je veux que cette constitution pose la protection et le respect des Dragons. Ils font partis de ma personne et ne saurais accepter qu’on puisse leur faire du mal, peu importe les royaumes concernés.





Combien de civils dans les villes et campagnes ne font pas partie des convois qu'on épargne. Mon parcours coupe court au vol malsain des vautours. Depuis des décennies c'est le même phénomène. Mais pour la veuve et l'orphelin il faudrait lever l'ancre. On rêvait de donner plein de coups dans la vie, nous n'avons que des ecchymoses. J'ose te le dire, j'veux pas qu'mon monde brûle. Voilà pourquoi le soir sous la lune avec les loups je hurle.

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MessageSujet: Re: Le bleu que je préfère.   Mer 18 Jan - 23:14


Je constate presque immédiatement que mes mots touchent Rhaenys. Je sais que cela la heurte, mais je n’avais tout simplement pas d’autres mots pour penser à cette éventualité. Faculté, c’était ce que je pensais le plus approprié, même si cela ne rendait pas justice à la stupéfaction que j’avais ressentie en assistant au phénomène d’hier soir. La jeune femme me dit qu’il n’y a rien de sûr là dedans. Elle fait toutefois la distinction entre dragon et humaine, se considérant véritablement comme le premier des deux. Elle avilit le sang de sa lignée avec un humain ; même si ce sacrifice ne semble pas lui porter atteinte, il n’empêche que je sais depuis un moment qu’elle eut préféré s’unir avec l’un des siens, qu’avec un étranger qui ne partageait rien de son univers, hormis la souffrance et la mort. Je comprenais toutefois sa crainte. Je partageais la même ; serais-je le dernier véritable Loup que cela hanterait mes nuits. La crainte de voir ma fille subir les affres de son envoi dans un autre pays, et mes fils mourir du fait de mes choix, était terrible à supporter, pour moi.


| Je peux comprendre et je partage tes inquiétudes. Ne t’en fais pas. Si tout se passe bien, tu ne seras pas la dernière de ton sang, même si j’ai bien peur que le sang des loups soit puissant, lui aussi. |


Nous enfantions des bruns depuis la nuit des temps, des hommes frêles dans leur jeunesse, qui finissaient par devenir larges d’épaules, grands pour la plupart. Nous avions su préserver notre lignée au fil du temps, du risque de l’absence d’héritiers. Tous les moyens étaient bons pour cela, dans l’Histoire, on en oubliait les horreurs qui avaient permis, à l’occasion, d’assurer cette pérennité. La jeune femme m’assure de son respect pour nos vieilles croyances nordiennes. Mais elle ne les sentait pas. Pas encore. Cela ne pouvait qu’avoir lieu sous le regard d’arbres-cœurs, je le savais bien. Il fallait que je lui montre, que je lui fasse comprendre. Sans cela, elle ne saisirait jamais vraiment à quoi ni à qui elle allait s’unir. J’espérais que cela lui fasse la même impression que ce que j’avais vu hier soir, mais cela n’avait rien d’aussi spectaculaire ; ni débauche de flammes, ni grands brasiers ardents. Je hoche la tête.


| Je te respecte pour cette ouverture. Je puis apprendre à connaître les tiens, à les respecter. Ne me demande pourtant pas de les aimer ; la sève de mes dieux coule dans mes veines, depuis le tout premier des Stark, qui fut choisi par eux pour nous protéger des Autres. Les Stark sont indissociables des Anciens Dieux. Les miens n’ont pas le pouvoir d’éveiller de si grandes créatures que les dragons. Mais ils donnent des visions sur l’avenir, sur le passé, sur la seule vérité qui existe. Ils nous protègent. Ils ont béni ce Mur qui nous garde du plus grand des périls. Tu n’en as pas conscience car tu ne l’as pas vu. Le Mur. C’est quelque chose de formidable, la plus grande construction des Hommes. Ils m’ont déjà parlé, aussi. J’en suis certain. Ils m’ont guidé. C’est leur voix que j’entendais dans ma tête, quand cette flèche sauvageonne faillit me prendre la vie, il y a quelques mois. Oeuvrons ensemble. Oeuvrons pour nos Dieux. Je ne te demande pas de renoncer aux tiens ; mais je te demande de faire en sorte que dans le cœur de nos hommes il n’y ait nul doute que tu crois à la même chose qu’eux, même si tes propres rites leur paraissent étrangers. |


