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Et l'Aube s'en fut, laissant le Soleil veiller. [PV Deria]
MessageSujet: Et l'Aube s'en fut, laissant le Soleil veiller. [PV Deria]   Dim 18 Déc - 14:29

Les lourdes bottes de métal claquaient sur le sol du palais Martell, les jointures de l’armure crissant à mesure que leur propriétaire progressait au milieu des tentures et des serviteurs s’écartant sur son passage, quelques servantes esquissant un salut timide ou plus prononcé, voir provoquant suivant leur personnalité, avant de poursuivre leur chemin en une moue indignée quand elles ne récoltaient même pas un regard de leur chevalier pourtant si charmant et prompt à un sourire intéressé ordinairement. Cependant, ce jour n’était pas ordinaire, justement. L’arnachement complet lourd, très rarement porté à Dorne ainsi que le plastron frappé de mauve qui affichait fièrement ses couleurs, Aube tambourinant sur la cuisse de son porteur ne pouvait signifier qu’une seule chose : Robert Dayne partait en campagne. Désormais rétablie et plus tenue par aucun service de représentation, l’Epée du matin avait à cœur de rejoindre les troupes déjà engagées et noyer ses chagrins personnels dans le sang.

Il lui avait fallu deux jours complets pour se remettre de la saoulerie abominable qu’il s’était infligé lors du mariage de Deria et de son Baratheon. L’espace d’une soirée, tous ceux l’ayant connu plus jeune, à l’aube de ses dix-huit ans, auraient pu jurer avoir entre-aperçu le démon de ses excès. Il était connu pour être un bon vivant, un jouisseur, mais à ce point, qui menaçait de le faire passer pour un poivrot fini, c’était du jamais vu depuis de nombreuses années. On avait supputé à l’envie sur sa joie de voir une amie d’enfance mariée, sur son probable prochain départ pour le front et donc une envie de faire la fête dignement une dernière fois, de s’enivrer pour oublier qu’il y aurait un lendemain douloureux et sinistre. Et pourtant … Rien de tout cela n’était vrai. Non, Robb avait bu, mangé, forniqué plus que de raisons parce que voir sobre la cérémonie avait été au-dessus de ses forces. Alors, quitte à passer pour un imbécile, son lot quotidien, il avait décidé de l’être jusqu’au bout, et de se jeter dans la boisson comme le pire des ivrognes. Il avait beuglé des chants paillards plus forts que les autres, participé à moult danses plus exotiques les unes que les autres, hurlé des toasts tonitruants et enthousiastes aux mariés, agrémentés de commentaires salaces de bon aloi, avant de laisser ses mains traîner sur les femmes consentantes des environs et de finir par tirer une toute autre épée avec une beauté dont il ne se souvenait même pas le nom, au milieu des vapeurs et brumes délicieuses de l’alcool. Evidemment, personne ne pouvait deviner le profond vague à l’âme qui l’emplissait, alors qu’il se souvenait avec affection et nostalgie de moments agréables passés en compagnie de la mariée … Il savait que ces temps étaient finis. Les mœurs dorniennes étaient certes légères, mais la plupart des couples se mettaient d’accord au préalable pour définir leur degré de fidélité. Jamais Deria ou le Baratheon ne prendraient le risque de voir entachés la lignée Martell de bâtardise supposée … Et lui-même, au plus profond de son cœur, celui du fidèle chevalier au loyalisme fanatique, n’aurait pas supporté d’être une menace pour le trône qu’il servait. Il était temps de grandir, d’abandonner ce qui n’avait plus à être … Quand bien même il souffrait secrètement à cette idée, trop attaché à une liaison de plus de cinq ans pour l’abandonner sans regrets d’un passé insouciant et meilleur. Alors, finalement, la guerre venait à point. A défaut de vin, il pourrait se gorger de tripes et de sang, et se venger de l’affront fait à Lancehelion, aussi bien envers Dorne qu’envers sa propre personne.

Cependant, il lui restait une ultime tâche à accomplir avant de retrouver Anders et de seller son cheval. Deria l’avait fait mander, sans doute pour parler de leur départ, de la route à emprunter et des ordres à transmettre une fois arrivés sur place. La Princesse saluait son chevalier avant la bataille. C’eut pu être romantique, si ce n’avait pas été totalement désespérant. Arrivé devant ses appartements, Robb écrasa son gantelet de mailles sur la porte en bois, signalant son arrivée. Un instant plus tard, on lui ouvrait, et il pouvait pénétrer dans un endroit qu’il ne connaissait que trop bien. Une nouvelle fois, les regrets le submergèrent, et il s’efforça de les chasser sans y parvenir totalement. Que ce serait-il passé s’il avait osé ? Si, plutôt de se complaire dans son statut de troisième fils, dans sa lâcheté, il avait été plus loin ? Si finalement, il avait eu cette ambition qui lui manquait toujours cruellement, tant en politique que dans ses propres affaires personnelles ? Il n’aurait su le dire. Peu importait. Il savait pertinemment qu’il n’aurait jamais eu l’audace de ses proposer personnellement, et se demandait sincèrement s’il l’aurait voulu. Sans doute pas. Ce constat sans concession n’empêchait pourtant pas la pointe de jalousie morbide de mordre son cœur tandis qu’il contemplait une mariée aussi royale que radieuse.

« Princesse … Vous m’avez fait mander ? »

Avant d’ajouter, osant un sourire un peu faux, et en même temps si sincère :

« Si c’est pour me demander de surveiller Anders, je doute d’en être capable. Je lui ai tout appris, il surpasse largement son maître, tu sais. »

La distance … n’avait tenu que l’espace d’une phrase. Il n’y arrivait pas, tout simplement. Malgré tout, il ne pouvait forcer sa nature, ni l’affection profonde qui le liait à tous les Martell, y compris la Princesse. Tant pis. Mieux valait vivre dans la douceur du passé et se préparer pour l’avenir que s’enfoncer dans les affres du ressentiment sans espoir d’en sortir un jour.


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MessageSujet: Re: Et l'Aube s'en fut, laissant le Soleil veiller. [PV Deria]   Mer 4 Jan - 22:16

Il fallait bien que les réjouissances prennent fin, même pour un mariage princier. Pourtant, la cérémonie avait été parfaite, et la soirée, et le lendemain, s’étaient tout aussi impeccablement passés. Il n’y avait eu nul drame comme j’avais pu silencieusement le redouter, et mise à part quelques hommes trop avinés, il n’y avait eu nul esclandre. J’en remerciais les Dieux encore maintenant. J’avais tellement eu peur qu’il se passe quelque chose, qu’à nouveau une quelconque catastrophe chamboule à nouveau mes terres. Etant la première concernée, et sans doute ciblée, cela pouvait paraître bien égoïste, mais dans l’absolu, cela n’était pas réellement le plus important, de savoir qui pourrait être touché. Malgré tout, j’étais la princesse, je représentais le royaume, s’il m’arrivait quelque chose, d’autant plus sans véritable héritier… Non, nul dornien n’accepterait que la reine Durrandon mette la main sur le royaume, pas plus que mon tout nouvel époux, même si lui avait déjà fait quelques preuves devant mes soldats. Mais tous s’étaient admirablement conduit et la sécurité suffisamment renforcée pour que nous n’ayons rien à craindre en vérité.

Je soupire en fermant les yeux. Le mariage avait été consacré, la nuit de noce célébrée et je me sentais plus sereine, voire heureuse, que je ne l’aurais imaginé. Certes, cela se passait plutôt bien avec Orys, maintenant que nous étions parvenus à discuter davantage sans hurler… même si cela arrivait encore parfois. Nous apprenions à composer ensemble, et ma foi, c’était aujourd’hui plus qu’agréable de pouvoir échanger et passer du temps avec lui. Mais cela n’aurait suffi à me rasséréner ainsi, même s’il se révélait également précieux au Conseil auprès des miens, qui apprenaient à le connaître et commençaient à reconnaitre, lentement, qu’il pouvait peut-être être d’une quelconque utilité au vu de ses connaissances en stratégie et espionnage.
La guerre était partout, certains nobles me poussaient, tout comme certains généraux, à attaquer le Bief. Mais les armées qui nous entouraient, qui entouraient nos Montagnes étaient composées de croisées et de chevaliers lourds. Et malgré leur envie, leur besoin, ils devaient bien admettre que nos soldats, légers et rapides, ne feraient jamais le poids face à un tel adversaire en bataille rangée. Et comment penser les prendre à revers ou autres alors qu’ils sont si nombreux face à nous ? Je sais, tout comme eux, qu’ils ne passeront pas par les Montagnes. Qu’ils vont se joindre aux fer-nés et… ravager les côtes de Dorne… Et je ne pourrais malheureusement rien y faire. Ou presque. Protéger les Météores, protéger les fleuves, les empêcher de remonter et de couper le pays en deux dans le pire des cas, cela je le pouvais. Mais les côtes sont trop vastes pour réellement agir… Sans parler au nord de l’Orage…

Une fois de plus, je passe la main sur mon ventre, réflexe stupide s’il en est, et j’inspire, me retrouvant avec un léger sourire aux lèvres. Tout ira bien. Il le faut de toute manière.
Et Robb part, parce que je l’envoie aux Météores, chez lui… Pour les défendre, mais également pour accompagner Anders. Il faut que le peuple et les nobles se rendent compte que nous sommes là, que les Martell ne se cachent pas. Et autant dire qu’Anders est plus que ravi de pouvoir se rendre utile et de pouvoir prouver ce qu’il vaut. Comme si je ne m’inquiétais pas assez pour Roward, il va me falloir prier le Guerrier pour mon autre frère également… Et pour Robb… Soit, pour tous mes hommes et pour mon royaume, mais ne nous leurrons pas, cela n’a rien à voir, malgré ce que je peux en dire.
Mais une fois de plus, je ne sais si je prends la bonne décision. Enfin, de toute manière, tout finit par se savoir, n’est-ce pas ? Surtout ce genre de chose. Et Orys est déjà au courant, c’est le plus important non ?

Je sursaute alors qu’on frappe à la porte de mes appartements, avant de secouer la tête pour calmer mon cœur. Je fais signe à Célène qui va ouvrir, le laissant entrer avant de s’éclipser en nous laissant seuls. Et cela, je me dis que c’est une mauvaise idée. Nous n’avons jamais été fort sages lorsque nous étions seuls. Même si là en l’occurrence… Je le détaille de pied en cape. Armure lourde pour voyager dans les déserts ? J’espère que c’est uniquement pour indiquer à tous qu’il rejoint la position que je lui ai donné, ou pour montrer son mécontentement, ou que sais-je, et qu’il se changera rapidement… Il va cuire sur place sinon. Je me tends malgré moi quand il reprend mon titre et me vouvoie. Oui, j’aurais dû m’en douter. Il n’empêche que cela fait tout de même mal. Mais j’en suis responsable, je ne devrais point m’attacher, je le sais bien, je l’ai toujours su.
Je le dévisage, lui et son sourire tronqué, et j’esquisse un sourire malgré tout alors qu’il poursuit.

« Mais tu le feras tout de même, non parce que la princesse te sollicite, mais parce que c’est ton ami… et que moi, je te le demande comme un service. »

Nuance subtile, mais importante, quand bien même il refuse de le voir.

« Tout comme tu feras attention à toi et ne feras pas de sottises inconscientes…. N’est-ce pas ? »

Je fais un pas vers lui en parlant, les yeux toujours rivés aux siens, avant de stopper et d’incliner la tête en l’interrogeant. Mais ce n’est pas comme s’il était réputé pour être emporté… Je secoue la tête, souriant pour de bon, même si une pointe de tristesse y est cachée, avant qu’il ne disparaisse quand je me fais un peu plus sérieuse.

« Je ne devrais pas, je suis la princesse de Dorne et c’est bien là la dernière chose à faire je le sais, mais… Je ne suis pas que ce titre et tu es bien placé pour le savoir… » J’inspire et le fixe à nouveau. « Je suis désolée. Même si nous savions parfaitement à quoi nous en tenir… Je suis désolée Robb…
Mais il faut malgré tout que nous parlions. »


Que cela se passe ainsi. Pour tout. Je ne sais pas trop en vérité. Mais je sais que si ce n’est déjà pas facile pour moi, cela ne doit pas l’être davantage pour lui. Ou peut-être que je me fais des idées. Et il faut que je l'informe de plusieurs choses quoiqu'il en soit.



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MessageSujet: Re: Et l'Aube s'en fut, laissant le Soleil veiller. [PV Deria]   Mer 18 Jan - 19:04

« Ah non. Permets-moi de te corriger Princesse, je le ferais parce que sinon, Arianne m’étripera à mon retour. Et toi aussi en fait. Il en va donc de ma survie.

