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[Terminé - Tour III] When the Nera's bastard meet the wolf king PV Torrhen
MessageSujet: [Terminé - Tour III] When the Nera's bastard meet the wolf king PV Torrhen   Ven 2 Déc - 20:39


       

An 0 Mois 9 Semaine 2
Daemon & Torrhen
       

       
When the Nera's bastard meet the wolf king

       
Ma tente de campagne militaire est sommaire car en plus de ne disposer que du statut de chevalier non fieffé j'ai l’immense déshonneur de jouir du statut de bâtard. Une double peine, combinaison bien douloureuse aux yeux de certains mais dont je me moque littéralement au plus haut point. Certes mes appartements de campagne sont modestement ridicules à coté de ceux de la noblesse mais ils sont infiniment plus confortables que ceux des roturiers ou des soldats de métiers. J'ai de quoi dormir confortablement, du vin en quantité raisonnable, de l'espace, de la lecture et des objets précieux à mes yeux comme un pendentif offert par ma beauté Lysienne ou un manteau de fourrure offert par Ser Kendrick suite à mon adoubement. Mon espace personnel est donc réduit mais bien rempli et aussi chaleureux et agréable que puisse l’être une tente de campagne. Assis sur le siège en bois se trouvant devant une petite table enfin si deux tréteaux et une planche de bois peuvent être considérés ainsi sans faire offense à une véritable table je me détendais en savourant une coupe de vin aisément qualifiable de piquette de bien mauvais goût. Néanmoins, je comprenais aisément que mes goûts hédonistes ne pouvaient être satisfaits dans la situation actuelle. Torse nu et uniquement vêtu d'un pantalon et de bottes je relisais un poème que j'avais écrit pour Mordane pendant que mes deux écuyers s'affairaient en silence à leurs ouvrages respectifs. Duren nettoie mon armure tandis que Adam polit mes deux épées avec une attention particulière. Ma blessure à l'épaule gauche me lance encore lorsque j'effectue des gestes trop brusques. Mon épaule est bandée dans un cataplasme. La plaie a été soignée, recousue puis bandée et on m'a donné des herbes médicinales à prendre quotidiennement. Le gout est infect mais je n'ai pas le choix. C'est le prix de la guérison.

Le bâtard Celigar aimerait que je lui enseigne mon style de combat à deux lames cependant je ne suis pas sur que ce dernier lui conviendrait. Il me semble bien plus efficace avec une hache et un bouclier. Quoi qu'il en soit mes deux écuyers faisaient ce qu'ils avaient à faire avec application, j'étais tranquillement installé dans ma tente en train de me ressourcer en pensant à ma belle et aux mots susceptibles de lui arracher un sourire amusé, mon cheval de guerre Ataleus était parqué avec le reste des montures de la cavalerie Peyredragonienne et un petit groupe de palefrenier avait pour tache de soigner et bichonner nos plus fidèles compagnons et enfin les troupes de la coalition là dehors étaient en train de fraterniser et de fêter la victoire de Paege. Je repose le poème sur la table et termine mon verre de vin en souriant. Puis, mon regard dévie vers Miséricorde et Silence mes deux épées en train d’être polies par Adam. Duren me propose de me servir une autre coupe et je décline avant de me lever et  de décider d'aller rendre mes hommages au roi du nord. L'un des plus vaillants combattants qu'il m’ait jamais été donné de voir à l’œuvre. Je savais maintenant d’où les nordiens tiraient leur férocité. Le roi loup devait ètre une grande source d'inspiration pour ces guerriers nés. Je demande donc à Duren de m'habiller pour l'occasion. Adam cesse son ouvrage pour venir aider son camarade de basse extraction et me voilà bien vite revêtu d'une tunique couleur sable, d'un pantalon noir et de bottes marrons.


        Un gambison noir relativement élégant et d'une cape accroché à l'épaule droite de couleur sable. Adam se demande si le roi du nord acceptera de me recevoir car il est bien placé pour savoir que nous les bâtards avons la vie dure et par conséquent la peau dure mais que les puissants et les bien nés nous dénigrent peu importe le mérite que nous pouvons acquérir ou l'éclat de nos actions. Je lui répond avec un léger sourire que s'il y a bien un roi qui accepterait de me recevoir c'est bien le féroce et compétent loup de Winterfell pour un certain nombre de raisons. Tout d'abord parce que les anciens dieux ne considèrent probablement pas les bâtards avec la même sévérité que les sept ou du moins que leurs représentants et croyants d'une part et d'autre part que le roi du nord me semble justement être le genre de personne à juger les gens sur leurs actions et non pas sur des choses sur lesquelles ils n'ont aucune once de responsabilité. Je laisse mes deux écuyers prendre un peu de repos avant de quitter la tente d'un pas léger. Le camp que je traverse est frappé par l’allégresse et de tout cotés hommes du nord et Peyredragonniens fraternisent autour d'une pinte, se racontent leurs faits d'armes, leurs joies, leurs peines et bien d'autres choses.

La guerre peut prendre beaucoup, en fait elle peut tout vous arracher et vous laisser aussi nu et impuissant qu'un nouveau né mais elle peut également vous donner. Le ciment d'une alliance durable et solide s’amoncelait en ces lieux et cela faisait plaisir à voir. Je saluais les hommes d'armes s'inclinant sur mon passage et échangeais quelques poignées de main et mots de sympathies avec quelques soldats. Ils ne me respectaient pas parce que j'avais du sang noble dans les veines bien au contraire car mon statut de bâtard n'était pas une fierté mais pour mes actions martiales. Après tout on ne gagne pas un surnom comme l'étoile sanglante en restant à l'arrière. Quelques accolades avec des frères d'armes Peyredragonniens plus tard je dépasse l'agitation des plus joyeux pour m'engager sur le chemin des tentes des nobles du Nord. J'atteins finalement la tente royale reconnaissable entre toutes et me présente aux deux gardes  avant de demander audience auprès du roi Stark. J'attends ensuite devant le pavillon royal en silence, en faisant abstraction de ma douleur à l'épaule. La blessure a été bien soignée alors je ne risque rien. Il faut juste la laisser guérir. Bien que je me doute que le temps nous est compté et que la prochaine bataille n'est pas si lointaine.


       
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Dernière édition par Daemon Waters le Mer 7 Déc - 0:15, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: [Terminé - Tour III] When the Nera's bastard meet the wolf king PV Torrhen   Sam 3 Déc - 17:27

Je continuais de passer mon temps à lire des cartes, à avancer comme je le pouvais. J’avais mal partout, sans très bien savoir si c’était le contrecoup de la blessure que j’avais subie ou si c’était du fait de l’inaction et du fait que je restais alité de longues heures durant. Difficile de savoir. Quoiqu’il en soit, je ne me sentais absolument pas au mieux de ma forme, et je savais que cet état de fait allait perdurer pendant plusieurs jours, sinon plusieurs semaines. Je devais prendre garde, comme ma promise me l’avait demandé. Plus je m’économiserais et plus il y avait de chances pour que je parvienne à m’en sortir sans séquelles, sans blessures qui pourraient me relancer plus tard. C’était toujours délicat les blessures à la tête, on se demandait toujours comment ça allait laisser son empreinte sur nous dans le futur. Je lisais le compte-rendu que m’avait rédigé Lord Forel à propos des fournitures. Nous avions encore largement de quoi tenir dans les jours à venir, et le pays pourvoira aux besoins de base de l’armée, il n’y avait absolument aucune raison pour qu’il y ait des difficultés. Cette partie du Conflans n’avait été paradoxalement qu’assez peu traversée par les armées en marche ; aucune armée coalisée n’avait marché dans les environs jusqu’à récemment et les armées du Noir avaient privilégié l’ouest, vers Beaumarché, ou à ce qu’il se disait les routes au sud de l’OeilDieu. Le ravitaillement ne poserait donc pas de ravitaillement à court terme, d’autant que les convois du Train Royal commençaient à arriver dans la région. Il ne fallait pas se demander si l’ennemi agirait sur ce sujet par opportunisme, mais plutôt pourquoi il ne l’avait pas encore fait. Je ne pensais pas que l’ennemi soit déjà dominé par quelque impression d’infériorité, par quelque sentiment fugace qui le mettait en vrac devant notre avancée.


