AccueilAccueil  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
Pudeur est à la femme ce que chevalerie est à l'homme. |Livre III - Terminé|
MessageSujet: Pudeur est à la femme ce que chevalerie est à l'homme. |Livre III - Terminé|   Mar 1 Nov - 17:58




 Pudeur est à la femme ce que chevalerie est à l'homme.
Aleyna Tyrell & Manfred Hightower




Deux jours qu’elle était arrivée, deux longue journée enfermée dans des appartements alloués à la maison Tyrell et déjà Aleyna se faisait l’effet d’un lion en cage. D’autant que sa mère ne trouvait rien de plus agréable que lui faire revoir les portraits et rangs du beau monde présent pour l’occasion.  Son aîné aillant joué les escortes du cortège qui l’avait conduite de Rubriant à Castral Roc, si sur l’instant elle avait adoré le voyage, les paysages, depuis deux jours elle ruminait joyeusement dans sa chambre, passant d’heures d’études à longs moments immobile sous l’œil maternel et les mains expertes de maître couturier pour reprendre les robes et ainsi affûter son allure. Sa nouvelle vie ne serait-elle à présent vouée qu’à l’apparat, la parade sous couvert de sourires et mémorisation de noms ?

Elle avait le sentiment que si tel était le cas elle finirait folle, mais se gardait bien de tout commentaire. Détaillant à la fenêtre, la vue sur les jardins. Elle écoutait d’une oreille lointaine les propos échangés entre son aînée et sa mère. Son attention enfin attirée par les quelques mots annonçant sa libération.

Ce ne fut qu’en fin d’après-midi que sa mère fit venir sa gouvernante, jugeant qu'elle était prête à faire quelques pas hors des portes de la demeure, non sans avoir au préalable bien insisté pour que la chaperonne ne la conduise qu’au bout d'un des corridors qui serpentaient à travers la végétation des jardins de pierre et qu’elle ne parle qu’à ceux ou celles qui viendraient ouvertement à elle.

C’est donc affublée d’une robe fuchsia qu’elle retrouva le doux plaisir des rayons de soleil…

Marchant d’un pas calme, sa gouvernante vêtue de noir la toisait d’un regard maternel et compatissant, lui murmurant les noms des personnes croisés dès que la distance le permettait. Aleyna cependant, n’écoutait plus que d’une oreille, bien trop occupée à déguster la vue qui s’offrait à elle entre les poutres sculptées du corridor qui la conduisaient dans un recoin des prestigieux jardins de pierre. De l’autre côté des rambardes sécurisantes on pouvait voir un torrent ombragé des deux côtés de ce dernier, une rangée d'arbres dévalait une gorge rocheuse. Le rugissement des eaux était d'autant plus assourdissant qu'elles se déversaient sur une série d'énormes rochers couverts d'une mousse couleur fauve et d'un véritable tapis d'aiguilles de pins. Filtrant de la frondaison, les rayons de soleil constellaient de flaques de lumière les eaux tumultueuses. Au pied de la gorge, dans la vallée de haute falaise, à l'endroit où le « tunnel » émergeait on aboutissait dans jardins riche où l’on pouvait admirer au loin des bois en contre-bas de la ville, le torrent s'élargissait et devenait une paisible rivière qui serpentait entre les buissons et les arbres usés par le sel marin. Charmée par l'endroit, Aleyna en oublia les jours d’enfermement, le choix de sa mère de faire d’elle une sorte d’événement. Le coin choisi était des plus époustouflants et loin des regards du beau monde, à ses côtés un ouvrage sur les genoux, la fidèle gouvernante silencieuse posait un œil tendre sur la jeune fille qui assise sur la rive, trempait un moment ses jambes pulpeuses dans l'eau, s'étendant sur l'herbe, la jeune fille appréciait l’instant, prenait un bain de soleil en regardant de magnifiques poissons nager dans les eaux les plus limpides qu'elle n’eût jamais contemplé. Selon Kael, les truites avaient une prédilection pour les beaux endroits. À l'évidence, il savait de quoi il parlait.

Aleyna adorait suivre les évolutions des poissons, des grenouilles, des écrevisses et même des salamandres. Étendue sur le ventre, le menton appuyé sur ses mains croisées, elle pouvait rester des heures ainsi, heureuse comme une gamine quand elle voyait un poisson émerger de l'eau, bouche grande ouverte pour gober un insecte qui volait trop près de la surface. Enfant elle adorait attraper des criquets, des sauterelles et même des vers de terre pour les jeter en pâture à ses chères truites du bassin, mais se gardais bien en ce lieu d’en faire autant, se contentant de rester sagement sur la couverture en bord de rive. Se rappelant des moments où elle leur parlait pour les encourager à venir chercher leur pitance. De temps en temps, un héron venait se poser dans l'eau, parangon de grâce malgré ses longues et fines pattes, et embrochait une grenouille ou un poisson au bout de son bec pointu comme une dague.

Aleyna n'avait jamais vécu dans un lieu si majestueux et pourtant vibrant de vie. Pour l'inciter à se remettre plus vite, à rendre folle leur mère, Kael lui murmurais souvent qu'elle n'avait encore rien vu. Certaine que bien d'autres merveilles l'attendaient, et désormais sûre de pouvoir un jour les découvrir, la jeune noble se sentait comme une petite fille lâchée en liberté dans un royaume magique. Depuis sa prime enfance, elle n’avait jamais perdu de temps pour admirer la nature, la vie qui l’entourait et devoir ainsi rester enfermée depuis son arrivée à Castral, bloquée dans l'exercice de ses fonctions, la frustrait, elle avait certes vu de somptueuses choses bien entendu, mais presque toujours dans des rouleaux d’apprentissage – ou peut-être n'y avait-elle pas prêté assez d'attention, par exemple lorsqu'elle rendait visite à son étalon. En tout cas, rester longtemps au même endroit – s'y immerger, en quelque sorte – était pour elle une expérience nouvelle et excitante, enfin du moment où on la laisserait sortir des appartements comme aujourd’hui…

Doucement elle se mit à repensé au soir de leur arrivée, ce jour-là, presque toutes les nobles dames présentes étaient réunies dans le grand hall du Palais pour découvrir leurs nouveaux appartements, une vraie farandole de robes, de toilettes et au milieu, quelques hommes et jeunes garçons, comme toujours à ses côtés, Verna sa douce, mais non moins impitoyable gouvernante lui somma de moins se pencher à la balustrade en pierre de la galerie, se redressant comme un noble elle occupa alors ses mains gantées en jouant distraitement avec les lacets de son corset quand les lourdes portes s'ouvrirent. Les murmures s'étaient tus instantanément lorsqu'un petit groupe conduit par un homme en armure s'était avancé dans la salle au dôme majestueux

« C’est Le Ministre de la Guerre et quelques-uns de ses hommes, il est sage de ne pas trop s’en approcher, mademoiselle… »

Aleyna l’arrêta d’un geste de la main, ne voulant rien savoir des on dit en question. Le soir même, un grand banquet souhaitant la bienvenue au noble serait donné, comme chacun des soirs, mais la jeune fille n’en ferait pas partie, certaine que sa noble mère ne l’autoriserait pas pour le moment à s’y présenter. Et cela bien que la majorité des jeunes noble parés de leurs plus beaux atouts y seraient massés. Forte donc de cette idée, la jeune femme avait préféré prendre place dans la haute galerie, histoire de voir les choses de haut...

Un fin sourire sur les lèvres, elle nota intérieurement combien le Lord qu’elle avait si souvent questionné enfant avait vieilli pendant son absence à Hautjardin. Se doutant qu’en général, les voyages et les guerres n’aidaient en rien à garder les traits lisses et innocents. Les événements qui se déroulaient avaient marqué ses trait d’un regard froid et mystérieux. A comparer la jeune fille avait quant à elle la sensation d’avoir une vie bien trop ressemblante à un très long fleuve tranquille. Protégée par le sort de sa naissance qui ralentissait grandement la rudesse de la vie. Ne bénéficiant pas de cette protection, le lord comme son aîné et son oncle affichait à présent des traits plus prononcés du temps et quelque part cela les rendait aux yeux de la jeune femme bien plus attirant que ces jeunes poussins encore trop proches du giron maternel.

Alors que les nobles femmes applaudissaient, des larmes de joie aux yeux, l’apparition du nouveau ministre et glorifiaient ce dernier de faits d’arme, Aleyna elle, contint un bâillement d'ennui, qui n’échappa au regard noir de sa mère. La jeune femme lui rendit alors un bref sourire en réponse qui ne serait sûrement pas sans rappel à l’ordre dès la solitude venue.

Campé au milieu de la salle, le Lord de la maison Castral avait alors levé les bras pour demander le silence. —Mais la cour présente souhaitant saluer le Ser lançais déjà de nouveaux applaudissements, forçant le noble maître de maison à lever de nouveau les bras.

« Puis-je aussi vous présenter le nouveau Lord Ministre de la Guerre qui nous fait à tous l’honneur de sa présence en ces lieux pour les prochaines festivités… »

Repoussant ce souvenir, alors que Verna la sommait de se mettre au travail après plusieurs minutes prostrée au soleil sur la couverture, elle se redressa, récupérant la plume, l’encre et la tablette que lui tendait la gouvernante. Si elle aurait souhaité profiter un peu plus de ses souvenirs et rêvasseries, visiblement il n’en serait rien.

« Vous avez promis une lettre par jour à votre benjamine, il vous faut donc vous hâter, la journée est bien avancée… »

Sans un mot, sans un merci pour la dame à son service, Aleyna se mit en place, oh elle aurait pu repousser la demande, dans le fond personne ne pouvait lui dicter sa conduite si ce n’était sa mère. Mais elle savait aussi que cela conduirait à la tenir loin du monde quelques jours de plus.

Très chère sœur, comme promis, je viens à vous avec la suite des aventures que vous aimez tant…

"Il ne se souvenait pas de sa mort. Avec une angoisse diffuse, il se demanda si les voix furieuses qu'il entendait à peine -comme si elles venaient de très loin - signifiaient qu'il allait de nouveau connaître l'expérience la plus ultime qui soit : sombrer dans le néant. Si c'était le cas, il ne pouvait absolument rien faire. Alors qu'il ne se rappelait pas sa fin, il gardait une vague réminiscence de murmures solennels affirmant qu'il avait cessé de vivre et dérivait désormais vers les ténèbres du royaume des morts. Puis une femme avait posé ses lèvres sur les siennes et empli ses poumons inertes du souffle de la vie. Par cet acte en apparence très simple, elle l'avait ramené dans le monde des vivants. Mais qui avait tristement déclaré qu'il venait de mourir ? Et qui était sa sauveuse ? Il ignorait la réponse à ces deux questions...

Cette première nuit, quand il avait recommencé à mieux percevoir les voix désincarnées, au point de saisir quelques mots, il avait compris que les personnes qui l'entouraient ne croyaient pas en ses chances de voir le soleil se lever. Malgré sa résurrection, on continuait à penser qu'il était condamné. Une erreur, à l'évidence, puisqu'il avait d'abord survécu jusqu'au matin, puis revu plusieurs fois l'obscurité céder la place aux premières lueurs de l'aube.