Quant à moi … Ce ne sont pas trois paysans et deux marins d’eau douce qui vont m’abattre.»


Bravache, stupide et déjà trop proche. Deria s’était approchée, et malgré les lourds kilogrammes que pesaient son armure, Robb avait déjà jeté aux orties ses promesses d’être distant, de se cantonner à son rôle de chevalier servant prenant ses ordres et partant au combat. Que sa Princesse lui parle de leur amitié, lui adresse ce regard désolé et il oubliait ses bonnes résolutions. Il ne voulait pas qu’elle se sente coupable, qu’elle considère qu’il ne la voyait que pour ses titres, qu’il y ait ce froid entre eux. Il se l’était juré, et ne pouvait s’y tenir. Pathétique, n’est-ce pas ? Mais l’Epée du matin n’avait jamais su résister aux femmes Martell, et ne supportait pas de leur causer du tort. Alors, tant pis. Mais on ne pourrait pas lui reprocher de ne pas avoir essayé … Cinq minutes au moins. De toute façon, peu importait. Il n’avait jamais été crédible dans le rôle du preux détaché et uniquement préoccupé de son devoir. Il aimait la vie, les femmes, la fête. Il aimait la passion, détestait les conventions, haïssait les pisses-froids et les procéduriers. Dornien jusqu’au bout des orteils, il se moquait de ce qui aurait dû être, ne pensant qu’à ce qu’il désirait, qui faisait bouillir son sang, échauffait son corps. Ce n’était pas raisonnable. L’avait-il jamais été?

Sa main gantée se cala sur la joue de la jeune femme en face de lui, veillant à ne pas la blesser, et doucement il se rapprocha, leurs souffles bientôt mêlés, les cliquetis de son armure formulant quelques protestations face à ce geste tandis que l’épée à sa ceinture glissait dans son fourreau pour s’approcher dangereusement du sol. Doucement, il se pencha et murmura entre ses lèvres :

« Je sais. Et je ne suis pas désolé. »

Il l’embrassa, sans toutefois y mettre sa passion ordinaire, essentiellement parce qu’il aurait eu du mal à se mouvoir dans son armure, et qu’il l’avait précisément revêtu dans ce but, pour ne pas être tenté comme il l’était constamment lorsqu’il se trouvait seul avec la Princesse de Dorne. Finalement, le souffle lui manquant, au milieu de ce baiser aux senteurs d’adieu, il se détacha et souffla doucement :

« Je ne le serais jamais. Je ne m’excuserais pas de t’avoir désiré, de t’avoir donné du plaisir, d’avoir voulu être ton chevalier, d’avoir été ton amant, de l’être resté si longtemps. Je ne nierais pas le vouloir encore, et me demander si un jour je serais à nouveau dans tes draps, je ne saurais te demander si tu veux encore de moi, si je te manque. Je ne le ferais pas. »

Il la regarda, de ce regard violet si particulier, si étrange en Westeros et souffla :

« Je tiens trop à toi pour que tu aies des regrets en pensant à moi. »

Avant que son visage ne s’orne d’un sourire provocateur :

« Pense plutôt à mes formidables dons au lit, ce serait quand même plus seyant, un peu de rouge sur tes joues. »

Joues qu’il continuait de caresser, avant d’ajouter, taquin :

« Quelque chose à ajouter à mes formidables déclarations ? Allons, je me sens mis à nu … Ce que j’aimerais être d’ailleurs, parce que cette armure va me cuire et n’est d’aucune utilité pour ne pas rêver de te réjouir à même le sol.

Ton mari devrait m’être reconnaissant de tenir à ce point à ce tapis pour ne pas tenter de le fouler au pied. »


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MessageSujet: Re: Et l'Aube s'en fut, laissant le Soleil veiller. [PV Deria]   Dim 5 Fév - 19:36

Je pourrais en soupirer de soulagement. J'avais l'habitude d'être vouvoyée, d'avoir une distance instaurée entre moi et les autres. Même avec ma famille, en public, ça n'avait fait que se renforcer depuis mon couronnement. Quand j'étais petite, je trouvais cela amusant et puis, c'était on ne peux plus normal lorsque l'on s'adressait à son suzerain. Mais en privé, c'était bien différent. Je détestais cela. Alors je ne peux qu'être soulagée quand Robb perd le masque qu'il a essayé de mettre en place.
Et je retrouve un sourire amusé en l'entendant.

« Tu as davantage peur de ma sœur que de moi ? Je ne sais trop comment le prendre... » J'inspire et le fixe en me faisant plus sérieuse. « Ce ne sera pas trois... Ne prends pas cela à la légère Robb. Je ne vous y envoie pas de gaieté de cœur et j'ai beau vous avoir prévenu, je... Je ne suis pas certaine que vous vous rendiez compte. S'ils attaquent les Météores avec leur flotte actuelle... »

Je secoue la tête, les sourcils un peu froncés, les yeux toujours rivés aux siens. La peur de les envoyer au-devant de la mort me hante tous les jours, car c'est bien ce que je fais non ? Si 150 navires s'abattent sur eux... Les Météores ont beau être difficilement prenable, la forteresse n'est pas non plus exempte de tomber, et s'ils sont sur place... Leur nom les sauvera-t-ils ? J'en doute. Pourtant, j'ai pris la décision en toute connaissance de cause et je ne leur ai rien caché, mais... Trop d'hésitations et de peurs pour la dirigeante d'un royaume je sais.

Mais ce n'est pas la princesse qui parle et agit pour le moment, et je m'approche presque malgré moi, essayant de mettre des mots sur ce que je ressens, sur ce que je souhaite lui dire. Et c'est plus compliqué que ce que j'aurais pensé, de lui confier ces quelques mots, de lui dire que je regrette alors qu'encore une fois, je suis seule à avoir pris la décision de m'éloigner de lui. Pas vraiment seule non, Orys avait tout de même était à l'origine de cette demande, mais je pouvais aisément le comprendre. Même si je me dis que maintenant, est-ce vraiment important ? Il est parti rejoindre sa sœur, et il n'y a plus vraiment de risque n'est-ce pas ? Mais ce n'est pas le plus primordial en vérité, je ne veux pas qu'il parte ainsi, distant et morose.

Et je souris malgré moi quand il pose sa main sur ma joue, bien que gantée, et qu'il se penche vers moi. Suis-je en train de manquer à ma parole ? Suis-je sotte au point de penser qu'Orys ne retrouvera pas quelque amante si tôt arrivé ? Et comme je l'ai dit, surtout, maintenant, cela n'est plus vraiment à l'ordre du jour. Et surtout, je l'ai appelé pour discuter, non pas pour m'oublier dans ses bras, quand bien même pourrais-je en avoir envie.
Je lui rends son baiser, ma main montant à son tour se poser sur sa joue, effleurant avec douceur sa peau. Et je sais que cela n'est point raisonnable. Ni lui ni moi n'avons jamais vraiment su être réfléchis et sages ensemble, et même si ce n'est qu'un baiser, j'ai déjà bien trop envie de davantage.  Ma main va se perdre dans ses cheveux et je m'efforce de ne pas trop me tendre vers lui alors qu'il s'éloigne un peu.
Je le fixe, et si un léger sourire orne mes lèvres en l'entendant, je me retrouve à avoir les joues roses alors même qu'il en parle. Je fronce légèrement les sourcils, presque mécontente d'être si aisément perturbable face à lui.
Je penche légèrement la tête sur le côté, gardant malgré mes joues empourprées un léger sourire amusé.

« Tu ne le feras pas car tu redoutes la réponse ? Ou parce que tu ne souhaites pas le savoir ? Penses-tu que je puisse si rapidement tirer un trait sur toi, oublier si facilement tout ce que nous avons vécu ?
Et je ne m'excusais pas d'être si proche de toi ou d'avoir envie de toi, et tu le sais.
Et je tiens trop à toi de mon côté pour te perdre réellement, car nous sommes amis aussi, n'est-ce pas ? »


Je ne sais trop pourquoi je pose cette question, je le sais bien, que nous sommes bien davantage que des amants, et c'est bien pour cela que c'est si compliqué et douloureux de le laisser partir.
Mon sourire se fait taquin alors que j'attrape sa main pour retirer son gant, que je laisse tomber à terre, avant de faire pareil avec le second.

« Tes formidables dons ? À quel point cela fait-il arrogant mon cher Lord ? »

Et je le dévisage quand il poursuit. Mes mains, sans même que j'y songe, montent à ses épaules et commencent à défaire les attaches de son armure.

« Je me suis fait la même réflexion, que tu allais cuire sur place sitôt sorti d'ici, et j'en serais fort attristée.
Et ton envie de protéger ce tapis est tout à ton honneur... »


J'effleure son cou de mes doigts, les yeux ancrées dans les siens.

« Tu me manques. Ta présence, ton sourire et ton humour douteux... » Je commence à retirer son armure, essayant de ne pas laisser tomber les lourdes pièces de métal trop brutalement. « Tes mains et ton souffle sur ma peau... »

Je lui souris et me hisse pour poser mes lèvres contre les siennes, avant de murmurer contre elles.

« Et à quel point cela est-il déplacé de déjà vouloir te retrouver à peine a-t-il tourné la tête ? »

Je ferme les yeux, appuyée contre lui,  en secouant la tête.

« Mais il ne craint plus vraiment de... Tu sais que ce n'est pas par amour ou jalousie que l'on a convenu de cela. Il désire que nos enfants soient de lui, ce qui est plus que compréhensible... Et il est parti rassuré je crois. »

J'inspire, non sans continuer de retirer son plastron. Il n'est pas sot, il va comprendre, n'est-ce pas ?... Va-t-il me fuir ou craindre quelque chose ? J'espère que non.



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MessageSujet: Re: Et l'Aube s'en fut, laissant le Soleil veiller. [PV Deria]   Jeu 23 Fév - 16:41

« Deria … Tu me prends pour un idiot ? »

Malgré son humeur badine, la phrase avait claqué, simple, un brin cruelle, mais sans nécessairement d’envie de déclencher un conflit. Robb avait une multitude de défauts, mais demeurait avant tout un soldat, et s’il n’avait jamais été brillant dans bien des domaines de la noblesse, le métier des armes demeurait sa plus grande force. Meneur d’hommes doué, excellent cavalier, redoutable épéiste, ayant déjà eu une expérience des combats contre l’ennemi, le Dayne n’avait jamais pris à la légère ses devoirs envers sa famille et envers la Couronne, envers son pays. Il avait une excellente connaissance des forces et faiblesses de son fief et des Montagnes Rouges pour les avoir par trop emprunté. Alors oui, il se rendait parfaitement compte. Il partait pour mourir, épée en main et sourire aux lèvres, comme toujours, parce que montrer ses doutes lui était indispensable, parce que son destin avait toujours été de verser son sang jusqu’à finir éventré sous un cheval, fier d’avoir servi sa patrie, fier d’avoir péri sur les sables chauds de Dorne.

« Tes généraux, tes nobles ne doivent pas montrer qu’ils savent qu’ils vont mourir, Deria. Oui, les Météores peuvent tomber. Je le sais, Barristan aussi, Enguerrand également, au vu de ses courriers. S’il a demandé à ce que sa femme reste à Lancehélion après ton mariage, ce n’est pas pour rien … Nous affrontons une force largement supérieure en nombre, et nous le savons. Même nos gens d’armes connaissent la vérité. Nous nous engageons dans une longue guerre d’usure … Et il n’est pas sûr que nous en réchappions.

Quel intérêt pour autant d’inquiéter le peuple ? De se morfondre sur notre destin ? Si nous devons mourir … Ce sera les armes à la main, comme feu mon beau-frère l’Arrogant l’a fait. En défendant nos terres, nos coutumes, notre mode de vie. Ils ne veulent pas seulement nos terres … Ces bieffois, ces croisés veulent nous soumettre à leur monde étriqué, à leur vision stupide et grossière d’une religion que nous partageons. Ils sont prêts à tout pour se venger du fait que nous sommes libres, alors qu’ils passent leur vie à se morfondre sur leur incapacité à profiter réellement des plaisirs de la vie.

Ils haïssent les putains, mais passent leur temps à y aller, quand nous reconnaissons que c’est un métier comme un autre. Ils condamnent les bâtards, mais ne se privent guère d’en peupler leurs châteaux, répudient les maîtresses pour en engrosser d’autres … Nous sommes ce qu’ils n’ont pas. Et crois-moi, chaque paysan, chaque artisan de ce pays en a conscience. Et est prêt à mourir pour ça.

