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Ce n'est pas une traitrise mais un acte d'amour. [Flashback]
MessageSujet: Ce n'est pas une traitrise mais un acte d'amour. [Flashback]   Dim 6 Nov - 20:12

Nymeria bougeait à peine sur le fauteuil de sa chambre, pourtant tout autour d'elle le monde semblait grouiller. Il semblait que mille petites mains s'activaient avec une rapidité dont la demoiselle avait du mal à percevoir les spécificités de chacun. L'espace qui avait été le sien pendant près de quinze ans se vidait petit à petit des objets de son quotidien, ce qui lui était propre, qui n'appartenait qu'à elle, et tout ce qui allait rester ici pour l'éternité. Nymeria n'osait faire un simple mouvement, pas qu'elle était impotente et dans l'incapacité d'aider les braves femmes qui s'occupaient pour elle de vider chacun des espaces de ses appartements, mais elle avait la gorge terriblement serrée et ses yeux doucement avaient pris une teinte bien plus claire, les larmes menaçant à tout instant de se mettre à couler. Ce lieu semblait perdre de son charme, perdre de son âme, ses souvenirs étaient enfermés dans de lourds coffres et tout cela serrait autant sa gorge que son cœur. Elle ouvrait à peine les lèvres pour pouvoir répondre aux questions que posaient certains de ses gens, savoir si telle ou telle chose restait ici ou si elle désirait l'emmener avec elle. D'ici la fin de la semaine, elle partirait. Définitivement. Nymeria ne doutait pas qu'elle serait toujours acceptée ici comme la princesse du Roc qu'elle était, et que personne ne l'oublierait, au moins osait-elle l'espérer au plus profond de son cœur. Cependant, elle allait partir, elle laissait sa place à quelqu'un d'autre, sans doute à un futur héritier de la couronne de l'Ouest quand le mariage entre Lyman et Jeyne aurait porté ses fruits, ou ici logerait quelqu'un ayant tout autant une grande importance et qu'il fallait l'accueillir comme il se le devait. Elle était née ici, mais elle n'y avait plus sa place, son destin prenait une route bien différente de celle qui aurait pu être la sienne au moment de sa naissance. Il ne fallait pas croire que cela ne provoquait pas un certain ravissement à la jeune femme, après tout elle avait ardemment souhaité tout cela, elle avait joué auprès de son frère et de ses parents pour que cette place lui soit accordée plutôt qu'à une autre. Cependant, maintenant qu'elle était sur le départ, beaucoup de choses venaient troubler son esprit et elle avait l'impression de ne plus être sûre de rien. Que cela était ironique, elle qui se défendait toujours d'obtenir ce qu'elle voulait. De loin elle crut entendre quelqu'un lui parler, posant une question à laquelle la jeune princesse ne répondrait pourtant qu'à demi-mot. Elle ne chercha donc même pas à répondre et se levant, quittant la pièce avec une certaine précipitation, comme si le feu venait lui lécher les orteils. Il y avait des choses à faire, des choses à dire avant qu'il ne soit trop tard … Avant qu'elle ne parte et qu'elle ne puisse plus faire disparaître ce mal qui la rongeait de l'intérieur, elle avait besoin d'être sûre, elle avait besoin d'avoir son accord, juste un instant retrouvé cette complicité d'antan et savoir qu'elle ne l'avait pas déçue.

Megara. C'était vers elle que son esprit était tourné, c'était à elle à qui elle pensait à cet instant. D'une certaine façon, Nymeria se sentait coupable d'avoir trahi sa sœur, de lui avoir pris la place qui lui revenait de droit. C'était elle, la belle jeune fille, la douce et charmante demoiselle. Elle était la princesse du Roc, un des joyaux de la Couronne de l'Ouest. Des deux sœurs, c'était elle qui aurait dû être reine. Elle avait ce port altier, elle était toujours dans la mesure de ses paroles et de ses actes, elle était bien sous tout rapport. Elle trouvait les mots juste à chaque instant, elle n'était jamais déplacée dans ce qu'elle faisait. Elle était réfléchie et elle avait l'esprit affutée de leur mère. Elle savait évaluer une situation et y répondre de la façon la plus adéquate qu'il soit. C'était une reine avant même d'en avoir le titre. Et pourtant. Pourtant c'était à Nymeria que le rôle avait été confié, certes la jeune princesse avait émis son désir d'épouser Ronnel Arryn, depuis ce baiser d'enfant qu'ils avaient échangé lors de leur voyage dans le Val, elle n'avait jamais pu oublier le prince qui était devenu roi maintenant et ses sentiments à son égard avaient grandis en même temps qu'elle, grâce à l'échange notamment d'une longue correspondance entre les deux. Cependant, elle n'était pas à même de décider laquelle des deux filles Lannister serait destiné à avoir sa place aux côtés du Roi de la Montagne et du Val, elle n'avait fait qu'exprimer un souhait, mais si Megara avait été choisi elle aurait parfaitement compris pourquoi sa sœur aînée lui aurait été préféré. Après tout, on mariait les princesses en fonction de l'âge de celle-ci, et l'aînée avait toujours la primauté sur sa cadette. C'était tout l'inverse qui s'était produit et Nymeria se sentait coupable de lui être passé devant. Elle avait voulu se faire pardonner mais Megara avait semblé balayer l'idée d'un simple coup de main comme si cela n'avait pas vraiment eu d'importance pour elle. Cela ne faisait au final qu'augmenter un peu plus la culpabilité de la jeune fille. Il était devenu urgent qu'elle lui parle avant qu'elle parte, qu'elle soit certaine qu'il n'y avait pas eu de mal entendu entre elle et qu'elle pourrait garder l'affection de sa sœur même une fois qu'elle ne serait plus à Castral Roc. C'est pourquoi Nym' se présenta à la porte des appartements de son aînée, signifiant sa présence, elle espérait la trouver ici et pouvoir s'entretenir une dernière fois seule à seule.


Nymeria Arryn
Reine du Val et de la Montagne

Tous les dragons de notre vie ne sont peut-être que des princesses qui attendent de nous voir heureux ou courageux.
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MessageSujet: Re: Ce n'est pas une traitrise mais un acte d'amour. [Flashback]   Lun 7 Nov - 22:05

La forteresse du Roc n'avait jamais été le plus paisible des lieux. Toutes et tous s'y trouvaient toujours en mouvement, sans nul doute parce qu'il s'agissait du siège de la royauté, en ces contrées de l'Ouest, et qu'y convergeaient donc un certain nombre de faisceaux du pouvoir royal, sans parler des visites diplomatiques et des visites d'agrément. Ici vivait la famille royale, et une certaine foule de courtisans pouvait également y avoir des appartements, dans des ailes distinctes et spécialement dédiées à cet effet, bien évidemment. Sans parler de la foule de personnels de maison chargés de travailler pour tous et pour toutes. De plus, ici, les pièces étaient multiples, les couloirs pouvaient sembler sans fin, et les escaliers étaient légions, de par le simple fait que la forteresse se dressait sur une falaise haute et abrupte, des plus naturelles. Et d'ailleurs, les lieux faisaient plus que de s'élever sur ce promontoire naturel, ils s'y mêlaient également, de sorte que la roche avait été creusée en nombre d'endroits pour créer pièces, renforcements, cavités, cours intérieures, et autres éléments architecturaux du même genre. Dès lors, si l'on combinait la symbolique des lieux, le nombre de ses occupants et résidents, ainsi que la taille des lieux et la longueur des couloirs, on obtenait un résultat assez aisément compréhensible : il y avait toujours du mouvement ici. Cependant, dernièrement, tout ceci n'avait que peu à voir avec la situation habituelle : c'était même le jour et la nuit ! Il y avait tant d'évènements considérables qui se produisaient en même temps, et tant à gérer, aussi ... Bien qu'il ne soit pas dans les attributions de Megara d'être la maîtresse de maison, ou plutôt la maîtresse-femme de cette famille et de cette forteresse, de par son titre, son rang, et son implication dans certains de ses évènements, elle ne pouvait se tenir à l'écart de toute cette agitation, bien que cela l'épuisait plus que de raison. Elle avait comme perdu l'habitude d'être autant sollicitée, du moins, publiquement. Elle devait maintenir bien haut les apparences, tout en assurant son rôle. Agir et réfléchir étaient naturels pour elle, mais il fallait convenir que d'arborer perpétuellement ce masque et cette posture qui étaient les siens depuis les dramatiques incidents survenus dans son adolescence, cela lui demandait une somme d'efforts et d'implications. Il n'y avait alors bien que lorsqu'elle se retirait dans ses appartements que l'aînée des Princesses du Roc pouvait espérer trouver un peu de calme et d'apaisement, quoi que cela n'était pas garantie. On savait où la trouver, et donc, où la coincer, lorsqu'on se trouvait chargé de venir quérir son avis concernant tel ou tel élément de ses futures noces. Et il allait sans dire que sa Mère n'hésitait pas elle non plus à venir la tirer de sa relative réclusion, et à donner des ordres pour que l'on aille quérir sa fille pou tel ou tel motif. Et on ne refuse rien à la Reine du Roc, et encore moins à sa mère, lorsqu'on s'appelle Megara Lannister, fille aînée du couple royal !

Elle n'avait fait allumer aucun feu dans la cheminée trônant contre un mur de ses appartements, car le climat était toujours des plus propices dans l'Ouest, en une telle période de l'année. Et même si le Roc n'était pas Dorne, personne ne se plaignait réellement du climat. Et puis, si l'on voulait quérir un peu de fraîcheur, en ces lieux, la pierre qui entourait la forteresse était là pour ça, sans parler des embruns marins que l'on pouvait bien aller quérir en descendant de plusieurs étages et en s'aventurant sur le remblai ou bien encore sur la plage. Cependant, nul feu dans la cheminée ne signifiait en rien que Megara ne pouvait pas s'y installer devant, confortablement assise dans un fauteuil des plus moelleux. Sur le joli guéridon en ferrugier laqué de pourpre et plaqué d'or, Megara avait fait amener une corbeille de fruits ainsi qu'un pichet de jus de grenade. Quelques instants plus tôt, elle était affairée à apporter la touche finale à un collier de cuir qu'elle avait confectionné elle-même, non sans s'assurer du fait qu'il puisse être réglable en circonférence. Disons que son destinataire n'aurait de cesse de grandir, et que le collier devrait s'adapter. D'ailleurs, en parlant du destinataire, elle n'avait pas encore fait son choix, car elle estimait que cela ne serait pas à elle de le faire. Cependant, elle refusait de perdre du temps plus que de raison, car ... Car un certain départ s'annonçait, et elle refusait de vivre celui-ci enfermée dans ses appartements, sans parler du fait qu'elle ne pourrait remettre son présent si le cortège avait déjà commencé sa progression jusqu'au Val. Alors, quand Jinxs, entrouvrit la première porte menant à ses appartements, et que l'une de ses chambrières fit de même concernant la seconde porte, Megara comprit qu'elle avait de la visite, et pas n'importe laquelle, sans nul doute. On n'entrait pas ici comme dans un moulin, Jinxs était des plus regardants à ce sujet. Et à ne pas voir sa chambrière se prosterner jusqu'à terre ou presque, Megara put rapidement réduire la liste de ses suspicions à une seule personne seulement : sa sœur. Sa petite sœur. Sa sœur cadette. Sa sœur chérie.
    ❧ Nymeria ! Entre, entre, je t'en prie ! Je n'allais justement pas tarder à aller te quérir dans tes appartements. Tu m'as devancée, une fois n'est pas coutume. Tout comme tu as lu dans mes pensées ! ❧ Elle lui adressa un sourire des plus francs, affectueux et sincères, avant de la prendre dans ses bras et de lui déposer un doux baiser sur l'une des deux joues, non sans faire un pas en arrière par la suite. ❧ A ce que j'en sais, c'est le grand chambardement dans tes quartiers : cela doit sans doute t'être pénible autant que cela doit stimuler ton empressement ... Une petite coupe de jus de grenade, pour te remonter le moral ? ❧
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MessageSujet: Re: Ce n'est pas une traitrise mais un acte d'amour. [Flashback]   Mer 16 Nov - 16:02

Nymeria était là, là à attendre devant la porte de sa sœur. Et soudainement son geste lui parut presque futile. Les deux jeunes femmes étaient toutes à leurs préparatifs, et elle se demandait pourquoi cela lui avait paru si important à ce moment précis de venir quérir sa sœur dans ses appartements et à ainsi déballer tout ce qu'elle avait sur son cœur. Elle trouvait tout cela ridicule finalement, elle se trouvait surtout ridicule elle. Il y avait eu tellement d'autres occasions où elle aurait pu faire cela, bien avant que les choses ne s'accélèrent et qu'elle se sente ainsi presser par le temps, comme si c'était sa dernière chance, la dernière chance pour pouvoir tout lui dire, et surtout lui dire combien elle l'aimait. Les larmes au bord des yeux, elle repensait à ses dernières années, ses derniers mois et même ses dernières semaines. Lyman et elle n'avaient jamais été proches. Il avait mis une barrière entre lui et ses sœurs dès son plus jeune âge pratiquement. Il était un jeune lionceau alors qui se croyait déjà roi, gouvernant sur tout et sur tout le monde. Forcément, à ce moment-là, il pensait que cela fonctionnait également sur ses sœurs plus jeunes que lui, qu'il était leur futur roi avant d'être leur frère. Le fossé s'était creusé immédiatement, et rien ne semblait pouvoir rapprocher l'héritier de la couronne avec les autres enfants du couple royal. Après tout, c'était lui qui allait briller au sommet de la hiérarchie, elles, elles n'avaient pas leur mot à dire sur ce qu'il faisait et qui il était. Nymeria l'avait bien souvent détesté, détesté de le voir jouir de cette place particulière, elle reconnaissait que cela n'était pas simple mais au moins avait-il plus le contrôle sur sa vie qu'elle ne l'aurait jamais. Une jalousie certaine aussi que ressentait la cadette vis-à-vis de son aîné qui pouvait se battre alors qu'elle devait s'occuper de broderie et de soierie à longueur de journée, en écoutant de vieux préceptes sur ce qu'était le rôle d'une noble demoiselle et d'une future épouse.