S'était-il accroché à la vie grâce aux mots d'amour et aux encouragements vibrants de tendresse désespérée qu'une femme lui avait chuchoté à l'oreille cette première nuit ? Cela se pouvait, mais là non plus, il n'était sûr de rien...

S'il ne lui restait aucun souvenir de sa mort, la douleur précédant son passage dans l'oubli éternel était gravée comme au fer rouge dans sa mémoire. Et cette souffrance, il le savait, le hanterait jusqu'à son dernier souffle.

Seul dans la campagne, il avait sauvagement lutté contre des hommes qui l'entouraient comme une meute de chiens de chasse acharnés à déchiqueter un lièvre. Dans l'obscurité, leurs rictus mauvais révélant des dents semblables à des crocs, ils l'avaient frappé jusqu'à ce qu'il s'écroule, puis achevé à coups de pieds dans les côtes. Le craquement de ses os brisés... Le sang qui maculait les mains et les bottes de ses bourreaux... La stupéfiante terreur de sentir ses poumons se vider à jamais de leur air... L'angoisse de ne même plus pouvoir hurler de douleur... Le sentiment que sa chute dans les profondeurs de la mort durerait une éternité contenue dans une unique seconde...

Quelque temps plus tard – des heures ou des jours, c'était impossible à dire –, alors qu'il reposait entre des draps propres, dans un lit inconnu, il avait ouvert les yeux pour les plonger dans le regard gris d'une femme. Et découvrit à cet instant que le monde réservait à certains êtres un calvaire bien pire que celui qu'il avait enduré. Il ignorait le nom de sa sauveuse. Voyant l'angoisse qui voilait son regard, il lui était apparu sans l'ombre d'un doute qu'il aurait dû le connaître. L'identité de cette femme comptait plus que la sienne - que la vie elle-même, en réalité. Mais ce prénom refusait de lui revenir, et rien, tout au long de son existence, ne l'avait jamais autant empli de honte. Depuis, chaque fois qu'il baissait les paupières, il revoyait ce regard dévasté où brillait pourtant au cœur de l'angoisse, une espérance dont la source ne pouvait être qu'un amour infini. Cette lumière ne devait pas s'éteindre. Il n'avait pas le droit de la laisser mourir. Même quand les ténèbres menaçaient d'engloutir son esprit encore détaché de la vie, il devait lutter. Pas pour lui, mais pour elle..."


***

Perdue dans sa missive elle n’entendit pas les pas approcher, pas plus qu’elle ne perçu le mouvement de Verna pour s’assigner rapidement à une révérence…


code by © Jerry




Aleyna Tyrell


Dernière édition par Aleyna Tyrell le Ven 4 Nov - 18:42, édité 1 fois
avatar

Feuille de personnage
Titre de Noblesse ou Métier: Fille de l'intendant royal de la maison Gardiner
Âge du Personnage: 18 ans
Allégeance: Ma loyauté va à moi-même.
Plus haut, plus fort
Messages : 667
Membre du mois : 0
Célébrité : Jenna Coleman
Maison : Tyrell
Caractère : ♦ Rancunière ♦ Loyale ♦ Bornée, ♦ Patiente ♦ Hardie ♦ Observatrice, ♦ Manipulatrice ♦ Intelligente ♦Bornée ♦ Courageuse ♦
Plus haut, plus fort
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Pudeur est à la femme ce que chevalerie est à l'homme. |Livre III - Terminé|   Mar 1 Nov - 19:01

Je méditais un bon moment dans mon bain. J'adorais les bains bouillants. Ils m'aidaient à me délasser, à me concentrer. J'avais toujours besoin de ce genre de moment dans une journée, surtout après un repas très riche et des présentations formelles à n'en plus finir. J'avais donc, une fois mes appartements préparés, fais en sorte qu'on me prépare un énorme baquet d'eau où l'on viendrait y déposer herbes aromatiques, eau bouillante et quelques plantes tropicales qui venaient d'Essos. J'aimais la délicate odeur qui s'échappait du baquet que des servantes remplissaient au fur et à mesure que l'eau chaude arrivait des cuisines, où elle était bouillie. Bien sûr, je ne pouvais pas entrer tout de suite dans le récipient, autrement je le savais, ma peau brûlerait, se cloquerait, et s'abîmerait irrémédiablement. J'avais fait suffisamment d'expériences à la Citadelle pour le savoir de manière sûre et certaine. J'attendais donc, mon regard se promenant sur ces ouestriennes. Aucune n'était vraiment jolie, mais deux sur les trois avaient un petit quelque chose. L'une éveilla carrément le démon, qui me serra le cœur tout en me le faisant battre plus vite, alors que j'imaginais ce que je pourrais faire d'un corps aussi plantureux. L'autre avait un drôle de regard, plus vif, plus alerte que celui que l'on rencontre d'ordinaire. Ses yeux étaient si beaux qu'ils auraient sans nul doute leur place dans ma collection, fièrement installée dans un bocal sur l'étagère de mes appartements privés à Villevieille.


Mais je me réfrénais. J'avais moins besoin que dans mes jeunesses des potions de ma sœur,de ses infusions de fleurs et d'herbes aromatiques et médicinales des coteaux est de Villevieille. Aujourd'hui, elle était trop occupée à ses propres potions pour accroître sa fertilité, et celle de mon royal beau-frère. J'avais dû apprendre à me passer de ses soins, même si je n'avais jamais vraiment fini d'avoir besoin de sa présence pour aller mieux. Plus tard. Je ne pouvais pas me permettre le moindre faux pas avec des étrangères en terre étrangère. Le cumul de ces deux épithètes serait un trop formidable cocktail de dangers, que je n'aurais aucune capacité à maîtriser. J'attendais donc, camouflant une réaction bien masculine en me retournant sur le balcon, faisant face au vide des falaises du roc, qui dominaient Port-Lannis plus loin. Je prenais plaisir à cette vue. La nature avait bâti ce piédestal pour la noblesse, alors que chez moi, à Villevieille, c'était l'homme qui s'était construit sa propre place au dessus des autres, que ce soit au castel Hightower ou dans la Citadelle. Je finis par me laisser déshabiller par les servantes, une fois le bain prêt. L'une d'elles rougit de ma virilité, une autre s'en désintéressa totalement. La plantureuse, elle, soutint mon regard. Elle fit brûler le noir désir de mon âme depuis longtemps maudite. Je devais me contrôler, mais c'était difficile, je finis par les congédier d'un signe de tête. Je restais un long moment dans l'eau encore très chaude et parfumée, laissant mon corps se délasser totalement, tranquillement, la peau à vif sous l'effet de la chaleur. Finalement, je sortais et m'essuyais. Je m'habillais seul ; le démon était encore très présent, aux limites seulement de ma conscience. Il pourrait revenir. Je me rhabillais de mon pourpoint noir, discret mais luxueux, tout en ceignant au côté une simple épée, laissant Vigilance dans mes bagages. J'allais me promener au dehors, sans escorte. Je tenais à l'image que je véhiculerais dans ce pays. Un homme fort, résolu, qui n'a pas besoin d'escorte, ni de conseillers. Quelqu'un avec qui composer. Je savais que j'étais sans doute surveillé. Je comptais dessus, même. Sortant dans les jardins, j'admirais ce paysage rocailleux, tout en relief, avec ses plantes vigoureuses et son air marin si vivifiant. Je tombais finalement sur un bînome que je reconnaissais, pour l'avoir déjà croisé à Hautjardin. La vieille servante de Lord et Lady Tyrell, et ce joli tendron de fille à qui jadis je racontais des histoires, lorsque je n'étais qu'un jeune homme. Qui avait bien grandi. La servante me salua. Je lui donnais congé d'un signe de tête péremptoire ; elle s'inclina à nouveau et s'en alla. J'offrais mon plus beau sourire à la jeune donzelle.



| Lady Tyrell, quel plaisir de vous revoir, après tout ce temps ! J'avais peur que vos parents ne cachent votre beauté pour le plaisir seul de l'homme chanceux qui sera votre futur époux! |


Je lui tends ma chevalière, une lourde bague ornée d'une pierre précieuse noire, sertie d'une épée d'argent, symbole de ma fonction. Je m'étais incliné face à elle, à elle, selon l'usage, d'embrasser le symbole de mon rang.


| Que faites-vous donc ici toute seule, alors qu'il y a tant à faire et à découvrir au Roc ou à Port-Lannis ! Vous n'êtes pas déjà nostalgique, tout de même? |
avatar

Feuille de personnage
Titre de Noblesse ou Métier: Héritier de Villevieille
Âge du Personnage: 33 ans
Allégeance: Ma loyauté n'est pas encore définie.
Nous Eclairons la Voie
Messages : 347
Membre du mois : 8
Célébrité : Blake Ritson
Maison : Hightower
Nous Eclairons la Voie
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Pudeur est à la femme ce que chevalerie est à l'homme. |Livre III - Terminé|   Mer 2 Nov - 0:25




 Pudeur est à la femme ce que chevalerie est à l'homme.
Aleyna Tyrell & Manfred Hightower




La missive allait finalement s’arrêter au moment où le preux chevalier découvrait le nom de la belle qui l’avait sauvé d’une mort certaine… Si Aleyna brûlait intérieurement d’écrire la suite, elle se résolu rapidement à ne rien pouvoir, ou du moins pas dans l’instant. Rapidement elle lança un regard accusateur à sa gouvernante qui déjà s’éloignait, comme prise de cours par une activité oubliée, laissant la jeune femme bêtement seule avec le tout nouveau ministre de la guerre.

Comment avait-elle osé la laisser dans une telle situation, la planter sur la couverture dans ce décor de magie, mais non moins loin de toute personnes ? N’irait-on pas lui reprocher d’avoir occupé l’espace ou pire d’être restée seule à seul avec un noble monsieur sans la moindre chaperonne ?

Elle ne poussa pas ses quelques réflexions plus en avant, se recentrant sur sa triste situation. Lentement elle glissa ses iris azur sur la silhouette émaciée de l’homme en approche, et elle ne put que saluer sa prestance, son allure, comme si par sa simple présence, par son regard sombre, à lui seul en un instant il l’avait attiré à lui, comme une sorte de lumière.  Aleyna avait même la sensation particulière de ne plus n’entendre le moindre bruit de la nature qui jusqu’alors l’avait baigné dans son inspiration. C’est seulement quand sa voix se souleva dans le silence qu’elle réalisa qu’il lui faudrait toute sa concentration pour ne pas bondir et se hâter de le saluer en premier d’une gracieuse révérence – enfin du moins par-là, voulant éviter le baisemain– mais au lieu de cela il fallut se résoudre à se défaire sagement, prendre de vitesse à cause de sa position au sol et de la tablette en bois sculpté où se reposait le nécessaire d’écriture. Elle dû lutter avec son tempérament spontané pour éviter une catastrophe et déposer soigneusement le bois travaillé aux initiales de la jeune fille et ainsi ne pas renverser l’encrier placé en équilibre sur ce dernier, eux-mêmes reposaient depuis de longue minutes à présent sur les pans de sa robe finement brodée, recouvrant ses jeunes jambes cachées dans une position clairement pas féminine.