La jeune femme se saisit de mon papier et commence à le lire. Cela prend un moment, moment pendant lequel je la regarde. Si jeune. Tant de poids déjà sur ses épaules. Elle me rappelle, parfois, ce jeune homme idéaliste que j’étais quand j’eus accédé au trône. Mais non. Je n’avais que quinze ans à l’époque. Et j’étais bien plus mauvais que ce qu’on pourrait imaginer aujourd’hui. Je hoche la tête à sa requête.


| Cela me semble acceptable. Peut-être chacun des signataires pourrait-il s’engager à tenir en état un endroit en ses domaines réservé à tes… Collatéraux ? |


Je la regarde, un peu plus intensément que précedemment.


| Si nous arrivons à nous assurer la position ferme et définitive du Tully, plus nos autres alliés et soutiens, nous pourrons nous déclarer. Lors de notre union. Veux-tu m’épouser ici, sur cette terre de première conquête commune, ou poursuivons-nous notre route ? J’ai déjà préparé à l’avance ce dont nous avions besoin. |


J’étais avant tout un planificateur. Je savais trouver les bons outils et les vouer aux bons ouvrages, tout comme trouver les bonnes personnes pour les accomplir. Je savais organiser. Mais il y avait des choses qui ne se décidaient, qui ne se faisaient qu’à deux.




"Il est le Roi-Loup de Winterfell, un souverain qui a passé plus de jours à la guerre que chez lui. Un homme déterminé, vétéran de nombreuses campagnes. On le dit décidé à combattre Harren le Noir jusqu'au bout, modernisant son royaume, développant son armée. Le Loup chemine vers le sud à la tête de ses troupes, laissant dans son sillon des torrents de sang. Et pour ceux qu'il y aura sur sa route, l'Hiver vient."



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MessageSujet: Re: Le bleu que je préfère.   Sam 28 Jan - 23:01






Paege

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J’adresse un léger sourire au Roi lorsqu’il m’indique que, si le sang du Dragon est fort en moi, le Loup l’est tout autant en lui. De cette fusion naîtra nos enfants. Cela pourrait m’indiquer, mais ce n’était pourtant pas le cas. Je savais que les Dieux veillaient sur moi. Ils ne m’auraient donné Ebrion sans cela. Les Targaryens ne sera pas une maison éteinte, jamais, et je ne serais pas éternellement sa dernière représentante. Gageons nous alors que notre descendance sera forte. J’étais sincère. J’étais convaincue que nos différences, et les héritages que nous portons ne seraient pas un fardeau, bien au contraire.

Il en était de même avec les Dieux en lesquels nous pouvions croire l’un l’autre. Je respectais les cultes de Torrhen et j’étais prête à m’y intéressée. J’avais profité de mon voyage dans le Nord pour me renseigner sur eux, et apprendre doucement à les connaitre. Je ne pouvais pas tous les nommer, ni même indiquer quelles étaient leurs prérogatives mais cela viendra avec le temps. Je ne pouvais m’y consacrer pleinement alors que nous avions une guerre à mener. Les dieux n’ont que faire d’être aimés. Cela les indiffère. Le respect, voilà ce que nous leur devons et ce qu’ils exigent. Lui assurais-je avant d’ajouter. J’aimerais le voir. J’aimerai voir le Mur, de la terre, mais aussi du ciel. Me le permettras-tu ? lui demandais-je. S’il n’était pas d’accord alors j’y renoncerais même si j’en avais grandement envie. J’avais toujours rêvé de voyage, d’évasions. J’aimais découvrir de choses nouvelles, de nouveaux paysages, de nouvelles contrées. La guerre me poussait à rester à terre, alors que je désirais tant m’envoler sans réelle destination, pour le simple plaisir de le faire. Je ne mentirais pas Torrhen. Je ne tromperais pas non plus. Je ne suis pas ainsi, et je me refuse à le devenir. Je respecterais tes croyances et tes coutumes. Je continuerais à les apprendre, et à les faire mienne. Mais je ne prétendrais pas ce que je ne pense pas. Je m’y refusais et il n’y avait nullement débat sur ce point. C’était une limite que je ne franchirais pas. J’étais prête à bien des choses, mais pas à renier totalement celle que j’étais, et encore moins cette idéale que j’incarnais. Je ne serais pas hypocrite. Ni hier. Ni maintenant. Ni demain.