Avec Megara, c'était une toute autre histoire. Les deux sœurs étaient aussi différentes que le jour et la nuit mais elles étaient proches, elles s'aimaient, elles veillaient l'une sur l'autre. Nym' se souvenait encore des histoires que Megara lui lisait quand elles étaient enfants et l'empressement de la petite princesse qu'elle était de les mettre en action, cherchant tout objet pour se déguiser et rejouer la scène qu'elle venait d'entendre. Elle ne comptait plus le nombre de fois où elles avaient ris ensemble, provoquant la colère d'une quelconque nourrisse leur rappelant que leur du coucher était venu. Cependant, au fur et à mesure des années, quand le corps de Megara s'était métamorphosé pour devenir celui d'une véritable femme, elle avait ressenti l'éloignement de la jeune femme. Elle ne se confiait plus à elle, leurs moments à deux étaient moins fréquents, et elle avait vu sa sœur se rapprocher bien plus de leur mère tout autant qu'elle coupait les liens avec elle. La jeune princesse se moquait bien de la relation que Meg pouvait avoir avec leur mère. La Reine et la plus jeune fille s'aimaient, à n'en pas douter, mais elles n'avaient jamais été très proches l'une de l'autre, après tout Nym' avait le soutien de son père et elle avait créé une complicité avec lui qui semblait impossible entre la mère et la fille. Ce qui dérangeait véritablement la petite princesse c'est que Meg ne se confiait plus à elle, avait-elle fait quelque chose pour perdre sa confiance, l'avait-elle offenser d'une quelconque manière.

Elle n'avait jamais réussi à trouver ni les mots, ni le courage pour aller parler avec elle à cœur ouvert. Aujourd'hui, Megara allait se marier, Nymeria ne serait pas présente, puisque si tout allait bien, elle se serait déjà installée aux Eyrié, pour pouvoir elle-même se marier avec le Prince de la Montagne et du Val. Elles allaient vivre toutes les deux le moment le plus important de leurs vies chacune de leurs côtés. Nym ne pourrait être présente pour le mariage de sa sœur et vice-versa. Et c'est pour cela qu'elle avait l'impression qu'elle avait manqué le coche quelque part, qu'il y avait un point d'interrogation dans leur relation, un sentiment d'inachevé qui mettait Nymeria au bord du précipice. Elle voulait arranger les choses, elle voulait comprendre et être comprise, tout se chamboulait dans son cœur et dans sa tête, et elle avait autant envie d'y aller qu'elle avait finalement envie de prendre ses jambes à son coup et de fuir dans l'autre sens. Cependant, maintenant qu'elle s'était faite annoncer, elle ne pouvait pas reculer, elle devait aller au bout de sa démarche même si elle n'avait aucune idée de ce que cela allait donner. On finit par lui ouvrir la porte, adressant un doux regard à la chambrière qui venait se prosterner devant elle, et qu'elle ne fût pas sa surprise en découvrant sa sœur, face à elle, juste devant la seconde porte qui permettait d'entrer dans ses quartiers qui n'appartenaient qu'à elle. « Nos esprits se sont rencontrés il faut croire … Il est agréable de voir que tu as eu la même idée que moi. » Elle courut presque pour venir se blottir dans les bras de sa grande sœur, soupirant doucement de joie alors qu'elle l'embrassait sur les joues. Elle prit doucement sa main dans la sienne, et le pressa contre son cœur quelques instants. « Il y a de l'empressement certes, je ne peux le cacher mais il y a tant d'inquiétudes qui semblent surgir juste avant le départ que je me sens quelque peu perdu. Il y a tant de choses que je tenais à te dire avant de partir qu'il fallait que je vienne te voir. Mais tu as raison, posons-nous avant tout, un jus de grenade ne pourra que me profiter ! »


Nymeria Arryn
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MessageSujet: Re: Ce n'est pas une traitrise mais un acte d'amour. [Flashback]   Ven 18 Nov - 0:42

Il y a des femmes qui attendent des années avant de voir leur ventre s'arrondir d'une nouvelle vie à venir. Il y a également des femmes qui attendent des années de bel et bien pouvoir enfanter en menant leur grossesse à terme, sans voir la vie qu'elles portaient en elles s'envoler comme une plume au vent, bien souvent dans la douleur et le sang. Comptes-tenus de sa situation personnelle, il était bien sûr entendu que Megara était au fait de ces choses parce qu'on les lui avait narrées et expliquées. Elle n'avait cependant jamais encore connu d'elle-même une telle expérience. Cependant, on avait tout de même décidé qu'il était mieux pour elle qu'elle soit aux faits de ces choses là, car cela l'attendrait sûrement un jour. Les fausses-couches n'étaient pas forcément plus légion que ça dans sa famille, mais elles demeuraient existantes, frappant les paysannes comme les reines, bien que ces dernières, vivant une vie plus sûre et plus agréable et confortable, n'étaient pas de celles qui enchainaient le plus de telles déconvenues. Mais il n'en demeurait pas moins que face à l'adversité, on avait choisi de commencer à la préparer dès qu'elle avait été en âge de réellement comprendre ces choses là, sans doute pour apaiser sa peine si, en étant enceinte, par la suite, elle en viendrait à perdre l'enfant. Quoi qu'il en était, elle savait aussi très bien que les grossesses menées à terme ou non n'étaient pas forcément programmées pour toutes, et que certaines femmes attendaient bien des années avant de connaître pareille expérience. Et dans les faits, pour une fois, paysannes et reines étaient logées à la même enseigne. Certaines damoiselles perdaient de leur jeunesse à mesure des déceptions et des échecs, lorsqu'elles ne se fanaient pas de ne finalement jamais devenir mères. Pour le bien de tous, le plus souvent, on priait les Sept de vous épargner un tel malheur. Megara était loin de d'ores et déjà sans cesse songer à tout ceci, mais ce qu'elle savait, c'est que sa mère était devenue mère, justement, relativement peu d'années après son union avec Loren. Et qu'en 3 années seulement, elle avait donné le jour à trois enfants, parfois dans la peine et la douleur, mais sans jamais enfanter des êtres qui s'étaient éteints comme si l'on avait soufflé sur la flamme de leur bougie. Un fils, puis deux filles, encore aujourd'hui en parfaite santé, et qui avaient tous pu, à leur manière, lui en faire voir des vertes et des pas mûres, comme le disait si justement l'une des plus anciennes cuisinières du Roc.

Lorsqu'elle posait les yeux sur sa cadette, et même sur son aîné, Megara ne pouvait s'empêcher d'être reconnaissante envers la Mère d'En-Haut d'avoir accordé de telles bénédictions à sa mère. Certains diraient qu'elle avait la place en or, celle de la puinée, mais pas de la benjamine. L'enfant du milieu. La première fille, aussi, qui ne souffrait donc techniquement d'aucune comparaison avec son aîné, et qui était prise en modèle pour Nymeria, bien que cela l'ait dérangée plus que de raison à de nombreuses reprises. Sa sœur et elle étaient deux êtres différents, et méritaient toutes les deux de pouvoir simplement être elles-même. On ne comparait pas sans cesse le cuisinier et le maréchal-ferrant, et pourtant, eux aussi étaient issus du même sang, bien que Megara n'ait pas forcément toujours pu comprendre quel était leur lien exact, quand certains parlaient de demi-frères issus du même père et d'autres de garçons issus de la même mère et de deux pères qui étaient cousins entre eux. A plusieurs reprises, Megara avait pu se tendre et faire la grimace quand, pour la énième fois, elle entendait ses qualités être vanter, pour raisonner Nymeria et tenter de la changer. Nymeria n'avait pas à être changée. Elle était telle qu'elle était, et c'était pour cette raison là, et pour bien d'autres, également, que son aînée éprouvait une profonde affection pour elle, en dépit du fait que, sur le papier, en terme d'âge, Megara était plus proche de Lyman. Mais à des dizaines de lieues de lui, psychiquement parlant ... Cela voulait tout dire. Et maintenant ... Maintenant, Nymeria allait s'éloigner si loin d'elle, si loin des leurs, si loin du Roc, là où Lyman, lui, n'irait nulle part. Tant mieux pour lui, le concernant : il était après tout l'héritier du trône, l'unique fils du couple royal. Et Megara refusait de songer à ce qui arriverait si l’Étranger fauchait sa jeunesse en plein vol ... Mais, oh que oui, si elle avait pu, elle aurait créer une existence au sein de laquelle elle ne serait jamais amenée à être séparée de sa petite sœur si chérie ! Mais sans doute de telles folles espérances parfaitement fantasmées étaient plus douloureuses à perpétuer, au sein de ses songes, la nuit, plutôt que de laisser libre cours, total, à la réalité des choses, des circonstances et des obligations et destinées qui étaient les leurs depuis toutes petites. Elles étaient faîtes pour ça, en tant que femmes : pour créer des alliances étrangères, ou renforcer et apaiser des liens internes au royaume. Et c'était ce qu'elles s'apprêtaient toutes deux à faire, dans leur registre propre, et bien que, pour Megara au moins, les choses n'étaient pas exactement planifiées telles qu'elles survenaient, originellement ... Chaque ultime instant passé ensemble était donc, en quelque sorte, un instant volé à la destinée, et Megara souhaitait s'y consacrer pleinement et sincèrement, aujourd'hui plus que jamais, avec autant d'intensité et de dévotion qu'il lui était possible de vivre et de supporter.
    Comment aurait-il pu en être autrement, dans le fond ? N'avons-nous pas déjà si souvent expérimenté de telles coïncidences, tant et si bien que nous avons décidé il y a longtemps déjà qu'il ne devait sans donc plus exactement s'agir de coïncidences ? ...
Megara avait de magnifiques dents. Bien alignées, bien blanches, et de longueur respective appréciable. De sorte à ce qu'on l'ait déjà maintes et maintes fois louée pour la beauté de son sourire, bien qu'elle en soit venue à de moins en moins livrée ses vrais sourires à qui que ce soit, si ce n'était aux siens, et encore. Les mois étaient allés, depuis le début de ses troubles, et elle avait de moins en moins sourit, et de plus en plus prié ... Mais le sourire qu'elle envoyait à sa cadette avait tout du sourire sincère, aimant et semblable à ceux de leur enfance. Et elle ne put empêcher ses doigts quelque peu se rétracter sur eux-même, là, tout contre le tissu recouvrant le cœur de Nymeria, comme pour se saisir de l'étoffe, la revendiquer, et refuser de lâcher prise. Finalement, elle posa cette même main sur l'une des joues de sa cadette, en penchant légèrement la tête.
    Je n'ai jamais aimé te voir inquiète, cela ne te convient pas au teint ... Et j'ai toujours envie de chasser les nuages au-dessus de ton esprit, pour qu'ils te laissent en paix, et, présentement, je ne peux malheureusement rien faire si ce n'est t'apporter mon affection et mes plus sincères sentiments compréhensifs. Je suis moi-même saisie de bien des inquiétudes en vue de mon propre mariage ... Elle sentit son cœur se serrer à ces deux perspectives, placées en parallèle, tout comme en entendant Nymeria l'informer qu'elle avait tant à lui dire. Elle se refusait de voir sa petite sœur perdre un seul des derniers instants qu'elle passait ici à se morfondre ou à se sentir obligée en quoi que ce soit. Cependant, en grande sœur et en parfaite princesse bien entraînée, elle n'en laissa rien voir, quoi que Nymeria la connaissait suffisamment pour sans nul doute tout de même percevoir cette petite lueur dans son regard qui trahissait cette once d'inquiétude. Un jus de grenade pourrait sans nul doute tout autant les désaltérer que quelque peu dissiper leurs inquiétudes respectives, non ? C'est ce qui la poussa à servir sa sœur, puis à se servir elle-même, en étant loin d'avoir besoin que l'on fasse ça pour elle. Elle tendit alors un verre à sa cadette, avant de l'enjoindre, d'un simple regard et d'un sourire, à s'installer sur la banquette la plus proche, alors qu'elle s'y asseyait elle aussi, tout en veillant à bien regarder où elle marchait. C'était que des boules de poil s'évertuaient à courir en tous sens, et qu'à cet âge là, des chatons, c'est à la fois vif, aventurier, et un peu aveuglé par la jeunesse, aussi ! C'est face à un tel spectacle que je me mets à plaindre toutes les gouvernantes et septas qui ont dû prendre soin et attention de nous trois lorsque nous n'étions encore que des enfants ! ... Remarques, tu es toujours un peu restée téméraire et insouciante !
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MessageSujet: Re: Ce n'est pas une traitrise mais un acte d'amour. [Flashback]   Ven 23 Déc - 9:42