Je repoussais les fourrures alors que les aides de camp firent leur entrée. Pas de servante au camp, comme il était de coutume à la cour ou au château. Ici, il s’agissait de jeunes pages, de fils de familles proches de la maison du Roi. Ils entreprirent de m’aider à me dessaper et me plongèrent dans un grand baquet d’eau. Je n’avais aucune timidité quant au fait de me retrouver nu devant des étrangers ; mon corps n’était qu’un outil, une arme, et je n’avais aucune tare ou stigmate qui soit honteux. Mon corps était marqué de cicatrices de vingt ans de guerre ; coups d’armes d’hast, flèches, coups d’armes de poing. J’étais parsemé du récit de ma propre existence, de la légende de mon combat. Je me détendais dans l’eau chaude, chauffée au dehors dans une grande marmite qui servait le soir à faire mijoter le ragoût de la Garde-Loup. Les volutes m’encadraient et je m’y endormais un moment, le visage humide, les cheveux et le bandage trempé. Je me fis rudoyer par le jeune mestre attaché au service de ma future Reine quand il me découvrit ainsi, et je maugréais dans ma barbe entre deux de ses sermons. Je me laissais rhabiller, une tenue simple, sobre. Mon habituel par-dessus noiur frappé du loup-garou, pantalon de monte en laine blanche du Nord. Je n’enfilais pas mon ceinturon ni ne ceignait Hurlements, pas plus que je ne prenais ma cape. Rien de tout ceci ne me servirait aujourd’hui. Je maudissais le bandage qui entourait toujours mon front et les côtés de ma tête.


Un de mes gardes entra en armure, emmitouflé dans sa cape gris clair ; le vent forçait depuis la bataille, et je le sentais dans mes os, plus que jamais l’Hiver venait. L’homme m’indique qu’un chevalier de Peyredragon demande audience. Je fronce les sourcils. Tiens. Que me veut cet homme. Je demande à le faire entrer, alors que je m’asseois sur un des sièges réquisitionné chez le châtelain local, près du feu qui brûlait en permanence dans ma tente. L’homme est introduit et j’attends qu’il me salue comme il se doit avant de l’accueillir, me passant une main dans la barbe et en me calant dans le fond de mon siège.



| Bienvenue Céans, Ser. Je suis curieux de votre venue. Dame ma promise n’est pas avec moi si c’est avec elle que vous vouliez vous entretenir ; son dragon a été blessé et elle s’occupe de lui. Aussi allez droit au but, qui êtes-vous, jeune homme, et que me voulez-vous ? |


Ce n’était pas lancé sur le ton brusque de l’impatience, mais de mon ton calme, serein, habituel. La voix transpirait l’habitude de donner des ordres, mais je ne l’imposais pas de manière ferme et définitive.





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MessageSujet: Re: [Terminé - Tour III] When the Nera's bastard meet the wolf king PV Torrhen   Mer 7 Déc - 0:23


       

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When the Nera's bastard meet the wolf king

       
Le vent fait claquer l'étendard Nordien fermement accroché à une hampe devant le pavillon royal. M'étant présenté devant le garde de faction, je n'ai plus qu'à attendre le verdict final. Le bâtard que je suis se verra il accorder l'infini honneur d'approcher une majesté guerrière ? Une bien épineuse question qui devrait fort heureusement trouver réponse bien assez tôt car il se figure que je déteste rester oisif. Il me faut quelque chose à faire sinon je tourne en rond et me laisse aller à la mélancolie. D'autant plus facilement que ma bien aimée princesse Lysienne se trouve désormais à des centaines de lieux de moi. Bien sur Mordane n'est pas une princesse réfugiée car il n'y a point de prince ni de princesse dans la cité libre de Lys. A dire vrai ma merveille brisée est issue d'une famille de la petite noblesse de cette cité libre. La noblesse marchande diront certains. Quand bien même cela n'a plus aucune importance à ses yeux désormais, cela en gardera à jamais une aux miens. Non pas pour me flatter mais bien au contraire me rappeler l'importance de certaines choses.

Pour en revenir à ma détestation de l'oisiveté, il fallait reconnaître que je n'avais pas grand loisir de l'éprouver en ces temps de guerre. Car lorsque je n’entraînais pas mes écuyers, ne m'occupais pas de mes chevaux moi même, ne révisais pas mes compétences martiales avec mon briscard de mentor, n'écrivais pas des poèmes et des chants en l'honneur de Mordane, ne discutais pas avec les hommes, ou ne participais pas à une petite rixe amicale entre habitants de la Nera après un verre de trop j'avais tout juste le temps de reprendre des forces en prévision du lendemain. De ce lendemain qu'attendaient et appréhendaient tous les combattants engagés dans un conflit. Debout dans la fraîcheur de cette fin de journée, j'observe le loup garou argenté se mouvoir en saccades fluctuantes au gré de la brise propre à la contrée des fleuves et des lacs. Le féroce animal s'imprime dans la rétine de mes sombres prunelles et un souvenir d'enfance m'emporte dans l'étendue tortueuse du passé tandis que je me fige et me fais aussi immobile qu'une statue de grès. Le petit garçon brun à la beauté ténébreuse déjà bien affirmée tranchant avec les cheveux châtains et les yeux clairs du reste de sa fratrie explore le moindre recoin de la forteresse tel un spectre errant dans les limbes. Il s'enfonce dans la noirceur des couloirs, escalade les obstacles se dressant sur sa route en frisant parfois l'inconscience du danger, ses petites mains caressent les murs de pierre de la forteresse ancestrale des seigneurs à l'étalon cabré.

Brisevent est son nom. Car de par son positionnement elle encaisse les élans de brise marine venant de la cote toute proche et les canalise. Le vent siffle dans les oreilles du jeune Waters qui se plaît à découvrir le moindre recoin du château Claquepincien. Il sait qu'à cet heure là, il devrait déjà être couché à l'instar de ses deux demi frères aînés et de son cousin mais il s'en moque. Le monde ne le traite pas comme les autres. Il n'a pas droit au respect que l'on accorde à ses demi frères et au reste de sa famille alors il ne voit pas pourquoi il se plierait aux règles. Des règles édictées par d'autres pour d'autres à ses yeux de gamin mal dans sa peau. Il est différent alors il se tracera un chemin différent et il ne fait peu cas de l'avis des bien nés. Intenable et impétueux, le garçon n'en fait qu'à sa tète déclenchant par la même une nouvelle volée de commentaires désobligeants sur sa juvénile personne. Dans les moments comme celui ci ou il est seul avec lui même dans les tréfonds de l'imposante structure défensive, comme celui ci ou il s'affranchit de lui même des diktat d'un monde qui le méprise il se sent bien, en paix avec lui même au plus profond de la nuit. Malheureusement, peu importe l'heure Brisevent n'est jamais déserte comme tout siège seigneurial dans les sept couronnes. Et le garde de la maison Hardy patrouillant dans les couloirs de la forteresse ne sembla pas étonné de tomber sur le bâtard du seigneur et maître des lieux. Il esquissa un sourire en coin. Le vétéran aime bien ce petit, il est comme son capitaine et ses frères d'armes persuadé qu'il fera un bon soldat une fois qu'il aura cessé d'incarner tous les clichés véhiculés sur les enfants illégitimes. Steffon de son prénom s'avance vers le sale mioche d'un pas menaçant mais ce dernier se contente de tourner les talons et de s'élancer.