Nous défendrons Dorne contre tous ceux qui veulent l’annexer ou détruire ce qui fait sa richesse. Quitte à ne pas revenir. Car là est notre devoir de soldat. Car là est ce que l’Epée du Matin a juré de toujours protéger. »


Les mots étaient solennels. Trop, presque, Robb en avait parfaitement conscience, cependant, il les avait prononcés avec une ardeur réelle, une passion profonde. Que Deria ne regrette rien : elle faisait ce qui était nécessaire à la survie de la principauté, et il appartenait désormais à ses guerriers de montrer l’étendue de leurs talents. Manifestement, il l’avait rassuré, et su éveiller les sens de la Princesse, à en juger par son empressement soudain à défaire sa lourde armure, par ses lèvres qui caressaient les siennes avec une suavité qu’il n’avait pas nécessairement attendu. Déjà, il sentait l’excitation le gagner, car il n’avait jamais su résister à la beauté Martell depuis qu’il partageait sa couche. Il retrouvait ses automatismes, le goût maintes fois savouré de ses baisers, et oubliait ses bonnes résolutions, quand bien même il s’était juré de s’en tenir à une distance toute raisonnable. Le problème était que le Dayne n’avait jamais su être raisonnable, de toute manière.

« Je ne la redoute pas pour moi. Mais je ne voudrais pas … Que tu te sentes obligée de quoi que ce soit qui soit contraire … A ce que tu désires en tant que Princesse, et non en tant que Deria. Deria pourra toujours être mon amie. Je ne crois plus qu’elle veuille être davantage.

Même si tu me manques. Même si à dire vrai … Je me moque éperdumment de ce tapis s’il pouvait m’apporter ce que je veux à ce moment précis. Pour te prouver qu’en cette matière, je ne me vante jamais. »

Il y avait une pointe de résignation dans son ton, quand bien même il savait qu’inéluctablement, les choses se passeraient de cette manière, et il ne remettait guère en cause sa décision. Elle était la plus sage. Surtout au regard des risques si … Si … S’il valait mieux ne pas y penser. Encore que … Il était là à penser à quelque pique amusée sur le tapis, sur son arrogance, quand elle lui lâcha ce qu’il refusait d’entrevoir depuis le mariage. Que ce dernier puisse donner des fruits. Imperceptiblement, il se recula, légèrement assommé par la nouvelle. Si vite ? Si tôt ? Mais … Elle n’était unie avec le Baratheon que depuis … Comment pouvait-il … Comment pouvait-elle savoir ? C’était … A moins que …

Robb vacilla, sous le choc. Il connaissait trop les femmes pour ne pas avoir quelques connaissances sur les mystères des grossesses et naissances. Il n’était pas idiot. Et surtout … Glacé, des images d’un après-midi d’abandon lui revinrent. Il se revit, ivre de plaisir, s’abandonner au rythme éperdu imprimé par son amante, et expirer de bonheur sans aucune barrière ni précaution, simplement heureux et repus. C’était … Non. Non, c’était impossible. Jamais il ne … Ce serait une faute impardonnable. Et pourtant … Il devait savoir. Avant de devenir fou, de partir en courant passer ses nerfs sur un mannequin de bois pour déchaîner ses incertitudes.

« Tu veux dire que … »

Les mots lui manquèrent. Secouant la tête pour se remettre les idées en place, il souffla doucement :

« Est-ce que tu veux dire ce que je crois que tu veux dire … ? »

Prononcer la phrase en entier lui était par trop insupportable. Et il craignait de s’être emporté. D’avoir mal compris.

« Il est rassuré … Jusqu’à quel point ? Parce que … Parce que … Si c’est ce que je crois … »

Continuer lui fut impossible. Ses yeux mauves éperdus se fixèrent dans les iris chocolat de sa Princesse, et il chuchota :

« Est-ce que … est-ce qu’il est possible … Que ce soit … ? »

Il n’acheva pas. A la place son regard se fit suppliant, comme pour demander tout simplement la vérité, maintenant que l’espoir s’était allumé dans son cœur, alors qu’il n’y avait pas sa place.


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MessageSujet: Re: Et l'Aube s'en fut, laissant le Soleil veiller. [PV Deria]   Dim 12 Mar - 13:49

Instinctivement, je me redresse pour le dévisager. Ma mâchoire se crispe quelque peu et c'est bien parce que je le connais, parce que nous sommes seuls, parce que sais que j'ai dû également le vexer un peu, que je ne réponds pas de suite en m'emportant. Peut-être est-ce la un signe minime prouvant que je mûris... ou que je me suis habituée à avoir ce genre de remarques, de conflits avec ceux qui partagent ma vie...
Et puis, à quoi bon répondre ? Ce n'est qu'une question rhétorique, il sait fort bien que jamais je ne l'ai pensé idiot... Je retiens un soupir malgré tout. Et je sais qu'il a raison sur tout. Je suis on ne peux plus d'accord. Mais l'entendre d'une énième bouche ne rend pas tout ceci plus facile à accepter d'un point de vue personnel. Pourtant, j'ai beau me répéter que je ne peux montrer un quelconque signe de faiblesse matin et soir, avec eux, ça a toujours été compliqué. D'autant plus lorsque lui, qui quoi qu'il en dise se montre plus fêtard et plus insouciant que le contraire en général, tout comme Roward et Anders, se montre si sérieux et si lucide. Mais qu'il s'en rende compte, qu'il sache ce dans quoi il s'embarque, ne change rien en vérité. Cela ne me facilite pas la tâche et n'allège pas mon cœur. Ou peut-être que si, sans doute un peu, mais pas assez.
Les larmes me montent aux yeux et je hoche la tête.

« Nous ne pouvons laisser le Bief, le Conflans ou quiconque nous provoquer ainsi et croire qu'ils peuvent nous faire tomber, quelle que soit la raison. Et je sais tout autant que chacun connait fort bien ce qu'il va affronter et ce qu'il risque, je ne suis pas idiote non plus. Nos hommes vont défendre leurs terres, leurs familles, tout autant que que leur liberté et leur vie. Comme ils l'ont toujours fait, comme ils le feront toujours. Parce que Dorne est ainsi. Libre et Insoumise. Et que chaque dornien préférera mourir l'arme à la main plutôt que de ployer.

Et je sais quel est mon rôle et mon devoir. Je sais ce que je dois dire ou montrer. Je sais ce que les gens, ce que mon peuple, ce que mes nobles attendent de moi. Je dois me montrer sûre de moi et sereine, aussi inflexible et froide que l'était ma grand-mère ! Je sais Robb, je sais.
Je passe mon temps à faire bonne figure et à ne me montrer que convaincue de savoir ce que je fais, à taire cette inquiétude sourde qui est toujours présente, à effacer cette peur de vous perdre et la terreur de me tromper et de perdre Dorne. Mais dois-je pour autant me montrer prête à vous voir mourir avec le sourire ? … Dois-je faire semblant devant toi aussi maintenant ? C'est cela que tu désires ? La princesse face à l'Epée du Matin ? Il te suffit de le demander, je saurais me comporter ainsi. »


Quand bien même je détesterais cela au plus haut point. Mais peut-être l'avais-je provoqué, même s'il ne pouvait me reprocher ni mon mariage, ni même le fait qu'Orys m'ait demandé une certaine fidélité le temps que je tombe enceinte. Et je pose ma main sur mon ventre. Une partie de moi se sent quelque peu coupable tout de même, de jeter aussitôt cette promesse aux orties, alors qu'il est à peine parti. Mais l'objectif est rempli et je doute plus que fortement qu'il reste sagement seul de son côté. Et puis, c'était Robb... alors que mes mains s’affairent à le défaire de son armure, je le fixe et fronce un peu les sourcils.

« Penses-tu que la princesse comme Deria puisse se sentir obligée de quoi que ce soit ? Que ce soit envers toi ou envers quelqu'un d'autre ?... Et ne préjuge pas de ce que je peux vouloir ou non s'il te plaît. Nous sommes assez grands l'un comme l'autre pour savoir faire la part des choses, c'est-ce pas ?  Ou pour savoir à quoi ce tapis pourrait bien servir... »

Et s'il ne semble pas vraiment pressé de quoi que ce soit. Je pourrais m'en offusquer, mais ce serait plus qu'hypocrite vu ce qu'il s'est passé et vu la situation actuelle. Mais quoi qu'il en pense, je n'ai vraiment cessé de le désirer et d'avoir envie de le retrouver. Pas uniquement depuis qu'Orys est parti. Et même s'il est possible que j'ai commencé à m'attacher également à mon époux. Ce qui était plutôt une bonne chose oui. Un bon départ au minimum...

Et contre toute attente, contre toute raison, je lui parle et lui confie quelques paroles bien loin d'être innocentes. Et aussitôt, je m'en veux alors que je vois reculer et me dévisager alors qu'il réfléchit et rassemble ses idées. Je ne bouge plus, comme si le moindre mouvement pouvait le faire fuir, ce qui est peut-être le cas. Et il essaie plusieurs fois et je continue de me taire. Je déglutis alors qu'il finit par poser la question qui doit plus encore le tarauder que le reste. Est-il possible que cet enfant soit le sien ?
Je laisse retomber mes mains, les posant toutes deux sur mon ventre, alors que je baisse le regard en même temps, avant de le regarder de nouveau en inspirant.

« Je veux dire que je suis enceinte Robb. Oui, c'est ce que tu crois. » J'esquisse un sourire malgré moi. « De quelques petites semaines, c'est donc non officiel... Mais le mestre est sûr de lui. »

Mon sourire vacille un peu, disparaissant complètement quand je le fixe.

« Je te dois la vérité pas vrai ?... Peux-tu me promettre de ne pas fuir et de ne pas me laisser ? Es-tu capable de me promettre de rester mon ami comme tu viens de le dire ? »

Je secoue doucement la tête, fermant les yeux un instant.

« Est-ce qu'il est possible que ce soit... le tien ?... Je ne sais pas. Je... Ce n'est pas... important. »

J'inspire et le dévisage à nouveau. Je fais un léger pas en arrière, cachant tant bien que mal ce que je peux ressentir.

« Qu'importe ce que tu penses... ou espères. C'est l'héritier du trône. Le fils de la princesse et du prince de Dorne. Et nulle autre version ne sera entendue. C'est l'enfant d'Orys. »

C'est maintenant que je le perds définitivement lui aussi ? J'ai dû mal à me rendre compte...



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MessageSujet: Re: Et l'Aube s'en fut, laissant le Soleil veiller. [PV Deria]   Jeu 30 Mar - 19:56

Deria était enceinte. De lui. Peut-être. Ou de l’autre. Les mots tournaient dans la tête de Robb sans qu’il ne parvienne à leur donner le sens qui était pourtant le leur, comme si Westeros s’était arrêtée de tourner au moment précis où sa Princesse avait laissé tomber ces phrases, scellant en quelque sorte un secret que personne d’autre qu’eux ne connaîtrait jamais probablement. Le pire dans tout ça ? Sur le moment, le Dayne ne parvint pas à éprouver une once de remords. Au contraire, pour la première fois de son existence, il prenait conscience des conséquences de ses aventures, et surtout, se rendait compte que lui, vieux célibataire aussi endurci qu’inconséquent, sentait son cœur s’émouvoir à l’idée qu’une de ses étreintes ait pu créer une vie qui croîtrait un jour et deviendrait un fier et fort jeune homme ou une douce et têtue damoiselle de Dorne.

Puis soudain, avec la joie étrange vinrent les doutes et les remords. Par son comportement, il avait mis en danger la lignée des Martell. Encore que … Deria aurait pu le prévenir, il aurait pris plus de précautions, s’il avait su, se serait contenté de douceurs sans conséquences. Après tout, il n’avait pas besoin de certaines pratiques pour montrer à une femme l’étendue de son appréciation. Sans doute qu’emportée dans son élan ou dans ses calculs, elle n’avait pas pensé … Oui. Il était probable que, dans sa volonté de donner un héritier ou une héritière au plus vite à la Principauté, une fois son mariage annoncé, elle ait préféré mettre toutes les chances de son côté, sans penser nécessairement à ses autres accointances.

Quelque part, Robb avait du mal à comprendre Deria à cet instant précis. N’aurait-elle pas dû se sentir soulagée qu’il tente de mettre de la distance entre eux, qu’elle se débarasse de lui en l’envoyant au loin pour la guerre ? Après tout, sa présence mettait désormais en péril la légitimité de l’enfant. Certes, il était à peu près certain que personne … Mais leurs chuchotements, leur proximité … Et pourtant, de ce qu’il comprenait, de ce qui transparaissait, malgré son empressement auprès d’Orys, elle lui revenait, elle voulait continuer à le voir, comme si … Comme s’il lui avait manqué. Ou comme si elle se sentait seule. Sans personne à aimer. Sans bras dans lesquels se perdre que les siens. Sans appui avec cet enfant à venir. Qu’attendait-elle de lui ? Il ne savait pas. Il ne savait plus. Elle ne voulait pas d’un père, et il ne le désirait pas, du moins n’aurait rien fait en ce sens. Il avait trop le sens de l’honneur pour cela, malgré tout ce que l’on pouvait dire de lui. Elle voulait un ami … Et plus. Et moins. Leur relation avait toujours été grevée ces dernières années par les non-dits. Manifestement, un de plus venait de s’ajouter à la liste de leur passif commun.