Nymeria détestait le sentiment qui était en train de naître en elle. Comment pouvait-elle expliquer cela ? Comment pouvait-elle mettre des mots sur ce désespoir qu'elle sentait poindre en elle ? Quitter Castral Roc était bien évidement un bouleversement, si elle avait voyagé un peu dans les autres contrées de Westeros, elle n'avait finalement que peu naviguer même dans son propre royaume. Au fil du temps, elle avait réussi à idéaliser le royaume du Val, l'amour qu'elle portait au prince devait sans aucun doute beaucoup jouer là-dessus. Ce n'était pas un caprice qu'elle était en train de faire, un déception vis-à-vis de quelque chose qu'elle n'avait pas obtenu avant son départ. Soudainement, elle se rendait compte à quel point toute sa vie serait différente. Son père ne l'emmènerait plus jamais à la chasse sous le regard courroucé de son épouse. Sa mère n'aurait plus de remontrance à lui faire, sur la tenue à porter, sur son maintien et son port de tête, pas plus sur les gens à qui elle adressait la parole ou ce qu'elle préférait faire entre de la couture ou une promenade à cheval. Ce manque de complicité flagrante entre la mère et la fille l'attristait nettement. Elle rêvait juste d'être libre de tout cela, et c'était à cet instant précis que les regrets apparaissaient. Elle ne pourrait jamais réellement retenter de recoller les morceaux avec Lyman, son mariage semblait avoir eu un bon effet sur lui et Nym' aurait aimé pouvoir un peu plus connaître cette princesse du Nord, qui deviendrait un jour la reine de l'Ouest, le pays qu'elle chérissait tant. Et puis, il y avait Megara. Les deux sœurs s'étaient un peu éloignées l'une de l'autre ses dernières années. Sa sœur aînée semblait chercher à lui cacher quelque chose et cela avait bien déplu à la cadette qui n'avait rien fait ou presque pour cacher le désagrément que cela lui causait. Bien sûr elles avaient gardé une complicité à nulle autre pareille. Tellement de non-dits, de secrets obscurs, la vérité n'éclaterait pas aujourd'hui.

Car aujourd'hui, elle venait pour dire adieu. Il n'y avait pas un simple au-revoir, Nymeria ne partait pas dans le bourg le plus proche, il n'y avait pas seulement quelques heures à cheval à faire pour aller d'un point à un autre. Non, elle venait dire adieu car elle ne la reverrait sans doute jamais. Nym' serait absente du mariage de sa sœur, il fallait qu'elle parte au plus vite pour le Val avant qu'un tel passage ne devient trop compliquer voir impossible. Megara ne viendrait pas au sien, il serait trop difficile de faire la route, il ne fallait pas qu'elle prenne le moindre risque, après tout si le monde qu'elle connaissait venait à changer radicalement d'un point de vue politique, ils se pourraient que leurs camps soient opposés ou qu'ils arrivent malheur au prince héritier de l'Ouest. Elle aurait alors de grandes responsabilités à prendre et un déplacement de courtoisie deviendrait improbable. Elle n'aurait le droit à présent qu'à l'échange de missive avec chacun des membres de sa famille pour garder encore un peu le contact, avant que le poids de la vie ne finisse par les séparer définitivement. Elle avait foi dans le fait qu'elle garderait le contact avec sa sœur aînée, mais elle ne pourrait plus rien partager. Plus de passage dans les cuisines en catimini, plus de veillées le soir au coin du feu à raconter ou s'inventer de folles histoires. Nymeria ne pourrait plus voir le fin sourire qui s'affichait sur les lèvres de Megara quand elle cherchait à les faire rire, et que sa mère désapprouvait avec force ses dires.

Nymeria en était certaine, c'était le visage, la douceur, la gentillesse, la beauté et l'amour de Megara qui lui manquerait le plus une fois qu'elle aurait gagné le Val. Jamais elle ne pourrait retrouver pareil complicité, même si elle ne manquerait pas de faire de nouvelles connaissances une fois là-bas. «  Tu as raison, ce ne sont sans doute pas des coïncidences, mais laisses-moi apprécier cela pour la dernière fois sans doute. » Doucement, Nym' ferma les yeux quand sa sœur posa sa main sur sa joue, elle n'imaginait pas à quel point ce geste pouvait la réconforter et en même temps combien celui-ci la rendait un peu plus mélancolique encore. Elle aurait voulu que le temps s'arrête là à cet instant précis, qu'elle puisse voler des minutes et des heures entière à la course du temps juste pour profiter encore d'elle, juste pour pouvoir l'avoir juste à elle. «  Tu sais bien que je ne suis pas si inquiète que ça, cela vient par vague, telle la marée se fracassant contre les rochers avant que tout cela ne se calme. Je suis prête à vivre une aventure, celle sans doute d'une vie, celle qui ne peut être accordée qu'à une femme. J'en suis heureuse et je sais que je peux y arriver. Tout comme toi tu peux le faire. Les préparatifs du mariage sont difficiles à gérer d'un point de vue physique et cela est aussi éreintant pour l'esprit. Tu as mille et une choses à faire et on exige de toi un investissement de chaque instant. » Nymeria se mit à rire doucement. «  Mais ne voilà pas notre rôle. Nous sommes sollicitées à chaque instant de notre vie, qu'il soit question de mariage ou non. Je ne crains que ce ne soit simplement que le premier d'une longue liste. Mais je ne doute pas que Gareth doit être là pour te soutenir. » Elle lui fit un clin d'oeil.

Nym' accompagna donc sa sœur et la remercia pour le jus de grenade avant de prendre place à ses côtés, manquant de peu de tomber à cause d'un des nombreux chatons occupant la pièce et qui venait de se faufiler sous ses jupons ce qui semblait l'amuser grandement. Elle posa son verre sur une table non loin de là et elle récupéra le petit chenapan qu'elle posa sur ses genoux, venant à le caresser avec tendresse. «  Il fallait bien que je tienne mon rôle jusqu'au bout. Je veux laisser à tous un souvenir impérissable de moi. Je ne doute pas que pour certains cela sera un véritable bonheur de ne plus m'avoir auprès d'eux. Je n'ai pas toujours été facile, et bien peu dans les convenances obligatoires pour la princesse que je suis censée représenter mais tu verras, dans quelques temps, certains ne manqueront pas de dire que je savais amener un peu de joie de vivre à Castral Roc et je pourrais finir par manquer à certaines gouvernantes ou septas. Et puis de toute manière on ne peut pas réellement dire qu'elles respirent la joie de vivre. J'ai du respect pour chacune d'elle, ce n'est pas simple de devoir s'occuper, instruire et éduquer une jeune femme comme moi … Ou comme l'avait dit l'une d'elle, un cheval sauvage. » Elle continua à rire doucement.


Nymeria Arryn
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MessageSujet: Re: Ce n'est pas une traitrise mais un acte d'amour. [Flashback]   Sam 7 Jan - 22:51

Il y avait eu toutes ces fois où Megara avait couvert les arrières de sa cadette. Ces fois là, elle mentait lorsqu'on lui demandait si elle savait où se trouvait Nymeria. Ces fois là, aussi, elle abondait dans le sens des explications de sa petite sœur lorsque celle-ci s'inventait des excuses, du moins, Megara la suivait jusqu'à un certain point, quand Nymeria elle-même ne se dédouanait pas perpétuellement de ce qui était considéré comme des égarements de trajectoire. Nymeria était sûre d'elle, revendiquait des droits qu'on lui refusait, et n'était absolument jamais contre le fait de tenter de nouvelles expériences et d'aller à l'encontre des conventions. Sur ce point là, Megara l'enviait. Elle n'avait pas le tempérament rebelle et effronté de sa cadette, et à bien des instants, elle s'était dit que cela lui aurait sans doute simplifié la vie quand elle se morfondait quant au "qu'en dira-t-on", dès lors qu'il s'agissait de s'inquiéter des opinions et de l'avis de ses parents. Car la foule des courtisans était alors majoritairement éjectée de l'équation, dans une telle configuration, la plupart du temps. Megara enviait le courage de Nymeria, sa capacité à aller jusqu'au bout de ses désirs quitte à s'y casser les dents, mais en vivant pleinement la chose. Elle-même avait pu posséder quelques tendances de ce genre, autrefois, mais dans une moindre mesure, cependant. Plus jeune, elle était vive, pétillante, curieuse, et ne se contentait pas toujours des réponses qu'on lui formulait, choisissant alors de se renseigner plus précisément et de façon plus complète par elle-même. Mais depuis la naissance de ses troubles, la Princesse s'était quelque peu renfermée sur elle-même, barricadée derrière les apparences et amenée à parfois s'isoler dans un monde intérieur au sein duquel elle ne se sentait même pas très à l'aise. Elle avait si souvent la sensation de marcher sur des œufs, alors même qu'elle se devait de maintenir les apparences, de ne rien laisser filtrer de son désarroi, de ses craintes, de ses doutes, de ses failles. L'Ouest n'attendait pas de ses princesses qu'elles soient éternellement hésitantes, tremblantes, effarouchées et fragilisées pour un rien. Cela ne renvoyait en aucun cas une bonne image auprès des monarchies étrangères et donc auprès des royaumes administrés par ces dernières, pas plus que cela ne personnifiait vaillamment la famille royale auprès de ses sujets ... Alors Megara avait dû adopter des techniques de dissimulation, se forger une certaine carapace, une armure dont elle ne s'était plus jamais réellement entièrement défaite depuis qu'elle l'avait enfilée.