Sur l’instant, elle ne sentit pas les fourmis villes et fourbes dans ses jambes, bien trop occupée à se libérer et tenter de se redresser le plus majestueusement possible. Sur l’instant elle se contentait avec le plus de soin possible et le plus efficacement possible de se libérer et ce fut juste à temps pour se saisir de la main du lord, armée d’un air souriant des mieux joués, masquant son humeur, un brin renfrognée. L’idée même de devoir glisser sa bouche en salutation sur le précieux bijou n’avait d’autre signification qu’il attendait d’elle le témoignage de sa soumission, et ceci, elle n’en avait, ni n’usait. A tout avouer, ses longues années loin du beau monde lui avaient évité ce genre de labeur ronflant et corporellement discutable de son point de vue.  

Glissant sa main dans la sienne, plaçant ses jambes en équilibre, elle n’eut pas le loisir de se demander plus longtemps ce qu’il avait pu faire de ses doigts avant de se présenter à elle. Pas plus que laisser son imagination aux diverses possibilités ou louer les sept de rien n’en savoir, ni de les louer de son manque d’informations sur le sujet, lui évitant une profonde et certaine envie de vomir sur la précieuse chevalière de la maison.

Elle n’eut pas le loisir de saluer cette grâce d’information qui lui aurait évité de commettre un impérial imper, que déjà pointait une nouvelle épreuve, toute aussi fâcheuse.

Lâchement, injustement ses jambes la firent basculer dangereusement et irrémédiablement vers l’homme au moment même où il soulignait son sentiment quant à son absence dans les cours du Bief depuis de nombreuses années.

Contenant un petit cri face à la déflexion traître de ses jambes remplies de picotements, la plaçant inéluctablement dans les bras de l’homme qu’elle devait saluer. Cela ne dura cependant que le temps pour elle de réaliser où elle se trouvait et elle tenta de se redresser et de donner une distance polie entre elle et le lord.

« Comme je suis confuse, veuillez m’excuser, mes jambes… » Se mordant doucement les lèvres elle se rappela soudainement qu’elle n’avait pas salué le lord et donc encore tangente à cause du caprice de sa jambe elle effectua doucement cette fois une révérence. « Je vous salut bien bas, Lord Ministre et vous félicite, je vous remercie de votre aide dans cet instant des plus gênants. »

Une torture, oui voilà en cet instant ce que son corps lui faisait subir, garder la position en attendant que le lord l’autorise à se relever était une épreuve sportive des plus complexes, qui ne manquait pas de la mettre à l’épreuve de tout son équilibre et ses muscles finement sculptés, alors qu’une de ses iris clairs se glissait vers l’homme en quête d’un geste et pire d’un peu de pitié sur ses traits et en rien un amusement ou pire un regard noir qui démontrerait de sa part une sorte d’affront, qui à n’en pas douter lui vaudrait une nouvelle fois l’enfermement de sa mère dans leurs appartements pour les jours suivants.



code by © Jerry




Aleyna Tyrell


Dernière édition par Aleyna Tyrell le Ven 4 Nov - 18:43, édité 1 fois
avatar

Feuille de personnage
Titre de Noblesse ou Métier: Fille de l'intendant royal de la maison Gardiner
Âge du Personnage: 18 ans
Allégeance: Ma loyauté va à moi-même.
Plus haut, plus fort
Messages : 667
Membre du mois : 0
Célébrité : Jenna Coleman
Maison : Tyrell
Caractère : ♦ Rancunière ♦ Loyale ♦ Bornée, ♦ Patiente ♦ Hardie ♦ Observatrice, ♦ Manipulatrice ♦ Intelligente ♦Bornée ♦ Courageuse ♦
Plus haut, plus fort
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Pudeur est à la femme ce que chevalerie est à l'homme. |Livre III - Terminé|   Mer 2 Nov - 14:16

Je regardais la jeune femme, qui semblait décontenancée, peut être un peu en colère, de la retraite précipitée de sa gouvernante. Ce n'était pas une Septa, j'en déduisais donc que la jeune femme n'était ou pas particulièrement dévote, ou simplement encline à préférer l'accompagnement civil à celui d'une religieuse. Je me disais aussi que de la sorte, cela signifiait sans doute que ses parents n'avaient pas grand peur sur la vertu de leur fille, car il n'était pas rare pour les jeunes femmes ayant passé l'adolescence que leur pucelage tout comme leur dignité soit sous la bonne garde d'une religieuse expérimentée, chargée de maintenir la jeune personne dans le droit chemin. Etais-je intimidant, pour elle ? Ce ne serait sans doute pas si étrange, sachant que nous ne nous étions plsu revus depuis bien longtemps. D'enfant chéri de Villevieille, j'étais devenu chevalier, puis Amiral, et enfin Ministre du gouvernement de notre bon Roi Mern. Trop bon d'ailleurs, mais la question était ailleurs. Je vois cependant beaucoup de sentiments, d'émotions mêlées, dans le regard que me jette la jeune femme. Je ne sais pas trop ce qu'elle ressent, mais elle me reconnaît, j'en acquiers la certitude au bout de quelques instants seulement.


La jeune femme déposa son ouvrage à même le sol, tandis que l'oscillation du petit encrier me fit craindre, l'espace d'un instant, qu'elle en renverse partout. Mais non. L'objet tint bon et rien ne fut renversé. La robe d'Aleyna Tyrell semblait la gêner etje me surpris à me demander ce qu'il se cachait dessous. C'était la faute des servantes de tout à l'heure ; elles m'avaient fouetté le sang, surtout celle qui me tenait tête en silence, que je ne saurais pardonner comme cela de son insolence, sans toutefois pouvoir la punir directement. Il ferait mauvais genre de devoir donner du fouet contre la servante d'une maison royale, surtout quand on se trouvait dans le propre château de celle-ci. Mais la Tyrell perdit l'équilibre, probablement à cause de sa position au sol, ses jambes un peu flageolantes. En voilà qui ne devaient guère être utilisées que pour aller de son boudoir à la grande salle. Je ris de bon cœur alors qu'elle me tombait dans les bras, et s'éloignais tout aussi vite, mortifiée par la gêne. Elle fit enfin la révérence et je la couvais d'un regard compatissant. Je savais précisément ce qu'il s'était passé dans ses jambes ; le débit du sang et la rigidité musculaire. J'avais déjà assisté à ce genre de phénomène... Dans mon laboratoire.



| Je vous en prie. Vous étiez si bien installée que vous vous êtes redressée trop vite. De plus, je pense que vous n'avez choqué personne, moi le dernier, je vous l'assure. |


Je lui prends enfin la main dans la mienne, et y dépose un baiser poli, tout en lui rendant un regard qui l'était un peu moins, encore marqué de l'ardeur ressentie dans ma chambre.


| Je vous remercie de vos bons mots. Quant à moi ce sont vos parents qu'il me faut féliciter ; je pensais qu'ils vous cachaient pour masquer leurs manquements, mais non, on dirait simplement qu'ils voulaient garder à l'abri un bien beau trésor. |


Je lui lâche la main, l'invite à se relever d'un geste.


| Je ne saviez pas que vous étiez du voyage, sinon j'aurais pu faire en sorte que nous nous croisions bien avant. Comment trouvez-vous l'Ouest et Castral Roc, ma jeune amie? |
avatar

Feuille de personnage
Titre de Noblesse ou Métier: Héritier de Villevieille
Âge du Personnage: 33 ans
Allégeance: Ma loyauté n'est pas encore définie.
Nous Eclairons la Voie
Messages : 347
Membre du mois : 8
Célébrité : Blake Ritson
Maison : Hightower
Nous Eclairons la Voie
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Pudeur est à la femme ce que chevalerie est à l'homme. |Livre III - Terminé|   Mer 2 Nov - 17:11




 Pudeur est à la femme ce que chevalerie est à l'homme.
Aleyna Tyrell & Manfred Hightower




Si sur l’instant Aleyna aurait autant maudit ses traîtres de jambes que lui de la contraindre à ce genre d’exercice, elle tacha rapidement de ranger ce genre de pensées au plus profond d’elle-même, d’autant qu’elle avait parfaitement conscience de l’injustice de celles-ci. Aillant son regard moins terne et la fine ride sur la commissure de ses lèvres, elle se demanda l’espace d’une seconde s’il se riait d’elle ou si réellement il compatissait à son sort honteux. C’est justement à cet instant qu’il reprit la parole, effaçant le silence et les pensées de la jeune fille comme on souffle sur une chandelle, en quelques mots agréables et parfaitement tournés. C’est d’ailleurs ce qui la poussa à la prudence, se disant que trop de charme dans les mots pouvait s’avérer encore plus vil que la simple beauté physique dénuée d’intelligence.

Saisissant enfin sa main il la soulagea sans le savoir de sa jambe tangente et sagement cachée sous ses longues jupes. S’en suivit un baisemain des plus courtois et sages, soutenu d’un regard quant à lui bien plus vibrant, qui ne manqua pas de faire réagir la jeune fille, qui instantanément, se mordit la lèvre inférieure, intriguée par l’idée qui pouvait bien se dessiner sous ses iris abysses, aux teintes pourtant brûlantes en cet instant. Se redressant, elle tachait le plus discrètement possible de fouetter sa jambe rebelle de la seconde, tentant par son geste de réanimer la traîtresse qui l’avait trahie peu avant. Utopie sûrement de croire qu’il n’en verrait rien, prit à ses mots, jugeant prompte de la remercier, ne manquent pas une nouvelle fois d’user à nouveau de mots agréables, à l’écoute, bien trop sûrement, car ces derniers semblaient vouloir lui annoncer de bien en prendre chaque mesure afin de ne pas se faire duper entre la courtoisie pompeuse d’un fin ligné de la politique, et la réalité banale de ses traits dans un monde fait de courtisanes toutes plus belles les unes que les autres, rivalisant autant par leur art à jouer les jeunes filles agréables de leurs traits poupins et rougeoyants sur commande, à leurs atouts mammaires dévoilés dans un décolleté des plus tapageur.

Aleyna avais parfaitement conscience qu’à côté de ces belles des cours, elle devait faire figure de septa, pire d’ombre dans un tableau où étincelaient bien d’autres. Mais elle ne s’en offusquait pas, elle s’imaginait à tort ou à raison que son esprit ferait la note de différence.

« J’aurai été honorée, s’il est vrai que je garde de bon souvenir de Vieilleville et vos enseignements, je n’en reste pas moins avide d’en savoir plus de vos grandes œuvres. » Elle lança un regard vers le torrent et ne put s’empêcher de laisser échapper un sourire des plus naturels.

« Mon seigneur, toute nature est belle à voir, mais si vous me permettez un secret, il n’en reste aucune de plus belle que notre patrie, elle coule de mon point de vue dans notre sang et fait de nous des êtres bien plus singuliers, à bien des égards, je me garderai bien de dire que j’en sais plus que vous sur les beautés de ce monde, mais à mes yeux, il n’est rien de plus majestueux que la diversité Bieffoise. » Reportant son regard sur le lord Ministre, elle s’en voulu rapidement d’avoir ainsi claironné et alors qu’il restait sagement en place, elle se permit quelques pas vers la rive pour y détailler la dorure du soleil et l’argenterie des truites sur la surface.