Etonnamment, alors qu’il la voyait, si hésitante, l’implorant presque du regard, guettant ses réactions, il comprit enfin. Ou du moins, eut finalement la sensation de ne plus être complètement perdu. Peut-être que Deria voulait tout simplement … S’assurer qu’il ne fuirait pas ? Que la perspective de sa grossesse ne le rebutait pas ? Que l’idée qu’elle porte peut-être l’enfant d’un autre ne l’effrayerait pas ? Ou bien, faire passer son enfant pour celui d’un autre ne l’indignerait pas ? Aussitôt, son cœur se gonfla d’un sentiment profond d’affection et d’agacement mêlé. Il l’adorait autant qu’elle le désespérait, à ne pas avoir confiance en lui, à imaginer qu’il pouvait placer des désirs qu’il n’avait tout de même jamais véritablement mis à jour devant la raison d’Etat. A moins … Qu’elle n’ait pas conscience des sacrifices qu’il avait fait sciemment au nom de cette dernière, pour n’être jamais que l’amant de passage et non pas une ancre solide à laquelle se raccrocher. L’Aube aimait, ironiquement, les ombres, et ne s’en départirait jamais. Quand bien même il lui arrivait d’aimer à titiller le Soleil de Dorne, comme à cet instant précis où, d’un mouvement brusque, il avança d’un pas, attirant la jeune femme en face de lui, sa main sur sa taille, avant de ravager ses lèvres d’un baiser brûlant, sauvage, hardi, sa langue forçant presque immédiatement ses défenses pour se perdre dans une exploration ravageuse. Il consentit, une fois hors d’haleine, à briser cette étreinte volée avant, un air d’une infinie tendresse sur le visage, de remettre une mèche de la Princesse derrière ses cheveux, et de murmurer doucement :

« Deria … J’ai renoncé à ce que tes enfants portent mon nom le jour où j’ai choisi de ne jamais demander ta main à ton père, parce que j’estimais que tu méritais mieux que moi.

Je n’ai pas changé d’avis. Et par respect pour le Prince Nymor … Jamais je n’ai désiré que ce qu’il y entre nous ne puisse entacher d’une quelconque manière la légitimé des Martell. C’est … Ce serait faillir à mon devoir de Chevalier. »


Le lui avait-il jamais dit, qu’il avait songé à l’épouser avant de se raviser ? Il ne se souvenait plus. Qu’importe. Ce n’était, finalement, pas si fou. En tant que troisième fils, il pouvait porter le nom d’une autre, et grâce à son titre d’Epée du Matin, il aurait pu prétendre, finalement … Mais n’avait jamais varié de ce qu’il pensait juste, sans doute par lâcheté et légèreté, manque d’ambition et envie de liberté, insouciance et stupidité.

« Mais … J’avais juste … Besoin de savoir. Pour moi. Pour nous. Alors merci. De me l'avoir dit. S’il s’avère que … j’ai obtenu plus que je ne l’ai jamais voulu … Considère cela comme mon ultime cadeau. Ce que je t’ai offert sans le savoir, et devant qui, si les Sept me l’accordent, je m’agenouillerais plus tard. »

Lentement, il se détacha d’elle, et mit un genou à terre, gardant seulement sa main au creux de la sienne.

« Je te jure de protéger cet enfant, de le ou la reconnaître comme suzerain légitime de Dorne. De protéger son honneur et son lignage. D’être là pour lui ou elle, comme oncle lointain, ami de la famille, père inconnu, ce que tu voudras.

De toujours veiller sur lui ou elle, même de loin. D’être son premier serviteur. Et d’être là pour toi. Parce que … Cet enfant est de toi, et je l’aimerais comme tel. Parce qu’il sera mon suzerain, et que je le respecterais comme tel. Et parce que je le considérerais sans doute comme une part de moi, et que je le gâterais comme tel, sans rien attendre en retour. »


Ses yeux mauves étaient empreints d’une délicatesse réelle, et sa voix se fit de velours quand il ajouta :

« Oublie tout ce que j’ai pu dire. Laisse-moi être à tes côtés, si je survis. Mais … S’il te plaît, ne fais pas comme si ce n’était pas important. Ne me réduis pas à un étranger.

Je veux être présent pour toi. Pour lui ou elle.
»


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MessageSujet: Re: Et l'Aube s'en fut, laissant le Soleil veiller. [PV Deria]   Lun 17 Avr - 22:34

Je vois bien que ce que je dis le dérange. Mais je ne saurais dire si c'est la nouvelle en soi qui le perturbe ou les conséquences ou que sais-je encore. Et j'ai l'impression idiote de me retrouver à attendre non son approbation, mais un signe prouvant que j'ai bien fait de me confier à lui, que je ne risque pas de le perdre ainsi. C'est stupide, je m'en rends bien compte, je ne devrais pas m'inquiéter de cela. Mais Robb a toujours été mon ami, et il est bien davantage depuis quelques années. J'ai envoyé Roward loin de moi. Et maintenant, c'est au tour d'Anders, et de lui.... Être princesse n'empêche aucunement de vouloir être rassurée et de vouloir pouvoir compter sur des proches. Et puis, c'est Robb...

J'écarquille les yeux une demi-seconde avant de les fermer et de lui rendre son baiser sans réfléchir, mes mains saisissant sa tunique comme pour le maintenir contre moi. Je reprends mon souffle, rouvrant les yeux pour le fixer, esquissant un sourire en le voyant, si doux. Et je fronce les sourcils alors qu'il commence à parler, le dévisageant en me rendant compte de ce qu'il est en train de me murmurer.

« Tu... aurais voulu m'épouser ?... Pardon, ce n'était pas... Je sais aussi bien que toi que ce n'était pas... Pas parce que je mérite mieux Robb, mais la princesse... Peu importe. Je ne savais pas, même si cela ne change rien, tu aurais pu... dû m'en parler. »

Je secoue la tête et inspire profondément. Non, cela ne changeait rien. Et je ne méritais pas mieux, mais la princesse ne pouvait épouser un troisième fils, n'est-ce pas ?... Quoiqu'elle n'aurait pas dû épouser un bâtard légitimé, quand bien même cela ne me gênait personnellement aucunement.
Je le fixe, fronçant une seconde les sourcils alors qu'il me répond. Un cadeau ?... Oh par les Sept. Pense-t-il vraiment que cela en soit un ?... C'en est un, évidemment, dans un sens, mais tout de même...
Je commence à secoue la tête alors qu'il s'agenouille, fermant les yeux un instant, avant d'esquisser un sourire en l'entendant, ma main serrant doucement la sienne.
Je souffle un rire, à la fois amusé et touché, et j'incline la tête, avant de reprendre doucement, mon regard ancré au sien, terriblement plus tendre et sérieux que d'ordinaire.

« Tu es un idiot. Un idiot fidèle et incroyablement loyal et dévoué, mais un idiot tout de même. As-tu un instant réellement songé que je pouvais te réduire à un étranger ?... Cela peut être important pour toi, ou pour moi. Mais pas pour les autres, je sais que tu le comprends, et ne crois pas que j'y sois indifférente, mais je voulais que cela soit clair malgré tout. Orys est mon époux et le prince de Dorne, même si cela te déplait, et il est par conséquent le père de cet enfant, quelle que soit la vérité. »

Ma main libre va effleurer sa joue.

« Relève-toi mon preux chevalier. Je n'ai jamais douté que tu serais là ni pour mes enfants ni pour Dorne, tu n'as pas besoin de me refaire un tel serment, même si j'en suis infiniment touchée. »

J'esquisse un sourire hésitant.

« Je craignais que tu... que ce soit trop pour toi. Je t'ai quelque peu sous-estimé, je t'en demande pardon... C'est simplement que... je ne veux pas que tu choisisses toi de devenir un étranger, te perdre serait trop difficile. »



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MessageSujet: Re: Et l'Aube s'en fut, laissant le Soleil veiller. [PV Deria]   Jeu 27 Avr - 16:58

Deria paraissait singulièrement surprise de sa confidence, presque déstabilisée. Etrange. Ne s’y était-elle vraiment jamais attendue ? Pourtant … Elle devait bien se douter que tous les jeunes hommes de Dorne en âge d’être promis en épousailles avaient un jour ou l’autre convoité sa main, sauf les aînés qui se savaient condamnés à devoir assurer leur propre lignée, à moins d’abandonner à un frère leur héritage et les devoirs allant avec. Robb n’était pas complètement idiot. A vrai dire, il était à peu près certain que son père avait pu avoir quelques arrière-pensées concernant Enguerrand ou lui-même, puis, le cadet s’était marié, laissant le benjamin seul en mesure de proposer une alliance. Il ne considérait pas cela comme une grande nouvelle. Elle était plutôt logique. Il n’avait pas d’attaches, pas de lignées à assurer, s’entendait plus que bien avec la concernée ? Comment, à un moment, cette pensée aurait-elle pu ne pas l’effleurer ? N’importe quel dornien noble y avait songé. Lui avait en plus d’autres éléments à prendre en compte.

Aurait-il été heureux avec Deria ? Oui, sans doute. Autant que ce rétif de l’attachement aurait pu l’être avec une femme. Nul doute cependant qu’ils se seraient trompés mutuellement, et il était à peu près certain qu’avec le temps, la Princesse se serait lassée de son inconséquence. Avec lui à ses côtés, elle aurait réellement menée Dorne seule. Robb n’aimait guère la politique, et ne s’en cachait pas. Sa famille avait été déchirée par les conflits, au nom d’une alliance qui n’avait finalement même pas su porter ses fruits. On avait spolié sa sœur au profit de son frère, la précipitant dans un mariage malheureux qui n’avait jamais su tenir ses promesses. Son père avait combattu les armées de son propre gendre, lui-même avait été otage à cause de cela. Il avait subi d’innombrables avanies des orageois qui, manifestement, étaient incapables de se souvenir que leur chère Princesse à l’époque, maintenant Reine, était à moitié dornienne par le sang, et que leur reine l’était complètement. A vrai dire, dans son pessimisme, le Dayne était quasiment persuadé que, dès qu’ils le pourraient, les orageois oublieraient leur dette de sang à l’égard de Dorne.

Et c’était sans parler de la situation présente, qui le hérissait. Il voyait sa Principauté chérie devenir le jouet d’autres puissances qui étaient bien contentes de les voir saigner sous les assauts bieffois et ne se pressaient guère pour aider leurs alliés à se débarrasser de la Flotte de fer. Pourquoi faire, quand ces idiots de dorniens servaient si bien d’aimants, alors qu’au fond … Ils avaient été bien moins vindicatifs que les nordiens et peyredragoniens. C’était comme si, presque, les fer-nés avaient lancé un petit assaut sur Pouce-Flint, pour ne plus jamais revenir, alors que, stratégiquement, Robb ne comprenait pas pourquoi la Flotte n’avait pas croisé au loin pour envahir Peyredragon, Lamarck ou bien les côtes du Nord, complètement dépeuplées. A croire que, d’une certaine façon, ils avaient choisi à juste titre le maillon faible, celui que ses alliés abandonneraient le plus facilement. Alors non, clairement, Robb n’aurait pas été un bon consort. Il aurait hurlé contre les dragons et tous les autres, et sans doute provoqué un torrent d’incidents diplomatiques. Il n’était bon qu’à la guerre. Et il s’y dirigeait. Voilà pourquoi Deria méritait tellement mieux que lui. Et qu’il se demandait avec effroi parfois si elle l’avait réellement.

« Je préférais qu’en ma compagnie, ta bouche soit occupée à autre chose qu’à repousser une demande en mariage sans aucun sens. »

Il lui décocha un formidable sourire, de ceux dont il avait le secret, dents blanches dévoilées et regard mauve pétillant de malice et de grossièreté, son expression taquine n’étant jamais loin de l’obscène, dans ce mélange qui faisait l’essence même de sa personnalité.