Seulement, le soldat a l'habitude et il rattrape le garnement quelques instants plus tard avant de soulever comme un sac de pomme de terre. Il le pose sur son épaule et prend la direction des appartements alloués au bâtard des Hardy ne prêtant aucune attention aux cris de rage et autres gesticulations sauvages du gamin à la dérive. Il le menace néanmoins de lui en coller une dans la mâchoire si il ne cesse pas son foutu cirque. Le gamin ne s’arrête pas alors il reçoit sa taloche et finit par se taire. Au détour d'un couloir Steffon et son encombrant chargement tombe nez à nez avec dame Eleanor l'épouse de Ser Alessandor le frère cadet du lord et capitaine des hallebardiers de la maison Hardy.

        La belle nordienne issue d'une branche cadette d'une grande maison de la contrée la plus vaste du continent. Le gamin insupportable esquisse une moue contrite qui ne lui ressemble absolument pas mais qu'il adopte souvent en présence de dame Eleanor. La seconde dame de la maison Hardy pousse un soupir résigné avant de récupérer le Waters qu'elle porte jusqu'à sa petite chambre. Une fois l'enfant couché elle lui fait un sermon bien qu'elle sache pertinemment que le garçon ne l'écoute pas. Lorsqu'elle le regarde elle ne voit qu'un enfant en manque d'amour et d'attention là ou le reste du monde ne voit qu'un tas de problèmes ambulant. Alors elle s'assoit près du jeune bâtard et lui demande quelle histoire il souhaiterait entendre. Elle lui propose les dragons voisins ou la légende du roi guerrier de l'Orage. Mais, le petit secoue furieusement la tète. Parle moi de ton pays tata dit il. Les yeux de la jeune mère s'emplissent de mélancolie et elle conte au petit Daemon les légendes nordiques, lui conseille de rester sage sinon les autres viendront le faucher, lui vante la férocité des guerriers du nord.

Le Waters finit par s'endormir avec un sourire sur les lèvres tandis que dame Eleanor dépose un baiser sur son front avant de quitter la pièce satisfaite. Le garde me tire de ma rêverie en posant une main sur mon épaule. Ce dernier me jette un drôle de regard avant de m'indiquer que le roi accepte de me recevoir. Je lui adresse un sourire chaleureux bien qu'un peu forcé. Il s'imagine que cela ne tourne pas rond dans ma caboche simplement parce que voir l'étendard Stark flotter au vent m'a plongé dans mes souvenirs d'enfance et dans les histoires que me racontait Dame Eleanor au sujet de sa contrée d'origine et cela m'amuse. Mais il ne serait pas convenable de faire attendre un souverain et qui plus est un souverain acceptant gracieusement de me recevoir. Alors je détends mon bras gauche pour faire passer la douleur mordante irradiant mon épaule par intermittence avant d’emboîter le pas au garde de faction devant l’immense pavillon. Ce dernier ressort dans la foulée me laissant seul face à l'un des rois les plus puissant du continent. Celui dont la légende guerrière était la plus éclatante si l'on faisait abstraction de feu le roi de l'Orage. Je ne peux nier que je suis impressionné par l'homme se tenant dans un siège en bois de fort belle facture.

Durant l'intervalle entre le moment ou le garde ressort de la tente royale et celui ou je m'approche du souverain fiancé à la reine dont j'avais épousé la cause, j'avais eu le temps d'admirer  les lieux d'un regard circulaire appréciateur. Mes prunelles sombres avaient pu embrasser le pavillon de guerre et avaient goûtés visuellement au faste royal, à la richesse de l'armure du roi loup et à la gigantesque épée Valyrienne si massive qu'elle tenait bien plus de l'espadon que de l'épée. Le roi Torrhen Stark se cale plus confortablement dans son siège et je ne peux que constater qu'il est blessé et en convalescence. J'éprouve immédiatement du respect pour ce roi guerrier menant ses hommes en première ligne. Tout cela mêlé aux légendes nordiques que dame Eleanor me contait revenus avec force dans mon esprit rend cette rencontre atrocement surfaite. Du moins dans mon esprit car j'affiche pour ma part une façade absolument impassible et respectueuse, acquise naturellement après de longues années à endurer les quolibets liés à ma bâtardise. Je m'agenouille devant le roi loup, incline la tète respectueusement et laisse mon bras d'épaule blessée posé en travers de mes genoux. Le loup du nord prend la parole et m'interroge sur les raisons de ma présence ici.

Sa voix n'est pas autoritaire mais l'habitude de donner des ordres et d’être obéi transpire dans son ton. Ne changeant pas de position mais relevant la tète pour planter mes yeux dans ceux du fiancé de la reine dragon, je garde une expression neutre avant de répondre : Merci votre majesté. Je confesse qu'il s'agit de ma première rencontre avec un roi alors je n'ai aucun point de repère pour savoir si je m'y prends bien ou mal d'autant plus que je suis venu ici pour une seule chose. Rendre honneur à un combattant admirable ayant impressionné le guerrier né que j'étais. Je dois bien reconnaître que c'est quelque peu léger comme motif d'audience auprès d'une personne de sang royal mais il m'arrive parfois d'agir sur des impulsions. Ce ne sont pas vraiment mes meilleures performances mais celles dictées par le cœur et non mon cerveau tactique. Quoi qu'il en soit j'étais venu déranger un roi alors autant qu'il en ressorte quelque chose d’intéressant pour moi comme pour lui.

Je ne suis pas venu pour m'entretenir avec ma reine. Je me présente Ser Daemon Waters, bâtard de la maison Hardy et chevalier du dragon. Je ne souhaitais pas vous déranger votre majesté mais simplement vous témoigner mon admiration quant à vos exploits sur le champ de bataille. J'ai grandi avec les récits des combats de l'armée du nord grâce à l'épouse de mon oncle et ils ont été une source d'inspiration pour le soldat que je suis devenu. Un sourire franc se visse sur mes lèvres et je décide de ne pas abuser du temps du roi du nord et de confesser que je n'avais pas d'autres motifs pour lui rendre visite et donc prendre congé. Non, je n'ai pas oublié que j'avais prévu de passer le plus de temps possible en compagnie du roi du nord mais je ne vois pas vraiment ce qui pourrait me retenir à présent. Je reprends donc : Je dois confesser que je ne suis venu que pour cette unique raison. Mais, je ne saurais abuser de votre temps précieux plus longtemps votre majesté.  A moins que vous n'ayez besoin de moi.