Il y avait eu toutes ces fois où Megara n'avait pu se résoudre à obéir immédiatement, quitte à quelque peu écorné une image de perfection princière dont elle n'avait de toute façon pas forcément eu entièrement conscience, à l'époque des faits. Il était arrivé à Jordane de l'appeler pour qu'elle vienne la rejoindre pour quelque raison que ce soit, là où Megara avait refusé d'immédiatement s'exécuter. Il était arrivé plusieurs fois à Loren de raconter une fameuse histoire familiale, au sein de laquelle Megara s'était retrouvée privée de toute possibilité d'aller se loger sur les genoux de son père, devant s'incliner face à Lyman qui récoltait ce privilège, tout ça parce que, depuis plusieurs minutes, l'aînée des princesses était penchée au dessus de sa jeune soeur. Une jeune sœur qui avait emprisonné l'une des tresses de son aînée dans l'un de ses petits poings fermés mais néanmoins déjà volontaire. Et Megara avait alors refusé de se défaire de cette étreinte quelque peu particulière, succombant alors à la volonté de sa cadette plutôt qu'à l'envie immense d'être aimée et câlinée par son père, du haut de ses presque 3 ans. Leur père disait toujours que l'acte, ou plutôt le refus d'agir, avait parlé de lui-même : hiérarchiquement, dans le cœur de Megara, si tous les membres de sa famille la plus proche figuraient en bonne place, Nymeria aurait toujours la place de choix. Et la jeune femme refusait que cela change, malgré les turpitudes probables du futur, malgré l'éloignement, la séparation, le changement, l'évolution. Mais sans nul doute était-ce dérisoire et enfantin que de souhaiter s'accrocher à ce qui appartiendrait, par obligation, au passé, alors que le futur se trouvait droit devant elle. Megara n'était pas connue pour son immaturité, mais elle avait suffisamment de naïveté en elle pour tomber dans de tels travers. Et pour refuser de voir la vérité en face. Elle était quelque peu froide et détachée pour la face du monde, mais intérieurement, et en privé, les choses étaient quelque peu différentes. Il lui était inutile d'arborer ce genre d'atours en présence de Nymeria, car cette conversation entre elles était déjà marquée du seau du changement, de la séparation si prochaine, et Megara refusait de mentir ou de jouer à la fière dans les potentielles derniers moments en présence de sa sœur. Mais, oui, en attendant de probablement voir Nymeria être détrônée lorsque Megara aurait des enfants, la principale intéressée tenait à rester fermement campée sur ses positions. Du moins se jurait-elle déjà d'agir de la sorte !
    Tu as toujours été la plus aventurière de nous trois ... Déjà toute petite, tu ne tenais pas en place, et puis ... J'ai pleinement confiance en toi, et même plus que cela, il ne m'est jamais venu à l'esprit que tu puisses te casser les dents sur ta future vie à venir. Peut-être parce que je n'ai jamais cru que quoi que ce soit ou que qui que ce soit ne pouvait te résister. Je n'ai personnellement jamais pu te résister, mais mon cas n'est sans doute en rien une généralité !
Encore une fois, Megara se sentait pleinement comprise par Nymeria, du moins suffisamment pour ne pas avoir à expliquer encore et encore ses propos, ni même à exposer pendant des heures le fil et le fond de ses pensées. Elles se comprenaient, se complétaient, et en la présence de Nymeria, Megara se sentait plus apaisée, plus sereine face à tout ce qu'elle se devait de dissimuler et de garder sur ses épaules. Cela ne l'empêchait cependant en rien de parfaitement sentir cette boule d'anxiété et de culpabilité, née du fait qu'elle cachait à sa sœur son terrible secret et que, donc, invariablement, cela créait quelque distance désagréable entre elles. Mais Jordane exigeait qu'il en aille ainsi, là où Megara se sentirait si honteuse et désœuvrée si sa petite sœur découvrait à quel point son aînée était si dépravée et si peu parfaite, dans le fond. Elle refusait de la voir blessée, mais refuserait toujours bien plus de la savoir déçue ou dégoûtée d'elle ...
    Tu as raison : les sollicitations, encore et toujours. Le devoir princier ... Une fois mariée, il n'y aura nul retour en arrière possible, et rien ne sera plus comme avant, et cela me trouble quelque peu. On n'a de cesse de vouloir me ranger dans des cases : celle de l'obéissance, du calme, de la rêverie, de la perfection, de l'artiste, de la réfléchie, de la douce, de l'ainée des princesses, de la cadette de l'héritier au trône, tout ceci et bien d'autres choses à la fois. Et maintenant, je crains fort que l'on ne veuille me ranger dans la case de la femme mariée, avec tout ce que cela implique en termes d'attentes, d'espérances et d'obligations. Un pas après l'autre, et il me semble toujours que je doive tenir de plus en plus mon rang, ne pas faillir, combler les espérances et répondre aux attentes ... Et Gareth est ... Il est présent, mais je me sens quelque peu fébrile en sa présence. Nous n'avons jamais été proches jusqu'à maintenant, et ... Il semble si à l'aise quant à me faire oublier les conventions. Il n'attend en rien de moi que je sois la parfaite des princesses, ce qui me perturbe un peu.
Tremblant les lèvres dans son jus de grenade, Megara observa d'un œil conquis, amusé et attendri les caresses que prodiguait sa cadette à l'un des chatons perturbateurs. Megara adorait les chats. Elle n'en était pas pour autant devenue l'une de ses vieilles nobles ayant perdu leur époux et vu leurs enfants partir, ou n'ayant jamais eu ni l'un ni l'autre, qui se réfugiaient dans la présence d'un petit escadron de chats pour toute réelle proche compagnie. Mais elle adorait les chats, de par leur proximité avec les lions, sans doute. Il n'y avait plus de grands félins de compagnie auprès des Lannister depuis des générations, de par la dangerosité, sans doute. Mais il y avait des chats, à Castral Roc. Pas par dizaines, comme dans les rues des villes et villages, félins errants sans réel dieu ou maître. Mais des chats tout de même, et présentement, Megara en possédait un. Ou plutôt plusieurs, depuis quelques semaines, lorsque sa si jolie et si docile chatte avait mis bas. Elle ne manquerait pas de faire présents des petits à des proches, ou bien à de nobles visiteurs du Royaume du Roc de passage, qui ne manqueraient certainement pas de voir en ce cadeau une marque d'intérêt de la part de leur princesse, là où tout ne serait surtout que jeu d'apparence. Mais ils étaient beaux, les chatons. Leur père vivait à Belle-Ile, auprès des Farman, dont les enfants étaient cousins issus de germain avec Megara. Tout comme leur mère, il était de ces grands chats au poil fourni et si doux, à la fourrure tigré, à la queue plumeau et aux yeux si bleus. Il était donc d'une logique implacable que les chatons soient à l'image de leurs parents, ne serait-ce que physiquement !
    Je crois que certaines d'entre elles s'acquittaient de leur tâche comme s'il avait s'agit d'une mission des dieux, à laquelle il ne valait mieux pas faillir ! Mais elles ont eu tord de ne voir en toi qu'un animal buté, un cheval, qui plus est, là où tu es née lionne ! Et cela se saurait si l'on était déjà parvenu à totalement s'imposer face à l'emblème de notre famille, feu mon pauvre poney en est témoin ! ... A moi, tu manques déjà, tu sais. Et, oui, c'est stupide, puisque tu ne nous as pas encore quitté, mais je ne peux m'empêcher de me sentir si triste ... Si triste et à la fois si heureuse, car tu vas épouser Ronnel, et je sais à quel point vous êtes attachés l'un à l'autre. Un mariage diplomatique tout autant qu'un mariage d'amour : je crois pouvoir dire sans trop me tromper qu'il s'agit là d'une rareté ! Elle tendait une main vers sa joue, de nouveau, de façon affectueuse, tout en lui souriant avec sincérité et complicité. Il n'y avait jamais eu la moindre rancœur de sa part quant au fait que Nymeria épouserait celui qu'on avait un temps songé de lui faire épouser. Et une nouvelle fois, Megara tenait à ce que sa cadette en soit assurée. Tu vas bientôt devoir quitter Castral Roc, et me quitter, moi, et je ne peux songer à te laisser partir ainsi. Alors j'ai pensé que, si cela te convient, tu pourrais emporter avec toi, jusqu'au Val, un bout de chez nous. Un bout de moi. Un chaton. Je garderais avec moi l'un de ses frères ou de ses sœurs, et ainsi, nous resterons liées l'un à l'autre ... Qu'en dis-tu ?
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MessageSujet: Re: Ce n'est pas une traitrise mais un acte d'amour. [Flashback]   Dim 15 Jan - 10:17

Nymeria se sentait adulte, pour la première fois de sa vie, elle se sentait pleinement adulte. Il n'en était rien bien sûr, ce n'était que l'impression qu'elle avait mais c'était une impression vivace. Pourquoi ? Parce que toute sa vie allait changer, quand à l'aube le lendemain matin, elle serait dans l'obligation de monter dans le carrosse qui allait la conduire au Val, elle faisait une croix sur son passé. Et forcément, cela revenait à faire une croix sur son enfance également. Bien sûr, elle était encore une jeune fille, le fait qu'elle n'est jamais eu à partager son lit avec un homme faisait même encore d'elle une fillette innocente mais elle ne partait pas en voyage de complaisance, elle partait se marier. Le mariage impliquait plein de choses, dans les relations humaines avec son entourage, le regard n'était plus les mêmes et les attentes ne seraient plus les mêmes non plus. Pour Megara comme pour elle, une fois que les vœux allaient être prononcés, les princesses du Roc savaient ce qui les attendaient. Il fallait faire perdurer la lignée, et si Megara garderait une place un peu plus sereine en restant au Roc, Nym' avait le devoir de donner à Ronnel un héritier, qui serait assez fort pour pouvoir prendre le trône de son père, car elle ne serait pas une simple aristocrate, elle allait devenir reine. Bien sûr, la Reine régente actuelle, Sharra Arryn était encore bien présente dans le paysage politique. Son fils aîné n'avait que quatorze ans et il manquait sans doute encore d'expérience pour pouvoir refuser l'aide et la sagesse de sa mère dans les décisions politiques. De plus, Nymeria n'allait sans doute pas représenter la meilleure conseillère qui soit pour son mari, en tout cas elle avait encore bien des choses à apprendre, et si elle était là pour l'épauler, elle ne comptait pas pour autant être relégué simplement au statut de l'épouse douce et obéissante, vivant dans l'ombre de son mari et n'étant qu'un objet de décoration. Au moins, elle pouvait être certaine que sa blondeur naturelle changerait un peu des jeunes femmes qu'on pouvait rencontrer dans le Val.

Cependant, partir voulait surtout dire qu'elle allait quitter sa famille et si cela ne la dérangeait guère quand il s'agissait de son frère, il en était tout autre en ce qui concernait son père et sa grande sœur. Megara faisait d'elle un portrait plutôt adorable, elle ne pouvait qu'apprécier qu'on puisse l'aimer malgré son caractère bien souvent difficile face aux dires des mestres, ou des femmes servant la Cour. Aujourd'hui, elle n'avait plus véritablement l'impression qu'elle était cette même personne. Elle avait essayé de faire perdurer l'illusion jusqu'aux derniers moments, mais voilà elle y était et ce n'était pas une étape facile à surmonter. Elle savait qu'elle pouvait trouver le réconfort auprès de son aînée. Même si en grandissant, il semblait qu'elles se soient un peu éloignées l'une de l'autre, elles garderaient pour toujours une complicité qui ne pouvait exister avec personne d'autre. Venir la trouver, c'était tout ce qui lui avait importé. Elle savait que sa sœur l'accueillerait les bras ouverts, même si son temps devait être utilisé avant tout pour les préparatifs du mariage, bien plus important que de voir la cadette Lannister s'en aller et pourtant, il lui restait moins de temps à passer ici, que de temps qui restait avant les noces du Joyau du Roc. Les priorités n'étaient pas les mêmes, les enjeux n'étaient pas les mêmes et vu qu'elle partait, le monde continuait de tourner sans elle sans aucun soucis. Alors, elle voulait qu'on l'autorise à passer ses dernières heures en sa compagnie, comme si elles étaient encore des jeunes femmes, comme si elles n'allaient pas se marier demain et qu'elles pouvaient encore rêver de fuir Castral Roc pendant quelques heures à cheval et juste profiter de la douce température, et des chants agréables des oiseaux que portaient le vent. Qu'elle aurait aimé pouvoir capturer le temps ainsi, mais elles étaient obligées de rester là, avec tout ce qu'il se passait aujourd'hui dans le château, à Castral Roc, dans les Terres de l'Ouest ou Westeros, la disparition des deux princesses auraient sans doute provoqués la levée d'une armée juste pour les ramener. Nymeria n'avait nullement envie de mettre sa mère en colère, c'était sa dernière journée ici, elle voulait partir avec l'impression que pour une fois, elle honorait la maison des Lannister plutôt que de la décevoir perpétuellement.

« Un trop plein d'énergie disait notre mère … Qu'est ce que cela pouvait bien l'exaspérer de me voir ainsi lui tenir tête … Surtout qu'elle n'a jamais totalement eu le soutien de père face à ses problèmes d'éducation qu'elle rencontrait avec moi … Heureusement que tu m'as couverte plus d'une fois, père également … Je ne compte pas le nombre de fois où il m'emmenait avec lui. Ce sont des souvenirs que j'emporterais avec moi … Je ne sais si le Val est propice pour de longues promenades à cheval, la roche est très répandue dans cette région de Westeros … Enfin je me trouverais bien des activités extérieures ! » Nymeria écouta attentivement sa sœur, elle hocha plus d'une fois la tête à ce qu'elle pouvait dire. Elle semblait résigner d'une certaine façon, Megara face à son destin. Même si elles n'avaient jamais perdu de vue la réalité de leur avenir, il n'était pas facile d'accepter que le moment fatidique était arrivé. Cependant, il n'avait jamais eu de point de non retour. Elles étaient nées dans une famille régnante, elles avaient des devoirs et des responsabilités qui leur avaient été imposées avant même qu'elles sachent dire leur premier mot. Tout cela allait avec le rang, avec le titre qu'elles portaient. Il fallait simplement espérer que la personne avec qui elles allaient partager leur vie serait le meilleur qui soit, pour les assurer d'une tendresse réconfortante et les valoriser un peu plus. « Nous grandissons et tout en avançant dans l'âge, nous devenons des personnes qui ont un rôle à part entière à te tenir, auprès du peuple et de la Cour. Cela me révolte, je ne dis pas qu'il faudrait tout remettre en considération mais il y aurait sans doute des choses à améliorer, les femmes du Sud semblent avoir démontré leur volonté pour cela. Cependant, je sais que Gareth possède une simplicité de cœur qui égale sa grandeur d'âme. Même s'il n'a pas toujours été proche de nous, il nous portait en affection, bien plus que Lyman ne l'a jamais fait et qu'il ne fera sans doute jamais … Il saura t'accompagner dans ton futur et je suis soulagée de savoir que c'est lui que tu vas épouser. Je ne te promets pas le bonheur à chaque instant, mais je sais qu'il fera de son mieux pour que tu sois heureuse, j'aurais souffert de te savoir uni à quelqu'un qui ne ferait pas attention à toi. »