« Mais je retiens mon titre d’Idiot du Matin. Voilà qui fera fuir les bieffois ! »

Il riait. Mais le sérieux revint. Quelque part, le jeune homme était un peu blessé que la Princesse ait eu si peu confiance en sa capacité de résilience, en son désintéressement réel. Tout de même … Il n’était ni possessif, ni rancunier de nature. Râleur, clairement, cependant, au moins, on ne pouvait que rarement lui reprocher de ne pas être franc sur ses humeurs. Bien sûr, il avait ses secrets. Néanmoins, dans la vie quotidienne … Il n’en cachait guère. Ou plutôt, Robb choisissait finalement ce qui était important et ce qui ne l’était pas … Or, peu de choses l’étaient, pour lui. Aussi il soupira, avant de déclarer gentiment :

« Deria, ton mariage ne me déplaît pas. Ou du moins, pas en tant que tel. Tu n’allais pas rester célibataire, et il est probable que ce ne soit pas mon cas non plus. Il m’importe simplement que l’homme à tes côtés soit digne de ta personne … et de Dorne. C’est tout. Que vous ayez une descendance est une obligation pour la Principauté, et j’en ai parfaitement conscience également.

Et à moins que cet enfant ne naisse blond … Personne ne va aller vérifier son ascendance. »


Avec un léger sourire, il ajouta :

« Il pourrait avoir les yeux mauves que cela ne changerait rien. Un comble pour nous deux, quand on y pense ! »

Se rapprochant une nouvelle fois, ses lèvres papillonnèrent près de celles de la Princesse, avant qu’il ne souffle contre ces dernières :

« Je pensais que … tu trouverais plus simple que je m’efface. Que ce serait mieux pour tout le monde. Et je n’aurais pas de problème à le faire, tant que tu ne me demandes pas d’ignorer complètement ce que tu viens de dire.

Mais si tu ne me le demandes pas … Je ne le ferais pas. »


La main chaude contre sa joue lui faisait du bien. Elle lui rappelait qu’il était encore vivant. Qu’il n’était pas encore mort au combat. Qu’il y avait encore de quoi faire battre son cœur et ses tempes en ce monde. Mais il ne l’embrasserait pas. Il la laisserait faire les derniers centimètres les séparant, cette fois, pour qu’elle décide de continuer … ou de lui intimer gentiment l’ordre de partir tant qu’il était encore temps.


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MessageSujet: Re: Et l'Aube s'en fut, laissant le Soleil veiller. [PV Deria]   Mer 24 Mai - 15:05

Je ne sais trop pourquoi cela m'étonne. Je suis la princesse, j'avais toujours été la princesse. Qui aurait pu se targuer d'avoir une position plus enviable ? Quelle autre femme avait pu se prévaloir d'avoir tant de potentiels promis intéressés ? Devenir Prince de Dorne, voir sa lignée régner sur le royaume, c'était là une récompense et une reconnaissance inestimables, pour la plupart des nobles, non ? Et j'avais beau être la dirigeante de la principauté, être considérée comme un trophée n'était pas réellement agréable.  Pourtant, je n'avais jamais réellement pensé à eux en personnes réelles, aussi idiot que cela paraisse. Et surtout, Robb... Robb était tout aussi inconséquent et volage que mes frères. Aurais-je vraiment dû savoir qu'il avait pensé, souhaité m'épouser ? Certes, on s'entendait bien et je l'aimais bien... beaucoup... mais cela ne rentrait pas en ligne de compte. Même si lui ne m'aurait pas considéré comme une récompense. Mais il devait savoir tout comme moi que cela n'aurait pas vraiment fonctionné sur le long terme, pas vrai ? Et ce n'était plus d'actualité quoi qu'il en soit.
Je lui lance un regard, les sourcils un peu froncés, sans pouvoir m'empêcher de sourire.

« A autre chose ? Sérieusement ? » Je secoue la tête, fermant les yeux un instant, avant de le fixer. Mais je n'ai jamais su résister à ce sourire et son regard taquin. J'esquisse un sourire espiègle.  « Ma bouche est toujours occupée à ce qu'elle doit faire... Et je ne sais même pas pourquoi je te réponds. Encore moins à ce genre de choses. » Je souffle un rire. Par les Sept, c'est ridicule. Mais il est sans doute bien le seul à pouvoir me faire rire avec ce genre de remarques stupides. Et à qui je réponde si aisément... « Les bieffois je ne suis pas certaine, mais moi, il y a des chances. Oublie ce titre. »

Même si nous plaisantons, je me rends compte qu'il est presque blessé. Par mon attitude, par mes doutes, par mes craintes ? Je ne sais pas trop. Parce que j'ai pensé qu'il m'en voudrait ? Parce que j'ai cru qu'il voudrait s'éloigner de moi ?... Sans doute un peu de tout.
Je le dévisage et inspire profondément. Ma conversation avec Barristan me revient à l'esprit concernant une possible alliance entre nos familles, et je me retiens de grimacer. Il va falloir que je leur en touche un mot, à lui et à Arianne, pour avoir leur opinion, parce qu'il le faut bien, parce qu'ils sont les premiers concernés...
Mais pas maintenant, pas alors qu'il vient de m'avouer qu'il avait songé à m'épouser moi... Je ne suis pas prête pour ce genre de conversation, ni avec lui, ni avec elle. C'est stupide. Mais je ne pourrais pas. Oui, à l'instant présent, c'est pour des raisons extrêmement égoïstes, je sais.
Je grimace un sourire en secouant la tête.

« Pas en tant que tel... C'est donc l'homme à mes côtés qui te déplaît ?... Non ne réponds pas, peu importe au final.
Espérons donc que cet enfant ne soit pas blond, ce serait un peu... gênant oui. Mais je dois avouer qu'un petit dornien brun aux yeux mauves serait absolument craquant. Tu ne crois pas ?... Ce bébé sera magnifique quoiqu'il en soit. »
Je souris doucement en le regardant et hausse une épaule. « Je dois avoir un faible pour les hommes aux yeux clairs. »

Je souris toujours un peu quand il s'approche, même si mon sourire se fait un instant hésitant, et je fixe ses lèvres avant de remonter vers ses yeux. Et mon sourire revient rien qu'en apercevant ses yeux pétillants.

« Tu fais partie de ma vie depuis des années Robb, tu es l'un de mes plus proches amis. Non, je ne veux pas que tu t'effaces. Je te demande simplement de ne pas... compromettre l'avenir de cet enfant, ni le mien... Enfin, tu comprends. Mais je sais que tu feras toujours ce qu'il faut pour Dorne, et peut-être pour moi... Je ne m'inquiète pas réellement pour ça. »

Et peut-être que je le regretterai, mais je franchis les quelques centimètres qui nous séparaient encore. Posant mes lèvres contre les siennes, je laisse mes mains se perdre dans ses cheveux alors que je l'embrasse avec douceur.

« Tu m'as manqué... quand bien même je ne devrais pas le dire... »

Je souris contre ses lèvres. Avant de l'embrasser à nouveau, moins sagement. Juste pour oublier un peu le reste. Juste parce que je me sens terriblement bien avec lui et qu'il va véritablement manqué. Ma main descend et effleure sa joue, l'autre toujours perdue dans ses cheveux, alors que je vais chercher sa langue, brisant les dernières retenues que je pouvais avoir.



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MessageSujet: Re: Et l'Aube s'en fut, laissant le Soleil veiller. [PV Deria]   Lun 3 Juil - 17:45

« Je ne te répondrais pas si tu ne le désires pas, Deria. Sache juste que, peu importe ce qui arrive, pour moi comme pour beaucoup d’autres, une seule voix représente Dorne, et c’est la tienne. »

Robb avait juré fidélité à son royaume et aux Martell. Depuis l’arrivée de la légendaire Nymeria et sa conquête de la Principauté, rares étaient les familles de Dorne à ne pas révérer leurs Princes et Princesses, avec une constance que peu d’autres contrées pouvaient se targuer de posséder. Les Hoare inspiraient plus la peur que l’adhésion à leurs féaux riverains, par exemple, Mern Gardener était contesté par certains, cela, les dorniens le savaient grâce à leurs espions … Certes, il y avait toujours quelques exceptions, comme les Gargalen, dont la réputation avait légèrement souffert ces derniers temps du fait de leurs troubles accointances, pour autant, le Lord de Salrivage partait lui aussi dans les Montagnes Rouges, quoique plus haut que Robb, puisqu’il était en route vers leurs forteresses frontalières, par conséquent, même les plus rétifs partageaient les objectifs de leur suzeraine. Et il n’en irait, de son point de vue, jamais autrement : Dorne n’accepterait pas un autre nom que celui de Martell pour être sa voix, pas plus que les nordiens n’auraient vu autre chose qu’un loup à Winterfell. Quelle ironie, finalement, que les deux pays les plus éloignés géographiquement soient parfois aussi proches. Depuis sa rencontre fortuite avec Jon Stark au tournoi de Goeville, le Dayne en était convaincu : ils avaient beaucoup à apprendre les uns des autres. Il était même curieux, et presque injuste, que tous les habitants d’au-delà du Neck se focalisent sur les dorniens, alors que les nordiens étaient infiniment plus paiens qu’eux, avec leur culture étrange et leurs rites particuliers. Ils refusaient les bourreaux ! Que voilà une coutume barbare, loin de la douceur de vivre dornienne. Et pourtant, c’étaient eux qu’on méprisait depuis des siècles, tandis que certains se pâmaient sur le courage des hommes du Nord et leur résistance à l’hiver. Comme si vivre dans le désert n’était pas éprouvant en soi ! Non vraiment, par moment, Robb n’arrivait pas à comprendre la répulsion que son peuple engendrait chez certains … Y compris, à son grand regret, chez sa propre nièce, qui paraissait se complaire dans son jugement tranché, pour ne pas dire buté, envers un royaume dont elle était en partie originaire. Au moins, c’était une leçon importante : les dorniens ne pouvaient compter que sur eux-mêmes. Ils n’avaient pas d’amis, et leurs alliés n’avaient que faire des chaleurs du bout du monde. Ce Prince, une fois qu’il avait pris le parti d’aider sa sœur, l’indifférait donc. Il n’avait pas l’air d’un mauvais bougre, humainement parlant. Quel gâchis. A croire qu’il était condamné à ne jamais s’entendre avec ceux de l’extérieur. Que devait penser Cleyton du Rouvre, par exemple, désormais ? Sûrement pis que pendre. Ne subsistait probablement de leur entente qu’une envie féroce de savoir enfin qui était le meilleur épée en main. Seule Argella demeurait accessible, et encore, seulement parce que Robb n’était pas un grand politicien, et que les liens du sang lui tenaient trop à cœur pour qu’il s’emportât. Malheureusement pour lui, Orys Baratheon n’était que le bâtard légitimé qui avait épousé sa maîtresse avant de prendre la tangente pour aider une femme qui n’avait aucunement besoin de lui. Et ce n’était pas assez pour qu’il n’émette pas un jugement plus fort que celui qu’il maintenait envers la fille de sa sœur. Le cocufier ne serait donc pas une grande tâche sur l’honneur. Eut-il été son ami qu’il l’aurait quand même fait, à vrai dire. Quant à l’enfant …

« S’il te ressemble … Il le sera oui. »

Son regard s’était fait caressant, la prose galante, quoique simple et directe. Robb n’aimait pas la flatterie mal placée ou infondée, mais avait fini par développer des talents pour annoncer son appréciation d’une dame un brin plus efficace que les médiocres vers de sa jeunesse. Rien que de repenser à ses tentatives de poésie, il éprouvait une honte cuisante. Par les Sept, qu’il était jeune et naïf à cette époque ! Et si désespérément mauvais, incapable de trousser un compliment un tant soit peu délicat … ou tout bonnement véridique. Le Dayne était toujours parti du principe que dans les jeux de l’amour, le mensonge était le pire ennemi de l’amoureux. Mieux valait choisir ses vérités, quitte à en oublier quelques-unes en chemin.

« Je ferais toujours tout pour Dorne et pour toi oui … Ne suis-je pas ton preux chevalier, après tout ? »

Si le ton demeurait à la galéjade, cette phrase contenait là encore un fond de vérité plus que profond. Robb était un chevalier oint de Dorne, il avait juré de protéger ses terres, sa famille et la famille princière, et avait réitéré ses serments deux ans plus tôt en prenant possession d’Aube. Il avait promis devant les Sept et devant témoins de servir son royaume, en tout temps et en tout lieu, de consacrer son existence à la protection des plus faibles et au respect des lois des dieux et des Martell. Il n’avait pas prononcé ces mots à la va-vite, loin s’en faut. Adoubé par le Prince Nymor en personne, l’Epée du Matin avait pris très tôt conscience du poids de ses engagements, et si l’on pouvait lui reprocher beaucoup à titre personnel, il s’était toujours efforcé d’être un Ser digne de son titre. Ce n’était pas pour rien que Deria était la seule de ses conquêtes qu’il eut réellement gardée secrète : même lui n’était pas assez idiot pour savoir que leur jeu était le plus dangereux possible pour le royaume, et qu’il devait rester conséquence, et que si cela devait arriver, son implication devait impérativement secrète. Certains parmi leurs compagnons ne devaient pas être dupes … Mais tant que l’honneur prévaudrait, alors tout resterait ainsi, et il ne serait rien de plus qu’un noble parmi tant d’autres, un vieil ami. Cela ne l’empêcherait pas de continuer ses errements, tant que Deria voudrait de lui et qu’ils ne blesseraient personne ainsi.