« Pardonnez mes mots, je suis parfois trop enflammée, je m’avance fougueusement sur des pensées que je ne devrais avouer, surtout à un homme de votre rang, qui a sûrement mieux à faire en ce lieu qu’entendre une jeune rêveuse lui dire ce qu’il sait sûrement mieux qu’elle sur le monde qui l’entoure… »  Elle allait poursuivre quand un mouvement l’interpella et la fit se détourner pour finalement voir une servante danser sur ses pieds et se triturant les mains, comme gênée à l’idée de les interrompre, mais pas tant que cela. Elle dévorait le lord des yeux et n’avait de gêne que pour la présence de la jeune fille qui lui faisait face, se demandant sûrement comment intervenir.

« Et bien parlez, il n’est en rien convenable de se tenir ainsi et d’écouter, ne vous a t’on jamais appris à garder une distance de courtoisie ? » Lançais-je presque venimeuse a l’idée qu’elle ait pu écouter l’échange partagé et puisse en reparler. Ne réalisant pas sur l’instant que la servante se tenait dans le dos du lord et que se faisant tout portait à croire qu’elle s’adressait ainsi à ce dernier.

« Je… je… » Fit-elle enfin, soulageant sur l’instant les craintes de la jeune fille et interpellant le lord…

code by © Jerry




Aleyna Tyrell


Dernière édition par Aleyna Tyrell le Ven 4 Nov - 18:43, édité 1 fois
avatar

Feuille de personnage
Titre de Noblesse ou Métier: Fille de l'intendant royal de la maison Gardiner
Âge du Personnage: 18 ans
Allégeance: Ma loyauté va à moi-même.
Plus haut, plus fort
Messages : 667
Membre du mois : 0
Célébrité : Jenna Coleman
Maison : Tyrell
Caractère : ♦ Rancunière ♦ Loyale ♦ Bornée, ♦ Patiente ♦ Hardie ♦ Observatrice, ♦ Manipulatrice ♦ Intelligente ♦Bornée ♦ Courageuse ♦
Plus haut, plus fort
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Pudeur est à la femme ce que chevalerie est à l'homme. |Livre III - Terminé|   Mer 2 Nov - 22:39

Je me rendais compte tout de même que nous étions venus avec bien du monde dans nos bagages, nous autres bieffois. Je savais que nous avions fait ce que nous avions pu, et surtout que nous n'avions pas vraiment sélectionné. C'était un choix à dessein, de ne pas sélectionner. J'avais poursuivi deux objectifs en conseillant à ma sœur de venir ici avec tout son monde. Le premier était de fournir une suite conséquente et honorable pour quelqu'un de la stature de Tricia. J'avais entendu parler des convois sudiens vers le Nord pour le mariage de la Princesse Jeyne Stark et du Prince Lyman Lannister, et ces histoires relataient le plus souvent des équipages relativement restreints. Là, nous n'avions pas lésiné la quantité. Le second objectif découlait directement du premier, en supplément de montrer une cour nombreuse, riche et soudée derrière sa Reine, un si nombreux équipage ne pouvait qu'imposer à tous la grandeur du Bief, qui trouvait encore le moyen de se déplacer en masse malgré la guerre qui couvait sur des centaines de kilomètres de sa frontière. On venait nombreux, beaucoup allaient vouloir négocier du commerce, négocier des sécurités supplémentaires sur la frontière commune. Nous avions tous quantité d'intérêts à cette venue, et l'imbrication de ces intérêts à ceux des ouestriens ferait beaucoup pour m'acheter cette paix que je désirais dans le dos de notre royaume, le temps de s'occuper de nos autres ennemis, qui se poussaient autour de nous. La jeune Tyrell était du voyage et je ne le savais même pas, c'était dire la quantité de bieffois qui avait fait le trajet. Cela dit, sa présence était logique. Les Tyrell étaient majoritairement restés à Hautjardin après le départ du Roi pour la guerre, et ils étaient après tout intendants au service de Leurs Majestés.


Leur rejeton, leur fille, était somme toute tout ce qu'il y avait de plus avenant. Elle se mordit la lèvre inférieure, sans doute un peu gênée de la manière dont je la considérais. Impossible de le savoir avec certitude ; elle avait tellement grandi depuis la dernière fois que je l'avais vue... C'était impressionnant, réellement impressionnant ! Je notais bien sa gêne en tous cas, qui se manifestait dans ses gestes et dans sa posture ; elle se sentait encore sans aucun doute un peu raide, douloureuse sans aucun doute. La jeune femme m'indique qu'elle eut été honorée de ma compagnie, et qu'elle gardait un bon souvenir de nos échanges de jadis, lorsque nous étions encore fort jeunes, surtout elle. Je lâchais un léger rire lorsqu'elle parlait de mes grandes œuvres.



| Oh, combattre les pirates n'était pas si difficile ; ces gueux étaient de bien piètres guerriers. Leur méthode consiste habituellement à fuir ceux qui savent se battre, ils en ont été fort marris. Quant au reste, je crains fort que ma naissance vaille tout autant de louanges que mon mérite personnel ; il est aisé de conseiller une Reine dont on est déjà le frère. |


Je garde mon sourire lorsqu'elle évoque l'Ouest, et son goût pour notre propre pays. Je me penche en avant, avec un sourire de connivence au coin des lèvres.


| Je vais vous confier un secret ; je préfère cet endroit à Hautjardin. Mais il reste bien en dessous de Villevieille ou de La Treille... |


J'instituais par ces quelques paroles dites avec humour, une sphère d'intimité dans cet échange, qui rendait le petit incident de son équilibre moins grave et notre discussion moins formelle. J'y tenais assez, au vu des circonstances. La jeune damoiselle s'éloigne de quelques pas et s'exucse. Je secoue la tête en signe de dénégation.


| [color=white]Leurs Majestés discutent déjà ensemble, et ce premier entretien est privé. Je n'ai pour le moment rien d'autre à faire que d'écouter une jeune rêveuse. Et je ne connais pas beaucoup plus l'Ouest que vous. Je connais un peu Dorne, un peu plus l'Orage, et j'ai même jadis poussé jusque la Néra. Mais il me reste à moi aussi beaucoup à découvrir de ce monde. Je me figeais en la voyant me lancer que j'avais transgressé les frontières de la bienséance, et me tenais prêt à répliquer et surtout à me dédouaner de ce qui était à coup sûr une mauvaise interprétation des faits. J'entendais un petit bruit derrière moi et me retournais. Une servante était venue nous interrompre, sans trop savoir comment s'y prendre. Sa manière de me regarder m'enflamma à nouveau et réveilla en moi une bien douce chaleur. Je la détaillais de haut en bas.[/i]


| [b]Si je ne suis pas mandé par Leurs Grâces ni par son Altesse le Prince, vous conviendrez que ce n'était pas urgent, n'est-ce pas ? Vous pouvez attendre mon retour dans la salle dévolue à mes gardes, en face des appartements qui m'ont gracieusement été prêtés par Votre Souveraine.
|


La jeune femme hoche la tête mais garde le contact visuel deux secondes de trop. Voilà un nouveau cas que je me devrais de régler, mais plus tard. Je reporte mon attention sur Aleyna Tyrell.


| Voilà, ainsi nous ne serons plus interrompus. Vous ne m'avez toujours pas conté ce que vous écriviez, ma Dame. | dis-je pour l'inviter à poursuivre




We Light the Way


Spoiler:
 
avatar

Feuille de personnage
Titre de Noblesse ou Métier: Héritier de Villevieille
Âge du Personnage: 33 ans
Allégeance: Ma loyauté n'est pas encore définie.
Nous Eclairons la Voie
Messages : 347
Membre du mois : 8
Célébrité : Blake Ritson
Maison : Hightower
Nous Eclairons la Voie
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Pudeur est à la femme ce que chevalerie est à l'homme. |Livre III - Terminé|   Jeu 3 Nov - 16:58




 Pudeur est à la femme ce que chevalerie est à l'homme.
Aleyna Tyrell & Manfred Hightower




A la simple évocation des pirates, l’esprit bien trop vif d’Aleyna s’enflamma, brûlant de questionner son interlocuteur, de lui quémander informations - Comment étaient ces hommes et ces femmes de l’océan ? Étaient-ils fait de sel, d’embrun ? Étaient-ils aussi rudes, aussi grand, drastiques que le contaient les rumeurs ? Durant son récit bien trop concis au goût la jeune fille, le lord souligna une certaine lâcheté de la part de ces derniers... Cependant, qu’en était-il vraiment ? Si elle pouvait aisément comprendre ses mots, elle ne voulut quant-à-elle n’en retenir qu’un profond dédain pour ses opposants. Qui quelque part lui parurent sur l’instant parfaitement compréhensibles et quelque peu touchants, voir même louables de la part de l’ancien Amiral.

Combien le royaume du Bief avait-il perdu de bons gens, d’hommes courageux durant ses batailles ? La jeune noble n’en avait jamais connu les chiffrages et se gardait bien d’en faire la demande, qui serait sûrement bien trop déplacée pour une femme, questionner sur ce genre de choses. Pourtant, il était un fait intérieur qu’elle ne pouvait en cet instant s’empêcher de songer à son oncle, blessé, à son frère jouant sa vie si souvent qu’elle n’en aurait jamais réellement conscience et si pour ceci elle en fut reconnaissante, elle recadra ses pensées vers toutes ces familles qui avaient perdu leurs proches qui avaient vu en un instant le bonheur s’enfuir pour les pleurer ?Ils furent… Pères, frères, fils, oncles, ou même cousins, du point de vue de la jeune fille, la perte était sûrement irréparable.

Laissant quelques menues secondes s’envoler vers de nouvelles pensées fantasques, elle laissa au lord le soin de gérer la servante, n’écoutant que de loin les mots francs et armés d’une dignité ferme,éconduisant l’importunée domestique, bien loin déjà du sujet, qui animait l’imagination d’un baiser mortel. Une nouvelle fois elle dut se faire violence pour se concentrer de nouveau sur l’instant et plus sur sa fourbe imagination.

Replaçant son regard sur la femme face au lord, Aleyna nota rapidement le désir qui la brûlait, les rougeurs sur ses joues, le feu dans l’ombre de son regard, alors qu’elle le dévorait totalement de pieds en cape, en oubliant jusqu’à la présence de la jeune Tyrell, et la décence. Oubliant la noble fille qui silencieuse n’en manquait rien.Une seconde fois ses dents maculé de blancheur vinrent se glisser sur ses lèvres, alors quelle se demandait si le lord accorderait le moment venu le plaisir de son corps à la jeune roturière demandeuse.

« Voilà, ainsi nous ne serons plus interrompus. Vous ne m'avez toujours pas conté ce que vous écriviez, ma Dame. »

La faisant sursauter, elle glissa ses iris vers sa tablette armée d’un sourire, remontant ses yeux vers l’ombre sombre des siens.