       
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MessageSujet: Re: [Terminé - Tour III] When the Nera's bastard meet the wolf king PV Torrhen   Dim 25 Déc - 17:29

[HJ oh, je crois que tu vas avoir besoin d’une nouvelle couleur ah ah]


J’étais direct et parlais sans détour ; je n’avais aucunement envie de m’embarrasser de préludes inutiles ; j’étais souverain et même si j’avais de l’intérêt à la conversation, je n’étais pas homme suffisamment patient pour endurer des tonnes et des tonnes de discours. Le jeune homme qui venait me voir aujourd’hui n’était assurément un nordien ; cela se voyait dans sa manière de se tenir, sans sa manière de se présenter, et aussi dans sa manière de parler. Il était respectueux, un peu ampoulé. Moins bourru qu’un nordien. Vêtu avec plus de sobriété et de raffinement ; nulles peaux, cuirs travaillés, pas de fourrures, et une lame somme toute fonctionnelle, mais moins massive que celles dont nous avions l’habitude plus au nord. Bref, tout chez lui indiquait qu’il s’agissait sans nul doute ou d’un peyredragonien, ou d’un homme de la Néra. J’en avais déduit logiquement que cet homme cherchait sa reine.


J’ai mal au crâne, mais je m’empêche, me discipline, afin d’éviter de me gratter le bandage qui m’enserre toujours le front. Je ne veux pas donner le moindre signe de faiblesse, et cette blessure ne m’a déjà que trop embêté. Je ne veux pas donner trop d’ascendant à mon état physique sur ma poursuite de la guerre, sur mon humeur comme sur n’importe quoi d’autre. L’homme s’approche et s’agenouille. En théorie, rien ne l’y oblige. Il aurait pu se contenter d’une révérence, d’une inclinaison de la tête. Je ne suis ni son général ni, pas encore du moins, son souverain. J’en déduis donc deux choses, deux possibilités assez différentes. La première est qu’il attend quelque chose de moi. La seconde est qu’il désire simplement faire bonne impression. A aucun moment, je n’imagine que cela puisse être simplement l’acceptation de mon autorité sur lui. Ce serait trop facile, et trop rapide. Je sais que nous sommes en train de fonder, dans l’ardent creuset de la guerre, les bases d’un nouveau tout. Mais la réalité va le plus souvent bien au-delà des simples apparences, et il est important de ne pas mettre la charrue avant les bœufs.


J’attends que le jeune homme n’entame cette entrevue par la raison, ou les raisons, de celle-ci. Il me regarde directement, sans montrer de crainte particulière ; j’aime cette franchise. Il me remercie mais semble quelque peu hésitant quant à la suite à donner, comme s’il ne savait pas trop par où commencer. Ce n’était pas grave en soi, bien qu’il me détrompe rapidement ne pas être venu pour Rhaenys. Il m’inspirait d’un coup un peu plus de curiosité. Il m’expliqua qui il était, même si je n’avais pas bien retenu où était cette maison Hardy. La Néra, bien sûr, mais CLaquepince ou la partie purement continentale ? Quoiqu’il en soit, le jeune homme me témoigne de son respect et de son admiration, et évoque la connaissance qu’il a de la gloire militaire nordienne. Il m’explique qu’il a été ainsi bercé d’histoires sur l’armée du nord et sur son comportement sur le champ de bataille. Je suis quelque peu surpris ; je ne savais pas que notre réputation nous précédait d’autant, et je n’avais pas pour habitude non plus qu’un parfait étranger ne vienne me congratuler gratuitement. C’était incongru. Pas forcément malvenu, mais incongru c’était certain. Il m’explique qu’il n’est venu que pour cela. Je fronce un instant les sourcils.



| SI vous êtes venu sans savoir quoi faire, Ser, vous pouvez déjà nous servir tous deux avec le pichet d’âle que vous voyez au bout de cette table. |


Je réfléchis un instant, me frottant la barbe sur le menton pour m’éviter de me gratter le bandage au niveau de la tempe ; on m’avait prévenu que si je touchais trop à cet endroit, je risquais de saigner à nouveau. La plaie était propre, nette. Mais cela n’empêchait en rien le fait que des complications soient possibles si je ne me montrais guère prudent.


| Ensuite, vous pourrez m’expliquer comment vous avez entendu parler du Nord, et de notre armée. Je n’ai pas de souvenir d’avoir autorisé ou donné mon parrainage à une union maritale ou diplomatique avec des seigneurs de la Néra, mais il est possible que je n’ai point entendu parler de tous les événements ; il faut dire que notre royaume ayant connu des époques particulièrement troublées, dans le passé ou aujourd’hui encore, ma mémoire est constamment sollicitée pour quantité d’événements. Et vous m’en direz plus sur vous-même et votre maison. |


Autant faire fructifier ces échanges.





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MessageSujet: Re: [Terminé - Tour III] When the Nera's bastard meet the wolf king PV Torrhen   Ven 6 Jan - 0:27

Je peux sentir le regard de ce souverain craint et respecté sur ma personne, ce roi loup qui menait ses troupes en première ligne sans se soucier du danger s'attirant par la même l'affection et la loyauté indéfectible de son peuple ainsi que l'admiration de bien des soldats. Cette admiration que je ressentais moi même en sa présence presque naturellement. Je n'étais nullement étonné de cela car certains dirigeants étaient doués pour inspirer les autres, les pousser à se dépasser, à vomir leur férocité aux yeux du monde et à réaliser l'impossible. Ou peut être que les légendes nordiennes ayant bercées mon enfance en passant les lèvres de la jeune femme qui avait été et était toujours la mère que je n'avais jamais eu jouait plus que de raison en cet instant empreint d'une écrasante solennité pour le bâtard que j'étais. Lady Eleanor Hardy né Eleanor Forrester d'Ironrath l'une des cousines du lord actuel de la maison nordienne. Décidément j'avais été bercé dans deux cultures guerrières sans même y prêter attention.

En effet durant une bonne partie de mon existence la Nera ma région natale - celle que j'aimais profondément et pour laquelle je me battais sous l'étendard de la reine dragon dont j'avais embrassé la cause sans aucune hésitation - avait été une part intégrante du royaume guerrier de l'Orage. Cela expliquait bien des choses au demeurant. Agenouillé devant le roi le plus expérimenté martialement parlant du continent depuis la mort honorable de celui qui avait été mon roi, celui qui avait imprimé sa marque indélébile sur l'histoire de ce monde je sens son regard acéré me détailler de haut en bas. Je ne sais pas si je m'y prends bien ou si m'agenouiller me fait passer pour l’obséquieux que je ne suis absolument pas. Les gens de mon rang n'ont pas l'habitude de discuter avec des souverains. Je finis par relever la tète et tout en plongeant mon regard dans celui du roi du nord qui ne semble pas se formaliser de cette attitude, je ne peux que constater ce dernier est relativement étonné de me voir ici ce qui est somme toute compréhensible car maintenant que je me trouve avec l'un des commandants de l'armée auquel j'appartiens je me dis que mon impulsion était bien stupide. Qu'est ce qu'un roi pourrait avoir à faire de l'admiration d'un chevalier étranger et bâtard de surcroît ? Ne dit on pas que c'est l'audace qui fait avancer les choses lorsqu'elle est utilisée à bon escient. Bien qu'en cet instant je me demandais bien si mon audace était une conseillère avisée.