Un mince sourire étira ses lèvres quand ces dernières rentrèrent en contact avec celles de la Princesse, qui manifestement, ne désirait décidément pas qu’il s’efface. Tant mieux pour lui, tant pis pour le reste. Bien trop vite, elle revint à la charge, avec une sensualité qui éveilla immédiatement ses mâles ardeurs. Ses mains ne purent s’empêcher de dévaler les collines délicieusement rebondies de sa silhouette, se posant sur ses hanches et les pétrissant sans se soucier du tissu coûteux qui se tordait sous sa poigne de fer … Qui n’était plus à proprement parler métallique, grâce en soit rendue à Deria pour le soin qu’elle avait mis à le déposséder de la partie haute de son armure. Sa langue se lança dans un ballet ardent, et sa partenaire se détachait à peine de lui qu’il revenait à la charge, attaquant sa gorge en y déposant une traînée de baisers et de très légères morsures qui témoignaient de son excitation et de son entrain à retrouver ce corps qui lui manquait trop, depuis toutes ces semaines qu’ils étaient éloignés l’un de l’autre, tandis qu’il la serrait avec ardeur contre lui.


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MessageSujet: Re: Et l'Aube s'en fut, laissant le Soleil veiller. [PV Deria]   Lun 24 Juil - 16:04

Je dévisage l’homme qui me fait face, les sourcils un peu froncés, réprimant un soupir. Je suis censée le connaître par cœur, et pourtant... Je ne sais trop si ce manque d’enthousiasme est dû à une certaine jalousie ou si c’est un simple agacement d’avoir vu le tout nouveau prince partir à la première occasion. Mais qu’y pouvais-je ? C’était dans le contrat et ma foi, s’il préférait accourir rejoindre les jupons de sa sœur, ce n’était pas moi qui allais le retenir. Et après tout, en étant objective, je serais bien heureuse si Roward préférait faire de même, n’est-ce pas ?... Soit. Je n’avais pas réellement apprécié qu’il abandonne son nouveau royaume et sa nouvelle famille ainsi. Je n’avais pas vraiment imaginé devoir passer ma grossesse seule, mais ce n’était pas important. Mon bien-être et mon possible bonheur passait bien après le reste. Ce qui importait, c’était qu’il avait commencé à faire ses preuves, à être apprécié de ses sujets et qu’il était parti. Quant à savoir quand… ou si il reviendrait… je m’en inquiéterais plus tard, j’avais bien assez à gérer dans l’immédiat.
Je le fixe un instant.

« Ma voix. Comme celle de la princesse Meria avant moi… Sauf qu’elle… » J’inspire et secoue la tête. « Je ne souhaite pas lancer de débat à ce sujet avec toi, mais je pensais que tu appréciais le prince Baratheon. Tu sais fort bien que si je demandais à Roward de revenir, ce que je vais faire sache-le, il le ferait également. Orys n’a rien fait de bien différent. Quand bien même puis-je le regretter, si j’arrive à la comprendre, tu dois le pouvoir aussi. » Je finis par lui sourire en hochant la tête. « Et tu es un vil flatteur, même si je crains que tu ne sois guère objectif à ce sujet, pas davantage que moi avec cet enfant à naître… »

Mais je ne peux faire semblant d’ignorer son regard. Ce regard qu’il doit adresser à la multitude de jeunes demoiselles se pâmant devant lui. Oh non, il n’y a nulle jalousie dans cette constatation. J’ai beau tenir à lui, sans doute plus que je ne le devrais il est vrai, nous savons tous les deux que cette relation est parfaite telle qu’elle est actuellement. Même si apparemment, je me suis leurrée seule durant un temps en croyant savoir, étant donné qu’il avait de son côté peut-être espéré davantage. Est-ce que je le regrette ? Sans doute en partie oui. Pourtant, je sais tout comme lui, que non seulement ce n’était guère possible, mais qu’il ne ferait pas forcément un prince consort idéal. Ce n’est ni méchant ni insultant, Robb le dit lui-même, il est bien trop impulsif et nonchalant pour ce rôle, et ce ne sont pas quelques sentiments qui auraient changé quoi que ce soit.

« Tu l’es et j’en suis heureuse. Et je t’en remercie. »

Même quand il est sérieux, il ne peut s’empêcher de répondre avec amusement et légèreté, comme à l’instant. Et ça n’a pas d’importance, étant donné que je sais qu’il le pense plus que quiconque. Sa famille a toujours été loyale et fidèle, les Dayne ont toujours été un soutien et une force pour la famille royale, et il ne déroge pas à la règle, même s’il a toujours été plus proche de nous que ces frères. Mais quoi de plus normal, il a grandi à nos côtés et est devenu un ami, faisant presque partie de la famille…. Quant à notre relation à nous… Est-ce si surprenant ? Je ne saurais le dire tant tout est survenu naturellement. Tout comme là, où nous nous retrouvons presque trop facilement et rapidement. Une partie de moi murmure que je devrais être fidèle à Orys. Mais le sera-t-il lui ? Et puis, je suis déjà enceinte, il n’y a plus de risques à ce niveau-là.
De toute manière, ses mains me brulent d’ores et déjà alors qu’il me touche à peine et je n’ai aucune envie de m’éloigner de lui ni de faire cesser ce baiser. Ce que je finis tout par faire, ne serait-ce que pour reprendre ma respiration. Et si je m’éloigne un peu, juste un peu, je me retrouve à pencher la tête sur le côté sans même y penser, pour lui laisser le champ libre. Mon souffle et les battements de mon cœur s’accélèrent en sentant ses dents. Qu’est-ce que je disais ? Trop rapide…  Mes mains passent sous sa chemise pour la lui ôter, frôlant sa peau du bout des doigts. Je lui souris et commence à tracer des arabesques sur son torse, suivant les quelques cicatrices qui s’y trouvent.

« Je crains qu’il ne me faille te demander de l’aide pour retirer le reste de ton armure… C’était une idée stupide que de la revêtir, te l’ai-je déjà dit ? »

Mon sourire s’agrandit et je me rapproche de nouveau de lui, laissant mes mains glisser sur lui. A leur tour, mes lèvres tracent un chemin le long de son cou, descendant lentement sur sa peau, le mordillant tout autant que l’embrassant. Je pourrais jouer un moment ainsi, à vouloir le faire céder en premier, si je n’avais pas tant envie de sentir à nouveau ses mains sur moi, sans tissu superflu. Me sentir femme et non pas seulement princesse n’est pas trop demandé n’est-ce pas ? Sentir son souffle sur ma peau et son désir contre moi, et en profiter, juste quelques instants, juste pour l’avoir à moi encore un peu, avant de l’envoyer si loin. Vu comme cela, c’est plus que raisonnable comme souhait non ?



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Dernière édition par Deria Martell le Ven 22 Sep - 14:30, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Et l'Aube s'en fut, laissant le Soleil veiller. [PV Deria]   Lun 14 Aoû - 23:23

Malgré tous ses efforts pour éviter consciencieusement le sujet, pour ne pas s’y laisser entraîner même, Robb arrivait face à cette question enfin prononcée à voix haute, à ce reproche qui perçait presque : celle de ne pas afficher un enthousiasme délirant pour le mariage de Deria et d’Orys Baratheon. Le jeune homme savait que devant la principale concernée, il marchait sur des œufs, et pour cause : tout rejet serait sûrement assimilé à de la jalousie, ainsi qu’à un risque de désaccord au moment où il aurait préféré qu’il n’y en ait aucun. Sans compter que parler de celui qui serait le père légitime de son enfant aux yeux de tous après avoir appris la grossesse de sa maîtresse ne l’enchantait pas spécialement. Jamais il n’aurait prononcé son nom, il aurait dû se contenter de hocher la tête et de passer à autre chose. Mais il n’y avait pas réussi, car son cœur s’emplissait depuis trop longtemps de rancœur envers les Targaryens et leurs ambitions démesurées qui avaient désormais de bonnes chances de le faire tuer dans les prochaines semaines, alors que leur propre représentant à Dorne se voyait manifestement incapable de comprendre ce qu’il était attendu de lui. Pis, pendant des lustres, le Dayne avait rongé son frein, prenant garde à ne surtout pas dire un mot plus haut que l’autre pour ne pas embarrasser les Martell. Pardi, il avait même défendu cette alliance bancale devant certains, tempéré les ardeurs des autres … Tout en étouffant son propre ressenti. Sauf que là, il se retrouvait face à l’abysse : soit il reculait par crainte, ce qui ne lui ressemblait pas … Soit il enfonçait la porte ouverte, au risque de se fâcher avec sa Princesse. Sans doute qu’un être avec deux sous de jugeote aurait opté pour la première solution, mais l’Epée du Matin n’était pas particulièrement connue pour sa retenue. Il avait déjà bien trop tiré sur la corde, et entendre son interlocutrice relancer le sujet fut le coup de grâce. Elle voulait son avis ? Elle l’aurait.

« La question n’a jamais été de savoir s’il est quelqu’un de sympathique humainement parlant, Deria. Tu sais comme moi que Roward avait beaucoup d’affection pour Rhaenys, et pourtant je doute qu’il apprécie son comportement envers Dorne. Je peux éprouver un attachement sincère envers ma nièce, et détester son comportement envers notre royaume, que ce soit avant, pendant ou après son mariage. Le fait qu’elle ait préféré un second couteau orageois pour la conduire à l’autel reste une insulte envers ma maison qui restera dans ma mémoire, indépendamment de nos liens.

Il en va de même avec ton époux. Ne te voile pas la face, s’il te plaît, et ne t’offusque pas de ce que je vais dire. J’ai essayé de botter en touche, comme toi, mais si je ne crève pas l’abcès … Ce sujet va rester entre nous. Voilà ce que je pense, et rassure-toi, je n’en ai soufflé mot à personne, pas même à mon frère. »


Robb inspira profondément, conscient que ce qu’il s’apprêtait à révéler risquait fort de lui aliéner Deria, et ne pouvant pour autant s’en empêcher, taraudé par son besoin de franchise.

« En tant que vassal, je n’attends pas d’un Prince Consort qu’il soit agréable, ou que tu l’apprécies. Tant mieux si c’est le cas, et à titre personnel, je peux m’en réjouir ou encore avoir partagé quelques moments amusants avec ton époux. Je ne m’agenouille que devant ceux qui ont montré que, tout comme nous, ils demeurent Insoumis, Invaincus, Intacts. Et … Ce n’est pas l’impression que ces derniers jours donnent, Deria.

Te rends-tu compte de ce que tu as offert à Rhaenys Targaryen pour son demi-frère bâtard ? Tu ne lui a pas seulement donné un royaume, tu lui as offert une lignée ! Tu as juré que seul un de tes enfants porterait le nom de Martell ! Jamais nos seigneurs les mieux-nés, les plus puissants, auraient pu rêver de pareille faveur ! Et pour quoi ? Pour une alliance qui ne nous a rien offert, hormis le sac de notre capitale et des milliers de morts à venir. Même pas un consort qui défend notre royaume.

Elle sait que nous sommes en difficulté pour avoir pris son parti. Elle sait que tu n’as pas de dragon à monter pour mener tes troupes, ni d’époux justement pour t’épauler avec toutes ses armées. Que nous survivons à peine, et en plus l’Orage prélève nos troupes, nous empêchant d’enclencher cette guerre agressive que nous réussissons si bien. Que ton frère n’est plus là.