Je récupère le morceau de papier que l’homme me tend et le lis avec attention. Je prends le temps qu’il faut pour cela, sans me précipiter. Ce n’était pas un sujet sur lequel on pouvait se permettre une lecture en diagonale. Les mots me parlent c’est indéniable et ils me semblent être en accord avec ce que nous voulions. Baâl et mon conseil retreint devront aussi y adhérer et le lire avant que je ne le signe. Ils étaient de bons conseils et j’avais confiance en eux. S’il y avait des failles, des sujets à controverses, ils les trouveraient. Plus âgés que moi, plus expérimentés également, ils étaient bien mieux placés que moi sur ce point et je le reconnaissais. C’était une faiblesse que j’avais, mais je que comblais grâce à eux, le temps d’être capable de l’effacer totalement. J’avais encore tant à apprendre sur mon rôle de Reine et mes devoirs, tant de choses… Parfois j’avais l’impression de ne pas en voir le bout. Heureusement j’étais bien entourée et ils me portaient quand j’en avais besoin. Sans eux, je ne serais qu’une petite reine de pacotille. Je propose en attendant une clause qui n’est pas négociable à mes yeux et qu’accepte le Roi du Nord. Ce serait en effet une bonne chose. Je dirais plusieurs mêmes. Ainsi, il ne sera jamais possible de prévoir où ils sommeilleront exactement et donc de leur porter préjudices. Et ils pourront aller à leur guise d’un endroit à un autre. Je préférais être trop prudente que pas assez. Il n’y avait qu’à Peyredragon qu’ils seraient en sécurité totalement. Pour autant, je ne laisserais pas Meraxès et Ebrion derrière moi si je devais voyager. Ce n’était pas envisageable. Nous sommes chacun une partie de l’autre et une chevaucheuse ne saurait se passer de son dragon. Je pense qu’il serait plus sage de nous marier ici… Dans un premier temps tout du moins. Dès que nous le pourrons, nous célèbrerons notre union à Peyredragon. Je ne saurais priver mon royaume d’un tel évènement. Et nous en ferons de même sur tes terres. Informons notre peuple que la guerre nous empêche de le faire dès à présent, mais que c’est là notre volonté. Il est important qu’ils sachent que nous n’oublions pas nos terres, nos rites, nos coutumes. Lui affirmais-je avec conviction, avant de lui dire. Ce dont nous aurions besoin ? Tu m’intrigues Torrhen. Je n’ai rien préparé pour ma part, et il nous faudra attendre plusieurs jours que ma Servante puisse me confectionner quelques tenues. Je ne voyage pas en temps de guerre avec une robe de noce. lui dis-je en rigolant.




Combien de civils dans les villes et campagnes ne font pas partie des convois qu'on épargne. Mon parcours coupe court au vol malsain des vautours. Depuis des décennies c'est le même phénomène. Mais pour la veuve et l'orphelin il faudrait lever l'ancre. On rêvait de donner plein de coups dans la vie, nous n'avons que des ecchymoses. J'ose te le dire, j'veux pas qu'mon monde brûle. Voilà pourquoi le soir sous la lune avec les loups je hurle.

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MessageSujet: Re: Le bleu que je préfère.   Sam 28 Jan - 23:38

La jeune femme me sourit alors que je lui dis que le sang du dragon est fort en elle. Avant la veille au soir, je n’aurais sans doute su dire combien. Mais maintenant… Cela s’imposait à moi comme l’évidence. Elle ETAIT le sang du dragon, au sens véritable. C’était incroyable comment certains mots prenaient tout leur sens après coup. J’étais le Loup, oui, c’était bien commode. Mais on ne pouvait le savoir que si on se retrouvait dans le rôle de ma proie. Lorsque ma Meute encercle l’ennemi, la cerne de ses aboiements, de ses jappements, et hurle avant la curée finale. C’était exactement la même chose pour Rhaenys. Elle n’était pas comme nous autres, nordiens. Cheveux d’un blanc si pur qu’il en était presque virginal, inédit au sein de l’Humanité, et elle avait les yeux d’un violet si clair et si pur lui aussi, que sous ces deux aspects elle n’était absolument pas semblable au commun des mortels, physiquement parlant. Elle évoque notre descendance. Cette perspective est louée pour ce qu’elle est ; la continuité de nos liens, la consécration de notre alliance. Rhaenys et moi devons en passer par là pour donner corps à nos projets. Pas pour construire un héritage en soi, mais pour donner de la solidité aux liens qui unissaient nos royaumes. Une nouvelle génération de loups. Aux yeux violets, peut être, et au pelage blanc. Quel drôle d’assemblage, au regard des Dieux. Mais les choses étaient sans cesse amenées à évoluer.