« Une simple missive à ma Benjamine restée à Rubriant avec mon oncle et ma tante, rien d’aussi important que vos affaires à n’en pas douter. » Sur ces mots elle se détourna de ses affaires parfaitement consciente qu’il ne faudrait pas longtemps à sa gouvernante pour les récupérer et lui tendis le bras.

« Je sais qu’il est mal venu de vous inviter à faire quelques pas avec moi, mais je brûle d’en savoir plus sur vous, puis-je vous demander la faveur de quelques instants encore en ma modeste compagnie et ainsi, que vous me contiez les beautés de Castral qui vous ont si certainement ravi et que je devrai connaître ? »

code by © Jerry




Aleyna Tyrell


Dernière édition par Aleyna Tyrell le Ven 4 Nov - 18:44, édité 1 fois
avatar

Feuille de personnage
Titre de Noblesse ou Métier: Fille de l'intendant royal de la maison Gardiner
Âge du Personnage: 18 ans
Allégeance: Ma loyauté va à moi-même.
Plus haut, plus fort
Messages : 667
Membre du mois : 0
Célébrité : Jenna Coleman
Maison : Tyrell
Caractère : ♦ Rancunière ♦ Loyale ♦ Bornée, ♦ Patiente ♦ Hardie ♦ Observatrice, ♦ Manipulatrice ♦ Intelligente ♦Bornée ♦ Courageuse ♦
Plus haut, plus fort
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Pudeur est à la femme ce que chevalerie est à l'homme. |Livre III - Terminé|   Jeu 3 Nov - 22:55

L'évocation de ma campagne contre les pirates était relativement vaine. La guerre était partout en Westeros et en comparaison du raid fer-né sur Lancehélion, des batailles de Peyredragon et de l'Orage contre le Conflans ou du Nord contre les Sauvageons, ma propre bataille faisait figure d'escarmouche. A ceci près que l'on y retrouve la plus grande concentration de navires de guerre depuis plusieurs années. Et aussi, que la victoire a été décisive, nette et sans bavure. J'aimais que les gens me la rappellent, mais surtout j'anticipais que la gloire d'autres chefs de guerre éclipse bien vite la mienne. Je ne m'en faisais pas trop du côté du Roi, il était clair que le capital sympathie du Roi Mern Gardener n'était pas au beau fixe et qu'une victoire, même belle, ne suffirait sans doute aucunement à redorer son blason. De cela j'étais assez certain. Les autres, toutefois. On disait Du Rouvre capable, d'où sa nomination. Mais je ne pensais pas que les rumeurs qui couraient sur lui le rendent propres à l'adoration des masses. Tarly était trop vieux. Redwyne en revanche, pouvait tirer son épingle du jeu. Mais cela voulait aussi dire que je pouvais utiliser à bon escient l'ambition du jeune homme. Je verrais bien comment les choses tourneront, impossible d'ici là de s'en faire... Je notais toutefois que cela semblait éveiller l'intérêt d'Aleyna, dont le regard s'était totalement braqué sur moi à l'évocation du mot « pirates ». Les voyait-elle comme de romantiques rebelles ? La vérité était toute autre. Mais je ne savais pas encore jusqu'où je pouvais aller sans brusquer ces belles et chastes oreilles.


La jeune femme et moi perdîmes le fil alors que nous étions interrompus par une servante plutôt quelconque, mais qui avait ce regard... Bref, ce n'était ni l'endroit ni le moment. Le contexte ne se prêtait à rien du tout et en dehors d'une convocation officielle de la part de supérieurs, rivaux ou personnes de première importance, je n'allais pas briser cette opportunité de trancher avec l'oisiveté de l'attente pour mieux connaître quelqu'un que j'avais rencontré jadis puis perdu de vue. La façon que j'ai d'éconduire la servante, ferme mais polie, semble faire sourire ma jeune vis à vis, qui me raconte alors qu'elle écrivait à sa jeune sœur. Et voilà qu'elle se fait plus polie que nécessaire en niant l'importance de sa démarche.



| Maintenir de bons contacts avec sa famille ne me semble ni oisif ni absurde, ma jeune dame, vous ne pouvez pas en douter. |


Je prenais le bras qu'elle me tendait, pour guider après d'un pas sûr ce qui s'annonçait comme une plaisante promenade sous le soleil qui, s'il n'était pas encore trop chaud, n'était pas sans rappeler ces chaudes après-midi de Hautjardin. Je lui offre un sourire séducteur.


| Bien sûr que vous pouvez me le demander. Et c'est avec grand honneur que j'accepte votre proposition. |


Nous commençâmes à marcher, lentement, appréciant l'endroit et ses jardins.


| Vous vouliez en savoir plus sur moi, mais je suis plus curieux de vous, je me dois vous l'avouer. Je connais votre famille, bien sûr, et travaille régulièrement avec votre père pour la Grandeur du Bief. Je me rappelle très bien comment, lorsque je n'étais qu'un jeune homme, je vous contais des histoires et des légendes d'au-delà du Détroit, lors de la visite de votre famille à Villevieille. Ce dont je ne me souviens pas en revanche, c'est des années qui ont suivi. Pourquoi diable n'étiez-vous pas à Hautjardin avec les vôtres ? Les rumeurs sur une maladie ont longtemps été vivaces... |


Et en matière de maladie je m'y connaissais. Oh oui, je m'y connaissais.




We Light the Way


Spoiler:
 
avatar

Feuille de personnage
Titre de Noblesse ou Métier: Héritier de Villevieille
Âge du Personnage: 33 ans
Allégeance: Ma loyauté n'est pas encore définie.
Nous Eclairons la Voie
Messages : 347
Membre du mois : 8
Célébrité : Blake Ritson
Maison : Hightower
Nous Eclairons la Voie
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Pudeur est à la femme ce que chevalerie est à l'homme. |Livre III - Terminé|   Ven 4 Nov - 18:31




 Pudeur est à la femme ce que chevalerie est à l'homme.
Aleyna Tyrell & Manfred Hightower




Une maladie ? voici donc ce qui se disait et surtout la raison et le pourquoi d’un interdit de sortir des appartements, Si Aleyna avais un temps cru que sa mère se souciait réellement de son niveau pour la présenter au beau monde, en cet instant tout venait de s’expliquer. En réalité, il n’y avait nulle inquiétude, nulle peur de la part de la Lady Tyrell, mais simplement un besoin pour elle de maîtriser la rumeur et la vivacité contradictoire de sa fille. La main sagement posée sur l’avant-bras du lord elle ne prit pas attention à ses doigts qui dès l’instant où il évoquât les oui dire se serrèrent sur le tissu nerveusement.

La réalité était bien plus simple, la visite dans le sud du pays avait décidé ses parents à contenir sa fouge, ses ardeurs et surtout son besoin viscéral de liberté. Aleyna le comprenait bien et quelque part, elle était des plus reconnaissantes envers ses proches de lui avoir ainsi offert une vie, et non une survie des cours royales où tous les coups étaient permis, où la luxure s’alliait souvent avec l’effondrement. A tout dire elle se disait que face à de tels hommes capables et vigoureux de paroles, la guerre de vertus allait devoir s’accrocher rudement aux jupons.  

Comme un pirate à son mat durant une rude tempête. Après un moment de silence et de réflexion, sous le regard de quelques femmes sagement assises en réunion dans un kiosque, Aleyna releva son regard pétillant vers le Lord.

« Les rumeurs ne sont pas toujours certaines Ser Hightower, ou alors je serai bien mal avertie de n’en prendre aucune mesure sur vous, on dit que vous êtes un dangereux, mais on dit aussi que votre belle langue enflamme l’âme et le cœur des dames... » Elle marqua un infime temps, laissant derrière eux le groupes de dames.

« En vérité, mon absence est bien moins captivante que les couloirs ne le laissent murmurer, mes parents ont simplement tenu à ce que ma benjamine et moi-même ayons les meilleurs précepteurs et la rudesse des campagnes afin de faire de nous de bonnes personnes, éclairées et capables… » Tout à ses mots, elle ne manqua en rien les beautés du paysage, leurs pas les conduisaient calmement dans une nouvelle partie du parc qui s’ouvrait sur une zone troglodyte ou au loin on pouvait déjà entendre la ménagerie raisonner. La petite brise charriait avec elles les arômes du foin et des animaux variant au nez fin de la demoiselle entre douceur et répugnance.

« Avec tout ceci, j’ai oublié de vous féliciter pour vos prochaines noces, une date a été fixée ou est-ce que vos affaires vous poussent à la patience ? » elle marqua un petit temps au moment de rentrer dans la galerie à demi ouverte et plus sombre. « Vous ne quitterez pas Hautjardin, j’aurai l’âme en peine de ne pouvoir comme par le passé écouter vos récits et en apprendre plus de votre expérience, si vos épousailles vous conduisent à vous éloigner de notre belle cité. »


code by © Jerry




Aleyna Tyrell
avatar

Feuille de personnage
Titre de Noblesse ou Métier: Fille de l'intendant royal de la maison Gardiner
Âge du Personnage: 18 ans
Allégeance: Ma loyauté va à moi-même.
Plus haut, plus fort
Messages : 667
Membre du mois : 0
Célébrité : Jenna Coleman
Maison : Tyrell
Caractère : ♦ Rancunière ♦ Loyale ♦ Bornée, ♦ Patiente ♦ Hardie ♦ Observatrice, ♦ Manipulatrice ♦ Intelligente ♦Bornée ♦ Courageuse ♦
Plus haut, plus fort
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Pudeur est à la femme ce que chevalerie est à l'homme. |Livre III - Terminé|   Lun 21 Nov - 21:39

Je savais que je ne prenais pas de gants mais qu’importe ; le but n’était pas tant de pouvoir charmer la jeune femme que simplement d’énoncer des vérités et de voir ce qui allait se passer. J’étais d’un naturel curieux, scientifique. J’aimais soumettre des hypothèses et les éprouver au monde réel ; je n’étais pas du genre à dire des choses bien commodes, pour arrondir les angles et me faire mousser. J’étais frontal. Mais je ne prenais pour autant que des risques calculés. Bien sûr, je n’allais pas balancer toutes ses vérités à un type dont je ne savais rien, ou qui avait une position sociale supérieure à la mienne. On ne parvient jamais autant à gravir les échelons qu’en sachant passer la pommade ; c’était une des premières leçons que mon père m’avait apprise. Savoir mousser ceux qui étaient aux places clefs, savoir se faire apprécier pour sa franchise, tout en gardant la maîtrise de celle-ci. J’assénais donc à la jeune femme une vérité ; celle sur les rumeurs, sur les on-dits, qui avaient accompagné son exil. Je n’avais jamais calculé quoi que ce soit d’autre que de pouvoir observer sa réaction, mesurer sa gêne si elle devait survenir. Je voulais voir ce qui la faisait réagir et au contraire, ce qui la laissait de marbre. Aylena Tyrell redresse son regard sur moi, regard dans lequel je vois toute sa jeunesse et toute sa fougue. Je lâche un petit rire alors que la jeune femme rétorque avec honnêteté, un peu trop peut être. Je calme mon rire, me penche légèrement en avant et lui lâche, du ton de la connivence.