Nymerai avait gardé tout contre son cœur, le petit chaton qui s'était amusé dans ses jupons. La présence de l'animal, son ronronnement régulier semblait l'apaiser tout autant que la présence de sa sœur à ses côtés. Elle ne manqua pas de rougir quand elle parla du mariage de Ronnel et d'elle comme un mariage d'amour. Elle ne savait pas réellement ce qu'était l'amour et si s'en était vraiment un. Elle tenait réellement à lui, les quelques fois où elle avait eu la chance de le voir, et ils s'étaient adressés des lettres pleines de tendresse, elle ne pouvait remettre cela en cause. « Je ne sais si cet amour durera dans le temps, certes il est réel aujourd'hui mais nous ne sommes que des enfants, s'écrivant des lettres … Nous connaissons nous vraiment dans le fond … Je prie pour que ce mariage fonctionne mais je ne peux m'empêcher d'avoir peur également. Je ferais mon devoir quoi qu'il advienne … Pour une fois, je ne dérogerais pas à la règle. C'est tout ce qui compte non ? » Elle lui fit un clin d'œil complice, alors que sa main sur sa joue lui réchauffait le cœur. Elle serra tout contre elle le petit chaton qu'elle tenait dans ses bras et qui semblait assez bien contre elle pour ne pas chercher à s'échapper. « Ce serait merveilleux ! Je vais garder celui-là, ainsi je me souviendrais chaque jour de ce moment-là. » Elle s'approcha d'elle et embrassa tendrement la joue de sa sœur. « Je l’appellerais Joyau, comme toi, mon joyau du Roc. »


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MessageSujet: Re: Ce n'est pas une traitrise mais un acte d'amour. [Flashback]   Jeu 26 Jan - 22:18

Ici, à Castral Roc, des couloirs, il y en avait par dizaines, voire même par centaines. Ils serpentaient, montaient, descendaient, prenaient parfois de folles courbes, se recoupaient, s'obstinaient aussi pour certains d'entre eux à ne pas en croiser d'autres pendant un certain laps de temps, ce qui vous laissait alors l'impression d'infini. La forteresse était une prouesse architecturale autant qu'un certain imbroglio pouvant sans doute donner l'impression que tout n'avait pas forcément été pensé au plus simple. Sans nul doute parce que les constructeurs et autres architectes avaient dû décider à plusieurs reprises de privilégier le respect de la roche originelle, quitte à, de facto, faire épouser ses courbes parfois si étranges à bien des éléments de construction humaine. Dès lors ... Dès lors, à chaque fois que Megara avait pu lire la moindre volonté de parallélisme entre la vie, le devoir et les couloirs, elle n'avait pu que rester assez songeuse. Ou tout du moins l'avait-elle suffisamment été pour s'interroger. On lui avait promis que sa destinée était telle un couloir, qu'elle s'y était engouffrée et qu'elle n'avait nul moyen d'en ressortir, que le changement, pour elle, n'interviendrait que lorsqu'elle ouvrirait cette porte, qu'elle apercevrait un jour au bout de son chemin. Une porte qui ouvrirait sur un nouveau couloir. Cela ne devait en rien paraître une destinée terne et regrettable, car après tout, ici aussi, les couloirs se retrouvaient parfois perforées d'arcades laissant entrer le soleil, sans parler de ses entrées sur des cours et autres jardins intérieurs. Mais malgré tout ça ... Malgré tout ça, le côté rectiligne des couloirs de destinée vantés par les ouvrages, pour Megara, cela ne collait pas à la réalité. Mais l'essentiel n'était sans doute pas là. L'essentiel était qu'il y avait un certain fond de vérité dans tout ça. Sa destinée à elle allait bientôt éclore, tout comme celle de sa cadette, sans nul doute. Et cela avait un petit quelque chose d'effrayant.
    Lyman et moi avons toujours fait pale figure à côté de toi sur ce point ... Quoi que Lyman n'en a sans doute pensé pas moins à bien des reprises ! Lyman avait son petit caractère, lui aussi. Lorsqu'il avait une idée en tête, il était dur de l'en décrocher, et il faisait ce qu'il fallait pour obtenir ce qu'il désirait ! Père ne verra sans doute jamais à mal nous concernant. Nous sommes, après tout, les deux prunelles de ses yeux. ... Je crains fort qu'à l'heure actuelle, il ne rivalise avec moi en ce qui concerne la tristesse et la peine de te voir partir si loin. J'essaierai au mieux de le réconforter, tu me connais, mais il est vrai que ... Les promenades équestres sans toi, cela ne sera plus pareil. Et j'en ai quelque peu perdu l'habitude. Mais Grand-Mère Arcissia ne dit-elle pas que cela ne peut s'oublier ?! Arcissia Lannister née Farman, insulaire d'origine, s'y connaître en cheval ? Et bien oui ! Les apparences sont en effet trompeuses depuis bien des générations chez les Lannister et leurs affiliés, preuve supplémentaire en est !
Il n'existait sans doute en ce monde nulle personne en laquelle Megara avait le plus confiance. Cela avait toujours été la place privilégiée de Nymeria, d'aussi loin que s'en souvenait l'aînée des princesses. Même sa mère devait s'incliner face à la plus jeune de ses filles. Bien évidemment, Megara faisait également confiance à sa mère, mais ... Mais c'était différent. Jordane était sa mère tout autant que sa reine, que la reine. Elle jugeait, exigeait, guettait les écarts, fronçait les sourcils lorsque cela ne lui convenait pas, et elle avait des attentes sur lesquelles elle refusait de rogner. Il ne fallait pas venir la quérir si l'on avait pas besoin d'elle, ou si l'on souhaitait juste passer de doux moments affectueux avec elle. Ou du moins ne fallait-il pas trop souvent agir de la sorte. C'était normal, après tout, en tant que reine, elle avait des responsabilités. A contrario, Nymeria, elle, l'avait toujours regardée venir à elle avec affection et tendresse, sans se demander ce que Megara pouvait bien lui vouloir. C'était reposant d'être auprès d'elle, tout autant qu'ébouriffant. Mais malgré tout, le plus grand secret que Megara pouvait bien porter en elle, il lui était impossible de le partager avec sa sœur. Un jour, peut-être, lorsque tout ceci serait apaisé. Ou lorsque les temps seraient moins troubles. Ou bien encore quand toutes deux auraient de multiples cheveux blancs au milieu de leur cascade dorée, et qu'elles compareraient les prouesses et bêtises de leurs arrières petits enfants ... En attendant ... En attendant, Megara savait encore qu'elle pouvait s'épancher de toutes ses autres inquiétudes, de tous ses autres secrets, et ce sans avoir à réfléchir à la tournure de ses phrases, à peser le pour et le contre, et sans non plus à avoir à se demander si tout ceci était bien convenable et raisonnable. Et ce même si sa cadette était sans doute un peu plus extrême qu'elle dans certains de ses positionnements.
    Le fait est ... Le fait est que Gareth et moi n'avons jamais été suffisamment proches pour que je saches exactement quelle est la teneur de ses sentiments pour moi, et bien encore ce qu'il peut bien penser de moi ... Mais Lyman et toi avez tous les deux l'air assurés qu'il fera un bon époux, alors je veux bien le croire. ... Et puis, il n'est ni couvert de verrue, ni dépourvu de la majorité de sa dentition. Il sent plutôt bon, et il est assez bel homme. J'aurais donc pu tomber sur pire !
La voilà qui voulait adoucir la teneur de la discussion pour se retrouver à rougir quelque peu. Elle savait que sa sœur avait l’œil, et qu'elle la connaissait suffisamment pou remarquer ce genre de choses. Mais, après tout, parler de mariage était bien différent que de parler de fiançailles futures, hypothétiques, et il y a plusieurs années de cela ! Là, présentement, tout était si concret ... Mais visiblement, sa cadette en était au même point face à l'évocation de sa future union avec le Roi du Val, alors sans doute n'était-ce qu'un prêté pour un rendu, quoi que, pour le coup, dans les deux cas, celle qui avait initié la chose, c'était Megara ! Sans doute faisait-elle donc concurrence à ces poudres qui vous rougissent les joues !
    Nymeria, future petite femme rangée, hmm ? Megara joua le jeu, lui rendant son clin d’œil complice, avant de se faire quelque peu plus sérieuse. A vrai dire, je ne sais pas Nymeria. Faire son devoir dans la perspective d'en endosser de nouveaux, plus importants, plus colossaux, c'est si différent de ce qui nous attend désormais toutes deux, face à ces fameux devoirs si cruciaux, pour lesquels nous sommes toutes deux censées avoir été préparées depuis toujours. Mais ... Mais si cela peut te rassurer, tu n'es pas Mère. Et à ce que j'en ai vu, et entendu, Ronnel n'est pas Père. Votre union sera unique. Et sera aussi ce que vous en ferez. Ce n'est pas parce que Mère a été déçue qu'il en sera de même pour toi, n'est-ce pas ? Une douce caresse touffue et duveteuse vint se faufiler contre l'une de ses jambes, juste avant que Megara ne hisse la boule de poils sur ses genoux. Voilà qu'elles se retrouvaient toutes deux pourvues d'un même attribut ! Pour être tout à fait honnête, je crains fort que je ne t'aurais de toute façon pas laisser le choix ! Mais c'est formidable que tu acceptes ! Et la jeune femme se sentit envahir d'une joie et d'un amour si chauds, si réconfortants, lorsque les lèvres de sa cadette se posèrent sur sa joue ... Sensation cependant tout à fait différente de celle qu'elle avait pu ressentir lorsque Gareth avait ... Me voilà toute honorée ! ... Le mien se prénommera Intrépide alors. Comme toi, ma petite intrépide ! ... Tu crois que je devrais le partager avec Gareth ?
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MessageSujet: Re: Ce n'est pas une traitrise mais un acte d'amour. [Flashback]   Dim 19 Mar - 20:32

Vivre engageait différente chose. Souvent, on ne pensait qu'à son terme, pour les moins optimistes. Nous savions tous comment nous allions finir plus ou moins. L'éternité n'était pas réservée à part aux Dieux qui veillaient sur nous. Riche ou non, chacun qui vivait ici était mortel. Le parcours jusqu'à la mort était bien différent cependant suivant la classe sociale, et les décisions que l'on pouvait prendre. Après tout, la richesse amenait souvent à prendre des décisions de pouvoirs, et si le peuple ou une personne précisément n'était pas contente du choix qui avait été fait les moyens étaient multiples pour rendre la vie bien plus courte. En étant à Castral Roc, Nymeria ne pouvait renier le fait qu'elle avait été particulièrement protégée par les siens. Autant les gardes, que ses plus proches parents. Elle avait beau crier à qui voulait l'entendre qu'elle était profondément indépendante, qu'elle n'en faisait qu'à sa tête au moment où elle avait décidé et pas à un autre, il fallait reconnaître qu'elle avait grandis dans un petit cocon. Sa mère avait essayé de lui inculquer tout ce qu'elle savait et tout ce qu'une femme de son rang était autorisée à faire ou serait autorisée à faire suivant les différentes situations qui allaient se présenter à elle en tant que future reine.

Son père avait été bien plus lâche sur l'éducation de ses enfants, et surtout sur l'éducation de ses filles. Après tout, Lyman avait un rôle important à jouer, il serait roi dans un laps de temps plus ou moins long. On ne savait jamais combien de temps un souverain allait régner et il était important de préparer la succession. Les Terres de l'Ouest formaient un royaume imposant, ayant une richesse presque incalculable et qu'on ne pouvait pas se permettre de faire n'importe quoi. Pour Megara, elle était le deuxième enfant, elle était une fille et elle pouvait permettre une alliance avec un autre pays et son tempérament avait permis de faire d'elle une princesse en bonne et dû forme. Nymeria était la dernière, même si elle était princesse, elle avait bien moins de pression sur les épaules, en tout cas c'est ce qu'on lui avait fait quelque peu comprendre jusqu'à récemment. Son père lui avait fait passé bien des choses, l'emmenant avec lui sur des terrains que Megara n'avait jamais vu et qu'elle n'aurait peut-être même pas cherché à voir, vis-à-vis de l'éducation qu'on leur avait imposé. Parler de son père la rendait tout aussi triste que le moment qu'elle était en train de passer avec sa sœur. Parce qu'il était le dernier voilà tout.