Je secouais la tête aux paroles de ma future reine. Il y avait une nuance importante.



| Le véritable dévouement vient de l’amour. Plus que de la parole, encore, et les Dieux savent qu’elle est importante chez nous autres, Stark. Tu dois déjà le savoir. Tes hommes t’aiment déjà. Comme leur mère. Comme leur sœur, qu’ils protègent et qu’ils révèrent. C’est un puissant atout politique. Une bénédiction, mais aussi une malédiction pour les chefs qui vivent parmi ceux qu’ils font tuer. |


C’était pareil au sein de mes troupes, où j’avais trouvé bien plus de récompenses qu’au sein de ma propre famille. Combien de mes hommes jadis, me considéraient comme un frère d’armes, compagnon de combat ? Aujourd’hui, l’âge et la distance faisaient que j’étais plus leur père que leur frère, mais la loyauté n’en était que plus forte. Un frère fait parfois naître la rivalité. Le père impose le respect, la marche à suivre. Je hoche la tête.


| Ma future s’engage à être mon égale, ma partenaire. Sa défense t’incombera autant qu’à moi. Quand la paix reviendra au sud, tu pourras le survoler et le visiter autant que tu veux. Mais je te préviens ; c’est le lieu le plus austère qu’y soit, car si au-delà il n’y a nul espoir, il n’y en a guère plus à le tenir. Mais les Stark le font… A La-Mort-Aux-Loups, je me suis presque fait tuer pour combattre les ennemis de mes cousins de la Garde. |


Responsabilité éternelle, qui pourtant, échappait de plus en plus aux jeunes générations. Mon père disait que son propre grand-père tenait une garnison de mille hommes de Winterfell en sus de six mille âmes pour défendre le Mur. Aujourd’hui, ils étaient moitié moins nombreux. Rhaenys promit de respecter mes croyances, les apprendrait. Mais elle ne prétendrait pas. Je lui faisais alors une promesse.


| Alors il m’appartient de te faire croire. | conclais-je simplement, sur le ton de l’évidence.


La jeune Reine convint de mon idée concernant ses reptiles, et ceux, qui, prochainement, formeront notre descendance. Drôle d’idée. Moi qui m’était déjà à peine fait à l’idée d’avoir la mienne, presque vingt ans après. Paradoxalement, je me sentais parfois si jeune que l’idée d’avoir des enfants et un héritage à transmettre m’était risible, alors qu’à d’autres moments je me sentais si las et si vieux, que je ne pensais pas voir encore plus d’un ou deux hivers. Une vie bien remplie. Voilà ce qui caractérisait les règnes qui en valaient la peine, d’après le paternel. La Reine convint de nous unir ici. Herpivoie disposait encore d’un sanctuaire, dans la cour du castel, dominant les flots du fleuve. Je méditais un instant, avant d’en convenir.


| Ici, alors. Mais vite. Nous ne pouvons pas attendre plus longtemps. Quand les Hoare auront appris de leurs erreurs et que nous aurons joué nos atouts, ils recomposeront leurs forces. Nous devrons progresser rapidement, avant que l’Hiver ne vienne pour de bon. |


Parce que Lord Herpivoie avait reçu le corbeau blanc, synonyme d’hiver. L’automne était sur nous. Les pluies, les vents, les crues de fleuve. Nous devions progresser pendant que ce serait possible. Je souris aux paroles suivantes de ma promise.


| Je l’ai faite faire sur la route depuis Blancport, par des tisserands de la division du Sud-Est, qui travaillent les meilleurs étoffes que le Nord voit transiter via son principal port de commerce. Je suis quelqu’un de prévoyant. Et j’avais quelques idées, même si je ne sais pas dessiner, d’autres savent le faire pour moi. J’ai aussi ce qu’il faudra, point de vue nordien, pour rehausser plus encore tes attraits. Si tel est ton souhait, nous pouvons nous marier dans la semaine. Et je pourrais tenir toutes mes promesses. |


La cérémonie. Les noces. La Première Nuit. La guerre. Le futur.