Quel intérêt de rappeler Orys, si ce n’est pour s’assurer qu’il lui demeure loyal, à elle et à personne d’autre, et surtout pas à toi qu’elle déteste ? Il a choisi, Deria, en faisant cela, et j’en suis désolé, parce que ce n’est pas le choix que j’aurais voulu qu’il fasse. A vrai dire après … Bref, je pensais qu’il resterait à nos côtés. Mais je refuse que Dorne soit la dupe des Targaryens. Et je ne suis pas le seul. Le ressentiment gronde, que ce soit parmi les nobles ou le peuple. On murmure que nous avons foncé dans la gueule du Noir pour les beaux yeux d’une femme qui ne rêve que de cendres et de conquêtes ... »


Avec horreur, Robb porta la main à sa bouche, empêchant son flot de paroles furieuses de continuer. Le mal était fait. Il avait dit le fond de sa pensée, sans filtre. Un silence suivit sa déclaration, et il ajouta, soudain penaud, le rouge aux joues, mais continuant à la fixer avec ardeur :

« Je suis navré, je sais que je n’aurais pas dû … Mais je n’en peux plus de me taire, Deria, de voir les nobles des Montagnes Rouges grommeler de plus en plus fort, de tenter de les convaincre du bien-fondé de ce que je vois alors que tout s’effondre tout autour de nous …

J’ai l’impression que lentement mais sûrement, nos alliances lâchent, et que la Targaryen n’y est pas étrangère … Que Dorne est laissée seule, et qu’on prive notre royaume peu à peu de ses forces vives parce que nous refusons d’entrer dans ce jeu délétère de conquêtes. Je crains le pire … Et le départ de ton mari n’est pas fait pour apaiser ces craintes qui me consument quant à notre avenir. »


Avec un sourire triste, il ajouta :

« Je n’ai rien en tant que tel contre ton époux. Les choses auraient pu être différentes. Mais tous nos choix ont des conséquences.

Rappeler Roward serait une erreur monumentale, à moins que nous n’ayons plus de choix, car l’Orage ne lui pardonnerait pas ce qui serait vu comme une désertion, une preuve de son allégeance envers toi et non sa femme. Il en va de même pour Orys. C’est pire même, car pour beaucoup de nobles, il a encore plus à prouver en raison des circonstances de votre mariage. Et te dire le contraire, t’assurer que ce n’est rien, ne serait pas honnête Deria.
Tout le monde pense que je suis un imbécile, que je n’écoute pas les conversations politiques, que je ne me soucie que de femmes et de tournois. Et c’est vrai, je n’aime pas tout ça. Mais je ne suis ni sourd, ni aveugle.

Et encore moins muet. Même si je sais que tu aurais préféré … ne pas entendre tout ça. Et que tu peux très bien m’ordonner à cet instant précis de te laisser et de ne plus paraître devant toi.

Mais j’ai juré quand tu es monté sur le trône de ne jamais te mentir, d’être toujours cet ami à qui tu pouvais demander la vérité en étant certaine de l’avoir, même quand ce que j’aurais à dire ne te plairait pas. Et je ne vais pas commencer à trahir mes serments, maintenant, Deria. »


Robb avait toujours été aussi emporté qu’impétueux, et risquait de payer cher son élan de sincérité. Et en même temps … Il était soulagé d’avoir enfin pu dire le fond de sa pensée sans fard. Peut-être même que Deria comprendrait, qu’elle verrait qu’il n’avait finalement que l’intérêt du royaume en tête, à quel point ses craintes silencieuses lui pesaient. Est-ce quelqu’un avait osé énoncer face à la Princesse ces vérités crues, ces sombres hypothèses qui n’avaient rien de farfelues dans ce jeu des trônes auxquels les autres puissances se livraient ? Le Dayne se demandait s’il n’avait pas fait éclater une bulle dans laquelle la jeune femme s’enfermait pour ne pas devenir folle, pour ne pas penser à ce mari parti si vite rejoindre sa sœur pour rien, pour ne pas regretter sa politique menée jusqu’à présent. Il n’y avait pourtant aucun reproche à son encontre dans son laius, au contraire. L’Epée du Matin estimait que la dornienne avait agi noblement, et que cela n’était pas le cas de ses alliées.

Pourtant, le sable chaud de Dorne savait autant agiter les cœurs de colère que les enflammer à l’amour. La tempête passée, déjà, leurs bouches s’entrechoquaient furieusement, Robb ne se retenant pas cette fois pour exprimer son ardente flamme par ses caresses, ses mains accompagnant le tourbillon de sa langue alors qu’il dévorait les lèvres de sa Princesse autant qu’il parcourait son corps avec ferveur, profitant de son expérience pour repousser les limites de la sensualité en alternant mordillements sauvages et douces explorations. Un simple baiser pouvait atteindre des paroxysmes de volupté si bien exécuté, aussi il s’employait à plaire à son amante par la simple caresse de leurs visages se chevauchant, de leurs souffles se mêlant et de leurs membres s’entrechoquant. Se détachant, le jeune homme se mit à rire aux paroles de sa maîtresse avant de répliquer :

« Peut-être, mais au moins, je suis sûr que tout le palais sait que des renforts partent … Y compris les espions qui ne doivent pas manquer de loger à Lancehélion. Si on me reconnaît, il y a une chance pour que nos ennemis se focalisent sur les Météores et nous permettent de répliquer ailleurs dans les Montagnes … »

Sous la légèreté, il y avait un poids certain dans ces paroles. En espérant fixer le plus longtemps les bieffois, il tentait de donner de l’oxygène à l’Orage et au reste des Montagnes pour permettre une contre-attaque éventuelle … ce qui signifiait le sacrifice potentiel de sa maison, et de sa personne sûrement. Mais les Météores avaient toujours été le verrou des côtes dorniennes : si leurs ennemis voulaient passer, ils devraient prendre la forteresse. Les Dayne ne s’en tireraient pas sans séquelle, alors Robb était partisan d’en tirer parti au mieux.

« Et puis … Je t’ai demandé ta faveur pour la première fois en armure … Je sais que tu apprécies la vue … et les souvenirs. »

Un nouveau baiser vint ponctuer ses dires, alors qu’il déliait lentement les attaches, embrassant doucement les mains qui se portaient à son secours, susurrant des facéties au creux des poignets et riant parfois d’une lanière réticente à s’en aller. Entre Deria et lui, il y avait des cris et de la rage, mais c’était cette passion toute dornienne qui s’exprimait aussi à travers leurs envolées, dans cette tendresse mutuelle qui succédait à l’agacement et au ressentiment. Au fond, sa relation avec la Princesse était similaire à celle qu’elle pouvait entretenir avec Anders, tous deux étant aussi sanguins et francs l’un que l’autre. Seulement lui n’était pas son frère … mais un amant fougueux, dans ses paroles comme dans ses actes.


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MessageSujet: Re: Et l'Aube s'en fut, laissant le Soleil veiller. [PV Deria]   Dim 24 Sep - 15:36

Je devrais pourtant le connaître depuis le temps, je devrais savoir qu’il ne faut guère chercher à connaître une vérité que l’on ne désire pas connaître avec lui. La franchise devient chez lui presque davantage un défaut qu’une qualité. J’aurais donc dû m’en douter, sachant qu’en plus cela doit faire un moment qu’il se retient de peur de trop en dire.  Le moins que l’on puisse dire est qu’il ne se retient pus vraiment. Je l’observe et le laisse parler, lui faisant signe de continuer quand il s’arrête un instant. Ne pas m’offusquer. Je veux bien essayer, mais étant donné ses premières phrases et le courage qu’il semble rassembler pour continuer, je préfère ne rien promettre.

Et mon visage se ferme au fur et à mesure qu’il parle, ne me laissant aucunement le temps de lui répondre un tant soit peu. En soi, il n’a pas forcément tort, j’ai beaucoup offert à la dragonne et tout cela pour quoi ? Si cela se passait bien avec Orys, avec elle, c’était loin d’être le cas, et ce depuis longtemps. Et cette alliance ne nous amenait rien, ne nous aidait en rien. Pourtant, je sens ma mâchoire se crisper et ma posture se raidir. J’aime beaucoup Robb, vraiment, trop sans doute, et je sais fort bien qu’il me parle ainsi uniquement parce que nous sommes seuls et parce que je l’y ai en quelque sorte invité. Mais malgré cela, il semble oublier un peu que je suis princesse de Dorne, que c’est moi qui aie conclu ces accords qu’il décrit et que si lui est conscient des manquements et des agissements des Targaryens, je ne le suis que davantage encore.
Je le fixe, le regard froid, et mon sourcil se hausse alors qu’il porte la main à la bouche et se tait. Mais je le laisse reprendre, la bouche plissée, la colère montant lentement. Certes le fait qu’il tape juste, là où ça fait mal, et qu’il ait raison sur beaucoup de choses y joue pour beaucoup. Non, je n’ai pas envie, ni besoin en vérité, de l’entendre dire tout cela. Même venant de lui, qui fait presque parti de ma famille.

« Il y a une différence entre trahir tes serments et te montrer offensant Robert. Je n’ai jamais pensé que tu étais sot, mais tu devrais par contre apprendre à retenir ta langue avant de t’exprimer. Tu m’as juré de ne pas me mentir il est vrai. Mais tu ne t’adresses nullement à Deria en faisant ainsi la liste des manquements de nos alliés, des erreurs faites par la couronne, des douleurs et des craintes des nobles et du peuple. C’est la princesse qui, de tout cela, est responsable. C’est à elle que tu t’adresses et que tu juges. »

Je le toise, toujours froide, même si je parviens plus difficilement à garder cette attitude avec lui qu’avec les membres du Conseil. Avec lui, avec eux, la colère revient plus rapidement.

« Je ne discuterai nullement avec toi ni des clauses du mariage, ni des actions des autres royaumes.  
Crois-tu néanmoins que j’ignore ce qu’il se passe en mon propre royaume ? Que je n’entends pas mes nobles gronder ? Que je ne vois pas Peyredragon nous abandonner ? Me crois-tu si aveugle et stupide de ton côté Robert ? J’ai fait des erreurs et j’en paie le prix, la principauté en paie le prix, mais j’essaie de me rattraper et d’arranger la situation. Et surtout, surtout, ce n’est pas à toi de me pointer du doigt tout ceci. »
J’inspire, le fixant toujours, ma colère transparaissant bien plus que je ne le voudrais. « N’oublie pas à qui tu parles. »

Je  finis par secouer la tête, me pinçant l’arrête du nez un instant, avant de le rouvrir les yeux pour le regarder à nouveau en soupirant.

« Je sais que tu t’inquiètes et que tu ne pensais pas à mal, loin de là même sans doute. Je te connais et je ne t’en tiendrais donc pas rigueur, mais prends tout de même garde à tes paroles Robb. Orys préfère rejoindre sa sœur et perdre ce qu’il avait commencé à acquérir ici. Soit. Je le déplore et le regrette, mais je n’espère nullement qu’il fasse marche arrière maintenant. Quant à Roward, nous espérons tous deux qu’il restera fidèle à Dorne et non à la reine Durrandon… Il revient avec l’armée, il n’y a nulle discussion à avoir à ce sujet non plus. D’autant plus que l’Orage ne tient pas ses engagements concernant le contrat de mariage. »

Et cela, j’allais en discuter directement avec Roward, et avec Argella. Je n’avais vraiment ni envie, ni besoin d’en discuter avec Robb à l’instant présent. Je suis certaine qu’il ne pensait pas à mal, qu’il a juste voulu s’exprimer et être aussi sincère avec moi qu’il l’avait toujours été jusqu’à présent. Et c’est bien pour ces raisons que je ne l’ai pas renvoyé véritablement. J’ai même discuté plus que je ne l’aurais souhaité, c’est bien l’un des seuls à qui je permettais autant, parce qu’il était plus qu’un noble. Mais je n’étais guère d’humeur et il avait été de toute manière trop loin, malgré toute la tendresse et la tolérance que je pouvais avoir pour lui. Il soulevait bien trop de points sur lesquels je doutais déjà, trop de sujets sensibles qui étaient sources d’angoisse et de colère.

Et j’ai toujours les nerfs à fleur de peau quand ses mains m’effleurent, j’ai toujours la mine butée quand ses lèvres rejoignent les miennes. Et j’essaie, vraiment, de chasser tous ces sentiments et ressentiments, que ce soit contre lui ou d’autres, qu’il a malheureusement réveillés et ravivés. Mais ce n’est évidemment pas si simple me connaissant, et je tente de dépasser ce stade, de passer outre mon exaspération, sans grand succès… Mais c’est Robb. Et il me connait lui aussi suffisamment de son côté pour parvenir à estomper cette mésentente. Certes, pas totalement, mais assez pour me faire sourire et soupirer sous ses baisers.
Je le fixe en haussant un sourcil, ma mâchoire se crispant de nouveau malgré moi.

« Tu me rassures terriblement. Mais tu cuiras tout de même avant d’arriver aux Météores. Et au vu de l’armée qui nous fait face, je doute que… Oh, nous avons déjà discuté de tout cela et je n’ai pas envie de devoir à nouveau te rappeler ce qu’il en est, puisque tu l’as dit toi-même, tu es loin d’être sot. »

Je ne suis pas certaine que cela change quelque chose, que d’autres sachent qu’il se rendait là-bas, ni même qu’Anders se rende là-bas. Et ce n’était pas pour détourner l’attention de l’ennemi que je le faisais, mais davantage pour donner courage et confiance aux hommes. Et là, j’espère que ça changera quelque chose…
Et je ne peux m’empêcher de  secouer la tête et de rire quand il reprend.