Quoi qu'il en soit ce qui était fait était fait et je ne pouvais que ressortir grandi d'une telle rencontre non pas en réputation ou en quoi que ce soit du genre car de cela je me moquais comme d'une guigne, seules comptaient mes actions et mes faits d'armes mais intérieurement parlant. Tout fils illégitime que j'étais j'avais vite appris que les gens qui contrôlaient le monde étaient tout aussi ordinaires que les marauds et manants qui suaient et saignaient pour eux. Ils mourraient comme tout le monde, saignaient comme tout le monde et souffraient comme tout le monde. Ce qui avait nourri mon cynisme durant un certain temps. Cependant certains de ceux là étaient exceptionnels et mon instinct me soufflait que je me trouvais en présence de l'un de ces êtres terriblement humains mais bien au dessus du reste des mortels malgré tout. Constatant malgré son air indéchiffrable que le roi Stark souffrait encore de sa blessure j'hésite à me retirer avant de lui préciser que s'il a besoin de moi pour l'aider ici autant en profiter. Persuadé que celui ci allait me renvoyer d'un geste agacé en voyant ses sourcils se froncer je me prépare à me relever et à laisser le roi du nord se reposer. Mais ce dernier me surprend en acceptant finalement mon aide ou du moins ma présence. Je me relève tandis que le roi loup m'invite à nous servir de l'ale. J'hoche respectueusement la tète avant de m’exécuter et m'approcher de la table de campagne trônant au milieu de la vaste tente.

Empoignant le pichet ouvragé je verse le contenu sombre à l'odeur alléchante dans une coupe dorée puis dans un gobelet. Me retournant je m'approche du roi et lui tend la coupe dorée qu'il saisit puis je porte le gobelet à mes lèvres tout en écoutant le Stark m'interroger et m'inviter à lui faire part de la source de mes connaissances nordiennes. Mes sourcils se froncent lorsque j'apprends que le mariage de mon oncle et son épouse n'avait pas été porté à la connaissance du roi du nord. Bien qu'en toute honnêteté, je ne m'étais guère interrogé à ce sujet et confessais une relative ignorance vis à vis des coutumes maritales des nobles. Après avoir savouré la fraîcheur de ma boisson je réponds à la première question. C'est l'épouse de mon oncle lady Eleanor Hardy qui m'en a parlé. Lady Eleanor est née Eleanor Forrester. Elle est l'une des cousines du lord de la maison d'Ironrath. Elle a toujours été comme une mère pour moi et m'a bercé des récits légendaires et plus conventionnels de sa patrie d'origine. La fureur guerrière des loups du nord m'a été conté maintes et maintes fois. J'imagine que cela lui faisait autant plaisir qu'à moi de se remémorer sa patrie de naissance.
Un sourire s'étire de lui même sur mes lèvres tandis que les souvenirs affluent dans mon esprit mais je me rappelle de la situation dans laquelle je me trouve en cet instant et reprends une gorgée d'ale brune avant de continuer.

J'ignorais que cette union n'avait pas été approuvée par vos soins messire. A vrai dire je ne suis jamais soucié de ce genre de questions. Mais j'imagine que vous étiez effectivement concentré sur des questions bien plus importantes à cette époque. Le lord de la maison Forrester a accepté la demande de mon oncle Alessandor qui avait rencontré sa future épouse lors d'un voyage dans le nord.
Mon regard se glisse un instant sur la surface lisse du contenu de mon gobelet d'airain. Avant de retourner se plonger dans celui du souverain. Je vous avouerais votre majesté que je me suis toujours interrogé sur le statut des enfants illégitimes dans le nord eu égard à la bienveillance que m'a toujours témoigné l'épouse de mon oncle. Les anciens dieux seraient ils plus cléments que les sept à l'encontre des bâtards ?

Je n'ai néanmoins pas oublié la deuxième question du souverain nordien de plus ma question est somme toute rhétorique car je suis persuadé que la bonté de ma mère adoptive ne tient que d'elle et pas de la vision de sa contrée vis à vis des gens de mon rang. Il n'y a pas grand chose à dire à mon sujet votre majesté. Je suis le bâtard du seigneur de la maison Hardy lord Malwyn. Je suis devenu chevalier il y a huit ans après avoir servi comme écuyer auprès de Ser Kendrick Harte. J'ai gagné mon surnom l'étoile sanglante dans un tournoi local ce qui est ironique car un tournoi est une farce comparée à la véritable guerre. Ce conflit est le premier auquel je participe. J'estime ne m'en sortir pas trop mal eu égard au fait que bien des braves soient déjà tombés. J'ai appris ces dernières semaines que ce n'est pas la peur de tomber qui est la plus déchirante mais celle de ne pas revoir les personnes que l'on aime. Mon histoire ressemble à celle de bien d'autres bâtards votre majesté et elle n'a rien d'exceptionnel. Quant à la maison Hardy il y a tant de choses que je pourrais vous dire. Je ne sais à dire vrai pas par ou commencer.
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MessageSujet: Re: [Terminé - Tour III] When the Nera's bastard meet the wolf king PV Torrhen   Sam 14 Jan - 0:33

Je ne sais pas si le jeune homme mesure vraiment l’importance de cette entrevue, dans le sens où on ne dérange pas son supérieur, en statut comme en hiérarchie, si on n’avait rien à lui dire. Ce n’était pas de la prétention mais du pragmatisme ; même si j’avais le sentiment de m’ennuyer, de voir les heures défiler dans le plus intense sentiment d’inutilité, mes heures restaient même encore maintenant comptées ; il pouvait y avoir sans arrêt de nouvelles problématiques de mouvement des troupes, de ravitaillement, d’organisation des renforts. Je ne devais pas faire en sorte de le rebuter ; l’homme, apparemment, semblait sincère. Mais il fallait toutefois faire attention à ce que cet entretien soit fructueux ; il ne devait pas se répandre l’information selon laquelle le Roi du Nord accepte de recevoir les plus obscurs combattants de son armée pour faire un brin de causette. C’était une question d’image, et de convenance également. Le Roi Loup a ses compagnons, il sait aussi se montrer ouvert… Mais il n’est pas l’homme le plus patient du monde, et on ne conserve sa stature royale qu’avec un minimum de distance. Je devais faire ce que je pouvais pour me montrer ouvert vis-à-vis des hommes de Peyredragon, mais je devais aussi faire attention à ma posture. Mon père, jadis, m’avait appris à me faire aimer de mes hommes, de mes suivants, mais toujhours en restant le Roi et non leur ami, leur camarade et leur père, mais jamais tout à fait leur frère.


L’homme me dit que c’est l’épouse de son oncle qui lui a parlé du Nord, et il vient de m’apprendre qu’il y avait eu union avec le dit Hardy, seigneur dans la Néra. Du temps de l’Orage, sans doute. Jamais pareille union n’aurait pu avoir lieu sous Harren ; lui comme moi nous y serions opposés, et je pensais assez certainement que les voisins d’un seigneur nordien désireux d’unir sa famille à une maison d’un royaume adverse, seraient en mesure de calmer les dites ardeurs du seigneur. Forrester. Maison secondaire, mais bien que de moindre importance elle était malgré tout connue de tous ceux qui avaient déjà mené des campagnes dans notre royaume, en particulier la dernière contre les sauvageons ; les domaines Forrester figuraient, au même titre que ceux des Glover leurs suzerains, sur la route de passage . Cette dame avait donc participé au rayonnement de mes terres ; je ne pouvais que lui en être redevable, quand bien même je ne la connaissais ni d’Eve ni d’Adam.



| Je ne peux que la comprendre, en grandissant dans un pays comme le Nord, il est difficile de l’oublier. D’autant plus que nous autres, du septentrion, ne sommes guère habitués à quitter le pays pour un autre ; jusqu’à peu les mariages à l’étranger n’existaient presque pas, même si votre tante est une exception à cette règle. Ni le commerce. Ni même les simples visites. Les rares fois où nous quittons nos terres glacées, c’est comme présentement pour la guerre. Gageons que l’avenir promette d’autres choses plus agréables. |


Le bâtard sourit et boit. Je ne sais toujours pas vraiment ce qu’il vient faire ici. On ne rencontre pas un Roi juste pour taper la discussion. Il doit forcément y avoir autre chose. L’homme me confirme en tous cas comment les choses se sont déroulées, et j’opine lentement du chef. Un voyage dans le Nord ? Plus rare encore, car avant la signature de traités en début d’année à Goëville, la moindre entrée dans le territoire en dehors des ports était soumise à l’acceptation des seigneurs locaux, eux-mêmes soumis à mon bon vouloir en la matière. Soit cet homme avait été chanceux, soit il avait mis quelque chose sur la table, soit, encore, il avait été l’heureux bénéficiaire d’une négligence administrative, ce qui pouvait arriver dans un royaume aux limites aussi distendues que le Nord. Les messages étaient lents à arriver, les corbeaux avaient nombre de prédateurs, et certains seigneurs parmi les plus éloignés n’en faisaient parfois qu’à leur tête.