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MessageSujet: Re: Le bleu que je préfère.   Lun 20 Fév - 21:28






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Je réfléchissais un instant à ce qu’avançait le roi du Nord. Puis j’acquiesçais d’un léger signe de tête. A mon sens, le respect était la base de tout. Mais il n’avait clairement pas tort en indiquant que l’amour pouvait soulever les foules, et les animer. Il me faudrait y penser plus longuement. Mais plus tard.

Je fis un sourire sincère quand Torrhen m’indiqua qu’il me serait possible, plus tard, de voir le mur et de le survoler. Je l’avoue, cela me rendait très heureuse. J’avais toujours rêvé de voyager, et de découverte. Et le Mur était l’un des endroits que je rêvais de voir. Et comme il venait de le souligner, cela fera partie de mes prérogatives de le défendre. Et pour se faire, j’avais besoin de le connaitre, et de connaitre les gens qui lui avait voué sa vie. Je balayais d’un léger geste de la main ses mise en garde et lui répondais L’austérité ne me pose aucun problème. Je suis chevaucheuse de dragon. J’ai déjà parcouru de nombreux lieux en des temps très courts. J’ai déjà dormi plus d’une fois à même le sol, et sans bénéficier de tout ce confort qui nous entoure. Non, cela ne sera pas un problème. Et pour ce qui est de l’espoir, je ne suis pas d’accord avec toi. Au contraire, le mur est un espoir. Il protège Westeros depuis toujours, et doit continuer à le faire. Il nous apporte la sécurité, et sans lui nous n’aurions pas d’avenir. Et j’étais assez érudit pour le savoir. J’avais lu de nombreuses livres à ce sujet. Mon mestre m’avait souvent indiqué qu’ils n’étaient pas tous fiables et je voulais bien le croire. Cependant il y a des choses qui ne peuvent s’inventer. De ça j’en étais certaine. Le mur avait été construit dans le but de protéger Westeros. CA, je ne l’oubliais et ne l’oublierai pas.

Je lui répondis par un léger signe de tête quand il conclut le sujet des Dieux. J’avais été sincère une fois de plus avec lui et il me comprenait en retour.

Nous évoquâmes mes magnifiques dragons et leur sécurité. J’étais assez touchée que Torrhen puisse lui aussi se préoccuper d’eux. Il ne possédait aucune affinité avec eux, mais comprenant que cela était important pour moi, il s’en souciait, me proposait des solutions. Ils seront l’héritage de nos enfants à venir, un héritage conséquent et rempli de responsabilité. Je me savais apte à le transmettre, mais sans le soutien du Roi du Nord, cela aurait bien difficile.

J’acceptais évidement que nous nous marions ici. Il était temps que nous consolidions un peu plus notre alliance et que nous dévoilions à tous les intentions qui sont les nôtres. Nous ne sommes pas notre ennemi. Nous ne sommes pas traitres. Nous ne sommes pas fourbes. Alors nous ferons ainsi. lui dis-je sur un ton déterminé. De toute manière, nous avions déjà accepté l’idée de nous épouser l’un l’autre et nous étions arrivés à un terrain d’entente depuis plusieurs semaines maintenant. Je fus cependant étonnée qu’il veuille s’en occuper intégralement. De manière générale, c’était là quelque chose que l’on attribuait facilement à la gente féminine. Je l’avoue, cela était plutôt plaisant, car révélateur d’une grande implication de sa part. Il me tarde alors de la découvrir, soit en certain. Je ne saurais cependant te rendre la pareille. Pour l’instant en tout cas. Soit certain que je saurais t’épater sur ce point moi aussi lorsque cela venu le moment de nous prendre pour époux et épouse sur mes terres. Je m’approchais de lui et déposais un léger baiser sur sa joue, tout en posant ma main sur Ebrion pour ne pas qu’il soit tenté par quoi que ce soit concernant l’homme. Et je saurais te les rappeler, tes promesses, soit en certain. lui répondis-je malicieusement avant de m’éloigner pour aller me servir une coupe d’eau et l’avaler doucement. Je me dirigeais ensuite devant le foyer de feu, et m’asseyais sur l’une des couvertures qui se trouvait à proximité. J’écartais les jambes et les posais à terre de telle manière à former un espace avec, un espace clos dans lequel je posais le jeune dragon. Mes pieds se trouvaient, pour leur part, dans les flammes, qui les léchaient sans les blesser.






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