« La vue ?... D’une armure ? Que je sois nostalgique ou que ce soit un bon souvenir, ce n’est pas faux, mais une armure n’a rien de séduisant sache-le si tu en doutes encore. »

Et cet idiot parvient néanmoins à chasser mes réticences et mes craintes, mon irritation aussi. Lentement, à coups de baisers ici et là, de murmures amusés et de soupirs avides, je retrouve le sourire pour de bon. Et petit à petit, cette complicité et cette envie qui sont les nôtres reviennent et prennent le dessus sur le reste, effaçant la princesse et les charges qui sont les siennes. Seules restent ses mains qui me frôlent et me font oublier ce qui nous entoure, seules restent ses lèvres qui me font sentir unique et belle.
Je fais glisser mes doigts sur lui quand enfin la dernière pièce de son armure tombe au sol. L’attirant vers moi, nous éloignant de l’armure qui trône maintenant au sol, avant de lentement monter mes mains pour retirer sa chemise, que je fais passer au-dessus de sa tête. Frôlant son torse du bout des doigts, je vais frôler sa mâchoire et esquisse un sourire. Je murmure en allant effleurer ses lèvres, mes doigts se mêlant à ses cheveux.

« Tu vas me manquer… Tu feras vraiment attention n’est-ce pas ? »

Et sans trop lui laisser le temps de répondre, je l’embrasse de nouveau, mes mains reprenant leur chemin sur sa peau pour finir de lui retirer ce qui lui reste de vêtements. Ce n’est ni sage ni raisonnable, mais ses bras et son sourire deviennent les seules choses qui comptent.



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MessageSujet: Re: Et l'Aube s'en fut, laissant le Soleil veiller. [PV Deria]   Mar 17 Oct - 15:33

Robb était allé trop loin, bien sûr. Il le savait, il en avait une conscience aigüe. Il n’avait pas la place de conseiller qui lui aurait permis de pouvoir dire tout ce qu’il désirait -encore qu’il y aurait sans doute plus mis les formes. Mais à force de ressasser et d’être l’ange gardien de l’ombre, celui qui rappelait aux autres nobles d’un sourire enjoué qu’il valait mieux ne pas contester la Princesse en sa présence, il avait fini par craquer, et le flot venimeux s’était fait trop volumineux pour sa poitrine. Il avait craché sans pouvoir s’arrêter, contemplant les dégâts et mesurant son idiotie. Le pire ? Une part de lui-même trouvait qu’il avait eu raison. Qu’à défaut de faire plaisir, il avait peut-être un peu secoué Deria pour qu’elle prenne les décisions dignes de sauver Dorne, y compris de leurs alliés inconstants. Une autre s’en morigénait silencieusement, craignant d’avoir perdu sa confiance. Brusquement, une bouffée de haine le dévora. Il détestait tous ces imbéciles qui se disputaient le pouvoir ou bien attisaient les haines, y compris à Dorne et dans sa propre famille. Le poison de la dissension courrait dans ses veines : il avait toujours fait front aussi noblement que possible, défendant sa nièce envers et contre tout. Et pourtant, là, il éprouvait à son égard autant de défiance que pour tous ces seigneurs qui se pavanaient en regardant de haut la Principauté. Dorne leur rendrait gorge un jour, à tous ces prétentieux. A force de fouler les descendants de la Rhoyne au pied, de critiquer leurs mœurs sans regarder les leur en face, de respecter leurs propres alliances et de jouer double-jeu, ils finiraient tous par attirer sur leurs têtes un mal bien plus dangereux que les cavaliers pillards. Lui-même, l’un des plus mesurés, finalement, commençait à ronger son frein. Bientôt, la haine les pousserait à toutes les offenses et loin de le regretter, tous s’en délecteraient, pour leur salvation ou leur malheur. En tout cas, Robb en avait l’intime et amère conviction : Deria serait amenée à prendre des décisions douloureuses. Il espérait juste qu’elle le ferait avec justesse, et sans craindre de rompre des liens peu glorieux pour en tisser d’autres.

« Je sais que je n’aurais pas dû parler ainsi. La preuve, tu m’appelles Robert … »

La piètre tentative d’humour n’eut évidemment aucun écho, sauf celui d’apparaître aussi contrit qu’il l’était réellement, en dépit de tout. Inspirant profondément, il se prépara donc au plus douloureux pour lui : exprimer les excuses qu’il avait su devoir présenter à la minute où il s’était décidé à parler.

« Je suis navré. A aucun moment, je ne t’ai jugé, même si tu as pu le penser. Pas même tes décisions. Tu as fait ce que tu as cru être le mieux, et ce n’est pas de ton fait si la déloyauté a régné, y compris dans mon propre sang.

Argella ne respectera probablement pas ses engagements. Ce mariage … Il lui fait horreur. Elle ne comprend pas la chance qu’elle aura d’avoir un mari qui saura la respecter. J’aimerais croire que l’honneur guidera ses actes. J’ai tout essayé pour la convaincre d’ouvrir un peu son cœur à ce qui est pour moitié son sang …

C’est ainsi. Pour autant … Je persiste à penser que c’était une bonne décision. Et qu’elle était faite avec des pensées honorables vis-à-vis de Dorne, comme tout ce que tu as fait. »


Presque timidement, il prit le bout de ses doigts entre ses mains, et murmura :

« Je sais que tu es une Princesse qui a toutes les qualités pour diriger Dorne. Je l’ai répété à tous ceux qui ont tenté de me parler cette année, tu sais.»

Il lui fallait juste, peut-être, un râleur à ses côtés. Quelqu’un qui saurait la tempérer dans ses relations personnelles autant que lui presser le pas pour prendre des mesures audacieuses. La cadrer en somme, la compléter. Sans doute avoir du recul, un peu de fausse légèreté. Un soupir manqua ourler ses lèvres. Si seulement … La pensée lui était venue, et il la chassa presque aussitôt. Non. Pas maintenant. Jamais. Il se l’interdisait.

« Ser Robert Dayne, second du nom, Epée du Matin présente officiellement ses plus plates excuses à la Princesse Deria Martell, souveraine de Dorne, et est prêt à endurer les conséquences de ses actes, fussent-elles un départ immédiat avec injonction de ne plus reparaître à la cour. »


Il avait mis un genou à terre, quoiqu’il lui en coûtât plus qu’il n’aurait dû de faire ainsi amende honorable. Il n’y était guère habitué. Mais cela était nécessaire, et atténué par le fait qu’il s’y était pleinement préparé. Sa voix n’avait ni tremblé, ni failli. Elle était claire et déterminée, empreinte d’une tonalité mâle qui était loin de son ordinaire légèreté. Là, il était le chevalier, et non l’ami. Après tout, il avait toujours su faire la pleine différence, contrairement à ce que certains imaginaient.

La sentence prononcée, la lourdeur s’estompa pour en revenir à des considérations plus plaisantes. A nouveau, il pouvait vraiment sourire et plaisanter, ce qu’il savait faire de mieux, de toute manière.

« Si tu pouvais placarder cette phrase sur le nez de tous les imbéciles qui pensent qu’une armure de chevalier les rend plus grands qu’ils ne le sont, n’hésite pas.

Avec un peu de chance, nous occirons ainsi tout le Bief. »


Se penchant au creux de son cou, il murmura :

« Après, j’admets que les meilleurs souvenirs concernent effectivement le moment où l’armure est ôtée … Mais ce ne serait pas convenable de le dire, n’est-ce pas ? »

Déjà, son armure était à terre, suivie de sa chemise.

« Vraiment pas convenable … »

Comme s’il en avait quelque chose à faire. Frissonnant légèrement sous l’appui de ces doigts féminins qui effleuraient son torse, Robb regarda sa maîtresse, ses yeux mauves tendant vers l’améthyste sous l’effet de l’impétueux désir qui l’envahissait.

« J’essayerais. Promis. »

Il posa sa main sur son ventre et murmura :

« J’aimerais bien le ou la connaître, tu sais. »

Il soupira entre deux baisers :

« Toi aussi tu vas me manquer … »



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MessageSujet: Re: Et l'Aube s'en fut, laissant le Soleil veiller. [PV Deria]   Mar 21 Nov - 15:16

Devrais-je m’étonner que cela tourne ainsi le connaissant ? Il a toujours été beaucoup trop impulsif et quelque peu irrespectueux, pourquoi est-ce que cela me surprend qu’il aille si loin en me parlant à moi ? Quoique cela ne me surprend pas tant que cela… Peut-être cela me blesse-t-il plus qu’autre chose. M’offense aussi. Car dans tout cela, il oublie malgré tout bien rapidement que je ne suis point son amie, mais sa suzeraine. Sans doute est-ce aussi de ma faute, je ne me comporte que rarement en tant que telle face à lui, si ce n’est jamais en privé. Après tout, c’est Robb, il est, au même titre que mes frères et sœur, un privilégié. Ce qui est un avantage comme un inconvénient je le sais bien. Toujours est-il que je ne peux pas laisser passer un tel comportement, même venant de lui, ou surtout venant de lui, quand bien même il est assez réfléchi pour le faire en privé. Et quand bien même puisse-t-il avoir raison sur le fond… Et si même ceux qui me sont proches sont mécontents, qu’en est-il des autres ? Je n’ose trop y penser, mais il va falloir que je réfléchisse et agisse, si jamais on m’en laisse un jour l’opportunité.

Mais fort heureusement, il se rend compte qu’il a été trop loin. Je n’ai pourtant pas l’impression d’avoir été suffisamment dure, mais apparemment rien que d’utiliser son prénom suffit. Bien. Je reste le visage fermé, le menton levé, alors qu’il commence à s’excuser. Ma mâchoire se crispe à nouveau alors qu’il parle d’Argella. Et dire que j’avais vendu Roward pour cette alliance… qu’il s’éteignait là-bas pour un mariage qui ne menait à rien…
Je le laisse s’emparer de ma main alors que j’inspire lentement. A quel point lit-il en moi ? A quel point sait-il que je doute et que je redoute chacune de mes décisions ? Je ne devrais plus depuis le temps pourtant. Et le voilà encore dans toute sa théâtralité, qui le fait mettre genou à terre, pour me présenter à nouveau ses excuses… En vérité, c’est bien cela qui m’ennuie. C’est qu’il devrait se comporter réellement ainsi face à la princesse. Et je ne le supporte guère en vérité. C’est stupide je le sais. Je continue pourtant de le toiser quelques secondes.

« Vous êtes pardonné Ser Dayne. » J’inspire lentement et lui fait signe de se relever. « Mais vous comme moi savons parfaitement que les bonnes intentions et les pensées honorables ne sont jamais suffisantes, d’autant plus avec de tels adversaires ou alliés… »

Je ne reviendrais pas sur les désirs et pensées de sa tante, doté d’un comportement bien immature et irresponsable pour une reine. Je ne me considère pourtant guère comme quelqu’un de sage, et je ne devrais pas juger, mais il y a des limites à tout, n’est-ce pas ? Je le dévisage, avant de lentement inspirer et de secouer la tête, replaçant une mèche de cheveux derrière mon oreille.

« Je ne vais pas te chasser de Lancehélion, cela rendrait les jeunes demoiselles bien trop tristes, ce serait une catastrophe.
Relève-toi. »


J’esquisse un sourire, qui met quelques instants avant de monter à mes yeux. Et il doit bien le savoir, que cela ne passera pas aussi vite, ni aussi aisément, il ne se serait pas prêté à ce jeu si solennel alors que nous sommes seuls sinon.

Mais le fait est que son départ imminent et mon inquiétude pour eux, pour lui, m’obligent à passer outre pour le moment. Comment pourrais-je le laisser partir en étant en colère sans certitude de le revoir après ? Je ne supporterais pas de les perdre, alors les perdre en étant restée sur une dispute…
Je lève les yeux au ciel, sans lui répondre pour autant, même si un mince sourire vient ourler mes lèvres à sa réplique. Et je me retrouve à frissonner alors que ses lèvres se perdent dans mon cou.

« Effectivement, il serait dommage de gâcher un tel moment de solennité avec quelques réflexions peu appropriées. »

Je le fixe et inspire profondément, posant ma main sur la sienne.

« Tu le connaîtras. Je ne veux pas que tu essaies, je désire que tu reviennes. Et c’est un ordre. »

Malgré cette peur qui m’étreint de ne pas les voir revenir. Et si je peux aisément l’avouer concernant Roward ou Anders, c’est bien plus délicat en ce qui le concerne. Pourtant, cette peur est la même, presque aussi grande et tout aussi palpable. Parce qu’il s’agit de Robb…





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MessageSujet: Re: Et l'Aube s'en fut, laissant le Soleil veiller. [PV Deria]   

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