Ah. Nous voilà au vrai sujet de cette entrevue. Le désir d’ascension sociale d’un bâtard qui est prisonnier de sa naissance, prisonnier des œuvres de son père. Je savais pour avoir vu mon frère dans cette situation, qu’il n’y avait rien de plus compliqué que de vivre ce genre d’existence. Rien peut être, en dehors bien sûr de l'état de femme, qui ne donnait pas droit à grand-chose. Je secouais doucement la tête, plongeant un regard inquisiteur dans le sien.



| Non, pas vraiment. Le seul bâtard à avoir pu s’élever depuis de nombreuses années était mon propre frère, né des œuvres d’un Roi, donc, et membre d’une lignée qui n’a jamais trop de mâles pour assurer sa survie. Les bâtards sont comme ici, destinés lorsqu’ils sont nobles à la chose militaire, puisqu’ils ne peuvent hériter de rien. A ceci près que chez nous, ils ne disposent guère de l’échappatoire ecclésiastique ; la religion du Nord ne s’embarrasse guère d’un véritable clergé. |


Les bâtards étaient en fait plus pauvres dans le Nord que dans le sud, même si les apparences jouaient en leur faveur ; ils étaient plus facilement acceptés à la table et dans la maisonnée du couple légitime… mais ne pouvaient pas espérer grand-chose, si ce n’était mourir au nom d’une maison qui ne leur réservait que le gîte, le couvert, et pour les plus chanceux une certaine éducation. Au sud, les choses étaient différentes. A Dorne, elles étaient même assez favorables. Deux bâtards n’étaient ils pas devenus prince et princesse de la Principauté ? Chose impensable dans le Nord, où des cousins, des beaux-frères, des oncles, n’importe qui, aurait toujours plus de droits qu’un bâtard.


L’homme me dit maintenant qu’il n’a pas grand-chose à dire sur sa propre maison, la famille Hardy. Chevalier depuis un moment, donc. Apparemment bon combattant ; l’homme ne développe pas mais je sens qu’il n’est pas peu fier de ses prouesses. Et il a plus de plomb dans la tête qu’un conscrit, même si je ne suis pas d’accord avec le côté le plus terrifiant des combats. Quant à la maison Hardy, il me dit qu’il ne sait même pas par où commencer.



| Vous pourriez déjà me dire ce que vous attendez de cet engagement auprès d’une Reine qui n’est pas légitimement la vôtre, pas dans le droit en tous cas, puisque vous venez d’une province riveraine et avant cela, orageoise. La valeur d’un soldat n’est pas celle de son bras. Elle est plus celle de ses pieds. Mais bien plus encore, elle est celle de sa loyauté. |






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MessageSujet: Re: [Terminé - Tour III] When the Nera's bastard meet the wolf king PV Torrhen   Ven 10 Fév - 22:37

Le roi du nord me paraît aussi froid et glacial que la contrée de laquelle il est originaire contrairement à dame Elianor l'épouse de mon oncle Alessandor Hardy. Mais, cette comparaison était mauvaise pour des raisons évidentes. Il était stupide de comparer deux situations incomparables. L'épouse nordienne de mon oncle avait toujours été comme une mère pour moi alors que ce roi étranger en ces terres sudières n'était rien pour moi tout comme je n'étais assurément strictement rien pour lui si ce n'est un obscur combattant de l’immense armée coalisée. Un chevalier parmi une multitude. Un caillou dans la botte d'un roi, une poussière sur l'échiquier qui occupait probablement son esprit à cet instant précis. Quant à lui il n'était pour moi que le roi qui avait des intérêts communs avec ceux de ma reine et qui lui permettrait d'abattre sa furie vengeresse sur Harrenhal. Ce qui par extension et sur ce point je me trouvais en symbiose spirituelle avec mon père le Seigneur de la maison Hardy allait assurer la libération de la Nera du joug autoritaire et inique de notre voisin Conflannais. Malgré mon respect pour l'appareil militaire nordien et son histoire guerrière, respect comme confessé en grande partie entretenu par les récits d'une mère adoptive je ne perdais pas de vue que l'alliance n'avait pas été crée pour les miens. Je savais pertinemment que si le nord et son roi était descendu dans le sud ce n'était certainement pas pour venir au secours de ma région natale.

Contrairement à la reine Rhaneys qui n'avait pas hésité une seule seconde avant de porter ses forces dans la Nera pour combattre son ennemi héréditaire. Bien sur, je n'étais pas stupide. Ma reine avait ses propres raisons d'avoir agi ainsi et si je ne doute point de son idéalisme face à l'appel désespéré de ses plus proches voisins il était évident qu'elle avait d'autres raisons de le faire que ces dernières soient politiques ou stratégiques. Toujours est il que ma loyauté n'allait qu'à ma reine et pas à son fiancée. Si la maison Hardy devait se conformer à la position de ses compatriotes de la Nera vis à vis de la coalition dans son ensemble, aux choix et aux fiançailles des deux suzerains qui en étaient à l'origine. Pour ma part en tant qu'individu, je ne devais rien aux loups de l'hiver. Je me battais pour Rhaenys et la maison royale des Targaryens au coté de Torrhen  et la maison Stark. Cette distinction était essentielle à mes yeux. A Westeros tout pouvait arriver mais ce fait resterait immuable. Je peux comprendre que j'importune un souverain ce qui est j'en suis pertinemment conscient une chose dangereuse. Mais, j'ai reconnu être simplement venu pour jouir de l'honneur indicible de rencontrer un loup et lui faire part de mon admiration pour ses royaux fait d'arme. Si, je me suis fourvoyé en agissant ainsi j'en suis désolé. Toujours est il que j'avais évoqué la possibilité que ce dernier me congédie mais il m'avait invité à rester. Comment étais je censé le prendre ? Accepte on la présence de quelqu'un pour lui montrer que sa présence l'importune ?