| Dangereux, vraiment ? Pour les ennemis du Bief alors, les seuls qui aient jamais eu à rougir ma lame de leur sang. Quant à ma belle langue, je suis fort étonné. Je pensais que mon statut de veuf me gardait à l’abri des commérages ; je n’ai point trop pour habitude de faire la cour. Quand bien même je suis capable d’exceptions, quand le jeu en vaut la chandelle. |


Je lui lâchais un regard entendu, lui faisant bien comprendre qu’elle n’était pas sans éveiller quelque intérêt pour moi. Je comprenais ensuite ce qu’elle me racontait, et je lâchais un simple « ah » qui expliquait tout et rien à la fois. Les désirs des parents sont si rarement compatibles avec ceux de leurs enfants. Je la regarde avec un sourire amusé mais compatissant quand elle me dit qu’elle préférerait me voir toujours dans les environs.


| Je vous remercie pour vos félicitations. Dame ma future épouse est… hum… Une personne distinguée et très… Charmante. Je ne saurais vous dire pour le reste, sachant que le Roi mène ses guerres au loin j’ai beaucoup de travail à Hautjardin, mais mes responsabilités vont peut être m’appeler sur le front. Et vous-même ; votre mère vous-a-t-elle sortie de votre retraite à la campagne pour vous faire marier quelque jeune héros ? |




We Light the Way


Spoiler:
 
avatar

Feuille de personnage
Titre de Noblesse ou Métier: Héritier de Villevieille
Âge du Personnage: 33 ans
Allégeance: Ma loyauté n'est pas encore définie.
Nous Eclairons la Voie
Messages : 347
Membre du mois : 8
Célébrité : Blake Ritson
Maison : Hightower
Nous Eclairons la Voie
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Pudeur est à la femme ce que chevalerie est à l'homme. |Livre III - Terminé|   Jeu 24 Nov - 12:05




 Pudeur est à la femme ce que chevalerie est à l'homme.
Aleyna Tyrell & Manfred Hightower




« Dangereux, vraiment ? Pour les ennemis du Bief alors, les seuls qui aient jamais eu à rougir ma lame de leur sang. Quant à ma belle langue, je suis fort étonné. Je pensais que mon statut de veuf me gardait à l’abri des commérages ; je n’ai point trop pour habitude de faire la cour. Quand bien même je suis capable d’exceptions, quand le jeu en vaut la chandelle. »

Se mordant doucement les lèvres, elle ne recula pas, ne baissa même pas les yeux, un petit sourire amusé naissant sur l’angle de ses lèvres mutines. Aleyna n’était pas ce genre de jeune fille rêvant au prince charmant, à l’amour parfait, elle n’y songeait pas. Ce qui lui plaisait chez son interlocuteur c’est l’écho de la rébellion, du plaisir sournois, des mots frôlant les conventions. Caressant leurs lèvres d’une sève délicate que seul les plus éclairés pourraient reconnaître comme étant un jeu de défit et de charme, cherchant à faire capituler le désir, la passion. Doucement elle détecta ce penchant chez son interlocuteur et s’en amusa. Oubliant un instant le décor magnifique qui les entourait ou les sons animaliers qui l’avaient happé dans cette direction. Toute son attention, sa curiosité se glissait à présent vers le Lord.  

« Je vous remercie pour vos félicitations. Dame ma future épouse est… hum… Une personne distinguée et très… Charmante. Je ne saurais vous dire pour le reste, sachant que le Roi mène ses guerres au loin j’ai beaucoup de travail à Hautjardin, mais mes responsabilités vont peut-être m’appeler sur le front. Et vous-même ; votre mère vous-a-t-elle sortie de votre retraite à la campagne pour vous faire marier quelque jeune héros ? »

Reprenant doucement leur marche, elle laissa quelques secondes traîner son regard autour d’elle, réfléchissant aux mots qu’il venait de lui glisser, se fichant totalement du fait qu’ils se retrouvait à nouveau totalement seul. Leurs pas raisonnaient sur les pavés, puis peu à peu s’étouffant sur un sentier de terre et de pierre inégaux, sa longue jupe frôla les feuillages de la végétation les engloutissant.

« Il n’a pour l’instant été aucunement évoqué ce genre de projets, mon retour parmi vous n’est dû qu’au fait des événements tragiques qui ont touché beaucoup d’entre nous, mère en particulier qui a donc souhaité m’avoir à ses côtés pour ce périple. » Lâchant son bras en voyant apparaître une volière, elle s’émerveilla face à un oiseau au ramage rouge. « N’est-il pas magnifique ? » Lui demanda-t-elle.

« Parler moi du monde, de vos campagnes, tout cela doit-être tellement… » Elle marqua un temps et se détourna de la volière. « N’est-ce pas trop dangereux d’envoyer un homme aussi important que vous aussi loin ? Qu’adviendrait-il de nous sans un homme de votre envergure… » Dit-elle dans un semi murmure, inquiète du sort de l’homme bien plus que curieuse soudainement.


code by © Jerry




Aleyna Tyrell
avatar

Feuille de personnage
Titre de Noblesse ou Métier: Fille de l'intendant royal de la maison Gardiner
Âge du Personnage: 18 ans
Allégeance: Ma loyauté va à moi-même.
Plus haut, plus fort
Messages : 667
Membre du mois : 0
Célébrité : Jenna Coleman
Maison : Tyrell
Caractère : ♦ Rancunière ♦ Loyale ♦ Bornée, ♦ Patiente ♦ Hardie ♦ Observatrice, ♦ Manipulatrice ♦ Intelligente ♦Bornée ♦ Courageuse ♦
Plus haut, plus fort
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Pudeur est à la femme ce que chevalerie est à l'homme. |Livre III - Terminé|   Sam 26 Nov - 16:13

Je savais bien que je n’étais pas dangereux que pour les ennemis du Bief, que je l’étais pour à peu près tout ce qui était vivant. Je savais bien que je n’étais pas non plus l’individu le plus équilibré du monde. J’en avais conscience depuis ce jour funeste où je m’étais réveillé dans le corps d’un autre, d’un inconnu, maudit par les dieux avec des besoins irrepressibles et mortifères, qui m’avaient poussé à faire bien du mal autour de moi. Ma sœur m’avait aidé à surmonter tout ça. Ma mère également, à sa mesure. Mon père, lui, n’avait fait que me traiter en monstre, s’attirant la réprobation du reste de la famille. Il n’avait jamais dit à quiconque le mal qui m’avait atteint à cause de son désespoir de me voir mourir rongé par la fièvre. Il s’était contenté de me juger. Je n’avais jamais eu le cœur d’avouer à ma sœur que d’eux tous, c’était sans doute lui qui me voyait le plus comme j’étais réellement, constatation cruelle et douloureuse à la fois, quelque chose que je ne savais pas accepter.


La jeune femme en face de moi n’avait aucune idée de qui j’étais vraiment au fond de moi. Elle pensait sans doute que j’étais un simple seigneur, avenant et plein d’ambition. Elle aurait sans doute raison de penser cela, tout comme elle aurait raison d’anticiper et de craindre un véritable rapprochement avec nous. Plus elle passerait de temps avec moi et plus le risque serait grand que les choses dégénèrent pour de bon. Cette envie qui me taraudait depuis que j’avais pris la route de l’Ouest, quand je savais alors que je devrais pourtant me contraindre à l’abstinence et à la retenue ; je n’avais aucun droit de laisser libre cours à mes pulsions. Nous continuons de marcher pendant un moment, laissant la plénitude de l’instant s’insinuer en nous, alors que le calme reposant de ces jardins nous ressource sans aucun doute possible. Je laissais mon regard s’attarder sur elle plutôt que sur l’oiseau.



| Oh oui, il l’est. Mais j’ai bien peur que mon attention ne soit portée sur vos propres charmes, qui sont loin d’être aussi tapageurs mais tout autant efficaces. |


Elle me flatte, et j’y suis sensible. Je ne fais pas partie de ces hommes qui considèrent les compliments comme veules ; je sais qu’ils sont synonymes de respect et de faveurs, ce qui j’accepte tout à fait.


| Oh, ne vous inquiétez pas. J’ai toute confiance envers les Lannister pour assurer notre protection à tous et quand bien même surviendrait un imprévu que nous disposons de nos propres gardes pour assurer notre sécurité. Quant à mes campagnes, récit de guerre contre des pirates ne serait il pas trop scabreux pour une jeune femme aussi douce et charmante que vous l’êtes ? |
avatar

Feuille de personnage
Titre de Noblesse ou Métier: Héritier de Villevieille
Âge du Personnage: 33 ans
Allégeance: Ma loyauté n'est pas encore définie.
Nous Eclairons la Voie
Messages : 347
Membre du mois : 8
Célébrité : Blake Ritson
Maison : Hightower
Nous Eclairons la Voie
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Pudeur est à la femme ce que chevalerie est à l'homme. |Livre III - Terminé|   Mer 30 Nov - 2:12




 Pudeur est à la femme ce que chevalerie est à l'homme.
Aleyna Tyrell & Manfred Hightower




Reportant son regard quelques secondes sur la volière troublée par les mots du lord, elle détailla les volatiles. Un brin suspicieuse envers eux, comme si les oiseaux pouvaient trahirent sa soudaine familiarité, ou ce compliment qui la toucher bizarrement trop. Elle se mordit quelques secondes sa lèvre, repoussant la douce chaleur qui enserra son ventre. Revenant d’un pas plus contenu vers le lord.

« Oh, ne vous inquiétez pas. J’ai toute confiance envers les Lannister pour assurer notre protection à tous et quand bien même surviendrait un imprévu que nous disposons de nos propres gardes pour assurer notre sécurité. Quant à mes campagnes, récit de guerre contre des pirates ne serait-il pas trop scabreux pour une jeune femme aussi douce et charmante que vous l’êtes ? » Elle réajusta ses mitaines finement brodées et se stoppa là où elle l’avait vivement abandonné pour regarder la volière.

« Il n’est pas de récits pire que celui du silence et de l’ignorance Ser Hightower. » Souffla-t-elle doucement.

« Aucune femme si douce soit elle ne peut rester aveugle au courage de nos fiers et nobles combattants, qui chaque jour donnent leurs sangs pour la pérennité de nos vie… » Glissant outrageusement sa main dans la sienne, elle la serra doucement entre ses doigts.

« Ne m’épargnez pas à cause de ma faiblesse native, mon doux ami, alors que vous ne m’aspirez que courage et ardeur du devoir ». Venait-elle vraiment de souffler ces mots avec autant d’ardeur ? Réalisant son geste et ses mots, elle relâcha vivement la main du lord et chercha quelques saluts autour d’elle. Réalisant que rien ne pourrait lui venir en aide, elle se hasarda à remonter son regard sur l’ombre sombre des siens.