Nymeria détourna le regard, prise à la gorge par la tristesse qui commençait à gonfler dans sa poitrine. Elle secoua la tête, replaça une mèche de cheveux, s'intéressa un peu plus au chat qui s'était mis à ronronner allègrement sur ses genoux. « Je dois le voir, un peu plus tard dans la soirée … Il m'a promis qu'on pourrait se retrouver un instant, seul à seul et ... » Elle se mordit la lèvre, essayant d'afficher un sourire tendre à sa sœur alors qu'elle renvoyait plutôt une grimace confuse à celle-ci. « Tu vas finir par me convaincre de ne pas partir d'ici, de ne pas risquer de traverser la moitié de Westeros … Je ne sais pas ce qui m'attend là-bas et c'est un déchirement de savoir ce que je vais laisser ici. Je ne sais pas ce qu'il se passe dans les autres familles royales mais je ne peux que me réjouir de la complicité que nous avons toujours entretenu depuis notre enfance. Même si nous n'avons pas eu, su créer ce lien avec Lyman, nous deux, ça existe et c'est fort … Je garderais toujours cela à l'esprit. Écris moi aussi souvent que tu le peux … Je te répondrais aussi souvent que je le peux. Et j'espère qu'un jour, nos destins qui semblent si éloignés maintenant l'un de l'autre nous offrirons la chance de nous retrouver et de pouvoir nous étreindre à nouveau. Et nous ferons cette promenade à cheval ensemble. Parlant de la vie qui sera la notre à ce moment-là. »

Megara s'ouvrait petit à petit à elle, d'une manière qu'elle n'avait pas fait depuis bien longtemps. Comme si soudainement, dans les derniers instants qu'elles passaient ensemble, il y avait besoin de dire des choses qu'on n'avait pas osé partager avant. Avant qu'il ne soit trop tard, et la teneur d'une missive aussi personnelle qu'elle peut l'être ne pouvait en aucun cas remplacer l'échange direct. Et puis, ici dans les appartements privés de la princesse du Roc, elles étaient dans un petit cocon qui permettaient aux langues de se délier plus facilement sans avoir l'inquiétude que ces paroles soient reprises à mauvaises escients par des oreilles indiscrètes. « Il est certain que vous n'avez jamais été mis en contact l'un et l'autre dans le but de s'unir l'un à l'autre. Je pense que ni lui, ni toi aurait pu imaginer qu'un jour les choses se passent ainsi. Mais tu n'épouses pas n'importe qui. Il a été bien plus présent pour moi que Lyman ne l'a jamais été, il y a une douceur en lui réelle et il a un sens du devoir qu'on ne peut remettre en question. Je ne peux prédire s'il sera le meilleur des époux, je le souhaite pour toi de tout mon cœur, mais en tout cas je suis certaine qu'il ne sera pas le pire et qu'il aura de véritables attentions à ton égard. »

Nymeria secoua la tête en la regardant, presque outrée par ce qu'elle entendait mais surtout amusée, rien que d'imaginer la scène. « Petite femme bien rangée ? Moi jamais … Ce serait renier ce que je suis … On va dire que je vais jouer le jeu, me faire toute petite ou en tout cas aussi petite que je peux le temps de me faire à la vie aux Eyriés et ensuite … Ensuite je resterais aussi fidèle à moi-même que je peux. » Elle lui fit un clin d'œil avant de poser les yeux sur les petites boules de poils qui se promenaient dans la pièce. « Il faudra bien qu'Intrépide l'accepte, mon futur beau-frère doit être exemplaire avec sa femme sinon ce petit chat me vengera. » Elle se mit à rire. « Tu garderas forcément un ou deux chatons pour toi … Leur présence est si réconfortante. »

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MessageSujet: Re: Ce n'est pas une traitrise mais un acte d'amour. [Flashback]   Lun 27 Mar - 0:47

Il était des plus compliqués de s'imaginer vivre des expériences qui n'étaient pas les vôtres et ne vous étaient pas encore arrivés. Il était tout autant compliqué, si ce n'était plus, de vous mettre dans la peau de quelqu'un que vous n'étiez pas encore devenu. Et peu importe le fait que vous vous trouviez déjà sur le seuil, prêt à ouvrir cette porte vous menant vers ces fameux grands changements. Cela n'y changeait absolument rien car, après tout, tant que les choses n'étaient pas installées, tant que n'étiez pas bel et bien jeté dans le grand bain, vous demeuriez dans l'attente, dans l'expectative, avec vos inquiétudes, vos songes et votre imagination tout à fait capable de partir en tout sens. Megara connaissait Nymeria depuis si longtemps. A l'exception des deux premières années de sa vie, dont elle était bien évidemment incapable d'être en mesure de se souvenir, elle la connaissait depuis toujours. Elle était sa petite sœur, ce bébé qu'elle avait, parait-il, maintes et maintes fois laissée lui tirer sur les cheveux, alors qu'elle n'était encore que dans son berceau. Par l'âge, Megara était plus proche de leur frère, mais, par le cœur et les inclinaisons de l'âme ... Il n'en était jamais allé autrement, et très souvent, la Princesse se refusait à tenter d'imaginer ce à quoi auraient pu ressembler les choses, pour elle, si Nymeria et elle ne s'étaient pas si bien entendues. Sa relation avec sa cadette était bien trop belle pour être décortiquée et disséquée jusqu'à perdre tout attrait et toute substance. Parfois, Megara se prenait à l'envier, sans la jalouser, et parfois, elle se disait que sa vie lui convenait. Comme un peu pour tout, il y avait du bon comme du mauvais dans leur existence respective. Présentement, l'aînée des Princesses se dit que, elle aussi, elle aimerait avoir un instant privilégié avec son père, comme Nymeria s'apprêtait visiblement à en vivre un. Mais aussitôt, Megara revenait à la raison : elle aurait tout le temps pour ça, alors que Nymeria ... Nymeria allait les quitter sous si peu de temps.
    Il tiendra sa promesse, comme toujours. Avec nous, il ne prononce jamais des mots en l'air, sans les penser, et il ne nous promet jamais rien sans être sûr de pouvoir nous le donner. Et, à son échelle, Megara espérait bien pouvoir dire qu'elle tenait de lui, pour cela. Loren Lannister était de ceux qui étaient capables de montrer un visage à la face du monde, et d'être franc, sincère et toujours loyal envers les siens, en privé. N'était-ce pas un peu ce que s'efforçait de faire Megara ? Bien que, pour le coup, concernant ce si terrible secret qu'elle devait cacher, elle était contrainte et forcée d'en venir à duper des êtres auxquels elle aimerait pourtant tant ne rien cacher. Et Nymeria était de ceux-là, aux premiers rangs. Il le faut, pourtant : Ronnel t'attend, j'en suis sûre. Même si je suis très inquiète concernant ton voyage, avec les conflits actuels, je sais que le meilleur t'attend au bout du périple, du moins je prie les Sept de tout mon cœur pour qu'il en soit ainsi. Et je t'écrirais, bien sûr que je t'écrirais ! Il est possible que je me sente très seule, les premiers temps, sans toi, et ... Et avec tous ces bouleversements. Alors je t'écrirais, bien sûr, et je guetterais tes réponses avec ferveur et anticipation. Quant à cette balade à cheval ... Il te faudra me promettre de ne pas me taquiner quand aux efforts de mise en plis que j'aurai inévitablement fait !
Oh que oui, elles s'écriraient ! Et si elle le pouvait, Megara le ferait chaque jour ! Mais elle savait déjà que cela serait compliqué, voire même impossible, et pas forcément approprié. Il arrivait que les corbeaux s'égarent, ou que certaines missives n'arrivent pas à destination, et si tel était le cas, Nymeria se retrouverait avec une suite de missives comportant quelques délais et quelques disparitions. Et puis, il y aurait des risques. Elles appartiendraient désormais à deux puissances royales étrangères. Alliées, certes, mais qui seraient bien distinctes. Et entre les deux royaumes continuait de se trouver les possessions et conquêtes d'Harren le Noir ... Qui n'était pas le plus pacifique des hommes. Sans parler des troupes étrangères se battant déjà contre le Fer-Né. Elles allaient devoir ruser et s'employer à utiliser des références connues d'elles et d'elles seules. Et puis, leur mère ne manquerait sans doute pas de lire les missives de Megara, et probablement Sharra Arryn ferait-elle de même ... Est-ce que Gareth s'arrogerait lui aussi le droit de consulter les échanges épistolaires de Megara ? Est-ce qu'il en viendrait même à l'observer écrire, en la surveillant ? C'était une question de plus à ajouter à la liste de toutes celles que possédait déjà Megara ...
    Tes paroles me sont bien plus rassurantes que celles de Mère, car tu ne m'as jamais menti. Mais au moins Mère a-t-elle tout de même voulu m'adresser quelques paroles maternelles et rassurantes, à sa façon. Lyman n'a malheureusement pas emprunté ce chemin : il a été assez formel et bien plus mon prince que mon frère quand il m'a annoncée la chose ... J'espère qu'il saura se montrer tout autant attentionné à mon égard qu'avec toi, dans un registre plus marital, bien évidemment. Mais l'essentiel est surtout qu'il ne me rende pas malheureuse, tout le reste ne sera que du mieux. Il restait tout de même ce poids sur son cœur, ce poids contre lequel elle ne pouvait pas grand chose. Nymeria devrait s'en aller, et elle allait épouser un homme qu'elle connaissait si peu ... Faire quelques pointes d'humour et taquiner sa sœur était donc une façon comme une autre de penser à autre chose, enfin, plus ou moins. Hmm, j'aimerai bien être une petite souris pour assister à tout cela ! Mais elle ne le pourrait pas, n'est-ce pas ? Car elle était née lionne ... Oh, et bien alors, Gareth devra vraiment bien se tenir ! ... Ces petits chatons seront probablement la plus belle source de réconfort et d'amitié pour moi dans quelques semaines ... Même si Mère attendra sûrement de moi que le Roc se peuple plutôt de petits lionceaux au plus vite, plutôt que de jouer avec les chatons dans la Cour de l'Aube ... La Cour de l'Aube, cette cour où elles jouaient souvent, ensembles, après le déjeuner, car les lieux étaient alors baignés de suffisamment d'ombre pour qu'elles n'attrapent pas d'insolation. Nymeria, si les Sept me bénissent d'un enfant, je mourrai d'envie de partager cela avec toi. Mais Mère me le refusera sûrement ... Mais je le ferais quand même. Je n'aurais qu'à t'écrire que ... Je ne sais pas encore, mais cela aura un rapport avec la Cour de l'Aube. Parce que tu es ma sœur, et que ... Que je refuse que tu l'apprennes pas quelqu'un d'autre que moi. Et parce que je t'aime, et que j'aurai besoin que tu pries pour l'enfant. Pour l'enfant et pour moi, aussi ...


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MessageSujet: Re: Ce n'est pas une traitrise mais un acte d'amour. [Flashback]   Mer 12 Avr - 14:11

Partir remettait tout en cause. Et si cela était une erreur, elle pourrait tout perdre. Nymeria avait cette assurance farouche qu'on accordait aux lions. Ils étaient prêts à se battre jusqu'à la mort s'il le fallait pour défendre leurs convictions, pour pouvoir atteindre leur proie. Abandonner ne faisait pas partie des choses qu'on avait instruit à la jeune fille, et même si à bien des égards, la plus jeune des princesses du Roc avait su se montrer téméraire et même indisciplinée dans ses apprentissages, elle n'avait pas tout renié pour son envie de liberté et surtout pour cette fâcheuse habitude qu'elle avait de ne pas être comme les autres, d'avoir ce charme particulier, cette intelligence vive et piquante qui la caractérisaient, bien moins intéressé par les oripeaux qu'on essayait de lui vendre au sein de la Cour que par les heures qu'elle avait pu passer à dos de cheval, en pleine nature, souvent sous le regard bienveillant de son père. Cependant, au Roc, elle bénéficiait d'une protection qu'elle ne pourrait jamais gagné ailleurs. Même si on s'était souvent fâché contre elle, et surtout son manque de bonnes manières, on lui avait pardonné bien des choses car elle était la plus jeune des filles du roi, et celle qui normalement était le moins destiné à un grand avenir. Après tout, c'était ainsi que les choses se déroulaient quand vous êtiez le troisième enfant, moins de charge que les deux précédents et surtout si vous étiez une femme.