Les nordiens sont décidément bien étranges. Leurs nobles du moins. Je veux bien prendre en compte le fait que le roi est blessé et que sa blessure peut le rendre irascible mais je ne me sens pas bien face à ce roi austère. Je ne me sens pas à ma place ici sous cette tente. C'est probablement le sentiment qu'il souhaite me transmettre par ailleurs. Son regard semble pourtant s'animer d'une lueur de fierté lorsqu'il m'évoque son pays et assure que la conservation de l'amour pour son pays de dame Elianor est naturel. Je me contente d' hocher la tète à ses propos. Je lui expose l'histoire de mon oncle et la ressortissante de sa contrée. Son regard sur moi est celui d'un oiseau de proie. Quoi qu'il en soit sa synthèse sur son propre royaume est intéressante et m'en dit long sur la région la plus grande du continent. Nul doute que les faits qu'il m'expose peuvent en partie expliquer le caractère nordien. Je sens la fierté dans sa voix lorsqu'il parle de son pays. La mienne est comparable vis à vis de la Nera. Pourtant, lorsque je sens son regard se faire encore plus acéré qu'il ne l'était déjà lorsque je lui fais part de ma curiosité vis à vis de mon statut dans sa région. Sa réponse pourrait passer pour neutre et purement informative et pourtant son expression et bien plus encore son regard me conforte dans mes convictions. Tss. Qu'est ce qu'il s'imagine ? Que je cherche à m'émanciper de mon statut de bâtard à tout prix. Que je serais prêt à m’enrôler dans l'armé du nord ou m'expatrier si jamais sa contrée se montrait plus favorable aux enfants illégitimes ce qui n'est visiblement pas le cas. Je peux comprendre que les souverains soient habitués à ce que leurs interlocuteurs attendent quelque chose d'eux mais ce n'est nullement mon cas. J'ai de la peine pour ce roi. Je prie n'importe quel divinité pour que Rhaenys ne devienne pas comme cela.

 J'ai accepté mon statut il y a longtemps. Ce n'est certainement pas maintenant que j'allais me remettre à m'en plaindre. Mon désir d'ascension sociale du moins j'imagine que c'est ainsi qu'il me catalogue à présent. Si je voulais vraiment connaître une ascension sociale je me préserverais et ne voudrais pas épouser une fille de marchande étrangère exilée, je ne passerais pas la majeure partie de mon temps libre avec mes frères d'armes mais à lécher des bottes de nobles à droite et à gauche et je me montrerais obséquieux avec lui or je ne pense absolument pas être obséquieux en cet instant. Mon sourire s’efface rapidement et mon expression se teinte d'indifférence et de neutralité. Je pourrais lui parler de ma maison durant des heures et des heures mais je suis persuadé que cela ne l’intéresse nullement et qu'il cherche juste à se montrer à l'écoute d'un homme qui sera l'un de ses sujets lorsque le mariage avec ma reine sera consommé. Tout d'un coup, je regrette ne serait ce que l'idée de m’être rendu ici. Si c'est une leçon que le destin cherche à me donner. Il a réussi. Je ne me montrerais plus aussi stupide. J'en fais le serment. Si je pouvais chercher un intérêt à cette entrevue que j'avais provoqué par audace je n'en trouvais aucun si ce n'était celui néfaste de goûter à la déception amère d'avoir idéalisé un roi étranger en raison des histoires que la femme qui avait été comme une mère adoptive pour moi m'avait raconté. Je ressens l'envie de me coller des claques pour avoir pu être aussi stupide. Pourtant malgré la désespérance de ma situation, rien ne pouvait me préparer à la suite de cette rencontre.

Qu'un roi me méprise malgré les apparences c'est une chose que je peux tout à fait accepter et très facilement qui plus est mais que l'on insulte ma maison, les miens, mes compatriotes ça je le refuse peu importe face à qui je me trouve. Je pourrais être face à un l'un des sept ou un des dieux que le nord vénère que cela n'y changerait strictement rien. Or en mettant en cause ma propre loyauté c'est ce que venait de faire le roi loup. Car je ne faisais que suivre le choix de mon Seigneur et maître lui même en adéquation avec celui des opposants à Harren de la Nera. Certes certains Seigneurs avaient choisis de rallier à nouveau l'Orage et mon cœur étant Orageois je pouvais tout à fait les comprendre cependant mon père et ses alliés avaient leurs propres raisons. Ces raisons regardaient t' elles le roi du nord. Telle était la question. Quoi qu'il en soit si je ne pouvais assurément pas laver l'affront pour des raisons évidentes. Je saurais me souvenir d'une telle marque de mépris à l'encontre des miens. Ma pugnacité peut égaler ma rancune en certaines circonstances. Or, je n'étais absolument pas rancunier de nature mais si je ne pouvais rien faire à l'encontre d'un roi allié. Mon allégeance à l'issue de cette rencontre serait irrémédiablement confortée à l'encontre de Rhaenys Targaryen. Son mariage avec le roi loup n'y changerait absolument rien. Mais celle ci ne s’étendrait certainement pas à son compagnon. Malgré ces sentiments violents bouillonnants en moi je reste aussi impassible et neutre que quelques instants plus tôt. Vous ne devez pas connaître l'histoire de ma région pour insulter ainsi les hommes qui se battent au coté des vôtres votre majesté.  La Nera de part sa position géographique et sa taille n'a jamais pu être réellement indépendante. Il nous a été impossible de réclamer cette indépendance ou l'obtenir par la voie des armes. Nous sommes semble t'il condamné à n’être que l'ajout d'un territoire à un royaume voisin. Ainsi au cours du temps, nos rois ont variés.  Cela explique notre état d'esprit local. Nous sommes habitués à voir les conquérants valser tels les vagues de la mer qui borde nos terres. Dans notre cas le droit n'est que le ciment que les envahisseurs utilisent pour s'assurer notre allégeance.

Or, ma région est fière et sauvage et n'accepte pas la soumission facilement contrairement à ce que vous semblez penser. La majorité des seigneurs de la Nera n'ont pas acceptés la conquête riveraine. Peu importe le temps qui a passé, cette humiliation est encore vive dans les cœurs et les esprits des habitants de la Nera. Parmi ceux qui l'ont acceptés, quelques uns ne l'ont pas fait de gaîté de cœur.  Par conséquent vous auriez pu omettre le statut riverain de ma province comme vous dites et vous concentrez uniquement sur le précédent, l'Orageois. Pourquoi certains seigneurs ont ralliés Peyredragon au lieu de redevenir Orageois ? J'imagine que la défaite et la mort du roi Argilac y est pour quelque chose ainsi que le fait que ce dernier ait décidé de revenir dans la Nera après l'arrivée des forces de la reine dragon alors même qu'en tant qu'ancien suzerain de la province les habitants comptaient en premier lieu sur leur ancien roi pour bouter l'envahisseur riverain hors de nos terres. Nous aimons l'Orage même ceux ayant ralliés la reine Rhaenys. Nous avons un caractère bien plus proche de celui du royaume du cerf couronné que du Nord ou du Conflans. La proximité géographique doit jouer également. Les forces de Peyredragon n'ont qu'à traverser la baie pour prendre pied dans la région. Et comment pourrais je savoir ce que les alliés locaux de la reine attendent de leur engagement auprès d'elle ? L'Orage doit avant tout se protéger lui même alors venir nous aider... La libération de nos terres passent nécessairement par l'élimination du pouvoir d'Harren Hoare. Vous êtes un roi je suppose que vous êtes bien plus versé que moi dans toutes ces questions. Quant à moi, j'ai épousé la cause de ma suzeraine parce que je la trouve juste et qu'elle converge avec les intérêts de ma maison. Ma loyauté à la reine est indéfectible que vous le croyez ou non. Je vous remercie de votre hospitalité et vous demande la permission de prendre congé.
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MessageSujet: Re: [Terminé - Tour III] When the Nera's bastard meet the wolf king PV Torrhen   Lun 13 Fév - 0:11

J’avais pour habitude de palabrer avec des compagnons d’armes ; c’était un fait que le Roi du Nord se mêlait allégrement à la troupe depuis le début de sa carrière sur les champs de bataille, vingt ans plus tôt. Mais j’avais côtoyé quantité de nordiens. Quelques mercenaires, aussi, des riverains. Je n’avais pas encore eu tant que ça l’occasion de mieux connaître les hommes de la Néra ou des Îles de la Baie. J’étais arrivé si vite aux Epois avec mes troupes, et parti aussitôt en campagne, que la tourmente de la guerre m’avait tenu éloigné de toute fraternisation. Il avait déjà fallu s’accomoder du commandement avec des structures différentes… L’armée de Peyredragon était de fait un vaste bricolage. L’armée originelle était en fait de taille extrêmement réduite. Les villages surpeuplés de pêcheurs de Lamark et de Peyredragon avaient fourni le gros des effectifs, avec une cavalerie fougueuse mais mal montée. Puis, à cette base, s’étaient agglutinés tout ce que la région comportait de recrues potentielles. Volontaires trop jeunes ou trop vieux. Rebelles de la Néra. Troupes « volontaires » suite à la prise de Sombreval et des Epois. Mercenaires, bien sûr, même s’ils avaient payé un prix élevé leur rebéllion contre l’armée Hoare, puis avaient subi d’autres pertes à Beurlieu et à Paege. On parlait aussi de plus en plus de volontaires de l’autre côté du Détroit, des aventureux d’Essos, chassés par les déprédations du Tigre, ce chef de guerre dont on disait tant de mal au sud du Neck, sans que je n’ai entendu parler de lui plus que cela auparavant. Curieux amalgame de cultures, d’habitudes et de personnes différentes. Etait-ce si changeant de l’armée nordienne ? Non, objectivement.


Un piquier Bolton avait peu en commun avec un vougier de Winterfell, et encore moins avec un chasseur des Rus. Les armées de nos contrées étaient toujours des mélanges sociaux et culturels qui fonctionnaient plus ou moins bien selon les périodes et les circonstances. Je connaissais en tous cas assez bien le caractère de mes hommes pour savoir comment les pousser en avant, comment les encadrer, comment les discipliner. La manière forte s’appliquait bien aux divisions du septentrion et de l’est, mais je savais les gens des paluds plus réticents. C’était sans doute pareil pour les hommes du Dragon. Je jaugeais celui-là, dont je ne comprenais toujours pas les motivations exactes de sa venue, tant celle-ci détonnait par rapport à ce à quoi j’étais habitué. L’homme ne me déçoit pas dans sa réaction, qui m’apprend déjà beaucoup. Je le laisse discourir, et le laisse faire fausse route de la même manière. Prompt à voir l’offense, peu enclin au pragmatisme. Il se montre incisif, mais pas irrespectueux, il flirte avec la limite sans la franchir. Ces gens du sud sont tellement différents des nordiens que je commande d’ordinaire. Je reprends la parole d’une voix neutre, sans menace mais sans non plus se montrer chaleureuse. J’apprends ; je n’en sais pas encore pour le juger.



| Vous êtes bien prompt à voir un affront sous de la curiosité et du pragmatisme, Ser. Ne vous enflammez donc pas ; je vous rassure, il n’y avait pas de sens caché à mes paroles. Gardez votre fougue sur le champ de bataille ; elle ne vous sera d’aucune utilité avec moi. |


Je n’étais pas homme à me laisser impressionner ; vingt ans de guerres m’avaient fait côtoyer les meilleurs guerriers du monde, les plus grands leaders du continent. Un caprice ou une colère n’avaient aucune chance de fonctionner ; j’avais trop vu la mort, et pour le coup, mes propres généraux n’avaient su y arriver non plus… Alors que, jadis, je n’avais que quinze ans quand je prenais leur tête. Colosses tonitruants, sûrs de leur fait. Je n’étais arrivé à garder les rênes qu’en suivant les leçons de mon père jadis honni, mais dont j’avais appris à mieux accepter l’héritage au fil du temps. Qui plus est, j’étais confiant dans ma propre aptitude à me protéger d’à peu près tout et n’importe quoi. J’avais quelque talent pour relever la duplicité, et j’avais, une fois encore, le bagage de vingt années de guerres. Je m’étais battu contre les sauvageons, contre les fer-nés, contre les riverains. Tous différents. Tous mortels. Et j’étais encore là pour le raconter ; je n’étais pas manchot. Je ne m’en laisserais donc pas conter, d’autant plus que la jeune génération de nobles nordiens était arrivée et que je commençais à reprendre l’habitude de ce genre de tempérament, fier et fougueux.


| Si je mettais en doute votre loyauté, vous ne seriez pas sous ma tente, et vous ne seriez déjà plus en train de jouir de la moindre liberté. Je m’interroge sur les raisons profondes qui vous ont poussé, spontanément, à rejoindre la cause d’un autre royaume que le « vôtre », ne sachant déjà pas lequel vous considériez comme « vôtre ». A l’évidence, aucun des prédécesseurs de dame ma future épouse. Je vous mettrais d’autant plus en garde que je puis vous assurer que vous n’avez à l’heure actuelle, aucune idée de ce que je suis en train de penser. Et très sincèrement et sans animosité aucune, je ne pense pas que vous le pourrez un jour. Nos fardeaux sont très différents, au moins autant que nos cultures, nos religions, nos traditions. Nous avons déjà prouvé que nous étions capables de nous battre côte à côte. C’est un premier pas vers plus de compréhension, mais il en reste de nombreux. |


Piqué au vif, vexé, le chevalier me demande la permission de prendre congé. Un fantôme de sourire fend ma barbe.


| N’abandonnez pas votre propre curiosité aussi rapidement, Ser Waters. Vous alimentez agréablement la mienne, et confirmez ce que je suspectais déjà. Il est vrai que la Reine a du charisme à en revendre et qu’elle sait plus que beaucoup d’autres faire preuve de justice. Elle a aussi eu le courage de s’élever seule contre Harrenhal, alors que l’équilibre des forces était à l’époque, avant d’être rejointe, de quoi ? Un contre neuf sur terre, et un contre six en mer ? Et cette petite armée a su faire un joli pied de nez à Harren Hoare. Sombreval était, je pense, un risque calculé de sa part. Tout comme les Epois. Il voulait attirer le dragon sur le continent. Beurlieu était son erreur, tout comme Moat Cailin. Ne parlons pas de Paege… Mais rien n’est joué. L’ennemi reste plus nombreux. Je suis en tous cas fort aise de voir confirmé ce que je suspectais ; rien n’est plus solide que le cœur d’un volontaire. |


Cela sonnait comme une vérité définitive, née de l’expérience. Mes troupes se battaient mieux lorsqu’elles n’étaient pas obligées de le faire. Je savais, de ce fait, que les divisions que j’alignais aujourd’hui étaient parmi les meilleurs guerriers de Westeros, de l’humble éclaireur à pied au cavalier noble, en passant par le solide hallebardier. Toutes ces campagnes d’expérience, toutes brutales, toutes désespérées, et cette volonté de continuer. Les divisions de renfort ne seraient pas de la même qualité ; constituées de levées et de rappelés, moins d’expérience, sauf pour les trop vieux. Ces unités seront moins solides, en tous cas au début.


| Bien, si tel est votre souhait, je vous souhaite la bonne journée, messire chevalier. Priez bien vos dieux pour la suite de la campagne ; nous aurons besoin de toute l’aide disponible. |





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[Terminé - Tour III] When the Nera's bastard meet the wolf king PV Torrhen
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