« Je suis navrée, votre courage semble me rendre impétueuse. Pouvez-vous me pardonner cet écart et l’oublier ? » Inspirant lentement un peu de courage, elle gonfla sa poitrine quelques secondes d’air. Que n’aurait-elle pas donné pour devenir invisible, pour s’enfuir au pas de course, loin très loin de tous ces rituels de bienséance ?

code by © Jerry




Aleyna Tyrell
avatar

Feuille de personnage
Titre de Noblesse ou Métier: Fille de l'intendant royal de la maison Gardiner
Âge du Personnage: 18 ans
Allégeance: Ma loyauté va à moi-même.
Plus haut, plus fort
Messages : 667
Membre du mois : 0
Célébrité : Jenna Coleman
Maison : Tyrell
Caractère : ♦ Rancunière ♦ Loyale ♦ Bornée, ♦ Patiente ♦ Hardie ♦ Observatrice, ♦ Manipulatrice ♦ Intelligente ♦Bornée ♦ Courageuse ♦
Plus haut, plus fort
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Pudeur est à la femme ce que chevalerie est à l'homme. |Livre III - Terminé|   Mar 20 Déc - 22:49

La jeune femme semble troublée. Elle n’a pas l’aplomb que l’on retrouve souvent chez les représentants de l’aristocratie, dont je fais partie. Elle ne semble pas non plus timide ou effarouchée. Ses réactions sont simplement étranges, un peu comme si elle n’avait tout simplement pas l’habitude de côtoyer ses égaux. Encore que je ne l’étais pas vraiment. Homme dans un monde d’hommes, noble et ministre de surcroit, futur chef de famille et déterminant de ma lignée, je n’étais pas à négliger et j’étais probablement un des hommes les plus puissants avec lequel la jeune femme avait sans doute pu parler de toute son existence. La jeune femme en tous cas, ne réagit pas de manière très confortable ; sa gêne est évidente, je la ressens bien. Elle perd un instant le contrôle de ses réactions physiques et se mordille la lèvre. Je ne peux que sourire à ses paroles pleines de bon sens. Si au moins les aristocrates de la cour du Roi, à Hautjardin, pouvaient avoir la décence de suivre ce genre de principe… Bon, elle idéalisait un peu la troupe qui avait détruit la flotte pirate. Entre ceux qui avaient passé leurs nuits à culbuter de la gueuse, ceux qui avaient bu jusqu’à en être malade la vinasse de nos ennemis et ceux qui avaient fait les deux à la fois… Rien de très héroïque dans tout cela. Je souris et m’incline doucement devant toute cette politesse, devant tous ces compliments. Je les prends pour ce qu’ils sont. Je souris d’un air paternaliste, avant de me pencher près d’elle pour lâcher d’un ton de connivence :


| Ne vous en faites pas, gente damoiselle, je ne vais pas vous manger, ni raconter à quiconque vous avoir plongé dans l’embarras, même si je ne saurais vous cacher que je considère cela comme une certaine victoire. |


Je reprends ma marche, lentement mais sûrement, pour contourner un grand massif de fleurs qui devait valoir à lui tout seul plus cher que la valeur d’une petite bourgade de fermiers de mon royaume.


| Nous n’avons que peu de mérite en vérité ; on ne peut pas dire que cet ennemi ait essayé de se montrer particulièrement discret. Il a pillé toute la côte des environs de Solfoyer ; j’ai donc divisé nos forces en deux groupes. Les troupes du Roy par voie de terre, et ma propre flotte. Nous avons encerclé l’ennemi au petit matin alors que l’ennemi avait tiré ses navires, plus légers, sur la grève. La suite fut dangereuse car l’ennemi était nombreux, mais ainsi cantonné il était gêné dans ses manœuvres, gêné dans sa fuite. Nous n’avons montré que peu de pitié ; la population de la région avait déjà beaucoup souffert de leurs déprédations. |





We Light the Way


Spoiler:
 
avatar

Feuille de personnage
Titre de Noblesse ou Métier: Héritier de Villevieille
Âge du Personnage: 33 ans
Allégeance: Ma loyauté n'est pas encore définie.
Nous Eclairons la Voie
Messages : 347
Membre du mois : 8
Célébrité : Blake Ritson
Maison : Hightower
Nous Eclairons la Voie
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Pudeur est à la femme ce que chevalerie est à l'homme. |Livre III - Terminé|   Mer 21 Déc - 3:19




 Pudeur est à la femme ce que chevalerie est à l'homme.
Aleyna Tyrell & Manfred Hightower




Alors qu’ils reprenaient d’un pas calme leur visite improvisée des lieux, elle ne répondit rien aux explications du ministre, s’abreuvant de son récit et le repassant mots pour mots dans son esprit. N’y cherchant aucun double sens cette fois, mais tentant d’imaginer la situation, les tenants et aboutissants d’une réunion de guerre, les instants sur le champ bataille. Son esprit vif pouvait presque sentir l’odeur du sang reconnaissable entre mille, l’odeur de la mort qu’elle connaissait par celle que quelques servants qui avaient passé de vie à âme errante vers le jardin des ombres.

« Ainsi nos ennemis n’ont de stratégique que leur cupidité, et de savoir que l’art de dominer les océans. Nous sommes donc fort heureux d’avoir des esprits fins sur nos terres pour ne pas finir vassaux de tels esprits sans savoir. Fort heureusement votre grand savoir éclairera votre noble fiancé qui pourra induire à son tour le lettrisme dans ses piteuses contrées. » L’audace ne manquait pas à la jeune Tyrel, d’autant qu’à l’instant où elle termina sa phrase c’est un homme qui s’avança, sa tenue n’était pas aussi apprêtée que celle du ministre ou celle qu’elle connaissait aux nobles de cette cour ou de celle de Hautjardin, il portait un veston passé de coupe et bien qu’encore en bonne état, notai toutefois un certain dénuement.

L’homme aux mains tachées d’encre fit une révérence sommaire et tendit un parchemin au ministre sans toutefois prononcer le moindre mot. Un scribe ou un secrétaire sûrement, se dit-elle alors qu’elle s’inclinait pour s’éloigner et laisser aux deux hommes la liberté de converser. Soulagée, elle pouffa un discret soupir tout en se penchant sur la balustrade qui dominait la cité. La hauteur aurait donné le vertige à un chat.

En contrebas, non loin, un nid de guêpes se mis à bourdonner et s’envola rapidement vers un papillon qui avait eu l’affront de trop s’approcher. C’est perdu dans cette attaque et repensant à celle du ministre qu’elle ne senti pas l’insecte se glisser sur son épaule et la piquer si vivement qu’elle fit un mouvement brusque, qui la fit tomber et se heurter la tête sur la pierre et se tordre la cheville. Ne remarquant pas la petite coupure, elle tenait son épaule douloureuse alors qu’une servante s’approchait en courant.

code by © Jerry




Aleyna Tyrell
avatar

Feuille de personnage
Titre de Noblesse ou Métier: Fille de l'intendant royal de la maison Gardiner
Âge du Personnage: 18 ans
Allégeance: Ma loyauté va à moi-même.
Plus haut, plus fort
Messages : 667
Membre du mois : 0
Célébrité : Jenna Coleman
Maison : Tyrell
Caractère : ♦ Rancunière ♦ Loyale ♦ Bornée, ♦ Patiente ♦ Hardie ♦ Observatrice, ♦ Manipulatrice ♦ Intelligente ♦Bornée ♦ Courageuse ♦
Plus haut, plus fort
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Pudeur est à la femme ce que chevalerie est à l'homme. |Livre III - Terminé|   Mer 28 Déc - 19:37

Le trouble semblait s’accroître chez la jeune femme. Il commençait à être évident que je ne la laissais pas indifférente et la faim grandissait en mon for intérieur ; je me sentais véritablement affamé, prêt à dévorer ce qui pourrait se présenter. Et ce qui se présentait justement, c’était plutôt du genre à éveiller mon appétit, là-dessus vous pouvez me croire. La jeune femme n’était pas belle à tomber et elle ne disposait pas plus de ce charme presque animal, de cette attraction qui pouvait vous donner envie de tout abandonner. Cela ne la rendait ni fade ni inintéressante, mais elle cultivait une autre forme de charme, quelque chose de plus ténu, de plus doucereux aussi. Il ne faudrait pas longtemps pour que le démon ne désire s’emparer d’elle, corps et âme, morceau après morceau. La jeune Tyrell conclue donc mes paroles en disant que les pirates n’étaient motivés que par l’argent. En cela, elle aurait sans nul doute raison, mais je m’inquiétais bien plus des motivations de ceux qui avaient envoyé ces ruffiants sur nos côtes. Eux, ce n’était pas les gains pécuniaires qui devaient les motiver. Mais quoi, alors ? Je n’en savais rien. J’avais cru deviner, je pensais suspecter les bonnes personnes, mais je n’avais aucune preuve. Je ne peux pas m’empêcher de rire de bon cœur quand la belle insulte les îles de fer ; je ne peux pas nier que je partage assez son avis.


| Ah ah ah ! Vous avez raison. Il est d’ailleurs étonnant que ces contrées aussi rudes et austères aient pu engendrer une personne telle que son Altesse Eren. Il existe donc bel et bien des miracles, dans la lumière des Sept… |


Ca et le contrôle que je parvenais à maintenir sur mon propre être. Corps comme âme. Pour l’instant je me dominais, et les choses allaient relativement bien. Un homme arrive et s’incline pour me donner une missive. Je le reconnais comme l’un des suivants de ma sœur, un de ses clercs de confiance. Il s’occupait aussi bien de la rédaction des traités que de la correspondance privée de Sa Majesté. Nous échangeâmes quelques mots alors qu’une drôle de situation survint aussi vite qu’elle était parfaitement imprévisible. La jeune femme sursaute, tombe et s’éclate par terre. Tout le monde se précipite. Je pose mes mains sur ses épaules pour l’aider à se redresser.


| Lady Aylena ? Vous allez bien ? Que vous est-il donc arrivé ? |




We Light the Way


Spoiler:
 
avatar

Feuille de personnage
Titre de Noblesse ou Métier: Héritier de Villevieille
Âge du Personnage: 33 ans
Allégeance: Ma loyauté n'est pas encore définie.
Nous Eclairons la Voie
Messages : 347
Membre du mois : 8
Célébrité : Blake Ritson
Maison : Hightower
Nous Eclairons la Voie
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Pudeur est à la femme ce que chevalerie est à l'homme. |Livre III - Terminé|   Sam 31 Déc - 12:38




 Pudeur est à la femme ce que chevalerie est à l'homme.
Aleyna Tyrell & Manfred Hightower




Une petite bête pouvait-elle ainsi terrasser une plus grande ? Telle fut la question qui tourna rapidement dans le crâne de la jeune lady qui d’une main tremblante repoussait l’insecte de la brûlure qui consumait sa chaire. Les mains du Ministre vinrent la soutenir, alors qu’elle n’avait pas même conscience de la fine coupure à la naissance de ses cheveux, laissant glisser un liquide carmin et quelque peu abondant par la proximité avec le cuir chevelu, la plaie était fine, peu profonde, sûrement oubliée dans la seconde, mais visible par son flux. La main d’Aleyna qui tenait l’insecte mort se tendit vers le ministre et son regard se glissa sur l’homme qui éclipsait la présence des gardes, servants venus à son secours dans la seconde.