Pourtant aujourd'hui, elle se sentait au bord d'un précipice, marchant sous un fil qui pouvait se briser sous le coup d'une simple brise. Elle savait ce qu'elle quittait, elle ne savait pas ce qu'elle allait retrouver. Le pire pourtant n'était pas là. Nymeria allait bientôt appartenir à une puissance étrangère, une fois qu'elle serait mariée à Ronnel Arryn, elle ne serait plus une lionne que dans son cœur, elle devrait alors répondre aux attentes de son roi et de son royaume. Le Val et l'Ouest étaient des alliés, mais la guerre était en train de gagner tout Westeros, et pas un royaume ne serait épargné. Nymeria désirait jouer un rôle de conseillère auprès de son époux, mais elle ne pourrait en aucun cas prendre les décisions à sa place. Qui sait si un jour, les alliés d'aujourd'hui n'allaient pas devenir les ennemis de demain. Un poids énorme semblait commencer à peser de plus en plus sur son cœur, elle prit la main de sa sœur dans la sienne et la serra avec force. « Promets-moi une chose encore … Même si un jour nos royaumes venaient à devenir ennemis, que le cours des choses ne nous laissent pas d'autres choix que de s'affronter, nous resterons sœurs envers et contre tout, que notre amour fraternel ne sera pas brisé par la force du pouvoir. Nous ne savons pas ce que l'avenir va nous réserver et j'ai si peur que les choses tournent mal, je prie chaque jour les Sept qu'il protège tous ceux que j'aime, mais les Dieux guident aussi l'épée de l'homme et cela ne peut pas toujours jouer en notre faveur. Je veux être certaine que rien ne pourra nous séparer toutes les deux. » Elle embrassa doucement sa main avant de reculer.

Nymeria sourit doucement. « Seul l'avenir nous le dira si nos mariages seront heureux et que nous sentirons que c'était notre place à ce moment-là, qu'on a pris les bonnes décisions et que malgré le fait qu'on soit entièrement dépendantes des souhaits que nos parents ont eu pour nous, nous avons su en tirer des avantages de cette situation. Et puis personne ne peut rester indifférent à ces petites boules de poils ! » Elle lui fit un clin d'œil avant de venir à embrasser doucement le petit chaton qui était bien calé dans ses bras. Elle repensa totalement nostalgique à la Cour de l'Aube où elles avaient passé tant de bons moments toutes les deux. Aurait-elle la chance de pouvoir un jour revenir à Castral Roc ou serait-elle obligée de rester jusqu'à sa mort au Val, croisant sa famille qu'à de rares événements dans les décennies à venir ? Tout cela n'avait rien de joyeux à penser maintenant. Elle fixa tendrement sa sœur, elle serait tellement heureuse que Megara puisse avoir des enfants, c'était tout ce qu'elle lui souhaitait, elle ne doutait en aucun cas de ces capacités à être une bonne mère et cela la touchait énormément qu'elle puisse tenir impérativement à ce que ce soit elle qui lui annonce la venue d'un futur enfant. « Je prierai chaque jour pour toi, pour vous deux, pour votre enfant … J'espère que j'aurais cette nouvelle au plus vite alors … Tu seras une mère formidable et j'espère réellement que j'aurais l'occasion de vous voir, le jour où ça arrivera. »

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MessageSujet: Re: Ce n'est pas une traitrise mais un acte d'amour. [Flashback]   Mer 19 Avr - 22:55

Le temps de l'enfance était révolu, et sans doute fallait-il s'y faire, alors que dans les faits, cela s'avérait ne pas être aussi aisé que ça. Peut-être parce que lorsqu'on est enfant, y compris lorsque l'on porte un titre princier, on en attend pas autant de vous qu'on en attendrait d'un adulte. On vous laisse vous épanouir, être mignon, un peu insouciant aussi. On vous laisse vous créer une certaine imagination, des rêves, des espoirs. Mais lorsqu'on devient adulte, on se retrouve au pied du mur, mais aussi un peu comme acculé contre un autre mur, derrière, qui vous empêche de faire demi-tour et de rebrousser chemin pour fuir ce qui vous attend en devant. On ne pouvait absolument pas remettre en cause le fait que Jordane avait été une mère exigeante et ambitieuse pour sa propre progéniture. Mais derrière les portes closes, elle avait tout de même su se faire plus apaisée, moins acérée et plus féline. Derrière les portes closes, malgré tout, la fratrie Lannister avait pu compter sur leur mère pour être aimée. Et c'était peut-être parce qu'elle les avait tant aimés qu'elle exigeait tant d'eux et traquait la moindre faiblesse ou déviance de leur part. En tout cas c'était ainsi que Megara avait décidé de voir les choses. Jordane était une mère avisée et intègre, qui ne renonçait jamais à quoi que ce soit pour protéger ses petits. Et d'une certaine façon, Megara espérait qu'un jour, elle pourrait se sentir héritière d'un petit morceau de ce trait de caractère. Sans jamais renier celle qu'elle était, ni même rogner sur ce qui faisait d'elle celle qu'elle était.

Il lui avait été inculqué de ne jamais s'aventurer à faire des promesses qu'elle ignorait pouvoir tenir dans l'adversité. Mais on lui avait également inculqué d'aimer passionnément les siens, de ne jamais oublier qui elle était, le patronyme qu'elle portait à sa naissance, quoi qu'il puisse arriver. Et Megara n'avait jamais manqué de faire des sortes de petits pactes, plutôt avec sa sœur qu'avec son frère quoi que lui aussi ait pu jouer à ces petits jeux là, enfant, bien que cela se soit rarement produit le concernant. Un jour, Lyman avait sorti un espèce de petit couteau qu'il avait trouvé on ne sait où, et il avait exigé que ses sœurs lui tendent l'une de leur main, pour faire une petite entaille dans l'épiderme de l'un de leurs doigts, le tout pour que leurs sangs se mêlent et scellent cette promesse de ne jamais prendre les armes les uns contre les autres. Ils n'étaient encore que des enfants, sans doute loin de se douter que les choses ne tourneraient pas forcément de cette façon. Et peut-être Lyman avait-il là encore voulu jouer les grands frères, leur rappeler qu'après tout, un jour, ce serait lui le Roi du Roc, alors que elles, elles seraient sûrement mariés à un puissant d'un autre royaume, et peut-être même à un roi. En leur faisant jurer d'agir ainsi, peut-être avait-il donc chercher à couvrir ses arrières, de sorte qu'en tant que potentielles futures reines, elles dissuadent leurs royaux époux de faire la guerre au Roc. Ou peut-être Megara voyait-elle la manipulation et la préméditation là où il n'y en avait pas, mais ses pensées s'étaient d'elles-même diriger en cette direction suite aux paroles de Nymeria.
    ❧ Je te le promets. ❧ Sa voix s'était chargée d'émotions, mais ses paroles s'étaient faîtes claires, précises et déterminées, sa poigne se renforçant tout autant dans celle de sa cadette. ❧ Tu es et tu resteras ma petite sœur, quoi qu'il arrive. Les alliances et les pactes diplomatiques se brisent, mais pas les liens du sang, jamais. Tu as conquis mon cœur à jamais dès le jour de ta naissance, Père me l'a toujours répétée, pour me taquiner. N'a-t-il pas toujours dit que je mettais mes petites mains potelées autour de ta petite frimousse pour apaiser tes pleurs, et que je te laissais allégrement tirer sur mes cheveux avec toute ta petite force d'alors ? ... Et s'il faut frapper Lyman derrière le crâne jusqu'à ce qu'il se souvienne que tu auras été sa petite sœur et lui ton grand frère avant d'être respectivement la Reine du Val et le Roi de l'Ouest, je le ferais, sans hésiter. ... Nous avons juré ! ❧
Megara leva doucement l'un des doigts, où, depuis longtemps, la cicatrice de ce pacte du sang enfantin s'était estompée. Mais dans son cœur, et à ses yeux, c'était pourtant comme si c'était hier, et qu'elle était là, bien visible, et encore sanglante. C'était sans doute son côté trop émotionnel, trop sentimental, mais que les Sept en soient témoins, elle n'en rougissait nullement. Pas plus qu'elle ne rougissait du fait que, présentement, au sujet de ses inquiétudes maritales, Nymeria se révélait quelque peu jouer le rôle de l'aînée. Ce n'était pas la première fois qu'elles semblaient comme interchanger leur ordre de naissance, et cela ne dérangeait nullement celle qui demeurait pourtant être l'ainée des Princesses du Roc. Nymeria et elle n'étaient pas exactement dotées du même caractère, mais elles se complétaient à merveille, et cela constituait sans nul doute un pan entier de leur force et de leur complicité. Certains ne les avaient-ils pas qualifiées de fausses jumelles, en dépit de leur différence d'âge et du fait que Megara était plus proche en âge de son frère que de sa sœur ? Nymeria avait raison : il leur était aujourd'hui impossible de se lancer dans la moindre conjoncture quant à leur bonheur marital. Il fallait laisser du temps au temps, tout comme il fallait se donner les moyens de réussir. Il ne s'agissait pas d'attendre que les choses vous arrivent toutes cuites dans le bec, comme disait Grand-Mère Arcissia. Il fallait agir et réagir, ne pas baisser les bras, être actrices et non observatrices de sa destinée. Mais une fois au pied du mur, il devenait comme bien plus compliqué de s'en tenir à la lettre concernant ces préceptes maintes et maintes fois appris, entendus et écoutés. Alors Megara sourit en retour à sa cadette, non sans prendre une grande respiration.
    ❧ En effet, personne ne peut résister à tous ces petits chatons ! Tu sais que je suis obligée de les compter, pour bien vérifier qu'aucune de mes servantes ou femmes de chambre ne m'en subtilisent un ? Cela doit bien se vendre, tu crois, un chaton choyé par une Princesse de l'Ouest ? ... Je serais donc patiente. Tout en espérant, narcissiquement et égoïstement, qu'en dépit des circonstances de notre union, je ne laisserais pas mon époux des plus indifférents ... ❧ Et puis, finalement, en prononçant ces derniers mots d'elle-même, Megara ne peut s'empêcher de quelque peu rougir. Une sensation qui s'emplit en entendant sa sœur lui dire qu'elle espérait que la nouvelle d'une grossesse lui parviendrait au plus vite. C'était que, pour être enceinte, il fallait faire la chose, voyez-vous, et en dépit de tout, le sexe et les relations charnelles demeuraient un sujet des plus épineux et déstabilisant pour Megara. Mais dans le même temps, la jeune femme savait très bien que cela constituait en grande partie ce que l'on attendait d'elle via ce mariage : qu'elle enfante, qu'elle donne des héritiers à son époux, car si par malheur il advenait quelque chose à Lyman avant qu'il n'ait des enfants, ou que si Jeyne se révélait dans l'incapacité d'enfanter, et bien le rôle de ventre d'un futur roi du Roc échouerait à Megara. ❧ Mère m'attendra au tournant, alors il vaudra en effet sans doute mieux que ... Mais la Mère influe également sur tout ceci ... Je te remercie de ta confiance en mes capacités, en tout cas, et te promet que je ne manquerais pas de partager la nouvelle avec toi. Ne manque donc jamais de lire entre les lignes de mes missives. ❧
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MessageSujet: Re: Ce n'est pas une traitrise mais un acte d'amour. [Flashback]   Dim 11 Juin - 10:12

Le temps des adieux touchait à sa fin. Demain elle partirait pour sans doute ne jamais revenir. Elle ferma les yeux, elle ne pleurerait pas à nouveau. Elle ne voulait pas montrer sa tristesse devant sa sœur, elle ne voulait pas lui montrer qu'à cet instant, pendant ce court moment elle en venait à regretter son choix, qu'elle n'aurait jamais voulu partir, qu'elle ne voulait plus se marier et qu'elle se moquait bien de devenir reine ou rester une simple princesse sans époux dans les Terres de l'Ouest. Nymeria se doutait que ça ne serait jamais arrivé. L'Ouest avait eu des enfants, ils se devaient de les placer dans les autres familles royales de Westeros de façon stratégique. Pour une raison qui lui était totalement inconnue, Megara ne s'était pas battue pour obtenir la place qui aurait du lui revenir auprès de Ronnel Arryn. Sans doute que Nym aurait été marié à un autre prince d'un des alliés du royaume ou à un grand seigneur de celui-ci. Oui, elle ne mesurait sans doute pas sa chance et elle ne devrait nullement se plaindre, elle aurait tout simplement pouvoir avoir sa famille et son époux en même temps à ses côtés. Le Val et l'Ouest étaient si éloignés l'un de l'autre. Et si les deux royaumes venaient à s'opposer, est-ce que leurs liens de sœurs tiendraient toujours ? Megara allait rester près de Lyman et Lyman n'aurait sans doute aucun scrupule à déclarer la guerre à sa sœur si c'était dans ses intérêts. L'Ouest avait cette réputation d'être individualiste et ce n'était pas tout à fait faux. Leur richesse permettait d'acheter beaucoup de choses, même la paix, en tout cas pour un certain temps. Elle ne pourrait pas supporter de perdre sa famille. Pourtant elle voyait nettement les choses, sa mère n'aurait pas manqué de lui dire à l'instant, si elle avait énoncé ça à voix haute que sa famille ne serait plus celle dans laquelle j'étais née mais bien celle que j'allais intégrer à l'occasion de son mariage. C'était cela gouverner un royaume. Nymeria doutait nettement de sa performance dans ce domaine-là.

« Tu ne pourras plus apaiser mes peurs à présent … Nous serons si loin l'une de l'autre. J'ai peur de ne jamais te revoir … Que malgré cet amour réel qui existe entre nous deux, ils finissent pas s'étioler avec le temps et la distance. Veille sur Lyman, conseille le du mieux que tu pourras. Je ne connais pas réellement Jeyne, mais elle nous vient du Nord et nous savons combien les deux royaumes ont des points de vue différents sur la façon de diriger un royaume. C'est sa femme, il lui ait possible de le tenir par des atouts et des charmes que nous avons nous aussi mais qui n'ont en aucun cas un quelconque intérêt pour lui. Il est l'héritier du trône, mais tu es bien plus sage que lui. Il faudra qu'il arrive à faire les bons choix, tout comme nous. » Elle sourit tristement. « Je prie les Sept que nous ne soyons jamais opposées l'une à l'autre. Tu aurais fait une bien meilleure reine que je ne pourrais jamais l'être. » Nymeria se mit à rire avec une certaine légèreté. « Aujourd'hui, je doute de pouvoir assumer ce rôle convenablement, sans doute que j'aurais du un peu plus écouté les leçons quand nous étions enfants. Étant la dernière de la famille, je jouissais d'une liberté que ni Lyman ni toi ne pouvaient espérer. Malgré les remontrances de notre mère, père a toujours accepté de laisser passer. Notre mère doit terriblement se morfondre, se demandant comment je vais réussir à m'en sortir. »

Nymeria fixa avec tendresse sa sœur, cherchant à mémoriser les moindres détails de son visage. Son sourire doux, son regard chaleureux, ses cheveux d'une blondeur étincelante, tel un éclat d'or retombant sur ses épaules. Tout en elle respirait la douceur, même si Nym savait qu'elle pouvait avoir un caractère fort qui ne méritait aucune remise en cause. Elle était si proche d'elle à cet instant pour autant elle avait l'impression qu'elles étaient en train de s'éloigner l'une de l'autre inexorablement. Les portes des appartements privés s'ouvrirent à nouveau, deux dames de compagnie apparurent alors. L'une s'occupant de la princesse Megara, l'autre de la princesse Nymeria. Il ne lui fallut qu'un regard pour comprendre ce qu'il se passait. Il y avait encore des choses à régler et si peu de temps pour le faire. Nymeria se redressa doucement prenant avec délicatesse le chaton dans le creux de ses bras. Elle s'approcha de sa sœur, posant son front contre le sien et poussa un terrible soupir où la tristesse et le désespoir semblaient se mêler à cet instant. Une larme coula sur sa joue et elle s'interdit de craquer devant elle. Doucement, elle posa un baiser sur son front, avant de se redresser, de reculer de quelques pas et de s'incliner devant son aînée. « Promets moi de faire attention à toi. » Elle essaya de sourire mais elle avec le cœur bien trop serré. « Nous nous reverrons au dîner ce soir ... »


Nymeria Arryn
Reine du Val et de la Montagne

Tous les dragons de notre vie ne sont peut-être que des princesses qui attendent de nous voir heureux ou courageux.
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MessageSujet: Re: Ce n'est pas une traitrise mais un acte d'amour. [Flashback]   Sam 24 Juin - 0:23

Sans doute chacun avait-il ses défauts. Même bien dissimulés, même bien camouflés, il existait toujours des points d'ombre, des balbutiements, des perspectives d'amélioration, aussi. C'était là, bel et bien présent, et l'on pouvait s'évertuer à prétendre le contraire que cela n'y changerait absolument rien ! De toute façon, il faut sans doute de tout pour faire un monde, et les gens parfaits sont bien ennuyeux ... C'était en tout cas ce que l'on pouvait s'entendre dire, de ça et là, lorsque l'on s'attristait quelque peu quand une qualité précise nous faisait défaut, là où elle était bel et bien présente chez l'un de nos proches. C'était même le genre de paroles que pouvait typiquement prononcer un parent cherchant à rassurer son enfant et à lui remonter le moral. Pour d'autres, les défauts se devaient d'être gommés, parce qu'il faisait tâche, ou bien encore donnait mauvais genre. C'était alors un combat mener contre soi même, avec le risque de se tourner le dos à soi même et de se martyriser, de se torturer, de perdre le fil et de ne plus pouvoir vivre pleinement et sereinement. Et puis, il y avait également toutes ces personnes qui vous conseillaient plutôt de faire de vos défauts une force. De vous appuyer sur eux pour monter plus haut, devenir plus fort, plus endurant. On pouvait alors vous dire d'arborer bien haut vos défauts, de les ériger en armure, en murailles, en forteresse.

Megara avait eu la chance d'avoir pour mère un être appartenant à cette dernière catégorie. Car elle en avait, des défauts, et cela ne datait pas d'hier, tout en n'ayant le plus souvent rien à voir avec ce mal qui la hantait. En réalité, aussi douce puisse-t-elle être, Megara se savait aussi être bornée. Lorsqu'elle croyait en quelque chose, elle y croyait fort, ne s'en détournait pas. Ce qui faisait sans doute d'elle quelqu'un chez qui la versatilité n'aurait jamais d'emprise, mais dans le même temps, être trop bornée n'était pas non plus quelque chose de très bon ... Alors peut-être était-il parfois préférable de ne pas exactement employer le terme de bornée, et de lui préférer, et de loin, la dénomination d'obstinée. Cela passait si souvent bien mieux, d'être qualifiée d'obstinée plutôt que de bornée ... C'était en tout cas là l'une des techniques dont usait son père, le Roi Loren. Il était trop fort pour enjôler les gens, son père ... La preuve, d'une façon ou d'une autre, même en privé, il était parvenu, depuis toutes ces années, à ce que son épouse ne lui saute pas au cou pour lui régler son compte, là où il avait déjà fait plus d'un accro dans leurs vœux de mariage. Megara savait ces choses là, elle n'était tout de même pas si sotte que cela, même si, bien évidemment, ses parents s'étaient bien gardés de parler de tout ceci devant elle, ou devant le moindre de leurs enfants, d'ailleurs. Sans doute y avait-il bien des désaccords au sein du couple royal, mais jamais concernant l'amour, l'affection et la protection qu'il portait et souhaitait continuer de porter à leurs enfants. En tout cas, quoi qu'il en était, Megara voulait s'obstiner à ce que la distance qui allait bientôt naître et exister entre sa cadette et elle ne puisse en rien altérer l'affection qu'elles se portaient l'un l'autre. Tout comme elle s'obstinait à refuser de penser qu'un jour, elles puissent en venir à appartenir à deux camps différents. Y penser était trop douloureux, et la jeune femme avait déjà trop de sujets d'inquiétude dans sa vie pour en rajouter un de plus, bien plus hypothétique celui-là, en plus, d'autant plus qu'elles avaient les moyens de faire en sorte qu'une telle situation n'arrive jamais. Du moins Megara le souhaitait-elle fortement. Très fortement même.
    ❧ Ne dis pas ça ! Il n'y a rien ni personne en ce monde qui ne puisse parvenir à me faire te tourner le dos ! Nous étions destinées, depuis notre naissance, à nous compléter, rien ne peut rien y changer ! Depuis le jour où tu as commencé à tirer sur mes tresses, tu es à moi. Tu es ma Nymeria. ❧ Oui, Megara voulait y croire. Sans doute serait-elle encore qu'une enfant qu'elle fermerait présentement les yeux, jusqu'à les plisser au maximum, de toutes ses forces, le tout pour nier la réalité, ou plutôt pour se focaliser et se concentrer uniquement sur ce vœu qui lui était si cher au cœur et à l'âme. En revanche, ce qui la conduisit vers d'autres pensées, ce fut la demande de Nymeria, ou plutôt sa requête, et ce qu'elle y sous-entendait. A dire vrai, Megara n'avait pas encore trop songé à ça, à l'influence que pourrait avoir Jeyne sur leur frère. Et à la possibilité que la nouvelle Princesse du Roc puisse en venir à obtenir du Roc ce qui n'était pas censé lui être donné, en quelque sorte. Sans doute Megara était-elle trop aveuglée par l'image qu'elle se faisait de son frère pour se conformer à la réalité que pouvaient adopter les choses. Lyman, à ses yeux, était si déterminé, si borné, n'en faisait qu'à sa tête sans écouter ses sœurs, que de se faire manipuler par son épouse ... ❧ A moins d'un gros revers de fortune pour la lignée Kenning, ma place demeurera toujours au Roc ... Je veillerais sur Lyman, et je ne manquerais jamais de lui rappeler qu'il est un Lannister. Et qu'il est de son devoir que je puisse toujours demeurer Princesse d'un royaume libre et indépendant. ❧ Megara tenait à laisser fuser un petit trait d'esprit, pour ne pas plonger la situation dans quelque dépression que ce soit. Elle en avait besoin, et sans doute était-ce également le cas de Nymeria ? ❧ Ne doute pas de toi ainsi, ma Nymeria ... Père et Mère n'ont jamais élevé de sot, et puis, qui sait, peut-être cette liberté qui a toujours plutôt été tienne te permettra, un jour, de réagir avec ingéniosité, de sorte à surprendre et à désarçonner, ce qui te donnera l'avantage ? ... Il ne me semble pas avoir entendu dire que Père était des plus assidus, lorsqu'il était plus jeune, pourtant ... Pourtant, s'il a des défauts, ce n'est pas un mauvais Roi, n'est-ce pas ? Grand-Mère Arcissia a toujours dit que tu lui ressemblais bien plus que Lyman et moi. Et Mère ... Tu sais tout comme moi comment elle est. Elle ne parle pas à tout va de ses sentiments à notre égard, mais elle est fière de chacun de nous, à sa façon, je suppose ... Un Lion est Fier. Un Lion est Noble. Un Lion est Impétueux. Un Lion est Arrogant. Un Lion est Protecteur. Un Lion est Agile. Avec Lyman, nous incarnons sans doute, chacun à notre façon, ces facettes du Lion, ces facettes des Lannister. N'oublie pas non plus de qui la légende nous dit descendre et tirer notre patronyme : Lann le Futé. ❧
Lorsque les portes s'ouvrirent, bien malgré elle, Megara sursauta quelque peu. Non, c'était trop tôt ! Pas déjà ! Pas tout de suite ! Pendant une fraction de seconde, indépendamment d'elle, Megara ressentit une fureur s'emparer d'elle, ponctuée de rage et de violence. Elle voulait refermer ses portes et faire taire ces dames de compagnie, alors même que ces dernières n'avaient encore rien dit, et qu'elles n'avaient rien fait d'autre que de les rejoindre ! Mais très vite, une telle pensée disparut aussi vite qu'elle était apparue. Son regard croisa celui de sa sœur. Un regard qui devait sans doute toutes deux les ramener plus d'une décennie en arrière, lorsque certaines de leurs inquiétudes enfantines leur paraissaient être tout un monde et tout bouleverser sur leur passage, alors qu'elles étaient toutes deux encore loin de pouvoir rationaliser convenablement les choses. Megara voulait se saisir de sa cadette et la serrer très fort contre elle. Jusqu'à sentir leurs corps s'écraser l'un contre l'autre. Comme lorsqu'elle avait compris que sa petite sœur grandissait, et que cela l'avait bouleversée. L'aînée des Princesses du Roc ne devait pas avoir plus de 4 ans. Elle voyait Nymeria grandir, perdre de ses rondeurs de poupon, tout comme elle la voyait marcher et courir de plus en plus assurée et inconsciente, alors même que, peut-être, sans doute, Megara aurait voulu la voir se figer telle qu'elle était, pour qu'elle cesse de grandir et qu'elle reste cette petite princesse qu'elle était alors, pour toujours et à jamais. Ce front contre le sien lui projeta une flopée de sensations et d'émotions à travers tout le corps, alors que d'entre ses lèvres fusait quelque peu ce qui devait sans doute s'apparenter le plus à un râle de douleur animale. A une tristesse non contenue. Et déjà, Nymeria se redressait. Megara était connue pour être la plus douce et la plus sensible, ce qui poussaient les gens à malgré tout parfois penser que Nymeria était l'aînée. Quand les émotions de Megara prenaient trop le pas, là où Nymeria pouvait alors être bien plus rationnelle car terre à terre, aussi étrange que cela puisse paraître. A son tour, Megara se redressa, non sans mettre de l'ordre dans ses jupons sans même le remarquer, son regard rivé dans celui de sa cadette.
    ❧ Promis juré ... ❧ Promis juré ... Comme lorsqu'elles n'étaient encore qu'enfants ... L'enfance, un temps béni pour elles, sans nul doute. ❧ A ce soir ... Pourvu que cela arrive vite ... ❧
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MessageSujet: Re: Ce n'est pas une traitrise mais un acte d'amour. [Flashback]   

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