« J’ai voulu observer les hauteurs, et la beauté surprenante des jardins, malheureusement le sort se joue de moi, car un essaim de guêpes se trouvant tout proche m’a prit pour un danger, sans que j’ai eu le loisir de m’éloigner... La piqûre… »  Sa main encore placée sur la piqûre tenait en son sein la combattante morte. Plantant son regard azure dans l’ombre noir de l’homme elle laissa tomber au sol la guerrière morte pour son royaume de miel.

« Ma surprise est déstabilisée, je dois vous paraître bien sotte… »  Fit-elle avec une petite moue enfantine qu’elle prenait pour se sauver de certaines situations. Comment en était-elle venue à cela, elle qui en temps normal aimait monter aux arbres, se jouer du sort, vivre loin des siens cachée sous des déguisements ? A croire que depuis son arrivée dans la cour des plus grands de ce monde, tout se jouait pour la faire passer pour plus enfantine, sensible que ce qu’elle n’était en réalité. Se mordant les lèvres perdues dans ses pensées elle s’interrogea sur ce que sa mère attendrait d’elle dans pareille situation, sur ce que feraient les autres jeunes filles de son rang, expertes de tirer parti de toute situation, et elle ne trouva rien. Non elle ne songea même pas à prendre congé du ministre qui avait certainement mieux à faire que lui servir de trépied. Réalisant sa posture, elle le détailla tout proche et réalisa enfin la présence des serviteurs. Cette fois nul trouble ou rougeur sur ses joues, elle eut même un petit sourire amusé, imaginant déjà sa mère lui remonter les bretelles.

« Puis-je abuser de votre soutien si précieux pour m’aider à rejoindre un banc ? »  Elle ignora royalement les vassaux de l’ouest, qui n’avaient pas manqué un mot de ses explications et qui devaient sûrement trembler à l’idée que le ministre les rende coupable de cette faute de sécurité. Combien étaient allergiques à ces petites guerrières ? Pire placées ainsi, elles auraient pu causer la chute dans le vide de la jeune femme. Mais tout cela elle se refusa à y penser, non son unique pensée était à présent de se retrouver à nouveau seule avec lui et lui quémander son aide pour retirer de sa chair ce corps étranger qui la consumait et la torturait insidieusement.
code by © Jerry




Aleyna Tyrell
avatar

Feuille de personnage
Titre de Noblesse ou Métier: Fille de l'intendant royal de la maison Gardiner
Âge du Personnage: 18 ans
Allégeance: Ma loyauté va à moi-même.
Plus haut, plus fort
Messages : 667
Membre du mois : 0
Célébrité : Jenna Coleman
Maison : Tyrell
Caractère : ♦ Rancunière ♦ Loyale ♦ Bornée, ♦ Patiente ♦ Hardie ♦ Observatrice, ♦ Manipulatrice ♦ Intelligente ♦Bornée ♦ Courageuse ♦
Plus haut, plus fort
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Pudeur est à la femme ce que chevalerie est à l'homme. |Livre III - Terminé|   Mar 3 Jan - 19:45

Je connaissais les effets d’une piqûre de nos abeilles du sud, pour les avoir déjà testés par moi-même. Non sur des cobayes, enfin, pas au sens mortifère du terme, mais plutôt des personnes vivantes et volontaires. Vous ne savez pas tout ce que l’on peut infliger aux gens du peuple quand on a les moyens pour les intéresser. Vous pouvez me croire, ces gens-là n’avaient aucune dignité et des exigences assez faibles en termes de rétribution. Bref. Prenez un de ces insectes et coincez-le dans un bocal. Il faut agir vite ; si on attend des jours sinon des heures, la bestiole meurt d’épuisement et d’inanition. Même encore là, cela dit, il est possible d’utiliser son corps. Vous le posez à plat sur de la chair humaine et vous pressez l’abdomen avec le plat d’une lame. La réaction est immédiate. Ca rougit et ça pique la victime, qui voit immédiatement en gonflement, même si la peau n’a pas été percée par une quelconque aiguille. Et si l’action du venin se situe sous la peau… C’est encore mieux. Je n’ai pas pu aller jusqu’à étudier les réactions nerveuses car je n’étais alors guère outillé pour, maire la chair s’enflamme et se gonfle de sang. C’est raide, douloureux, incapacitant tout en limitant la souffrance à de l’engourdissement, passés les premiers instants. Bref. La jeune femme va douiller et je vois dans ses yeux la douleur qu’elle ressent, qui n’est évidemment pas feinte. Ce n’est pas quelque chose que je souhaite faire perdurer ; la douleur n’a de bon que si c’est moi qui l’inflige. Je pose mes mains de part et d’autres de sa blessure ; pinçant légèrement la peau pour voir jusqu’où le gonflement était en train de s’étendre. Il fallait essayer de la réduire, alors que je relevais un regard compatissant vers la jeune femme.


| Oh, ne vous en faites pas. Ca arrive à tout le monde. On dit que certains parfums les agacent, peut être en portez-vous un de ce genre ? |


Je n’en savais rien et au fond, je m’en fichais. Savoir ce qu’il se passait sous sa peau m’intéressait. Je salivais. Littéralement. Déglutissant, je me rendais compte qu’en sus elle avait dû se faire mal en tombant, et que cela devait vouloir dire qu’elle s’était foulé un muscle ou tordu une articulation. Cas intéressant. Mais elle n’était ni une pauvre ni une putain, elle était dame Tyrell, de la maison du même nom. Et on ne pouvait pas vraiment dire qu’elle soit négligeable, même si elle ne disposait pas de la plus petite once de pouvoir. Toutefois, le réveil de mes bas instincts n’était pas négligeable ; je les cachais, je les muselais, depuis mon arrivée au roc. Si je la raccompagnais…


J’imaginais déjà son corps frémissant, incapable de crier sous la douleur indicible des conséquences de ma curiosité, son corps Sali de mes pulsions. Je ne pouvais pas, non, je ne pouvais pas. J’alpaguais un serviteur qui courait apporter une cruche de citronnade à des nobles non-loin. Le saisissant par le bras, je lui intimais l’ordre de ramener lady Tyrell au mestre de Castral Roc, non sans insister sur l’importance de la famille de la jeune dame. Je souris poliment, m’excusant de la même manière.



| Cet homme va vous reconduire aux bons soins du mestre, ma Dame, ses compétences curatives sont très probablement bien meilleures que les miennes. Nous nous reverrons quand vous irez mieux, lady Aleyna. Quoiqu’il en soit, ce fut un plaisir et un honneur que d’échanger avec vous, et j’espère que vous viendrez me flatter de votre compagnie, lors du long voyage du retour. |





We Light the Way


Spoiler:
 
avatar

Feuille de personnage
Titre de Noblesse ou Métier: Héritier de Villevieille
Âge du Personnage: 33 ans
Allégeance: Ma loyauté n'est pas encore définie.
Nous Eclairons la Voie
Messages : 347
Membre du mois : 8
Célébrité : Blake Ritson
Maison : Hightower
Nous Eclairons la Voie
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Pudeur est à la femme ce que chevalerie est à l'homme. |Livre III - Terminé|   Mar 3 Jan - 21:51




 Pudeur est à la femme ce que chevalerie est à l'homme.
Aleyna Tyrell & Manfred Hightower




Malgré la douleur, malgré les troubles invités par sa chute, la jeune femme tenait sa ligne serrant les poings et courageusement serrait les dents pendant que le ministre glissait ses mains sur la plaie, son visage si proche qu’elle aurait pu jurer sentir le moindre de ses souffles. En cet instant elle ne savait pas si les frissons qui remontaient dans sa colonne étaient dû à la proximité de l’homme ou le choc de la piqûre, à tout avouer elle ne savait plus vraiment à quel dieu elle pouvait se vouer avec cet homme. Il était certes bien plus âgé qu’elle, plus sombre, il n’avait pas l’allure de bien d’autres qui tournait à leur avantage. Mais il avait pour lui un savoir-faire oral qui avait su en quelques minutes troubler la jeune fille au point qu’elle aurait maudit et béni l’insecte en quelques secondes troubles. Relevant ses iris clairs sur ses traits tout proches, elle l’imagina quelques secondes autrement. Dans un autre instant à rire d’elle et sa stupidité et elle se demanda franchement pourquoi elle semblait aussi enfantine à ses côtés.

Elle qui en temps normal n’avait plus grand-chose d’enfantin que son imagination trop romanesque. Elle qui pour le compte des siens loin de la cour avait mené durant un temps les missives des espions que son père avait à sa solde. Agrandissant même quelque peu le cheptel. Non elle ne comprenait rien au pouvoir de cet homme sur elle, mais ce qui est certain, c’est qu’elle voulait en savoir plus, comprendre si ce fin désir était charnel ou mental. S’il la troublait comme l’avait troublé le chevalier ou si c’est simplement son intelligence qui éveillait en elle un certain émoi.

« Cet homme va vous reconduire aux bons soins du mestre, ma Dame, ses compétences curatives sont très probablement bien meilleures que les miennes. Nous nous reverrons quand vous irez mieux, lady Aleyna. Quoiqu’il en soit, ce fut un plaisir et un honneur que d’échanger avec vous, et j’espère que vous viendrez me flatter de votre compagnie, lors du long voyage du retour. »

« Je vous remercie, Ser Hightower, je me ferai donc un devoir de vous revoir » Quand il la confia aux bons soins d’un homme pour la conduire au mestre, elle lui fit le plus dignement possible une révérence et demanda doucement au serviteur de faire mander des gens pour ses effets restés près du ruisseau. Puis elle se mit en marche sans plus un regard vers cet homme mystérieux qui n’avait pas fini de la faire s’interroger.


code by © Jerry



TERMINER



Aleyna Tyrell
avatar

Feuille de personnage
Titre de Noblesse ou Métier: Fille de l'intendant royal de la maison Gardiner
Âge du Personnage: 18 ans
Allégeance: Ma loyauté va à moi-même.
Plus haut, plus fort
Messages : 667
Membre du mois : 0
Célébrité : Jenna Coleman
Maison : Tyrell
Caractère : ♦ Rancunière ♦ Loyale ♦ Bornée, ♦ Patiente ♦ Hardie ♦ Observatrice, ♦ Manipulatrice ♦ Intelligente ♦Bornée ♦ Courageuse ♦
Plus haut, plus fort
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
MessageSujet: Re: Pudeur est à la femme ce que chevalerie est à l'homme. |Livre III - Terminé|   

Contenu sponsorisé
Revenir en haut Aller en bas
 
Pudeur est à la femme ce que chevalerie est à l'homme. |Livre III - Terminé|
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» DMITRI & JAYCEE ♒ What's the matter with you ?
» Compliments à ma femme et à ses Léopards
» Barikad Crew-- Amour Infini-- Honneur à la femme haitienne
» Une femme aurait accouché d’un poisson...
» L'écrivain Georges Anglade et sa femme sont morts dans le séisme

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Bloody Crown :: 
Pays Sudiens
 :: Les Terres de l'Ouest :: Castral Roc
-
Sauter vers: